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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Cofor moderne</title>
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		<dc:creator>H. K.</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Anne</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;En mati&#232;re d'accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques, l'heure est au changement de paradigme. Au Centre de formation au r&#233;tablissement (Cofor), &#224; Marseille, ce sont les primo-concern&#233;&#183;es qui &#233;changent autour de nouvelles pratiques r&#233;pondant &#224; leurs besoins, chacun&#183;e apprenant des connaissances des autres. Tour d'horizon. &#192; l'&#233;poque de mes hospitalisations, au d&#233;but des ann&#233;es 2000, la psychiatrie publique ne d&#233;bordait pas d'imagination. Les interlocuteurs potentiels (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/H-K-362" rel="tag"&gt;H. K.&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sante" rel="tag"&gt;Sant&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/centre" rel="tag"&gt;centre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cofor" rel="tag"&gt;Cofor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/retablissement" rel="tag"&gt;r&#233;tablissement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/module" rel="tag"&gt;module&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/formation" rel="tag"&gt;formation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/formations" rel="tag"&gt;formations&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Anne" rel="tag"&gt;Anne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/facilitatrice" rel="tag"&gt;facilitatrice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/etudiant-es" rel="tag"&gt;&#233;tudiant.es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En mati&#232;re d'accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques, l'heure est au changement de paradigme. Au Centre de formation au r&#233;tablissement (Cofor), &#224; Marseille, ce sont les primo-concern&#233;&#183;es qui &#233;changent autour de nouvelles pratiques r&#233;pondant &#224; leurs besoins, chacun&#183;e apprenant des connaissances des autres. Tour d'horizon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3329 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L407xH400/-1522-d4f5b.jpg?1768653546' width='407' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par H.K.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#233;poque de mes hospitalisations, au d&#233;but des ann&#233;es 2000, la psychiatrie publique ne d&#233;bordait pas d'imagination. Les interlocuteurs potentiels &#233;taient facilement identifiables mais jamais disponibles, le m&#233;dicament se chargeait de vous rendre g&#233;rable par l'institution, les ateliers propos&#233;s devaient mollement vous occuper la semaine, le circuit de soins &#224; la sortie &#233;tait bien balis&#233;. De l'atelier anim&#233; par le pharmacien du Centre m&#233;dico-psychologique (CMP) aux s&#233;ances de visionnage de VHS avec les mamies &#224; l'h&#244;pital de jour, l'ennui pr&#233;dominait. &#199;a ne d&#233;bordait pas d'enjeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps ont bien chang&#233;, &#224; commencer par le vocabulaire. Tout d'abord, on ne parle plus de &#171; malade psychiatrique &#187; et plus trop de &#171; personne en situation de handicap psychique &#187;, puisque maintenant vous pouvez &#234;tre &#171; usager en sant&#233; mentale &#187;. M&#234;me si ce terme ne dit rien du foisonnement et du chaos int&#233;rieur, m&#234;me s'il ne vous fait plus exister qu'au vu de votre relation avec les institutions, il a l'avantage de faire de vous quelqu'un de respectable, qui a des droits &#8211; un client, presque...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On vous dit de moins en moins que &#171; la gu&#233;rison, c'est pas pour vous &#187; &#8211; le &lt;i&gt;r&#233;tablissement&lt;/i&gt; semble plus accessible, voire plus souhaitable. Occupant une place centrale dans ce processus, la personne concern&#233;e va &#234;tre accompagn&#233;e pour retrouver l'estime d'elle-m&#234;me, pour conforter ses capacit&#233;s &#224; agir et &#224; prendre des d&#233;cisions, pour am&#233;liorer son bien-&#234;tre et &#233;toffer ses relations affectives, pour exercer des r&#244;les sociaux gratifiants, d&#233;fendre sa peau.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des formations par et pour les concern&#233;.es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour creuser et transmettre cette nouvelle approche, un lieu fantastique a vu le jour &#224; Marseille, dans le quartier de la Pointe-Rouge : le Cofor (Centre de formation au r&#233;tablissement), h&#233;berg&#233; dans les locaux d'un institut de formation pour travailleurs sociaux. Le principe : permettre &#224; des personnes ayant des troubles psy d'acqu&#233;rir outils et connaissances pour &#233;tayer leur r&#233;tablissement et &#233;viter les rechutes. Contrairement &#224; ce qui peut se passer dans les structures de soin, au Cofor, ce ne sont pas des soignant.&#8202;es qui vous ass&#232;nent leur vision des choses mais, pour 90 %, des personnes ayant elles-m&#234;mes connu un parcours en psychiatrie (des pairs, donc). L'id&#233;e &#233;tant que les formations soient co-construites par les &#233;tudiant.es, leurs animateurs et animatrices ne sont pas appel&#233;.es &#171; enseignant.es &#187;, mais &#171; facilitateurs &#187; et &#171; facilitatrices &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire commence en 2016. Une trentaine de personnes impliqu&#233;es dans des structures alternatives du m&#233;dico-social, travailleur.euses comme b&#233;n&#233;ficiaires, cherchent &#224; ouvrir un espace dans lequel penser le changement. Elles d&#233;crochent un appel d'offres de l'Agence r&#233;gionale de sant&#233; (ARS) concernant l'autonomie en sant&#233;, et prennent un an pour monter le projet et d&#233;finir le cadre th&#233;orique du futur Cofor.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; certains &lt;i&gt;Recovery Colleges&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le concept de Recovery College a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; en Angleterre. Le Cofor (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de l'&#233;tranger, ici, il n'y aura donc pas de place pour les soignants dans l'&#233;quipe, et seules les personnes concern&#233;es par les troubles pourront &#234;tre &#233;tudiantes (des interventions du Cofor aupr&#232;s de professionnel.les du m&#233;dico-social se chargeant tout de m&#234;me par ailleurs de les sensibiliser au &lt;i&gt;r&#233;tablissement&lt;/i&gt;). L'organisation est voulue horizontale et participative &#224; tous les niveaux : les &#233;tudiant.es prennent part aux r&#233;unions hebdomadaires, au comit&#233; p&#233;dagogique, au comit&#233; de pilotage, co-construisent les modules... L'&#233;galit&#233; salariale est la r&#232;gle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parfois les r&#233;unions sont &#171; &lt;i&gt;rock &amp; roll&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne Anne, une des cofondatrices du Cofor. Mais au moins, on s'assure que le contenu des formations &#233;mane des besoins des primo-concern&#233;.es. Et en septembre 2017, quatre modules sont propos&#233;s : Droits (acc&#233;der &#224; son dossier m&#233;dical, d&#233;signer une personne de confiance, r&#233;diger des directives anticip&#233;es en cas d'hospitalisation...) ; Plan d'action individualis&#233; vers le r&#233;tablissement ; Vivre avec (identifier les signes pr&#233;curseurs d'une crise, s'affirmer face au psychiatre, apprendre &#224; t&#233;moigner sans craindre le jugement...) ; et Bien-&#234;tre (m&#233;ditation, yoga, etc.).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque module se compose d'une douzaine de s&#233;ances de deux heures environ, et accueille jusqu'&#224; douze &#233;tudiant.es (en janvier 2019, la moyenne d'&#226;ge &#233;tait de 43 ans, 50 % ayant un niveau bac). &#192; chaque fin de trimestre, on ajuste le contenu en fonction des retours. En tenant compte aussi des personnes qui animent le module : untel est juriste de formation, unetelle convaincue par la pertinence de la psychanalyse, unetelle esp&#233;rait voir &#233;merger un lobby de d&#233;fense des psychiatris&#233;.&#8202;es...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Former &#224; la &#171; pair-aidance &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mathieu et A&#239;cha, ancien.es &#233;tudiant.es devenu.es facilitateur et facilitatrice de module, insistent sur la mani&#232;re dont le Cofor les a aid&#233;.&#8202;es &#224; mieux &#233;couter et comprendre les gens, comment les &#233;changes permanents leur ont permis d'&#233;voluer. Anne, elle, a fait le choix de quitter le centre apr&#232;s avoir &#233;t&#233; facilitatrice pendant deux trimestres : &#171; &lt;i&gt;Ce que j'avais &#224; dire est pass&#233;, il faut que &#231;a tourne&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis quelque temps, l'envie se fait sentir de monter un cinqui&#232;me module professionnalisant d'initiation &#224; la pair-aidance&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pair-aidance repose sur l'entraide entre personnes souffrant ou ayant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. L'id&#233;e est de compl&#233;ter l'offre de formation existante (licence professionnelle &#171; M&#233;diateur de sant&#233;-pair &#187; &#224; Lyon et Paris), en donnant sa chance &#224; tout le monde, sans niveau de dipl&#244;me requis. Pour Anne, le risque engendr&#233; par ce cinqui&#232;me module est d' &#187; &lt;i&gt;envoyer au front de la chair fra&#238;che&lt;/i&gt; &#187; &#8211; autrement dit, de placer toujours plus de personnes pay&#233;es au rabais dans des &#233;quipes soignantes encore tr&#232;s stigmatisantes, qui les enverront en premi&#232;re ligne en cas d'urgence, sans accompagnement pour amortir la charge mentale, sans organisme pour les d&#233;fendre en cas de conflit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais ce module cherche avant tout &#224; structurer et approfondir une pair-aidance qui existe d&#233;j&#224; de mani&#232;re spontan&#233;e, quand quelqu'un d&#233;barque &#224; une session avec son dossier juridique sous le bras, quand tel.le autre a besoin de soutien pendant son hospitalisation...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Que cent Cofor s'&#233;panouissent... &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au Cofor, les avis concernant l'orientation &#224; donner au projet par la suite divergent : participer davantage &#224; la formation des internes en m&#233;decine et des travailleurs sociaux, offrir des cursus r&#233;ellement dipl&#244;mants, faciliter l'acc&#232;s &#224; des formations classiques, contribuer &#224; l'&#233;mergence d'un r&#233;seau de r&#233;tablissement alternatif &#224; l'hospitalisation, faire en sorte que les personnes les plus pr&#233;caires aient davantage recours au Cofor ? Par ailleurs, au vu de ses bons r&#233;sultats attest&#233;s par le travail conjoint d'une psychiatre et d'un anthropologue, le Cofor est &#224; peu pr&#232;s s&#251;r d'&#234;tre p&#233;rennis&#233; apr&#232;s 2021... Des projets similaires se montent m&#234;me &#224; Paris et Lille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; tout, plusieurs questions importantes restent en suspens : risque-t-on de jouer le jeu du lib&#233;ralisme et de ses coupes budg&#233;taires en mettant en avant les capacit&#233;s individuelles de r&#233;tablissement &#8211; comme si chacun devait autog&#233;rer ses crises existentielles &#8211; rendant obsol&#232;te toute politique publique en la mati&#232;re ? Le Cofor pourra-t-il se passer un jour de Solidarit&#233; R&#233;habilitation, structure porteuse et gestionnaire, &#233;troitement li&#233;e &#224; l'AP-HM (Assistance publique-H&#244;pitaux de Marseille), qui sur son site internet met en avant les &#233;tudes de Fondamental, &lt;i&gt;la&lt;/i&gt; fondation de sant&#233; mentale qui siphonne les budgets &#233;tatiques pour ses recherches en neurosciences ? Parano, moi ? Confuse, sans doute...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que, en comparaison &#224; ce qu'on pouvait faire de mani&#232;re informelle &#224; Toulouse&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire l'histoire du collectif Crazy Horde &#224; la fin de l'article &#171; Messies de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, le Cofor touche plus de monde, garantit un cadre p&#233;renne sur la dur&#233;e et donc un approfondissement des questionnements et une accumulation de connaissances et d'outils. Et surtout, il permet &#224; beaucoup de gens de ne pas avoir le m&#233;dicament pour seul horizon.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;H. K.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
Merci &#224; C&#233;line Engel (coordinatrice du projet), Mathieu (ancien &#233;tudiant, facilitateur, co-coordinateur), Anne (cofondatrice et ancienne facilitatrice), A&#239;cha (ancienne &#233;tudiante, facilitatrice) d'avoir r&#233;pondu &#224; mes questions avec autant d'enthousiasme et de disponibilit&#233;. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Pour en savoir plus :&lt;i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.coforetablissement.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.coforetablissement.fr&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;
&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le concept de &lt;i&gt;Recovery College&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; d&#233;velopp&#233; en Angleterre. Le Cofor s'inspire de la d&#233;marche de ces centres de formation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La pair-aidance repose sur l'entraide entre personnes souffrant ou ayant souffert d'un trouble. Les m&#233;diateurs de sant&#233; pairs peuvent exercer en milieu hospitalier, dans des structures m&#233;dico-sociales, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire l'histoire du collectif Crazy Horde &#224; la fin de l'article &#171; Messies de tous les pays, unissez-vous &#187;, en p. II.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'utopie ou la mort</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-utopie-ou-la-mort</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/L-utopie-ou-la-mort</guid>
		<dc:date>2020-06-02T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>Passager clandestin</dc:subject>
		<dc:subject>toast guilleret</dc:subject>
		<dc:subject>rarissimes maisons</dc:subject>
		<dc:subject>maisons d'&#233;dition</dc:subject>
		<dc:subject>d'&#233;dition flirtant</dc:subject>
		<dc:subject>Charles Fourier</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Monde</dc:subject>
		<dc:subject>Passager</dc:subject>
		<dc:subject>Monde amoureux</dc:subject>
