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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Un dr&#244;le de conflit</title>
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		<dc:date>2023-01-10T17:02:12Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; With or whitout you &#187;. Les paroles de Bono montent dans le cr&#233;matorium du cimeti&#232;re rouennais. C'est comme &#231;a maintenant, U2, comme d'autres, a d&#233;tr&#244;n&#233; les Te Deum ou la musique de Bach, lors des c&#233;r&#233;monies fun&#233;raires. On se retrouve environ 200, pour un dernier rencard avec Robin. Certains ont rev&#234;tu un gilet fluo sigl&#233; CGT. Robin &#233;tait salari&#233; chez P&#233;troplus, pompier et militant CGT. Je l'avais crois&#233; plus d'une fois, lors de r&#233;unions, de manifs et de stages. Du genre &#233;nerv&#233;, un physique (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nardo-59" rel="tag"&gt;Nardo&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div&gt;&lt;span class=&#034;base64php19356645496a69819b5f07f8.17178299&#034; title=&#034;PD9waHAKaW5jbHVkZV9vbmNlKCIuLyIgLiBfRElSX1JBQ0lORSAuICJlY3JpcmUvYmFsaXNlL2Zvcm11bGFpcmVfLnBocCIpOwppZiAoJGxhbmdfc2VsZWN0ID0gImZyIikgJGxhbmdfc2VsZWN0ID0gbGFuZ19zZWxlY3QoJGxhbmdfc2VsZWN0KTsKaW5zZXJlcl9iYWxpc2VfZHluYW1pcXVlKGJhbGlzZV9GT1JNVUxBSVJFX19keW4oYXJndW1lbnRzX2JhbGlzZV9keW5fZGVwdWlzX21vZGVsZSgnRk9STVVMQUlSRV9GT1JNSURBQkxFJyksICcxJyksIGFycmF5KCcnLCAnJywgJycsICcnLCAnZnInLCAnMScpKTsKaWYgKCRsYW5nX3NlbGVjdCkgbGFuZ19zZWxlY3QoKTsKPz4=&#034;&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; With or whitout you &#187;&lt;/i&gt;. Les paroles de Bono montent dans le cr&#233;matorium du cimeti&#232;re rouennais. C'est comme &#231;a maintenant, U2, comme d'autres, a d&#233;tr&#244;n&#233; les Te Deum ou la musique de Bach, lors des c&#233;r&#233;monies fun&#233;raires. On se retrouve environ 200, pour un dernier rencard avec Robin. Certains ont rev&#234;tu un gilet fluo sigl&#233; CGT. Robin &#233;tait salari&#233; chez P&#233;troplus, pompier et militant CGT. Je l'avais crois&#233; plus d'une fois, lors de r&#233;unions, de manifs et de stages. Du genre &#233;nerv&#233;, un physique et des prises de position dignes de Don Quichotte, il &#233;tait tr&#232;s impliqu&#233; dans le conflit de la raffinerie. Il est mort d'un arr&#234;t cardiaque, le jour de ses 46 ans. C'est le deuxi&#232;me qui meurt de mort pas vraiment naturelle, depuis que P&#233;troplus est en liquidation. Un premier, Patrick, s'est suicid&#233; en mars dernier. Un &#233;crivain qui suivait, il y a quelques ann&#233;es, la fermeture d'une usine et qui en a fait un livre&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Bon, Daewoo, Fayard, 2004.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, s'enthousiasmait presque &#224; l'annonce que, dans cette bo&#238;te-l&#224;, quelqu'un &#233;tait mort. Pour le &#171; c&#244;t&#233; dramatique &#187; sans doute. Mais, &#224; chaque fois qu'il y a un plan de suppression d'emplois ou une fermeture d'usine, il y a au moins un salari&#233; qui meurt ou se suicide. Il y a toujours quelqu'un pour qui c'est si lourd que la mort prend le dessus. Dommage collat&#233;ral, en quelque sorte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour certains des coll&#232;gues de Robin, sa mort est un peu symbolique de l'avenir de leur raffinerie. D'autant que Shell qui avait pass&#233;, avec difficult&#233;, un contrat de processing pour quelques mois, a annonc&#233; qu'elle ne renouvellerait pas. Depuis, la raffinerie est en cours d'arr&#234;t. Entre les pseudo-repreneurs, les d&#233;clarations de ministres non suivies d'effets, les dossiers incomplets et les pressions des autres multinationales pour fermer le site, l'avenir semble &#234;tre du c&#244;t&#233; du &lt;i&gt;no future&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait plus d'un an que&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_537 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH391/107-nardo-petroplus-a544b.png?1782638370' width='400' height='391' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;le conflit P&#233;troplus dure. Un conflit sans patron (en faillite, il a mis la cl&#233; sous la porte) &#224; qui adresser ses revendications. Alors se bagarrer pour en avoir un nouveau n'est pas la perspective la plus enthousiasmante. Le personnel de la raffinerie n'a jamais &#233;t&#233; des plus offensifs non plus, certains se prenant m&#234;me pour les rois du p&#233;trole, avec des salaires plus &#233;lev&#233;s que la plupart des salari&#233;s de la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis le d&#233;but, on assiste &#224; de dr&#244;les d'assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales, o&#249; il n'y a pas de d&#233;cisions de prises mais o&#249; &#171; l'Intersyndicale &#187; semble tout faire, tout d&#233;cider. Les syndicalistes (notamment les deux responsables CGT) font comme un show, comme le r&#244;le de leur vie devant des salari&#233;s juste venus &#233;couter les derni&#232;res infos avant de retourner bosser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de lutte &#224; proprement parler et les heures de gr&#232;ves ont &#233;t&#233; tr&#232;s rares. Il faut dire que ce n'est pas facile d'occuper une raffinerie, car les contraintes environnementales et s&#233;curitaires &#171; Seveso 2 &#187;, obligeraient les autorit&#233;s &#224; une intervention rapide. Une raffinerie n'est pas non plus le type d'usine qu'on peut autog&#233;rer (rapports avec les pays producteurs de p&#233;trole, transport de brut&#8230;). En plus, la moyenne d'&#226;ge y est relativement &#233;lev&#233;e et l'attente d'un plan de suppression d'emplois serait une perspective int&#233;ressante pour plus d'un. Quant aux plus jeunes, ils sont d&#233;j&#224; plusieurs &#224; avoir pr&#233;f&#233;r&#233; la d&#233;mission (80 sur 550 salari&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un peu tout cela qui a donn&#233; naissance &#224; cette mythique &#171; Intersyndicale &#187; qui passe son temps dans les bureaux des ministres, pr&#233;fets, marchands de p&#233;trole, financiers et possibles repreneurs. Il s'agit en quelque sorte d'un conflit-spectacle o&#249;, faute de vraies luttes, l'accent est mis sur la m&#233;diatisation, la venue de politiques, des barbecues g&#233;ants quasi-quotidiens et de tr&#232;s nombreuses manifestations artistiques (expo photos, pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre, film, bouquin&#8230;). Quant aux quelques actions qui ont eu lieu, il y avait plus de militants des autres secteurs (Poste, sant&#233;, chimie&#8230;) que de la raffinerie. Sans doute que les habitants des villes avoisinantes ont plus &#224; perdre &#233;conomiquement de la fermeture de cette raffinerie puante et polluante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;, quelques propos un peu amers sur un conflit qui, je l'esp&#232;re, ne fera pas &#233;cole, m&#234;me s'il aboutit positivement pour les salari&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Bon, &lt;i&gt;Daewoo&lt;/i&gt;, Fayard, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Sionisme : &#171; Pas en notre nom &#187;</title>
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		<dc:date>2013-03-13T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nardo</dc:subject>
		<dc:subject>Juifs</dc:subject>
		<dc:subject>Peuple</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>vingtaine d'ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>juif</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tat juif</dc:subject>
		<dc:subject>sionisme</dc:subject>
		<dc:subject>juda&#239;sme</dc:subject>
		<dc:subject>interventions commis</dc:subject>
		<dc:subject>juive</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pierre Stambul, militant libertaire et antisioniste, vient de publier Isra&#235;l/Palestine, Du refus d'&#234;tre complice &#224; l'engagement . Il raconte ici ses racines juives et ath&#233;es et, en opposition au colonialisme isra&#233;lien, &#233;voque un juda&#239;sme multiethnique et sans fronti&#232;res, ainsi que le souvenir du Yiddishland de ses anc&#234;tres, vecteur d'une culture, d'un &#233;tat d'esprit et de courants d'id&#233;es pr&#244;nant une &#233;mancipation universelle. CQFD : Tu viens de publier un livre de six cents pages qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Juifs" rel="tag"&gt;Juifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Peuple" rel="tag"&gt;Peuple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/etat" rel="tag"&gt;&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vingtaine-d-annees" rel="tag"&gt;vingtaine d'ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/juive" rel="tag"&gt;juive&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pierre Stambul, militant libertaire et antisioniste, vient de publier &lt;a href=&#034;http://www.ujfp.org/spip.php?article2394&amp;lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Isra&#235;l/Palestine, Du refus d'&#234;tre complice &#224; l'engagement&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pierre Stambul, Isra&#235;l/Palestine. Du refus d'&#234;tre complice &#224; l'engagement, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Il raconte ici ses racines juives et ath&#233;es et, en opposition au colonialisme isra&#233;lien, &#233;voque un juda&#239;sme multiethnique et sans fronti&#232;res, ainsi que le souvenir du Yiddishland de ses anc&#234;tres, vecteur d'une culture, d'un &#233;tat d'esprit et de courants d'id&#233;es pr&#244;nant une &#233;mancipation universelle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_535 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH301/107stambul-90de8.png?1782671685' width='200' height='301' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Tu viens de publier un livre de six cents pages qui rassemble des textes et des interventions commis depuis une vingtaine d'ann&#233;es. Ce sont tes &#339;uvres compl&#232;tes ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Stambul : &lt;/strong&gt; Non, pas tout &#224; fait&#8230; J'ai d&#251; &#233;crire trente ou quarante pages in&#233;dites et retranscrire &#233;galement des textes ant&#233;rieurs &#224; l'existence de l'ordinateur. Mais l'essentiel &#233;tait d&#233;j&#224; r&#233;dig&#233;. Ce sont des analyses, des articles ou des br&#232;ves, la plupart publi&#233;s depuis moins de dix ans, et pour certains vieux de trente ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu es un &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Pierre-Stambul'&gt;contributeur de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;. Mais tu es surtout co-pr&#233;sident de l'&lt;a href=&#034;http://www.ujfp.org/?lang=fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Union juive fran&#231;aise pour la paix&lt;/a&gt; (UJFP). On conna&#238;t tes positions antisionistes radicales. Une technique de propagande usuelle veut que d&#232;s l'instant o&#249; l'on critique l'&#201;tat d'Isra&#235;l, on soit accus&#233; d'antis&#233;mitisme. Peut-on inverser le propos en disant que le sionisme est antis&#233;mite ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'une certaine mani&#232;re, oui. Le