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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Squat un jour, squat toujours ?</title>
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		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Samuel Mercier</dc:creator>


		<dc:subject>Caroline Sury</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; dans les ann&#233;es 2000 d'un squat marseillais et d'une &#233;vidence &#8211; soigner commence par loger &#8211;, le dispositif Un chez-soi d'abord entendait bousculer la prise en charge du sans-abrisme. Opportunistes, les gouvernements successifs s'en sont empar&#233;s, transformant cette initiative en vitrine de leur action publique. Qui aurait pu pr&#233;dire que la rencontre fortuite d'un psychiatre, Vincent Girard, et d'un guitariste &#224; la rue, Hermann H&#228;ndlhuber, serait le point de d&#233;part d'une petite (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Caroline-Sury" rel="tag"&gt;Caroline Sury&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_11_-23c6d.png?1782865802' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233; dans les ann&#233;es 2000 d'un squat marseillais et d'une &#233;vidence &#8211; soigner commence par loger &#8211;, le dispositif Un chez-soi d'abord entendait bousculer la prise en charge du sans-abrisme. Opportunistes, les gouvernements successifs s'en sont empar&#233;s, transformant cette initiative en vitrine de leur action publique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6580 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/cqfd_squat_social.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH698/cqfd_squat_social-cce01.jpg?1782865802' width='500' height='698' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Qui aurait pu pr&#233;dire que la rencontre fortuite d'un psychiatre, Vincent Girard, et d'un guitariste &#224; la rue, Hermann H&#228;ndlhuber, serait le point de d&#233;part d'une petite r&#233;volution ? Trois ans apr&#232;s leur premier &#233;change en 2004, ils investissent un immeuble de passes rue Curiol dans le centre de Marseille. Le premier squat de France ouvert par des m&#233;decins et des travailleurs sociaux s'est transform&#233; en un dispositif de recherches exp&#233;rimental : Un chez-soi d'abord.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; On n'en a rien &#224; foutre des soins, nous, ce qu'il nous faut, c'est du logement &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Les r&#233;sultats, tr&#232;s vite concluants, ont pouss&#233; le gouvernement &#224; changer sa politique globale de lutte contre le sans-abrisme. Une &lt;i&gt;success-story &lt;/i&gt;en demi-teinte pour cette exp&#233;rience hors du commun, entr&#233;e presque par effraction dans les radars de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un toit d'abord&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le d&#233;dale du centre-ville marseillais, travailleurs sociom&#233;dicaux et b&#233;n&#233;voles de M&#233;decins du monde polissent le bitume &#224; la recherche de personnes en danger &#224; la rue. Parmi eux, Vincent Girard, psychiatre, d&#233;cide &#171; d'aller vers &#187; les sans-abris atteints de troubles psychiques. Lors de sa premi&#232;re maraude, place des R&#233;form&#233;s, il fait la rencontre de Hermann, un grand gaillard germano-autrichien, guitare au poing, qui lui balance franchement : &#171; &lt;i&gt;On n'en a rien &#224; foutre des soins. Nous, ce qu'il nous faut, c'est du logement. &lt;/i&gt; &#187; Un an plus tard, en 2005, le psychiatre hors des clous s'associe &#224; des travailleurs sociaux et m&#233;dicaux ainsi qu'&#224; des b&#233;n&#233;voles pour fonder le collectif Logement sant&#233;. L'&#233;quipe milite pour mettre en place des solutions d'h&#233;bergement, de r&#233;tablissement et d'acc&#232;s aux soins durables, loin de &#171; &lt;i&gt;la philosophie de la psychiatrie qui n'&#233;coute pas les patients et cherche &#224; les mettre sous m&#233;doc et &#224; les enfermer&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ouvrir un squat oui, mais comment ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Fournir un toit aux sans-abris atteints de troubles psychologiques : l'ambition est noble, mais, dans le contexte d'une crise du logement g&#233;n&#233;ralis&#233;e et d'un embrasement du march&#233; immobilier, elle semble compromise. &#192; l'&#233;poque pourtant, la loi anti-squat n'existe pas encore. Tr&#232;s rapidement, Cyril, un membre du collectif qui habite rue Curiol &#224; deux pas des R&#233;form&#233;s, d&#233;gote la perle rare en mati&#232;re d'habitat ill&#233;gal : un b&#226;timent inoccup&#233; qui v&#233;g&#232;te en face de chez lui. &#171; &lt;i&gt; Il a trouv&#233; un propri&#233;taire pr&#234;t &#224; nous vendre la cl&#233; pour 400 euros&lt;/i&gt;, se souvient Vincent.&lt;i&gt; Je retire l'argent direct, je prends la cl&#233; et on commence &#224; nettoyer, aid&#233;s par des gens de la rue et du centre d'accueil Vogue la gal&#232;re &#224; Aubagne. Le b&#226;timent est dans un &#233;tat catastrophique : des trous dans les murs, pas d'&#233;lectricit&#233;, pas d'eau. &lt;/i&gt; &#187; Une travailleuse du sexe mexicaine, qui bossait dans les lieux, leur refile gracieusement sa connexion internet. Un tour sur le site &#171; Kit-Ouvrir un squat &#187;, et voil&#224; que na&#238;t le &#171; Marabout &#187;, nom donn&#233; au squat par ses habitants, le 1er f&#233;vrier 2007. Hermann, aujourd'hui d&#233;c&#233;d&#233;, s'y installe de fa&#231;on permanente et devient le premier &#171; m&#233;diateur-pair en sant&#233; mentale &#187;1 salari&#233; de l'Assistance publique des h&#244;pitaux de Marseille (AP-HM). Malgr&#233; la visite inopin&#233;e et peu amicale d'un agent municipal et d'un autre de Marseille habitat, le bailleur social de la ville, l'&#233;quipe m&#233;dico-sociale obtient la l&#233;galisation du squat en 2008, par la Mairie de Marseille. &#171; &lt;i&gt; Les mecs ont compris que &#231;a allait &#234;tre compliqu&#233; d'expulser des malades et des m&#233;decins qui font de l'humanitaire dans Marseille&lt;/i&gt;, assure Vincent. &lt;i&gt;Moi j'&#233;tais s&#251;r qu'on &#233;tait inarr&#234;table, parce qu'on r&#233;pondait &#224; un tel besoin, et surtout, on faisait de l'humanitaire en France, soutenus par M&#233;decins du monde, la Fondation Abb&#233; Pierre et l'AP-HM. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des fen&#234;tres politiques&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le squat ouvert, il s'agit d&#233;sormais de pr&#234;cher la bonne parole au-del&#224; du tissu associatif, aupr&#232;s des institutions scientifiques et politiques. En 2008, Nicolas Sarkozy est au pouvoir. Avec sa ministre de la Sant&#233;, Roselyne Bachelot, il entend &#171; s&#233;curiser &#187; l'h&#244;pital psychiatrique : contr&#244;ler les entr&#233;es et les sorties des &#233;tablissements avec des syst&#232;mes de vid&#233;osurveillance, &#233;quiper les patients hospitalis&#233;s sans leur consentement d'un dispositif de g&#233;olocalisation, am&#233;nager 200 chambres d'isolement, impliquer le pr&#233;fet dans la d&#233;cision d'autoriser une personne hospitalis&#233;e d'office &#224; sortir. Son discours au personnel de l'h&#244;pital psychiatrique d'Antony laisse un go&#251;t amer tant il stigmatise et criminalise les patients. La boulette est tellement &#233;norme qu'il faut allumer un contre-feu. Il se trouve que, dans le m&#234;me temps, un conseiller de la ministre de la Sant&#233; tra&#238;ne ses oreilles &#224; Science Po Aix o&#249; Vincent Girard donne une conf&#233;rence. Le psychiatre y rappelle que la dangerosit&#233; des personnes sans-abris souffrant de troubles psychiques ou d'addictions est un fantasme, on &#171; &lt;i&gt; imagine qu'ils sont dangereux &lt;/i&gt; &#187;. L'esp&#233;rance de vie de ces personnes par rapport &#224; la population g&#233;n&#233;rale est &#233;court&#233;e de 10 &#224; 20 ans et leur taux de mortalit&#233; est trois &#224; cinq fois sup&#233;rieur. Banco : le conseiller en souffle un mot &#224; sa patronne. &#171; &lt;i&gt;Ils se disent &lt;/i&gt;&#8220;putain, il faut qu'on fasse quelque chose sur la sant&#233; mentale qui n'a rien &#224; voir avec Sarko parce que c'est pourri son message&#8221;, r&#233;sume Vincent. &lt;i&gt;Et Bachelot, qui est quelqu'un de strat&#232;ge, nous confiera apr&#232;s notre rencontre, que c'est par la marge que tu changes le centre. Elle voit bien que nous, on est &#224; la marge. Elle se dit, l&#224;, c'est une mani&#232;re d'impulser quelque chose. Et elle vient dans le squat, elle discute avec des b&#233;n&#233;ficiaires, elle kiffe. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Institutionnalisation rime avec instrumentalisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La machine publique est lanc&#233;e : Vincent est charg&#233; de rendre un rapport minist&#233;riel. En &#233;change, l'&#201;tat lui accorde un financement &#224; hauteur de 30 millions d'euros pour lancer les dispositifs &#233;valuatifs.