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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Roses d'acier contre main de fer</title>
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		<dc:creator>A&#235;l Thierry</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Arrestations arbitraires, harc&#232;lement verbal et physique, voire viols&#8230; &#192; Belleville, quartier de l'Est parisien, les travailleuses du sexe chinoises subissent d'incessantes violences polici&#232;res. Conditions de femmes migrantes et criminalisation de la prostitution s'entrecroisent ici sur un terrain propice &#224; l'impunit&#233; judiciaire. &#171; Le 20 mai 2015, les policiers de Belleville nous ont annonc&#233; que nous, travailleuses du sexe chinoises, devions quitter le quartier, sans se pr&#233;occuper ni de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Arrestations arbitraires, harc&#232;lement verbal et physique, voire viols&#8230; &#192; Belleville, quartier de l'Est parisien, les travailleuses du sexe chinoises subissent d'incessantes violences polici&#232;res. Conditions de femmes migrantes et criminalisation de la prostitution s'entrecroisent ici sur un terrain propice &#224; l'impunit&#233; judiciaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3064 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH494/-1298-ff83b.jpg?1782666726' width='400' height='494' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; L&lt;/span&gt;&lt;i&gt;e 20 mai 2015, les policiers de Belleville nous ont annonc&#233; que nous, travailleuses du sexe chinoises, devions quitter le quartier, sans se pr&#233;occuper ni de l'endroit ni des conditions dans lesquelles nous irions vivre. Un an plus tard, nous sommes toujours l&#224;. &lt;/i&gt;[&#8230;] &lt;i&gt;Ce mois-ci au moins 25 femmes ont &#233;t&#233; emmen&#233;es au poste pour contr&#244;le d'identit&#233;, au moins 13 d'entre elles ont &#233;t&#233; transf&#233;r&#233;es en centre de r&#233;tention, et 6 y sont encore aujourd'hui. Hier soir encore, autour de 21h, deux femmes ont &#233;t&#233; embarqu&#233;es, et ce matin, on a re&#231;u l'information d'une femme manquante. Ces arrestations sont presque quotidiennes.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Mesdames, messieurs, ouvrez les yeux : en face de vous se tient un groupe de femmes, un groupe n&#233; sous une mauvaise &#233;toile, mais un groupe de femmes fortes, courageuses, qui croient et s'accrochent &#224; leurs droits fondamentaux, qui pensent que lutter contre la violence et les discriminations ne se fait pas en les exer&#231;ant&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;clare la pr&#233;sidente des Roses d'Acier, association des travailleuses du sexe (TdS) chinoises de Belleville, en juin 2016, &#224; l'occasion d'un rassemblement public &#224; leur initiative, relatif aux harc&#232;lements policiers dont elles sont la cible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Souvent appel&#233;es les &#171; marcheuses &#187;, les TdS de Belleville sont quotidiennement en contact avec des forces de l'ordre qui affichent sans complexe leur hostilit&#233; vis-&#224;-vis de la prostitution. Dans un quartier gentrifi&#233; o&#249; les mairies d'arrondissement, plaidant pour la qui&#233;tude des riverains, entendent &#233;radiquer la prostitution, c'est toute une politique publique de r&#233;pression et de d&#233;ni de droits &#224; l'&#233;gard d'une cat&#233;gorie de la population qui est &#224; l'&#339;uvre.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Harc&#232;lement policier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En France, jusqu'en avril 2016, la prostitution n'&#233;tait pas interdite, contrairement au racolage public &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La loi de p&#233;nalisation du client et l'abrogation du d&#233;lit de racolage public (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Autrement dit l'activit&#233; &#233;tait autoris&#233;e mais les moyens pour l'exercer ne l'&#233;taient pas : toute discussion de pr&#232;s ou de loin avec un homme pouvait &#234;tre consid&#233;r&#233;e comme un d&#233;lit. N&#233;anmoins, ces femmes sont aujourd'hui constamment perturb&#233;es dans leurs activit&#233;s. La seule pr&#233;sence de voitures et de patrouilles de la Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain (BST) repr&#233;sente une menace pour les prostitu&#233;es du quartier, entravant leur libert&#233; de mouvement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Qu'on ait des papiers ou non, &#224; la vue d'un policier dans un p&#233;rim&#232;tre de moins de 20 m&#232;tres, laquelle d'entre nous ne se mettrait pas &#224; courir ?,&lt;/i&gt; ajoute la repr&#233;sentante des TdS chinoises. C&lt;i&gt;ertaines pr&#233;f&#232;rent perdre leurs chaussures, ou abandonner leurs sacs de courses mais toutes, nous courons pour sauver notre vie. On ne peut que s'&#233;tonner : ici le gouvernement et les forces de l'ordre utilisent-ils la terreur comme une arme et une m&#233;thode contre le peuple ? Sur quels fondements l&#233;gislatifs ? La police ne devrait pas &#234;tre notre ennemie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si juin 2015 correspond &#224; un durcissement soudain des m&#233;thodes utilis&#233;es par les forces de l'ordre &#224; l'encontre des travailleuses du sexe, une vague de m&#233;contentement des &#171; marcheuses &#187; du quartier va cependant progressivement &#233;merger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses sociales du Lotus Bus, un programme de M&#233;decins du Monde de r&#233;duction des risques li&#233;s &#224; la prostitution &#224; l'attention des TdS chinoises, s'attellent dans un premier temps, en collaboration avec les Roses d'Acier, &#224; r&#233;colter les paroles de femmes du quartier. &#171; &lt;i&gt;Dimanche soir, 22 mai, 22h. J'&#233;tais &#224; Belleville, pr&#232;s du boulevard de la Villette, je marchais et un policier est venu me demander mes papiers,&lt;/i&gt; t&#233;moigne Lili, 50 ans.&lt;i&gt; Je les lui ai tendus, et il a sorti son portable pour me prendre en photo. Je ne voulais pas, alors il m'a attrap&#233;e par la manche pour m'emp&#234;cher de partir. Puis il m'a l&#226;ch&#233; et a d&#233;chir&#233; mes papiers. J'ai repris la marche vers chez moi, mais j'ai &#224; peine fait quelques m&#232;tres qu'il m'a cri&#233; apr&#232;s, m'a rattrap&#233;e et m'a bloqu&#233; le passage en me demandant &#224; nouveau &#8220;papiers''. Un passant est finalement intervenu, sinon, il aurait continu&#233; &#224; me harceler.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les m&#233;thodes de (r&#233;)pression et d'humiliation employ&#233;es sont en effet diverses : insultes (essentiellement &#171; pute &#187;) prof&#233;r&#233;es en chinois, contr&#244;les d'identit&#233; multijournaliers, photocopies de pi&#232;ces d'identit&#233; d&#233;chir&#233;es, photos prises sans leur consentement, violences verbales et physiques. S'y ajoutent des descentes r&#233;guli&#232;res de la Brigade de r&#233;pression du prox&#233;n&#233;tisme (BRP) dans les appartements de travail, et des confiscations de biens et d'argent sans remise de proc&#232;s-verbaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces op&#233;rations sont men&#233;es au nom de la lutte contre le &#171; syst&#232;me prostitutionnel &#187;, mais surtout pour chasser, par l'oppression et la peur, les TdS chinoises de l'espace public &#224; Belleville. &#171; &lt;i&gt;On est en permanence expos&#233;es &#224; des pressions, des violences. Il y a les clients et maintenant il y a la police&lt;/i&gt;, poursuit Lili.&lt;i&gt; On essaye d'ouvrir le dialogue mais notre voix n'est pas entendue. On cherche par nous-m&#234;mes des mani&#232;res de continuer &#224; vivre, mais en face on veut nous &#244;ter le droit de vivre, et si ce n'est pas &#224; Belleville, ce sera ailleurs&lt;/i&gt; &#187;, explique pour sa part une membre des Roses d'Acier.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Les contreparties du m&#233;tier &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travailleuses du sexe d&#233;cident d&#232;s lors de s'organiser pour se d&#233;fendre : en cas de d&#233;tresse, elles n'appellent g&#233;n&#233;ralement pas le 17 mais s'envoient des signaux d'alarme &#8211; notamment via les r&#233;seaux sociaux &#8211; pour se pr&#233;munir de la police et des clients violents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, dans un cas suivi par le Lotus Bus &#8211; une affaire parmi d'autres mais la seule dont les preuves ont permis l'identification de l'agresseur &#8211; un policier est d&#233;nonc&#233; par une TdS chinoise. Car apr&#232;s s'&#234;tre pr&#233;sent&#233; comme un client classique, et une fois la &#171; transaction &#187; effectu&#233;e, ce dernier refuse de payer, la mena&#231;ant de l'embarquer si elle le d&#233;nonce. La combine fonctionnant, l'agent de police aurait r&#233;cidiv&#233; et commis des viols &#224; r&#233;p&#233;tition. Apr&#232;s le d&#233;p&#244;t de plainte de Mme X, deux enqu&#234;tes sont ouvertes par l'IGPN, la police des polices : une administrative et une judiciaire. Le Lotus Bus est contact&#233; pour les aider &#224; glaner des preuves contre le suspect qui s&#233;vissait aussi en salon de massage sur au moins une autre TdS chinoise. D'apr&#232;s un fonctionnaire de police de l'IGPN, le policier usait d'une m&#233;thode &#171; courante &#187; : &#171; &lt;i&gt;celle de se servir de son badge comme d'une carte bleue&lt;/i&gt; &#187;... Quant &#224; l'affaire, elle sera finalement class&#233;e en raison d'un manque de preuves contre le violeur, le t&#233;moignage circonstanci&#233; d'une femme chinoise prostitu&#233;e et sans papiers n'&#233;tant pas consid&#233;r&#233; comme une preuve suffisante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est que les &#171; marcheuses &#187; cumulent : racisme g&#233;n&#233;ralis&#233; envers les Chinois dont t&#233;moignent les rassemblements en r&#233;gion parisienne de septembre 2016 &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Les migrants chinois et le mouvement antiraciste : un rendez-vous manqu&#233; ? (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, r&#233;pression envers les sans-papiers et criminalisation juridique de la prostitution. D'autres femmes assurent pour leur part avoir d&#233;j&#224; re&#231;u des clients usant d'un badge de la police pour les intimider afin de ne pas payer la passe, mais aucune, m&#234;me parmi les plus engag&#233;es, n'a voulu porter plainte par crainte de repr&#233;sailles. Certaines t&#233;moignent d'une incertitude sur l'identit&#233; de l'agresseur, d&#233;montrant par l&#224; m&#234;me que certains clients exploiteraient la vuln&#233;rabilit&#233; et la peur des femmes face &#224; la police en se faisant passer pour des flics pour les violer, s'offrant ainsi une part d'impunit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une pratique qui illustre le &lt;i&gt;continuum&lt;/i&gt; des violences polici&#232;res sur les TdS chinoises : harc&#232;lement constant qui entretient les femmes dans la peur du viol par des flics, ou par d'autres personnes se faisant passer pour tels, avec menace de repr&#233;sailles si elles portent plainte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines affaires de viol retentissent dans les m&#233;dias comme si ce n'&#233;tait que des &#233;v&#233;nements isol&#233;s et exceptionnels. Or, lorsqu'apr&#232;s le rendez-vous &#224; l'IGPN, &#224; la recherche d'autres victimes potentielles du flic violeur de Mme X, les travailleuses sociales du Lotus Bus demandent : &#171; &lt;i&gt;Qui a d&#233;j&#224; d&#251; le faire gratuit avec un flic ?&lt;/i&gt; &#187;, plus de la moiti&#233; des femmes pr&#233;sentes r&#233;pond par l'affirmative. Les harc&#232;lements quotidiens, les humiliations en paroles ou en actes, les arrestations arbitraires des forces de l'ordre, le d&#233;ni de la libert&#233; de circulation dans l'espace public aux TdS migrantes, pourtant th&#233;oriquement reconnue &#224; toute personne sur le territoire titulaire d'un titre de s&#233;jour ou non, conduisent progressivement &#224; une d&#233;valorisation de ce qu'elles sont. &#192; tel point que les viols sont malheureusement d&#233;crits par ces femmes comme &#171; les contreparties du m&#233;tier &#187; qu'elles se d&#233;p&#234;chent d'oublier...&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;A&#235;l Thierry&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Remerciements &#224; Sarah-Marie Maffesoli, juriste, fervente d&#233;fenseuse des droits des TdS.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La loi de p&#233;nalisation du client et l'abrogation du d&#233;lit de racolage public datent d'avril 2016. Et s'accompagnent d'un &#171; volet social de sortie de la prostitution &#187; dont les conditions n'ont pas encore &#233;t&#233; pr&#233;cis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://www.contretemps.eu/migrants-chinois-racisme-antiracisme/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Les migrants chinois et le mouvement antiraciste : un rendez-vous manqu&#233; ?&lt;/a&gt; &#187;, Ya-Han Chuang, &lt;i&gt;Contretemps&lt;/i&gt;, 3 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Bobigny ne se rend pas</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Bobigny-ne-se-rend-pas</link>
