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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Touch&#233; par la gr&#226;ce</title>
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		<dc:date>2007-12-17T09:11:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;LES AUTRES FOIS, lorsqu'il y a un car qui attend devant l'usine, c'est soit pour un voyage organis&#233; par le comit&#233; d'&#233;tablissement, soit pour un d&#233;part de manif &#224; Paris. Aujourd'hui, &#231;a n'a rien &#224; voir. Le car stationne devant les b&#226;timents de la direction et pr&#232;s d'une trentaine de cadres et chefs de service de l'usine s'y engouffrent. En guise d'accompagnateurs : le directeur flanqu&#233; de la charg&#233;e de communication, qui n'a pas l'air dans son assiette. Le car a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; pour que tout ce (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LES AUTRES FOIS, lorsqu'il y a un car qui attend devant l'usine, c'est soit pour un voyage organis&#233; par le comit&#233; d'&#233;tablissement, soit pour un d&#233;part de manif &#224; Paris. Aujourd'hui, &#231;a n'a rien &#224; voir. Le car stationne devant les b&#226;timents de la direction et pr&#232;s d'une trentaine de cadres et chefs de service de l'usine s'y engouffrent. En guise d'accompagnateurs : le directeur flanqu&#233; de la charg&#233;e de communication, qui n'a pas l'air dans son assiette. Le car a &#233;t&#233; affr&#233;t&#233; pour que tout ce beau monde assiste &#224; la messe bisannuelle organis&#233;e par la direction g&#233;n&#233;rale. Une r&#233;union de cadres, pour les motiver et les booster, parce que, m&#234;me &#224; leur niveau, on ne sent pas d'enthousiasme ni de confiance dans l'avenir de la bo&#238;te. Le directeur g&#233;n&#233;ral va leur faire une piq&#251;re de rappel en soulignant les objectifs et en citant les deux mois &#233;coul&#233;s o&#249; il y a eu (enfin) des b&#233;n&#233;fices affich&#233;s&#8230; Tout cela sera accompagn&#233; de petits-fours et de champagne, ce qui explique l'emploi du transport en commun, des fois que quelques-uns se jettent sur les coupes de champ'. Il n'y a pas que les prolos qui abusent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les vitres teint&#233;es des b&#226;timents de la direction, &#231;a ne se voit pas de l'ext&#233;rieur,mais tout le personnel administratif est &#224; l'aff&#251;t, observant ce d&#233;part d'un oeil s&#233;v&#232;re. Rien &#224; voir avec des parents sur le trottoir en train de regarder partir leurs gamins en classe verte. Chaque cadre qui passe est soumis &#224; critique : celui-l&#224; harcelait son personnel f&#233;minin ; aujourd'hui, m&#234;me s'il essaie de la jouer vieux beau, il est d&#233;cati. L'une des observatrices lance qu'il ferait presque peine &#224; voir s'il n'avait &#233;t&#233; aussi puant auparavant. Une autre de lui r&#233;pondre que, de toute fa&#231;on, m&#234;me avec le Viagra, &#231;a ne marche plus et qu'elles sont enfin tranquilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a ce chef de service qui passe. Lui est plus jeune,mais les secr&#233;taires ne l'aiment pas : il fait trop de courbettes au directeur, a toujours le doigt sur la couture du pantalon et ne contredit jamais les directives. Les filles l'observent. Il monte dans le car, puis redescend rapidement, revient vers les bureaux, dispara&#238;t puis ressort en se boutonnant la braguette. Il court de peur que le convoi parte sans lui. Les rires et les moqueries fusent. Tout est &#224; l'avenant. Tous les cadres sont install&#233;s. C'est l'heure du d&#233;part. L'autocar s'&#233;broue et s'en va : direction La D&#233;fense. Lorsqu'il d&#233;passe les barri&#232;res de l'usine et dispara&#238;t, tout le personnel reprend son poste, dans les bureaux, &#224; l'informatique ou ailleurs. Et c'est l&#224; qu'on voit qu'il y a quelque chose de chang&#233; : les secr&#233;taires et les comptables se font plus sereines. L'atmosph&#232;re est d&#233;tendue. C'est tout &#224; fait remarquable. Elles font leur boulot, mais &#224; leur rythme, sans la crainte de voir un cador d&#233;bouler. Et puis quand le boulot est fini, ou sur le point de l'&#234;tre, tout le monde se rassemble pour un th&#233;, un caf&#233;, un g&#226;teau&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ateliers, c'est pareil. M&#234;me si les contrema&#238;tres et les pousse-culs sont rest&#233;s, l'atmosph&#232;re a chang&#233;. &#199;a ronronne.&lt;i&gt; &#171; T'as vu&lt;/i&gt;, dit Laurent, &lt;i&gt;ils ne sont pas l&#224; et &#231;a marche quand m&#234;me. &#187;&lt;/i&gt; L&#224; aussi, il y a moins de stress. Savoir que les chefs ne vont pas leur faire faire des man&#339;uvres risqu&#233;es, qu'ils ne vont pas venir les engueuler parce que telle machine ne fonctionne pas &#224; son nominal, et l'ambiance change. C&#233;dric surveille ses &#233;crans de contr&#244;le, les pieds sur le bureau, d&#233;tendu. Andr&#233; &#233;pluche d&#233;licatement une orange, prenant son temps, le regard ailleurs, cool. Peut-&#234;tre r&#234;ve-t-il &#224; de futures vacances. J'aimerais croire qu'il imagine un avenir sans patron&#8230; Voil&#224;, c'est tout. Un moment de gr&#226;ce quasiment, comme il en existe si peu dans une usine, mais je tenais &#224; en rendre compte, pour partager.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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