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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Cameroun R&#233;publique Banania</title>
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		<dc:creator>Jonathan Ludd</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;C'est une guerre totalement absente des manuels d'histoire. Une guerre terrible, men&#233;e par l'Arm&#233;e fran&#231;aise au Cameroun, de 1948 &#224; 1971, pour mater les ind&#233;pendantistes. Une guerre fondatrice, qui permet de comprendre les piliers du n&#233;ocolonialisme fran&#231;ais en Afrique, aujourd'hui encore. Pendant six ans, trois journalistes, Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa ont recueilli des centaines de t&#233;moignages et fouill&#233; dans les archives, en France et au Cameroun. Le r&#233;sultat : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-UPC" rel="tag"&gt;l'UPC&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est une guerre totalement absente des manuels d'histoire. Une guerre terrible, men&#233;e par l'Arm&#233;e fran&#231;aise au Cameroun, de 1948 &#224; 1971, pour mater les ind&#233;pendantistes. Une guerre fondatrice, qui permet de comprendre les piliers du n&#233;ocolonialisme fran&#231;ais en Afrique, aujourd'hui encore. Pendant six ans, trois journalistes, Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa ont recueilli des centaines de t&#233;moignages et fouill&#233; dans les archives, en France et au Cameroun. Le r&#233;sultat : &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Kamerun___-9782707159137.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kamerun !, la guerre cach&#233;e aux origines de la Fran&#231;afrique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, Kamerun !, la guerre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Thomas Deltombe r&#233;pond aux questions de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_122 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;9&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH287/JMB_CQFD88-b0417.png?1782651208' width='400' height='287' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par JMB
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Votre enqu&#234;te d&#233;bute en 1948, avec la naissance d'un puissant mouvement ind&#233;pendantiste, l'Union des Populations du Cameroun. Comment na&#238;t ce mouvement ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas Deltombe &lt;/strong&gt; : Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, l'&#201;tat fran&#231;ais proc&#232;de &#224; une lib&#233;ralisation du droit syndical dans ses colonies. Avec l'aide de syndicalistes fran&#231;ais se monte l'Union des syndicats conf&#233;d&#233;r&#233;s du Cameroun, tr&#232;s active, qui bient&#244;t se transforme en mouvement politique. L'Union des populations du Cameroun (UPC) na&#238;t en 1948 avec des revendications simples : l'application des textes du statut de tutelle du Cameroun. Il faut ici rappeler le statut particulier du Cameroun &#224; l'&#233;poque. Suite &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale, le Kamerun, colonie allemande, est devenu un territoire international sous mandat de la Soci&#233;t&#233; des Nations puis sous tutelle de l'ONU. Sa gestion est confi&#233;e &#224; l'administration fran&#231;aise pour 85 % du territoire, et &#224; l'administration britannique pour les 15 % restants. D'apr&#232;s les textes onusiens, les puissances administratrices devaient amener les Camerounais vers l'ind&#233;pendance. C'est ce droit qu'exige l'UPC en 1948. Ses premiers militants se d&#233;placent inlassablement dans tout le Cameroun pour rencontrer la population, recueillir les dol&#233;ances, pr&#233;senter les revendications, organiser le mouvement. En quelques ann&#233;es, l'UPC, mouvement non-violent, devient extr&#234;mement populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment r&#233;agit le pouvoir colonial fran&#231;ais ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il commence par harceler l'UPC : traque judiciaire, dispersion des leaders aux quatre coins du territoire&#8230; Mais face &#224; la t&#233;nacit&#233; des militants, cette &#171; guerre des nerfs &#187; donne peu de r&#233;sultats. En 1955, la France interdit l'UPC. Contraints &#224; la clandestinit&#233;, les ind&#233;pendantistes organisent des structures paramilitaires de r&#233;sistance. Pierre Messmer, haut-commissaire de la France au Cameroun, lance une r&#233;pression sauvage, avec la mise en place de &#171; zones de pacification &#187;. Il met en pratique la doctrine de la guerre r&#233;volutionnaire &#233;labor&#233;e par l'arm&#233;e fran&#231;aise apr&#232;s sa d&#233;faite en Indochine. Pour couper les maquisards de tout soutien, les populations des zones de pacification sont regroup&#233;es dans des camps sp&#233;ciaux surveill&#233;s par l'arm&#233;e. Les villageois ne peuvent en sortir que sous contr&#244;le militaire, seulement pour aller se ravitailler. Les campagnes et les for&#234;ts sont d&#233;clar&#233;es zones interdites, toute personne pr&#233;sente y est mitraill&#233;e sans sommation. Les cultures et les villages sont d&#233;truits. Les maquisards sont traqu&#233;s. Les cadavres mutil&#233;s sont exhib&#233;s pour semer la terreur dans la population. Pour conna&#238;tre les refuges des maquisards, on recourt syst&#233;matiquement &#224; la torture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Combien cette guerre fait-elle de victimes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par notre enqu&#234;te, nous avons avant tout voulu nous int&#233;resser au contexte de cette guerre, &#224; son &#233;volution, &#224; ses responsables. Cela nous semble beaucoup plus important que le fait de se focaliser sur le nombre de victimes. Ceci &#233;tant dit, nous disposons de sources cr&#233;dibles. Les chiffres les plus pr&#233;cis &#233;manent d'un rapport secret r&#233;alis&#233; par l'ambassade de Grande-Bretagne au Cameroun en 1964, retrouv&#233; &#224; Londres par la chercheuse am&#233;ricaine Meredith Terretta. Tout en pr&#233;cisant qu'il est presque impossible d'&#233;tablir un bilan pr&#233;cis, ce rapport fait &#233;tat &lt;i&gt;&#171; de 61 300 &#224; 76 300 civils tu&#233;s &#187;&lt;/i&gt; entre 1956 &#224; 1964, sur une population d'environ trois millions d'habitants &#224; l'&#233;poque. C'est &#233;norme. Par comparaison, la guerre d'Alg&#233;rie aurait fait entre 250 000 &#224; 400 000 morts, sur une population d'environ dix millions d'habitants et avec des moyens militaires autrement plus importants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La crainte des autorit&#233;s fran&#231;aises, c'est de voir les id&#233;es de l'UPC survivre &#224; la r&#233;pression&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Absolument. Le but du pouvoir colonial, c'est d'&#233;liminer physiquement les ind&#233;pendantistes, mais c'est surtout d'&#233;radiquer ses id&#233;es &#233;mancipatrices. La plus grande r&#233;ussite des strat&#232;ges fran&#231;ais dans cette guerre psychologique, c'est la r&#233;cup&#233;ration du concept d'ind&#233;pendance. L'id&#233;e est simple : puisqu'on ne pourra pas emp&#234;cher l'id&#233;e d'ind&#233;pendance de progresser dans les esprits, autant la donner &#224; certains Camerounais bien choisis, tout en la vidant de son contenu r&#233;el. C'est la naissance de la Fran&#231;afrique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment la Fran&#231;afrique se met-elle en place au Cameroun ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La France fait d'abord accepter par l'ONU un projet d'&#171; ind&#233;pendance sans &#233;lection pr&#233;alable &#187; en 1959, pour emp&#234;cher les forces anticolonialistes d'arriver au pouvoir par les urnes. Puis le premier ministre Ahmadou Ahidjo, plac&#233; par l'administration coloniale, proclame l'ind&#233;pendance le 1er janvier 1960 comme programm&#233; par la France. Quelques mois plus tard, les autorit&#233;s fran&#231;aises organisent des &#233;lections truqu&#233;es, apr&#232;s avoir r&#233;dig&#233; une constitution ultra-pr&#233;sidentialiste qui transforme Ahidjo en pr&#233;sident inamovible et tout puissant. Enfin, le dictateur en herbe signe avec la France toute une s&#233;rie d'accords favorables &#224; l'ex-puissance coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et la guerre contre l'UPC se poursuit&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette guerre se perp&#233;tue sous la forme d'un syst&#232;me de gouvernement. Les techniques de guerre initi&#233;es par les Fran&#231;ais, la torture, la d&#233;lation, le culte de l'&#171; apolitisme &#187;, la traque des &#171; subversifs &#187; deviennent les m&#233;thodes habituelles du gouvernement d'Ahidjo. Le Cameroun va progressivement devenir, aux yeux des Fran&#231;ais, un &#171; mod&#232;le &#187; &#224; exporter. Parce qu'elle a &#233;t&#233; &#171; gagn&#233;e &#187; par la France, la guerre du Cameroun a ainsi constitu&#233; le laboratoire du syst&#232;me fran&#231;africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette guerre est-elle absente de nos manuels d'histoire, contrairement aux guerres d'Alg&#233;rie et d'Indochine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier facteur, c'est le statut international particulier du Cameroun. La France r&#233;primait l'UPC, mais comme elle devait rendre des comptes &#224; l'ONU, elle faisait tout pour dissimuler la guerre en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les observateurs de l'ONU n'ont rien vu ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En th&#233;orie, les Nations unies devaient contr&#244;ler l'administration fran&#231;aise au Cameroun. En pratique, la collusion &#233;tait presque totale. Les missions de l'ONU r&#233;guli&#232;rement envoy&#233;es au Cameroun ne voyaient rien, ou ne voulaient rien voir. Les observateurs &#233;taient h&#233;berg&#233;s dans de beaux h&#244;tels, on les promenait d'un bout &#224; l'autre du Cameroun, l'administration fran&#231;aise leur interdisait de rencontrer les up&#233;cistes et organisaient des mises en sc&#232;ne dignes des villages Potemkine&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles sont les autres causes du silence autour de cette