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&lt;p&gt;On l'a crois&#233; le samedi 11 f&#233;vrier (2017) &#224; Bobigny, &#224; proximit&#233; d'un car r&#233;gie de RTL transform&#233; en brasero. Samy, 27 ans, du &#171; d&#233;partement 99 &#187;, &#233;tait venu participer au rassemblement contre les violences polici&#232;res organis&#233; &#224; la suite du calvaire de Th&#233;o &#224; Aulnay-sous-Bois. Souriant, prodiguant conseils de prudence et &#233;l&#233;ments d'analyse strat&#233;gique, Samy distribuait &#224; pleines mains des doses de s&#233;rum physiologique. Et impressionnait par son calme face aux tirs de Flash-Ball qui (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yann-Levy-81" rel="tag"&gt;Yann Levy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/photo" rel="tag"&gt;photo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Hans-Lucas" rel="tag"&gt;Hans Lucas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yann-Levy-3561" rel="tag"&gt;Yann L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Photo-Yann" rel="tag"&gt;Photo Yann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Levy" rel="tag"&gt;L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lucas" rel="tag"&gt;Lucas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yann" rel="tag"&gt;Yann&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bobigny" rel="tag"&gt;Bobigny&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/hiver" rel="tag"&gt;hiver&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;On l'a crois&#233; le samedi 11 f&#233;vrier (2017) &#224; Bobigny, &#224; proximit&#233; d'un car r&#233;gie de RTL transform&#233; en brasero. Samy, 27 ans, du &#171; d&#233;partement 99 &#187;, &#233;tait venu participer au rassemblement contre les violences polici&#232;res organis&#233; &#224; la suite du calvaire de Th&#233;o &#224; Aulnay-sous-Bois. Souriant, prodiguant conseils de prudence et &#233;l&#233;ments d'analyse strat&#233;gique, Samy distribuait &#224; pleines mains des doses de s&#233;rum physiologique. Et impressionnait par son calme face aux tirs de Flash-Ball qui cr&#233;pitaient. Il nous a envoy&#233; ce t&#233;moignage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3059 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1293-86f6c.jpg?1782836981' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bobigny, hiver 2017 / Photo Yann L&#233;vy (Hans Lucas)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;orsqu'on a d&#233;barqu&#233; sur la place, impossible d'entendre les prises de parole, trop de monde, foule trop dense. Au-dessus de nous, sur le pont menant au tr&#232;s symbolique TGI de Boboche (celui-l&#224; m&#234;me qui a relax&#233; les responsables de la mort de Zyed et Bouna et qui la veille encore condamnait &#224; de la prison ferme des mecs refusant que la police viole et tue impun&#233;ment), des flics en faction &#233;quip&#233;s anti-&#233;meute, repr&#233;sentants de l'ordre n&#233;o-colonial en marche dans les banlieues fran&#231;aises. Autour de nous, un dispositif monstrueux pour une manifestation pourtant d&#233;clar&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3060 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH332/-1294-8255c.jpg?1782836981' width='500' height='332' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bobigny, hiver 2017 / Photo Yann L&#233;vy (Hans Lucas)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand volent les premi&#232;res bouteilles, la police boucle la place, devenue une nasse g&#233;ante rapidement noy&#233;e sous des flots de lacrymo. Les flics tirent au LBD depuis le pont. On fuit un merdier pour se jeter dans un autre. Nos stocks de s&#233;rum physio' passent de main en main, entre manifestants fraternels mais d&#233;pass&#233;s, plus habitu&#233;s aux violences polici&#232;res racistes et quotidiennes qu'&#224; la r&#233;pression militaris&#233;e des mouvements contestataires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3063 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1297-e3d92.jpg?1782836981' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bobigny, hiver 2017 / Photo Yann L&#233;vy (Hans Lucas)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quand la nuit tombe, il faut trouver rapidement un moyen de s'en sortir, esquiver les voitures de flics d&#233;boulant dans la foule, la pluie incessante des palets lacrymog&#232;nes et des grenades d&#233;sencerclantes qu'on ne voit pas arriver, les tirs tendus au flash-ball. Finalement seul, je me tire par le canal, laissant quelques camarades autonomes continuer la r&#233;sistance sur l'autoroute.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3062 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1296-60688.jpg?1782836981' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bobigny, hiver 2017 / Photo Yann L&#233;vy (Hans Lucas)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On a salement trinqu&#233; pendant ces cinq heures, mais nous avons apport&#233; le nombre pour Th&#233;o, Adama Traor&#233;, Amadou Koum&#233;, Amine Bentounsi, Zyed, Bouna et tant d'autres, chez nous, dans les territoires p&#233;riph&#233;riques, ceux des Noirs, des Maghr&#233;bins, des racis&#233;s, de tous les descendantes et descendants de colonis&#233;s, les restes du d&#233;partement 99, toujours sous le coup d'un r&#233;gime d'exception face auquel nous ne comptons pas abdiquer.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Samy&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class='spip_document_3061 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;52&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1295-21e6b.jpg?1782836981' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Bobigny, hiver 2017 / Photo Yann L&#233;vy (Hans Lucas)
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Photos Yann L&#233;vy (Hans Lucas)&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Quand les k&#233;pis font la loi</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Quand-les-kepis-font-la-loi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Quand-les-kepis-font-la-loi</guid>
		<dc:date>2019-07-19T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Karima Younsi, Olivier Cyran</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Nicolas de la Casini&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>policiers</dc:subject>
		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>syndicats</dc:subject>
		<dc:subject>Adama Traor&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>l'affaire Adama</dc:subject>
		<dc:subject>Adama</dc:subject>
		<dc:subject>flics</dc:subject>
		<dc:subject>Traor&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>gendarmes tueurs</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Et si la police n'&#233;tait plus seulement le bras arm&#233; de l'&#201;tat, mais une force d'occupation autonome, capable de dicter sa loi aux politiques ? &#201;l&#233;ments d'analyse avec Mohamed, membre du collectif Quartiers 21 et militant aguerri contre les violences polici&#232;res. &#171; Dans l'affaire Adama Traor&#233;, il n'y a pas que le procureur et la maire de Beaumont-sur-Oise qui ont pris fait et cause pour les gendarmes tueurs, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a pes&#233; lui aussi de tout son poids. Quand Bruno Le Roux (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nicolas-de-la-Casiniere-95" rel="tag"&gt;Nicolas de la Casini&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policiers" rel="tag"&gt;policiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndicats" rel="tag"&gt;syndicats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Adama-Traore" rel="tag"&gt;Adama Traor&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-affaire-Adama" rel="tag"&gt;l'affaire Adama&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Adama" rel="tag"&gt;Adama&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/flics" rel="tag"&gt;flics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Traore" rel="tag"&gt;Traor&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gendarmes-tueurs" rel="tag"&gt;gendarmes tueurs&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Et si la police n'&#233;tait plus seulement le bras arm&#233; de l'&#201;tat, mais une force d'occupation autonome, capable de dicter sa loi aux politiques ? &#201;l&#233;ments d'analyse avec Mohamed, membre du collectif Quartiers 21 et militant aguerri contre les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3014 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH315/-1250-ff78b.jpg?1782664072' width='500' height='315' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Nicolas de la Casini&#232;re
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; D&lt;/span&gt;ans l'affaire Adama Traor&#233;, il n'y a pas que le procureur et la maire de Beaumont-sur-Oise qui ont pris fait et cause pour les gendarmes tueurs, le minist&#232;re de l'Int&#233;rieur a pes&#233; lui aussi de tout son poids. Quand Bruno Le Roux a &#233;t&#233; nomm&#233; ministre, c'est &#224; la gendarmerie de Persan, o&#249; Adama est mort, qu'il a effectu&#233; son premier d&#233;placement officiel. C'est le gouvernement qui en a fait une affaire d'&#201;tat. Pour comprendre pourquoi, il faut garder &#224; l'esprit que les forces de l'ordre constituent un pouvoir de plus en plus hostile au gouvernement, qui esp&#232;re contenir cette r&#233;bellion en leur accordant mille faveurs, depuis le droit de porter leur arme m&#234;me quand ils ne sont pas en service jusqu'&#224; l'extension de l'usage de la l&#233;gitime d&#233;fense, en passant par la gratuit&#233; des transports RATP ou l'&#233;quipement de la BAC en fusils d'assaut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 18 mai 2016, lors du rassemblement de flics&lt;/strong&gt; organis&#233; place de la R&#233;publique &#224; Paris par le syndicat Alliance, Marion Le Pen et Gilbert Collard sont venus s'afficher aux c&#244;t&#233;s des manifestants. C'est la premi&#232;re fois qu'on a vu des leaders d'extr&#234;me droite aussi chaleureusement accueillis par des policiers aussi nombreux. Dans le m&#234;me temps, des &#233;tudes indiquaient qu'entre 50 et 70 % des policiers et gendarmes votaient Front national. L&#224;-dessus, t'as des centaines de policiers qui manifestent cagoul&#233;s et arm&#233;s dans les rues de Paris. Quand tu additionnes tout &#231;a, tu ne t'&#233;tonnes plus que les dirigeants politiques baissent de plus en plus la t&#234;te devant les syndicats de police.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce &#224; quoi on assiste, c'est une autonomisation des forces de l'ordre.&lt;/strong&gt; La police n'est plus seulement le bras arm&#233; de l'&#201;tat, c'est une force qui impose par elle-m&#234;me son propre agenda politique. Cette &#233;volution s'est d'abord manifest&#233;e sur le terrain m&#233;diatique : chaque fois que les violences polici&#232;res font un mort, dans l'heure qui suit les syndicats de flics envahissent les plateaux t&#233;l&#233; pour marteler leur version, qui devient aussit&#244;t la version officielle, celle que les m&#233;dias vont relayer en boucle. La famille ou le comit&#233; de soutien de la victime auront beau d&#233;masquer les mensonges de la version officielle, leur parole aura du mal &#224; faire le poids.