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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Usine de Feursm&#233;tal : une main de fer dans un gant de rouille</title>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; l'usine de Feursm&#233;tal, dans la Loire, on recycle les ferrailles et on remplit les civi&#232;res : plus de sept cents accidents du travail en un an, sans compter les maladies et les d&#233;c&#232;s. En prime, les ouvriers ont gagn&#233; le droit de traiter aussi les d&#233;chets ferreux de la fili&#232;re nucl&#233;aire. C'est &#231;a ou la d&#233;localisation de l'usine&#8230; Pour se rendre &#224; Feurs, dans la Loire, il est pr&#233;f&#233;rable de prendre l'autoroute. Par la montagne, la route est magnifique mais tr&#232;s enneig&#233;e &#224; cette &#233;poque de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no19-janvier-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;19 (janvier 2005)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fonderie-Feursmetal" rel="tag"&gt;fonderie Feursm&#233;tal&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'usine de Feursm&#233;tal, dans la Loire, on recycle les ferrailles et on remplit les civi&#232;res : plus de sept cents accidents du travail en un an, sans compter les maladies et les d&#233;c&#232;s. En prime, les ouvriers ont gagn&#233; le droit de traiter aussi les d&#233;chets ferreux de la fili&#232;re nucl&#233;aire. C'est &#231;a ou la d&#233;localisation de l'usine&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour se rendre &#224; Feurs&lt;/strong&gt;, dans la Loire, il est pr&#233;f&#233;rable de prendre l'autoroute. Par la montagne, la route est magnifique mais tr&#232;s enneig&#233;e &#224; cette &#233;poque de l'ann&#233;e, un coup &#224; planter sa guimbarde dans un foss&#233;. Quand on arrive enfin, prendre &#224; gauche au premier embranchement : on tombe alors sur les b&#226;timents gris de la fonderie Feursm&#233;tal. De nuit et sous la neige, l'endroit est peu attrayant : une grille, une voie de chemin de fer qui p&#233;n&#232;tre dans l'enceinte, quelques lampadaires tentant de se frayer une place dans l'obscurit&#233;. Peu de bruit &#224; l'usine, en dormance entre No&#235;l et nouvel an. On imagine l'&#233;quipe du matin arrivant au chagrin la gueule enfarin&#233;e et pas une envie d&#233;mentielle de retrouver les fours, le m&#233;tal en fusion, la poussi&#232;re, les fum&#233;es noir&#226;tres&#8230; Un rassemblement d'habitants et de salari&#233;s, s&#233;questrant la direction pour protester contre son dernier sale coup, donnerait s&#251;rement une petite touche plus chaleureuse. Feursm&#233;tal, filiale d'AFE (leader europ&#233;en de l'acier moul&#233;), recycle des ferrailles pour leur offrir une seconde vie dans les transports (pi&#232;ces pour les wagons SNCF), la plomberie industrielle (robinets), le BTP (dents de pelleteuses)&#8230; Mais avec une augmentation de 120 % du co&#251;t de la mati&#232;re premi&#232;re ces derniers mois, et de grosses difficult&#233;s d'approvisionnement, les affaires ne vont pas fort. De quoi d&#233;sesp&#233;rer le mar&#233;chal-ferrant. Heureusement, la Socatri, filiale d'Areva sp&#233;cialis&#233;e dans la d&#233;contamination de ferrailles utilis&#233;es dans la fili&#232;re nucl&#233;aire, lui apporte une solution cl&#233; en main : elle a tout un stock de d&#233;chets &#224; refourguer pour des clopinettes. Par l'odeur all&#233;ch&#233;e, la direction de Feursm&#233;tal souhaite r&#233;cup&#233;rer ces ferrailles pour les refondre dans ses&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L284xH387/19Berth-nucleaire02-af8f5.gif?1768651070' width='284' height='387' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;fours. La fili&#232;re nucl&#233;aire va donc pouvoir se d&#233;barrasser de toutes ces vieilleries, dont la diss&#233;mination est pourtant interdite par un arr&#234;t&#233; minist&#233;riel de 2002. Mais Feursm&#233;tal profiterait d'une d&#233;rogation, au grand dam des habitants, dont les plus inquiets se sont regroup&#233;s au sein d'une Association pour la d&#233;fense de la sant&#233; et de l'environnement (ADSE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roland B&#233;raud, membre de l'ADSE mais aussi salari&#233; de la fonderie et secr&#233;taire adjoint de la section CGT, explique &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : &lt;i&gt;&#171; &#199;a a commenc&#233; en mai 2003. Dans le dossier, la direction parlait de ferrailles issues de containers ayant servi &#224; transporter du minerai d'uranium, en amont de la fili&#232;re nucl&#233;aire. &#187;&lt;/i&gt; On h&#233;site d'abord &#224; lever les boucliers : du minerai, &#231;a peut pas faire de mal&#8230; Mais &lt;i&gt;&#171; en f&#233;vrier 2004&lt;/i&gt;, poursuit Roland, &lt;i&gt;on s'est rendu compte que le projet englobait des ferrailles venant de toute la fili&#232;re : CEA, Cogema, DGA&#8230; Le dossier indiquait le chiffre de 153 000 tonnes &#224; refondre. &#187;&lt;/i&gt; Et beaucoup plus ensuite, redoute Roland, &lt;i&gt;&#171; si on met le doigt dans l'engrenage, avec le d&#233;mant&#232;lement des centrales nucl&#233;aires qui arrive&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet &#171; Toujours irradier &#187;, CQFD n&#176;18.