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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; On est au tout d&#233;but de l'histoire du sport mixte &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/On-est-au-tout-debut-de-l-histoire</link>
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		<dc:date>2026-10-24T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Eliott Dognon</dc:creator>


		<dc:subject>Malou Chapurlat</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans son documentaire Foot mixte : le match du XXIe si&#232;cle, publi&#233; en juin 2026 sur la cha&#238;ne YouTube de L'Humanit&#233;, la r&#233;alisatrice et documentariste Isabelle Curet organise le tout premier match de football mixte professionnel avec le Dijon Football C&#244;te-d'Or (DFCO) et s'interroge : et si on trouvait enfin un autre mod&#232;le sportif collaboratif entre hommes et femmes ? Pourquoi as-tu fait un documentaire sur le football mixte ? &#171; &#192; l'origine, je ne regarde pas de foot, &#231;a ne m'int&#233;resse (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Malou-Chapurlat" rel="tag"&gt;Malou Chapurlat&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_5_-15-e37ae.png?1792801831' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son documentaire Foot mixte : le match du XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, publi&#233; en juin 2026 sur la cha&#238;ne YouTube de &lt;i&gt;L'Humanit&#233;&lt;/i&gt;, la r&#233;alisatrice et documentariste Isabelle Curet organise le tout premier match de football mixte professionnel avec le Dijon Football C&#244;te-d'Or (DFCO) et s'interroge : et si on trouvait enfin un autre mod&#232;le sportif collaboratif entre hommes et femmes ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWY2ODRlOWExIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpJMElITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTVRjaUlHUmhkR0V0YkdWblpXNWtaUzFzWlc1NFBTSWlDajRLUEdacFozVnlaU0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZhVzV1WlhJaVBnb0tJRHhoSUdoeVpXWTlJa2xOUnk5cWNHY3ZabTl2ZEY5dGFYaDBaVEl1YW5CbklpQWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algyeHBaVzRnYldWa2FXRmliM2dpSUhSNWNHVTlJbWx0WVdkbEwycHdaV2NpUGdvSkNUeHBiV2NnYzNKalBTZEpUVWN2YW5CbkwyWnZiM1JmYldsNGRHVXlMbXB3WnljZ2QybGtkR2c5SWpnME5pSWdhR1ZwWjJoMFBTSXhNakF3SWlCaGJIUTlKeWNnTHo0OEwyRStDanhtYVdkallYQjBhVzl1SUdOc1lYTnpQU2R6Y0dsd1gyUnZZMTlzWldkbGJtUmxKejRLQ1NBS0NTQUtDU0E4WkdsMklHTnNZWE56UFNkemNHbHdYMlJ2WTE5amNtVmthWFJ6SUNBblBrMWhiRzkxSUVOb1lYQjFjbXhoZEFvOEwyUnBkajRLUEM5bWFXZGpZWEIwYVc5dVBqd3ZabWxuZFhKbFBnbzhMMlJwZGo0PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi as-tu fait un documentaire sur le football mixte ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; l'origine, je ne regarde pas de foot, &#231;a ne m'int&#233;resse pas sp&#233;cialement. Mais mon copain me dit souvent : &#8220;&lt;i&gt;Quand je vais dans une soir&#233;e, je teste avec le premier gar&#231;on qui passe de parler de foot. Une fois sur deux &#231;a fonctionne et &#231;a permet d'entamer la conversation.&lt;/i&gt;&#8221; Forc&#233;ment, nous les filles, on est exclues de ces conversations. M&#234;me quand on aime le foot de toute fa&#231;on, on nous demande toujours de nous justifier.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Dans la cour d'&#233;cole, il n'y a qu'un seul terrain et, d&#232;s l'enfance, la mixit&#233; n'y existe pas &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, je me suis demand&#233;e pourquoi, moi, je n'aimais pas le foot et si ce n'est pas ce que la soci&#233;t&#233; attendait de moi. Le but &#233;tait de questionner le mod&#232;le sportif qui maintient ce genre de discours, sans pour autant faire un film trop didactique. Je voulais vraiment que les gens ressentent mes impressions et celles des parties prenantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les difficult&#233;s &#224; faire ce documentaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai mis deux ans avant de trouver les financements et c'est finalement Canal+ qui a &#233;t&#233; convaincu par mes producteurs. Une fois le film r&#233;alis&#233;, Canal+ s'est r&#233;tract&#233;, &#224; cause du service des sports j'imagine qui, depuis le d&#233;but, ne cautionne pas l'exp&#233;rience. Ils ont refus&#233;, par exemple, de couvrir le match financ&#233; par leur propre cha&#238;ne. J'ai l'impression qu'ils se consid&#232;rent comme les &#8220;gardiens du football&#8221;. Ensuite il a fallu convaincre un club et j'ai essuy&#233; beaucoup de refus. L'id&#233;e de faire jouer filles et gar&#231;ons ensemble &#233;tait tellement contre-intuitive et in&#233;dite, que les clubs n'arrivaient pas &#224; concevoir l'exp&#233;rience. Dijon a r&#233;pondu pr&#233;sent m&#234;me s'il y avait quelques r&#233;ticences chez les joueurs et joueuses. Certains gar&#231;ons trouvaient &#231;a ridicule. Pour les filles, c'&#233;tait plus la peur de se blesser ou d'&#234;tre ridicules avant l'Euro&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Le match a eu lieu en mai 2025 et l'Euro f&#233;minin de football se d&#233;roulait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Globalement, j'ai senti qu'il y avait un int&#233;r&#234;t, mais que c'&#233;tait difficile de franchir le pas. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans ton film, tu pars des difficult&#233;s pour les filles de jouer au foot dans la cour d'&#233;cole et du sexisme int&#233;gr&#233; depuis le plus jeune &#226;ge, quelles sont les responsabilit&#233;s du syst&#232;me &#233;ducatif l&#224;-dedans ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans la cour d'&#233;cole, il n'y a qu'un seul terrain et, d&#232;s l'enfance, la mixit&#233; n'y existe pas alors qu'&#224; cet &#226;ge, il n'y a pas de diff&#233;rences physiques entre les sexes. M&#234;me un gar&#231;on qui n'a pas forc&#233;ment d'app&#233;tence pour le foot va plus facilement &#234;tre pris dans une &#233;quipe quand il manque quelqu'un, alors qu'une fille devra toujours faire ses preuves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'&#233;cole ne s'attaque pas au probl&#232;me de la mixit&#233; dans le sport, c'est aussi qu'elle y trouve son compte. Il y a cette id&#233;e tr&#232;s r&#233;pandue selon laquelle les gar&#231;ons ont besoin de se d&#233;penser pour canaliser leur &#233;nergie, voire leur violence. &#199;a peut rassurer les profs, qui esp&#232;rent avoir une classe plus calme apr&#232;s. Mais on ne devrait pas laisser cette logique s'installer, car elle contribue &#224; maintenir filles et gar&#231;ons dans des univers distincts &#224; l'adolescence. Or, c'est souvent &#224; cette p&#233;riode que se d&#233;veloppe une ambiance masculine toxique dans les vestiaires des clubs : &#234;tre fort, occuper l'espace, ne pas montrer de faiblesses ou d'&#233;motions, ne pas oser &#234;tre diff&#233;rent... De leur c&#244;t&#233;, les filles sont deux fois plus nombreuses &#224; arr&#234;ter le sport, notamment par peur d'&#234;tre jug&#233;es ou d'&#234;tre moqu&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines &#233;coles ont d&#233;cid&#233; d'interdire le foot ou de cr&#233;er de nouveaux espaces, o&#249; il y a plus de m&#233;langes mais &#231;a reste marginal alors que la cour d'&#233;cole reste un lieu de socialisation essentiel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles seraient les r&#232;gles &#224; adapter pour que le foot mixte soit plus juste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour les adultes, les diff&#233;rences physiques sont bien r&#233;elles. R&#233;cemment, une exp&#233;rience inspir&#233;e d'une &#233;tude norv&#233;gienne et men&#233;e par &#8220;Einstein&#8221;, une &#233;mission de t&#233;l&#233; suisse, a montr&#233; que si on mettait des hommes dans la peau des femmes, ils courraient sur un terrain agrandi et le ballon ferait 200 grammes de plus&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Voir &#171; &#8220;Je suis mort&#8221; : des joueurs se mettent &#224; la place des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. De ce que j'ai vu, les acc&#233;l&#233;rations sont aussi un vrai probl&#232;me. Les joueuses de football professionnel ont plut&#244;t des physiques de marathoniennes et les joueurs, eux, sont tous tr&#232;s athl&#233;tiques et explosifs. &#192; l'entra&#238;nement, dans des petits espaces, ces diff&#233;rences se sont estomp&#233;es. Pour qu'il y ait un beau spectacle, on peut penser &#224; r&#233;duire la dur&#233;e des mi-temps, la taille des terrains et autoriser plus de changements pour les filles en leur permettant de revenir sur le terrain plus tard dans la partie.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les joueuses et les joueurs ne se croisaient quasiment pas. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a la question des contacts. Un duel gar&#231;on/fille ne peut pas &#234;tre arbitr&#233; comme un duel entre gar&#231;ons. Et l&#224;, c'est aux arbitres d'avoir l'intelligence d'&#233;viter les comportements dangereux qui conduiraient &#224; des blessures. Je r&#233;duirais &#233;galement la taille des cages par rapport &#224; la taille des gardiennes. Mais je n'ai organis&#233; qu'un seul match : il en faudrait beaucoup d'autres pour trouver les bonnes r&#232;gles. Et &#224; tous les niveaux ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment le foot mixte pourrait &#234;tre un outil pour lutter contre l'homosocialisation masculine toxique et les violences sexistes, sexuelles et de genre dans le reste de la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Un club de football est un excellent laboratoire. Quand je suis arriv&#233;e &#224; Dijon, je me suis aper&#231;ue que les joueuses et les joueurs ne se croisaient quasiment pas. Quand nous les avons convoqu&#233;s pour une s&#233;ance d'entra&#238;nement commune, les filles et les gar&#231;ons ne se sont pas m&#233;lang&#233;s spontan&#233;ment. On aurait cru une rentr&#233;e des classes. Les faire jouer ensemble a bris&#233; la glace assez rapidement. Et, une fois le coup de sifflet final retenti, on a vu un groupe mixte c&#233;l&#233;brer collectivement avec le public. Pour moi, c'est un peu une all&#233;gorie d'un monde mixte, o&#249; la domination masculine est remplac&#233;e par une entente collective. Et l'id&#233;e du football mixte, c'est &#233;videmment d'en faire une pratique inclusive dans laquelle les personnes trans ont toute leur place. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faire grandir le foot mixte et engager un cercle vertueux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il faut cr&#233;er de nouvelles normes et je pense que &#231;a viendra de la base. La pratique amateur fait qu'on a besoin de plus en plus d'espaces, donc on va se battre pour avoir plus de cr&#233;neaux sur les stades... Il faudrait aussi multiplier les matchs de gala mixtes, avec des stars du football pour changer l'imaginaire collectif et attirer les plus jeunes. Si on voyait une &#233;quipe mixte commencer &#224; gagner contre des &#233;quipes uniquement masculines, &#231;a changerait la donne. Et &#231;a permettrait aux filles de continuer. C'est ce qu'on voit dans la voile, il n'y a pas assez de filles et le fait que certaines disciplines soient pass&#233;es en mixte en a pouss&#233; plusieurs &#224; continuer. L'id&#233;e c'est d'aller les chercher pour qu'elles prennent l'espace. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels sont les axes de lutte pour bouger les institutions ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je pense que les institutions sont bloqu&#233;es : il faudrait des gens plus ouverts, mais je n'y crois pas du tout en ce qui concerne le football. Pour les sports qui sont aux Jeux olympiques (JO), le Comit&#233; international olympique (CIO) on me r&#233;pond que les comp&#233;titions mixtes existent d&#233;j&#224;. Mais en r&#233;alit&#233;, elles ne font que compiler des performances f&#233;minines d'un c&#244;t&#233; et masculines de l'autre. Comme un relais mixte, par exemple, ou l'&#233;preuve mixte de judo. &#192; ce titre, il est dommage que l'ultimate frisbee, un sport pens&#233; d&#232;s le d&#233;part comme mixte, ne soit pas aux JO. Pour le foot, il existe beaucoup de comp&#233;titions prestigieuses mais aux JO, seuls les U21 jouent c&#244;t&#233; gar&#231;ons. On pourrait envisager de rendre cette &#233;preuve mixte. &#199;a serait une super vitrine. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que tu retiens de cette exp&#233;rience ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'en avais marre qu'on me dise que ce n'&#233;tait pas possible. Alors, m&#234;me s'il y a eu des ajustements &#224; faire, on a prouv&#233; que c'&#233;tait possible ! On est au tout d&#233;but de l'histoire du sport mixte mais, personnellement, j'ai senti une envie pendant ce documentaire. M&#234;me en tribune, les gens &#233;taient super attentifs. Les gens se demandaient sinc&#232;rement : &#8220;&lt;i&gt;Est-ce que &#231;a marche ?&lt;/i&gt;&#8221; comme s'il y avait un enjeu. Et il y a eu du spectacle, avec beaucoup de buts (comme l'avaient pr&#233;dit les coachs). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Eliott Dognon&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Le match a eu lieu en mai 2025 et l'Euro f&#233;minin de football se d&#233;roulait du 2 au 27 juillet 2025.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Voir &#171; &#8220;Je suis mort&#8221; : des joueurs se mettent &#224; la place des footballeuses le temps d'un match &#187;, &lt;i&gt;Courrier international&lt;/i&gt;, (09/07/2025).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Qui veut la peau des jur&#233;s ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Qui-veut-la-peau-des-jures</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Qui-veut-la-peau-des-jures</guid>