sionisme, comme le dit &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Michel-Warschawski'&gt;Michel Warschawski&lt;/a&gt;, pr&#233;facier de mon bouquin, est une th&#233;orie de la s&#233;paration. &#192; la fin du XIXe si&#232;cle, &#224; l'&#233;poque o&#249; il y avait un large consensus antis&#233;mite en Europe, et o&#249; dans l'Empire russe, &#201;tat o&#249; vivaient peut-&#234;tre les deux tiers des Juifs du monde entier, il y avait une politique antis&#233;mite officielle, une majorit&#233; des Juifs se sont tourn&#233;s vers les mouvements r&#233;volutionnaires aspirant &#224; une &#233;mancipation universelle. Les sionistes &#233;taient une petite minorit&#233;, qui affirmait que le m&#233;lange avec les autres populations &#233;tait impossible et que l'antis&#233;mitisme est un mal in&#233;luctable. Pour eux, la seule solution &#233;tait la s&#233;paration et la cr&#233;ation d'un &#201;tat juif. Cette id&#233;ologie aboutit &#224; l'&#233;tat actuel des choses. Car elle a impliqu&#233; de fait une conqu&#234;te coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; ce propos que l'on peut dire que les sionistes sont profond&#233;ment anti-Juifs : pour fabriquer l'Isra&#233;lien, il a fallu tuer la figure du juda&#239;sme n&#233;e essentiellement au cours des deux derniers si&#232;cles, un juda&#239;sme m&#234;l&#233; &#224; une population &#224; majorit&#233; non juive. Les Juifs d'alors voulaient &#224; la fois conserver leur diff&#233;rence et lutter pour l'&#233;galit&#233; des droits, ils pensaient que c'&#233;tait la seule fa&#231;on d'acc&#233;der &#224; leur &#233;mancipation. Dans toutes ces figures du Juif, il n'y a ni colonialisme, ni exclusion du non-Juif, ni nationalisme, ni revendication d'une terre, ni militarisme, ni racisme. Ce qu'a construit le sionisme est compl&#232;tement antijuif, &#224; la fois pour le juda&#239;sme ath&#233;e &#8211; qui est mon origine &#8211;, mais aussi pour le juda&#239;sme religieux, pour qui la conqu&#234;te d'une terre est impie et aller &#224; J&#233;rusalem avant le retour du Messie un p&#233;ch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle diff&#233;rence fais-tu entre antijuif et antis&#233;mite ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a eu quinze si&#232;cles d'antijuda&#239;sme chr&#233;tien. Quand au IVe si&#232;cle, le christianisme triomphe dans un empire romain o&#249; &#233;norm&#233;ment de citoyens &#233;taient&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_538 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH447/107nardo-psychanalyse-45944.png?1782671685' width='400' height='447' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nardo
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;devenus juifs, le juda&#239;sme cesse d'&#234;tre pros&#233;lyte. Il va se replier sur lui-m&#234;me et, pendant quinze si&#232;cles, les chr&#233;tiens vont inventer tout un tas de st&#233;r&#233;otypes racistes. On est l&#224; sur un terrain de concurrence religieuse. Dans son &#233;tude sur le Moyen &#194;ge, Robert I. Moore explique que la soci&#233;t&#233; f&#233;odale avait besoin de populations identifiables &#224; d&#233;tester et sur lesquelles concentrer la haine : il n'y avait pas que les Juifs, il y avait aussi les h&#233;r&#233;tiques, les prostitu&#233;es, les l&#233;preux&#8230; &#192; partir de 1850, l'antijuda&#239;sme chr&#233;tien c&#232;de la place &#224; l'antis&#233;mitisme racial, qui r&#233;sulte de l'&#233;mancipation des Juifs, du fait qu'ils sont sortis du ghetto et qu'ils sont &#171; parmi nous &#187;. Toutes ces &#171; nouveaut&#233;s &#187; vont &#224; l'encontre de l'explosion nationaliste en Europe qui affirme qu'&lt;i&gt;&#171; un peuple &#233;gale un &#201;tat &#187;&lt;/i&gt; et que ces &#201;tats doivent &#234;tre ethniquement purs. L'antis&#233;mitisme frappe sp&#233;cifiquement le Juif int&#233;gr&#233; et invisible sur lequel se concentre la haine, parce que justement il est semblable &#224; tous tout en &#233;tant diff&#233;rent. C'est ce qui explique qu'il n'y a pas d'antis&#233;mitisme contre le tankiste isra&#233;lien et qu'aujourd'hui l'extr&#234;me droite europ&#233;enne, foyer traditionnel de la stigmatisation des Juifs, est pro-isra&#233;lienne. Il y a une v&#233;ritable mutation. Lord Balfour, homme d'&#201;tat britannique et artisan de la cr&#233;ation du foyer national juif devenu ensuite &#201;tat d'Isra&#235;l, &#233;tait tr&#232;s violemment antis&#233;mite. Il disait que les Juifs &#233;taient des pouilleux, des r&#233;volutionnaires et des asiatiques inassimilables dont il fallait se d&#233;barrasser. Arriv&#233;s en Palestine, ces parias sont devenus des colonisateurs europ&#233;ens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Shlomo Sand&lt;/strong&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Shlomo Sand, Comment le peuple juif fut invent&#233;, Fayard 2008. Et Comment la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; , qui critique radicalement le sionisme en d&#233;montant notamment les mensonges fondateurs, affirme que cette id&#233;ologie a &#233;t&#233; favoris&#233;e par le christianisme et plus particuli&#232;rement par le protestantisme. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est vrai qu'aujourd'hui, les &#233;vang&#233;listes chr&#233;tiens sionistes &#8211; ils sont plusieurs dizaines de millions aux USA, et pas seulement &#8211; disent que les Juifs doivent revenir en Terre sainte pour y chasser le mal &#8211; Armageddon, c'est-&#224;-dire les Arabes &#8211;, puis se convertir au christianisme sous peine d'&#234;tre an&#233;antis. Mais, surtout, la sanctification de la Terre promise est d'origine chr&#233;tienne et ne correspond pas &#224; la tradition juive, qui n'a pas d'attachement &#224; la terre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le sionisme est un colonialisme tr&#232;s particulier. Il ne vise pas &#224; asservir le peuple, il vise &#224; l'expulser. C'est un nationalisme original parce qu'il a d&#251; cr&#233;er la terre, le peuple et la langue. C'est une id&#233;ologie qui a exerc&#233; une gigantesque manipulation de l'histoire, de la m&#233;moire et des identit&#233;s juives et qui raconte une histoire fantastique, compl&#232;tement fausse. Les fondateurs du sionisme n'&#233;taient pas croyants. Ils ont utilis&#233; la bible comme un livre de conqu&#234;te coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lorsque l'on parle de ou des cultures juives, tu y consid&#232;res un aspect ethnique, ou religieux ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a plusieurs peuples ayant en commun la religion. Il y avait un peuple yiddish entre mer Noire et Baltique, il y avait un peuple juif espagnol s&#233;pharade &#233;tabli &#224; Salonique, Izmir, et en Afrique du Nord, il y a un peuple jud&#233;o-arabe descendant de Berb&#232;res convertis, il y a un peuple falacha venu d'&#201;thiopie&#8230; C'&#233;taient des peuples diff&#233;rents avec une tradition, une culture, une cuisine, une musique li&#233;es &#224; l'endroit o&#249; ils vivaient. La langue maternelle de ma m&#232;re &#233;tait le yiddish, elle &#233;tait ath&#233;e et quand j'&#233;tais petit, en Picardie, on mangeait la cuisine du shtetl &#8211; ces petites bourgades d'Europe orientale &#8211; qu'elle avait r&#233;ussi &#224; concocter ici. Et sur le tourne-disque, j'&#233;coutais des chants en russe, en roumain ou en yiddish, auxquels je ne comprenais rien, mais que je connaissais par c&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce serait donc plus une culture ethnique qu'une culture religieuse ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r. Il y a cette question : est-ce que lorsque l'on cesse d'&#234;tre religieux, on reste juif ? Sur les six millions de morts de la Shoah, il ne faut pas oublier que la moiti&#233; n'&#233;tait pas croyante. Le juda&#239;sme n'est pas une religion. &#192; partir de la fin du XIXe si&#232;cle, l'abandon de la religion s'est beaucoup d&#233;velopp&#233;. L'antis&#233;mitisme nazi ne s'adressait pas aux rabbins, mais &#224; l'enti&#232;ret&#233; de ce que les nazis avaient d&#233;fini comme une race.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que reste-t-il, selon toi, des courants messianistes venus pour une grande part du Yiddishland et qui ont profond&#233;ment influenc&#233;s les mouvements d'&#233;mancipation en Europe ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui les restes de ce messianisme ne se retrouvent plus que, de fa&#231;on falsifi&#233;e, chez les pires colons isra&#233;liens. Le g&#233;nocide nazi n'a pas simplement tu&#233; la moiti&#233; des Juifs europ&#233;ens. Il a fait dispara&#238;tre le Yiddishland, et apr&#232;s guerre tout a &#233;t&#233; fait par toutes les parties pour qu'il ne soit pas reconstitu&#233;. &#192; l'Est, il y a eu le pogrom de Kielce (en Pologne), en 1946, o&#249; quarante-six survivants des camps ont&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_551 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;81&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/107birobidjan-28c3e.png?1782671685' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Affiche de propagande sovi&#233;tique pour l'installation juive au Birobidjan (1929)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#233;t&#233; massacr&#233;s. Les dirigeants juifs des nouvelles d&#233;mocraties populaires ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s ou ex&#233;cut&#233;s pour sionisme ou cosmopolitisme. &#192; l'Ouest, des milliers de survivants rassembl&#233;s dans d'anciens camps de concentration ont attendu pendant six ans apr&#232;s la fin des hostilit&#233;s des visas pour les USA, l'Angleterre, le Danemark. Certains d'entre eux se sont r&#233;volt&#233;s et ont &#233;t&#233; imm&#233;diatement expuls&#233;s en Palestine. En fait, l'Europe s'est d&#233;fauss&#233;e sur le dos des Palestiniens, en ent&#233;rinant la liquidation du Yiddishland, qui repr&#233;sentait un danger pour elle. Et les sionistes ont pris leur part dans cette volont&#233; de faire dispara&#238;tre une culture que les Europ&#233;ens consid&#233;raient comme s&#233;ditieuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le fait de se dire juif est important pour toi ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma s&#339;ur et moi, nous avons &#233;t&#233; &#233;lev&#233;s comme des rescap&#233;s, car mes parents avaient &#233;t&#233; persuad&#233;s qu'ils ne survivraient pas &#224; la guerre. &#192; la maison, mes parents parlaient une autre langue. Tous leurs amis avaient un accent yiddish &#224; couper au couteau. J'ai toujours eu ce sentiment de venir d'ailleurs. Mon identit&#233; juive est l&#224;. Un jour, alors que j'avais sept ou huit ans, je r&#233;p&#232;te des propos anti-juifs que j'avais entendus dans la cour de l'&#233;cole. Dans mon souvenir, mes parents m'ont chop&#233; dans une pi&#232;ce et pendant une heure j'ai eu droit &#224; tout : au Moyen &#194;ge, &#224; l'Espagne, &#224; Auschwitz&#8230; Je savais que nous &#233;tions un peu diff&#233;rents, mais j'avais l'impression que la nourriture que nous mangions &#233;tait ce que tout le monde mangeait, que tout le monde devait entendre des