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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les agit&#233;s du bocage</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Karine Bernardou</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), les centaines d'hectares th&#233;oriquement d&#233;di&#233;s &#224; la construction d'un a&#233;roport international sont occup&#233;s depuis fin 2009. Squatteurs et locaux s'opposent aux forages de Vinci, le g&#233;ant du b&#233;tonnage, et &#224; l'enqu&#234;te publique des &#233;lus socialos&#8230; En ce petit matin de f&#233;vrier, un soleil froid se l&#232;ve sur le bocage. Pas un bruit aux alentours, &#224; part celui des oiseaux qui nichent dans les haies&#8230; &#171; Il faudrait qu'on tourne dans les villages du coin en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Karine-Bernardou" rel="tag"&gt;Karine Bernardou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/terre" rel="tag"&gt;terre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/zone" rel="tag"&gt;zone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/decembre-dernier" rel="tag"&gt;d&#233;cembre dernier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/petit-matin" rel="tag"&gt;petit matin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/right" rel="tag"&gt;right&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/coin" rel="tag"&gt;coin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/soleil-froid" rel="tag"&gt;soleil froid&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bocage" rel="tag"&gt;bocage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), les centaines d'hectares th&#233;oriquement d&#233;di&#233;s &#224; la construction d'un a&#233;roport international sont occup&#233;s depuis fin 2009. Squatteurs et locaux s'opposent aux forages de Vinci, le g&#233;ant du b&#233;tonnage, et &#224; l'enqu&#234;te publique des &#233;lus socialos&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_106 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH592/karine_Bernardou87-6f6c6.png?1768652476' width='400' height='592' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Karine Bernardou
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce petit matin&lt;/strong&gt; de f&#233;vrier, un soleil froid se l&#232;ve sur le bocage. Pas un bruit aux alentours, &#224; part celui des oiseaux qui nichent dans les haies&#8230; &lt;i&gt;&#171; Il faudrait qu'on tourne dans les villages du coin en balan&#231;ant le vrombissement d'un avion qui d&#233;colle, histoire de comprendre ce qui nous attend ! &#187;&lt;/i&gt;, plaisante l'un des squatteurs de la Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;, aussi appel&#233;s ZADistes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La ZAD, Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;, repr&#233;sente 1 225 hectares de terres (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Difficile d'imaginer que, depuis le 1er janvier dernier, ce coin de nature pr&#233;serv&#233;e appartient &#224; Vinci, le constructeur du futur a&#233;roport&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Depuis 40 ans, le conseil g&#233;n&#233;ral, ayant un droit de pr&#233;emption, a achet&#233; 80 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Les forages et l'enqu&#234;te publique ont d&#233;but&#233; en catimini, entre octobre et d&#233;cembre dernier : &lt;i&gt;&#171; Avec les membres des assos locales&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Notamment l'ACIPA et l'ADECA, deux associations qui luttent contre le projet (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, les ZADistes et d'autres habitants, nous nous pointons pour emp&#234;cher les forages ou pour interpeller les enqu&#234;teurs. &#192; chaque fois, nous nous retrouvons face aux gendarmes mobiles et, derni&#232;rement, des copains ont &#233;t&#233; interpell&#233;s. Ils doivent &#234;tre jug&#233;s pour &#8220;vol de terre&#8221; [sic] : ils ont barbot&#233; une carotte de forage ! &#187;&lt;/i&gt;, raconte Justine&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s. Le proc&#232;s des voleurs de terre aura lieu le 28 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la ZAD, la r&#233;sistance s'organise : il y a pr&#232;s de seize lieux squatt&#233;s, tous diff&#233;rents les uns des autres. Ici, un boulanger s'est install&#233; en octobre dernier, et souhaite vendre une partie de son pain en AMAP ; plus loin, des anglophones ont construit leurs cabanes dans les arbres. La ZAD est devenue une v&#233;ritable terre d'exp&#233;rimentation, et des jardins potagers collectifs &#233;closent aux quatre coins du bocage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des liens avec d'autres collectifs, comme Reclaim the fields, se sont tiss&#233;s depuis peu. &lt;i&gt;&#171; En d&#233;cembre dernier, nous avons vadrouill&#233; dans tout le pays pour faire conna&#238;tre notre lutte. Nous organisons des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales r&#233;guli&#232;rement, et avons cr&#233;&#233; un &lt;a href=&#034;http://zad.nadir.org&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site Internet&lt;/a&gt; et un journal, L&#232;se-B&#233;ton&lt;/i&gt; 5, explique J&#233;r&#244;me. &lt;i&gt;Mais ce n'est pas toujours facile d'&#234;tre en lien avec les paysans du coin, qui nous prennent parfois pour des hurluberlus, ou avec les associations locales, qui n'ont pas du tout la m&#234;me culture militante que la n&#244;tre, et nous voient comme des radicaux. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De surcro&#238;t, le conseil g&#233;n&#233;ral a sem&#233; la zizanie en rachetant des terres, bien au-del&#224; du prix du march&#233;, &#224; des propri&#233;taires qui ont voulu sauver leur peau&#8230; &lt;i&gt;&#171; Ces gars-l&#224;, c'est des vendus, il ne faut plus leur parler ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;nerve un paysan de la zone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Paul, 77 ans, agriculteur et ancien militant des Paysans-Travailleurs&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire dans la Revue Z n&#176; 4 un excellent portrait de Paul.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, tente de faire le lien entre les locaux et les ZADistes : &lt;i&gt;&#171; Il y avait pourtant une culture de lutte, ici. Dans les ann&#233;es 1970, nous allions soutenir les ouvriers en gr&#232;ve &#224; Nantes. Nous avons aussi lutt&#233; pour le foncier, avec des occupations de terre&#8230; Mais avec l'arriv&#233;e de Mitterrand, en 1981, tout le monde s'est rang&#233; derri&#232;re le Parti socialiste. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ironie de l'histoire&lt;/strong&gt; : aujourd'hui, c'est le PS local, men&#233; par le d&#233;put&#233;-maire Jean-Marc Ayrault, qui s'acoquine avec Vinci et les promoteurs pour s'emparer du bocage. Car, au-del&#224; d'un a&#233;roport international Haute qualit&#233; environnementale, c'est un v&#233;ritable projet d'urbanisation qui s'annonce, et les b&#233;tonni&#232;res sont pr&#234;tes &#224; d&#233;gueuler h&#244;tels, autoroutes et ligne de TGV. L'objectif ? Cr&#233;er une m&#233;galopole &#171; Grand Ouest &#187; allant de St-Nazaire &#224; Rennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis mi-f&#233;vrier, les engins de forages creusent de plus belle, prot&#233;g&#233;s par une armada de gendarmes mobiles. Les ZADistes, eux, ont lanc&#233; un je&#251;ne itin&#233;rant. Et en mai, une journ&#233;e d'action aura lieu sur la zone, histoire de mettre un peu de plomb dans l'aile de cette machine &#224; b&#233;tonner nos vies&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La ZAD, Zone d'am&#233;nagement diff&#233;r&#233;, repr&#233;sente 1 225 hectares de terres agricoles sur lesquelles est pr&#233;vue la construction de l'a&#233;roport &#8211; mais il est estim&#233; que 3 000 hectares seraient n&#233;cessaires. Pour les opposants, la ZAD est devenue la Zone &#224; d&#233;fendre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Depuis 40 ans, le conseil g&#233;n&#233;ral, ayant un droit de pr&#233;emption, a achet&#233; 80 % des terres agricoles de la zone. Le 1er janvier, il a remis ces terres &#224; la soci&#233;t&#233; Vinci.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Notamment l'ACIPA et l'ADECA, deux associations qui luttent contre le projet d'a&#233;roport.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s. Le proc&#232;s des voleurs de terre aura lieu le 28 mars &#224; Rennes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire dans la &lt;a href=&#034;https://www.zite.fr&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Revue Z&lt;/a&gt; n&#176; 4 un excellent portrait de Paul.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Suicides au Sud</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Suicides-au-Sud</link>
