<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_rubrique=114&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Je reviens de l'usine</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Je-reviens-de-l-usine</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Je-reviens-de-l-usine</guid>
		<dc:date>2018-09-02T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Havre</dc:subject>
		<dc:subject>Direction</dc:subject>
		<dc:subject>Sidel</dc:subject>
		<dc:subject>Tetra Pak</dc:subject>
		<dc:subject>Tetra Laval</dc:subject>
		<dc:subject>Tetra</dc:subject>
		<dc:subject>produits Tetra</dc:subject>
		<dc:subject>L'usine Sidel</dc:subject>
		<dc:subject>Pak</dc:subject>
		<dc:subject>Laval</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jeudi 8 octobre (2015), journ&#233;e nationale d'action interprofessionnelle et intersyndicale. Au Havre, ce matin, le port et la ville sont compl&#232;tement bloqu&#233;s par les manifestants. A midi, on se retrouve devant le site de Sidel, sur les hauteurs de la ville, &#224; Octeville-sur-Mer. On est plus de 2 000. Un rassemblement pour protester mais aussi pour montrer notre solidarit&#233; aux salari&#233;s de Sidel qui viennent d'apprendre la suppression de 289&#8200;emplois (sur 1 000) par la direction. L'ambiance (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Havre" rel="tag"&gt;Havre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Direction" rel="tag"&gt;Direction&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sidel" rel="tag"&gt;Sidel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tetra-Pak" rel="tag"&gt;Tetra Pak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tetra-Laval" rel="tag"&gt;Tetra Laval&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tetra" rel="tag"&gt;Tetra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/produits-Tetra" rel="tag"&gt;produits Tetra&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-usine-Sidel" rel="tag"&gt;L'usine Sidel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pak" rel="tag"&gt;Pak&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Laval" rel="tag"&gt;Laval&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jeudi 8 octobre (2015), journ&#233;e nationale d'action interprofessionnelle et intersyndicale. Au Havre, ce matin, le port et la ville sont compl&#232;tement bloqu&#233;s par les manifestants.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;A midi, on se retrouve devant le site de Sidel, sur les hauteurs de la ville, &#224; Octeville-sur-Mer. On est plus de 2 000. Un rassemblement pour protester mais aussi pour montrer notre solidarit&#233; aux salari&#233;s de Sidel qui viennent d'apprendre la suppression de 289&#8200;emplois (sur 1 000) par la direction. L'ambiance est joyeuse, combative et enthousiaste. Je ne sais pas si c'est parce qu'on est au Havre, mais on se croirait &#224; un concert rock. Les prises de paroles multiples et vari&#233;es ont la p&#234;che. Reynald, secr&#233;taire du syndicat CGT de la bo&#238;te, au cr&#226;ne ras&#233;, sait faire passer son ardeur aussi bien aux intervenants qu'&#224; la foule. La sono distille des titres de Nirvana et d'autres groupes &#233;nerv&#233;s, on vend des T-shirts de soutien &#224; tour de bras et un grapheur, &#171; Mascarade &#187;, tague des appels &#224; boycotter les produits Tetra Pak, autre filiale du groupe d&#233;tenant la Sidel. On aimerait que tous les conflits aient cette &#233;nergie.
Deux jours plus tard, un autre rassemblement pour l'emploi rameute presque autant de manifestants dans les rues du port normand. Les salari&#233;s de Sidel semblent ne pas vouloir baisser les bras. Pourvu que &#231;a dure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 19 octobre, je retourne voir Reynald dans le local syndical. Faut qu'on cause. Sidel, qu&#233;saco ? &#171; &lt;i&gt;L'usine Sidel a &#233;t&#233; construite au Havre en 1961. Il s'agissait de construire des machines d'extrusion du PVC pour contenir l'huile Lesieur&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sidel : Soci&#233;t&#233; industrielle des emballages Lesieur &#8211; devenu &#171; L&#233;gers &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;En 1990, un nouveau site est mont&#233; &#224; Octeville et celui du Havre ferme lors d'une premi&#232;re restructuration en 2004. C'est Tetra Laval (groupe su&#233;dois dont le PDG, Ruben Rausing, &#233;tait, avant sa mort en 1983, la 21 e fortune mondiale) qui a rachet&#233; Sidel. Tetra Laval intervient dans les emballages carton (Tetra Pak), l'industrie laiti&#232;re (trayeuses) et les bouteilles plastiques (Sidel).&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un des premiers tracts de l'intersyndicale on peut lire &#171; &lt;i&gt;Rares sont les familles du bassin d'emplois havrais dont aucun membre n'a &#233;t&#233; acteur direct ou indirect de cette r&#233;ussite collective.&lt;/i&gt; &#187; C'est sans doute pour &#231;a que ce conflit est tr&#232;s populaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reynald reprend : &#171; &lt;i&gt;Le 2 septembre dernier, lors d'un CE europ&#233;en de Tetra Laval, le &#8220;board&#8221;, la direction g&#233;n&#233;rale, a annonc&#233; 715 suppressions de postes chez Sidel, dont 289 &#224; Octeville, ainsi que la d&#233;localisation de certaines productions sur le site de Parme, en Italie. Alors que tous ces dirigeants disaient aux repr&#233;sentants du personnel depuis le mois de mai qu'aucun plan social n'&#233;tait &#224; l'&#233;tude. Des menteurs !&lt;/i&gt; &#187; Les salari&#233;s &#233;tant relativement jeunes et motiv&#233;s, la riposte a &#233;t&#233; rapide. Chaque r&#233;union hebdomadaire compte au moins 600&#8200;personnes.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2164 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-437-474df.jpg?1780240653' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre aux menaces de licenciements et m&#233;diatiser la lutte, des op&#233;rations coup de poing dans les hypermarch&#233;s de la r&#233;gion sont lanc&#233;es en parall&#232;le de la campagne de boycott des produits Tetra Pak. L&#224;, &#224; chaque fois, ce sont 300&#8200;manifestants qui vident les rayons de lait, soda et jus de fruit des Auchan, Leclerc, Hyper U. Des tracts sont &#233;galement distribu&#233;s &#224; chaque manifestation culturelle ou sportive (la transat Jacques Vabre, derni&#232;rement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pratiques habituelles lors des annonces de suppression d'emplois, les Sidel interpellent les politiques (Fabius&#8230;) et, contournant la loi Macron sur la gestion des plans sociaux, l'intersyndicale saisit la justice et gagne en r&#233;f&#233;r&#233;. Le plan social restera suspendu tant que la direction g&#233;n&#233;rale n'aura pas pr&#233;sent&#233; sa strat&#233;gie &#233;conomique. Ce qui permet, pour le moins, de gagner du temps. La direction ne pourra pas parler de licenciements avant janvier prochain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui permet aussi de peaufiner des propositions alternatives qui permettraient de sauver les emplois et, peut-&#234;tre m&#234;me de faire gagner plus de fric &#224; l'entreprise. Rien n'est fini, &#233;videmment, d'autres actions sont programm&#233;es pour les semaines qui viennent, mais la direction a d&#233;j&#224; pr&#233;vu trente (!) r&#233;unions dans les deux prochains mois pour occuper et &#233;loigner les d&#233;l&#233;gu&#233;s de leur base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, un concert de soutien a lieu le 10 novembre, salle de la Pointe de Caux &#224; Gonfreville-l'Orcher, avec 6&#8200;groupes rock du cru, dont les Red Lezards. La lutte, mais la f&#234;te aussi.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sidel : Soci&#233;t&#233; industrielle des emballages Lesieur &#8211; devenu &#171; L&#233;gers &#187;, apr&#232;s la vente de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de... P&#244;le emploi ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Pole-emploi</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Pole-emploi</guid>
		<dc:date>2018-07-05T11:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julie Go</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>n'ont</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le emploi</dc:subject>
		<dc:subject>P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>emploi</dc:subject>
		<dc:subject>d'emploi</dc:subject>
		<dc:subject>conseiller P&#244;le</dc:subject>
		<dc:subject>Emploi Store</dc:subject>
		<dc:subject>demandeurs d'emploi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jo est conseiller P&#244;le emploi. Il est d&#233;pit&#233;, plus trivialement, il a les boules. &#171; &#192; partir de janvier 2016, les inscriptions se feront uniquement par Internet. &#187; On sait qu'une inscription met entre 40 et 70&#8200;minutes. C'est long mais quand on est au ch&#244;mage, c'est bien connu, on n'a que &#231;a &#224; faire, &#224; part tourner sa cuill&#232;re d&#233;sargent&#233;e dans sa tasse de caf&#233; soluble. &#171; Pour les sans-emploi qui n'ont pas de scanner ou de comp&#233;tences en informatique, des jeunes en service civique qui auront (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-76" rel="tag"&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-ont" rel="tag"&gt;n'ont&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-emploi-3341" rel="tag"&gt;P&#244;le emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole" rel="tag"&gt;P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/emploi" rel="tag"&gt;emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-emploi" rel="tag"&gt;d'emploi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/conseiller-Pole" rel="tag"&gt;conseiller P&#244;le&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emploi-Store" rel="tag"&gt;Emploi Store&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/demandeurs-d-emploi" rel="tag"&gt;demandeurs d'emploi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Jo est conseiller P&#244;le emploi. Il est d&#233;pit&#233;, plus trivialement, il a les boules. &#171; &lt;i&gt;&#192; partir de janvier 2016, les inscriptions se feront uniquement par Internet.&lt;/i&gt; &#187; On sait qu'une inscription met entre 40 et 70&#8200;minutes. C'est long mais quand on est au ch&#244;mage, c'est bien connu, on n'a que &#231;a &#224; faire, &#224; part tourner sa cuill&#232;re d&#233;sargent&#233;e dans sa tasse de caf&#233; soluble. &#171; &lt;i&gt;Pour les sans-emploi qui n'ont pas de scanner ou de comp&#233;tences en informatique, des jeunes en service civique qui auront suivi une formation de 3 jours&lt;/i&gt; [les aiguilleront]. &#187; Jo poursuit : &#171; &lt;i&gt; Accueillir les gens en d&#233;tresse, leur dire de se calmer, leur donner un th&#233;&#8230;c'est un vrai m&#233;tier et &#231;a ne s'apprend pas en 3 jours.&lt;/i&gt; &#187; Surtout si le type veut s'immoler avec du diesel ! Ce n'est pas tout : &#171; &lt;i&gt;A partir de janvier, les accueils seront ferm&#233;s l'apr&#232;s-midi et bien s&#251;r on va continuer sur la voie des services d&#233;mat&#233;rialis&#233;s&lt;/i&gt; &#187;, avec notamment le d&#233;veloppement de l'&#171; &lt;i&gt;Emploi Store&lt;/i&gt; &#187;, une plateforme num&#233;rique &#171; &lt;i&gt;r&#233;sultant d'un partenariat public-priv&#233;, sur laquelle il n'y a m&#234;me plus le logo de P&#244;le emploi et qui vise &#224; faire des &#233;valuations avec les demandeurs d'emploi&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jo, l'objectif est multiple : &#171; &lt;i&gt;D'abord rendre l'inscription tellement compliqu&#233;e que ceux qui n'ont droit &#224; rien ne prendront plus la peine de s'inscrire : comme les politiques n'ont plus aucune marge de man&#339;uvre possible sur l'activit&#233; ou la r&#233;partition du temps de travail, ils essaient de faire baisser la temp&#233;rature sociale en sabotant le barom&#232;tre.