		<dc:date>2026-10-24T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>Ana Pich</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans La Bataille du jury populaire, Benjamin Fiorini et Ana Pich reviennent sur l'histoire d'une institution vieille de plus de deux si&#232;cles, aujourd'hui rattrap&#233;e par l'obsession d'une justice plus rapide, plus simple &#8211; et sans citoyens. &#171; L'homme qui rend la justice ne doit jamais oublier qu'il est le fr&#232;re de celui qui va la subir &#187;. Voil&#224; l'id&#233;e qui anima les r&#233;volutionnaires lorsqu'ils consacr&#232;rent, dans la Constitution de 1791, le recours &#224; un jury en mati&#232;re criminelle. Beau (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ana-Pich" rel="tag"&gt;Ana Pich&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_6_-15-40a67.png?1792801831' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;La Bataille du jury populaire&lt;/i&gt;, Benjamin Fiorini et Ana Pich reviennent sur l'histoire d'une institution vieille de plus de deux si&#232;cles, aujourd'hui rattrap&#233;e par l'obsession d'une justice plus rapide, plus simple &#8211; et sans citoyens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWI0N2NiNjBlIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpJeklITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSW5QZ284Wm1sbmRYSmxJR05zWVhOelBTSnpjR2x3WDJSdlkxOXBibTVsY2lJK0Nnb2dQR0VnYUhKbFpqMGlTVTFITDJwd1p5OWlZWFJoYVd4c1pWOHpOVjlvWkM1cWNHY2lJQ0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZiR2xsYmlCdFpXUnBZV0p2ZUNJZ2RIbHdaVDBpYVcxaFoyVXZhbkJsWnlJK0Nna0pQR2x0WnlCemNtTTlKMGxOUnk5cWNHY3ZZbUYwWVdsc2JHVmZNelZmYUdRdWFuQm5KeUIzYVdSMGFEMGlNVEl3TUNJZ2FHVnBaMmgwUFNJeE1EWTNJaUJoYkhROUp5Y2dMejQ4TDJFK0Nqd3ZabWxuZFhKbFBnbzhMMlJwZGo0PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'homme qui rend la justice ne doit jamais oublier qu'il est le fr&#232;re de celui qui va la subir&lt;/i&gt; &#187;. Voil&#224; l'id&#233;e qui anima les r&#233;volutionnaires lorsqu'ils consacr&#232;rent, dans la Constitution de 1791, le recours &#224; un jury en mati&#232;re criminelle. Beau principe s'il en est. Il faut dire que sous l'Ancien r&#233;gime, l'arbitraire des juges et le recours &#224; la torture pour arracher des aveux avaient profond&#233;ment marqu&#233; les esprits. Une fois au pouvoir, les r&#233;volutionnaires entendent donc reprendre l'ordre judiciaire en main : d&#233;sormais, des citoyens seront appel&#233;s &#224; juger d'autres citoyens. C'est sur cet acte fondateur que s'ouvre la bande dessin&#233;e &lt;i&gt;La Bataille du jury populaire&lt;/i&gt; (Dalloz, octobre 2026), co-&#233;crite par le professeur de droit Benjamin Fiorini et Ana Pich, qui signe &#233;galement les aquarelles. Le r&#233;cit se veut un plaidoyer en faveur d'une institution forte de plus de 230 ans d'histoire, qui n'a jamais &#233;t&#233; aussi proche de vaciller.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWI0N2NiNjBlIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpJeUlITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSW5QZ284Wm1sbmRYSmxJR05zWVhOelBTSnpjR2x3WDJSdlkxOXBibTVsY2lJK0Nnb2dQR0VnYUhKbFpqMGlTVTFITDJwd1p5ODVOemd5TWpRM01qUTVOREk0WDJOdmRYWmZjR3hoZERGZlkyOXdhV1V1YW5CbklpQWdZMnhoYzNNOUluTndhWEJmWkc5algyeHBaVzRnYldWa2FXRmliM2dpSUhSNWNHVTlJbWx0WVdkbEwycHdaV2NpUGdvSkNUeHBiV2NnYzNKalBTZEpUVWN2YW5Cbkx6azNPREl5TkRjeU5EazBNamhmWTI5MWRsOXdiR0YwTVY5amIzQnBaUzVxY0djbklIZHBaSFJvUFNJNE9UTWlJR2hsYVdkb2REMGlNVEl3TUNJZ1lXeDBQU2NuSUM4K1BDOWhQZ284TDJacFozVnlaVDRLUEM5a2FYWSsiPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le jury populaire en a pourtant essuy&#233;, des critiques. Parmi les plus anciennes, l'ouvrage cite les fameux &#171; acquittements scandaleux &#187; : ces verdicts par lesquels des jur&#233;s, parfaitement conscients que l'accus&#233; est coupable, choisiraient malgr&#233; tout de l'acquitter. Le cas le plus retentissant est s&#251;rement celui de Raoul Villain, assassin de Jean Jaur&#232;s, relax&#233; en 1919 en d&#233;pit des &#233;vidences. Mais, rappelle la BD, certains acquittements ont aussi t&#233;moign&#233; d'une soci&#233;t&#233; qui change plus vite que son droit. Ainsi des &#171; faiseuses d'anges &#187;, poursuivies pour pratiquer des avortements (interdits) : en refusant parfois de les condamner, les jur&#233;s ont contribu&#233; &#224; faire &#233;voluer la l&#233;gislation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est la m&#234;me d&#233;fiance qui pousse le pouvoir politique &#224; cr&#233;er les premi&#232;res cours &#171; sp&#233;cialement compos&#233;es &#187; (entendez : &lt;i&gt;sans jur&#233;s&lt;/i&gt;) pour les affaires de terrorisme en 1986. Officiellement, il s'agit de prot&#233;ger le jury des pressions. En r&#233;alit&#233;, leur suppos&#233;e indulgence inqui&#232;te : &lt;span class='base64LIENS' title='PGEgaHJlZj0iSnVyeS1wb3B1bGFpcmUtb3UtcmV2b2x1dGlvbm5haXJlIiBjbGFzcz0ic3BpcF9pbiI+b24gbGV1ciBwcsOpZsOocmUgZGVzIG1hZ2lzdHJhdHMgcHJvZmVzc2lvbm5lbHMsIHLDqXB1dMOpcyBwbHVzIHPDqXbDqHJlczwvYT4='&gt;&lt;/span&gt;. Dans les ann&#233;es 1990-2000, ces tribunaux sp&#233;ciaux seront &#233;tendus aux crimes li&#233;s au trafic de stup&#233;fiants, puis aux crimes commis avec la circonstance aggravante de &#171; bande organis&#233;e &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWI0N2NiNjBlIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpJd0lITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSW5QZ284Wm1sbmRYSmxJR05zWVhOelBTSnpjR2x3WDJSdlkxOXBibTVsY2lJK0Nnb2dQR0VnYUhKbFpqMGlTVTFITDJwd1p5OWlZWFJoYVd4c1pWOHpNbDlvWkM1cWNHY2lJQ0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZiR2xsYmlCdFpXUnBZV0p2ZUNJZ2RIbHdaVDBpYVcxaFoyVXZhbkJsWnlJK0Nna0pQR2x0WnlCemNtTTlKMGxOUnk5cWNHY3ZZbUYwWVdsc2JHVmZNekpmYUdRdWFuQm5KeUIzYVdSMGFEMGlNVEl3TUNJZ2FHVnBaMmgwUFNJMk1Ea2lJR0ZzZEQwbkp5QXZQand2WVQ0S1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'embolie des tribunaux et la lenteur de la justice nourrissent le nouvel argumentaire des pourfendeurs du jury. Des cours criminelles d&#233;partementales, cr&#233;&#233;es sans jur&#233;s par Nicole Belloubet, ministre de la Justice de l'&#233;poque, au projet de plaider-coupable port&#233; par G&#233;rald Darmanin &#8211; finalement abandonn&#233; &#8211;, une m&#234;me logique se dessine : celle d'une &lt;i&gt;fast-justice&lt;/i&gt; obs&#233;d&#233;e par le gain de temps, qui voit dans le jury une lourdeur &#224; contourner plut&#244;t qu'un principe &#224; pr&#233;server.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;La bataille du jury populaire&lt;/i&gt; assume pleinement son parti pris. Alors qu'&lt;span class='base64LIENS' title='PGEgaHJlZj0iR2FyZGUtYS12dWUtbW9kZS1kLWVtcGxvaSIgY2xhc3M9InNwaXBfaW4iPkFuYSBQaWNoIG1ldCBzdXBlcmJlbWVudCDDoCBwcm9maXQgc2VzIGxvbmd1ZXMgaGV1cmVzIHBhc3PDqWVzIMOgIGNyb3F1ZXIgbGVzIGF1ZGllbmNlczwvYT4='&gt;&lt;/span&gt;, Benjamin Fiorini d&#233;ploie avec brio son argumentaire en faveur de cette institution h&#233;rit&#233;e de la R&#233;volution. Leur r&#233;ussite ? Transformer ce qui pourrait passer pour une querelle de proc&#233;dure en une question &#233;minemment d&#233;mocratique : que deviendrait une justice rendue &#171; au nom du peuple &#187; sans le peuple ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWI0N2NiNjBlIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpJeElITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSW5QZ284Wm1sbmRYSmxJR05zWVhOelBTSnpjR2x3WDJSdlkxOXBibTVsY2lJK0Nnb2dQR0VnYUhKbFpqMGlTVTFITDJwd1p5OWlZWFJoYVd4c1pWOHlNVjlvWkM1cWNHY2lJQ0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZiR2xsYmlCdFpXUnBZV0p2ZUNJZ2RIbHdaVDBpYVcxaFoyVXZhbkJsWnlJK0Nna0pQR2x0WnlCemNtTTlKMGxOUnk5cWNHY3ZZbUYwWVdsc2JHVmZNakZmYUdRdWFuQm5KeUIzYVdSMGFEMGlPRGswSWlCb1pXbG5hSFE5SWpFeU1EQWlJR0ZzZEQwbkp5QXZQand2WVQ0S1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; C'est tout le contre-pouvoir judiciaire qui est affaibli &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/C-est-tout-le-contre-pouvoir</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/C-est-tout-le-contre-pouvoir</guid>
		<dc:date>2026-10-24T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pierre-Marie You</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Plaider-coupable en mati&#232;re criminelle, r&#233;forme du r&#233;gime des nullit&#233;s et cr&#233;ation d'un &#171; sas de d&#233;tention &#187; arbitraire : le projet de loi sur la justice, port&#233; par Darmanin, grignote toujours plus les droits de la d&#233;fense. Entretien avec l'avocate Maude Guillemet, membre du Syndicat des avocats de France. C'&#233;tait un grand principe de la R&#233;volution : tout le monde devrait avoir droit &#224; un proc&#232;s &#233;quitable. On ne va pas dire qu'on y croyait, mais il y avait une petite dynamique. Depuis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_3_-10-51faa.png?1792801832' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Plaider-coupable en mati&#232;re criminelle, r&#233;forme du r&#233;gime des nullit&#233;s et cr&#233;ation d'un &#171; sas de d&#233;tention &#187; arbitraire : le projet de loi sur la justice, port&#233; par Darmanin, grignote toujours plus les droits de la d&#233;fense. Entretien avec l'avocate Maude Guillemet, membre du Syndicat des avocats de France.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWUyNTNkZjQxIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpFNUlITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTVRZaUlHUmhkR0V0YkdWblpXNWtaUzFzWlc1NFBTSWlDajRLUEdacFozVnlaU0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZhVzV1WlhJaVBnb0tJRHhoSUdoeVpXWTlJa2xOUnk5cWNHY3ZhblZ6ZEdsalpWOWtaV2RzYVc1bmRXVXVhbkJuSWlBZ1kyeGhjM005SW5Od2FYQmZaRzlqWDJ4cFpXNGdiV1ZrYVdGaWIzZ2lJSFI1Y0dVOUltbHRZV2RsTDJwd1pXY2lQZ29KQ1R4cGJXY2djM0pqUFNkSlRVY3ZhbkJuTDJwMWMzUnBZMlZmWkdWbmJHbHVaM1ZsTG1wd1p5Y2dkMmxrZEdnOUlqazVOQ0lnYUdWcFoyaDBQU0l4TWpBd0lpQmhiSFE5SnljZ0x6NDhMMkUrQ2p4bWFXZGpZWEIwYVc5dUlHTnNZWE56UFNkemNHbHdYMlJ2WTE5c1pXZGxibVJsSno0S0NTQUtDU0FLQ1NBOFpHbDJJR05zWVhOelBTZHpjR2x3WDJSdlkxOWpjbVZrYVhSeklDQW5Qa1YwYVdWdWJtVWdVMkYyYjNsbENqd3ZaR2wyUGdvOEwyWnBaMk5oY0hScGIyNCtQQzltYVdkMWNtVStDand2WkdsMlBnPT0iPg=='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait un grand principe de la R&#233;volution : tout le monde devrait avoir droit &#224; un proc&#232;s &#233;quitable. On ne va pas dire qu'on y croyait, mais il y avait une petite dynamique. Depuis 1897, toutes les &#233;volutions am&#233;lioraient les droits de la d&#233;fense. Sous Macron la logique s'inverse. Avant l'&#233;t&#233;, la loi Darmanin sur &#171; la justice criminelle et le respect des victimes &#187; (on se demande o&#249; sont pass&#233;s le respect, la justice et les victimes) a soulev&#233; l'ensemble de la profession. Maud Guillemet, avocate, revient sur ce d&#233;litement organis&#233; des droits de la d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mesure phare contre laquelle se sont mobilis&#233;s les professionnels de la justice a &#233;t&#233; l'instauration d'une proc&#233;dure de &#171; comparution sur reconnaissance pr&#233;alable de culpabilit&#233; &#187; (CRPC) en mati&#232;re criminelle. Pouvez-vous expliquer cette proc&#233;dure et les probl&#232;mes qu'elle pose ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le principe de la CRPC, c'est celui de la justice n&#233;goci&#233;e : je me reconnais coupable, et je n&#233;gocie ma peine avec le procureur [l'accusation, ndlr].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me est que c'est tr&#232;s in&#233;quitable, d&#233;j&#224; en mati&#232;re d&#233;lictuelle. Ce matin, par exemple, j'assistais un client dans un dossier pour lequel un d&#233;bat juridique se posait sur la caract&#233;risation de l'infraction : on n'&#233;tait pas certain que les faits m&#234;mes qui lui &#233;taient reproch&#233;s constituaient un d&#233;lit. Nous avons demand&#233; le classement sans suite [que le procureur renonce et que le dossier soit clos sans condamnation, ndlr], que le procureur a refus&#233;. Le probl&#232;me, c'est que, dans le cadre de la proc&#233;dure, le v&#233;hicule de mon client avait &#233;t&#233; saisi. Or, son v&#233;hicule est son outil de travail : depuis trois mois, il ne peut plus travailler. Le procureur a propos&#233; qu'il reconnaisse sa culpabilit&#233; et qu'il prenne une peine tr&#232;s l&#233;g&#232;re, auquel cas son v&#233;hicule lui serait restitu&#233; imm&#233;diatement. S'il refusait, il aurait d&#251; attendre jusqu'&#224; juin 2027 avant d'&#234;tre jug&#233;, et donc ne pas pouvoir travailler d'ici l&#224;. Il a d&#251; accepter, et donc se reconna&#238;tre coupable d'une infraction qu'il n'a probablement pas commise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a nous oblige &#224; mettre en balance des int&#233;r&#234;ts qui ne sont pas ceux de la culpabilit&#233; ou de l'innocence. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce que &#231;a donnerait, la CRPC appliqu&#233;e &#224; la justice criminelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce serait encore bien pire car les peines encourues sont bien plus s&#233;v&#232;res !&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Si on ne prot&#232;ge pas tel justiciable dans tel dossier, ce sont tous les justiciables que l'on expose au risque de voir leurs droits bafou&#233;s &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Imaginez quelqu'un accus&#233; d'avoir commis un crime puni de 20 ans de prison. Son avocat pense qu'il y a une vraie possibilit&#233; qu'il soit acquitt&#233; [reconnu innocent, ndlr], mais il ne peut pas compl&#232;tement le garantir au client. Il va lui dire : &#8220;&lt;i&gt;Si vous &#234;tes d&#233;clar&#233; coupable, vous serez probablement condamn&#233; &#224; une peine allant de douze &#224; quatorze ans de prison. Mais vous pouvez aussi &#234;tre d&#233;clar&#233; innocent.&lt;/i&gt;&#8221; Et de l'autre c&#244;t&#233;, le procureur va lui dire : &#8220;&lt;i&gt;Si vous reconnaissez votre culpabilit&#233;, je vous propose une peine de sept ans.