langues diff&#233;rentes &#224; la maison. Quand j'entendais d&#233;blat&#233;rer contre les Juifs, je n'avais pas l'impression que l'on parlait de moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s le mouvement de mai 68 et avoir lutt&#233; pour de tr&#232;s nombreuses causes, j'ai commenc&#233; &#224; prendre position sur la question Isra&#235;l-Palestine. Je n'avais alors pas du tout envie de le faire en tant que juif. Avant d'adh&#233;rer &#224; l'UJFP, le J m'indisposait fortement. Je me suis aper&#231;u que parler de cette guerre en tant que juif a une efficacit&#233; sans commune mesure. C'est le sionisme qui m'a fait juif&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jusqu'&#224; ta rencontre avec l'UJFP, ton identit&#233; juive t'&#233;tait secondaire ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents &#233;taient profond&#233;ment juifs et la&#239;ques. Cela n'a jamais &#233;t&#233; un sentiment d'appartenance, mais de connaissance d'un monde dont je suis issu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme le serait un jeune d'origine maghr&#233;bine ou asiatique ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#224; fait. Les premi&#232;res r&#233;unions de l'UJFP ressemblaient &#224; une esp&#232;ce d'outing. On entendait dix ou vingt histoires diff&#233;rentes. Mais le d&#233;nominateur commun, quelles que soient les raisons de chacun, &#233;tait que ce qui se passe en Isra&#235;l ne se fasse &#171; pas en notre nom &#187;. Ce militarisme raciste et suffisant de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, les colons, Tsahal, ce n'est pas nous. Nous, en tant que personnes ayant une relation avec le juda&#239;sme. Cela insulte notre identit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'en est-il aujourd'hui de cette culture juive ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La plus grande partie des Juifs qui vivent en France, en Angleterre ou encore en Allemagne, ne font plus rien d'autres que d'&#234;tre des supports inconditionnels de l'&#201;tat d'Isra&#235;l, de son militarisme et de son racisme. La fonction historique qui &#233;tait celle de m&#234;ler &#233;mancipation singuli&#232;re et &#233;mancipation universelle est morte, sans doute d&#233;finitivement. En transformant une partie de la main-d'&#339;uvre pers&#233;cut&#233;e d'Europe en colons, cette disparition-l&#224; a profit&#233; &#224; l'Occident, qui d&#233;tient aujourd'hui un porte-avion en plein Moyen-Orient. Quand le pr&#233;sident am&#233;ricain G.W. Bush a d&#233;clar&#233; le choc des civilisations, cette guerre du bien contre le mal &#8211; le mal &#233;tant les Arabes et les musulmans &#8211;, les Isra&#233;liens l'ont totalement reprise &#224; leur compte et se sont vus comme la pointe avanc&#233;e de l'Occident dans la lutte contre les Arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton p&#232;re a visiblement suivi ce grand &#233;cart historique qui va de positions r&#233;volutionnaires de type prol&#233;tariennes au sionisme le plus r&#233;actionnaire&#8230; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mes parents avaient c&#244;toy&#233; des dirigeants de la r&#233;sistance comme Artur London, Boris Holban, qui ont tous, apr&#232;s guerre, subi les purges antis&#233;mites men&#233;es par les partis communistes. Mais le grand virage a &#233;t&#233; la guerre de 1967, o&#249; la propagande a rab&#226;ch&#233; le fait que les Juifs allaient &#234;tre encore une fois jet&#233;s &#224; la mer. Si mes parents sont devenus sionistes, c'est aussi parce qu'une &#233;norme partie du juda&#239;sme europ&#233;en qui avait vers&#233; dans la r&#233;volution s'est vu confront&#233; au stalinisme, qui a lui aussi contribu&#233; de fa&#231;on d&#233;cisive au succ&#232;s du sionisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Shlomo Sand dit que m&#234;me un enfant n&#233; d'un viol a droit &#224; l'existence. Bien s&#251;r, les Juifs vivants en Isra&#235;l resteront, mais ils resteront sur la base d'une &#233;galit&#233; des droits. Quand on parle d'un &#201;tat juif et d&#233;mocratique, Sand dit qu'il s'agit l&#224; d'un oxymore. Si on y supprime la discrimination, la colonisation, ce pays-l&#224; n'est plus Isra&#235;l&#8230; Il ne pourra pas y avoir de paix avec le sionisme, de m&#234;me qu'en Afrique du Sud, il ne pouvait pas y avoir de paix avec le maintien de l'apartheid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Revolutionnaires-au-coeur-de-l'&gt;&#171; R&#233;volutionnaires au c&#339;ur de l'Europe &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_539 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH317/107-yiddishland-b1074.png?1782768160' width='500' height='317' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par le Cresadt
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pierre Stambul, &lt;i&gt;Isra&#235;l/Palestine. Du refus d'&#234;tre complice &#224; l'engagement&lt;/i&gt;, Acratie 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Shlomo Sand, &lt;i&gt;Comment le peuple juif fut invent&#233;&lt;/i&gt;, Fayard 2008. Et &lt;i&gt;Comment la terre d'Isra&#235;l fut invent&#233;e&lt;/i&gt;, Flammarion 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>R&#233;volutionnaires au c&#339;ur de l'Europe</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Revolutionnaires-au-coeur-de-l</link>
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		<dc:date>2013-03-13T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Juifs</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En 1791, l'imp&#233;ratrice Catherine II de Russie d&#233;cr&#232;te une zone de r&#233;sidence dans laquelle les Juifs se voient contraints de vivre. Ce territoire s'&#233;tend de la mer Baltique &#224; la mer Noire, chevauchant plusieurs &#201;tats nations au gr&#233; des guerres qui vont bouleverser les fronti&#232;res europ&#233;ennes &#224; la fin du xix e et au d&#233;but du xx e si&#232;cle. Les Juifs auront comme v&#233;ritable patrie, dans cet espace transnational baptis&#233; Yiddishland, leur langue commune, le yiddish, et un certain rapport &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Juifs" rel="tag"&gt;Juifs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Catherine" rel="tag"&gt;Catherine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mer-Noire" rel="tag"&gt;mer Noire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-imperatrice-Catherine" rel="tag"&gt;l'imp&#233;ratrice Catherine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Russie-decrete" rel="tag"&gt;Russie d&#233;cr&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voient-contraints" rel="tag"&gt;voient contraints&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mer-Baltique" rel="tag"&gt;mer Baltique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etats-nations" rel="tag"&gt;&#201;tats nations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-imperatrice" rel="tag"&gt;l'imp&#233;ratrice&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En 1791, l'imp&#233;ratrice Catherine II de Russie d&#233;cr&#232;te une zone de r&#233;sidence dans laquelle les Juifs se voient contraints de vivre. Ce territoire s'&#233;tend de la mer Baltique &#224; la mer Noire, chevauchant plusieurs &#201;tats nations au gr&#233; des guerres qui vont bouleverser les fronti&#232;res europ&#233;ennes &#224; la fin du xix e et au d&#233;but du xx e si&#232;cle. Les Juifs auront comme v&#233;ritable patrie, dans cet espace transnational baptis&#233; Yiddishland, leur langue commune, le yiddish, et un certain rapport &#224; l'Histoire, o&#249; se m&#234;lent un messianisme sans Messie et des projets d'&#233;mancipation. Ces derniers vont prendre plusieurs orientations. Celle, singuli&#232;re, d'une s&#233;paration d'avec les populations europ&#233;ennes, en pr&#244;nant un &#171; retour vers Sion &#187;, sera minoritaire. Et celle d'une &#233;mancipation universelle. C'est de ce vaste mouvement &#224; pr&#233;&#233;minence non religieuse que vont na&#238;tre une multitude de courants r&#233;volutionnaires qui contribueront &#224; une critique radicale du capitalisme en Europe &#224; partir de la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette &lt;i&gt;&#171; culture jud&#233;o-allemande [a] produit une synth&#232;se spirituelle unique en son genre qui a donn&#233; au monde Heine et Marx, Freud et Kafka, Ernst Bloch et Walter Benjamin &#187;&lt;/i&gt;, comme le souligne Michael L&#246;wy&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michael L&#246;wy, R&#233;demption et Utopie, &#233;ditions du Sandre, 2009.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, elle a aussi, de fait, port&#233; sur les barricades, dans les usines en gr&#232;ve, dans les insurrections et les maquis, des dizaines de milliers de r&#233;fractaires &#224; l'ordre &#233;tabli, ainsi que le rappellent Alain Brossat et Sylvia Klingberg&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alain Brossat et Sylvia Klingberg, Le Yiddishland r&#233;volutionnaire, &#233;ditions (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La majeure part de cette population, avec son histoire et ses perspectives, auront &#233;t&#233; annihil&#233;es par les nazis. En 2013, la langue yiddish n'est plus parl&#233;e que dans quelques foyers new-yorkais. Elle n'est quasiment plus enseign&#233;e en Isra&#235;l, o&#249; les Juifs du Yiddishland sont regard&#233;s comme une population de vaincus dont il faut effacer la m&#233;moire des combats, pour ne conserver que celle du massacre nazi, dont l'&#201;tat isra&#233;lien ne cesse de tirer des b&#233;n&#233;fices compassionnels pour mieux justifier ses propres crimes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-fantomes-du-Shtetl'&gt;&#171; Les fant&#244;mes du Shtetl &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michael L&#246;wy, &lt;i&gt;R&#233;demption et Utopie&lt;/i&gt;, &#233;ditions du Sandre, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alain Brossat et Sylvia Klingberg, &lt;i&gt;Le Yiddishland r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;, &#233;ditions Syllepse, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rock the casbah</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Rock-the-casbah</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Rock-the-casbah</guid>
		<dc:date>2013-03-12T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Groupe</dc:subject>
		<dc:subject>Ra&#239;na Ra&#239;</dc:subject>
		<dc:subject>Rock</dc:subject>
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		<dc:subject>musique arabe</dc:subject>
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		<dc:subject>Gnawa Diffusion</dc:subject>