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Malgr&#233; les protestations de l'ADSE, Feursm&#233;tal et la Socatri vont entamer en 2005 des essais sur 580 tonnes, &#171; en application du principe de pr&#233;caution &#187;, comme on dit maintenant, mais sans enqu&#234;te publique pr&#233;liminaire, et avec l'aval de la DRIRE et du pr&#233;fet. Le contr&#244;le des essais sera assur&#233; par&#8230; Feursm&#233;tal et la Socatri. Autrement dit, c'est le patron qui se contr&#244;le lui-m&#234;me. &#201;videmment, les deux bo&#238;tes ont d'ores et d&#233;j&#224; interdit &#224; la Criirad, commission de recherche et d'information ind&#233;pendante sur la radioactivit&#233;, de venir y mettre son nez. Selon la direction de Feursm&#233;tal, &lt;i&gt;&#171; &#224; ce stade d'&#233;tude, le projet ne pr&#233;sente pas de risques &#187;&lt;/i&gt;, et tout se passera pour le mieux dans le meilleur des mondes radioactifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans une brochure distribu&#233;e aux commer&#231;ants de Feurs le 18 novembre 2004, la fonderie mart&#232;le son &lt;i&gt;&#171; intime conviction : il s'agit d'un projet sans aucun danger pour la sant&#233; de nos collaborateurs ou des riverains du site &#187;&lt;/i&gt;. Sur le papier, &#231;a ne fait pas de doute, mais &lt;i&gt;&#171; l'intime conviction &#187;&lt;/i&gt; appliqu&#233;e &#224; une usine plus que v&#233;tuste peut r&#233;server des surprises. Dans la nuit qui a suivi la diffusion de ce document, un accident s'est produit sur un des fours : deux salari&#233;s ont &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s par un m&#233;chant retour de flamme de m&#233;tal en fusion. L'un d'entre eux a d&#251; &#234;tre hospitalis&#233;. &lt;i&gt;&#171; Et c'est sur ces m&#234;mes fours qu'ils veulent refondre la ferraille de Socatri ! &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;nerve Roland. Marie-Annick Alouin, secr&#233;taire de l'ADSE, compl&#232;te : &lt;i&gt;&#171; J'ai pu entrer &#224; Feursm&#233;tal, lors d'une visite organis&#233;e par l'office du tourisme : on se croirait au temps de Zola, de Germinal&#8230; Les ouvriers ne portent m&#234;me pas de protections. &#187;&lt;/i&gt; &#192; en croire les infos donn&#233;es par la Commission d'hygi&#232;ne, de s&#233;curit&#233; et des conditions de travail (CHSCT) de la bo&#238;te, ce n'est pas Germinal, mais la retraite de Russie. On y apprend qu'en vingt ans, dix-huit salari&#233;s ont pass&#233; l'arme &#224; gauche entre 40 et 62 ans, &#224; cause de maladies, accidents du travail et suicides. &lt;i&gt;&#171; Un des copains est actuellement sur un lit d'h&#244;pital, avec son cancer&#8230; &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise Roland. Durant la seule ann&#233;e 2003 on a recens&#233; sept cent trente-deux accidents du travail, dont quatre-vingt-six d&#233;clar&#233;s &#224; la Caisse primaire d'assurance maladie. Et depuis 2000, cinquante-six gars ont fait reconna&#238;tre leurs probl&#232;mes de sant&#233; comme maladie professionnelle. Les photos prises dans les ateliers fournissent un &#233;l&#233;ment d'explication : on aimerait chercher les &lt;i&gt;&#171; sept erreurs &#187;&lt;/i&gt; sur les clich&#233;s pris avant et apr&#232;s la mise en route des fours. Mais c'est impossible : sur la deuxi&#232;me image, une &#233;paisse fum&#233;e grise emp&#234;che de discerner quoi que ce soit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L379xH284/18Berth-Nucleaire01-e5594.gif?1768651070' width='379' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'extracteur est manifestement d&#233;ficient, et ce depuis plusieurs ann&#233;es. Si l'on ajoute &#224; la d&#233;glingue actuelle les quelques becquerels qui pourraient &#233;chapper &#224; la d&#233;contamination, les caisses de retraite vont pouvoir engranger de s&#233;rieuses &#233;conomies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La direction de Feursm&#233;tal assure que l'atelier sera &#233;quip&#233; d'un dosim&#232;tre, mesurant le taux de radioactivit&#233;. Mais &lt;i&gt;&#171; il peut y avoir d'infimes particules d'uranium dans la poussi&#232;re. Le dosim&#232;tre ne sert &#224; rien pour mesurer les poussi&#232;res inhal&#233;es. Le risque est sur le long terme : celui de l'accumulation progressive dans l'organisme &#187;&lt;/i&gt;, observe Fran&#231;oise Nord, m&#233;decin du travail et membre de l' ADSE. Les ouvriers peuvent bien porter un scaphandre, mais comment tenir huit heures habill&#233; en cosmonaute avec une temp&#233;rature ambiante de quarante degr&#233;s ? Feursm&#233;tal promet en outre d'installer un portique de d&#233;tection de radioactivit&#233; pour contr&#244;ler les camions livrant les ferrailles. Mais ce genre de matos fonctionne pour des taux de radiation importants. Et qu'adviendrait-il d'un camion pollu&#233; ? La r&#233;ponse est donn&#233;e dans l'arr&#234;t&#233; pr&#233;fectoral du 30 septembre 2004 autorisant les essais : le camion serait alors&#8230; b&#226;ch&#233; ! &#192; voir la politique de gestion des probl&#232;mes environnementaux de Feursm&#233;tal, on comprend que la population locale l'ait mauvaise. &#192; dix kilom&#232;tres de Feurs, l'entreprise entrepose ses d&#233;chets sur le site du Roule : sables utilis&#233;s pour la fabrication des pi&#232;ces, impuret&#233;s&#8230; Pour tout arranger, une bo&#238;te de recyclage de piles s'est install&#233;e en 1997 dans les b&#226;timents de Feursm&#233;tal. R&#233;sultat, en 2003, le garde-p&#234;che a trouv&#233; un tas de vieilles piles sur le Roule. Lequel croupit &#224; ciel ouvert, non ferm&#233; au public, sans r&#233;cup&#233;ration des eaux de ruissellement qui vont se finir dans le ruisseau en contrebas. Roland pr&#233;cise que le garde-p&#234;che du secteur avait &lt;i&gt;&#171; effectu&#233; des analyses de flotte et d&#233;pos&#233; trois proc&#232;s verbaux aupr&#232;s du tribunal d'instance, qui ont tous &#233;t&#233; class&#233;s sans suite &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis, l'agent a demand&#233; sa mutation pour surveiller des poissons normaux dans un coin plus propre du d&#233;partement&#8230; Quant