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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Mais qu'est-ce qu'on va faire de... La sant&#233; publique ?</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;</dc:subject>
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&lt;p&gt;Extrait du journal t&#233;l&#233;vis&#233; de France 2, le 11 juin 2009 : &#171; L'ambiance est grave pour cette r&#233;union de l'Organisation mondiale de la sant&#233;, le Dr Margaret Chan, directrice g&#233;n&#233;rale de l'OMS, annonce la premi&#232;re pand&#233;mie du XXIe si&#232;cle : &#8220;J'ai d&#233;cid&#233; d'augmenter le niveau d'alerte de 5 &#224; 6. Le monde est maintenant au d&#233;but d'une pand&#233;mie grippale.&#8221; &#187; &#224; l'&#233;poque ministre de la Sant&#233; et des Sports, Roselyne Bachelot avait sonn&#233; la mobilisation g&#233;n&#233;rale : des vaccinodromes &#233;taient dress&#233;s en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mais-qu-est-ce-qu-on-va-faire-de-76" rel="tag"&gt;Mais qu'est-ce qu'on va faire de&#8230;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Roselyne-Bachelot" rel="tag"&gt;Roselyne Bachelot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Margaret-Chan" rel="tag"&gt;Margaret Chan&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/J-ai-decide" rel="tag"&gt;J'ai d&#233;cid&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/XXIe-siecle" rel="tag"&gt;XXIe si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/journal-televise" rel="tag"&gt;journal t&#233;l&#233;vis&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Organisation-mondiale" rel="tag"&gt;l'Organisation mondiale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/decide-d-augmenter" rel="tag"&gt;d&#233;cid&#233; d'augmenter&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/niveau-d-alerte" rel="tag"&gt;niveau d'alerte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/directrice-generale" rel="tag"&gt;directrice g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Extrait du journal t&#233;l&#233;vis&#233; de France 2, le 11 juin 2009 : &#171; &lt;i&gt;L'ambiance est grave pour cette r&#233;union de l'Organisation mondiale de la sant&#233;, le Dr Margaret Chan, directrice g&#233;n&#233;rale de l'OMS, annonce la premi&#232;re pand&#233;mie du XXIe si&#232;cle : &#8220;J'ai d&#233;cid&#233; d'augmenter le niveau d'alerte de 5 &#224; 6. Le monde est maintenant au d&#233;but d'une pand&#233;mie grippale.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; &#224; l'&#233;poque ministre de la Sant&#233; et des Sports, Roselyne Bachelot avait sonn&#233; la mobilisation g&#233;n&#233;rale : des vaccinodromes &#233;taient dress&#233;s en urgence sur tout le territoire. L'&#201;tat avait pass&#233; la commande de 94&#8200;millions de doses de vaccins. La grippe H1N1 venue des confins asiatiques &#233;tait aux portes du pays ; l'h&#233;catombe nous guettait. Et puis&#8230; rien. Passons outre les multiples pol&#233;miques li&#233;es &#224; la nocivit&#233; du vaccin et laissons le toxicologue Andr&#233; Cicolella faire le bilan de la pand&#233;mie : &#171; &lt;i&gt;L'impact de celle-ci fut inf&#233;rieur aux grippes habituelles&lt;/i&gt; [&#8230;]. &lt;i&gt;En France, le bilan au bout de six mois &#233;tait de 91&#8200;d&#233;c&#232;s, tandis que sur la m&#234;me p&#233;riode 75 000 personnes &#233;taient mortes de cancer, premi&#232;re cause de mortalit&#233; en France, dans une indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale. L&#224; est pourtant la vraie pand&#233;mie, en France comme dans le monde.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Cicolella, Toxique Plan&#232;te, Seuil, 2013.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; &#224; la t&#234;te du R&#233;seau Environnement Sant&#233;, Cicolella &#233;met une hypoth&#232;se que l'on peut r&#233;sumer ainsi : les diff&#233;rents promoteurs officiels de la sant&#233; publique nous enfument. Tandis que des maladies dites chroniques (cancer, diab&#232;te, ob&#233;sit&#233;, maladies cardiovasculaires et respiratoires, etc.) explosent et font des ravages sanitaires, le pouvoir m&#233;diatico-politique se compla&#238;t &#224; jouer avec nos peurs ancestrales des maladies infectieuses. Enfouies dans notre m&#233;moire collective, les grandes &#233;pid&#233;mies de peste, chol&#233;ra ou grippe espagnole ont laiss&#233; une empreinte profonde. Quatre d&#233;c&#232;s dus &#224; la peste aux &#201;tats-Unis cette ann&#233;e suffisent au &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; pour titrer : &#171; &lt;i&gt; Faut-il avoir peur d'un retour de la peste ?&lt;/i&gt; &#187; On n'oublie pas le traitement m&#233;diatique de la fi&#232;vre h&#233;morragique Ebola qui mena&#231;ait de contaminer le pays. Matraqu&#233;e &#224; longueur d'antenne, la maladie dispara&#238;t soudain des &#233;crans radar comme par magie. S'il ne s'agit pas de nier la gravit&#233; des grandes contagions virales, il faut comprendre comment leur instrumentalisation, digne d'un &lt;i&gt;blockbuster&lt;/i&gt; amerloque, fait office de diversion. Venant souvent de pays pauvres (Afrique ou Asie), ces &#233;pid&#233;mies t&#233;l&#233;g&#233;niques participent de cette farce disant que le danger sanitaire viendra forc&#233;ment d'un ailleurs sous-d&#233;velopp&#233;, qu'&#224; l'int&#233;rieur de nos fronti&#232;res climatis&#233;es un efficace dispositif prophylactique nous prot&#232;ge de toute h&#233;catombe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'h&#233;catombe justement, parlons-en. Depuis les ann&#233;es 80, l'incidence du cancer, pour ne parler que de lui, a cr&#251; de plus de 100 % en France ; des chiffres qui font &#233;crire au journaliste Fabrice Nicolino : &#171; &lt;i&gt;Tous les responsables devraient au moins tenter de fournir des r&#233;ponses cr&#233;dibles &#224; ce qui est clairement une &#233;pid&#233;mie&lt;/i&gt;.&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fabrice Nicolino, Un empoisonnement universel, Les liens qui lib&#232;rent, 2014.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; Quand le fl&#233;au des maladies chroniques est abord&#233;, c'est avant tout pour atomiser et culpabiliser les malades : tabac, alcool, s&#233;dentarit&#233;, malbouffe, les pouvoirs publics nous gavent de leurs bonnes recommandations &#224; longueur de journ&#233;e. C'est parce que tonton n'a pas mang&#233; ses cinq fruits et l&#233;gumes (bourr&#233;s de pesticides) par jour qu'il va crever d'un cancer du c&#244;lon ou parce qu'il a trop expos&#233; sa couenne au soleil &#233;tant minot qu'il soigne son m&#233;lanome &#224; grandes doses de chimio. En somme, s'il est condamn&#233; par le crabe, c'est qu'il l'a bien cherch&#233;. Or voil&#224; plusieurs d&#233;cennies que des &#233;tudes ind&#233;pendantes s'empilent et dressent le m&#234;me constat : deux cancers sur trois ont des causes environnementales. Quant au r&#244;le des perturbateurs endocriniens, l'EFSA (Autorit&#233; europ&#233;enne de s&#233;curit&#233; des aliments) continue sa politique de l'autruche tandis que des rapports de plus en plus alarmants font montre de leur dangerosit&#233; &#224; des doses infinit&#233;simales. A la botte de ces fossoyeurs qui font de la plan&#232;te (et de nos corps) un r&#233;ceptacle &#224; polluants : les industriels de la chimie. Un million de tonnes de chimie de synth&#232;se &#233;tait produite en 1930 dans le monde ; entre 400 et 500&#8200;millions aujourd'hui. Chiffre d'affaires du secteur dans l'Hexagone pour l'ann&#233;e 2014 : 82,4&#8200;milliards d'euros. Vu le marasme &#233;conomique du moment, il serait suicidaire de mettre l'industrie chimique &#224; la di&#232;te. Pire : de lui demander des comptes sur les saloperies qu'elle propage. Consciente de cet ind&#233;niable enjeu de sant&#233; publique, l'Europe a adopt&#233; la r&#233;glementation Reach cens&#233;e permettre l'&#233;valuation de quelque 30 000 substances chimiques&#8230; sur 47&#8200;millions recens&#233;es dans le monde. Il s'agit avant tout de ne pas affoler le populo.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Andr&#233; Cicolella, &lt;i&gt;Toxique Plan&#232;te&lt;/i&gt;, Seuil, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fabrice Nicolino,&lt;i&gt; Un empoisonnement universel&lt;/i&gt;, Les liens qui lib&#232;rent, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Post-human wars ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Post-human-wars</link>
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		<dc:date>2018-02-12T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Chronique du monde-laboratoire</dc:subject>
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&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur repr&#233;sentation manich&#233;enne du monde ! Dans un manifeste publi&#233; cet &#233;t&#233;, des centaines de chercheurs mass&#233;s derri&#232;re un Stephen Hawking ou un Noam Chomsky nous ont resservi la distinction entre la bonne science qui apporte toujours davantage de progr&#232;s &#224; l'humanit&#233; et la mauvaise science qui conduit &#224; fabriquer des robots tueurs, pardon, des syst&#232;mes d'armes rendus autonomes gr&#226;ce aux perfectionnements de l'intelligence artificielle (IA). Sans aller jusqu'&#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/robots" rel="tag"&gt;robots&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/representation-manicheenne" rel="tag"&gt;repr&#233;sentation manich&#233;enne&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Noam-Chomsky" rel="tag"&gt;Noam Chomsky&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un-robot" rel="tag"&gt;d'un robot&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etatsuniens" rel="tag"&gt;&#201;tatsuniens&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aerial-Vehicles" rel="tag"&gt;Aerial Vehicles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur repr&#233;sentation manich&#233;enne du monde ! Dans un manifeste&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus pr&#233;cis&#233;ment une lettre ouverte publi&#233;e en marge de l'IJCAI. Cette (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; publi&#233; cet &#233;t&#233;, des centaines de chercheurs mass&#233;s derri&#232;re un Stephen Hawking ou un Noam Chomsky nous ont resservi la distinction entre la bonne science qui apporte toujours davantage de progr&#232;s &#224; l'humanit&#233; et la mauvaise science qui conduit &#224; fabriquer des robots tueurs, pardon, des syst&#232;mes d'armes rendus autonomes gr&#226;ce aux perfectionnements de l'intelligence artificielle (IA). Sans aller jusqu'&#224; un argument hiroshimesque, on pourrait se contenter de rappeler que nombre de programmes de recherche &#8211;&#8200;Internet en est un exemple bien connu &#8211;, ont &#233;t&#233; et sont encore lanc&#233;s par et pour l'arm&#233;e. Pour autant, on n'a pas vu beaucoup de labos en gr&#232;ve contre les usages sataniques de leurs d&#233;couvertes depuis la fin de la guerre froide !