<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_rubrique=134&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1782637830</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Quand l'art fait rempart</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Quand-l-art-fait-rempart</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Quand-l-art-fait-rempart</guid>
		<dc:date>2020-03-03T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Diletta Moscatelli</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Baptiste Alchourroun</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>habitants</dc:subject>
		<dc:subject>MAAM</dc:subject>
		<dc:subject>mus&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>l'art</dc:subject>
		<dc:subject>l'ancienne usine</dc:subject>
		<dc:subject>&#338;uvre</dc:subject>
		<dc:subject>&#339;uvres</dc:subject>
		<dc:subject>Metropoliz</dc:subject>
		<dc:subject>visiteurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il y a des usines de charcuterie qui connaissent un bien &#233;trange destin. Celle de la fabrique Fiorucci, situ&#233;e en banlieue Est de Rome et &#224; l'abandon depuis vingt ans, a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e en 2009 par un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri. Puis au fil des ans, ce squat d'habitation, le Metropoliz, s'est transform&#233; en gigantesque &#339;uvre d'art collective et en mus&#233;e autog&#233;r&#233;. Visite guid&#233;e. Rome, juillet 2016. Cela fait deux mois que je suis h&#233;berg&#233;e au Metropoliz. Ce soir, il fait (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/habitants" rel="tag"&gt;habitants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/MAAM" rel="tag"&gt;MAAM&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/musee" rel="tag"&gt;mus&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-art" rel="tag"&gt;l'art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-ancienne-usine" rel="tag"&gt;l'ancienne usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/OEuvre" rel="tag"&gt;&#338;uvre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/oeuvres" rel="tag"&gt;&#339;uvres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Metropoliz" rel="tag"&gt;Metropoliz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/visiteurs" rel="tag"&gt;visiteurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il y a des usines de charcuterie qui connaissent un bien &#233;trange destin. Celle de la fabrique Fiorucci, situ&#233;e en banlieue Est de Rome et &#224; l'abandon depuis vingt ans, a &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;e en 2009 par un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri. Puis au fil des ans, ce squat d'habitation, le Metropoliz, s'est transform&#233; en gigantesque &#339;uvre d'art collective et en mus&#233;e autog&#233;r&#233;. Visite guid&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3215 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH436/-1432-e6655.jpg?1782679603' width='400' height='436' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;R&lt;/span&gt;ome, juillet 2016. Cela fait deux mois que je suis h&#233;berg&#233;e au Metropoliz. Ce soir, il fait tr&#232;s chaud. Tellement que beaucoup des 200 habitants restent dans la cour de l'ancienne usine, en qu&#234;te d'un peu de fra&#238;cheur. Pour la premi&#232;re fois, j'ose sortir mon enregistreur &#8211; quelque chose m'en avait emp&#234;ch&#233; jusqu'&#224; pr&#233;sent. Les habitants y sont pourtant habitu&#233;s : les visiteurs sont nombreux, qui passent, posent des questions, prennent des photos et tournent des vid&#233;os.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cinq enfants roms s'assoient &#224; c&#244;t&#233; de moi, sur une marche en b&#233;ton contre le mur de l'usine, un peu &#224; l'&#233;cart du va-et-vient d'adultes parlant en rouman&#236;. Ils ont accept&#233; d'&#234;tre interview&#233;s collectivement. Sans doute parce que je les connais bien : je ne cesse de les croiser dans la cour. Mais c'est la premi&#232;re fois que je les sens intimid&#233;s. Ils ont d'ordinaire le contact tr&#232;s facile, y compris avec les adultes, mais voil&#224; qu'ils n'osent plus dire un mot. L'enregistreur fait barri&#232;re. Et je me sens g&#234;n&#233;e de le leur imposer, comme si je profitais de l'intimit&#233; qui s'est cr&#233;&#233;e entre nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais je les questionne quand m&#234;me &#8211; je tiens beaucoup &#224; recueillir leur sentiment sur cette initiative hors-norme qu'est le Museo dell'Altro e dell'Altrove di Metropoliz (en un acronyme, le MAAM). Qu'est-ce que les habitants en pensent ? Aimeraient-ils que les horaires de visite ne soient pas seulement limit&#233;s au samedi ? Les visiteurs empi&#232;tent-ils parfois sur leurs espaces de vie ? Le plus &#224; l'aise des enfants me r&#233;pond au nom des autres. M'explique qu'ils ne se sentent pas trop concern&#233;s par le mus&#233;e, mais que les visiteurs ne les d&#233;rangent pas. Et que non, ils n'ont jamais pens&#233; &#224; devenir guide ou artiste. C'est vrai, j'avais oubli&#233; : ils seront tous footballeurs. En attendant, ils se disent bien ici &#8211; il ne manque qu'une grande piscine et une salle de jeux vid&#233;o pour que ce soit parfait. Et ils l'assurent : le mus&#233;e est tr&#232;s important pour les habitants, parce qu'il leur permet de &#171; &lt;i&gt;rester dans leurs logements&lt;/i&gt; &#187;. S'ils n'ont pas &#233;t&#233; expuls&#233;s, c'est &#171; &lt;i&gt;gr&#226;ce aux dessins&lt;/i&gt; &#187;. Et &#224; tous ces visiteurs &#171; &lt;i&gt;qui viennent les voir&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Entr&#233;es &#224; prix libre&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mais avant de parler de &#171; dessins &#187;, il faut en dire plus sur ce lieu &#224; part. Son histoire a d&#233;but&#233; en 2009, quand un groupe de 200 migrants, pr&#233;caires et sans-abri, soutenus par le mouvement des Blocchi Precari Metropolitani, a d&#233;cid&#233; d'occuper une ancienne usine de charcuterie d&#233;saffect&#233;e depuis plus de vingt ans, dans la banlieue est de Rome. L'ex-fabrique Fiorucci, sur la rue Prenestina, la route principale du quartier Tor Sapienza, avait &#233;t&#233; rep&#233;r&#233;e depuis un moment : elle ferait un lieu id&#233;al o&#249; habiter le monde. Notamment &#224; cause de sa taille : l'ancienne usine s'&#233;tend sur 15 000 m&#232;tres carr&#233;s. Elle est constitu&#233;e de plusieurs structures, qui remplissaient diverses fonctions (enclos &#224; cochons, abattoirs, cellules r&#233;frig&#233;rantes, labo de production, stockage). Et est entour&#233;e d'un large mur d'enceinte, interrompu en son c&#244;t&#233; sud par le portail vert de l'entr&#233;e principale. Sur ce dernier, plein de bo&#238;tes aux lettres aux noms des habitants, t&#233;moignant de leurs origines tr&#232;s diverses &#8211; Italie, Roumanie, P&#233;rou, Maroc, &#201;rythr&#233;e, &#201;thiopie, Saint-Domingue, Soudan...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La tr&#232;s grande majorit&#233; d'entre eux r&#233;side ici depuis le d&#233;but &#8211; il n'y a pas eu d'arrivants en huit ans, sinon des nouveau-n&#233;s et des membres de familles d&#233;j&#224; install&#233;es rejoignant leurs proches. Tous logent dans de petites maisonnettes de bric et de broc, certaines construites autour de la structure principale, d'autres &#224; l'int&#233;rieur. Les conditions de vie n'y sont pas toujours faciles. La chaleur, l'&#233;t&#233;. L'humidit&#233;, l'hiver. L'absence de chauffage. Une &#233;lectricit&#233; parfois d&#233;faillante. Et la d&#233;brouille, toujours. De nombreux occupants ont un petit boulot &#8211; ils font des m&#233;nages, gardent des enfants, vendent des bricoles &#8211; mais personne ne roule sur l'or. Quant aux Roms, beaucoup passent leur journ&#233;e &#224; r&#233;colter de la ferraille pour la revendre. Le samedi, une dizaine d'habitants s'occupent du mus&#233;e, pour son ouverture hebdomadaire au public. Ils se chargent du m&#233;nage, des cuisines, de l'accueil des visiteurs. Pour r&#233;tribution, ils se partagent les euros r&#233;colt&#233;s &#224; l'entr&#233;e (&#224; prix libre) et &#224; la cantine &#8211; voil&#224; le seul argent g&#233;n&#233;r&#233; par le MAAM.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#338;uvre d'art collective&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de ce mus&#233;e &#224; part s'est progressivement impos&#233;e au fil des ans. Le m&#233;rite en revient notamment &#224; un documentaire, &lt;i&gt;Space Metropoliz&lt;/i&gt;, r&#233;alis&#233; en 2011 et 2012 par Giorgio de Finis et Fabrizio Boni. Dans le cadre du tournage, nombre d'artistes sont venus contribuer gratuitement &#224; la valorisation esth&#233;tique du lieu, en cr&#233;ant des &#339;uvres sur les murs de l'usine. La participation a &#233;t&#233; telle que les r&#233;alisateurs ont ensuite d&#233;cid&#233;, avec l'accord des habitants, d'en faire un mus&#233;e ouvert au public. Le MAAM, donc. Pas un mus&#233;e au rabais, hein : sa collection affiche la bagatelle de 500 &#339;uvres. Et elle constitue une v&#233;ritable barricade artistique. D'autant que certaines cr&#233;ations sont le fait d'artistes b&#233;n&#233;ficiant d'une reconnaissance certaine &#8211; y compris financi&#232;re &#8211; sur le march&#233; de l'art. C'est l&#224; l'un des int&#233;ressants courts-circuits dont joue le MAAM : il se sert de la sp&#233;culation artistique pour mettre en &#233;chec la sp&#233;culation immobili&#232;re. Une tactique &#224; laquelle a eu aussi recours, entre autres, le centre social occup&#233; XM24 &#224; Bologne, menac&#233; d'expulsion et recouvert d'une magnifique &#339;uvre du street-artiste Blu en 2013 &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Las, la protection n'a eu qu'un temps. En mars 2016, Blu a d&#233;cid&#233; d'effacer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Renversement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'ancienne usine est ainsi devenue &#339;uvre d'art collective, part vivante du patrimoine public. Ce qui complique la t&#226;che de qui voudrait expulser les habitants. C'est pourtant l'intention du propri&#233;taire des lieux, qui souhaite raser l'ancienne usine pour b&#226;tir des r&#233;sidences modernes. Pour l'instant, il en est pour ses frais : difficile d'envoyer des pelleteuses d&#233;truire des &#339;uvres d'art. &#199;a fait mauvais effet... Difficile, mais pas impossible : la menace d'expulsion plane toujours. Et un proc&#232;s est aussi en cours contre quatre des occupants pour vol d'&#233;lectricit&#233;. Bref, rien n'est gagn&#233;. L'art fait rempart, mais ne r&#233;sout pas tous les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prendre position&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au MAAM, pas question d'argent. Tous les artistes pr&#233;sents s'y sont investis b&#233;n&#233;volement. Et le lieu n'a jamais b&#233;n&#233;fici&#233; de quelque financement que ce soit, priv&#233; ou public. &#171; &lt;i&gt;En r&#233;alit&#233;, chaque artiste signe avec son &#339;uvre une p&#233;tition virtuelle en faveur de Metropoliz, &lt;/i&gt;souligne Giorgio de Finis, d&#233;sormais curateur du mus&#233;e. &lt;i&gt;Il prend ainsi position contre la pr&#233;carit&#233; de la vie, pour le droit au logement, la libert&#233; de mouvement, la beaut&#233;, l'art et la culture pour tou.te.s.