		<dc:subject>clandestin</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mettre le cap sur l'utopie, c'est aussi porter un toast guilleret aux rarissimes maisons d'&#233;dition flirtant avec des utopies r&#233;volutionnaires. &#192; la mani&#232;re des Presses du r&#233;el qui ont r&#233;&#233;dit&#233; cr&#226;nement le plus transgressif appel qui soit aux chamboulements merveilleux : Le Nouveau Monde amoureux de Charles Fourier (ann&#233;es 1820). Ou &#224; celle du Passager clandestin, une machine &#224; fabriquer des livres s&#233;ditieux qui est une t&#233;m&#233;raire utopie en elle-m&#234;me puisqu'elle ne propage que des ouvrages (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Passager-clandestin" rel="tag"&gt;Passager clandestin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/toast-guilleret" rel="tag"&gt;toast guilleret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rarissimes-maisons" rel="tag"&gt;rarissimes maisons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/maisons-d-edition" rel="tag"&gt;maisons d'&#233;dition&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-edition-flirtant" rel="tag"&gt;d'&#233;dition flirtant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Charles-Fourier" rel="tag"&gt;Charles Fourier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nouveau-Monde" rel="tag"&gt;Nouveau Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Passager" rel="tag"&gt;Passager&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Monde-amoureux" rel="tag"&gt;Monde amoureux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/clandestin" rel="tag"&gt;clandestin&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mettre le cap sur l'utopie, c'est aussi porter un toast guilleret aux rarissimes maisons d'&#233;dition flirtant avec des utopies r&#233;volutionnaires. &#192; la mani&#232;re des Presses du r&#233;el qui ont r&#233;&#233;dit&#233; cr&#226;nement le plus transgressif appel qui soit aux chamboulements merveilleux : &lt;i&gt;Le Nouveau Monde amoureux de Charles Fourier&lt;/i&gt; (ann&#233;es 1820). Ou &#224; celle du Passager clandestin, une machine &#224; fabriquer des livres s&#233;ditieux qui est une t&#233;m&#233;raire utopie en elle-m&#234;me puisqu'elle ne propage que des ouvrages r&#233;imaginant hardiment nos soci&#233;t&#233;s mortif&#232;res. C'est ainsi qu'en &#224; peine quelques mois, le Passager clandestin vient de sortir de sa gibeci&#232;re flibusti&#232;re cinq br&#251;lots donnant furieusement envie de tout-tout-tout r&#233;inventer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; commencer&lt;/strong&gt;, remontons le temps, par &lt;i&gt;Pierre Kropotkine et l'&#233;conomie par l'entraide&lt;/i&gt; de Renaud Garcia qui expose lumineusement les fondements du socialisme anarchiste kropotkinesque montrant que &#171; &lt;i&gt;la coop&#233;ration et la solidarit&#233; sont des facteurs essentiels de la survie des esp&#232;ces&lt;/i&gt; &#187;. Attaquons-nous, s'&#233;crie le prince rouge, &#224; la logique de l'accumulation illimit&#233;e du capital, &#224; la comp&#233;titivit&#233;, au productivisme. R&#233;organisons la production en visant &#224; l'aisance pour tous &#171; &lt;i&gt;qui n'est plus un r&#234;ve depuis que l'homme a invent&#233; le moteur&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voltigeons&lt;/strong&gt; du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle aux &#171; ann&#233;es 1968 &#187; avec &lt;i&gt;Fran&#231;oise d'Eaubonne et l'&#233;cof&#233;minisme&lt;/i&gt; de Caroline Goldblum. Tourn&#233;e volontiers en d&#233;rision par des andouilles, ma farouche copine Fran&#231;oise guerroyait comme une Emma Goldman aussi bien contre l'oppression patriarcale des femmes que contre l'exploitation capitaliste et le massacre de la nature. Elle signa le &lt;i&gt;Manifeste des 121 &lt;/i&gt;(&#171; D&#233;claration sur le droit &#224; l'insoumission dans la guerre d'Alg&#233;rie &#187;, 1960), cocr&#233;a le Fhar (Front homosexuel d'action r&#233;volutionnaire, 1971), &#233;pousa le d&#233;tenu Pierre Sanna victime d'injustices, d&#233;fendit la bande &#224; Baader, trempa dans des sabotages antinucl&#233;aires et fricassa plus de cent livres (!) dont l'&#233;patant &lt;i&gt;L'Utopie ou la mort&lt;/i&gt; que le Passager clandestin r&#233;&#233;ditera sous peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rebondissons&lt;/strong&gt; ensuite &#224; la fin du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle avec &lt;i&gt;Murray Bookchin et l'&#233;cologie sociale libertaire&lt;/i&gt; de Vincent Gerber et Flor&#233;al Romero qui d&#233;crit bal&#232;zement le projet municipaliste libertaire du larron ambitionnant de reconcevoir&lt;i&gt; coolement &lt;/i&gt;la d&#233;mocratie directe (gestion humaine des affaires publiques, extinction de toute notion d'autorit&#233;, prises de d&#233;cisions r&#233;ellement collectives, droit de r&#233;vocation permanent par les libres assembl&#233;es de leurs d&#233;l&#233;gu&#233;s).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et en arri&#232;re toute&lt;/strong&gt; pour un p'tit tour en 1955 avec la nouvelle &lt;i&gt;La Vague montante&lt;/i&gt; de la romanci&#232;re f&#233;ministe Marion Zimmer Bradley qui oppose au totalitarisme technologique une soci&#233;t&#233; d'abondance pour le moins frugale o&#249; &#171; &lt;i&gt;nul &#234;tre humain n'a le droit d'en asservir un autre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous avons enfin&lt;/strong&gt; une tr&#232;s belle utopie en actes avec &lt;i&gt;Habiter en lutte : Zad de Notre-Dame-des-Landes, quarante ans de r&#233;sistance&lt;/i&gt;) par le Collectif comm'un, un maelstr&#246;m de pr&#233;cieux documents (r&#233;cits, photos, croquis, cartes, etc.) issus du plus grand squat &#224; ciel ouvert d'Europe : sur la mise en commun des mat&#233;riaux et des ressources, les non-march&#233;s o&#249; r&#232;gne le prix libre, les transmissions de savoir-faire, les prises de d&#233;cision horizontales sans vote et sans hi&#233;rarchie. &#171; &lt;i&gt;Comment veux-tu que le pouvoir vienne &#224; bout de personnes qui &#233;prouvent une telle joie de lutter ensemble&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Squatter la joie</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sorti aux &#233;ditions Intervalles, le roman Saisons en Friche tourne joyeusement autour des probl&#233;matiques du squat et de la r&#233;appropriation urbaine. Pour auteure, une certaine Sonia Risti&#263;, qui y revient sur une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens. Dans ces pages d&#233;di&#233;es &#224; l'art d&#233;licat du squat, il est d'abord question d'humanit&#233;. Le militantisme a beau constituer une toile de fond omnipr&#233;sente, ce sont les personnages qui s'imposent, tissent une fresque bariol&#233;e, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pages-dediees" rel="tag"&gt;pages d&#233;di&#233;es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sorti aux &#233;ditions Intervalles, le roman &lt;i&gt;Saisons en Friche&lt;/i&gt; tourne joyeusement autour des probl&#233;matiques du squat et de la r&#233;appropriation urbaine. Pour auteure, une certaine Sonia Risti&#263;, qui y revient sur une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3330 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/-1523-a4dc3.jpg?1768658419' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans ces pages d&#233;di&#233;es &#224; l'art d&#233;licat du squat, il est d'abord question d'humanit&#233;. Le militantisme a beau constituer une toile de fond omnipr&#233;sente, ce sont les personnages qui s'imposent, tissent une fresque bariol&#233;e, touchante, pleine d'&#233;tincelles et de corps aussi effervescents que des Menthos plong&#233;s dans le Coca. Parmi les occupants du lieu r&#233;quisitionn&#233; &#8211; une immense gare de marchandises d&#233;saffect&#233;e &#8211;, on trouve Malo le Congolais volubile, Vladimir le vieux plasticien fou-dingue, Alex le Bosniaque tourment&#233;, Pascal le disjonct&#233; ou Alice la malade d'amour. Ce sont leurs destin&#233;es entrecrois&#233;es que scrute Sonia Risti&#263; le temps de quatre &#171; saisons &#187;, aussi pimpantes que du Vivaldi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'utopie n'est pas tout &#224; fait au point (&#8230;), mais malgr&#233; tout, c'est la joie qui domine&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit l'auteure de ce roman, inspir&#233; d'une exp&#233;rience personnelle dans un squat d'artistes parisiens, le Th&#233;&#226;tre de Verre. Ledit espace, d&#233;sormais d&#233;sert&#233;, avait &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233; en 2003 apr&#232;s la triste expulsion de la Miroiterie, lieu bien anar-punk de M&#233;nilmuche multipliant les concerts &#224; faire fondre les esgourdes. Plong&#233;e deux ans dans ce fatras de vie, de soir&#233;es cumbia et d'initiatives plus ou moins heureuses, Sonia Risti&#263; d&#233;crit autant les failles de l'organisation collective que sa force, les accrochages in&#233;vitables que les victoires contre l'esprit du temps. Ambiance chamarr&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Il y a toujours des &#233;clats de voix, des disputes, des prises de t&#234;te.&lt;/i&gt; &#187; Avec pour horizon aga&#231;ant, mouche sur le coche utopique, le retour des sempiternels constats : &#171; &lt;i&gt;D&#233;cid&#233;ment, c'est toujours&lt;/i&gt; &lt;i&gt;pareil. Il y a&lt;/i&gt; &lt;i&gt;ceux qui charrient la merde toute la matin&#233;e dans le froid et ceux qui se consacrent au yoga et &#224; la d&#233;co.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Derri&#232;re les histoires personnelles et les t&#226;tonnements politiques d&#233;boulent des myriades de questionnements, p&#233;piant tels des pinsons lubriques. Comment cohabiter en respectant les d&#233;sirs de chacun ? Que faire quand une dizaine de sans-papiers expuls&#233;s d'un lieu proche demandent un logement ? Comment forcer la mairie &#224; accorder un bail pr&#233;caire ? De quelle mani&#232;re r&#233;agir &#224; une sauvage attaque de fachos, en mode barres de fer dans la gueule ? Est-il possible d'&#233;viter que l'exp&#233;rience ne soit un d&#233;multiplicateur de gentrification ? Confront&#233;s &#224; ce tourbillon quotidien et id&#233;ologique parfois confus, les personnages s'&#233;chappent &#224; tout bout de champ, chacun &#224; leur mani&#232;re. L'amour, le sexe, le turbin, l'escapade au bout de monde, le repli domestique, tout est bon dans le cocon. Avec un &#233;tat d'esprit f&#233;rocement oppos&#233; &#224; la sinistrose : &#171; &lt;i&gt;Tiens, (&#8230;) &#231;a sent l'&#233;t&#233;, vous ne trouvez pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Affair&#233;s &#224; cuisiner l'utopie, les insurg&#233;s immobiliers font face &#224; des obstacles insolubles, nature humaine oblige, mais ne baissent pas les bras, bricolant ce &#171; &lt;i&gt;joyeux foutoir&lt;/i&gt; &#187; visant &#224; poser les bases d'une autre soci&#233;t&#233;. Et n'oublient pas que derri&#232;re cette &#171; &lt;i&gt;joie&lt;/i&gt; &#187; revendiqu&#233;e se cache un discours tout ce qu'il y a de plus s&#233;rieux. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous essayons de faire passer comme message, c'est que dans nos villes, il y a des centaines de milliers de m&#232;tres carr&#233;s inhabit&#233;&lt;/i&gt;s &#187;, rugit Vladimir. Pour lui comme pour Sonia Risti&#263;, c'est cette ind&#233;cence-l&#224; qu'il s'agit de d&#233;noncer. Voire : de supprimer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Entendeurs de voix : &#171; B&#226;tir un arrangement avec les sympt&#244;mes &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Entendeurs-de-voix-Batir-un</link>
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		<dc:date>2020-05-25T16:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>voix</dc:subject>
		<dc:subject>Ron Coleman</dc:subject>
		<dc:subject>Ron</dc:subject>
		<dc:subject>abus&#233; sexuellement</dc:subject>
		<dc:subject>p&#233;cheur</dc:subject>
		<dc:subject>Deborah</dc:subject>
		<dc:subject>Karen</dc:subject>
		<dc:subject>Coleman</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;De nombreuses personnes entendent des voix int&#233;rieures, parfois tr&#232;s cruelles. Fr&#233;quemment assimil&#233;e &#224; une maladie mentale, cette exp&#233;rience peut facilement envoyer en psychiatrie, o&#249; le traitement est souvent chimique et destructeur. D'autres approches existent pourtant, d&#233;fendues &#224; travers le monde par diverses organisations d'entendeurs de voix. Zoom, ici m&#234;me, sur la d&#233;marche des Britanniques Ron Coleman et Karen Taylor, qui estiment que plut&#244;t que chercher &#224; tout prix &#224; annihiler ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voix" rel="tag"&gt;voix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ron-Coleman" rel="tag"&gt;Ron Coleman&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ron" rel="tag"&gt;Ron&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/abuse-sexuellement" rel="tag"&gt;abus&#233; sexuellement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pecheur" rel="tag"&gt;p&#233;cheur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Deborah" rel="tag"&gt;Deborah&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Karen" rel="tag"&gt;Karen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Coleman" rel="tag"&gt;Coleman&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;De nombreuses personnes entendent des voix int&#233;rieures, parfois tr&#232;s cruelles. Fr&#233;quemment assimil&#233;e &#224; une maladie mentale, cette exp&#233;rience peut facilement envoyer en psychiatrie, o&#249; le traitement est souvent chimique et destructeur. D'autres approches existent pourtant, d&#233;fendues &#224; travers le monde par diverses organisations d'entendeurs de voix. Zoom, ici m&#234;me, sur la d&#233;marche des Britanniques Ron Coleman et Karen Taylor, qui estiment que plut&#244;t que chercher &#224; tout prix &#224; annihiler ses voix, mieux vaut entamer le dialogue avec elles pour trouver un arrangement vivable.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH417/-1521-7ce09.jpg?1768653546' width='400' height='417' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'&#226;ge de 11 ans, Ron Coleman est abus&#233; sexuellement par le cur&#233; de sa paroisse. Au d&#233;but de sa vie d'adulte, son amoureuse se suicide. Puis une grave blessure l'oblige &#224; renoncer au rugby. Quelques semaines apr&#232;s sa sortie de l'h&#244;pital, il est devant son ordinateur quand il entend une voix pour la premi&#232;re fois. &#171; &lt;i&gt;J'ai regard&#233; derri&#232;re moi mais il n'y avait personne, &lt;/i&gt;raconte-t-il&lt;i&gt;. J'ai arr&#234;t&#233; ce que j'&#233;tais en train de faire et je suis all&#233; me mettre une cuite au pub. Je me rappelle avoir pens&#233; que j'&#233;tais stress&#233; et que j'avais besoin d'un break. Dans les six mois qui ont suivi, d'autres voix sont venues s'ajouter &#224; cette premi&#232;re. Elles passaient le gros de la journ&#233;e &#224; me crier dessus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait du r&#233;cit &#171; The Ron Coleman Story &#187;, publi&#233; sur son propre site : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ron Coleman consulte son g&#233;n&#233;raliste, qui le renvoie vers un sp&#233;cialiste. Diagnostic : schizophr&#233;nie. Les dix ann&#233;es qui suivent sont pleines d'hospitalisations forc&#233;es et de m&#233;dicaments chimiques. Mais rien &#224; faire : &#171; &lt;i&gt;Malgr&#233; le plus vigoureux des traitements, les voix que j'entendais restaient toujours aussi virulentes ; les m&#233;dicaments ne me donnaient aucun r&#233;pit. Les doses &#233;taient si &#233;lev&#233;es qu'&#224; la fin j'&#233;tais comme un zombie voyant la vie &#224; travers le brouillard d'une drogue l&#233;gale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est en 1991 que le &#171; &lt;i&gt;zombie&lt;/i&gt; &#187; commence &#224; remonter la pente, gr&#226;ce aux r&#233;unions du groupe de support mutuel des entendeurs de voix de Manchester. Peu &#224; peu, il deviendra une figure de leur mouvement en Grande-Bretagne, d&#233;fendant &lt;i&gt;grosso modo &lt;/i&gt;l'approche suivante : plut&#244;t que de combattre en vain ses voix, il faut reconna&#238;tre leur existence et n&#233;gocier avec elles un &lt;i&gt;modus vivendi&lt;/i&gt; supportable.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Tu m&#233;rites de br&#251;ler en enfer, p&#233;cheur &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est cette d&#233;marche novatrice qui est d&#233;peinte dans l'excellent documentaire &lt;i&gt;Arguments&lt;/i&gt; d'Olivier Zabat et Emmanuelle Manck (Les Films d'ici), diffus&#233; sur Arte cet automne. On y voit Ron Coleman et sa compagne Karen Taylor animer des groupes de paroles d'entendeurs de voix. Parmi ces derniers, un certain Chris Munt : &#171; &lt;i&gt;J'ai rencontr&#233; trop de gens qui ont mis fin &#224; leur vie dans l'attente de la gu&#233;rison. Or il est peu probable qu'elle advienne. Ce que j'ai fait moi, comme bien d'autres usagers de services novateurs, c'est b&#226;tir un arrangement avec les sympt&#244;mes.