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		<dc:date>2011-05-12T05:35:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Hager, de retour de Sidi Bouzid o&#249; elle s'&#233;tait rendue avec la &#171; caravane de remerciements &#187;, raconte : &#171; Des proches de Mohamed Bouazizi m'ont expliqu&#233; qu'il &#233;tait un parmi tant d'autres jeunes qui se sont suicid&#233;s et se suicident dans la r&#233;gion. Certains se sont jet&#233;s dans des puits. Mais la mani&#232;re de faire la plus r&#233;pandue est de grimper aux pyl&#244;nes &#233;lectriques et de s'accrocher aux c&#226;bles de 30 000 volts. Il y a eu de nombreux morts dans les mois pr&#233;c&#233;dant le geste de Mohamed et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sidi-Bouzid" rel="tag"&gt;Sidi Bouzid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/m-ont-explique" rel="tag"&gt;m'ont expliqu&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mohamed-Bouazizi" rel="tag"&gt;Mohamed Bouazizi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouazizi-m-ont" rel="tag"&gt;Bouazizi m'ont&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-autres-jeunes" rel="tag"&gt;d'autres jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/s-etait-rendue" rel="tag"&gt;s'&#233;tait rendue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouzid" rel="tag"&gt;Bouzid&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Hager&lt;/strong&gt;, de retour de Sidi Bouzid o&#249; elle s'&#233;tait rendue avec la &#171; caravane de remerciements &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Partis en bus et en voiture depuis plusieurs villes le 6 f&#233;vrier, les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, raconte : &lt;i&gt;&#171; Des proches de Mohamed Bouazizi m'ont expliqu&#233; qu'il &#233;tait un parmi tant d'autres jeunes qui se sont suicid&#233;s et se suicident dans la r&#233;gion. Certains se sont jet&#233;s dans des puits. Mais la mani&#232;re de faire la plus r&#233;pandue est de grimper aux pyl&#244;nes &#233;lectriques et de s'accrocher aux c&#226;bles de 30 000 volts. Il y a eu de nombreux morts dans les mois pr&#233;c&#233;dant le geste de Mohamed et les gens en parlent avec fatalisme. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette immolation est loin d'&#234;tre la premi&#232;re en Tunisie, o&#249;, selon une enqu&#234;te publi&#233;e en 2009, 37 % des jeunes penseraient au suicide. Le 3 mars 2010, Adesslem Trimeche, lui aussi vendeur ambulant qui s'&#233;tait fait confisquer sa charrette, s'&#233;tait immol&#233; &#224; Monastir, ville c&#244;ti&#232;re et touristique. Sa mort avait &#233;t&#233; dissimul&#233;e : hors de question pour le gouvernement de tol&#233;rer une mauvaise publicit&#233; qui aurait &#233;br&#233;ch&#233; l'image paradisiaque du littoral tunisien. Le geste de Mohamed Bouazizi aura rencontr&#233; un autre &#233;cho dans sa r&#233;gion oubli&#233;e et m&#233;pris&#233;e de l'arri&#232;re-pays, o&#249; les liens tribaux demeurent tr&#232;s pr&#233;sents. Le gouvernement traditionnellement m&#233;prisant &#224; l'&#233;gard des populations du Sud a alors totalement sous-estim&#233; les cons&#233;quences de ce drame.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Partis en bus et en voiture depuis plusieurs villes le 6 f&#233;vrier, les participants de ce cort&#232;ge ont &#233;t&#233; re&#231;us par des milliers de Sidibouzidiens sous une banderole proclamant : &lt;i&gt;&#171; Les hommes de la r&#233;volution souhaitent la bienvenue aux hommes libres de Tunisie. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le basculement d'un monde</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-basculement-d-un-monde</link>
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		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>jeune</dc:subject>
		<dc:subject>Ali</dc:subject>
		<dc:subject>ben</dc:subject>
		<dc:subject>quartier</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisienne</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>jeune Tunisienne</dc:subject>
		<dc:subject>l'apr&#232;s-midi rejoindre</dc:subject>
		<dc:subject>Ounss</dc:subject>
		<dc:subject>voitures</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le 14 janvier [jour o&#249; Ben Ali a quitt&#233; le pays], avec une amie, on est parties dans l'apr&#232;s-midi rejoindre la manifestation devant le minist&#232;re de la Terreur, raconte Ounss, une jeune Tunisienne. On &#233;tait inqui&#232;tes, mais joyeuses, avec la musique &#224; fond dans la voiture. On a travers&#233; la banlieue Est : la vie de tous les jours y suivait, apparemment, son cours. &#187; Quelques heures plus tard, les flics chargent la foule sur l'avenue Bourguiba. Panique. Ounss et son amie se r&#233;fugient, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le 14 janvier&lt;/i&gt; [jour o&#249; Ben Ali a quitt&#233; le pays],&lt;i&gt; avec une amie, on est parties dans l'apr&#232;s-midi rejoindre la manifestation devant le minist&#232;re de la Terreur&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petit nom du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;,&lt;/i&gt; raconte Ounss, &lt;i&gt;une jeune Tunisienne. On &#233;tait inqui&#232;tes, mais joyeuses, avec la musique &#224; fond dans la voiture. On a travers&#233; la banlieue Est : la vie de tous les jours y suivait, apparemment, son cours. &#187;&lt;/i&gt; Quelques heures plus tard, les flics chargent la foule sur l'avenue Bourguiba. Panique. Ounss et son amie se r&#233;fugient, accompagn&#233;es d'un jeune gar&#231;on, dans un parking souterrain. Depuis leur cachette, ils entendent les tirs et les coups. Au bout de plusieurs heures, le p&#232;re du jeune homme vient les chercher et les emm&#232;ne chez lui pour y passer la nuit. Alors que la famille semble tr&#232;s religieuse, la m&#232;re, qui porte le hidjeb, l&#226;che dans la conversation :&lt;i&gt; &#171; Il ne faut surtout pas que les islamistes arrivent au pouvoir. &#187; &#171; C'est un sentiment extr&#234;mement r&#233;pandu ici &#187;&lt;/i&gt;, confirme Ounss.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au matin du 15 janvier, les deux amies d&#233;cident de regagner leur quartier, en traversant le quartier du Kram. En une nuit, le monde a bascul&#233;. Partout des voitures br&#251;l&#233;es, parfois entass&#233;es les unes sur les autres. Les postes de police, les banques et le si&#232;ge du RCD fument encore. Certains sont all&#233;s sur le port de la Goulette s'emparer des Porsche dans un garage flambant neuf, appartenant &#224; Sahker el Materi, gendre de Ben Ali, et se livrent &#224; de joyeux rod&#233;os dans les rues du quartier. Des jeunes s'&#233;changent les voitures de luxe pour un ou deux dinars, avant d'en d&#233;monter quelques pi&#232;ces et d'y mettre le feu, sous l'&#339;il ahuri de la police de la route. Les comit&#233;s de vigilance du quartier ont dress&#233; des barrages et, sous les &#233;clats de rire de la foule, se r&#233;galent &#224; arr&#234;ter les rares camions de flics pour les contr&#244;ler et les fouiller, non sans exiger que les fonctionnaires les saluent respectueusement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur les points de contr&#244;le &#233;tablis par les comit&#233;s de quartiers, l'habituel gibier des forces de s&#233;curit&#233; se transforme en chasseur. Eya, une jeune femme de Rad&#232;s, raconte : &lt;i&gt;&#171; J'&#233;tais sur un barrage. Un gros Toyota est arriv&#233; avec cinq types dedans. On les a arr&#234;t&#233;s. Le chauffeur a dit qu'ils travaillaient au port. On les a laiss&#233; passer tout en se disant qu'ils ne semblaient pas clairs. Ils sont revenus quelques instants plus tard. On leur a demand&#233; de sortir de la voiture. On n'avait que des couteaux et des barres de bois et de fer. Un des types a sorti une arme et s'est mis &#224; tirer. La panique a &#233;t&#233; g&#233;n&#233;rale, mais les soldats sont arriv&#233;s rapidement. Deux des types ont &#233;t&#233; abattus imm&#233;diatement. Un autre a &#233;t&#233; retrouv&#233; au matin par des habitants, cach&#233; dans un jardin&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant quelques jours, snipers, membres de la garde pr&#233;sidentielle de Ben Ali et miliciens arm&#233;s du RCD vont se r&#233;pandre dans la ville et ses faubourgs, semant le chaos et la mort. Selon Ounss, un grand nombre d'entre eux venaient du palais du dictateur, &#224; Carthage. Leur but : cr&#233;er la panique et des diversions afin d'aller lib&#233;rer Ali Seriati, leur chef arr&#234;t&#233; et emprisonn&#233;. Tirs au hasard dans les rues, depuis les toits et des voitures lanc&#233;es &#224; grande vitesse. Sept personnes sont tu&#233;es au Kram par des rafales de fusils-mitrailleurs l&#226;ch&#233;es en passant. Dans le quartier d'El Khadra, Eya montre les impacts sur les b&#226;timents et explique que des balles ont travers&#233; les murs et tu&#233; des gens chez eux&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petit nom du minist&#232;re de l'Int&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;gagitude et tunisification</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Degagitude-et-tunisification</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Degagitude-et-tunisification</guid>
		<dc:date>2011-05-11T05:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Olga</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
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		<dc:subject>D&#233;gage</dc:subject>
		<dc:subject>Kasbah</dc:subject>
		<dc:subject>Mohamed Ghannouchi</dc:subject>
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		<dc:subject>Ghannouchi</dc:subject>

