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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Coup de pompes fun&#232;bres</title>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de deux d&#233;cennies de silence, les travailleurs marseillais qui s'occupent des morts et de leurs familles sont en gr&#232;ve. Face &#224; eux, les autorit&#233;s municipales, d'accord avec le syndicat majoritaire, n'ont qu'un seul souci:maintenir leur pouvoir mortif&#232;re. R&#233;cit. SUR LE PORTAIL du cimeti&#232;re Saint-Pierre, dans l'Est marseillais, la banderole bat dans le vent : &#171; Pompes fun&#232;bres en deuil. &#187; Parole de sp&#233;cialistes. Cela fait une semaine maintenant que les municipaux ne font plus ni (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no77-avril-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;77 (avril 2010)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus de deux d&#233;cennies de silence, les travailleurs marseillais qui s'occupent des morts et de leurs familles sont en gr&#232;ve. Face &#224; eux, les autorit&#233;s municipales, d'accord avec le syndicat majoritaire, n'ont qu'un seul souci:maintenir leur pouvoir mortif&#232;re. R&#233;cit.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;SUR LE PORTAIL du cimeti&#232;re Saint-Pierre, dans l'Est marseillais, la banderole bat dans le vent : &lt;i&gt;&#171; Pompes fun&#232;bres en deuil. &#187; &lt;/i&gt; Parole de sp&#233;cialistes. Cela fait une semaine maintenant que les municipaux ne font plus ni convoi, ni enterrement,ni incin&#233;ration. &lt;i&gt;&#171; Croque-morts ? C'est pas le bon mot ! &#187;,&lt;/i&gt; dit Jean-Marc. &lt;i&gt;&#171; Nous, on est chauffeur, porteur ou ma&#238;tre de c&#233;r&#233;monie. &#187;&lt;/i&gt; En ce matin du 30 mars, ils ont quitt&#233; le d&#233;p&#244;t qu'ils occupent en ville depuis six jours pour rencontrer un responsable des services. &lt;i&gt;&#171; On demande une prime mensuelle de 300 euros. Chez nous,il y des gars qui,apr&#232;s plus de trente ans de bo&#238;te, ne touchent que 1 500 euros ! Depuis 1970,la prime de mise en bi&#232;re n'a pas boug&#233;. Avec le partage du monopole, en 1998, et l'arriv&#233;e du priv&#233; (50% du march&#233;), on doit &#234;tre polyvalent, faire des choses qui n'&#233;taient pas notre boulot, comme les soudures sur les cercueils plomb&#233;s qui partent &#224; l'&#233;tranger &lt;/i&gt; &#187;, reprend un de ses coll&#232;gues. Sentiment d'injustice, car un chauffeur de la Mairie qui prom&#232;ne les &#233;lus gagne en moyenne 800 euros de plus par mois. &lt;i&gt;&#171; On fait un travail tr&#232;s difficile. Le plus dur,c'est quand il s'agit d'enfants. On voit des choses terribles. Quand, &#224; l'h&#244;pital de la Timone, on met en bi&#232;re des corps qui ont &#233;t&#233; autopsi&#233;s&#8230; je pr&#233;f&#232;re ne pas raconter &#187;&lt;/i&gt;, dit un des chauffeurs, alors que les autres regardent le sol. Et D&#233;d&#233; d'enfoncer le clou : &lt;i&gt;&#171; On est quatre par convoi alors qu'on devrait &#234;tre cinq, il faut savoir quand m&#234;me que nous sommes les moins bien pay&#233;s des territoriaux alors que c'est un des services qui rapportent le plus &#187;&lt;/i&gt;. &lt;i&gt;&#171; On est toujours en stress. Il faut arriver &#224; tout coordonner, la police, la c&#233;r&#233;monie religieuse, la circulation, tout en cr&#233;ant un climat le plus paisible possible pour les familles. On n'arr&#234;te pas de s'excuser &#187;&lt;/i&gt;,&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_378 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L371xH268/berth77-a8119.jpg?1779603898' width='371' height='268' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;continue un chauffeur. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes en relation constante avec les parents et les proches. On est au premier rang, toujours &#224; l'&#233;coute. Ce sont des moments durs et intenses. Quand je rentre le soir d'une journ&#233;e o&#249; j'ai fait un convoi pour un enfant, ma femme le voit tout de suite. Et personne pour nous aider,aucun soutien ni suivi psychologique &#187;&lt;/i&gt;, poursuit un des plus jeunes chauffeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux ans que ces salari&#233;s mena&#231;aient de faire gr&#232;ve. Leur syndicat d'alors, FO, dont on ne sait qui de lui ou de la Mairie ont autorit&#233; l'un sur l'autre, n'a eu de cesse de leur dire d'attendre&#8230; les &#233;lections et d'hypoth&#233;tiques tables rondes&#8230; Les employ&#233;s, &#224; bout de patience, se sont donc lanc&#233;s seuls,entre eux et pour eux, avec le soutien du SDU13- FSU&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syndicat d&#233;mocratique unitaire des Bouches-du-Rh&#244;ne.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; On sait bien que &#231;a pose de graves probl&#232;mes aux familles qui sont oblig&#233;es de se tourner vers le priv&#233; o&#249; elles vont payer le double du prix. Mais si on arr&#234;te le travail, ce n'est pas &#224; la l&#233;g&#232;re. &#199;a fait 24 ans qu'il n'y a pas eu de gr&#232;ve dans ce service &#187;&lt;/i&gt;, ajoute D&#233;d&#233;. De fait, 98% des employ&#233;s ont cess&#233; le boulot,le reliquat &#233;tant compos&#233; d'encart&#233;s rest&#233;s &lt;i&gt;&#171; fid&#232;les &#187;&lt;/i&gt; &#224; FO et qui font savoir aux gr&#233;vistes que le syndicat est pr&#234;t &#224; les soutenir,&#224; condition qu'ils reprennent imm&#233;diatement le travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s plusieurs jours de disparition du pouvoir syndicalo-municipal, le 30 mars, c'est au directeur des op&#233;rations fun&#233;raires, dont ne d&#233;pendent que les porteurs et les ma&#238;tres de c&#233;r&#233;monie&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les chauffeurs d&#233;pendent du service Transport atelier magasin.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, de monter au front. Dominique Roffin, par ailleurs cadre FO, affirme comprendre le m&#233;contentement des employ&#233;s mais d&#233;clare ne pas &#234;tre en mesure de demander des n&#233;gociations. &lt;i&gt;&#171; S'ils veulent nous diviser,ils se trompent. On est tous solidaires &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pondent en choeur les gr&#233;vistes. De toute fa&#231;on, Maurice Rey, adjoint au maire &#224; la d&#233;l&#233;gation des Pompes fun&#232;bres, aurait re&#231;u l'ordre de ne recevoir personne. C'est dans les heures et les jours qui suivent que les raisons du silence et des petits pas municipalo-syndicaux vont prendre tout leur sens. Crois&#233; par les gr&#233;vistes devant la Mairie de Marseille, Jean-Claude Gondard, secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral de la Ville, esquive en l&#226;chant un &lt;i&gt;&#171; je n'ai pas le temps &#187;&lt;/i&gt; avant de leur envoyer le responsable des relations publiques pour un moment de compassion. Ceci fait, un&lt;i&gt; &#171; petit conseil d'ami &#187;&lt;/i&gt; fuite de la bouche de l'interm&#233;diaire municipal :&lt;i&gt; &#171; Si vous voulez n&#233;gocier, il faut que vous ayez le syndicat majoritaire avec vous&#8230; &#187;&lt;/i&gt; FO, bien s&#251;r ! Et rebelote le surlendemain : Patrick Ru&#233;, le secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral adjoint de FO se pr&#233;sente au d&#233;p&#244;t pour annoncer que Gondard est dispos&#233; &#224; ouvrir des n&#233;gociations si les gr&#233;vistes acceptent que son syndicat y participe. Tergiversations, discussions, calculs sur les feuilles de paye&#8230; En tra&#238;nant des pieds, suspension de la gr&#232;ve !&#8230; Faut dire que pour les autorit&#233;s locales, le choix aura &#233;t&#233; corn&#233;lien : entre augmenter les revenus de ces salari&#233;s, au boulot si p&#233;nible, assurer aux familles des d&#233;funts un service public d&#233;cent et sauver la face du syndicatmaison ici discr&#233;dit&#233; par quelques r&#233;fractaires lucides, il fallait trancher en fredonnant cette&lt;i&gt; &#171; onorable &#187;&lt;/i&gt; comptine : &lt;i&gt;&#171; je te tiens, tu me tiens&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Syndicat d&#233;mocratique unitaire des Bouches-du-Rh&#244;ne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les chauffeurs d&#233;pendent du service Transport atelier magasin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Kolkhoze en Roussillon</title>