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La puissance des syndicats de flics&lt;/strong&gt; en France reste un angle mort, on n'en parle jamais, alors que la police constitue un &#201;tat dans l'&#201;tat, un minist&#232;re dans l'Int&#233;rieur. Lors du mouvement social contre la loi Travail, tout se passait comme si le gouvernement laissait sa police r&#233;primer en roue libre. Des policiers se sont m&#234;me &#233;tonn&#233;s publiquement : on ne re&#231;oit pas d'ordres, ils nous laissent faire ce qu'on veut.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette autonomisation saute aux yeux&lt;/strong&gt; quand tu vas sur les comptes Facebook communautaires des flics, o&#249; ils se l&#226;chent compl&#232;tement, sur le mode : laissez-nous faire, on va nettoyer la France. Exemple, la page Facebook de Robert Paturel, un ancien du Raid qui s'est pr&#233;sent&#233; comme l'un des meneurs des manifs cagoul&#233;es d'octobre dernier : il y partage des vid&#233;os ouvertement d'extr&#234;me droite. C'est devenu banal. Quand t'as le directeur g&#233;n&#233;ral de la police nationale qui se fait huer et mettre la pression par des flics en armes chauff&#233;s &#224; blanc par leurs syndicats, comme en octobre 2016, tu te dis que dans n'importe quel pays cela provoquerait des enqu&#234;tes et des mises &#224; pied. Pas en France. Il y a m&#234;me une vid&#233;o o&#249; l'on entend des flics crier &#8220;les francs-macs en prison&#8221;, &#224; se demander s'ils ne visaient pas leurs propres sup&#233;rieurs. Tout &#231;a passe comme une lettre &#224; la Poste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; droite et &#224; gauche&lt;/strong&gt;, on continue de nous bassiner avec la &#8220;police r&#233;publicaine&#8221;, pendant que l'un de ses repr&#233;sentants les plus en vue dans les m&#233;dias se sent suffisamment &#224; l'aise pour faire l'apologie du mot &#8220;bamboula&#8221; sur un plateau de t&#233;l&#233;vision. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Olivier Cyran &amp; Karima Younsi&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Violences polici&#232;res : Ali Ziri, mort d'un chibani</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Violences-policieres-Ali-Ziri-mort</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Violences-policieres-Ali-Ziri-mort</guid>
		<dc:date>2019-03-15T02:35:57Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>famille</dc:subject>
		<dc:subject>cour</dc:subject>
		<dc:subject>mort</dc:subject>
		<dc:subject>flics</dc:subject>
		<dc:subject>Omar Slaouti</dc:subject>
		<dc:subject>Slaouti</dc:subject>
		<dc:subject>Argenteuil</dc:subject>
		<dc:subject>Cour europ&#233;enne</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ouvrier &#224; la retraite, Ali Ziri a eu le malheur de revenir de Kabylie en France pour faire quelques achats avant le mariage de son fils... Mais le 9 juin 2009, &#224; Argenteuil (Val-d'Oise), il joue aux dominos et boit plus que de raison avec un ami. La suite : un contr&#244;le routier, le commissariat, puis la mort. Le d&#233;c&#232;s survient 48 heures apr&#232;s. La police voudrait vite renvoyer le corps au bled apr&#232;s une expertise m&#233;dicale bidonn&#233;e qui diagnostique une hypertrophie cardiaque. &#171; Une sorte (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/famille" rel="tag"&gt;famille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cour" rel="tag"&gt;cour&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mort" rel="tag"&gt;mort&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/flics" rel="tag"&gt;flics&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Omar-Slaouti" rel="tag"&gt;Omar Slaouti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Slaouti" rel="tag"&gt;Slaouti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Argenteuil" rel="tag"&gt;Argenteuil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cour-europeenne" rel="tag"&gt;Cour europ&#233;enne&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ouvrier &#224; la retraite, Ali Ziri a eu le malheur de revenir de Kabylie en France pour faire quelques achats avant le mariage de son fils...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Mais le 9 juin 2009, &#224; Argenteuil (Val-d'Oise), il joue aux dominos et boit plus que de raison avec un ami. La suite : un contr&#244;le routier, le commissariat, puis la mort. Le d&#233;c&#232;s survient 48 heures apr&#232;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La police voudrait vite renvoyer le corps au bled apr&#232;s une expertise m&#233;dicale bidonn&#233;e qui diagnostique une hypertrophie cardiaque. &#171; &lt;i&gt;Une sorte de mort subite&lt;/i&gt;, explique Omar Slaouti. &lt;i&gt;Sauf que les expertises qui vont suivre &#8211; car le corps ne part pas, la famille refuse, comme dans le cas d'Adama Traor&#233; &#8211; vont prouver que la technique d'immobilisation par &#8220;pliage&#8221; pratiqu&#233;e par les flics est en cause, sans oublier la pr&#233;sence de 27 h&#233;matomes, dont un de 17 cm de long.&lt;/i&gt; &#187; La famille porte plainte, mais le juge d'instruction refuse la reconstitution, ne visionne pas les images vid&#233;o, n'auditionne ni les flics, ni les t&#233;moins&#8230; &#171; &lt;i&gt;Quand on coupe le son et l'image&lt;/i&gt;, regrette Slaouti, &lt;i&gt;c'est clair, les flics ont raison et la famille a tort.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce drame casse en tout cas une certaine id&#233;e de la police confront&#233;e &#224; &#171; des jeunes &#224; casquette et dent qui brille &#187;. Car ici, c'est un monsieur de 69 ans, menott&#233; dans le dos, qui re&#231;oit des coups jusqu'&#224; en mourir. Son compagnon, Arezki Kerfali, 63 ans, invalide, a &#233;t&#233; lui aussi menott&#233; et tabass&#233;. Les policiers ont &#233;t&#233; jusqu'&#224; porter plainte pour outrage et r&#233;bellion &#8211; aujourd'hui en France, on d&#233;nombre 15 000 d&#233;lits d'outrages par an. Arezki, traumatis&#233; par la mort de son ami, a &#233;t&#233; pour sa part poursuivi et condamn&#233;. Quant &#224; Ali, il &#233;tait, selon les agents, excit&#233; et insultant&#8230; &#171; On salit post-mortem les victimes pour l&#233;gitimer sa propre violence &#187;, s'insurge Slaouti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un premier non-lieu est confirm&#233; en octobre 2012 par la cour d'appel de Versailles. &#171; &lt;i&gt;En f&#233;vrier 2014, la Cour de cassation a cass&#233; le non-lieu. L'affaire a &#233;t&#233; rejug&#233;e &#224; Rennes, mais le non-lieu est prononc&#233; &#224; nouveau en f&#233;vrier 2016. Depuis, la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme a accept&#233; le dossier. Si le recours prosp&#232;re, ce ne sont pas les flics qui seront condamn&#233;s, mais l'&#201;tat fran&#231;ais.&lt;/i&gt; &#187; Ce ne serait pas la premi&#232;re condamnation de la France, notamment pour la technique d'immobilisation responsable de la mort de Hakim Ajimi, Lamine Dieng ou encore Adama Traor&#233;, mais sans que rien ne change.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, &#224; quoi bon se battre ? &#171; &lt;i&gt;Mener la bataille juridique jusqu'au bout, c'est &#224; la fois une sorte de chemin de dignit&#233; pour les familles et c'est faire la d&#233;monstration publique que la justice ne va pas au bout pour les n&#244;tres&lt;/i&gt;, conclut Omar Slaouti. &lt;i&gt;Quand je dis cela, j'inclus R&#233;mi Fraisse, les sans-papiers, les Rroms&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;B. L. D.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La France finalement condamn&#233;e&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;En juin 2018, quatorze mois apr&#232;s la parution de cet article sur papier, la Cour europ&#233;enne des droits de l'homme (CEDH) a condamn&#233; l'&#201;tat fran&#231;ais pour &#171; n&#233;gligence &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les juges n'ont pas remis en cause l'utilisation de la technique du &#171; pliage &#187; lors de l'arrestation d'Ali Ziri, mais ils ont consid&#233;r&#233; que les forces de l'ordre avaient ensuite tard&#233; &#224; lui porter secours : &#171; &lt;i&gt;La situation de M. Ziri au commissariat d'Argenteuil a &#233;t&#233; trait&#233;e avec n&#233;gligence par les autorit&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, a estim&#233; la CEDH, retenant que &#171; &lt;i&gt;les autorit&#233;s n'ont pas fait ce que l'on pouvait raisonnablement attendre d'elles pour pr&#233;venir le risque de d&#233;c&#232;s auquel il &#233;tait expos&#233;&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;C. R.&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;(Mise &#224; jour de d&#233;cembre 2018)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les dames du Lake</title>
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		<dc:date>2019-03-15T02:35:38Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Previously dans Ciquiou&#232;fdy</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Jane Campion</dc:subject>
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		<dc:subject>Top</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Previously dans Ciquiou&#232;fdy : le mois dernier, un lecteur courrouc&#233;, Antoine, nous encourageait &#224; renoncer aux s&#233;ries TV &#171; quintessence de (la) consommation passive d'images &#187;. Pour le dernier &#233;pisode de cette chronique, Julien Tewfiq lui r&#233;pond &#224; travers la s&#233;rie Top of the Lake. Pr&#233;-g&#233;n&#233;rique : &#224; l'heure o&#249; blanchit la campagne, minuscule entre nappes de brouillard et montagnes sauvages, une ado d&#233;vale la route &#224; v&#233;lo jusqu'au bord d'un lac aussi impassible qu'elle. La coll&#233;gienne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Previously-dans-Ciquiouefdy" rel="tag"&gt;Previously dans Ciquiou&#232;fdy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jane-Campion" rel="tag"&gt;Jane Campion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/montagnes-sauvages" rel="tag"&gt;montagnes sauvages&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/series" rel="tag"&gt;s&#233;ries&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Top" rel="tag"&gt;Top&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Previously&lt;/i&gt; dans &lt;i&gt;Ciquiou&#232;fdy&lt;/i&gt; : le mois dernier, un lecteur courrouc&#233;, Antoine, nous encourageait &#224; renoncer aux s&#233;ries TV &#171; &lt;i&gt; quintessence de&lt;/i&gt; (la) &lt;i&gt;consommation passive d'images&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;152, mars 2017.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. Pour le dernier &#233;pisode de cette chronique&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En fait, &#233;videmment, la chronique reviendra dans une troisi&#232;me saison ! (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, Julien Tewfiq lui r&#233;pond &#224; travers la s&#233;rie &lt;i&gt;Top of the Lake&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pr&#233;-g&#233;n&#233;rique :&lt;/strong&gt; &#224; l'heure o&#249; blanchit la campagne, minuscule entre nappes de brouillard et montagnes sauvages, une ado d&#233;vale la route &#224; v&#233;lo jusqu'au bord d'un lac aussi impassible qu'elle. La coll&#233;gienne d&#233;pose son cartable et sa veste sur la berge et p&#233;n&#232;tre sans se retourner dans l'eau glac&#233;e, jusqu'aux &#233;paules&#8230; Trois notes, tristes, de piano. Elle serre les poings.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;n&#233;rique :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;Top of the Lake&lt;/i&gt;, s&#233;rie australo-anglo-n&#233;o-z&#233;landaise (1 saison de 6 &#233;pisodes), cr&#233;&#233;e, &#233;crite et r&#233;alis&#233;e par Jane Campion, Gerard Lee et Garth Davis avec Elisabeth Moss, David Wenham, Holly Hunter&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une saison 2, avec Nicole Kidman, est (tr&#232;s) attendue pour 2017.