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&lt;p&gt;CQFD s'est saign&#233; aux quatre veines pour envoyer un de ses glorieux plumitifs respirer l'air r&#233;volutionnaire en Tunisie, alors lisez ! Car ce n'est pas tous les jours qu'on vous d&#233;crira un peuple en train d'exp&#233;rimenter la libert&#233;, de faire le tri dans ses gouvernants, d'inventer son destin politique, de balayer des ann&#233;es de servitude, de dire son m&#233;pris des exploiteurs &#8211; n'en jetez plus &#8211;, dans les rues, sur les places, dans les entreprises, les usines, les mines&#8230; Ce n'est pas gagn&#233;, la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ghannouchi" rel="tag"&gt;Ghannouchi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; s'est saign&#233; aux quatre veines pour envoyer un de ses glorieux plumitifs respirer l'air r&#233;volutionnaire en Tunisie, alors lisez ! Car ce n'est pas tous les jours qu'on vous d&#233;crira un peuple en train d'exp&#233;rimenter la libert&#233;, de faire le tri dans ses gouvernants, d'inventer son destin politique, de balayer des ann&#233;es de servitude, de dire son m&#233;pris des exploiteurs &#8211; n'en jetez plus &#8211;, dans les rues, sur les places, dans les entreprises, les usines, les mines&#8230; Ce n'est pas gagn&#233;, la t&#226;che est pour le moins complexe, &#231;a d&#233;rape parfois, &#231;a foisonne aussi, beaucoup.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_107 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;160&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/Tshirtalgo87-1b22d.png?1768657564' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Pri&#232;re du vendredi devant la mosqu&#233;e de la Kasbah. Plus de 100 000 personnes manifestent contre le gouvernement de Mohamed Ghannouchi, 25 f&#233;vrier 2011, Tunis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On l&#232;ve les mains&lt;/strong&gt;, on les agite tout en &#233;mettant un souffle qui devient progressivement un cri. Tout &#224; coup, on lance le bras par-dessus la t&#234;te en hurlant &lt;i&gt;&#171; D&#233;gage ! D&#233;gage ! D&#233;gage ! &#187;&lt;/i&gt; En mesure, des milliers de voix. Certains tiennent leur portable de l'autre main, filment l'assembl&#233;e, leur voisin ou eux-m&#234;mes. Dans l'heure, les images circuleront sur Internet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 20 f&#233;vrier. En haut de la M&#233;dina, la place de la Kasbah, o&#249; se trouve le si&#232;ge du Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, est interdite &#224; la circulation depuis le 28 janvier. Ce jour-l&#224;, apr&#232;s le retrait des militaires, la police s'&#233;tait acharn&#233;e sur les manifestants venus de Sidi-Bouzid, ville du Sud tunisien. Derri&#232;re les barbel&#233;s et les barri&#232;res, des soldats en armes observent les passants et discutent souvent avec eux. Sous les arbres, deux blind&#233;s &#233;quip&#233;s de mitrailleuses envelopp&#233;es dans leurs &#233;tuis. Un h&#233;licopt&#232;re, puis deux, tournent au-dessus de la foule qui grossit. Sur des cartons, des pages de cahiers, les manifestants ont &#233;crit leurs revendications. &lt;i&gt;&#171; L'ob&#233;issance aveugle est abolie &#187;&lt;/i&gt;, proclame l'une. Sur des drapeaux, la reproduction d'un panneau routier : &lt;i&gt;&#171; Interdiction de faire demi-tour &#187;&lt;/i&gt;. Ou encore : &lt;i&gt;&#171; Ghannouchi d&#233;gage ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a d&#233;missionn&#233; le 27 f&#233;vrier 2011.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; On chante l'hymne tunisien. Le rouge, avec son croissant et son &#233;toile dans un cercle, symbole tunisien, est partout. La foule grossit. Des cort&#232;ges arrivent de la ville basse et sont acclam&#233;s. Vingt voitures sont parties &#224; l'aube de Sidi-Bouzid et Kasserine, pour se joindre &#224; ce rassemblement n&#233; du bouche-&#224;-oreille et de Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Revendications communes&lt;/strong&gt; : le d&#233;part du Premier ministre &#8211; en poste depuis 1999 &#8211;, la dissolution du gouvernement transitoire et l'organisation d'une Assembl&#233;e constituante. Les premiers rangs, appuy&#233;s sur les barri&#232;res, discutent avec les militaires. Des soldats arrivent face &#224; la foule avec des packs d'eau min&#233;rale et distribuent les bouteilles aux manifestants qui se les partagent. Une barri&#232;re s'&#233;l&#232;ve au-dessus des t&#234;tes et file vers l'arri&#232;re. Puis d'autres. On applaudit. Une femme : &lt;i&gt;&#171; Cette place nous appartient. On veut la reprendre. &#187;&lt;/i&gt; Soudain, deux br&#232;ves rafales de fusil-mitrailleur tir&#233;es en l'air. La stupeur ne dure pas m&#234;me une seconde : la foule se met &#224; scander &lt;i&gt;&#171; Gaz ! Kartouch ! &#201;ttounsi maatch khouf ! Gaz ! Balles ! Le peuple n'a plus peur ! &#187;&lt;/i&gt; et, d'une pouss&#233;e, p&#233;n&#232;tre sur la place entre les militaires qui sont acclam&#233;s&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_108 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;103&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/Manifalgo87-2e1b4.png?1768657564' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Mobilisation place de la Kasbah contre le gouvernement de Mohamed Ghannouchi, 25 f&#233;vrier 2011, Tunis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette petite arm&#233;e&lt;/strong&gt; tunisienne d'environ 35 000 hommes, dont seuls 25 % des effectifs sont des conscrits, est consid&#233;r&#233;e comme un des h&#233;ros de la r&#233;volution. Devant les b&#226;timents d'&#201;tat, aux carrefours et ronds-points, stationnent humvees et blind&#233;s. Fr&#233;quemment, militaires et passants bavardent. Dans les rues, il n'est pas rare de croiser des patrouilles de policiers encadr&#233;es de soldats, ces derniers surveillant &#8211; et prot&#233;geant &#8211; les premiers. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a que l'arm&#233;e pour nous prot&#233;ger. On lui fait confiance &#187;&lt;/i&gt;, affirme Brahim, serveur dans un caf&#233;, qui pr&#233;f&#232;re &#233;luder, &#224; l'instar de nombreux autres Tunisois rencontr&#233;s, les ambigu&#239;t&#233;s de l'&#233;tat-major.&lt;i&gt; &#171; L'arm&#233;e, c'est nous. Il n'y a pas de diff&#233;rence entre nous et les soldats, continue Kamel, venu de Metlaoui, dans le centre du pays. La ville mini&#232;re d'o&#249; je suis&lt;/i&gt; [&#224; une trentaine de kilom&#232;tres de Gafsa]&lt;i&gt;, les citoyens contr&#244;lent la ville. Lorsqu'on attrape un voleur, on le livre &#224; l'arm&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Il est l'un des cinquante d&#233;l&#233;gu&#233;s de ces comit&#233;s de ch&#244;meurs de Moular&#232;s, Metlaoui, Mdhilla et Redeyef qui, depuis le 24 janvier, ont dress&#233; des tentes et bloquent les entr&#233;es des mines de phosphate, les routes et les voies de chemin de fer. Ils demandent du travail. La production est arr&#234;t&#233;e et les mineurs qui continuent d'&#234;tre pay&#233;s les soutiennent. Kamel raconte : &lt;i&gt;&#171; Les militaires sont venus et nous ont demand&#233; de d&#233;signer des repr&#233;sentants pour venir rencontrer les ministres et le directeur de la Compagnie des phosphates de Gafsa. &#187;&lt;/i&gt; Tawfiq, lui, vient de Moular&#232;s :&lt;i&gt; &#171; On a d&#233;sign&#233; en assembl&#233;e ceux qui nous repr&#233;senteront. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il aura fallu la mort de Bouazizi&lt;/strong&gt;, le massacre de Kasserine et le mouvement des ch&#244;meurs de la zone de Gafsa pour que les habitants de ces r&#233;gions sortent de l'ombre, dans ce pays divis&#233; entre les r&#233;gions c&#244;ti&#232;res et touristiques, la capitale et le reste de la Tunisie, cach&#233; et abandonn&#233;. &lt;i&gt;&#171; L'&#201;tat nous a toujours trait&#233;s comme des ennemis &#187;&lt;/i&gt;, dit Lassaad. Apr&#232;s les &#233;meutes de 2002, &lt;i&gt;&#171; c'est l&#224; qu'a commenc&#233; la r&#233;volution, explique fi&#232;rement Hichem. En 2008, pendant six mois, la r&#233;gion a &#233;t&#233; encercl&#233;e par la police. Tr&#232;s peu de gens l'ont su. L'information &#233;tait bloqu&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; Il poursuit : &lt;i&gt;&#171; L'exploitation du phosphate repr&#233;sente 36 % des richesses du pays. Plus que le tourisme. Et nous &#8211; nous sommes presque tous dipl&#244;m&#233;s, il y a ici des docteurs, des gens qui ont des ma&#238;trises, des profs, des ing&#233;nieurs &#8211; nous n'avons rien. On vit au milieu des usines et des mines. On respire les poussi&#232;res. On est malade des yeux, des os, des reins. On a les dents d&#233;truites par l'eau. Nous n'avons que le malheur. Le revenu quotidien de la Compagnie est, lui, de 9 milliards de dinars. Les ouvriers font une quantit&#233; incroyable d'heures suppl&#233;mentaires. Pour avoir un poste, il fallait donner de l'argent au syndicat. En 1985, il y avait 14 000 ouvriers. Maintenant, ils ne sont plus que 5 000. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_112 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;94&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/Drapeau-algo87-1b383.png?1768657564' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s l'annonce de la d&#233;mission de Ghannouchi, mosqu&#233;e de la Kasbah, 27 f&#233;vrier 2011, Tunis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Kamel reprend&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;&#171; Ben Ali avait dit qu'il allait donner du travail &#224; 300 000 jeunes. C'&#233;tait &#233;videmment un mensonge. Mais depuis qu'il est parti, on travaille tous : on fait la police, on nettoie les rues, on s'occupe de nos villes&#8230; On est des millions &#224; faire &#231;a depuis la r&#233;volution. On a donn&#233; la preuve que tout le monde peut travailler. &#187;&lt;/i&gt; &#192; Metlaoui, &lt;i&gt;&#171; ce sont les citoyens qui dirigent la ville. Il n'y a pas de municipalit&#233;, l'&#201;tat est absent, toutes ses agences sont ferm&#233;es. Le gouverneur d&#233;sign&#233; par le gouvernement transitoire a d&#233;gag&#233;. &#187;&lt;/i&gt; Le&#239;la, une professeur d'universit&#233; rencontr&#233;e devant la Kasbah, confirme : &lt;i&gt;&#171; Personne n'en parle, et &#233;videmment surtout pas les m&#233;dias qui du jour au lendemain sont pass&#233;s de la plus totale soumission &#224; Ben Ali &#224; la fausse c&#233;l&#233;bration de la r&#233;volution. &#192; travers tout le pays, les comit&#233;s de vigilance qui s'&#233;taient cr&#233;&#233;s pour contr&#244;ler les quartiers contre les miliciens benalistes ont continu&#233; &#224; exister et s'occupent des affaires publiques. Ils se sont souvent donn&#233; des noms comme comit&#233; ou conseil de protection de la r&#233;volution&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; distinguer du Conseil national de protection de la r&#233;volution, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; . On les trouve dans les villes et les r&#233;gions o&#249; ont &#233;t&#233; d&#233;gag&#233;s les nouveaux gouverneurs. Dans de nombreuses entreprises, les directeurs compromis ont &#233;t&#233; vir&#233;s. &#192; l'universit&#233; o&#249; je travaille, le recteur nomm&#233; par le ministre a &#233;t&#233; vir&#233;. On a &#233;lu des secr&#233;taires g&#233;n&#233;raux, des doyens, des directeurs d'instituts, tous temporaires. Il y a un comit&#233; pour les enseignants, un pour les &#233;tudiants et un pour le personnel. Et l'on se rencontre tous dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales. Dans les quartiers populaires, comme &#224; El Morouj, dans le nord de la capitale, les jeunes s'occupent des comit&#233;s. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quel syst&#232;me politique&lt;/strong&gt; pour la Tunisie ? Partout on discute sans fin. L'avenue Bourguiba prend des allures d'&#233;tat-major de la r&#233;volution arabe et mondiale. Certains Tunisois optent pour le soul&#232;vement en Alg&#233;rie ou consid&#232;rent l'urgence d'une insurrection au Y&#233;men, pendant que d'autres estiment qu'il faut &#233;largir la r&#233;volution &#224; tout le bassin m&#233;diterran&#233;en. L'&#233;tat d'urgence qui interdit le rassemblement de plus de trois personnes n'y fait rien. La d&#233;mocratie ? Bien s&#251;r, mais &lt;i&gt;&#171; nous avons &#233;t&#233; b&#226;illonn&#233;s pendant quarante ans !&lt;/i&gt;, dit un homme d'une trentaine d'ann&#233;es, &lt;i&gt;nous n'avons aucune culture politique. &#187;&lt;/i&gt; Imiter l'Occident ? Les avis divergent. &lt;i&gt;&#171; Pas plus de deux mandats pour le pr&#233;sident &#187;&lt;/i&gt;, avance Maher, un menuisier.&lt;i&gt; &#171; On a tout &#224; inventer &#187;&lt;/i&gt;, rench&#233;rit une jeune fille. Comment d&#233;signer ceux qui seront charg&#233;s de r&#233;diger une nouvelle Constitution ? Un homme imagine : &lt;i&gt;&#171; On pourrait s'appuyer sur les comit&#233;s qui &#233;liraient des d&#233;l&#233;gu&#233;s qui eux-m&#234;mes d&#233;signeraient &#224; leur tour des repr&#233;sentants pour chaque gouvernorat. &#187;&lt;/i&gt; &lt;i&gt;&#171; En attendant, intervient un &#233;tudiant, ce n'est pas le moment de faire des gr&#232;ves. &#187; &#171; Et ceux de Gafsa, ils ont raison, non ?! &#187;&lt;/i&gt;, lance une voix. Acquiescement g&#233;n&#233;ral&#8230; Tous sont d'accord sur un point : il faut virer le gouvernement et les commissions qu'il a mises en place. &lt;i&gt;&#171; On doit prot&#233;ger la r&#233;volution de ceux qui ne veulent que des r&#233;formes &#187;&lt;/i&gt;, affirme une m&#232;re de famille, son enfant dans les bras. &lt;i&gt;&#171; Pour cela, il faut qu'il n'y ait pas de chaos&lt;/i&gt;, s'emporte un jeune homme, &lt;i&gt;le corps envelopp&#233; dans le drapeau tunisien. Ceux qui font des gr&#232;ves pour n'importe quoi sont soutenus par cette UGTT&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail, l'unique centrale syndicale.&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui a collabor&#233; avec Ben Ali&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_111 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;73&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/DazibaoALGO87-d50f7.png?1768657564' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Place de la Kasbah, si&#232;ge du Premier Minist&#232;re, 22 f&#233;vrier 2011, Tunis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;volution !&lt;/strong&gt; Ce mot, cette id&#233;e, trafiqu&#233;e par les pourvoyeurs de marchandises, retrouve ici tout son sens. En quelques heures, la soci&#233;t&#233; tunisienne a bascul&#233; : parole et information lib&#233;r&#233;es, disparition des portraits de Ben Ali, de la police, la joie appara&#238;t sur les visages&#8230;, apr&#232;s des ann&#233;es de frustrations. &lt;i&gt;&#171; Un des probl&#232;mes, c'est que la r&#233;volution a amen&#233; aussi beaucoup d'ins&#233;curit&#233; et de violence &#187;&lt;/i&gt;, explique Eya, une jeune avocate. Mohamed, &#233;tudiant en droit, raconte : &lt;i&gt;&#171; On avait collect&#233; des v&#234;tements, des m&#233;dicaments et de la nourriture pour les amener aux habitants du Kef. &#192; Jendouba, une centaine de personnes bloquaient la route. Ils ont tout pris&#8230; &#187;&lt;/i&gt; &#192; la tomb&#233;e de la nuit, l'ambiance semble changer. Dans l'avenue Bab Jedid, des jeunes passent en courant, certains ont des armes blanches. Dans un bar, un homme casse une vitre. Rattrap&#233; par une petite foule, il se fait quasiment lyncher. Les rumeurs cavalent en tout sens, d&#233;signant le moindre &lt;i&gt;&#171; fauteur de troubles &#187;&lt;/i&gt; comme, &#233;videmment, RCDiste ou, le plus souvent, dit-on, r&#233;mun&#233;r&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La presse se r&#233;gale&lt;/strong&gt; du moindre incident provoqu&#233; par les islamistes radicaux. Des cris hostiles contre une synagogue ou l'attaque contre une maison close &#8211; l&#233;gale &#8211; au centre de la M&#233;dina donnent l'occasion aux m&#233;dias d'insister sur les risques de &#171; d&#233;rives &#187;, esp&#233;rant assimiler, &#224; la mode occidentale, toute pouss&#233;e contestatrice &#224; l'islamisme radical. Rares sont ceux qui succombent &#224; cette propagande. &lt;i&gt;&#171; C'est un faux d&#233;bat&lt;/i&gt;, dit Ounss. &lt;i&gt;La Tunisie est arabe et musulmane. La politique n'a rien &#224; voir avec la religion qui est et reste un choix personnel. C'est notre culture. Les gens qui manifestent pour la la&#239;cit&#233; font le jeu de cette intoxication. La la&#239;cit&#233; ? C'est totalement abstrait. Il y a des questions plus urgentes et importantes aujourd'hui. La transparence en est une ! &#187;&lt;/i&gt; O&#249; sont pass&#233;s les miliciens et leur chef ? Que fait le gouvernement transitoire ? Qui donne l'ordre de tirer ? Quels sont les RCDistes toujours aux commandes des institutions encore en place ? Qui dirige la police ? Autant d'interrogations qui agitent les esprits et nourrissent la col&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rumeurs, confusion&lt;/strong&gt;, h&#233;sitations, peur, bavardages, sentiment euphorique de libert&#233;, curiosit&#233;, absence d'ic&#244;nes r&#233;volutionnaires et de leaders : la r&#233;volution tunisienne est &#224; peine &#233;bauch&#233;e. Mais elle a d'ores et d&#233;j&#224; invent&#233; deux concepts, devenus en tr&#232;s peu de temps v&#233;ritablement op&#233;ratoires : la d&#233;gagitude et la tunisification. Et l'on n'a pas fini d'en entendre parler&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_109 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;56&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/Pochoir-algo87-r180-2bddd.png?1768657564' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Graffiti sur les b&#226;timents du Premier ministre, Tunis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi a d&#233;missionn&#233; le 27 f&#233;vrier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; distinguer du Conseil national de protection de la r&#233;volution, regroupement auto-proclam&#233; d'organisations politiques et d'associations pr&#233;tendant parler au nom de tous les comit&#233;s et conseils locaux organis&#233;s par la population. Il va sans dire que ce Conseil national est plus que d&#233;cri&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Union g&#233;n&#233;rale tunisienne du travail, l'unique centrale syndicale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La bataille de Sidi Bouzid</title>
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		<dc:date>2011-05-11T05:35:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Tunisie</dc:subject>
		<dc:subject>Ben Ali</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi</dc:subject>
		<dc:subject>Sidi Bouzid</dc:subject>
		<dc:subject>Mohamed Bouazizi</dc:subject>
		<dc:subject>Bouzid</dc:subject>
		<dc:subject>agricole situ&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>principale ville</dc:subject>
		<dc:subject>ville agricole</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est &#224; Sidi Bouzid, principale ville agricole situ&#233;e au centre de la Tunisie, qu'ont eu lieu les premi&#232;res &#233;meutes qui ont conduit &#224; la fuite de Ben Ali et &#224; la transformation des rapports de force en Tunisie. Dans cette cit&#233; se croisent les deux grandes routes qui permettent d'acheminer les l&#233;gumes, les fruits et les c&#233;r&#233;ales dans tout le pays. De part et d'autre des deux axes, les ruelles forment de v&#233;ritables labyrinthes. C'est l&#224; que, dans les jours qui ont suivi l'immolation de Mohamed (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sidi-Bouzid" rel="tag"&gt;Sidi Bouzid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mohamed-Bouazizi" rel="tag"&gt;Mohamed Bouazizi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouzid" rel="tag"&gt;Bouzid&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/principale-ville" rel="tag"&gt;principale ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ville-agricole" rel="tag"&gt;ville agricole&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est &#224; Sidi Bouzid&lt;/strong&gt;, principale ville agricole situ&#233;e au centre de la Tunisie, qu'ont eu lieu les premi&#232;res &#233;meutes qui ont conduit &#224; la fuite de Ben Ali et &#224; la transformation des rapports de force en Tunisie. Dans cette cit&#233; se croisent les deux grandes routes qui permettent d'acheminer les l&#233;gumes, les fruits et les c&#233;r&#233;ales dans tout le pays. De part et d'autre des deux axes, les ruelles forment de v&#233;ritables labyrinthes. C'est l&#224; que, dans les jours qui ont suivi l'immolation de Mohamed Bouazizi, le 17 d&#233;cembre 2010&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mohamed Bouazizi est d&#233;c&#233;d&#233; le 4 janvier 2011.