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		<dc:date>2010-06-10T10:24:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Quand elle ne pousse pas la goualante au sein du groupe des Madeleines, Maya Lesn&#233; enfile l'&#233;charpe de mairesse de son village des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, Tord&#232;res (170 habitants). Sa m&#233;thode de &#171; bonne gouvernance &#187; ? Une dose massive de d&#233;mocratie directe. Portrait. LE COIN A CONSERV&#201; une authentique rusticit&#233;. Le macadam,quand il y en a,est mouchet&#233; de crottes de ruminants.&#199;a ne pla&#238;t pas aux bourgeois,mais Maya s'en fout. Elle se souvient quand, enfant, un des derniers vieux du village (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/authentique-rusticite" rel="tag"&gt;authentique rusticit&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Maya-s-en" rel="tag"&gt;Maya s'en&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rusticite" rel="tag"&gt;rusticit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Quand elle ne pousse pas la goualante au sein du groupe des Madeleines, Maya Lesn&#233; enfile l'&#233;charpe de mairesse de son village des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, Tord&#232;res (170 habitants). Sa m&#233;thode de &#171; bonne gouvernance &#187; ? Une dose massive de d&#233;mocratie directe. Portrait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE COIN A CONSERV&#201; une authentique rusticit&#233;. Le macadam,quand il y en a,est mouchet&#233; de crottes de ruminants.&#199;a ne pla&#238;t pas aux bourgeois,mais Maya s'en fout. Elle se souvient quand, enfant, un des derniers vieux du village lui a dit : &lt;i&gt;&#171; Tu es la suite, tu es la m&#233;moire du village. &#187;&lt;/i&gt; &#192; quoi &#231;a tient, un destin. En 2007, alors que se pr&#233;parent les &#233;lections municipales, des villageois sont venus la chercher pour qu'elle se pr&#233;sente. R&#233;sultat : sur 110 votants, 86 ont mis&#233; sur sa liste sans &#233;tiquette. &lt;i&gt;&#171; Je voulais une vraie liste prolo. Du coup on s'est retrouv&#233;s avec un ma&#231;on, un menuisier, trois ch&#244;meurs et on a m&#234;me respect&#233; la parit&#233; alors que ce n'&#233;tait pas obligatoire ! &#187;&lt;/i&gt; Un score de r&#233;publique banani&#232;re, mais sans magouilles, m&#234;me si l'ennemi politique n'a pas l&#233;sin&#233; sur la calomnie. Rapport&#233; par la dame, &#231;a donne : &lt;i&gt;&#171; Vous allez laisser la mairie &#224; une drogu&#233;e, &#224; des gens qui font des partouzes dans l'&#233;glise. &#187;&lt;/i&gt; Des partouzes dans l'&#233;glise ? &lt;i&gt;&#171; &#199;a, c'est plut&#244;t un truc de bourgeois &#187;&lt;/i&gt;, rigole madame le maire. Son truc &#224; Maya, c'est de mettre en place des commissions. Elles sont au nombre de quatre : travaux publics, finances, agro-environnement et affaires sociales. Chacune r&#233;unit entre douze et vingt personnes, ce qui fait qu'au moins un membre de chaque famille y participe. Les enfants et les ados ont droit &#224; la parole, au m&#234;me titre que les adultes car c'est important la jeunesse, surtout dans un bled o&#249; un quart de la population a moins de vingt-cinq ans. Du coup, les projets naissent dans les commissions et non dans des bureaux capitonn&#233;s. C'est s&#251;rement &#224; cause de ce genre de d&#233;tail que Tord&#232;res est surnomm&#233; le &lt;i&gt;&#171; kolkhoze &#187;&lt;/i&gt; par ses contempteurs. Et la bougresse d'enfoncer le clou : &lt;i&gt;&#171; Je ne prends jamais de d&#233;cision seule,m&#234;me si j'en ai le droit.Quand on re&#231;oit des gens, on est toujours trois et comme je ne me place pas au milieu, certaines personnes qui ne me connaissent pas croient s'adresser au maire, alors que c'est &#224; un adjoint ! Du coup ils sont d&#233;boussol&#233;s quand ils r&#233;alisent leur b&#233;vue. &#187; &lt;/i&gt; Voil&#224; donc le pari relev&#233; par Maya : casser le rapport au pouvoir. Y compris jusqu'au sein de la communaut&#233; d'agglo, class&#233;e plut&#244;t &#224; gauche, o&#249; elle ne se pr&#233;sente &lt;i&gt;&#171; pas comme l'opposition, mais comme un contre-pouvoir &#187;&lt;/i&gt;. C'est qu'en ces temps de rendement acharn&#233;,une commune se g&#232;re comme une entreprise. Or non seulement les petites entit&#233;s rapportent peu, mais en plus co&#251;tent du pognon &#224; leurs grandes voisines qui,r&#233;forme des collectivit&#233;s territoriales oblige, sont toutes pr&#234;tes &#224; les becqueter. &lt;i&gt;&#171; Cette r&#233;forme va mettre en place des super-maires &#224; la t&#234;te de communaut&#233;s de communes et, du coup, les petites mairies n'auront plus aucune comp&#233;tence en mati&#232;re de finance ou d'urbanisme. &#187; &#171; Il faut construire, Madame le maire, il faut construire ! &#187;&lt;/i&gt; Voil&#224; le leitmotiv que lui susurre r&#233;guli&#232;rement la &lt;i&gt;&#171; pr&#233;fectance &#187;&lt;/i&gt; pour que Tord&#232;res regonfle un peu son capital financier. Car, avec une capacit&#233; d'autofinancement de vingt mille euros, le village est cantonn&#233; &#224; boxer dans la cat&#233;gorie poids plume. Sauf que les gens du coin sont un peu allergiques au tout b&#233;ton, et que les priorit&#233;s sont ailleurs. Dans un certain id&#233;al de vie, dans un milieu associatif foisonnant, dans le maintien de l'&#233;cole, dans la future mise en r&#233;gie de l'eau&#8230; Et si on demande &#224; la dame pourquoi elle n'a pas gerb&#233; la photo de Nicolas 1er qui tr&#244;ne dans la mairie, elle vous r&#233;pond : &lt;i&gt;&#171; C'est pour ne pas oublier ce &#224; quoi je ne veux pas ressembler ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Douze heures chrono</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Douze-heures-chrono</link>
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		<dc:date>2010-06-08T10:02:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


		<dc:subject>Aurel</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>L'h&#244;pital</dc:subject>
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		<dc:subject>France Inter</dc:subject>
		<dc:subject>Inter</dc:subject>
		<dc:subject>l'ongle incarn&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>non-remplacement d'un</dc:subject>
		<dc:subject>urgences</dc:subject>
		<dc:subject>Sainte-Marguerite</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans les h&#244;pitaux publics, &#171; regroupement &#187; et &#171; restructuration &#187; sont les ma&#238;tres mots de &#171; n&#233;cessaires &#187; &#233;conocroques. Et permettent d'inoculer le virus de la rentabilit&#233; au service public de la sant&#233; tout en soignant, en louced&#233;, le secteur priv&#233;. Le petit personnel des urgences en est malade. ROSELYNE BACHELOT, qui est &#224; la sant&#233; ce que l'ongle incarn&#233; est au footing, assurait le 11 mai 2009 sur France Inter que, non non non, &#171; l'h&#244;pital n'est pas touch&#233; par le non-remplacement d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans les h&#244;pitaux publics, &#171; regroupement &#187; et &#171; restructuration &#187; sont les ma&#238;tres mots de &#171; n&#233;cessaires &#187; &#233;conocroques. Et permettent d'inoculer le virus de la rentabilit&#233; au service public de la sant&#233; tout en soignant, en louced&#233;, le secteur priv&#233;. Le petit personnel des urgences en est malade.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;ROSELYNE BACHELOT, qui est &#224; la sant&#233; ce que l'ongle incarn&#233; est au footing, assurait le 11 mai 2009 sur France Inter que, non non non, &lt;i&gt;&#171; l'h&#244;pital n'est pas touch&#233; par le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux &#187;&lt;/i&gt;. Une pr&#233;cision bienvenue alors que la Lagarde de l'&#201;conomie organisait des coupes claires dans ces feignasses de la fonction publique. Et pourtant&#8230; En janvier 2010 tombait le plan de restructuration de l'Assistance publique-h&#244;pitaux de Paris (AP-HP), pr&#233;voyant le regroupement de certains &#233;tablissements ainsi que, comme pas promis du tout, la suppression de 3000 &#224; 4000 postes. Quand on est contraint d'&#233;conomiser 100 millions d'euros par an, rogner sur la bande Velpeau ne suffit pas toujours.Le projet,devant la bronca des salari&#233;s et syndicats &#8212; et la proximit&#233; des &#233;lections r&#233;gionales &#8212;, a &#233;t&#233; suspendu&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de l'Assistance publique-h&#244;pitaux de Marseille (AP-HM), c'est planqu&#233;e sous un brancard que progresse la restructuration avec son &lt;i&gt;&#171; plan de retour &#224; l'&#233;quilibre &#187;&lt;/i&gt; visant &#224; r&#233;duire le d&#233;ficit. Aux urgences de l'h&#244;pital de la Conception, dans le 5e arrondissement, infirmiers, aides-soignants et brancardiers sont en gr&#232;ve depuis le 11 mars dernier. &lt;i&gt;&#171; Je suis ici depuis vingt et un ans, j'ai travaill&#233; de jour comme de nuit&lt;/i&gt;, confie&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_377 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L274xH485/aurel77-de332.jpg?1779602893' width='274' height='485' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Aurel
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Martine, une infirmi&#232;re en gr&#232;ve. &lt;i&gt;Eh bien je peux vous dire qu'aux urgences, douze heures, c'est trop, cela devient dangereux pour le patient,la qualit&#233; des soins risque d'en p&#226;tir. &#187;&lt;/i&gt; Ce n'est pas l'avis de la direction qui pr&#233;voit de modifier leurs horaires de travail, transformant les mornes journ&#233;es de sept heures de taf en celles, plus guillerettes, de douze heures d'affil&#233;e. Une &#233;volution due, selon les gr&#233;vistes, &#224; la fermeture en juin prochain des urgences de l'h&#244;pital Sainte-Marguerite, dans le 9e arrondissement. &lt;i&gt;&#171; Ils veulent int&#233;grer ici les patients de Sainte-Marguerite mais sans effectifs suppl&#233;mentaires, alors que le personnel arrive d&#233;j&#224; &#224; essoufflement &#187;&lt;/i&gt;, explique Angeline, infirmi&#232;re de nuit syndiqu&#233;e &#224; la CGT.