aux analyses, certains affirment que l'eau au pied du remblai aurait des taux en m&#233;taux sup&#233;rieurs &#224; vingt-deux fois la norme autoris&#233;e. Pratique pour p&#234;cher &#224; l'aimant. Mais foin de pr&#233;occupations environnementales : pour la direction, la rentabilit&#233; prime sur toute autre pr&#233;occupation. Lors du d&#233;bat public qui r&#233;unissait le 22 novembre dernier l'ensemble des protagonistes ainsi que sept cents personnes soucieuses de leur devenir, Jean-Luc Gambiez, directeur de Feursm&#233;tal, a expliqu&#233; qu'il fallait faire plus de profits : &lt;i&gt;&#171; L'entreprise d&#233;gage 700 000 euros de gain moyen annuel, c'est tr&#232;s loin de ce qu'attendent les actionnaires. &#187;&lt;/i&gt; Les ferrailles de Socatri permettront de les soulager un peu. Feursm&#233;tal repr&#233;sente cinq cent cinquante emplois, argument non n&#233;gligeable dans une commune de huit mille habitants, et qui autorise tous les chantages. &lt;i&gt;&#171; Ce projet est un des piliers sur lequel repose la p&#233;rennit&#233; d'une activit&#233; difficile comme la n&#244;tre &#187;&lt;/i&gt;, pr&#233;cise sournoisement le patron. Histoire d'achever l'auditoire, il compl&#232;te : &lt;i&gt;&#171; La taxe professionnelle r&#233;serv&#233;e &#224; la commune est de 850 000 euros cette ann&#233;e, je tenais &#224; le dire au passage &#187;&lt;/i&gt;, comme &#231;a, l'air de rien. Et d'encha&#238;ner sur l'argument massue : les probl&#232;mes, c'est la faute aux pas-de-chez-nous, &lt;i&gt;&#171; avec une concurrence qui vient de l'est de l'Europe et des pays asiatiques &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s de Feursm&#233;tal ne se laissent pas intimider par ce baratin. D'abord, parce que leur bo&#238;te n'a pas attendu &lt;i&gt;&#171; la concurrence &#187;&lt;/i&gt; pour suivre la mode : une partie de la production a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; d&#233;localis&#233;e en Slovaquie, entra&#238;nant la perte de cent emplois. La fabrication de petites pi&#232;ces est en cours de d&#233;localisation en Chine. Quant aux pi&#232;ces pour Caterpillar, elles sont d&#233;sormais &#233;labor&#233;es au Mexique. Alors la &lt;i&gt;&#171; p&#233;rennit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, ici, on conna&#238;t. Ensuite, la majorit&#233; des ouvriers et de la population locale ont fait leur choix : &#224; quoi bon avoir du taf si c'est pour manger les pissenlits go&#251;t uranium par la racine avant soixante balais. Lors d'une manif contre le projet Socatri, on pouvait lire sur une banderole : &lt;i&gt;&#171; R&#233;volte chez les ploucs : on veut calancher de vieillesse &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Des-accidents-purement-accidentels'&gt;&#171; Des accidents &#8220;purement accidentels&#8221; &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Aucun-risque-qu-ils-disaient'&gt;&#171; &#8220;Aucun risque&#8221;, qu'ils disaient &#187;&lt;/a&gt;, et &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Anthologie-de-l-atome-inoffensif'&gt;&#171; Anthologie de l'atome inoffensif &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Toujours-irradier'&gt;&#171; Toujours irradier &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;18.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Des accidents &#171; purement accidentels &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Des-accidents-purement-accidentels</link>
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		<dc:creator>Fran&#231;ois Maliet</dc:creator>


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		<dc:subject>bo&#238;te destin&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#192; propos de l'&#233;pid&#233;mie d'accidents de travail constat&#233;s &#224; l'usine Feursm&#233;tal, CQFD a suivi la recommandation qui figure sur un document de la bo&#238;te destin&#233; &#224; la population locale, et o&#249; figurent les num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone de ses cadres les plus m&#233;ritants : &#171; N'h&#233;sitez pas &#224; les joindre ! &#187; On n'a pas h&#233;sit&#233;. Interrog&#233;e sur le retour de flamme qui a valu en novembre trois semaines d'hosto &#224; un salari&#233;, Yveline Hurel, responsable des ressources humaines, nous rassure tout de suite : l'accident (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no19-janvier-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;19 (janvier 2005)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Feursmetal" rel="tag"&gt;Feursm&#233;tal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/population-locale" rel="tag"&gt;population locale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-epidemie-d-accidents" rel="tag"&gt;l'&#233;pid&#233;mie d'accidents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yveline-Hurel" rel="tag"&gt;Yveline Hurel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-usine-Feursmetal" rel="tag"&gt;l'usine Feursm&#233;tal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail-constates" rel="tag"&gt;travail constat&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/N-hesitez" rel="tag"&gt;N'h&#233;sitez&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/boite-destine" rel="tag"&gt;bo&#238;te destin&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#192; propos de l'&#233;pid&#233;mie d'accidents de travail constat&#233;s &#224; l'usine Feursm&#233;tal, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a suivi la recommandation qui figure sur un document de la bo&#238;te destin&#233; &#224; la population locale, et o&#249; figurent les num&#233;ros de t&#233;l&#233;phone de ses cadres les plus m&#233;ritants : &lt;i&gt;&#171; N'h&#233;sitez pas &#224; les joindre ! &#187;&lt;/i&gt; On n'a pas h&#233;sit&#233;. Interrog&#233;e sur le retour de flamme qui a valu en novembre trois semaines d'hosto &#224; un salari&#233;, Yveline Hurel, responsable des ressources humaines, nous rassure tout de suite : l'accident &#233;tait &lt;i&gt;&#171; purement accidentel &#187;&lt;/i&gt;. Bonne nouvelle : la direction ne s'amuse pas &#224; pi&#233;ger les fours pour faire des farces au personnel&#8230; Preuve que tout va bien, la DRH pr&#233;cise que le coll&#232;gue de l'ouvrier br&#251;l&#233; &lt;i&gt;&#171; a repris le travail d&#232;s le lendemain &#187;&lt;/i&gt;. D'ailleurs, &lt;i&gt;&#171; les accidents, &#231;a arrive tr&#232;s rarement chez nous &#187;&lt;/i&gt;. Et les sept cent trente-deux accidents recens&#233;s en 2003 ?