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;L'id&#233;e reste de travailler autour des besoins et des envies des personnes, &#171; non pas faire &#224; leur place, mais faire avec &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Entre 2011 et 2012, quatre &#171; Un chez-soi d'abord &#187; sont mis en place &#224; Marseille &#8211; le Marabout est ferm&#233; au profit d'un b&#226;timent sur mesure dans la m&#234;me rue &#8211;, puis &#224; Lille, Toulouse et Paris. Une centaine de personnes par ville sont accompagn&#233;es dans des logements o&#249; elles pourront d&#233;velopper des comp&#233;tences psychosociales qui les aideront &#224; vivre avec leurs troubles et surmonter leurs addictions. L'id&#233;e reste de travailler autour des besoins et des envies des personnes, &#171; &lt;i&gt;non pas faire &#224; leur place, mais faire avec&lt;/i&gt; &#187;, explique Vincent. Mais malgr&#233; des r&#233;sultats encourageants en mati&#232;re de &#171; sortie de rue &#187; et une prise en charge moins on&#233;reuse pour la collectivit&#233;, l'&#201;tat se soucie peu du programme jusqu'en 2017. Emmanuel Macron, fra&#238;chement &#233;lu pr&#233;sident de la R&#233;publique, s'attire alors les foudres de l'opposition pour son &#233;conomie de bouts de chandelle sur les plus pr&#233;caires &#8211; la fameuse baisse de cinq euros des APL. Rebelote : il faut allumer un contre-feu. Le gouvernement acte le changement de politique publique &#171; d'h&#233;bergement &#187; en politique de &#171; logement d'abord &#187;. Il n'y a plus qu'&#224; r&#233;colter les fruits du travail &#224; bas co&#251;t men&#233; de longue date par les associations de protection des droits au logement, les travailleurs sociaux et m&#233;dicaux, qui battent tous les jours le pav&#233; aupr&#232;s des personnes sans-abris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les femmes &#171; &lt;i&gt; ne passent pas trois jours dans la rue sans &#234;tre viol&#233;es &lt;/i&gt; &#187;, rappelle Joe, travailleur social &#224; la retraite. En s&#233;curisant les personnes dans un appartement, cela permet de reconstruire ce que la rue d&#233;truit. &#171; &lt;i&gt; La particularit&#233; du sans-abrisme c'est la perte de l'intimit&#233;. Chez soi, on s&#233;curise son intimit&#233;. C'est un besoin vital, c'est ce qui fait notre humanit&#233;. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pouvoirs publics hypocrites&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un chez-soi, c'est devenu une vraie politique publique hyper structur&#233;e&lt;/i&gt;, admet Vincent Girard. &lt;i&gt;Mais la le&#231;on que je retiens, c'est qu'on leur a dit qu'on pouvait vider la baignoire et r&#233;duire le nombre de sans-abris. Mais s'ils en profitent pour la remplir encore plus, &#231;a ne marchera pas. Et c'est ce qu'il se passe, les politiques sur le logement public et sur le logement social qu'ils ont mises en place sont d&#233;sastreuses. Ils ont augment&#233; les risques et le taux d'expulsion. &lt;/i&gt; &#187; En 2024, celui-ci a grimp&#233; de 29 %, soit une hausse de 223 % en vingt ans. &#171; &lt;i&gt;La morale de l'histoire&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;conclut le psychiatre.&lt;i&gt; C'est qu'on agit sur les cons&#233;quences, pas sur les causes, qui sont multiples. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samuel Mercier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La destruction de l'environnement a toujours fait partie du projet colonial &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-destruction-de-l-environnement</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-destruction-de-l-environnement</guid>
		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La&#235;titia Giraud</dc:creator>


		<dc:subject>Alex Less</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans la bande de Gaza, l'arm&#233;e isra&#233;lienne ne se contente pas de cibler la population civile et les infrastructures : elle vise la destruction syst&#233;matique de l'environnement. Un &#233;cocide au service du g&#233;nocide, que documente le biologiste palestinien Mazin Qumsiyeh. Entretien. Deux ans et demi de g&#233;nocide ont conduit au saccage des b&#226;timents civils, des infrastructures de sant&#233; et d'&#233;nergie, des &#233;coles. Mais les bombardements incessants et les incursions des troupes r&#233;pondent aussi &#224; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alex-Less" rel="tag"&gt;Alex Less&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la bande de Gaza, l'arm&#233;e isra&#233;lienne ne se contente pas de cibler la population civile et les infrastructures : elle vise la destruction syst&#233;matique de l'environnement. Un &#233;cocide au service du g&#233;nocide, que documente le biologiste palestinien Mazin Qumsiyeh. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6582 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/2026.05_26couleurs_2.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH432/2026.05_26couleurs_2-77b34.jpg?1782865802' width='500' height='432' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Deux ans et demi de g&#233;nocide ont conduit au saccage des b&#226;timents civils, des infrastructures de sant&#233; et d'&#233;nergie, des &#233;coles. Mais les bombardements incessants et les incursions des troupes r&#233;pondent aussi &#224; une autre logique : la destruction &#233;cologique du territoire. L'eau potable, d&#233;j&#224; largement insuffisante aux besoins quotidiens de la population, est pollu&#233;e. Les sols sont intoxiqu&#233;s par les r&#233;sidus chimiques des bombardements. Les cultures, vergers et serres, qui assuraient une partie de l'approvisionnement alimentaire, ont &#233;t&#233; d&#233;vast&#233;es. Pour de nombreux&#183;ses chercheur&#183;ses, d&#233;fenseur&#183;ses des droits de l'Homme et expert&#183;es li&#233;&#183;es aux organisations internationales, cette destruction syst&#233;matique et intentionnelle des &#233;cosyst&#232;mes et de l'environnement est un &#171; &#233;cocide &#187;. Le concept, bien qu'il ne soit pas encore reconnu dans le droit international, est pourtant indispensable pour comprendre la strat&#233;gie d'annihilation du peuple palestinien que conduit le gouvernement du Premier ministre isra&#233;lien Benyamin Netanyahou &#224; Gaza et dans les territoires palestiniens. Mazin Qumsiyeh, chercheur &#224; l'universit&#233; de Bethl&#233;em, fondateur et directeur de l'Institut palestinien pour la biodiversit&#233; et la soutenabilit&#233;, raconte comment l'&#233;cocide est inh&#233;rent au projet colonial de l'&#201;tat d'Isra&#235;l en Palestine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Biologiste, vous avez contribu&#233; &#224; r&#233;diger la strat&#233;gie nationale palestinienne pour la biodiversit&#233;. Qu'est-ce que cela signifie d'assister &#224; la destruction de la terre et des &#233;cosyst&#232;mes auxquels vous avez d&#233;di&#233; votre vie de scientifique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je suis n&#233; dans la r&#233;gion de Bethl&#233;em [en Cisjordanie, ndlr] et j'ai grandi en assistant &#224; la transformation de nos paysages et de nos communaut&#233;s avec l'installation des colonies sionistes. J'ai toujours voulu &#233;tudier l'environnement et les esp&#232;ces vivantes, et j'en suis donc venu &#224; documenter l'impact du colonialisme sur la nature, les montagnes, les rivi&#232;res, les animaux, les plantes et les hommes. En tant que scientifique, je m'int&#233;resse &#224; tout ce qui m'entoure. Et ce qui m'entoure, ici, c'est l'occupation. Je consid&#232;re que c'est mon devoir de comprendre et rendre compte des d&#233;g&#226;ts qu'elle cause aux &#233;cosyst&#232;mes, mais aussi d'imaginer des solutions et des formes de r&#233;sistance et de r&#233;silience. C'est ce que l'on appelle l'&#233;cor&#233;sistance, ou, chez nous, l'&#233;cosumud. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que nous apprend cette destruction &#233;cologique sur la logique coloniale qui la sous-tend ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La destruction de l'environnement a toujours fait partie du projet colonial. Les deux sont indissociables. On peut regarder du c&#244;t&#233; de l'Am&#233;rique du Nord, ce qu'il reste des for&#234;ts primaires ou des populations de bisons, qui ont &#233;t&#233; compl&#232;tement d&#233;cim&#233;es par les colonisateurs europ&#233;ens. On peut aussi regarder en Australie, o&#249; l'introduction d'esp&#232;ces invasives a compl&#232;tement ravag&#233; les esp&#232;ces end&#233;miques. Chez nous, des centaines d'ann&#233;es de colonisations successives ont exerc&#233; des pressions irr&#233;m&#233;diables sur ce qu'on appelait le &#8220;croissant fertile&#8221;. L'ass&#232;chement des zones humides de la vall&#233;e de la Houla, le d&#233;tournement des sources du Jourdain, l'implantation d'industries polluantes en territoires palestiniens, la construction des murs, le d&#233;racinement des plantations centenaires d'oliviers&#8230; Tout cela a pour cons&#233;quence la rupture des continuit&#233;s &#233;cologiques, l'&#233;rosion des sols, la pollution de l'eau et donc la destruction des moyens de subsistance des communaut&#233;s qui vivent sur ces terres. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Il s'interrompt, un oiseau vient de se poser : &#171; &lt;i&gt;Regardez, un Souimanga de Palestine sur la barri&#232;re. L&#224;-bas, vous voyez ? C'est une observation tr&#232;s rare depuis mon bureau, on a de la chance.&lt;/i&gt; &#187;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et c'est ce qu'il se passe aussi &#224; Gaza ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; Gaza, les dommages caus&#233;s &#224; l'environnement sont souvent regard&#233;s comme de simples &#8220;effets secondaires&#8221; de l'agression isra&#233;lienne, voire comme une strat&#233;gie militaire. Mais ce qu'il faut comprendre c'est qu'il s'agit d'une destruction syst&#233;matique et intentionnelle de l'environnement, d'un &#233;cocide. Benyamin Netanyahou le dit lui-m&#234;me : son objectif est de r&#233;duire notre terre &#224; l'&#233;tat de ruines pour la rendre inhabitable. Et c'est ce qui arrive quand l'arm&#233;e isra&#233;lienne ram&#232;ne des dizaines de bulldozers &#224; Gaza pour d&#233;raciner les arbres et mettre &#224; terre les serres.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Aujourd'hui, plus de personnes meurent des cons&#233;quences de l'&#233;cocide &#224; Gaza que des bombardements directs &#187; Anti-imp&#233;rialisme en trompe-l'&#339;il&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, on estime que pr&#232;s de 95 % du couvert v&#233;g&#233;tal de Gaza a disparu. Sans parler de la pollution de l'eau et des sols caus&#233;e par les bombardements. La destruction des infrastructures d'assainissement ne permet plus de la d&#233;contaminer. Les Gazaouis sont non seulement priv&#233;s d'un acc&#232;s suffisant &#224; l'eau pour r&#233;pondre &#224; leurs besoins quotidiens, mais l'eau qu'ils doivent boire n'est pas saine, ce qui propage des maladies. La pollution et le changement climatique ont aussi entra&#238;n&#233; une perte de biodiversit&#233; marine, la d&#233;gradation d'habitats tels que les herbiers marins et une vuln&#233;rabilit&#233; accrue face aux esp&#232;ces envahissantes. Et ces dommages ont commenc&#233; bien avant le 7 octobre, puisque le blocus prolong&#233; depuis 2007 et les attaques militaires r&#233;p&#233;t&#233;es ont soumis les &#233;cosyst&#232;mes de Gaza &#224; des pressions intenses et cumul&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le terme d'&#233;cocide que vous utilisez n'est pas encore reconnu dans le droit international, pourquoi le mobiliser ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le concept est clairement d&#233;fini par les organisations internationales depuis l'utilisation de l'agent orange par l'arm&#233;e am&#233;ricaine au Vietnam. Mais il n'est pas consid&#233;r&#233; comme un crime fondamental par la Cour p&#233;nale internationale (CPI), au m&#234;me titre par exemple que le crime de g&#233;nocide, le crime d'agression ou le crime de guerre. Pourtant, il constitue lui aussi une grave violation des droits humains. L'&#233;cocide est &#224; la fois un outil au service du g&#233;nocide, et une cons&#233;quence de celui-ci. L'un ne va pas sans l'autre. Aujourd'hui, plus de personnes meurent des cons&#233;quences de l'&#233;cocide &#224; Gaza que des bombardements directs. Vous savez, j'ai des amis &#224; Gaza qui souffrent de maladies courantes, et qui vont en mourir parce qu'il n'y a plus de services et d'infrastructures m&#233;dicales, parce qu'ils n'ont pas acc&#232;s &#224; de l'eau saine. Une autre raison de parler de l'&#233;cocide est qu'il permet de comprendre comment un g&#233;nocide peut se perp&#233;tuer dans le temps. Puisque le fonctionnement des &#233;cosyst&#232;mes est profond&#233;ment modifi&#233;, les moyens de subsistance qui en d&#233;pendent prendront des ann&#233;es &#224; se r&#233;organiser. C'est le cas de l'agriculture par exemple. Le probl&#232;me est que l'on peut difficilement &#233;valuer l'&#233;tendue de cet &#233;cocide et le temps que cette restauration prendra. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, comment peut-on documenter un &#233;cocide dans un territoire sous blocus ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est tr&#232;s compliqu&#233; d'obtenir des donn&#233;es et des &#233;chantillons de terrain. On doit se baser principalement sur des images satellites, et, quand on le peut, sur des t&#233;moignages. Des collectifs font &#231;a tr&#232;s bien comme Forensic architecture, en Angleterre, qui a cartographi&#233; et mod&#233;lis&#233; le ciblage syst&#233;matique des vergers et des serres de Gaza par les forces isra&#233;liennes depuis octobre 2023&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; &#8220;No traces of life&#8221; : Israel's ecocide in Gaza 2023-2024 &#187;, Forensic (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Gr&#226;ce &#224; leur travail, on peut montrer que cette destruction constitue bien un acte d'&#233;cocide &#224; la fois g&#233;n&#233;ralis&#233; et d&#233;lib&#233;r&#233; qui a pour cons&#233;quence d'exacerber la famine catastrophique dans l'enclave. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi est-ce n&#233;cessaire de comprendre le lien entre g&#233;nocide et &#233;cocide &#224; Gaza, mais aussi dans le reste de la Palestine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour moi, &#231;a n'a pas de sens de s'int&#233;resser uniquement &#224; l'une des dimensions du projet colonial d'Isra&#235;l en Palestine. Ce qu'il se passe &#224; Gaza est important parce que cela r&#233;v&#232;le &#224; quel point tout est mis au service de cette intention de destruction totale : le g&#233;nocide, mais aussi l'&#233;cocide, le m&#233;dicide, le culturicide&#8230; Et quand les gens comprennent cette interconnexion, ils commencent &#224; percevoir la situation globale et comment tout cela impacte leurs propres vies. Peut-&#234;tre que les Europ&#233;ens qui ne se pr&#233;occupent pas directement des vies palestiniennes, commenceront &#224; s'en soucier quand ils r&#233;aliseront qu'Isra&#235;l contamine toute la zone est de la mer M&#233;diterran&#233;e, pollue l'air et acc&#233;l&#232;re le changement climatique par ses activit&#233;s de guerre. C'est aussi une fa&#231;on de montrer que ces destructions ne sont pas isol&#233;es, elles ont des r&#233;percussions bien au-del&#224; de nos fronti&#232;res. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par La&#235;titia Giraud&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &#8220;No traces of life&#8221; : Israel's ecocide in Gaza 2023-2024 &#187;, Forensic Architecture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>R&#232;glements de contes</title>
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		<dc:creator> Ga&#235;lle Desnos</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Dans Fables bucoliques autog&#233;r&#233;es (&#201;ditions Delcourt, 2026), du camarade Popolitique, les v&#233;g&#233;taux ont des opinions, les animaux des griefs, les monstres une conscience sociale et les ic&#244;nes pop des paniques morales. Une BD aussi f&#233;roce que savoureuse o&#249; nature et personnages fictifs partent en vrille pour mieux regarder notre &#233;poque br&#251;ler. Tout commence comme une fable &#233;colo bien &#233;lev&#233;e. Une for&#234;t jadis paisible est en proie &#224; un incendie ravageur. Les animaux assistent, horrifi&#233;s, &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH79/logo_page_d_accueil_cqfd_12_-0af3d.png?1782865802' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='79' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Fables bucoliques autog&#233;r&#233;es&lt;/i&gt; (&#201;ditions Delcourt, 2026), du camarade Popolitique, les v&#233;g&#233;taux ont des opinions, les animaux des griefs, les monstres une conscience sociale et les ic&#244;nes pop des paniques morales. Une BD aussi f&#233;roce que savoureuse o&#249; nature et personnages fictifs partent en vrille pour mieux regarder notre &#233;poque br&#251;ler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6583 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/9782413089971.