&lt;/i&gt; &#187; Une technique voisine de celle appliqu&#233;e en Grande-Bretagne o&#249; les ch&#244;meurs sont incit&#233;s &#224; se mettre en contrat &lt;i&gt;zero hour&lt;/i&gt; : horaires et salaires variant selon le bon plaisir des employeurs, on peut ne rien gagner pendant des mois et rester dans la cat&#233;gorie &#171; salari&#233; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En France, dans la novlangue des super managers de P&#244;le emploi, on appelle cela des contrats &#171; atypiques &#187; qui sont en passe de devenir la norme ainsi que le r&#233;v&#232;lent les derniers chiffres du ch&#244;mage pour le mois de septembre. Si le nombre de demandeurs d'emploi de cat&#233;gorie A a diminu&#233; de 0,7 %, celui des cat&#233;gories&#8200;B et C (ayant exerc&#233; une activit&#233; r&#233;duite) a progress&#233; de 1,2 % et 1,5 %. Y voir les premiers r&#233;sultats de la politique gouvernementale visant au flicage renforc&#233; des ch&#244;meurs serait &#233;videmment de la malhonn&#234;tet&#233; intellectuelle. Comment penser en effet que les injonctions r&#233;p&#233;t&#233;es des 200 contr&#244;leurs de recherche d'emploi aboutissent &#224; ce que les gens acceptent n'importe quel type de boulot ? Et si la peur de la sanction ne suffit pas, ces cohortes de &#171; super contr&#244;leurs &#187; appliqueront &#8211;&#8200;sans &#233;tat d'&#226;me ? &#8211;&#8200;les quotas d' &#171; expulsion &#187; fix&#233;s par la direction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jo, l'autre objectif &#224; terme semble aussi de diminuer l'activit&#233; de P&#244;le emploi pour le remplacer par un syst&#232;me de maisons de services au public : des lieux qui feraient un peu de tout et qui n'emploieraient plus de fonctionnaires mais des sous-traitants associatifs assis sur un si&#232;ge &#233;jectable. Un mod&#232;le d&#233;j&#224; tr&#232;s pr&#233;sent dans les pays o&#249; tout a &#233;t&#233; privatis&#233; : les plus pr&#233;caires sont alors g&#233;r&#233;s par des associations caritatives sous contrat avec l'&#201;tat. Pour les rupins de la gal&#232;re, des assurances priv&#233;es viendraient fort opportun&#233;ment couvrir leurs risques. Un vieux r&#234;ve du Medef qui, dans cette affaire, est juge et partie : il cog&#232;re l'Un&#233;dic, un organisme qui porte atteinte au march&#233; assurantiel qu'ils veulent d&#233;velopper. Ou, comme le dit Jo : &#171; &lt;i&gt;On saborde le bateau, et ensuite on vient proposer de nouvelles solutions.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, dans ce paysage morose, une faible lueur d'espoir est venue de l&#224; o&#249; on ne l'attendait pas : du Conseil d'&#201;tat !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Petit rappel historique : en mars 2014, la nouvelle convention Un&#233;dic &#233;tait n&#233;goci&#233;e et sign&#233;e dans les locaux du Medef apr&#232;s 24 h de n&#233;gociations-marathon. Et l&#224;, le 5 octobre dernier, suite &#224; diverses plaintes et actions de collectifs de pr&#233;caires, la plus haute juridiction administrative du pays l'a annul&#233;e, entre autres, parce qu'elle p&#233;nalisait trop les int&#233;rimaires et les personnes indemnis&#233;es suite &#224; un licenciement abusif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jo demeure pourtant dubitatif : &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, il y a certaines agences o&#249; l'on continue d'appliquer les r&#232;gles de l'accord de mars 2014, qui est maintenant ill&#233;gal. Et d'autres o&#249; l'on applique les r&#232;gles ant&#233;rieures.&lt;/i&gt; &#187; Et il conclut, un peu blas&#233; : &#171; &lt;i&gt;&#192; P&#244;le emploi, un agent suit entre 80 et 350&#8200;usagers et en ce qui concerne la liquidation&lt;/i&gt; [le traitement des dossiers d'indemnisation], &lt;i&gt;moins du quart des agents sont vraiment op&#233;rationnels&lt;/i&gt;. &#187; Entre surexploitation et radiation, restera-t-il un espace pour revendiquer le droit de ch&#244;mer peinard ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Au-del&#224; de Podemos : le pari municipaliste</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-dela-de-Podemos-le-pari-2206</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Au-dela-de-Podemos-le-pari-2206</guid>
		<dc:date>2018-05-03T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
		<dc:subject>Negrescolor</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>Sud</dc:subject>
		<dc:subject>Podemos</dc:subject>
		<dc:subject>Madrid</dc:subject>
		<dc:subject>Barcelone</dc:subject>
		<dc:subject>allez rencontrer</dc:subject>
		<dc:subject>Puerto Real</dc:subject>
		<dc:subject>dette</dc:subject>
		<dc:subject>dette publique</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Ah oui, vous allez rencontrer les mairies Podemos ! &#187;, nous disait-on alors que nous pr&#233;parions notre descente de trois semaines vers le Sud. Barcelone, Madrid, S&#233;ville, El Coronil, Puerto Real, Cadix... Les gens rencontr&#233;s sur la route nous ont narr&#233; leur descente aux enfers, celle d'un r&#234;ve espagnol vendu par les banques et les gouvernements successifs qui ont pass&#233; les quinze derni&#232;res ann&#233;es &#224; creuser la dette publique. Ou comment mettre un peuple &#224; genou par la finance. Comment (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Emilie-Seto" rel="tag"&gt;Emilie Seto&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Negrescolor" rel="tag"&gt;Negrescolor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sud" rel="tag"&gt;Sud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Podemos" rel="tag"&gt;Podemos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Madrid" rel="tag"&gt;Madrid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Barcelone" rel="tag"&gt;Barcelone&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/allez-rencontrer" rel="tag"&gt;allez rencontrer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Puerto-Real" rel="tag"&gt;Puerto Real&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dette" rel="tag"&gt;dette&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dette-publique" rel="tag"&gt;dette publique&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L110xH150/arton2206-ace27.jpg?1780240654' class='spip_logo spip_logo_right' width='110' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ah oui, vous allez rencontrer les mairies Podemos !&lt;/i&gt; &#187;, nous disait-on alors que nous pr&#233;parions notre descente de trois semaines vers le Sud. Barcelone, Madrid, S&#233;ville, El Coronil, Puerto Real, Cadix... Les gens rencontr&#233;s sur la route nous ont narr&#233; leur descente aux enfers, celle d'un r&#234;ve espagnol vendu par les banques et les gouvernements successifs qui ont pass&#233; les quinze derni&#232;res ann&#233;es &#224; creuser la dette publique. Ou comment mettre un peuple &#224; genou par la finance. Comment escamoter le politique au profit de l'&#233;conomie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant 30 ans, l'Espagne a v&#233;cu berc&#233;e par deux songes : le mythe d'une transition d&#233;mocratique lib&#233;r&#233;e des s&#233;quelles du franquisme, alors que la monarchie et les pactes de la Moncloa scellaient le testament politique du vieux dictateur. Et plus tard, le mirage europ&#233;en qui, en finan&#231;ant &#171; g&#233;n&#233;reusement &#187; l'int&#233;gration de l'Espagne &#224; la modernit&#233; lib&#233;rale, cr&#233;a l'illusion d'un pays de petits propri&#233;taires vou&#233;s &#224; la consommation et &#224; l'individualisme. On ouvrait plut&#244;t les vannes d'un affairisme d&#233;brid&#233;, d'une corruption end&#233;mique et d'une bulle immobili&#232;re dont la population paie le prix fort aujourd'hui avec cette crise &#8211; celle que les plus lucides pr&#233;f&#232;rent appeler par son vrai nom : une m&#233;ga-arnaque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme la Gr&#232;ce, l'Espagne a pris de plein fouet le krach financier de 2008. Les banques, renflou&#233;es avec l'argent public, ont fait main basse sur un parc immobilier qui compte aujourd'hui 3 millions de logements vides. Entre 2008 et 2013, 600 000 familles ont &#233;t&#233; expuls&#233;es de leur foyer. L'&#233;conomie espagnole a d&#233;truit 3,5 millions d'emplois et le taux de ch&#244;mage est pass&#233; &#224; 22%. Les salaires, sabr&#233;s jusqu'&#224; 20%. Des services publics privatis&#233;s &#8211; ou priv&#233;s de moyens, puisqu'il faut bien rembourser la dette&#8230; Pour couronner le tout, la loi &#171; Mordaza &#187; vot&#233;e en 2014 est directement dirig&#233;e contre la protestation populaire. Cette loi b&#226;illon permet &#224; la police de sauter l'&#233;tape du tribunal et de verbaliser directement (entre 100 &#8364; et 600 000 &#8364;) les r&#233;unions et autres occupations de l'espace public, la r&#233;sistance &#224; une expulsion ou aux forces de l'ordre, les interventions surprise dans les m&#233;dias ou les manifestations festives dans les administrations, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce tour d'&#233;crou r&#233;pressif veut en finir avec le temps des mouvements sociaux de grande ampleur, tels que les occupations de place de 2011, les mar&#233;es sociales contre l'aust&#233;rit&#233; et la privatisation des services publics, les marches pour la dignit&#233;, l'encerclement du Congr&#232;s en 2012&#8230; Apr&#232;s avoir touch&#233; le plafond de verre d'institutions sourdes &#224; toute expression politique venant de la rue, les espoirs d'une population exc&#233;d&#233;e se sont port&#233;s sur Podemos, un nouveau parti qui monte, guid&#233; par un homme au catogan violet sachant surfer sur le ras-le-bol g&#233;n&#233;ralis&#233; contre la &#171; caste &#187; et son bipartisme. Le parti de Pablo Iglesias se fonde sur une base populaire et ses cercles locaux cultivent la d&#233;mocratie directe. Mais les cadres de Podemos disputent le vrai pouvoir. La cour des grands ou rien. &#171; &lt;i&gt;Une des principales le&#231;ons que nous enseigne Game of Thrones est que, sur le terrain politique, il n'y a jamais de place pour la l&#233;gitimit&#233; de mani&#232;re seulement abstraite, pour une l&#233;gitimit&#233; qui n'aurait pas vertu &#224; se transformer en pouvoir politique alternatif, et, en ce sens, qui n'a pas vocation &#224; disputer le pouvoir.&lt;/i&gt; &#187; (Pablo Iglesias, &lt;i&gt;Les le&#231;ons politiques de Game of Thrones&lt;/i&gt;, Post-&#233;ditions 2015.)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2382 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;42&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-652.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH881/-652-446e8.jpg?1779684402' width='400' height='881' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;Politique d'aust&#233;rit&#233;&#034; par Negrescolor.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, contrairement &#224; ce que supposaient nos ami.e.s avant le voyage, contrairement &#224; la vulgarisation des m&#233;dias fran&#231;ais, Podemos, focalis&#233; sur les l&#233;gislatives du 20 d&#233;cembre prochain, n'a pas mis&#233; sur les &#233;lections municipales de mai 2015. Erreur strat&#233;gique pour certains. Mains libres pour d'autres, qui ont su lancer un pari municipaliste &#224; partir de leur seule exp&#233;rience de terrain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 24 mai 2015, des listes de convergence issues des mouvements sociaux, compos&#233;es de militants de base et de figures d'une soci&#233;t&#233; civile d&#233;sireuse de s'&#233;manciper des politiciens professionnels, ont pris Barcelone, Madrid, Saragosse, Cadix, La Corogne&#8230; Sans compter Valencia et Pamplona, aux mains de gauches nationalistes, et des dizaines de localit&#233;s plus petites. Ce dossier est n&#233; de la curiosit&#233;, et d'une intuition. Ce qui, contre toute attente, a fait basculer les grandes villes d'Espagne &#224; gauche de la gauche, r&#233;v&#232;le des enjeux qui d&#233;passent sans doute la ligne des Pyr&#233;n&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; nous sommes pass&#233;s fr&#233;missait comme une remont&#233;e de s&#232;ve du vieil esprit libertaire des ann&#233;es 1930 qui irrigue encore, souterrainement, la conscience collective &#8211; la guerre civile en moins. Sans dogmatisme, avec l'envie de trouver des solutions &#224; l'urgence sociale et d'exp&#233;rimenter de nouvelles formes de fonctionnement collectif, en prise avec des pratiques de transformation sociale. Sans esp&#233;rances &#233;chevel&#233;es. Un mouvement lucide sur ses limites, &#224; la fois pragmatique et strat&#233;gique. De la parole directe, des images et des reportages... De quoi partager avec les lectrices et lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; la r&#233;volte, l'&#233;motion et les doutes cueillis en chemin.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Entre gestion et subversion : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Entre-gestion-et-subversion-Madrid&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Madrid la rouge ?