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur fascination pour la technologie ! Alors que plus de 6 000 robots de combat terrestre rescap&#233;s de la guerre en Irak sont en train de rouiller dans d'immenses hangars de stockage aux USA, la recherche sur les Unmanned Ground Vehicles (UGV) et les Unmanned Aerial Vehicles (UAV) se poursuit dans les innombrables officines du complexe militaro-industriel. A la jonction du terrestre et du volant, on trouve le programme Hybrid-Insect Micro Electro-Mechanical Systems de la DARPA&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Defense Advanced Research Projects Agency est &#224; l'origine de la cr&#233;ation (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui permettrait de larguer des centaines de milliers de col&#233;opt&#232;res t&#233;l&#233;command&#233;s et interconnect&#233;s sur une zone &#224; surveiller. Int&#233;grant les derni&#232;res trouvailles en &#233;lectronique miniaturis&#233;e (voire en nanotechnologie), cette biomachine infernale serait aliment&#233;e en &#233;nergie gr&#226;ce &#224; une d&#233;composition de sucres issus de la bestiole &#171; frankensteinis&#233;e &#187; elle-m&#234;me. Imaginons un moment ce nouveau fl&#233;au biblique constitu&#233; de millions de sauterelles dronis&#233;es mais d&#233;traqu&#233;es se jetant sur des millions d'hectares de c&#233;r&#233;ales OGM ! A moins que leurs concepteurs n'aient pr&#233;vu un syst&#232;me d'autodestruction se d&#233;clenchant &#224; l'approche d'un produit Monsanto&#8230; Sans s'engager dans ce genre de sc&#233;nario qui tiennent pour l'instant davantage d'Hollywood que du Pentagone, on peut n&#233;anmoins remarquer que la r&#233;orientation par Obama de la guerre globale contre le terrorisme vers un retrait des troupes sur le terrain a favoris&#233; ce type de solutions robotis&#233;es ou dronis&#233;es. Pour autant, la guerre par robots interpos&#233;s n'est pas exempte de difficult&#233;s li&#233;es autant &#224; la nature de la guerre elle-m&#234;me qu'aux capacit&#233;s des mat&#233;riels existants ou en d&#233;veloppement. D&#233;j&#224;, pendant le conflit vietnamien, les milliers de capteurs, d&#233;vers&#233;s par l'aviation US pour surveiller les d&#233;placements de troupes ennemies le long de la piste Ho Chi-Minh, avaient &#233;t&#233; en grande partie r&#233;cup&#233;r&#233;s par les combattants vi&#234;t-congs puis d&#233;plac&#233;s vers des zones inoccup&#233;es par eux. Mais l'Administration am&#233;ricaine n'&#233;tait pas &#224; une tonne de bombe pr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On apprend aussi que le march&#233; mondial des robots militaires terrestres va (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Plus r&#233;cemment, pendant la guerre en Irak, les insurg&#233;s avaient r&#233;ussi &#224; pirater les flux de donn&#233;es transmises par les drones Predator &#224; l'aide d'un logiciel grand public ne co&#251;tant que quelques dizaines de dollars. Des informations qui ont ensuite fait le bonheur du complexe militaro-industriel iranien. En Afghanistan, l'exp&#233;rimentation d'un robot terrestre arm&#233; a &#233;t&#233; tr&#232;s rapidement stopp&#233;e d&#232;s lors que les militaires US se sont aper&#231;us que l'engin de 50&#8200;kilos avait la f&#226;cheuse tendance, le tra&#238;tre, &#224; se jeter dans les bras de l'ennemi au lieu de le d&#233;couper en morceaux. Les GI, avec cette ironie propre &#224; la chair &#224; canon, ont aussit&#244;t rebaptis&#233; l'ing&#233;nue m&#233;canique en &#171; &lt;i&gt;syst&#232;me automatique de r&#233;approvisionnement des Talibans&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, les galonn&#233;s de Washington semblent avoir continuellement n&#233;glig&#233; que la zone des combats est un espace fluide dans lequel la ruse tactique peut mettre en &#233;chec n'importe quelle technologie. Toujours le cheval d'Ulysse viendra &#224; bout des murailles de Troie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, ces foutus &#201;tatsuniens et leur in&#233;branlable croyance dans le dieu Argent ! Qu'importe ces rat&#233;s ou ces imperfections temporaires, les commerciaux des plus grosses bo&#238;tes du secteur de la robotique et de l'IA continuent d'aff&#251;ter leurs arguments : &#171; &lt;i&gt;L'utilisation des robots militaires est bas&#233;e sur la mise en service d'un robot qui est moins cher &#224; d&#233;ployer sur le champ de bataille qu'un soldat entra&#238;n&#233; et sur la volont&#233; de maintenir les soldats form&#233;s hors de danger.&lt;/i&gt; &#187; Quoi qu'il en soit, si la guerre est bien devenue post-h&#233;ro&#239;que, ce sont toujours des hommes qui meurent, de plus en plus parmi les populations civiles.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus pr&#233;cis&#233;ment une lettre ouverte publi&#233;e en marge de l'IJCAI. Cette conf&#233;rence, consacr&#233;e &#224; l'intelligence artificielle du 25 au 31 juillet &#224; Buenos Aires, a certainement permis aux transhumanistes de Google de compl&#233;ter leur mercato estival.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Defense Advanced Research Projects Agency est &#224; l'origine de la cr&#233;ation du r&#233;seau Internet.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On apprend aussi que le march&#233; mondial des robots militaires terrestres va plus que tripler dans les cinq ans qui viennent (&#171; La Guerre des robots &#187; &#8211; robots.blog.lemonde.fr &#8211; Edouard Pfimlin).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Too Many Zooz, une m&#233;chante claque dans le jazz</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Too-Many-Zooz-une-mechante-claque</link>
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		<dc:date>2018-02-09T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>Festival</dc:subject>
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		<dc:subject>Goran Bregovi&#263;</dc:subject>
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		<dc:subject>Goran</dc:subject>
		<dc:subject>Bregovi&#263;</dc:subject>
		<dc:subject>Many</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En ce 23&#8200;juillet, &#224; Marseille, c'est au tour de Goran Bregovi&#263; de monter sur sc&#232;ne, devant le public du festival de jazz des Cinq continents&#8200;&#8211;&#8200;dit aussi festival &#171; des Incontinents &#187;, &#233;tant donn&#233;e la moyenne d'&#226;ge des spectateurs. Sauf. Sauf que. Sauf que la grosse surprise du jour, elle a d&#233;j&#224; eu lieu, assur&#233;e en premi&#232;re partie de soir&#233;e par le groupe Too Many Zooz. Et, derri&#232;re ces trois New-Yorkais, le show du pr&#233;pos&#233; &#224; la musique des films d'&#201;mir Kusturica a un go&#251;t de bonne vieille (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Page-Musique" rel="tag"&gt;Page Musique&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Festival" rel="tag"&gt;Festival&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Many-Zooz" rel="tag"&gt;Many Zooz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Goran-Bregovic" rel="tag"&gt;Goran Bregovi&#263;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Too-Many" rel="tag"&gt;Too Many&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/moyenne-d-age" rel="tag"&gt;moyenne d'&#226;ge&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Incontinents" rel="tag"&gt;Incontinents&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Goran" rel="tag"&gt;Goran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bregovic" rel="tag"&gt;Bregovi&#263;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Many" rel="tag"&gt;Many&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En ce 23&#8200;juillet&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2015. Note du webmaster.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, &#224; Marseille, c'est au tour de Goran Bregovi&#263; de monter sur sc&#232;ne, devant le public du festival de jazz des Cinq continents&#8200;&#8211;&#8200;dit aussi festival &#171; des Incontinents &#187;, &#233;tant donn&#233;e la moyenne d'&#226;ge des spectateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf. Sauf que. Sauf que la grosse surprise du jour, elle a d&#233;j&#224; eu lieu, assur&#233;e en premi&#232;re partie de soir&#233;e par le groupe &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=IMyqasy2Lco&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Too Many Zooz&lt;/a&gt;. Et, derri&#232;re ces trois New-Yorkais, le show du pr&#233;pos&#233; &#224; la musique des films d'&#201;mir Kusturica a un go&#251;t de bonne vieille Slivovitz, certes, mais ouverte et oubli&#233;e depuis quelque temps d&#233;j&#224;. Malgr&#233; sa batterie de cuivres&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et encore&#8230; Il semble bien que, sur certains morceaux, on entendait des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, sa voix tann&#233;e, ses choristes en habits traditionnels et son swing des Balkans, la d&#233;monstration reste fadasse apr&#232;s la m&#233;chante claque balanc&#233;e par &lt;a href=&#034;http://toomanyzooz.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Too Many Zooz&lt;/a&gt;. Une taloche en partie improvis&#233;e qui a retourn&#233; les spectateurs &#224; talons hauts et petit pull de Longchamp (4e), comme si Mamie Nova avait subitement troqu&#233; sa cuill&#232;re de yaourt contre une trace de blanche.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2054 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH310/-334-830d6.jpg?1768731652' width='500' height='310' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, ils n'&#233;taient que trois pour faire vivre la&#8200;&#8211; tr&#232;s&#8200;&#8211; grande sc&#232;ne mont&#233;e sur le plateau du Palais. Une gageure quand on sait qu'ils ont d&#233;but&#233; dans un petit coin des couloirs du m&#233;tro new-yorkais. Mais ils y ont pris leurs aises, tant physiquement que musicalement. Et, pendant une petite heure, pass&#233;e bien trop vite, ils ont surpris, s&#233;duit puis captiv&#233; tout ou partie du public : Matt Doe n'a rien l&#226;ch&#233;, m&#234;me pas sa bi&#232;re ou son clope, quand il mettait &#224; mal sa trompette ; King Of Sludge, impassible, a &#233;puis&#233; sa grosse caisse portative ; quant &#224; L&#233;o P., arm&#233; de son saxophone baryton, il a assur&#233; &#224; lui tout seul la chor&#233;graphie du &lt;i&gt;band.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur secret ? Il porte un nom : le &#171; brass house &#187;, un m&#233;lange boost&#233; au jazz, &#224; la soul, au hip-hop et &#224; la techno. Une mixture a priori in&#233;dite, et qui fonctionne du feu de l'enfer : elle commence par te d&#233;coller le papier peint de la t&#234;te fa&#231;on &lt;i&gt;free party&lt;/i&gt;, puis les cuivres, parfois doux, le plus souvent joliment agressifs, fissurent le reste. Il ne reste plus qu'&#224; secouer ses abattis pour ne pas tomber en morceaux ! &#171; &lt;i&gt;Ce qui fait notre diff&#233;rence, c'est notre approche de la musique&lt;/i&gt;, d&#233;clarait Matt Doe au site 20minutes.fr en juin dernier. &lt;i&gt;On veut faire danser et on fait beaucoup d'impro. Si on se loupe, on s'adapte et on s'en sert pour en sortir quelque chose de cool.&lt;/i&gt; &#187; Too Many Zooz s&#233;vit depuis tout juste deux ans, mais a d&#233;j&#224; sorti trois EP et assur&#233; une cinquantaine de dates en France cet &#233;t&#233;. Vous les avez rat&#233;s ? Vous bilez pas, ils vous pr&#233;parent un album studio. Et puis, si vous tra&#238;nez dans un couloir de m&#233;tro, tendez l'oreille : ils y jouent encore parfois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2015. Note du webmaster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et encore&#8230; Il semble bien que, sur certains morceaux, on entendait des instruments invisibles sur sc&#232;ne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; la rencontre des peuples &#224; l'&#233;cart</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/A-la-rencontre-des-peuples-a-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/A-la-rencontre-des-peuples-a-l</guid>
		<dc:date>2018-02-09T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


		<dc:subject>Cap sur l'utopie !</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>Papouasie</dc:subject>
		<dc:subject>Gros Ventres</dc:subject>
		<dc:subject>Awa Guaja</dc:subject>
		<dc:subject>titre l'indique</dc:subject>
		<dc:subject>narre l'encanaillement</dc:subject>
		<dc:subject>cin&#233;aste ethnologue</dc:subject>
		<dc:subject>Michael Rockefeller</dc:subject>
		<dc:subject>Jean-Pierre Dutilleux</dc:subject>