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, s'est livr&#233;e la bataille de Sidi Bouzid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peu apr&#232;s le geste d&#233;sesp&#233;r&#233; du jeune marchand de fruits, les manifestations virent aux affrontements, massivement film&#233;s avec des portables et imm&#233;diatement relay&#233;s sur Facebook. La col&#232;re accumul&#233;e chez les jeunes explose. &lt;i&gt;&#171; Ils &#233;taient pr&#234;ts. Le suicide de Mohamed a &#233;t&#233; la goutte qui a fait d&#233;border le vase&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, affirme une habitante. Les quelques flics pr&#233;sents sur place sont d&#233;bord&#233;s. Des renforts des Brigades de l'ordre public sont annonc&#233;s depuis Sousse, o&#249; vient de se jouer un match foot. La consigne circule alors dans la ville d'affamer les forces de l'ordre : aucun commer&#231;ant ne vendra quoi que ce soit aux policiers. Le ravitaillement destin&#233; aux fonctionnaires est d&#233;truit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est &#224; la nuit tomb&#233;e que, dispers&#233;s sur les toits des maisons, les &lt;i&gt;&#171; snipers par pierres &#187;&lt;/i&gt; passent &#224; l'action. &lt;i&gt;&#171; &#192; croire que les jeunes s'entra&#238;naient depuis longtemps pour arriver &#224; une telle pr&#233;cision dans leurs tirs &#187;&lt;/i&gt;, raconte un t&#233;moin. Sur l'avenue qui porte aujourd'hui le nom de Mohamed Bouazizi, les tirs de caillasses se concentrent sur le commissariat et ses b&#226;timents mitoyens, si&#232;ges du RCD et du gouvernorat. Des &#171; contras &#187;, contrebandiers qui trafiquent de l'essence depuis les pays voisins, distribuent des bouteilles pr&#234;tes &#224; l'emploi. &lt;i&gt;&#171; Bl&#232;ch ! C'est gratuit ! &#201;clatez-les ! Br&#251;lez-les ! &#187;&lt;/i&gt; Les jeunes courent de terrasse en terrasse apr&#232;s avoir coup&#233; l'&#233;clairage public.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certains attirent les flics dans le labyrinthe de ruelles et d'impasses. Pris au pi&#232;ge dans cet environnement inconnu, ils se retrouvent &#224; la merci des pierres et des bouteilles d'essence. &lt;i&gt;&#171; On &#233;tait tr&#232;s organis&#233;s, comme une arm&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, explique un jeune Sidibouzien. Quand les flics l&#232;vent les boucliers pour se prot&#233;ger la t&#234;te, les tireurs visent les jambes. Et inversement. Difficile de riposter pour les bleus, confront&#233;s au nombre d'assaillants et &#224; l'obscurit&#233;. Les &#233;meutiers s'aspergent le visage de Coca et de Fanta, qui, para&#238;t-il, prot&#232;gent des effets du gaz. Non loin, des femmes stimulent de leurs &#171; you-you &#187; les lanceurs de pierres. Un jeune est touch&#233; &#224; la jambe par une grenade. &lt;i&gt;&#171; Ils l'ont pay&#233; tr&#232;s cher &#187;&lt;/i&gt;, raconte un commer&#231;ant. Au matin, on r&#233;cup&#232;re les projectiles en pr&#233;vision de la soir&#233;e et de la nuit suivantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze jours plus tard, l'&#201;tat, d&#233;cid&#233; &#224; laver l'affront subi &#224; Sidi Bouzid, envoie ses tueurs &#224; Kasserine, &#224; 90 kilom&#232;tres &#224; l'Ouest. Depuis les toits, ils abattent plusieurs dizaines de personnes. Cette tuerie, loin d'effrayer la population, exacerbera une col&#232;re qui se propage &#224; tout le pays. Le 14 janvier, Ben Ali et sa famille d&#233;gagent&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mohamed Bouazizi est d&#233;c&#233;d&#233; le 4 janvier 2011.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>La chronique judiciaire o&#249; c'est l'angoisse</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-chronique-judiciaire-ou-c-est-l</link>
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		<dc:date>2011-05-10T05:31:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Juliette Volcler</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>Parquet</dc:subject>
		<dc:subject>domicile</dc:subject>
		<dc:subject>violation</dc:subject>
		<dc:subject>euros</dc:subject>
		<dc:subject>procureur</dc:subject>
		<dc:subject>Mme</dc:subject>
		<dc:subject>serrure</dc:subject>
		<dc:subject>avocats</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Marseille. L'acc&#232;s au TGI est barr&#233;, de nombreux policiers sont l&#224; : interdiction d'entrer sans convocation. Un avocat arrive : &#171; Mais les audiences sont publiques ! &#187; Les barri&#232;res s'entrouvrent bient&#244;t. Six personnes comparaissent, toutes pour &#171; violation de domicile &#187; et &#171; d&#233;gradations &#187;, deux pour &#171; refus de prises d'empreintes &#187;. En face, Mme L., et son p&#232;re, M. G., les plaignants. Les avocats plaident la nullit&#233;, notamment en raison de la garde &#224; vue, tr&#232;s s&#233;v&#232;re : &#171; Le Parquet n'a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parquet" rel="tag"&gt;Parquet&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marseille. &lt;/strong&gt; L'acc&#232;s au TGI est barr&#233;, de nombreux policiers sont l&#224; : interdiction d'entrer sans convocation. Un avocat arrive : &lt;i&gt;&#171; Mais les audiences sont publiques ! &#187;&lt;/i&gt; Les barri&#232;res s'entrouvrent bient&#244;t. Six personnes comparaissent, toutes pour &#171; violation de domicile &#187; et &#171; d&#233;gradations &#187;, deux pour &#171; refus de prises d'empreintes &#187;. En face, Mme L., et son p&#232;re, M. G., les plaignants. Les avocats plaident la nullit&#233;, notamment en raison de la garde &#224; vue, tr&#232;s s&#233;v&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Le Parquet n'a pas fait son travail et n'a pas fait notifier le droit au silence. On est revenu &#224; la charge sans arr&#234;t pour les faire parler ! &#187;&lt;/i&gt; Le procureur jette un regard noir : &lt;i&gt;&#171; Je suis un magistrat du Parquet et je m'insurge ! On parle des droits de la d&#233;fense, mais le Procureur de la R&#233;publique doit s'assurer que toute la lumi&#232;re soit faite ! &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident interroge Mme L. : &lt;i&gt;&#171; L'incrimination p&#233;nale implique la violation de domicile. Ce bien est-il votre domicile ? &#8211; Je n'ai jamais eu le courage d'y habiter parce que notre m&#232;re est morte l&#224;. Mais j'y ai grandi, j'y emm&#232;ne mon fils pour lui parler de l'histoire de sa grand-m&#232;re. &#199;a a &#233;t&#233; un choc d'y voir des &#233;trangers. Ils m'ont trait&#233;e de bourgeoise, de facho ! &#8211; Bien. Monsieur G., vous avez indiqu&#233; que cette maison n'est plus habit&#233;e depuis cinq ans. &#8211; Eh oui, parce que mes enfants me demandent 2 000 euros de loyer, je ne peux pas me le permettre. Je vis dans un cabanon, sans eau ni &#233;lectricit&#233;, dans le Var. &#187;&lt;/i&gt; Madame L. rabroue son p&#232;re, le pr&#233;sident intervient : &lt;i&gt;&#171; C'est pas un lieu d'affect, un tribunal. &#187; &lt;/i&gt; Puis, entendant un murmure dans le public, il fait sortir une personne. &lt;i&gt;&#171; J'aurais pu faire &#233;vacuer tout le monde ! Je lis le proc&#232;s-verbal : &#8216;&#8216;Mme L. veut en d&#233;coudre avec ceux qui sont &#224; l'int&#233;rieur. Des voisins viennent lui pr&#234;ter main-forte et les pr&#233;venus montent sur le toit. Ils t&#233;l&#233;phonent pour rameuter des amis. Bient&#244;t, une quarantaine d'individus arrivent et crient &#8216;&#8216;Non aux expulsions''. Les CRS sont appel&#233;s. Les marins-pompiers arrivent. Le GIPN se pr&#233;sente et proc&#232;de &#224; l'interpellation des individus.'' &#187;&lt;/i&gt; Le pr&#233;sident se tourne vers les pr&#233;venus : &lt;i&gt;&#171; J'ai une question simple : quand, comment, pourquoi ? &#8211; On est arriv&#233;s dimanche, on a perc&#233; la serrure, et parce que je suis SDF. On &#233;tait &#224; peu pr&#232;s s&#251;rs que personne n'y habitait : il n'y avait pas de compteur d'eau, il y avait de la v&#233;g&#233;tation. &#8211; Si vous vouliez vous installer, pourquoi n'a-t-on retrouv&#233; aucun effet personnel ? &#8211; Tout a &#233;t&#233; jet&#233; par la fen&#234;tre pendant l'expulsion. &#8211; Qui &#233;tait la t&#234;te pensante ? &#8211; Nous quatre. &#8211; Quatre t&#234;tes pensantes ! Et vous, monsieur, il y avait un avis de recherche indiquant que vous &#234;tes proche de la mouvance anarcho-autonome. &#8211; Je ne suis pas au courant. &#187;&lt;/i&gt; Les avocats de Mme L. et M. G. plaident :&lt;i&gt; &#171; Il n'y a pas de d&#233;finition g&#233;n&#233;rale pour appr&#233;cier ce qu'est un domicile. Pour elle, c'&#233;tait devenu un mausol&#233;e. C'est v&#233;ritablement un cri du c&#339;ur, c'est l'angoisse. C'est pourquoi je demande 3 000 euros par pr&#233;venu pour le pr&#233;judice moral, et 1 000 pour les frais de justice. &#8211; L'intention de la loi est de prot&#233;ger la propri&#233;t&#233; immobili&#232;re. En face de nous, on a des gens organis&#233;s ! Et nous n'avons pas re&#231;u d'excuses. Je demande 4 156 euros au titre du pr&#233;judice mat&#233;riel et 5 000 au titre du pr&#233;judice moral. &#187;&lt;/i&gt; Puis, le procureur : &lt;i&gt;&#171; J'avais pr&#233;vu de dire que le probl&#232;me du logement est un noble combat. Finalement, je me suis rendu compte qu'il s'agit plut&#244;t d'un comportement individualiste : on veut juste se trouver un logement. Pour moi, ce lieu constitue bien un domicile. Je requiers que tous effectuent 40 heures de travaux d'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral [TIG]. &#187;&lt;/i&gt; Enfin, les avocats des pr&#233;venus : &lt;i&gt;&#171; Vous innoveriez si, malgr&#233; l'absence d'occupation, vous reconnaissiez la violation de domicile&#8230; Ils ont fait deux jours de garde &#224; vue, il y avait de la violence des deux c&#244;t&#233;s, alors ils n'ont pas envie de faire des excuses. &#8211; Le changement de serrure n'est pas un d&#233;lit mais une simple contravention. Les parties civiles vous demandent 17 000 euros ! Vous ne retiendrez que le changement de serrure, soit 350 euros. &#187;&lt;/i&gt; R&#233;sultat, apr&#232;s cinq heures de proc&#232;s : relaxe pour les refus de prises d'empreintes, et pour les deux arriv&#233;s plus tard dans le squat. Les autres, &lt;i&gt;&#171; coupables de la contravention de d&#233;gradation &#187;&lt;/i&gt;, doivent payer 350 euros pour la serrure, 500 pour M. G., 150 avec sursis, et faire 40 heures de TIG. L'un d'entre eux les refuse, et &#233;cope de 1 000 euros d'amende. Et &lt;i&gt;&#171; Mme L. est d&#233;bout&#233;e de l'ensemble de ses demandes. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>22, v'la la presse !</title>