&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout espace de lutte est aussi un &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Tout-espace-de-lutte-est-aussi-un&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;espace de d&#233;bat&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-invasion-des-terrasses-volantes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'invasion des terrasses volantes&lt;/a&gt; : Airbnb contre Barcelone&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La mairie des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-mairie-des-sans-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;sans-terre&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Espagne : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Espagne-Apoyo-Mutuo&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Apoyo Mutuo&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Prendre-d-assaut-la-terre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Prendre d'assaut&lt;/a&gt; la terre &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Corrala &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Corrala-la-bahia&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;la bah&#237;a&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-Maison-du-peuple&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Maison&lt;/a&gt;du peuple&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'agora des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-agora-des-100-jours&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;100 jours&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-politique-se-fabrique-en-dehors&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La politique&lt;/a&gt; se fabrique en dehors de l'institution &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prolonger la &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Prolonger-la-colere-de-la-rue&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;col&#232;re de la rue&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Participa &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Participa-Sevilla&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Sevilla&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L&#201;XICO &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;15-M&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de personnes sans drapeau ni parti occupent les places au cri de &#171; &lt;i&gt;Ils ne nous repr&#233;sentent pas !&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie r&#233;elle maintenant !&lt;/i&gt; &#187;, exprimant une d&#233;fiance radicale vis-&#224;-vis de la classe politique. Le mouvement, au d&#233;part fragile, a &#233;t&#233; fondateur pour l'engagement politique de toute une jeunesse espagnole touch&#233;e par un fort taux de ch&#244;mage (18% en 1996, 8% en 2006, 22% en 2015).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ahora Madrid&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, ayant remport&#233; la mairie de Madrid en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Barcelona en Com&#250;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te Ada Colau, porte-parole de la PAH locale, ayant remport&#233; la mairie de Barcelone en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Bulle immobili&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements vides) dop&#233; par les banques et le blanchiment d'argent. Entre 1996 et 2007, le taux de propri&#233;taires dans le pays passait &#224; 80%. Des centaines de milliers de familles seront ruin&#233;es par l'explosion de la bulle. Entre 2007 et 2008, les constructions chutent de 25%, 2 millions de personnes se retrouvent au ch&#244;mage du jour au lendemain. Ne pouvant plus payer leur cr&#233;dit ou leur loyer, 600 000 familles ont &#233;t&#233; depuis expuls&#233;es de leur logement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cr&#233;dit&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une loi datant du XIXe si&#232;cle, et relustr&#233;e par Franco, oblige les endett&#233;s bancaires &#224; payer la totalit&#233; du cr&#233;dit m&#234;me apr&#232;s que la banque a saisi le bien hypoth&#233;qu&#233; pour le revendre aux ench&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dette&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2014, la dette espagnole (publique et priv&#233;e) repr&#233;sentait 424% du PIB, soit 4 fois plus que ce que produit l'&#233;conomie r&#233;elle. La dette bancaire a augment&#233; de 27% depuis 2007 et la dette publique atteint un billion d'euros. Chaque Espagnol devrait payer 23 000 euros pour la liquider. La dette publique sera le principal obstacle &#224; l'action des mairies du changement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Expedientes de regulaci&#243;n de empleo&lt;/i&gt; (ERE)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plans sociaux qui, en Andalousie, ont &#233;t&#233; le pr&#233;texte &#224; des d&#233;tournements de fonds millionnaires de la part du gouvernement local et des syndicats officiels, sur le dos des travailleurs licenci&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iniciativa legislativa popular (ILP)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mars 2011, la PAH et d'autres organisations de la soci&#233;t&#233; civile utilisent le principe constitutionnel d'Initiative l&#233;gislative populaire, qui permet de porter une loi au Parlement si 500 000 signatures sont recueillies en sa faveur. Avec 1,5 million de signataires, cette proposition demande : 1. L'effacement de la dette r&#233;troactivement, donc aussi pour les familles expuls&#233;es avant le changement l&#233;gislatif, 2. Un moratoire sur les expulsions, 3. La cr&#233;ation de logements sociaux pour reloger les familles expuls&#233;es, et la r&#233;quisition des immeubles vides appartenant aux banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Izquierda Unida (IU)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#233;quivalent espagnol du Front de gauche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mairies du changement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Coordination des listes de convergence ayant conquis les plus grandes villes en mai 2015. R&#233;unie &#224; Barcelone en juillet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Mareas&lt;/i&gt; (mar&#233;es)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mouvements de masse qui protest&#232;rent, &#224; partir de 2012, contre la privatisation des services publics. Mar&#233;e verte pour l'&#233;ducation, blanche pour la sant&#233;, bleue pour l'eau, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pactes de la Moncloa&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Accords pour une transition d&#233;mocratique sign&#233;s en 1977 par la droite post-franquiste, le PSOE, le Parti communiste et les syndicats devenus officiels, posant comme base inamovible la monarchie et l'unit&#233; nationale. Apr&#232;s des mobilisations ouvri&#232;res et &#233;tudiantes, le pays entre dans une &#232;re de lib&#233;ralisation : ind&#233;pendance du pouvoir judiciaire, libert&#233; de la presse, droit de r&#233;union, reconnaissance des communaut&#233;s basque et catalane, p&#233;riode culturelle de la &#171; Movida &#187;, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partido popular (PP)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2381 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;45&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH400/-651-82fb5.jpg?1779684402' width='500' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Rajoy, Premier ministre du Partido popular.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Partido socialista obrero espa&#241;ol (PSOE)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gauche monarchiste et lib&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;Plataforma de afectados por la hipoteca&lt;/i&gt; (PAH)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les banques. Elle s'est &#233;largie aux locataires et squatteurs expuls&#233;s. Pr&#233;sente dans plus de 240 quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Calqu&#233; sur le &#171; &lt;i&gt;Yes, we can&lt;/i&gt; &#187; d'Obama, ce &#171; Oui, on peut ! &#187; est un slogan ralliant autant les militants des &lt;i&gt;mareas&lt;/i&gt;, de la PAH ou les partisans de Podemos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Appui mutuel (&lt;i&gt;Apoyo Mutuo&lt;/i&gt;)&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par Kropotkine dans La morale anarchiste. Ce principe d'action se r&#233;pand aujourd'hui comme une tra&#238;n&#233;e de poudre dans les mouvements et centres sociaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Prolonger la col&#232;re de la rue &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Prolonger-la-colere-de-la-rue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Prolonger-la-colere-de-la-rue</guid>
		<dc:date>2018-05-03T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>banques</dc:subject>
		<dc:subject>logement</dc:subject>
		<dc:subject>avons</dc:subject>
		<dc:subject>logements</dc:subject>
		<dc:subject>expulsions</dc:subject>
		<dc:subject>BTP</dc:subject>
		<dc:subject>logements vides</dc:subject>
		<dc:subject>PAH</dc:subject>
		<dc:subject>mod&#232;le &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>vides</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Carlos Mac&#237;as, porte-parole de la PAH de Barcelone. Sous ses lunettes et barbe fine, le visage souriant de Carlos a longtemps voyag&#233; en Am&#233;rique latine, rapportant dans les valises de ses yeux une exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire avis&#233;. Il retrace l'histoire des Plataformas de afectados por la hipoteca (PAH) luttant contre le syst&#232;me inique des hypoth&#232;ques et expulsions. &#171; Le BTP &#233;tait devenu le mod&#232;le &#233;conomique de l'Espagne, mais avec la crise la fin du &#171; r&#234;ve espagnol &#187; a (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/banques" rel="tag"&gt;banques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logement" rel="tag"&gt;logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/avons" rel="tag"&gt;avons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logements" rel="tag"&gt;logements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/expulsions" rel="tag"&gt;expulsions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/BTP" rel="tag"&gt;BTP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logements-vides" rel="tag"&gt;logements vides&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/PAH" rel="tag"&gt;PAH&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/modele-economique" rel="tag"&gt;mod&#232;le &#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vides" rel="tag"&gt;vides&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Carlos Mac&#237;as, porte-parole de la PAH de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ses lunettes et barbe fine, le visage souriant de Carlos a longtemps voyag&#233; en Am&#233;rique latine, rapportant dans les valises de ses yeux une exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire avis&#233;. Il retrace l'histoire des Plataformas de afectados por la hipoteca (PAH) luttant contre le syst&#232;me inique des hypoth&#232;ques et expulsions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH553/-635-4d5f8.jpg?1779602789' width='400' height='553' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le BTP &#233;tait devenu le mod&#232;le &#233;conomique de l'Espagne, mais avec la crise la fin du &#171; r&#234;ve espagnol &#187; a sonn&#233;. Jusqu'en 2007, l'&#201;tat et les banques poussaient les gens &#224; s'endetter, exer&#231;ant ainsi une forme de contr&#244;le social : un peuple endett&#233; n'a plus le temps de s'organiser, de penser &#224; faire la r&#233;volution ou de d&#233;fendre ses droits. Avant que la bulle immobili&#232;re n'explose en 2008, des gens qui venaient des mouvements sociaux sur le logement ou luttant pour les droits &#233;l&#233;mentaires se sont regroup&#233;s et ont anticip&#233; la crise &#224; venir. Ils ont pens&#233; que les luttes sur le logement pouvaient constituer un sujet politique pour les ann&#233;es &#224; venir. De l&#224; est n&#233;e la PAH, ici &#224; Barcelone en 2009, avec la volont&#233; de d&#233;noncer le syst&#232;me en cours et de