		<dc:subject>peuples perdus</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ainsi que son titre l'indique, Sur la trace des peuples perdus (Hugo &amp; Cie) nous narre l'encanaillement de son auteur, le cin&#233;aste ethnologue Jean-Pierre Dutilleux, avec quelques-uns des derniers &#171; peuples premiers &#187; : les Toulambis de Nouvelle-Guin&#233;e, les Mendis de Papouasie, les Agtas des Philippines, les Gros Ventres du Montana, les Awa Guaja du Nordeste, etc. &#199;a commence dans le gore quand on d&#233;couvre que Michael Rockefeller, fils de l'ignoble nabab, disparu en 1961, aurait &#233;t&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Papouasie" rel="tag"&gt;Papouasie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gros-Ventres" rel="tag"&gt;Gros Ventres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Awa-Guaja" rel="tag"&gt;Awa Guaja&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/titre-l-indique" rel="tag"&gt;titre l'indique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/narre-l-encanaillement" rel="tag"&gt;narre l'encanaillement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cineaste-ethnologue" rel="tag"&gt;cin&#233;aste ethnologue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Michael-Rockefeller" rel="tag"&gt;Michael Rockefeller&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Jean-Pierre-Dutilleux" rel="tag"&gt;Jean-Pierre Dutilleux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/peuples-perdus" rel="tag"&gt;peuples perdus&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Ainsi que son titre l'indique, &lt;i&gt;Sur la trace des peuples perdus&lt;/i&gt; (Hugo &amp; Cie) nous narre l'encanaillement de son auteur, le cin&#233;aste ethnologue Jean-Pierre Dutilleux, avec quelques-uns des derniers &#171; peuples premiers &#187; : les Toulambis de Nouvelle-Guin&#233;e, les Mendis de Papouasie, les Agtas des Philippines, les Gros Ventres du Montana, les Awa Guaja du Nordeste, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#199;a commence dans le gore quand on d&#233;couvre que Michael Rockefeller, fils de l'ignoble nabab, disparu en 1961, aurait &#233;t&#233; d&#233;vor&#233; tout cru par les Asmats d'Irian Jaya (Papouasie). Dutilleux pr&#233;cise &#224; ce propos que &#171; &lt;i&gt;si les Asmats sont des adorateurs du sperme, c'est parce qu'il a le m&#234;me go&#251;t que la cervelle humaine&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tenons-nous en &#224; nos sujets de base.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;a) L'insoumission. C'est sans surprise qu'on apprend que la plupart des rescap&#233;s des temps anciens d&#233;crits dans l'&#233;pop&#233;e ont d&#251;, &#224; un moment donn&#233;, guerroyer sauvagement contre l'hydre colonialiste voulant les assujettir. C'est le cas des Danis de Nouvelle-Guin&#233;e bravant les troupes d'occupation indon&#233;siennes ou des Txucarramae d'Amazonie ripostant contre les &#171; chasses &#224; l'Indien &#187; avec des massues en bois de fer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;b) L'utopie. Jean-Pierre Dutilleux nous branche surtout sur deux &#171; &lt;i&gt;peuples &#224; l'&#233;cart&lt;/i&gt; &#187; engageants. Les Mursis d'&#201;thiopie qui &#171; &lt;i&gt;n'ont pas d'autorit&#233; politique centrale, ni de tribunaux, ni de police, ni de v&#233;ritables leaders. Certains d'entre eux sont toutefois &#233;cout&#233;s avec respect et d&#233;f&#233;rence : on les appelle &#8220;jalabas&#8221;&lt;/i&gt; &#187;. Leur r&#244;le n'est pas du tout de prendre des d&#233;cisions pour la tribu mais de veiller &#224; ce que les sbires tr&#232;s intrusifs du gouvernement ne touchent pas &#224; leurs coutumes ancestrales. Ajoutons que les Mursis ne vont pas jusqu'&#224; pratiquer le potlatch et que leur monnaie d'&#233;change, c'est la t&#234;te de b&#233;tail (alors que, par exemple, chez une autre tribu &#233;thiopienne, les Hamers, c'est le collier coquillage).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les autres indig&#232;nes mis en avant par le livre sont les Zo'&#201; du Nord-Para br&#233;silien, quelque part entre le fleuve Amazone et la fronti&#232;re du Surinam. Charmantes caract&#233;ristiques : ils ne poss&#232;dent absolument pas l'instinct de propri&#233;t&#233; (&#171; &lt;i&gt;La terre n'appartient &#224; personne&lt;/i&gt; &#187;) ; ne tuent que le gibier n&#233;cessaire &#224; leur survie, rien de plus ; ne fabriquent que les objets dont ils se servent, rien de plus ; ne p&#234;chent pas pendant la p&#233;riode de reproduction pour respecter &#171; &lt;i&gt;l'esprit des poissons&lt;/i&gt; &#187; ; cautionnent la polygamie et sont tr&#232;s vers&#233;s dans l'art de l'avortement doux (&#224; l'aide de plantes ou de massages).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M'arrive &#224; l'instant par la poste &lt;i&gt;Un bapt&#234;me iroquois&lt;/i&gt; (1703) du baron de Lahontan, r&#233;&#233;dit&#233; vaillamment par le Passager clandestin, dans lequel on a affaire &#224; de &#171; bons sauvages &#187; tout aussi chouettement &#233;mancip&#233;s (except&#233; leurs rituels de torture) &#171; &lt;i&gt;n'admettant point de propri&#233;t&#233;, de biens, de distinction ni de subordination entre eux, vivant comme fr&#232;res, sans disputes, sans proc&#232;s, sans lois et sans malice&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Halte, tu sers &#224; rien, Louis !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Halte-tu-sers-a-rien-Louis</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Halte-tu-sers-a-rien-Louis</guid>
		<dc:date>2018-02-09T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Fran&#231;ois Jarrige</dc:creator>


		<dc:subject>Bouquin</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;ditions l'&#201;chapp&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>luddisme Edward</dc:subject>
		<dc:subject>Thompson</dc:subject>
		<dc:subject>postures d'experts</dc:subject>
		<dc:subject>grands textes</dc:subject>
		<dc:subject>Althusser</dc:subject>
		<dc:subject>Mis&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>Edward</dc:subject>
		<dc:subject>l'historien britannique</dc:subject>
		<dc:subject>m&#233;rite d'&#234;tre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Disparu il y a pr&#232;s de quinze ans, le philosophe Louis Althusser ne semble d&#233;sormais plus fasciner que quelques ex&#233;g&#232;tes. A l'&#233;poque du rayonnement du structuraliste de la rue d'Ulm, l'historien anglais Edward P. Thompson avait critiqu&#233; les &#233;lucubrations d'un Althusser. Pour CQFD, Fran&#231;ois Jarrige&#8200;salue dans nos colonnes la traduction r&#233;cente de Mis&#232;re de la th&#233;orie et revient sur deux d&#233;marches intellectuelles radicalement distinctes. En ces temps de d&#233;politisation du monde intellectuel, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/editions-l-Echappee" rel="tag"&gt;&#233;ditions l'&#201;chapp&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/luddisme-Edward" rel="tag"&gt;luddisme Edward&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Thompson" rel="tag"&gt;Thompson&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/postures-d-experts" rel="tag"&gt;postures d'experts&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/grands-textes" rel="tag"&gt;grands textes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Althusser" rel="tag"&gt;Althusser&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Misere" rel="tag"&gt;Mis&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Edward" rel="tag"&gt;Edward&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-historien-britannique" rel="tag"&gt;l'historien britannique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/merite-d-etre" rel="tag"&gt;m&#233;rite d'&#234;tre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Disparu il y a pr&#232;s de quinze ans, le philosophe Louis Althusser ne semble d&#233;sormais plus fasciner que quelques ex&#233;g&#232;tes. A l'&#233;poque du rayonnement du structuraliste de la rue d'Ulm, l'historien anglais Edward P. Thompson avait critiqu&#233; les &#233;lucubrations d'un Althusser. Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, Fran&#231;ois Jarrige&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Fran&#231;ois Jarrige est historien. Dernier ouvrage paru : Technocritiques, La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8200;salue dans nos colonnes la traduction r&#233;cente de &lt;i&gt;Mis&#232;re de la th&#233;orie&lt;/i&gt; et revient sur deux d&#233;marches intellectuelles radicalement distinctes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2057 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH586/-336-ae6e6.jpg?1768657392' width='400' height='586' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En ces temps de d&#233;politisation du monde intellectuel, de plus en plus enferm&#233; dans sa neutralit&#233;, son jargon ou ses postures d'experts, la traduction aux &#233;ditions L'&#201;chapp&#233;e de&lt;i&gt; Mis&#232;re de la th&#233;orie&lt;/i&gt;, l'un des grands textes m&#233;connus de l'historien britannique de la classe ouvri&#232;re et du luddisme Edward P. Thompson, m&#233;rite d'&#234;tre salu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les &#233;crits historiques de Thompson sont d&#233;sormais bien connus, ses engagements et prises de positions politiques restent davantage dans l'ombre. Pourtant, Thompson ne fut jamais un simple historien &#233;rudit, sagement cantonn&#233; dans son champ de sp&#233;cialit&#233;. Son travail fut sans cesse nourri par ses combats radicaux. De son entr&#233;e au parti communiste en 1942 &#224; ses engagements antinucl&#233;aires des ann&#233;es 1980, il chercha en permanence &#224; comprendre le monde dans lequel il vivait, mais aussi &#224; le transformer en s'appuyant sur l'histoire des luttes pass&#233;es pour mieux r&#233;sister aux illusions modernisatrices de son temps. &#224; travers ses &#233;crits et ses engagements, Thompson chercha &#233;galement toute sa vie &#224; sauver l'id&#233;al communiste de ses caricatures staliniennes : d&#232;s 1956 il rompait ainsi avec le parti communiste anglais pour protester contre la sanglante r&#233;pression de l'insurrection hongroise. Quelques ann&#233;es plus tard, il participe &#224; la fondation du mouvement de la New Left qui cherche &#224; inventer un marxisme revisit&#233; sous la forme d'un &#171; socialisme humaniste &#187; qui reconna&#238;trait l'autonomie critique des individus contre l'abstraction des forces productives. Mais il est peu &#224; peu marginalis&#233; au sein m&#234;me de la gauche britannique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce livre publi&#233; initialement en 1978, Thompson propose &#224; la fois une r&#233;flexion sur le marxisme du XXe&#8200;si&#232;cle, un bilan de son travail d'historien, et une tr&#232;s virulente critique du &#171; &lt;i&gt;stalinisme dans la pens&#233;e&lt;/i&gt; &#187; qui s'incarne selon lui dans la figure alors tr&#232;s influente de Louis Althusser, le c&#233;l&#232;bre philosophe de la rue d'Ulm. Dans les ann&#233;es 1970, Althusser &#233;tait une figure intellectuelle et politique tr&#232;s influente, et son aura commen&#231;ait &#224; gagner les rangs de la gauche intellectuelle britannique. C'est contre cette influence croissante et contre l'escroquerie que repr&#233;sente selon lui la pens&#233;e du philosophe fran&#231;ais que s'&#233;l&#232;ve Thompson. Ceux qui ont tent&#233; de lire Althusser dans leur jeunesse sans rien y comprendre, se r&#233;jouiront &#224; la lecture de ces pages incisives o&#249; Thompson pol&#233;mique avec v&#233;h&#233;mence et dr&#244;lerie contre l'influence du structuralisme et les apories de la mode de l'althuss&#233;risme : &#171; &lt;i&gt;Comme toujours avec Althusser&lt;/i&gt;, &#233;crit-il par exemple, &lt;i&gt;on nous offre de la petite monnaie id&#233;ologique graisseuse &#224; force d'&#234;tre pass&#233;e dans des mains bourgeoises, et l'on nous dit que c'est de l'or marxiste.