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon la direction, 25 agents devrait &#234;tre transf&#233;r&#233;s &#224; la Conception, mais &lt;i&gt;&#171; ce n'est pas s&#251;r du tout, et on ne sait pas &#224; quel poste &#187;&lt;/i&gt;. Or, avec ses 150 entr&#233;es en moyenne par vingt-quatre heures, ces urgences marnent d&#233;j&#224; &#224; flux tendu. &lt;i&gt;&#171; Souvent, on manque de brancards, les pompiers ne peuvent pas d&#233;barquer les patients. Ils veulent me les mettre sur une chaise ! Et je fais quoi,moi,s'ils tombent,s'ils convulsent ? &#187;&lt;/i&gt;, peste Angeline. Un jeune infirmier de nuit, qui &lt;i&gt;&#171; ne [va] pas tarder &#224; [se] tirer de cet hosto &#187;&lt;/i&gt;, explique qu'&#224; l'unit&#233; d'hospitalisation de courte dur&#233;e [UHCD], les sonnettes ne fonctionnent pas : &lt;i&gt;&#171; Et si un malade fait un arr&#234;t respi ? Moi, je leur dis de prendre une cuill&#232;re et de taper sur les barreaux du lit pour nous appeler&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 1er avril, les gr&#233;vistes organisaient un vote &#224; bulletins secrets &#8211; &#171; pour &#187; ou &#171; contre &#187; les douze heures &#8211; aupr&#232;s du personnel. Mais certains d'entre eux n'ont pu y prendre part puisqu'ils suivaient une formation sur&#8230; &lt;i&gt;&#171; l'agressivit&#233; aux urgences &#187;&lt;/i&gt; ! &lt;i&gt;&#171; Il y a effectivement de la violence &#224; notre encontre, les temps d'attente sont longs, les gens sont anxieux, et pas toujours tr&#232;s patients &#187;&lt;/i&gt;, commente une infirmi&#232;re. Malgr&#233; cette abstention forc&#233;e, plus de 71 % de l'&#233;quipe a particip&#233; au vote, et pr&#232;s de 77% d'entre eux refusent la r&#233;organisation de leurs horaires de travail. &lt;i&gt;&#171; Cela n'a pas emp&#234;ch&#233; la direction de soumettre d'ores et d&#233;j&#224; les nouveaux plannings en douze heures&lt;/i&gt;, commente Angeline. &lt;i&gt;De toute fa&#231;on, le personnel de nuit a pr&#233;venu qu'il ne les fera pas, il est pr&#234;t &#224; prendre des bl&#226;mes s'il le faut. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; C'est l'offre de soin qui est mise &#224; mal&lt;/i&gt;, explique G&#233;rard Avena, &lt;i&gt;du syndicat Sud Sant&#233;. Ils ferment les urgences de Sainte-Marguerite parce que, selon eux,deux services d'urgence peuvent suffire &#224; Marseille [ceux de la Conception et de l'h&#244;pital Nord,ndlr], &#233;tant donn&#233; les progr&#232;s de la m&#233;decine et la baisse de la population. Mais, parall&#232;lement, se construit &#224; la Joliette l'h&#244;pital priv&#233; Eurom&#233;diterran&#233;e, o&#249; sont pr&#233;vues des urgences&#8230; Et qui,dans le cadre du plan h&#244;pital 2012 de Roselyne Bachelot,a empoch&#233; 54millions d'euros publics ! Sur la m&#234;me enveloppe, l'AP-HM n'a r&#233;cup&#233;r&#233; que 9 millions pour du renouvellement informatique ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Regroupement, restructuration, retour &#224; l'&#233;quilibre&#8230; La loi de juillet 2009 &#171; H&#244;pital, patients, sant&#233; et territoire &#187; de Roselyne Bachelot conduit d'une part &#224; contraindre l'h&#244;pital public &#224; la rentabilit&#233;, et d'autre part &#224; faire la part belle aux entreprises priv&#233;es de sant&#233;. &lt;i&gt;&#171; &#192; Sainte-Marguerite se cr&#233;e un service de soins de suite et de r&#233;adaptation&lt;/i&gt;, poursuit G&#233;rard.&lt;i&gt; Il y en a besoin : &#224; Marseille, c'est impossible de se faire r&#233;&#233;duquer &#224; l'h&#244;pital. Mais l&#224;, sur le site m&#234;me de Sainte-Marguerite, ce service va &#234;tre ouvert par la Clinique Saint-Martin et La Phoc&#233;anne, des bo&#238;tes priv&#233;es ! J'appelle &#231;a &#8220;faire entrer le loup dans la bergerie&#8221;. &#187;&lt;/i&gt; Si ce n'est pas du remplacement de fonctionnaire&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Psychotiko du Ponant</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Psychotiko-du-Ponant</link>
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		<dc:date>2010-06-07T10:27:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Dante</dc:creator>


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		<dc:subject>bazar</dc:subject>
		<dc:subject>Electric Bazar</dc:subject>
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&lt;p&gt;Comme un parfum de musiques balkaniques c&#233;l&#233;brant la rencontre de Screamin'Jay Hawkins avec Zorba le Grec dans une cave d'Istanbul&#8230; Mais nous sommes &#224; Brest, parce que &#171; Brest, c'est Byzance ! &#187;, comme le chante sur sc&#232;ne Electric Bazar Cie. AVEC DIX ANN&#201;ES de salles, de rues, de chapiteaux, de bars et aussi de sillons (deux albums studio plus un live) les Electric Bazar Cie (ex- Retire tes doigts) reste une formation brestoise de rock'n'roll &#233;pic&#233; par leurs multiples voyages aux quatre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme un parfum de musiques balkaniques c&#233;l&#233;brant la rencontre de Screamin'Jay Hawkins avec Zorba le Grec dans une cave d'Istanbul&#8230; Mais nous sommes &#224; Brest, parce que &lt;i&gt;&#171; Brest, c'est Byzance ! &#187;&lt;/i&gt;, comme le chante sur sc&#232;ne Electric Bazar Cie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;AVEC DIX ANN&#201;ES de salles, de rues, de chapiteaux, de bars et aussi de sillons (deux albums studio plus un live) les Electric Bazar Cie (ex- Retire tes doigts) reste une formation brestoise de rock'n'roll &#233;pic&#233; par leurs multiples voyages aux quatre coins de l'Europe. Leur troisi&#232;me album sortira au mois de mai 2010 et se dresse savamment sur les tempos sauvages du psychobilly de garage (tendance surf band 60's) et des m&#233;lodies aux couleurs orientales, &#224; la mani&#232;re du rebetiko grec, d'o&#249; le titre de l'album &lt;i&gt;Psychotiko&lt;/i&gt;. En hors-d'&#339;uvre, un clip vid&#233;o &#233;voquant les turpitudes des t&#233;k&#233;s (tavernes grecques) o&#249; &#231;a fleure bon le narguil&#233;, l'alcool et la danse des amours impossibles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais r&#233;sumer l'album &#224; son titre serait fatalement r&#233;ducteur car, &#224; l'&#233;coute, on est sans cesse surpris par des ambiances famili&#232;res de musiques populaires vari&#233;es qui font l'empreinte du groupe. Son identit&#233;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L415xH295/psykotiko-1941b.jpg?1779603260' width='415' height='295' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;musicale est avant tout le fruit des rencontres humaines de ses membres, les deux premiers albums &#233;tant plus volontiers port&#233;s par les sonorit&#233;s balkaniques de l'Europe centrale, mais aussi par le musette et le jazz manouche, influences marqu&#233;es par la pr&#233;sence de l'accord&#233;oniste J&#233;r&#244;me Soulas, parti depuis vers d'autres aventures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, pour cette nouvelle galette, Electric Bazar Cie s'est renouvel&#233; dans son r&#233;pertoire, ou plut&#244;t &#233;tendu, car la base rock'n'roll demeure avec un nouveau contrebassiste, Jonathan Caserta, la batterie reste toujours entre les mains de Rowen Berrou et la lead guitar soutient de fa&#231;on plus appuy&#233;e la voix tessitur&#233;e d'&#201;tienne Grass. Quant &#224; l'accord&#233;on, il fait d&#233;sormais place aux clarinettes de Guillaume Le Guern apportant sa touche et une nouvelle complicit&#233; avec le violon et la mandoline de Pierre Le Cocq.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'apport des clarinettes (basse et alto) permet de croiser aussi des airs du klezmer, du rebetiko, des &#201;thiopiques virevoltant parfois avec un ton free-jazz qui marchent sur les traces de Sclavis ou de Portal. Puis il y a le blues, fortement ancr&#233; dans les textes, qui, en anglais comme en fran&#231;ais, exprime le d&#233;sarroi de l'ennui, de l'exil, les frustrations de l'amour et de la mort,mais ni plus ni moins que le d&#233;sir de vivre autre chose, autrement&#8230; Tout cela &#224; la sauce Electric Bazar qui fera bondir les aficionados des compil Peebles et Nuggets. Au-del&#224; des r&#233;f&#233;rences pr&#233;sent&#233;es, le groupe a su peaufiner avec force et finesse un album surprenant par sa maturation et maturit&#233;, une ma&#238;trise m&#234;l&#233;e de virtuosit&#233; dans les styles abord&#233;s. Et sur sc&#232;ne, &#231;a le fait carr&#233;ment, alors n'h&#233;sitez pas&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;https://www.electric-bazar.net&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Electric Bazar Cie&lt;/a&gt; &#8211; &lt;i&gt;Psychotiko&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Printemps silencieux</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Printemps-silencieux</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Printemps-silencieux</guid>
		<dc:date>2010-06-05T10:34:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Alors</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>Rachel Carson</dc:subject>
		<dc:subject>printemps</dc:subject>
		<dc:subject>Croix</dc:subject>
		<dc:subject>RUCHE VERMOULUE</dc:subject>
		<dc:subject>ruches</dc:subject>
		<dc:subject>VERMOULUE</dc:subject>