&lt;/i&gt; &#187; En clair, l'art se retrouve v&#233;ritablement inscrit dans la r&#233;alit&#233;. Ainsi que dans ses dommages &#233;ventuels : pas question de prot&#233;ger les &#339;uvres. Les artistes acceptent de fait qu'elles puissent &#234;tre endommag&#233;es. Ab&#238;m&#233;es par le jet de ballon d'un enfant, d&#233;color&#233;es par le soleil ou encore d&#233;t&#233;rior&#233;es par une fuite d'eau impr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste une question. Si les artistes expos&#233;s acceptent que leur travail soit mis au service d'une grande &#339;uvre collective, et s'ils le font b&#233;n&#233;volement, certains tirent quand m&#234;me profit de la visibilit&#233; d&#233;sormais assur&#233;e par le MAAM. En filigrane, une interrogation pointe : l'art se met-il r&#233;ellement au service de ce b&#226;timent occup&#233; et de ses habitants ? N'existe-t-il pas un risque que ce soit l'inverse &#8211; le c&#244;t&#233; urbain du squat, avec ses occupants pauvres et marginalis&#233;s, servant d'&#233;crin &#171; exotique &#187; aux &#339;uvres d'art ? Le doute existe. Mais ce qui est s&#251;r, c'est qu'au MAAM se rencontrent, se croisent et souvent s'&#233;crasent nombre des contradictions de notre r&#233;alit&#233; contemporaine. Le centre et la p&#233;riph&#233;rie. Le &#171; haut &#187; de l'art et le &#171; bas &#187; des bidonvilles. La richesse et la pauvret&#233;. Une coexistence des extr&#234;mes en mouvement constant. Mais avec toujours cette id&#233;e de mettre l'art au service des luttes, de le pousser &#224; prendre position. C'est d&#233;j&#224; beaucoup.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Diletta Moscatelli&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Las, la protection n'a eu qu'un temps. En mars 2016, Blu a d&#233;cid&#233; d'effacer toute trace de ses vingt ann&#233;es d'interventions &#224; Bologne, recouvrant ses &#339;uvres (et il y en avait beaucoup) de peinture grise. L'artiste entendait protester contre la &#171; th&#233;saurisation priv&#233;e &#187; du street-art. Quant au centre social XM24, son expulsion &#233;tait annonc&#233;e pour le 30 juin.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Un Rado pour l'anarchie</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Un-Rado-pour-l-anarchie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Un-Rado-pour-l-anarchie</guid>
		<dc:date>2020-02-26T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Will Oche</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>Simon Radowitzky</dc:subject>
		<dc:subject>Rado</dc:subject>
		<dc:subject>dit Rado</dc:subject>
		<dc:subject>bagne</dc:subject>
		<dc:subject>d'un anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>anarchiste</dc:subject>
		<dc:subject>l'Argentine</dc:subject>
		<dc:subject>Fedosey Zubariev</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;N&#233; dans une famille juive ukrainienne &#224; la fin du XIXe si&#232;cle, Simon Radowitzky se retrouva tr&#232;s vite en prison pour diffusion de propagande socialiste. Il en ressortit anarchiste. Ensuite, ce fut la fuite vers l'Argentine, puis le bagne, puis la guerre d'Espagne, puis le Mexique... Un livre revient sur son existence mouvement&#233;e. L'auteur de De la Russie &#224; l'Argentine, parcours d'un anarchiste au d&#233;but du XXe si&#232;cle n'est pas vraiment n&#233; sous une bonne &#233;toile&#8230; Simon Radowitzky (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Simon-Radowitzky" rel="tag"&gt;Simon Radowitzky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rado" rel="tag"&gt;Rado&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dit-Rado" rel="tag"&gt;dit Rado&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bagne" rel="tag"&gt;bagne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un-anarchiste" rel="tag"&gt;d'un anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/anarchiste" rel="tag"&gt;anarchiste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Argentine" rel="tag"&gt;l'Argentine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fedosey-Zubariev" rel="tag"&gt;Fedosey Zubariev&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;N&#233; dans une famille juive ukrainienne &#224; la fin du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, Simon Radowitzky se retrouva tr&#232;s vite en prison pour diffusion de propagande socialiste. Il en ressortit anarchiste. Ensuite, ce fut la fuite vers l'Argentine, puis le bagne, puis la guerre d'Espagne, puis le Mexique... Un livre revient sur son existence mouvement&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH251/-1428-0c20f.jpg?1782658438' width='180' height='251' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L'&lt;/span&gt;auteur de &lt;i&gt;De la Russie &#224; l'Argentine, parcours d'un anarchiste au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour se procurer le livre (&#224; prix libre) : nagan[at]riseup.net.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; n'est pas vraiment n&#233; sous une bonne &#233;toile&#8230; Simon Radowitzky (dit Rado) voit le jour en 1889 (ou 1891, rien de s&#251;r) dans une famille juive survivant difficilement dans un &lt;i&gt;shtetl&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un shtetl est un village juif en Europe de l'Est avant la Seconde (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; pr&#232;s de Kiev, en Ukraine&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui fait alors partie de l'Empire russe.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Pour &#233;chapper aux pogroms antis&#233;mites, ses parents d&#233;m&#233;nagent &#224; Ekaterinoslav, grande ville industrielle. Ils ne sont pas les seuls : le d&#233;veloppement du capitalisme provoque alors la migration en masse des ouvriers vers les centres urbains. Le prol&#233;tariat y prend racine, subissant de rudes conditions de travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour Rado, &lt;/strong&gt;c'est bient&#244;t une autre gal&#232;re qui d&#233;bute. Carc&#233;rale, celle-ci. En 1904, l'adolescent &#233;cope de quelques mois de placard pour diffusion de propagande socialo (son jeune &#226;ge lui &#233;vite le bagne). Derri&#232;re les barreaux, il rencontre l'anarchiste Fedosey Zubariev, avec qui il &#233;change beaucoup. Et une fois lib&#233;r&#233;, il participe &#224; la R&#233;volution de 1905, sur fond de bouillonnement anarchiste &#8211; les id&#233;es d'action directe et de gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale sont en plein boom. D&#233;nonc&#233;, il doit &#234;tre exfiltr&#233; en Galicie, une province polonaise. Il y poursuit la lutte, ce qui lui vaut une nouvelle arrestation. Mais pas question, cette fois, d'attendre le proc&#232;s et de risquer la d&#233;portation en Sib&#233;rie. Accul&#233;, Rado se procure de faux fafs et embarque pour l'Argentine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y arrive en 1908 &lt;/strong&gt;, en pleine agitation. Les anarchistes font en effet face &#224; une f&#233;roce r&#233;pression, conduite par le chef de la police, le colonel Falc&#243;n. Pour point d'orgue : la charge polici&#232;re du cort&#232;ge anar le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai 1909 &#224; Buenos Aires (8 morts, 105 bless&#233;s). Pr&#233;sent &#224; la manif, Rado est d&#233;cid&#233; &#224; venger les victimes, et tient parole le 14 novembre 1909, en lan&#231;ant une bombe sur Falc&#243;n. Boum, tr&#233;pas du colon. Cours&#233; apr&#232;s l'attentat, le jeune homme est arr&#234;t&#233; &#8211; il tente alors de se suicider, sans succ&#232;s. Proc&#232;s, derechef. Rado &#233;chappe finalement &#224; la peine capitale, en raison de son &#226;ge. Mais pas au bagne &#8211; il y part pour une dur&#233;e ind&#233;termin&#233;e. Et avec un r&#233;gime sp&#233;cial : &#171; &lt;i&gt;Avec isolement au pain sec et &#224; l'eau pendant vingt jours tous les ans &#224; l'approche de la date anniversaire de son crime. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au bout de deux ans&lt;/strong&gt;, le voil&#224; transf&#233;r&#233; au bagne d'Ushuaia, &#224; la tr&#232;s sombre r&#233;putation. Le froid, la di&#232;te forc&#233;e, les tortures du corps et de l'esprit y sont quotidiens, la folie et la mort guettent chacun. Pas de quoi d&#233;courager Rado, pourtant. En 1918, apr&#232;s neuf piges emmur&#233;, il se d&#233;guise en gardien et se fait la belle en bateau. Las, il est repris. Et doit encore attendre douze ans avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;, en 1930.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vingt et une ann&#233;es de bagne&lt;/strong&gt;, mais il est vivant ! Mieux, il ne l&#226;che rien. Exp&#233;di&#233; au Br&#233;sil puis en Uruguay, il y continue ses activit&#233;s subversives. R&#233;sultat, deux ans de taule &#8211; encore. En 1936, il rejoint l'Espagne, passant dix mois sur le front aragonais dans une brigade anar. Apr&#232;s l'am&#232;re d&#233;faite, il est intern&#233; dans un camp des Pyr&#233;n&#233;es, avant de gagner le Mexique, y exer&#231;ant diff&#233;rents boulots tout en &#233;crivant des articles anars. C'est en 1956 qu'il se fait d&#233;finitivement la malle. La cause de sa mort reste floue, comme sa date de naissance. Par contre, l'essence de sa vie, joliment racont&#233;e dans l'ouvrage &lt;i&gt;De la Russie &#224; l'Argentine, parcours d'un anarchiste au d&#233;but du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle&lt;/i&gt;, n'a jamais chang&#233; : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis rien, mais pour chacun de vous je suis une bombe ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Will Oche&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour se procurer le livre (&#224; prix libre) : nagan[at]riseup.net.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un &lt;i&gt;shtetl&lt;/i&gt; est un village juif en Europe de l'Est avant la Seconde Guerre mondiale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui fait alors partie de l'Empire russe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vivre comme un chat</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Vivre-comme-un-chat</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Vivre-comme-un-chat</guid>
		<dc:date>2020-02-19T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>Serge Livrozet</dc:subject>
		<dc:subject>Livrozet</dc:subject>
		<dc:subject>libertaire Serge</dc:subject>
		<dc:subject>cigare</dc:subject>
		<dc:subject>Pourriture</dc:subject>
		<dc:subject>Serge</dc:subject>
		<dc:subject>CAP</dc:subject>
		<dc:subject>Michel Foucault</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En plein tribunal, il l&#226;che : &#171; Pourriture de justice fran&#231;aise ! &#187; Plus tard, il semble revenir sur ses propos. &#171; Comment ? &#187;, s'&#233;tonne le juge. &#171; Oui, p&#233;rore Serge Livrozet. J'aurais d&#251; dire : &#8220;Pourriture de toutes les justices !&#8221; &#187; Un documentaire revient sur son parcours. *** Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; originellement dans le n&#176; 156 de CQFD (juillet-ao&#251;t 2017). Depuis, nous avons appris la mort de Serge Livrozet, survenue mardi 29 novembre 2022. *** Entre le cigare et le diesel, le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Serge-Livrozet" rel="tag"&gt;Serge Livrozet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Livrozet" rel="tag"&gt;Livrozet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/libertaire-Serge" rel="tag"&gt;libertaire Serge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cigare" rel="tag"&gt;cigare&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pourriture" rel="tag"&gt;Pourriture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Serge" rel="tag"&gt;Serge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CAP" rel="tag"&gt;CAP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Michel-Foucault" rel="tag"&gt;Michel Foucault&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En plein tribunal, il l&#226;che : &#171; &lt;i&gt;Pourriture de justice fran&#231;aise !&lt;/i&gt; &#187; Plus tard, il semble revenir sur ses propos. &#171; &lt;i&gt;Comment ?&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;tonne le juge. &#171; &lt;i&gt;Oui&lt;/i&gt;, p&#233;rore Serge Livrozet. &lt;i&gt;J'aurais d&#251; dire : &#8220;Pourriture de toutes les justices !