guerre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'arm&#233;e organisait avec soin le silence m&#233;diatique, ou, alternativement, des s&#233;quences d'intoxication parfaitement orchestr&#233;es avec la presse parisienne, destin&#233;es &#224; faire passer les &#171; troubles &#187; pour des affrontements tribaux. Parall&#232;lement, de 1956 &#224; 1962, pendant la phase la plus meurtri&#232;re de la guerre du Cameroun, l'attention de la m&#233;tropole &#233;tait monopolis&#233;e par la guerre d'Alg&#233;rie. On pourrait ajouter l'aveuglement actuel des autorit&#233;s fran&#231;aises. Bien que cette guerre soit d&#233;sormais bien document&#233;e, on entend encore des d&#233;clarations scandaleuses comme celle de Fran&#231;ois Fillon qui, interrog&#233; sur le sujet en mai 2009 lors d'une visite officielle au Cameroun, affirmait froidement : &lt;i&gt;&#171; Je d&#233;nie absolument que des forces fran&#231;aises aient particip&#233;, en quoi que ce soit, &#224; des assassinats au Cameroun. Tout cela, c'est de la pure invention ! &#187;&lt;/i&gt; C'est de l'ordre du n&#233;gationnisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi peut-on relier la dictature de Paul Biya &#224; la guerre du Cameroun ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul Biya est le continuateur direct du syst&#232;me mis en place en 1960. Successeur d'Ahidjo en 1982 sans avoir &#233;t&#233; &#233;lu, il poursuit la politique n&#233;ocoloniale. La grande diff&#233;rence tient dans le mode de gouvernance. Sous Ahidjo, tout &#233;tait centralis&#233;. C'&#233;tait une puissante oligarchie, avec parti unique, police secr&#232;te, censure, chasse aux &#171; id&#233;es subversives &#187;. Oblig&#233; de proc&#233;der &#224; une &#171; ouverture d&#233;mocratique &#187; suite &#224; un grand mouvement de revendication populaire au d&#233;but des ann&#233;es 1990, Paul Biya, lui, r&#232;gne par la dispersion. Les militaires et la police sont omnipr&#233;sents mais l'opposition est relativement libre de s'exprimer tant qu'elle ne s'organise pas pour renverser le syst&#232;me. Mieux : l'opposition est tellement invit&#233;e &#224; s'exprimer qu'on sombre le plus souvent dans un grand n'importe quoi. On compte au Cameroun plusieurs centaines de partis, et autant de journaux ! Derri&#232;re une apparence de d&#233;mocratie et de libre parole, on assiste en fait &#224; une confusion g&#233;n&#233;ralis&#233;e o&#249; chacun tente, individuellement, de tirer son &#233;pingle du jeu et de gagner quelques billets. Telle est la grande force de Biya, par rapport &#224; un Ben Ali ou un Moubarak : au lieu d'attaquer la d&#233;mocratie de front, il la d&#233;nature &#224; petit feu pour la rendre impraticable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est l'opposition d&#233;mocratique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'esprit de r&#233;sistance est tr&#232;s fort dans la population camerounaise. Mais tant qu'elle n'est pas organis&#233;e, elle ne g&#234;ne pas le potentat. Paul Biya se moque d'&#234;tre d&#233;test&#233; par son peuple : il passe le plus clair de son temps dans les palaces, &#224; Gen&#232;ve, Paris et La Baule ! Ce qui le d&#233;range c'est quand cette contestation se structure. D'o&#249; la r&#233;pression qui s'abat p&#233;riodiquement, d&#232;s qu'appara&#238;t un semblant d'organisation. Tant que la &#171; communaut&#233; internationale &#187; &#8211; &#224; commencer par la France qui a toujours appuy&#233;, financ&#233; et arm&#233; le r&#233;gime Biya &#8211; fermera les yeux sur la r&#233;pression multiforme qui s'abat sur les contestataires camerounais, le pays poursuivra sa course vers le chaos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette enqu&#234;te a-t-elle modifi&#233; votre regard sur la Fran&#231;afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au cours de nos investigations, nous avons acquis la conviction que la Fran&#231;afrique n'est pas n&#233;e ex nihilo en 1958, comme on a trop souvent tendance &#224; le dire. De Gaulle et Foccart&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Barbouzard en chef du r&#233;gime gaulliste, cofondateur du SAC.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; n'ont fait que syst&#233;matiser des politiques initi&#233;es du temps de l'Union fran&#231;aise : utilisation intensive des th&#233;ories militaires n&#233;es sous la IVe R&#233;publique, africanisation du personnel d'encadrement, contr&#244;le &#224; distance de ces nouvelles &#171; &#233;lites &#187; dociles gr&#226;ce &#224; des m&#233;canismes d'interd&#233;pendance. Nos recherches s'int&#233;ressent &#224; un concept en vogue sous la IVe R&#233;publique, port&#233; notamment par le jeune ministre de la France d'outre-mer, Fran&#231;ois Mitterrand : l'Eurafrique. En reconnectant la Fran&#231;afrique avec la pens&#233;e eurafricaine qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e on per&#231;oit mieux l'aspect collectif de l'architecture n&#233;ocoloniale fran&#231;aise en Afrique. Et on en comprend mieux le soubassement fonci&#232;rement raciste &#8211; &#171; Europ&#233;en &#187; et &#171; Africain &#187; &#233;tant &#224; l'&#233;poque les synonymes de &#171; Blancs &#187; et &#171; Noirs &#187;. Il ne faut jamais perdre de vue que la n&#233;grophobie est une condition n&#233;cessaire &#224; l'&#233;tablissement et &#224; la perp&#233;tuation de la Fran&#231;afrique. Assimiler cette derni&#232;re &#224; un simple &#171; foccartisme &#187; permet &#224; de trop nombreux commentateurs non seulement d'en signer p&#233;remptoirement l'acte de d&#233;c&#232;s, mais &#233;galement de nous exempter d'une r&#233;flexion collective autour de cette persistante culture coloniale, ind&#233;crottablement raciste, dans laquelle nous continuons &#224; baigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle perspective voyez-vous dans la lutte contre la Fran&#231;afrique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut poursuivre la bataille de l'information. Il faut continuer d'enqu&#234;ter sur les m&#233;canismes de la Fran&#231;afrique, comprendre que cette histoire est notre histoire, qu'il s'agit aussi de la responsabilit&#233; du peuple et du pouvoir fran&#231;ais. Se taire est une forme de complicit&#233;. Que l'on songe au silence m&#233;diatique presque total lors des terribles r&#233;pressions des manifestations au Cameroun en 2008, alors m&#234;me que les forces anti-&#233;meutes utilisaient du mat&#233;riel financ&#233; par la France ! Il faut briser la conspiration du silence.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, &lt;a href=&#034;http://www.editionsladecouverte.fr/catalogue/index-Kamerun___-9782707159137.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Kamerun !, la guerre cach&#233;e aux origines de la Fran&#231;afrique, 1948-1971&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions La D&#233;couverte, 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Barbouzard en chef du r&#233;gime gaulliste, cofondateur du SAC.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Boum ! Quand la d&#233;mocratie fait boum !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Boum-Quand-la-democratie-fait-boum</link>
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		<dc:date>2011-06-10T07:36:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>guerre</dc:subject>
		<dc:subject>Libye</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>Rony Brauman</dc:subject>
		<dc:subject>l'ONU</dc:subject>
		<dc:subject>populations civiles</dc:subject>
		<dc:subject>intervenir militairement</dc:subject>
		<dc:subject>Pensez-vous</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si un sujet fait l'unanimit&#233;, c'est bien l'intervention militaire en Libye. On s'&#233;charpe sur tout le reste, mais l&#224;, c'est l'union sacr&#233;e pour une &#171; guerre juste &#187;. Et puis, CQFD est tomb&#233; sur quelques phrases de Rony Brauman, ancien pr&#233;sident de M&#233;decins sans fronti&#232;res, qui d&#233;tonnaient dans ce ch&#339;ur guerrier. Alors, nous sommes all&#233;s lui causer, histoire de respirer un peu. CQFD : Pensez-vous toujours qu'il ne fallait pas intervenir militairement en Libye ? Rony Brauman : Oui. Entrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pensez-vous" rel="tag"&gt;Pensez-vous&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si un sujet fait l'unanimit&#233;, c'est bien l'intervention militaire en Libye. On s'&#233;charpe sur tout le reste, mais l&#224;, c'est l'union sacr&#233;e pour une &#171; guerre juste &#187;. Et puis, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est tomb&#233; sur quelques phrases de Rony Brauman, ancien pr&#233;sident de M&#233;decins sans fronti&#232;res, qui d&#233;tonnaient dans ce ch&#339;ur guerrier. Alors, nous sommes all&#233;s lui causer, histoire de respirer un peu.