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		<dc:subject>Ar'bian rock</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du rock arabe ? Certes, depuis Ra&#239;na Ra&#239; et Carte de s&#233;jour, le sujet n'est pas inexistant. Certains ont continu&#233; dans cette veine : Rachid Taha, Zebda ou Gnawa Diffusion. Plus proche de nous, Temerik electric, groupe des quartiers nord de Marseille, revendique le terme d'&#171; Ar'bian rock &#187;. En dehors de &#231;a, y en a pas bezef non plus. Et avant les ann&#233;es 80 ? Walou ? Les interp&#233;n&#233;trations entre la musique arabe et le rock'n'roll ont assur&#233;ment p&#226;ti de la d&#233;fiance r&#233;ciproque du monde musulman (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gnawa-Diffusion" rel="tag"&gt;Gnawa Diffusion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Devil" rel="tag"&gt;Devil&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ar-bian-rock" rel="tag"&gt;Ar'bian rock&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Du rock arabe ? Certes, depuis Ra&#239;na Ra&#239; et Carte de s&#233;jour, le sujet n'est pas inexistant. Certains ont continu&#233; dans cette veine : Rachid Taha, Zebda ou Gnawa Diffusion. Plus proche de nous, &lt;a href=&#034;http://fr.myspace.com/temenikelectric&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Temerik electric&lt;/a&gt;, groupe des quartiers nord de Marseille, revendique le terme d'&#171; Ar'bian rock &#187;. En dehors de &#231;a, y en a pas bezef non plus. Et avant les ann&#233;es 80 ? Walou ? Les interp&#233;n&#233;trations entre la musique arabe et le rock'n'roll ont assur&#233;ment p&#226;ti de la d&#233;fiance r&#233;ciproque du monde musulman et de l'imp&#233;rialisme yankee. De m&#234;me, on peut penser qu'avec la richesse des rythmes orientaux et la force des m&#233;lodies de la po&#233;sie chant&#233;e, les pays arabes n'avaient pas r&#233;ellement besoin de produits d'importation au tempo binaire. Enfin, le rock avait jadis une r&#233;putation sulfureuse, annonciatrice de r&#233;volte de la jeunesse et de lib&#233;ration des m&#339;urs, et pouvait s'av&#233;rer transgressif pour la soci&#233;t&#233; traditionnelle musulmane et les r&#233;gimes autoritaires en place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, il existe bien quelques exemples de ce mezz&#233; improbable : on peut &#233;voquer le guitariste Omar Khorshid, sorte de Link Wray &#233;gyptien ; Les Abranis, groupe psych&#233; kabyle au d&#233;but des ann&#233;es 1970 ; ou encore,&#224; la m&#234;me p&#233;riode le groupe fran&#231;ais Les Variations, dont la plupart des membres ont &#233;t&#233; berc&#233;s par la musique arabo-jud&#233;o-andalouse, interpr&#232;tent plusieurs morceaux compos&#233;s, dont &#171; Kasbah Talda &#187;, par le violoniste tunisien Maurice Meimoun, qui avait aussi accompagn&#233; de grands noms de la musique arabe comme Hedi Jouini ou Farid El Atrache.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s'il est un cas ant&#233;rieur bien symptomatique du rendez-vous contrari&#233; entre rythmes orientaux et convulsions&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_542 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/107-devils-anvil-3d4a1.png?1782644373' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;bebopalulesques, c'est celui du groupe Devil's Anvil. En 1966, le producteur F&#233;lix Pappalardi tra&#238;ne dans Greenwich Village en qu&#234;te de musiciens originaires du Moyen-Orient afin de former un groupe &#224; la confluence du rock garage-psych&#233;d&#233;lique et des sonorit&#233;s grecques, turques et arabes, fusion que seul le melting-pot am&#233;ricain, et plus particuli&#232;rement new-yorkais, semble permettre alors. En 1967, sort l'album Hard rock from the Middle East, m&#234;lant plusieurs titres traditionnels arabes dont &#171; Hala La Laya &#187;, aussi interpr&#233;t&#233; par Fairuz, &#171; Selim Alai &#187;, d&#233;j&#224; chant&#233; par Le&#239;la Mourad, et &#171; Isme &#187;, une reprise d'El Atrache. Le groupe brasse de multiples instruments &#8211; oud, batterie, derbouka, tamboura, guitare &#233;lectrique fuzz, accord&#233;on, on y trouve aussi des morceaux interpr&#233;t&#233;s en turc et en grec, ainsi qu'une reprise chant&#233;e (en anglais) du classique rebetiko &#171; Misirlou &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le disque contient autant de tubes potentiels que de titres. Seulement voil&#224; qu'&#233;clate la guerre des Six Jours, qui va marquer le d&#233;but du soutien inconditionnel du gouvernement &#233;tatsunien &#224; la politique isra&#233;lienne. Pas une seule radio am&#233;ricaine ne se permet de diffuser des morceaux chant&#233;s en arabe, ce qui n'est pas sans ironie &#233;tant donn&#233; que certains musiciens des Devil's Anvil sont plut&#244;t d'origine jud&#233;o-arabe. Un &#233;pisode qui rappelle le bannissement des ondes publiques qu'avait subi le single de la Mano negra &#171; Sidi H'Bibi &#187; en 1991 durant la guerre du Golfe. Les gros malins de la censure avaient d&#251; confondre cette chanson d'amour populaire avec un appel au Jihad.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s l'&#233;chec de leur album, l'exp&#233;rience des Devil's Anvil se termine aussi sec laissant un album impeccable mais condamn&#233; &#224; l'oubli parce que victime des circonstances politiques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au TGI de Lyon le handicap mental est un d&#233;lit r&#233;prim&#233; d'une peine de prison</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-TGI-de-Lyon-le-handicap-mental</link>
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		<dc:date>2013-03-11T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Olivier Katre</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>proc&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>juge</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;venu</dc:subject>
		<dc:subject>tribunal</dc:subject>
		<dc:subject>psychiatrique</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>pris</dc:subject>
		<dc:subject>comparutions imm&#233;diates</dc:subject>
		<dc:subject>Abdelatif</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012. Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/juge" rel="tag"&gt;juge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prevenu" rel="tag"&gt;pr&#233;venu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tribunal" rel="tag"&gt;tribunal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/psychiatrique" rel="tag"&gt;psychiatrique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pris" rel="tag"&gt;pris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/comparutions-immediates" rel="tag"&gt;comparutions imm&#233;diates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Abdelatif" rel="tag"&gt;Abdelatif&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accus&#233;s de la salle d'audience des comparutions imm&#233;diates du tribunal de Lyon, le 10 d&#233;cembre 2012.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est sourd et n'entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait r&#233;p&#233;ter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa t&#234;te entre les barreaux vitr&#233;s qui le s&#233;parent des magistrats pour tendre l'oreille, ce qui le contraint &#224; se plier en deux, la t&#234;te coinc&#233;e entre les barreaux du box des accus&#233;s. Mais le juge ne s'en &#233;meut pas et poursuit la lecture des proc&#232;s-verbaux des policiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; J'ai pas pris mes m&#233;dicaments depuis 4 jours&#8230; tout &#224; l'heure je suis tomb&#233; &#187;&lt;/i&gt;, se plaint Abdelatif d&#232;s que le juge l'interroge. Il pleure : &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quatre jours que je suis encastr&#233; [sic], je ne suis pas bien, je ne sais pas pourquoi je suis devant ce tribunal, je n'en peux plus. &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident propose alors qu'on reporte la s&#233;ance en attendant que les m&#233;dicaments aient fait leur effet, mais le pr&#233;venu refuse et son avocat intervient : &lt;i&gt;&#171; Mon client a &#233;t&#233; hospitalis&#233; r&#233;cemment &#224; l'h&#244;pital psychiatrique du Vinatier. Je vais demander un d&#233;lai pour qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le juge prend note et reprend la lecture des proc&#232;s-verbaux. Abdelatif est accus&#233; d'avoir tent&#233; de cambrioler une voiture le 8 d&#233;cembre, puis d'avoir bris&#233; la vitre d'une autre sans rien prendre, de s'en &#234;tre pris finalement &#224; une derni&#232;re et d'y avoir d&#233;rob&#233; un coussin, un sac poubelle et une cordelette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat du pr&#233;venu demande un d&#233;lai afin de rassembler des informations pour permettre un proc&#232;s &#233;quitable et dresse un bref descriptif de l'existence de son client qui cumule prises d'antid&#233;presseurs, crises d'&#233;pilepsie, tentatives de suicide, rendez-vous r&#233;guliers chez un psychiatre et classement &#171; Adulte Handicap&#233; &#187; &#224; 95 % pris en charge par la Cotorep depuis ses 18 ans. Il explique que &lt;i&gt;&#171; son traitement m&#233;dicamenteux ne lui permet pas de boire de l'alcool et malgr&#233; cela, samedi, le jour du d&#233;lit, il a bu. C'est ce qui a d&#233;clench&#233; le passage &#224; l'acte. Aujourd'hui, ayant repris ses esprits, il ne se souvient plus de rien. &#187;&lt;/i&gt; Et pr&#233;cise qu'Abdelatif n'est pas abandonn&#233; &#224; lui-m&#234;me et que ses fr&#232;res, ses s&#339;urs et sa m&#232;re &#8211; qui ont chacun pris une journ&#233;e sur leur temps de travail pour assister &#224; l'audience &#8211; font bloc au quotidien pour l'aider et l'entourer. Le pr&#233;sident &#233;num&#232;re alors la douzaine d'annotations sur le casier judicaire d'Abdelatif concernant des petits vols et des tentatives. &lt;i&gt;&#171; Je suis seul, j'ai envie de parler, alors je bois&#8230; Je n'ai pas le droit mais je me sens bien apr&#232;s&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, explique Abdelatif. &lt;i&gt;&#171; Vous souvenez vous de votre pr&#233;c&#233;dente condamnation qui remonte au 11 novembre ? &#187;&lt;/i&gt;, interroge le juge. &lt;i&gt;&#171; Je ne sais plus, je perds beaucoup la m&#233;moire, excusez-moi, Mademoiselle &#187;&lt;/i&gt;, bredouille le pr&#233;venu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette confusion ne trouble pas le procureur qui avance qu'Abdelatif joue de ses difficult&#233;s devant le tribunal et risque de renouveler les faits d'ici le prochain proc&#232;s. Il r&#233;clame la mise sous &#233;crou dans l'attente d'une nouvelle audience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat prend la parole une derni&#232;re fois, &#233;voque la famille de son client pr&#233;sente &#224; l'audience et assure qu'elle est la garantie du non renouvellement des faits. Il demande qu'Abdelatif ne soit pas incarc&#233;r&#233; mais plac&#233; sous contr&#244;le judiciaire stricte avec obligation de soins psychiatriques plus fr&#233;quente qu'au moment des faits, et ceci jusqu'&#224; la date du proc&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;lib&#233;ration &#224; huis clos, les juges d&#233;cident d'un d&#233;lai pour juger l'affaire, ordonnent qu'une expertise psychiatrique soit effectu&#233;e et fixent la date du proc&#232;s au 9 janvier 2013. Abdelatif est envoy&#233; en prison jusqu'&#224; cette date.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas d'accord, je ne sais pas ce que j'ai fait ou pas fait, je ne comprends rien &#187;&lt;/i&gt;, dit le pr&#233;venu. &lt;i&gt;&#171; Il est handicap&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;crie sa famille depuis les bancs de la salle d'audience&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Esclavage patrimonial</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Esclavage-patrimonial</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Esclavage-patrimonial</guid>