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Assez m&#233;connu en France car il s'adressait surtout &#224; un public britannique et parce que l'althuss&#233;risme &#233;tait d&#233;j&#224; sur le d&#233;clin, et aussi en raison de sa f&#233;rocit&#233;, parfois injuste, contre le philosophe fran&#231;ais, l'int&#233;r&#234;t de ce livre d&#233;passe pourtant le contexte tr&#232;s singulier de sa r&#233;daction. L'ouvrage continue de nous parler de multiples mani&#232;res. Il nous rappelle d'abord la libert&#233; de ton et la radicalit&#233; qui existait dans les d&#233;bats intellectuels de l'&#233;poque, Thompson n'h&#233;sitant pas &#224; contester &#171; &lt;i&gt;toute cette merde dans laquelle la sociologie bourgeoise et le structuralisme marxiste baigne jusqu'au cou&lt;/i&gt; &#187;. Il d&#233;nonce par ailleurs l'influence sournoise du stalinisme dans la pens&#233;e, qu'il voyait dans la th&#233;orie abstraite d'Althusser, mais aussi dans l'influence naissante de &#171; &lt;i&gt;la cybern&#233;tique et de l'ordinateur&lt;/i&gt; &#187; qui tentent de nous imposer leurs cat&#233;gories de pens&#233;es et auxquels &#171; &lt;i&gt;nous devons purement et simplement r&#233;sister&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait-il alors. Contre le marxisme acad&#233;mique et &#233;litiste incarn&#233; selon lui par Althusser et ses &#233;pigones, Thompson d&#233;fend une autre vision du Marxisme, nourrie par son travail concret d'historien. Il milite par exemple pour une conception souple des classes sociales, faisant une place &#224; l'exp&#233;rience et &#224; la libert&#233; des acteurs, &#224; mille lieux du &#171; &lt;i&gt;m&#233;pris intellectuel latent pour l'intelligence et la sensibilit&#233; morale de la classe ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Il d&#233;fend une critique du capitalisme fond&#233;e sur la tradition &#171; &lt;i&gt; libertaire et antistalinienne&lt;/i&gt; &#187; et un &#171; &lt;i&gt;humanisme socialiste&lt;/i&gt; &#187; oppos&#233; aux mod&#232;les m&#233;canistes et r&#233;ductionnistes. A l'heure de la pr&#233;tendue r&#233;volution num&#233;rique cens&#233;e relancer la modernisation, r&#233;inventer la culture, le travail, voire l'homme lui-m&#234;me, cet ouvrage garde toute sa force critique et nous offre une boussole toujours utile pour nous orienter dans les d&#233;bats contemporains.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Fran&#231;ois Jarrige est historien. Dernier ouvrage paru : &lt;i&gt;Technocritiques&lt;/i&gt;, La d&#233;couverte, 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La ferme bouillonne</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Ma cabane pas au Canada</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Occup&#233;e depuis la fin d'ann&#233;e 2012, la ferme des Bouillons vient d'&#234;tre expuls&#233;e le 19 ao&#251;t dernier. Cette terre agricole, exploit&#233;e depuis l'&#226;ge de fer, risque de tomber dans les mains du groupe Auchan et de se faire &#233;craser sous le b&#233;ton d'un centre commercial. Reportage &#224; la lisi&#232;re de Rouen quelques jours avant l'expulsion. &#171; Vous entrez dans une [ferme occup&#233;e-&gt;http://www.lafermedesbouillons.fr, vous &#234;tes sous votre propre responsabilit&#233;. &#187; La premi&#232;re fois o&#249; je m'y rends, il (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ma-cabane-pas-au-Canada" rel="tag"&gt;Ma cabane pas au Canada&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sirou" rel="tag"&gt;Sirou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Thibault-Megard" rel="tag"&gt;Thibault M&#233;gard&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Occup&#233;e depuis la fin d'ann&#233;e 2012, la ferme des Bouillons vient d'&#234;tre expuls&#233;e le 19 ao&#251;t dernier&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;2015. Note du webmaster.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cette terre agricole, exploit&#233;e depuis l'&#226;ge de fer, risque de tomber dans les mains du groupe Auchan et de se faire &#233;craser sous le b&#233;ton d'un centre commercial. Reportage &#224; la lisi&#232;re de Rouen quelques jours avant l'expulsion.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Vous entrez dans une &lt;a href=&#034;http://www.lafermedesbouillons.fr/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ferme occup&#233;e&lt;/a&gt;, vous &#234;tes sous votre propre responsabilit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2056 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-7-47389.png?1768849477' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois o&#249; je m'y rends, il pleut. Pas le meilleur moment pour appr&#233;cier les lieux. C'est Mathieu qui me sert de guide. Jeune, cheveux courts et barbe l&#233;g&#232;re, il est militant &#233;colo antifa et participe &#224; l'occupation de la ferme depuis plus d'un an. Sans entrer dans les d&#233;tails, outre une long&#232;re pour h&#233;berger les occupants &#233;pisodiques ou permanents, on tombe sur un pr&#233; central o&#249; paissent quelques moutons noirs. &#171; &lt;i&gt;On ne peut pas graffer un mouton&lt;/i&gt; &#187;, rappelle une pancarte. On trouve un atelier, un hangar pour le march&#233; bio des samedis apr&#232;s-midi, des toilettes s&#232;ches (&#233;videmment). Une grande zone de mara&#238;chage s'&#233;tend, mais le sol &#233;tant d&#233;tremp&#233;, je n'ai pas trop envie de voir de plus pr&#232;s les courges, blettes, poireaux et autres l&#233;gumes bio qui semblent s'y &#233;panouir. Au fond, de grandes serres o&#249; poussent de belles tomates.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant l'occupation la ferme &#233;tait &#224; l'abandon , &#171; &lt;i&gt;l'ancien propri&#233;taire faisait de l'&#233;levage de poulets de fa&#231;on industrielle&lt;/i&gt; &#187;, m'informe Mathieu en me montrant trois tr&#232;s grands hangars en b&#233;ton recouverts de tags et de grafs. &#171; &lt;i&gt; Nous les avons compl&#232;tement r&#233;investis, vid&#233;s, nettoy&#233;s et celui-ci, nous l'avons transform&#233; en salle de spectacles.&lt;/i&gt; &#187; Ce lieu tout en longueur, entre cabaret, lounge, bar et salle de concerts ou de r&#233;unions baptis&#233; P1, a accueilli pas mal de groupes et de compagnies de th&#233;&#226;tre et le festival de la Tambouille. Les canap&#233;s de r&#233;cup', sur fond de tentures au plafond et sur les murs, donnent un c&#244;t&#233; chaleureux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le deuxi&#232;me b&#226;timent, sur lequel est inscrit &#171; &lt;i&gt;La terre est bleue comme une orange&lt;/i&gt; &#187;, sert de d&#233;barras o&#249; s'entasse du mat&#233;riel r&#233;cup&#233;r&#233; en attente de reprendre du service. Enfin, le troisi&#232;me &#233;difice, &#171; L'atelier &#187;, sert de hangar ou de garage pour des &lt;i&gt;travellers&lt;/i&gt; de passage ou des adeptes du &#171; logement mobile &#187;. Dans la cour stationnent d'ailleurs trois v&#233;hicules, dont un camion transform&#233; en grosse roulotte toute en bois verni. Cette semaine, c'est stage de fabrication d'&#233;olienne. Une quinzaine de personnes, tr&#232;s majoritairement masculines, y participe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la bergerie est inscrit &#171; &lt;i&gt;ZAD partout&lt;/i&gt; &#187;, et des poules en libert&#233; nous suivent : &#171; &lt;i&gt;Elles sont l&#224; pour les &#339;ufs&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise mon guide. Enfin, une briqueterie transform&#233;e en salle de projection cosy et agr&#233;able. De nombreux films et documentaires y ont &#233;t&#233; programm&#233;s chaque semaine pendant deux ans.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La ferme est occup&#233;e depuis d&#233;cembre 2012. &#192; l'origine pour contrer le projet du groupe Auchan qui a achet&#233; le terrain pour 700&#8200;000&#8200;euros, par sa filiale Immochan, pour construire un centre commercial. De plus, la lutte, l'occupation et toutes les actions qui se sont multipli&#233;es ont permis de sauver le lieu. En 2014, la municipalit&#233; de Mont-Saint-Aignan a modifi&#233; son plan d'urbanisation et reclass&#233; la ferme des bouillons en Zone naturelle prot&#233;g&#233;e. Ce qui a l&#233;gitim&#233; le combat et bloqu&#233; le permis de d&#233;molir (expir&#233; depuis). La ferme &#233;tait sauv&#233;e et les occupants s'orientaient sur un achat collectif du site en peaufinant le projet global : mara&#238;chage bio, point de vente, circuit court, formation, animations nature et culturelles. Ceci malgr&#233; l'&#233;p&#233;e de Damocl&#232;s d'une ordonnance d'expulsion confirm&#233;e par la cour d'appel de Rouen le 18 d&#233;cembre 2014.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi Auchan est-il rest&#233; propri&#233;taire des quatre hectares et a toujours refus&#233; de n&#233;gocier un rachat par les occupants, m&#234;me si ceux-ci sont appuy&#233;s par la Conf&#233;d&#233;ration paysanne et l'association Terres de Liens. Pour le g&#233;ant de la distribution, c'est une occupation ill&#233;gale et il est hors de question de parlementer avec ceux qui ont fait &#233;chouer un si beau projet de contreplaqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est toujours l'&#233;t&#233; que tombent les mauvais coups&lt;/i&gt; &#187;, me dit Julie qui vient r&#233;guli&#232;rement de sa Bretagne pour participer &#224; l'occupation. Le 28 juillet, la nouvelle tombe : la Conf&#233;d&#233;ration paysanne a eu vent qu'une Soci&#233;t&#233; civile immobili&#232;re familiale s'est port&#233;e acqu&#233;reuse de la parcelle, pour 150 000&#8200;euros. La famille, ce sont les M&#233;gard, amis de G&#233;rard Mulliez, patron d'Auchan et quatri&#232;me fortune de France. Un clan d&#233;j&#224; pr&#233;sent sur la r&#233;gion, avec plusieurs cordes &#224; son arc, espace vert, location et vente de terres agricoles. En grattant bien, on retrouve les deux fr&#232;res dans la mouvance de &lt;a href=&#034;http://www.raslfrontrouen.com/les-rapaces-sur-les-bouillons/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;l'extr&#234;me droite traditionaliste&lt;/a&gt;. Thibault M&#233;gard, s'est pr&#233;sent&#233; comme suppl&#233;ant lors des &#233;lections de 2007 sous l'&#233;tiquette du Mouvement pour la France de Philippe de Villiers. Son fr&#232;re Baptiste a &#233;t&#233; un militant actif de la Manif pour tous et a organis&#233; la venue d'&#201;ric Zemmour &#224; Rouen. En 2014, Thibault M&#233;gard &#233;tait candidat aux &#233;lections europ&#233;ennes sur une liste &#171; apolitique &#187; aux positions droiti&#232;res, &#171; Nous citoyens &#187;. La t&#234;te de liste &#233;tant Andr&#233;-Paul Leclercq, directeur du d&#233;veloppement pour Auchan en Europe de l'Est, et membre de la famille Mulliez.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2055 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH336/-335-e885a.jpg?1768650759' width='400' height='336' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sirou.