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Pensez-vous toujours qu'il ne fallait pas intervenir militairement en Libye ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rony Brauman&lt;/strong&gt; : Oui. Entrer en guerre contre le r&#233;gime libyen, c'est prendre le risque de d&#233;clencher une r&#233;action en cha&#238;ne. L'armement d&#233;ploy&#233; par la coalition, dor&#233;navant dirig&#233;e par l'Otan, permet de marquer des points. Mais remporter quelques batailles militaires ne fait pas une victoire politique. Cela ne garantit ni la stabilit&#233; du pays, ni l'endiguement de la violence. Sous le pr&#233;texte r&#233;ellement indiscutable de la protection des populations civiles, nous nous sommes engag&#233;s dans ce que l'on ne nommait pas une guerre, mais qui en est une, visant &#224; la chute de Kadhafi et &#224; un changement de r&#233;gime : c'est ce qui a &#233;t&#233; dit dans les heures qui ont suivi l'adoption de la r&#233;solution 1973 par l'ONU, et sans cesse r&#233;p&#233;t&#233; depuis. De l'objectif initial, qui consistait &#224; &#233;viter un massacre &#224; Benghazi, nous allons vers une situation &#224; l'irakienne, &#224; l'afghane ou &#224; l'ivoirienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pr&#233;sence de combattants proches d'Al Qa&#239;da dans les rangs des rebelles&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon le quotidien italien Il Sole / 24 Ore, le Daily Telegraph et certains (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;strong&gt;confirme-t-elle votre position ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que des djihadistes se joignent &#224; la r&#233;volte contre Kadhafi n'a rien d'&#233;tonnant. Il les a largement combattus par le pass&#233;. Et, au sein d'une r&#233;bellion, il y a toujours diff&#233;rents int&#233;r&#234;ts. On se rassemble sur le rejet d'un r&#233;gime despotique, mais cela ne dit rien sur la qualit&#233; du pouvoir qui peut s'y substituer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une intervention militaire &#233;trang&#232;re est toujours d&#233;bord&#233;e par des ph&#233;nom&#232;nes incontr&#244;lables et c'est bien ce qui me fait dire qu'il ne fallait pas d&#233;clencher cette guerre. Cela traduit l'impuissance de la force &#224; installer un r&#233;gime d&#233;mocratique, ou du moins un &#201;tat de droit, de surcro&#238;t si elle provient de l'&#233;tranger. Les pays responsables des bombardements sont suspect&#233;s de desseins cach&#233;s, et le pouvoir issu de leur action est fragile. Il est maintenant de notori&#233;t&#233; publique que des membres des forces sp&#233;ciales de diff&#233;rents pays de l'Otan (France, Grande-Bretagne, &#201;tats-Unis) et du Qatar sont pr&#233;sents en Libye. L'escalade est en marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous retrouvez-vous sur une ligne strictement anti-imp&#233;rialiste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, mais pas celle s'opposant uniquement &#224; l'imp&#233;rialisme occidental. Il en existe d'autres !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Libye, l'originalit&#233; vient du fait que l'intervention est ent&#233;rin&#233;e par le Conseil de s&#233;curit&#233; de l'ONU, donc l&#233;galis&#233;e par le droit international. Cela devrait nous extraire du cadre imp&#233;rialiste. Or, il existe bel et bien, mais ce n'est pas un imp&#233;rialisme conqu&#233;rant, tendu vers la captation des ressources et la domination des peuples. Il s'agit d'un imp&#233;rialisme lib&#233;ral, soi-disant &#233;mancipateur, pour les droits de l'homme. Il est repr&#233;sent&#233; par des gens comme Samantha Power, journaliste et conseill&#232;re de Barack Obama ou, en France, par la frange n&#233;o-conservatrice des intellectuels, tel Pascal Bruckner. Et m&#234;me au-del&#224;, puisque Jean-Luc M&#233;lenchon approuve l'intervention en Libye !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ceci dit, mettons &#224; distance les questions d'anti-imp&#233;rialisme, et pla&#231;ons-nous sur le plan de l'efficacit&#233; pratique. Si une action de force pouvait contribuer &#224; mettre fin au r&#232;gne dictatorial de tout un clan sur un pays, pourquoi pas ? Cela pourrait valoir le coup, m&#234;me avec quelques dommages collat&#233;raux&#8230; Mais l'exp&#233;rience montre que c'est le contraire qui se produit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment expliquez-vous que votre point de vue soit si peu partag&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je ne sais pas. Je suis frapp&#233; de voir que des gens oppos&#233;s &#224; la guerre en Irak, qui constatent tous les jours le bourbier afghan, en redemandent en Libye. Je ne sympathise pas moins que d'autres avec ce soul&#232;vement populaire, mais une guerre d'attaque qui accoucherait de la d&#233;mocratie, c'est un conte pour enfants. Quand est annonc&#233;e la protection des insurg&#233;s et des populations civiles, on voudrait y croire. Mais en pratique, nous intervenons dans une guerre civile, en r&#233;pandant l'illusion d'une protection, t&#226;che impossible. Ce faisant, nous les incitons &#224; s'exposer &#224; des dangers que nous ne pourrons pas contr&#244;ler. Si le r&#233;gime de Khadafi chute, ce qui est tr&#232;s possible, ou si le pays est divis&#233;, ce qui l'est &#233;galement, l'enlisement dans un conflit interminable est au rendez-vous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'ONU donne son aval pour une intervention arm&#233;e lors d'&#233;v&#232;nements insurrectionnels, c'est une premi&#232;re&#8230; Est-ce que cela peut faire jurisprudence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, forc&#233;ment. Il existe un double fondement juridique au sein des Nations unies : d'une part, le chapitre vii de la charte de l'ONU qui autorise des actions de force en cas de menace sur la paix et la s&#233;curit&#233; internationales, d'autre part le m&#233;canisme de la &#171; responsabilit&#233; de prot&#233;ger &#187; les populations civiles adopt&#233; en 2005 par l'ONU. D&#232;s lors, pourquoi n'interviendrions-nous pas ailleurs, en Syrie, en Cor&#233;e du Nord, au Zimbabwe ou en Isra&#235;l-Palestine, entre autres ? Si des interventions militaires y sont engag&#233;es, c'est la guerre g&#233;n&#233;ralis&#233;e pour les droits de l'homme. Et si elles ne le sont pas, c'est le doute g&#233;n&#233;ralis&#233; sur les choix d'opportunit&#233; faits par l'Occident et l'ONU. Dans cette guerre, nous ne sauvons rien, ni la morale, ni la population civile libyenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Propos recueillis par Fran&#231;ois Maliet le lundi 4 avril 2011&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon le quotidien italien &lt;i&gt;Il Sole / 24 Ore&lt;/i&gt;, le &lt;i&gt;Daily Telegraph &lt;/i&gt; et certains services secrets de la coalition cit&#233;s dans &lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt; du 30/03/2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Pendaison, mode d'emploi</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Pendaison-mode-d-emploi</link>
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		<dc:date>2011-06-09T07:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>Samson</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le suicide fait de plus de plus de ravages dans le monde paysan. Au-del&#224; des explications d'experts sur la p&#233;nibilit&#233; croissante du travail, ce sont les valeurs de la soci&#233;t&#233; actuelle qui semblent remises en question par ces actes de d&#233;sespoir. Dans les ann&#233;es 50, alors que je n'&#233;tais encore qu'un enfant, j'aurais voulu jouer du trombone. Mais dans mon village, le seul prof de musique disponible, c'&#233;tait Gilbert, un paysan qui jouait de l'accord&#233;on dans les f&#234;tes votives. Et puis sa femme (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Samson" rel="tag"&gt;Samson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/c-etait-Gilbert" rel="tag"&gt;c'&#233;tait Gilbert&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le suicide fait de plus de plus de ravages dans le monde paysan. Au-del&#224; des explications d'experts sur la p&#233;nibilit&#233; croissante du travail, ce sont les valeurs de la soci&#233;t&#233; actuelle qui semblent remises en question par ces actes de d&#233;sespoir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_123 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH261/strange_fruits-1086f.png?1782641355' width='400' height='261' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Samson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 50, alors que je n'&#233;tais encore qu'un enfant, j'aurais voulu jouer du trombone. Mais dans mon village, le seul prof de musique disponible, c'&#233;tait Gilbert, un paysan qui jouait de l'accord&#233;on dans les f&#234;tes votives. Et puis sa femme est morte d'un cancer. Il ne l'a pas support&#233;. Quelques jours apr&#232;s, on l'a retir&#233; du fond de son puits. J'ai laiss&#233; tomber l'accord&#233;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, j'ai appris qu'au-del&#224; de l'acte d'un individu qui met fin &#224; sa vie, le suicide pouvait &#234;tre une affaire sociale. Et tout particuli&#232;rement chez les agriculteurs dont le taux de suicide est devenu trois fois plus &#233;lev&#233; que dans les autres professions : plus de 400 paysans par an se prennent de passion pour la pendaison dans le garage. Comment expliquer ce ph&#233;nom&#232;ne ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des m&#233;decins du travail, des psys et des chercheurs qui collaborent avec la Mutualit&#233; sociale agricole (MSA) essayent de r&#233;pondre &#224; cette question. Fran&#231;ois-R&#233;gis Lenoir&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Rencontre avec un psychologue qui suit des paysans &#187;, le jdd.fr le 19 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, auteur de plusieurs enqu&#234;tes sur le stress chez les agriculteurs, parle de surcharge de travail, d'absence de loisirs, d'un manque de reconnaissance de leur travail&#8230; Autant de raisons qui pousseraient de nombreux agriculteurs &#224; &#171; baisser les bras &#187;. Il ajoute m&#234;me que &#171; la volatilit&#233; qui r&#232;gne d&#233;sormais sur les march&#233;s agricoles est dangereuse pour la sant&#233; psychique des paysans &#187;. Face &#224; ces drames, l'Institut de veille sanitaire (INVS) et la MSA ont d&#233;cid&#233; de travailler ensemble pour tenter de quantifier plus pr&#233;cis&#233;ment le nombre annuel de suicides d'agriculteurs et &lt;i&gt;&#171; prendre les mesures ad&#233;quates pour r&#233;pondre &#224; cette d&#233;tresse, faire de la pr&#233;vention &#187;&lt;/i&gt;. Il y a aussi un philosophe, Alain Guyard&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Provence du 10 f&#233;vrier 2011.