		<dc:date>2013-03-08T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Lindingre</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Perpignan</dc:subject>
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		<dc:subject>Fatima</dc:subject>
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		<dc:subject>soutenir Badia</dc:subject>
		<dc:subject>Badia plac&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>Badia</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre 2012, un rassemblement &#233;tait pr&#233;vu &#224; Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) pour soutenir Badia plac&#233;e sous le coup d'une OQTF . Puis tout fut annul&#233;. &#201;puis&#233;e, elle venait d'&#234;tre hospitalis&#233;e. Quelques jours auparavant, elles &#233;taient cinq clandestines &#224; sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s'&#234;tre &#233;chapp&#233;es d'un enfer conjugal. Fatima : &#171; Je suis rentr&#233;e en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fatima" rel="tag"&gt;Fatima&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/soutenir-Badia" rel="tag"&gt;soutenir Badia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Badia-placee" rel="tag"&gt;Badia plac&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Badia" rel="tag"&gt;Badia&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 31 d&#233;cembre 2012, un rassemblement &#233;tait pr&#233;vu &#224; Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales) pour soutenir Badia plac&#233;e sous le coup d'une OQTF&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#8211; Depuis Badia est sortie de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; . Puis tout fut annul&#233;. &#201;puis&#233;e, elle venait d'&#234;tre hospitalis&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours auparavant, elles &#233;taient cinq clandestines &#224; sortir au grand jour pour raconter leur histoire : Badia, Nadia, Kenza, Jamila et Fatima. Cinq femmes sans-papiers ayant en commun, outre leur origine marocaine, de s'&#234;tre &#233;chapp&#233;es d'un enfer conjugal. Fatima : &lt;i&gt;&#171; Je suis rentr&#233;e en France le 30 avril 2011. Je n'avais jamais eu l'id&#233;e de vivre ici. J'&#233;tais la seule fille de mes parents, j'&#233;tais inscrite &#224; la fac de droit. Mon mari &#233;tait fran&#231;ais et m'avait promis que je pourrais poursuivre mes &#233;tudes en France, qu'on allait faire notre maison mais on est rest&#233;s dans sa famille. On est huit &#224; la maison, je suis la derni&#232;re &#224; manger. Il m'a interdit la fac, de regarder la t&#233;l&#233; ou de parler &#224; mes parents au Maroc. C'est mon beau-p&#232;re qui est m&#233;chant : si je casse quelque chose dans la cuisine, il le dit &#224; son fils et il me tape et m'insulte. &#187;&lt;/i&gt; &#193; bout de forces, Fatima a appel&#233; un cousin &#224; l'aide qui a fait intervenir une association : &lt;i&gt;&#171; Ils ont constat&#233; les bleus sur mon corps. Mais les gendarmes du village ont dit que j'&#233;tais une menteuse. Qu'est-ce qu'on peut faire ? On ne sait rien de la loi fran&#231;aise. &#187;&lt;/i&gt; Fatima s'est enfuie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; quelques nuances pr&#232;s, la m&#234;me histoire sera d&#233;clin&#233;e par les autres femmes. Jamila : &lt;i&gt;&#171; En arrivant en France, j'ai compris que mon mari m'avait menti. Il m'avait dit qu'il avait une seule fille alors qu'il avait neuf enfants ! Personne ne m'a accept&#233;e dans la belle-famille : ni les enfants, ni la belle-m&#232;re. On m'a trait&#233;e de sale &#233;trang&#232;re, de sale Marocaine. Quand j'appelais ma m&#232;re au bled, on m'obligeait &#224; parler en fran&#231;ais. Mon mari a commenc&#233; &#224; m'insulter, &#224; me taper, &#224; me cracher au visage. Un jour, il a appel&#233; l'assistante sociale : il a dit que je l'avais &#233;pous&#233; uniquement pour les papiers, que j'avais traumatis&#233; ses enfants. Alors que moi, tous les jours, de 6 heures du matin &#224; 11 heures du soir, je m'occupe d'eux et du m&#233;nage. &#187;&lt;/i&gt; La suite ? La fuite l&#224; aussi, l'h&#233;bergement dans un&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_536 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH638/107-lindingre-7fb87.png?1782651970' width='400' height='638' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Lindingre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;foyer, l'errance dans une ville qu'elle ne conna&#238;t pas. &lt;i&gt;&#171; Depuis le 20 ao&#251;t je suis sans papiers. Mon mari est parti &#224; Calais et je dois aller l&#224;-bas si je veux divorcer. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre la nasse dans laquelle sont pi&#233;g&#233;es ces femmes, il faut se r&#233;f&#233;rer au Code de l'entr&#233;e et du s&#233;jour des &#233;trangers et du droit d'asile, notamment &#224; son article L314-9, alin&#233;a 3, qui accorde une carte de r&#233;sident de dix ans au conjoint &#233;tranger d'un ressortissant fran&#231;ais &#224; condition que le mariage ait plus de trois ans et surtout que la communaut&#233; de vie entre les &#233;poux n'ait pas cess&#233;. En quittant le domicile conjugal avant le d&#233;lai requis, ces femmes ont rompu avec cette disposition et ne peuvent plus pr&#233;tendre &#224; un quelconque droit de s&#233;jour. Cette r&#233;glementation, adopt&#233;e en 2003, vise &#224; lutter contre ces mariages dits &#171; gris &#187; : sorte d'escroquerie sentimentale o&#249; le ressortissant fran&#231;ais se fait duper par son conjoint &#233;tranger uniquement m&#251; par le dessein de se procurer des papiers. On se souvient qu'&#201;ric Besson, alors ministre de l'Immigration sous Sarkozy, en avait fait sa marotte. En 2009, il avait nomm&#233; l'UMP Claude Greff &#224; la t&#234;te d'un groupe de travail sur la question. Co&#239;ncidence, la m&#234;me Greff fait partie de l'Anvi&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association nationale des victimes de l'ins&#233;curit&#233;.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, association connue pour son lobbying sur le mariage gris et soutenue par des pointures radicales de l'UMP tels &#201;tienne Mourrut (un temps partisan du r&#233;tablissement de la peine de mort) et Jean-Marc Roubaud (favorable au d&#233;lit de blasph&#232;me). Leur credo : punir celles et ceux qui d&#233;tournent le mariage &#224; des fins migratoires. Et tant pis si le dispositif finit de pi&#233;tiner les pr&#233;tendues coupables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Badia se souvient de son arrestation alors qu'elle avait fui le domicile conjugal : &lt;i&gt;&#171; Un jour, j'&#233;tais dans le bus, ma belle-s&#339;ur m'a reconnue. Elle a fait un scandale et pass&#233; des coups de fil. Trois voitures de police ont d&#233;boul&#233;. Plus de vingt policiers, comme si j'avais tu&#233; quelqu'un ! La police a gard&#233; mon permis de conduire. Heureusement que je ne leur ai pas donn&#233; mon passeport, sinon je ne serais d&#233;j&#224; plus l&#224;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le retour au bled alors comme unique solution ? Fatima : &lt;i&gt;&#171; On ne peut pas retourner au Maroc. Chez nous, c'est la honte, les femmes qui divorcent. &#187;&lt;/i&gt; Et Badia de conclure : &lt;i&gt;&#171; Au Maroc on avait fait des &#233;tudes, on &#233;tait prot&#233;g&#233;es par la famille, on pouvait sortir. On imaginait qu'en France, la femme avait des droits mais c'est que des paroles. Les hommes qui partent chercher des femmes au Maghreb, ils savent qu'ils vont trouver une esclave. Personne n'accepterait cette souffrance. Il y avait ma mort contre les papiers. Il faut qu'on supprime cette loi qui nous attache aux hommes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Obligation de quitter le territoire fran&#231;ais &#8211; Depuis Badia est sortie de l'h&#244;pital et l'OQTF a &#233;t&#233; momentan&#233;ment suspendue par le pr&#233;fet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association nationale des victimes de l'ins&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La Brique dans la vitrine</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-Brique-dans-la-vitrine</link>
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		<dc:date>2013-03-07T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>journal</dc:subject>
		<dc:subject>association</dc:subject>
		<dc:subject>Lille</dc:subject>
		<dc:subject>structure</dc:subject>
		<dc:subject>brique</dc:subject>
		<dc:subject>amis</dc:subject>
		<dc:subject>Structure l&#233;gale</dc:subject>
		<dc:subject>ligne &#233;ditoriale</dc:subject>
		<dc:subject>statuts horizontaux</dc:subject>
		<dc:subject>Lille Sud</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce sont un peu nos frangins du Nord. &#192; Lille, tous les deux mois, les animateurs du journal La Brique ma&#231;onnent leur &#171; 65 grammes de critique sociale bien servie &#187; avec une &#226;me d'artisans. Pour avoir une id&#233;e de la ligne &#233;ditoriale du journal, il suffit de jeter un &#339;il dans l'ours : &#171; Structure l&#233;gale : Association Les Amis de La Brique, &#224; statuts horizontaux et &#224; but non lucratif. Directeur tournant (sur lui-m&#234;me) de publication : [le nom est diff&#233;rent &#224; chaque publication]. Chef (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/journal" rel="tag"&gt;journal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/association-1448" rel="tag"&gt;association&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lille" rel="tag"&gt;Lille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/structure" rel="tag"&gt;structure&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/statuts-horizontaux" rel="tag"&gt;statuts horizontaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lille-Sud" rel="tag"&gt;Lille Sud&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce sont un peu nos frangins du Nord. &#192; Lille, tous les deux mois, les animateurs du journal &lt;a href=&#034;http://labrique.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ma&#231;onnent leur &lt;i&gt;&#171; 65 grammes de critique sociale bien servie &#187;&lt;/i&gt; avec une &#226;me d'artisans.