&lt;/i&gt; &#187; &#192; la tomb&#233;e de la nuit, voici Chris &#224; sa fen&#234;tre, en pleine conversation avec ses six voix, qui pour une fois ne l'ont pas trop malmen&#233;. &#171; &lt;i&gt;Vous n'avez pas mentionn&#233; le pont du chemin de fer pour me dire de m'en jeter. Je vous en remercie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour exorciser le mal, Ron, &lt;i&gt;soignant&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;soign&#233;&lt;/i&gt;, enregistre une sorte de pi&#232;ce radiophonique reproduisant ses conversations avec ses voix. Des voix qui peuvent &#234;tre celles de personnages de son pass&#233;. Ainsi de son ancienne amoureuse, celle qui s'&#233;tait suicid&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Tu devrais te tuer, pour qu'on puisse de nouveau &#234;tre une famille.&lt;/i&gt; &#187; Celle du pr&#234;tre abuseur : &#171; &lt;i&gt;C'est ta faute. C'est toi qui m'as men&#233; au p&#233;ch&#233;. Tu m&#233;rites de br&#251;ler en enfer. P&#233;cheur, p&#233;cheur, p&#233;cheur, p&#233;cheur, p&#233;cheur&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Putain de connasse stupide, cr&#232;ve &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le passage le plus &#233;tonnant du film est le moment o&#249; Ron et Karen se lancent dans une sorte de s&#233;ance de psychoth&#233;rapie relationnelle entre une certaine Deborah Coates et sa voix. D'abord, la jeune femme leur lit la retranscription d'une conversation. La voix : &#171; &lt;i&gt;Je veux te tuer. &#199;a me rendra heureuse. Tu m'as tu&#233;e, alors je vais te tuer. Tu es morte, je t'ai tu&#233;e. &#192; pr&#233;sent, tu dois te tuer.&lt;/i&gt; &#187; &#8211; Deborah : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas morte et je ne me tuerai pas.&lt;/i&gt; &#187; &#8211; La voix : &#171; &lt;i&gt;Tu es morte, tu n'existes pas. Tu entends, tu vois et tu ressens l'existence, mais ce n'est pas r&#233;el. Ma version du monde est r&#233;elle et tu es une putain de connasse stupide &lt;/i&gt;(&#8230;)&lt;i&gt;. Cr&#232;ve.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ron intervient : &#171; &lt;i&gt;Quand tu parles &#224; ta voix, comment l'appelles-tu&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Deborah : &#171; &lt;i&gt;Parfois, je lui renvoie son &#8220;Putain de connasse stupide&#8221;. J'ai tendance &#224; me d&#233;cha&#238;ner comme elle, mais j'essaye de changer, d'&#234;tre plus compatissante.&lt;/i&gt; &#187; un peu plus tard, Deborah signale que sa voix demande si Ron, Karen et Deborah veulent se d&#233;barrasser d'elle. R&#233;ponse de Karen : &#171; &lt;i&gt;Absolument pas, pour la simple raison que nous ne le pouvons pas. L'important, c'est que vous trouviez un autre mode de relation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; de ce travail th&#233;rapeutique, Ron insiste sur l'importance du combat social &#224; mener pour que les entendeurs de voix cessent d'&#234;tre consid&#233;r&#233;s comme des &#171; &lt;i&gt;cerveaux malades&lt;/i&gt; &#187; qui ne vaudraient rien. Des corps qu'on pourrait ligoter dans des chambres d'isolement en les soumettant &#224; des traitements chimiques forc&#233;s, comme en t&#233;moigne un autre personnage du documentaire. Sans h&#233;siter, Ron d&#233;nonce une &#171; &lt;i&gt;discrimination&lt;/i&gt; &#187;. Sur son &#233;paule gauche, il a fait tatouer, en anglais : &#171; &lt;i&gt;Psychotique et fier de l'&#234;tre&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sur le m&#234;me sujet&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Experiences-psychotiques-leur' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Exp&#233;riences psychotiques : leur donner du sens pour ne plus les subir &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;184 (f&#233;vrier 2020).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait du r&#233;cit &#171; &lt;a href=&#034;https://www.workingtorecovery.co.uk/ron-coleman/the-ron-coleman-story.aspx&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;The Ron Coleman Story&lt;/a&gt; &#187;, publi&#233; sur son propre site : &lt;i&gt;Workingtorecovery.co.uk.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Exp&#233;riences psychotiques : leur donner du sens pour ne plus les subir</title>
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		<dc:creator>Yann Derobert</dc:creator>


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&lt;p&gt;Parce que les exp&#233;riences dites &#171; psychotiques &#187; (perception de voix, visions, parano&#239;a...) sont consid&#233;r&#233;es comme des sympt&#244;mes de maladie, les personnes qui les vivent sont g&#233;n&#233;ralement incit&#233;es &#224; tenter de les &#233;radiquer. &#192; l'inverse, au sein du REV (R&#233;seau fran&#231;ais sur l'entente de voix), chacun&#183;e est invit&#233;&#183;e &#224; s'en accommoder et &#224; les explorer pour en d&#233;couvrir la signification. Voici le d&#233;cryptage de Yann Derobert, membre fondateur et secr&#233;taire de l'association. &#171; Moi aussi (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Parce que les exp&#233;riences dites &#171; psychotiques &#187; (perception de voix, visions, parano&#239;a...) sont consid&#233;r&#233;es comme des sympt&#244;mes de maladie, les personnes qui les vivent sont g&#233;n&#233;ralement incit&#233;es &#224; tenter de les &#233;radiquer. &#192; l'inverse, au sein du REV (R&#233;seau fran&#231;ais sur l'entente de voix), chacun&#183;e est invit&#233;&#183;e &#224; s'en accommoder et &#224; les explorer pour en d&#233;couvrir la signification. Voici le d&#233;cryptage de Yann Derobert, membre fondateur et secr&#233;taire de l'association.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3328 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH417/-1521-7ce09.jpg?1768653546' width='400' height='417' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Moi aussi j'entends des voix. J'ai jamais pu en parler. C'est dur parce qu'elles ne sont pas gentilles avec moi, elles me disent des choses horribles. Je ne veux pas r&#233;p&#233;ter ici ce qu'elles disent, c'est trop embarrassant. Mais &#231;a me fait du bien d'en parler et de savoir que je ne suis pas toute seule. Mon m&#233;decin me dit que c'est dans ma t&#234;te et que je dois prendre des m&#233;dicaments. Mais avec les m&#233;dicaments je n'arrive plus &#224; r&#233;fl&#233;chir et j'ai pris 30 kilos. C'est la premi&#232;re fois que je peux en parler &#224; d'autres personnes sans &#234;tre jug&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes dans les locaux d'un GEM (groupe d'entraide mutuelle)&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les GEM sont des associations reconnues par une loi de 2005 dite &#171; pour (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et la femme qui vient de prendre la parole doit avoir une cinquantaine d'ann&#233;es. Permettre ce type d'expression est la raison d'&#234;tre du REV France (R&#233;seau fran&#231;ais sur l'entente de voix). Fond&#233;e en septembre 2011, l'association s'est donn&#233; pour but de faire exister des espaces o&#249; il est possible de parler de ses exp&#233;riences, quelles qu'elles soient : voix, visions, parano&#239;a, phobies... L'id&#233;e est aussi de permettre d'explorer des fa&#231;ons de les comprendre et de s'en accommoder qui facilitent la vie plut&#244;t que de s'en priver. G&#233;n&#233;ralement consid&#233;r&#233;es comme d'ordre &#171; psychotique &#187; par la m&#233;decine, ces exp&#233;riences sont pourtant riches de sens et leur prise en compte peut &#234;tre un puissant moteur de reprise de pouvoir et d'&#233;mancipation pour la personne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Diagnostic ? &#171; Trouble psychotique &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224; au GEM, apr&#232;s la premi&#232;re intervention, une deuxi&#232;me personne embraye : &#171; &lt;i&gt;Je ne sais pas si c'est pareil parce que moi, ce ne sont pas des voix&#8230; C'est des pens&#233;es qui me sont impos&#233;es. Par exemple, des pens&#233;es racistes ou alors je vais me dire &#8220;C'est qu'un sale p&#233;d&#233;&#8221; alors que ce n'est pas du tout ce que je pense. &#199;a me g&#234;ne beaucoup au quotidien.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La parole continue de circuler dans la salle. Tout le monde profite de l'occasion offerte pour t&#233;moigner de ses exp&#233;riences. La plupart des personnes pr&#233;sentes ont re&#231;u un diagnostic de &#171; trouble psychotique &#187; &#8211; dans la majorit&#233; des cas de &#171; schizophr&#233;nie &#187;. Mais parfois aussi de &#171; trouble schizo-affectif &#187; ou encore de &#171; trouble bipolaire &#187;, surtout si elles n'ont pas parl&#233; au psychiatre des voix qu'elles entendent, ce qui est tr&#232;s fr&#233;quent pour &#233;viter le stigmate, jug&#233; pire, associ&#233; au mot &#171; schizophr&#232;ne &#187;. Conscients de ce fait, certains psychiatres acceptent m&#234;me de &#171; n&#233;gocier &#187; le diagnostic &#171; schizophr&#233;nie &#187; contre &#171; trouble bipolaire &#187; qui passe g&#233;n&#233;ralement mieux en soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Partager pour retrouver une capacit&#233; d'action&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dix, quinze, vingt ans apr&#232;s avoir re&#231;u un diagnostic de trouble psychotique, la plupart des personnes que nous rencontrons ont connu, ensuite, un long parcours en psychiatrie. Elles d&#233;crivent pratiquement toutes la m&#234;me chose : des hospitalisations quand &#171; &lt;i&gt;&#231;a ne va pas&lt;/i&gt; &#187; (le plus souvent sous contrainte la premi&#232;re fois) et des &#171; soins &#187; centr&#233;s sur la prescription de m&#233;dicaments : en premier lieu des &#171; neuroleptiques &#187;, puis tout un cort&#232;ge de &#171; correcteurs &#187; (cens&#233;s limiter les &#171; effets ind&#233;sirables &#187; des neuroleptiques) : anxiolytiques, antid&#233;presseurs, somnif&#232;res&#8230; un comprim&#233; pour les angoisses, un comprim&#233; pour s'endormir, un comprim&#233; pour se r&#233;veiller, un comprim&#233; pour dig&#233;rer, un comprim&#233; pour ne pas sombrer&#8230; Il n'est pas rare que les personnes se retrouvent &#224; prendre plusieurs dizaines de g&#233;lules et cachets par jour, sans compter les injections &#171; retard &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#233;dicaments inject&#233;s en intramusculaire avec un effet qui peut durer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas facile dans ces circonstances de conserver la conviction qu'on est capable de faire quelque chose qui a une quelconque valeur, autre que se conformer &#224; ce qui est attendu de nous. Encore moins facile de r&#233;sister aux voix quand elles nous disent que l'on n'est &#171; &lt;i&gt;qu'une merde&lt;/i&gt; &#187;. Sur quoi s'appuyer pour les contredire puisque c'est bien ce qui nous est renvoy&#233; de partout ? Quand un entendeur de voix se suicide ou tente de le faire, c'est moins parce qu'il a ob&#233;i aux voix que parce qu'il s'est laiss&#233; convaincre que sa vie n'avait pas de valeur ou qu'il n'y avait pas de possibilit&#233; pour lui d'agir pour l'am&#233;liorer...&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Reconna&#238;tre l'existence des voix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La formation des professionnels (infirmi&#232;res, psychiatres, psychologues...) leur fait craindre de trop s'avancer dans l'exploration des ph&#233;nom&#232;nes dits &#171; psychotiques &#187; : &#171; entrer dans le d&#233;lire &#187; reviendrait &#224; le valider et lui donner de la force. Afin d'&#233;viter cela, ces professionnels maintiennent une distance face &#224; la personne qui &#233;voque ses exp&#233;riences et marquent consciencieusement la fronti&#232;re entre eux et les &#171; patients &#187;. Et le recueil de sympt&#244;mes prend alors le pas sur le partage d'exp&#233;riences, par principe &#171; interdit &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au REV, au contraire, la confiance na&#238;t du partage d'exp&#233;riences, qui est encourag&#233; &#8211; le t&#233;moignage de ce qui nous est arriv&#233; et des difficult&#233;s auxquelles nous sommes confront&#233;.es. Nous mettons ainsi en commun nos techniques pour y faire face, les supporter, les contourner, les surmonter, nous en accommoder, les accepter, les faire &#233;voluer...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Question : comment agir sur quelque chose qui n'existe pas, une &#171; hallucination &#187; ? En reconnaissant l'existence des voix et leur r&#233;alit&#233;, nous nous donnons les moyens d'agir dessus. Si j'ai un patron autoritaire et malveillant, mes difficult&#233;s ne sont pas si &#233;loign&#233;es de celles d'une personne qui entend une voix dominante et malveillante. Si je ne peux pas changer de patron ou si je ne peux pas faire dispara&#238;tre la voix, je peux agir pour faire &#233;voluer la relation dans un sens o&#249; je me sentirai mieux respect&#233; et o&#249; je pourrai retrouver ma capacit&#233; d'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En apprenant &#224; m'affirmer, de victime je deviens vainqueur ! Et c'est quelque chose que je peux partager avec d'autres, ce qui me d&#233;montre &#224; moi-m&#234;me ma valeur. Ce processus est constamment &#224; l'&#339;uvre dans les groupes d'entendeurs de voix. Concernant les voix, bien s&#251;r, mais concernant aussi toutes les autres perceptions, les difficult&#233;s du quotidien, le rapport &#224; des personnes qui nous ram&#232;nent constamment &#224; nos &#171; limites &#187;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surtout, ces groupes essayent d'&#233;viter le &#171; pi&#232;ge &#187; le plus fr&#233;quent du syst&#232;me psychiatrique : croire que les m&#233;dicaments nous soignent et oublier sa propre histoire.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Retrouver le pouvoir aussi face aux m&#233;dicaments&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#8211; &#171; &lt;i&gt;Mais vous pensez que les m&#233;dicaments &#231;a sert &#224; rien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? Parce que moi quand j'ai arr&#234;t&#233; j'ai rechut&#233;. Il a fallu que je sois hospitalis&#233;. Alors je peux pas arr&#234;ter...&lt;/i&gt; &#187;
&#8211; &lt;i&gt;Et les m&#233;dicaments, ils t'aident avec les voix ?&lt;/i&gt; &#187;