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui se penche sur cette question du sommet de sa discipline : &lt;i&gt;&#171; Les agriculteurs sont &#233;touff&#233;s par les dettes, ils croient produire des richesses et n'arrivent pas &#224; en vivre&#8230; La soci&#233;t&#233; aujourd'hui, c'est accumuler de l'argent au d&#233;triment des autres. Le suicide est une question politique et sociale. &#187;&lt;/i&gt; Voil&#224; qui est d&#233;j&#224; plus int&#233;ressant. Essayons d'aller plus loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re Politique agricole commune (PAC), d&#233;cid&#233;e en 1957 et mise en place en 1962, a pleinement rempli son but affich&#233;, augmenter la production alimentaire dans une Europe d&#233;vast&#233;e par des ann&#233;es de guerre. Mais, en m&#234;me temps, elle a industrialis&#233; l'agriculture et instaur&#233; la comp&#233;titivit&#233;. Le foss&#233; s'est creus&#233; entre les riches agriculteurs qui se gavent et les autres, ceux qui r&#233;ussissent encore, mais pour combien de temps, &#224; jongler &#224; la fois avec des revenus aussi bas qu'irr&#233;guliers, des investissements importants et de gros risques financiers. Ceux-l&#224; subissent en plus un joug administratif excessif, des normes de plus en plus s&#233;v&#232;res, des contr&#244;les fr&#233;quents et contraignants. Ils finissent souvent par tomber dans l'engrenage de l'endettement. Aujourd'hui, un agriculteur sur trois vit en dessous du seuil de pauvret&#233;, et les choses empirent. Beaucoup, en situation de faillite, s'isolent, ne veulent pas demander de l'aide, ne veulent rien changer, ni quitter leur maison, encore moins perdre leur outil de travail, le patrimoine familial, jusqu'au jour o&#249; ils sont confront&#233;s &#224; l'expulsion, &#224; la vente de l'exploitation&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'accorde facilement &#224; dire qu'ils sont &#224; la fois acteurs et victimes du productivisme. Et c'est l&#224; que r&#233;side l'erreur d'analyse. Tous ces agriculteurs, les riches comme les pauvres, ont compris depuis longtemps que ce n'&#233;tait pas le souci de la production qui animait ce monde, mais bien la soif infinie de richesses des riches. Ils se rendent compte que leur v&#233;ritable but en tant que paysans, ce n'est pas de produire la nourriture indispensable &#224; la vie des hommes, il ne s'agit l&#224; que d'un moyen, mais de cr&#233;er, par ce moyen, leur existence sociale. Et c'est justement ce qui est refus&#233; &#224; ceux tent&#233;s par le suicide. Ils ne peuvent m&#234;me pas parler de leur mal aux autres car leur mal, c'est d'&#234;tre devenus des pauvres dans un monde qui s'est fix&#233; comme seul objectif l'accumulation infinie de richesses. Pour celui qui a de l'argent, qui en voudrait encore plus, seul l'argent manque. Mais pour celui qui n'en a pas, alors tout manque, et le monde s'effondre. L'agriculteur ayant &#233;chou&#233; &#224; maintenir son exploitation se traite lui-m&#234;me de minable parce qu'il a perdu le seul moyen &#224; sa disposition pour produire une existence sociale exclusivement d&#233;finie en termes d'esp&#232;ces sonnantes et tr&#233;buchantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un agriculteur se suicide parce qu'il voit l'&#233;conomie et son cort&#232;ge d'illusions r&#233;duire &#224; n&#233;ant son projet de bonheur. Le paysan suicid&#233; dresse le proc&#232;s de cette soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Rencontre avec un psychologue qui suit des paysans &#187;, le jdd.fr le 19 f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; du 10 f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les petites maisons dans les cartons</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-petites-maisons-dans-les</link>
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		<dc:date>2011-06-08T07:32:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>projet</dc:subject>
		<dc:subject>Commune</dc:subject>
		<dc:subject>L'id&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>St&#233;phan</dc:subject>
		<dc:subject>petite commune</dc:subject>
		<dc:subject>faut-il parvenir</dc:subject>
		<dc:subject>d'y construire</dc:subject>
		<dc:subject>explique St&#233;phan</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;cise St&#233;phan</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce n'est pas simple de s'organiser pour construire un habitat collectif int&#233;grant la protection de l'environnement. Surtout quand le voisinage vous accueille &#224; coups de r&#233;f&#233;r&#233;s au tribunal. Alors si, en plus, les oiseaux s'en m&#234;lent&#8230; L'id&#233;e est s&#233;duisante, mais encore faut-il parvenir &#224; la concr&#233;tiser&#8230; En 2008, sept familles ont acquis trois hectares sur la petite commune de Verfeil-sur-Seye, dans le Tarn-et-Garonne, afin d'y construire un &#233;co-hameau. &#171; C'est un projet &#224; vocation sociale (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/explique-Stephan" rel="tag"&gt;explique St&#233;phan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/precise-Stephan" rel="tag"&gt;pr&#233;cise St&#233;phan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce n'est pas simple de s'organiser pour construire un habitat collectif int&#233;grant la protection de l'environnement. Surtout quand le voisinage vous accueille &#224; coups de r&#233;f&#233;r&#233;s au tribunal. Alors si, en plus, les oiseaux s'en m&#234;lent&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'id&#233;e est s&#233;duisante&lt;/strong&gt;, mais encore faut-il parvenir &#224; la concr&#233;tiser&#8230; En 2008, sept familles ont acquis trois hectares sur la petite commune de Verfeil-sur-Seye, dans le Tarn-et-Garonne, afin d'y construire un &#233;co-hameau. &lt;i&gt;&#171; C'est un projet &#224; vocation sociale et &#233;cologique&lt;/i&gt;, explique St&#233;phan, l'un des initiateurs du projet. &lt;i&gt;Nous voulons vivre ensemble, chacun dans son habitat propre mais en mettant en commun le verger, le potager et une grande halle servant de lieu de travail et de convivialit&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Et ils souhaitent limiter au maximum leur impact sur l'environnement : &lt;i&gt;&#171; Nous avons plant&#233; des haies et des arbres fruitiers &#8211; uniquement des esp&#232;ces locales, pr&#233;cise St&#233;phan. Pour les voies d'acc&#232;s, nous n'utilisons pas de goudron. Et nos eaux us&#233;es seront trait&#233;es par phyto&#233;puration ! &#187; &lt;/i&gt; Quant aux maisons, elles seront construites soit en paille, soit en bois, &lt;i&gt;&#171; et peut-&#234;tre que, sur la parcelle qu'il nous reste, la construction se fera en chaux-chanvre, qui sait ? &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Seront &#187; &lt;/i&gt; ? &lt;i&gt;&#171; Se fera &#187;&lt;/i&gt; ? La parcelle est achet&#233;e depuis trois ans et, &#224; part l'ossature de la halle commune, aucune bicoque cent pour cent &#233;colo n'est encore sortie de terre ? Leur projet se serait-il &#233;vapor&#233; dans ces volutes de fum&#233;e qui, parfois, dissipent les plus belles id&#233;es ? Que nenni ! &lt;i&gt;&#171; Nous avions commenc&#233; les travaux, nous avions toutes les autorisations&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, soupire l'&#233;co-constructeur. Mais c'&#233;tait sans compter sur les quelques autochtones voyant d'un mauvais &#339;il ces nouvelles habitations. Et peu importe qu'elles soient &#171; sociales et &#233;cologiques &#187;. Ces emp&#234;cheurs de construire en bio ont cr&#233;&#233; l'Association de sauvegarde et de protection du patrimoine paysager et architectural de Verfeil-sur-Seye, et d&#233;pos&#233; moult recours en justice afin de faire cesser les travaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; L'un des soucis, c'est qu'il n'y a pas de plan d'urbanisme sur la commune &lt;/i&gt; [ancien plan d'occupation des sols], d&#233;taille St&#233;phan. &lt;i&gt;De ce fait, nous ne pouvons construire &#224; plus de cent m&#232;tres des habitations du bourg. Le tribunal a donc refus&#233; de valider le d&#233;lib&#233;r&#233; du conseil municipal en notre faveur. &#187;&lt;/i&gt; Et zou, au placard, pelles, pioches, roseaux phyto&#233;purants et projet collectif ! La mairie doit d&#233;poser un plan d'urbanisme mais&lt;i&gt; &#171; c'est une d&#233;marche administrative longue, lente, compliqu&#233;e et co&#251;teuse &#187;&lt;/i&gt;, qui suspend le chantier jusqu'au mois de juillet&#8230; 2012 !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me : &lt;i&gt;&#171; L'unique raison de s'opposer &#224; ce projet est que le terrain est en zone Znieff &#187;&lt;/i&gt;, maugr&#233;e la pr&#233;sidente de l'Association de sauvegarde etc., contact&#233;e par &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Arf ! S'installer sur une Zone naturelle d'int&#233;r&#234;t &#233;cologique, floristique et faunistique, forc&#233;ment, &#231;a fait mauvais genre. &lt;i&gt;&#171; La Znieff concerne la diversit&#233; des oiseaux. Or, en plantant des arbres sur un hectare, nous allons favoriser leur nidification &#187;&lt;/i&gt;, conteste St&#233;phan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enjeu est de taille&#8230; Faut-il conserver &#224; tout prix une nature intacte, au risque de transformer les campagnes en mus&#233;e pour touristes ? Ou permettre l'installation de nouvelles constructions, surtout quand celles-ci prennent en compte nombre de consid&#233;rations environnementales ? &#192; Verfeil, si l'on ne construit pas de maison, au moins, on initie de beaux d&#233;bats !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Ne pas en rester l&#224; &#187;</title>
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		<dc:date>2011-06-07T07:33:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Ali</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
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		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>Takrizo ergo</dc:subject>
		<dc:subject>ergo sum</dc:subject>