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH654/9782413089971-69571.jpg?1782865802' width='500' height='654' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tout commence comme une fable &#233;colo bien &#233;lev&#233;e. Une for&#234;t jadis paisible est en proie &#224; un incendie ravageur. Les animaux assistent, horrifi&#233;s, &#224; l'effondrement de leur monde. Seul un petit colibri, h&#233;ro&#239;que, s'&#233;lance vers le brasier avec quelques gouttes d'eau dans le bec&#8230; Puis la morale nunuche de l'histoire &#224; laquelle s'attend le lecteur prend un grand coup de pelle : lesdites gouttes ont &#233;t&#233; collect&#233;es aupr&#232;s &#171; &lt;i&gt;des gens qui&lt;/i&gt; &lt;i&gt;font pipi sous la douche pour sauver la plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;. Le colibri ne sauvera pas la for&#234;t. Il mourra comme tout le monde, mais &#171; &lt;i&gt;couvert de pisse&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Popolitique r&#232;gle chaque page comme un pi&#232;ge d&#233;sopilant en six cases : le temps d'installer une situation l'air de rien, de d&#233;sar&#231;onner un peu et d'aussit&#244;t mordre, jusqu'&#224; l'histoire suivante. Rien que des mini-fables dans lesquelles animaux, v&#233;g&#233;taux, personnages mythologiques et ic&#244;nes de la pop culture cessent d'&#234;tre de gentils symboles sans relief pour adopter les comportements n&#233;vrotiques des humains contemporains. On y croise Prom&#233;th&#233;e, qui tente de saboter son supplice &#224; grand renfort d'alcool et de tabac, esp&#233;rant transformer son foie en plat suffisamment toxique pour &#233;c&#339;urer l'aigle charg&#233; de le grignoter jusqu'&#224; la fin des temps. Le personnage de Sacha, qui d&#233;couvre avec effroi que l'extinction massive des esp&#232;ces concerne aussi les Pok&#233;mons. Ou encore un dinosaure de Jurassic Park, pris de logorrh&#233;es r&#233;actionnaires, racistes et sexistes, parce que, ressuscit&#233; apr&#232;s 200 millions d'ann&#233;es, forc&#233;ment, le logiciel id&#233;ologique n'est plus vraiment &#224; jour. Un bestiaire hallucin&#233;, qui raconte un monde capitaliste aussi absurde que d&#233;vast&#233; o&#249; m&#234;me les mythes antiques, les cr&#233;atures disparues et les h&#233;ros de l'enfance cherchent p&#233;niblement une issue de secours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trait simple, aplats de couleurs vifs et francs : la BD va droit au but. Inutile de surcharger le dessin, les r&#233;f&#233;rences fonctionnent d'autant mieux, la charge critique et humoristique aussi. &#171; &lt;i&gt;&#192; leur naissance, les baleineaux p&#232;sent deux tonnes et demie pour une longueur de sept m&#232;tres&lt;/i&gt; &#187;, l&#233;gende Popolitique au-dessus d'une case po&#233;tique o&#249; une baleine bleue et son petit d&#233;rivent ensemble au milieu de l'oc&#233;an. Et la vignette suivante, d'ajouter doctement : &#171; &lt;i&gt;Ce sont les plus gros b&#233;b&#233;s de la plan&#232;te, juste apr&#232;s les hommes blancs cis h&#233;t&#233;ros qui se sentent opprim&#233;s. &lt;/i&gt; &#187; Rien n'est &#233;pargn&#233; : les &#233;vidences, les postures morales, les petits conforts id&#233;ologiques sont retourn&#233;s, raill&#233;s. Entre deux traits d'humour, l'auteur glisse l'air de rien, un petit arsenal th&#233;orique : Guy Debord, Karl Marx, Philippe Descola&#8230; Une r&#233;f&#233;rence, un gag, un taquet. Et c'est reparti.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ga&#235;lle Desnos&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les chiens anti-Porsche</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Nos amis les animaux</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres, c'est toujours des pelles &#224; merde, surtout quand ils sont friqu&#233;s. L'histoire le prouve. Toi-m&#234;me tu sais : le &#171; ni dieu ni ma&#238;tre &#187; n'est pas un conseil, c'est une exigence. Et c'est donc tout naturellement que les trois chiens d'un gros connard de Bavarois rupin, sans doute nazi (oui, c'est gratuit), ont ourdi un complot pour saloper sa Porsche de gros beauf. Ledit salopard teuton s'&#233;tant fait livrer un colis en perp&#233;tuant l'esclavage salari&#233;, ils ont gentiment foutu les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nos-amis-les-animaux" rel="tag"&gt;Nos amis les animaux&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6585 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/png/cqfd_chien.png' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/png&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/cqfd_chien-0e728.png?1782865802' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les ma&#238;tres, c'est toujours des pelles &#224; merde, surtout quand ils sont friqu&#233;s. L'histoire le prouve. Toi-m&#234;me tu sais : le &#171; ni dieu ni ma&#238;tre &#187; n'est pas un conseil, c'est une exigence. Et c'est donc tout naturellement que les trois chiens d'un gros connard de Bavarois rupin, sans doute nazi (oui, c'est gratuit), ont ourdi un complot pour saloper sa Porsche de gros beauf. Ledit salopard teuton s'&#233;tant fait livrer un colis en perp&#233;tuant l'esclavage salari&#233;, ils ont gentiment foutu les chocottes au craintif livreur, tant et si bien qu'il s'est r&#233;fugi&#233; sur le toit du v&#233;hicule honni. Des belles bosses et admirables enfoncements de carrosserie en ont r&#233;sult&#233;. Et le saligaud bavarois a d&#233;cha&#238;n&#233; les rigueurs de la loi contre le livreur, en vain, puisque la justice, pour une fois pas trop b&#226;tarde, a d&#233;cid&#233; fin avril que ledit saccageur de Porsche n'aurait aucune r&#233;paration &#224; payer. &lt;i&gt;Cheh&lt;/i&gt;. Et puisqu'on parle de clebs, saluons Bear, toutou australien &#171; d&#233;tecteur de koalas &#187;, qui vient de prendre sa retraite apr&#232;s avoir sauv&#233; plus d'une centaine de ces petites peluches eucalyptophiles menac&#233;es par des incendies. Une belle fraternit&#233; qui, on l'esp&#232;re, sera de rigueur quand les b&#234;tes du monde entier s'uniront pour foutre une p&#226;t&#233;e aux mis&#233;rables bip&#232;des. Rappelons-nous &lt;i&gt;Demain les chiens&lt;/i&gt;, chouette roman de science-fiction de Clifford D. Simak, proph&#233;tisant le grand remplacement de l'humain par des canins.
&lt;i&gt;Wouf&lt;/i&gt;, le monde ou rien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Changement de bord&#233;e !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Changement-de-bordee</link>
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		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		


		<dc:subject>&#199;a br&#251;le !</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Quel mercato en cette saison printemps-&#233;t&#233; 2026 ! Sonia, notre stagiaire de mars-avril, a pass&#233; le relais &#224; Samuel, recrue de mai-juin. Pendant que lui prend ses marques, elle, sillonne la France, lanc&#233;e dans un grand raid de concours d'entr&#233;e en &#233;coles de journalisme. Dans le m&#234;me temps, la valse des secr&#233;taires de r&#233;daction a battu son plein. Apr&#232;s un et demi de bons et loyaux services, Livia a quitt&#233; le navire fin f&#233;vrier. Notre valeureux Niel, plume r&#233;guli&#232;re du journal, est mont&#233; &#224; bord (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ca-brule" rel="tag"&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Quel mercato en cette saison printemps-&#233;t&#233; 2026 ! Sonia, notre stagiaire de mars-avril, a pass&#233; le relais &#224; Samuel, recrue de mai-juin. Pendant que lui prend ses marques, elle, sillonne la France, lanc&#233;e dans un grand raid de concours d'entr&#233;e en &#233;coles de journalisme. Dans le m&#234;me temps, la valse des secr&#233;taires de r&#233;daction a battu son plein. Apr&#232;s un et demi de bons et loyaux services, Livia a quitt&#233; le navire fin f&#233;vrier. Notre valeureux Niel, plume r&#233;guli&#232;re du journal, est mont&#233; &#224; bord deux moins durant, le temps de cirer le pont avant la venue d'Orianne. Ah, Orianne ! Accoud&#233;s au bastingage de notre vieux rafiot de la presse ind&#233;, regard d'enfants r&#234;veurs, nous murmurions son nom &#224; l'horizon, esp&#233;rant la voir surgir de la brume. Elle a finalement pu embarquer ce mois-ci. Et elle n'est pas arriv&#233;e seule ! &#192; ses c&#244;t&#233;s trotte Thelma, fid&#232;le compagnonne canine, muse &#224; quatre pattes et nouvelle vedette de la r&#233;dac. Une arriv&#233;e qui a, il faut bien le dire, l&#233;g&#232;rement &#233;branl&#233;e&#8230; Thelma. Pas la boule de poils &#224; truffe humide : notre Thelma ! L'humaine &#233;patante qui s'occupe si bien du web et des r&#233;seaux sociaux de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;depuis presque un an. Vous suivez toujours ? Parfait, parce qu'en juin, Louise et Axelle viendront &#224; leur tour grossir les rangs de notre &#233;quipage, bien d&#233;cid&#233;es elles aussi &#224; apprendre les ficelles de ce v&#233;n&#233;rable m&#233;tier de gratte-papier qu'on appelle, dans les bons jours, journalisme. Alors bienvenu aux nouveaux et aux nouvelles. Merci aux anciennes et aux anciens. Et pour celles et ceux qui restent, qu'il vente, qu'il pleuve, que &#231;a tangue s&#233;v&#232;re ou que le calme plat menace : bravo !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Contre le business du patrimoine sacr&#233;, le peuple maya se mobilise</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Thelma Susbielle</dc:creator>