&#8211; &#171; &lt;i&gt;Non, moi ils n'ont aucun effet sur les voix. &#192; la limite, c'est comme si je les entendais un peu plus loin. Mais elles sont toujours l&#224; et toujours aussi mauvaises.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s t&#244;t dans le processus de cr&#233;ation du REV, j'ai &#233;t&#233; interrog&#233; (vigoureusement) au sujet de notre position sur les m&#233;dicaments. C'est que le sujet est &#233;pineux ! Mais l&#224;-dessus aussi, la proposition du REV est pragmatique, ni pour ni contre en principe : la question est de savoir ce que chaque personne sp&#233;cifique se voit apporter par les m&#233;dicaments, au cas par cas. Or, la plupart des personnes qui prennent des m&#233;dicaments psychiatriques s'interrogent sur l'opportunit&#233; de poursuivre ou d'arr&#234;ter ce &#171; traitement &#187;. Pourquoi ? Simple observation personnelle : je n'ai encore rencontr&#233; personne qui ait &#233;t&#233; &#171; gu&#233;ri &#187; par des m&#233;dicaments psychiatriques (raison pour laquelle je mets &#171; traitement &#187; entre guillemets quand je parle d'eux)... En revanche, toutes celles que j'ai rencontr&#233;es, y compris moi-m&#234;me !, connaissons ou avons connu des effets ind&#233;sirables majeurs de ces m&#233;dicaments.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte, la question &#224; se poser individuellement est bien celle, tr&#232;s pragmatique, de l'&#233;quilibre b&#233;n&#233;fices/risques li&#233;s &#224; leur consommation. Parmi les dangers m&#233;connus, et totalement d&#233;ni&#233;s dans le syst&#232;me de soins, il y a le fait d'&#234;tre coup&#233; de ses &#233;motions. C'est en partie l'effet recherch&#233;, certes. Mais ce qui n'est pas dit, ce sont les cons&#233;quences de cette coupure. Peut-&#234;tre peut-elle rendre une situation supportable. Peut-&#234;tre peut-elle permettre de traverser une phase difficile. Mais &#224; long terme, comment s'orienter dans la vie sans sa boussole &#233;motionnelle ? Comment savoir ce dont j'ai envie ? Ce dont je ne veux surtout pas ? Ce qui &#171; perd &#187; de nombreuses personnes quand elles arr&#234;tent leur &#171; traitement &#187; m&#233;dicamenteux, c'est que les &#233;motions reviennent. C'est &#233;videmment une bonne chose et les personnes ont l'impression de revivre, la vie retrouve son relief. Mais pendant tout ce temps o&#249; elles en &#233;taient coup&#233;es, elles n'ont pas pu apprendre &#224; faire face aux &#233;motions qui leur avaient pos&#233; probl&#232;me au d&#233;part. Et le jour o&#249; un &#233;v&#233;nement g&#233;n&#232;re une &#233;motion plus intense (la peur, l'amour, la col&#232;re...), la personne se retrouve d&#233;munie et son environnement s'empresse de lui rappeler qu'elle est malade ! Alors qu'elle est simplement vivante et confront&#233;e &#224; quelque chose de tr&#232;s dur &#224; vivre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mettre au jour les traumatismes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ces vingt derni&#232;res ann&#233;es, les recherches en psychologie ont &#233;tabli de mani&#232;re tr&#232;s claire des liens de corr&#233;lation entre traumatismes dans l'enfance et exp&#233;riences dites &#171; psychotiques &#187;, avec une certaine sp&#233;cificit&#233; : par exemple entre voix et abus sexuels&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lien particuli&#232;rement mis en lumi&#232;re par les travaux de Marius Romme et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, parano&#239;a et abus physiques, n&#233;gligence et autres relations ins&#233;curisantes inscrites dans la dur&#233;e&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les personnes int&#233;ress&#233;es, voir les travaux de Richard Bentall, John (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Cependant, il n'y a rien de m&#233;canique dans tout &#231;a et je connais beaucoup de personnes qui ne relient pas leurs voix &#224; des abus mais, par exemple, &#224; des exp&#233;riences spirituelles tr&#232;s puissantes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, en offrant &#224; chaque personne des espaces o&#249; elle pourra trouver le courage et les soutiens pour explorer les liens entre ses propres exp&#233;riences et son histoire de vie, le REV est un structure unique o&#249; rien n'est impos&#233; mais o&#249; cette d&#233;marche est malgr&#233; tout possible et encourag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Yann Derobert&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;Neuroscientifique et psychologue de formation, Yann Derobert a &#233;t&#233; &#224; l'initiative de la cr&#233;ation du REV France. Il en est l'actuel co-secr&#233;taire, coordonnant les activit&#233;s de formation et de congr&#232;s. Il vit pr&#232;s d'Orl&#233;ans avec son compagnon, un fox-terrier et quatre chats. Il gagne sa vie comme conseiller &#224; l'emploi et formateur-conseil en sant&#233; et peut &#234;tre contact&#233; &#224; yann[a.r.o.b.a.s.e.]vivremavie.fr &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au-del&#224; de la psychiatrie, avec les entendeurs de voix, les paranos et leurs ami&#183;es&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Le REV r&#233;unit plus d'une quarantaine de groupes locaux en France. Constitu&#233;e exclusivement de b&#233;n&#233;voles, l'association agit en soutenant et en facilitant les initiatives des personnes qui veulent d&#233;marrer quelque chose pr&#232;s de chez elles : groupe d'auto-support, forum, formation, s&#233;jour, rassemblement, congr&#232;s... Dans tous les cas, le choix est d'&#234;tre ensemble au-del&#224; des &#233;tiquettes, pour sortir des cases o&#249; l'on nous a enferm&#233;.es et o&#249; l'on s'enferme parfois tout&#183;e seul&#183;e ! Sollicit&#233; d&#232;s sa cr&#233;ation par des personnes qui &#171; n'entendent pas de voix &#187; mais se reconnaissent dans sa proposition d'ouverture et d'exploration partag&#233;e et son invitation au courage, le REV poursuit son &#233;volution en accueillant explicitement &#171; toute exp&#233;rience humaine &#187; : voix, parano&#239;a, croyances inhabituelles, sens diff&#233;rent de la r&#233;alit&#233;, pers&#233;cution, oppression, contrainte, surveillance, harc&#232;lement...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pour accompagner cette &#233;volution, le REV organise, en partenariat avec le R&#233;seau parano&#239;a anglais, un congr&#232;s international &#224; Paris du 12 au 14 novembre 2020.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;Plus d'informations sur le site &lt;a href=&#034;http://revfrance.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.revfrance.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les GEM sont des associations reconnues par une loi de 2005 dite &#171; pour l'&#233;galit&#233; des droits et des chances, la participation et la citoyennet&#233; des personnes handicap&#233;es &#187;. Elles sont cens&#233;es offrir &#171; &lt;i&gt;un espace pour se soutenir mutuellement dans les difficult&#233;s rencontr&#233;es, notamment en termes d'insertion sociale, professionnelle et citoyenne &#187;&lt;/i&gt; (extrait du site &lt;i&gt;Handicap.gouv.fr&lt;/i&gt;). Je pr&#233;cise qu'&#224; mes yeux, les personnes dont les propos sont rapport&#233;s ici ne sont pas handicap&#233;es. Mais le contexte social est tel que c'est souvent le &#171; statut &#187; qui leur est assign&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#233;dicaments inject&#233;s en intramusculaire avec un effet qui peut durer plusieurs semaines. Ils sont utilis&#233;s notamment quand les &#171; soignants &#187; doutent que les &#171; patients &#187; prennent r&#233;guli&#232;rement leurs cachets...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lien particuli&#232;rement mis en lumi&#232;re par les travaux de Marius Romme et Sandra Escher, les deux chercheurs &#224; l'origine du mouvement international sur l'entente de voix.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour les personnes int&#233;ress&#233;es, voir les travaux de Richard Bentall, John Read, Filippo Varese, Jim van Os ou encore Peter Kinderman.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Antif&#233;ministe, tu perds ton sang froid</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Antifeministe-tu-perds-ton-sang</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Antifeministe-tu-perds-ton-sang</guid>
		<dc:date>2020-05-20T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Lucile Dumont</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<dc:subject>discours f&#233;ministes</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La persistance de discours antif&#233;ministes et masculinistes prouverait en creux la force de frappe du mouvement f&#233;ministe. Ils seraient une forme de backlash , de retour de b&#226;ton, face aux victoires &#233;mancipatrices. Las, les choses sont plus complexes et plus graves que cela. En France, au Canada et ailleurs, &#231;a fait belle lurette que des antif&#233;minismes et masculinismes de tout bord politique cherchent &#224; dresser des barrages aux combats f&#233;ministes. Ils sont l'expression politique du sexisme et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/feministes" rel="tag"&gt;f&#233;ministes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/hommes" rel="tag"&gt;hommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours" rel="tag"&gt;discours&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours-antifeministes" rel="tag"&gt;discours antif&#233;ministes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/feminisme" rel="tag"&gt;f&#233;minisme&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes-antifeministes" rel="tag"&gt;femmes antif&#233;ministes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/discours-feministes" rel="tag"&gt;discours f&#233;ministes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La persistance de discours antif&#233;ministes et masculinistes prouverait en creux la force de frappe du mouvement f&#233;ministe. Ils seraient une forme de &lt;i&gt;backlash&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans Backlash : la guerre froide contre les femmes, paru en 1991, Susan (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, de retour de b&#226;ton, face aux victoires &#233;mancipatrices. Las, les choses sont plus complexes et plus graves que cela. En France, au Canada et ailleurs, &#231;a fait belle lurette que des antif&#233;minismes et masculinismes de tout bord politique cherchent &#224; dresser des barrages aux combats f&#233;ministes. Ils sont l'expression politique du sexisme et de la misogynie ordinaires. Radioscopie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3327 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH637/-1520-3e358.jpg?1768654344' width='400' height='637' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Les f&#233;ministes ont toujours eu le don de me faire rager. Elles veulent conserver les avantages des femmes (ex. assurances moins cher&lt;/i&gt; [sic], &lt;i&gt;cong&#233; de maternit&#233; prolong&#233; pr&#233;c&#233;d&#233; d'un retrait pr&#233;ventif, etc.) tout en s'accaparant de ceux des hommes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces mots, d'une banalit&#233; confondante pour qui a &#233;t&#233; confront&#233; &#224; des discours antif&#233;ministes, sont extraits d'une lettre r&#233;dig&#233;e par Marc L&#233;pine et trouv&#233;e dans sa poche apr&#232;s qu'il eut tu&#233; quatorze femmes le 6 d&#233;cembre 1989 &#224; l'&#201;cole polytechnique de Montr&#233;al. Longtemps attribu&#233; &#224; un trouble de la personnalit&#233; de son auteur, le massacre a &#233;t&#233; r&#233;cemment requalifi&#233;. Trente ans apr&#232;s les faits, en lieu et place de la plaque comm&#233;morative initiale qui faisait r&#233;f&#233;rence aux &#171; &lt;i&gt;victimes de la trag&#233;die&lt;/i&gt; &#187;, un nouvel &#233;criteau a &#233;t&#233; accroch&#233; : &#171; &lt;i&gt;En m&#233;moire des 14 femmes assassin&#233;es lors de l'attentat antif&#233;ministe survenu &#224; l'&#201;cole polytechnique le 6 d&#233;cembre 1989.&lt;/i&gt; &#187; Il &#233;tait temps, sachant que L&#233;pine avait expliqu&#233; son geste d'une phrase limpide : &#171; &lt;i&gt;Je hais les f&#233;ministes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Canada, l'attentat de 1989 a nourri les r&#233;flexions sur ces contre-mouvements, revenus sur le devant de la sc&#232;ne en avril 2018 lorsque Alek Minassian, impliqu&#233; dans la communaut&#233; masculiniste des &lt;i&gt;incels&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Incel est un mot-valise pour &#171; involuntary celibate &#187; &#8211; c&#233;libataire (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, a fonc&#233; dans une foule au volant de son v&#233;hicule &#224; Toronto, tuant dix personnes dont huit femmes. Si la violence de l'antif&#233;minisme et du masculinisme culmine dans ce type de trag&#233;die, elle s'exprime surtout de mani&#232;re plus indirecte (et parfois inconsciente), se nichant dans des discours politiques et intellectuels qui peuvent nous &#234;tre familiers. C'est l&#224; toute la force de la construction socio-m&#233;diatique que ces massacres nous invitent &#224; d&#233;samorcer.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du &#171; masculisme &#187; aux antif&#233;minismes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le masculinisme n'a pas toujours d&#233;sign&#233; un mouvement de pens&#233;e, mais plut&#244;t un trouble dans le genre : on parlait ainsi du &#171; masculisme &#187; des femmes ayant des traits et/ou des attitudes per&#231;ues comme masculines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme l'antif&#233;minisme, le masculinisme condamne donc les femmes qui ne sont pas &#171; &#224; leur place &#187; et d&#233;rogent aux normes traditionnelles de la f&#233;minit&#233;, sans qu'elles se disent n&#233;cessairement f&#233;ministes &#8211; le cas de la communarde Louise Michel, qui ne se revendiquait pas de ces id&#233;es mais faisait l'objet de virulentes attaques &#224; ce propos, montre que l'antif&#233;minisme vise principalement &#224; exclure les femmes en tant que sujets politiques. Plus qu'une opposition th&#233;orique pr&#233;cise &#224; des courants f&#233;ministes, le discours antif&#233;ministe est finalement une r&#233;affirmation de la domination masculine et de la sacro-sainte virilit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, de la m&#234;me mani&#232;re qu'il n'y a pas&lt;i&gt; un &lt;/i&gt;f&#233;minisme mais que le mot recouvre des strat&#233;gies de lutte distinctes tendant toutes vers l'&#233;mancipation, il n'existe pas un antif&#233;minisme mais plusieurs, qui s'engouffrent sans vergogne dans la br&#232;che des divergences entre les diff&#233;rents courants f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cas d'&#233;cole : l'opposition au f&#233;minisme intersectionnel&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Courant de pens&#233;e f&#233;ministe qui consid&#232;re le genre, la race, la classe ou (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; devient pour certains un support id&#233;al pour tenir des discours p&#233;tris de racisme ou d'islamophobie. Ils voient dans ce f&#233;minisme un cheval de Troie de &#171; &lt;i&gt;revendications identitaires et culturalistes de minorit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, qui chercheraient &#224; se faire passer pour &#171; &lt;i&gt;des luttes sociales men&#233;es au nom de l'&#233;galit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Laurent Bouvet, &#171; L'exacerbation des figures identitaires est d'abord une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Les discours antif&#233;ministes et masculinistes s'adaptent ainsi aux &#233;volutions des discours f&#233;ministes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le refus de l'&#233;galit&#233; a toutefois quelques limites : les antif&#233;ministes d'aujourd'hui valident g&#233;n&#233;ralement les acquis de la &#171; premi&#232;re vague &#187; f&#233;ministe, marqu&#233;e par l'obtention du droit de vote pour les femmes. Le poids historique de certaines figures f&#233;ministes du pass&#233; pousse &#233;galement les antif&#233;ministes &#224; adopter des strat&#233;gies de d&#233;tournement. Parfaite illustration : les Survivants, mouvement de jeunes contre l'avortement, a tent&#233; il y a quelques ann&#233;es de s'approprier le nom de domaine &lt;i&gt;Simoneveil.com&lt;/i&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;L'objectif : recadrer les femmes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le credo des discours antif&#233;ministes et masculinistes . Une rh&#233;torique basiquement r&#233;actionnaire, alli&#233;e &#224; des discours racistes et homophobes. Selon eux, le f&#233;minisme est un non-sens aux effets pervers, puisqu'il risque de mettre en p&#233;ril l'ordre &#233;tabli. Pour le d&#233;noncer, ils s'appuient sur des strat&#233;gies classiques de disqualification des femmes et de leurs prises de parole (accusations d'hyst&#233;rie, renvoi &#224; des st&#233;r&#233;otypes comme celui de la femme-m&#232;re, de