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le 2 juillet, la belle famille signe un compromis de vente. Branle-bas de combat aux Bouillons. Pour moi qui suis ext&#233;rieur, &#231;a semble partir dans tous les sens, mais je finis par comprendre qu'il y a trois camps chez les occupants. D'abord, les quelques mara&#238;chers qui s'activent sur le terrain pour rester ici&#8200;&#8211;&#8200;sinon, d'ici la fin de l'ann&#233;e, ils se retrouveront paysans sans terre. Romain est le porteur principal du projet, il est mara&#238;cher en agriculture biologique depuis six ans, sur des terres lou&#233;es de mani&#232;re pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, il y a l'Association de protection de la ferme des Bouillons, dont Philippe semble porte-parole. Ils militent pour un rachat collectif et citoyen du site. Ce sont des militants &#233;colo ou de la Conf', des soixante-huitards, souvent assez &#226;g&#233;s, qu'on croise dans tous les collectifs de la r&#233;gion. Avec un c&#244;t&#233; catho de gauche, l'asso compte un millier de cotisants. Le discours est tr&#232;s citoyenniste et recherche souvent l'appui des &#233;lus pour rester dans les clous. &#171; &lt;i&gt;Une occupation ill&#233;gale, mais l&#233;gitime&lt;/i&gt; &#187;, me r&#233;p&#232;te Philippe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, il y a ce que la presse appelle les zadistes. Des jeunes (et moins jeunes), majoritairement &#233;tudiants ou en marge, au look &#171; cool &#187; avec dreadlocks, mais aussi des militant.e.s. Ils sont davantage investis dans les animations culturelles, et leur discours est plus radical. Certains font des allers-retours fr&#233;quents vers les autres ZAD (Notre-Dame-des-Landes et Bure, particuli&#232;rement). Entre ces derniers et l'Asso, il semble y avoir parfois des &#233;tincelles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui suivent l'annonce du compromis, Romain et des membres du collectif s'attellent &#224; boucler leur projet de reprise pour le pr&#233;senter &#224; la Safer et &#224; la Draaf&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural et Direction (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et demander &#224; la pr&#233;fecture d'intervenir. Ces d&#233;marches administratives sont accompagn&#233;es de manifestations de soutien. Tous les jours d'ao&#251;t ont lieu des rassemblements, marches, pique-niques, devant la Safer, la Draaf, la R&#233;gion, la pr&#233;fecture. Des manifestations festives et bon enfant qui ont le m&#233;rite de plaire aux m&#233;dias locaux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le but de ces actions est de demander &#224; l'&#201;tat d'exercer son droit de pr&#233;emption et d'&#233;tudier les deux projets &#224; &#233;galit&#233;. D'autant que le projet de la SCI des fr&#232;res M&#233;gard est un copi&#233;-coll&#233; soft du projet de l'association des Bouillons. Le fait qu'ils se soient mont&#233;s en SCI entra&#238;ne qu'elle pourra revendre ses parts &#224; Auchan, par exemple, qui de ce fait sera libre de faire ce qu'il entend. C'en sera fini de la vocation agricole du site.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela montre aussi comment fonctionne la gouvernance fonci&#232;re des terres agricoles. Les organismes comme la Safer, qui g&#232;re des fonds publics, sont trust&#233;s par la FNSEA et les gros propri&#233;taires terriens qui se distribuent les terres en fonction de leurs envies, comme sous l'Ancien R&#233;gime. Cela voudra dire aussi que les alternatives en milieu capitaliste d&#233;frichent le terrain (ici, c'est le cas de le dire) et que ce sont presque toujours les promoteurs et les marchands qui en retirent tous les avantages.
Les occupants ont demand&#233; que la r&#233;gion et les &#233;lus PS se positionnent. La r&#233;ponse a &#233;t&#233; rapide et brutale : le matin du 19 ao&#251;t, des cars de policiers sont arriv&#233;s pour d&#233;loger les occupants. Depuis, Auchan a repris les lieux, fait creuser des tranch&#233;es, entour&#233; les 4&#8200;hectares de cl&#244;tures de 2&#8200;m&#232;tres de haut et plac&#233; des vigiles avec des chiens. Il ne manque plus que des miradors. &#171; &lt;i&gt; Les Bouillons sont en prison&lt;/i&gt; &#187;, clament les &#171; zadistes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aussit&#244;t expuls&#233;s, les occupants ont mont&#233; un camp sur le terrain qui jouxte la ferme. Un village de toiles et de bois, avec des stands pour continuer la r&#233;sistance. Une structure d'une efficacit&#233; organisationnelle qu'on avait d&#233;j&#224; vue &#224; l'&#339;uvre, lorsqu'une ZAD avait &#233;t&#233; mise en place pour plusieurs jours devant le palais de justice de Rouen, apr&#232;s la mort de R&#233;mi Fraisse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dimanche 23 ao&#251;t, la police accueillait une nouvelle marche pacifiste &#224; coups de matraques et de lacrymog&#232;ne. Le lendemain, &#224; l'heure o&#249; je termine cet article, alors que l'orage n'avait pas d&#233;courag&#233; les occupants, ceux-ci ont &#233;t&#233; somm&#233;s de quitter les lieux (sous peine d'une astreinte financi&#232;re de 1 000&#8200;euros par jour). Ce qu'ils ont fait avec sagesse, juste avant l'arriv&#233;e des flics. L'ordre r&#232;gne &#224; Mont-Saint-Aignan.
Ou presque, un nouveau camp est en train de se monter plus loin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;2015. Note du webmaster.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Soci&#233;t&#233; d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural et Direction r&#233;gionale de l'agriculture, de l'alimentation et des for&#234;ts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Poitiers, le mythe martel&#233;</title>
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		<dc:date>2018-02-06T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Pour nier ce choc des civilisations, certains historiens ont limit&#233; la port&#233;e de la bataille remport&#233;e par Charles Martel &#187;, qui, comme on le sait, a bout&#233; les Sarrazins hors du royaume des Francs en 732 &#224; Poitiers. Voil&#224; comment le com&#233;dien Lor&#224;nt Deutsch alimentait la th&#232;se d'un conflit permanent entre Islam et Occident dans un de ses best-sellers pseudo-historiques. Pour William Blanc et Christophe Naudin, historiens et auteurs de l'ouvrage Charles Martel et la bataille de Poitiers (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Poitiers" rel="tag"&gt;Poitiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bataille" rel="tag"&gt;bataille&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Pour nier ce choc des civilisations, certains historiens ont limit&#233; la port&#233;e de la bataille remport&#233;e par Charles Martel&lt;/i&gt; &#187;, qui, comme on le sait, a bout&#233; les Sarrazins hors du royaume des Francs en 732 &#224; Poitiers. Voil&#224; comment le com&#233;dien Lor&#224;nt Deutsch alimentait la th&#232;se d'un conflit permanent entre Islam et Occident dans un de ses best-sellers pseudo-historiques. Pour William Blanc et Christophe Naudin, historiens et auteurs de l'ouvrage &lt;i&gt;Charles Martel et la bataille de Poitiers&lt;/i&gt; (&#233;ditions Libertalia, 2015) la place de Poitiers dans le roman national n'est pas si franche que &#231;a, mais, en revanche, son instrumentalisation politique est f&#226;cheuse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2052 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH586/-332-d14b6.jpg?1768684774' width='400' height='586' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre ouvrage, vous vous attaquez &#224; la figure de Charles Martel en tant que h&#233;ros du roman national. Quelles ont &#233;t&#233; les grandes lignes du processus de la r&#233;cup&#233;ration politique de la bataille de Poitiers ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout d'abord, il faut bien comprendre qu'on sait bien peu de choses sur cette bataille de 732, ce qui a favoris&#233;, au fil des &#233;poques, des interpr&#233;tations, souvent tr&#232;s fantaisistes. L'&#233;v&#233;nement et le personnage qui lui est associ&#233;, Charles Martel, ont &#233;t&#233;, au Moyen &#226;ge, presque oubli&#233;s, sauf par les eccl&#233;siastiques qui ont diffus&#233; une l&#233;gende noire du maire du palais d'Austrasie&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Plus hauts dignitaires, apr&#232;s le roi, des royaumes francs, qui se divisent (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : Charles, selon eux, br&#251;le en enfer, car il a spoli&#233; les biens de l'&#201;glise. Il faut attendre le XIXe si&#232;cle et Chateaubriand pour que l'image de Charles Martel d&#233;fenseur de la chr&#233;tient&#233; soit popularis&#233;e. Encore cela s'explique-t-il par le contexte de l'&#233;poque. Chateaubriand &#233;crit en r&#233;action&#8200;&#8211; dans tous les sens du terme&#8200;&#8211; aux Lumi&#232;res. Nombre de philosophes du XVIIIe si&#232;cle, Voltaire en t&#234;te, avaient en effet une vision tr&#232;s id&#233;alis&#233;e de l'islam et pensaient que la victoire de Charles Martel en 732 avait &#233;t&#233; une catastrophe plongeant l'Occident dans les si&#232;cles obscurs du Moyen &#226;ge chr&#233;tien. Chateaubriand veut au contraire montrer que le catholicisme est un facteur de progr&#232;s et il analyse la bataille de Poitiers &#224; l'aune de ce pr&#233;suppos&#233; : Charles Martel, en gagnant, a sauv&#233; non seulement la chr&#233;tient&#233;, mais a aussi emp&#234;ch&#233; la propagation du despotisme. L'&#233;crivain voit en effet les pays musulmans, et particuli&#232;rement l'Empire ottoman, comme des territoires o&#249; ne r&#232;gnent que l'oppression et la terreur. Il n'aura ainsi de cesse, au nom de la &#171; libert&#233; &#187;, de soutenir les projets coloniaux et la conqu&#234;te de l'Alg&#233;rie. Ce n'est pas un hasard si une des rares peintures consacr&#233;es &#224; la bataille de Poitiers, command&#233;e en 1834 par le roi Louis-Philippe, &#233;voque plus, dans son d&#233;cor, un paysage du Maghreb que la vall&#233;e de la Vienne o&#249; s'est d&#233;roul&#233; l'affrontement en 732.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233;anmoins, ni la bataille de Poitiers ni Charles Martel ne deviendront aussi populaires que Jeanne d'Arc, Saint Louis, Du Guesclin ou Louis&#8200;XI auxquels ont &#233;t&#233; consacr&#233;s nombre de livres, de peintures, mais aussi de sculptures &#224; partir de la seconde moiti&#233; du XIXe si&#232;cle. Nous avons m&#234;me &#233;t&#233; frapp&#233;s de constater que certains manuels scolaires parmi les plus diffus&#233;s de la IIIe R&#233;publique, comme le &lt;i&gt;Petit Lavisse&lt;/i&gt;, ne parlent pas de l'&#233;v&#233;nement de 732. Cela ne veut pas dire que Charles Martel a &#233;t&#233; oubli&#233;, mais simplement qu'il &#233;tait une figure secondaire dans le roman national, ce r&#233;cit mythifi&#233; de la France que l'on apprenait &#224; l'&#233;cole. Les r&#233;sultats des sondages effectu&#233;s plusieurs fois depuis la fin des ann&#233;es 1940 vont dans ce sens : &#224; la question de savoir qui est leur personnage historique pr&#233;f&#233;r&#233;, les sond&#233;s omettent syst&#233;matiquement de citer le vainqueur de Poitiers. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A rebours d'une simplification courante, vous signalez l'admiration qu'ont pu exercer le nationalisme arabe et l'islamisme sur une partie de l'extr&#234;me droite, sans que cela ne contredise son discours antimaghr&#233;bin. Quelle place cette fascination exerce-t-elle encore ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Orient a longtemps fascin&#233; dans les rangs de l'extr&#234;me droite. Au d&#233;but du XXe si&#232;cle, nombre d'auteurs r&#233;actionnaires pr&#233;f&#232;rent le monde arabe qui, selon eux, a su garder ses traditions, &#224; la France devenue d&#233;mocratique donc d&#233;cadente. Ainsi, un romancier comme Claude Farr&#232;re, officier de marine de son &#233;tat et futur p&#233;tainiste, regrette la victoire de Charles Martel. D'autres, comme le m&#233;decin Ren&#233; Martial, affirment dans les ann&#233;es 1930 que la race fran&#231;aise a b&#233;n&#233;fici&#233; des apports des populations arabes et surtout berb&#232;res venues en Gaule au VIIIe si&#232;cle. Cette id&#233;e&#8200;&#8211; fausse, il n'y a jamais eu d'implantation massive de population maghr&#233;bine &#224; cette &#233;poque-l&#224;&#8200;&#8211; vise surtout &#224; promouvoir l'id&#233;e d'un empire fran&#231;ais capable d'assimiler les indig&#232;nes des colonies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 1985, dans le magazine &lt;i&gt;&#201;l&#233;ments&lt;/i&gt; proche du GRECE (Groupement de recherche et d'&#233;tudes pour la civilisation europ&#233;enne), des hommes comme Pierre Vial affirment que la bataille de Poitiers a suscit&#233; une &#171; &lt;i&gt;iconographie d&#233;moniaque&lt;/i&gt; &#187; &#224; cause de &#171; &lt;i&gt;la m&#233;connaissance de la civilisation arabo-musulmane&lt;/i&gt; &#187;. Dans leur esprit, la culture&#8200;&#8211; comprendre la race&#8200;&#8211; europ&#233;enne est menac&#233;e par le multiculturalisme&#8200;&#8211; comprendre par les Juifs&#8200;&#8211;&#8200;dont le mod&#232;le viendrait des &#201;tats-Unis. Pour survivre, elle doit trouver d'autres cultures avec qui s'allier, et, parmi elles, la culture arabo-islamique. Cette vision g&#233;opolitique explique que nombre de militants nationalistes sont fascin&#233;s par les r&#233;gimes nationalistes arabes autoritaires, mais aussi par les courants