&#8221; &#187;&lt;/i&gt; Un documentaire revient sur son parcours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3210 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH522/-1427-64018.jpg?1782641356' width='400' height='522' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;i&gt;Cet article a &#233;t&#233; publi&#233; originellement dans le n&#176; 156 de &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt; (juillet-ao&#251;t 2017). Depuis, nous avons appris la mort de Serge Livrozet, survenue mardi 29 novembre 2022.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;ntre le cigare et le diesel, le libertaire Serge Livrozet n'a pas encore choisi comment mourir. Passionn&#233; de conduite automobile depuis qu'il a tenu le volant pour des braquages, il a nourri autant que Churchill et Castro une passion pour le cigare. La ressemblance s'arr&#234;te l&#224;. Livrozet est un fils du prol&#233;tariat. Sa m&#232;re prostitu&#233;e lui fait dire qu'il a toujours &#233;t&#233; du c&#244;t&#233; des bais&#233;s. &#192; ceci pr&#232;s que la r&#233;volte l'anime depuis son premier emploi de plombier. Il participe au mouvement de Mai-68 &#224; la Sorbonne, mais les &#233;tudiants rejettent les ouvriers qu'il a amen&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'importe, &lt;/strong&gt;il fait ses classes &#224; la centrale de Melun de 1968 &#224; 1972 (il a &#233;t&#233; condamn&#233; pour &#171; atteinte &#224; la propri&#233;t&#233; &#187;). En prison, il revendique et na&#238;t &#224; sa propre existence. &#192; sa sortie, il rencontre Michel Foucault, fonde avec lui le Comit&#233; d'action des prisonniers (CAP), fonce sur les plateaux t&#233;l&#233;, parle &#224; haute voix, s'exprime comme un tribun populaire. Le journal du CAP tire &#224; 50 000 exemplaires. Il faut venir &#224; 120 pour le vendre devant Fresnes, tant il est honni du pouvoir. Livrozet &#233;crit, devient &#233;diteur, montre avec fiert&#233; ses livres &#224; sa m&#232;re. En 1974, convoqu&#233; comme t&#233;moin de la d&#233;fense d'un d&#233;tenu, il s'indigne d'une peine excessive. Et l&#226;che en plein tribunal : &#171; &lt;i&gt;Pourriture de justice fran&#231;aise ! &#187;&lt;/i&gt; &#192; son proc&#232;s, &#224; Colmar, il semble revenir sur ses propos. &#171; &lt;i&gt;Comment ? &#187;&lt;/i&gt;, s'&#233;tonne le juge. &#171; &lt;i&gt;Oui, &lt;/i&gt;p&#233;rore Livrozet&lt;i&gt;, j'aurais d&#251; dire : &#8220;Pourriture de toutes les justices !&#8221; &#187;&lt;/i&gt; La salle est avec lui. Elle hurle de rire. Il exulte, fier comme Artaban. Se tourne vers le public et le harangue. Verdict : 1 400 francs d'amende &#8211; &#231;a valait le coup. Une d&#233;fense de rupture.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nicolas Drolc, &lt;/strong&gt;qui a fait revivre la r&#233;volte des d&#233;tenus de la maison d'arr&#234;t Charles III de Nancy en janvier 1972 &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans le documentaire Sur les toits (Les Mutins de Pang&#233;e, 2014).&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, est tomb&#233; sur le charme de la vieille b&#234;te. Dans &lt;i&gt;La mort se m&#233;rite &#8211; digressions avec Serge Livrozet &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Documentaire r&#233;alis&#233; par Nicolas Drolc (Les Films Furax, 2016).&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, il le filme en noir et blanc, comme un fils aux derniers jours du vieux. Il l'accompagne &#224; la boucherie, &#224; la fromagerie, l'enregistre gueulant contre les automobilistes. Il n'est pas toujours tr&#232;s fin, le vieux Ni&#231;ois. Mais vit aujourd'hui comme un chat sur la C&#244;te d'Azur sans se soucier de l'heure. Il pr&#233;conise l'ail comme rem&#232;de &#224; cette vie qu'il n'a pas voulue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Christophe Goby&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans le documentaire &lt;i&gt;Sur les toits&lt;/i&gt; (Les Mutins de Pang&#233;e, 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Documentaire r&#233;alis&#233; par Nicolas Drolc (Les Films Furax, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les communardes illustr&#233;es</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-communardes-illustrees</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Les-communardes-illustrees</guid>
		<dc:date>2020-02-13T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>La&#235;titia Rouxel</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>Paris</dc:subject>
		<dc:subject>Louise Michel</dc:subject>
		<dc:subject>Commune</dc:subject>
		<dc:subject>Wilfrid Lupano</dc:subject>
		<dc:subject>Paris assi&#233;g&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Paris insurg&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Lucy Mazel</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>l'Union</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Une flop&#233;e de b&#233;d&#233;s valables rendent hommage aux communardes et nourrissent l'imaginaire de la Commune. Passage en revue. Force est de constater un certain regain d'int&#233;r&#234;t dans la bande dessin&#233;e actuelle vis-&#224;-vis des femmes de la Commune de Paris. La s&#233;rie &#171; Communardes ! &#187; chez Vent d'Ouest, sc&#233;naris&#233;e par Wilfrid Lupano, offre trois fictions de femmes prises dans la tourmente du Paris assi&#233;g&#233;, puis dans l'&#233;lan r&#233;volutionnaire du Paris insurg&#233;. Le premier tome, Les &#201;l&#233;phants rouges, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Laetitia-Rouxel" rel="tag"&gt;La&#235;titia Rouxel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Louise-Michel" rel="tag"&gt;Louise Michel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Commune" rel="tag"&gt;Commune&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Wilfrid-Lupano" rel="tag"&gt;Wilfrid Lupano&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris-assiege" rel="tag"&gt;Paris assi&#233;g&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris-insurge" rel="tag"&gt;Paris insurg&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lucy-Mazel" rel="tag"&gt;Lucy Mazel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/revolutionnaire" rel="tag"&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Union" rel="tag"&gt;l'Union&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une flop&#233;e de b&#233;d&#233;s valables rendent hommage aux communardes et nourrissent l'imaginaire de la Commune. Passage en revue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;60&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH612/-1426-59997.jpg?1782641350' width='400' height='612' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Des graines sous la neige &#8211; In&#233;dit &#169; La&#235;titia Rouxel, 2017
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;orce est de constater un certain regain d'int&#233;r&#234;t dans la bande dessin&#233;e actuelle vis-&#224;-vis des femmes de la Commune de Paris. La s&#233;rie &#171; Communardes ! &#187; chez Vent d'Ouest, sc&#233;naris&#233;e par Wilfrid Lupano, offre trois fictions de femmes prises dans la tourmente du Paris assi&#233;g&#233;, puis dans l'&#233;lan r&#233;volutionnaire du Paris insurg&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le premier tome, &lt;i&gt;Les &#201;l&#233;phants rouges&lt;/i&gt;, illustr&#233; par Lucy Mazel, raconte la d&#233;brouille d'une petite fille imaginative, Victorine, durant l'hiver 1870-1871. Le second tome, &lt;i&gt;L'Aristocrate fant&#244;me&lt;/i&gt;, illustr&#233; par Anthony Jean, romance tr&#232;s largement la geste d'&#201;lisabeth Dmitrieff. Cette r&#233;volutionnaire de 20 ans a crois&#233; Marx &#224; Londres et a particip&#233; activement &#224; l'Union des femmes pour la d&#233;fense de Paris et les soins aux bless&#233;s. Ce comit&#233; proche de l'Internationale a &#233;t&#233; le fer de lance de l'organisation f&#233;minine durant la Commune. Repr&#233;sent&#233;e v&#234;tue d'une robe &#233;l&#233;gante, deux revolvers accroch&#233;s &#224; l'&#233;charpe soyeuse rouge qui lui ceint la taille, la belle aristocrate russe est une figure qui pr&#234;te ind&#233;niablement au romanesque. Troisi&#232;me et dernier tome, &lt;i&gt;Nous ne dirons rien de leurs femelles&lt;/i&gt;, illustr&#233; par Xavier Fourquemin, s'attache &#224; une servante opprim&#233;e nomm&#233;e Marie, qui profite de l'&#233;pisode r&#233;volutionnaire pour faire payer ses ennemis de classe.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un style plus hagiographique&lt;/strong&gt;, &lt;i&gt;Louise Michel, la Vierge Rouge&lt;/i&gt; (&#233;ditions Vuibert) de Mary et Bryan Talbot, est un roman &#171; bio-graphique &#187; sur la c&#233;l&#232;bre &#171; p&#233;troleuse &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; P&#233;troleuse &#187; est un terme des Versaillais pour disqualifier les femmes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Le traitement graphique en rouge et noir n'est pas sans &#233;voquer parfois &lt;i&gt;Le Cri du peuple&lt;/i&gt; de Tardi, en revanche, le r&#233;cit est plut&#244;t conventionnel. Mais pour qui veut d&#233;couvrir la vie de cette sainte anarchiste par ce biais, c'est toujours bon &#224; prendre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Moins connue que la Louise&lt;/strong&gt;, la Bretonne Nathalie Lemel est mise &#224; l'honneur par le sc&#233;nario solidement document&#233; de Roland Michon et le trait subtil de La&#235;titia Rouxel dans &lt;i&gt;Des graines sous la neige&lt;/i&gt; (&#233;ditions Locus Solus). Ce travail remarquable de documentation et de reconstitution rigoureuses, nous fait partager la vie presque centenaire de cette ouvri&#232;re relieuse, amie d'Eug&#232;ne Varlin avec lequel elle monte les restaurants coop&#233;ratifs &#171; La Marmite &#187;, et &#233;galement membre de l'Union des femmes sous la Commune. Le r&#233;cit nous entra&#238;ne de l'ambiance populaire du port de Brest dans les ann&#233;es 1830 aux conditions de vie rudes et exotiques de la rel&#233;gation en Nouvelle-Cal&#233;donie, o&#249; Nathalie sera d&#233;port&#233;e avec Louise Michel en 1872.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ajoutons &#224; cela la r&#233;&#233;dition&lt;/strong&gt; r&#233;cente par les &#233;ditions Libertalia des &lt;i&gt;Souvenirs d'une morte vivante&lt;/i&gt; de Victorine B. &#8211; m&#233;moires d'une femme du peuple parisien qui a travers&#233; les r&#233;volutions de 1848 et de 1871 &#8211;, et l'on peut dire que les femmes de la Commune sont bel et bien &#224; l'honneur&#8230; Et ce n'est que justice, car elles ont &#233;t&#233; le ferment de ces moments d'&#233;mancipation et les pionni&#232;res du f&#233;minisme r&#233;volutionnaire. Affirmant que &#171; &lt;i&gt;toute in&#233;galit&#233; et tout antagonisme entre les sexes constituent une des bases du pouvoir des classes gouvernantes&lt;/i&gt; &#187;, l'Union des femmes d&#233;fendait l'&#233;galit&#233; salariale, l'&#233;ducation la&#239;que des fillettes et pr&#244;nait la reconnaissance de l'union libre et l'abolition de la prostitution. Toutefois, il ne faudrait pas omettre de rappeler que la Commune, exclusivement masculine dans son gouvernement, n'a pas pu tenir, dans sa courte existence, les promesses d'&#233;galit&#233; entre les hommes et les femmes.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; P&#233;troleuse &#187; est un terme des Versaillais pour disqualifier les femmes de la Commune en les r&#233;duisant &#224; des incendiaires. Louise Michel rejetait ce nom tout en assumant sa part de pyromanie : &#171; &lt;i&gt;Les l&#233;gendes les plus folles coururent sur les p&#233;troleuses, il n'y eut pas de p&#233;troleuses &#8212; les femmes se battirent comme des lionnes, mais je ne vis que moi criant le feu ! le feu devant ces monstres !&lt;/i&gt; &#187; (&lt;i&gt;La Commune&lt;/i&gt;, 1898).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le surr&#233;alisme, c'est la vie</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-surrealisme-c-est-la-vie</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-surrealisme-c-est-la-vie</guid>