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2506 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH331/-772-41372.jpg?1782643911' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;pisode :&lt;/strong&gt; en chroniquant des s&#233;ries TV pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, je m'attendais &#233;videmment &#224; ce que &#231;a fasse grincer des dents chez certains. Je peux comprendre qu'on n'aime pas les s&#233;ries, ou pas telle s&#233;rie, mais &#224; part l'hom&#233;opathie ou le refus de voter, je ne connais pas de sujet plus pol&#233;mique. En voil&#224; une, pourtant, qui devrait mettre tout le monde d'accord. &lt;i&gt;Top of the Lake&lt;/i&gt; est &lt;i&gt;the&lt;/i&gt; s&#233;rie. Elle n'a clairement rien &#224; envier au meilleur cin&#233;ma ou &#224; la meilleure litt&#233;rature : &#224; la fois populaire et savante, intelligente, distrayante et puissamment politique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre de Jane Campion est une implacable d&#233;monstration que la s&#233;rie TV, entre de bonnes mains, est plus qu'un genre t&#233;l&#233;visuelle mais un domaine artistique &#224; part enti&#232;re. Et elle le dit mieux que moi : &#171; &lt;i&gt;C'est une histoire de six heures que je consid&#232;re comme un roman, dont les &#233;pisodes seraient des chapitres. Le plaisir du romancier est la possibilit&#233; d'explorer diff&#233;rents personnages, et chaque personnage apporte une saveur diff&#233;rente &#224; l'ensemble.&lt;/i&gt; &#187; Plaisir du romancier comme du spectateur !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, nous suivons Robin, une jeune inspectrice, jou&#233;e par la parfaite Elizabeth Moss, qui enqu&#234;te sur la disparition de Tui, jeune coll&#233;gienne enceinte, dans les parages d'un lac dont la beaut&#233; le partage &#224; la sauvagerie. Le p&#232;re de la gamine, petit potentat local suspect&#233; de l'avoir viol&#233;e, met tout en &#339;uvre pour la retrouver. Au milieu, un groupe de femmes guid&#233;es par une &#233;trange J. G. (Holly Hunter entre Patti Smith et Jane Campion elle-m&#234;me) a trouv&#233; refuge au bord du lac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 6 &#233;pisodes de moins d'une heure, c'est toute la violence du patriarcat qui est sond&#233;e : les remarques et attitudes sexistes au bar, &#224; la maison ou au commissariat, les viols (incestueux, en r&#233;union, en bande organis&#233;e), les oppressions religieuses et sociales sur les corps, en passant par la drague comme mode de domination&#8230; Mais c'est aussi toutes sortes de r&#233;sistances f&#233;ministes qui sont &#224; l'&#339;uvre : r&#233;silience individuelle ou soutien collectif, fuite, bagarre et contre-attaque &#8211; en non-mixit&#233; ou mixit&#233; &#8211; des femmes en lutte. R&#233;pertoire magnifiquement film&#233; par une des leurs... Et &#231;a change beaucoup de choses !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait en dire encore et encore sur les questions politiques et esth&#233;tiques abord&#233;es par cette s&#233;rie. Mais je fais confiance au public pour faire ses propres analyses. C'est le principal point qui me s&#233;pare du propos du lecteur courrouc&#233; du mois dernier : loin de l'&#234;tre baveux et passif devant son &#233;cran, je crois au &#171; &lt;i&gt;spectateur &#233;mancip&#233;&lt;/i&gt; &#187; qui &#171; &lt;i&gt;compose son propre po&#232;me avec les &#233;l&#233;ments du po&#232;me en face de lui&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le Spectateur &#233;mancip&#233; de Jacques Ranci&#232;re, &#233;ditions La Fabrique.&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certes, les s&#233;ries sont produites par de gros conglom&#233;rats &#171; &lt;i&gt; spectaculaires marchands&lt;/i&gt; &#187; mais tout comme des chefs-d'&#339;uvre du cin&#233;ma furent produits par les grands studios hollywoodiens ! Certes les &#233;crans cathodiques ont &#233;t&#233; &#233;tudi&#233;s par la CIA comme torture et techniques de lavage de cerveaux&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Le Tube, film documentaire de Peter Entell&#8230; visible sur Youtube.&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Et pourtant, c'est aussi via des &#233;crans que &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est con&#231;u chaque mois sans que nous soyons devenus des zombies incapables de penser. En r&#233;alit&#233;, les spectateurs ne sont pas des veaux. Il n'y a qu'&#224; les &#233;couter discuter des s&#233;ries qu'ils aiment ou d&#233;testent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;n&#233;rique de fin :&lt;/strong&gt; Peut-on reprocher aux s&#233;ries d'&#234;tre addictives ? Et les romans ? Avalant les chapitres les uns apr&#232;s les autres, j'ai regard&#233; &lt;i&gt;Top of the lake&lt;/i&gt; en deux soir&#233;es seulement. Est-ce que c'&#233;tait ali&#233;nant ? Bien au contraire, c'&#233;tait &#171; &lt;i&gt;Top&lt;/i&gt; &#187; !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;152, mars 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En fait, &#233;videmment, la chronique reviendra dans une troisi&#232;me saison ! Hourra ! (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une saison 2, avec Nicole Kidman, est (tr&#232;s) attendue pour 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Le Spectateur &#233;mancip&#233;&lt;/i&gt; de Jacques Ranci&#232;re, &#233;ditions La Fabrique.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Le Tube&lt;/i&gt;, film documentaire de Peter Entell&#8230; visible sur Youtube.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Violences polici&#232;res : les racines du mal (et des r&#233;sistances)</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Violences-policieres-les-racines</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Violences-policieres-les-racines</guid>
		<dc:date>2018-12-10T10:51:50Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Serge(&#239;) Bonicci</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
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		<dc:subject>Paris</dc:subject>
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		<dc:subject>justice</dc:subject>
		<dc:subject>violences polici&#232;res</dc:subject>
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		<dc:subject>alg&#233;riens</dc:subject>
		<dc:subject>Brigade</dc:subject>
		<dc:subject>police tue</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Du 14 juillet 1953 aux ann&#233;es 1980, une chronologie parcellaire de la violence &#233;tatique (parfois mortelle) &#8211; subie essentiellement par les immigr&#233;s maghr&#233;bins et leurs descendants. *** 14 juillet 1953 Les travailleurs alg&#233;riens et coloniaux manifestent depuis 1936 avec la CGT et le PCF pour &#171; la d&#233;fense des libert&#233;s &#187;. Cette ann&#233;e-l&#224;, aussi pour les prisonniers politiques et l'ind&#233;pendance. Place de la Nation, &#224; Paris, les cort&#232;ges se dispersent, les Alg&#233;riens restent. La police tente (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Paris" rel="tag"&gt;Paris&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policieres" rel="tag"&gt;polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/algeriens" rel="tag"&gt;alg&#233;riens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Brigade" rel="tag"&gt;Brigade&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police-tue" rel="tag"&gt;police tue&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 14 juillet 1953 aux ann&#233;es 1980, une chronologie parcellaire de la violence &#233;tatique (parfois mortelle) &#8211; subie essentiellement par les immigr&#233;s maghr&#233;bins et leurs descendants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2701 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;70&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L350xH497/-961-4bcc7.jpg?1782645475' width='350' height='497' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La couverture du n&#176;153 de &#034;CQFD&#034;, illustr&#233;e par &#201;tienne Savoye.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;14 juillet 1953&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les travailleurs alg&#233;riens et coloniaux manifestent depuis 1936 avec la CGT et le PCF pour &#171; &lt;i&gt;la d&#233;fense des libert&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Cette ann&#233;e-l&#224;, aussi pour les prisonniers politiques et l'ind&#233;pendance. Place de la Nation, &#224; Paris, les cort&#232;ges se dispersent, les Alg&#233;riens restent. La police tente d'arracher les drapeaux et tire : six Alg&#233;riens et un Fran&#231;ais sont tu&#233;s. Un mois plus tard, est cr&#233;&#233;e la Brigade des agressions et violences (BAV), h&#233;riti&#232;re de la Brigade nord-africaine (BNA) dissoute en 1945. Les d&#233;fil&#233;s communs s'arr&#234;tent &lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Regarder le documentaire de Daniel Kupferstein, Les balles du 14 juillet, 2014.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1961&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les trente Glorieuses entassent des milliers d'Alg&#233;riens, Marocains, Tunisiens, Italiens et Portugais en bidonville &lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Monique Hervo, Chroniques du bidonville - Nanterre en guerre d'Alg&#233;rie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La guerre d'Alg&#233;rie culmine avec son &#233;pisode le plus sanglant en m&#233;tropole : le 17 octobre, 30 000 Alg&#233;rien.ne.s d&#233;filent pacifiquement &#224; l'appel du FLN contre le couvre-feu racial d'un pr&#233;fet de police revenu d'Alg&#233;rie, Maurice Papon. L'existence politique du colonis&#233; au c&#339;ur de Paris provoque un d&#233;cha&#238;nement policier, couvert par le bilan officiel de deux Alg&#233;riens et un Fran&#231;ais tu&#233;s, puis par l'amnistie. En fait, plus de 200 morts mitraill&#233;s, noy&#233;s, &#233;touff&#233;s, pendus au bois de Vincennes, battus &#224; mort dans le hall de la pr&#233;fecture de police, pourchass&#233;s dans les bidonvilles&#8230; Et 11 000 arr&#234;t&#233;s, 9 000 intern&#233;s, 500 d&#233;port&#233;s en Alg&#233;rie &lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabrice Riceputi, La bataille d'Einaudi, Paris, Passager clandestin, 2015&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Apr&#232;s 1962&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Du bidonville aux cit&#233;s, la violence coloniale se mue en discrimination quotidienne. Les brigades sp&#233;ciales (brigade &#171; Z &#187; &#224; Nanterre) survivent aux Accords d'&#201;vian. Les traitements discriminatoires aussi : expulsions violentes des baraques, Services d'assistance technique (SAT) m&#234;lant surveillance, aide sociale et d&#233;livrance des titres de s&#233;jour&#8230; Les familles nord-africaines sont mises &#224; l'&#233;cart des relogements en HLM et parqu&#233;es dans des cit&#233;s d'urgence et de transit.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1971&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La loi anti-casseurs est vot&#233;e, il faut en finir avec 68. &#192; Saint-Denis, le pr&#233;fet Pierre Bolotte, celui de la bataille d'Alger et du M&#233; 67 en Guadeloupe &lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lors de ce mois de mai 1967, il y eut 80 morts pass&#233;es sous silence (Cases (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, cr&#233;e la premi&#232;re Brigade anti-criminalit&#233; (BAC), inspir&#233;e de la BAV, dissoute en 1962. Apr&#232;s les expulsions politiques de 1968, vient le temps de la chasse &#224; l'oisif et au d&#233;linquant. On criminalise, on d&#233;politise.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1973 et &#171; l'&#233;t&#233; alg&#233;rien &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La restriction au s&#233;jour transforme les &#233;trangers en &#171; sans-papiers &#187;. Il y a comme un r&#233;veil de l'Alg&#233;rie fran&#231;aise, avec l'attentat au consulat alg&#233;rien de Marseille et pr&#232;s de 50 meurtres racistes, surtout &#224; Grasse et &#224; Marseille. Le 28 ao&#251;t, l'assassinat du jeune Loun&#232;s Ladj par un policier &#224; la terrasse d'un bar marseillais d&#233;clenche la premi&#232;re gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale antiraciste &#224; l'appel du Mouvement des travailleurs arabes. Fond&#233; en juin, le MTA s'autonomise d'une extr&#234;me gauche en pleine d&#233;convenue.