&lt;i&gt; &#171; &#199;a va du gars qui s'est coinc&#233; le doigt dans la porte &#224; celui qui a mal &#224; la t&#234;te &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;torque Yveline Hurel, avec une note de d&#233;dain pour ces chochottes de salari&#233;s qui courent &#224; l'infirmerie au moindre bobo. La multiplication de ces incidents b&#233;nins n'a &#233;videmment rien &#224; voir avec la d&#233;gradation des conditions de travail&#8230; Pas plus que les cas s&#233;rieux. Si 2003 &#233;tait un cru sans accident majeur, 2002 fut une cuv&#233;e m&#233;daill&#233;e : selon Roland B&#233;raud, le d&#233;l&#233;gu&#233; syndical, un gars a &#233;t&#233; &#233;ventr&#233;, les visc&#232;res en charpie, et a pris deux ans d'arr&#234;t de travail. Un autre a failli perdre une main, et n'a repris le boulot que fin 2004. Sur les huit derni&#232;res ann&#233;es, l'entreprise a connu au moins neuf accidents graves requ&#233;rant une hospitalisation longue. &lt;i&gt;&#171; Rare &#187;&lt;/i&gt;, mais efficace&#8230; La mise en p&#233;ril de ses salari&#233;s a d'ailleurs valu plusieurs condamnations au directeur de la bo&#238;te, Jean-Luc Gambiez. R&#233;cemment, il vient encore d'&#233;coper de 4 500 euros d'amende en raison d'une explosion malencontreuse dans un atelier, il y a cinq ans. Mais la DRH ne d&#233;sarme pas : &lt;i&gt;&#171; Le chiffre de dix-huit personnes d&#233;c&#233;d&#233;es en vingt ans est calcul&#233; toutes causes confondues. Par exemple, un accident de voiture est comptabilis&#233;. Mais il n'y a pas eu de d&#233;c&#232;s suite &#224; un accident du travail &#187;&lt;/i&gt;. Elle omet de pr&#233;ciser qu'un ouvrier a laiss&#233; sa peau sur le site de Feursm&#233;tal en 2001, apr&#232;s avoir travers&#233; un toit. Salari&#233; d'une entreprise de sous-traitance, il a d&#233;j&#224; disparu de ses fiches&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Usine-de-Feursmetal-une-main-de'&gt;&#171; Usine de Feursm&#233;tal : une main de fer dans un gant de rouille &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Aucun-risque-qu-ils-disaient'&gt;&#171; &#8220;Aucun risque&#8221;, qu'ils disaient &#187;&lt;/a&gt;, et &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Anthologie-de-l-atome-inoffensif'&gt;&#171; Anthologie de l'atome inoffensif &#187;&lt;/a&gt;..&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Aucun risque &#187;, qu'ils disaient&#8230;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Aucun-risque-qu-ils-disaient</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Aucun-risque-qu-ils-disaient</guid>
		<dc:date>2005-02-20T11:53:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Berth</dc:subject>
		<dc:subject>nucl&#233;aire</dc:subject>
		<dc:subject>Pierrelatte</dc:subject>
		<dc:subject>l'industrie nucl&#233;aire</dc:subject>
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		<dc:subject>soci&#233;t&#233; Radiacontrole</dc:subject>
		<dc:subject>ferrailles sous-trait&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>Radiacontrole</dc:subject>
		<dc:subject>connues Pierrelatte</dc:subject>
		<dc:subject>servi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le discours tenu aux ouvriers de Feursm&#233;tal au sujet des ferrailles sous-trait&#233;es par l'industrie nucl&#233;aire &#8211; &#171; pas de risques, aucun danger &#187; &#8211; est une chanson qui a &#233;norm&#233;ment servi. Notamment, &#224; l'occasion des contaminations radioactives qu'a connues Pierrelatte il y a onze ans. L'affaire remonte au 23 d&#233;cembre 1993. Sur le terrain attenant &#224; son entreprise, un carrossier de Pierrelatte (Dr&#244;me) observe une &#233;quipe d'individus v&#234;tus de combinaisons s'activant &#224; gratter le sol et &#224; enfouir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Berth" rel="tag"&gt;Berth&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nucleaire-597" rel="tag"&gt;nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pierrelatte" rel="tag"&gt;Pierrelatte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-industrie-nucleaire" rel="tag"&gt;l'industrie nucl&#233;aire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/enormement-servi" rel="tag"&gt;&#233;norm&#233;ment servi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours-tenu" rel="tag"&gt;discours tenu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/societe-Radiacontrole" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233; Radiacontrole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ferrailles-sous-traitees" rel="tag"&gt;ferrailles sous-trait&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Radiacontrole" rel="tag"&gt;Radiacontrole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/connues-Pierrelatte" rel="tag"&gt;connues Pierrelatte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/servi" rel="tag"&gt;servi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le