&lt;/i&gt;&#8221; Le risque, c'est un aveu d'opportunit&#233;, c'est-&#224;-dire que le client se reconnaisse coupable alors qu'il ne l'est pas, pour ne pas risquer une peine encore plus lourde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, le deuxi&#232;me gros probl&#232;me est qu'en mati&#232;re criminelle, la plupart du temps, les accus&#233;s sont plac&#233;s en d&#233;tention provisoire. Il faut savoir que c'est le r&#233;gime de d&#233;tention le plus dur. Il s'ex&#233;cute en maison d'arr&#234;t, surpeupl&#233;es, o&#249; l'acc&#232;s au travail et aux activit&#233;s est plus compliqu&#233; pour les personnes d&#233;tenues dans le cadre de proc&#233;dures criminelles. Surtout, on ne sait pas pour combien de temps on est l&#224;, puisqu'on n'a pas &#233;t&#233; jug&#233;. C'est tr&#232;s difficile &#224; vivre, psychologiquement. Les gens risquent d'accepter la CRPC juste parce que &#231;a va plus vite et qu'au moins ils seront fix&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a aussi un vrai probl&#232;me d'&#233;galit&#233; sociale. &#199;a n'est pas du tout le m&#234;me co&#251;t de passer en CRPC ou devant une cour d'assises. Donc il y a le risque que moins le pr&#233;venu soit ais&#233;, plus il accepte la CRPC. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face &#224; la forte mobilisation des professionnels de la justice, cette disposition a finalement &#233;t&#233; retir&#233;e. D'autres mesures ont toutefois &#233;t&#233; maintenues, notamment la r&#233;forme du r&#233;gime des nullit&#233;s, qui r&#233;duit de six &#224; quatre mois le d&#233;lai pour les soulever au cours de la proc&#233;dure.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sur le r&#233;gime des nullit&#233;s, c'est-&#224;-dire la r&#232;gle qui permet de faire annuler un acte de proc&#233;dure lorsqu'il n'a pas &#233;t&#233; r&#233;alis&#233; conform&#233;ment &#224; la loi, ils prennent le probl&#232;me &#224; l'envers.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; La proc&#233;dure sert &#224; respecter le droit des justiciables &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Leur discours est que la d&#233;fense &#8220;&lt;i&gt;porte atteinte &#224; la bonne administration de la justice&lt;/i&gt;&#8221; en soulevant des irr&#233;gularit&#233;s, alors que si elles sont soulev&#233;es, et reconnues par les juges, c'est parce que l'accusation n'a pas respect&#233; la proc&#233;dure p&#233;nale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La proc&#233;dure sert &#224; respecter le droit des justiciables. On oublie trop souvent qu'il y a un d&#233;s&#233;quilibre fondamental : l'accusation a n&#233;cessairement plus d'informations et de pouvoir que la personne poursuivie. La proc&#233;dure est l&#224; pour tenter de remettre de l'&#233;quilibre. On ne fait pas n'importe quoi quand on enqu&#234;te sur quelqu'un, on ne fait pas n'importe quoi quand on prive quelqu'un de libert&#233;. Il faut une proc&#233;dure pour garantir l'impartialit&#233; et l'objectivit&#233; des personnels qui interviennent ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Depuis la loi sur le narcotrafic, on entend souvent que les avocats permettraient &#224; de dangereux criminels de courir en libert&#233;, parce qu'ils pinaillent sur des d&#233;tails.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Oui, sauf que &#231;a n'est pas des d&#233;tails. Quand on soul&#232;ve, par exemple, qu'un v&#233;hicule a &#233;t&#233; mis sur &#233;coute alors qu'il n'aurait pas d&#251; l'&#234;tre, ce n'est pas un d&#233;tail, c'est tr&#232;s attentatoire au respect de la vie priv&#233;e ! &#201;videmment, dans le d&#233;bat public, on prend toujours l'exemple de quelqu'un qui a finalement &#233;t&#233; reconnu coupable. &#199;a permet &#224; tout le monde de se dire : &#8220;&lt;i&gt;Heureusement qu'on a mis sur &#233;coute son v&#233;hicule&lt;/i&gt;.&#8221; Sauf que sans garanties proc&#233;durales, n'importe qui pourra, demain, avoir son v&#233;hicule ou son appartement sonoris&#233; &#224; son insu. Car au moment o&#249; cette mesure est d&#233;cid&#233;e, on ne sait pas encore s'il est vraiment un dangereux criminel, donc on sonorise un innocent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Donc quand un avocat soul&#232;ve une nullit&#233; de proc&#233;dure, c'est moins pour le probl&#232;me qu'elle pose sur le dossier en cours que pour garantir les droits et libert&#233;s de toute la soci&#233;t&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Exactement ! Nous, on ne se demande jamais : &#8220;&lt;i&gt;Mon&lt;/i&gt; &lt;i&gt;client&lt;/i&gt; &lt;i&gt;est&lt;/i&gt; &lt;i&gt;un&lt;/i&gt; &lt;i&gt;dangereux&lt;/i&gt; &lt;i&gt;criminel,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;est-ce que je soul&#232;ve ou pas cette nullit&#233;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt;&#8221; Quand on soul&#232;ve une nullit&#233;, on la soul&#232;ve pour tous, parce que si on ne prot&#232;ge pas ce justiciable sur ce dossier-l&#224;, ce sont tous les justiciables que l'on expose au risque de voir leurs droits bafou&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La loi r&#233;forme &#233;galement le r&#233;gime de la d&#233;tention provisoire (DP).&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Alors l&#224;, j'en perds mes mots. C'est vraiment une des dispositions qui a le plus heurt&#233; les d&#233;fenseurs des libert&#233;s. Admettons qu'on vous accuse d'&#234;tre impliqu&#233; dans le trafic de stup&#233;fiants et qu'on veuille vous interroger. Comme on a peur, par exemple, que vous vous concertiez avec d'autres personnes, on vous place en DP. C'est une mesure tr&#232;s grave : vous &#234;tes pr&#233;sum&#233; innocent, donc ce n'est possible qu'&#224; titre exceptionnel et pour une dur&#233;e limit&#233;e. En mati&#232;re de stup, c'est six mois maximum. S'il l'estime n&#233;cessaire, le juge d'instruction [qui est en charge de l'enqu&#234;te, ndlr] peut demander au juge des libert&#233;s et de la d&#233;tention que ce d&#233;lai soit prolong&#233;. Mais pour &#231;a, il doit respecter certaines formalit&#233;s, et notamment vous pr&#233;venir suffisamment en avance pour que vous puissiez pr&#233;parer votre d&#233;fense. Avant, le non-respect de ces formalit&#233;s entra&#238;nait automatiquement votre remise en libert&#233; &#224; la fin des six mois. Maintenant, si ces formalit&#233;s ne sont pas respect&#233;es ou si la d&#233;cision du juge n'est pas intervenue &#224; temps, on vous garde quand m&#234;me dans un &#8220;sas de d&#233;tention&#8221;, c'est-&#224;-dire qu'on vous maintient en prison, arbitrairement, le temps qu'un juge statue sur votre situation... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette loi s'inscrit dans une s&#233;rie de r&#233;formes de la justice visant &#224; am&#233;liorer son &#171; efficacit&#233; &#187;, souvent au d&#233;triment de la qualit&#233; de la justice rendue. Cela est-il seulement motiv&#233; par une logique n&#233;olib&#233;rale d'&#233;conomie sur les services publics, ou y a-t-il &#233;galement des motivations plus id&#233;ologiques ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce qui est s&#251;r, c'est qu'il y a &lt;span class='base64LIENS' title='PGEgaHJlZj0iTGUtbWFydGVhdS1kZS1sLUV0YXQiIGNsYXNzPSJzcGlwX2luIj51biBhZmZpY2hhZ2UgcG9saXRpcXVlIHLDqXByZXNzaWY8L2E+'&gt;&lt;/span&gt;. Tout &#231;a r&#233;pond aux grands r&#233;cits mis en place autour du narcotrafic : &#8220;&lt;i&gt;Il ne va plus y avoir de dangereux criminels qui vont courir &#224; cause d'avocats grassement r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/i&gt;&#8221;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; C'est toujours la m&#234;me logique d'&#233;loignement du citoyen avec la justice &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, tous ces projets de loi vont dans le sens d'une r&#233;gression de la justice. &lt;span class='base64LIENS' title='PGEgaHJlZj0iTWFnaXN0cmF0dXJlLUplLW4tYXZhaXMtcGFzLXNpZ25lIiBjbGFzcz0ic3BpcF9pbiI+T24gZMOpZ3JhZGUgbOKAmWltYWdlIGRlIGzigJlhdm9jYXQsIGNlbGxlIGR1IGp1Z2U8L2E+'&gt;&lt;/span&gt;, on rend la justice inaccessible aux justiciables parce qu'on d&#233;veloppe les audiences non publiques, on r&#233;duit le nombre de proc&#232;s avec des jur&#233;s populaires... C'est toujours la m&#234;me logique d'&#233;loignement du citoyen avec la justice. Plus il en est loin, moins il la respecte et c'est tout le contre-pouvoir judiciaire qui est affaibli... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Pierre-Marie You&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Crise grecque : &#171; Pigasse n'a absolument pas de quoi se vanter &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Crise-grecque-Pigasse-n-a</link>
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		<dc:date>2026-10-17T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos, Cl&#233;ment Am&#233;zieux</dc:creator>


		<dc:subject>Colloghan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, le gentil Matthieu Pigasse a cont&#233; aux Insoumis comment il avait g&#233;n&#233;reusement sauv&#233; la Gr&#232;ce. Les Grecs, eux, ne lui disent pas merci. On a refait les comptes avec l'&#233;conomiste &#201;ric Toussaint et spoiler alert : ils ne sont pas bons du tout. Fin ao&#251;t, aux Amfis de La France insoumise, un &#233;change &#233;tait particuli&#232;rement attendu : celui de Matthieu Pigasse et Manuel Bompard. Comment le plus gros cerveau de l'Assembl&#233;e nationale allait-il se d&#233;brouiller pour pousser le banquier (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Colloghan" rel="tag"&gt;Colloghan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd-15-dc191.png?1792197002' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, le gentil Matthieu Pigasse a cont&#233; aux Insoumis comment il avait g&#233;n&#233;reusement sauv&#233; la Gr&#232;ce. Les Grecs, eux, ne lui disent pas merci. On a refait les comptes avec l'&#233;conomiste &#201;ric Toussaint et &lt;i&gt;spoiler alert&lt;/i&gt; : ils ne sont pas bons du tout.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWNlNWNkY2VjIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpFMElITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTVRFaUlHUmhkR0V0YkdWblpXNWtaUzFzWlc1NFBTSWlDajRLUEdacFozVnlaU0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZhVzV1WlhJaVBnb0tJRHhoSUdoeVpXWTlJa2xOUnk5cWNHY3ZjR2xuWVhOelpWOXdiM1Z5WDJOeFptUXlMbXB3WnlJZ0lHTnNZWE56UFNKemNHbHdYMlJ2WTE5c2FXVnVJRzFsWkdsaFltOTRJaUIwZVhCbFBTSnBiV0ZuWlM5cWNHVm5JajRLQ1FrOGFXMW5JSE55WXowblNVMUhMMnB3Wnk5d2FXZGhjM05sWDNCdmRYSmZZM0ZtWkRJdWFuQm5KeUIzYVdSMGFEMGlPRFEySWlCb1pXbG5hSFE5SWpFeU1EQWlJR0ZzZEQwbkp5QXZQand2WVQ0S1BHWnBaMk5oY0hScGIyNGdZMnhoYzNNOUozTndhWEJmWkc5algyeGxaMlZ1WkdVblBnb0pJQW9KSUFvSklEeGthWFlnWTJ4aGMzTTlKM053YVhCZlpHOWpYMk55WldScGRITWdJQ2MrUTI5c2JHOW5hR0Z1Q2p3dlpHbDJQZ284TDJacFoyTmhjSFJwYjI0K1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fin ao&#251;t, aux Amfis de La France insoumise, un &#233;change &#233;tait particuli&#232;rement attendu : celui de Matthieu Pigasse et Manuel Bompard. Comment le plus gros cerveau de l'Assembl&#233;e nationale allait-il se d&#233;brouiller pour pousser le banquier d'affaires autoproclam&#233; &#171; de gauche &#187; dans ses derniers retranchements ? On s'attendait &#224; un choc. Mais sit&#244;t entr&#233;s en sc&#232;ne, les deux hommes surprennent par leur connivence. Les questions inoffensives du d&#233;put&#233; laissent le millionnaire enfiler des perles pendant une heure devant une salle &#233;tonnamment bienveillante. Et si le public proteste quand ce dernier affirme s'&#234;tre &#171; &lt;i&gt; fait tout seul&lt;/i&gt; &#187;, on a quand m&#234;me l'impression d'assister &#224; un meeting de Matthieu Pigasse plut&#244;t qu'&#224; un d&#233;bat entre la gauche de rupture et le monde de la finance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'homme d'affaires est notamment revenu sur son r&#244;le dans la crise grecque. Sans sourciller, il assure avoir &#171; &lt;i&gt;annul&#233; 80 % de la dette&lt;/i&gt; &#187;, le tout &#171; &lt;i&gt;sans aucun dommage&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;pour le peuple&lt;/i&gt; &#187;. Autant vous dire qu'on a s&#233;rieusement grinc&#233;. Alors on est all&#233;s en parler avec &#201;ric Toussaint, &#233;conomiste, porte-parole du Comit&#233; pour l'abolition des dettes ill&#233;gitimes, qui fut &#233;galement coordinateur de la Commission pour la v&#233;rit&#233; sur la dette publique grecque en 2015.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dans une intervention que tu fais au Parlement grec en 2015, tu dis que l'endettement de la Gr&#232;ce est davantage priv&#233; que public. Peux-tu revenir l&#224;-dessus dans un premier temps ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout &#224; fait. &#192; l'origine, il y a d'abord une crise des banques priv&#233;es grecques qui a &#233;clat&#233; en 2009-2010 et qui est le r&#233;sultat d'ann&#233;es de cr&#233;dits faciles accord&#233;s au secteur priv&#233;, favoris&#233;s par les grandes banques allemandes et fran&#231;aises principalement &#8211; BNP Paribas, Cr&#233;dit Agricole, Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, BPCE, Dexia&#8230; En quelques ann&#233;es, l'accumulation de d&#233;fauts de paiement fragilise fortement le syst&#232;me bancaire grec et place plusieurs &#233;tablissements au bord de la faillite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2010, l'&#201;tat grec est somm&#233; d'intervenir pour sauver les banques. Pour ce faire, on met en place la Tro&#239;ka : un trio form&#233; par le Fonds mon&#233;taire international (FMI), la Banque centrale europ&#233;enne (BCE) et la Commission europ&#233;enne. Officiellement, il s'agit de &#8220;sauver&#8221; la Gr&#232;ce, en r&#233;alit&#233;, la Tro&#239;ka veut surtout prot&#233;ger les banques fran&#231;aises et allemandes des pertes qu'elles subiraient si les banques grecques &#233;taient incapables de les rembourser.