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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La transhumance &#224; Guibert</title>
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		<dc:date>2009-12-13T12:05:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est l'agnelage, les pr&#233;s s'irisent de rouge sang avant de se tacheter de blanc. Muriel et Alain Guibert, bergers du Luberon, nous re&#231;oivent autour d'un gigot &#224; faire baver d'envie le plus repu des gros richards qui ont rafl&#233; toutes les vieilles pierres de la r&#233;gion. Ces deux-l&#224; se racontent avec humour et gourmandise. &#171; MON OBSESSION D'ADOLESCENT, c'&#233;tait de sortir avec des filles. J'allais guincher en costume trois pi&#232;ces. Apr&#232;s mai 68, je me suis rendu compte qu'on pouvait avoir du (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no60-octobre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;60 (octobre 2008)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/OBSESSION" rel="tag"&gt;OBSESSION&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'agnelage, les pr&#233;s s'irisent de rouge sang avant de se tacheter de blanc. Muriel et Alain Guibert, bergers du Luberon, nous re&#231;oivent autour d'un gigot &#224; faire baver d'envie le plus repu des gros richards qui ont rafl&#233; toutes les vieilles pierres de la r&#233;gion. Ces deux-l&#224; se racontent avec humour et gourmandise.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; MON OBSESSION D'ADOLESCENT, c'&#233;tait de sortir avec des filles. J'allais guincher en costume trois pi&#232;ces. Apr&#232;s mai 68, je me suis rendu compte qu'on pouvait avoir du succ&#232;s en portant des jeans, des camarguaises et les cheveux longs. Mais pour devenir hippie, il fallait lire un peu, et en lisant tu devenais gauchiste &#8211; tu commences &#224; partir en biberine et &#231;a te pla&#238;t ! Difficile de renier Marseille,mais entre Marx et Giono, le chemin m'a men&#233; jusqu'ici. &#187;&lt;/i&gt; Alain a grandi entre Saint- Victor et Arenc, deux quartiers populaires du littoral marseillais. Il y a fray&#233; avec le meilleur comme le pire de la culture dockers. &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s l'&#233;cole, on avait form&#233; une esp&#232;ce de communaut&#233; de sept ou huit mecs, entre 18 et 20 ans. Les filles allaient et venaient. On vivait bien, sans trop travailler. Celui qui bossait nourrissait les autres, un peu &#224; tour de r&#244;le. Le samedi, il n'y avait pas de vigile au Sodim d'Endoume, alors on allait faire les courses. En plus on avait une copine caissi&#232;re&#8230; Tranquille. &#187;&lt;/i&gt; L'accent d'Alain s'est arrondi au contact de l'arri&#232;re-pays, mais sa verve est toujours bien sal&#233;e. &lt;i&gt;&#171; Un jour d'avril 1976, on allait payer un kilo d'herbe achet&#233; &#224; Belsunce et le dealer s'est fait gauler sous nos yeux. On a pris peur, on est venus se mettre au vert chez des potes, &#224; c&#244;t&#233; d'ici. Deux jours apr&#232;s, un berger du coin m'embauchait comme stagiaire. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis, apr&#232;s un an &#224; l'&#233;cole du Merle, &#224; Salon, le fr&#232;re du berger l'appelle. Il cherche un jeune associ&#233; et met &#224; disposition ses p&#226;turages. &lt;i&gt;&#171; Un de mes buts, c'&#233;tait ne pas &#234;tre employ&#233; toute ma vie. Mais c'&#233;tait quand m&#234;me lui le patron, de fait. &#187;&lt;/i&gt; Finie, l'agitation marseillaise.