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		<dc:creator>Marie-Anne Boutoleau</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens. Belleville. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nouvelle-brigade" rel="tag"&gt;nouvelle brigade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/BST" rel="tag"&gt;BST&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Belleville, les biffins et leurs &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187; sont les nouvelles proies de la chasse aux pauvres. Une fringante &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale quadrille d&#233;sormais le quartier. Avec, en renfort, les quotidiens parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Belleville&lt;/strong&gt;. Ce quartier populaire de Paris, qui abrite l'un des principaux march&#233;s de chiffonniers de la capitale, est de plus en plus pris&#233; par les veinards pouvant pr&#233;senter de belles fiches de paye. Comme d'ordinaire dans ce cas, leur arriv&#233;e s'accompagne d'op&#233;rations visant &#224; chasser les plus gueux. En janvier dernier, une nouvelle &#233;tape a &#233;t&#233; franchie avec la cr&#233;ation d'une &#171; brigade sp&#233;ciale de terrain &#187; de la police nationale. D&#233;sormais, la bleusaille, accompagn&#233;e de suppl&#233;tifs municipaux, quadrille le quartier pour mettre fin aux &#171; march&#233;s de la mis&#232;re &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une campagne de presse, illustr&#233;e de jolies photos, a escort&#233; l'arriv&#233;e de ces nouveaux k&#233;pis chasse-mis&#232;re : &lt;i&gt;&#171; Nom de code : BST, pour brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain de Belleville. Le pr&#233;fet de police de Paris a annonc&#233; hier la cr&#233;ation de cette unit&#233; de police et son entr&#233;e en fonction d&#232;s lundi &#187;&lt;/i&gt;, claironnait &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 22 janvier dernier. En f&#233;vrier, ce sont les gratuits &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Direct Matin&lt;/i&gt; qui bombardent l'&#233;v&#232;nement en une.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Nous sommes bien conscients de la dimension sociale des march&#233;s de la mis&#232;re, conc&#233;daient les &#233;lus du Xe et du XIe arrondissement dans Le Parisien du 20 janvier. Mais, dans l'imm&#233;diat, notre priorit&#233;, c'est de lib&#233;rer l'espace occup&#233; par le march&#233; sauvage. &#187;&lt;/i&gt; Au journaliste, plus l&#232;che-cul que fouille-merde, de conclure que &lt;i&gt;&#171; la solution viendra peut-&#234;tre de la BST du bas-Belleville que la pr&#233;fecture de police va mettre en place. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 janvier, le jour de la premi&#232;re patrouille, Patrick Bloche, le maire socialiste du XIe arrondissement, soutient dans &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; que les pauvres sont ravis d'&#234;tre expuls&#233;s : &lt;i&gt;&#171; La population de Belleville, qui est d&#233;j&#224; pr&#233;caris&#233;e, a parfois le sentiment d'&#234;tre d&#233;laiss&#233;e, abandonn&#233;e. La visibilit&#233; de cette brigade sera d&#233;terminante pour am&#233;liorer la qualit&#233; de vie dans le quartier. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques jours apr&#232;s la mise en place de la brigade, les journalistes du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; (20/02/11) et de &lt;i&gt;20 Minutes&lt;/i&gt; (11/02/11) retournent sur le terrain. Tout en flagornerie, le quotidien du groupe Amaury tresse des colliers de fleurs &#224; la gent polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; La nouvelle brigade [&#8230;] &#233;tait en effet tr&#232;s attendue par les habitants&lt;/i&gt; [Ha ?] &lt;i&gt;et les &#233;lus des environs du carrefour Belleville. &#187;&lt;/i&gt; Les deux journaux citent les m&#234;mes propos du pr&#233;fet, pour qui ses troupes doivent &lt;i&gt;&#171; &#233;tablir un contact plus affirm&#233; avec la population. &#187;&lt;/i&gt; Cependant, le brave homme semble un peu honteux : &lt;i&gt;&#171; Notre but n'est pas de devenir une brigade anti-vente &#224; la sauvette &#187;&lt;/i&gt;, explique-t-il, tout en soulignant que &lt;i&gt;&#171; ce sera bien &#233;videmment une de nos priorit&#233;s. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trop occup&#233; &#224; avaler les couleuvres pr&#233;fectorales, &lt;i&gt;Le Parisien&lt;/i&gt; peine &#224; percevoir l'efficacit&#233; toute relative de la pr&#233;sence polici&#232;re : &lt;i&gt;&#171; &#192; la sortie du m&#233;tro, les hommes de la BST pressent les derniers vendeurs de partir. Menace de contr&#244;les, &#233;clats de voix, cohue et confusion&#8230; L'ambiance est &#233;lectrique, mais le carrefour Belleville finira par s'&#233;claircir. Le march&#233; de la mis&#232;re se reformera quelques minutes plus tard un peu plus loin. &#8220;C'est vrai que &#231;a ne fait que d&#233;placer les probl&#232;mes. Mais au moins&#8230; plus devant chez nous&#8221; &#187;&lt;/i&gt;, commente un riverain satisfait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si son confr&#232;re sert la soupe, &lt;i&gt;20 Minute&lt;/i&gt;s se veut l&#233;g&#232;rement plus ironique : &lt;i&gt;&#171; Les Bellevillois n'avaient jamais vu autant de bleu dans la rue &#187;&lt;/i&gt;, note-t-il, n'h&#233;sitant pas &#224; &#233;crire que cette nouvelle brigade&lt;i&gt; &#171; se veut plus muscl&#233;e &#187;&lt;/i&gt; que l'Unit&#233; territoriale de quartier (Uteq) qui l'a pr&#233;c&#233;d&#233;e. Au d&#233;tour d'un verbe, le quotidien gratuit doute m&#234;me de la performance du dispositif : &lt;i&gt;&#171; Des rondes quotidiennes cens&#233;es affirmer une pr&#233;sence polici&#232;re forte, endiguer le ph&#233;nom&#232;ne des march&#233;s &#224; la sauvette et lutter contre les trafics. &#187;&lt;/i&gt; Et m&#234;me s'il ne peut s'emp&#234;cher de conclure sur une agression de policiers &#224; Asni&#232;res-Gennevilliers &#8211; qui subit la m&#234;me exp&#233;rience &#8211;, le quotidien donne aussi la parole aux biffins et &#224; une habitante les soutenant, ce que son coll&#232;gue payant se garde bien de faire. Alors, &#224; quoi bon payer pour cette presse-l&#224; ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La puce &#224; l'oreille</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Emma Piqueray</dc:creator>


		<dc:subject>Felder</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>B&#234;tes</dc:subject>
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		<dc:subject>groupe Oblomoff</dc:subject>

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&lt;p&gt;Depuis 2010, sous pr&#233;texte de &#171; tra&#231;abilit&#233; &#187;, un r&#232;glement europ&#233;en impose d'&#233;quiper les moutons et les ch&#232;vres d'une puce &#233;lectronique (RFID) permettant d'identifier la b&#234;te &#224; distance. Dans l'int&#233;r&#234;t du consommateur ? D&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;noncer cette imposture, des bergers s'organisent. D&#233;but f&#233;vrier, &#224; l'invitation du groupe Oblomoff, des &#233;leveurs sont mont&#233;s &#224; la capitale pour parler de leur lutte. Si le discours des technocrates bruxellois, relay&#233; par le minist&#232;re de l'Agriculture et les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Felder" rel="tag"&gt;Felder&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Betes" rel="tag"&gt;B&#234;tes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/eleveurs" rel="tag"&gt;&#233;leveurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Debut-fevrier" rel="tag"&gt;D&#233;but f&#233;vrier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/puce-RFID" rel="tag"&gt;puce RFID&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/groupe-Oblomoff" rel="tag"&gt;groupe Oblomoff&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis 2010, sous pr&#233;texte de &#171; tra&#231;abilit&#233; &#187;, un r&#232;glement europ&#233;en impose d'&#233;quiper les moutons et les ch&#232;vres d'une puce &#233;lectronique (RFID) permettant d'identifier la b&#234;te &#224; distance. Dans l'int&#233;r&#234;t du consommateur ? D&#233;cid&#233;s &#224; d&#233;noncer cette imposture, des bergers s'organisent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_105 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH297/felder87-77e96.png?1768652604' width='400' height='297' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Felder