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Les statistiques de la dette publique grecque ont &#233;t&#233; falsifi&#233;es &#224; la hausse pour justifier un plan de sauvetage &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Il existait bien s&#251;r une dette publique grecque, mais elle &#233;tait de l'ordre de 100 % du PIB en 2007 avant l'&#233;clatement de la crise financi&#232;re qui a touch&#233; les &#201;tats-Unis et l'Europe. En 2009, suite &#224; la crise financi&#232;re internationale, elle avait grimp&#233; &#224; 113 %, c'&#233;tait s&#233;rieux mais pas tr&#232;s diff&#233;rent d'autres pays. Il a donc fallu dramatiser : le p&#233;rim&#232;tre de calcul de la dette a &#233;t&#233; &#233;largi &#224; des &#233;l&#233;ments qui n'&#233;taient pas comptabilis&#233;s jusque-l&#224;, faisant bondir le chiffre officiel &#224; 127 %. Les statistiques de la dette publique grecque ont &#233;t&#233; falsifi&#233;es &#224; la hausse pour justifier un plan de sauvetage. L'audit de la dette grecque l'a d&#233;montr&#233;. D'ailleurs, le responsable de l'institut de statistique a &#233;t&#233; condamn&#233; par la justice grecque pour falsification &#224; la hausse. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; ce moment-l&#224; que Matthieu Pigasse entre en sc&#232;ne. Quel a &#233;t&#233; son r&#244;le ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il &#233;tait banquier d'affaires pour le compte de la banque &#233;tats-unienne Lazard. En 2010, le gouvernement socialiste de Ge&#243;rgios Papandr&#233;ou fait appel &#224; lui pour le conseiller dans les n&#233;gociations avec les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l&#224; que se met en place le premier m&#233;morandum, conclu en mai 2010. La Gr&#232;ce obtient une aide de 110 milliards d'euros, mais aucune restructuration de sa dette n'est engag&#233;e. L'id&#233;e est de donner aux grandes banques fran&#231;aises et allemandes un d&#233;lai pour qu'elles revendent leurs titres sur le march&#233; secondaire avant que la situation ne d&#233;g&#233;n&#232;re. Car plus la situation se d&#233;grade, plus les titres perdent de leur valeur. La restructuration n'intervient qu'en mars 2012, soit pr&#232;s de deux ans apr&#232;s le premier plan d'aide. Or, s'il fallait vraiment &#8220;sauver la Gr&#232;ce&#8221;, une restructuration avec r&#233;duction de la dette &#233;tait n&#233;cessaire d&#232;s 2010. Le FMI a reconnu d'ailleurs plus tard qu'il s'agissait de donner une fen&#234;tre de tir aux banques priv&#233;es fran&#231;aises et allemandes pour qu'elles puissent se d&#233;barrasser des titres grecs en les revendant &#224; d'autres. Et Lazard, par le conseil de Matthieu Pigasse, a accompagn&#233; ce processus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lui se targue d'avoir annul&#233; 80 % de la dette grecque. D'o&#249; sort-il ce chiffre ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Litt&#233;ralement de son chapeau. Le chiffre officiel, d&#233;j&#224; discutable, est de 53,5 %. Concr&#232;tement, en 2012, environ 200 milliards d'euros de dette d&#233;tenue par des cr&#233;anciers priv&#233;s ont officiellement &#233;t&#233; restructur&#233;s, avec une r&#233;duction de 107 milliards.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais comprenez-moi bien, l'op&#233;ration a &#233;t&#233; favorable au milieu d'affaires ! La plupart des grandes banques s'&#233;taient d&#233;j&#224; retir&#233;es, et les fonds sp&#233;culatifs ont pris le relais. Au moment de la restructuration, une obligation grecque d'une valeur de 100 euros s'&#233;changeait sur le march&#233; secondaire pour &#224; peine 22 euros. Lorsque la restructuration a abouti &#224; une d&#233;cote de 53,5 %, cette cr&#233;ance de 100 euros s'&#233;changeait contre une nouvelle valant 46,5 euros, plus un bonus de 22 euros. Les banques, les fonds d'investissement et les fonds vautours qui avaient achet&#233; des titres au plus bas ont r&#233;alis&#233; une belle plus-value ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cette op&#233;ration a-t-elle &#233;t&#233;, comme l'assure Matthieu Pigasse, &#171; sans aucune cons&#233;quence &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r que non. Prenons le syst&#232;me public de retraite grec : dans le cadre du m&#233;morandum de 2010, il avait &#233;t&#233; contraint d'acheter des titres de dette grecque plein pot, c'est-&#224;-dire &#224; 100 % de leur valeur. Mais au moment de la restructuration, ces obligations ont subi une forte d&#233;cote de 53,5 %. R&#233;sultat : des pertes d&#233;sastreuses pour les caisses de retraite s'&#233;levant &#224; 8,3 milliards d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre cas particuli&#232;rement scandaleux : celui des travailleurs de la compagnie a&#233;rienne d'Olympic Airways. Apr&#232;s la privatisation puis la fermeture de l'entreprise, une partie de leurs indemnit&#233;s de licenciement avait &#233;t&#233; vers&#233;e sous forme de titres de dette grecque. La r&#233;duction de 53,5 % les a affect&#233;s durement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, une restructuration de dette avec participation du FMI signifie toujours des r&#233;ductions de salaire, des baisses de d&#233;penses sociales, des privatisations et une diminution du financement des services publics. En Gr&#232;ce, le salaire minimum l&#233;gal a &#233;t&#233; amput&#233; de 25 %, et de 30 % pour les moins de 25 ans. Le montant des retraites, de 30 %, avec suppression des treizi&#232;me et quatorzi&#232;me mois.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Pour ses d&#233;sastreux conseils, Pigasse a fait empocher 25 millions d'euros &#224; sa banque ! &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, les moyens de l'h&#244;pital public ont &#233;t&#233; r&#233;duits et de nombreux actifs de l'&#201;tat grec ont &#233;t&#233; mis en vente. &#192; cette cure d'aust&#233;rit&#233; s'est ajout&#233;e une r&#233;cession d'une violence exceptionnelle : en quelques ann&#233;es, l'&#233;conomie grecque a perdu un quart de sa richesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pigasse n'a absolument pas de quoi se vanter. D'autant que pour ses d&#233;sastreux conseils, Lazard a empoch&#233; 25 millions d'euros ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;En 2015, Alexis Tsipras arrive au pouvoir avec la promesse de rompre avec les politiques jusque-l&#224; impos&#233;es &#224; la Gr&#232;ce. &#192; ce moment-l&#224;, tu d&#233;fends cette ligne. Pourtant, le gouvernement finit par plier devant les cr&#233;anciers. Qu'est-ce qui t'as fait perdre la bataille des id&#233;es selon toi ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 2015, lorsque Syriza arrive au pouvoir, le ministre des Finances Y&#225;nis Varouf&#225;kis a fait appel &#224; Matthieu Pigasse. Cette fois, celui-ci n'a pas &#233;t&#233; r&#233;mun&#233;r&#233;. Mais il faut bien comprendre comment fonctionne ce milieu : avant de d&#233;crocher un contrat, il y a souvent une phase d'approche et de pro bono.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; J'ai &#233;t&#233; approch&#233; par un fonds d&#233;tenant deux milliards d'euros de dette grecque qui voulait m'acheter des informations &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Finalement, aucune nouvelle restructuration n'a lieu et Pigasse n'obtient pas de contrat. Mais il aura eu le temps de distiller ses conseils qui ont contribu&#233; &#224; la capitulation de Tsipras et de Varouf&#225;kis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De mon c&#244;t&#233;, &#224; la demande de la pr&#233;sidente du Parlement grec, j'ai agi b&#233;n&#233;volement pour d&#233;fendre une autre voie. L'objectif &#233;tait de fournir au gouvernement, aux parlementaires, aux syndicats et plus largement &#224; la soci&#233;t&#233; grecque des arguments permettant d'&#233;viter la capitulation devant les cr&#233;anciers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le rapport de force &#233;tait profond&#233;ment d&#233;s&#233;quilibr&#233;. Face &#224; nous se trouvaient de grandes institutions financi&#232;res, la BCE, des cr&#233;anciers et leurs conseillers (comme Pigasse). J'ai m&#234;me &#233;t&#233; approch&#233; par un fonds d&#233;tenant deux milliards d'euros de dette grecque qui voulait m'acheter des informations. Voil&#224; le niveau de pression auquel on &#233;tait confront&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Finalement, le gouvernement n'a pas eu le courage de suspendre le paiement de cette dette ill&#233;gitime et a capitul&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Cl&#233;ment Am&#233;zieux et Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Magistrature : &#171; Je n'avais pas sign&#233; pour &#231;a &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Magistrature-Je-n-avais-pas-signe</link>
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		<dc:date>2026-10-17T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ana Carillo</dc:creator>


		<dc:subject>C&#233;leste Maurel</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Vice-pr&#233;sidente du tribunal de grande instance de N&#238;mes jusqu'en 2024, Lucile Laurier retrace ici une quarantaine d'ann&#233;es de carri&#232;re dans la magistrature. Un parcours plomb&#233; par la charge de travail et le d&#233;ferlement de lois et de d&#233;crets, la plupart de plus en plus r&#233;pressifs. &#171; J'ai poursuivi mes &#233;tudes de droit sans id&#233;e pr&#233;cise de la profession que je voulais faire, ni d'a priori particulier sur la justice. Une figure m'avait cependant marqu&#233;e : Robert Badinter, qui a toujours milit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Celeste-Maurel" rel="tag"&gt;C&#233;leste Maurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_2_-7-9cd40.png?1792197002' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Vice-pr&#233;sidente du tribunal de grande instance de N&#238;mes jusqu'en 2024, Lucile Laurier retrace ici une quarantaine d'ann&#233;es de carri&#232;re dans la magistrature. Un parcours plomb&#233; par la charge de travail et le d&#233;ferlement de lois et de d&#233;crets, la plupart de plus en plus r&#233;pressifs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6713 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/classe_sans_suite.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH433/classe_sans_suite-46295.jpg?1792197002' width='500' height='433' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;C&#233;leste Maurel
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai poursuivi mes &#233;tudes de droit sans id&#233;e pr&#233;cise de la profession que je voulais faire, ni d'a priori particulier sur la justice. Une figure m'avait cependant marqu&#233;e : Robert Badinter, qui a toujours milit&#233; contre la peine de mort et r&#233;ussi &#224; la faire abolir. Je ne comprenais pas comment l'acte de tuer autrui pouvait &#234;tre institutionnalis&#233; : le fait que &#231;a soit l&#233;gal n'enl&#232;ve rien &#224; sa barbarie. J'avais &#233;t&#233; tr&#232;s choqu&#233;e par les ex&#233;cutions de Buffet et Bontems [le premier condamn&#233; &#224; mort pour meurtre et le second pour complicit&#233; en 1971 &#8211; ndlr] et par les derni&#232;res ex&#233;cutions par &#233;tranglement en Espagne, sous le r&#233;gime de Franco.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Si la peine capitale n'avait pas &#233;t&#233; abolie, je ne serais jamais entr&#233;e dans la magistrature &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Je ne comprenais pas non plus comment on peut prononcer une peine capitale, irreversible, quel que soit le crime compte tenu du risque d'erreur judiciaire - certains &#233;taient contre la peine de mort sauf en cas de meurtre d'enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est certain, c'est que si la peine capitale n'avait pas &#233;t&#233; abolie, je ne serais jamais entr&#233;e dans la magistrature. C'est donc par ce prisme que j'ai commenc&#233; &#224; me faire une id&#233;e de la justice et du risque d'injustice. Cela m'a amen&#233;e &#224; une r&#233;flexion sur la justesse des d&#233;cisions de culpabilit&#233; et d'appr&#233;ciation des peines. En d&#233;finitive, pour moi, la justice impliquait d'une part, de mani&#232;re un peu caricaturale s&#251;rement, &#8220;d&#233;fendre la veuve et l'orphelin&#8221; et d'autre part, de mani&#232;re plus pragmatique, apporter des r&#233;ponses justes et proportionn&#233;es &#224; des situations induites par des r&#233;alit&#233;s soci&#233;tales. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pri&#232;re de bien vouloir ob&#233;ir&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le gouvernement intervient aupr&#232;s des magistrats par voie de circulaires, qui commentent et explicitent les d&#233;crets, et qui pr&#233;sentent des objectifs que les magistrats sont pri&#233;s de bien vouloir prendre en compte. Pour autant, les circulaires, n'ayant pas force l&#233;gale, ne m'ont jamais emp&#234;ch&#233;e de faire mon travail en mon &#226;me et conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande difficult&#233; dans l'exercice de mes fonctions reste incontestablement la masse de travail en parall&#232;le, avec les complexit&#233;s propres &#224; chaque dossier et la n&#233;cessit&#233; de motiver les d&#233;cisions de mani&#232;re la plus compl&#232;te possible afin que celles-ci puissent &#234;tre comprises par le justiciable. Des audiences qui ne devaient pas d&#233;passer six heures d'affil&#233;e duraient la plupart du temps huit heures, voire plus en correctionnelle. &#192; ces audiences, il faut ajouter la r&#233;daction des jugements dont une grande partie en dehors des horaires normaux de travail. Je ne me couchais pas tant que la derni&#232;re d&#233;cision sur les affaires &#224; trancher dans la journ&#233;e n'&#233;tait pas termin&#233;e, ce qui m'amenait souvent jusqu'au petit matin. Je motivais beaucoup mes d&#233;cisions, car je tenais &#224; r&#233;pondre &#224; chacun des arguments, sans me contenter d'aller &#224; l'essentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre grande difficult&#233; est venue du d&#233;ferlement constant de textes, d&#233;crets et circulaires, auxquels s'ajoutaient les constantes &#233;volutions de la jurisprudence de la Cour de cassation et des principales cours d'appel, ainsi que des normes europ&#233;ennes et de la jurisprudence de la Cour europ&#233;enne des droits de l'Homme. &#192; ce niveau, les changements de gouvernement ont eu un impact important : tous ont voulu mettre en &#339;uvre une nouvelle politique, chaque ministre semblait vouloir laisser son empreinte. