<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_rubrique=75&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Si tu veux revenir entier, tiens-toi &#224; carreau &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Si-tu-veux-revenir-entier-tiens</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Si-tu-veux-revenir-entier-tiens</guid>
		<dc:date>2004-11-22T10:20:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jann-Marc Rouillan</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>
		<dc:subject>Colonna</dc:subject>
		<dc:subject>d'Yvan Colonna</dc:subject>
		<dc:subject>parano&#239;a p&#233;nitentiaire</dc:subject>
		<dc:subject>br&#232;ves images</dc:subject>
		<dc:subject>images vol&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>l'incarc&#233;ration d'Yvan</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue</dc:subject>
		<dc:subject>l'actuelle parano&#239;a</dc:subject>
		<dc:subject>vol&#233;es lors</dc:subject>
		<dc:subject>t&#234;te d'affiche</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Suite &#224; sa plainte pour &#171; coups et violences &#187; contre les surveillants encagoul&#233;s de Moulins-Yzeure, Jann-Marc Rouillan a &#233;t&#233; convoqu&#233; fin septembre chez une juge d'instruction. Et qui se charge de l'y conduire ? &#192; nouveau les matons &#224; cagoules&#8230; Qui ont d&#233;cid&#233;ment du mal &#224; r&#233;fr&#233;ner leurs pulsions. A la t&#233;l&#233;, quelques br&#232;ves images vol&#233;es lors de l'incarc&#233;ration d'Yvan Colonna ou d'une t&#234;te d'affiche du fait divers r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue de l'actuelle parano&#239;a p&#233;nitentiaire, du moins &#224; ceux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no16-octobre-2004" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;16 (octobre 2004)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-carcerale" rel="tag"&gt;Chronique carc&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Colonna" rel="tag"&gt;Colonna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-Yvan-Colonna" rel="tag"&gt;d'Yvan Colonna&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/paranoia-penitentiaire" rel="tag"&gt;parano&#239;a p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/breves-images" rel="tag"&gt;br&#232;ves images&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/images-volees" rel="tag"&gt;images vol&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-incarceration-d-Yvan" rel="tag"&gt;l'incarc&#233;ration d'Yvan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/revelaient-l-etendue" rel="tag"&gt;r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-actuelle-paranoia" rel="tag"&gt;l'actuelle parano&#239;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/volees-lors" rel="tag"&gt;vol&#233;es lors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tete-d-affiche" rel="tag"&gt;t&#234;te d'affiche&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Suite &#224; sa plainte pour &#171; coups et violences &#187; contre les surveillants encagoul&#233;s de Moulins-Yzeure, Jann-Marc Rouillan a &#233;t&#233; convoqu&#233; fin septembre chez une juge d'instruction. Et qui se charge de l'y conduire ? &#192; nouveau les matons &#224; cagoules&#8230; Qui ont d&#233;cid&#233;ment du mal &#224; r&#233;fr&#233;ner leurs pulsions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A la t&#233;l&#233;, quelques br&#232;ves images vol&#233;es lors de l'incarc&#233;ration d'Yvan Colonna ou d'une t&#234;te d'affiche du fait divers r&#233;v&#233;laient l'&#233;tendue de l'actuelle parano&#239;a p&#233;nitentiaire, du moins &#224; ceux sachant la reconna&#238;tre. J'en ai eu la confirmation lors de ma venue pas tr&#232;s loin de la capitale. De