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;but f&#233;vrier&lt;/strong&gt;, &#224; l'invitation du groupe Oblomoff&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif critique du r&#244;le de la recherche scientifique dans notre soci&#233;t&#233;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, des &#233;leveurs sont mont&#233;s &#224; la capitale pour parler de leur lutte. Si le discours des technocrates bruxellois, relay&#233; par le minist&#232;re de l'Agriculture et les industriels, voudrait nous faire associer tra&#231;abilit&#233; &#224; &#171; s&#233;curit&#233; &#187;, &#171; qualit&#233; &#187; et &#171; transparence &#187;, certains ne l'entendent pas de cette oreille. Dans une salle associative du XIIe arrondissement, parmi la soixantaine de personnes r&#233;unies, plusieurs bergers des quatre coins de la France, mais &#233;galement d'autres travailleurs expos&#233;s eux aussi &#224; cet envahissant contr&#244;le. &lt;i&gt;&#171; Peu d'emplois &#233;chappent encore &#224; la gestion &#233;lectronique qui vient renforcer la bureaucratie et saper les poches d'autonomie ou de dignit&#233; que beaucoup d'hommes et de femmes tentent de pr&#233;server, &#224; la ville comme &#224; la campagne &#187;&lt;/i&gt;, souligne le groupe Oblomoff dans son invitation. Enseignants, salari&#233;s de la Poste, biblioth&#233;caires, personnels hospitaliers : ce soir-l&#224;, la diversit&#233; de l'assistance confirme ce propos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le pu&#231;age &#233;lectronique de nos b&#234;tes est une s&#233;rieuse menace sur notre fa&#231;on de faire de l'agriculture,&lt;/i&gt; affirme un berger&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus d'infos : Collectif Faut pas pucer, Le Batz, 81140 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Il n'existe pas de complot ou de volont&#233; d'&#233;craser ce qu'on fait ou ce qu'on pense de l'agriculture. La vraie motivation du pu&#231;age est industrielle, avec un objectif de gestion des volumes. La bo&#238;te qui a le quasi-monopole des boucles en plastique [contenant le RFID] a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e dans les ann&#233;es 1950 par deux types, dont un &#233;tait &#233;leveur laitier. C'&#233;tait le d&#233;but du contr&#244;le de la productivit&#233; et de la course &#224; la performance. Ce qu'on vit aujourd'hui n'en est que le prolongement. &#187;&lt;/i&gt; Il ne s'agit donc pas seulement d'une attaque men&#233;e par les scientifiques et la bureaucratie contre les &#233;leveurs non industriels, mais d'une &#233;volution impuls&#233;e depuis le &#171; monde paysan &#187; lui-m&#234;me. &lt;i&gt;&#171; Aujourd'hui, avec la puce &#233;lectronique, les gros &#233;leveurs cherchent &#224; fluidifier la fili&#232;re, de la naissance des b&#234;tes &#224; l'abattoir. Il faudrait faire couler la viande du producteur au consommateur comme du puits de p&#233;trole &#224; la pompe &#187;&lt;/i&gt;, poursuit l'orateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; qualit&#233;, le discours des tutelles ne fait gu&#232;re plus illusion. L'implantation de ce nouvel &#171; outil &#187; est cens&#233;e apporter la solution aux crises sanitaires et &#233;cologiques de ces derni&#232;res ann&#233;es (grippe aviaire, vache folle, fi&#232;vre catarrhale ovine, etc.) en garantissant la tra&#231;abilit&#233;, mais sans rien changer aux conditions de production qui conduisent au d&#233;sastre. Les bergers en rigolent : &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas parce qu'on conna&#238;t le parcours de la b&#234;te et qu'on peut ensuite &#233;tiqueter &#8216;&#8216;produit fran&#231;ais '' que la viande est de qualit&#233;. Ce qui fait la qualit&#233;, c'est comment la b&#234;te a v&#233;cu, dans quel environnement et ce avec quoi elle a &#233;t&#233; nourrie. La tra&#231;abilit&#233; n'est pas synonyme de qualit&#233;. &#187;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En outre, la fiabilit&#233; de la technologie en question est discutable. &lt;i&gt;&#171; La puce RFID est facilement falsifiable et d'ailleurs, depuis la mise en place du pu&#231;age des chiens, le trafic canin a augment&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;, fait remarquer un &#233;leveur. Il suffirait d'un champ magn&#233;tique relativement puissant pour d&#233;sactiver les puces. Rien, d'apr&#232;s ces &#233;leveurs, ne remplace le bon vieux tatouage dans l'oreille. Sauf que pour les troupeaux de 2 000 b&#234;tes &#8211; un chiffre normal dans l'&#233;levage intensif &#8211; se pencher sur l'oreille de chacune d'elles repr&#233;sente une perte de temps. La puce RFID appara&#238;t alors comme un gain pour les producteurs de la fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si la tra&#231;abilit&#233; est mise en avant, ce n'est pas uniquement pour le bien du consommateur. &lt;i&gt;&#171; Ce qui compte, c'est la gestion,&lt;/i&gt; poursuit un berger. &lt;i&gt;On ne change rien aux modes d'&#233;levage qu'on sait pourtant toxiques, mais on cr&#233;e l'illusion d'une ma&#238;trise de la situation, notamment au niveau sanitaire, voil&#224; en substance ce que nous dit l'Administration. Et il faudrait qu'on y adh&#232;re ! &#187;&lt;/i&gt; Et pour qui n'adh&#232;re pas, c'est la poisse. Face aux r&#233;fractaires, l'Administration menace : la sanction va de la suppression d'une partie des primes (pour l'&#233;levage ovin et bovin, les primes repr&#233;sentent jusqu'&#224; 150 % des revenus, salaires et charges confondus) jusqu'&#224; des poursuites judiciaires. &lt;i&gt;&#171; &#201;lever des brebis se r&#233;duit de plus en plus &#224; regarder des param&#232;tres sur un &#233;cran et &#224; remplir de la paperasse. On trouve &#231;a violent. Que ce sentiment ne soit pas partag&#233; largement en dit long sur notre &#233;poque, regrette le m&#234;me berger. Mais notre quotidien avec les b&#234;tes nous renvoie &#224; la figure que la vie, c'est autre chose que des colonnes de chiffres ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif critique du r&#244;le de la recherche scientifique dans notre soci&#233;t&#233;, en guerre contre la tyrannie technologique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus d'infos : Collectif Faut pas pucer, Le Batz, 81140 Saint-Michel-de-Vax, fautpaspucer@laposte.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La r&#233;volution de gla&#231;on</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-revolution-de-glacon</link>
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		<dc:date>2011-05-05T05:28:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Lamin&#233;e par la crise financi&#232;re de 2008, l'Islande a vir&#233; son gouvernement, refus&#233; par r&#233;f&#233;rendum de passer &#224; la caisse, et nationalis&#233; ses banques. Le pays se doterait en sus d'une Assembl&#233;e constituante. La r&#233;volution, quoi ! Mais les insurg&#233;s voudraient bien garder leurs 4x4. Le boom &#233;conomique islandais reposait sur des tas de monnaie pourrie, comme dans beaucoup d'autres pays occidentaux. Il a permis &#224; l'&#238;le d'arriver au deuxi&#232;me rang des pays les plus d&#233;velopp&#233;s apr&#232;s la Norv&#232;ge, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/islandais" rel="tag"&gt;islandais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lamin&#233;e par la crise financi&#232;re de 2008, l'Islande a vir&#233; son gouvernement, refus&#233; par r&#233;f&#233;rendum de passer &#224; la caisse, et nationalis&#233; ses banques. Le pays se doterait en sus d'une Assembl&#233;e constituante. La r&#233;volution, quoi ! Mais les insurg&#233;s voudraient bien garder leurs 4x4.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH570/remi87-3de95.png?1768658854' width='400' height='570' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le boom &#233;conomique&lt;/strong&gt; islandais reposait sur des tas de monnaie pourrie, comme dans beaucoup d'autres pays occidentaux. Il a permis &#224; l'&#238;le d'arriver au deuxi&#232;me rang des pays les plus d&#233;velopp&#233;s apr&#232;s la Norv&#232;ge, selon l'indice de d&#233;veloppement humain (IDH) de 2006. Des hommes d'affaires islandais commencent, dans les ann&#233;es 2000, &#224; prendre du galon dans le monde du business international, achetant et vendant des entreprises en Europe et aux &#201;tats-Unis avec l'aide de leurs propres banques &#8211; ils en sont devenus propri&#233;taires lors de privatisations en 2002. La mondialisation et les contrats commerciaux au sein de l'Europe leur profitent au point que les sommes brass&#233;es par ces banques &lt;i&gt;&#171; d&#233;passaient l'&#233;conomie g&#233;n&#233;rale de l'Islande &#187;&lt;/i&gt;, remarque Kjartan Jonsson, directeur d'une association multiculturelle de Reykjavik. En 2008, la banqueroute de trois grosses banques islandaises met sur la paille 340 000 &#233;pargnants britanniques et n&#233;erlandais, opportun&#233;ment indemnis&#233;s par leurs gouvernements respectifs. Lesquels r&#233;clament alors &#224; Reykjavik le remboursement de 3,9 milliards d'euros, avec 5 % d'int&#233;r&#234;ts&#8230; On y reviendra. Dans le m&#234;me temps, la situation des Islandais eux-m&#234;mes s'effondre avec l'augmentation g&#233;n&#233;rale des cr&#233;dits et du co&#251;t de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;but 2009&lt;/strong&gt;, des manifestants s'affrontent &#224; la police &#8211; pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays &#8211; et demandent la d&#233;mission du gouvernement qui se soumet d&#232;s la fin du mois de janvier. Le nouveau gouvernement organise alors un r&#233;f&#233;rendum sur le paiement de la fameuse dette et, surprise, 93 % des &#233;lecteurs affirment leur refus des conditions exig&#233;es par Londres et La Haye, conditions appuy&#233;es par le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le Premier ministre poursuit le projet, pr&#233;sent&#233; lors de la campagne &#233;lectorale, de d&#233;finir une nouvelle constitution afin de se d&#233;barrasser de celle h&#233;rit&#233;e de la colonisation danoise. Vingt-cinq citoyens seront charg&#233;s de r&#233;diger un nouveau texte. Parmi les mille noms choisis au hasard, cinq cent vingt-deux d'entre eux acceptent de se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection devant d&#233;signer les membres de l'Assembl&#233;e constituante. Condition d'&#233;ligibilit&#233; : le candidat doit avoir plus de dix-huit ans et pr&#233;senter vingt soutiens &#224; sa candidature. Le 25 novembre, seuls 36 % des &#233;lecteurs se rendent aux urnes et d&#233;signent vingt-cinq constituants en charge de r&#233;diger un texte autour de ces trois suggestions majeures que sont la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, ainsi que celle des pouvoirs ex&#233;cutif et l&#233;gislatif, et la nationalisation des ressources naturelles. Mais, patatras, d&#233;but f&#233;vrier 2011, la Cour supr&#234;me, compos&#233;e de juges nomm&#233;s par le gouvernement pr&#233;c&#233;dent, invalide l'&#233;lection des constituants. Et, pour couronner le tout, le 25 f&#233;vrier, le Pr&#233;sident de la r&#233;publique met son veto au r&#233;-&#233;talement de la dette n&#233;goci&#233; avec Londres et La Haye depuis le non du 25 novembre. Et impose un nouveau r&#233;f&#233;rendum qui devrait avoir lieu le 9 avril&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; voir cet encha&#238;nement&lt;/strong&gt; de situations in&#233;dites en Europe, certains s'enthousiasment pour une r&#233;volution tranquille, l&#233;gale et quasi-acad&#233;mique. Sentiment s&#232;chement calm&#233; par le journaliste Pascal Rich&#233; qui affirme, sur le site de &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/2011/01/09/la-revolution-democratique-en-islande-tient-du-fantasme-184214&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rue89&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; La population de cette &#238;le reste attach&#233;e &#224; l'&#233;conomie de march&#233; [&#8230;] et si l'&#233;conomie et la constitution sont boulevers&#233;es [&#8230;] ce n'est pas pour abandonner le syst&#232;me existant ; c'est pour le r&#233;g&#233;n&#233;rer. [&#8230;] L'Islande ne vit pas une alternative r&#233;ussie et harmonieuse au capitalisme, mais une suite de t&#226;tonnements confus, douloureux et r&#233;sign&#233;s&#8230; en restant dans les rails du FMI. &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; Kjartan J&#246;nsson, par ailleurs candidat malheureux &#224; la constituante, il parle am&#232;rement d'une tentative des Islandais &lt;i&gt;&#171; de r&#233;parer leur situation avec cette m&#234;me cupidit&#233; et ce m&#234;me aveuglement qui les ont justement mis dans l'embarras. &#187;&lt;/i&gt; Pourtant, une population qui descend dans la rue, d&#233;gage son gouvernement et rejette par r&#233;f&#233;rendum le paiement d'une dette bancaire t&#233;moigne d&#233;j&#224; d'une notable insolence. Quand, en plus, elle s'engage dans le projet d'une Assembl&#233;e constituante, compos&#233;e de citoyens anonymes parrain&#233;s par leurs voisins, amis ou connaissances, avec en vue la nationalisation des ressources nationales&#8230; Les autres &#201;tats europ&#233;ens n'ob&#233;issent-ils pas sans rechigner aux caprices des banques et du FMI ? Et les populations n'abandonnent-elles pas les changements constitutionnels au seul droit r&#233;galien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-&#234;tre que les Islandais&lt;/strong&gt;, aux aspirations r&#233;put&#233;es middle class et aux 4x4 rutilants, affirment des int&#233;r&#234;ts exclusivement singuliers. Mais l'exp&#233;rience islandaise confirme au moins le fait que la d&#233;mocratie directe ne peut s'appuyer sur des syst&#232;mes l&#233;gislatifs en place. En quelques mois, les vents auraient-ils pouss&#233; des poussi&#232;res autres que volcaniques pour fertiliser des territoires, au loin, vers&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>La gr&#232;ve de la justice</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-greve-de-la-justice</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Faux amis</dc:subject>
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		<dc:subject>Indignons-nous</dc:subject>
		<dc:subject>Fresnes</dc:subject>
		<dc:subject>magistrats</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Indignons-nous ! &#187;, couinait le personnel de l'administration p&#233;nitentiaire de Fresnes dans un tract dat&#233; du 18 f&#233;vrier dernier. &#171; C'est ma premi&#232;re manif de la vie ! &#187;, s'&#233;mouvait un juge le 9 f&#233;vrier (Le Canard encha&#238;n&#233;, 16/02/11). &#171; Historique &#187;, &#171; Du jamais vu &#187;, &#171; In&#233;dit &#187;, et m&#234;me : &#171; &#199;a sent 1788 ! &#187;. C'est que &#231;a a de l'allure, une manifestation d'hermines et de robes consulaires ! &#199;a nous change des gueux qui descendent dans la rue &#224; tout bout de champ, et qu'on doit embastiller (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/juges" rel="tag"&gt;juges&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-administration-penitentiaire" rel="tag"&gt;l'administration p&#233;nitentiaire&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fresnes" rel="tag"&gt;Fresnes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/magistrats" rel="tag"&gt;magistrats&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Indignons-nous ! &#187;&lt;/i&gt;, couinait le personnel de l'administration p&#233;nitentiaire de Fresnes dans un tract dat&#233; du 18 f&#233;vrier dernier&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les tracts cit&#233;s sont consultables sur ugsp-cgt.org.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;&#171; C'est ma premi&#232;re manif de la vie ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;mouvait un juge le 9 f&#233;vrier (&lt;i&gt;Le Canard encha&#238;n&#233;&lt;/i&gt;, 16/02/11). &lt;i&gt;&#171; Historique &#187;, &#171; Du jamais vu &#187;, &#171; In&#233;dit &#187;, &lt;/i&gt; et m&#234;me : &lt;i&gt;&#171; &#199;a sent 1788 ! &#187;&lt;/i&gt;. C'est que &#231;a a de l'allure, une manifestation d'hermines et de robes consulaires ! &#199;a nous change des gueux qui descendent dans la rue &#224; tout bout de champ, et qu'on doit embastiller ensuite pour d&#233;gradations, outrage et r&#233;bellion. Les magistrats &#233;taient furieux. Furieux d'une nouvelle insulte pr&#233;sidentielle les rendant responsables d'un meurtre qu'ils ne pouvaient pas anticiper. Juges, avocats, procureurs, tous unis : tous ceux qui, dans le pr&#233;toire, rejouent quotidiennement la com&#233;die du scandale. Police et justice d&#233;filaient main dans la main, la grande r&#233;conciliation ! Quoique &#224; vrai dire, depuis l'autre c&#244;t&#233; de la matraque et l'autre c&#244;t&#233; de la barre, elles n'aient jamais sembl&#233; marcher trop loin l'une de l'autre &#8211; question de perspective, sans doute.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les magistrats veulent&lt;/strong&gt; donc du respect et des moyens. Appliquer les lois s&#233;curitaires, d'accord, mais moyennant finances. Augmenter les quotas, ok, mais sans que &#231;a leur retombe dessus. Maintenir l'ordre social, pas de souci, mais sans &#234;tre trait&#233;s comme des larbins. On a son honneur. Faut pas confondre, &#171; les juges ne sont pas des criminels &#187;, synth&#233;tise un magistrat (&lt;i&gt;Le Nouvel Observateur,&lt;/i&gt; 10/02/11). Car les hommes de robe, &#224; part quelques pr&#233;cieuses exceptions, n'ont pas l'air d'opposer une r&#233;sistance trop f&#233;roce &#224; leur enr&#244;lement dans la guerre aux pauvres, la chasse aux sans-papiers ou la criminalisation des mouvements sociaux. Il semblerait plut&#244;t que les rouages judiciaires soient parfaitement huil&#233;s : il suffit d'assister &#224; ces comparutions imm&#233;diates o&#249; le tribunal, d'un air las, envoie les RSAstes au trou &#8211; fumeurs de p&#233;tards, voleurs &#224; l'arrach&#233;, insulteurs de policiers, toute cette pi&#233;taille qui surpeuple les prisons. Dommage que l'on ne retrouve jamais cette belle unanimit&#233; contre les peines plancher ou contre la LOPPSI 2, contre l'enterrement des affaires financi&#232;res ou contre l'extension de l'anti-terrorisme. Qu'on les outrage, et les magistrats sont vent debout &#8211; mais qu'on pi&#233;tine les libert&#233;s, et ils abaissent les voiles. Excusez-les, ce n'est pas leur r&#244;le, ils sont juste l&#224; pour faire respecter la loi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En guise de protestation&lt;/strong&gt;, les services de probation et d'insertion p&#233;nitentiaires (SPIP) ont d&#233;cid&#233; d'annoter tous les dossiers de la sorte : &lt;i&gt;&#171; En aucun cas, le SPIP ne peut &#234;tre garant ni du comportement de l'int&#233;ress&#233; ni de l'absence du risque de r&#233;cidive. &#187;&lt;/i&gt; Allez, camarades, on continue tout comme avant, mais on se couvre. Le 22 f&#233;vrier, les banderoles &#224; peine repli&#233;es, la CGT p&#233;nitentiaire constatait une &lt;i&gt;&#171; vague d'incarc&#233;rations &#187;&lt;/i&gt; &#224; Nantes, d'o&#249; est partie la contestation. Du &lt;i&gt;&#171; jamais-vu &#187;&lt;/i&gt;, l&#224; encore. Les juges ne voudraient plus courir de risques, et appliqueraient &#224; la lettre toutes les mesures d'ex&#233;cution de peines : apr&#232;s la gr&#232;ve du z&#232;le, le z&#232;le des peines. La r&#233;volution aura &#233;t&#233; de courte dur&#233;e : faudrait voir &#224; pas laisser les pauvres s'imaginer des choses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les tracts cit&#233;s sont consultables sur ugsp-cgt.org.&lt;/p&gt;
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