		<dc:subject>RUCHE</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Guy Marigot a le bourdon. Paysan-apiculteur en Camargue et en C&#233;vennes, il ne d&#233;col&#232;re pas contre &#171; la connerie humaine &#187; qui, en d&#233;cimant les abeilles, travaille &#224; l'avanc&#233;e d'un d&#233;sert beaucoup plus sinistre et radical que le Sahara. Voil&#224; un coup de gueule bien charpent&#233;. UNE RUCHE VERMOULUE et des croix de bois, voil&#224; &#224; quoi se r&#233;duisait le stand de Guy sur le march&#233;, ce mercredi. &#171; Pourquoi cette performance d'artiste, toi qui es plut&#244;t p&#233;quenot ? &#187; &#8211; &#171; Parce que je suis lass&#233; qu'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/RUCHE" rel="tag"&gt;RUCHE&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Guy Marigot a le bourdon. Paysan-apiculteur en Camargue et en C&#233;vennes, il ne d&#233;col&#232;re pas contre &lt;i&gt;&#171; la connerie humaine &#187;&lt;/i&gt; qui, en d&#233;cimant les abeilles, travaille &#224; l'avanc&#233;e d'un d&#233;sert beaucoup plus sinistre et radical que le Sahara. Voil&#224; un coup de gueule bien charpent&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;UNE RUCHE VERMOULUE et des croix de bois, voil&#224; &#224; quoi se r&#233;duisait le stand de Guy sur le march&#233;, ce mercredi.&lt;i&gt; &#171; Pourquoi cette performance d'artiste, toi qui es plut&#244;t p&#233;quenot ? &#187;&lt;/i&gt; &#8211; &lt;i&gt;&#171; Parce que je suis lass&#233; qu'on vienne me demander la bouche en c&#339;ur &#8220;Alors, il para&#238;t que vous avez des probl&#232;mes avec vos abeilles ?&#8221; H&#233; non, c'est pas moi qui ai un probl&#232;me, c'est tout le monde. J'en ai marre de faire d&#233;guster du miel, de montrer mes essaims&#8230; Donc, la vieille ruche repr&#233;sentait le pass&#233; et les croix l'avenir. Le printemps sans hirondelles. Le printemps silencieux&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Rachel Carson, Le printemps silencieux, Plon, 1963.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt; En 1963, Rachel Carson d&#233;non&#231;ait d&#233;j&#224; le massacre. En 2010, m&#234;me si le DDT&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dichlorodiph&#233;nyltrichloro&#233;thane (miam !), premier insecticide moderne.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; a &#233;t&#233; remball&#233; par ses inventeurs militaires, la situation a empir&#233;. &lt;i&gt;&#171; L'abeille, &#231;a fait 160 millions d'ann&#233;es qu'elle est sur terre, elle en a vu d'autres, mais l&#224;,m&#234;me si ces m&#233;canismes ne sont pas irr&#233;versibles, une fois enclench&#233;s, on ne les arr&#234;te pas d'un claquement de doigts. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que se passe-t-il ? &lt;i&gt;&#171; &#199;a fait quinze ans que je suis apiculteur. Au d&#233;but, on avait entre 4 et 6% de pertes en hiver:une ruche qui perd sa reine,qui n'arrive pas &#224; en &#233;lever une nouvelle,c'est normal.Mais depuis quelques ann&#233;es, on est pass&#233; &#224; 50% de casse. &#187;&lt;/i&gt; La Camargue n'est-elle pas une zone sp&#233;cialement sinistr&#233;e ? &lt;i&gt;&#171; On a eu des accidents effroyables. Un jour, on s'est fait cartonner sur un rucher de 180 ruches, on a d&#251; en perdre 120 ou 130. Un bombardement au Lindane,un d&#233;sinfectant utilis&#233; dans les rizi&#232;res,interdit de fabrication en janvier 1997 et d'application en juillet 1997, le temps d'&#233;couler les stocks ! Depuis, apr&#232;s les semis de riz, d&#232;s que d&#233;marrent les raids en h&#233;licopt&#232;re, on emm&#232;ne nos ruches en montagne. &#187;&lt;/i&gt; Seulement voil&#224; : en montagne aussi, la casse s'aggrave. &lt;i&gt;&#171; Pourtant, nos pommiers sont en bio et les ch&#226;taigniers ne sont pas trait&#233;s. Le reste, c'est de la for&#234;t sauvage. Alors ? &#187;&lt;/i&gt; M&#234;me si des chercheurs aux ordres d&#233;tournent l'attention sur des maladies parasitaires ou virales, les pesticides syst&#233;miques&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pesticides p&#233;n&#233;trant la s&#232;ve de la plante trait&#233;e.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; Gaucho et R&#233;gentTS ont fait des ravages. Et le mal ne voyage plus seulement par aspersion directe, mais par vents et par eaux. &lt;i&gt;&#171; Cette ann&#233;e, un copain des Corbi&#232;res a eu 75 ruches kaput,100% de perte. Un autre,dans le parc naturel du Verdon, pareil, 100 %. Une copine en Carinthie [Autriche] a perdu 100% de ses ruches dans l'hiver 2008-2009, en for&#234;t. Un ami, Max Curtis, apiculteur aux &#201;tats-Unis, avait 3500 ruches en Arizona. Il les louait pour la pollinisation des amandiers de Californie. Dans un m&#234;me hiver, il a perdu 2800 ruches. &#187;&lt;/i&gt; Les apiculteurs, en louant leurs ruches pour la pollinisation des arbres fruitiers, se retrouvent aux premi&#232;res loges d'un empoisonnement chimique des cultures en perp&#233;tuelle surench&#232;re. &lt;i&gt;&#171; Je l'ai fait jusqu'en 2008. Mais j'ai arr&#234;t&#233; : aller rendre service au gros con qui traite inconsid&#233;r&#233;ment, &#231;a devenait suicidaire. &#187;&lt;/i&gt; En 2008, aux &#201;tats-Unis, le prix de location d'une ruche est pass&#233; de 23 &#224; 170 dollars. La Californie, premier producteur mondial d'amandes, arrache ses arbres par centaines faute de ruches pollinisatrices. &lt;i&gt;&#171; Max, apr&#232;s avoir refait son cheptel en France, est reparti avec 1200 ruches. Mais la derni&#232;re fois, il m'a dit au t&#233;l&#233;phone qu'il ne lui en restait plus que 200 ou 300. &#201;c&#339;ur&#233;, il a arr&#234;t&#233;. Et moi, je ne sais pas si je vais pouvoir continuer ce m&#233;tier. Au printemps, quand j'ouvre les ruches, j'ai l'impression d'&#234;tre un fossoyeur. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Grenelle de l'environnement ? &lt;i&gt;&#171; Pfff&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Les syndicats ? &lt;i&gt;&#171; La profession n'est pas tr&#232;s courageuse,musel&#233;e par le chantage aux subventions &#187;&lt;/i&gt;, selon Guy Bernelas&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Guy Bernelas, La robe de M&#233;d&#233;e, Consid&#233;rations sur la d&#233;cimation des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Et le probl&#232;me, ce n'est pas de ne plus avoir de miel&#8230; &lt;i&gt;&#171; Non, on boira de l'eau sucr&#233;e ! Mais avec la fin des abeilles,c'est un cha&#238;non de la reproduction sexu&#233;e qui saute. Et il n'y a pas que les abeilles. La faune sauvage pollinisatrice d&#233;guste aussi. Peu de plantes sont autofertiles. Le vent porte le pollen, bien s&#251;r, mais ce n'est pas suffisant. Et &#231;a, &#231;a veut dire, comme aux USA, des printemps silencieux, des amandiers sans amandes, des abricotiers sans abricots, des pommiers sans pommes. &#187;&lt;/i&gt; Alors, la solution, c'est les OGM, le clonage ? &lt;i&gt;&#171; Mais non, les OGM aussi ont besoin de pollinisation. La solution, c'est arr&#234;ter de d&#233;conner. Sinon, on va au-devant de graves probl&#232;mes. &#187;&lt;/i&gt; Des chiffres, des noms, des dates ? &lt;i&gt;&#171; Depuis 1945, environ 150000 mol&#233;cules ont &#233;t&#233; mises sur le march&#233; : organophosphor&#233;s, organochlor&#233;s, inhibiteurs de biosynth&#232;se&#8230; Une convention r&#233;duit depuis peu les mol&#233;cules autoris&#233;es &#224; 30 000. Le canc&#233;rologue Dominique Belpomme affirme qu'il faudrait encore les r&#233;duire &#224; 1500&#8230; Quand je vois le nombre de produits que j'ai utilis&#233;s dans ma carri&#232;re &#8211; j'ai pas toujours &#233;t&#233; en bio &#8211; et qui sont aujourd'hui interdits, je me dis que j'ai d&#251; tuer un paquet de gens ! Je me console en me disant que ce n'&#233;tait pas que des gens bien, mais quand m&#234;me&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Et parmi ces mol&#233;cules se baladant dans la nature, combien se sont associ&#233;es entre elles, pour faire des &#171; petits &#187; dont on ignore tout ? &lt;i&gt;&#171; Bonne question ! Il y a aussi des poisons comme le Round-Up qui sont enfin interdits en agriculture, mais qu'on trouve encore en vente dans les jardineries&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Insecticides, herbicides, fongicides, acaricides&#8230;&lt;i&gt; &#171; Homicide, oui ! Les agrochimistes ont le culot d'appeler &#231;a les sciences de la vie ! Alors que tous ces &#8220;cides&#8221;, &#231;a veut bien dire qu'on flingue &#224; tout va ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les variations climatiques viennent corser l'addition. Des sorties d'hiver de plus en plus tardives, des printemps courts d&#233;bouchant sur des p&#233;riodes chaudes et s&#232;ches, qui font que souvent les plantes ne sont plus nectarif&#232;res. &lt;i&gt;&#171; C'est g&#234;nant, parce que les colonies d'abeilles se d&#233;veloppant au printemps, elles arrivent affaiblies &#224; l'automne, o&#249; elles doivent r&#233;sister &#224; de petits virus faisant alors des d&#233;g&#226;ts &#233;normes. &#187;&lt;/i&gt; En conclusion ? &lt;i&gt;&#171; Je n'ai plus envie de me morfondre &#224; ouvrir des caisses mortes. Je vais reprendre mon ancien m&#233;tier de braqueur de banques [rire]. &#187;&lt;/i&gt; Un dernier espoir, pour la route ? &lt;i&gt;&#171; Que l'humanit&#233; disparaisse avant les abeilles. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Rachel Carson, &lt;i&gt;Le printemps silencieux&lt;/i&gt;, Plon, 1963.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dichlorodiph&#233;nyltrichloro&#233;thane (miam !), premier insecticide moderne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pesticides p&#233;n&#233;trant la s&#232;ve de la plante trait&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Guy Bernelas, &lt;i&gt;La robe de M&#233;d&#233;e, Consid&#233;rations sur la d&#233;cimation des abeilles&lt;/i&gt;, Lucien Souny, 2006.