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&lt;p&gt;Sur l'un des sites arch&#233;ologiques les plus rentables du monde, la col&#232;re gronde. Dimanche 26 avril 2026, au pied de la c&#233;l&#232;bre pyramide de Kukulc&#225;n au Mexique, les descendants mayas de ceux qui ont b&#226;ti ce chef-d'&#339;uvre ont bris&#233; le d&#233;cor de carte postale pour d&#233;noncer la d&#233;possession &#233;conomique et culturelle programm&#233;e. Reportage sous 37 degr&#233;s &#224; l'ombre. Par une chaude matin&#233;e d'avril, ils sont des dizaines &#224; faire la queue pour obtenir leur billet d'entr&#233;e pour Chich&#233;n Itz&#225; (Mexique). (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sur l'un des sites arch&#233;ologiques les plus rentables du monde, la col&#232;re gronde. Dimanche 26 avril 2026, au pied de la c&#233;l&#232;bre pyramide de Kukulc&#225;n au Mexique, les descendants mayas de ceux qui ont b&#226;ti ce chef-d'&#339;uvre ont bris&#233; le d&#233;cor de carte postale pour d&#233;noncer la d&#233;possession &#233;conomique et culturelle programm&#233;e. Reportage sous 37 degr&#233;s &#224; l'ombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Par une chaude matin&#233;e d'avril, ils sont des dizaines &#224; faire la queue pour obtenir leur billet d'entr&#233;e pour Chich&#233;n Itz&#225; (Mexique). Comme chaque jour de l'ann&#233;e, ce site d'arch&#233;ologie maya s'appr&#234;te &#224; accueillir plusieurs milliers de visiteurs. Par an, plus de deux millions de touristes le visitent, faisant de Chich&#233;n Itz&#224; l'un des monuments les plus visit&#233;s du pays. Et au vu du prix d'acc&#232;s (697 pesos, environ 34 euros), c'est une vraie machine &#224; cash. Tous les b&#233;n&#233;fices reviennent &#224; l'Institut National d'Anthropologie et d'Histoire (INAH), une instance f&#233;d&#233;rale. Mais ce dimanche 26 avril 2026, les vacanciers sont accueillis par un comit&#233; inhabituel. Sur les marches menant au site, une centaine de personnes brandissent des pancartes : &#171; Non au CATVI, non &#224; la cage o&#249; est enferm&#233;e la renaissance maya &#187;, &#171; Moins de b&#233;ton, plus de respect &#187;, &#171; O&#249; sont pass&#233;s les pauvres ? &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nettoyage social pour l'image&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La raison de cette manifestation ? Une d&#233;cision administrative brutale vise &#224; limiter drastiquement la pr&#233;sence des artisans et vendeurs mayas qui exercent &#224; l'int&#233;rieur du site depuis plus de 30 ans. Sous pr&#233;texte de &#171; moderniser &#187; l'accueil et de fluidifier le flux de visiteurs, les autorit&#233;s mexicaines ont ouvert le CATVI, un nouveau Centre d'accueil touristique. L'entr&#233;e historique a &#233;t&#233; d&#233;tourn&#233;e au profit de ce nouveau complexe ext&#233;rieur, rel&#233;guant les vendeurs locaux dans de petits stands de type march&#233;. L'argument de l'INAH est d'un cynisme absolu : la pr&#233;sence de ces artisans donnerait une &#171; &lt;i&gt;mauvaise image &lt;/i&gt; &#187; du site. Pour les 2 000 familles des communaut&#233;s de Pist&#233; et de Xcalacop, cette mise &#224; l'&#233;cart est un arr&#234;t de mort &#233;conomique. Alors que les millions de pesos des billets d'entr&#233;e s'envolent directement vers les caisses de l'&#201;tat f&#233;d&#233;ral, l'artisanat reste le seul moyen pour les locaux de capter quelques miettes de cette manne touristique.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Plus jamais un Mexique sans nous &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans un communiqu&#233; cinglant adress&#233; &#224; la pr&#233;sidente Claudia Sheinbaum et aux barons du tourisme, la communaut&#233; maya d&#233;nonce des man&#339;uvres de division, des promesses de pr&#234;ts opaques et des pressions sur les voyagistes, somm&#233;s de contourner les circuits traditionnels. Les pertes &#233;conomiques atteignent d&#233;j&#224; 50 %. &#171; &lt;i&gt;Ni la conception ni l'exploitation du CATVI n'ont fait l'objet d'une consultation, au m&#233;pris de la convention 169 de l'Organisation internationale du travail &lt;/i&gt; &#187;, d&#233;noncent les manifestants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le paradoxe politique est total : l'&#201;tat privil&#233;gie les infrastructures de luxe tout en limitant les droits des autochtones de mener leurs propres commerces. Le Maya pr&#233;hispanique, mort et mus&#233;ifi&#233;, est glorifi&#233; pour attirer les gros sous tandis que le Maya contemporain, vivant et pr&#233;caire, est m&#233;pris&#233; et chass&#233; de sa propre terre sacr&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au mur institutionnel, la communaut&#233; a durci le ton en bloquant temporairement les acc&#232;s au site depuis le 20 mai. Elle exige l'arr&#234;t imm&#233;diat des expulsions et une table ronde de n&#233;gociations. En &#233;cho aux luttes n&#233;o-zapatistes, le peuple maya tente de faire entendre sa voix : &#171; &lt;i&gt;Plus jamais un Mexique sans nous. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thelma Susbielle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vieille &#233;cole</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Vieille-ecole</link>
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		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lluno</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique carc&#233;rale</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Luno intervient b&#233;n&#233;volement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, il laisse la parole &#224; Pierrot. &#171; Faut vraiment que tu rencontres mon pote Pierrot. &#187; J'entends &#231;a depuis des mois quand le Pierrot se pointe par hasard dans le m&#234;me bistrot que nous. Il a la tronche que j'aurais voulu lui peindre : la peau tann&#233;e d'un &#233;ternel vacancier, les yeux qui n'en finissent pas de sourire et, dans la bouche, une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-carcerale" rel="tag"&gt;Chronique carc&#233;rale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Luno intervient b&#233;n&#233;volement en prison. Il livre ici un regard oblique sur la taule et ses rouages par quelqu'un qui y passe mais n'y dort pas. Ce mois-ci, il laisse la parole &#224; Pierrot.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Faut vraiment que tu rencontres mon pote Pierrot.&lt;/i&gt; &#187; J'entends &#231;a depuis des mois quand le Pierrot se pointe par hasard dans le m&#234;me bistrot que nous. Il a la tronche que j'aurais voulu lui peindre : la peau tann&#233;e d'un &#233;ternel vacancier, les yeux qui n'en finissent pas de sourire et, dans la bouche, une gouaille de bandit &#224; l'ancienne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierrot a fait une quinzaine d'ann&#233;es de zonz &#8211; &#171; &lt;i&gt; dont cinq ans et demi &#224; l'isolement&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise-t-il. Ses histoires sont plus grandes que les miennes. Elles parlent d'une &#233;poque r&#233;volue qui court de la fin des ann&#233;es 1980 &#224; l'aube des ann&#233;es 2000, apr&#232;s les QHS1, apr&#232;s les grandes bagarres collectives, avant la prison high-tech. Elles sont peupl&#233;es de braqueurs qui se politisent &#224; l'ombre, de rebelles qui parlent encore de lutte des classes et bloquent des promenades de 300 personnes pour bousculer &#8211; m&#234;me quelques heures &#8211; l'ordinaire du rapport de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ces mecs-l&#224;, ils se faisaient fouiller &#224; poil deux fois, trois fois par jour. Au bout d'un moment, ils en ont eu marre. Tu sais ce qu'ils ont fait ? Ils se sont recouverts avec leur propre merde et quand les matons de la centrale sont venus ouvrir la porte, ils les ont trouv&#233;s comme &#231;a, nus avec de la merde tartin&#233;e sur le corps et les gars leur ont dit :&lt;/i&gt; &#8220;Allez-y, fouillez-nous maintenant, pas de probl&#232;me !&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierrot tire sur une tige et marmonne quelque chose qui dit son respect pour ces figures tut&#233;laires de la taule, ces d&#233;tenus sans concession. Lui non plus n'a pas d&#251; cirer souvent les rangeots de l'administration p&#233;nitentiaire pour moisir aussi longtemps &#224; l'isolement, mais il ne s'en vante pas. Tout juste raconte-t-il avoir rembarr&#233; un grad&#233; qui croyait pouvoir faire ami-ami tout en tenant les clefs : &#171; &lt;i&gt;Je disais &#8220;bonjour&#8221; et rien de plus. Le gars comprenait pas pourquoi. J'ai fini par lui dire : &lt;/i&gt;&#8220;Je vais pas &#234;tre copain avec toi vu ce que vous me faites subir. Si demain la loi disait qu'il fallait me torturer, tu le ferais sans h&#233;siter, alors &#224; partir de l&#224;, on a rien &#224; se dire.