islamistes, d&#233;crits en 1994 par le futur maire FN de Toulon Jean-Marie Le Chevallier, comme faisant partie du &#171; &lt;i&gt;grand &#233;lan identitaire qui parcourt la plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;. Dans ces conditions, on comprend que la bataille de Poitiers et Charles Martel n'aient &#233;t&#233; que rarement &#233;voqu&#233;s par les courants d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela change en 1999, avec la guerre du Kosovo, qui voit les &#201;tats-Unis pr&#234;ter main forte aux musulmans kosovars contre les Serbes. &#192; partir de ce moment-l&#224;, l'extr&#234;me droite modifie en profondeur sa vision du monde, &#224; commencer par ceux qui formeront les identitaires. Pour eux, l'ennemi devient l'Islam et son &#171; alli&#233; am&#233;ricain &#187;. La bataille de Poitiers conna&#238;t alors un regain d'int&#233;r&#234;t. Bruno M&#233;gret, qui vient de quitter le FN pour fonder le MNR (Mouvement national r&#233;publicain), va &#234;tre l'un des premiers &#224; l'invoquer, en allant notamment sur le site pr&#233;sum&#233; de la bataille pour la c&#233;l&#233;brer. Depuis, la figure de Charles Martel est in&#233;vitable au sein de l'extr&#234;me droite et seuls les nationalistes r&#233;volutionnaires ou les proches de Soral et &#173;Dieudonn&#233;, pour qui l'adversaire principal n'est pas musulman, mais juif, se retrouvent sur une ligne islamophile. &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2053 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH578/-333-4322d.jpg?1768651447' width='400' height='578' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La th&#232;se de votre livre a d&#251; faire grincer beaucoup de dents, compte tenu du tonitruant retour de l'histoire nationale&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu. Sur Twitter, Fabrice Robert, responsable du Bloc identitaire, nous a pris &#224; partie. Nous remarquons surtout que ces derniers mois la figure de Charles Martel est de plus en plus &#233;voqu&#233;e par l'extr&#234;me droite. Plusieurs groupes&#8200;&#8211;&#8200;dont les identitaires&#8200;&#8211; ont organis&#233; le 7 juin 2015 les rencontres Charles Martel non loin de Poitiers. Plus r&#233;cemment, Marion Mar&#233;chal Le Pen a &#233;voqu&#233; le 5 juillet la &#171; &lt;i&gt;r&#233;sistance des princes proven&#231;aux face &#224; l'invasion sarrasine&lt;/i&gt; &#187; en m&#234;me temps qu'elle vient d'admettre un des patrons du Bloc Identitaire, Philippe Vardon&#8200;&#8211; qui avait organis&#233; l'occupation de la mosqu&#233;e de Poitiers en 2012 pour c&#233;l&#233;brer la victoire de Charles Martel&#8200;&#8211;, dans sa liste pour les r&#233;gionales. Dresser un parall&#232;le entre 732 et la situation contemporaine permet de dire implicitement que la France serait sous le coup d'une invasion militaire (mais souterraine) et que chaque Fran&#231;ais musulman (ou suppos&#233; tel) serait un soldat en puissance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On note n&#233;anmoins que le FN de Marine Le Pen et Florian Philippot n'a pas encore franchi le pas et ne consacre pas des &#233;v&#233;nements officiels sous le patronage de la figure de Charles Martel. Le parti lui pr&#233;f&#232;re pour l'instant des personnages historiques plus consensuels, comme Jeanne d'Arc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Plus hauts dignitaires, apr&#232;s le roi, des royaumes francs, qui se divisent alors entre la Neustrie, l'Austrasie (nord-est de la France actuelle jusqu'aux bassins moyen et inf&#233;rieur du Rhin) et la Bourgogne.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>REPRENDRE L'OUTIL ! REPENSER LA MACHINE ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/REPRENDRE-L-OUTIL-REPENSER-LA</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/REPRENDRE-L-OUTIL-REPENSER-LA</guid>
		<dc:date>2018-02-03T07:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator> Momo Br&#252;cke, Daphn&#233; Blake</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Mickomix</dc:subject>
		<dc:subject>Venezuela</dc:subject>
		<dc:subject>Montreuil</dc:subject>
		<dc:subject>boulangerie bio</dc:subject>
		<dc:subject>int&#233;grales catalanes</dc:subject>
		<dc:subject>gigantesque r&#233;seau</dc:subject>
		<dc:subject>l'exp&#233;rience autogestionnaire</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;seau coop&#233;ratif</dc:subject>
		<dc:subject>coop&#233;ratives int&#233;grales</dc:subject>
		<dc:subject>Aureasocial</dc:subject>
		<dc:subject>Cecosesola</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Enfin int&#233;gralement en ligne (et gratuitement), le dossier &#034;Autogestion : reprendre l'outil ! Repenser la machine ?&#034; du CQFD n&#176;135 (Septembre 2015) ! D&#233;sol&#233; pour le retard ! Le gigantesque r&#233;seau coop&#233;ratif de Cecosesola au Venezuela, La conqu&#234;te du pain, boulangerie bio et autog&#233;r&#233;e de Montreuil, ou encore Aureasocial, c&#339;ur barcelonais des coop&#233;ratives int&#233;grales catalanes : les diverses formes de l'exp&#233;rience autogestionnaire et autres r&#233;seaux coop&#233;ratifs ont toujours retenu notre (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mickomix" rel="tag"&gt;Mickomix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Venezuela" rel="tag"&gt;Venezuela&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Montreuil" rel="tag"&gt;Montreuil&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/boulangerie-bio" rel="tag"&gt;boulangerie bio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/integrales-catalanes" rel="tag"&gt;int&#233;grales catalanes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gigantesque-reseau" rel="tag"&gt;gigantesque r&#233;seau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-experience-autogestionnaire" rel="tag"&gt;l'exp&#233;rience autogestionnaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reseau-cooperatif" rel="tag"&gt;r&#233;seau coop&#233;ratif&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cooperatives-integrales" rel="tag"&gt;coop&#233;ratives int&#233;grales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Aureasocial" rel="tag"&gt;Aureasocial&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cecosesola" rel="tag"&gt;Cecosesola&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Enfin int&#233;gralement en ligne (et gratuitement), le dossier &#034;Autogestion : reprendre l'outil ! Repenser la machine ?&#034; du &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;135 (Septembre 2015) !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;sol&#233; pour le retard !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2004 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH552/-292-9c647.jpg?1768663084' width='400' height='552' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le gigantesque r&#233;seau coop&#233;ratif de &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Cecosesola-la-reflexion-permanente&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cecosesola&lt;/a&gt; au Venezuela, &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Envoie-la-ganache&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La conqu&#234;te du pain&lt;/a&gt;, boulangerie bio et autog&#233;r&#233;e de Montreuil, ou encore &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/AureaSocial-fleur-de-tous-les&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Aureasocial&lt;/a&gt;, c&#339;ur barcelonais des coop&#233;ratives int&#233;grales catalanes : les diverses formes de l'exp&#233;rience autogestionnaire et autres r&#233;seaux coop&#233;ratifs ont toujours retenu notre attention. &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est de cette veine-l&#224;, autog&#233;r&#233;e et horizontale, et de tous les combats qui font vivre l'exp&#233;rimentation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s ses balbutiements, &#224; partir des ann&#233;es 1830, les id&#233;es du mouvement coop&#233;ratif &#8211; qui d&#233;fend l'&#233;mancipation des travailleurs &#8211; se sont fait capter par la philanthropie bourgeoise, soucieuse d'encourager l'esprit d'entreprise des ouvriers. Heureusement, ils ont &#233;t&#233; l&#233;gion &#224; r&#233;sister.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fondateur des &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Que-bouillonnent-les-marmites&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Marmites&lt;/a&gt;, ces cuisines coop&#233;ratives qui fleurissent &#224; Paris avant la Commune, Eug&#232;ne Varlin envisage par exemple les associations de coop&#233;ratives comme &#171; &lt;i&gt;le moyen de supprimer le patronat trop multipli&#233;, cet autre parasitisme qui nous exploite&lt;/i&gt; &#187;. &#201;galement membre fondateur de la Soci&#233;t&#233; de secours mutuels des relieurs, cet artisan a fait sienne, sans doute sans la conna&#238;tre, la pens&#233;e de Marx : &#171; &lt;i&gt; Les innombrables formes contradictoires de l'unit&#233; sociale ne sauraient &#234;tre &#233;limin&#233;es par de paisibles m&#233;tamorphoses. Au reste, toutes nos tentatives de les faire &#233;clater seraient du donquichottisme si nous ne trouvions pas, enfouies dans les entrailles de la soci&#233;t&#233; telle qu'elle est, les conditions de production mat&#233;rielles et les rapports de distribution de la soci&#233;t&#233; sans classes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Karl Marx, Grundrisse, &#233;d. 10/18, tome 1, p. 159.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Repenser la machine en se la r&#233;appropriant, voici ce &#224; quoi invite ce courant de pens&#233;e. Tous consommateurs, tous producteurs : la solidarit&#233; na&#238;tra de l'&#233;change des produits et de la r&#233;ciprocit&#233; des services, pensait Varlin. Ces espoirs ont souvent &#233;t&#233; d&#233;&#231;us... &#233;cras&#233;s, m&#234;me. Aussi bien par les Versaillais que par le socialisme &#233;tatique. Ils ont m&#234;me pu &#234;tre encourag&#233;s par les lib&#233;raux, qui en d&#233;samor&#231;aient tout esprit critique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, aussi discr&#232;tement soit-il, ces pratiques perdurent. C'est &#224; leur rencontre que nous sommes partis : des entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es par leurs travailleurs jusqu'aux coop&#233;ratives fond&#233;es de toutes pi&#232;ces. Leurs premi&#232;res briques sont multiformes : &#233;laboration d'un projet coop&#233;rativiste au c&#339;ur de la lutte ou r&#233;union de camarades dans un projet utopiste critiquant le salariat et le capitalisme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toutes jeunes exp&#233;riences, les ex-Fralib (Provence) et les bus d'ABC Coop (Uruguay) empruntent, en terme de production, des circuits bien balis&#233;s : l'objet &#224; produire ou le service &#224; rendre &#233;tait d&#233;j&#224; l&#224;. C'est la crise, puis la lutte qui ont r&#233;v&#233;l&#233; les envies de fonctionner ensemble, sans patron, en s'appuyant sur les mod&#232;les pass&#233;s et pr&#233;sents. Au sentiment d'exploitation succ&#232;dent la solidarit&#233; et le plaisir de faire pour tous. Les histoires d'Ardelaine et d'Ambiance Bois, plus anciennes et rod&#233;es, t&#233;moignent &#233;galement de belles initiatives o&#249; la th&#233;orie rencontre la pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais l'invocation du mot magique d'&#171; autogestion &#187; ne suffit pas &#224; faire tourner une coop&#233;rative. La concurrence, l'&#233;ventuelle n&#233;cessit&#233; d'utiliser les r&#233;seaux de distribution dominants, ou de se plier aux lois : autant de pi&#232;ges &#224; contourner. Rajoutons &#224; cela la reconfiguration des rapports de pouvoir, les mauvaises habitudes et les diff&#233;rents niveaux d'exp&#233;rience &#8211; et l'on obtient souvent un m&#233;lange d&#233;tonant. Le risque d'implosion guette, mais aussi celui d'oublier les principes fondateurs en se lan&#231;ant &#224; la conqu&#234;te du march&#233; mondial, explosant les notions vitales d'&#233;chelle et de mesure.
