L’animal du mois :
l’inestimable hirondelle
Chaque automne, la même tristesse embue nos yeux. Non seulement l’été est parti, mais les hirondelles se sont barrées en piaillant, direction les cieux africains. Leur envolée laisse un vide si béant qu’aux jours gris on se surprend à revisiter leurs plus beaux exploits. Symboles de la renaissance printanière, ces merveilles ailées effectuent chaque année un aller-retour migratoire pouvant atteindre les 20 000 km, avec pour seuls vivres quelques grammes de graisse. Lasse, l’espèce humaine préfère Pékin Express. Et elle est si dénuée d’âme qu’elle a choisi l’horrible verbe « trisser » pour désigner ses gazouillements. Surtout, pesticides et autres calamités concoctées par l’homo saccagus s’allient pour drastiquement décimer leur population en Europe et en Amérique du Nord. Alors parfois Madame se venge, anti-indus jusqu’au trognon. C’est le cas d’une poignée d’hirondelles des rivages qui mettent des bâtons dans les roues d’un monstrueux projet de complexe hôtelier/Spa près de Saint-Malo. Censée être bâtie en surplomb de la plage du Minihic, ladite monstruosité pourrait bien finir le bec dans l’eau, grâce à des couples d’hirondelles installées sur des falaises à proximité. Car, oui, ces petites rebelles sont protégées. Maxihic pour les promoteurs. Et l’occasion de rappeler à quel point ces volatiles inspirent les plus belles envolées émeutières. Comme le disait Shakespeare dans Richard III : « L’espérance vertueuse va vite : elle possède les ailes de l’hirondelle ». Mégachic.
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CQFD n°246 (novembre 2025)
Ce numéro de novembre s’attaque de front à la montée de l’extrême droite et à ses multiples offensives dans le milieu associatif et culturelle. On enquête sur les manœuvres des milliardaires réactionnaires, l’entrisme dans la culture et les assauts contre les assos dans le dossier central. Hors-dossier, on vous parle des les alliances nauséabondes entre hooligans, criminels et pouvoir en Serbie, on prend des nouvelles des luttes, de Bruxelles aux États-Unis, en faisant un détour par Exarchia et par la Fada Pride qui renaît à Marseille. Et pendant qu’on documente la bagarre, le Chien rouge tire la langue : nos caisses sont vides. On lance donc une grande campagne de dons. Objectif : 30 000 euros, pour continuer à enquêter, raconter, aboyer. CQFD compte sur vous !
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Paru dans CQFD n°246 (novembre 2025)
Par
Illustré par Léo Gillet
Mis en ligne le 29.11.2025
Dans CQFD n°246 (novembre 2025)
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