discours tenu aux ouvriers de Feursm&#233;tal au sujet des ferrailles sous-trait&#233;es par l'industrie nucl&#233;aire &#8211; &#171; pas de risques, aucun danger &#187; &#8211; est une chanson qui a &#233;norm&#233;ment servi. Notamment, &#224; l'occasion des contaminations radioactives qu'a connues Pierrelatte il y a onze ans. L'affaire remonte au 23 d&#233;cembre 1993. Sur le terrain attenant &#224; son entreprise, un carrossier de Pierrelatte (Dr&#244;me) observe une &#233;quipe d'individus v&#234;tus de combinaisons s'activant &#224; gratter le sol et &#224; enfouir dans des sacs la terre ainsi r&#233;colt&#233;e. Il alerte imm&#233;diatement les services de police. Alors que la presse locale informe que Radiacontrole, soci&#233;t&#233; priv&#233;e sp&#233;cialis&#233;e dans la d&#233;contamination, semble impliqu&#233;e dans une pollution radioactive, et qu'aussit&#244;t la Criirad entre en contact avec la direction, la d&#233;ferlante des chantages, mensonges, faux documents, dissimulations, confusions et jonglages de chiffres s'organise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les responsables de l'entreprise pr&#233;viennent que d'&#233;ventuels d&#233;veloppements m&#233;diatiques risqueraient de mettre au ch&#244;mage plusieurs dizaines de salari&#233;s. S'ils reconnaissent qu'il tra&#238;ne bien dans un hangar un f&#251;t de cobalt et cinq malheureux f&#251;ts de radium 226, ils ne disent mot des br&#251;lages r&#233;guliers de d&#233;chets radioactifs effectu&#233;s en plein air. S'appuyant sur les relev&#233;s du SCPRI, la pr&#233;fecture affirme &#8211; chanson connue &#8211; que &#171; les employ&#233;s et les riverains ne courent aucun risque &#187;. Le &#171; risque &#187; est d'autant plus minime que les relev&#233;s effectu&#233;s par le Laboratoire d&#233;partemental d'analyse et la Cellule mobile d'intervention radiologique, beaucoup plus inqui&#233;tants, ne peuvent &#234;tre rendus publics qu'avec l'accord de la pr&#233;fecture&#8230; Alors que r&#233;gionalement des p&#233;titions circulent et que des rassemblements s'organisent, il faudra attendre plus d'une semaine pour que le SCPRI remette &#224; jour ses compteurs. D'un coup, les chiffres se trouvent multipli&#233;s : le niveau de c&#233;sium 137 passe de 740 &#224; 150 000 bq/kg, celui du cobalt 50 de 18 &#224; 12 000 bq/kg&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'enqu&#234;te r&#233;v&#232;le qu'en 1990 Radiacontrole avait re&#231;u en provenance des centrales de Chinon et Marcoule des &#233;chantillons, r&#233;sidus, poussi&#232;res et d&#233;chets de d&#233;cantation. Un an auparavant, le CEA-CEN de Grenoble avait livr&#233; 92 tonnes de mat&#233;riaux contamin&#233;s qui avaient &#233;t&#233; dispers&#233;es telles quelles, pour ce qui est connu, vers les aci&#233;ries du Haut-Languedoc, une usine sid&#233;rurgique et une cimenterie, un centre de r&#233;cup&#233;ration de ferraille de Mont&#233;limar et des entreprises de Loriol et Saint-&#233;tienne. Contrairement aux producteurs de d&#233;chets qui ne seront jamais incrimin&#233;s, la soci&#233;t&#233; Radiacontrole conna&#238;tra quelques m&#233;saventures judiciaires. Aujourd'hui, suivant la vague po&#233;tique qui a emport&#233; le nom des pourvoyeurs de dangers industriels, transformant Cogema/Framatome en un tr&#232;s exotique Ar&#233;va, la soci&#233;t&#233; Radiacontrole s'est rebaptis&#233;e Salvarem
&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Filiale de Campenon-Bernard, qui construit ponts, &#233;coles, h&#244;pitaux, h&#244;tels, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;	. En attendant une grande fusion public-priv&#233; au doux nom d'Orgasmus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Usine-de-Feursmetal-une-main-de'&gt;&#171; Usine de Feursm&#233;tal : une main de fer dans un gant de rouille &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Des-accidents-purement-accidentels'&gt;&#171; Des accidents &#8220;purement accidentels&#8221; &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Anthologie-de-l-atome-inoffensif'&gt;&#171; Anthologie de l'atome inoffensif &#187;&lt;/a&gt;..&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_326 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH199/19Berth-nucleaire03-1037b.png?1768907877' width='500' height='199' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Berth
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Filiale de Campenon-Bernard, qui construit ponts, &#233;coles, h&#244;pitaux, h&#244;tels, etc&#8230; Du producteur au consommateur, en quelque sorte&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Anthologie de l'atome inoffensif</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Anthologie-de-l-atome-inoffensif</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Anthologie-de-l-atome-inoffensif</guid>
		<dc:date>2005-02-20T11:51:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>progr&#232;s</dc:subject>
		<dc:subject>tribune</dc:subject>
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		<dc:subject>ferraille n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Rozenn Honor&#233;</dc:subject>
