Edito
Fuck the pol’ICE
Il suffit de les voir pour saisir le basculement fasciste en cours. Cagoules, lunettes noires, treillis militaires voire, carrément, cosplay d’officiers nazis, voilà des mois que les agents de l’ICE quadrillent les rues des grandes villes américaines, brutalisant au gré de leurs pulsions mortifères quiconque croise leur route. En ce début 2026, à la longue liste d’arrestations violentes et de mort·es, s’ajoutent deux décès : ceux de Renée Good et d’Alex Pretti. Les images de leur mise à mort, en plein jour, à bout portant, glacent le sang. Et nos médias nationaux se sont indignés, à juste titre, de ces exécutions sommaires, ainsi que des éléments de langage MAGA osant accuser de violence les deux défunt·es. Ah ça, on peut faire confiance aux éditorialistes de tous bords (ou presque) pour afficher un dégoût de circonstance quand Trump, le dictateur fou, et sa meute de chiens enragés, donnent libre cours à leur brutalité. C’est que, dans la patrie des droits de l’Homme, on ne verrait pas ça !
Et pourtant. C’est bien de ce côté-ci de l’Atlantique que des bacqueux hors de contrôle tabassaient le jeune Mehdi dans les rues de Marseille en 2023. De ce côté-ci aussi que nos policier·es, biberonné·es au racisme et à l’ultraviolence, assassinaient Zyed, Bouna, Amine, Babacar, Steve, Souheil, Nahel et tant d’autres avant eux. Et encore de ce côté que d’authentiques rafles de personnes exilées étaient organisées l’année dernière à Calais ou à Briançon. Ce mois-ci, pendant que toute la presse s’offusquait de la violence de l’ICE, El Hacen Diarra, 35 ans, était roué de coups jusqu’à la mort par des policier·es du 20e arrondissement de Paris, sans l’ombre d’un motif d’interpellation. Comme d’habitude, les preuves vidéo des caméras-piéton des agent·es ont depuis « disparu »… Mais de toute façon, un tel dispositif pourrait bien devenir inutile puisqu’à l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez propose d’offrir aux gâchettes de la République une « présomption de légitime défense ».
Il va sans dire qu’en la matière, les USA ont franchi un palier répressif. Reste que l’indignation des médias et des responsables politiques franchouillards se révèle à géométrie fort variable quand c’est chez nous que les chiens de garde tuent et mutilent.
Tout n’est pourtant pas si noir. Car s’il y a bien une leçon à retenir des événements de Minneapolis, c’est que les mobilisations collectives et la solidarité sans faille des habitant·es ont pour l’instant permis de remporter une demi-victoire. Et cerise sur l’espoir, on a même pu récemment compter sur « the Boss » Bruce Springsteen pour encourager la rage et l’insoumission du peuple de la liberté. Dans son morceau « Streets of Minneapolis », véritable hymne anti-ICE, il laisse monter la clameur des voix de manifestantes et manifestants, hurlant en chœur « ICE Out ! » Merci Boss.
Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.
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CQFD n°249 (février 2026)
Cet hiver, les agriculteurs ont été nombreux à se mobiliser pour tenter de faire entendre leurs voix contre la gestion de l’épidémie de dermatose et le traité du Mercosur. On vous a concocté un dossier spécial agriculture : on y évoque l’entente surprenante entre la Confédération paysanne et la Coordination rurale, puis on s’est entretenu avec Morgan Ody, coordinatrice générale de La Via Campesina, qui nous donne son ressenti après la suspension du traité de libre-échange avec le Mercosur après 26 ans de contestation. Hors dossier, on vous parle du projet bien polluant et loin d’être démocratique des JO d’hiver 2030, qui se doivent se dérouler dans les Alpes. On prend des nouvelles de la situation au Venezuela après l’enlèvement de Nicolàs Maduro et on discute de Tête dans le mur, le bouquin gonzo d’Emilien Bernard, l’un de nos journalistes qui a remonté la frontière murée entre les US et le Mexique.
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Paru dans CQFD n°249 (février 2026)
Dans la rubrique Édito
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Mis en ligne le 14.02.2026
Dans CQFD n°249 (février 2026)
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