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>C'est quand qu'on ferme ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;EN JETANT UN OEIL sur les chroniques que je tiens dans CQFD depuis pr&#232;s de cinq ans,je m'aper&#231;ois qu'il est souvent question de la mauvaise ambiance qui r&#232;gne dans l'usine. C'est cyclique. Eh bien, l&#224;, je pense que l'on n'est pas loin de toucher le fond. Un vent de sinistrose concernant l'avenir proche de la bo&#238;te agite le personnel.Faut dire qu'il y a peu de sujets de r&#233;jouissance. La filiale engrais de Total ne repr&#233;sente plus qu'&#224; peine 1000 salari&#233;s et le site de Mazingarbe (pr&#232;s de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no77-avril-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;77 (avril 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/filiale-engrais" rel="tag"&gt;filiale engrais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;EN JETANT UN OEIL sur les chroniques que je tiens dans &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; depuis pr&#232;s de cinq ans,je m'aper&#231;ois qu'il est souvent question de la mauvaise ambiance qui r&#232;gne dans l'usine. C'est cyclique. Eh bien, l&#224;, je pense que l'on n'est pas loin de toucher le fond. Un vent de sinistrose concernant l'avenir proche de la bo&#238;te agite le personnel.Faut dire qu'il y a peu de sujets de r&#233;jouissance. La filiale engrais de Total ne repr&#233;sente plus qu'&#224; peine 1000 salari&#233;s et le site de Mazingarbe (pr&#232;s de Lens) va &#234;tre c&#233;d&#233; &#224; des repreneurs belges et espagnols. Des copains, militants ou coll&#232;gues, vont donc nous quitter, changer de statuts et, sans doute,y perdre au passage.Quoi qu'il en soit, la volont&#233; de Total est de se d&#233;sengager petit &#224; petit de ses vieux sites europ&#233;ens au profit des nouvelles installations au Qatar ou en Indon&#233;sie. Sachant, en prime, que la filiale engrais, plut&#244;t d&#233;ficitaire, permet surtout &#224; la firme de payer moins d'imp&#244;ts, on peut se douter qu'actionnaires et PDG ne vont pas s'encombrer longtemps de canards boiteux. Total a gard&#233; Grande Paroisse &#224; cause du proc&#232;s AZF mais,celuici pass&#233;, et m&#234;me s'il y a appel, la multinationale va solder les comptes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis plus de trois mois, l'usine ne produit presque plus rien. Les ateliers sont en arr&#234;t quasi permanent, malgr&#233; des carnets de commande bien remplis et l'arriv&#233;e de la saison des engrais chez les agriculteurs. La raison : des pannes &#224; r&#233;p&#233;tition. L'atelier o&#249; je travaille et qui fabrique de l'ammoniac est vieux et, en d&#233;pit de nombreuses modernisations, &#231;a ne le fait pas. Les pannes et la casse de machines se succ&#232;dent semaine apr&#232;s semaine, ce qui engendre pas mal de stress lors des phases d'arr&#234;t et d'essais de red&#233;marrage. Et comme cet atelier fournit la mati&#232;re premi&#232;re ainsi que la vapeur pour tout le site, rien ne marche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la v&#233;tust&#233; des machines n'est pas seule en cause, il y a aussi cette politique de sous-traitance a minima, avec des soci&#233;t&#233;s de maintenance qui&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH472/efix77-b17bc.jpg?1779603259' width='400' height='472' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;emploient surtout des int&#233;rimaires et peu de personnel vraiment qualifi&#233;. Il faudrait &#233;galement parler de la perte de savoir sur le fonctionnement des installations apr&#232;s les divers plans sociaux &#233;jectant le personnel vieillissant sans lui laisser le temps de former des rempla&#231;ants. Vous me direz que, pendant ce temps-l&#224;, l'usine pollue moins. Pas vraiment, car les rejets en phase de d&#233;marrage ou d'essais restent cons&#233;quents et, de toute fa&#231;on, la tr&#232;s grande majorit&#233; des agriculteurs d&#233;pend des engrais, donc &#231;a pollue ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'ajoute &#224; &#231;a une campagne m&#233;diatique autour d'une tour dans l'usine qui date de 1966. En deux mots : l'engrais liquide est rejet&#233; en haut et &#224; l'int&#233;rieur d'une tour de pr&#232;s de 50 m&#232;tres, &#224; travers un bol trou&#233; tournant et, du fait de la vitesse, la force centrifuge et la gravit&#233;, le liquide se solidifie et arrive en bas, sous forme de granul&#233;s d'ammonitrate. Sauf que c'est un produit corrosif qui bouffe progressivement le b&#233;ton. &#199;a fait des lustres que les salari&#233;s et le CHS-CT se plaignent et les quelques rafistolages effectu&#233;s n'ont pas &#233;t&#233; &#224; la hauteur des risques.Il a fallu une premi&#232;re page dans la presse r&#233;gionale, une campagne de Que Choisir ? et d'une asso &#233;colo pour que la direction annonce des travaux dans les mois prochains. Mais ces travaux sont tellement colossaux et on&#233;reux qu'on n'y croit pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cerise sur le g&#226;teau, on a un nouveau PDG, qui se dit lui-m&#234;me &lt;i&gt;&#171; droit dans ses bottes &#187;&lt;/i&gt; et qui semble missionn&#233; pour fermer les bo&#238;tes. Il a une vision militariste de sa fonction et il veut mater les gauchistes de Rouen qui se mettent trop souvent en gr&#232;ve ( !). C'est quasiment ce qu'il a dit en venant sur le site pour inaugurer, fin mars, le nouvel atelier de fabrication d'acide nitrique. Un atelier au fonctionnement plus qu'intermittent depuis son d&#233;marrage, toujours suite &#224; des probl&#232;mes techniques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, on en est l&#224;. &#192; part pour certains cadres qui croient encore dans des projets de red&#233;ploiement de l'usine, tout le monde est en train de se demander comment on va finir par &#234;tre mang&#233;s. L'usine vendue &#224; des Espagnols ou des Allemands ? L'usine totalement ou en partie ferm&#233;e ? Il y en a qui r&#234;vent de partir en pr&#233;retraite, d'autres qui se voient mut&#233;s ailleurs. Chacun donne une date de fermeture en fonction de l'&#226;ge o&#249; il aimerait partir en retraite. Il y en a m&#234;me un qui m'a dit : &lt;i&gt;&#171; 2012, je crois qu'on ferme en 2012, l'ann&#233;e pr&#233;vue par les Azt&#232;ques &#187;&lt;/i&gt;. Voil&#224;, c'est reparti pour un tour, mais &#224; force &#231;a va bien finir par arriver.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Estaque prend la route</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-Estaque-prend-la-route</link>
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		<dc:date>2010-06-04T09:56:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>profs</dc:subject>
		<dc:subject>coll&#232;ge</dc:subject>
		<dc:subject>parents</dc:subject>
		<dc:subject>Franck</dc:subject>
		<dc:subject>industries locales</dc:subject>
		<dc:subject>slogan sonne</dc:subject>
		<dc:subject>sonne clair</dc:subject>
		<dc:subject>mentalit&#233; ouvri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>ouvri&#232;re reste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un coll&#232;ge marseillais rue dans les trav&#233;es.Gr&#232;ves,camping-occupation, assembl&#233;es communes profs-parents et &#171; caravane pour l'&#233;ducation &#187; poussant la col&#232;re jusqu'&#224; Paris. Contre la casse, si les hi&#233;rarchies sont en dessous de tout, la base est, elle, bien remont&#233;e. &#171; APR&#200;S NOUS AVOIR LICENCI&#201;S, ils s'en prennent &#224; nos enfants ! &#187; Le slogan sonne clair dans ce quartier du nord de Marseille o&#249; la mentalit&#233; ouvri&#232;re reste vive malgr&#233; la fin des industries locales. C'est sous un soleil (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un coll&#232;ge marseillais rue dans les trav&#233;es.Gr&#232;ves,camping-occupation, assembl&#233;es communes profs-parents et &#171; caravane pour l'&#233;ducation &#187; poussant la col&#232;re jusqu'&#224; Paris. Contre la casse, si les hi&#233;rarchies sont en dessous de tout, la base est, elle, bien remont&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; APR&#200;S NOUS AVOIR LICENCI&#201;S, ils s'en prennent &#224; nos enfants ! &#187;&lt;/i&gt; Le slogan sonne clair dans ce quartier du nord de Marseille o&#249; la mentalit&#233; ouvri&#232;re reste vive malgr&#233; la fin des industries locales. C'est sous un soleil frileux et autour d'une table de jardin qu'un enseignant et quatre parents d'&#233;l&#232;ves re&#231;oivent &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Florent, jeune prof d'histoire-g&#233;o, synth&#233;tise l'affaire : &lt;i&gt;&#171; La contestation porte sur la dotation globale horaire [DGH]. C'est-&#224;-dire l'&#233;valuation des moyens allou&#233;s pour la rentr&#233;e 2010-2011. Elle pr&#233;voit la perte de 12,5 heuresposte, transform&#233;es en heures sup', &#224; laquelle il faut ajouter la perte de 4 heures sur la dotation globale. Au m&#234;me moment, l'effectif du coll&#232;ge va passer de 639 &#224; 646 &#233;l&#232;ves, alors qu'il a &#233;t&#233; con&#231;u pour 600. On est class&#233; ZEP, &#8220;ambition-r&#233;ussite&#8221; et &#8220;zone violence&#8221;, pour g&#233;rer le rapport souvent n&#233;gatif que les gamins ont avec l'&#233;cole. Il y a deux types de zones :&#8220;sensible&#8221; et &#8220;violence&#8221;. Ici, c'est &#8220;violence&#8221;&#8230; Malgr&#233; &#231;a, on est parmi les plus mal dot&#233;s du d&#233;partement en heures et en nombre d'&#233;l&#232;ves par classe. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but mars, une premi&#232;re journ&#233;e de gr&#232;ve est suivie &#224; plus de 95 %. Le CA d'&#233;tablissement refuse de voter la DGH. Lors d'un premier entretien avec l'inspection acad&#233;mique [IA], le 4 mars, un certain M. Demougeot reconna&#238;t que les revendications sont l&#233;gitimes et s'engage &#224; les faire remonter par voie hi&#233;rarchique. &lt;i&gt;&#171; Mais la r&#233;ponse de l'inspection d'acad&#233;mie ne concerne qu'une minorit&#233; d'heures. &#187;&lt;/i&gt; Apr&#232;s une nouvelle gr&#232;ve, trois parents d'&#233;l&#232;ves plantent des tentes devant le coll&#232;ge pour protester contre l'abandon &#233;ducatif des quartiers. R&#233;unis en AG, des profs d&#233;cident d'occuper eux aussi le parvis. Un go&#251;ter est organis&#233; le jeudi 18 mars, auquel participent une cinquantaine de parents avec leurs gamins. Le vendredi, une assembl&#233;e r&#233;unit &#224; l'ext&#233;rieur de l'&#233;tablissement une quarantaine de parents et de profs. Le cercle des occupants s'&#233;largit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mardi 23, jour de gr&#232;ve nationale, est massivement ch&#244;m&#233; &#224; l'Estaque. Le mercredi, lors d'une journ&#233;e &#171; coll&#232;ge mort &#187;, seul 15 % des &#233;l&#232;ves attendus se pr&#233;sentent en cours. L'apr&#232;s-midi, une d&#233;l&#233;gation de parents et profs est re&#231;ue &#224; l'IA. &lt;i&gt;&#171; L&#224;, le ton avait chang&#233; : m&#233;pris et fin de non-recevoir. Demougeot a relay&#233; le discours prononc&#233; par Sarko deux heures plus t&#244;t : contre l'absent&#233;isme, suppression des allocations familiales ! On est ressorti furax. &#187;&lt;/i&gt; Franck, en jogging et &#233;charpe de l'OM : &lt;i&gt;&#171; Selon lui, s'il y a des probl&#232;mes c'est parce que les profs sont nuls et nous on est des mauvais parents. Il nous provoquait, on aurait dit qu'il voulait qu'on le frappe ! &#187;&lt;/i&gt; Les Estaqu&#233;ens prennent alors contact avec les lyc&#233;es environnants. Le lendemain, r&#233;unis en AG, les profs de Saint-Exup&#233;ry &#233;crivent &#224; l'IA : &lt;i&gt;&#171; Nous sommes scandalis&#233;s par la mani&#232;re humiliante voire mena&#231;ante dont la d&#233;l&#233;gation du coll&#232;ge de l'Estaque a &#233;t&#233; re&#231;ue hier, mercredi 24 mars, par vos services. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle AG d&#233;cide de lever le campement pour aller planter les tentes devant la mairie centrale. Franck : &lt;i&gt;&#171; Le quartier s'est soud&#233; autour de son coll&#232;ge. On ne savait pas trop ce qui se passait &#224; l'int&#233;rieur. On y envoie nos gosses, mais c'est comme s'ils allaient &#224; l'usine, rien ne transpara&#238;t. Les AG profs-parents ont fait tomber ce mur-l&#224;. &#187;&lt;/i&gt; Maryse est effar&#233;e : &lt;i&gt;&#171; Nos gamins nous parlaient de bousculades, de bagarres, de d&#233;faut de surveillance, d'absence de PQ&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Franck se souvient : &lt;i&gt;&#171; Un jour, j'attendais ma gosse devant le coll&#232;ge et il y a eu une bousculade. Il n'y avait que deux surveillants pour contr&#244;ler les carnets de centaines de minots qui n'avaient qu'une h&#226;te, sortir de l&#224;. L'adjointe de la principale est tomb&#233;e. Je l'ai relev&#233;e, elle m'a dit &#8220;C'est rien, on peut pas faire autrement&#8221; ! &lt;/i&gt; &#187; Franck avoue que si la d&#233;t&#233;rioration se poursuit, il envisagera de scolariser sa fille dans le priv&#233;. Maryse : &lt;i&gt;&#171; La n&#233;gation des probl&#232;mes va loin. En d&#233;cembre, la principale a &#233;t&#233; agress&#233;e par trois ados en allant chercher son gamin &#224; l'&#233;cole et elle n'a pas voulu en parler publiquement. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jef, le cheveu en bataille : &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me de la repr&#233;sentativit&#233; est pos&#233;. Les d&#233;l&#233;gu&#233;s sont tr&#232;s loin de la r&#233;alit&#233; des quartiers. Ils ne font pas le boulot de coordination. Il y a eu une vraie prise de parole et une d&#233;sacralisation de ce monde-l&#224;. L'IA, c'est incroyable, on dirait une forteresse. Quand la d&#233;l&#233;gation est entr&#233;e, on aurait dit qu'on montait &#224; l'&#233;chafaud ! &lt;/i&gt; &#187; Maryse : &lt;i&gt;&#171; Il faut qu'on se r&#233;approprie l'&#233;cole, ce n'est pas une &#233;glise. &#187;&lt;/i&gt; Jef : &lt;i&gt;&#171; Mais il y a des r&#233;ticences, ils ont peur des parents qui rousp&#232;tent. Dans ce quartier, les gens ont le verbe haut, tu as un truc sur le coeur tu le dis, et parfois c'est v&#233;cu comme une agression par le personnel. On a pr&#233;vu une sardinade pour faire durer cette rencontre entre profs et familles. &#187;&lt;/i&gt; Florent : &lt;i&gt;&#171; Il faut remettre de l'humain dans l'&#233;cole. J'ai d&#233;couvert un quartier o&#249; je viens travailler tous les jours sans y vivre. &#187;&lt;/i&gt; Moralit&#233; latente : les syndicats et f&#233;d&#233;rations n'&#233;tant pas &#224; la hauteur d'une situation de casse syst&#233;matique, c'est la base qui doit non seulement r&#233;sister pied &#224; pied, mais aussi penser sa strat&#233;gie, se coordonner et porter sa parole &#224; l'ext&#233;rieur. Florent : &lt;i&gt;&#171; On se bat pour avoir un coll&#232;ge qui ait les moyens d'accueillir tous les enfants, y compris ceux des Gitans ou des couches les plus populaires, et pas seulement en garderie jusqu'&#224; la 4e avant de les l&#226;cher dans la nature. &#187; &#171; L'&#233;ducation est un droit universel. &#187;&lt;/i&gt; C'est sous cette banderole qu'une caravane de profs et parents a pris la route &#224; la faveur des vacances de P&#226;ques. Bivouaquant devant d'autres coll&#232;ges en lutte, elle veut faire remonter les dol&#233;ances jusqu'&#224; Paris. &lt;i&gt;&#171; La pression, il faut la maintenir. Sinon, rien ne changera. Je m'&#233;tais d&#233;j&#224; bagarr&#233; avec le comit&#233; de ch&#244;meurs pour la prime de No&#235;l, ou avec les sans-papiers, mais l&#224;, c'est pour nos gosses &#187;&lt;/i&gt;, souligne Franck en observant sa main tatou&#233;e. &lt;i&gt;&#171; C'est &#231;a qui est touchant : on se bat pour l'avenir. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Le v&#233;ritable visage de la tumeur</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-veritable-visage-de-la-tumeur</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mademoiselle</dc:creator>


		<dc:subject>Les entrailles de Mademoiselle</dc:subject>
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		<dc:subject>HANGAR</dc:subject>
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		<dc:subject>froid terrible</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;LE HANGAR dans lequel on bosse est ouvert &#224; tous les vents, il y r&#232;gne un froid terrible et nous pataugeons dans les produits chimiques. Il para&#238;t que c'est sans risques,mais l'usine est tout de m&#234;me class&#233;e Seveso. Depuis une semaine, je suis derri&#232;re cette &#171; ligne &#187;, puisqu'on ne dit plus &#171; cha&#238;ne &#187;, qu'on n'est plus des ouvriers, qu'ils n'existent plus. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la hi&#233;rarchie, qui ne s'appelle d'ailleurs plus comme &#231;a. Tout ce que je connais d'elle, c'est la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE HANGAR dans lequel on bosse est ouvert &#224; tous les vents, il y r&#232;gne un froid terrible et nous pataugeons dans les produits chimiques. Il para&#238;t que c'est sans risques,mais l'usine est tout de m&#234;me class&#233;e Seveso. Depuis une semaine, je suis derri&#232;re cette &lt;i&gt;&#171; ligne &#187;&lt;/i&gt;, puisqu'on ne dit plus &lt;i&gt;&#171; cha&#238;ne &#187;&lt;/i&gt;, qu'on n'est plus des ouvriers, qu'ils n'existent plus. Ce n'est pas moi qui le dis, c'est la hi&#233;rarchie, qui ne s'appelle d'ailleurs plus comme &#231;a. Tout ce que je connais d'elle, c'est la grosse voiture aux vitres noires que j'aper&#231;ois parfois &#224; l'heure de la pause-d&#233;jeuner. Je ne l'ai jamais vue t&#244;t le matin, quand je cours pour &#234;tre &#224; mon poste avant la sonnerie. Parce qu'ils ont remis les sonneries, &#224; cause de nous, incapables que nous &#233;tions&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_379 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L359xH357/77tanxxx-2874c.jpg?1779603029' width='359' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Tanxxx
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;d'&#234;tre &#224; la minute pr&#232;s devant notre poste. Maintenant, &#231;a sonne quand on arrive, une premi&#232;re fois pour nous dire qu'il faut courir, puis une deuxi&#232;me fois pour nous dire que la ligne va se mettre en marche. Et il vaut mieux &#234;tre l&#224; quand le tapis se remet &#224; d&#233;rouler, sinon les bouteilles d'engrais reprennent leur danse sans nous,avant de s'&#233;crouler sur le sol.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon boulot n'est pas compliqu&#233; selon le gars qui m'a accueillie : &lt;i&gt;&#171; Tout ce que t'as &#224; faire, c'est d'visser, tu vas y arriver ? &#187;&lt;/i&gt;. J'ai dit &lt;i&gt;&#171; Oui &#187;&lt;/i&gt;, et j'ai viss&#233;, viss&#233;, et viss&#233; pendant des heures, de gros bouchons jaunes sur de petites bouteilles d'engrais vertes. Compliqu&#233;, non, mais &#231;a fait tr&#232;s mal au dos et au pouce. Avant l'&#233;tape visseuse, il y a cette fille qui remplit les bidons. Habitu&#233;e de la ligne, elle m'a conseill&#233; de la mettre en veilleuse, parce que &lt;i&gt;&#171; l'atelier des cires, l&#224;-bas, il est bien pire &#187;&lt;/i&gt;. Donc je sais que si je d&#233;conne, ils vont m'y coller et que &#231;a va &#234;tre ignoble. Alors je visse et j'emballe. Je construis les cartons qui seront envoy&#233;s au magasin. J'ai un mec pour m'aider, mais il se partage entre plusieurs lignes, alors il faut anticiper,parce que la cha&#238;ne ne doit jamais s'arr&#234;ter. Jamais. Il faut aussi trier &lt;i&gt;&#171; nos &#187;&lt;/i&gt; d&#233;chets, nettoyer &lt;i&gt;&#171; notre &#187;&lt;/i&gt; poste, compter &lt;i&gt;&#171; nos &#187;&lt;/i&gt; produits pass&#233;s, par heure, par jour, et tout noter. Entre midi et treize heures, je rentre chez moi, je n'habite pas trop loin. J'ai de la chance, la fille qui remplit les bidons mange dans sa voiture, elle. Je ne sais pas comment elle tient le coup, j'ai tellement de mal &#224; me r&#233;chauffer, qu'en rentrant, je mange coll&#233;e contre le radiateur, les l&#232;vres bleuies par le froid. Quarante minutes pour retrouver un visage humain, quarante minutes avant d'y retourner, quarante minutes avant de passer en courant devant la limousine du patron. En fin de journ&#233;e, une femme viendra demander &#224; notre petit chef la permission de s'absenter une matin&#233;e, pour un examen m&#233;dical. Il lui dira non. Elle lui expliquera qu'elle est en suivi cancer. Il ne voudra rien savoir, parce que c'est impossible de ne pas se pr&#233;senter au travail une matin&#233;e lorsqu'on est int&#233;rimaire. Il ajoutera cyniquement que s'il &#233;tait &#224; sa place, il ne ferait pas passer son travail avant sa sant&#233;. La femme &#233;l&#232;ve seule ses trois gosses, et comme nous tous, elle est renouvel&#233;e toutes les semaines. Un &#233;cart et elle ne rempilerait pas. Elle choisira le boulot, et moi, en rentrant chez moi, rompue et gel&#233;e, je me demanderai quel est le v&#233;ritable visage de la tumeur.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Gr&#232;ve &#224; la cr&#232;che</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Greve-a-la-creche</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Greve-a-la-creche</guid>