Au-del&#224; de ces questions, c'est la transformation de la vie quotidienne de chacun et chacune des protagonistes qui s'expriment dans ce dossier. Remettre en cause les hi&#233;rarchies, les in&#233;galit&#233;s, la s&#233;paration entre une classe de ma&#238;tre et une classe de bras : ne plus &#234;tre un &#171; robot qu'on actionne &#187;. Ne pas s'enfermer dans le cauchemar de Don Quichotte et reprendre prise sur nos vies, ces deux mots d'ordre ne font qu'un. &#199;a vaut le coup d'essayer !&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Sommaire : &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Une femme &#224; l'heure &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Une-femme-a-l-heure-des-LIP&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;des LIP&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Scop toujours ! L'&#233;thique protestante et l'esprit du &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-ethique-protestante-et-l-esprit&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;coop&#233;rativisme&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ardelaine, coop&#233;rative en milieu rural : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Laine-sans-chaines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laine sans cha&#238;nes&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Ex-Fralib-vers-une-libre&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ex-Fralib&lt;/a&gt; : vers une libre fraternit&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la roue des soviets : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Bus-autogeres-et-edification-des&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Bus autog&#233;r&#233;s&lt;/a&gt;et &#233;dification des masses&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Karl Marx, &lt;i&gt;Grundrisse&lt;/i&gt;, &#233;d. 10/18, tome 1, p. 159.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Bus autog&#233;r&#233;s et &#233;dification des masses</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Bus-autogeres-et-edification-des</link>
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		<dc:date>2018-02-03T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Cheru Corisco, Iffik Le Guen</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>bus</dc:subject>
		<dc:subject>travailleurs</dc:subject>
		<dc:subject>coop&#233;rative</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s'appropriant les outils de travail et en exp&#233;rimentant l'autogestion. &#192; Colonia, la compagnie d'autobus ABC coop s'inscrit dans une dynamique au poing r&#233;solument lev&#233;. Port d'entr&#233;e et de sortie pour l'Argentine voisine, Colonia est un lieu de passage. Les touristes s'y arr&#234;tent un jour ou deux pour arpenter les ruelles tortueuses de son joli centre historique, et glander aux terrasses des restos. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bus" rel="tag"&gt;bus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travailleurs" rel="tag"&gt;travailleurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cooperative" rel="tag"&gt;coop&#233;rative&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/gestion-ouvriere" rel="tag"&gt;gestion ouvri&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Port-d-entree" rel="tag"&gt;Port d'entr&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-Argentine-voisine" rel="tag"&gt;l'Argentine voisine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rivas" rel="tag"&gt;Rivas&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-ABC-coop" rel="tag"&gt;d'ABC coop&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Comme leurs voisins argentins, des travailleurs uruguayens ont su affronter la crise en s'appropriant les outils de travail et en exp&#233;rimentant l'autogestion. &#192; Colonia, la compagnie d'autobus ABC coop s'inscrit dans une dynamique au poing r&#233;solument lev&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Port d'entr&#233;e et de sortie pour l'Argentine voisine, Colonia est un lieu de passage. Les touristes s'y arr&#234;tent un jour ou deux pour arpenter les ruelles tortueuses de son joli centre historique, et glander aux terrasses des restos. Les Argentins fuient la tumultueuse m&#233;gapole de Buenos Aires, traversent le Rio de la Plata en ferry pour se mettre au vert le temps d'un week-end.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette ambiance nonchalante de vacances, le visiteur ne peut qu'&#234;tre interloqu&#233; par l'apparition de bus aux couleurs criardes, avec des grosses &#233;toiles rouges ou jaunes peintes sur les c&#244;t&#233;s et des inscriptions en grosses lettres : &#171; &lt;i&gt; gestion ouvri&#232;re&lt;/i&gt; &#187; ou encore &#171; &lt;i&gt;entreprise r&#233;cup&#233;r&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, coll&#233;es au nom de la compagnie : ABC coop.
Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, mon pote Gustavo (un gars du coin) et moi-m&#234;me (&#233;ternel gringo) avons pris le bus depuis le centre historique gentrifi&#233; et polic&#233; jusqu'au si&#232;ge social d'ABC coop dans un quartier populaire p&#233;riph&#233;rique, pour y rencontrer Luis Rivas, pr&#233;sident de la coop&#233;rative et z&#233;lateur de la &lt;i&gt;gesti&#243;n obrera&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2000 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;5&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-288-6b89f.jpg?1768650551' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;DR.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En attendant son arriv&#233;e, on fl&#226;ne sur le parking en terre battue devant le local. On s'amuse des num&#233;ros et petits noms attribu&#233;s &#224; chacun des quatre bus gar&#233;s l&#224;. Deux gars s'occupent visiblement de l'entretien des v&#233;hicules. Sur la fa&#231;ade du local, une citation de Jos&#233; Artigas&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jos&#233; Gervasio Artigas, n&#233; a Montevideo en 1764 et mort au Paraguay en 1850 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Nous ne devons rien attendre si ce n'est de nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Luis Rivas arrive enfin, accompagn&#233; de deux autres gars de la coop&#233;rative. Serrages de pognes et petite caresse respectueuse sur le capot de leur &#233;norme molosse nomm&#233; Gasoil, et on va s'installer dans une des trois pi&#232;ces au confort minimal du local. Tandis que le Dictaphone tourne, Luis revient sur les d&#233;buts de cette aventure : &#171; &lt;i&gt; &#192; l'&#233;poque de la crise de 2001, les compagnies de transport COTUC et ABC S.A bataillent pour &#234;tre avantag&#233;es sur l'attribution de lignes de bus par la municipalit&#233;. &#199;a allait plut&#244;t mal pour le propri&#233;taire d'ABC. Comme tout bon capitaliste proche de la fin, le patron a d&#233;cid&#233; de retirer son capital et de rendre la ligne &#224; la municipalit&#233;. Lors d'une assembl&#233;e qui a dur&#233; des heures, nous, travailleurs de l'entreprise, nous sommes convaincus qu'en cette p&#233;riode de crise, aller encaisser l'argent d'un licenciement ne servirait pas bien longtemps. On pr&#233;f&#233;rait plut&#244;t garder l'outil de travail.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;cup&#233;ration de l'entreprise est donc le fruit d'une n&#233;gociation avec le patron. &#171; &lt;i&gt; Et m&#234;me d'une n&#233;gociation acharn&#233;e au bout de laquelle nous avons obtenu qu'en compensation de tout ce qui nous &#233;tait d&#251; comme les salaires en retard, les contributions sociales ou les primes de licenciement, nous pouvions r&#233;cup&#233;rer trois autobus. Un en pleine propri&#233;t&#233; et deux pr&#234;t&#233;s pour trois ans, avec outils et infrastructure. Petit &#224; petit, &#224; force de travail, nous avons pu rendre les deux bus et le premier local pour commencer &#224; nous d&#233;velopper nous-m&#234;mes.&lt;/i&gt; &#187; Sur le nom de la structure, Luis Rivas s'amuse : &#171; &lt;i&gt;Si nous nous appelons ainsi, c'est pour des raisons &#233;conomiques. Lorsque nous avons enfin pu acheter des bus d'occasion &#224; la coop&#233;rative RAIN coop de Montevideo, nous n'avions plus assez d'argent pour les repeindre ; du coup, on a juste effac&#233; les lettres &#8220;RAIN&#8221; sur les flancs pour les remplacer par &#8220;ABC&#8221; : ABC coop.&lt;/i&gt; &#187; Et le statut de coop&#233;rative ? &#171; &lt;i&gt;On n'a pas eu le choix ! Jamais nous n'avons eu l'intention d'&#234;tre une coop&#233;rative. Il faut que ce soit bien clair, nous nous d&#233;finissons comme une entreprise en gestion ouvri&#232;re. Comme ce statut n'existe pas dans la l&#233;gislation uruguayenne, le seul qui nous reste est celui de la coop&#233;rative. Dans la r&#233;alit&#233;, nous sommes tr&#232;s &#233;loign&#233;s de ce qui s'entend habituellement comme coop&#233;rative de travail dans ce pays.&lt;/i&gt; &#187; Mais encore ? &#171; &lt;i&gt; Le fameux coop&#233;rativisme id&#233;al uruguayen est compl&#232;tement d&#233;voy&#233;. Ici, les coop&#233;ratives sont bureaucratis&#233;es. Le travailleur ach&#232;te son poste de travail pour environ 60 000 dollars US&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Alors que le salaire de base oscille entre 800 et 1 000 dollars US, (700 &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Ce syst&#232;me pr&#234;te le flanc &#224; la corruption. Les dirigeants ne travaillent pas, ils ne montent m&#234;me pas dans les bus. Du coup, les travailleurs n'aspirent qu'&#224; acc&#233;der &#224; des postes de direction. Lors d'&#233;lections internes, ils forment des listes et se battent entre eux pour les privil&#232;ges des dirigeants. Notre gestion ouvri&#232;re est tr&#232;s &#233;loign&#233;e de tout cela. Au d&#233;but, nous &#233;tions neuf &#224; n&#233;gocier les outils de travail contre ce qui nous &#233;tait d&#251;. Au fur et &#224; mesure qu'on est devenus propri&#233;taires, d'abord d'un bus puis de tout ce qu'on a pu acheter pour la coop&#233;rative, personne ne pouvait plus pr&#233;tendre &#224; une part de propri&#233;t&#233;. L'outil reste commun. On entre sans rien, et on sort sans rien ; tous les efforts visent &#224; d&#233;gager des salaires. Le but d'ABC coop est que cette source de travail se perp&#233;tue. Que des camarades puissent prendre leur retraite, et d'autres reprendre les postes. De plus, chez nous, le vote est direct, &#224; main lev&#233;e, et doit &#234;tre argument&#233;. Les autres pratiquent le vote secret, qui peut &#234;tre hypocrite ou achet&#233;. En gestion ouvri&#232;re, ce sont les assembl&#233;es qui dirigent vraiment la coop&#233;rative.