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		<dc:subject>Feurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Cette ferraille n'est pas radioactive. Elle peut avoir une fine pellicule d'uranium, elle peut &#234;tre l&#233;g&#232;rement pollu&#233;e. &#187; - Rozenn Honor&#233;, charg&#233;e de l'environnement &#224; Feursm&#233;tal, La Tribune - Le Progr&#232;s, 23/05/03 &#171; On veut continuer &#224; travailler avec le tissu local. Simplement, on tente de lancer une fili&#232;re pour un d&#233;veloppement durable &#187; - Jean-Luc Gambiez, directeur de Feursm&#233;tal, La Tribune &#8211; Le Progr&#232;s, 23/05/03 &#171; Deux paratonnerres radioactifs de marque Helita ont disparu sur un (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no19-janvier-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;19 (janvier 2005)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/progres" rel="tag"&gt;progr&#232;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tribune" rel="tag"&gt;tribune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Feursmetal" rel="tag"&gt;Feursm&#233;tal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ferraille-n-est" rel="tag"&gt;ferraille n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rozenn-Honore" rel="tag"&gt;Rozenn Honor&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Henri-Nigay" rel="tag"&gt;Henri Nigay&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gazette-17483" rel="tag"&gt;Gazette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jean-Claude-Frecon" rel="tag"&gt;Jean-Claude Fr&#233;con&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/general-UMP" rel="tag"&gt;g&#233;n&#233;ral UMP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Feurs" rel="tag"&gt;Feurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Cette ferraille n'est pas radioactive. Elle peut avoir une fine pellicule d'uranium, elle peut &#234;tre l&#233;g&#232;rement pollu&#233;e. &#187;&lt;/i&gt; - Rozenn Honor&#233;,
charg&#233;e de l'environnement &#224; Feursm&#233;tal, &lt;i&gt;La Tribune - Le Progr&#232;s&lt;/i&gt;, 23/05/03&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; On veut continuer &#224; travailler avec le tissu local. Simplement, on tente de lancer une fili&#232;re pour un d&#233;veloppement durable &#187;&lt;/i&gt; - Jean-Luc Gambiez, directeur de Feursm&#233;tal, &lt;i&gt;La Tribune &#8211; Le Progr&#232;s&lt;/i&gt;, 23/05/03&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Deux paratonnerres radioactifs de marque Helita ont disparu sur un chantier de d&#233;molition &#224; Saint-&#233;tienne-de-Remiremont (Vosges). La DGSNR (direction g&#233;n&#233;rale de la S&#251;ret&#233; nucl&#233;aire et de la Radioprotection) recommande &#224; ceux qui les ont pris de ne pas les conserver. En effet, ces deux instruments contiennent du radium 226, une substance radioactive naturelle. &#187;&lt;/i&gt; - &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, 12/12/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; [Le partenariat avec Socatri est] une opportunit&#233; tr&#232;s importante et on aurait tort de ne pas utiliser cette fili&#232;re. Les gens nous font confiance et, dans la transparence, nous r&#233;pondons et r&#233;pondrons aux interrogations. &#187;&lt;/i&gt; - Jean-Yves G&#233;irardin, responsable de la fusion &#224; Feursm&#233;tal, &lt;i&gt;Le petit for&#233;zien&lt;/i&gt;, 02/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; &#8211; Concernant Feursm&#233;tal, y-a-t-il risque pour la population ?
&#8211; Pour la population et pour les ouvriers qui travaillent dans cette entreprise, c'est naturellement la premi&#232;re question que j'ai pos&#233;e lorsque ce dossier a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;&#8230; &#187;&lt;/i&gt; - Interview de Jean-Claude Fr&#233;con,
s&#233;nateur-maire PS de Pouilly-l&#232;s-Feurs, &lt;i&gt;La Gazette&lt;/i&gt;, 22/10/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Le nucl&#233;aire et tout ce qui tourne autour doit &#234;tre &#233;tudi&#233; sous une forme &#8220;non &#233;motionnelle&#8221;. Il faut essayer d'&#234;tre rationnel. &#187;&lt;/i&gt; - Jean-Claude Fr&#233;con, s&#233;nateur-maire PS de Pouilly-l&#232;s-Feurs, &lt;i&gt;La Gazette&lt;/i&gt;, 22 /10/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Des recherches ind&#233;pendantes, initi&#233;es et encourag&#233;es par le Commissariat &#224; l'&#233;nergie atomique (CEA), montrent pour la premi&#232;re fois que le nucl&#233;aire militaire fran&#231;ais est loin d'&#234;tre aussi propre qu'il ne l'affirme. Un article qui vient de para&#238;tre dans une revue scientifique respect&#233;e, le Journal of Atmospheric Chemistry, le sugg&#232;re en tout cas fortement : il montre que les lichens pr&#233;lev&#233;s autour du centre de Valduc (C&#244;te-d'Or), o&#249; le CEA assemble et d&#233;mant&#232;le les bombes H de l'arm&#233;e fran&#231;aise, pr&#233;sentent des concentrations en tritium (isotope radioactif de l'hydrog&#232;ne) mille fois sup&#233;rieures &#224; la normale. &#187;&lt;/i&gt; - Nicolas Chevassus-au-Louis, &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, 03/12/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Il faut d&#233;passionner le d&#233;bat. &#187;&lt;/i&gt; - Henri Nigay, conseiller g&#233;n&#233;ral UMP du Canton de Feurs, &lt;i&gt;La Gazette&lt;/i&gt;, 22/10/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La fa&#231;on dont [&#8230;] le directeur de la DRIRE a &#233;t&#233; d&#233;cri&#233; par les responsables de l'ADSE et les repr&#233;sentants de la CRIIRAD est incroyable. D&#233;nigrer ainsi l'&#201;tat, c'est pour moi l'anarchie ! &#187;&lt;/i&gt; - Henri Nigay,
conseiller g&#233;n&#233;ral UMP du canton de Feurs, &lt;i&gt;La Gazette&lt;/i&gt;, 22/10/04&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Des simulations ont &#233;t&#233; effectu&#233;es en prenant comme param&#232;tres des conditions extr&#234;mes d'utilisation (c'est comme s'il &#233;tait simul&#233; une temp&#234;te de neige sur Feurs o&#249; la totalit&#233; des flocons ne tomberaient que sur l'usine). &#187;&lt;/i&gt; - Document de Feursm&#233;tal distribu&#233; &#224; la population,