		<dc:date>2020-02-11T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Donato</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>jamais</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;volutionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin P&#233;ret</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;ret</dc:subject>
		<dc:subject>P&#233;ret n'en</dc:subject>
		<dc:subject>Benjamin</dc:subject>
		<dc:subject>po&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>n'a jamais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ne r&#233;duire ni l'art, ni la politique. Mais vivre les deux pleinement, en totale libert&#233; et sans compromission. &#192; l'image du po&#232;te Benjamin P&#233;ret, intransigeant combattant du r&#234;ve, de l'amour et de la r&#233;volution. &#171; Il ne s'ensuit pas que [le po&#232;te] d&#233;sire mettre la po&#233;sie au service d'une action politique, m&#234;me r&#233;volutionnaire. Mais sa qualit&#233; de po&#232;te en fait un r&#233;volutionnaire qui doit combattre sur tous les terrains : celui de la po&#233;sie par les moyens propres &#224; celle-ci et sur le terrain (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jamais" rel="tag"&gt;jamais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/revolutionnaire" rel="tag"&gt;r&#233;volutionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Benjamin-Peret" rel="tag"&gt;Benjamin P&#233;ret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Peret" rel="tag"&gt;P&#233;ret&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Peret-n-en" rel="tag"&gt;P&#233;ret n'en&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Benjamin" rel="tag"&gt;Benjamin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/poete" rel="tag"&gt;po&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-a-jamais" rel="tag"&gt;n'a jamais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ne r&#233;duire ni l'art, ni la politique. Mais vivre les deux pleinement, en totale libert&#233; et sans compromission. &#192; l'image du po&#232;te Benjamin P&#233;ret, intransigeant combattant du r&#234;ve, de l'amour et de la r&#233;volution.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3216 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;41&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH509/-1433-cee42.jpg?1782654957' width='400' height='509' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Benjamin P&#233;ret avec un autre mec / D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&#171; &lt;i&gt;Il ne s'ensuit pas que &lt;/i&gt;[le po&#232;te] &lt;i&gt;d&#233;sire mettre la po&#233;sie au service d'une action politique, m&#234;me r&#233;volutionnaire. Mais sa qualit&#233; de po&#232;te en fait un r&#233;volutionnaire qui doit combattre sur tous les terrains : celui de la po&#233;sie par les moyens propres &#224; celle-ci et sur le terrain de l'action sociale sans jamais confondre les deux champs d'action sous peine de r&#233;tablir la confusion qu'il s'agit de dissiper et, par la suite, de cesser d'&#234;tre po&#232;te, c'est-&#224;-dire r&#233;volutionnaire.&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Benjamin P&#233;ret (Mexico, 1945)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;B&lt;/span&gt;enjamin P&#233;ret est m&#233;connu car il n'a jamais rien entrepris pour promouvoir son image, il a n&#233;glig&#233; la r&#233;ussite personnelle. Partisan du projet surr&#233;aliste, il est rest&#233; fid&#232;le quarante ans &#224; l'id&#233;al de sa jeunesse : la mise en commun de la pens&#233;e. Il a toujours &#233;t&#233; intransigeant dans ses manifestations en faveur de la po&#233;sie, de la r&#233;volution, du r&#234;ve, de l'amour. Et cette fureur po&#233;tique ne lui fut jamais pardonn&#233;e, aussi bien de son vivant que depuis sa disparition. Il eut l'humilit&#233; f&#233;roce et la modestie opini&#226;tre. Il n'a jamais m&#233;lang&#233; art et politique, il s'agissait pour lui d'abord d'assurer &#224; l'esprit une libert&#233; totale. L'humour noir, le sens de la provocation, la haine du pr&#233;destin&#233; (religion et stalinisme), la sublimation de l'amour, la volont&#233; de d&#233;chiffrer la vie constituaient chez lui une tentative d&#233;sesp&#233;r&#233;e, et &#224; la fois pleine d'esp&#233;rance, de r&#233;concilier l'esprit et le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il suffit de tenir entre ses mains les sept tomes de l'&#233;dition de ses &#339;uvres compl&#232;tes (parues aux &#233;ditions Jos&#233; Corti), de consid&#233;rer la richesse foisonnante de leur contenu (des recueils de po&#232;mes, des volumes de contes, de nombreux essais, deux anthologies : l'une sur l'amour sublime, l'autre sur les mythes, l&#233;gendes et contes populaires d'Am&#233;rique) pour r&#233;aliser ce que fut sa vie, p&#233;rilleuse, passionn&#233;e, mais aussi nomade et sans le sou. On ne peut, alors, que lui tirer son chapeau : comment s'y est-il pris, le bougre ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Rien d'un petit soldat&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La compromission, voil&#224; l'ennemi. Benjamin P&#233;ret n'en fait pas. Jamais. Quitte &#224; se f&#226;cher avec les siens. D'o&#249; une vie marqu&#233;e par les mises au ban et les ruptures. Proche du trotskisme depuis la fin des ann&#233;es 1920, Benjamin P&#233;ret n'en devient pas pour autant militant docile, le doigt sur la couture du pantalon. Quand en f&#233;vrier 1932, la direction de la Ligue communiste conditionne son adh&#233;sion &#224; une rupture avec le mouvement surr&#233;aliste, il l'envoie pa&#238;tre. Il n'adh&#232;re pas, voil&#224; tout. M&#234;me chose quand il rejoint les forces du POUM, parti marxiste anti-stalinien, dans l'Espagne r&#233;volutionnaire de 1936 : pas question de perdre son pr&#233;cieux regard critique. Il rompt d'ailleurs avec ce parti quelques mois plus tard, &#233;crivant : &#171; &lt;i&gt;Il s'est av&#233;r&#233; que toute collaboration avec le POUM &#233;tait impossible. Ils voulaient bien accepter des gens &#224; leur droite, mais pas &#224; leur gauche&#8230; Bureaucratisation ultrarapide de tous les organismes et fonctionnarisme scandaleux.&lt;/i&gt; &#187; Et d'int&#233;grer pour une br&#232;ve p&#233;riode le bataillon Nestor-Makhno de la colonne Durruti, avant de quitter l'Espagne en avril 1937.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les uniformes, il les conchie pareillement. Un rejet qui remonte &#224; sa prime jeunesse. Quand la Premi&#232;re Guerre mondiale &#233;clate, sa m&#232;re l'oblige &#224; s'engager comme simple soldat. P&#233;ret d&#233;teste. Et r&#233;sume cet &#233;pisode militaire de quelques mots lapidaires : &#171; &lt;i&gt;Un v&#233;ritable bagne, exactement comme la prison&lt;/i&gt; [sauf que] &lt;i&gt;l'&#233;tat militaire, bien qu'ex&#233;crable, reste pr&#233;f&#233;rable &#224; celui de prisonnier. &#187;&lt;/i&gt; Quelques ann&#233;es plus tard, en mai 1921, il participe au proc&#232;s Barr&#232;s, organis&#233; par Breton. Il y incarne le Soldat inconnu. &#201;norme scandale chez les patriotards de tout poil.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Expuls&#233; du Br&#233;sil&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, de 1929 &#224; 1931, P&#233;ret part au Br&#233;sil avec sa compagne, &#201;lisa Houston, une jeune cantatrice br&#233;silienne. Il y milite, inscrit dans les luttes et les mouvements. Et met en place avec ses amis locaux ce qui va devenir la section br&#233;silienne de l'Opposition internationale de gauche (trotskyste). Il vit alors du m&#233;tier de correcteur tout en donnant des conf&#233;rences sur le surr&#233;alisme. Il a d&#233;sormais un enfant &#224; charge, la survie est rude. Et devient franchement compliqu&#233;e quand il d&#233;cide de se lancer dans l'&#233;criture d'un livre, &lt;i&gt;Amiral noir,&lt;/i&gt; qui se veut une &#233;tude sur la mutinerie en 1910 de marins (noirs) dans la baie de Guanabara. Accus&#233; de violer des secrets d&#233;fense et rep&#233;r&#233; pour ses activit&#233;s politiques, P&#233;ret est expuls&#233; du Br&#233;sil en d&#233;cembre 1931.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour en Europe. O&#249; le militarisme se rappelle bient&#244;t &#224; son mauvais souvenir &#8211; il arrive que l'arm&#233;e vous rattrape par le petit bout de l'uniforme. Quand le continent plonge dans la Seconde Guerre mondiale, P&#233;ret se retrouve ainsi mobilis&#233;. Le voil&#224; affect&#233; &#224; Nantes, au service charg&#233; &#171; du recensement des suspects &#187;. Il s'en donne &#224; c&#339;ur joie en faisant dispara&#238;tre du fichier des subversifs les noms de tous les camarades, qu'il remplace par des patronymes de cur&#233;s. En mai 1940, il est incarc&#233;r&#233; quelques mois &#224; la prison de Rennes, pour reconstitution de ligue dissoute. Il en est lib&#233;r&#233; en payant une ran&#231;on aux nazis, puis prend la tangente pour le Mexique, via Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Essentiellement subversif &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au Mexique, o&#249; il passe six ans, P&#233;ret m&#232;ne une existence proche du d&#233;nuement, seulement aid&#233; par ses amis mexicains peintres et po&#232;tes. Ce qui ne l'emp&#234;che pas de mettre la derni&#232;re main en 1945 &#224; son &lt;i&gt;D&#233;shonneur des po&#232;tes&lt;/i&gt;, r&#233;ponse cinglante &#224; une brochure parue &#224; Paris pendant l'occupation, intitul&#233;e &lt;i&gt;L'honneur des po&#232;tes&lt;/i&gt;. Y figuraient en bonne place les noms de ses anciens amis surr&#233;alistes, Aragon et &#201;luard : &#171; &lt;i&gt;Pas un de ces po&#232;mes ne d&#233;passe le niveau lyrique de la publicit&#233; pharmaceutique &#187;&lt;/i&gt;, &#233;crit-il.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du m&#234;me &#233;lan, il s'en prend violemment au nationalisme, au patriotisme et au lyrisme chr&#233;tien qui &#233;manent de la brochure : &#171; &lt;i&gt;Pour nous surr&#233;alistes, le po&#232;te authentique est, de nos jours plus que jamais, r&#233;volutionnaire de temp&#233;rament ou perd sa qualit&#233; de po&#232;te (par exemple, &#201;luard, devenu camelot du stalinisme). Son domaine est la po&#233;sie. Est-ce &#224; dire qu'il doit se d&#233;sint&#233;resser du monde dont il est un &#233;l&#233;ment essentiellement subversif ? Je suis pour ma part persuad&#233; du contraire.&lt;/i&gt; &#187; L'establishment intellectuel, domin&#233; par les intellectuels staliniens, &#171; aur&#233;ol&#233;s &#187; de leur action dans la R&#233;sistance, ne lui pardonnera jamais ce violent br&#251;lot, et contribuera largement &#224; maintenir une chape de silence sur l'&#339;uvre de P&#233;ret. La publication du texte &#171; Les Syndicats contre la r&#233;volution &#187;, paru dans &lt;i&gt;Le Libertaire&lt;/i&gt; en 1952, n'arrange pas les choses : v&#233;ritable charge contre la corruption naturelle du syndicalisme, qui reproduit les hi&#233;rarchies, fige la lutte dans le bureaucratisme et autorise toutes les m&#233;diocres ambitions &#8211; le texte ne laisse pas grand monde indemne.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Le merveilleux est partout &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dernier jalon du parcours de P&#233;ret : le rapport aux mythes. Chaque fois qu'il se rend au Mexique ou au Br&#233;sil, c'est aussi en tant que surr&#233;aliste. C'est-&#224;-dire en tant que po&#232;te, fort de sa conviction po&#233;tique. C'est aussi cela qui le rend irr&#233;ductible. Son s&#233;jour au Mexique est ainsi pour lui un v&#233;ritable voyage d'initiation. D&#232;s 1942, il se lance dans la r&#233;daction de l'&lt;i&gt;Anthologie des mythes et l&#233;gendes et contes populaires d'Am&#233;rique&lt;/i&gt;, qu'il ne finit que treize ans plus tard, peu de temps avant sa mort. C'est dans la pr&#233;face &#224; cet ouvrage, connue s&#233;par&#233;ment, sous le nom de &#171; La parole est &#224; P&#233;ret &#187;, qu'il formule le plus clairement le rapport qu'il &#233;tablit entre le mythe et la po&#233;sie : &#171; &lt;i&gt;Le merveilleux, je le r&#233;p&#232;te, est partout de tous les instants. C'est, ce devrait &#234;tre la vie elle-m&#234;me, &#224; condition cependant de ne pas rendre cette vie d&#233;lib&#233;r&#233;ment sordide comme s'y ing&#233;nie cette soci&#233;t&#233; avec son &#233;cole, sa religion, ses tribunaux, ses guerres, ses occupations et lib&#233;rations, ses camps de concentration et son horrible mis&#232;re mat&#233;rielle et intellectuelle. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Benjamin P&#233;ret s'&#233;teint le 18 septembre 1959. Sur sa tombe, &#224; c&#244;t&#233; de celle de son ami Andr&#233; Breton, on peut lire : &#171; &lt;i&gt;Je ne mange pas de ce pain-l&#224;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Donato&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L&#226;cher de mots</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Lacher-de-mots</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Lacher-de-mots</guid>