		<dc:subject>Takrizo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Takriz ! En dialecte tunisien, l'expression veut dire sans ambages &#171; Ras les couilles ! &#187;. Il y a plus de 600 000 visiteurs quotidiens sur cette page Facebook avec une pointe &#224; 2 millions dans la semaine qui a suivi le d&#233;part de Ben Ali. Les &#171; Libres &#187;, comme ils s'appellent, sont sur Internet, mais aussi dans la rue, les manifs et les &#233;meutes. Rencontre avec F&#339;tus, l'un des animateurs de ce r&#233;seau. CQFD : Votre slogan est &#171; Takrizo ergo sum &#187;, mais qui &#234;tes-vous ? F&#339;tus : D'un groupe (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/partie" rel="tag"&gt;partie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Takrizo-ergo" rel="tag"&gt;Takrizo ergo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ergo-sum" rel="tag"&gt;ergo sum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Takrizo" rel="tag"&gt;Takrizo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Takriz ! En dialecte tunisien, l'expression veut dire sans ambages &#171; Ras les couilles ! &#187;. Il y a plus de 600 000 visiteurs quotidiens sur cette &lt;a href=&#034;https://www.facebook.com/takrizo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;page Facebook&lt;/a&gt; avec une pointe &#224; 2 millions dans la semaine qui a suivi le d&#233;part de Ben Ali. Les &#171; Libres &#187;, comme ils s'appellent, sont sur Internet, mais aussi dans la rue, les manifs et les &#233;meutes. Rencontre avec F&#339;tus, l'un des animateurs de ce r&#233;seau.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Votre slogan est &#171; Takrizo ergo sum &#187;, mais qui &#234;tes-vous ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;F&#339;tus&lt;/strong&gt; : D'un groupe de potes de quartier, &#224; Tunis, impliqu&#233;s dans diverses actions de contestation du pouvoir en 1998, on est pass&#233;s &#224; la cr&#233;ation d'un r&#233;seau en 2002 suite au d&#233;part forc&#233; de plusieurs d'entre nous. Nous sommes comme des araign&#233;es qui tissent une toile, une esp&#232;ce d'organisation anarchique de groupes de potes dans laquelle il n'y a pas beaucoup d'interdit. Takriz a imprim&#233; une gazette et beaucoup de textes qui ont &#233;t&#233; distribu&#233;s dans les caf&#233;s et les bo&#238;tes aux lettres au d&#233;but de la R&#233;volution. Nous n'&#233;tions pas les seuls. Apr&#232;s le d&#233;part de Ben Ali, les jeunes se sont empar&#233;s d'imprimantes dans les lyc&#233;es, les facs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et quelles sont vos actions aujourd'hui ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'attaque &#224; toute forme d'injustice. On trouve des jeunes qui se reconnaissent dans Takriz partout dans le pays. Le 25 mars, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a diffus&#233; un communiqu&#233; contre les r&#233;seaux qui appellent &#224; faire des sit-in, qui &lt;i&gt;&#171; incitent &#224; la violence et &#224; des &#233;meutes &#187;&lt;/i&gt;, et les menace d'arrestation. On est, &#233;videmment, directement vis&#233;s. Une de nos forces, c'est notre clandestinit&#233;. Avec &#231;a, on les baise, et &#231;a les &#233;nerve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;O&#249; en est la R&#233;volution tunisienne ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu du courage parti d'une impulsion sentimentale devant les morts et les bless&#233;s. Mais depuis le d&#233;part de Ben Ali, rien n'a &#233;t&#233; fait par rapport aux snipers, &#224; la police, &#224; ce qui s'est pass&#233; le 14 janvier. Le ministre de l'Int&#233;rieur, limog&#233; le 28 mars, a supprim&#233; la police politique, mais personne n'est pass&#233; devant les juges. Il a dissous le Rassemblement constitutionnel d&#233;mocratique [RCD, parti de Ben Ali] sans qu'il n'y ait aucune poursuite contre ces gens. C'&#233;tait du bluff.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nos revendications sont celles de beaucoup de jeunes. Que ceux de la police ayant tir&#233; ou donn&#233; l'ordre de tirer soient arr&#234;t&#233;s et que l'&#201;tat reconnaisse ses crimes. Qu'il y ait un audit des grands patrons pour qu'ils expliquent d'o&#249; ils tiennent leur fortune. Que les gens du comit&#233; central du RCD, tous les hauts fonctionnaires, soient d&#233;finitivement cass&#233;s politiquement, et qu'on chope Ben Ali. Aujourd'hui, la soci&#233;t&#233; est divis&#233;e en trois parties. Le RCD et les profiteurs qui constituent la partie la plus mena&#231;ante. La partie inculte de la population qui a peur de tout et qui regrette la Tunisie d'avant. Et une troisi&#232;me partie qui est en train de bouillir, comme les jeunes et ceux &#224; l'int&#233;rieur du pays, qui sont plus d&#233;favoris&#233;s et rejettent ces op&#233;rations de manipulations par la peur. Ils se sont encore fait avoir, et ils le savent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne faut pas oublier que ce qui a fait partir Ben Ali, ce ne sont pas les marches de l'Union g&#233;n&#233;rale des travailleurs tunisiens [UGTT, syndicat unique sous Ben Ali] : ce sont tous les commissariats qui ont br&#251;l&#233;, les maisons des benalistes qui ont &#233;t&#233; d&#233;fonc&#233;es. Quand tu casses leur ordre, c'est l&#224; que les choses changent. S'il n'y a pas d'&#233;meutes, rien ne va changer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que va-t-il se passer maintenant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La presse ne s'est pas lib&#233;r&#233;e, la t&#233;l&#233; est encore pire. Elles parlent sans arr&#234;t de la peur et du d&#233;sordre. &#192; propos de la Constituante, personne ne conna&#238;t les gens qui sont en train de pr&#233;parer le Code &#233;lectoral. L'arm&#233;e n'est pas claire. Il y a des preuves qui montrent qu'elle a prot&#233;g&#233; les snipers. Il ne faut pas oublier que le g&#233;n&#233;ral Rachid Ammar&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; avait &#233;t&#233; nomm&#233; par Ben Ali apr&#232;s l'an&#233;antissement de tout l'&#233;tat-major lors d'un accident d'h&#233;licopt&#232;re en 2002&#8230; Le gouvernement dit qu'il va donner de l'argent pour des projets de d&#233;veloppement. Mais ce n'est pas le probl&#232;me de la bouffe qui a fait la R&#233;volution. Comme on dit, &#171; on ne veut pas qu'on nous offre du poisson, on veut apprendre &#224; p&#234;cher &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu dresses un tableau tr&#232;s sombre de la situation&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui est positif, c'est que dans une grande partie de la population, la peur est partie. Les conseils de protection de la R&#233;volution, ind&#233;pendants et autonomes, qui g&#232;rent des villes et des r&#233;gions risquent, h&#233;las, de ne pas durer&#8230; &#192; long terme les jeunes ne vont pas accepter la transition qui est impos&#233;e aujourd'hui. Mais cela va prendre du temps pour que les mentalit&#233;s changent. Les jeunes disent que ce sont eux qui ont fait la R&#233;volution. Qu'ils soient ignor&#233;s fait que &#231;a ne peut pas en rester l&#224;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle est la plate-forme politique de Takriz ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous voulons avant tout un &#201;tat de droit avec un vote libre et transparent, avec une participation &#233;quitable de tous. La d&#233;mocratie, c'est la souverainet&#233; du peuple avec la s&#233;paration des pouvoirs. Il faudrait inventer un syst&#232;me propre &#224; la Tunisie et que tout soit reconstruit sur des bases d&#233;mocratiques. Ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chef d'&#233;tat-major de l'arm&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; C'&#233;tait un con ! &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/C-etait-un-con</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/C-etait-un-con</guid>
		<dc:date>2011-06-06T07:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>C'&#233;tait</dc:subject>
		<dc:subject>dit</dc:subject>
		<dc:subject>prendre</dc:subject>
		<dc:subject>l'Atelier</dc:subject>
		<dc:subject>right</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C&#8216;est le soir, 21h15. L'&#233;quipe est install&#233;e pour affronter le poste de nuit. Tout le monde est en bleu. Tout le monde, pour le moment, se tient autour de la table du r&#233;fectoire &#224; prendre le caf&#233;. La sc&#232;ne se passe dans l'atelier le plus d&#233;gueulasse de l'usine. M&#234;me la direction le reconna&#238;t et certains cadres en parlent comme d'un &#171; Germinal &#187; ou d'un &#171; Cayenne &#187;. Le boulot y est d&#233;consid&#233;r&#233; car moins technique et plus physique. Il faut savoir manier le marteau-piqueur lorsque l'engrais a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-etait" rel="tag"&gt;C'&#233;tait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dit" rel="tag"&gt;dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prendre" rel="tag"&gt;prendre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Atelier" rel="tag"&gt;l'Atelier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/right" rel="tag"&gt;right&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_121 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/Efix_CQFD88-17d83.png?1782639806' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C&#8216;est le soir&lt;/strong&gt;, 21h15. L'&#233;quipe est install&#233;e pour affronter le poste de nuit. Tout le monde est en bleu. Tout le monde, pour le moment, se tient autour de la table du r&#233;fectoire &#224; prendre le caf&#233;. La sc&#232;ne se passe dans l'atelier le plus d&#233;gueulasse de l'usine. M&#234;me la direction le reconna&#238;t et certains cadres en parlent comme d'un &#171; Germinal &#187; ou d'un &#171; Cayenne &#187;. Le boulot y est d&#233;consid&#233;r&#233; car moins technique et plus physique. Il faut savoir manier le marteau-piqueur lorsque l'engrais a pris en masse dans le s&#233;choir, ou la pelle quand un tapis s'est mis en banane et que les granul&#233;s d'engrais se sont r&#233;pandus par tonnes enti&#232;res sur le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est l'atelier le plus vieux de l'usine. Les produits y ont bouff&#233; les infrastructures m&#233;talliques et tout menace ruine. Une passerelle est m&#234;me tomb&#233;e sur un engin la semaine derni&#232;re. Il n'y a pas eu de bless&#233;s mais c'&#233;tait juste. Dans l'usine, tout le monde pense que cet atelier ne va pas faire de vieux os, d'autant que le granulateur devait &#234;tre &#233;chang&#233; avec un plus r&#233;cent, venu du d&#233;mant&#232;lement d'une usine du Nord.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Probl&#232;me, ce dernier ne fait pas le taf. Du coup la direction fait surveiller les fissures qui s'agrandissent petit &#224; petit sur la machine mais semble attendre qu'elle casse en deux pour en finir avec cet atelier.
Mais ce n'est pas de &#231;a dont il est question, ce soir, autour de la table en Formica. Christian dit :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Vous avez lu le journal d'aujourd'hui ? Rubrique n&#233;cro ? &#187;&lt;/i&gt;
La plupart de r&#233;pondre n&#233;gativement.