&lt;i&gt; &#171; &#199;a m'a tout de suite plu. Les copains et les copines venaient me voir. J'avais l'aura de ce m&#233;tier un peu mythique, &#231;a ajoutait &#224; mon charme. &#187;&lt;/i&gt; Mumu sourit d'un air entendu. &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas un boulot, berger, c'est une vie &#187;&lt;/i&gt;, s'enthousiasme Alain. &lt;i&gt;&#171; Mais je n'ai jamais reni&#233; le pass&#233;. Les amis venaient me squatter, soi-disant pour d&#233;crocher des drogues dures&#8230; Ce qui m'a sauv&#233;, c'est ma passion pour les brebis. &#192; la naissance de mon petit, en 1990, j'ai arr&#234;t&#233; la d&#233;fonce. Ceux qui sont rest&#233;s &#224; Marseille ont mal fini&#8230; Sur les sept de la bande, quatre sont morts du sida. &#187;&lt;/i&gt; Mumu se&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_300 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH339/ferri60-d977e.jpg?1779933142' width='500' height='339' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Ferri
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;souvient bien : &lt;i&gt;&#171; Moi, j'ai jamais touch&#233; &#224; &#231;a. J'avais dix-huit ans, un papillon pos&#233; sur une fleur fan&#233;e. Je l'ai connu l&#224;-haut, dans les alpages. J'avais fait une transhumance avec une copine, depuis le Var. Quelque chose de magique s'est pass&#233; en moi. J'&#233;tais en train de regarder la porte de cette bergerie, o&#249; sont grav&#233;es les noms des bergers pass&#233;s par l&#224;. Et d'un coup, j'ai senti un souffle passer derri&#232;re moi, une odeur, quelque chose de fort, humide, chaud. C'&#233;tait Guibert. Je me suis tourn&#233;e et l&#224;, en trois secondes, j'ai su que j'allais faire un enfant avec lui. &#187;&lt;/i&gt; Alain bougonne : &lt;i&gt;&#171; Dis tout de suite que je puais ! Moi, j'ai juste su que j'allais passer la nuit avec elle ! Et ce soir-l&#224;, elle n'a pas voulu, en plus ! &lt;/i&gt; &#187; Mumu, imperturbable : &lt;i&gt;&#171; Depuis on ne s'est plus quitt&#233;s. Il m'a beaucoup appris. Il a cette tol&#233;rance qui peut changer le monde. Quand tu vois le bon c&#244;t&#233; des &#234;tres humains, &#231;a te porte. Guibert m'a appris &#231;a. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est facile de s'int&#233;grer, dans le coin ? &lt;i&gt;&#171; Au d&#233;part, je voulais &#234;tre plus paysan que les paysans. Mais j'ai vite compris que je resterais toujours marseillais. Et &#234;tre &#233;tranger, &#231;a a des avantages. Moi, si je n'ai pas besoin de me lever &#224; l'aube, je reste au lit ! Et s'il y a un match de l'OM &#224; 18h, je rentre les b&#234;tes &#224; 17h30&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Mumu ajoute : &lt;i&gt;&#171; Les voisins faisaient disjoncter le transfo pour l'emp&#234;cher de voir son match. Pour le plaisir de l'entendre hurler&#8230; On le traitait d'estranger, mais avec sympathie, parce qu'ils ont vite reconnu son travail et aussi sa g&#233;n&#233;rosit&#233;, la table toujours ouverte&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En contrepoint de cette hospitalit&#233;, il y a le rapport vici&#233; avec les nouveaux propri&#233;taires. &lt;i&gt;&#171; On est dans le Luberon, les terres, c'est les riches qui les ont. Et comme en France la propri&#233;t&#233; est sacr&#233;e, des fois je dois faire la pute. Tu peux faire pa&#238;tre tes brebis mais &#224; condition que tu laisses leur pr&#233; comme un terrain de golf. &#187;&lt;/i&gt; Alain s'interrompt pour avaler son caf&#233;. &lt;i&gt;&#171; L'authenticit&#233; devenant &#224; la mode, il y a ce multimillionnaire des cosm&#233;tiques, qui vient en h&#233;licopt&#232;re dans son mas transform&#233; en palais, et qui me pr&#234;te sa garrigue pour le plaisir d'entendre les clochettes de mon troupeau (c'est un pote &#224; Nicolas Hulot, je l'ai vu passer r&#233;cemment dans son 4X4 avec trois blondes &#224; bord). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mumu nuance : &lt;i&gt;&#171; Guibert sait y faire. Surtout avec leurs femmes. &#192; la marseillaise, il sait les charmer et leur donner ce qui manque le plus aux riches : un peu de chaleur humaine. Il fait de la p&#233;dagogie. La veuve de Cartier- Bresson se plaignait de l'aspect d'une parcelle qu'elle nous pr&#234;te, un terrain de safre, dur &#224; cultiver. On lui a montr&#233; la terre voisine de l'ex-associ&#233; de Guibert, toute &#8220;propre&#8221; parce qu'il utilise des d&#233;sherbants. On lui a expliqu&#233; qu'on pourrait faire pareil, mais que tout un tas de petites fleurs sauvages allaient dispara&#238;tre. Comme elle aime beaucoup les fleurs, elle a fini par comprendre&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Guibert, patient : &lt;i&gt;&#171; Je leur dis que s'ils veulent du gazon, il faut du d&#233;sherbant, mais que &#231;a va s'infiltrer dans leur piscine&#8230; et accessoirement dans la nappe phr&#233;atique. &#187;&lt;/i&gt; Mumu, songeuse : &lt;i&gt;&#171; Avant, les bergers c'&#233;tait comme des Gitans, des gens libres. On &#233;tait herbassiers, &#8220;ceux qui cherchent l'herbe&#8221;&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Berger-pas-moutonnier'&gt;&#171; Berger, pas moutonnier &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Un jaune, patron !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-jaune-patron</link>
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		<dc:date>2008-11-03T09:28:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>qu'ils</dc:subject>
		<dc:subject>d'autres</dc:subject>
		<dc:subject>syndicat</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;CERTAINS LECTEURS me disent : &#171; Tu &#233;cris souvent sur des mecs de la CGT, jamais sur des militants d'autres syndicats. Il n'y a que la CGT dans ta bo&#238;te ? &#187; Effectivement, il existe d'autres syndicats dans mon usine, mais la CGT y est tellement majoritaire que les autres font figure de marginaux. La CFTC n'est constitu&#233;e que d'un seul militant, repr&#233;sentant dans tout un tas d'instances et donc quasiment jamais au boulot (quoique, avec la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale, il va devoir (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no60-octobre-2008" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;60 (octobre 2008)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-ils" rel="tag"&gt;qu'ils&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-autres" rel="tag"&gt;d'autres&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lecteurs" rel="tag"&gt;Lecteurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ecris-souvent" rel="tag"&gt;&#233;cris souvent&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-autres-syndicats" rel="tag"&gt;d'autres syndicats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/militants-d-autres" rel="tag"&gt;militants d'autres&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;CERTAINS LECTEURS me disent : &lt;i&gt;&#171; Tu &#233;cris souvent sur des mecs de la CGT, jamais sur des militants d'autres syndicats. Il n'y a que la CGT dans ta bo&#238;te ? &#187;&lt;/i&gt; Effectivement, il existe d'autres syndicats dans mon usine, mais la CGT y est tellement majoritaire que les autres font figure de marginaux. La CFTC n'est constitu&#233;e que d'un seul militant, repr&#233;sentant dans tout un tas d'instances et donc quasiment jamais au boulot (quoique, avec la loi sur la repr&#233;sentativit&#233; syndicale, il va devoir remettre ses bleus de temps &#224; autre). Il y a la CGC dont les r&#233;unions sont encore convoqu&#233;es directement par la direction. Reste, pour ma bo&#238;te, la CFDT, et l&#224;, j'ai vraiment du mal avec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La CFDT de l'usine est une ancienne section de FO qui a pr&#233;f&#233;r&#233; se tourner vers Edmond Maire dans les ann&#233;es 70. Pendant une p&#233;riode, ce syndicat a fait illusion aupr&#232;s