		<dc:date>2020-02-05T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Il Ganzo, Mateo Matzo</dc:creator>


		<dc:subject>Jo Vervoort</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>mots</dc:subject>
		<dc:subject>chose</dc:subject>
		<dc:subject>L&#226;cher</dc:subject>
		<dc:subject>id&#233;e simple</dc:subject>
		<dc:subject>libre</dc:subject>
		<dc:subject>sc&#232;ne libre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;C'est devenu un rituel. Chaque trimestre depuis cinq ans, le bistrot de la place de Reillanne, village des Alpes de Haute-Provence, accueille une &#171; sc&#232;ne libre &#187;. Chacun.e peut venir y partager un texte, un po&#232;me, quelques phrases, sa joie ou sa peine. Rencontre avec Tristan, l'un des fondateurs de ce rendez-vous. &#171; Le &#8220;L&#226;cher de mots&#8221; vient d'une id&#233;e simple. Ou plut&#244;t d'un constat : les espaces d'expression libre ne courent ni les rues ni les campagnes. Et ils ne se trouvent certainement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jo-Vervoort" rel="tag"&gt;Jo Vervoort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mots-628" rel="tag"&gt;mots&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/chose" rel="tag"&gt;chose&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lacher" rel="tag"&gt;L&#226;cher&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/idee-simple" rel="tag"&gt;id&#233;e simple&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/libre" rel="tag"&gt;libre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scene-libre" rel="tag"&gt;sc&#232;ne libre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est devenu un rituel. Chaque trimestre depuis cinq ans, le bistrot de la place de Reillanne, village des Alpes de Haute-Provence, accueille une &#171; sc&#232;ne libre &#187;. Chacun.e peut venir y partager un texte, un po&#232;me, quelques phrases, sa joie ou sa peine. Rencontre avec Tristan, l'un des fondateurs de ce rendez-vous.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3207 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/-1424-d19e6.jpg?1782964499' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Jo Vervoort
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;e &#8220;L&#226;cher de mots&#8221; vient d'une id&#233;e simple. Ou plut&#244;t d'un constat : les espaces d'expression libre ne courent ni les rues ni les campagnes. Et ils ne se trouvent certainement pas dans ces lieux o&#249; n'existe que la Culture avec un grand C, soit les th&#233;&#226;tres et autres salles subventionn&#233;es. Eux proposent du spectacle, le plus souvent &#233;litiste et format&#233; &#8211; &#231;a n'a rien &#224; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a cinq ans&lt;/strong&gt;, donc, un petit groupe d'habitants du village a eu envie d'autre chose. C'&#233;tait une petite &#233;quipe disparate, regroupant des artistes et des personnes qui ne l'&#233;taient pas, des po&#232;tes, chanteurs, danseurs, circassiens. Mais toutes et tous partageaient ce d&#233;sir d'un espace radicalement neuf. D'un lieu d'expression qui serait totalement libre et ouvert &#224; tout le monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette id&#233;e&lt;/strong&gt; ne vient pas de nulle part, bien s&#251;r. Elle se place dans l'h&#233;ritage des &#8220;soir&#233;es slam-po&#233;sie&#8221; apparues dans les ann&#233;es 1990 aux &#201;tats-Unis, et qui se sont depuis diffus&#233;es un peu partout dans le monde. Alors, pourquoi pas &#224; Reillanne ? On s'est dit que ce serait une bonne chose que ce mouvement populaire et po&#233;tique prenne ses quartiers dans notre &#8220;pays&#8221;, souvent r&#233;duit &#224; ses champs de lavande, &#224; son &#233;lectorat frontiste et &#224; ses touristes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et &#231;a a march&#233;&lt;/strong&gt;. Le &#8220;L&#226;cher de mots&#8221; existe d&#233;sormais depuis cinq ans, et il est devenu un rendez-vous tr&#232;s populaire. Chaque trimestre, il r&#233;unit une centaine de personnes. Des habitants du village, bien entendu. Mais aussi des gens venus de toute la r&#233;gion. Toutes et tous respectent un m&#234;me principe, qui n'a pas chang&#233; depuis les d&#233;buts : la sc&#232;ne est ouverte, chacun-e peut pr&#233;senter ce qu'il veut, &#224; condition de ne pas occuper les planches plus de quelques minutes. En &#233;change, tu as droit &#224; un verre offert par le patron. C'est vrai que &#231;a en motive certains !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Chaque sc&#232;ne libre&lt;/strong&gt; est singuli&#232;re &#8211; tu n'y vois jamais la m&#234;me chose. Dans la forme, avec de l'&#233;crit, de la danse, du mime, de la musique, etc. Et sur le fond : certains d&#233;cident de partager des choses tr&#232;s personnelles, des col&#232;res, des passions, d'autres optent pour des reprises de textes plus &#8220;classiques&#8221;. On passe tr&#232;s vite de l'humour au drame, d'un texte tr&#232;s politique &#224; un po&#232;me intime qui n'avait jamais &#233;t&#233; partag&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est cette diversit&#233;&lt;/strong&gt; qui fait la force du &#8220;L&#226;cher de mots&#8221;. Parce qu'il s'agit de proposer aux gens de travailler sur leur peur du jugement. De remettre en cause la l&#233;gitimit&#233; d'une parole r&#233;serv&#233;e &#224; quelques-uns. Bref, de briser ce r&#244;le assign&#233; par la soci&#233;t&#233; de pouvoir : &#234;tre spectateur des choses, ne pas faire de vagues. Pour ma part, je ne revendique nullement la bienveillance &#8211; un terme tr&#232;s ambivalent, souvent utilis&#233; pour &#233;touffer les violences sociales, d&#233;cr&#233;dibiliser des pol&#233;miques de fond ou des discours politiques jug&#233;s trop &#8220;radicaux&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je dirais m&#234;me&lt;/strong&gt; qu'on s'approche parfois de la &#8220;joute verbale&#8221;. C'est-&#224;-dire qu'il existe une certaine rivalit&#233;, proche de celle qui avait cours entre les participants des tournois du Moyen &#194;ge et qu'on retrouve aujourd'hui, sous une forme nouvelle, dans le rap, le slam ou le reggae. Ce n'est pas une concurrence au sens lib&#233;ral du terme, mais la ritualisation d'une forme de &#8220;comp&#233;tition&#8221; (avec des guillemets) impr&#233;gnant les relations humaines. Un peu comme dans un jeu de soci&#233;t&#233; : tes ami.e.s sont tes alli&#233;s ou tes adversaires, le temps d'une partie. &#199;a cr&#233;e du piment dans les soir&#233;es, &#231;a dynamise l'ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je suis convaincu&lt;/strong&gt; que ces moments de &#8220;slam-po&#233;sie&#8221; n'ont rien d'anecdotique. Ils r&#233;pondent &#224; un besoin d'expression et de partage dans une &#233;poque qui mise sur l'oppression, la censure et la division. Et ils permettent de faire na&#238;tre un espace de sociabilit&#233; concret et sans m&#233;diation virtuelle, o&#249; se lit une histoire commune qui va laisser des traces au-del&#224; d'une soir&#233;e dans un bistrot. C'est pr&#233;cis&#233;ment l&#224; que la geste po&#233;tique rejoint la geste politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela explique&lt;/strong&gt; sans doute que le principe du &#8220;L&#226;cher de mots&#8221;, et son &#233;tat d'esprit, se diffuse ailleurs, qu'il rebondisse et prenne racine dans d'autres villes. &#192; Marseille, par exemple : chaque mois, l'&#201;quitable Caf&#233; en organise un. Ou &#224; Bruxelles aussi, avec le bar de La Vieille Chechette. Il nous reste maintenant &#224; tisser davantage de liens entre les diff&#233;rentes sc&#232;nes libres. Car si elles sont fond&#233;es sur un m&#234;me principe, elles ne se connaissent pas forc&#233;ment. Elles auraient pourtant tout int&#233;r&#234;t &#224; s'enrichir de leurs diff&#233;rences &#8211; et il y en a ! J'ai ainsi eu l'impression d'assister &#224; plus d'expressions de hargne ou de col&#232;re et d'entendre plus de t&#233;moignages de violences de genre ou de racisme &#224; la ville qu'&#224; la campagne. D'o&#249; la n&#233;cessit&#233; de croiser les regards, de provoquer les rencontres, de bousculer les &#233;vidences. C'est fait pour &#231;a, une sc&#232;ne libre ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Il Ganzo, avec la collaboration de Mateo Matzo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Artistes en bourse</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Artistes-en-bourse</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Artistes-en-bourse</guid>
		<dc:date>2020-01-29T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>juin</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>Nouveau Monde</dc:subject>
		<dc:subject>l'art</dc:subject>
		<dc:subject>l'ancien monde</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;j&#224; tu&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>tu&#233; l'ancien</dc:subject>
		<dc:subject>faire vivre</dc:subject>
		<dc:subject>vraiment faire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Tandis qu'une palanqu&#233;e de milliardaires sp&#233;culent et gonflent &#224; gogo leur matelas d'oseille, certains &#233;tudiants se demandent comment concilier cr&#233;ation artistique et survie mat&#233;rielle sans pour autant vendre leur &#226;me au tout-pognon. &#171; On est en juin 2017 et je peux vous assurer que nous allons vraiment faire vivre, au niveau du march&#233; de l'art, une r&#233;volution pour rentrer dans ce nouveau monde qui a d&#233;j&#224; tu&#233; l'ancien monde. Quelque chose d'inimaginable et &#231;a va se passer ce mois-ci. Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/juin" rel="tag"&gt;juin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nouveau-Monde" rel="tag"&gt;Nouveau Monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-art" rel="tag"&gt;l'art&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-ancien-monde" rel="tag"&gt;l'ancien monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/deja-tue" rel="tag"&gt;d&#233;j&#224; tu&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tue-l-ancien" rel="tag"&gt;tu&#233; l'ancien&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire-vivre" rel="tag"&gt;faire vivre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vraiment-faire" rel="tag"&gt;vraiment faire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Tandis qu'une palanqu&#233;e de milliardaires sp&#233;culent et gonflent &#224; gogo leur matelas d'oseille, certains &#233;tudiants se demandent comment concilier cr&#233;ation artistique et survie mat&#233;rielle sans pour autant vendre leur &#226;me au tout-pognon.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3206 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;117&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH259/-1423-77536.jpg?1782638783' width='180' height='259' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture de &#034;L'art et l'argent&#034;, livre dirig&#233; par Jean-Pierre Cometti &amp; Nathalie Quintane (&#233;d. Amsterdam).