la femme-enfant ou de la femme-ogresse, etc.), mais aussi sur des strat&#233;gies de division entre les &#171; vraies &#187; et les &#171; fausses &#187; femmes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le m&#234;me temps, ces discours renvoient les femmes &#224; leur corps (trop f&#233;minin ou pas assez, trop viril, etc.) et &#224; leur r&#244;le traditionnel dans l'ordre h&#233;t&#233;rosexuel et patriarcal : les femmes doivent d'abord &#234;tre des m&#232;res. Les marier avec des hommes, ce serait les (re)cadrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, la figure aujourd'hui d&#233;cri&#233;e comme l'arch&#233;type de la f&#233;ministe n'est pas celle de la virago (femme d'allure masculine) ni celle de la sorci&#232;re. Il s'agit du st&#233;r&#233;otype de la femme ambitieuse qui ferait courir aux hommes le m&#234;me danger que les &#171; femmes savantes &#187;. Des relents d'anti-intellectualisme qui tendent aussi &#224; r&#233;duire le f&#233;minisme &#224; un mouvement bourgeois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et puis il y a la menace &#171; f&#233;minazie &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Insulte faite aux f&#233;ministes par les antif&#233;ministes et les masculinistes, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, qui conduit &#224; une strat&#233;gie de victimisation des hommes, que l'on retrouve dans les discours sur les hommes battus, les p&#232;res seuls ou l'&#233;ternelle &#171; &lt;i&gt;crise de la masculinit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. Cette victimisation a pour corollaire une forte culpabilisation des femmes et des f&#233;ministes, accus&#233;es d'avoir d&#233;clench&#233; la &#171; guerre des sexes &#187;. C'est pourquoi les discours antif&#233;ministes et masculinistes posent qu'il faut contenir les femmes, pr&#233;venir leurs lubies &#233;mancipatrices et &#233;ventuellement les punir, symboliquement autant que physiquement. Selon eux, le masculinisme a donc tout du combat de l&#233;gitime d&#233;fense, comme un rempart &#224; leur privil&#232;ge menac&#233;. Et pour se r&#233;aliser, ce mouvement devrait alors porter un discours &#171; positif &#187;, &#224; l'image du f&#233;minisme. Certains antif&#233;ministes vont par exemple jusqu'&#224; c&#233;l&#233;brer une &#171; Journ&#233;e internationale de l'homme &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une strat&#233;gie d'inversion d'arguments est d&#232;s lors mise en place. L'&#171; alterf&#233;minisme &#187; port&#233; par des personnages m&#233;diatiques r&#233;actionnaires comme la journaliste Eug&#233;nie Basti&#233; (&lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, revue &lt;i&gt;Limite&lt;/i&gt;) n'est qu'un autre nom de l'antif&#233;minisme. On y retrouve toute l'ambigu&#239;t&#233; des discours sur le postf&#233;minisme, qui soutiennent parfois que l'&#233;galit&#233; est d&#233;j&#224; atteinte &#8211; afin de rendre caduques les luttes pour l'&#233;mancipation. Tout cela sur fond de conformit&#233; n&#233;olib&#233;rale, les analyses &#233;tant toujours concentr&#233;es &#224; l'&#233;chelle de l'individu et d&#233;tach&#233;es de toute consid&#233;ration sur les rapports sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des hommes et des femmes, de droite comme de gauche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On aurait cependant tort de croire que les antif&#233;minismes et les masculinismes sont forc&#233;ment l&#224; o&#249; on les attend. L'opposition f&#233;minismes/antif&#233;minismes est un conflit structurel, absolument pas r&#233;ductible au spectre politique droite-gauche. C'est ce que montre le chercheur qu&#233;b&#233;cois Francis Dupuis-D&#233;ri, notamment &#224; partir de l'exemple du th&#233;oricien de l'anarchie Pierre-Joseph Proudhon (1809-1865), chez qui coexistaient une pens&#233;e progressiste avec des id&#233;es misogynes et antif&#233;ministes. Autrement dit, le &#171; progressisme &#187; ne prot&#232;ge pas de certains discours r&#233;actionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la m&#234;me mani&#232;re, &#234;tre une femme n'est pas un rempart &#224; l'antif&#233;minisme. Les femmes mobilis&#233;es contre leur droit de vote &#233;taient nombreuses, rappelle l'historienne Christine Bard : le positionnement face aux questions f&#233;ministes ne se fait pas qu'en fonction du genre &#8211; bien d'autres facteurs jouent. Par ailleurs, l'opposition actuelle de certaines femmes au f&#233;minisme en dit long sur les st&#233;r&#233;otypes qui lui sont associ&#233;s. Autrice d'une &#233;tude sur le site internet &lt;i&gt;Women against Feminism&lt;/i&gt;, dont l'une des animatrices se pr&#233;sente comme une &#171; &lt;i&gt;f&#233;ministe antif&#233;ministe&lt;/i&gt; &#187;, H&#233;lo&#239;se Michaud montre que la mobilisation de ces femmes contre &#171; le f&#233;minisme &#187; s'explique plus par leur rejet du terme en lui-m&#234;me que par leur opposition &#224; la cause des femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le r&#244;le des m&#233;dias&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; droite comme &#224; gauche, chez les hommes comme chez les femmes, les antif&#233;minismes et les masculinismes ont une longue histoire. Des ligues et des soci&#233;t&#233;s masculinistes ont vu le jour au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle en Allemagne, en Angleterre, et aux &#201;tats-Unis. Mais c'est surtout par l'interm&#233;diaire de figures individuelles, de publications et de pamphlets que l'antif&#233;minisme s'est diffus&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le r&#244;le des m&#233;dias a &#233;t&#233; et reste tout &#224; fait central dans la diffusion de ces discours &#8211; que l'on pense &#224; la surexposition m&#233;diatique dont b&#233;n&#233;ficient des figures comme Alain Finkielkraut en France ou le psychologue Jordan Peterson au Canada. La mise en avant de femmes antif&#233;ministes dans les m&#233;dias &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; parviendrait presque &#224; faire oublier qu'elles doivent leur appartenance au camp des dominants &#224; des luttes f&#233;ministes ; citons Eug&#233;nie Basti&#233;, &#201;lisabeth L&#233;vy (directrice du magazine &lt;i&gt;Causeur&lt;/i&gt;) ou l'essayiste B&#233;r&#233;nice Levet, autrice en 2018 d'un tr&#232;s explicite &lt;i&gt;Lib&#233;rons-nous du f&#233;minisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Nation fran&#231;aise, galante et libertine, ne te renie pas&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est qu'&#224; partir des ann&#233;es 1980 que l'antif&#233;minisme s'est structur&#233;, &#224; proprement parler, en associations, et s'est mobilis&#233; de mani&#232;re plus ou moins spectaculaire, notamment autour de la question du droit de garde des enfants de parents s&#233;par&#233;s. &lt;i&gt;Fathers 4 justice&lt;/i&gt;, un groupe britannique de d&#233;fense du droit des p&#232;res, connu pour avoir organis&#233; la grimpette de plusieurs de ses membres d&#233;guis&#233;s en superh&#233;ros sur des b&#226;timents, avait ainsi planifi&#233; l'enl&#232;vement du fils de Tony Blair en 2006. En 2013 &#224; Nantes, un certain Serge Charnay est rest&#233; trois jours perch&#233; sur une grue, pour protester contre la &#171; justice sexiste &#187; dont il se consid&#233;rait victime&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 2014, il sera condamn&#233; pour la troisi&#232;me fois pour soustraction d'enfant. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, et donner des id&#233;es &#224; d'autres militants de la cause des p&#232;res qui se sont ensuite f&#233;d&#233;r&#233;s dans un &#171; Collectif de la grue jaune &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comment riposter ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le terrain de jeu favori des antif&#233;ministes contemporains reste cependant internet, dont les dispositifs permettant l'anonymat ont servi une recrudescence des discours masculinistes et ouvert les vannes &#224; une expression toujours plus violente de ces id&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment faire barrage &#224; la d&#233;ferlante ? En ripostant collectivement : c'est ce que font le collectif Stop Masculinisme &#224; Grenoble ou le Collectif antimasculiniste d'&#206;le-de-France. Surtout, il devient imp&#233;ratif de prendre au s&#233;rieux les discours explicites, tout en se m&#233;fiant de ceux qui, avan&#231;ant masqu&#233;s, essayent de d&#233;finir l'antif&#233;minisme autrement que comme un d&#233;sir de justifier et d&#233;fendre le syst&#232;me patriarcal. Parano&#239;a ? Preuve suppl&#233;mentaire que les f&#233;ministes vont trop loin ? Pour reprendre les mots de la sociologue Christine Delphy, cit&#233;e par une membre du collectif grenoblois : &#171; &lt;i&gt;Quand une f&#233;ministe se voit reprocher d'aller trop loin, c'est qu'elle est sur la bonne voie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Lucile Dumont&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans &lt;i&gt;Backlash : la guerre froide contre les femmes&lt;/i&gt;, paru en 1991, Susan Faludi examine la mani&#232;re dont les m&#233;dias ont aliment&#233; les r&#233;actions n&#233;gatives aux avanc&#233;es f&#233;ministes aux &#201;tats-Unis pendant les ann&#233;es Reagan, montrant ainsi qu'elles ne sont jamais acquises.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Incel&lt;/i&gt; est un mot-valise pour &#171; involuntary celibate &#187; &#8211; c&#233;libataire involontaire. Il d&#233;signe des communaut&#233;s en ligne misogynes et violentes.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Courant de pens&#233;e f&#233;ministe qui consid&#232;re le genre, la race, la classe ou l'orientation sexuelle comme des diff&#233;renciations sociales non cloisonn&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Laurent Bouvet, &#171; L'exacerbation des figures identitaires est d'abord une construction des &#233;lites &#187;, entretien avec Matthieu Giroux, &lt;i&gt;Philitt.fr&lt;/i&gt; (17/02/2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Insulte faite aux f&#233;ministes par les antif&#233;ministes et les masculinistes, qui n'h&#233;sitaient pas &#224; parler de &#171; gaystapo &#187; au moment des mobilisations en faveur du mariage homosexuel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 2014, il sera condamn&#233; pour la troisi&#232;me fois pour soustraction d'enfant. En 2011, il avait enlev&#233; son fils pendant deux mois et demi.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Panchot &#187; : la somme des mensonges sur lesquels personne n'est d'accord</title>
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		<dc:date>2020-05-08T03:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
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		<dc:subject>Pinouse</dc:subject>
		<dc:subject>Pyr&#233;n&#233;es catalanes</dc:subject>
		<dc:subject>v&#233;rit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Incendi&#233; par les nazis &#224; la fin de la Seconde Guerre mondiale, le bourg de Valmanya fait figure de &#171; petit Oradour &#187; pyr&#233;n&#233;en. Mais derri&#232;re l'image consensuelle du village martyr, se cachent de vieux enjeux politiques et d'ancestrales chamailleries paysannes. Dans Panchot, une enqu&#234;te romanc&#233;e, S&#233;bastien Navarro remue la lie du pass&#233;, en tirant une piquante r&#233;flexion sur l'instrumentalisation des m&#233;moires et la vacuit&#233; des comm&#233;morations officielles des drames de la guerre. Le 1er ao&#251;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mortimer" rel="tag"&gt;Mortimer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sebastien-Navarro-2088" rel="tag"&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Julien-Panchot" rel="tag"&gt;Julien Panchot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Valmanya" rel="tag"&gt;Valmanya&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/resistance" rel="tag"&gt;r&#233;sistance&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/verite-historique" rel="tag"&gt;v&#233;rit&#233; historique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pinouse" rel="tag"&gt;Pinouse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pyrenees-catalanes" rel="tag"&gt;Pyr&#233;n&#233;es catalanes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/verite" rel="tag"&gt;v&#233;rit&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Incendi&#233; par les nazis &#224; la fin de la Seconde Guerre mondiale, le bourg de Valmanya fait figure de &#171; petit Oradour &#187; pyr&#233;n&#233;en. Mais derri&#232;re l'image consensuelle du village martyr, se cachent de vieux enjeux politiques et d'ancestrales chamailleries paysannes. Dans &lt;i&gt;Panchot&lt;/i&gt;, une enqu&#234;te romanc&#233;e, S&#233;bastien Navarro remue la lie du pass&#233;, en tirant une piquante r&#233;flexion sur l'instrumentalisation des m&#233;moires et la vacuit&#233; des comm&#233;morations officielles des drames de la guerre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3285 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH294/-1490-19016.jpg?1768731392' width='500' height='294' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mortimer
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; ao&#251;t 1944, 600 soldats allemands et miliciens fran&#231;ais s'engagent sur la route de Valmanya, dans les Pyr&#233;n&#233;es catalanes. Leur objectif ? Mater le maquis du Canigou, qui a pris ses quartiers un peu plus haut, dans l'ancienne colonie mini&#232;re de la Pinouse. Gr&#226;ce aux gu&#233;rilleros r&#233;publicains espagnols qui harc&#232;lent le convoi nazi, d'autres r&#233;sistants ont le temps d'organiser la fuite des 150 villageois. Quatre vieillards d&#233;cident de rester : ils seront sauvagement ex&#233;cut&#233;s. Enceinte, une jeune femme demeure &#233;galement au village : elle sera viol&#233;e devant ses enfants. M&#233;thodiquement, le bourg est pill&#233;, puis incendi&#233;. Du c&#244;t&#233; de la Pinouse, les Francs-tireurs et partisans r&#233;sistent un temps, avant de d&#233;crocher. Leur chef, Julien Panchot, est bless&#233; : captur&#233; par l'ennemi, il est sauvagement assassin&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pour la version consensuelle de l'histoire. Il y en a d'autres&#8230; C'est ce qui a intrigu&#233; le camarade S&#233;bastien Navarro, vieux compagnon de route de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, qui signe avec &lt;i&gt;Panchot&lt;/i&gt; son premier bouquin, aux &#233;ditions Alter Ego.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La &#171; v&#233;rit&#233; historique &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au d&#233;but de cette enqu&#234;te, il y a un vid&#233;aste amateur. Anticommuniste notoire, Andr&#233; Soucarrat r&#233;alise dans les ann&#233;es 1990 un documentaire sur Valmanya remettant en cause l'histoire officielle. Pr&#233;tendant d&#233;tenir la &#171; &lt;i&gt;v&#233;rit&#233; historique&lt;/i&gt; &#187;, l'homme affirme que si les Allemands ont attaqu&#233; Valmanya, c'est parce que trois jours plus t&#244;t, les maquisards avaient investi la sous-pr&#233;fecture de Prades, faisant trois morts innocents. Selon le documentariste, Julien Panchot &#233;tait une saloperie de stalinien ; d'ailleurs c'est par ses propres hommes qu'il aurait &#233;t&#233; bless&#233;, parce qu'il refusait de d&#233;crocher, les exposant ainsi &#224; une mort certaine face &#224; un adversaire par trop sup&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S&#233;bastien Navarro poursuit son enqu&#234;te. Il rencontre des historiens, &#233;pluche la documentation, cherche des t&#233;moins. La version de Soucarrat est loin de faire l'unanimit&#233;. Mais surtout, chacun a la sienne propre, diff&#233;rente. Quand l'enqu&#234;teur parvient &#224; rencontrer un maquisard ayant surv&#233;cu &#224; l'attaque de Valmanya, c'est pour entendre, quelque temps plus tard, un historien lui dire qu'il pense que le vieil homme ment, qu'il n'&#233;tait pas pr&#233;sent ce jour fatal &#224; la Pinouse. Alors, quid de &#171; la v&#233;rit&#233; &#187; dans tout &#231;a ? Un des interlocuteurs de l'auteur cite une phrase attribu&#233;e &#224; Churchill : &#171; &lt;i&gt;La v&#233;rit&#233; historique c'est la somme des mensonges sur lesquels tout le monde s'est mis d'accord.