&#8221; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les surveillants honn&#234;tes alors, ces gens qui restent dignes malgr&#233; l'uniforme et la matraque : l&#233;gende urbaine ? De ma courte exp&#233;rience de la prison, &#231;a change tout si la personne en face de moi fait son boulot tranquillement ou si elle est but&#233;e comme une porte de tu-sais-quoi. Pierrot me regarde, il d&#233;bute une phrase, s'arr&#234;te, reprend : &#171; &lt;i&gt;Allez, c'est loin maintenant, je peux bien te raconter... &#192; l'isolement &#224; Saint-Maur, il y avait un maton tr&#232;s correct. Il avait fait sa carri&#232;re, il s'en foutait de tout et on s'entendait bien. Il nous ouvrait les portes pour qu'on aille boire des caf&#233;s dans les cellules d'&#224; c&#244;t&#233;, qu'on puisse causer un peu. Les jours o&#249; il bossait pas, je peux te dire qu'on les sentait passer. &#192; un moment, les gars du quartier ont mont&#233; un plan pour se tirer de l&#224; qui impliquait de prendre un agent en otage et de le menacer avec son arme. Moi j'avais rien contre l'id&#233;e de me barrer, mais j'ai dit :&lt;/i&gt; &#8220;Si c'est lui qui bosse, j'en suis pas.&#8221; &lt;i&gt;Le plan ne s'est pas fait... Pour moi, on pouvait pas s'en prendre au seul type qui &#233;tait humain avec nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Luno&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Un &#233;chec judiciaire patent &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-echec-judiciaire-patent</link>
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		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>La Sellette</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique judiciaire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;. Toulouse, chambre des comparutions imm&#233;diates, mai 2026 Les deux pr&#233;venus comparaissent pour avoir cass&#233; la fen&#234;tre d'une voiture et pris une enceinte bluetooth, de l'argent et un bo&#238;tier &#224; lunettes. Quand ils sont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chronique-judiciaire" rel="tag"&gt;Chronique judiciaire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En comparution imm&#233;diate, on traite &#224; la cha&#238;ne la petite d&#233;linquance urbaine, on entend souvent les mots &#171; vol &#187; et &#171; stup&#233;fiants &#187;, on ne parle pas toujours fran&#231;ais et on finit la plupart du temps en prison. Une justice exp&#233;ditive dont cette chronique livre un instantan&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Toulouse, chambre des comparutions imm&#233;diates, mai 2026&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deux pr&#233;venus comparaissent pour avoir cass&#233; la fen&#234;tre d'une voiture et pris une enceinte bluetooth, de l'argent et un bo&#238;tier &#224; lunettes. Quand ils sont interpell&#233;s, les forces de l'ordre r&#233;alisent que l'un des deux est un &#233;vad&#233; : en mars 2025, Mathieu O. n'est pas rentr&#233; &#224; la prison de Seysses apr&#232;s une permission de sortie pour aller voir le dentiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu O. comparait aussi pour huit cambriolages qu'il a ensuite commis, seul, dans des garages et des cabanes de jardin. Le pr&#233;sident lit soigneusement la liste des objets vol&#233;s &#8211; taille-haie, perceuse, meuleuse, gants de jardinage, arrosoir, trottinette, v&#233;lo, visseuse, s&#233;cateur, cam&#233;ra &#8211; avant de l'interroger : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes n&#233; en 1990 &#224; la R&#233;union, vous &#234;tes sans domicile fixe, sans profession et sans ressources, c'est bien &#231;a ? &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu O. confirme. Comme en garde &#224; vue, il reconna&#238;t la totalit&#233; des faits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans deux des cas, il y a des vid&#233;os &#224; l'appui. Dans un troisi&#232;me, il a &#233;t&#233; identifi&#233; par son profil g&#233;n&#233;tique : &#171; Vous avez mang&#233; un fruit pris sur un arbre et vous l'avez laiss&#233;. C'est le fruit du p&#233;ch&#233; ! &#199;a commence par Adam et &#200;ve et &#231;a finit par Monsieur ! [Dans le public, deux personnes s'esclaffent bruyamment.] Et tout &#231;a pour quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Je suis &#224; la rue, j'ai faim, j'ai froid. J'ai demand&#233; de l'aide mais je ne l'ai pas eue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Le probl&#232;me c'est que vous consommez de la coca&#239;ne. Vous avez aussi d&#233;clar&#233; que vous entendiez des voix. Vous avez d&#233;j&#224; suivi un traitement ? Non ? Vous avez 36 ans et d&#233;j&#224; 24 mentions sur votre casier. Il va falloir que &#231;a s'arr&#234;te. Il y a l&#224; encore un &#233;chec judiciaire patent ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'interrogatoire du second pr&#233;venu, Hamza D., est plus sommaire : n&#233; en 1989 en Alg&#233;rie, il est SDF lui aussi, et n'a qu'une seule mention sur son casier pour vente frauduleuse de cigarettes en 2024. &#171; Pourquoi est-ce que vous avez vol&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; J'avais faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Bah oui, mais si tout le monde fait &#231;a on va pas y arriver ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La procureure demande 24 mois pour Mathieu O. et six pour Hamza D., avec incarc&#233;ration imm&#233;diate dans les deux cas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocate de Hamza D. ne s'emb&#234;te pas et charge le premier pr&#233;venu : &#171; &lt;i&gt;C'est l'autre qui a bris&#233; la vitre et qui lui a donn&#233; l'enceinte. Compte tenu du butin modique qui lui a &#233;t&#233; donn&#233;, je demande la cl&#233;mence. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'avocat de Mathieu O. regrette que son client n'ait pas &#233;voqu&#233; sa situation familiale : &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s &#234;tre pass&#233; chez le dentiste lors de sa permission, il est all&#233; voir la m&#232;re de sa fille. Et celle-ci est quasiment d&#233;c&#233;d&#233;e dans ses bras ! Ce fait pourrait expliquer sa d&#233;sertion. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surpris par cette d&#233;claration, le pr&#233;sident se tourne vers Mathieu O. : &#171; Vous avez entendu la supplique de votre conseil concernant votre refus de r&#233;int&#233;grer la maison d'arr&#234;t. Vous n'avez pas parl&#233; de cet &#233;v&#233;nement en garde &#224; vue. Vous avez simplement dit que vous &#233;tiez pers&#233;cut&#233; &#224; Seysses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8212; Elle est morte dans mes bras. Elle est morte dans mes bras. J'ai p&#233;t&#233; un c&#226;ble. Je suis parti. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans plus de commentaires, le pr&#233;sident l&#232;ve l'audience pour d&#233;lib&#233;rer. Mathieu O. est condamn&#233; &#224; 18 mois de prison, et Hamza D. &#224; quatre, tous les deux avec mandat de d&#233;p&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par la Sellette&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le voleur libertaire et sa m&#232;re</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-voleur-libertaire-et-sa-mere</link>
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		<dc:date>2026-07-01T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Un homme seul en sc&#232;ne raconte l'histoire de Marius Jacob, cambrioleur anarchiste qui inspira le personnage romanesque d'Ars&#232;ne Lupin. Mais Marius n'est pas seul. Lorsqu'il montre son &#339;il gauche grim&#233;, la voix de sa m&#232;re se fait entendre, complice et moqueuse &#224; la fois. &#171; T&#233;, il vous a dit qu'il a eu son certificat d'&#233;tudes &#224; 11 ans ? C'&#233;tait quelque chose &#224; l'&#233;poque, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; d'&#234;tre d'un na&#239;f, mais d'un na&#239;f ! &#187; Dans l'auditoire de l'Alcazar, ancien temple marseillais (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no253-juin-2026" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;253 (juin 2026)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un homme seul en sc&#232;ne raconte l'histoire de Marius Jacob, cambrioleur anarchiste qui inspira le personnage romanesque d'Ars&#232;ne Lupin. Mais Marius n'est pas seul. Lorsqu'il montre son &#339;il gauche grim&#233;, la voix de sa m&#232;re se fait entendre, complice et moqueuse &#224; la fois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;T&#233;, il vous a dit qu'il a eu son certificat d'&#233;tudes &#224; 11 ans ? C'&#233;tait quelque chose &#224; l'&#233;poque, ce qui ne l'a pas emp&#234;ch&#233; d'&#234;tre d'un na&#239;f, mais d'un na&#239;f !