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt; &#171; On est en juin 2017 et je peux vous assurer que nous allons vraiment faire vivre, au niveau du march&#233; de l'art, une r&#233;volution pour rentrer dans ce nouveau monde qui a d&#233;j&#224; tu&#233; l'ancien monde. Quelque chose d'inimaginable et &#231;a va se passer ce mois-ci. Je pense que la plupart des gens ne vont m&#234;me pas imaginer l'ampleur de l'onde de choc. Un v&#233;ritable &lt;/i&gt;blast&lt;i&gt;. Et c'est &#231;a qui nous fait avancer. Parce que nous sommes des passionn&#233;s et en m&#234;me temps des guerriers. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le type qui joue au foireux proph&#232;te&lt;/strong&gt; sur son compte Twitter : thierry Ehrmann. Le pr&#233;nom avec une minuscule : c'est fait expr&#232;s, car Ehrmann est un artiste-plasticien et se fout des conventions. Cheveux gomin&#233;s en arri&#232;re et ton martial, le devin cherche le &lt;i&gt;buzz &lt;/i&gt;via le &#171; blast &#187; dans sa vid&#233;o ambianc&#233;e sauce Matrix. Comprenez : le fr&#233;n&#233;tique emballement chez les acheteurs. Car l'artiste est aussi homme d'affaires &#224; la t&#234;te d'Artprice, bo&#238;te sp&#233;cialis&#233;e dans la vente d'art en ligne et r&#233;f&#233;ren&#231;ant plus de 600 000 artistes. De sa soci&#233;t&#233;, il est incidemment question dans le bouquin &lt;i&gt;L'art et l'argent &lt;/i&gt;(&#201;d. Amsterdam), ouvrage collectif cornaqu&#233; par Jean-Pierre Cometti, philosophe d&#233;c&#233;d&#233; en 2016, et l'&#233;crivaine Nathalie Quintane. Si le march&#233; de l'art est n&#233; au XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle gr&#226;ce aux galeristes, il est aujourd'hui essentiellement aliment&#233; par les ventes aux ench&#232;res (Sotheby's et autres) et la vente en ligne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Art et argent. &lt;/strong&gt;Le vieux couple honni. L'essayiste Olivier Quintyn va m&#234;me jusqu'&#224; &#233;crire dans son chapitre sur la valeur somptuaire de l'art, que la fonction de l'art contemporain &#171; &lt;i&gt;serait avant tout d'enrichir d'autres secteurs de l'&#233;conomie et d'autres marchandises par un transfert de capital symbolique qui se traduit en capitalisation directe &#187;&lt;/i&gt;. La vache ! Pas sympa pour nos grands m&#233;c&#232;nes devant l'&#233;ternel, Pierre Berg&#233; et Fran&#231;ois Pinault. Et tandis qu'une palanqu&#233;e de milliardaires sp&#233;culent et gonflent &#224; gogo leur matelas d'oseille, certains &#233;tudiants se demandent comment concilier cr&#233;ation artistique et survie mat&#233;rielle sans pour autant vendre leur &#226;me au tout-pognon. &#171; &lt;i&gt;Les directeurs veulent des &#233;tudiants &#8220;comp&#233;titifs&#8221; pour les &#8220;lancer sur le march&#233;&#8221;&lt;/i&gt;, constate un &#233;tudiant &#233;coeur&#233; d'&#234;tre transform&#233; en &lt;i&gt;parfait petit soldat du n&#233;olib&#233;ralisme, &#224; cause de l'absurdit&#233; d'un syst&#232;me public convaincu que la meilleure voie &#224; suivre pour survivre est de copier de fa&#231;on m&#233;diocre le priv&#233;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ne feignons pas de le d&#233;couvrir&lt;/strong&gt; : le capitalisme mondialis&#233; n'a rien &#233;pargn&#233; des diff&#233;rents secteurs de notre vie moderne. Une lente et pernicieuse colonisation qui r&#233;ussit m&#234;me &#224; phagocyter l'art en tant qu'expression d'une r&#233;volte. L'artiste Jovan Mrvaljevic rappelle ainsi que si l'artiste engag&#233; et ind&#233;pendant risquait auparavant la censure d'un m&#233;c&#232;ne ou le m&#233;pris d'une soci&#233;t&#233; conservatrice, le premier danger qui le guette aujourd'hui est celui de la r&#233;cup&#233;ration. Un probl&#232;me qu'il r&#233;sume en une savoureuse formule : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;poque contemporaine tente d'institutionnaliser la r&#233;volte et de faire coexister la subversion et la subvention. &#187;&lt;/i&gt; On n'oxymord pas impun&#233;ment la main qui vous nourrit.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La po&#233;sie contre le lamento</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-poesie-contre-le-lamento</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-poesie-contre-le-lamento</guid>
		<dc:date>2020-01-27T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Bertoyas</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Pierre Sim&#233;on</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;el</dc:subject>
		<dc:subject>sens</dc:subject>
		<dc:subject>Effraction</dc:subject>
		<dc:subject>po&#233;sie fasse</dc:subject>
		<dc:subject>langue</dc:subject>
		<dc:subject>sensible</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Mortibus, la po&#233;sie ? Foul&#233;e aux pieds par l'&#233;poque et son imaginaire en toc ? On dirait bien. Jusqu'au mitan du XXe si&#232;cle, les po&#232;tes se trouvaient en premi&#232;re ligne des &#233;tincelles historiques, compagnons de route et de r&#233;sistance. Depuis, on ne les entend plus beaucoup. Mais qu'importe, le feu couve sous les braises. Face aux rouleaux compresseurs de l'&#233;poque, il est logique que la po&#233;sie fasse grise mine. Trop discr&#232;te, trop dissonante. De l'information en continu &#224; l'&#233;cran (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bertoyas" rel="tag"&gt;Bertoyas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/poesie" rel="tag"&gt;po&#233;sie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jean-Pierre-Simeon" rel="tag"&gt;Jean-Pierre Sim&#233;on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reel" rel="tag"&gt;r&#233;el&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sens" rel="tag"&gt;sens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Effraction" rel="tag"&gt;Effraction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/poesie-fasse" rel="tag"&gt;po&#233;sie fasse&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sensible" rel="tag"&gt;sensible&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Mortibus&lt;/i&gt;, la po&#233;sie ? Foul&#233;e aux pieds par l'&#233;poque et son imaginaire en toc ? On dirait bien. Jusqu'au mitan du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, les po&#232;tes se trouvaient en premi&#232;re ligne des &#233;tincelles historiques, compagnons de route et de r&#233;sistance. Depuis, on ne les entend plus beaucoup. Mais qu'importe, le feu couve sous les braises.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3208 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L452xH400/-1425-9e47c.jpg?1782669030' width='452' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;F&lt;/span&gt;ace aux rouleaux compresseurs de l'&#233;poque, il est logique que la po&#233;sie fasse grise mine. Trop discr&#232;te, trop dissonante. De l'information en continu &#224; l'&#233;cran omnipr&#233;sent, du &lt;i&gt;storytelling&lt;/i&gt; triomphant aux r&#233;seaux sociaux, tout semble concourir &#224; en faire un fant&#244;me du pass&#233;. Un constat que Jean-Pierre Sim&#233;on a tir&#233; depuis un bail. Mais &#231;a ne l'a pas emp&#234;ch&#233; de publier en 2015 un ouvrage intitul&#233; &lt;i&gt;La po&#233;sie sauvera le monde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Passeur &#233;diteur. Vient de sortir en poche.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Provocation ? Pas le moins du monde : il y croit dur comme fer. &#171; &lt;i&gt;Plus une soci&#233;t&#233; est antipo&#233;tique,&lt;/i&gt; &#233;crit-il, &lt;i&gt;plus la po&#233;sie devient l'argument th&#233;orique majeur de sa contestation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lui-m&#234;me po&#232;te (il a publi&#233; un vingtaine de recueils) et homme de th&#233;&#226;tre, par ailleurs directeur artistique du Printemps des po&#232;tes, Jean-Pierre Sim&#233;on appelle sereinement &#224; &#171; &lt;i&gt;une insoumission du plus grand nombre&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;&#224; la lecture passive du monde telle qu'elle est aujourd'hui massivement impos&#233;e par violence douce&lt;/i&gt; &#187;. Et pourquoi pas ?&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Effraction par la langue&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si le langage est souvent au service de l'ordre, de l'asservissement de la pens&#233;e et du sensible, il peut servir le dessein inverse, notamment via le contre-langage po&#233;tique. Il se fait alors instrument de lib&#233;ration et de subversion. C'est &#224; cette dimension que je me raccroche depuis mon adolescence, p&#233;riode o&#249; j'ai d&#233;couvert la po&#233;sie. Ce fut une r&#233;v&#233;lation. D'embl&#233;e, j'y ai entendu une objection irr&#233;ductible, tenant &#224; une langue affranchie. On peut mettre quelqu'un en prison, le b&#226;illonner, il lui restera toujours la possibilit&#233; d'avoir recours &#224; un langage libre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La po&#233;sie n'a rien de confortable ou de d&#233;coratif. C'est pourtant l'image qu'on lui accole trop souvent, comme si elle consistait en une forme d'&#233;loge ben&#234;t du r&#233;el ou d'invitation &#224; s'en &#233;vader. Or la po&#233;sie est avant tout effraction. Elle cherche &#224; plonger plus loin que les effets de surface. &#8220;&lt;i&gt;Plus il y a de po&#233;sie, plus il y a de r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt;'', disait le po&#232;te Novalis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons d'autant plus besoin de cette effraction que partout poussent les cl&#244;tures. Elles se manifestent dans le langage actuel, singuli&#232;rement rabougri. Mais aussi plus concr&#232;tement dans les fronti&#232;res et l'enfermement g&#233;n&#233;ralis&#233;. Elles ont tellement prolif&#233;r&#233; que d&#233;sormais elles envahissent nos foyers : voyez la multiplication des alarmes, des verrous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sous la trag&#233;die, l'optimisme&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je sais que le titre de mon livre peut para&#238;tre na&#239;f. Mais il suffit de le parcourir pour comprendre que je ne prends pas la situation &#224; la l&#233;g&#232;re. J'estime qu'il faut &#234;tre d'une lucidit&#233; sans faille. Reste que ce ne sont pas des fatalit&#233;s qui nous tombent dessus au hasard, d&#233;cr&#233;t&#233;es par un &lt;i&gt;deus ex machina&lt;/i&gt;. Ce sont des trag&#233;dies humaines, sociales, linguistiques, d&#233;ploy&#233;es au sein de superstructures. Il ne s'agit pas de les d&#233;noncer pour se plaindre, mais pour les d&#233;passer. J'ai toujours &#233;t&#233; ennemi du lamento. &#8220;&lt;i&gt;Avoir le pessimisme de l'intelligence et l'optimisme du c&#339;ur et de la volont&#233;&lt;/i&gt;'', invitait Gramsci.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ne peut pas s'en tenir au constat tragique, ankylos&#233;, car nous sommes &#224; un moment charni&#232;re. Nous savons que nous n'avons plus le choix. Ou bien on va dans le mur, ou bien la po&#233;sie &#8211; au sens large &#8211; s'impose. Cela ne concerne pas seulement la langue, mais la mani&#232;re d'habiter le monde dans lequel nous vivons. C'est beaucoup moins anecdotique qu'il n'y para&#238;t : la po&#233;sie se situe en effet &#224; l'exact antipode des forces guidant la catastrophe. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Prophylaxie po&#233;tique&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Cela fait seize ans que je suis &#224; la t&#234;te du Printemps des po&#232;tes, o&#249; mon travail a &#233;t&#233; guid&#233; par une obsession : porter la po&#233;sie &#224; celles et ceux qui n'y ont pas acc&#232;s. D&#232;s le d&#233;but, je me suis &#233;chin&#233; &#224; l'importer dans les petits villages et les quartiers d&#233;favoris&#233;s. Et j'ai souvent &#233;t&#233; &#233;tonn&#233; des r&#233;actions que la po&#233;sie y suscite. Beaucoup viennent me remercier : pour une fois ils entendent une langue qui ouvre au lieu d'enfermer. Ils sentent qu'on leur rend le r&#233;el.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quand on m'a confi&#233; cette mission, j'ai tout de suite annonc&#233; qu'il faudrait beaucoup de temps avant de faire bouger les choses. Parce que la repr&#233;sentation de la po&#233;sie en art-naphtaline, confortable, d&#233;coratif, &#233;tait omnipr&#233;sente. Il fallait aller dans l'autre sens. La po&#233;sie est sans int&#233;r&#234;t si elle est ornement ou suppl&#233;ment d'&#226;me. C'est ce que j'annonce au public lors des conf&#233;rences que je donne : &#8220;&lt;i&gt;Vous avez besoin de la po&#233;sie, mais pas pour les raisons que vous croyez.&lt;/i&gt;''&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons la chance de vivre dans une soci&#233;t&#233; qui tol&#232;re l'art, mais en contrepartie ce dernier est vid&#233; de sa vitalit&#233;. Il n'est plus effraction, mais son contraire : divertissement. Ce dernier peut &#234;tre virtuose, cela importe peu, sa finalit&#233; &#233;tant port&#233;e sur le confort. Il ne s'agit plus d'ouvrir &#224; l'impr&#233;vu mais d'asseoir l'existant. On voit ainsi dans le th&#233;&#226;tre public des lieux cr&#233;&#233;s &#224; l'origine pour l'&#233;mancipation collective, qui font appel &#224; des stars du cin&#233;ma, ou programment &#224; outrance Feydeau et autres vaudevilles. Et quand ils montent des projets plus ambitieux, la mise en sc&#232;ne tombe dans le spectaculaire ou l'esth&#233;tisme, faisant obstruction &#224; la complexit&#233; du sens. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Empoigner le sensible&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je revendique un engagement de l'art et de la po&#233;sie, mais ce n'est pas un enfermement. Un po&#232;me d'amour peut aussi &#234;tre un engagement ! Il est &#224; m&#234;me d'ouvrir des voies, de se faire universel &#8211; le ch&#244;meur ou le migrant ont autant besoin d'entendre parler d'amour que de r&#233;pression polici&#232;re. La litt&#233;rature doit attraper le r&#233;el par tous les bouts. Se cantonner au po&#232;me-tract, c'est ne prendre le r&#233;el que par une lorgnette.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est aussi une mani&#232;re de se rattacher aux &#233;motions v&#233;cues dans un monde o&#249; tout nous en d&#233;pouille. Il s'agit de retrouver le lien entre le corps et le sensible, qui est tout sauf un frein au politique. Nombre de po&#232;tes nourris d'id&#233;ologie ont &#339;uvr&#233; en ce sens. Pablo Neruda se situait ainsi &#224; la fois dans le concret et le sensuel : il ne dissociait pas le combat politique du sentiment amoureux, assaillait le r&#233;el de toutes parts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon dernier livre publi&#233; s'appelle &lt;i&gt;Po&#233;tique de la beaut&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cheyne, 2017.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. J'y professe qu'on ne peut pas penser l'av&#232;nement d'une soci&#233;t&#233; autre sans s'appuyer sur la beaut&#233;. Laquelle peut prendre de multiples formes : le visage d'un enfant, l'amour, etc. Et c'est une forme de combat. Dans ce livre, j'&#233;cris notamment ceci : &#8220;&lt;i&gt;La joie n'est pas un don, elle se conquiert.&lt;/i&gt;'' une id&#233;e proche de celles formul&#233;es par Andr&#233; Welter et Z&#233;no Bianu dans &lt;i&gt;Prendre feu&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gallimard 2013.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, appel &#224; la po&#233;sie v&#233;cue. Il s'agit de retrouver un corps-&#224;-corps avec le sensible. Et ce corps d'ardeur doit nourrir la pens&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Retour de la po&#233;sie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a eu une v&#233;ritable disparition de la po&#233;sie dans les ann&#233;es 1980 et 1990. Notamment parce que ladite &#8220;grande'' &#233;dition l'a abandonn&#233;e purement et simplement. Beaucoup de libraires ont suivi le mouvement. Et l'intelligentsia ne s'en est nullement &#233;mue. D'o&#249; le d&#233;sert travers&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la po&#233;sie fait retour. Un processus lent, difficile, paradoxal. Je le constate via les rencontres que je fais : beaucoup de jeunes se montrent int&#233;ress&#233;s, veulent &#233;crire, monter des spectacles, ouvrir des lieux d&#233;di&#233;s. Dans le m&#234;me temps s'est d&#233;velopp&#233; un r&#233;seau de petites maisons d'&#233;dition qui font un travail formidable. Si bien qu'il est aujourd'hui plus facile pour un jeune po&#232;te de trouver un &#233;diteur que dans les ann&#233;es 1960.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La transmission passe par des modes de diffusion particuliers : on est rarement dans l'&#233;v&#233;nement, dans la grande visibilit&#233;. Cela rel&#232;ve du souterrain, de la capillarit&#233;. Une histoire de rencontres, au sens premier du terme. De tous les arts, la po&#233;sie est le plus facilement partageable, sans dispositif. Si l'on a confiance dans sa force de percussion, de persuasion, il faut tout faire pour la propager de mani&#232;re franche, sans apparat, loin de toute tentation spectaculaire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Passeur &#233;diteur. Vient de sortir en poche.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cheyne, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gallimard 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; fond renvers&#233;s</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/A-fond-renverses</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/A-fond-renverses</guid>
		<dc:date>2020-01-23T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution russe</dc:subject>
		<dc:subject>destruction</dc:subject>
		<dc:subject>colonne Vend&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>geste iconoclaste</dc:subject>
		<dc:subject>Vend&#244;me abattue</dc:subject>
		<dc:subject>l'Ancien R&#233;gime</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution culturelle</dc:subject>
		<dc:subject>iconoclaste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin du XVIIIe si&#232;cle, le geste iconoclaste accompagne syst&#233;matiquement la geste r&#233;volutionnaire. Retour sur l'histoire de ce vandalisme politique. Statues royales et monuments de la superstition catholique d&#233;truits entre 1789 et 1794, colonne Vend&#244;me abattue pendant la Commune en 1871, embl&#232;mes tsaristes envoy&#233;s dans les poubelles de l'histoire pendant la R&#233;volution russe, milliers de bouddhas d&#233;molis pendant la R&#233;volution culturelle chinoise et, plus r&#233;cemment, ceux de Bamiy&#226;n &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution-russe" rel="tag"&gt;R&#233;volution russe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/destruction" rel="tag"&gt;destruction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/colonne-Vendome" rel="tag"&gt;colonne Vend&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/geste-iconoclaste" rel="tag"&gt;geste iconoclaste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Vendome-abattue" rel="tag"&gt;Vend&#244;me abattue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Ancien-Regime" rel="tag"&gt;l'Ancien R&#233;gime&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution-culturelle" rel="tag"&gt;R&#233;volution culturelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/iconoclaste" rel="tag"&gt;iconoclaste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, le geste iconoclaste accompagne syst&#233;matiquement la geste r&#233;volutionnaire. Retour sur l'histoire de ce vandalisme politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3205 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH341/-1422-984b6.jpg?1782964500' width='500' height='341' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;tatues royales et monuments de la superstition catholique d&#233;truits entre 1789 et 1794, colonne Vend&#244;me abattue pendant la Commune en 1871, embl&#232;mes tsaristes envoy&#233;s dans les poubelles de l'histoire pendant la R&#233;volution russe, milliers de bouddhas d&#233;molis pendant la R&#233;volution culturelle chinoise et, plus r&#233;cemment, ceux de Bamiy&#226;n &#171; d&#233;nich&#233;s &#187; &#224; l'explosif par les talibans en Afghanistan&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;De s&#233;rieux doutes p&#232;sent sur l'iconoclasme daechien en Syrie et en Irak : en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8230; le geste iconoclaste accompagne syst&#233;matiquement la geste r&#233;volutionnaire depuis la fin du XVIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au sens originel, l'iconoclasme&lt;/strong&gt; d&#233;signe la seule destruction des images transform&#233;es en objets de culte (idoles, f&#233;tiches) ou des repr&#233;sentations de la divinit&#233;. Pour le droit, on parle de crime de l&#232;se-majest&#233;, de sacril&#232;ge, de d&#233;gradation des signes de l'autorit&#233;, d'atteinte &#224; la propri&#233;t&#233; ou de destruction de monument public. C'est la R&#233;volution fran&#231;aise qui a &#171; &lt;i&gt;la&#239;cis&#233; l'exp&#233;rience iconoclaste &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Toutes les citations sont tir&#233;es d'Iconoclasme et R&#233;volutions, de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; comme destruction des images de l'Ancien R&#233;gime dans ses diverses manifestations religieuses (catholicisme), politiques (monarchie absolue) et sociales (f&#233;odalit&#233;). Contrairement aux &#171; brisimages &#187; d'inspiration religieuse qui mettent en avant la purification du pr&#233;sent en se retournant vers les pratiques pr&#233;tendument plus authentiques du pass&#233;, les iconoclastes de 1789 regardent vers l'avenir en tentant d'effacer le pass&#233;. En l'occurrence, un r&#232;gne de 1 400 ans qui doit &#234;tre aboli aussi bien dans l'espace public que dans les consciences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le vandalisme r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt;, en particulier quand il s'applique aux monuments de l'art et de l'histoire, ne peut se r&#233;duire &#224; une simple action de table rase. La pratique, parfois spontan&#233;e et prenant alors une forme carnavalesque, est le plus souvent encadr&#233;e par les autorit&#233;s qui tiennent &#224; affirmer leur monopole de la violence l&#233;gitime, surtout en p&#233;riode de contestation. En ao&#251;t 1792, l'Assembl&#233;e l&#233;gislative est contrainte d'adopter un d&#233;cret iconoclaste pour proc&#233;der &#224; l'enl&#232;vement d'une statue de Louis XV, laquelle avait d&#233;j&#224; &#233;t&#233; la cible de chansons satiriques, de graffitis, de placards incendiaires et de souillures f&#233;cales. D&#233;placement et pas destruction, car l'&#233;poque est aussi marqu&#233;e par la valorisation du patrimoine national r&#233;sultant de la confiscation des biens du clerg&#233; et de la noblesse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors qu'une partie du peuple parisien&lt;/strong&gt; se montrait favorable &#224; la d&#233;molition pure et simple de Versailles &#8211; &#171; &lt;i&gt;cet antre du despotisme, dont l'entretien seul mettrait dans l'aisance trois mille familles &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, les bourgeois au pouvoir cr&#233;aient une Commission des arts et des d&#233;p&#244;ts publics pour alimenter de futures institutions mus&#233;ales accessibles au plus grand nombre. Chez ces esprits &#233;clair&#233;s par les Lumi&#232;res s'impose peu &#224; peu un id&#233;al de l'autonomie sup&#233;rieure de l'art qu'il faut prot&#233;ger &#8211; conserver &#8211; contre une populace de barbares &#8211; les vandales &#8211; incapables d'acc&#233;der &#224; une exp&#233;rience esth&#233;tique. Cette position, fondatrice de la conservation du patrimoine, est d&#233;finitivement victorieuse avec la r&#233;action thermidorienne de 1794. Certes, on rencontre des propos maximalistes, en particulier chez Babeuf dans son &lt;i&gt;Manifeste des &#201;gaux &lt;/i&gt; : &#171; &lt;i&gt;P&#233;rissent, s'il le faut, tous les arts, pourvu qu'il nous reste l'&#233;galit&#233; r&#233;elle. &#187;&lt;/i&gt; Mais certains actes iconoclastes tendent vers la recherche d'un nouveau compromis entre enjeux politiques et artistiques, comme le d&#233;pouillement de certains monuments de leurs seuls attributs li&#233;s &#224; l'Ancien R&#233;gime (&#224; l'instar d'une couronne remplac&#233;e par un bonnet phrygien).