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On sait comment, apr&#232;s-guerre, le g&#233;n&#233;ral de Gaulle et la classe dirigeante ont vendu l'image d'une France toute enti&#232;re r&#233;sistante. Dans &lt;i&gt;Panchot&lt;/i&gt;, plusieurs historiens reviennent sur &#171; &lt;i&gt;le mythe&lt;/i&gt; &#187; des 75 000 fusill&#233;s du Parti communiste martyr. &#192; Valmanya, diff&#233;rentes m&#233;moires s'affrontent pour s'approprier le drame, quitte &#224; omettre des pans entiers de l'histoire. Ainsi, le souvenir des gu&#233;rilleros espagnols (combattants r&#233;publicains ayant perdu la guerre civile et qui esp&#233;raient bien, apr&#232;s en avoir fini avec les nazis, retourner en Espagne d&#233;zinguer Franco) restera longtemps occult&#233;, d'une part parce que du point de vue fran&#231;ais, la r&#233;sistance ne devait avoir &#233;t&#233; que nationale, d'autre part &#224; cause de dissensions internes au Parti communiste espagnol en exil.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les valeurs de la R&#233;sistance ne se transmettent pas &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce genre d'injustices &#233;nerve. Les comm&#233;morations aussi, auxquelles l'enqu&#234;teur s'oblige &#224; assister. Sempiternel spectacle d'affliction forc&#233;e o&#249; ceux qui repr&#233;sentent aujourd'hui l'ordre officiel versent des larmes convenues sur le sort de r&#233;sistants tu&#233;s dans le pass&#233; par ceux qui repr&#233;sentaient alors&#8230; l'ordre officiel. Las d'entendre un &#233;ni&#232;me appel sans &#233;clat au devoir de m&#233;moire, S&#233;bastien Navarro &#233;crit : &#171; &lt;i&gt;Une pens&#233;e sourde m'assaille : comment &#224; force d'&#234;tre rab&#226;ch&#233;es, servies et recycl&#233;es par tout un tas d'instances officielles, des id&#233;es nobles en viennent &#224; perdre leur sel subversif.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et quand une oratrice professe que &#171; &lt;i&gt;les valeurs de la R&#233;sistance sont et devront toujours &#234;tre celles de notre R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187;, l'&#233;crivain s'insurge : &#171; &lt;i&gt;Rien de plus faux. Le pouvoir, f&#251;t-il r&#233;publicain, sera toujours affaire d'absolutisme. Quant &#224; la R&#233;sistance, quels que soient les lieux et les &#233;poques, elle est un ill&#233;galisme.&lt;/i&gt; &#187; Et d'ass&#233;ner : &#171; &lt;i&gt;Les valeurs de la R&#233;sistance ne se transmettent pas, elles s'&#233;prouvent dans une prise de risque quotidienne et les amiti&#233;s secr&#232;tes. Le meilleur hommage que l'on peut rendre aux maquisards tomb&#233;s il y a soixante-dix ans est de d&#233;cliner leur lutte dans les combats d'aujourd'hui. Reste &#224; s'accorder sur la figure de l'ennemi &#224; combattre. C'est bien l&#224; que les choses se compliquent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Le nouveau r&#233;veil papou</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Babon Hitam, Iffik Le Guen, Nicolas Marvey</dc:creator>


		<dc:subject>David Quertelet</dc:subject>
		<dc:subject>Kelly Kwalik</dc:subject>
		<dc:subject>Papouasie occidentale</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Colonis&#233;es depuis 1963 par l'Indon&#233;sie, les populations autochtones de la Papouasie occidentale subissent une forme de &#171; g&#233;nocide lent &#187;. Mais elles n'ont jamais renonc&#233; &#224; la r&#233;sistance, comme l'a prouv&#233; une ann&#233;e 2019 tumultueuse. Le 16 d&#233;cembre 2009, les forces arm&#233;es indon&#233;siennes assassinaient le leader ind&#233;pendantiste Kelly Kwalik, coupable selon elles de sabotages, trahisons, kidnappings et assassinats. Chef charismatique de l'Organisation de lib&#233;ration de la Papouasie, Kelly Kwalik (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/David-Quertelet" rel="tag"&gt;David Quertelet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kelly-Kwalik" rel="tag"&gt;Kelly Kwalik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Papouasie-occidentale" rel="tag"&gt;Papouasie occidentale&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/peuple-papou" rel="tag"&gt;peuple papou&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Timika" rel="tag"&gt;Timika&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Colonis&#233;es depuis 1963 par l'Indon&#233;sie, les populations autochtones de la Papouasie occidentale subissent une forme de &#171; g&#233;nocide lent &#187;. Mais elles n'ont jamais renonc&#233; &#224; la r&#233;sistance, comme l'a prouv&#233; une ann&#233;e 2019 tumultueuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3286 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH412/-1491-2bfcb.jpg?1768652626' width='400' height='412' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par David Quertelet
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le 16 d&#233;cembre 2009, les forces arm&#233;es indon&#233;siennes assassinaient le leader ind&#233;pendantiste Kelly Kwalik, coupable selon elles de sabotages, trahisons, kidnappings et assassinats. Chef charismatique de l'Organisation de lib&#233;ration de la Papouasie, Kelly Kwalik &#233;tait l'une des incarnations majeures de la lutte du peuple papou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s 1963 en effet, l'Indon&#233;sie, bien aid&#233;e par les &#201;tats-Unis&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#201;tats-Unis y gagneront beaucoup : un alli&#233; de poids en pleine guerre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, avait fait main basse sur la partie occidentale de l'&#238;le de Nouvelle-Guin&#233;e, jusque-l&#224; colonie n&#233;erlandaise, ruinant l'espoir d'une nation papoue libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur ind&#233;pendance confisqu&#233;e, les populations autochtones de cet immense territoire au sous-sol richissime subissent depuis, en continu ou peu s'en faut, pers&#233;cutions, d&#233;placements de population, destruction d'habitats, tortures, viols, assassinats&#8230; Ce sont plusieurs centaines de milliers de personnes qui sont mortes depuis pr&#232;s de soixante ans, dans ce qui est d&#233;nonc&#233; comme un &#171; g&#233;nocide lent &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; la violence de cette oppression (et le silence coupable qui l'entoure), les Papous n'ont jamais renonc&#233; au combat, comme l'a prouv&#233; une ann&#233;e 2019 tumultueuse, marqu&#233;e notamment par de fortes manifestations en ao&#251;t et septembre. Dix ans apr&#232;s la disparition de Kelly Kwalik, le peuple papou est toujours bien vivant.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n 2014, l'&#233;lection d'un nouveau pr&#233;sident en Indon&#233;sie a suscit&#233; un espoir comme l'archipel n'en avait plus connu depuis la chute de la dictature de Suharto, dix-sept ans plus t&#244;t. Le nouveau chef de l'&#201;tat, le charismatique Joko Widodo, n'&#233;tait issu ni de l'arm&#233;e, ni de l'oligarchie &#8211; une premi&#232;re dans ce pays parmi les plus in&#233;galitaires au monde. C&#244;t&#233; papou, l'espoir &#233;tait certes plus mesur&#233; (les organisations ind&#233;pendantistes avaient appel&#233; au boycott du scrutin) mais r&#233;el : relativement jeune et progressiste, Jokowi, comme le surnomment ses partisans, avait en effet multipli&#233; les promesses d'un plus grand respect des droits humains en Papouasie occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au final, l'ouverture politique annonc&#233;e n'aura gu&#232;re d&#233;pass&#233; le stade des mots. &#171; &lt;i&gt;La situation g&#233;n&#233;rale ne s'am&#233;liore jamais en Papouasie occidentale&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;elle s'est m&#234;me franchement d&#233;t&#233;rior&#233;e depuis que Jokowi est au pouvoir,&lt;/i&gt; nous confie Novenus Omabak, Papou exil&#233; en Australie depuis pr&#232;s de vingt ans, et dont le fr&#232;re Timotius a &#233;t&#233; abattu par l'arm&#233;e indon&#233;sienne en avril 2018. &lt;i&gt;Il y a eu plus de morts et de destruction de l'environnement au nom du d&#233;veloppement &#233;conomique.&lt;/i&gt; &#187; De fait, la posture syst&#233;matique de Widodo a &#233;t&#233; la promotion de grands travaux d'infrastructures &#8211; le plus colossal et conflictuel d'entre eux &#233;tant sans conteste la future route Trans-Papouasie. Une politique en d&#233;calage complet avec les aspirations des peuples autochtones, qui d&#233;noncent des projets au service des int&#233;r&#234;ts de la puissance occupante avant tout.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le terrain militaire, l'ann&#233;e 2019 a &#233;t&#233; particuli&#232;rement dramatique. Face &#224; la branche arm&#233;e de l'Organisation de lib&#233;ration de la Papouasie (OPM) &#8211; toujours active, bien que r&#233;duite &#224; mener une gu&#233;rilla sporadique &#8211;, l'arm&#233;e r&#233;pond encore et toujours par la terreur. Si l'utilisation d'armes chimiques reste sujette &#224; d&#233;bat&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il y a un an, le journal australien The Saturday Paper accusait l'Indon&#233;sie (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, l'emploi d'armes de guerre contre des villages ne fait en revanche aucun doute. Dans les hautes terres du centre, plus de 250 civils ont trouv&#233; la mort l'an pass&#233; et pr&#232;s de 52 000 ont d&#251; fuir face &#224; la brutalit&#233; de la r&#233;pression, selon le bilan de l'ULMWP (Mouvement uni de lib&#233;ration pour la Papouasie occidentale)&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ULMWP est la seule organisation ind&#233;pendantiste &#224; peu pr&#232;s tol&#233;r&#233;e par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Encore maintenant, nombreux sont ceux qui restent cach&#233;s dans la for&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;La col&#232;re des Papous a d&#233;ferl&#233; sur les villes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la recrudescence des exactions commises par les forces coloniales qui fait la particularit&#233; de cette ann&#233;e pass&#233;e (elles sont h&#233;las coutumi&#232;res), mais un nouveau surgissement de la r&#233;sistance papoue, aussi inattendu qu'impressionnant. &#201;tonnamment, c'est un &#233;v&#233;nement plus anodin, survenu &#224; des milliers de kilom&#232;tres de la Papouasie, qui a fait office de d&#233;tonateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 16 ao&#251;t, &#224; Surabaya, deuxi&#232;me agglom&#233;ration d'Indon&#233;sie, situ&#233;e sur l'&#238;le de Java, la police, appuy&#233;e par une milice islamiste, effectue une descente dans un dortoir d'&#233;tudiants papous sous pr&#233;texte qu'ils auraient port&#233; atteinte au drapeau national. Ils sont pris &#224; partie, trait&#233;s de &lt;i&gt;monyet&lt;/i&gt; (&#171; singe &#187; en indon&#233;sien), violent&#233;s et quarante-trois d'entre eux sont arr&#234;t&#233;s. Ces sc&#232;nes, film&#233;es et diffus&#233;es via les r&#233;seaux sociaux, d&#233;clenchent un cycle de manifestations qui va essaimer pendant deux mois &#224; travers toute la Papouasie occidentale, r&#233;unissant des dizaines de milliers de personnes. Et ce jusqu'&#224; Timika, l&#224; m&#234;me o&#249; Kelly Kwalik &#233;tait assassin&#233; dix ans plus t&#244;t &#8211; tout un symbole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces manifs ont parfois vir&#233; &#224; l'&#233;meute. Le 19 ao&#251;t &#224; Manokwari, le parlement local est d&#233;truit par les flammes. Le m&#234;me jour, la prison de Sorong subit le m&#234;me sort, permettant l'&#233;vasion de quelque 250 d&#233;tenus. Le 23 septembre, les troubles atteignent Jayapura, capitale provinciale, et Wamena o&#249; les autorit&#233;s annoncent la mort d'une trentaine de non-Papous, originaires d'autres parties de l'Indon&#233;sie. L'OPM a beau r&#233;p&#233;ter que les vrais ennemis sont les forces de l'ordre, les nombreux migrants, majoritairement originaires des &#238;les de Java et Sulawesi, sont les marqueurs &#233;vidents de la colonisation de peuplement qui se joue aussi en Papouasie occidentale&lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Comme l'expliquait Richard Chauvel, professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'universit&#233; de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Eux ou leurs biens ont &#233;t&#233; pris pour cibles&lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cependant, d'apr&#232;s plusieurs t&#233;moignages, des Papous ont aussi aid&#233; des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, des dizaines de milliers ont fui ou &#233;t&#233; &#233;vacu&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un des conflits arm&#233;s les moins m&#233;diatis&#233;s au monde&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Comme tout le monde, l'&#201;tat indon&#233;sien a &#233;t&#233; pris de court par cette flamb&#233;e de col&#232;re. Joko Widodo a tent&#233; l'apaisement, mais sa parole para&#238;t discr&#233;dit&#233;e et sa marge de man&#339;uvre en r&#233;alit&#233; bien limit&#233;e face &#224; l'arm&#233;e. C'est une fois encore la r&#233;pression qui fait le quotidien des Papous : de fr&#233;quentes coupures d'Internet, un renforcement massif des effectifs militaires et policiers, une centaine d'arrestations, dont quasiment tous les leaders ind&#233;pendantistes pas encore en exil... Et des morts, encore. 37 c&#244;t&#233; autochtones. Parmi eux, 17 lyc&#233;ens et &#233;tudiants tu&#233;s par balle lors des &#233;v&#233;nements troubles du 23 septembre &#224; Wamena. Preuve de la forte implication dans cette r&#233;volte d'une jeunesse papoue d&#233;termin&#233;e &#224; ne plus courber l'&#233;chine. Certains ont arbor&#233; des masques de singes, transformant la plus courante des insultes racistes qu'ils subissent en un signe de fiert&#233; et de ralliement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme toujours lorsque l'on parle de la Papouasie occidentale, le plus saisissant est le contraste entre la gravit&#233; des faits et le peu de retentissement qu'ils ont &#224; l'&#233;tranger, offrant &#224; l'Indon&#233;sie une impunit&#233; certaine. Mais ces derniers &#233;pisodes, inscrits dans la longue lutte du peuple papou, sont peut-&#234;tre en train de fissurer (enfin) la chape de plomb qui p&#232;se sur l'un des conflits arm&#233;s les moins m&#233;diatis&#233;s au monde. L'ULMWP &#233;voque un &#171; &lt;i&gt;soutien tr&#232;s fort en Indon&#233;sie et &#224; l'international&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;des manifestations de solidarit&#233; dans au moins dix grandes villes &#224; l'&#233;tranger en ao&#251;t et septembre&lt;/i&gt; &#187;. C'est peu, mais on part de tr&#232;s loin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis Melbourne, o&#249; il a organis&#233; des rassemblements en tant que pr&#233;sident de la communaut&#233; papoue locale, Novenus Omabak nous lance cet appel : &#171; &lt;i&gt;Aidez-nous &#224; r&#233;cup&#233;rer notre ind&#233;pendance vol&#233;e ! Et plus important encore, &#224; contraindre le gouvernement indon&#233;sien &#224; mettre fin aux violations continues des droits humains que subissent les Papous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Marvey &amp; Babon Hitam&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Le site web de la campagne internationale pour la lib&#233;ration de la Papouasie occidentale : &lt;a href=&#034;https://www.freewestpapua.