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les ann&#233;es de plomb&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le moment &#8220;politique&#8221; le plus difficile de ma carri&#232;re a &#233;t&#233; au niveau du durcissement des textes r&#233;pressifs. L'arriv&#233;e des peines plancher [une peine incompressible impos&#233;e en cas de r&#233;cidive, ndlr] pour les r&#233;cidivistes sous la pr&#233;sidence de Nicolas Sarkozy a constitu&#233; une difficult&#233; majeure [elles ont &#233;t&#233; supprim&#233;es en 2014 sous la pr&#233;sidence de Fran&#231;ois Hollande, nldr]. En th&#233;orie, cette r&#232;gle allait &#224; l'encontre du principe de l'individualisation des peines. M&#234;me si cette mesure pouvait quand m&#234;me &#234;tre att&#233;nu&#233;e par le fait qu'il &#233;tait possible de prononcer une peine inf&#233;rieure si un certain nombre de crit&#232;res &#233;taient r&#233;unis, notamment au niveau des garanties de r&#233;insertion. Motiver le choix d'une peine inf&#233;rieure &#233;tait alors encore plus compliqu&#233; et chronophage. Parfois, les crit&#232;res pour fixer une peine inf&#233;rieure n'&#233;taient pas r&#233;unis alors qu'il s'agissait d'une infraction d&#233;nu&#233;e de r&#233;elle gravit&#233; et que la peine plancher &#233;tait disproportionn&#233;e par rapport &#224; l'acte commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, la l&#233;gislation concernant les &#233;trangers a &#233;t&#233; un v&#233;ritable tsunami : le contr&#244;le de la r&#233;gularit&#233; des prolongations en centre de d&#233;tention est progressivement pass&#233; d'un mois &#224; trois mois, jusqu'&#224; six mois dans certains cas. C'&#233;tait &#233;videmment une immense charge de travail suppl&#233;mentaire : dans des juridictions de la taille de N&#238;mes, cela a fini par occuper un temps plein de magistrat. Mais c'est surtout moralement que &#231;a a &#233;t&#233; extr&#234;mement difficile. Lorsque je suis entr&#233;e dans la magistrature, je n'avais pas pr&#233;vu de priver de libert&#233; des personnes qui n'avaient commis aucun d&#233;lit et dont le seul tort &#233;tait d'entrer en France sans avoir de titre de s&#233;jour. Je n'avais pas sign&#233; pour cela. Cet aspect a beaucoup contribu&#233; &#224; la d&#233;gradation de mon &#233;tat de sant&#233; : j'&#233;tais en arr&#234;t maladie au moment o&#249; j'ai pris ma retraite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Ana Carillo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Et si&#8230; Fabien Roussel remportait l'&#233;lection pr&#233;sidentielle ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Et-si-Fabien-Roussel-remportait-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Et-si-Fabien-Roussel-remportait-l</guid>
		<dc:date>2026-10-17T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Mathilde Meignan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;daction de CQFD du futur a gliss&#233; &#224; notre insu une chronique dans ces pages. Et que ne nous apprend-elle pas ? En 2027, la gauche a rafl&#233; la pr&#233;sidentielle ! La gauche, oui, mais quelle gauche ? Pendant la campagne, nos doubles post-&#233;lections font durer le suspense et d&#233;roulent chaque mois les horizons possibles. Sc&#233;nario un : 365 jours apr&#232;s avoir &#233;lu celui qui se prenait pour un camarade. &#199;a avait pourtant d&#233;marr&#233; en fanfare. D'abord, Fabien Roussel s'&#233;tait qualifi&#233; au deuxi&#232;me (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mathilde-Meignan" rel="tag"&gt;Mathilde Meignan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_1_-14-e4fed.png?1792197003' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;daction de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; du futur a gliss&#233; &#224; notre insu une chronique dans ces pages. Et que ne nous apprend-elle pas ? En 2027, la gauche a rafl&#233; la pr&#233;sidentielle ! La gauche, oui, mais quelle gauche ? Pendant la campagne, nos doubles post-&#233;lections font durer le suspense et d&#233;roulent chaque mois les horizons possibles. Sc&#233;nario un : 365 jours apr&#232;s avoir &#233;lu celui qui se prenait pour un camarade.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTFkNmFkOTdkIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpFeElITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTVRnaUlHUmhkR0V0YkdWblpXNWtaUzFzWlc1NFBTSWlDajRLUEdacFozVnlaU0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZhVzV1WlhJaVBnb0tJRHhoSUdoeVpXWTlJa2xOUnk5cWNHY3ZZM0ZtWkMxbVgzSnZkWE56Wld3dWFuQm5JaUFnWTJ4aGMzTTlJbk53YVhCZlpHOWpYMnhwWlc0Z2JXVmthV0ZpYjNnaUlIUjVjR1U5SW1sdFlXZGxMMnB3WldjaVBnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmFuQm5MMk54Wm1RdFpsOXliM1Z6YzJWc0xtcHdaeWNnZDJsa2RHZzlJamt3TUNJZ2FHVnBaMmgwUFNJeE1qQXdJaUJoYkhROUp5Y2dMejQ4TDJFK0NqeG1hV2RqWVhCMGFXOXVJR05zWVhOelBTZHpjR2x3WDJSdlkxOXNaV2RsYm1SbEp6NEtDU0FLQ1NBS0NTQThaR2wySUdOc1lYTnpQU2R6Y0dsd1gyUnZZMTlqY21Wa2FYUnpJQ0FuUGsxaGRHaHBiR1JsSUUxbGFXZHVZVzRLUEM5a2FYWStDand2Wm1sblkyRndkR2x2Ymo0OEwyWnBaM1Z5WlQ0S1BDOWthWFkrIj4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#199;a avait pourtant d&#233;marr&#233; en fanfare. D'abord, Fabien Roussel s'&#233;tait qualifi&#233; au deuxi&#232;me tour, face &#224; Macron, ressorti de derri&#232;re les fagots apr&#232;s avoir bricol&#233; la Constitution pour s'offrir un tour de man&#232;ge suppl&#233;mentaire. Puis, le soir du r&#233;sultat final, stupeur g&#233;n&#233;rale : le communiste d&#233;joue tous les pronos. Les &#233;ditorialistes, jamais &#224; court d'analyses, avaient expliqu&#233; &#171; ce casse du si&#232;cle &#187; par l'incroyable dynamique n&#233;e de l'appel du candidat &#224; &#171; &lt;i&gt;organiser&lt;/i&gt; &lt;i&gt;des barbecues g&#233;ants&lt;/i&gt; &lt;i&gt;devant les pr&#233;fectures et les minist&#232;res ! ! ! &lt;/i&gt; &#187; Les babtou&#183;es p&#233;riph&#233;riques s'&#233;taient mobilis&#233;&#183;es en masse, nous inclus&#183;es, formant d'immenses chenilles humaines au son de &#171; &lt;i&gt;On va gagner ! On va gagner ! &#187;&lt;/i&gt; Faut dire que la perspective d'un gouvernement Macron acte III terrifiait &#224; peu pr&#232;s tout le monde. Alors le jour de l'&#233;lection de Fabien Roussel, on a tous&#183;tes pouss&#233; des grands &lt;i&gt;ouuuufs &lt;/i&gt;de soulagement dans une ambiance 1981&#8230; Autre temps, m&#234;me social-tra&#238;trise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les premi&#232;res mesures du Pr&#233;sident-camarade nous avaient pourtant plut&#244;t mis&#183;es en confiance. Pass&#233; par 49-3, il &#233;tait parvenu &#224; indexer nos salaires sur l'inflation. Pour la premi&#232;re fois depuis longtemps, on pouvait go&#251;ter au luxe de ne plus &#234;tre seulement des pauvres qui s'appauvrissent, mais des pauvres dont la pauvret&#233; suit le cours du paquet de p&#226;tes. Pour les plus d&#233;muni&#183;es, le gouvernement avait m&#234;me lanc&#233; une grande convention citoyenne pour la solidarit&#233; nationale. &#192; l'issue des trois mois de d&#233;bats, Fabien Roussel avait finalement retenu une mesure que personne n'avait propos&#233;e : la cr&#233;ation d'un service public de la saucisse au porc, avec distributions quotidiennes au bureau de poste. Les Insoumis&#183;es &#233;taient &#233;videmment tout de suite mont&#233;&#183;es au cr&#233;neau, exigeant une d&#233;clinaison hallal, kasher et vegan. Fabien avait fini par c&#233;der sur les deux premi&#232;res revendications, mais avait bloqu&#233; sur la derni&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Les bouffeurs de tofu n'auront qu'&#224; manger la merde des vaches directement &#224; l'abattoir ! &lt;/i&gt; &#187; aurait-il &#233;ruct&#233; en conseil des ministres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand est-ce qu'on a vraiment r&#233;alis&#233; qu'un truc clochait ? Sans doute au moment du vote de la loi programmatique &#171; Tous au travail ! &#187; par le Parlement. L'Assembl&#233;e, tr&#232;s majoritairement &#224; droite, &#233;tait sortie des d&#233;bats, ravie des propositions faites par le gouvernement. Il s'agissait d'obliger les ch&#244;meur&#183;euses &#224; pointer &#224; France travail, rebaptis&#233; &#171; France travail heureux &#187; pour l'occasion. Fini l'obsc&#232;ne &lt;i&gt;farniente&lt;/i&gt; affal&#233;&#183;es dans le canap' tout en recomptant ses centimes sur la table basse du salon ! Fini les 300 bornes d'auto-stop pour aller voir ses parents &#224; No&#235;l ! Chaque matin, les ch&#244;meur&#183;euses devaient s'entasser dans le hall d'entr&#233;e de l'institution, o&#249; on leur distribuait un badge avec l'inscription : &#171; Aujourd'hui, je choisis l'emploi ! &#187; Les plus chanceux&#183;ses d&#233;crochaient un poste de &#171; contr&#244;leur de travailleurs &#187;, nouveau m&#233;tier consistant &#224; se positionner sept heures par jour derri&#232;re quelqu'un&#183;e qui bossait pour de vrai, afin de s'assurer qu'iel ne bosse pas pour de faux. Est-ce que c'&#233;tait un vrai ou un faux boulot ? Personne ne savait vraiment le dire. Mais dans les m&#233;dias, des &#233;ditorialistes s'alarmaient d&#233;j&#224; des failles du dispositif : qui contr&#244;lait les contr&#244;leur&#183;euses ? Pendant ce temps, nous, on se passait discr&#232;tement sous le manteau le &lt;i&gt;Manifeste des ch&#244;meurs heureux&lt;/i&gt;, livre interdit depuis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le probl&#232;me, c'est que toutes ces mesures de plein emploi co&#251;taient un pognon de dingue. Le camarade Roussel avait beau avoir r&#233;tabli l'imp&#244;t sur la fortune et secouer quelques poches d'actionnaires, le trou dans les caisses &#233;tait profond. Et pour ne rien arranger, l'H&#244;pital-du-peuple et l'&#201;cole-des-petits-travailleurs continuaient de creuser le d&#233;ficit public. D'un c&#244;t&#233;, le prol&#233;tariat appelait &#224; trancher une bonne fois pour toutes la t&#234;te de la classe bourgeoise vorace et indigne. De l'autre, les propri&#233;taires des moyens de production criaient : &#171; &lt;i&gt;L'&#201;tat nous asphyxie ! &#187;, &#171; Stop &#224; l'&#201;tat ob&#232;se ! &lt;/i&gt; &#187; Coinc&#233; dans la quadrature du cercle, secou&#233; de toute part, le camarade Roussel vacillait. C'est alors que les voix du Grand Capital lui siffl&#232;rent &#224; l'oreille des paroles famili&#232;res : &#171; &lt;i&gt;Rembourse la dette Fabien&#8230; Aide-nous &#224; investir Fabien&#8230; Baisse le coup du travail Fabien&#8230; La croissance te remerciera Fabien ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite ne se raconte pas, ce n'est qu'un &lt;i&gt;bis repetita &lt;/i&gt;des 40 derni&#232;res ann&#233;es&#8230; Na&#239;f&#183;ves certain&#183;es esp&#232;rent encore qu'en 2032, on fera mieux. Mais la majorit&#233; du peuple de gauche respecte le strict h&#233;ritage communiste de la r&#233;volution permanente. Car depuis un an, les syndicats sont dans la rue et les gens ne sont toujours pas content&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par la r&#233;daction du futur&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;cologie en eaux ti&#232;des</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Ecologie-en-eaux-tiedes</link>
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		<dc:date>2026-10-10T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel Tudeh</dc:creator>