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Enfin, la p&#233;riode r&#233;volutionnaire&lt;/strong&gt; voit na&#238;tre la formation balbutiante d'un style r&#233;publicain. Partant de l'id&#233;e que le statut d'oeuvre d'art ne va jamais de soi &#8211; il est le r&#233;sultat d'une &#171; &lt;i&gt;construction historique engageant des strat&#233;gies de domination sociale et culturelle &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, il faut &#171; &lt;i&gt;faire dispara&#238;tre l'affichage visuel d'un ordre social r&#233;volu dont la survivance dans l'espace public &#233;tait per&#231;ue comme un obstacle &#224; la r&#233;g&#233;n&#233;ration de la soci&#233;t&#233; &#187;&lt;/i&gt;. Ce volet s'incarne dans la d&#233;testation du style rococo, symbolisant la corruption des m&#339;urs par le luxe. Mais il faut aussi explorer des voies alternatives pour &#233;tablir les principes d'un art populaire. Ce sont les courants romantiques et r&#233;alistes, qui sont alors les plus pris&#233;s. Ils sont les mieux &#224; m&#234;me de repr&#233;senter des citoyens &#224; part enti&#232;re, sans condescendance, de t&#233;moigner d'un id&#233;al de dignit&#233; humaine. Le r&#233;alisme sans-culotte, nourri de pr&#233;occupations sociales et politiques, est assimil&#233; au mauvais go&#251;t des classes populaires lors de la r&#233;pression qui s'abat apr&#232;s la Terreur. Il rena&#238;tra au d&#233;but du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle pour s'imposer, en m&#234;me temps que que la question sociale, apr&#232;s 1848.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;De s&#233;rieux doutes p&#232;sent sur l'iconoclasme daechien en Syrie et en Irak : en parall&#232;le aux mises en sc&#232;ne de destruction d'&#339;uvres (en pl&#226;tre ?), un march&#233; de contrebande tr&#232;s actif s'est d&#233;ploy&#233; depuis ces zones de conflit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Toutes les citations sont tir&#233;es d'&lt;i&gt;Iconoclasme et R&#233;volutions, de 1789 &#224; nos jours&lt;/i&gt;, sous la direction d'Emmanuel Fureix, Champ Vallon, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'abondance pour tous, sinon que le monde s'arr&#234;te ! &#187; *</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-abondance-pour-tous-sinon-que-le</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/L-abondance-pour-tous-sinon-que-le</guid>
		<dc:date>2020-01-16T18:27:16Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>Presses universitaires</dc:subject>
		<dc:subject>Jessica Dos</dc:subject>
		<dc:subject>Dos Santos</dc:subject>
		<dc:subject>Coop&#233;rative int&#233;grale</dc:subject>
		<dc:subject>universitaires Fran&#231;ois-Rabelais</dc:subject>
		<dc:subject>tuyaute fortichement</dc:subject>
		<dc:subject>fameux familist&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>arri&#232;re-arri&#232;re grand-oncle</dc:subject>
		<dc:subject>grand-oncle philanthrope</dc:subject>
		<dc:subject>philanthrope Jean-Baptiste</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Deux livres r&#233;cents sur la r&#233;imagination hardie du monde m&#233;ritent bougrement d'&#234;tre fourr&#233;s dans vos sacs d'escapade. L'Utopie en h&#233;ritage de Jessica Dos Santos (Presses universitaires Fran&#231;ois-Rabelais) nous tuyaute fortichement sur le fameux familist&#232;re de Guise dans l'Aisne (1888-1968) cr&#233;&#233; par mon arri&#232;re-arri&#232;re grand-oncle philanthrope Jean-Baptiste Godin. Soit (c'est le c&#244;t&#233; r&#233;formiste mimi de l'exp&#233;rience) un palais en guise d'usine ; une humanisation lyrique du turbin ; une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Presses-universitaires" rel="tag"&gt;Presses universitaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jessica-Dos" rel="tag"&gt;Jessica Dos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Dos-Santos" rel="tag"&gt;Dos Santos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cooperative-integrale" rel="tag"&gt;Coop&#233;rative int&#233;grale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/universitaires-Francois-Rabelais" rel="tag"&gt;universitaires Fran&#231;ois-Rabelais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tuyaute-fortichement" rel="tag"&gt;tuyaute fortichement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fameux-familistere" rel="tag"&gt;fameux familist&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/arriere-arriere-grand-oncle" rel="tag"&gt;arri&#232;re-arri&#232;re grand-oncle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/grand-oncle-philanthrope" rel="tag"&gt;grand-oncle philanthrope&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/philanthrope-Jean-Baptiste" rel="tag"&gt;philanthrope Jean-Baptiste&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Deux livres r&#233;cents sur la r&#233;imagination hardie du monde m&#233;ritent bougrement d'&#234;tre fourr&#233;s dans vos sacs d'escapade.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;L'Utopie en h&#233;ritage&lt;/strong&gt; &lt;/i&gt;de Jessica Dos Santos (Presses universitaires Fran&#231;ois-Rabelais) nous tuyaute fortichement sur le fameux familist&#232;re de Guise dans l'Aisne (1888-1968) cr&#233;&#233; par mon arri&#232;re-arri&#232;re grand-oncle philanthrope Jean-Baptiste Godin. Soit (c'est le c&#244;t&#233; r&#233;formiste mimi de l'exp&#233;rience) un palais en guise d'usine ; une humanisation lyrique du turbin ; une r&#233;partition probe des b&#233;n&#233;fices entre tous ; la perspective d'une entreprise appartenant graduellement &#224; ses ouvriers ; une ambiance cool et solidaire ; un habitat plaisant sur place avec &#233;quipement moderne, comme &#171; la trappe &#224; balayures &#187;, l'anc&#234;tre du vide-ordures ; des magasins coop&#233;ratifs vraiment bon march&#233; baptis&#233;s &#171; &#233;conomicats &#187; ; et aussi des douches, des &#233;coles, des jardins, un th&#233;&#226;tre, une buanderie-piscine. Mais ce qui transpara&#238;t tout au long de l'&#233;tude pointilleuse de la chercheuse de l'Irhis&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Institut de recherches historiques du Septentrion.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;Dos Santos, c'est ce qui manque &#224; &#171; &lt;i&gt;ce mod&#232;le de coop&#233;ration int&#233;grale &#187;&lt;/i&gt; pour qu'on puisse parler en l'esp&#232;ce de la r&#233;alisation d'une utopie anarchiste (avec suppression de la hi&#233;rarchie, du salariat, de la p&#233;dagogie directive, du culte du travail) ou d'une utopie fouri&#233;riste (avec r&#233;invention en tous points ludique de la vie sociale et g&#233;n&#233;ralisation effr&#233;n&#233;e des r&#233;jouissances amoureuses).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Place &#224; &lt;i&gt;R&#233;bellion et d&#233;sob&#233;issance, la Coop&#233;rative int&#233;grale catalane&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;d'Emmanuel Daniel (&#233;d. Ateliers Henry Dougier) que je d&#233;couvre en frissonnant d'excitation. D&#233;j&#224; concocteur du bandatoire &lt;i&gt;Tour de France des alternatives &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Seuil / Reporterre, octobre 2014.&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, le comp&#232;re Manu s'envole droit vers l'essentiel en sautant tout d'abord dans les bras des mimiles de la Coop&#233;rative int&#233;grale toulousaine, dont l'objectif est de construire des &#171; &lt;i&gt;ponts entre les alternatives et les utopistes isol&#233;s &#187;&lt;/i&gt;, puis dans ceux des &lt;i&gt;incontrolados &lt;/i&gt;de la CIC (Coop&#233;rative int&#233;grale catalane) qui, via leurs propres &#171; services publics coop&#233;ratifs &#187; pris en charge par les usagers, proposent qu'on se passe imm&#233;diatement de l'&#201;tat, des banques, de l'euro sans putasser avec le moindre parti. Et ce ne sont pas l&#224; que des mots. Parmi les flamboyantes r&#233;alisations pratiques du CIC : des logements sociaux baths, des communaut&#233;s non conformistes, des &#233;coles parall&#232;les, des laboratoires de recherche, des ateliers de machines-outils collectivis&#233;es, une conserverie, une banque autog&#233;r&#233;e sans int&#233;r&#234;ts, un centre de distribution de nourriture bio couvrant toute la Catalogne. Jambon &#224; cornes ! Mais comment de tels dispositifs anticapitalistes n&#233;cessitant des budgets costauds ont-ils pu &#234;tre mis sur pied ? La plupart de ces fonds proviennent de centaines d'artisans, d'artistes et de petits commer&#231;ants (des &lt;i&gt;socios auto-ocupados&lt;/i&gt;) jouant le jeu de l' &#187; insoumission fiscale &#187;. Ou alors d'&#233;tonnants braqueurs, comme l'activiste catalan mythique Enric Duran qui a r&#233;ussi entre 2006 et 2008 &#224; voler 492 000 &#8364; &#224; 39 banques sans armes et sans menaces, un butin dont il a fait aussit&#244;t don &#224; des flop&#233;es de vilains petits canards rebelles. Lire la suite des exploits revergondeurs du &#171; Robin des banques &#187; dans le br&#251;lot d'Emmanuel Daniel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et bien s&#251;r&lt;/strong&gt;, ne pas non plus oublier de glisser dans vos musettes estivales le g&#233;nial &lt;i&gt;Maintenant &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Fabrique, avril 2017.&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;strong&gt; &lt;/strong&gt;du Comit&#233; invisible.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;No&#235;l Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;* Citation de William Morris, un libertaire britannique du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Institut de recherches historiques du Septentrion.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le Seuil / Reporterre, octobre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Fabrique, avril 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