novembre 2004&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Usine-de-Feursmetal-une-main-de'&gt;&#171; Usine de Feursm&#233;tal : une main de fer dans un gant de rouille &#187;&lt;/a&gt;, &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Des-accidents-purement-accidentels'&gt;&#171; Des accidents &#8220;purement accidentels&#8221; &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Aucun-risque-qu-ils-disaient'&gt;&#171; Aucun risque, qu'ils disaient&#8230; &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un si&#232;cle et demi d'urbanisme &#224; coups de gourdin</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Alessi Dell'Umbria</dc:creator>


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		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>Jules Mir&#232;s</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au milieu du XIXe si&#232;cle, en pleine expansion industrielle et portuaire, Marseille se dilate. La bourgeoisie locale veut red&#233;finir le centre de la ville. Des sp&#233;culateurs immobiliers descendent de Paris avec des projets : Jules Mir&#232;s, puis les fr&#232;res Pereire, enrichis dans l'haussmannisation de la capitale. Celle-ci a marqu&#233; une rupture compl&#232;te dans la fa&#231;on d'envisager la ville. D'une part, de puissantes banques drainent une &#233;pargne qu'elles investissent dans des op&#233;rations immobili&#232;res, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no19-janvier-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;19 (janvier 2005)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Republique" rel="tag"&gt;R&#233;publique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre-historique" rel="tag"&gt;centre historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pleine-expansion" rel="tag"&gt;pleine expansion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/expansion-industrielle" rel="tag"&gt;expansion industrielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Centre-directionnel" rel="tag"&gt;Centre directionnel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jules-Mires" rel="tag"&gt;Jules Mir&#232;s&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Au milieu du XIXe si&#232;cle, en pleine expansion industrielle et portuaire, Marseille se dilate. La bourgeoisie locale veut red&#233;finir le centre de la ville. Des sp&#233;culateurs immobiliers descendent de Paris avec des projets : Jules Mir&#232;s, puis les fr&#232;res Pereire, enrichis dans l'haussmannisation de la capitale. Celle-ci a marqu&#233; une rupture compl&#232;te dans la fa&#231;on d'envisager la ville. D'une part, de puissantes banques drainent une &#233;pargne qu'elles investissent dans des op&#233;rations immobili&#232;res, r&#233;alis&#233;es par de grandes entreprises qui b&#226;tissent non plus par parcelle mais par &#238;lot. D'autre part, la ville devient un terrain d'intervention de l'&#201;tat, qui se dote des moyens juridiques permettant d'expulser les gens et de planifier les op&#233;rations d'envergure. Cette rencontre du capitalisme concentr&#233; et de l'&#201;tat centralis&#233; constitue l'acte de naissance de l'urbanisme. Le projet de Mir&#232;s pr&#233;voyait la destruction totale de la ville ancienne, majoritairement habit&#233;e par les petites gens, ainsi que l'arasement des collines. Il fut revu &#224; la baisse : une simple avenue perc&#233;e au milieu des vieux quartiers. On commen&#231;a par la d&#233;molition de 1 100 maisons, entra&#238;nant l'expulsion de 16 000 Marseillais. Trente-huit rues disparurent, vingt-trois furent amput&#233;es. Une tranch&#233;e de 250 m&#232;tres de long et 15 de haut fut creus&#233;e entre la colline des Carmes et celles des Moulins, produisant 800 000 tonnes de d&#233;blais. La rue de la R&#233;publique achev&#233;e (alors rue Imp&#233;riale) constitua ainsi une sorte de grand boulevard parisien d'un kilom&#232;tre de long, reliant le Vieux-Port aux nouveaux bassins de la Joliette. Mais ce qui avait fonctionn&#233; &#224; Paris &#233;choua &#224; Marseille. Les &#233;lites locales pr&#233;f&#233;raient se loger au Sud, loin des quartiers populaires. Les beaux appartements ne se vendirent pas, et en 1872 la Cie des fr&#232;res Pereire, incapable d'honorer ses dettes, fut mise en faillite. La ville racheta les immeubles. Des compagnies de navigation vinrent s'y installer. Quant aux appartements, ils finirent par trouver preneurs &#224; des prix bien inf&#233;rieurs &#224; ce que l'on avait pr&#233;vu. Le projet Mir&#232;s continua cependant de hanter les municipalit&#233;s successives. Entre les deux guerres mondiales, on fit ainsi d&#233;truire le quartier de &#171; derri&#232;re-la-Bourse &#187;, puis on envisagea de faire pareil sur la rive nord du Vieux-Port : ce dernier projet fut r&#233;alis&#233; en 1943 quand la Wehrmacht expulsa du jour au lendemain 25 000 personnes et dynamita m&#233;thodiquement les maisons du Vieux-Port.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but des ann&#233;es 1970, alors que le complexe industrialo-portuaire de Fos sortait de terre, Defferre voulut r&#233;aliser un Centre directionnel, destin&#233; &#224; accueillir &#224; Marseille les bureaux des entreprises install&#233;es &#224; Fos. Ce projet concernait les terrains de &#171; derri&#232;re-la-Bourse &#187;, d&#233;j&#224; d&#233;gag&#233;s, et le secteur des Carmes et de la Porte d'Aix, qui fut d&#233;moli. Le projet tourna vite court : d&#232;s 1975, il &#233;tait &#233;vident que la gestion des usines se faisait &#224; Paris, Francfort ou New-York, et non pas &#224; Marseille : le Centre directionnel se r&#233;duisit finalement &#224; peu de chose. N&#233;anmoins, il permit de neutraliser encore un morceau du centre historique. Le projet Eurom&#233;diterran&#233;e, con&#231;u au