		<dc:date>2010-05-30T09:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Dugrand, Gwen Hainaux</dc:creator>


		<dc:subject>patron</dc:subject>
		<dc:subject>heures</dc:subject>
		<dc:subject>Baby</dc:subject>
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		<dc:subject>Durieux</dc:subject>
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		<dc:subject>haltegarderie Giono</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Accus&#233;es d'avoir laiss&#233; tra&#238;ner de la mort-aux-rats dans les bacs &#224; jouets, cinq employ&#233;es d'une cr&#232;che priv&#233;e parisienne se sont d&#233;couvert des soutiens du feu de Dieu en la personne des parents-clients et de quelques activistes inventifs. Les gluants ne sont pas une marchandise ! LE 31 MARS &#192; 18 HEURES, &#224; la haltegarderie Giono dans le XIIIe arrondissement de Paris, Christophe Durieux, patron de People and Baby, pr&#233;sente sa nouvelle &#233;quipe de professionnelles aux parents-clients. Arriv&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/People" rel="tag"&gt;People&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/and" rel="tag"&gt;and&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Durieux" rel="tag"&gt;Durieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nouvelle-equipe" rel="tag"&gt;nouvelle &#233;quipe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/haltegarderie-Giono" rel="tag"&gt;haltegarderie Giono&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Accus&#233;es d'avoir laiss&#233; tra&#238;ner de la mort-aux-rats dans les bacs &#224; jouets, cinq employ&#233;es d'une cr&#232;che priv&#233;e parisienne se sont d&#233;couvert des soutiens du feu de Dieu en la personne des parents-clients et de quelques activistes inventifs. Les gluants ne sont pas une marchandise !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE 31 MARS &#192; 18 HEURES, &#224; la haltegarderie Giono dans le XIIIe arrondissement de Paris, Christophe Durieux, patron de People and Baby, pr&#233;sente sa nouvelle &#233;quipe de professionnelles aux parents-clients. Arriv&#233; sur sa belle grosse moto, il traverse la petite foule rassembl&#233;e l&#224; avec tracts et banderoles, faisant mine de ne pas ou&#239;r les slogans qui fusent : &lt;i&gt;&#171; People and Baby exploite et licencie, &#231;a suffit ! &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; Les patrons licencient, licencions les patrons ! &#187;&lt;/i&gt; Des drapeaux CNT, NPA, Sud ondoient derri&#232;re le comit&#233; de soutien cr&#233;&#233; par des parents.Deux heures apr&#232;s,les darons sortent furax de la r&#233;union.Durieux leur avait menti : pour justifier l'absence des cinq salari&#233;es qui accueillaient leurs enfants, il avait pr&#233;text&#233; des arr&#234;ts maladie ou des cong&#233;s. Lorsqu'il sort &#224; son tour,le patron,pris &#224; partie par la centaine de manifestants exigeant qu'il rencontre l'ancienne &#233;quipe, est contraint &#224; regagner la cr&#232;che en l&#226;chant : &lt;i&gt;&#171; Vous allez me pourrir mes march&#233;s ! &#187;&lt;/i&gt; Deux heures plus tard, c'est la police qui l'escortera jusqu'&#224; sa moto, sous les hu&#233;es de la foule, qui sugg&#232;re aux flics de passer les menottes &#224; ce &lt;i&gt;&#171; patron voyou &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sophie, Virginie, Assia,Marion et Cindy ont &#233;t&#233; mises &#224; pied le 2 mars, au lendemain d'une gr&#232;ve pour de meilleures conditions de travail, une augmentation de salaires, la suppression des heures sup' et une convention collective. &lt;i&gt;&#171; Avant la gr&#232;ve, Durieux et ses collaboratrices nous ont propos&#233; de signer des ruptures de contrat.Ils voulaient d&#233;j&#224; se d&#233;barrasser de nous ! &#187;&lt;/i&gt;, rappelle Sophie. En f&#233;vrier, elles avaient cr&#233;&#233; une section CNT, premier syndicat dans la bo&#238;te.Cela a d&#233;plu &#224; celui qui se dit &lt;i&gt;&#171; patron progressiste &#187;&lt;/i&gt;, ayant l'habitude de manier un personnel jeune, f&#233;minin et plut&#244;t mall&#233;able. &#192; la repr&#233;sentante syndicale qui lui demande un rendez-vous,il lance : &lt;i&gt;&#171; En ce moment, je te vois plus que ma femme ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des mises &#224; pied conservatoires&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La mise &#224; pied conservatoire est une sanction qui suspend le contrat de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sont alors prononc&#233;es pour un manquement &#224; l'hygi&#232;ne et &#224; la s&#233;curit&#233; des enfants, sur la base d'un dossier photo crapuleux et sans valeur l&#233;gale, montrant entre autres une caisse &#224; jouets contenant de la mort-aux-rats ! Avant ce jour, aucune des salari&#233;es n'avait fait l'objet de la moindre sanction. La m&#233;decine du travail fera remarquer lors de sa visite que &lt;i&gt;&#171; les anomalies reproch&#233;es aux salari&#233;es sont du domaine des responsables &#187;&lt;/i&gt;. Par ailleurs, l'inspection du travail s'interroge sur &lt;i&gt;&#171; le caract&#232;re cons&#233;cutif et group&#233; des proc&#233;dures &#187;&lt;/i&gt;. Malgr&#233; cela,d&#233;but avril,trois d'entre elles ont &#233;t&#233; licenci&#233;es et les deux autres r&#233;int&#233;gr&#233;es &#8211; une &#224; Giono et l'autre mut&#233;e &#224; La D&#233;fense, chez Total. &#192; m&#234;me accusation, traitement diff&#233;rent&#8230; People and Baby a &#233;t&#233; fond&#233;e en octobre 2004 par Odile Broglin, &#233;pouse de Durieux, et Thomas Fabius, fils de Laurent,qui a revendu ses parts dans la soci&#233;t&#233; avant d'&#234;tre poursuivi pour escroqueries et malversations en 2009. Ils avaient profit&#233; du Plan cr&#232;ches, devenu Dispositif d'investissement petite enfance (DIPE), qui permet la d&#233;l&#233;gation de gestion par les municipalit&#233;s, avec une prise en charge de 80% de la cr&#233;ation et 60% du fonctionnement par la CAF. &#192; l'heure actuelle,l'entreprise g&#232;re une soixantaine de cr&#232;ches en m&#233;tropole et dans les DOM-TOM, ainsi qu'en Suisse et au Luxembourg &#8211; cr&#232;ches d'entreprises (Total, Orange, Philip Morris) ou municipales &#224; gestion d&#233;l&#233;gu&#233;e. Comme les structures d'accueil pour la petite enfance manquent cruellement, les mairies ont la possibilit&#233;, depuis janvier 2004, de confier la gestion des cr&#232;ches &#224; des priv&#233;s, sans se soucier du devenir des salari&#233;s. Gr&#226;ce &#224; la R&#233;vision g&#233;n&#233;rale des politiques publiques, People and Baby emploie plus de 1000 personnes qui ne b&#233;n&#233;ficient ni de convention collective ni de CHSCT&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail.&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, et qui sont repr&#233;sent&#233;es par une d&#233;l&#233;gation unique du personnel&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;l&#233;gation unique du personnel (ou DUP) regroupe les d&#233;l&#233;gu&#233;s du (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas d'augmentation donc pour les salari&#233;es. Du fric, pourtant, People and Baby doit en avoir un peu, puisqu'elle semble &#234;tre li&#233;e de pr&#232;s &#224; People and Business Consulting, bo&#238;te de conseil en communication d'entreprises faisant dans l'&#233;v&#233;nementiel &#8211; galas, &#171; team building &#187;, etc.&#8211;, h&#233;berg&#233;e &#224; la m&#234;me adresse que People and Baby et joignable au m&#234;me standard,et dont Durieux est &#233;galement PDG. Comme on n'est jamais aussi bien servi que par soi-m&#234;me, la formation dans les cr&#232;ches People and Baby est assur&#233;e par l'association loi 1901 Enfance pour tous,cr&#233;&#233;e en mai 2008, dont la pr&#233;sidente n'est autre que&#8230; Odile Broglin ! Association dont les m&#233;thodes de gestion du personnel semblent &#233;galement exp&#233;ditives&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire article paru dans Le R&#233;publicain lorrain du 27 f&#233;vrier 2010, intitul&#233; &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Au lendemain du rassemblement, un CE devait se tenir au si&#232;ge de la soci&#233;t&#233;, avenue Hoche.Comit&#233; d'entreprise perturb&#233; par une vingtaine de trublions. Les revendications sont les m&#234;mes que la veille,mais Durieux a pens&#233; &#224; une alternative : &lt;i&gt;&#171; Je peux vous conseiller pour monter votre propre structure d'accueil associative. &#187;&lt;/i&gt; Merci patron ! Quelques heures plus tard, l'intersyndicale (CGT, Sud, CNT) se plantait devant la mairie du XIIIe et le si&#232;ge &#233;tait occup&#233; par une cinquantaine de personnes. Marion est re&#231;ue en d&#233;l&#233;gation avec un parent d'&#233;l&#232;ve : &lt;i&gt;&#171; Le directeur de cabinet nous a clairement fait comprendre qu'il &#233;tait du c&#244;t&#233; de People and Baby, en retournant nos arguments contre nous ! &#187;&lt;/i&gt; Une fois de plus, vers 21h30, Christophe, Odile et leurs sous-fifres font appel &#224; la police, ainsi qu'&#224; une soci&#233;t&#233; de s&#233;curit&#233; priv&#233;e, afin de pouvoir quitter les lieux. La pauvre Odile est au bord de la crise de nerfs. Le 28 mars et le 2 avril, deux f&#234;tes de soutien ont &#233;t&#233; organis&#233;es afin de r&#233;colter des fonds pour les licenci&#233;es&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Souscription en ligne sur le site www.cnt-f.org/santesocial.rp.