&lt;i&gt;&#171; H&#233; bien, N. est mort. Il sera enterr&#233; jeudi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il est mort jeune&lt;/i&gt;, dit Patrice.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#8211; Oui, 63 ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Au moins, il aura eu la chance de partir lors d'un plan de restructuration, &#224; 55 ans. Il en aura un peu profit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Il fumait vachement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Au moins deux paquets de Gitanes par jour, et je ne sais combien de litres de caf&#233;&lt;/i&gt;, ajoute Luc. &lt;i&gt;En plus, il respirait les poussi&#232;res de l'atelier&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le silence se fait. Pas un silence de recueillement, plut&#244;t comme s'il n'y avait plus rien &#224; dire. Et puis, Patrice de lancer :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait un con !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Je dirais m&#234;me plus&lt;/i&gt;, lance Miguel, &lt;i&gt;c'&#233;tait une v&#233;role. Je pense que, comme contrema&#238;tre, c'&#233;tait une vraie saloperie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Oui, mais celui qui l'a remplac&#233; n'&#233;tait pas mieux. Il a fallu que l'atelier se mette en gr&#232;ve contre lui pour qu'on s'en d&#233;barrasse, tandis que, lui, il &#233;tait juste con.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; N'emp&#234;che que l'autre, apr&#232;s la gr&#232;ve, il a pris ses cliques et ses claques, tandis que N., il s'est accroch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8211; Et puis quand il faisait copain avec toi, fallait se m&#233;fier, le coup de couteau n'&#233;tait pas loin. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et tous d'y aller de leurs exemples : &lt;i&gt;&#171; Il courait partout dans l'atelier &#187;, &#171; Il pensait toujours avoir raison &#187;, &#171; Il nous emp&#234;chait de prendre nos cong&#233;s quand on le voulait &#187;, &#171; Il se prenait pour le roi de l'atelier &#187;, &#171; Il n'arr&#234;tait pas de nous prendre pour des moins-que-rien qui ne connaissions pas le boulot, alors qu'on aurait pu lui en apprendre &#187;, &#171; Il voulait toujours nous voir travailler, sans pause &#187;&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au fur et &#224; mesure de la discussion, les esprits s'&#233;chauffent. Tout le monde s'y met pour maudire celui qui leur a pourri la vie au boulot. &#199;a fait huit ans qu'il est parti mais son fant&#244;me hante encore l'&#233;quipe. C'est bien simple, quelqu'un aurait amen&#233; une bouteille de whisky, pour f&#234;ter n'importe quoi, elle aurait &#233;t&#233; vid&#233;e vite fait. Faut alimenter la turbine dans des moments pareils et la pouss&#233;e d'adr&#233;naline donne soif.
Il faudra se contenter de cette oraison fun&#232;bre pour un contrema&#238;tre que personne ne regrette. Pas un des gars qui a travaill&#233; avec lui ne se d&#233;placera pour son enterrement. Apr&#232;s une heure de discussion, quand tout est dit, tous les copains se l&#232;vent pour laver leur tasse. &lt;i&gt;&#171; Bon, c'est pas le tout, on a du boulot. &#187;&lt;/i&gt; Christian est le premier &#224; sortir du r&#233;fectoire et de la salle de contr&#244;le. Il met son casque mais n'a pas envie de mettre le masque anti-poussi&#232;re lorsqu'il s'enfonce dans le nuage bleut&#233; qui stagne en permanence sur l'ensemble de l'atelier.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Notre petite dictature</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Notre-petite-dictature</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Notre-petite-dictature</guid>
		<dc:date>2011-06-03T07:43:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-S&#233;bastien Mora</dc:creator>


		<dc:subject>r&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>l'&#233;lection pr&#233;sidentielle</dc:subject>
		<dc:subject>nouvelle mascarade</dc:subject>
		<dc:subject>Abdil</dc:subject>
		<dc:subject>Omar Guelleh</dc:subject>
		<dc:subject>Isma&#235;l Omar</dc:subject>
		<dc:subject>Djbouti</dc:subject>
		<dc:subject>garde r&#233;publicaine</dc:subject>
		<dc:subject>forme d'une</dc:subject>
		<dc:subject>d'une nouvelle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour les Occidentaux, l'ex-c&#244;te fran&#231;aise des Somalis est une base g&#233;ostrat&#233;gique de la mer Rouge, aux portes du Moyen-Orient et du Golfe d'Aden. Le parcours d'Abdil, flibustier puis garde r&#233;publicain, y est un concentr&#233; de Fran&#231;afrique. Rencontre sur place. &#192; Djbouti, l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 8 avril a pris la forme d'une nouvelle mascarade. En 2005, Isma&#235;l Omar Guelleh &#233;tait le seul candidat &#224; sa succession. Cette fois, celui que l'on surnomme IOG a remport&#233; l'&#233;lection (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une-nouvelle" rel="tag"&gt;d'une nouvelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour les Occidentaux, l'ex-c&#244;te fran&#231;aise des Somalis est une base g&#233;ostrat&#233;gique de la mer Rouge, aux portes du Moyen-Orient et du Golfe d'Aden. Le parcours d'Abdil&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, flibustier puis garde r&#233;publicain, y est un concentr&#233; de Fran&#231;afrique. Rencontre sur place.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; Djbouti, l'&#233;lection pr&#233;sidentielle du 8 avril a pris la forme d'une nouvelle mascarade. En 2005, Isma&#235;l Omar Guelleh &#233;tait le seul candidat &#224; sa succession. Cette fois, celui que l'on surnomme IOG a remport&#233; l'&#233;lection pr&#233;sidentielle avec 79,26 % des voix contre un candidat de fa&#231;ade cens&#233; donner une illusion de d&#233;mocratie. Fin janvier, l'ouragan lib&#233;rateur qui souffle sur le monde arabe n'a pas &#233;pargn&#233; l'ancienne colonie fran&#231;aise. La r&#233;volution semblait en marche, mais la r&#233;pression du r&#233;gime a &#233;t&#233; tr&#232;s vive dans ce petit pays de 800 000 habitants. Djibouti abritant la premi&#232;re implantation militaire fran&#231;aise &#224; l'&#233;tranger, avec un effectif de pr&#232;s de 3 000 hommes, les principaux m&#233;dias ont s&#251;rement pr&#233;f&#233;r&#233; rendre compte des glorieux bombardements tricolores en Libye. Dans ce contexte, les six derni&#232;res ann&#233;es de la vie d'Abdil&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; sont un concentr&#233; &#233;loquent de la transcription djiboutienne de la Fran&#231;afrique. Originaire de la capitale, Abdil rejoint &#224; 17 ans son cousin dans le golfe d'Aden et devient &#171; flibustier &#187;, comme il s'amuse &#224; se d&#233;crire lui-m&#234;me. &#192; cette &#233;poque, sur les mers, tout est bon pour faire de l'argent : trafic d'alcool, d'armes et de mercure rouge (un colorant) mais aussi abordage, vol et s&#233;questration de navires occidentaux et chinois. Abdil soutient que, s'il s'en est bien sorti, c'est gr&#226;ce &#224; la tol&#233;rance du r&#233;gime d'Ismail Omar Guelleh &#224; l'&#233;gard du milieu mafieux. En 20 ans, le pr&#233;sident est devenu la sixi&#232;me fortune &#233;valu&#233;e d'Afrique en faisant main basse sur l'important commerce du port de Djibouti City. Il aurait aussi investi dans la piraterie somalienne. Les Fran&#231;ais s'en doutent, mais consid&#232;rent l'ancienne colonie comme &#171; le compl&#233;ment id&#233;al des implantations en Afrique &#187;, permettant de surveiller la voie maritime utilis&#233;e par les p&#233;troliers en provenance du Moyen-Orient. En 2005, Abdil, l'ancien pirate, int&#232;gre la garde r&#233;publicaine djiboutienne, la milice &#224; la solde du dictateur. Si son parcours professionnel para&#238;t insolite, il reste classique en Afrique de l'Est. Et puis, Abdil a d&#233;j&#224; bien des atouts : &#224; 23 ans, il ma&#238;trise parfaitement les armes &#224; feu et parle couramment le somali, le fran&#231;ais ainsi que l'arabe classique et dialectal. Au fil des missions, Abdil ne s'offusque pas de toutes les t&#226;ches qui lui sont confi&#233;es, puisque ses formateurs semblent l&#233;gitimes et d&#233;mocratiques : ce sont des officiers fran&#231;ais. Rappelons aussi que l'arm&#233;e et la garde r&#233;publicaine djiboutiennes re&#231;oivent r&#233;guli&#232;rement le soutien logistique de l'arm&#233;e tricolore. De leur c&#244;t&#233;, les forces hexagonales appr&#233;cient le d&#233;sert djiboutien qui sert &#224; la fois de terrain d'entra&#238;nement en conditions extr&#234;mes et de champ de tir grandeur nature pour de nombreuses armes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Abdil affirme avoir sillonn&#233;, en 2006, les rues et les h&#244;tels de la capitale afin de d&#233;busquer les journalistes fran&#231;ais qui enqu&#234;tent sur l'affaire Borrel. Peu apr&#232;s, gr&#226;ce &#224; sa victoire sur les l&#233;gionnaires &#224; l'occasion d'une course marathon organis&#233;e par l'arm&#233;e fran&#231;aise dans le d&#233;sert du grand Barra, Abdil devient membre de l'&#233;lite de la garde r&#233;publicaine. D&#232;s lors, il dit avoir assist&#233; &#224; tous les trucages du r&#233;gime IOG, comme l'assassinat d'un colonel &#233;rythr&#233;en pendant des pourparlers de paix en 2008. Las ! Grandeur et servitude du m&#233;tier de sbire, quelques mois plus tard, il plante une mission au Y&#233;men, et sa hi&#233;rarchie le l&#226;che. Passeport diplomatique en main, il &#233;tait cens&#233; surveiller un opposant qui venait de faire des d&#233;clarations fracassantes contre le r&#233;gime. Assurant avoir &#233;t&#233; un temps d&#233;tenu et tortur&#233; par les autorit&#233;s au Y&#233;men, Abdil est aujourd'hui consid&#233;r&#233; comme un &#171; bras cass&#233; &#187;, c'est-&#224;-dire un homme dont on ach&#232;te le silence. &#192; Djibouti, ils seraient nombreux comme l'ancien policier-pirate. Quant &#224; la population, elle est litt&#233;ralement intoxiqu&#233;e : le r&#233;gime d'IOG favoriserait l&#233;galement l'importation de khat, cette plante aux effets psychotropes entra&#238;nant une accoutumance rapide. Le peuple djiboutien a endur&#233; la colonisation, puis trente longues ann&#233;es d'oppression et d'humiliation. Pour sa prochaine r&#233;volte, malheureusement, il risque d'attendre les revirements de Paris en mati&#232;re de g&#233;opolitique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le mus&#233;e du r&#233;ac irrite</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-musee-du-reac-irrite</link>