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;1974&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les quartiers, le harc&#232;lement se poursuit. &#192; Nanterre, les militants d&#233;noncent expulsions et violences polici&#232;res. Comme &#224; la cit&#233; des Marguerites, o&#249; la tension monte... Le 23 avril 1975, six gamins sont embarqu&#233;s violemment. Le 24, un jeune ouvrier, Alain Khetib, vient chercher son p&#232;re au commissariat, reconna&#238;t les petits du quartier, pose des questions... et fini &#224; Fleury-M&#233;rogis. Le 28 avril, il est retrouv&#233; &#171; &lt;i&gt;pendu dans sa cellule&lt;/i&gt; &#187;, mais rendu &#224; la famille couvert d'ecchymoses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ann&#233;es 1980&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Samir et Mogniss Abdallah sont menac&#233;s d'expulsion pour leur activisme au journal &lt;i&gt;Sans fronti&#232;re&lt;/i&gt; et &#224; Radio Soleil. Avec les jeunes des cit&#233;s de transit, ils organiseront les concerts &lt;i&gt;Rock against Police&lt;/i&gt; en 1980. Ins&#233;curit&#233; et immigration envahissent la politique, et des &#233;meutes &#233;clatent dans le quartier des Minguettes &#224; V&#233;nissieux (Rh&#244;ne). Une nouvelle vague de meurtres racistes d&#233;bouche sur la Marche pour l'&#233;galit&#233; de 1983, dont l'esprit sera ensuite d&#233;natur&#233; par SOS-Racisme. Apr&#232;s la d&#233;sillusion, deux coordinations sont mises en place : contre les violences polici&#232;res (avec les rondes des &#171; folles de la place Vend&#244;me &#187;) et entre cit&#233;s de transit. Suivies par le Collectif national contre la double peine (1990) et le Mouvement de l'immigration et des banlieues (1995), qui privil&#233;gient la contre-enqu&#234;te, le terrain et l'autonomie politique, sans leader, ni pr&#233;tendant.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sergue&#239; Bonicci&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier : &#171; La police tue &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;(Publi&#233; en avril 2017 dans &lt;/i&gt;CQFD&lt;i&gt; n&#176;153)&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-police-tue-les-quartiers' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Introduction : la police tue, les quartiers r&#233;sistent&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; La d&#233;rive de ce pays sur la pente du tout-s&#233;curitaire, l'&#233;tat d'urgence permanent, la r&#233;pression du mouvement social, l'autonomisation quasi s&#233;ditieuse d'une frange de la police, la multiplication des &#171; bavures &#187; &#224; connotation raciste&#8230; L'actualit&#233; de ce printemps 2017 a port&#233; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; vers Paris et sa banlieue. Ce qui ne veut pas dire qu'&#224; Marseille, Clermont-Ferrand ou Colmar il ne se passe rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Voix-rebelles-de-Saint-Denis' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Voix rebelles de Saint-Denis&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; 16 mars 2017. Sous le d&#244;me de la Maison des &#233;tudiants de Paris 8 (Saint-Denis), le collectif Paroles non-blanches organise une journ&#233;e contre les violences polici&#232;res. Sur le parvis, une responsable engueule les jeunes femmes qui ont investi la salle sans permission.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Homicide-volontaire-avec-sursis' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Homicide volontaire avec sursis&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Mars 2017. Le policier Saboundjian comparai&#770;t devant la Cour d'assises de Paris pour la mort d'Amine Bentounsi, tue&#769; d'une balle dans le dos. Il e&#769;cope de cinq ans de prison avec sursis. Chronique d'un proce&#768;s paradoxal qui aura rendu une justice digne d'un conseil de discipline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Je-suis-nee-le-jour-de-la-mort-de' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; Je suis n&#233;e le jour de la mort de mon fr&#232;re &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Il y a biento&#770;t dix ans, Lamine Dieng mourait dans un fourgon de police. Depuis, sa s&#339;ur Ramata est sur le pont. Elle a compris que justice ne serait jamais rendue, mais qu'il faut quand me&#770;me se battre &#8211; question de dignite&#769;. Cette double certitude s'est enfin impose&#769;e, plac&#807;ant la mobilisation des quartiers contre les violences policie&#768;res au c&#339;ur du mouvement social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bobigny ne se rend pas &gt;&lt;/strong&gt; On l'a crois&#233; le samedi 11 f&#233;vrier 2017 &#224; Bobigny, &#224; proximit&#233; d'un car r&#233;gie de RTL transform&#233; en bras&#233;ro. Samy, 27 ans, du &#171; d&#233;partement 99 &#187;, est venu participer au rassemblement contre les violences polici&#232;res organis&#233; &#224; la suite du calvaire de Th&#233;o &#224; Aulnay-sous-Bois. Souriant, prodiguant conseils de prudence et &#233;l&#233;ments d'analyse strat&#233;gique, Samy distribuait &#224; pleines mains des doses de s&#233;rum physiologique. Et impressionnait par son calme face aux tirs de FlashBall qui cr&#233;pitaient. Il nous a envoy&#233; ce t&#233;moignage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Pas-de-lycee-sans-feu' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Pas de lyc&#233;e sans feu&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Ce qu'il s'est passe&#769; au lyce&#769;e Suger le 6 mars 2017, on peut le voir dans l'excellent documentaire des Docs du Re&#769;el &lt;i&gt;Sur Suger&lt;/i&gt;, disponible en ligne. Des gamins jete&#769;s en pa&#770;ture a&#768; la police pour subir humiliations, violences et racisme d'E&#769;tat, suite a&#768; un chahut teinte&#769; de protestations contre les crimes policiers. Ce qu'il ne s'est pas passe&#769; ce jour-la&#768;, c'est toute l'histoire d'une e&#769;cole de banlieue...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/On-va-continuer-a-ecrire-des' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#171; On va continuer &#224; &#233;crire des histoires ensemble &#187;&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Dans la cafe&#769;te&#769;ria qui fait face a&#768; la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise), &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a bavarde&#769; avec Omar Slaouti, membre du Collectif Ve&#769;rite&#769; et Justice pour Ali Ziri et l'un des organisateurs de la Marche pour la Justice et la Dignite&#769; du 19 mars 2017 a&#768; Paris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Roses d'acier contre main de fer &gt;&lt;/strong&gt; Arrestations arbitraires, harce&#768;lement verbal et physique, voire viols... A&#768; Belleville, quartier de l'Est parisien, les travailleuses du sexe chinoises subissent d'incessantes violences polici&#232;res. Conditions de femmes migrantes et criminalisation de la prostitution s'entrecroisent ici sur un terrain propice &#224; l'impunit&#233; polici&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Proces-d-intentions' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Proc&#232;s d'intentions&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; On l'oublie parfois, mais le marteau du juge est du me&#770;me me&#769;tal que la matraque du policier. Les inconscients qui manifestent contre l'impunite&#769; des forces de l'ordre ont tout a&#768; craindre de la justice, surtout quand celle-ci a le pouvoir de voyager dans le temps et de vous condamner pour des faits que vous n'avez pas encore commis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand les k&#233;pis font la loi &gt;&lt;/strong&gt; Et si la police n'e&#769;tait plus seulement le bras arme&#769; de l'E&#769;tat, mais une force d'occupation autonome, capable de dicter sa loi aux politiques ? &#201;l&#233;ments d'analyse avec Mohamed, membre du collectif Quartier 21 et militant aguerri contre les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Et aussi...&lt;/i&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&gt; &lt;strong&gt;Ali Ziri, mort d'un chibani&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Violences-policieres-les-racines' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Les racines du mal (et des r&#233;sistances)&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Regarder le documentaire de Daniel Kupferstein, &lt;i&gt;Les balles du 14 juillet&lt;/i&gt;, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Monique Hervo, &lt;i&gt;Chroniques du bidonville - Nanterre en guerre d'Alg&#233;rie&lt;/i&gt;, Paris, Seuil, 2001.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fabrice Riceputi, &lt;i&gt;La bataille d'Einaudi&lt;/i&gt;, Paris, Passager clandestin, 2015&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lors de ce mois de mai 1967, il y eut 80 morts pass&#233;es sous silence (Cases Rebelles, &lt;i&gt;100 portraits contre l'&#201;tat policier&lt;/i&gt;, Syllepse, 2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On va continuer &#224; &#233;crire des histoires ensemble &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/On-va-continuer-a-ecrire-des</link>
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		<dc:date>2018-09-15T09:54:14Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ruoyi Jin</dc:subject>
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		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<dc:subject>question</dc:subject>

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&lt;p&gt;Dans la caf&#233;t&#233;ria qui fait face &#224; la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise), CQFD a bavard&#233; avec Omar Slaouti, membre du Collectif V&#233;rit&#233; et Justice pour Ali Ziri et l'un des organisateurs de la Marche pour la Justice et la Dignit&#233; du 19 mars 2017 &#224; Paris. CQFD : Quel bilan tires-tu de cette marche ? Qu'on est capables de taper sur le m&#234;me clou, de temps en temps ! De s'&#234;tre frott&#233;s avec des mouvements sociaux, je trouve &#231;a extraordinaire. Les Zadistes sont venus de Notre-Dames-des-Landes avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ruoyi-Jin" rel="tag"&gt;Ruoyi Jin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on" rel="tag"&gt;qu'on&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Noir" rel="tag"&gt;Noir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/question" rel="tag"&gt;question&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la caf&#233;t&#233;ria qui fait face &#224; la gare d'Argenteuil (Val-d'Oise), &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a bavard&#233; avec Omar Slaouti, membre du Collectif V&#233;rit&#233; et Justice pour Ali Ziri et l'un des organisateurs de la Marche pour la Justice et la Dignit&#233; du 19 mars 2017 &#224; Paris.