regrouper les gens qui en &#233;taient victimes en vue d'actions collectives, sur des bases autogestionnaires et d'entraide, avec une organisation en assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'est vite propag&#233;. Aujourd'hui, il y a 70 groupes en Catalogne et 240 dans l'ensemble de l'&#201;tat espagnol. Nous faisons une assembl&#233;e r&#233;gionale chaque mois pour nous coordonner et mener des campagnes communes, et nous organisons des rencontres tous les trois mois au niveau national. Chaque entit&#233; est autonome localement, avec des d&#233;cisions prises au consensus et des groupes de m&#233;diation en cas de conflit. Le 15-M a beaucoup renforc&#233; les PAH : c'est le moment o&#249; je m'y suis engag&#233;, cherchant une mani&#232;re de concr&#233;tiser et de prolonger la col&#232;re partag&#233;e dans la rue. Une autre force de la PAH, c'est de rassembler des gens diff&#233;rents : ceux qui sont issus du mouvement squat avec leur savoir-faire pour l'ouverture de b&#226;timents, des anarchistes de toujours et d'autres issus de mouvements plus citoyennistes. Sans compter toutes les personnes pour qui c'est la premi&#232;re forme d'engagement de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays qui conna&#238;t le plus grand nombre d'expulsions en Europe mais aussi de logements vides, il a &#233;t&#233; facile de d&#233;montrer l'implication des gouvernants, des banques et des entreprises de construction. Nous avons ensuite men&#233; des actions directes de d&#233;sob&#233;issance civile non violentes pour nous opposer aux expulsions et nous avons fait pression sur les banques pour qu'elles d&#233;bloquent les situations. Nous avons aussi men&#233; des campagnes pour que la l&#233;gislation permette d'annuler la dette en cas d'expulsion. Nous avons &#171; r&#233;cup&#233;r&#233; &#187; collectivement des logements vides appartenant aux banques ou au gouvernement, et milit&#233; pour l'acc&#232;s &#224; un loyer social. L'imaginaire a beaucoup chang&#233; : la population comprend ces occupations, ce qui nous prot&#232;ge un peu de la r&#233;pression. Et gr&#226;ce &#224; ce soutien populaire, les gens qui participent &#224; la PAH gagnent en puissance, car ils oublient leurs peurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;nonciation et l'action directe, nous avons fait des propositions l&#233;gislatives, comme l'ILP en 2012, qui a mis le th&#232;me du logement dans l'agenda politique. Tous les partis ont eu &#224; se positionner sur un changement de l&#233;gislation. Seul le Partido popular (PP), qui a la majorit&#233; absolue au Parlement, a jusqu'ici refus&#233; de changer la loi selon notre proposition. Cette ann&#233;e, nous avons donc opt&#233; pour une forme d'action inspir&#233;e des luttes argentines, les &lt;i&gt;escraches&lt;/i&gt;, destin&#233;es l&#224;-bas aux anciens tortionnaires de la dictature b&#233;n&#233;ficiant d'une impunit&#233; l&#233;gale. Nous sommes all&#233;s devant les domiciles des &#233;lus PP munis de panneaux verts &#171; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &#187; [&#171; Oui, on peut &#187;] avec nos revendications et des pancartes rouges disant &#171; &lt;i&gt;&#161; No !&lt;/i&gt; &#187;, avec ce qui devait cesser. Bien entendu, cela ne leur a pas plu, ils ont tent&#233; de nous criminaliser en nous traitant publiquement de terroristes, de nazis &#224; la solde de l'ETA. Bref.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a alors saisi les administrations et les municipalit&#233;s pour non-assistance &#224; personnes en danger et violation des droits humains, et on leur a demand&#233; de soutenir ces r&#233;quisitions de logements vides, ce qui a eu au d&#233;but un peu de succ&#232;s. Mais les administrations locales ont peu de comp&#233;tences, aussi nous avons saisi les instances r&#233;gionales, avec par exemple une proposition l&#233;gislative populaire au parlement de Catalogne, pour demander une aide destin&#233;e aux victimes du syst&#232;me de cr&#233;dit et aux occupations. M&#234;me s'il n'y pas de statistiques officielles, des milliers de familles vivent aujourd'hui dans des logements occup&#233;s &#224; Barcelone, et apr&#232;s la vague des expulsions dues aux hypoth&#232;ques, 65% d'entre elles sont motiv&#233;es par des impay&#233;s de loyer. Tout cela s'accompagne de revendications pour un logement digne, avec l'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; l'&#233;lectricit&#233; et au gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir de la nouvelle mairie, les changements, comme l'arr&#234;t des expulsions d'&#233;difices publics, demeurent plut&#244;t symboliques, vu qu'il y en avait peu. Mais &#231;a ne fait que 100 jours qu'elle est au pouvoir. Elle a impos&#233; une table de n&#233;gociation avec les banques et toutes les associations de lutte, dont la PAH, ce qui n'est pas rien, car cela faisait un an que le dialogue &#233;tait rompu. Notre premi&#232;re revendication a &#233;t&#233; de pouvoir participer pleinement aux d&#233;cisions concernant le logement, non pas dans un cadre formel mais dans une optique de travail en commun. Trois groupes de travail ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, pour les trois points les plus urgents : 1. les expulsions &#8211; comment changer les politiques locales li&#233;es aux expulsions ? 2. les services sociaux &#8211; comment aider les personnes touch&#233;es par les expulsions ? 3. les logements vides &#8211; comment mobiliser ces espaces au service des personnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre attendons-nous plus de Barcelona en Com&#250; ou de Podemos que du PP ou du PSOE, mais nous ne sommes li&#233;s &#224; personne. Par exemple, nous faisons pression sur la nouvelle mairie pour r&#233;aliser un recensement pr&#233;cis des logements vides dans la ville. &#192; qui appartiennent ces logements ? Sont-ils squatt&#233;s ? Quels sont ceux en situation d'insalubrit&#233; ? R&#233;alis&#233; par les services de l'&#201;tat en 2011, le seul recensement en notre possession d&#233;nombre 80 000 logements vides : un chiffre indubitablement en dessous de la r&#233;alit&#233;. &#192; partir de nouvelles donn&#233;es, on pourra pousser la mairie &#224; lancer des r&#233;quisitions : si un logement est vide depuis trois ans, le propri&#233;taire peut soit recevoir une amende de 500 000 &#8364;, soit &#234;tre expropri&#233;, et son bien transform&#233; en logement social. Si l'appartement est insalubre, le propri&#233;taire est &#233;galement oblig&#233; de le r&#233;habiliter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est comme un engrenage, et le seul acteur-cl&#233;, c'est la soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e. Si la rue n'exerce ni pression ni contr&#244;le, la mairie ne pourra rien faire, m&#234;me avec la meilleure volont&#233;. On est pr&#234;ts &#224; mettre la mis&#232;re &#224; Ada Colau et son &#233;quipe s'ils oublient la rue. Mais il est vrai que la population est moins mobilis&#233;e, nous vivons un moment d'accalmie dans les cycles de lutte. Par ailleurs, les expulsions li&#233;es au cr&#233;dit ont &#233;t&#233; tr&#232;s rapides et tr&#232;s brutales. Face cach&#233;e de l'iceberg, les expulsions li&#233;es aux loyers sont inscrites dans un dispositif plus g&#233;n&#233;ral de pr&#233;carisation et de crise, ce qui fait que les gens ont du mal &#224; tenir dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens qui ont fond&#233; la PAH venaient du mouvement squat et connaissaient bien l'histoire zapatiste au Mexique. Il y avait des liens forts avec ceux qui ont lutt&#233; lors de la crise en Argentine, ce qui nous a donn&#233; des bases puissantes en termes d'horizontalit&#233; et de partage des savoir-faire, dans une perspective r&#233;volutionnaire. Que veut dire &#171; faire la r&#233;volution &#187; ? Si cela signifie tout changer du jour au lendemain, ce n'est pas ce que nous sommes en train de faire. Mais il y a des prolos qui c&#244;toient des gens de la classe moyenne ou des immigr&#233;s, r&#233;unis autour des m&#234;mes enjeux. Des gens qui sans la PAH ne se seraient jamais parl&#233; et qui s'entraident dans des situations concr&#232;tes d'expulsions ou de d&#233;marches administratives &#8211; le tout avec beaucoup de femmes tr&#232;s actives. Ce dialogue transforme l'imaginaire et les a priori de chacun. Or justement, transformer l'imaginaire collectif, c'est d&#233;j&#224; un processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; La politique se fabrique en dehors de l'institution &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-politique-se-fabrique-en-dehors</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-politique-se-fabrique-en-dehors</guid>
		<dc:date>2018-05-02T20:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Alej</dc:subject>
		<dc:subject>pouvoir</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>politique</dc:subject>
		<dc:subject>social</dc:subject>
		<dc:subject>sociale</dc:subject>
		<dc:subject>soci&#233;t&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>sommes</dc:subject>
		<dc:subject>institutions</dc:subject>
		<dc:subject>l'opportunit&#233; d'investir</dc:subject>
		<dc:subject>l'institution</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pablo est correcteur dans l'&#233;dition, il a longtemps particip&#233; &#224; l'&#233;quipe de distribution de livres de Traficantes de Sue&#241;os &#8211; librairie, centre de formation et maison d'&#233;dition &#8211; qui plonge ses racines dans l'autonomie radicale des ann&#233;es 1980 et a aujourd'hui pignon sur rue. Il a particip&#233; &#224; Ganemos Madrid, l'une des composantes d'Ahora Madrid, la liste qui a pris la mairie de Madrid autour de Manuela Carmena. Il est &#224; pr&#233;sent en charge de deux arrondissements hupp&#233;s, Salamanca et (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alej" rel="tag"&gt;Alej&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pouvoir" rel="tag"&gt;pouvoir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/politique" rel="tag"&gt;politique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/social" rel="tag"&gt;social&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sociale" rel="tag"&gt;sociale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/societe" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sommes" rel="tag"&gt;sommes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/institutions" rel="tag"&gt;institutions&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-opportunite-d-investir" rel="tag"&gt;l'opportunit&#233; d'investir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-institution" rel="tag"&gt;l'institution&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pablo est correcteur dans l'&#233;dition, il a longtemps particip&#233; &#224; l'&#233;quipe de distribution de livres de Traficantes de Sue&#241;os &#8211; librairie, centre de formation et maison d'&#233;dition &#8211; qui plonge ses racines dans l'autonomie radicale des ann&#233;es 1980 et a aujourd'hui pignon sur rue. Il a particip&#233; &#224; Ganemos Madrid, l'une des composantes d'Ahora Madrid, la liste qui a pris la mairie de Madrid autour de Manuela Carmena. Il est &#224; pr&#233;sent en charge de deux arrondissements hupp&#233;s, Salamanca et Moratalaz.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH481/-646-f69bb.jpg?1779603422' width='400' height='481' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Alej.