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;www.FreeWestPapua.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Kelly Kwalik : vie et mort d'un combattant ind&#233;pendantiste papou&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Kelly Kwalik est n&#233; en 1954 &#224; Tsinga, dans les montagnes du centre de la Nouvelle-Guin&#233;e n&#233;erlandaise, au sein de la tribu Amungme. &#192; l'&#226;ge de 6 ans, alors qu'il est d&#233;j&#224; orphelin, il prend part &#224; la grande migration de sa tribu vers la plaine, &#224; l'initiative de l'autorit&#233; coloniale et des missionnaires hollandais cherchant &#224; faciliter l'&#233;vang&#233;lisation. &#201;l&#232;ve dou&#233;, il obtient une bourse de la mission catholique. Tandis qu'il &#233;tudie pour devenir instituteur, il est t&#233;moin des souffrances de son peuple face &#224; la violence de la colonisation et &#224; la politique forcen&#233;e de &#171; modernisation &#187; du peuple papou men&#233;e par Jakarta.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un an apr&#232;s l'obtention de son dipl&#244;me, ses espoirs d'obtenir un poste sont totalement d&#233;&#231;us et il s'engage dans la gu&#233;rilla. En 1977, devenu g&#233;n&#233;ral de l'Organisation de lib&#233;ration de la Papouasie (OPM), il entreprend avec une centaine d'hommes une marche de plusieurs mois &#224; travers la jungle pour convaincre les tribus montagnardes de se soulever contre l'occupant. En juillet de la m&#234;me ann&#233;e, il dirige un petit commando qui r&#233;ussit l'exploit de saboter les installations mini&#232;res de la compagnie Freeport pr&#232;s de Timika, infligeant onze millions de dollars de pertes &#224; la firme am&#233;ricaine. Les repr&#233;sailles sont terribles : mitraillage de villages par avions et h&#233;licopt&#232;res, utilisation de napalm et de bombes &#224; fragmentation, meurtres, viols et multiples exactions&lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; The neglected genocide. Human rights abuses against Papuans in the central (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'OPM m&#232;ne alors une guerre de basse intensit&#233; depuis des camps diss&#233;min&#233;s dans la jungle, que l'arm&#233;e indon&#233;sienne ne parviendra jamais &#224; &#233;radiquer. Si l'organisation ind&#233;pendantiste n'a jamais &#233;t&#233; un r&#233;el danger pour l'&#201;tat, elle n'en est pas moins une menace id&#233;ologique. &#171; &lt;i&gt;En vivant dans la for&#234;t, les combattants de l'OPM rejettent tout ce que repr&#233;sente l'Indon&#233;sie et pratiquent une forme d'ind&#233;pendance, &lt;/i&gt;explique Jim Elmslie, chercheur &#224; l'universit&#233; de Sydney&lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Irian Jaya under the gun : Indonesian Economic Development Versus West (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;i&gt; Pour beaucoup de Papous, l'OPM est une source de fiert&#233; : ils ne sont pas compl&#232;tement soumis, ils r&#233;sistent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Trente ann&#233;es de gu&#233;rilla dans la jungle&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 1996, nouveau coup d'&#233;clat : l'OPM kidnappe un groupe de quatorze jeunes scientifiques anglais, hollandais et indon&#233;siens, venus inventorier la faune et la flore du parc de Lorentz. Pendant 130 jours, Kelly Kwalik et son groupe retiennent les otages dans la montagne, dans l'espoir de faire conna&#238;tre au monde leur combat et d'obtenir le soutien de la communaut&#233; internationale. La Croix-Rouge joue le r&#244;le de m&#233;diateur officiel puis, d&#233;courag&#233;e par les nombreuses volte-face du g&#233;n&#233;ral de l'OPM, finit par collaborer avec l'arm&#233;e indon&#233;sienne qui lib&#232;re les otages au prix d'une sanglante r&#233;pression&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir le documentaire Blood on the Cross de Mark Davis, Australian (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. Kelly Kwalik dispara&#238;t &#224; nouveau de la circulation, l'OPM se limitant &#224; des actions de petite envergure contre les symboles de l'oppression : arm&#233;e, police, compagnies &#233;trang&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2002, une fusillade sur la route menant de Timika &#224; la mine de Freeport cause la mort de deux Am&#233;ricains et un Indon&#233;sien. Kelly Kwalik est inculp&#233; sans aucune preuve tandis que de nombreux t&#233;moignages laissent &#224; penser qu'il s'agit d'un coup mont&#233; de l'arm&#233;e indon&#233;sienne. Dans un contexte post 11-Septembre, l'OPM est d&#233;clar&#233;e organisation terroriste et l'arrestation du g&#233;n&#233;ral Kelly Kwalik devient une priorit&#233; absolue. Mais celui-ci excelle dans l'art de la dissimulation et en 2009, &#224; quelques jours de son assassinat, la police ne dispose toujours pas d'une photo de lui s&#251;re &#224; 100 %. Cependant, gr&#226;ce aux nombreux indicateurs pay&#233;s par les services secrets, les forces sp&#233;ciales indon&#233;siennes finissent par localiser la maison o&#249; il se cache &#224; Timika, le temps de se remettre d'une crise de paludisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assaut a lieu dans la nuit du 16 d&#233;cembre 2009 : gri&#232;vement bless&#233; par balle, Kelly est transf&#233;r&#233; vers un poste de police &#233;loign&#233; de la ville o&#249;, laiss&#233; sans soins, il d&#233;c&#232;de quelques heures plus tard. Pour &#233;viter un soul&#232;vement populaire, une c&#233;r&#233;monie religieuse est autoris&#233;e dans la cath&#233;drale de Timika, &#224; laquelle assistent plusieurs milliers de personnes de toutes les r&#233;gions de Papouasie. N&#233;anmoins, les autorit&#233;s imposent qu'il soit enterr&#233; &#224; Timika et non dans son village natal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, le g&#233;n&#233;ral Kelly Kwalik repose dans cette ville mini&#232;re, symbole de la mainmise de l'Indon&#233;sie sur la Papouasie, au milieu d'un terrain vague, sous une construction de brique et de t&#244;le qui &#233;voque un poulailler. Ce 16 d&#233;cembre dernier, pour le dixi&#232;me anniversaire de son assassinat, personne n'a pu s'y recueillir : trop risqu&#233; compte tenu de la pr&#233;sence militaire et polici&#232;re massive &#224; Timika. &#201;craser la r&#233;sistance, contr&#244;ler l'histoire, organiser l'oubli&#8230; vieille recette coloniale.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un personnage insaisissable&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La propagande indon&#233;sienne a fait de lui un terroriste sanguinaire, un homme &#224; abattre. Chez les Occidentaux, la prise d'otages de 1996 a laiss&#233; de lui l'image d'un autocrate versatile et capricieux, prenant un malin plaisir &#224; faire capoter les n&#233;gociations. &#171; &lt;i&gt;Ce sale petit b&#226;tard, menteur, vicieux et &#233;go&#239;ste&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che Henri Fournier, le responsable de la Croix-Rouge, &#224; Daniel Start, un otage anglais&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;The open cage. The ordeal of the Irian Jaya hostages, Daniel Start, Harper (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Incompr&#233;hension, d&#233;ception, sentiment de trahison &#233;galement chez le journaliste australien Ben Bohane, qui pensait avoir c&#244;toy&#233; Kelly Kwalik pendant plusieurs mois dans la jungle en 1996, alors qu'il s'agissait d'un lieutenant du leader ind&#233;pendantiste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, les femmes et hommes qui ont v&#233;cu avec lui dans les camps de l'OPM gardent la m&#233;moire d'un homme doux, un sage aupr&#232;s duquel on vient prendre conseil, un homme non violent profond&#233;ment attach&#233; aux traditions, un mod&#232;le d'int&#233;grit&#233;. Aujourd'hui, Kelly Kwalik reste une figure v&#233;n&#233;r&#233;e, m&#234;me parmi les nouvelles g&#233;n&#233;rations, trop jeunes pour l'avoir connu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comment expliquer cette incompr&#233;hension chez les Occidentaux ? Laissons la parole &#224; Kelly : &#171; &lt;i&gt;Vous autres Blancs, vous allez toujours de l'avant, et les Indon&#233;siens aux cheveux raides font de m&#234;me. Nous autres, de temps en temps, nous aimons marcher en arri&#232;re : c'est notre fa&#231;on de nous souvenir. Si nous marchions seulement vers l'avant, alors nous conna&#238;trions l'oubli. Nous sommes conscients de nos diff&#233;rences, nous en sommes fiers et nous les brandissons comme nous brandissons notre drapeau.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Timika &#8722; Western papou, Nicolas Rouill&#233;, Anacharsis (2018). Ce roman m&#234;lant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;N. M. &amp; B. H.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#201;ternelle hypocrisie fran&#231;aise...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;R&#233;v&#233;l&#233;e par plusieurs m&#233;dias, l'utilisation d'armes fran&#231;aises par l'arm&#233;e indon&#233;sienne pour faire taire la r&#233;bellion des Papous ne semble pas poser de probl&#232;me au gouvernement d'&#201;douard Philippe. Oubli&#233;, le Trait&#233; sur le commerce des armes ratifi&#233; par la France en 2014 ! Oubli&#233;s, les &#171; engagements &#187; de la ministre des Arm&#233;es, Florence Parly, apr&#232;s les critiques sur les ventes de mat&#233;riel militaire aux pays du Golfe persique embourb&#233;s dans la sale guerre qu'ils m&#232;nent contre la r&#233;bellion houthie au Y&#233;men.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que l'Indon&#233;sie, si elle pi&#233;tine les droits humains, est une potentielle cliente de choix pour les champions du complexe militaro-industriel hexagonal (Airbus, Thales, Dassault, Naval Group) : outre des h&#233;licos Caracal et Fennec &#233;quip&#233;s de roquettes guid&#233;es laser servant d&#233;j&#224; contre les Papous, avions Rafale, sous-marins Scorp&#232;ne et corvettes Gowind sont au menu des n&#233;gociations entre Florence Parly et son homologue du r&#233;gime de Jakarta. On ne peut pas vendre qu'&#224; la Suisse ou &#224; la Su&#232;de, mon bon Monsieur !&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les &#201;tats-Unis y gagneront beaucoup : un alli&#233; de poids en pleine guerre froide, et plus encore l'acc&#232;s aux incroyables richesses de ce territoire &#8211; &#224; commencer par l'embl&#233;matique site de Grasberg, la plus grande mine d'or au monde, la troisi&#232;me pour le cuivre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il y a un an, le journal australien &lt;i&gt;The&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Saturday Paper&lt;/i&gt; accusait l'Indon&#233;sie d'avoir us&#233; contre des villages papous de bombes au phosphore.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ULMWP est la seule organisation ind&#233;pendantiste &#224; peu pr&#232;s tol&#233;r&#233;e par les autorit&#233;s indon&#233;siennes. C'est elle qui a fourni la plupart des donn&#233;es chiffr&#233;es de cet article.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Comme l'expliquait Richard Chauvel, professeur &#233;m&#233;rite &#224; l'universit&#233; de Melbourne, le 15 septembre 2019 sur RFI : &#171; &lt;i&gt;Il y a aujourd'hui 35 % des habitants qui ne sont pas d'origine papoue, qui viennent du reste de l'archipel indon&#233;sien. Il y a cent ans, ils n'&#233;taient que 2,5 %. Dans les grandes zones urbaines, on est &#224; 60 % de non-Papous, et c'est dans ces grandes zones urbaines que les colons indon&#233;siens dominent l'&#233;conomie.&lt;/i&gt; &#187; Avec le d&#233;veloppement des infrastructures et le d&#233;veloppement &#233;conomique, la colonisation s'acc&#233;l&#232;re et p&#233;n&#232;tre au c&#339;ur des territoires papous, pr&#233;sageant pour les ann&#233;es &#224; venir leur mise en minorit&#233; et une grande menace sur leur avenir en tant que peuple.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cependant, d'apr&#232;s plusieurs t&#233;moignages, des Papous ont aussi aid&#233; des migrants menac&#233;s, notamment en les abritant chez eux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;The neglected genocide. Human rights abuses against Papuans in the central highlands, 1977-78&lt;/i&gt; &#187;, Asian Human Rights Commission (2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Irian Jaya under the gun : Indonesian Economic Development Versus West Papuan Nationalism&lt;/i&gt;, University of Hawa&#239; Press (2003).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir le documentaire&lt;i&gt; Blood on the Cross &lt;/i&gt;de Mark Davis, Australian Broadcasting Corporation (1999).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;The open cage. The ordeal of the Irian Jaya hostages&lt;/i&gt;, Daniel Start, Harper Collins Publishers (1997).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Timika &#8722; Western papou&lt;/i&gt;, Nicolas Rouill&#233;, Anacharsis (2018). Ce roman m&#234;lant faits r&#233;els et fiction est une bonne introduction &#224; la complexit&#233; de la Papouasie occidentale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Je te dirai les mots jaunes</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Je-te-dirai-les-mots-jaunes</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;C'est l'histoire d'une id&#233;e qui na&#238;t et grandit avec le mouvement social le plus inesp&#233;r&#233; et le plus subversif depuis Mai 68. Collecter et diffuser l'&#233;loquence des &#171; dos cr&#233;atifs &#187;, des sans-visage en col&#232;re, voil&#224; ce que s'est propos&#233; le collectif publiant Plein le dos. D'abord dazibao vendu en manif &#224; prix libre, ce cri polyphonique des Gilets jaunes vient de transmuter en beau livre. On n'en est pas encore revenu : &#224; l'automne 2018, une mar&#233;e humaine-trop-humaine a submerg&#233; le pays, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Plein-le-dos" rel="tag"&gt;Plein le dos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gilets-jaunes" rel="tag"&gt;Gilets jaunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/feuilles-jaunes" rel="tag"&gt;feuilles jaunes&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'histoire d'une id&#233;e qui na&#238;t et grandit avec le mouvement social le plus inesp&#233;r&#233; et le plus subversif depuis Mai 68. Collecter et diffuser l'&#233;loquence des &#171; &lt;i&gt;dos cr&#233;atifs &#187;&lt;/i&gt;, des sans-visage en col&#232;re, voil&#224; ce que s'est propos&#233; le collectif publiant &lt;i&gt;Plein le dos.&lt;/i&gt; D'abord dazibao vendu en manif &#224; prix libre, ce cri polyphonique des Gilets jaunes vient de transmuter en beau livre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3280 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;54&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH424/-1486-8ae91.jpg?1768663664' width='400' height='424' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 13, Paris (9 f&#233;vrier 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;O&lt;/span&gt;n n'en est pas encore revenu : &#224; l'automne 2018, une mar&#233;e humaine-trop-humaine a submerg&#233; le pays, mouillant tout le monde, m&#234;me celles et ceux qui se croyaient &#224; l'aise, les pieds au sec. Partie des ronds-points (non-lieux embl&#233;matiques de la non-vie moderne) pour aller fracasser ses vagues successives sur les vitrines &lt;i&gt;bling-bling prout-prout &lt;/i&gt;des &#171; Champs &#187; et du bon chic parisien, elle a marqu&#233; les consciences pour longtemps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur d'un mouvement qui peu &#224; peu s'inscrivait dans la dur&#233;e, &lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; appara&#238;t en janvier 2019. L'id&#233;e est d'imprimer des photos de dossards bavards sur des feuilles jaunes, A3 recto verso pli&#233;es en quatre, et de les vendre &#224; la cri&#233;e. Il s'agit, acte apr&#232;s acte, de contribuer &#224; faire le lien entre les milliers de &#171; p&#233;riph&#233;ries &#187; convergeant sur la capitale, mais aussi avec celles qui, pour x raisons, restent sur leurs terres d'origine. Titre et sous-titre : &#171; &lt;i&gt;PLEIN LE DOS &#8211; Pour une m&#233;moire populaire. La rue contre le m&#233;pris.