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2558 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH492/-823-64567.jpg?1782644520' width='400' height='492' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ruoyi Jin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel bilan tires-tu de cette marche ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Qu'on est capables de taper sur le m&#234;me clou, de temps en temps ! De s'&#234;tre frott&#233;s avec des mouvements sociaux, je trouve &#231;a extraordinaire. Les Zadistes sont venus de Notre-Dames-des-Landes avec une cantine, et l'argent va &#234;tre revers&#233; au collectif 19 mars, car &#231;a nous a co&#251;t&#233; une blinde, cette affaire. Une convergence est possible face &#224; d'un c&#244;t&#233;, la r&#233;pression brutale du mouvement social qu'on a vu &#224; Sivens ou pendant les manifs anti-loi Travail et, de l'autre, les humiliations et violences quotidiennes dans les quartiers populaires. Notre marche s'inscrivait dans cette dynamique. Derri&#232;re les familles, il y avait des syndicalistes CGT, Solidaires, FSU&#8230; Ils n'ont pas tous le m&#234;me discours sur la police, mais face &#224; la r&#233;pression et &#224; l'&#233;tat d'urgence, ils ont march&#233; ensemble. Pour moi, cette marche est d&#233;j&#224; porteuse d'un mouvement, le mouvement du 19 mars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon toi, quelle place doit tenir l'antiracisme dans cette convergence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La question du racisme est cruciale, d'autant plus que le PS a recul&#233; sur les contr&#244;les au faci&#232;s, le vote des &#233;trangers... Il y a un vieux slogan gauchiste qui me faisait mal &#224; la t&#234;te, c'&#233;tait &#171; M&#234;me patron, m&#234;me combat &#187;. En soi, je comprends le trip, mais mon p&#232;re est rest&#233; dans son boulot de merde jusqu'&#224; se casser le dos et il n'a jamais mont&#233; les &#233;chelons parce qu'il est arabe. Avec le m&#234;me patron, on n'est pas tous log&#233;s &#224; la m&#234;me enseigne. Et ce combat-l&#224; doit &#234;tre men&#233; par les premiers concern&#233;s. Invisibiliser la question du racisme &#8211; et c'est vrai aussi concernant les femmes, les homos... &#8211;, c'est d&#233;gueulasse. Mais la lutte antiraciste n'est pas l'alpha et l'om&#233;ga. Il y a diverses luttes sociales qui s'y articulent. Les chibanis de la SNCF se sont battus pendant dix ans contre une discrimination interne qui les a conduits &#224; toucher des retraites de mis&#232;re. En revanche, il y a une question que je ne veux pas squeezer, c'est celle de l'identit&#233;. C'est un &#233;cueil. On est quelques-uns &#224; batailler pour ne pas tomber dans le d&#233;lire essentialiste. Le Noir, l'Arabe, c'est une construction sociale, comme le Blanc ! Ce lyc&#233;en noir de Bergson, le flic le frappe d'autant plus fort qu'il est noir dans un mouvement social auquel le gosse participe car il sait qu'en tant que Noir, il va en bouffer, de la pr&#233;carit&#233; ! Attention de ne pas r&#233;duire les Noirs et les Arabes &#224; ce qu'ils sont. Ils sont et ils font. Le fait d'&#234;tre pauvre, d'&#234;tre pr&#233;caire, c'est aussi faire. On fait ce qu'on est et on est ce qu'on fait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui explique cette convergence hier encore improbable ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une crise dans l'h&#233;g&#233;monie du discours dominant en France : les institutions sont discr&#233;dit&#233;es. On va atteindre un taux d'abstention record aux &#233;lections. Les gens disent que voter, &#231;a ne change rien. Et pour le pouvoir, cette d&#233;fiance, c'est pire que tout, parce que &#231;a peut partir en vrille. &#199;a peut donner un mouvement mille fois plus large demain, comme ce qui s'est pass&#233; en Espagne ou aux &#201;tats-Unis. Et face &#224; cette crise &#224; venir, la r&#233;pression polici&#232;re prend les devants. Cette marche &#233;tait importante, parce qu'elle a r&#233;ussi, m&#234;me si la presse n'a parl&#233; que des embrouilles, &#224; mettre dans la rue des personnes qui ne se croisaient jamais. C'&#233;tait pas gagn&#233; d'avance, mais des responsables syndicaux prennent conscience qu'il y a du racisme y compris chez eux, que cette question est transversale, et de l'autre c&#244;t&#233;, dans le mouvement antiraciste, on comprend qu'on ne va pas s'en sortir si on n'aborde pas la question sociale. Parce qu'il n'y a pas que les flics qui nous font la mis&#232;re&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; propos de l'intervention polici&#232;re au lyc&#233;e Suger de Saint-Denis d&#233;but mars&#8230; N'est-ce pas pour casser une continuit&#233; avec le blocage des lyc&#233;es parisiens pour Th&#233;o ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette r&#233;pression a eu lieu &#224; Saint-Denis, ce n'est pas pour rien. Il y a une volont&#233; de fabriquer une image de barbares. Et les flics ont embarqu&#233; des &#233;l&#232;ves, des mineurs !, au hasard, en les insultant&#8230; Il y a l'id&#233;e de refouler et d&#233;signer les barbares de l'autre c&#244;t&#233; du p&#233;riph', et la volont&#233; de montrer des &#238;lots de barbarie dans certains quartiers parisiens, l&#224; o&#249; il y encore des Arabes et des Noirs, comme &#224; Barb&#232;s. Mais nous, on dit que les barbares, ce sont ceux qui violent. Mais oui, je suis d'accord, ils cherchent &#224; casser une dynamique qui saute par-dessus le p&#233;riph'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La convergence peut charrier avec elle son lot de r&#233;cup&#233;rations politiques. Le Collectif justice pour Adama n'est pas venu &#224; la marche &#224; cause de &#231;a, visiblement&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a m'a attrist&#233; que le collectif Adama Traor&#233; soit absent, mais je comprends qu'ils prot&#232;gent leur autonomie. C'est m&#234;me un passage oblig&#233;. Dans le collectif Ali Ziri, certains membres de la famille &#233;taient contre le fait de participer &#224; de telles mobilisations. On respecte ce choix. Dans la prise de parole finale, je voulais citer toutes les victimes de la r&#233;pression. J'ai demand&#233; &#224; Assa Traor&#233; si je pouvais parler de celle qui s'abat sur eux depuis la mort d'Adama. Elle a accept&#233;. Je pense qu'on va se retrouver. On est sur d'autres strat&#233;gies, avec des collectifs comme Vies vol&#233;es, &#224; l'initiative de Ramata Dieng, Urgence notre police assassine, d'Amal Bentounsi. L'id&#233;e serait de rassembler l'ensemble des familles en mettant en place un p&#244;le juridique, un p&#244;le psychologique, social&#8230; Amal Bentounsi a lanc&#233; l'Observatoire national des violences polici&#232;res, qui va dans ce sens. On n'a pas besoin d'une seule organisation, ou encore moins d'un parti antiraciste, mais de coordination et de respect mutuel. Tout le monde va faire ses exp&#233;riences et on va se retrouver par la force des choses, car les flics vont poursuivre leur sale boulot. Nous, on va continuer &#224; &#233;crire des histoires ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Le N&#232;gre vous emmerde ! &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;i&gt;dreads &lt;/i&gt; blonds de R&#233;mi Fraisse figuraient sur la banderole des familles, en t&#234;te du cort&#232;ge du 19 mars. Le portrait du jeune &#233;colo de Sivens &#233;tait l&#224; parmi ceux de ses compagnons d'infortune Ali Ziri, Lamine Dieng, Wissam El-Yamni, Hocine Bouras, Morad Touat, Amadou Koum&#233;, Amine Bentounsi, Abdoulaye Camara et Lahoucine A&#239;t Omghar. Les parents de R&#233;mi, mais &#233;galement ceux d'Antonin, victime d'une vengeance judiciaire apr&#232;s les gr&#232;ves anti-loi Travail, ont march&#233; avec les m&#232;res, les fr&#232;res et les s&#339;urs des victimes de crimes policiers &#224; caract&#232;re raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette fraternisation a &#233;t&#233; un symbole fort lanc&#233; &#224; la face d'une soci&#233;t&#233; prompte &#224; placer les luttes antiracistes sous la suspiscion du &#171; racisme anti-blanc &#187;, du &#171; communautarisme &#187;, de l'&#171; islamo-gauchisme &#187; ou de l'antis&#233;mitisme&#8230; Le portrait du graffeur Micha&#235;l Cohen, mort noy&#233; dans la Marne alors qu'il &#233;tait cours&#233; par des flics, aurait pu &#234;tre l&#224; aussi. Celui de Liu Shaoyo, p&#232;re de famille abattu par la BAC devant ses enfants, le sera bient&#244;t. N'en d&#233;plaise &#224; la malveillance m&#233;diatique qui, comme &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, a pr&#233;f&#233;r&#233; &#233;taler en Une les divisions du mouvement le jour m&#234;me de la marche. Ou &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt;, qui met &#171; &lt;i&gt;violences polici&#232;res&lt;/i&gt; &#187; entre guillemets et ne montre que des jeunes gens v&#234;tus de noir au milieu d'un nuage de gaz lacrymo. Ou &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, qui illustre son insipide compte-rendu du lendemain avec une photo tr&#232;s anecdotique d'un petit contingent de mao&#239;stes philippins masqu&#233;s et en treillis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme disait Franz Fanon : &#171; &lt;i&gt;Le N&#232;gre vous emmerde.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;B. L. D.&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Sur le pont du pognon</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sur-le-pont-du-pognon</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;D&#233;cembre 2010, Philippe Pascal, inspecteur de l'Urssaf, est averti par les services fiscaux qu'un employeur d'Avignon, Fran&#231;ois Mariani, aux fonctions longues comme un jour de travail et g&#233;rant de l'h&#244;tel 4 &#233;toiles des Agassins, commet de f&#226;cheuses irr&#233;gularit&#233;s. L'Urssaf, rien qu'&#224; prononcer son nom, donne la chair de poule &#224; tous ceux qu'on appelle les patrons. Par contagion, les salari&#233;s y voient aussi une monstruosit&#233; technocratique situ&#233;e entre Brazil de Terry Gillian et leurs (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Baptiste-Alchourroun" rel="tag"&gt;Baptiste Alchourroun&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pascal" rel="tag"&gt;Pascal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Francois" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Philippe" rel="tag"&gt;Philippe&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Philippe-Pascal" rel="tag"&gt;Philippe Pascal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Francois-Mariani" rel="tag"&gt;Fran&#231;ois Mariani&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-Urssaf" rel="tag"&gt;L'Urssaf&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on-appelle" rel="tag"&gt;qu'on appelle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Terry-Gillian" rel="tag"&gt;Terry Gillian&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;D&#233;cembre 2010, Philippe Pascal, inspecteur de l'Urssaf, est averti par les services fiscaux qu'un employeur d'Avignon, Fran&#231;ois Mariani, aux fonctions longues comme un jour de travail et g&#233;rant de l'h&#244;tel 4 &#233;toiles des Agassins, commet de f&#226;cheuses irr&#233;gularit&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;L'Urssaf, rien qu'&#224; prononcer son nom, donne la chair de poule &#224; tous ceux qu'on appelle les patrons. Par contagion, les salari&#233;s y voient aussi une monstruosit&#233; technocratique situ&#233;e entre &lt;i&gt;Brazil&lt;/i&gt; de Terry Gillian et leurs demandes d'Assedic jamais satisfaites. L'acronyme Urssaf est l'un des plus durs de la langue fran&#231;aise. Il signifie, prends ta respiration, Union de Recouvrement pour la S&#233;curit&#233; sociale et les Allocations familiales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au tout d&#233;but du monde, c'est-&#224;-dire &#224; la Lib&#233;ration, les volont&#233;s de la R&#233;sistance ont pouss&#233; le l&#233;gislateur &#224; prendre des mesures sociales. L'une d'elles, la fameuse S&#233;curit&#233; sociale, promise au d&#233;mant&#232;lement par le candidat le mieux sap&#233; de France&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'ami Goby doit ici faire r&#233;f&#233;rence &#224; un certain Fran&#231;ois Fillon, toujours (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, avait besoin de financements. On est alors all&#233; les chercher dans des cotisations vers&#233;es par les employeurs. En voil&#224; une bonne id&#233;e. En bref, l'Urssaf de not'temps contr&#244;le, inspecte et ponctionne l'argent qui sert &#224; soigner nos petites maladies et autres accidents du travail. Elle sert &#224; ramasser du bl&#233; pour les allocations de nos marmots et une quantit&#233; de prestations sociales vers&#233;es par la Caf. Faire ce m&#233;tier qui touche &#224; l'argent est &#233;videmment ingrat. Redresser une entreprise, contr&#244;ler si le travail y est l&#233;gal, observer si les salari&#233;s sont couverts par des contrats r&#233;guliers, voil&#224; une t&#226;che qui passe pour intrusive.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2550 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH353/-815-37097.jpg?1782641908' width='400' height='353' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En d&#233;cembre 2010, sous l'&#233;gide du procureur de la R&#233;publique et du Codaf, (le Comit&#233; anti-fraude inter-administration) est d&#233;cid&#233;e une intervention : &#171; &lt;i&gt;On n'a rien dit &#224; nos directions &#224; cause d'une fuite possible&lt;/i&gt; &#187;, commence Philippe Pascal. &#171; &lt;i&gt;On a fait une perquisition au restaurant Les Agassins, avec la gendarmerie, les douanes et les imp&#244;ts.