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour avoir une id&#233;e de la ligne &#233;ditoriale du journal, il suffit de jeter un &#339;il dans l'ours : &lt;i&gt;&#171; Structure l&#233;gale : Association Les Amis de La Brique, &#224; statuts horizontaux et &#224; but non lucratif. Directeur tournant (sur lui-m&#234;me) de publication : [le nom est diff&#233;rent &#224; chaque publication]. Chef v&#233;ritable : Yapadchef. M&#233;c&#232;nes : quiconque adh&#232;re &#224; l'association, diffuse, ach&#232;te ou vole le journal. &#187;&lt;/i&gt; Cela va faire cinq ans que &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;, bimestriel sp&#233;cialis&#233; dans les &lt;i&gt;&#171; infos et enqu&#234;tes de Lille et d'ailleurs &#187;&lt;/i&gt;, existe. Cinq ans que ce canard sans pub ni subvention glisse son poil &#224; gratter sous les fesses des &#233;lus locaux et des deux mastodontes de la presse lilloise : &lt;i&gt;&#171; La Brique est le seul journal qui puisse dire que &lt;/i&gt; La Voix du Nord &lt;i&gt;et&lt;/i&gt; Nord &#201;clair &lt;i&gt;ne sont que des torchons publicitaires, et le d&#233;montrer. Le seul qui enqu&#234;te sur des pollutions au plomb en plein quartier populaire &#224; Lille Sud. Le seul qui &#233;crive sur des bavures polici&#232;res ; le racisme ordinaire ; les expulsions de pauvres de leur quartier ; l'&#233;cologie citoyenne &#224; la mords-moi-le-n&#339;ud ; la lesbophobie institutionnelle ; l'absurdit&#233; des politiques migratoires ; l'histoire ouvri&#232;re et la culture populaire face &#224; la machine de guerre Lille 3 000 ; d'autres mani&#232;res de concevoir l'habitat, l'&#233;ducation&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Pour 3000 dollars de plus &#187;, La Brique, n&#176;30, janvier/f&#233;vrier 2012.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le canard est disponible en kiosque et chez certains &lt;i&gt;&#171; dealers &#187;&lt;/i&gt; (boulangeries, laveries, bars&#8230;), mais ses membres ont aussi &#224; c&#339;ur de vendre eux-m&#234;mes leur br&#251;lot. Tomjo : &lt;i&gt;&#171; Si on a fait le choix de faire un journal papier, c'est pour pouvoir aller &#224; la rencontre des gens. On fait des ventes &#224; la cri&#233;e sur les march&#233;s ou bien accompagn&#233;s de fanfares. Seize pages papier plut&#244;t qu'un blog, ce choix nous oblige &#224; garder un maximum de concision, &#224; travailler nos textes avec de vraies attaques, des chutes. Du coup &#231;a &#233;vite le bavardage. Il me semble que &#231;a va dans le sens du respect du lecteur. &#187;&lt;/i&gt; Le choix du papier s'inscrit aussi dans une certaine tradition de la presse libre et ind&#233;pendante : &lt;i&gt;&#171; En faisant ce journal, le but &#233;tait de montrer qu'on pouvait faire ce que font les m&#233;dias traditionnels avec nos bagages culturels et nos propres moyens&lt;/i&gt;, compl&#232;te Jan. &lt;i&gt;M&#234;me si le c&#244;t&#233; pr&#233;caire de notre ind&#233;pendance fait qu'on a un perp&#233;tuel besoin d'argent. Aucun d'entre nous n'a fait d'&#233;cole de journalisme, nous nous sommes appropri&#233; les pratiques journalistiques comme le travail d'enqu&#234;te et de documentation, le croisement des sources, pour porter des voix dissidentes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste &#224; faire prendre cette mayonnaise permettant &#224; des personnes de sensibilit&#233;s diff&#233;rentes de s'exprimer dans un projet commun. Jan se souvient : &lt;i&gt;&#171; Quand je suis venu proposer mes po&#233;sies, &#231;a n'a pas &#233;t&#233; &#233;vident, car &#231;a collait pas avec le style du canard. Et puis avec le temps, la chronique &#8220;Po&#232;tes vos papiers&#8221; est devenue une des plus r&#233;guli&#232;res. &#187;&lt;/i&gt; De son c&#244;t&#233;, Tomjo esquisse une analyse : &lt;i&gt;&#171; Au journal, on se retrouve sur une critique de l'urbanisation, de la gentrification des quartiers populaires du centre-ville de Lille. Ici, on souffre pas mal de la pauvret&#233; et d'une image gris&#226;tre. Du coup, la r&#233;gion tente de d&#233;velopper son image pour devenir attrayante. &#187;&lt;/i&gt; Lille 3000, sorte de ravalement de fa&#231;ade &#224; caution culturelle, est r&#233;guli&#232;rement brocard&#233; par &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt; comme une op&#233;ration visant &#224; liquider le populaire, au cours de laquelle la ville &lt;i&gt;&#171; se mus&#233;ifie pour attirer les touristes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; &#192; qui profite Lille 3000 ? &#187;, La Brique, n&#176;14, mai 2009.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;i&gt; &#187;&lt;/i&gt;. Autre &#233;v&#233;nement pour lequel le journal s'est mobilis&#233; &#224; plein : la lutte des immigr&#233;s. Une lutte longue et douloureuse qui est mont&#233;e d'un cran en novembre dernier depuis que des sans-papiers se sont mis en gr&#232;ve de la faim pour obtenir leur r&#233;gularisation. &lt;i&gt;&#171; Notre position, c'est de nous mettre au c&#244;t&#233; des personnes en lutte&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Jan.&lt;i&gt; Il nous faut faire un travail de mise en perspective : expliquer pourquoi les gens quittent leur pays et lier cela &#224; l'histoire coloniale fran&#231;aise, d&#233;monter les clich&#233;s v&#233;hicul&#233;s par la presse locale. R&#233;sultat, quand nous &#233;crivons que deux sans-papiers sous-aliment&#233;s se font scotcher et b&#226;illonner dans un avion apr&#232;s cinquante-neuf jours de gr&#232;ve de la faim, La Voix du Nord parle sommairement de deux expulsions, sans rien dire des conditions dans lesquelles elles se sont d&#233;roul&#233;es. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://labrique.net/numeros/numero-30-janvier-fevrier-2012/article/pour-3000-dollars-de-plus&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Pour 3000 dollars de plus &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;, n&#176;30, janvier/f&#233;vrier 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://labrique.net/numeros/numero-14-mai-2009/a-qui-profite-lille3000/article/a-qui-profite-lille3000&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; &#192; qui profite Lille 3000 ? &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;, n&#176;14, mai 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une commune zapatiste en France</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Une-commune-zapatiste-en-France</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Une-commune-zapatiste-en-France</guid>
		<dc:date>2013-03-05T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>Commune libre</dc:subject>
		<dc:subject>Laurent</dc:subject>
		<dc:subject>p&#232;re Peinard</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;lections municipales</dc:subject>
		<dc:subject>ragaillardissante fiction</dc:subject>
		<dc:subject>fiction utopiste</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;sentant coluchesquement</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Fran&#231;ois Aupetitgendre</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;ditions libertaires</dc:subject>
		<dc:subject>Aupetitgendre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la ragaillardissante fiction utopiste de Jean-Fran&#231;ois Aupetitgendre, La Commune libre de Saint-Martin (&#233;ditions libertaires), M. Laurent ne &#171; se monte pas le verre en fleurs &#187; en se pr&#233;sentant coluchesquement aux &#233;lections municipales. &#192; l'instar du p&#232;re Peinard, au XIXe si&#232;cle, dont il retrouve un manifeste choc, il sait que tous les candidats, &#171; qu'ils soient bourgeois ou ouvriers, socialistes ou r&#233;acs, se foutent de nous &#187;, qu'il y a lieu d'&#171; envoyer dinguer tous ces chameaux &#187;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Commune-libre" rel="tag"&gt;Commune libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Laurent" rel="tag"&gt;Laurent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pere-Peinard" rel="tag"&gt;p&#232;re Peinard&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/elections-municipales" rel="tag"&gt;&#233;lections municipales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ragaillardissante-fiction" rel="tag"&gt;ragaillardissante fiction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fiction-utopiste" rel="tag"&gt;fiction utopiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/presentant-coluchesquement" rel="tag"&gt;pr&#233;sentant coluchesquement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jean-Francois-Aupetitgendre" rel="tag"&gt;Jean-Fran&#231;ois Aupetitgendre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/editions-libertaires" rel="tag"&gt;&#233;ditions libertaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aupetitgendre" rel="tag"&gt;Aupetitgendre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_553 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH430/107-posada-calavera-zapatista-15bc0.png?1782659964' width='400' height='430' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Jos&#233; Guadalupe Posada (1852-1913) - Calavera zapatista
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la ragaillardissante fiction utopiste de Jean-Fran&#231;ois Aupetitgendre, &lt;a href=&#034;http://editions-libertaires.org/?p=428&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Commune libre de Saint-Martin&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&#233;ditions libertaires), M. Laurent ne &lt;i&gt;&#171; se monte pas le verre en fleurs &#187;&lt;/i&gt; en se pr&#233;sentant coluchesquement aux &#233;lections municipales. &#192; l'instar du p&#232;re Peinard, au XIXe si&#232;cle, dont il retrouve un manifeste choc, il sait que tous les candidats, &lt;i&gt;&#171; qu'ils soient bourgeois ou ouvriers, socialistes ou r&#233;acs, se foutent de nous &#187;&lt;/i&gt;, qu'il y a lieu d'&lt;i&gt;&#171; envoyer dinguer tous ces chameaux &#187;&lt;/i&gt;. Malgr&#233; son programme cinglant (&lt;i&gt;&#171; la suppression pure et simple du commissariat de police, de l'&#233;cole, des banques, de l'ANPE et m&#234;me de la mairie &#187;&lt;/i&gt;) qu'il assaisonne de contrep&#232;teries et de bons mots d'Alphonse Allais, M. Laurent est &#233;lu. Et d'instaurer par arr&#234;t&#233; municipal &#224; Saint-Martin une d&#233;mocratie vraiment directe. D'abord incr&#233;dules, les 5 000 habitants de la commune exp&#233;rimentent bient&#244;t la vie sans contraintes. Les pouvoirs publics s'inqui&#232;tent. &#192; juste titre : d'autres microsoci&#233;t&#233;s libertaires se mettent en branle. La r&#233;pression s'organise. M. Laurent, tax&#233; de terrorisme, est incarc&#233;r&#233; aux Baumettes, les manifs de solidarit&#233; avec lui sont charg&#233;es par les CRS, la commune de Saint-Martin est peu &#224; peu renormalis&#233;e. Seulement il est trop tard : le go&#251;t de l'auto-organisation se r&#233;pand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dommage qu'il y ait un hic. Piqu&#233; par on ne sait quelle mouche, l'auteur du br&#251;lot se r&#233;f&#232;re sans rire au d&#233;but de certains chapitres &#224; Malraux, Alain, Maurice Druon, Jean-Fran&#231;ois Kahn et &#224; quelques autres racloirs &#224; parquets.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le floril&#232;ge de &lt;a href=&#034;http://w3.u-grenoble3.fr/ellug/index.html/index.php?id=archives-critiques&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Nouvelles anarchistes (1890-1946)&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; harponn&#233;es par Vittorio Frigerio (&#233;d. Ellug), on n'a affaire, par contre, qu'&#224; de merveilleux gredins entendant refaire le monde. Parmi ceux-ci : le romancier pyromanesque Victor Barrucand, le po&#232;te &#233;meutier Jean Richepin, le prince noir du sabotage &#201;mile Pouget, le chantre de la &lt;i&gt;&#171; camaraderie amoureuse &#187;&lt;/i&gt; Ernest Armand, le pacifiste aguerri Lucien Descaves, le pamphl&#233;taire anticolonialiste n&#233;erlandais Multatuli ou le &lt;i&gt;&#171; scandaleux &#187;&lt;/i&gt; agitateur b&#233;quillard Albert Libertad. Plus une manne de surprises. Telle une charge voluptueuse contre &lt;i&gt;&#171; l'esprit de propri&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt; des &#234;tres jaloux, par Maurice Leblanc qu'on croyait plus conservateur. Et une exhortation pousse-au-crime du &lt;i&gt;&#171; conformiste &#187;&lt;/i&gt; Catulle Mend&#232;s : et si, les belles-de-nuit, vous tranchiez la gorge de vos macs ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>&#171; Le bruit de votre monde qui s'&#233;croule &#187;</title>