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		<dc:date>2011-06-02T07:11:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Berth</dc:subject>
		<dc:subject>l'histoire</dc:subject>
		<dc:subject>petite pi&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Archives</dc:subject>
		<dc:subject>Archives nationales</dc:subject>
		<dc:subject>dossiers empil&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>ordinateur v&#233;tuste</dc:subject>
		<dc:subject>acrobatiquement suspendus</dc:subject>
		<dc:subject>mauvaise lampe</dc:subject>
		<dc:subject>hall d'entr&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>pi&#232;ce contraste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;D'inspiration sarkozyenne, le mus&#233;e des Fran&#231;ais de souche, pardon, la &#171; Maison de l'Histoire de France &#187;, devrait ravir l'aboyeur identitaire Gu&#233;ant. Mais beaucoup moins les historiens et le personnel des Archives o&#249; l'&#233;tablissement prendra ses aises. Des dossiers empil&#233;s, un ordinateur v&#233;tuste, un frigo, une mauvaise lampe au plafond, un escalier en colima&#231;on qui rejoint un balcon o&#249; quelques matelas sont acrobatiquement suspendus&#8230; Attenante au hall d'entr&#233;e de l'H&#244;tel de Soubise, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Berth" rel="tag"&gt;Berth&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-histoire" rel="tag"&gt;l'histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/petite-piece" rel="tag"&gt;petite pi&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Archives" rel="tag"&gt;Archives&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Archives-nationales" rel="tag"&gt;Archives nationales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dossiers-empiles" rel="tag"&gt;dossiers empil&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ordinateur-vetuste" rel="tag"&gt;ordinateur v&#233;tuste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/acrobatiquement-suspendus" rel="tag"&gt;acrobatiquement suspendus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mauvaise-lampe" rel="tag"&gt;mauvaise lampe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/hall-d-entree" rel="tag"&gt;hall d'entr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/piece-contraste" rel="tag"&gt;pi&#232;ce contraste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D'inspiration sarkozyenne, le mus&#233;e des Fran&#231;ais de souche, pardon, la &#171; Maison de l'Histoire de France &#187;, devrait ravir l'aboyeur identitaire Gu&#233;ant. Mais beaucoup moins les historiens et le personnel des Archives o&#249; l'&#233;tablissement prendra ses aises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_118 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH291/berth_cqfd88-56841.png?1782652940' width='400' height='291' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des dossiers empil&#233;s, un ordinateur v&#233;tuste&lt;/strong&gt;, un frigo, une mauvaise lampe au plafond, un escalier en colima&#231;on qui rejoint un balcon o&#249; quelques matelas sont acrobatiquement suspendus&#8230; Attenante au hall d'entr&#233;e de l'H&#244;tel de Soubise, la petite pi&#232;ce contraste avec la majest&#233; des lieux, si&#232;ge des Archives nationales, dans le iii e arrondissement de Paris. Assise autour de la table, avec trois de ses coll&#232;gues, Isabelle raconte : &lt;i&gt;&#171; Le 12 septembre, Sarkozy a annonc&#233; que c'est ici, dans une partie de ces b&#226;timents, qu'il a choisi d'installer ce qu'il nomme la Maison de l'Histoire de France, ce mus&#233;e qu'il s'&#233;tait engag&#233; &#224; cr&#233;er lors de sa campagne pr&#233;sidentielle. &#187;&lt;/i&gt; Col&#232;re des personnels. La gr&#232;ve commenc&#233;e le 16 septembre 2010 cessera le 9 octobre. Mani&#232;re de &lt;i&gt;&#171; ne pas p&#233;naliser les lecteurs, ni les visiteurs, mais de les inciter &#224; rejoindre notre combat &#187;&lt;/i&gt;, avait alors expliqu&#233; Nadine Gastaldi, conservatrice en chef, tout en pr&#233;cisant que l'intersyndicale avait d&#233;cid&#233; de maintenir l'occupation nuit et jour. Le 27 janvier 2011, apr&#232;s l'annonce gouvernementale du maintien de la mission des Archives nationales, d&#233;cision est prise de lever le camp. Pour quelques jours seulement : le 8 mars, la confirmation du projet par le cabinet de Mitterrand, ministre de la Culture, ram&#232;ne derechef matelas, sacs de couchage et packs d'eau min&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Depuis vingt ans, on demande des effectifs et des moyens &#187;&lt;/i&gt;, explique Isabelle. C'est ici que depuis 1790 sont conserv&#233;es toutes les archives concernant l'activit&#233; de l'&#201;tat &#8211; documents des minist&#232;res et des Parlements royaux, actes priv&#233;s &#8211; y compris ceux du Moyen &#194;ge. &lt;i&gt;&#171; Ce projet de mus&#233;e veut s'approprier un tiers des locaux existants, en pr&#233;textant que le d&#233;m&#233;nagement des archives post&#233;rieures &#224; 1790 vers le site de Pierrefitte va lib&#233;rer de l'espace&#8230; C'est faux. Nous avons besoin de cette place pour mettre &#224; la disposition des chercheurs les minutes de notaires de la p&#233;riode 1885-1935. Et surtout, cela serait l'occasion d'am&#233;liorer enfin la conservation des registres du Parlement de Paris et de mettre &#224; plat les chartes scell&#233;es et leurs cachets de cire qui sont aujourd'hui pli&#233;s, faute de place. &#187; &lt;/i&gt; Depuis plusieurs ann&#233;es, aux demandes des personnels (restaurateurs, conservateurs, documentalistes) de r&#233;habilitations des b&#226;timents existants, le co&#251;t avanc&#233; &#8211; 76 millions d'euros &#8211; avait mis fin &#224; toute discussion. Qu'importe ! C'est sans vergogne que l'&#201;tat parle aujourd'hui d'un budget de 60 millions d'euros &#8211; avec auditorium, centre de conf&#233;rences, espace d'accueil public et centre de recherches, s'il vous pla&#238;t &#8211; pour r&#233;aliser la Maison de l'Histoire de France, caprice de Nagy-Bocsa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car au-del&#224; du d&#233;bat sur les conditions de travail et la poursuite de la mission des personnels des Archives nationales, c'est une certaine conception de l'histoire qui a heurt&#233; visiteurs et universitaires, scandalis&#233;s par un projet allant &#224; l'encontre des principes de la recherche. Il est vrai qu'entre le d&#233;bat sur l'identit&#233; nationale, les coupes dans l'enseignement de l'histoire en fili&#232;re scientifique, la France pr&#233;sent&#233;e une fois encore comme &#171; la fille a&#238;n&#233;e de l'&#201;glise &#187;, l'occultation de la m&#233;moire de l'esclavage et les saillies r&#233;currentes du ministre de l'Int&#233;rieur Gu&#233;ant, il y a de quoi s'inqui&#233;ter, ou s'amuser, des ambitions du Sarko et de ses coll&#232;gues aux ordres. Que sera, de fait, le mus&#233;e de ce petit monsieur qui &#171; veut renforcer l'identit&#233; et r&#233;pondre &#224; un besoin de sens &#187; sinon la repr&#233;sentation de l'histoire de France depuis les grandes moustaches blondes gauloises &#224; une actuelle &#171; identit&#233; fran&#231;aise &#187; fantasm&#233;e et univoque ? D'ores et d&#233;j&#224;, Jean-Fran&#231;ois H&#233;bert, charg&#233; de la pr&#233;figuration du projet, propose une exposition sur le drapeau fran&#231;ais&#8230; L'historien Nicolas Offenstadt, membre du Comit&#233; de vigilance face aux usages publics de l'histoire, rappelle : &lt;i&gt;&#171; Herv&#233; Lemoine &lt;/i&gt; [initiateur du projet et directeur du mus&#233;e des Monuments fran&#231;ais] &lt;i&gt;est hostile aux d&#233;bordements des m&#233;moires de tous ces groupes minoritaires qui veulent avoir leur place dans l'histoire : les descendants d'esclaves, les immigr&#233;s, les Arm&#233;niens&#8230; Tous ces groupes, qui recherchent une part de leur pass&#233; parfois d'une mani&#232;re bruyante ou parfois &#224; travers la loi. [&#8230;] Il se sent &#8220;envahi&#8221;&#8230; [&#8230;] Contre ces m&#233;moires tr&#232;s vari&#233;es, il pense qu'il faut donner du national. &#187;&lt;/i&gt; Sur les fa&#231;ades de l'H&#244;tel de Soubise pendent de grandes banderoles proclamant &#171; Non &#224; la Maison de l'Histoire de France &#187;, pendant que les personnels informent les visiteurs. Une p&#233;tition a d&#233;j&#224; recueilli plus de 10 000 signatures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Ce soir, je vais dormir dans le salon princier &#187;&lt;/i&gt;, affirme Nad&#232;ge, une des occupantes. &lt;i&gt;&#171; Quoique le bureau du Prince est pas mal non plus&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Sur le mur, le duc de Guise regarde en coin le cardinal de Rohan&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les affranchis du bricolage</title>