		<dc:subject>Martin Viot</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le film Glaciers d'Arctique, &#233;tat des lieux montre un monde polaire qui fond &#224; vue d'&#339;il. Le diagnostic est connu, l'angoisse bien install&#233;e. Mais pour les quelques dizaines de t&#234;tes blanches venues en d&#233;battre par une chaude soir&#233;e d'&#233;t&#233; lyonnaise, changer la donne se r&#233;sume encore &#224; faire un effort de p&#233;dagogie. Plong&#233;e dans une &#233;cologie tr&#232;s inform&#233;e, mais politiquement d&#233;sarm&#233;e. Histoire de sortir des 32 degr&#233;s de mon appartement, je me suis rendu au cin&#233;ma ind&#233;pendant art et essai et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Martin-Viot" rel="tag"&gt;Martin Viot&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le film &lt;i&gt;Glaciers d'Arctique, &#233;tat des lieux&lt;/i&gt; montre un monde polaire qui fond &#224; vue d'&#339;il. Le diagnostic est connu, l'angoisse bien install&#233;e. Mais pour les quelques dizaines de t&#234;tes blanches venues en d&#233;battre par une chaude soir&#233;e d'&#233;t&#233; lyonnaise, changer la donne se r&#233;sume encore &#224; faire un effort de p&#233;dagogie. Plong&#233;e dans une &#233;cologie tr&#232;s inform&#233;e, mais politiquement d&#233;sarm&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWQxODZjMGFlIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpBNElITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTVRNaUlHUmhkR0V0YkdWblpXNWtaUzFzWlc1NFBTSWlDajRLUEdacFozVnlaU0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZhVzV1WlhJaVBnb0tJRHhoSUdoeVpXWTlJa2xOUnk5cWNHY3ZjM1J5WVhSbGMxOWpjV1prTG1wd1p5SWdJR05zWVhOelBTSnpjR2x3WDJSdlkxOXNhV1Z1SUcxbFpHbGhZbTk0SWlCMGVYQmxQU0pwYldGblpTOXFjR1ZuSWo0S0NRazhhVzFuSUhOeVl6MG5TVTFITDJwd1p5OXpkSEpoZEdWelgyTnhabVF1YW5Cbkp5QjNhV1IwYUQwaU1USXdNQ0lnYUdWcFoyaDBQU0l4TVRFNElpQmhiSFE5SnljZ0x6NDhMMkUrQ2p4bWFXZGpZWEIwYVc5dUlHTnNZWE56UFNkemNHbHdYMlJ2WTE5c1pXZGxibVJsSno0S0NTQUtDU0FLQ1NBOFpHbDJJR05zWVhOelBTZHpjR2x3WDJSdlkxOWpjbVZrYVhSeklDQW5QazFoY25ScGJpQldhVzkwQ2p3dlpHbDJQZ284TDJacFoyTmhjSFJwYjI0K1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Histoire de sortir des 32 degr&#233;s de mon appartement, je me suis rendu au cin&#233;ma ind&#233;pendant art et essai et climatisation de mon quartier, &#224; Lyon, pour assister &#224; la projection d'un film documentaire intitul&#233; &lt;i&gt;Glaciers d'Arctique, &#233;tat des lieux&lt;/i&gt;, en pr&#233;sence du r&#233;al, Pierre Dugowson, et du sp&#233;l&#233;o-glaciologue L&#233;o Decaux. Les plan&#232;tes semblaient donc align&#233;es pour savourer une soir&#233;e entre solides camarades &#233;coterroristes ; quelle ne fut pas ma d&#233;ception.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le film, pourtant, rec&#232;le bien des qualit&#233;s. Il s'articule principalement autour de la c&#233;l&#232;bre glaciologue He&#239;di Sevestre qui pr&#233;sente son travail au Svalbard, petit archipel septentrional norv&#233;gien qui se r&#233;chauffe sept fois plus vite que le reste du globe. Les plans sont longs et permettent une impeccable immersion dans cet extraordinaire environnement. La parole est offerte aux universitaires install&#233;s sur place, dont le constat est unanime : chaque ann&#233;e d&#233;joue leurs projections les plus inqui&#233;tantes. Quelques instants saisissants cl&#244;turent en beaut&#233; le film : un plan fixe sur la banquise qui donne &#224; entendre son souffle, un indescriptible craquement sourd. On y d&#233;couvre des militants contre l'exploitation mini&#232;re en eaux profondes qui constitue une pratique extractiviste d&#233;vastatrice de grande &#233;chelle. On sympathise avec les pingos, genre de petits volcans qui s'affaissent par le milieu et laissent s'&#233;chapper une eau couleur rouille. On nous rappelle que la fonte du permafrost va lib&#233;rer des virus qui se sont endurcis sans lumi&#232;re ni oxyg&#232;ne, ainsi qu'une quantit&#233; astronomique (&#233;quivalente aux &#233;missions annuelles de l'Union europ&#233;enne) de gaz &#224; effet de serre que les gros bourgeois du capitalisme d'hier ont &#233;mis et qui ont &#233;t&#233; enferm&#233;s dans ce sol gel&#233;. He&#239;di Sevestre, entre deux visites du glacier Longyearbyen, exprime sa crainte face &#224; l'explosion techno-solutionniste hallucinatoire qui fait flor&#232;s aujourd'hui dans les grands groupes industriels.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La critique de la g&#233;o-ing&#233;nierie par la glaciologue est claire, mais on aurait pu souhaiter qu'elle soit un peu plus offensive politiquement&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Une mauvaise id&#233;e, ce gigantesque rideau polaire sous-marin imagin&#233; pour bloquer les m&#233;chants courants chauds qui attaquent les glaciers ? Pas top, ces pompes aliment&#233;es au p&#233;trole qui arrosent le glacier afin de l'&#233;paissir ? La critique de la g&#233;o-ing&#233;nierie par la glaciologue est claire, mais on aurait pu souhaiter qu'elle soit un peu plus offensive politiquement. Le techno-solutionnisme n'est-il pas simplement l'un des pr&#233;textes pour continuer le &lt;i&gt;business as usual&lt;/i&gt; et l&#233;gitimer, au nom de la pr&#233;tendue transition &#233;nerg&#233;tique, une nouvelle &#233;tape dans la ru&#233;e extractiviste qui nous pr&#233;cipite dans le chaos ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les bons &#233;l&#232;ves&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;ception survient surtout lors de l'&#233;change avec la salle. Ce qui frappe est l'unanimit&#233; autour de certains &lt;i&gt;topo&#239;&lt;/i&gt; d&#233;politisants. Le capitalisme est sans cesse naturalis&#233;, et ce sont les affects qui sont point&#233;s du doigt : les &#171; d&#233;cideurs &#187; seraient mal inform&#233;s, alors organisons une projection &#224; l'Assembl&#233;e ! Les &#171; gens &#187; ne sont pas &#171; au courant &#187;, alors parlons-en ! Cette vision individualisante rend le d&#233;passement du capitalisme impossible, comme si les soci&#233;t&#233;s humaines ne s'&#233;taient organis&#233;es &lt;i&gt;de tout temps &lt;/i&gt;qu'avec ce mode de production. Lorsque le mot est enfin l&#226;ch&#233; &#8211; derni&#232;re intervention ! &#8211; il est entendu comme un synonyme de cupidit&#233;. Mais enfin, si m&#234;me des profs blancs retrait&#233;s qui se d&#233;placent pour voir des films documentaires &#233;colos un soir de semaine ne voient pas de lutte des classes et d'exploitation dans &#171; la soci&#233;t&#233; &#187;, ne serait-ce pas le signe de quelque chose ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La bourse ou la vie ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ma &lt;i&gt;hot take&lt;/i&gt;, la voici : la classe moyenne blanche &#233;duqu&#233;e de gauche croit que &#171; les choses &#187; changeront lorsque &#171; les gens &#187; seront inform&#233;s des cons&#233;quences de leur &#171; mode de vie &#187;. Eux, inform&#233;s, ils le sont. Ainsi, en d&#233;politisant la relation qu'entretiennent productions scientifiques et diffusion aupr&#232;s du grand public par le biais des industries culturelles, ils aboutissent &#224; une aporie teint&#233;e de m&#233;pris de classe et d'autosatisfaction. Ils restent aveugles &#224; l'&#233;vidence : il n'existe pas de solution au d&#233;sastre &#233;cologique &#224; l'int&#233;rieur du capitalisme puisque l'accumulation du capital consiste n&#233;cessairement en la destruction des conditions d'habitabilit&#233; de la plan&#232;te dans l'int&#233;r&#234;t de la bourgeoisie industrielle extractiviste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'aurais pu deviner l'odeur de la soir&#233;e plus t&#244;t. En effet, avant le film &#233;taient diffus&#233;s trois courts spots &#224; l'initiative d'une organisation lyonnaise nomm&#233;e Odysseus 3.1, dont le but est de sensibiliser aux enjeux &#233;cologiques, mais dans une ambiance &lt;i&gt;team building&lt;/i&gt;. L'un d'eux mettait en sc&#232;ne une &#233;quipe souriante, dynamique et motiv&#233;e sur fond de musique &#233;pique et d'inscription de phrases comme : &#171; Tout seul, on va plus vite, ensemble, on va plus loin ! &#187; On les voit s'&#233;chiner &#224; sortir les &#171; v&#233;lo'v &#187; (v&#233;los mis en libre service par la m&#233;tropole de Lyon) jet&#233;s dans le Rh&#244;ne par d'impolis concitoyens. N'est-on pas en droit de se demander si la priorit&#233; est de porter un discours &#8211; certes n&#233;cessaire mais totalement insuffisant &#8211; sur l'incivilit&#233; des autres, quand l'entreprise qui commercialise ces v&#233;los n'est autre que JCDecaux, leader mondial de la communication ext&#233;rieure, c'est-&#224;-dire du mobilier urbain publicitaire ? Mieux vaut sortir les v&#233;los de l'eau ou br&#251;ler les panneaux de pub &#224; LED ?&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samuel Tudeh&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le marteau de l'&#201;tat</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-marteau-de-l-Etat</link>
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		<dc:date>2026-10-10T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Sellette</dc:creator>


		<dc:subject>Gautier Ducatez</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quand la col&#232;re descend dans la rue, la justice acc&#233;l&#232;re. D&#233;j&#224; redoutable en temps normal (surtout pour les plus pr&#233;caires), la comparution imm&#233;diate devient alors l'instrument d'une justice politique et r&#233;pressive. Depuis cinq ans, La Sellette observe la justice rendue dans les audiences de comparutions imm&#233;diates (CI), une proc&#233;dure brutale dans laquelle les pr&#233;venu&#183;es passent directement du commissariat au palais de justice, et finissent le plus souvent en prison. Habituellement, leur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gautier-Ducatez" rel="tag"&gt;Gautier Ducatez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_8_-9-3bf7a.png?1791592201' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand la col&#232;re descend dans la rue, la justice acc&#233;l&#232;re. D&#233;j&#224; redoutable en temps normal (surtout pour les plus pr&#233;caires), la comparution imm&#233;diate devient alors l'instrument d'une justice politique et r&#233;pressive.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LTgzNjNhYTFjIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpBM0lITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5aGRtVmpYMnhsWjJWdVpHVW5DaUFnWkdGMFlTMXNaV2RsYm1SbExXeGxiajBpTVRjaUlHUmhkR0V0YkdWblpXNWtaUzFzWlc1NFBTSWlDajRLUEdacFozVnlaU0JqYkdGemN6MGljM0JwY0Y5a2IyTmZhVzV1WlhJaVBnb0tJRHhoSUdoeVpXWTlJa2xOUnk5cWNHY3ZZM0ZtWkY5dlkzUnZZbkpsTWpZdWFuQm5JaUFnWTJ4aGMzTTlJbk53YVhCZlpHOWpYMnhwWlc0Z2JXVmthV0ZpYjNnaUlIUjVjR1U5SW1sdFlXZGxMMnB3WldjaVBnb0pDVHhwYldjZ2MzSmpQU2RKVFVjdmFuQm5MMk54Wm1SZmIyTjBiMkp5WlRJMkxtcHdaeWNnZDJsa2RHZzlJalk0T1NJZ2FHVnBaMmgwUFNJeE1qQXdJaUJoYkhROUp5Y2dMejQ4TDJFK0NqeG1hV2RqWVhCMGFXOXVJR05zWVhOelBTZHpjR2x3WDJSdlkxOXNaV2RsYm1SbEp6NEtDU0FLQ1NBS0NTQThaR2wySUdOc1lYTnpQU2R6Y0dsd1gyUnZZMTlqY21Wa2FYUnpJQ0FuUGtkaGRYUnBaWElnUkhWallYUmxlZ284TDJScGRqNEtQQzltYVdkallYQjBhVzl1UGp3dlptbG5kWEpsUGdvOEwyUnBkajQ9Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis cinq ans, La Sellette&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. &#224; travers des chroniques d'audiences &#224; retrouver sur leur blog et aussi (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; observe la justice rendue dans les audiences de comparutions imm&#233;diates (CI), une proc&#233;dure brutale dans laquelle les pr&#233;venu&#183;es passent directement du commissariat au palais de justice, et finissent le plus souvent en prison. Habituellement, leur profil est d&#233;terminant : le parquet &#8211; c'est-&#224;-dire les services du procureur de la R&#233;publique &#8211; d&#233;cide d'envoyer en CI les personnes qui ont un casier judiciaire, ou qui n'ont pas de travail, pas de foyer, ou pas de titre de s&#233;jour.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La comparution imm&#233;diate est l'un des moyens utilis&#233;s par le gouvernement pour r&#233;primer les mouvements sociaux&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En l'absence de ces &#171; garanties de repr&#233;sentation &#187;, la justice estime que celles-ci risqueraient de dispara&#238;tre dans la nature si elles &#233;taient convoqu&#233;es plusieurs mois plus tard.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre cet usage habituel, la CI est aussi l'un des moyens utilis&#233;s par le gouvernement pour r&#233;primer les mouvements sociaux. Soul&#232;vement dans les quartiers populaires en 2005 apr&#232;s la mort de Zyed Benna et Bouna Traor&#233;, luttes contre le Contrat premi&#232;re embauche (CPE) en 2006 ou la loi Travail en 2016, mouvement d'occupation des places Nuit debout la m&#234;me ann&#233;e, Gilets jaunes en 2018 et 2019, autant de moments o&#249; le ministre de la Justice a fait passer &#224; tous les parquets &#8211; ses subordonn&#233;s hi&#233;rarchiques &#8211; des instructions par voie de circulaires, leur demandant de privil&#233;gier la CI aux proc&#233;dures ordinaires. Plus r&#233;cemment l'ann&#233;e 2023 a connu deux mouvements qui ont &#233;t&#233; l'occasion d'un recours massif &#224; la CI.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au nom de la libert&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 16 mars 2023, apr&#232;s deux mois d'importantes mobilisations et en l'absence de majorit&#233; au Parlement, le gouvernement recourt &#224; l'article 49.3 de la Constitution pour passer en force sa r&#233;forme des retraites. Face aux manifestations de col&#232;re que cette d&#233;cision suscite, le ministre de la Justice adresse deux jours plus tard une d&#233;p&#234;che &#224; ses procureur&#183;es, les appelant &#224; recourir &#224; la CI pour &#171; &lt;i&gt;les faits les plus graves, en particulier les violences commises &#224; l'encontre des &#233;lus ou des membres des forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;. Ces consignes sont cependant rarement &#233;voqu&#233;es en audience par les parquets, qui pr&#233;f&#232;rent se peindre en d&#233;fenseurs des libert&#233;s constitutionnelles plut&#244;t qu'en simples ex&#233;cutants des volont&#233;s minist&#233;rielles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Samir D. est jug&#233; pour avoir jet&#233; des projectiles sur les forces de l'ordre et avoir r&#233;sist&#233; pendant son interpellation. Face &#224; une salle remplie de militant&#183;es venu&#183;es soutenir le pr&#233;venu, la procureure se l&#232;ve et commence tr&#232;s fort : &#171; &lt;i&gt;Il faut prot&#233;ger les forces de l'ordre, seules garantes de la libert&#233; constitutionnelle de manifester !&lt;/i&gt; &#187; Prise dans son &#233;lan, elle va jusqu'&#224; affirmer que &#171; &lt;i&gt;les forces de l'ordre sont l&#224; pour assurer la s&#233;curit&#233; des manifestants&lt;/i&gt; &#187;. La moiti&#233; de la salle &#233;clate de rire&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Les extraits sont tous issus de chroniques d'audiences qui se sont tenues (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Si les procureur&#183;es se d&#233;fendent habituellement d'instrumentaliser la justice au profit du gouvernement, certain&#183;es utilisent explicitement la proc&#233;dure de CI pour envoyer un message &#224; tous&#183;tes les manifestant&#183;es.