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3281 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH347/-1487-a41be.jpg?1768815837' width='500' height='347' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 30 &#224; Drancy (8 juin 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il fallait contrer les mensonges de la presse,&lt;/i&gt; explique Anouk, membre du collectif et crieuse de rue. &lt;i&gt;Tax&#233;s de pollueurs, fachos, racistes, homophobes, antis&#233;mites, complotistes..., les Gilets jaunes ont bon dos. Pourtant, sur leurs &#233;paules, le message est tout autre. On voulait montrer &#231;a.&lt;/i&gt; &#187; Ce n'est pas un hasard si le projet se cuisine d'abord &#224; Paris. Les foules qui y d&#233;boulent le samedi, avec leurs d&#233;gaines de prol&#233;taires, leurs chants de stade, leurs drapeaux tricolores ou r&#233;gionaux, leurs jurons anti-Macron, h&#233;rissent bien des &#171; progressistes &#187; confits de citoyennet&#233;, universalisme abstrait ou autre id&#233;ologie ferm&#233;e. La galerie de portraits sans visage des &lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; met les points sur les i : &#171; &lt;i&gt;Tarlouze violente&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Gitan en gal&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Mamie gigi Dunkerque&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Matgoulish gili jone&lt;/i&gt; &#187; [&#171; &lt;i&gt;Ne m'appelez pas &#8220;gilet jaune&#8221;, en arabe dialectal&lt;/i&gt;], &#171; &lt;i&gt;Je suis Zineb&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Paysanne v&#233;n&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Cheminote d&#233;ter&lt;/i&gt; &#187;&#8230; Autant d'armoiries perso' sur des gilets customis&#233;s, fi&#232;rement arbor&#233;s, en r&#233;ponse &#224; l'intox.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2018, beaucoup ont craint (ou souhait&#233;) assister &#224; l'insurrection d'un populo de droite &#8211; souvent les m&#234;mes qui faisaient supporter aux &#171; jojos en fluo &#187; les stigmates du m&#233;pris de classe. Le ministre de l'Int&#233;rieur Christophe Castaner donnait le signal de la cur&#233;e polici&#232;re en les accusant de monter &#224; la capitale &#171; &lt;i&gt;pour casser et tuer&lt;/i&gt; &#187;. La France des assis refusait d'admettre que, dans ce Paris assassin&#233; de longue date par les Versaillais, c'est au tour des ruraux, banlieusards et autres p&#233;riurbains de porter haut l'esprit des communards et des sans-culottes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3283 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH617/-1489-cb788.jpg?1768700049' width='400' height='617' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 41, Paris (24 ao&#251;t 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; a ensuite essaim&#233; &#171; en province &#187;. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s chaque samedi, de nouvelles photos nous arrivent d'un peu partout&lt;/i&gt;, raconte Anouk, qui navigue entre Toulouse et Marseille. &lt;i&gt;Du coup, c'est compliqu&#233; d'arr&#234;ter le compteur pour faire un bouquin. Mais comme il n'est pas question d'oraison fun&#232;bre, on a accept&#233; l'id&#233;e de fabriquer un objet non d&#233;finitif, qui t&#233;moigne d'un ph&#233;nom&#232;ne loin d'&#234;tre mort.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;P&#233;riurbaines au point de cr&#233;cher en Ari&#232;ge, Les &#233;ditions du Bout de la ville ont bien boss&#233;. Si le livre balance sans commentaire autant de gilets &#233;nerv&#233;s que de jours dans l'ann&#233;e, des annexes en fran&#231;ais et en anglais d&#233;cryptent et contextualisent les jeux de mots, les coups de gueule, les chansons et les slogans d&#233;tourn&#233;s qui, avec le temps ou la distance, pourraient virer abscons. Plus que des notules techniques, elles font sens et nourrissent la r&#233;flexion. Parce qu'&#224; l'heure o&#249; la population h&#233;site encore &#224; se soulever vraiment contre un gouvernement qui travaille contre elle, ce bouquin et ces feuilles montrent des &#233;clats de sauvagerie salutaires (comme la br&#232;ve mais jubilatoire gratuit&#233; des p&#233;ages), la socialisation d'espaces st&#233;rilis&#233;s par l'am&#233;nagement du territoire et, surtout, une critique radicale de la repr&#233;sentation politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la fin d'un d&#233;fil&#233; marseillais contre la r&#233;forme des retraites, alors que la sono canalise les troupes vers les cars de ramassage en saturant l'air d'une &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; enregistr&#233;e, un contingent inattendu avance. &#171; &lt;i&gt;Gilet jaune, quel est ton m&#233;tier&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, scande une femme au m&#233;gaphone. &#171; &lt;i&gt;Ahouou ! Ahouou&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;pondent une centaine de trognes marqu&#233;es par la vie, dont pas mal de &#171; sans-dents &#187; condamn&#233;s au minimum vieillesse. Ce sont eux, autant que la jeunesse et une base syndicale d&#233;passant la strat&#233;gie conf&#233;d&#233;rale par des modes d'action plus d&#233;cisifs, qui am&#232;neront la victoire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Plein le dos, 365 gilets jaunes, novembre 2018-octobre 2019&lt;/strong&gt;
&lt;/i&gt; (Les &#201;ditions du Bout de la ville)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;O&#249; va le fric ? &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur son site, &lt;i&gt;Plein le dos&lt;/i&gt; affiche les d&#233;tails de sa comptabilit&#233; et l'usage de l'argent collect&#233;. La vente des feuilles jaunes a permis de donner plus de 14 000 &#8364; &#224; l'Assembl&#233;e des bless&#233;.es, D&#233;sarmons-les et les Mutil&#233;s pour l'exemple (collectifs d&#233;non&#231;ant les violences polici&#232;res). Les b&#233;n&#233;fices du livre seront revers&#233;s aux victimes de la r&#233;pression judiciaire. Pour en savoir plus : &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://pleinledos.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pleinledos.org&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3282 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;58&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH482/-1488-c85f5.jpg?1768700049' width='400' height='482' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Plein le dos / Acte 49, Toulouse (19 octobre 2019)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Jos&#233; Mario Branco : plus vivant que jamais</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Jose-Mario-Branco-plus-vivant-que</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Jose-Mario-Branco-plus-vivant-que</guid>
		<dc:date>2020-03-22T23:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Pedro Fidalgo</dc:creator>


		<dc:subject>Jos&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Portugal</dc:subject>
		<dc:subject>Jos&#233; M&#225;rio</dc:subject>
		<dc:subject>M&#225;rio Branco</dc:subject>
		<dc:subject>M&#225;rio</dc:subject>
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		<dc:subject>Branco s'affirma</dc:subject>
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		<dc:subject>militant antifasciste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Le chanteur et compositeur portugais Jos&#233; M&#225;rio Branco nous a quitt&#233;s le 19 novembre dernier, laissant une &#339;uvre musicale richissime dans un monde aux antipodes de celui dont il r&#234;vait. N&#233; &#224; Porto en 1942, Jos&#233; M&#225;rio Branco s'affirma, tr&#232;s jeune, comme militant antifasciste. S'opposant au r&#233;gime dictatorial de Salazar et aux guerres coloniales portugaises, il fut contraint de se r&#233;fugier en France. C'est donc en tant qu'exil&#233; qu'il participa aux agitations de Mai-68, avant d'enregistrer (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no184-fevrier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;184 (f&#233;vrier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jose" rel="tag"&gt;Jos&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Portugal" rel="tag"&gt;Portugal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jose-Mario" rel="tag"&gt;Jos&#233; M&#225;rio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mario-Branco" rel="tag"&gt;M&#225;rio Branco&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mario-2374" rel="tag"&gt;M&#225;rio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Branco" rel="tag"&gt;Branco&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Branco-s-affirma" rel="tag"&gt;Branco s'affirma&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Porto" rel="tag"&gt;Porto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mario-n-a" rel="tag"&gt;M&#225;rio n'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/militant-antifasciste" rel="tag"&gt;militant antifasciste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le chanteur et compositeur portugais Jos&#233; M&#225;rio Branco nous a quitt&#233;s le 19 novembre dernier, laissant une &#339;uvre musicale richissime dans un monde aux antipodes de celui dont il r&#234;vait.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;N&lt;/span&gt;&#233; &#224; Porto en 1942, Jos&#233; M&#225;rio Branco s'affirma, tr&#232;s jeune, comme militant antifasciste. S'opposant au r&#233;gime dictatorial de Salazar et aux guerres coloniales portugaises, il fut contraint de se r&#233;fugier en France. C'est donc en tant qu'exil&#233; qu'il participa aux agitations de Mai-68, avant d'enregistrer ses premi&#232;res chansons politiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si Jos&#233; M&#225;rio Branco n'a jamais r&#233;ussi &#224; changer la soci&#233;t&#233;, il a r&#233;volutionn&#233; la musique portugaise en apportant une conception nouvelle des arrangements. Au Portugal, la production de disques se limitait jusque-l&#224; &#224; un enregistrement d'instruments s&#233;par&#233;s qui, une fois mix&#233;s, trouvaient un &#233;quilibre sonore qui d&#233;passait rarement la simple balance de niveaux entre instruments. Jos&#233; M&#225;rio Branco, lui, consid&#233;rera le travail de studio comme une vraie exp&#233;rience, y apportant notamment des ambiances sonores capt&#233;es en ext&#233;rieur. Son premier disque, &lt;i&gt;Mudam-se os Tempos, mudam-se as Vontades&lt;/i&gt; (&#171; Les temps ont chang&#233;, les volont&#233;s aussi &#187;), sorti en 1971, d&#233;bute ainsi par une captation de l'arriv&#233;e d'immigr&#233;s portugais et espagnols &#224; la gare d'Austerlitz &#8211; qui finit par fusionner avec un accord&#233;on m&#233;langeant une m&#233;lodie traditionnelle portugaise &#224; la musette fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la premi&#232;re fois au Portugal, ceux qui ont r&#233;ussi &#224; recevoir clandestinement ses diff&#233;rents disques enregistr&#233;s au ch&#226;teau d'H&#233;rouville&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le Val-d'Oise. C'est l&#224; aussi qu'a &#233;t&#233; enregistr&#233; le c&#233;l&#232;bre hymne de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ont pu entendre des instruments nouveaux, tels des pioches d'ouvriers immigr&#233;s venant rythmer les paroles du titre &#171; Por terras de Fran&#231;a &#187; (&#171; Par les terres de France &#187;) sur l'album &lt;i&gt;Margem de Certa Maneira&lt;/i&gt; en 1972. Ce disque est un concentr&#233; d'influences diverses : d'une part les recueils de l'ethnomusicologue Michel Giacometti, d'autre part les chants engag&#233;s du compositeur communiste Fernando Lopes-Gra&#231;a, sans oublier des acc&#233;l&#233;rations et distorsions emprunt&#233;es au rock anglais.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Musicalement, Jos&#233; M&#225;rio Branco n'h&#233;sitait pas &#224; d&#233;ranger et &#224; casser les conventions, par exemple en introduisant la contrebasse dans le fado, genre musical populaire de Lisbonne consid&#233;r&#233; comme intouchable par les traditionalistes. S'inspirant &#224; la fois de la culture populaire et de la vari&#233;t&#233;, il a toujours su se renouveler, s'inspirant du compositeur allemand Kurt Weil comme d'Eddy Mitchell, des coups de gueule de L&#233;o Ferr&#233; comme des symphonies de Maurice Ravel&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour les plus curieux, on conseille les albums Mudam-se os tempos mudam-se (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un semeur de graines&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Toute sa vie durant, le musicien resta un r&#233;sistant politique. En 1974, il retourna au Portugal en 1974 pour participer activement &#224; la r&#233;volution des &#338;illets en militant dans les milieux mao&#239;stes. Membre fondateur du Groupe d'action culturelle &#8211; Les Voix de la lutte, il rencontra alors la com&#233;dienne Manuela de Freitas via le groupe de th&#233;&#226;tre A Comuna (&#171; La Commune &#187;) et avec qui il mettra en sc&#232;ne plusieurs pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre brechtiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jos&#233; M&#225;rio Branco ne faisait pas de la musique pour faire de la politique, mais consid&#233;rait son engagement comme une cons&#233;quence de sa condition d'artiste et musicien. Cependant, l'effervescence politique de l'&#233;poque, notamment durant la contre-r&#233;volution lib&#233;rale qui a amen&#233; &#224; l'av&#232;nement de la d&#233;mocratie parlementaire en novembre 1975 au Portugal, a conduit &#224; beaucoup de ruptures et conflits politiques dont Jos&#233; M&#225;rio n'a pas &#233;t&#233; exon&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et s'il a fini par se distancier de tout parti politique, nombre de formations essayent, depuis sa disparition, de se r&#233;approprier de fa&#231;on d&#233;complex&#233;e &#8211; pour ne pas dire d&#233;sesp&#233;r&#233;e &#8211; l'importance sociale de son &#339;uvre. Des hommages qu'il aurait refus&#233;s s'il &#233;tait toujours en vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus joyeux : les nouvelles g&#233;n&#233;rations musicales rock, kuduro et hip-hop portugaises s'inspirent aujourd'hui de Jos&#233; M&#225;rio Branco et le citent comme mod&#232;le, notamment pour un rap-fleuve compos&#233; en 1979 et qui s'intitule &#171; FMI &#187;. Mort, Jos&#233; M&#225;rio Branco ? Plus vivant que jamais.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pedro Fidalgo *&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt; * Cin&#233;aste et cor&#233;alisateur du documentaire &lt;i&gt;Changer de vie, la vie et l'&#339;uvre de Jos&#233; M&#225;rio Branco&lt;/i&gt; (2014, disponible en DVD sous-titr&#233; en fran&#231;ais ; pour se le procurer, &#233;crire &#224; l'adresse &lt;i&gt;mudardevidafilm[at]gmail[point]com&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans le Val-d'Oise. C'est l&#224; aussi qu'a &#233;t&#233; enregistr&#233; le c&#233;l&#232;bre hymne de contestation portugais &#171; Gr&#226;ndola Vila Morena &#187; de Zeca Afonso.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour les plus curieux, on conseille les albums &lt;i&gt;Mudam-se os tempos mudam-se as vontades&lt;/i&gt; (1971), &lt;i&gt;Margem de Certa Maneira &lt;/i&gt;(1972), &lt;i&gt;A M&#227;e &lt;/i&gt;(1978), &lt;i&gt;Ser Solid&#225;rio&lt;/i&gt; (1982), &lt;i&gt;Correspond&#234;ncias&lt;/i&gt; (1990), &lt;i&gt;Resistir &#233; vencer &lt;/i&gt;(2004).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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