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement du 15-M a ouvert des discussions sur l'opportunit&#233; d'investir les institutions depuis la rue. Les d&#233;bats partaient du probl&#232;me suivant : si on ne change pas la structure du r&#233;gime espagnol, qui date de 1978 et de la Transition d&#233;mocratique, il y aura toujours un toit &#224; d&#233;foncer au-dessus de nos t&#234;tes. Pour que fructifie l'action politique et sociale venue de la rue, nous avons besoin d'une rupture dans les institutions. &#192; partir de ces r&#233;flexions, beaucoup de gens ont commenc&#233; &#224; travailler sur la fabrication d'outils pour agir sur l'institution, d'o&#249; l'envie de g&#233;n&#233;rer des candidatures pour les &#233;lections municipales. Le 15-M est parti d'une convocation &#224; manifester de l'organisation Democracia Real Ya, sous le mot d'ordre &#171; &lt;i&gt;Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiques et des banquiers&lt;/i&gt; &#187;. Ce discours radical a &#233;t&#233; re&#231;u par une foule inattendue de gens, avec l'envie commune d'enlever le politique des mains des professionnels qui, &#224; travers la forme du parti, ont mis l'&#233;conomie et le social au service du capitalisme financier, des banques et des multinationales. Aujourd'hui, nous sommes toujours dans le m&#234;me mouvement, mais au c&#339;ur des institutions : rendre la politique &#224; la soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant le 15-M, on n'imaginait pas cette strat&#233;gie possible. D'autant plus que nous venons d'une tradition libertaire allergique au principe d'&#201;tat. Depuis, on a tent&#233; de repenser cette posture de puret&#233; critique, en nous fondant sur des analyses historiques des moments o&#249; les mouvements libertaires ont pu participer &#224; des &#233;lections, par exemple avec les &#233;pisodes de municipalisme libertaire. Le point de vue r&#233;volutionnaire classique, qui pense l'insurrection violente et g&#233;n&#233;rale comme premier pas de la transformation sociale, ne fonctionne plus dans le contexte actuel espagnol. La d&#233;sob&#233;issance de masse non plus ne permet pas de changer radicalement les institutions. Nous nous sommes donc dit que s'il existait une majorit&#233; de gens favorables au changement social, mais que ces gens ne souhaitaient pas passer par l'action violente et qu'aucune institution n'&#233;tait pr&#234;te &#224; les &#233;couter, c'&#233;tait &#224; la soci&#233;t&#233; de prendre le contr&#244;le les institutions pour que ses v&#339;ux soient respect&#233;s &#8211; m&#234;me si c'est un terrain et un langage qu'on n'appr&#233;cie gu&#232;re. L'id&#233;e &#233;tant de conserver nos racines et nos principes d'autonomie, tout en nous immis&#231;ant dans les rouages de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pouvoir comme entit&#233; totale ne se loge pas dans les institutions, qui ne sont que des m&#233;diations entre plusieurs puissances en pr&#233;sence. Nous ne sommes pas dans la logique l&#233;niniste d'une prise du pouvoir, selon laquelle en prenant d'assaut les appareils d'&#201;tat, on peut prendre le contr&#244;le des moyens d'action. Nous pensons plut&#244;t que l'institution est toute enti&#232;re model&#233;e selon les int&#233;r&#234;ts bourgeois, qu'il n'y a pas grand-chose &#224; y jouer. Surtout que, de mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, je ne crois pas &#224; l'existence d'un &#171; centre &#187; du pouvoir. Les institutions politiques sont au m&#234;me niveau que les lobbies, les grandes entreprises, le syst&#232;me financier international. Donc, participer &#224; l'institution n'est pas une fin en soi, susceptible de tout r&#233;soudre. Notre puissance est dans la coordination des autres secteurs de la soci&#233;t&#233; qui cherchent &#224; transformer leurs conditions de vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faire de la politique, ce n'est donc pas s'accaparer un centre de pouvoir, mais agir sur les rapports de force des diff&#233;rents milieux sociaux, rapports de force dont les institutions ne sont toujours, au final, qu'une cons&#233;quence et non la cause agissante. La position privil&#233;gi&#233;e pour l'action politique est toujours en dehors de l'institution, dans le champ de la cr&#233;ativit&#233; sociale et de la conflictualit&#233;. Notre mission est donc de faire en sorte que ces espaces prolif&#232;rent. C'est l&#224; que se situe le processus inverse &#224; la r&#233;volution, laquelle voudrait que les syndicats victorieux g&#233;n&#232;rent un parti politique qui acc&#232;de au pouvoir. Le 15-M, en quelque sorte, a g&#233;n&#233;r&#233; un syndicat social dont la t&#226;che n'est pas de se terminer sous la forme d'un parti central au pouvoir, mais d'&#233;laborer une organisation en soviets. Notre t&#226;che depuis l'institution est donc de faire en sorte que la politique se fabrique en dehors de l'institution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La perspective d'une bonne partie de ceux qui sont &#224; la mairie, comme la maire Carmena, est plut&#244;t &#171; gouvernementiste &#187; : ils sont pour la paix sociale et pour la tranquillit&#233; civile, ce qui est une position l&#233;gitime, mais je crois qu'on ne peut pas penser la ville comme une communaut&#233;, d'autant plus dans les m&#233;gapoles comme Madrid. La ville est le lieu privil&#233;gi&#233; du conflit, un perp&#233;tuel conflit social larv&#233;. D'o&#249; l'id&#233;e de penser le probl&#232;me social comme un probl&#232;me syndical. La question est : comment d&#233;fendre la soci&#233;t&#233; ? Comment l'armer, comment l'aider pour s'autod&#233;fendre ? Contre les crises &#224; venir, contre les r&#233;actions n&#233;oconservatrices, ou contre l'extr&#234;me droite, nous avons besoin d'un tissu social capable de se d&#233;fendre sur les th&#232;mes classiques des droits, de l'&#233;galit&#233;, du logement, des revenus, de la sant&#233;, de l'&#233;ducation, de l'entraide sociale, etc. Tu peux l&#233;gif&#233;rer sur ces points, mais ils ne sont effectifs que si la soci&#233;t&#233; s'organise en vue de ces objectifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, cette asym&#233;trie des forces entre les institutions et les mouvements sociaux est le principal probl&#232;me. Concr&#232;tement, depuis la mairie, on peut aider les organisations et les initiatives existantes &#224; obtenir des espaces d'o&#249; ils peuvent p&#233;renniser leurs activit&#233;s. On peut favoriser une autogestion g&#233;n&#233;ralis&#233;e des espaces municipaux, inscrits dans une dynamique de production culturelle, politique ou sociale. On peut aussi changer les types de contrats de la mairie, et r&#233;duire les liens avec les grandes entreprises au profit d'une &#233;conomie locale, associative ou coop&#233;rativiste. Bref, ce qu'on peut faire, c'est favoriser la construction d'espaces de libert&#233; et de structures critiques qui perdurent &#8211; m&#234;me si nous ne sommes pas r&#233;&#233;lus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais le pouvoir reste aux mains de ces centres sociaux, de ces petites entreprises, de ces coop&#233;ratives, pour cr&#233;er un autre imaginaire de l'organisation du travail et de la vie quotidienne qui se d&#233;tache de l'image g&#233;n&#233;r&#233;e par l'&#201;tat classique, lequel monopolise par d&#233;finition le pouvoir politique et nie les initiatives originales et critiques. Sur ce point, on a beaucoup de d&#233;bats, car les lib&#233;raux et les libertariens pourraient se sentir proches de tels discours. D'o&#249; notre besoin d'insister sur nos positions libertaires classiques, avec le mutualisme, l'autogestion collective ou la distribution &#233;quitable des richesses.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'agora des 100 jours</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-agora-des-100-jours</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/L-agora-des-100-jours</guid>
		<dc:date>2018-05-02T18:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>maire</dc:subject>
		<dc:subject>mairie</dc:subject>
		<dc:subject>Por C&#225;diz</dc:subject>
		<dc:subject>Semana santa</dc:subject>
		<dc:subject>Ferm&#237;n Salvochea</dc:subject>
		<dc:subject>Cadix</dc:subject>
		<dc:subject>Kichi</dc:subject>
		<dc:subject>autour</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cadix. Un port vieux de 3000 ans dont l'imaginaire tourne plus volontiers autour du carnaval que des processions de Semana santa &#8211; et o&#249; entre ami.e.s on aime &#224; s'appeler &#171; ma foufounette &#187; ou &#171; petite bite folle &#187; &#8211;, ne peut que r&#233;server quelques bonnes surprises. En juin, apr&#232;s vingt ans de gouvernement municipal conservateur, une liste apparent&#233;e Podemos, Por C&#225;diz s&#237; se puede, a rafl&#233; la mairie de cette ville de 150 000 &#226;mes avec un taux de ch&#244;mage de 42%. Le levante, vent qui, selon une (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/maire" rel="tag"&gt;maire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mairie" rel="tag"&gt;mairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Por-Cadiz" rel="tag"&gt;Por C&#225;diz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Semana-santa" rel="tag"&gt;Semana santa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fermin-Salvochea" rel="tag"&gt;Ferm&#237;n Salvochea&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cadix" rel="tag"&gt;Cadix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kichi" rel="tag"&gt;Kichi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/autour" rel="tag"&gt;autour&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH388/-642-35401.jpg?1779634321' width='400' height='388' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cadix. Un port vieux de 3000 ans dont l'imaginaire tourne plus volontiers autour du carnaval que des processions de &lt;i&gt;Semana santa&lt;/i&gt; &#8211; et o&#249; entre ami.e.s on aime &#224; s'appeler &#171; &lt;i&gt;ma foufounette&lt;/i&gt; &#187; ou &#171; &lt;i&gt;petite bite folle&lt;/i&gt; &#187; &#8211;, ne peut que r&#233;server quelques bonnes surprises. En juin, apr&#232;s vingt ans de gouvernement municipal conservateur, une liste apparent&#233;e Podemos, Por C&#225;diz s&#237; se puede, a rafl&#233; la mairie de cette ville de 150 000 &#226;mes avec un taux de ch&#244;mage de 42%. Le &lt;i&gt;levante&lt;/i&gt;, vent qui, selon une rumeur locale, souffle la folie douce, semble avoir soulev&#233; la terre o&#249; repose en lutte Ferm&#237;n Salvochea, maire anarcho-cantonaliste de la fin du XIXe si&#232;cle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce vendredi 16 octobre 2015, on a align&#233; des chaises sur la place du Palillero et les vieux et les vieilles du quartier s'y sont assis face &#224; un pupitre et une sono sur une estrade basse. Les plus jeunes sont debout tout autour, et &#224; 19h la place est bond&#233;e. Du jamais vu : trois mois apr&#232;s avoir pris la mairie, l'&#233;quipe municipale de Cadix vient rendre des comptes sur son action. Jos&#233; Mar&#237;a &#171; El Kichi &#187; Gonz&#225;lez, prof d'histoire de 39 ans bombard&#233; maire, met tout le monde &#224; l'aise : chacun de ses adjoints aura cinq minutes pour expliquer ce qu'il a fait et pr&#233;voit de faire, et apr&#232;s, micro ouvert pour les critiques et les propositions. Dont acte. Les styles sont tr&#232;s diff&#233;rents chez ces n&#233;o-conseillers sans exp&#233;rience de gestion. Une trentenaire timide au Logement et &#224; la Participation citoyenne ; un Varoufakis tr&#232;s technicien aux Finances ; un ancien syndicaliste aux accents de tribun charg&#233; des employ&#233;s municipaux ; aux Droits des femmes, une f&#233;ministe aux cheveux mauves qui se vante d'avoir fait d&#233;boulonner une statue &#224; la gloire d'une &#233;g&#233;rie phalangiste&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une &#233;quipe courageuse de convoquer cette r&#233;union publique sur la place du 15-M, expos&#233;e &#224; toutes les critiques et altercations, sans portique ni service de s&#233;curit&#233;. Quelques opposants sont l&#224;, mais rares, des applaudissements plut&#244;t, et des &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; Quand il est invectiv&#233; par un gars du port remont&#233; contre le bla-bla, et qui demande ce qu'on a pr&#233;vu pour les ch&#244;meurs longue dur&#233;e, le jeune maire l'encourage &#224; le rejoindre &#224; la tribune. Sur cette agora de fortune, tout le monde est l&#224; pour s'exprimer sur la chose publique. On parle expulsions, boulot, police de quartier, tourisme, et les gens font des propositions concr&#232;tes. Un homme chenu prend le micro : &#171; &lt;i&gt;Le plus beau jour de ma vie, &#231;a a &#233;t&#233; &#224; la mort de Franco, mais dans cette ville, je ne pensais pas qu'on viendrait &#224; bout de la droite. Je suis heureux d'avoir v&#233;cu assez longtemps pour voir &#231;a. Maintenant, il faut se retrousser les manches.&lt;/i&gt; &#187; Puis, c'est au tour de la repr&#233;sentante d'une organisation de ch&#244;meurs de la m&#233;tallurgie : &#171; &lt;i&gt;Ici, la mort de l'industrie a &#233;t&#233; planifi&#233;e. Ils misent tout sur le soleil et le tourisme.