&lt;/i&gt; &#187; Et l&#224;, c'est le jackpot. Les enqu&#234;teurs d&#233;couvrent l'existence d'une &#171; caisse noire &#187; : un millier de fausses factures, la non-d&#233;claration ou la d&#233;claration partielle de 46 salari&#233;s. On peut dire qu'il s'agit de travail dissimul&#233; sans trop se tromper. Faux bilan, faux et usage de faux, un millier de fausses factures&#8230; Huit chefs d'inculpations. La performance rappelle Al Capone mais le polar se d&#233;roule en Provence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Philippe Pascal, dans le r&#244;le du sh&#233;rif de l'Urssaf, ordonne un redressement de 850 000 euros pour 5 ans d'impay&#233;s. La douloureuse&#8230; Suite &#224; cette intervention, le patron Fran&#231;ois Mariani est plac&#233; en garde en vue. Incorruptible comme Eliot Ness, voyez le genre de Philippe Pascal. Manquerait plus qu'il soit communiste ! &#171; &lt;i&gt;J'ai contr&#244;l&#233; des gens de gauche&lt;/i&gt; &#187;, m'assure-t-il sauf que les patrons ont la manie d'&#234;tre plut&#244;t de droite. &#171; &lt;i&gt;&#192; l'&#233;poque, mon v&#233;ritable patron c'est le procureur Villardo. &lt;/i&gt; &#187; Figure du justicier tout en int&#233;grit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Un type qui vivait sans portable et pour la Justice.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En juin 2011, Fran&#231;ois Mariani s'indigne : &#171; &lt;i&gt;Suffit-il qu'un salari&#233; m&#233;content d&#233;nonce ou porte plainte pour mobiliser autant d'enqu&#234;teurs ? Si c'est le cas, il va rapidement falloir doubler, voire quintupler les effectifs des forces de police !&lt;/i&gt; &#187; C'est justement le projet politique de son cousin, Thierry Mariani, alors ministre des Transports, pour qui les d&#233;linquants sont malpolis et mettent les pieds sur les si&#232;ges des bus. Philippe Pascal transmet au procureur une cassette sur laquelle on entend ledit patron reconna&#238;tre employer un salari&#233; au noir. Mariani l'attaque en justice pour recel d'enregistrement priv&#233;. Du jamais-vu. Une mani&#232;re grossi&#232;re de l'intimider. Philippe Pascal raconte qu'&#224; la suite de cette affaire en 2011 : &#171; &lt;i&gt;Un 4x4 a fonc&#233; sur mon v&#233;hicule et arrach&#233; ma porti&#232;re.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parti en voyage en mai 2012, il pr&#234;te son logement &#224; son ami Jean-Luc. Pris pour Philippe, Jean-Luc raconte comment il s'est fait casser la gueule sans sommation : &#171; &lt;i&gt;Je m'engouffre dans la rue, j'ouvre le coffre pour prendre les pr&#233;sents rapport&#233;s par Philippe. Derri&#232;re moi j'entends : Monsieur Pascal ? Je me retourne et je re&#231;ois deux coups de batte. Je me r&#233;fugie alors sous la voiture.&lt;/i&gt; &#187; Rentr&#233; &#224; la maison avec l'arcade ouverte, cet ancien rugbymen porte plainte le lendemain. Le troisi&#232;me incident a lieu en 2013 : sa voiture est vol&#233;e puis retrouv&#233;e devant son lieu de travail avec un message sous le pare-brise : &#171; Tire-toi vite ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; ces atteintes &#224; sa personne, l'inspecteur de l'Urssaf n'a aucune preuve contre qui que ce soit. Il raconte n&#233;anmoins : &#171; &lt;i&gt;Au mois de mars 2012, un d&#233;tective priv&#233; m'informe que par l'interm&#233;diaire d'un ami gendarme, Fran&#231;ois Mariani aurait sollicit&#233; une enqu&#234;te visant &#224; conna&#238;tre toute ma vie pour faire courir des rumeurs &#233;ventuelles sur mon compte et sur celui du procureur Thierry Villardo, afin de nous d&#233;stabiliser dans nos actions de lutte contre la fraude.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;L'&#233;cole h&#244;teli&#232;re a &#233;t&#233; ensuite l'objet d'une enqu&#234;te de la Brigade des recherches de la gendarmerie et d'un contr&#244;le de l'Urssaf r&#233;alis&#233;s par un autre inspecteur que j'ai aid&#233; en off. Les enqu&#234;tes civiles et p&#233;nales ont &#233;t&#233; r&#233;alis&#233;es simultan&#233;ment mais aussi ind&#233;pendamment, sans concertation entre les enqu&#234;teurs&lt;/i&gt; &#187;, poursuit l'inspecteur. Dans cette affaire, &#171; &lt;i&gt;M. Mariani embauchait gratuitement les &#233;l&#232;ves pour servir lors de s&#233;minaires ou de week-ends.&lt;/i&gt; &#187; Suite &#224; l'enqu&#234;te, Mariani et ses cadres sont plac&#233;s en garde &#224; vue pour des faits de prise ill&#233;gale d'int&#233;r&#234;ts. En guise de redressement fiscal : 700 000 euros de douloureuse. Revanchard, l'ex-pr&#233;sident de la chambre de commerce a port&#233; plainte contre Philippe Pascal pour corruption. Il l'accuse de faire financer son association humanitaire tourn&#233;e vers le Niger par des employeurs menac&#233;s de ses foudres. Ces coups d'estocade fatiguent Philippe Pascal qui ne se sent plus soutenu depuis la r&#233;gionalisation de l'Urssaf en 2014. On l'&#233;carte de Mariani autant pour sa s&#233;curit&#233; que pour &#233;viter qu'il n'en fasse trop. En 2015, le vice-pr&#233;sident de la CCI Jacques Bres est aussi le pr&#233;sident de la f&#233;d&#233;ration du BTP local et du Medef 84. Ce proche de Fran&#231;ois Mariani se trouve &#234;tre l'&#233;poux de la pr&#233;sidente de l'Urssaf, Sylvie Bres, &#233;lue sur la liste du Medef. Cela fait beaucoup pour un seul homme. Comme Pascal est infatigable, il avait aussi contr&#244;l&#233; le tout nouveau pr&#233;sident de la chambre, Bernard Vergier. De quoi s'ajouter des amis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais pressenti pour &#234;tre responsable r&#233;gional du travail ill&#233;gal, j'avais contr&#244;l&#233; des politiques et des patrons. Mais on n'avait pas envie que je mette mon nez dans les affaires des Bouches-du-Rh&#244;ne&lt;/i&gt; &#187;, raconte-t-il au micro de Radio Gal&#232;re&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Entretien avec Philippe Pascal lors de l'&#233;mission Tirons la Chasse du 26/02/17.&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Soutenu par le personnel de l'Urssaf et la CGT lors de ses proc&#232;s, Philippe Pascal n'est plus agent de la noble administration. Redresseur de torts, l'homme fatigue &#224; la longue. &#171; &lt;i&gt;Je ne suis plus &#224; l'Urssaf. J'ai fait un burn-out, je ne reprendrai plus, trop de pressions, une hi&#233;rarchie qui m'a abandonn&#233;&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;pilogue : Fran&#231;ois Mariani vient d'&#234;tre condamn&#233; fin janvier 2017 &#224; payer 1 500 euros de dommages et int&#233;r&#234;ts &#224; Philippe Pascal et au journal &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;. D'autres proc&#232;s suivront. Pour le moment M. Mariani aurait commenc&#233; &#224; payer sa dette&#8230; Il a surtout liquid&#233; l'une de ses soci&#233;t&#233;s retardant ainsi l'ex&#233;cution des peines. Quant &#224; Philippe Pascal, l'insoumis comme on l'appelle, il garde le moral. Bouffer du patron ne l'a pas affaibli. Le Conseil national de la r&#233;sistance l'a invit&#233; aux Gli&#232;res cette ann&#233;e pour repr&#233;senter les r&#233;sistants d'aujourd'hui. Il n'y sera pas seul : il y aura aussi Laura Pfeiffer, inspectrice du travail qui a tenu face aux coups de sa hi&#233;rarchie lors d'un contr&#244;le chez Tefal. &#199;a tombe pile po&#234;le !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'ami Goby doit ici faire r&#233;f&#233;rence &#224; un certain Fran&#231;ois Fillon, toujours en cavale ou bien &#224; un certain Manu Macron, toujours dans ce mauvais coup. (Note du webmaster.)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Entretien avec Philippe Pascal lors de l'&#233;mission Tirons la Chasse du 26/02/17.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Veni, vidi, quasi vici</title>
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		<dc:creator>Larry Bouldingue</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; manu militari. Rageant ? Pas seulement. &#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187; Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s, Louis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alors" rel="tag"&gt;Alors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/familles" rel="tag"&gt;familles&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plan-6124" rel="tag"&gt;plan&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'ascension rat&#233;e du Mont Squat par la face Sud. C'&#233;tait le 28 mars 2017, en plein huiti&#232;me arrondissement marseillais, fief hupp&#233; du baron Gaudin. Ce jour-l&#224;, un b&#226;timent occup&#233; par une poign&#233;e de complices et destin&#233; &#224; loger des familles abonn&#233;es &#224; la rue se voyait expuls&#233; &lt;i&gt;manu militari&lt;/i&gt;. Rageant ? Pas seulement.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ah ! &#231;a, c'est une chouette id&#233;e, r&#233;pondirent en ch&#339;ur Ribouldingue et Filochard, s&#251;rement, on va rigoler, allons-y, &#231;a colle ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Les Aventures des Pieds-Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, Louis Forton&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;10 heure du matin, dans l'un des halls d'entr&#233;e de l'immense b&#226;timent occup&#233;. Depuis quelques minutes, la tension est palpable. L'ami S. a beau grignoter des biscuits comme si de rien n'&#233;tait, je vois bien qu'il est nerveux. Perso, j'ai le stress &#224; fleur de peau, quasi sismique. Il faut dire que la situation est d&#233;licate : nos deux paires d'yeux cern&#233;s par une nuit blanche observent par une embrasure une trentaine de flics s'agiter devant les lieux, usant de pinces monseigneur et de b&#233;liers mastoc pour d&#233;foncer la porte. Ambiance de si&#232;ge m&#233;di&#233;val, sur fond sonore anxiog&#232;ne. Boum, boum, les coups font trembler les murs tandis que r&#233;sonnent leurs invectives : &#171; &lt;i&gt;Ouvrez ou z'allez morfler !&lt;/i&gt; &#187; Assis sur les marches du hall, on n'en m&#232;ne pas large &#224; mesure que c&#232;dent les &#233;tais en m&#233;tal faisant office de barricade. Mais le plaisir de voir la bleusaille s'&#233;puiser en maniant de lourds outils l'emporte sur l'angoisse : advienne que pourra, on ne leur ouvre pas. Plaisir d'offrir.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2549 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH511/-814-71988.jpg?1782641361' width='400' height='511' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une demi-heure de mart&#232;lement forcen&#233;, la porte renforc&#233;e finit par c&#233;der et la mar&#233;e bleue se r&#233;pand dans le hall, BST&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; en t&#234;te. Trognes haineuses et postures de ca&#239;ds v&#233;n&#232;res : ces gentlemen font honneur &#224; leur corps de m&#233;tier. Comme promis, les coups s'encha&#238;nent, alors m&#234;me que l'on n'esquisse pas le moindre geste de d&#233;fense. Poings, pieds, genoux, il y en a pour tous les go&#251;ts. Une fois &#224; terre, c'est au tour du cocktail coups de pompes dans les c&#244;tes &amp; broyage de paluches sous la semelle. Au diable le fair-play, il faut bien que les cow-boys se d&#233;foulent. Moralit&#233; martiale : force reste &#224; la loi (du plus fort), laquelle nous rel&#226;che apr&#232;s une poign&#233;e d'heures au commissariat&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Le bilan de l'op&#233;ration ? Ambivalent. Le lieu est certes perdu, mais notre gnaque est intacte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour quelques jours en arri&#232;re. Impliqu&#233;s &#224; la R&#233;quiz, petit squat marseillais menac&#233; d'expulsion, nous sommes quelques-uns &#224; nous r&#233;unir r&#233;guli&#232;rement pour chercher des solutions. En clair : de nouveaux lieux o&#249; loger des familles en situation d'urgence sociale. Certains d'entre nous ont une exp&#233;rience en la mati&#232;re, d'autres sont clairement novices. Qu'importe puisqu'on partage tous le m&#234;me mot d'ordre : on fonce !