d&#233;but des ann&#233;es 1990 par les technocrates de la Datar et approuv&#233; par la municipalit&#233; Vigouroux (PS), pr&#233;tend d&#233;passer l'&#233;chec du Centre directionnel. Il s'agit d'une vaste op&#233;ration immobili&#232;re visant &#224; b&#226;tir des immeubles de bureaux et d'habitation middle class, &#224; r&#233;cup&#233;rer une partie du port pour en chasser toute activit&#233; maritime et b&#226;tir une s&#233;rie de galeries marchandes. Eurom&#233;diterran&#233;e entend d&#233;finir une n&#233;o-centralit&#233; urbaine, affranchie des pesanteurs sociales du centre traditionnel o&#249; les pauvres ont r&#233;ussi &#224; se cramponner. Car la question est bien l&#224; : toutes ces d&#233;molitions, qui ont abouti &#224; d&#233;figurer le centre historique de Marseille, n'ont pas r&#233;ussi pour autant &#224; constituer un v&#233;ritable centre bourgeois (l'&#233;chec de la rue de la R&#233;publique en t&#233;moigne). Le Marseille prol&#233;taire a continu&#233; de r&#233;sister comme cette ville sait le faire, par inertie. Eurom&#233;diterran&#233;e entend donc recr&#233;er un centre, d&#233;cal&#233; par rapport au centre g&#233;ographique de la ville, fond&#233; sur le tertiaire sup&#233;rieur, les technologies de pointe et le business culturel. L'obsession de Vigouroux puis de Gaudin (faire revenir les classes moyennes &#224; Marseille) trouverait ainsi un aboutissement. Cent cinquante ans apr&#232;s, la rue de la R&#233;publique incarne encore la lutte pour l'h&#233;g&#233;monie urbaine. Au XIXe si&#232;cle, on fit appel aux capitalistes parisiens, au XXIe on compte sur les capitalistes am&#233;ricains. De la formation de l'&#201;tat-Nation &#224; la mondialisation du capital, c'est un cycle historique complet qui a &#233;t&#233; accompli rue de la R&#233;publique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Selection-immobiliere'&gt;&#171; S&#233;lection immobili&#232;re &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>S&#233;lection immobili&#232;re</title>
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		<dc:date>2005-02-10T12:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Herv&#233; Gouyer</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 80, Marseille perd dix mille habitants par an. Une ville sinistr&#233;e, selon la terminologie usuelle : en fait, une ville &#224; vendre. Immeubles, entrep&#244;ts, friches et rues enti&#232;res sont disponibles en quantit&#233;, pas chers. De quoi faire de bonnes affaires, dans une ville qui compte trente kilom&#232;tres de c&#244;tes. H&#233;las ! Le centre est colonis&#233; par les gueux. &#192; partir de 1994, la ville s'attaque au &#171; nettoyage &#187;, avec des moyens consid&#233;rables. Dix ans plus tard, un cocktail de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no19-janvier-2005" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;19 (janvier 2005)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marseille-perd" rel="tag"&gt;Marseille perd&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ville-sinistree" rel="tag"&gt;ville sinistr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/perd" rel="tag"&gt;perd&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/terminologie-usuelle" rel="tag"&gt;terminologie usuelle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 80, Marseille perd dix mille habitants par an. Une ville sinistr&#233;e, selon la terminologie usuelle : en fait, une ville &#224; vendre. Immeubles, entrep&#244;ts, friches et rues enti&#232;res sont disponibles en quantit&#233;, pas chers. De quoi faire de bonnes affaires, dans une ville qui compte trente kilom&#232;tres de c&#244;tes. H&#233;las ! Le centre est colonis&#233; par les gueux. &#192; partir de 1994, la ville s'attaque au &#171; nettoyage &#187;, avec des moyens consid&#233;rables. Dix ans plus tard, un cocktail de r&#233;alisations et d'effets d'annonce a fait son &#339;uvre. Une immense esplanade, d&#233;gag&#233;e &#224; l'entr&#233;e du port autonome, c&#244;toiera bient&#244;t un radoub am&#233;nag&#233; sp&#233;cialement pour les navires de croisi&#232;re. Un monument-phare destin&#233; &#224; faire joli sur les cartes postales sera bient&#244;t construit face &#224; la mer. Les anciens docks ont &#233;t&#233; transform&#233;s en bureaux de luxe et toute la zone se r&#234;ve en quartier d'affaires. Des places sont transform&#233;es en parkings et cl&#244;tur&#233;es pour en interdire l'acc&#232;s aux habitants. La nouvelle gare TGV est sur le point d'&#234;tre achev&#233;e, ainsi que l'entr&#233;e souterraine de l'autoroute vers Paris. C&#244;t&#233; poudre aux yeux, la mairie ne l&#233;sine pas, comme avec le Carnaval, cr&#233;&#233; et financ&#233; pour drainer au printemps, jusque sous les fen&#234;tres de Gaudin, cent mille personnes de tous les quartiers. Marseille regagne d&#233;sormais dix mille habitants par an. Elle s'est hiss&#233;e du vingti&#232;me au sixi&#232;me rang sur l'&#233;chelle nationale de la chert&#233; immobili&#232;re. Car le prix des logements a fait la culbute, jusqu'&#224; cinq fois dans le centre, et les loyers s'envolent. Les habitants actuels seront ainsi vir&#233;s par &#171; s&#233;lection naturelle &#187; &#8211; d&#233;j&#224; sept mille habitants en moins dans le quartier du Panier (sur seize mille). Les classes populaires sont repouss&#233;es vers les quartiers Nord. Mais elles seront toujours bienvenues dans le centre le jour du Carnaval&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Un-siecle-et-demi-d-urbanisme-a'&gt;&#171; Un si&#232;cle et demi d'urbanisme &#224; coups de gourdin &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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