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Juges comme procureur&#183;es reprochent volontiers aux pr&#233;venu&#183;es l'ensemble des d&#233;g&#226;ts commis pendant les manifestations&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Jonathan T. est jug&#233; pour avoir jet&#233; des cailloux en direction des policiers &#224; la fin de la manifestation contre la r&#233;forme des retraites qui s'est d&#233;roul&#233;e deux jours plus t&#244;t. Au d&#233;but de ses r&#233;quisitions, la procureure tient &#224; expliquer pourquoi le parquet a envoy&#233; en CI un pr&#233;venu sans casier judiciaire, qui a reconnu les faits, pour des violences qui n'ont pas occasionn&#233; d'incapacit&#233; totale de travail : &#171; &lt;i&gt;Il ne faut pas oublier que les faits se d&#233;roulent dans un contexte de graves troubles &#224; l'ordre public qui provoquent des d&#233;g&#226;ts importants, que nous allons devoir toutes et tous payer. Il y a des personnes qui ne sont l&#224; que pour saccager, elles s'en prennent aux habitants de la ville qui ne peuvent plus sortir de chez eux parce qu'ils ont peur. Alors oui, le parquet fait passer cette affaire en comparution imm&#233;diate !&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Le passage dans cette proc&#233;dure et la peine ont vocation &#224; &#234;tre exemplaires.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juges, contrairement aux procureur&#183;es, ne sont pas soumis&#183;es hi&#233;rarchiquement au ministre de la Justice. Cette ind&#233;pendance n'est toutefois pas toujours perceptible en audience. Juges comme procureur&#183;es reprochent volontiers aux pr&#233;venu&#183;es l'ensemble des d&#233;g&#226;ts commis pendant les manifestations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enzo, &#224; peine 18 ans, compara&#238;t pour avoir tent&#233; de mettre le feu &#224; une poubelle pendant une manifestation. Avant de r&#233;sumer l'affaire, la pr&#233;sidente a une remarque : &#171; &lt;i&gt;Nous sommes l&#224; pour juger les faits qui se sont d&#233;roul&#233;s pendant la manifestation, pas pour juger les opinions politiques. Il ne s'agit pas de sanctionner le droit constitutionnel de manifester et la libert&#233; d'expression. Ce n'est pas le tribunal de la pens&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Elle cite le proc&#232;s-verbal de contexte fourni par la police. Celui-ci donne, selon elle, les informations objectives sur la manifestation : &#171; &lt;i&gt;Les policiers ont not&#233; tr&#232;s pr&#233;cis&#233;ment l'heure o&#249; la manifestation commence &#224; d&#233;g&#233;n&#233;rer : 16 heures 01. C'est l&#224; qu'il y a eu des d&#233;gradations film&#233;es que les citoyens ont pu regarder depuis leur t&#233;l&#233;vision. Les manifestants qui ne veulent pas cautionner ce qui se passe apr&#232;s se dispersent. Les premi&#232;res interpellations ont eu lieu &#224; 17 heures 30. Ce qui veut dire que les policiers ont laiss&#233; aux gens une heure et demie pour s'en aller tranquillement. &lt;/i&gt; &#187; La pr&#233;sidente &#233;voque longuement et avec &#233;motion le saccage d'un abribus &#8211; que pourtant le pr&#233;venu n'est pas accus&#233; d'avoir cass&#233; : &#171; &lt;i&gt;Le citoyen qui n'a pas envie de prendre son v&#233;hicule ou m&#234;me celui qui n'a pas les moyens d'avoir un v&#233;hicule ne peut plus prendre les transports ! La personne qui veut juste se mettre &#224; l'abri du mauvais temps ne peut plus le faire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les manifestant&#183;es toulousain&#183;es contre la r&#233;forme des retraites ont &#233;t&#233; pour la plupart condamn&#233;&#183;es &#224; des peines avec sursis ou du travail d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, souvent accompagn&#233;es d'interdictions de manifester et de dommages et int&#233;r&#234;ts &#224; payer aux policiers. C'est une r&#233;ponse judiciaire lourde, inscrite au casier judiciaire, et qui fait suite &#224; une arrestation parfois brutale, une ou deux nuits au commissariat, voire de la d&#233;tention provisoire. De quoi dissuader de continuer &#224; participer au mouvement social, comme on l'entend dans la d&#233;claration finale de l'un des pr&#233;venu&#183;es : &#171; &lt;i&gt;Je suis vraiment d&#233;sol&#233;, vous ne me reverrez jamais dans cette situation. Je ne manifesterai plus jamais.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pas des vrai&#183;es manifestant&#183;Es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les peines avec sursis et les alternatives &#224; la d&#233;tention auxquelles ont &#233;t&#233; condamn&#233;&#183;es les manifestant&#183;es contre la r&#233;forme des retraites tranchent toutefois avec le traitement subi par les pr&#233;venu&#183;es arr&#234;t&#233;&#183;es pendant les soul&#232;vements qui ont suivi la mort de Nahel Merzouk, 17 ans, tu&#233; par la police le 27 juin 2023 au cours d'un contr&#244;le routier. Trois jours plus tard, &#201;ric Dupond-Moretti, ministre de la Justice, diffuse une circulaire aux services du parquet leur demandant de privil&#233;gier le recours &#224; la CI et d'ouvrir quand c'est possible de nouvelles salles d'audience pour pouvoir juger les personnes arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le message est pass&#233;. &#192; Grenoble, par exemple, deux audiences de CI sont ouvertes le dimanche 2 juillet pour juger une trentaine de personnes jusqu'apr&#232;s minuit. Devant l'Assembl&#233;e nationale, Dupond-Moretti loue l'ob&#233;issance des procureur&#183;es : &#171; &lt;i&gt;Je dois dire que l'encre de la circulaire &#233;tait &#224; peine s&#232;che que d&#233;j&#224; les procureurs la mettaient en &#339;uvre. &lt;/i&gt; &#187; Les juges aussi ont suivi. Et il tient &#224; les f&#233;liciter : &#171; &lt;i&gt;De la m&#234;me fa&#231;on, je veux rendre hommage aux magistrats du si&#232;ge et aux greffiers qui pendant des heures et des heures ont r&#233;pondu &#224; ces exactions insupportables.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Naturellement, la justice a &#233;t&#233; au rendez-vous de la fermet&#233; que j'appelais de mes v&#339;ux.&lt;/i&gt; &#187; De fait, le 5 juillet, le minist&#232;re de la Justice annonce avoir incarc&#233;r&#233; 448 personnes sur les 585 pass&#233;es en CI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plupart des personnes jug&#233;es apr&#232;s la mort de Nahel Merzouk ont un casier vierge, des &#171; garanties de repr&#233;sentations &#187; et comparaissent souvent pour des jets de projectiles en direction des forces de l'ordre.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Il ne viendrait pas &#224; l'esprit des magistrat&#183;es de trouver une dimension politique aux manifestations de ces jeunes racis&#233;&#183;es issu&#183;es des quartiers populaires&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Leur &#171; profil judiciaire &#187; n'est donc pas si &#233;loign&#233; de celui des manifestant&#183;es contre la r&#233;forme des retraites. Mais la distance sociale qui les s&#233;pare des gens de justice est bien plus grande. Par ailleurs, l&#224; o&#249; les magistrat&#183;es reconnaissent au moins aux personnes luttant contre une r&#233;forme le m&#233;rite de participer &#224; un vrai mouvement social &#8211; quoique d'une mauvaise mani&#232;re &#8211;, il ne leur viendrait pas &#224; l'esprit de trouver une dimension politique aux manifestations de ces jeunes racis&#233;&#183;es issu&#183;es des quartiers populaires. La comparution imm&#233;diate redevient alors ce qu'elle est par essence : une machine &#224; emprisonner.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La Sellette &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. &#224; travers des chroniques d'audiences &#224; retrouver sur leur blog &lt;span class='base64LIENS' title='PGEgaHJlZj0iaHR0cHM6Ly9sYXNlbGxldHRlLm9yZy8iIGNsYXNzPSJzcGlwX291dCIgcmVsPSJleHRlcm5hbCI+bGFzZWxsZXR0ZS5vcmc8L2E+'&gt;&lt;/span&gt; et aussi chaque mois dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Les extraits sont tous issus de chroniques d'audiences qui se sont tenues &#224; la chambre des comparutions imm&#233;diates de Toulouse en mars 2023.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bertolt Brecht : &#171; On ne peut plus mener les affaires du capitalisme sans brutalit&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Bertolt-Brecht-On-ne-peut-plus</link>
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		<dc:date>2026-10-10T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>


		<dc:subject>Ma&#239;da Chavak</dc:subject>
		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a 90 ans, Bertolt Brecht fuyait l'Allemagne nazie. Lors de son exil, l'auteur de th&#233;&#226;tre ne cesse d'&#233;crire sur le r&#244;le des &#233;crivains face aux syst&#232;mes r&#233;actionnaires. Dans &#201;crire contre le fascisme, Ir&#232;ne Bonnaud r&#233;unit des fragments de textes (po&#232;mes, essais, discours&#8230;) dont le sujet principal est la lutte contre le fascisme et le capitalisme. Bien que presque centenaires, les mots de Bertolt Brecht r&#233;sonnent aujourd'hui avec une triste justesse. N&#233; en 1898 en Allemagne, cet artiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Maida-Chavak" rel="tag"&gt;Ma&#239;da Chavak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd-14-632d9.png?1791802800' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a 90 ans, Bertolt Brecht fuyait l'Allemagne nazie. Lors de son exil, l'auteur de th&#233;&#226;tre ne cesse d'&#233;crire sur le r&#244;le des &#233;crivains face aux syst&#232;mes r&#233;actionnaires. Dans &lt;i&gt;&#201;crire contre le fascisme&lt;/i&gt;, Ir&#232;ne Bonnaud r&#233;unit des fragments de textes (po&#232;mes, essais, discours&#8230;) dont le sujet principal est la lutte contre le fascisme et le capitalisme.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWU1ZjQ2MjFjIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpBMElITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSW5QZ284Wm1sbmRYSmxJR05zWVhOelBTSnpjR2x3WDJSdlkxOXBibTVsY2lJK0Nnb2dQR0VnYUhKbFpqMGlTVTFITDJwd1p5OHlORGRmTURRdE1EbGZiV0ZwWkdGamFHRjJZV3RmTURVdE1pNXFjR2NpSUNCamJHRnpjejBpYzNCcGNGOWtiMk5mYkdsbGJpQnRaV1JwWVdKdmVDSWdkSGx3WlQwaWFXMWhaMlV2YW5CbFp5SStDZ2tKUEdsdFp5QnpjbU05SjBsTlJ5OXFjR2N2TWpRM1h6QTBMVEE1WDIxaGFXUmhZMmhoZG1Gclh6QTFMVEl1YW5Cbkp5QjNhV1IwYUQwaU9Ua3dJaUJvWldsbmFIUTlJakV5TURBaUlHRnNkRDBuSnlBdlBqd3ZZVDRLUEM5bWFXZDFjbVUrQ2p3dlpHbDJQZz09Ij4='&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;Lettrine&gt;B&lt;/Lettrine&gt;ien que presque centenaires, les mots de Bertolt Brecht r&#233;sonnent aujourd'hui avec une triste justesse. N&#233; en 1898 en Allemagne, cet artiste a d&#233;di&#233; sa vie &#224; transformer le th&#233;&#226;tre en outil de r&#233;flexion politique. Banni par les nazis qui br&#251;lent ses livres en place publique le 10 mai 1933, l'&#233;crivain passe quinze ans en exil et continue de se battre contre le fascisme, le capitalisme et la guerre. Si le public retient surtout ses pi&#232;ces, il est aussi l'auteur de nombreux po&#232;mes, nouvelles et essais th&#233;oriques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#201;crire contre le fascisme &lt;/i&gt;(Divergences, 2026), un recueil de textes r&#233;dig&#233;s par Brecht entre 1933 et 1939, traduits et pr&#233;fac&#233;s par Ir&#232;ne Bonnaud, &#233;claire la responsabilit&#233; des &#233;crivains. Pour le dramaturge, avant m&#234;me de combattre le fascisme, il faut s'attaquer au capitalisme et &#224; l'ordre bourgeois, seuls syst&#232;mes capables de l'engendrer. Marqu&#233; par la Premi&#232;re Guerre mondiale, il d&#233;nonce un conflit con&#231;u comme une entreprise &#233;conomique o&#249; les pauvres servent de chair &#224; canon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, face au fascisme, que doit-on &#233;crire ? Et surtout, comment ? Celui qui n'a jamais eu de dipl&#244;me universitaire s'interroge sur la langue tandis que les nazis r&#233;inventent la v&#233;rit&#233; &#224; travers leurs discours. &#171; &lt;i&gt;Brecht inspecte les mots avec une m&#233;fiance renouvel&#233;e &lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit Ir&#232;ne Bonnaud. Sa m&#233;thode est radicalement critique :&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#171; &lt;i&gt; Supprimer toute formulation suspecte, ou, a minima, d&#233;sinfecter les mots avant usage, une sorte d'asepsie n&#233;cessaire pour &#233;viter de contaminer l'antifascisme avec les mots du fascisme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la volont&#233; de r&#233;duire le peuple &#224; une masse homog&#232;ne et indiff&#233;renci&#233;e, l'&#233;crivain doit au contraire diviser, d'apr&#232;s Brecht. &#171; &lt;i&gt;L'&#233;tonnement d&#233;clenche une activit&#233; critique, qui est la condition de l'art et d'une politique &#233;mancipatrice&lt;/i&gt; &#187;, indique la chercheuse. Plut&#244;t que l'empathie passive et l'identification, le metteur en sc&#232;ne privil&#233;gie la distanciation. En brisant l'illusion th&#233;&#226;trale, il invite le spectateur &#224; analyser activement ce qu'il voit dans une attitude r&#233;solument critique. Extraits.