&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, qui gardent un moral d'acier : &lt;i&gt;&#171; Malgr&#233; la violence de la situation, les pressions de la direction et le silence des pouvoirs publics, la section est d&#233;termin&#233;e &#224; aller jusqu'au bout&#8230; et aussi loin qu'il le faudra ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La mise &#224; pied conservatoire est une sanction qui suspend le contrat de travail et prive de fait les employ&#233;s de leur salaire.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comit&#233; d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;l&#233;gation unique du personnel (ou DUP) regroupe les d&#233;l&#233;gu&#233;s du personnel et les &#233;lus au CE. Elle ne peut &#234;tre mise en place que lorsque l'entreprise compte entre 50 et 199 salari&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire article paru dans &lt;i&gt;Le R&#233;publicain lorrain&lt;/i&gt; du 27 f&#233;vrier 2010, intitul&#233; &#171; Des relations troublantes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Souscription en ligne sur le site &lt;a href=&#034;https://www.cnt-f.org/santesocial.rp&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.cnt-f.org/santesocial.rp&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Enferm&#233; dehors</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Enferme-dehors</link>
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		<dc:date>2010-05-29T10:18:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


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&lt;p&gt;Matoub, la quarantaine, vit en France depuis une dizaine d'ann&#233;es. Il bosse au black, encaisse son salaire sous un nom d'emprunt, sous-loue son logement. Il s'est mitonn&#233; une vie discr&#232;te pour se faufiler entre les rafles. &#192; la terrasse d'un bar, il se raconte sans crainte &#224; CQFD. En forme de monologue. &#171; QUAND JE SUIS PARTI de mon village de Kabylie, en 2001, je n'&#233;tais plus un enfant depuis longtemps. Apr&#232;s quelques &#233;tudes techniques, j'&#233;tais au ch&#244;mage et sans cesse occup&#233; &#224; filer la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no77-avril-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;77 (avril 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Samson" rel="tag"&gt;Samson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parce" rel="tag"&gt;Parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/parents" rel="tag"&gt;parents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/clandestin" rel="tag"&gt;clandestin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/situation" rel="tag"&gt;situation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kabylie" rel="tag"&gt;Kabylie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Matoub, la quarantaine, vit en France depuis une dizaine d'ann&#233;es. Il bosse au black, encaisse son salaire sous un nom d'emprunt, sous-loue son logement. Il s'est mitonn&#233; une vie discr&#232;te pour se faufiler entre les rafles. &#192; la terrasse d'un bar, il se raconte sans crainte &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. En forme de monologue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; QUAND JE SUIS PARTI de mon village de Kabylie, en 2001, je n'&#233;tais plus un enfant depuis longtemps. Apr&#232;s quelques &#233;tudes techniques, j'&#233;tais au ch&#244;mage et sans cesse occup&#233; &#224; filer la main pour le potager, la famille, les voisins. Mais, surtout, j'avais envie de voyager, de vivre autre chose, de voir le r&#234;ve europ&#233;en, comme on disait. Mes parents, avec qui je vivais, &#233;taient contre. J'ai mis du temps &#224; rassembler un peu d'argent, pour payer le visa et le voyage et pouvoir tenir quelques mois en France. &#192; cette &#233;poque, les restrictions de visa prises depuis 1993 par les gouvernements alg&#233;riens et fran&#231;ais avaient &#233;t&#233; all&#233;g&#233;es. On s'est embarqu&#233;s, un ami et moi, comme touristes, avec l'id&#233;e de ne pas rentrer au pays. Ce n'&#233;tait pas trop difficile pour moi : mon p&#232;re avait une carte de r&#233;sident &#8211;il a pass&#233; sa vie en France &#224; travailler sur des chantiers&#8211; et mon fr&#232;re vivait d&#233;j&#224; l&#233;galement &#224; Paris. Je suis rest&#233; quelques semaines chez lui, puis j'ai rencontr&#233; des amis avec qui j'ai trouv&#233; un logement en sous-location. Le boulot est venu par le bouche-&#224;-oreille : petits travaux de ma&#231;onnerie, d&#233;m&#233;nagements, toujours au black bien s&#251;r. C'est six mois apr&#232;s mon arriv&#233;e que je suis vraiment devenu un clandestin. C'est plus qu'une situation, c'est un sentiment tr&#232;s particulier. Tu gamberges sans cesse, &#224; tes gestes, &#224; te r&#233;gler sur les autres, &#224; &#233;viter certains endroits, certaines heures. Te faire remarquer par les flics, c'est tr&#232;s souvent une question d'&#233;tat d'esprit qu'ils peuvent percevoir dans ta mani&#232;re de te tenir, dans ton regard lorsque tu les croises. Une fois, c'&#233;tait en 2005, une voiture de police est pass&#233;e devant moi alors que j'attendais le bus au milieu de la foule. Sur le moment, j'ai su qu'ils allaient me contr&#244;ler. J'ai fait trois heures de garde &#224; vue avant d'&#234;tre rel&#226;ch&#233;, situation impensable aujourd'hui. Depuis deux ou trois ans, j'ai plus confiance en moi. Gr&#226;ce &#224; mes longues observations, j'ai appris &#224; me fondre dans le comportement de monsieur-tout-le-monde. Pour moi, finalement, toutes les mesures&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L447xH299/samson77-73a80.jpg?1779603185' width='447' height='299' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Samson
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;contre les sans-papiers, les rafles, les expulsions, n'ont pas chang&#233; grand-chose. M&#234;me si je n'oublie jamais que je suis ici un clandestin, je ne me sens pas diff&#233;rent des autres. Et puis, j'ai un caract&#232;re paisible, je cherche des probl&#232;mes &#224; personne, j'imagine m&#234;me des arrangements, comme lorsque j'ai demand&#233; &#224; mon patron que mon salaire, un peu plus &#233;lev&#233; du fait de mon exp&#233;rience, soit align&#233; sur celui des autres employ&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partir de Kabylie, &#231;a voulait dire, pour moi, &#234;tre libre. La soci&#233;t&#233; musulmane ne me convenait pas. Au village, j'habitais chez mes parents pour ne pas &#234;tre mal jug&#233; par la famille et les voisins. Rencontrer une femme signifiait obligatoirement se marier. Ici, je m'en sors tout seul et j'en suis fier. J'ai chang&#233; de vie m&#234;me si je savais d&#232;s le d&#233;part que je prenais des risques, ceux de la gal&#232;re, de l'arrestation et d'un retour forc&#233;, et humiliant, au pays. Bien s&#251;r qu'entre ce que j'imaginais &#224; partir de ce que montre la t&#233;l&#233;vision et la r&#233;alit&#233; que je vis, il y a d'&#233;normes diff&#233;rences. Mais je ne suis pas d&#233;&#231;u. Je m'invente plein de projets. Au cas o&#249; je pourrais d&#233;poser un dossier de r&#233;gularisation puisque j'ai entendu dire que c'&#233;tait possible pour les Alg&#233;riens r&#233;ussissant &#224; prouver, avec des certificats m&#233;dicaux par exemple, dix ann&#233;es de r&#233;sidence en France. Me marier pour obtenir la nationalit&#233; ne m'int&#233;resse pas. &#199;a me fait mal de mentir, ce n'est pas dans mon caract&#232;re. Quand je rencontre une femme, je ne lui parle pas de ma situation, parce que je me dis qu'elle pourrait en parler autour d'elle ou parce que &#231;a lui ferait peur et qu'elle me quitterait aussit&#244;t. Mes relations amoureuses sont donc toujours bizarres. Lorsque des id&#233;es noires arrivent, j'essaie de les chasser aussit&#244;t. Je ne suis pas seul, je connais beaucoup de monde, des gens d'ici principalement parce que dans l'ensemble j'&#233;vite d'&#234;tre avec des Kabyles. M&#234;me si je m'inqui&#232;te du futur, j'ai la certitude que je vais m'en sortir, que je vais vivre une belle relation sans forc&#233;ment me marier, que la situation en g&#233;n&#233;ral va changer. C'est tr&#232;s na&#239;f mais je m'y accroche. De toute fa&#231;on, je ne parle pas de ma situation de clandestin. Quand il ne s'agit pas d'histoires amoureuses, si je me sens en confiance, mais toujours avec prudence, il m'arrive d'en parler un peu et, souvent, je vois que les gens sont choqu&#233;s par le fait que je risque &#224; tout instant de me faire arr&#234;ter. Mes coll&#232;gues de travail connaissent ma situation. Mon patron aussi, m&#234;me s'il fait semblant de l'ignorer. Et de toute fa&#231;on, je suis pay&#233; comme tout le monde. Retourner en Kabylie ? Mes parents, et surtout ma m&#232;re, me manquent. Je ne sais pas si j'y retournerai un jour. L'Alg&#233;rie reste mon pays mais je me sens d'ici maintenant : je suis &#233;mu quand l'&#233;quipe de France gagne, je connais mieux la politique fran&#231;aise que l'alg&#233;rienne. J'ai fait un choix. Et si demain, je me fais arr&#234;ter, aussi &#233;trange que &#231;a puisse para&#238;tre, je n'aurais de reproches &#224; faire qu'&#224; moi-m&#234;me&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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