&lt;/i&gt; &#187; Dans l'auditoire de l'Alcazar, ancien temple marseillais des spectacles populaires devenu biblioth&#232;que publique, d&#233;file la vie d'Alexandre Marius Jacob&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Marius Jacob, travailleur de la nuit &#187;, par J&#233;r&#233;my Beschon, a &#233;t&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, la voix irr&#233;v&#233;rencieuse de sa m&#232;re guidant le r&#233;cit. Franck Vrahid&#232;s, qui interpr&#232;te le brigand libertaire, et le metteur en sc&#232;ne J&#233;r&#233;my Beschon&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;J&#233;r&#233;my Beschon pr&#233;sente son dernier ouvrage, publi&#233; aux &#201;ditions Quiero, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, de la compagnie Manifeste Rien, complices dans l'&#233;criture de la pi&#232;ce, font le choix de d&#233;marrer l'histoire par la fin. Devenu forain dans l'Indre &#224; son retour du bagne, Jacob, vieux et malade, s'injecte une dose mortelle de morphine en 1954, apr&#232;s avoir offert un repas aux enfants pauvres du coin et en prenant soin de l&#233;guer deux bouteilles de ros&#233;s &#224; ses amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord engag&#233; comme mousse, le petit prolo marseillais revient de ses p&#233;riples en haute mer &#224; la fois &#233;pris de libert&#233; et r&#233;volt&#233; par les injustices. &#192; 18 ans, il fonde &lt;i&gt;L'Agitateur&lt;/i&gt;, une feuille de chou dont le titre annonce la couleur de sa vie &#224; venir. La presse libre &#233;tant en butte aux tracasseries polici&#232;res (l'&#233;poque est aux attentats et aux magnicides), il monte un audacieux fric-frac au Mont-de-pi&#233;t&#233;. Avec son p&#232;re et deux autres complices, il se fait passer pour un inspecteur enqu&#234;tant sur une affaire de recel et d&#233;pouille les lieux sans coup f&#233;rir. Puis il s'attaque au casino de Monte-Carlo. Apr&#232;s quelques cuisantes trahisons, dont celle de son propre p&#232;re, Jacob fonde la bande des Travailleurs de la nuit, qui &#233;cume le territoire en cambriolant les riches &#8211; aristos, clerg&#233;, bourgeois ; jamais les professions socialement utiles, comme les m&#233;decins ou les artistes. Apr&#232;s Ravachol et avant la bande &#224; Bonnot, Jacob pr&#244;ne &#171; &lt;i&gt; l'ill&#233;galisme contre l'ill&#233;gitime propri&#233;t&#233; &lt;/i&gt; &#187;, mais sans violence, avec une organisation clandestine et des techniques de monte-en-l'air minutieuses, pourvue d'un strict code de conduite. Sinon, on ne vaut pas mieux que les capitalistes. 10 % du butin est revers&#233; aux journaux libertaires. Arr&#234;t&#233; en 1905, puis jug&#233;, il d&#233;clare aux jur&#233;s : &#171; &lt;i&gt; Malfaiteur peut-&#234;tre, mais toujours du travail bien fait. &lt;/i&gt; &#187; Jur&#233;s qui, peu sensibles &#224; sa verve, l'envoient pourrir &#224; Cayenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Complice de son fils du d&#233;but &#224; la fin, la voix de la m&#232;re ponctue le r&#233;cit de commentaires empreints de bon sens populaire qui font le pont avec l'oralit&#233; contemporaine. Celle de son fils est, quant &#224; elle, pr&#233;sente &#224; travers des extraits de ses &#233;crits, au style plus litt&#233;raire, republi&#233;es par les &#233;ditions L'insomniaque. &#171; &lt;i&gt; Anarchiste r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt;,&lt;i&gt; &lt;/i&gt;&#233;crivait-il. &lt;i&gt;J'ai fait ma r&#233;volution, vienne l'anarchie. &lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt; &lt;/i&gt;Et que vive l'id&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Marius Jacob, travailleur de la nuit &#187;, par J&#233;r&#233;my Beschon, a &#233;t&#233; pr&#233;sent&#233;e le 5 mai 2026 &#224; l'Alcazar, Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;J&#233;r&#233;my Beschon pr&#233;sente son dernier ouvrage, publi&#233; aux &#201;ditions Quiero, &lt;i&gt;L'&#201;clat des fracas&lt;/i&gt;, le 11 juin &#224; 19 heures &#224; la librairie l'Odeur du temps de Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Italie danse toujours</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-Italie-danse-toujours</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/L-Italie-danse-toujours</guid>
		<dc:date>2026-06-20T00:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>ADN23</dc:creator>


		<dc:subject>Simon Ecary</dc:subject>
		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>

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&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s des Alpes, la culture underground est cibl&#233;e par la r&#233;pression d'&#201;tat. Avec quatre ans d'avance, les Italiens ont exp&#233;riment&#233; ce que les forces conservatrices pr&#233;voient chez nous pour le mouvement free party : saisies syst&#233;matiques du mat&#233;riel, amendes sal&#233;es, peines de prison et violences d'&#201;tat d&#233;brid&#233;es. &#171; L'histoire de la free party est enracin&#233;e dans le conflit &#187;, analyse Ana Situ dans son livre IncognitaK (Agenzia X, 2025). L'autrice y propose un r&#233;cit sur (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Des deux c&#244;t&#233;s des Alpes, la culture underground est cibl&#233;e par la r&#233;pression d'&#201;tat. Avec quatre ans d'avance, les Italiens ont exp&#233;riment&#233; ce que les forces conservatrices pr&#233;voient chez nous pour le mouvement &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; : saisies syst&#233;matiques du mat&#233;riel, amendes sal&#233;es, peines de prison et violences d'&#201;tat d&#233;brid&#233;es.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_6577 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/simon_ecaryre_pression_raves.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH514/simon_ecaryre_pression_raves-ed090.jpg?1782637831' width='500' height='514' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'histoire de la &lt;/i&gt;free party&lt;i&gt; est enracin&#233;e dans le conflit &lt;/i&gt; &#187;, analyse Ana Situ dans son livre &lt;i&gt;IncognitaK (&lt;/i&gt;Agenzia X, 2025&lt;i&gt;). &lt;/i&gt;L'autrice y propose un r&#233;cit sur l'&#233;volution de la&lt;i&gt; &lt;/i&gt;teuf&lt;i&gt; &lt;/i&gt;en Italie depuis sa d&#233;couverte du milieu &#224; la fin de la pand&#233;mie, en passant par la rupture brutale du &#171; &lt;i&gt;decretto anti-rave &lt;/i&gt; &#187;. En 2022, le gouvernement Meloni fra&#238;chement &#233;lu inaugure son mandat dans un &#233;lan r&#233;pressif contre le mouvement &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;. Un mois apr&#232;s l'&#233;lection l&#233;gislative portant l'extr&#234;me droite italienne au pouvoir, un d&#233;cret-loi&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Italie le &#171; d&#233;cret-loi &#187; correspond &#224; un projet de loi en France. Il est (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est propos&#233; pour durcir la r&#233;pression contre la f&#234;te libre. Il sera vot&#233; et ent&#233;rin&#233; le 30 d&#233;cembre 2022. Sans aucun doute, le coup port&#233; par cette loi a eu l'effet d'une massue dans le milieu de la teuf italienne. Mais fort de sa longue exp&#233;rience de la r&#233;pression d'&#201;tat, rompu au jeu du chat et de la souris avec les autorit&#233;s, il ne semble pas pour autant avoir dit son dernier mot.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cocktail de fantasmes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s les d&#233;buts du mouvement &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;, la sc&#232;ne italienne est au c&#339;ur de l'&#233;dification d'une nouvelle culture underground bizarro&#239;de. Les &lt;i&gt;sound systems&lt;/i&gt; d&#233;barqu&#233;es d'Angleterre &#224; la suite d'une loi criminalisant la musique techno en 1994 transportent avec eux l'&#233;nergie d'une contre-culture florissante. Ils atterrissent majoritairement en France et en Italie, et d&#233;clenchent une vague d'adh&#233;sion &#224; la &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement : la f&#234;te libre. Ces premi&#232;res communaut&#233;s de &lt;i&gt;travellers&lt;/i&gt; soud&#233;es autour du &lt;i&gt;sound system&lt;/i&gt; essaiment. On retrouve propuls&#233;es dans ces milieux festifs des questions telles que l'autogestion, le rapport de force avec l'&#201;tat et les enjeux des luttes anti-r&#233;pression.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais 30 ans plus tard, en Italie, l'&#233;tau se resserre. Le d&#233;cret-loi &#171; anti-rave &#187; &#171; &lt;i&gt;puni d'une peine d'emprisonnement de trois &#224; six ans et d'une amende de 1 000 &#224; 10 000 euros&lt;/i&gt; &#187; les organisateurs de &lt;i&gt;free party.