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dans de nombreux pays&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Archive &#8211; date incertaine&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans de nombreux pays (leur nombre s'accro&#238;t), on ne peut plus mener les affaires du capitalisme sans brutalit&#233;. Quelques-uns croient encore que &#231;a va aller ; mais jetant un &#339;il sur leur compte en banque, ils se persuaderont t&#244;t ou tard du contraire. Ce n'est qu'une question de temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un appel contre le fascisme ne peut &#234;tre sinc&#232;re ni honn&#234;te si on n'y mentionne pas les rapports sociaux qui l'engendrent comme par n&#233;cessit&#233; naturelle. Qui ne veut pas abandonner la propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production ne se d&#233;barrassera pas du fascisme ; au contraire, il en aura besoin. Bien s&#251;r, je sais que des formulations comme propri&#233;t&#233; priv&#233;e des moyens de production sont laides, peu romantiques, nullement po&#233;tiques. Mais personne ne songe &#224; employer ces mots &#224; cause de leur beaut&#233;. Ils sont simplement utiles, c'est-&#224;-dire : dire ce qu'ils disent est utile. Et s'il faut choisir entre user de mots laids, secs, doctrinaires, parler de choses aussi basses que gagner sa vie, manger &#224; sa faim, ou laisser vaincre le fascisme, on devrait se d&#233;cider pour ces mots. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Enterrement du fouteur de merde dans un cercueil de zinc&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;. Les militants de gauche tortur&#233;s et tu&#233;s par les nazis &#233;taient rendus &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Po&#232;me &#8211; 1933&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ici, dans ce zinc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Est couch&#233; un homme mort&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou ses jambes et sa t&#234;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou moins encore&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ou rien du tout, vu que c'&#233;tait&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un fouteur de merde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a &#233;t&#233; rep&#233;r&#233; comme coupable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enterrez-le. Mieux vaut&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que sa femme l'accompagne seule &#224; la fosse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qui l'accompagne&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sera rep&#233;r&#233; aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a l&#224; dans le zinc&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vous a pouss&#233; &#224; toutes sortes de choses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vouloir manger &#224; votre faim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Habiter au sec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire bouffer les gosses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Insister pour &#234;tre pay&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et &#224; la solidarit&#233; avec tous&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vos semblables et&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; penser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a l&#224; dans le zinc a dit&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que la production avait besoin d'&#234;tre organis&#233;e autrement&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et que vous, les millions qui travaillez,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deviez reprendre la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour vous, rien n'ira mieux avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et vu que &#231;a l&#224; dans le zinc a dit &#231;a&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il a fini dans le zinc et il faut l'enterrer&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme un fouteur de merde qui vous a tourn&#233; la t&#234;te&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et celui d'entre vous qui parlera de manger &#224; sa faim&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et d'habiter au sec&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et celui qui insistera pour &#234;tre pay&#233;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et faire bouffer ses gosses&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui qui pensera et se d&#233;clarera solidaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tous les opprim&#233;s&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Celui-l&#224;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de maintenant et &#224; jamais&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Doit finir dans le zinc comme lui&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le fouteur de merde qu'on va enterrer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les &#233;crivains doivent &#233;crire la v&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte publi&#233; dans un num&#233;ro du quotidien &lt;i&gt;Pariser Tageblatt&lt;/i&gt; &#8211; d&#233;cembre 1934&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour nous autres qui &#233;crivons, il est important de savoir &#224; qui nous disons la v&#233;rit&#233; et qui nous la dit.
La grande v&#233;rit&#233; de notre temps [...] est que notre continent s'enfonce dans la barbarie parce qu'on veut maintenir tel qu'ils sont les rapports de propri&#233;t&#233; des moyens de production. Il est difficile d'&#233;crire cette v&#233;rit&#233;, difficile de la reconna&#238;tre, difficile de faire en sorte qu'on puisse en faire quelque chose. &#192; quoi sert d'&#233;crire quelque chose dont il ressort que l'&#233;tat dans lequel nous sombrons est barbare (ce qui est vrai), s'il n'est pas clairement dit pourquoi nous en sommes arriv&#233;s l&#224; ? Il nous faut dire qu'on torture parce que les rapports de propri&#233;t&#233; doivent demeurer. [...] En outre, il nous faut dire cela &#224; ceux qui souffrent le plus de ces rapports de propri&#233;t&#233;, qui ont donc le plus grand int&#233;r&#234;t &#224; leur transformation : aux ouvriers et &#224; ceux que nous pouvons convaincre de se faire leurs alli&#233;s, parce qu'eux-m&#234;mes ne poss&#232;dent pas de moyens de production au sens strict, m&#234;me s'ils touchent une part des profits.
Quand on demande &#224; l'&#233;crivain d'&#233;crire la v&#233;rit&#233;, on lui demande beaucoup. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Notes sur Courage d'Heinrich Mann&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Article jamais publi&#233;, &#233;crit pour la revue &lt;i&gt;Das Wort&lt;/i&gt; &#8211; mars 1939&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fascisme n'est pas un &#233;pisode, il est la derni&#232;re phase. Il n'est pas le quatri&#232;me acte du grand spectacle &lt;i&gt;Ascension et r&#232;gne de la bourgeoisie&lt;/i&gt;, mais le cinqui&#232;me. Et le spectacle n'aura pas de &lt;i&gt;happy end&lt;/i&gt;. C'est justement la d&#233;pravation, la monstruosit&#233; et l'incomp&#233;tence du r&#233;gime qui emp&#234;chent beaucoup d'entre nous de reconna&#238;tre le malheur dans toute son &#233;tendue, de comprendre sa signification profonde. La prise de pouvoir est survenue comme quelque chose de tout &#224; fait soudain, comme un choc, quelque chose qu'on ne pouvait pas pr&#233;voir. &#201;trangement, nous ne soumettons pas &#224; la critique notre incapacit&#233; &#224; pr&#233;voir, mais conf&#233;rons &#224; ce terrible &#233;v&#233;nement quelque chose, pour ainsi dire, d'anhistorique, d'ext&#233;rieur, d'&#233;tranger &#224; l'&#233;volution organique, quelque chose de momentan&#233;, comme s'il n'appartenait pas &#224; la&lt;i&gt; ligne normale&lt;/i&gt; des &#233;v&#233;nements, nous repr&#233;sentant une ligne qui contiendrait une discontinuit&#233; plus ou moins impr&#233;visible et qui pourrait ensuite reprendre son cours &lt;i&gt;normal.&lt;/i&gt; On d&#233;nie aux fascistes leur caract&#232;re bourgeois [...]. En argumentant ainsi, on ne voit pas qu'il s'agit d'une bourgeoisie d&#233;prav&#233;e, devenue monstrueuse, incapable de remplir son r&#244;le en tant que classe, et on ne comprend rien. [...] En r&#233;alit&#233;, ce qu'on a sous les yeux, c'est le passage d'une oppression et d'une exploitation non sanglante &#224; une oppression et &#224; une exploitation sanglante. La somme des ann&#233;es de vie arrach&#233;e en temps normal au peuple, pi&#233;tin&#233;, &#233;cras&#233;, pressur&#233; est plus grande que la somme des ann&#233;es de vie qui lui est retir&#233;e &#224; pr&#233;sent, et m&#234;me plus grande que celle qui pourra lui &#234;tre arrach&#233;e dans les guerres qui viendront. [&#8230;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, comme le capitalisme a besoin de crises cycliques de surproduction dont il ne peut se d&#233;barrasser d'autre mani&#232;re [...] qu'en d&#233;truisant cette surproduction, il a aussi besoin de ses guerres : c'est un ordre &#233;conomique qui ne fonctionne qu'avec des crises et des guerres. On peut dire que le capitalisme n'est vraiment devenu insupportable que dans sa derni&#232;re phase, sa phase fasciste, mais il est devenu fasciste en tant que capitalisme. [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que nous avons dans le mode de production bourgeois, c'est un mode de production sanglant et guerrier, aussi sanglant et guerrier qu'il doit (et peut) &#234;tre pour que les forces productives puissent continuer &#224; voguer sous le fouet du profit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class='base64LIENS' title='PGRpdiBjbGFzcz0iYmFzZTY0LWU1ZjQ2MjFjIiB0aXRsZT0iUEdScGRpQmpiR0Z6Y3owbmMzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjgyTnpBeklITndhWEJmWkc5amRXMWxiblFnYzNCcGNGOWtiMk4xYldWdWRITWdjM0JwY0Y5a2IyTjFiV1Z1ZEY5cGJXRm5aU0J6Y0dsd1gyUnZZM1Z0Wlc1MGMxOWpaVzUwWlhJZ2MzQnBjRjlrYjJOMWJXVnVkRjlqWlc1MFpYSW5QZ284Wm1sbmRYSmxJR05zWVhOelBTSnpjR2x3WDJSdlkxOXBibTVsY2lJK0Nnb2dQR0VnYUhKbFpqMGlTVTFITDNCdVp5OWpZWEIwZFhKbFgyUmZaV055WVc1Zk1qQXlOaTB4TUMwd09GOHhOek0yTVRjdWNHNW5JaUFnWTJ4aGMzTTlJbk53YVhCZlpHOWpYMnhwWlc0Z2JXVmthV0ZpYjNnaUlIUjVjR1U5SW1sdFlXZGxMM0J1WnlJK0Nna0pQR2x0WnlCemNtTTlKMGxOUnk5d2JtY3ZZMkZ3ZEhWeVpWOWtYMlZqY21GdVh6SXdNall0TVRBdE1EaGZNVGN6TmpFM0xuQnVaeWNnZDJsa2RHZzlJalUzTUNJZ2FHVnBaMmgwUFNJNU5Ea2lJR0ZzZEQwbkp5QXZQand2WVQ0S1BDOW1hV2QxY21VK0Nqd3ZaR2wyUGc9PSI+'&gt;&lt;/span&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;. Les militants de gauche tortur&#233;s et tu&#233;s par les nazis &#233;taient rendus &#224; leur famille dans des cercueils de zinc herm&#233;tiquement ferm&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La rel&#232;ve !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-releve</link>
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		<dc:date>2026-10-10T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>&#199;a br&#251;le !</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si le mois de septembre refuse toujours obstin&#233;ment de ressembler &#224; un d&#233;but d'automne &#8211; avec des temp&#233;ratures qui donnent davantage envie de boire un pastis &#224; l'ombre que de sortir les pull-overs de No&#235;l &#8211;, CQFD a bel et bien fait sa rentr&#233;e. Pour tout vous dire, le pavillon du Chien rouge, qui prend toujours un peu l'eau, a d&#251; voguer avec un &#233;quipage tr&#232;s r&#233;duit cet &#233;t&#233;. Les dernier&#183;es survivant&#183;es des pr&#233;c&#233;dentes temp&#234;tes ont vu leurs semblables &#234;tre happ&#233;&#183;es par un ph&#233;nom&#232;ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no256-octobre-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;256 (octobre 2026)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ca-brule" rel="tag"&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;Lettrine&gt;S&lt;/Lettrine&gt;i le mois de septembre refuse toujours obstin&#233;ment de ressembler &#224; un d&#233;but d'automne &#8211; avec des temp&#233;ratures qui donnent davantage envie de boire un pastis &#224; l'ombre que de sortir les pull-overs de No&#235;l &#8211;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a bel et bien fait sa rentr&#233;e. Pour tout vous dire, le pavillon du Chien rouge, qui prend toujours un peu l'eau, a d&#251; voguer avec un &#233;quipage tr&#232;s r&#233;duit cet &#233;t&#233;. Les dernier&#183;es survivant&#183;es des pr&#233;c&#233;dentes temp&#234;tes ont vu leurs semblables &#234;tre happ&#233;&#183;es par un ph&#233;nom&#232;ne m&#233;t&#233;orologique &#233;pouvantable, bien connu sous le nom de France travail : gigantesque d&#233;pression administrative poussant les individus vers le salariat, le grand Capital ou la caisse de l'&#233;picerie paysanne du coin (courage Orianne). Mais alors qu'on croyait chavirer pour de bon, le Chien rouge a aboy&#233; dans cette chronique et sur le monde num&#233;rique &#224; la recherche de nouveaux copains et nouvelles copines de gal&#232;re. Et quelle ne fut pas notre surprise d'entendre toquer &#224; la porte de la r&#233;dac &#224; plusieurs reprises ! Samy, Ang&#232;le, Pierre-Marie, Cl&#233;ment ou encore Orion ont r&#233;pondu pr&#233;sent&#183;es pour prendre leur quart. Vous tombez &#224; pic moussaillon&#183;nes ! Ces nouveaux bras ne sont pas de trop ! Souquez les artimuses maintenant ! Car le courant qui veut nous emmener &#224; droite ne s'&#233;puise jamais. Quant &#224; vous, chers lecteurs, lectrices, rassurez-vous : le pavillon du Chien rouge n'a pas dit son dernier &#171; ouaf &#187;. Et sans vouloir faire dans le &lt;i&gt;teasing&lt;/i&gt;, restez branch&#233;&#183;es : &#231;a arrive fort les fr&#232;res (et les s&#339;urs) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On en profite pour remercier tous&#183;tes celles et ceux qui nous ont fait des dons d&#233;fiscalis&#233;s sur donorbox.org. V&#233;, notre vigie vigilante, a rarement &#233;t&#233; si peu alarmiste face &#224; la situation financi&#232;re du journal. Mais chaque euro compte, et ce n'est pas une raison pour cesser de nous soutenir. Faites acte de piraterie : d&#233;fendez la presse libre et continuez de nous couvrir d'or !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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