&lt;/i&gt; &#187; Depuis la tribune, apr&#232;s avoir rappel&#233; que l'ancienne maire avait vot&#233; &#224; Madrid le transfert de la r&#233;paration navale en Galice, un adjoint annonce qu'une coordination des mairies de la baie d&#233;fendra bient&#244;t l'activit&#233; portuaire. Cadix devra aussi r&#233;sister aux menaces de l'&#201;tat qui, apr&#232;s avoir laiss&#233; la dette se creuser pendant deux d&#233;cennies, est soudain press&#233; de la mettre sous tutelle.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2371 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH427/-643-9c76c.jpg?1779603422' width='400' height='427' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un exalt&#233; &#224; l'allure &lt;i&gt;flamenca&lt;/i&gt; s'empare du micro : &#171; &lt;i&gt;Le frigo est vide, y a pas de boulot, juste la d&#233;merde pour survivre, je chie sur la guardia civil, je chie sur les flics !&lt;/i&gt; &#187; Ce &#224; quoi El Kichi r&#233;pond, sourire aux l&#232;vres : &#171; &lt;i&gt;J'engage la presse &#224; noter que la mairie n'est pas responsable de tous les propos tenus ici.&lt;/i&gt; &#187; Une vieille dame s'indigne : &#171; &lt;i&gt;J'ai travaill&#233; trente ans en France et j'ai mon fils, sa femme et leurs enfants chez moi depuis qu'on les a expuls&#233;s de leur appartement ; et le gouvernement taxe ma retraite !&lt;/i&gt; &#187; Un &#233;tudiant propose : &#171; &lt;i&gt;Le vent et le soleil aussi, ils veulent les taxer, mais plut&#244;t que des champs de panneaux solaires appartenant aux entreprises de toujours, on devrait d&#233;velopper des recherches pour l'autonomie &#233;nerg&#233;tique, non ?&lt;/i&gt; &#187; Alors que la tribune est envahie par celles et ceux venus encourager l'&#233;quipe d'une accolade, El Kichi est tout &#233;mu : &#171; &lt;i&gt; Merci &#224; toutes et tous d'&#234;tre autour de nous, nous avons besoin de la chaleur de la rue !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La Maison du peuple</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-Maison-du-peuple</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-Maison-du-peuple</guid>
		<dc:date>2018-05-02T16:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>syndicats</dc:subject>
		<dc:subject>Cadix</dc:subject>
		<dc:subject>General Motors</dc:subject>
		<dc:subject>Delphi</dc:subject>
		<dc:subject>Delphi fabriquait</dc:subject>
		<dc:subject>Jos&#233; Mar&#237;a</dc:subject>
		<dc:subject>Junta</dc:subject>
		<dc:subject>protocole Delphi</dc:subject>
		<dc:subject>gouvernement r&#233;gional</dc:subject>
		<dc:subject>syndicat UGT</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Filiale de General Motors (GM) dans la baie de Cadix, Delphi fabriquait des composants d'automotion &#8211; amortisseurs, syst&#232;mes de direction et roulements &#224; billes. Puis GM l'a brad&#233; et l'usine a p&#233;riclit&#233;. &#171; Nous &#233;tions pr&#232;s de 2 000 ouvriers, se souvient Jos&#233; Mar&#237;a. Si on compte les bo&#238;tes de sous-traitance, la fermeture de Delphi a affect&#233; pr&#232;s de 4 000 familles. &#187; Huit ans apr&#232;s la fermeture de leur usine, 500 ex-Delphi sont encore sur le carreau, spoli&#233;s de leur indemnit&#233; de licenciement (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndicats" rel="tag"&gt;syndicats&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cadix" rel="tag"&gt;Cadix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/General-Motors" rel="tag"&gt;General Motors&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Delphi" rel="tag"&gt;Delphi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Delphi-fabriquait" rel="tag"&gt;Delphi fabriquait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jose-Maria" rel="tag"&gt;Jos&#233; Mar&#237;a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Junta" rel="tag"&gt;Junta&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/protocole-Delphi" rel="tag"&gt;protocole Delphi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gouvernement-regional" rel="tag"&gt;gouvernement r&#233;gional&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/syndicat-UGT" rel="tag"&gt;syndicat UGT&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH276/-645-15b1f.jpg?1779603422' width='400' height='276' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Filiale de General Motors (GM) dans la baie de Cadix, Delphi fabriquait des composants d'automotion &#8211; amortisseurs, syst&#232;mes de direction et roulements &#224; billes. Puis GM l'a brad&#233; et l'usine a p&#233;riclit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions pr&#232;s de 2 000 ouvriers,&lt;/i&gt; se souvient Jos&#233; Mar&#237;a. &lt;i&gt;Si on compte les bo&#238;tes de sous-traitance, la fermeture de Delphi a affect&#233; pr&#232;s de 4 000 familles.&lt;/i&gt; &#187; Huit ans apr&#232;s la fermeture de leur usine, 500 ex-Delphi sont encore sur le carreau, spoli&#233;s de leur indemnit&#233; de licenciement et abreuv&#233;s de promesses par leurs syndicats et le gouvernement r&#233;gional, qui ont fait de leur malheur un business.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tous les politiciens de Cadix sont des incapables&lt;/i&gt; &#187;, proclame une banderole noire pendue en travers de la porte de la bourse du travail de Cadix. &#192; l'int&#233;rieur, dans la salle de cin&#233; en rez-de-chauss&#233;e o&#249; les ex-Delphi sont retranch&#233;s, l'invective se pr&#233;cise : &#171; &lt;i&gt;Ils ont fait de la trahison un mode de vie&lt;/i&gt; &#187;, accuse une pancarte manuscrite. &#171; Ils &#187; ? Les permanents des syndicats majoritaires, UGT et CCOO, qui aimeraient bien voir dispara&#238;tre de leur vue ces emp&#234;cheurs de cog&#233;rer en rond.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ceux de Delphi&lt;/i&gt; &#187; ont r&#233;quisitionn&#233; le rez-de-chauss&#233;e de l'immense building regroupant les diverses unions syndicales de la ville. &#171; &lt;i&gt;Tu crois qu'ils sont contents de nous voir l&#224; tous les jours ? On est ici pour leur mettre la pression, c'est un camarade de la CGT, Agust&#237;n, qui nous a fil&#233; les cl&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Depuis un an, pour monter aux &#233;tages, on doit passer devant le barrage symbolique de ces oubli&#233;s de la lutte qui, eux, ont la m&#233;moire dure. Sur la sc&#232;ne de cet amphith&#233;&#226;tre syndical, ils ont install&#233; une longue table o&#249; partager les repas, recevoir les visites ou consulter un des ordinateurs que des sympathisants leur ont offerts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;La d&#233;localisation de la production au Maroc et en Inde nous a &#233;t&#233; annonc&#233;e par vid&#233;oconf&#233;rence en f&#233;vrier 2007. Une n&#233;gociation a eu lieu entre l'entreprise, nos syndicats et la Junta&lt;/i&gt; [gouvernement r&#233;gional], &lt;i&gt;qui nous ont forc&#233; la main pour signer un protocole o&#249; nous renoncions &#224; notre indemnit&#233; de licenciement en &#233;change d'une reconversion de la totalit&#233; des camarades dans de nouvelles industries que la Junta promettait d'attirer ici.&lt;/i&gt; &#187; L'usine a ferm&#233; d&#233;finitivement le 7 juillet 2007. &#171; &lt;i&gt;Ce que nous ignorions, c'est que la Junta et les syndicats, en n&#233;gociant en notre nom, touchaient un pactole. L'Union europ&#233;enne subventionne les plans sociaux dans le but d'en att&#233;nuer l'impact. Nous avons appris r&#233;cemment que le seul syndicat UGT avait palp&#233; 80 millions !&lt;/i&gt; &#187; La plupart des signataires du protocole Delphi sont aujourd'hui inculp&#233;s dans le scandale des plans sociaux bidonn&#233;s (ERE), qui a vu la chefferie socialiste andalouse mouill&#233;e jusqu'au cou.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sept entreprises sont venues, mais elles ont encaiss&#233; les aides publiques, puis se sont fait la malle. &#171; &lt;i&gt;Nous devrions &#234;tre les ch&#244;meurs les plus intelligents de la baie de Cadix, avec tous leurs stages ! Parmi d'autres, on en a fait un de monteurs en fibre optique, un secteur en plein essor, qu'ils disaient. Mais leurs dipl&#244;mes n'&#233;taient pas homologu&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Rage et lassitude se m&#234;lent dans la voix rauque de Paco : &#171; &lt;i&gt;Y en a qui se sont enrichis gr&#226;ce &#224; notre malheur. Les locaux o&#249; &#233;taient organis&#233;s les cours bidons appartenaient &#224; la femme d'un conseiller r&#233;gional, le mat&#233;riel &#233;tait achet&#233; &#224; son beau-fr&#232;re&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin 2012, 800 gars ont pu partir en pr&#233;retraite. Bizarrement, la limite d'&#226;ge a &#233;t&#233; fix&#233;e &#224; 50 ans, pile-poil l'&#226;ge du capitaine CCOO au CE &#8211; la figure la plus visible du combat des Delphi, qui affirmait &#224; qui voulait l'entendre qu'il serait le dernier &#224; abandonner le navire. Le protocole a &#233;t&#233; rompu juste apr&#232;s que ce leader rentre chez lui avec 2 400 euros par mois de retraite. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, on n'a plus confiance en personne. Si on doit n&#233;gocier, comme demain au Parlement, on envoie un gars de la base, parce que les bureaucrates, on se m&#233;fie. C'est pas rien, ce qu'on a en face : le g&#233;ant socialiste, au pouvoir en Andalousie depuis quarante ans, capable de corrompre jusqu'au plus sinc&#232;re. La justice ? Vendue aussi. Il y a beaucoup de mafia, ici.&lt;/i&gt; &#187; Seul le groupe Podemos et ses douze d&#233;put&#233;s les soutient au Parlement andalou. &#171; &lt;i&gt;M&#234;me Izquierda unida nous a tourn&#233; le dos apr&#232;s avoir pactis&#233; pour entrer au gouvernement r&#233;gional.&lt;/i&gt; &#187; Un gars au visage marqu&#233; par les veilles plaisante : &#171; &lt;i&gt;On pourrait relancer la production en fabriquant des guillotines, &#231;a se vendrait bien !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous voulons un emploi ou la pr&#233;-retraite. On est venus ici pour qu'on nous voie. Sinon, on allait crever chacun dans son coin.&lt;/i&gt; &#187; Les syndicats &#224; l'&#233;tage du b&#226;timent ont le cul sale, dans cette affaire. &#171; &lt;i&gt;Le 1er mai 2014, la police a d&#251; s'interposer entre eux et nous. Avant, dans cette salle, il y avait peu d'assembl&#233;es de travailleurs, juste les r&#233;p&#233;titions d'un ch&#339;ur du carnaval. Avec nous, ce lieu est redevenu la maison du peuple.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mairie des sans-terre</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-mairie-des-sans-terre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-mairie-des-sans-terre</guid>
		<dc:date>2018-05-02T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Diego</dc:subject>
		<dc:subject>village</dc:subject>
		<dc:subject>SAT</dc:subject>
		<dc:subject>paysage refl&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Coronil</dc:subject>
		<dc:subject>d'El Coronil</dc:subject>
		<dc:subject>refl&#232;te l'histoire</dc:subject>