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		<dc:creator>Nathaly Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Nathaly Saint-Hilaire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Au bord de l'autoroute nord de Tunis, s'&#233;talent les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s du magasin Bricorama, &#224; proximit&#233; du complexe commercial Tunis City, pill&#233; et incendi&#233; dans les journ&#233;es qui ont suivi le d&#233;part des Ben Ali-Trabelsi. Bricorama, lui, aura au moins &#233;chapp&#233; au brasier. La grande surface du bricolage ouvre ses portes en 2008 sous la f&#233;rule du neveu de l'ex-premi&#232;re dame, Imed Trabelsi, qui a obtenu la franchise aupr&#232;s de la direction fran&#231;aise. Enfin pas tout seul, initialement associ&#233; &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no88-avril-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;88 (avril 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nathaly-Saint-Hilaire-64" rel="tag"&gt;Nathaly Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_125 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH602/Nathaly-Saint-Hilaire-CQFD88-5d9e2.png?1782640935' width='400' height='602' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au bord de l'autoroute nord de Tunis, s'&#233;talent les 4 000 m&#232;tres carr&#233;s du magasin Bricorama, &#224; proximit&#233; du complexe commercial Tunis City, pill&#233; et incendi&#233; dans les journ&#233;es qui ont suivi le d&#233;part des Ben Ali-Trabelsi. Bricorama, lui, aura au moins &#233;chapp&#233; au brasier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La grande surface du bricolage ouvre ses portes en 2008 sous la f&#233;rule du neveu de l'ex-premi&#232;re dame, Imed Trabelsi, qui a obtenu la franchise aupr&#232;s de la direction fran&#231;aise. Enfin pas tout seul, initialement associ&#233; &#224; un autre personnage du nom de Mahbouli, Imed a fini par &#233;jecter son partenaire sous la menace.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jour pr&#233;c&#233;dant l'inauguration, Zine Ben Ali, Le&#239;la Trabelsi et leur fils Mohamed visitent discr&#232;tement le magasin. Enfin presque discr&#232;tement. Service de s&#233;curit&#233; pr&#233;sidentiel, blind&#233;s de la police, groupe d'intervention, snipers sur les toits... Le personnel doit se planquer dans les stocks et la famille r&#233;gnante repart apr&#232;s quelques emplettes. Finalement cette farce n'aura &#233;t&#233; qu'une fa&#231;on pour le neveu de se faire valoir aupr&#232;s du couple pr&#233;sidentiel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En trois ans d'activit&#233; commerciale, aucun bilan comptable n'est effectu&#233;. Les fournisseurs sont pourtant pay&#233;s et les banques pr&#234;tent de l'argent. Il est vrai qu'un neveu Trabelsi ne pouvait qu'inciter &#224; une confiance aveugle. Pourtant l'affaire est loin d'&#234;tre florissante car, en Tunisie, on pr&#233;f&#232;re faire faire que faire soi-m&#234;me. Quelle affaire ! Les produits destin&#233;s &#224; d&#233;corer compensent vaguement le peu de ventes d'outils et de mat&#233;riaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les deux jours suivant le 14 janvier voient les tunisiens de la r&#233;gion retrouver go&#251;t aux joies du bricolage. Ils viennent se servir pour ce qui s'av&#232;re une v&#233;ritable op&#233;ration de solde sauvage. Les rideaux de fer et les vitrines sont d&#233;fonc&#233;s. Le samedi 15 au matin, lorsque le directeur de l'import, Fran&#231;ais expatri&#233; de longue date et v&#233;ritable chef de la boutique, arrive sur les lieux du sinistre, il voit de loin le parking bourr&#233; &#224; craquer et se dit tonnerre, il y a du monde ! Comprenant que ces nombreux clients sont en v&#233;rit&#233; venus r&#233;cup&#233;rer une petite partie de ce que &#171; les Bentra &#187; leur ont vol&#233;, il fait demi-tour fissa fissa. L'arm&#233;e n'intervient que le dimanche pour mettre un terme &#224; cette op&#233;ration de liquidation totale. Bricorama n'est pourtant pas mort et les employ&#233;s qui d&#233;cident de revenir, passent plusieurs semaines &#224; faire l'inventaire pour ouvrir &#224; nouveau les portes d&#233;but mars. Mais depuis qu'Imed-le magicien-Trabelsi a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; et tous les comptes de ses soci&#233;t&#233;s bloqu&#233;s, les fournisseurs et les douanes veulent &#234;tre pay&#233;s et les banques ne pr&#234;tent plus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction ne peut plus rien acheter et vend ce qu'il reste pour couvrir une petite partie des d&#233;penses. Les salaires sont fournis par le seul compte qui ne soit pas cl&#244;tur&#233; sous condition qu'il ne serve qu'&#224; &#231;a. Plus de publicit&#233;, ni de promotion pour ne pas vendre trop vite et attendre. Si les employ&#233;s tunisiens ne savent pas trop ce qu'ils vont devenir, l'avenir du directeur de l'import, agent de Bricorama France, est assur&#233;. Salari&#233; fran&#231;ais, il touchera donc ses indemnit&#233;s &#224; son retour. Son r&#244;le est de faire un rapport circonstanci&#233; &#224; la direction fran&#231;aise qui esp&#233;rait promouvoir les int&#233;r&#234;ts de l'enseigne en Tunisie. Car le fameux neveu leur avait fait miroiter de potentielles ouvertures de magasins dans tout le pays ainsi qu'en Libye. Dans la famille Ben Ali-Trabelsi, Bricorama demande le neveu. Mauvaise pioche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voir &lt;a href=&#034;https://www.setrouver.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.setrouver.wordpress.com&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les filles des 343 salopes</title>
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		<dc:creator>Mademoiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
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&lt;p&gt;Il y a 40 ans paraissait le manifeste des 343 salopes. 343 femmes qui d&#233;claraient avoir avort&#233;, en toute ill&#233;galit&#233; ; 343 femmes qui avaient d&#233;cid&#233; de r&#233;agir face &#224; la boucherie provoqu&#233;e par une interdiction inique, obligeant les femmes &#224; se d&#233;brouiller seules pour avorter, quitte &#224; s'esquinter ou &#224; mourir. Depuis 1975, en France, on ne meurt plus en avortant. Mais on en cr&#232;ve encore trop souvent de honte et de culpabilit&#233;. Parce que les discours ambiants ass&#232;nent aux femmes qu'avorter (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tanxxx" rel="tag"&gt;Tanxxx&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_124 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/Tanxxx_CQFD88-3043a.png?1782646062' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a 40 ans&lt;/strong&gt; paraissait le manifeste des 343 salopes. 343 femmes qui d&#233;claraient avoir avort&#233;, en toute ill&#233;galit&#233; ; 343 femmes qui avaient d&#233;cid&#233; de r&#233;agir face &#224; la boucherie provoqu&#233;e par une interdiction inique, obligeant les femmes &#224; se d&#233;brouiller seules pour avorter, quitte &#224; s'esquinter ou &#224; mourir. Depuis 1975, en France, on ne meurt plus en avortant. Mais on en cr&#232;ve encore trop souvent de honte et de culpabilit&#233;. Parce que les discours ambiants ass&#232;nent aux femmes qu'avorter serait forc&#233;ment un drame pour elles ; parce que l'avortement est encore consid&#233;r&#233; comme une tol&#233;rance plus qu'un droit, pour des citoyennes de seconde zone. Qu'est-ce qu'un droit qu'on ne doit exercer qu'en baissant la t&#234;te, en s'excusant et en se sentant coupable ? Depuis 1975, les m&#233;dias et les politiques ressassent leurs vieux discours sur les cons&#233;quences psychologiques de l'interruption volontaire de grossesse : selon eux, avorter serait une trag&#233;die pour chaque femme. Cet acharnement &#224; dresser de l'IVG un portrait aussi sinistre ne traduit en rien un quelconque souci pour le bien-&#234;tre des femmes. Cet acharnement traduit une peur, la peur qu'elles prennent possession de leur corps en toute libert&#233;, sans culpabilit&#233;, sans honte, sans craintes. Cette peur, Simone Veil l'&#233;voquait d&#233;j&#224; dans son discours du 26 novembre 1974 &#224; l'Assembl&#233;e nationale : &lt;i&gt;&#171; Je le dis avec toute ma conviction : l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue. Mais comment le tol&#233;rer sans qu'il perde ce caract&#232;re d'exception, sans que la soci&#233;t&#233; paraisse l'encourager ? [&#8230;] C'est toujours un drame et cela restera toujours un drame. &#187;&lt;/i&gt; Depuis 1975, avons-nous avanc&#233; ? Les craintes d'une explosion du nombre d'avortements ne se sont pas confirm&#233;es. Les femmes ne sont pas irresponsables, idiotes, incons&#233;quentes. Depuis 1975, a-t-on cess&#233; de culpabiliser celles qui avortent ? C'est contre cela que les &#171; filles des 343 salopes &#187; s'insurgent : &lt;i&gt;&#171; Nous en avons assez de cette forme de maltraitance politique, m&#233;diatique, m&#233;dicale. &#187;&lt;/i&gt; C'est pour cela qu'elles d&#233;clarent &lt;i&gt;&#171; avoir avort&#233; et n'avoir aucun regret &#187;&lt;/i&gt;. Ce qu'elles disent, et ce que disent avec elles les centaines de femmes qui ont d&#233;j&#224; sign&#233; l'appel, n'est rien d'autre que &lt;i&gt;&#171; nous ne sommes pas oblig&#233;es de souffrir &#187;, &#171; nous avons avort&#233; et nous allons tr&#232;s bien. &#187;&lt;/i&gt; Parce qu'elles savent que la dramatisation de l'IVG est une arme de culpabilisation massive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour signer l'appel : &lt;a href=&#034;http://jevaisbienmerci.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;jevaisbienmerci.net&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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