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		<dc:date>2013-03-04T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; l'aube du 21 d&#233;cembre 2012, alors que les m&#233;dias du monde entier s'amusaient &#224; se faire peur avec la proph&#233;tie maya de &#171; la fin du monde &#187;, plus de 40 000 indiens zapatistes envahissaient silencieusement cinq chefs-lieux du Chiapas. Deux t&#233;moins nous racontent . CQFD : Vous &#233;tiez &#224; San Crist&#243;bal de Las Casas, le 21 d&#233;cembre, le jour o&#249; plus de 20 000 zapatistes, le visage dissimul&#233; par des passe-montagnes et des bandanas, ont d&#233;fil&#233; dans la ville. Cela a-t-il &#233;t&#233; une v&#233;ritable surprise (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pena-Nieto" rel="tag"&gt;Pe&#241;a Nieto&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lopez-Obrador" rel="tag"&gt;L&#243;pez Obrador&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chaparro" rel="tag"&gt;Chaparro&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'aube du 21 d&#233;cembre 2012, alors que les m&#233;dias du monde entier s'amusaient &#224; se faire peur avec la proph&#233;tie maya de &#171; la fin du monde &#187;, plus de 40 000 indiens zapatistes envahissaient silencieusement cinq chefs-lieux du Chiapas. Deux t&#233;moins nous racontent&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; El Chaparro &#187; est membre du collectif mexicain De Boca en boca, qui &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; .&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous &#233;tiez &#224; San Crist&#243;bal de Las Casas, le 21 d&#233;cembre, le jour o&#249; plus de 20 000 zapatistes, le visage dissimul&#233; par des passe-montagnes et des bandanas, ont d&#233;fil&#233; dans la ville. Cela a-t-il &#233;t&#233; une v&#233;ritable surprise ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Une alerte avait &#233;t&#233; publi&#233;e sur &lt;a href=&#034;http://enlacezapatista.ezln.org.mx/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Enlace zapatista &#187;&lt;/a&gt;, le site internet de l'EZLN, au sujet d'un prochain communiqu&#233;. Mais tr&#232;s peu de gens savaient que les zapatistes allaient r&#233;occuper de fa&#231;on symbolique les cinq villes qu'ils avaient prises les armes &#224; la main le 1er janvier 1994, lors de leur premi&#232;re apparition publique. En mai 2011, il y avait d&#233;j&#224; eu une grande manifestation mais d'une moindre ampleur. Elle &#233;tait destin&#233;e &#224; soutenir le &#171; Mouvement pour la paix avec justice et dignit&#233;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mouvement initi&#233; en mars 2011 par le po&#232;te mexicain Javier Sicilia, apr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;. Cette fois-ci, ce sont plus de 40 000 zapatistes &#8211; des femmes, des hommes, des enfants et des personnes &#226;g&#233;es, qui ont manifest&#233; dans cinq villes diff&#233;rentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; La veille, ils s'&#233;taient rassembl&#233;s dans les caracoles, sortes de centres politico-culturels du mouvement, o&#249; si&#232;gent notamment les assembl&#233;es de &#171; bon gouvernement &#187; zapatistes. Certains ont d&#251; faire jusqu'&#224; dix heures de route pour rejoindre ces lieux de regroupements. C'est s&#251;r que &#231;a a d&#251; demander de sacr&#233;s efforts ! Pour le transport, la nourriture, et puis au niveau des communaut&#233;s et des familles, pour remplacer ceux qui &#233;taient partis manifester&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; &#192; San Crist&#243;bal, ils sont arriv&#233;s &#224; l'entr&#233;e de la ville &#224; l'aube avec leurs redillas &#8211; ces &#233;normes pick-up dans lesquels on voyage debout. Ils se sont alors rassembl&#233;s, puis ont march&#233; en direction du centre. Afin de faciliter leur organisation, chacun portait un num&#233;ro se rapportant aux caracoles et aux municipios dont ils font partie. Ils marchaient en silence dans les rues, sans rien dire, sous une pluie permanente. Leur formation semblait tr&#232;s militaire. Dans chaque ville, ils ont fait le tour de la place centrale. Un pick-up avait amen&#233; une estrade sur&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_533 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH298/107zapata-cad86.png?1782668248' width='400' height='298' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;laquelle chaque personne est pass&#233;e en levant le poing. Aucun commandant zapatiste ne s'est manifest&#233;. Personne n'a pris la parole. Ce n'est que le soir qu'a circul&#233; ce communiqu&#233; du Comit&#233; clandestin r&#233;volutionnaire indig&#232;ne qui disait : &lt;i&gt;&#171; Vous avez entendu ? C'est le bruit de votre monde qui s'&#233;croule. C'est celui du n&#244;tre qui resurgit. Le jour o&#249; le jour fut, c'&#233;tait la nuit. Et ce sera la nuit le jour o&#249; ce fera le jour. D&#233;mocratie ! Libert&#233; ! Justice ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; En 2003, 20 000 zapatistes s'&#233;taient d&#233;j&#224; rassembl&#233;s toute une nuit &#224; San Crist&#243;bal, torche &#224; la main, pour annoncer la cr&#233;ation des caracoles. En mai 2011, ils &#233;taient pr&#232;s de 25 000. Mais ce 21 d&#233;cembre, il s'agit du plus gros rassemblement public organis&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent par l'EZLN.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles ont &#233;t&#233; les r&#233;actions dans le pays ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; Depuis plusieurs ann&#233;es il y avait des rumeurs dans les m&#233;dias selon lesquelles l'EZLN &#233;tait agonisant, qu'il y avait des d&#233;sertions, des conflits internes&#8230; De l'ext&#233;rieur, beaucoup de monde connaissait des communaut&#233;s o&#249; la pr&#233;sence des zapatistes semblait s'&#234;tre affaiblie. Mais on ignore g&#233;n&#233;ralement que beaucoup de communaut&#233;s o&#249; les zapatistes n'&#233;taient pas ou peu pr&#233;sents avant 1994 se sont joints depuis au mouvement. Au quotidien l'autonomie zapatiste, ce sont des centaines d'&#233;coles, de centres de soins, des dizaines de micro-cliniques, des ateliers, des coop&#233;ratives de production&#8230; Tout un mouvement organis&#233; en cinq r&#233;gions et plus d'une quarantaine de &#171; communes autonomes &#187;, seules autorit&#233;s politiques reconnues par les zapatistes &#8211; qui refusent tout autant d'accepter l'argent de l'&#201;tat que de payer les imp&#244;ts officiels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Les partis et dirigeants politiques, de gauche comme de droite, pariaient sur la disparition du mouvement. Aujourd'hui, tous font des d&#233;clarations pour tenter d'apaiser les choses. Les politiques parlent de remettre en place la Commission de concorde et de pacification, le S&#233;nat et le gouverneur du Chiapas ont m&#234;me demand&#233; l'application des accords de San Andr&#233;s&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les accords de San Andr&#233;s sur les &#171; droits et la culture indig&#232;ne &#187;, sign&#233;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; . Mais je pense que les Zapatistes n'ont pas l'intention de se laisser bluffer. Ils ont compl&#232;tement abandonn&#233; ce c&#244;t&#233;-l&#224; de la politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas : &lt;/strong&gt; Pour ce qui est de la gauche sociale et politique, c'est une le&#231;on. Au moment des pr&#233;sidentielles de 2006, les zapatistes avaient remis en question le jeu &#233;lectoral, en affirmant que les &#233;lections officielles et la candidature de L&#243;pez Obrador (gauche nationaliste) ne servaient &#224; rien. Au travers de leur &#171; Autre campagne &#187;, ils avaient cherch&#233; &#224; f&#233;d&#233;rer les r&#233;sistances &#171; d'en bas et &#224; gauche &#187;, en proposant aux mouvements sociaux de d&#233;laisser le champ &#233;lectoral. Au d&#233;but, la proposition a rencontr&#233; beaucoup d'&#233;cho, mais la r&#233;pression a fragilis&#233; la dynamique. Et les intellectuels de gauche ont ensuite reproch&#233; aux zapatistes d'avoir fait perdre L&#243;pez Obrador.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Durant la campagne &#233;lectorale de ces six derniers mois, qui a abouti &#224; l'imposition d'Enrique Pe&#241;a Nieto comme nouveau pr&#233;sident du Mexique, tout un mouvement social &#8211; principalement &#233;tudiant &#8211; s'est mis en place pour tenter d'emp&#234;cher sa candidature. La gauche pariait sur L&#243;pez Obrador pour r&#233;sister, et tout le monde criait : &lt;i&gt;&#171; S'il y a imposition, il y aura r&#233;volution ! &#187;&lt;/i&gt; Au final, Pe&#241;a Nieto a achet&#233; les votes, les recours juridiques n'ont rien donn&#233; et les quelques milliers de personnes dans les rues, d&#233;cid&#233;es &#224; protester contre l'investiture de Pe&#241;a Nieto le 1er d&#233;cembre, se sont fait durement r&#233;primer, aussi bien par la droite que par la gauche &#8211; qui est &#224; la t&#234;te du pouvoir municipal dans la capitale. Du coup, la mobilisation du 21 d&#233;cembre a montr&#233; que si les zapatistes se mobilisent, ce n'est pas trois ou m&#234;me dix mille personnes r&#233;volt&#233;es pour le seul jour des &#233;lections. Comme un rappel de ce que signifie v&#233;ritablement lutter et s'organiser, dans la dur&#233;e, et non pas juste en r&#233;action spontan&#233;e et &#233;ph&#233;m&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors, le 21 d&#233;cembre aurait-il annonc&#233; v&#233;ritablement la fin du monde ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Thomas :&lt;/strong&gt; Les zapatistes ont toujours dit qu'il n'y avait pas un mais plusieurs mondes. &lt;i&gt;&#171; Vous avez entendu ? C'est le bruit de votre monde qui s'&#233;croule. C'est celui du n&#244;tre qui resurgit. &#187;&lt;/i&gt; Le propos est assez clair&#8230; La crise, elle concerne le monde capitaliste. &#192; l'oppos&#233;, le mouvement indig&#232;ne ne cesse de s'affirmer et de se renforcer depuis les ann&#233;es 70, pas seulement au Chiapas, dans tout le territoire des Am&#233;riques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;El Chaparro :&lt;/strong&gt; Le calendrier est important. Les zapatistes, indig&#232;nes d'origine maya, en parlent depuis longtemps. Mais ils disent que leur calendrier n'est pas celui d'en haut, et qu'ils ne vont rien se laisser imposer, pas plus avec l'&#233;lection de Pe&#241;a Nieto qu'avec quelques questions politiciennes ou l'arriv&#233;e de nouvelles lois. Ils font leur chemin, avec leurs convictions et leurs propres remises en question. On sait plus ou moins que depuis un moment, il y avait des discussions internes au sein de l'EZLN, mais &#224; l'ext&#233;rieur rien ne filtrait. Cette mobilisation et les communiqu&#233;s r&#233;cents visent aussi &#224; rendre public le bilan qu'ils font de la situation, afin d'annoncer leurs prochaines initiatives&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire le communiqu&#233; &#171; l'EZLN annonce ses prochains pas &#187; sur le site du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Tout comme les zapatistes ont repens&#233; la g&#233;ographie en instaurant une conception des territoires totalement &#233;trang&#232;re &#224; celle de l'&#201;tat, c'est aussi la dimension du temps qu'ils se r&#233;approprient.