Les r&#233;unions et rep&#233;rages s'encha&#238;nent, foutraques mais d&#233;termin&#233;s. Au final, notre choix se porte sur de tr&#232;s vastes locaux de P&#244;le emploi abandonn&#233;s depuis plusieurs ann&#233;es et potentiellement parfaits : trois b&#226;timents habitables, une belle cour int&#233;rieure, des garages convertibles en ateliers, un parc &#224; deux pas, aucun voisin &#224; proximit&#233;, etc. Bref, le Taj Mahal des squats. Mais il y a un hic : l'endroit a tout de Fort Knox. Ceint de murs immenses, il grouille de cam&#233;ras et de d&#233;tecteurs de mouvements. Une premi&#232;re incursion acrobatique &#8211; &#233;chelle pos&#233;e sur un camion pour atteindre les toits &#8211; confirme nos craintes : d&#232;s lors que sonnent les alarmes rappliquent les vigiles d'une soci&#233;t&#233; de surveillance. Bigre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oscillant entre &lt;i&gt;Ocean's Eleven&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Les Pieds Nickel&#233;s&lt;/i&gt;, on s'affaire &#224; dresser un plan d'attaque cisel&#233;. L'objectif est simple : se barricader dans le b&#226;timent avant que ne d&#233;boulent vigiles et cond&#233;s. Puis parlementer jusqu'&#224; ce qu'ils l&#226;chent l'affaire et que les premi&#232;res familles puissent s'installer. Un plan bien huil&#233;, pense-t-on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jour J, deux heures du matin. Charg&#233;s d'une &#233;chelle et de lourds outils, on progresse p&#233;niblement dans un tunnel souterrain, en bord d'une petite rivi&#232;re. Alors que les chiens du camp rom voisin entament un concerto d'aboiements, quelques chauves-souris renforcent l'ambiance &lt;i&gt;Indiana Jones et le Temple maudit&lt;/i&gt;. &#192; d&#233;faut d'&#234;tre parfait, notre plan est ind&#233;niablement cin&#233;matographique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233;s &#224; destination, on d&#233;chante fissa : l'acc&#232;s choisi se r&#233;v&#232;le trop &#171; acrobatique &#187;. En haut des huit m&#232;tres d'&#233;chelle, une herse en surplomb brise notre &#233;lan. On a beau f&#233;brilement s'&#233;chiner au bord du vide, la sentence tombe : &#231;a ne passe pas. Tr&#233;pignements. Et puis le miracle : sur une proche fa&#231;ade, on d&#233;couvre une minuscule fen&#234;tre mal ferm&#233;e, presque une invitation &#224; entrer. On s'y glisse, joyeux comme des soiffards invit&#233;s au salon du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La suite : quelques heures d'exploration, des alarmes qui beuglent, les vigiles d&#233;go&#251;t&#233;s de ne pouvoir rentrer (tous les acc&#232;s sont barricad&#233;s), les flics qui h&#233;sitent, les soutiens qui parlementent &#224; l'ext&#233;rieur arm&#233;s de papiers prouvant notre droit &#224; l'occupation, l'euphorie qui grimpe en fl&#232;che. Et puis soudain, sans pr&#233;venir, le massif d&#233;barquement des bleus qui prennent d'assaut la forteresse avant que l'on ait pu y faire entrer les familles. &lt;i&gt;Game over.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sortir du comico, alors que des amis nous attendent sur le parking, cubi de rouge &#224; la main, ce n'est pas la tristesse qui pr&#233;vaut. Plut&#244;t le rire fatigu&#233;. On a foir&#233; ? Tant pis. Il y aura d'autres occasions. La prochaine sera la bonne. Ou bien celle d'apr&#232;s. Et ce jour-l&#224;, une fois les familles install&#233;es et l'occupation ent&#233;rin&#233;e, on &#233;voquera ce ratage avec un grand sourire. Cow-boys, gare &#224; vos miches, les pieds-nickel&#233;s ne l&#226;chent pas l'affaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Brigade sp&#233;cialis&#233;e de terrain, pas r&#233;put&#233;e pour sa tendresse.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le procureur n'a pas donn&#233; suite &#224; l'inculpation pour d&#233;gradations, un temps envisag&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>En avant les nouveaux enfants du tonnerre !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/En-avant-les-nouveaux-enfants-du</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/En-avant-les-nouveaux-enfants-du</guid>
		<dc:date>2018-08-13T07:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>XIXe si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>n'a jamais</dc:subject>
		<dc:subject>Mich&#232;le Riot-Sarcey</dc:subject>
		<dc:subject>fameux Dictionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>voix dissonantes</dc:subject>
		<dc:subject>d'exp&#233;riences singuli&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Cheville ouvri&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>voies alternatives</dc:subject>
		<dc:subject>Riot-Sarcey n'a</dc:subject>
		<dc:subject>jamais cess&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cheville ouvri&#232;re notamment du fameux Dictionnaire des Utopies (Larousse), Mich&#232;le Riot-Sarcey n'a jamais cess&#233; de bourlinguer &#224; travers le XIXe si&#232;cle &#224; la recherche de &#171; voix dissonantes, d'exp&#233;riences singuli&#232;res, de traces d'utopies effac&#233;es &#187; qui pourraient nous aider &#224; imaginer aujourd'hui des voies alternatives. Dans l'ouvrage collectif Genre et utopie (Presses universitaires de Vincennes), notre exploratrice est elle-m&#234;me explor&#233;e par une chi&#233;e de ma&#238;tres de conf&#233;rence et de &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no153-avril-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;153 (avril 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/XIXe-siecle" rel="tag"&gt;XIXe si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-a-jamais" rel="tag"&gt;n'a jamais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Michele-Riot-Sarcey" rel="tag"&gt;Mich&#232;le Riot-Sarcey&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fameux-Dictionnaire" rel="tag"&gt;fameux Dictionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voix-dissonantes" rel="tag"&gt;voix dissonantes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-experiences-singulieres" rel="tag"&gt;d'exp&#233;riences singuli&#232;res&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Cheville ouvri&#232;re notamment du fameux &lt;i&gt;Dictionnaire des Utopies&lt;/i&gt; (Larousse), Mich&#232;le Riot-Sarcey n'a jamais cess&#233; de bourlinguer &#224; travers le XIXe si&#232;cle &#224; la recherche de &#171; &lt;i&gt;voix dissonantes, d'exp&#233;riences singuli&#232;res, de traces d'utopies effac&#233;es&lt;/i&gt; &#187; qui pourraient nous aider &#224; imaginer aujourd'hui des voies alternatives. Dans l'ouvrage collectif &lt;i&gt;Genre et utopie&lt;/i&gt; (Presses universitaires de Vincennes), notre exploratrice est elle-m&#234;me explor&#233;e par une chi&#233;e de ma&#238;tres de conf&#233;rence et de &#171; &lt;i&gt;professeurs de chaire sup&#233;rieure&lt;/i&gt; &#187; (sic !) sans que le livre soit pour autant &#224; envoyer aux pelotes. Car ce grand cours d'histoire d'une historienne, bien souvent fastidieux, fourmille de petits cours d'Histoire foutrement stimulants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est ainsi qu'&#201;ric Aunoble, &#224; qui nous devons le formidable &lt;i&gt;Le Communisme tout de suite !&lt;/i&gt; (&#233;d. Les nuits rouges), d&#233;crit &#226;prement le sort d&#233;gueulbif r&#233;serv&#233; aux partisanes communistes (volontiers trait&#233;es de &#171; &lt;i&gt;youpines-bolcheviques&lt;/i&gt; &#187;) pendant la guerre civile 1918-1919 en Ukraine. C'est ainsi que l'historiographe de la Commune Jacques Rougerie y livre des documents pr&#233;cieux sur le &#171; &lt;i&gt;gouvernement direct du peuple par lui-m&#234;me&lt;/i&gt; &#187;. Et c'est ainsi que le meilleur connaisseur de Charles Fourier, Ren&#233; Sch&#233;rer, d&#233;nonce f&#233;rocement l'&#233;ducation civilis&#233;e &#171; &lt;i&gt;devant laver les cervelles enfantines de gr&#233; ou de force&lt;/i&gt; &#187; &#224; laquelle il oppose le travail-jeu harmonien &#224; tous les postes de commande. Contre les diktats de la famille et de l'&#233;cole, contre le r&#232;gne des parents et des instits, Fourier et Sch&#233;rer exaltent l'esprit de bande des petits garnements qui deviennent souvent les &#171; &lt;i&gt;vrais ma&#238;tres d'enthousiasme&lt;/i&gt; &#187; des gosses d&#233;gourdis. Et en route vers l'av&#232;nement d'un &#171; &lt;i&gt;peuple enfant&lt;/i&gt; &#187; espi&#232;gle et audacieux aimant&#233; par le go&#251;t du travail attrayant et passionn&#233; qui serait le n&#339;ud du nouveau mouvement soci&#233;taire un peu dans l'esprit des &#171; Enfants du Tonnerre &#187;, ce bataillon de petits p&#233;troleurs de la Commune de 1871, adeptes de d&#233;fil&#233;s rebelles &#171; &lt;i&gt;en forme de tourbillon, de fourmili&#232;re, de serpentage ou encore d'orage&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Agac&#233; par les pragmatistes cyniques pour qui une utopie, c'est automatiquement un &#233;chec virtuel, le philosophe r&#233;fractaire Jacques Bouveresse eut cette r&#233;plique : &#171; &lt;i&gt;Les faits, dit-on, sont t&#234;tus. Mais, en un certain sens, les id&#233;aux et les fins ne le sont pas moins.&lt;/i&gt; &#187; Autrement dit, au diable les bousilleurs d'utopies ! C'est dans cette perspective gloupitante, qui ouvre son tir, que la fort savante revue &lt;i&gt;Tacet&lt;/i&gt; (&#233;d. Presses du r&#233;el) consacre en bonne et ardue forme un num&#233;ro copieux aux &lt;i&gt;Sonorit&#233;s de l'utopie&lt;/i&gt; dans le but de saisir comment elle peut &#234;tre atteinte par le biais de la musique. Au sommaire notamment, pour les ultram&#233;lomanes chevaucheurs de com&#232;tes, Les Utopies et les distopies dans les technologies sonores ; Les Atmosph&#232;res utopiques dans les pratiques musicales ; l'utopie &#224; l'&#233;cole exp&#233;rimentale de Princeton et surtout le traitement de l'utopie chez le compositeur post-johncagien tr&#232;s allum&#233; Horatiu Radulescu dont les partitions nirvanaesques permettraient une &#171; &lt;i&gt;r&#233;&#233;valuation de ce que signifie le concept m&#234;me d'utopie&lt;/i&gt; &#187;, qu'il rebaptise oto-utopie, et tendraient de plus en plus &#224; &#171; &lt;i&gt;supplanter la r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;, une telle utopie s'av&#233;rant &#234;tre, jambon &#224; cornes !, &#171; &lt;i&gt;la rencontre intime entre le ph&#233;nom&#232;ne acoustique et le sujet &#224; l'&#233;coute&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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