ma lucarne, tout en haut du QHS de Fleury, j'ai assist&#233; &#224; deux de ces transferts extraordinaires. Sept ou huit v&#233;hicules bleus partent &#224; la queue leu-leu bourr&#233;s jusqu'&#224; la gueule d'encagoul&#233;s. Les matons racontent avec fiert&#233; que le convoi est &#233;quip&#233; de mitrailleuses&#8230; sans compter, en guise de pompon, le survol d'un h&#233;licopt&#232;re de la protection civile ! Ce cirque barbote jusqu'au cou dans la farce ridicule. Nous pourrions nous moquer et rire de ces extravagances, si elles ne refl&#233;taient pas la folie et la haine s&#233;curitaire s'imposant comme les sinistres mar&#226;tres de la nouvelle gestion carc&#233;rale. Mardi 21 septembre, je suis convoqu&#233; par la juge d'instruction du tribunal de Moulins pour &#234;tre entendu sur les conditions de mon &#233;vacuation violente de la Centrale, en mai dernier (voir &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Les-matons-de-Moulins-ont-les'&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;14&lt;/a&gt;). Arrivant dans la derni&#232;re ligne droite de ma perp&#232;te, je pensais &#233;chapper &#224; ces conneries spectaculaires. Apr&#232;s dix-huit ans, c'est encore mal les conna&#238;tre !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce matin-l&#224;, &#224; la fouille de Fresnes, je finis ma nuit par un lent cent-pas dans une salle d'attente puante et sale lorsqu'ils entrent : six encagoul&#233;s harnach&#233;s d'un &#233;quipement digne de super-Mario. &lt;i&gt;&#171; Bouge pas ! Ne dis pas un mot, r&#233;ponds simplement par oui ou par non. Tu sais o&#249; tu vas ? &#187;&lt;/i&gt; Je fais un signe de la t&#234;te. &lt;i&gt;&#171; Bon, alors si tu veux revenir ici entier, tiens-toi &#224; carreau&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Ils forment un cercle noir autour de moi.&lt;i&gt; &#171; Le blouson ! &#187;&lt;/i&gt; Je donne le blouson et je soul&#232;ve le T-shirt. &lt;i&gt;&#171; Quand je te le dirai ! &#187;&lt;/i&gt;, hurle le cagoul&#233; sous mon nez. &lt;i&gt;&#171; C'est moi qui commande ! Tu comprends &#231;a ? C'est moi le patron ! &#187;&lt;/i&gt; Le ton &#233;voque celui des sergents des Marines am&#233;ricains. Suis-je cens&#233; r&#233;pondre ? &lt;i&gt;&#171; Oui chef, bien chef ! &#187;&lt;/i&gt; Son coll&#232;gue derri&#232;re lui &#233;pluche mon blouson centim&#232;tre carr&#233; par centim&#232;tre carr&#233;, couture apr&#232;s couture. Au bout de longues minutes, il termine enfin. &lt;i&gt;&#171; Le T-shirt ! &#187;&lt;/i&gt; Et l'&#233;pouillage se poursuit. Interminable. &lt;i&gt;&#171; Le pantalon !&#8230; La chaussette gauche !&#8230; La chaussette droite !&#8230; Le slip !&#8230; &#187;&lt;/i&gt; La c&#233;r&#233;monie s'&#233;ternise et je me g&#232;le les couilles dans la pi&#232;ce de ciment aussi nue que moi. D&#233;bute alors la petite gymnastique : &lt;i&gt;&#171; Les testicules &#224; droite !&#8230; Les testicules &#224; gauche !&#8230; Les oreilles ! &#187;&lt;/i&gt; Je ram&#232;ne mes pavillons vers l'avant, il les scrute &#224; la lampe de poche et exige que je passe mes mains dans mes cheveux. Ce qui me reste de poils ne d&#233;passant gu&#232;re les deux centim&#232;tres, je souris. &lt;i&gt;&#171; On n'est pas ici pour rigoler ! Accroupi, accroupi !