		<dc:subject>PSOE</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si les yeux sont le miroir de l'&#226;me, le paysage refl&#232;te l'histoire d'un pays. Celui qu'on traverse entre S&#233;ville et El Coronil en dit long sur la structure sociale de la r&#233;gion. Entre la plaine du Guadalquivir et la sierra de Cadix, les collines sont labour&#233;es &#224; perte de vue. Pas un arbre &#224; l'horizon. De-ci de-l&#224;, un cortijo de se&#241;oritos, avec sa longue all&#233;e bord&#233;e de palmiers et ses armoiries au-dessus du portail. Depuis la Reconquista, la monoculture latifundiaire r&#232;gne ici en ma&#238;tre, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Diego" rel="tag"&gt;Diego&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/village" rel="tag"&gt;village&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/SAT" rel="tag"&gt;SAT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/paysage-reflete" rel="tag"&gt;paysage refl&#232;te&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Coronil" rel="tag"&gt;Coronil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-El-Coronil" rel="tag"&gt;d'El Coronil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reflete-l-histoire" rel="tag"&gt;refl&#232;te l'histoire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/PSOE" rel="tag"&gt;PSOE&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH422/-641-196b7.jpg?1779603659' width='400' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les yeux sont le miroir de l'&#226;me, le paysage refl&#232;te l'histoire d'un pays. Celui qu'on traverse entre S&#233;ville et El Coronil en dit long sur la structure sociale de la r&#233;gion. Entre la plaine du Guadalquivir et la sierra de Cadix, les collines sont labour&#233;es &#224; perte de vue. Pas un arbre &#224; l'horizon. De-ci de-l&#224;, un &lt;i&gt;cortijo de se&#241;oritos&lt;/i&gt;, avec sa longue all&#233;e bord&#233;e de palmiers et ses armoiries au-dessus du portail. Depuis la Reconquista, la monoculture latifundiaire r&#232;gne ici en ma&#238;tre, pour les si&#232;cles des si&#232;cles. Et ce ne sont pas les quarante ans de pouvoir sans partage du PSOE en Andalousie qui y auront chang&#233; grand-chose. De loin en loin, un bourg appara&#238;t, comme un mirage surgi de nulle part. C'est l&#224; o&#249; se concentre le peuple sans terre, l&#224; o&#249; le &lt;i&gt;latifundio&lt;/i&gt; vient puiser la main-d'&#339;uvre dont il a &#8211; de moins en moins &#8211; besoin. L'histoire d'El Coronil, gros village de 5 000 habitants, ne peut se comprendre sans ce coup d'&#339;il panoramique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps de r&#233;colte. Devant le Centre ouvrier Diamantino Garc&#237;a, une &#233;quipe de volontaires revient de la coop&#233;rative El Indiano, fond&#233;e par le Syndicat andalou des travailleurs (SAT) dans une ferme occup&#233;e depuis vingt ans. &#171; &lt;i&gt;Artichaut pour tout le monde ! C'est bon pour le foie, mais mauvais pour mes reins&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, grince Vinagre, le bien nomm&#233;. En habit de travail, Diego Ca&#241;amero nous re&#231;oit chez lui, dans le modeste salon d'une des maisons autoconstruites sur le mode Castor, en coop&#233;rative. Apr&#232;s l'embrassade, un clin d'&#339;il vers Mari, notre h&#244;te ce soir : &#171; &lt;i&gt;Vous allez &#234;tre h&#233;berg&#233;s par la premi&#232;re ouvri&#232;re agricole &#233;lue d&#233;put&#233;e dans ce pays&lt;/i&gt; &#187;, sourit Diego, figure du SAT, syndicat de journaliers agricoles croulant sous les proc&#232;s et les amendes pour occupation illicite de terres ou entrave &#224; la circulation et &#224; la libert&#233; du travail&#8230; Il a &#233;t&#233; maire d'El Coronil pendant des ann&#233;es. Aujourd'hui, ayant c&#233;d&#233; le secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral du syndicat, il est redevenu militant de base. Occupations de grandes propri&#233;t&#233;s sous-exploit&#233;es, coop&#233;ratives, exp&#233;riences municipales&#8230; : les gens du SAT ne tombent pas de la derni&#232;re pluie. &#171; &lt;i&gt;Cette vague r&#233;cente pour la transformation sociale n'est le patrimoine de personne. Les primaires de Podemos ont &#233;t&#233; trop pyramidales, contr&#244;l&#233;es depuis Madrid. Nous nous y sommes pr&#233;sent&#233;s, mais loin de nos terres, qui peut juger de notre l&#233;gitimit&#233; ? Le discours s'est d&#233;caf&#233;in&#233;, pour s&#233;duire le &#8220;centre&#8221;. Pablo Iglesias parle de transversalit&#233;, mais nous, nous avons une histoire qui nous ancre &#224; gauche, avec nos revendications de r&#233;forme agraire, de revenu minimum garanti, de d&#233;fense de l'eau et des services publics. Il faut parler clair. Si tu te caches, tu finis par en payer le prix.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH410/-640-a66d2.jpg?1779638940' width='400' height='410' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En route vers la mairie, la d&#233;put&#233;e paysanne Mari Garc&#237;a nous montre un immeuble neuf : &#171; &lt;i&gt;Le promoteur a fait faillite et les banques qui l'avaient financ&#233; se disputent les appartements. En attendant, des jeunes du village les occupent&lt;/i&gt;. &#187; Vers le centre de la bourgade, les s&#233;quelles de la gestion municipale du PSOE, &#171; le parti des notables &#187;, sautent aux yeux : des abribus monumentaux, rendus inutiles par une remod&#233;lation de la rue principale pour le moins maladroite : les autocars ne peuvent plus man&#339;uvrer et s'arr&#234;tent &#224; l'entr&#233;e du village. La faute &#224; un terre-plein central recouvert d'une minable imitation de Gaud&#237; en mosa&#239;que et agr&#233;ment&#233; d'arbres m&#233;talliques d'un go&#251;t douteux&#8230; &#171; &lt;i&gt;Lorsque le PSOE a pris la mairie il y a huit ans gr&#226;ce au vote d'un transfuge, il a trouv&#233; un exc&#233;dent de 80 000 euros. Aujourd'hui, nous h&#233;ritons d'un d&#233;couvert de plus de 5 millions. Quand un b&#233;b&#233; na&#238;t ici, il a d&#233;j&#224; 1 000 euros de dette !&lt;/i&gt; &#187;, bout Maribel G&#243;mez, maire &#233;lue sur la liste Ganemos El Coronil, soutenue par le SAT. Le constat est terrible : que va-t-on pouvoir faire &#224; part g&#233;rer la mis&#232;re ? Miguel, adjoint d&#233;l&#233;gu&#233; aux Finances, est amer : &#171; &lt;i&gt;Nous avions des projets, comme l'acquisition de terres pour les cultiver en coop&#233;rative, ou promouvoir le tourisme rural, mais nous voil&#224; pris &#224; la gorge.&lt;/i&gt; &#187; Les employ&#233;s municipaux n'ont pas touch&#233; leur salaire depuis trois mois, une banderole pendue en fa&#231;ade de l'h&#244;tel de ville le rappelle aux passants. &#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est que non content d'avoir hypoth&#233;qu&#233; l'avenir du village, l'ex-maire socialiste a cass&#233; la dynamique participative en subventionnant des associations fant&#244;mes, qui fonctionnent en vase clos, entre amis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie : &#224; peine battu, cet ancien maire s'est vu offrir par ses copains de la r&#233;gion une sin&#233;cure dans l'administration des Finances&#8230; &#171; &lt;i&gt;Une de nos promesses &#233;tait la transparence : nous avons publi&#233; les comptes en plan fixe sur l'&#233;cran du canal municipal de t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, temp&#234;te Maribel. &lt;i&gt;Je suis la seule &#224; m'&#234;tre mise en cong&#233;s, mes adjoints sont toujours journaliers ou ch&#244;meurs. J'ai propos&#233; que les conseillers municipaux ne touchent leurs &#233;moluments qu'une fois que les employ&#233;s de la mairie auront encaiss&#233; les arri&#233;r&#233;s de salaire : l'opposition socialiste a menac&#233; de porter plainte !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gageons que les habitants de la petite ville sauront se d&#233;fendre. Comme le rappelle Diego, rebelle sans pause, &#171; &lt;i&gt;Ici, le 15-M, &#231;a fait trente ans qu'on le vit !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Corrala la bah&#237;a</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Corrala-la-bahia</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Corrala-la-bahia</guid>
		<dc:date>2018-05-02T12:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>loyer</dc:subject>
		<dc:subject>mairie</dc:subject>
		<dc:subject>Cadix</dc:subject>
		<dc:subject>d'&#234;tre expuls&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>venions d'&#234;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Stefania</dc:subject>
		<dc:subject>Corrala</dc:subject>
		<dc:subject>lance Stefania</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Nous &#233;tions quatre familles de Cadix qui venions d'&#234;tre expuls&#233;es. On a ouvert la Corrala La Bah&#237;a le 10 janvier 2015. J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re, l'instigatrice de tout &#231;a ! &#187;, lance Stefania avec fiert&#233;. Jeune fille au look tr&#232;s quartier, elle a le parler clair, comme qui monte au combat par la force des choses. Elle nous re&#231;oit dans sa mini-boutique de toilettage pour chiens. Comme beaucoup, m&#234;me avec un emploi, elle ne peut faire face aux factures et au loyer. En Andalousie, les immeubles (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/loyer" rel="tag"&gt;loyer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mairie" rel="tag"&gt;mairie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cadix" rel="tag"&gt;Cadix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-etre-expulsees" rel="tag"&gt;d'&#234;tre expuls&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/venions-d-etre" rel="tag"&gt;venions d'&#234;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Stefania" rel="tag"&gt;Stefania&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Corrala" rel="tag"&gt;Corrala&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lance-Stefania" rel="tag"&gt;lance Stefania&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-644-547bb.jpg?1779603326' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous &#233;tions quatre familles de Cadix qui venions d'&#234;tre expuls&#233;es. On a ouvert la Corrala La Bah&#237;a le 10 janvier 2015. J'ai &#233;t&#233; la premi&#232;re, l'instigatrice de tout &#231;a !&lt;/i&gt; &#187;, lance Stefania avec fiert&#233;. Jeune fille au look tr&#232;s quartier, elle a le parler clair, comme qui monte au combat par la force des choses. Elle nous re&#231;oit dans sa mini-boutique de toilettage pour chiens. Comme beaucoup, m&#234;me avec un emploi, elle ne peut faire face aux factures et au loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Andalousie, les immeubles vides occup&#233;s par des sans-toit sont rebaptis&#233;s &#171; &lt;i&gt;Corrala&lt;/i&gt; &#187;, en m&#233;moire des anciens &lt;i&gt;patios de vecinos&lt;/i&gt; o&#249; le petit peuple partageait les joies et les peines d'une vie souvent frugale. &#171; &lt;i&gt;Cet &#233;difice neuf, propri&#233;t&#233; d'une banque, &#233;tait &#224; l'abandon depuis sept ans. Nous avons forc&#233; la serrure avec l'intention d'y vivre tout en luttant pour obtenir un logement social. Aujourd'hui, nous sommes 28 familles, une centaine de personnes en comptant les enfants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;&#192; l'origine, les appartements &#233;taient pr&#234;ts &#224; la vente, tout &#233;quip&#233;s, mais apr&#232;s sept ans d'abandon tout avait &#233;t&#233; vol&#233; ou d&#233;truit, il manquait m&#234;me des portes. L'installation &#233;lectrique avait &#233;t&#233; arrach&#233;e et c'&#233;tait le royaume des pigeons : on avait de la fiente jusqu'aux chevilles. Nous avons tout nettoy&#233;, assaini, puis repeint.&lt;/i&gt; &#187; Un client entre dans la boutique pour acheter des croquettes au d&#233;tail et Stefania s'interrompt pour le servir. &#171; &lt;i&gt;La situation est difficile, on vit sans rien. Sans &#233;lectricit&#233;, les enfants doivent faire les devoirs avant le coucher du soleil, on lave &#224; la main, c'est compliqu&#233; de conserver les aliments.&lt;/i&gt; &#187; Le loyer moyen &#224; Cadix tourne autour de 500 euros, et ici, l'aide sociale est rachitique&#8230; &#171; &lt;i&gt;La majorit&#233; d'entre nous &#233;taient locataires, trop dans la d&#232;che pour &#8220;profiter&#8221; du boum de l'accession &#224; la propri&#233;t&#233;&#8230; Parfois, on chambre ceux d'entre nous qui se prenaient pour des bourgeois avec leurs hypoth&#232;ques. Mais nous devons rester unis, malgr&#233; nos origines diff&#233;rentes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant la crise, Stefania avait un CDI, mais &#224; partir de 2008, elle et les siens se sont tous retrouv&#233;s au ch&#244;mage les uns apr&#232;s les autres. &#171; &lt;i&gt;Je vis avec ma famille &#8211; mes parents, ma compagne et ses enfants. Pour nos a&#238;n&#233;s, c'est dur de d&#233;pendre des enfants pour survivre. Nous avions un an et demi de loyer impay&#233;. La propri&#233;taire n'avait plus d'autre option que nous expulser, mais avec l'aide d'un avocat d'office, la dette a &#233;t&#233; annul&#233;e.&lt;/i&gt; &#187; Arrive la compagne de Stefania. Elles louent ce local commercial, mais la client&#232;le est si fauch&#233;e que souvent elles gagnent &#224; peine de quoi payer le terme. &#171; &lt;i&gt;On vit au jour le jour. La mairie ant&#233;rieure avait refus&#233; de nous recenser, bloquant toute n&#233;gociation. La nouvelle mairie interc&#232;de aupr&#232;s de la banque, mais cette derni&#232;re nous ignore. Elle ne s'est m&#234;me pas pr&#233;sent&#233;e &#224; la convocation du juge. Alors on joue la montre.&lt;/i&gt; &#187; Une plainte a &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e pour occupation ill&#233;gale, malgr&#233; les preuves d'abandon de propri&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;C'est aussi un d&#233;lit de laisser des propri&#233;t&#233;s vides, car elles peuvent s'&#233;crouler, causer des d&#233;g&#226;ts, mais nous vivons une p&#233;riode o&#249; l'argent est roi !