Tirer dans le tas

Au moment de l’Affaire Dreyfus, le dreyfusard Bernard Lazare reprochait aux antisémites de plume, du type édouard Drumont, leur manque de courage à ne jamais vouloir « conclure ». C’est-à-dire à ne pas vouloir assumer les conséquences réelles et funestes de leur haine des juifs : la persécution, l’exclusion, le massacre. Avec Christine Tasin, monomaniaque de l’islamophobie décomplexée, on n’a pas ce genre de problème : elle ose tout, c’est même à ça qu’on la reconnaît !

Dans un billet daté du 1er mars sur bvoltaire.fr, elle exprime assez clairement ses fantasmes d’éradication : « Que faire des musulmans, une fois le Coran interdit ? ». Les solutions sont quelque peu expéditives : « Les musulmans, qu’ils soient français ou pas, auront donc le choix. S’ils veulent rester en France, ils seront dans un pays où disparaîtra toute visibilité de l’islam, le voile, le kami, l’abattage rituel, les boucheries halal, les prénoms musulmans, les mosquées… […] Si cela ne leur convenait pas, ils auraient le droit de gagner un des cinquante-sept pays musulmans de la planète où règne la charia. À cela s’ajoutera un moratoire sur l’immigration s’accompagnant de mesures de préférence nationale pour les prestations sociales. »

C’est tout ? Non, le délire va crescendo : «  Bien sûr, il y aura contestations, émeutes et même menaces terroristes. Le pouvoir y mettra fin grâce à sa détermination sans faille, et, s’il faut sacrifier quelques extrémistes pour redonner à 65 millions d’habitants paix et protection, il faudra faire savoir que l’armée, dépêchée à chaque menace, n’hésitera pas à tirer dans le tas. C’est terrible, mais il n’y aura pas d’autre solution pour calmer le jeu et imposer notre loi. » « Tirer dans le tas »… Et Tasin reconnaîtra les siens ?

Cet article fantastique est fini. On espère qu’il vous a plu.

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