&#8230; &#187; &lt;/i&gt; La violence pointe derri&#232;re les ordres. Elle est palpable. Ils s'y pr&#233;parent. Soudain, le cercle s'est resserr&#233;. &lt;i&gt;&#171; Accroupi ! Ob&#233;is ! &#187;&lt;/i&gt; Chaque fois que j'affronte une telle situation, je repense au vieil Espagnol qui m'instruisait de ses exp&#233;riences afin de me pr&#233;parer (si l'on peut s'y pr&#233;parer) aux tortures de la police politique franquiste. Lui y &#233;tait pass&#233;, et combien de fois, sans parler de son s&#233;jour dans les ge&#244;les de la Gestapo et de son p&#233;riple concentrationnaire du c&#244;t&#233; de Dachau. &lt;i&gt;&#171; Pense qu'ils ne sont que des machines, de toutes petites machines qui appliquent les ordres parce qu'une main a remont&#233; le ressort&#8230; Et dis-toi qu'une machine ne peut humilier un homme, jamais&#8230; N'entre pas dans leur jeu, reste un homme&#8230; et tu seras le plus fort ! &#187;&lt;/i&gt; Le cercle s'&#233;largit &#224; nouveau. &#192; leur souffle, je sais qu'ils sont d&#233;&#231;us, ils &#233;taient si heureux de se faire une &#171; vedette &#187;, comme ils disent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; peine me suis-je rhabill&#233; qu'ils m'encha&#238;nent, me tirent, me poussent, me secouent. Ils m'enfilent sommairement un &#233;norme gilet pare-balles me remontant jusqu'aux yeux. Craignent-ils que des membres de l'ERIS&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS), cr&#233;&#233;es en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; soient capables de m'emp&#234;cher de t&#233;moigner en m'allumant au fusil &#224; lunette ? &#192; mon passage, quelques matons rigolent. Que je sois content, d'autres ont droit &#224; un chiffon d&#233;gueulasse sur la t&#234;te pour toute cagoule. &#192; la grille principale, je d&#233;crypte l'&#233;cusson de leur unit&#233; : peloton d'intervention de la Garde r&#233;publicaine ! Supris, je lis &#224; nouveau pour m'en convaincre. Ainsi, ils ont contamin&#233; de la fi&#232;vre rabique jusqu'aux gardes d&#233;bonnaires. De mon temps, magnanimes, nous laissions filer ceux passant &#224; notre port&#233;e ! Pourquoi flinguer des motards r&#233;serv&#233;s au d&#233;corum tr&#232;s aristocratique des palais de la r&#233;publique&#8230; Aujourd'hui, succombant &#224; la mode s&#233;curitaire, ils sont all&#233;s jusqu'&#224; cr&#233;er leur propre unit&#233; de tortionnaires encagoul&#233;s ! Pas le moment de s'abandonner &#224; la nostalgie, ils m'enferment dans une cage de fer digne des cachots de Louis XI. &#192; peine la place de s'y recroqueviller, 60 centim&#232;tres sur 80 et impossible de se mettre debout. Le cerveau malade qui tra&#231;a les plans de cette bo&#238;te avait au moins pr&#233;vu un plafond d'a&#233;ration et une minuscule plaque de verre pour la lumi&#232;re. Pour le premier, un empilage de gilets pare-balles a r&#233;duit sa fonction au simple t&#233;moignage. Pour la seconde, un syst&#232;me artisanal permet &#224; l'escorte de l'obturer en tirant un blouson. Me voici r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de cornichon ! Au d&#233;marrage, je comprends que nous formons tout un &#233;quipage. L'&#233;cho des sir&#232;nes et les cris stridents des sifflets percent le blindage de ma cage. La bo&#238;te de conserve se trouve encadr&#233;e par plusieurs v&#233;hicules et motards de la Garde r&#233;publicaine. Nous partons pour huit heures de voyage&#8230; quasiment officiel, si j'ose dire. Car l'outrance s&#233;curitaire me propulse au rang protocolaire d'un roi africain ou d'un pr&#233;sident d'une r&#233;publique banani&#232;re anciennement populaire&#8230; Dans le noir, j'en rigole tout seul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les &#201;quipes r&#233;gionales d'intervention et de s&#233;curit&#233; (ERIS), cr&#233;&#233;es en f&#233;vrier 2003 par le garde des Sceaux Dominique Perben, sont des brigades de surveillants form&#233;s par le GIGN et autoris&#233;s &#224; porter la cagoule. &lt;i&gt;&#171; Un corps de mercenaires cr&#233;&#233; pour casser du d&#233;tenu &#187;&lt;/i&gt;, comme dit Bernard Ripert, l'avocat de Rouillan [NDLR].&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