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Corrala, c'est aussi une &#233;cole de socialisation. &#171; &lt;i&gt;Nous vivons pratiquement en communaut&#233;. Nous fonctionnons en assembl&#233;es pour r&#233;soudre les probl&#232;mes du quotidien et nous participons aux actions contre d'autres expulsions.&lt;/i&gt; &#187; Stefania est heureuse du changement de mairie, car &#171; &lt;i&gt;c'est ma ville, et pendant vingt ans, j'ai vu beaucoup de corruption, et pas de travail. Les gens demandent des miracles, mais il faut du temps et un soutien fort de la population en faveur de notre mairie pour rendre possible des changements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'urgence lui a forg&#233; le caract&#232;re. &#171; &lt;i&gt;Mes parents me soutiennent. Je suis devenue tr&#232;s guerrillera, j'ai envie de me battre. Je tiens &#231;a de ma grand-m&#232;re, qui militait dans une association de lutte contre la toxicomanie &#8211; mon oncle &#233;tait junkie. Elle, elle s'est battue contre la drogue et tout ce monde-l&#224;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans La Corrala de la Bah&#237;a post&#233; sur YouTube, les occupants, r&#233;unis autour d'un sofa sur le toit-terrasse, chantent leur cause entre scansion rap et chanson &lt;i&gt;flamenca&lt;/i&gt;. On y d&#233;couvre un collectif soud&#233;, tendre, d&#233;termin&#233;, qui rend hommage, en images entrecoup&#233;es, &#224; la grande gr&#232;ve des chantiers navals des ann&#233;es 1990, quand les gr&#233;vistes avaient affront&#233; la police et bloqu&#233; le pont Carranza pendant plusieurs jours, isolant Cadix du reste du monde. &#171; &lt;i&gt;Si tu ne te rebelles pas contre l'&#201;tat et les normes, tu seras soumise toute ta vie, comme une marionnette. Je pense que les gens devraient se r&#233;volter, nous vivons une dictature camoufl&#233;e o&#249; tous les acquis de nos a&#238;n&#233;s sont rogn&#233;s. Ce qu'on nous refuse, c'est la base : un loyer social en rapport avec nos ressources, car si on n'a pas un toit, tout manque. Nous voulons juste vivre dignement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Prendre d'assaut la terre &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Prendre-d-assaut-la-terre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Prendre-d-assaut-la-terre</guid>
		<dc:date>2018-05-02T10:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lumpen</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Parce</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Parti</dc:subject>
		<dc:subject>Podemos</dc:subject>
		<dc:subject>mouvements</dc:subject>
		<dc:subject>moment in&#233;dit</dc:subject>
		<dc:subject>mouvements sociaux</dc:subject>
		<dc:subject>Ahora Madrid</dc:subject>
		<dc:subject>Manuela Carmena</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Jacobo Rivero, journaliste ind&#233;pendant &#224; Madrid. Jacobo a publi&#233; aussi bien dans l'institutionnel El Pa&#237;s que dans l'ind&#233;pendant Diagonal. Il a &#233;t&#233; correspondant de la t&#233;l&#233;vision v&#233;n&#233;zu&#233;lienne TeleSur, a publi&#233; un livre sur le basket-ball, un autre sur Podemos. La nouvelle mairie de Madrid vient de l'embaucher pour relancer une radio locale. Rencontre hydrat&#233;e au gin-tonic sur son balcon du quartier populeux de Lavapi&#233;s. &#171; Nous vivons un moment in&#233;dit qu'il faut mettre (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lumpen" rel="tag"&gt;Lumpen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parce" rel="tag"&gt;Parce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Parti" rel="tag"&gt;Parti&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Podemos" rel="tag"&gt;Podemos&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mouvements" rel="tag"&gt;mouvements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/moment-inedit" rel="tag"&gt;moment in&#233;dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mouvements-sociaux" rel="tag"&gt;mouvements sociaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ahora-Madrid" rel="tag"&gt;Ahora Madrid&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manuela-Carmena" rel="tag"&gt;Manuela Carmena&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Jacobo Rivero, journaliste ind&#233;pendant &#224; Madrid.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jacobo a publi&#233; aussi bien dans l'institutionnel &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt; que dans l'ind&#233;pendant &lt;i&gt;Diagonal&lt;/i&gt;. Il a &#233;t&#233; correspondant de la t&#233;l&#233;vision v&#233;n&#233;zu&#233;lienne TeleSur, a publi&#233; un livre sur le basket-ball, un autre sur Podemos. La nouvelle mairie de Madrid vient de l'embaucher pour relancer une radio locale. Rencontre hydrat&#233;e au gin-tonic sur son balcon du quartier populeux de Lavapi&#233;s.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; Nous vivons un moment in&#233;dit qu'il faut mettre &#224; profit. Podemos, Barcelona en com&#250;, Ahora Madrid ont su s'immiscer dans le jeu &#233;lectoral, mais rien n'est gagn&#233; pour autant. Les institutions repr&#233;sentatives sont des lieux qui nous sont hostiles, avec des r&#232;gles du jeu volontairement compliqu&#233;es. Le risque est grand que, comme en Gr&#232;ce, ceux qui gouvernent r&#233;ellement, les multinationales et les institutions financi&#232;res, emp&#234;chent de changer la donne. Le fait est que les plus grandes villes de l'&#201;tat espagnol, mais aussi des centaines de villages o&#249; le caciquisme avait une pr&#233;sence asphyxiante, se retrouvent gouvern&#233;s par des &#233;quipes d'unit&#233; populaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH500/-647-a53ff.jpg?1779602789' width='400' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lumpen.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avec le PP ou les socialos, si tu voulais cr&#233;er un centre social autog&#233;r&#233;, un club sportif de base ou ouvrir l'&#233;cole aux parents, la r&#233;ponse &#233;tait non. Aujourd'hui, nous avons des municipalit&#233;s ouvertes &#224; ce genre d'initiatives. Or c'est par la multiplication de ces &#171; institutions &#187; participatives que nous imposerons une nouvelle h&#233;g&#233;monie sociale. Une soci&#233;t&#233; diff&#233;rente se construit dans les espaces o&#249; les gens fonctionnent sans leader, hors de la repr&#233;sentation professionnelle : une asso sportive de quartier avec une approche antiraciste, f&#233;ministe, non comp&#233;titive, un jardin collectif... D'o&#249; le slogan &#171; &lt;i&gt;Nous avan&#231;ons lentement parce que nous voulons aller loin&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On peut accuser Podemos de tenir un discours populiste, mais &#224; la diff&#233;rence des populismes de droite qui germent partout en Europe, ce discours n'est pas excluant. Il milite par exemple pour le droit aux soins pour tous, y compris les sans-papiers. On peut aussi leur reprocher d'&#234;tre en passe de devenir un parti de plus, avec sa hi&#233;rarchie et sa logique d'autoreproduction, et c'est la facette qui me pla&#238;t le moins. Au V&#233;n&#233;zu&#233;la, ils ont invent&#233; le concept du parti-mouvement, o&#249; les mouvements sociaux sont li&#233;s au parti, lequel d&#233;veloppe avec eux une relation client&#233;liste. Je pr&#233;f&#232;re que le parti soit clairement un parti. L'important, c'est que le mouvement social soit ind&#233;pendant, qu'il ait ses propres espaces.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Marx avait une d&#233;finition pragmatique du communisme : c'est la transformation de l'&#233;tat des choses actuel. Cette responsabilit&#233; nous incombe &#224; tous. On ne peut pas aller toquer &#224; la porte de la nouvelle mairie et dire : &#171; &lt;i&gt;H&#233;, vous &#234;tes au pouvoir depuis hier et les banques n'ont pas &#233;t&#233; ferm&#233;es... Vous &#234;tes au pouvoir depuis deux jours et il y a encore des expulsions locatives... Comment ? La police n'a pas encore &#233;t&#233; abolie ?!&lt;/i&gt; &#187; Podemos dit qu'il s'agit de prendre le ciel d'assaut, et par l&#224;, ils veulent dire le pouvoir, pourtant l'enjeu est plut&#244;t de prendre d'assaut la terre, parce que les mouvements sociaux sont ancr&#233;s dans des territoires concrets. Quand Ada Colau d&#233;clare que rien ne se fera sans la rue, et que la rue ne doit jamais cesser de surveiller et de critiquer l'action de la nouvelle municipalit&#233;, elle exprime cette id&#233;e-l&#224;. Parce que Barcelone a une puissante tradition de luttes sociales, bien plus ancienne que Madrid. Et aussi parce que la bourgeoisie catalane est beaucoup plus moderne que la madril&#232;ne, dont les liens avec le franquisme n'ont jamais &#233;t&#233; rompus. Dans ce pays o&#249; le discr&#233;dit frappe toute la classe politique, deux femmes charismatiques et sans carri&#232;re politicienne deviennent maires des deux plus grandes villes du pays. Ici, dans une ville o&#249; m&#234;me le Parti communiste a tremp&#233; dans les scandales de corruption, la victoire s'est construite sur la personnalit&#233; de Manuela Carmena : une ancienne avocate sp&#233;cialis&#233;e dans le droit du travail, dont les compagnons ont &#233;t&#233; assassin&#233;s &#224; Atocha par un commando fasciste en 1977. C'est la premi&#232;re femme doyenne des juges, la premi&#232;re juge &#224; avoir dialogu&#233; avec les familles de junkies, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'important, ce n'est pas ce que va faire Manuela Carmena, mais ce qu'elle va nous laisser faire. Contrairement &#224; ce que pensent mes amis de l'autonomie madril&#232;ne, Manuela a une vision de la soci&#233;t&#233; beaucoup plus large que nombre d'entre eux ! Elle est venue l'autre jour ici, &#224; Lavapi&#233;s &#8211; dans ce quartier o&#249; aucun maire n'avait foutu les pieds depuis des lustres &#8211;, avec Kevin Durant, une star de la NBA, qui &#233;tait en tourn&#233;e promotionnelle et lui a offert un ballon qu'elle s'est empress&#233;e de donner aux Dragones, une &#233;quipe de migrants du quartier. Leur terrain est autog&#233;r&#233;, la police n'y fout pas les pieds, les filles peuvent venir jouer avec les mecs, les comportements racistes ou homophobes y sont bannis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces terrains de foot et de basket sont occup&#233;s par les gens du quartier. L'ancienne mairie n'est jamais venue les inaugurer. Ils &#233;taient cadenass&#233;s, alors les gens ont coup&#233; la cha&#238;ne, nettoy&#233; et occup&#233; les lieux. Ils ont &#233;t&#233; expuls&#233;s &#224; trois reprises et ils ont r&#233;occup&#233;. Jusqu'&#224; ce que les flics baissent les bras. C'est dans ce genre d'endroit que les choses se passent. Parce qu'il y a une erreur de concept : beaucoup confondent mouvements sociaux avec groupes d'activistes squattant un lieu, montant une librairie, une maison d'&#233;dition&#8230; Or la plupart de ces collectifs se comportent plus comme des partis politiques que comme des mouvements ouverts, porteurs de changements profonds. Ce n'est qu'avec la crise qu'on a vu appara&#238;tre de vrais mouvements sociaux, h&#233;t&#233;rog&#232;nes, larges, ouverts, comme le 15-M, les &lt;i&gt;mareas&lt;/i&gt; contre la privatisation des services publics, la PAH&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Podemos est juste une cl&#233; anglaise qu'on doit utiliser si &#231;a nous arrange. On peut reconna&#238;tre &#224; ce parti d'avoir su disputer publiquement &#224; l'establishment certains mots que les activistes lui avaient abandonn&#233; : justice, d&#233;mocratie&#8230; Comme les zapatistes. Mais il ne faut pas r&#234;ver non plus ! Ici ou &#224; Barcelone, certains ont utilis&#233; le slogan zapatiste &#171; &lt;i&gt; Gouverner en ob&#233;issant&lt;/i&gt; &#187;. Au Chiapas, celui qui est &#233;lu doit rendre des comptes &#224; sa communaut&#233;. Mais ici ? &#192; qui doit-on rendre des comptes ? &#192; l'assembl&#233;e de Lavapi&#233;s ? Il n'y a plus que des activistes dans cette assembl&#233;e. Sa composition sociale n'a rien &#224; voir avec celle de l'&#233;cole de ma fille, o&#249; il y a 70% d'immigr&#233;s. Dans l'assembl&#233;e, c'est 100% de Blancs, 80% sont all&#233;s &#224; la fac &#8211; m&#234;me population qu'on retrouve chez les cadres de Podemos, d'ailleurs. En revanche, dans des quartiers pauvres comme Vallecas, Podemos et la PAH partagent la m&#234;me large base sociale, tr&#232;s populaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