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; El Chaparro &#187; est membre du collectif mexicain De Boca en boca, qui &lt;i&gt;&#171; construit des ponts entre les luttes &#187;&lt;/i&gt;. Thomas est un intermittent du Mexique &#8211; et un int&#233;rimaire du Comit&#233; de soutien aux peuples du Chiapas en lutte, &#224; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mouvement initi&#233; en mars 2011 par le po&#232;te mexicain Javier Sicilia, apr&#232;s l'assassinat par un cartel de la drogue de son fils et de six de ses amis. Avec plus de 80 000 morts violentes en six ans au Mexique, le mouvement d&#233;nonce la guerre des cartels de la drogue et la militarisation du pays.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les accords de San Andr&#233;s sur les &#171; droits et la culture indig&#232;ne &#187;, sign&#233;s par le gouvernement mexicain et l'EZLN le 16 f&#233;vrier 1996, devaient entra&#238;ner la &lt;i&gt;&#171; reconnaissance de la libre-d&#233;termination des peuples indig&#232;nes &#187;&lt;/i&gt;. Ils sont rest&#233;s &#224; ce jour lettre morte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire le communiqu&#233; &lt;a href=&#034;http://cspcl.ouvaton.org/article.php3?id_article=919&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; l'EZLN annonce ses prochains pas &#187;&lt;/a&gt; sur le site du Comit&#233; de Solidarit&#233; avec les Peuples du Chiapas en Lutte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Heyoka ne se rend pas</title>
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		<dc:date>2013-03-01T06:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


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		<dc:subject>morceau</dc:subject>

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&lt;p&gt;CQFD : En pr&#233;alable, peux-tu revenir, pour les lecteurs de CQFD, sur l'histoire d'Heyoka ? Origine du nom, du groupe, style, split puis reformation, discographie&#8230; Jack : Heyoka est un personnage am&#233;rindien, un homme-m&#233;decine, un clown avec beaucoup de puissance. Il symbolise le &#171; contraire &#187;, il fait tout &#224; l'envers. Le groupe a eu deux vies : d'abord de 1991 &#224; 1997 avec quelques centaines de concerts en France et en Europe, l'autoproduction d'une cassette d&#233;mo, Vu &#224; la t&#233;l&#233;, suivie d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/systeme" rel="tag"&gt;syst&#232;me&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/etat" rel="tag"&gt;&#233;tat&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-histoire-d-Heyoka" rel="tag"&gt;l'histoire d'Heyoka&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/morceau" rel="tag"&gt;morceau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/107-pochetteheyoka-96692.png?1782641699' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : En pr&#233;alable, peux-tu revenir, pour les lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, sur l'histoire d'&lt;a href=&#034;http://heyokapunk.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Heyoka&lt;/a&gt; ? Origine du nom, du groupe, style, split puis reformation, discographie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jack :&lt;/strong&gt; Heyoka est un personnage am&#233;rindien, un homme-m&#233;decine, un clown avec beaucoup de puissance. Il symbolise le &#171; contraire &#187;, il fait tout &#224; l'envers. Le groupe a eu deux vies : d'abord de 1991 &#224; 1997 avec quelques centaines de concerts en France et en Europe, l'autoproduction d'une cassette d&#233;mo, Vu &#224; la t&#233;l&#233;, suivie d'un 45 tours &#233;ponyme, Heyoka, et enfin un album, Demain sera&#8230; Apr&#232;s quinze ann&#233;es d'abstinence, la sortie de l'int&#233;grale Piq&#251;res de rappel nous a ramen&#233;s sur les planches et a entra&#238;n&#233; un nouvel album, &#201;tat des lieux. Nous jouons du punk-rock. Nos textes et notre d&#233;marche co&#239;ncident avec la mouvance anarcho-punk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, pourquoi avoir choisi, pr&#232;s de quinze ans apr&#232;s, de rechausser les gr&#244;les d'un punk d'&#233;mancipation ?Et d'ailleurs, peux-tu nous expliquer le morceau &#171; Yes Futur &#187;, enregistr&#233; pour l'album &lt;i&gt;&#201;tat des lieux&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a f&#234;t&#233; la sortie de l'int&#233;grale sur sc&#232;ne ! Ensuite, le plaisir de nous retrouver, l'accueil du public et les propositions de concerts nous ont remis en piste. Il y avait un go&#251;t d'inachev&#233; &#224; la suite de notre s&#233;paration. Il fallait du neuf et donc un nouvel album. Punk d'&#233;mancipation est une jolie formule : nos vies ont &#233;t&#233; irr&#233;m&#233;diablement boulevers&#233;es par cette contre-culture musicale, sociale et politique. &#171; Yes Futur &#187; est une sorte d'hommage &#224; cette rencontre avec un milieu qui nous a permis de percevoir le monde et d'y vivre diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Le temps qui passe n'est pas notre ennemi, car le syst&#232;me fabrique des hordes de futurs insoumis et m&#234;me des citoyens mod&#232;les, gav&#233;s d'id&#233;ologie se rendent bien compte que le seuil du supportable est franchi. &#187;&lt;/i&gt; &#171; Dans l'ombre &#187; r&#233;sonne comme un manifeste. &#192; quoi pensiez-vous en composant ce morceau ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau sonne effectivement comme un manifeste et est en quelque sorte une esp&#232;ce de pont entre les r&#233;voltes d'hier et celles d'aujourd'hui, de ceux et de celles qui les portent, qui &#233;closent et &#233;clatent comme des bulles sur le fil de l'actualit&#233; et de la r&#233;alit&#233;. Il y a toujours une impatience l&#233;gitime &#224; vouloir faire exploser brutalement cette cage de verre qu'est la soci&#233;t&#233; capitaliste, qui nous subordonne &#224; la marchandise, au travail, &#224; la valeur, &#224; l'argent. Elle peut &#234;tre &#224; certains &#233;gards autodestructrice pour qui perd patience. Cependant, il ne faut jamais oublier les le&#231;ons de la dialectique et savoir reconna&#238;tre que le pire ennemi du syst&#232;me capitaliste, c'est le capitalisme lui-m&#234;me. Ce n'est &#233;videmment pas un gage de sa dissolution paisible en vue d'une &#233;mancipation humaine dans &#171; des lendemains qui chantent &#187;. Ce syst&#232;me o&#249; pr&#233;domine la production de marchandises comme fin en soi peut s'accommoder de bien des dispositifs politiques et &#233;tatiques effrayants. Mais les r&#233;voltes grondent aux quatre coins de la plan&#232;te. &#171; Dans l'ombre &#187; est un hymne aux insurg&#233;s. Il n'y a pas d'autre syst&#232;me livr&#233; cl&#233; en main, il faut &#171; faire son chemin en marchant &#187; comme on dit au Chiapas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;&#201;tat des lieux&lt;/i&gt;, il y a un titre en allemand, &#171; Heuchler &#187;. De quoi parle-t-il ? Quel lien vous rattache &#224; cette langue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau a &#233;t&#233; &#233;crit par Syster, notre chanteuse, dont la langue maternelle est l'allemand. C'est une r&#233;flexion sur notre &#171; milieu &#187; qui n'est pas exempt de tout reproche, &#233;videmment. Il est impossible de s'extirper totalement du monde qui nous&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/107heyoka-b02fe.png?1782641699' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;entoure et l'empreinte du syst&#232;me resurgit parfois dans nos comportements. Nous y c&#244;toyons les m&#234;mes contradictions qu'ailleurs. Les masques que cette soci&#233;t&#233; nous impose d&#233;forment les traits des personnes qui les portent. La lutte contre le capitalisme est aussi un combat permanent contre la forme de socialisation qu'il nous sugg&#232;re et/ou impose dans les tr&#233;fonds de notre cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'album a &#233;t&#233; produit par cinq labels. O&#249; en est la sc&#232;ne punk combative aujourd'hui en termes de structures (lieux, fanzines, labels) ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie culturelle est une vaste machine &#224; faire du fric au service de l'id&#233;ologie dominante. Fid&#232;les &#224; la philosophie &#171; Do It Yourself &#187;, nous g&#233;rons nos productions de mani&#232;re totalement autonome. Les cinq labels, Maloka, LaDistroy, ZoneOnze, General Strike et Deviance fonctionnent sur des bases simples : pas de salariat, pas de contrat, prix de vente minimal, notre album &#224; 8 euros par exemple, distribution ind&#233;pendante, totale libert&#233; de cr&#233;ation et de production. Pour ce qui est de la sc&#232;ne punk combative aujourd'hui, il faut &#234;tre r&#233;aliste, la situation est loin d'&#234;tre simple. Nos musiques sont un vecteur tr&#232;s important de diffusion d'id&#233;es. Mais le peu de salles autog&#233;r&#233;es et de structures culturelles et sociales autonomes nous confine &#224; tr&#232;s peu de visibilit&#233;. Nous avons un retard cons&#233;quent en termes d'organisation sur des pays comme l'Allemagne, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On conna&#238;t votre attachement au mouvement zapatiste contemporain qui f&#234;tera l'an prochain les vingt ans de l'insurrection de janvier 1994. Quelles luttes vous inspirent aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, le soul&#232;vement au Chiapas n'&#233;tait pas un feu de paille ! Il s'inscrit dans une autre dur&#233;e, bien moins m&#233;diatique, celle des tentatives de changer en profondeur les structures sociales et &#233;conomiques. Il n'y a pas de luttes efficaces sans th&#233;orie sous-jacente. Par l&#224;, l'&#233;mergence sur le plan international de la &#171; critique de la valeur &#187; est &#224; notre sens l'outil le plus efficace pour contrer le capitalisme sur ses bases. Kurz, Jappe, Postone, Holloway sont quelques auteurs des plus recommandables. Sinon, en vrac, le mouvement argentin des &#171; Piqueteros &#187;, la communaut&#233; des logiciels libres, Linux, Anonymous, les luttes de Notre-Dame-des-Landes, du No-TAV, et toutes ces br&#232;ches qui cr&#233;ent des espaces d'autonomie o&#249; l'individu redevient responsable de sa vie et n'est plus seulement un client.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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