d'ouvriers de la chimie qui se prenaient plus pour des techniciens que pour des prolos. Surtout, elle pouvait proposer une alternative face &#224; une CGT t&#233;l&#233;guid&#233;e, &#224; l'&#233;poque, par le PC et &#224; ses pratiques d'&#233;viction des &#233;l&#233;ments les plus ouverts. Dans les ann&#233;es 80, la CFDT a &#233;t&#233; majoritaire un moment et a contr&#244;l&#233; le Comit&#233; d'&#233;tablissement pendant deux mandats. &#199;a s'est traduit par un certain client&#233;lisme, l'aide &#224; quelques structures proches du PS, ainsi que par l'emprise de pseudo-militants qui se servaient du CE pour en tirer des avantages personnels. Cela s'ajoutait &#224; un changement de personnel dans la CFDT o&#249; il ne restait plus que des contrema&#238;tres, et quelques mecs qui imaginaient se servir du passeport CFDT pour le devenir. Bref, l'embellie CFDT ne dura gu&#232;re, d'autant que ce syndicat signait (et signe toujours) tous les accords de merde et que &#231;a ne plaisait pas. D'ailleurs, il fallait voir comment ils justifiaient leurs signatures : que c'&#233;tait pour la survie de la bo&#238;te, que de toute fa&#231;on, &#231;a ne changerait rien et, surtout, que la CFDT resterait &#171; vigilante &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre aspect qui a &#233;t&#233; r&#233;dhibitoire, c'est la gestion des conflits. La CFDT a toujours tout fait pour arr&#234;ter le mouvement d&#232;s la premi&#232;re heure de gr&#232;ve. &#192; croire qu'ils voulaient la gr&#232;ve mais qu'ils avaient peur, peur de fermer la bo&#238;te (leitmotiv), ou qu'ils pensaient que les choses pourraient s'arranger d&#232;s qu'ils seraient re&#231;us par le patron. Les interventions de la CFDT dans les assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales ont toujours &#233;t&#233; de faire peur et de casser le mouvement. Au point de se demander si, petit &#224; petit, le ver que ce syndicat a mis dans le fruit ne prend pas toute la place quand on voit le manque de combativit&#233; actuel. Une autre sp&#233;cialit&#233; des militants de la CFDT, c'est la rumeur. Se targuant d'&#234;tre toujours dans les bureaux de la direction, ils sortent les plans de restructuration avant qu'ils n'aient lieu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les mesures catastrophiques annonc&#233;es d&#233;samorcent les r&#233;actions possibles, car, apprendre qu'il n'y a &#171; que &#187; cent suppressions d'emplois plut&#244;t que les deux cents diffus&#233;es par la rumeur, &#231;a peut para&#238;tre une victoire. Voil&#224; o&#249; en est la CFDT, syndicat d&#233;clinant doucement, mais qui, par les fonctions d'encadrement de ses quelques adh&#233;rents, garde une grande capacit&#233; de nuisance. Je suis dans leur collimateur depuis la sortie de Putain d'usine, pour laquelle ils ont engag&#233; une vraie cabale contre moi,comme quoi je disais du mal des ouvriers. Ce qui a &#233;t&#233; dur &#224; vivre dans un premier temps, c'est &#224;- dire avant que les coll&#232;gues n'ach&#232;tent et ne lisent mon bouquin. Parce que la CFDT n'aime pas qu'on dise &#224; l'ext&#233;rieur ce qui ne devrait pas sortir de l'enceinte de l'usine. Tout comme ils n'avaient pas support&#233; que la CGT de la bo&#238;te, apr&#232;s la catastrophe d'AZF, d&#233;nonce, par voie de presse, les mauvaises conditions de s&#233;curit&#233; dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224;. Je pourrais encore &#233;crire des pages sur les m&#233;faits de ce syndicat, mais il y a d'autres choses &#224; faire. Quand le secr&#233;taire de la CGT dit qu'il faut travailler de concert avec la CFDT, je ne vous dis pas comment on re&#231;oit ce message dans la bo&#238;te.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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