&lt;/i&gt; &#192; cette r&#233;pression p&#233;nale s'ajoute la confiscation syst&#233;matique de biens priv&#233;s : mat&#233;riel de sonorisation, camions servant &#224; la fois de transport et de lieu de vie, ou encore effets personnels sans lien direct avec la f&#234;te, que leurs propri&#233;taires ne peuvent esp&#233;rer r&#233;cup&#233;rer qu'en s'acquittant de frais de garde.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;La loi est bien accueillie malgr&#233; une timide contestation de la gauche institutionnelle italienne&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt; Quelques semaines auparavant, une gigantesque teuf avait eu lieu dans un hangar &#224; Mod&#232;ne, au nord de l'Italie, et la culture &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; s'&#233;tait retrouv&#233;e au coeur de la temp&#234;te. Presse et gouvernement s'&#233;taient empar&#233;s de l'affaire pour dresser &#224; gros traits le portrait de f&#234;tes dangereuses pour les participants, pour la tranquillit&#233; et l'ordre. Un cocktail de fantasmes bien ficel&#233;s pour unir la population italienne autour du projet r&#233;pressif du gouvernement Meloni. L'op&#233;ration fonctionne : la loi est bien accueillie malgr&#233; une timide contestation de la gauche institutionnelle italienne, craignant que les dispositions de la loi ne d&#233;bordent sur d'autres domaines que la f&#234;te libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Trois ans plus tard, de valeureux f&#234;tards italiens remettront le couvert pour un Witchtek 2 &#224; Mod&#232;ne, le 31 octobre 2025, dans une ancienne usine de la marque automobile de luxe Bugatti. Bruyants, fiers et politiques, les&lt;i&gt; &lt;/i&gt;teufeurs voyaient dans ce&lt;i&gt; remake&lt;/i&gt; le moyen de marquer le coup et de montrer que ce fourmillement d'&#233;nergies pr&#234;t &#224; tout pour sortir la f&#234;te de ses coordonn&#233;es marchandes &#233;tait toujours vivant. Dans le contexte de la contestation grandissante contre l'&#201;tat colonisateur et g&#233;nocidaire isra&#233;lien, cette soir&#233;e avait &#233;galement &#233;t&#233; mont&#233;e en solidarit&#233; avec le peuple palestinien : la totalit&#233; des b&#233;n&#233;fices devait &#234;tre revers&#233;e &#224; des collectifs contre le blocus naval isra&#233;lien autour de Gaza. Mais la f&#234;te finit mal : la police encercle, charge et gaze les derniers pr&#233;sents sur le site pendant plus de dix heures dans la confusion la plus totale, le mat&#233;riel est saisi et neuf personnes sont arr&#234;t&#233;es. Plus t&#244;t cette ann&#233;e-l&#224;, la r&#233;pression avait d&#233;j&#224; frapp&#233;, jusqu'&#224; r&#233;ussir &#224; arr&#234;ter une teuf&lt;i&gt; &lt;/i&gt;bien install&#233;e en mai 2025 &#224; Trentin, dans les Alpes italiennes, dans un d&#233;luge de violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La f&#234;te sous vos fen&#234;tres&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils ont voulu &#233;craser un mouvement entier, mais ils n'ont fait qu'ajouter de l'huile sur le feu. Face au fascisme rampant, il faut tout essayer, avec pr&#233;caution, m&#233;thode et un peu de folie &#233;videmment&lt;/i&gt; &#187;, analyse Ana. Depuis le d&#233;cret anti-rave, renforc&#233; en f&#233;vrier 2026 par un nouveau d&#233;cret-loi, (le &lt;i&gt;decretto sicurezza&lt;/i&gt;), des choses se sont pass&#233;es. Un choc de politisation au sein du mouvement &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; italien, produisant une prise de conscience collective de l'enjeu et des risques pris par les organisateurs. Un r&#233;seau national s'est mont&#233;, Smash repression, f&#233;d&#233;rant les diff&#233;rents acteurs de la &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;, en Italie et ailleurs : &#171; &lt;i&gt;Une grande banni&#232;re sous laquelle rassembler une s&#233;rie de revendications h&#233;t&#233;rog&#232;nes, unies par les charges polici&#232;res, les d&#233;crets et la r&#233;pression &lt;/i&gt; &#187;, selon Incognita3, un t&#233;moin anonyme cit&#233; dans le livre d'Ana. Dans une assembl&#233;e r&#233;unie &#224; Naples par le r&#233;seau en f&#233;vrier 2023, les acteurs de la &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt; avaient d&#233;j&#224; pos&#233; les bases d'une riposte collective : formations juridiques avec des avocats sur les aspects l&#233;gaux de la culture anti-r&#233;pressive, mais aussi luttes antisexistes en teuf ou r&#233;duction des risques (RDR)... Face &#224; l'&#233;tau policier et judiciaire, il ne s'agit plus seulement de se d&#233;fendre, mais de construire &#171; &lt;i&gt;un imaginaire r&#233;sistant pour repenser les outils et pratiques capables de produire une narration propre au mouvement&lt;/i&gt; &#187;, poursuit Incognita3. En plus d'une plateforme de discussion, Smash Repression s'est illustr&#233; par la r&#233;appropriation d'un mode de contestation un peu oubli&#233; : la &#171; mani'festive &#187; ou &#171; &lt;i&gt;street parade&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;Si vous nous interdisez de faire la f&#234;te, alors nous viendrons la monter sous vos fen&#234;tres&lt;/i&gt; &#187;, explique un autre teufeur dans &lt;i&gt;IncognitaK&lt;/i&gt;. Des mois durant, les grandes villes italiennes ont ainsi vu d&#233;filer d'immenses sonos, habituellement rel&#233;gu&#233;es aux marges des villes et campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;On n'arr&#234;te pas un peuple qui danse&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme en Italie, la r&#233;pression contre les &lt;i&gt;free parties&lt;/i&gt; va aussi bon train en France. Face au durcissement des sanctions pr&#233;vu par les r&#233;centes lois RIPOST et PPL1133, des structures comme Tekno AntiRep se sont mont&#233;es en soutien au mouvement, contre les saisies de mat&#233;riel et la stigmatisation de la culture &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;. La pratique de la mani'festive est aussi revenue. Mais attention, avertit un teufeur dans &lt;i&gt;IncognitaK&lt;/i&gt;, car en Italie &#171; &lt;i&gt;la &lt;/i&gt;street parade&lt;i&gt; a &#233;t&#233; mal comprise&lt;/i&gt; &#187;. &#171; &lt;i&gt;[Elle] n'a pas r&#233;ussi &#224; converger avec d'autres luttes, et elle s'est vid&#233;e de son contenu politique. De simples promenades autor&#233;f&#233;rentielles tol&#233;r&#233;es par les autorit&#233;s, pendant que les &lt;/i&gt;free party&lt;i&gt; restaient rares, petites et fortement r&#233;prim&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le public italien s'est &#233;galement resserr&#233; : moins de teufs, moins de monde, moins longtemps, l'esprit plus alerte sur le surgissement possible de l'en-dehors (les keufs). Une teufeuse fran&#231;aise t&#233;moigne de ce changement : depuis les lois r&#233;pressives du gouvernement Meloni, les f&#234;tes de l'autre c&#244;t&#233; des Alpes auxquelles elle a particip&#233; ne rassemblaient que quelques centaines de personnes tout au plus. Des &#233;v&#233;nements, plus discrets, permettant encore de passer sous les radars policiers.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Pour chaque voix r&#233;duite au silence et chaque personne incarc&#233;r&#233;e, il y aura mille autres TAZ pr&#234;tes &#224; se soulever, &#224; occuper, &#224; lib&#233;rer et &#224; cr&#233;er le conflit &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Les r&#233;actions critiques de sp&#233;cialistes du droit p&#233;nal et de constitutionnalistes italiens auront au moins permis d'all&#233;ger la charge p&#233;nale qu'encourent les simples participants &#224; la f&#234;te. Une victoire fragile, mais pas anodine, qui laisse aux teufeurs une voie encore ouverte : celle du recours juridique. Le&lt;i&gt; decretto sicurezza&lt;/i&gt; est ainsi aujourd'hui la cible de nouvelles critiques des magistrats. S'il n'y a pas d'&#233;vidence sur la marche &#224; suivre pour &#233;chapper &#224; cette pouss&#233;e r&#233;pressive, Ana nous invite toutefois &#224; l'optimisme : &#171; &lt;i&gt;Cr&#233;ons des alliances internationales, conscientes et combatives. Pour chaque voix r&#233;duite au silence et chaque personne incarc&#233;r&#233;e, il y aura mille autres TAZ [&lt;/i&gt;Temporary autonomous zone&lt;i&gt;, ou Zone autonome temporaire en fran&#231;ais, ndlr] pr&#234;tes &#224; se soulever, &#224; occuper, &#224; lib&#233;rer et &#224; cr&#233;er le conflit. Depuis plus de 30 ans, le mouvement a affront&#233; la r&#233;pression. Nous ne nous sommes jamais laiss&#233;s dompter par l'Histoire.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;ADN23&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En Italie le &#171; d&#233;cret-loi &#187; correspond &#224; un projet de loi en France. Il est propos&#233; par le gouvernement avant d'&#234;tre vot&#233; par le pouvoir l&#233;gislatif.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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