&lt;/i&gt; &#187; Et le respect de l'organigramme des coop&#233;ratives ? &#171; &lt;i&gt;C'est pour la forme ! Sur le papier, je suis pr&#233;sident. Mais dans notre organisation, on peut r&#233;voquer la direction &#224; tout moment lors d'une assembl&#233;e. Il est arriv&#233; que certains membres soient chang&#233;s. Les assembl&#233;es sont obligatoires, ceux qui ne s'y pr&#233;sentent pas encourent des sanctions : une p&#233;nalit&#233; en argent ou des jours de mise &#224; pied. Quant &#224; ceux qui viennent, ils ont l'obligation d'intervenir. &#201;videmment, il y a toujours des opportunistes pour critiquer notre syst&#232;me et pr&#233;tendre qu'on a un fonctionnement dictatorial parce qu'on oblige les gens. Mais la seule fa&#231;on de s'assurer que le compa&#241;ero est conscient de ce que la coop&#233;rative se propose de faire, c'est sa participation. Si tu n'es pas d'accord avec un responsable, tu dois l'exprimer. Et apr&#232;s, on vote. Nous votons absolument tout, augmentations ou ajustements de salaires, attributions de postes s'il y a lieu... Le r&#244;le du dirigeant se limite strictement &#224; conduire les r&#233;solutions de l'assembl&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Justement, qu'en est-il des salaires ? &#171; &lt;i&gt; Ils s'&#233;chelonnent en fonction du degr&#233; de responsabilit&#233;. Un responsable gagne 2% de plus qu'un chauffeur, soit 11% de l'argent d&#233;gag&#233;. Pour le chauffeur, 9%, et pour le gardien, 6%. Il y a donc un &#233;cart de 5% entre la plus haute et la plus basse cat&#233;gorie. Mais &#231;a tourne, on passe tous au volant&lt;/i&gt;. &#187; Et lors de ces assembl&#233;es, il est d&#233;j&#224; arriv&#233; de devoir sanctionner un compagnon de travail ? &#171; &lt;i&gt;C'est toujours tr&#232;s compliqu&#233;. En 14 ans, personne n'a jamais &#233;t&#233; exclu. Pour que cela se produise, il faudrait parvenir &#224; l'unanimit&#233; en assembl&#233;e. Il est d&#233;j&#224; arriv&#233; que des camarades commettent des fautes graves, comme des vols. Dans ces cas, nous essayons de leur faire comprendre qu'ils n'ont pas &#224; faire &#231;a, que le v&#233;ritable voleur, c'est le capitaliste.&lt;/i&gt; &#187; La coop&#233; d&#233;fend aussi un projet politique : &#171; &lt;i&gt; Notre organisation de travail pr&#233;tend &#234;tre comme une &#233;cole, dans laquelle nos travailleurs peuvent d&#233;velopper une conscience de classe, pour qu'ils finissent par entrevoir le chemin que nous suivons, inscrit dans un processus r&#233;volutionnaire. C'est aux travailleurs de prendre le pouvoir, il n'y a pas d'autre alternative. Nous formons des cadres de la lutte, en quelque sorte.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En &#233;coutant ce discours avant-gardiste, nos regards se posent sur une affiche au mur qui reprend une citation du Che : &#171; &lt;i&gt;Il est temps de mod&#233;rer nos divergences et de tout consacrer &#224; la lutte !&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi quelques drapeaux qui d&#233;corent la pi&#232;ce, celui du POYCU, Parti ouvrier et paysan d'Uruguay, du PBU, Parti bolchevique uruguayen ou encore celui de l'Unit&#233; populaire&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Unidad Popular est une coalition des partis de gauche radicale oppos&#233;s &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Luis Rivas poursuit : &#171; &lt;i&gt; Nous connaissons aussi des divergences au sein d'ABC coop. Il y en a m&#234;me qui on vot&#233; pour le Frente Amplio&lt;/i&gt; (FA)&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Frente Amplio (Front &#233;largi) est le parti au pouvoir. Fond&#233; en 1971 aux (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;&lt;i&gt; aux derni&#232;res pr&#233;sidentielles.&lt;/i&gt; &#187; Comprenant que Luis Rivas a tendance &#224; donner le ton, nous lui demandons ce qu'il pense de la gauche dite &#171; progressiste &#187; au pouvoir. &#171; &lt;i&gt;C'est une v&#233;ritable catastrophe ! Depuis qu'il est au pouvoir, le FA n'a fait qu'aggraver des situations qu'il &#233;tait cens&#233; combattre. Il brade terres et ressources au profit de grosses multinationales. Et comme nous sommes une zone franche, ces derni&#232;res ne paient pas d'imp&#244;ts. Quand on pense que, dans les ann&#233;es 1960, Raul Sendic&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Raoul Sendic surnomm&#233; &#171; El Bebe &#187;, n&#233; en 1925 en Uruguay et mort en 1989 en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;5 s'attaquait au latifundisme, d&#233;non&#231;ant l'existence d'exploitations de 10 000 hectares, et qu'aujourd'hui, ceux qui se r&#233;clament de lui n'h&#233;sitent pas &#224; octroyer 250 000 hectares &#224; la multinationale Montes del Plata&lt;a href=&#034;#nb8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;121 (avril 2014).&#034; id=&#034;nh8-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;i&gt; pour planter leurs eucalyptus ! Pr&#232;s de 13 000 familles de paysans se sont retrouv&#233;es sans rien. Sans parler de la culture extensive du soja ou des m&#233;gaprojets miniers. Le FA a r&#233;ussi &#224; faire passer toute critique &#224; son &#233;gard pour un p&#233;ch&#233; originel : les contestataires se font taxer de tra&#238;tres, jouant le jeu de la droite !&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me si le syndicalisme reste tr&#232;s fort en Uruguay, la coop&#233; s'en est &#233;loign&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Tous les syndicats sont repr&#233;sent&#233;s dans une centrale unique, la PIT-CNT&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La PIT-CNT (Plenario Intersindical de Trabajadores &#8211; Convenci&#243;n Nacional de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;.&lt;i&gt; Elle constitue la base sociale du FA, ses dirigeants font aujourd'hui partie de l'oligarchie. Ils m&#232;nent r&#233;guli&#232;rement de faux combats qui ne servent, de fa&#231;on plus ou moins tordue, qu'&#224; ent&#233;riner les ajustements du gouvernement en mati&#232;re de droit du travail. Les postures critiques d'ABC coop vis-&#224;-vis de cette politique nous ont valu d'&#234;tre d&#233;finitivement exclus.&lt;/i&gt; &#187; D&#232;s lors, la coop&#233; songe &#224; cr&#233;er une organisation syndicale parall&#232;le pour continuer &#224; d&#233;fendre son id&#233;e de la gestion ouvri&#232;re. Pour finir, Luis Rivas revient sur les num&#233;ros et les petits noms des autobus. &#171; &lt;i&gt; L'attribution des noms et num&#233;ros de nos bus s'est faite dans un souci de bien nous d&#233;marquer des entreprises priv&#233;es. Les bus des entreprises priv&#233;es servent aussi de supports publicitaires. Nous, nous refusons toute concession id&#233;ologique, et faisons en sorte que ce soit bien visible sur nos v&#233;hicules. Les noms et les num&#233;ros sont en relation avec les luttes historiques des travailleurs. Notre premier bus s'est appel&#233; Karl Marx. Puis nous avons eu la ligne 17 nomm&#233;e Vladimir pour L&#233;nine en 1917, il y a aussi le 59, ann&#233;e de la r&#233;volution cubaine qui se nomme &#8220;Dignidad&#8221; sur fond de drapeau cubain... Notre dernier bus est noir, il s'appelle Ayotzinapa et porte le n&#186;43, pour les 43 &#233;tudiants mexicains disparus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'entretien termin&#233;, nous reprenons, Gustavo et moi, un bus de l'ABC coop. Ticket de retour offert vers le centre historique. Tr&#232;s beau coucher de soleil rouge sur le Rio de la Plata. Les touristes d&#233;sertent les rues et les commer&#231;ants ferment leurs boutiques. Pour dig&#233;rer tout &#231;a, on d&#233;cide d'aller se boire un petit godet &#8211; de rouge &#233;videmment !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cheru Corisco&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Empresas recuperadas ! &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s une d&#233;cennie de gestion n&#233;olib&#233;rale (d&#233;sinflation favorable au syst&#232;me financier, privatisation des secteurs les plus rentables et surendettement des m&#233;nages), la crise financi&#232;re argentine (1998-2002) a provoqu&#233; un chaos &#233;conomique et politique in&#233;dit. Dans ce contexte de d&#233;sastre social&lt;a href=&#034;#nb8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La part des salaires dans le PIB argentin est divis&#233;e par deux : des pans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, plusieurs pratiques de lutte et de survie se sont d&#233;velopp&#233;es : les mouvements de ch&#244;meurs (&lt;i&gt;piqueteros&lt;/i&gt;), le recours &#224; l'&#233;conomie informelle autour des &lt;i&gt;cartoneros&lt;/i&gt;, les expropriations d'entreprises via les ERT (&lt;i&gt;Empresas recuperadas por sus trabajadores&lt;/i&gt; &#8211; Entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es par leurs travailleurs). Celles-ci se sont forg&#233;es au travers d'affrontements acharn&#233;s contre un patronat adepte du &lt;i&gt;vaciamento&lt;/i&gt;, l'organisation frauduleuse de la faillite des entreprises sur le dos du fisc et des travailleurs (d&#233;m&#233;nagement des moyens de production sans payer arri&#233;r&#233;s de salaires, indemnit&#233;s de licenciement ni cotisations sociales). Nombre de salari&#233;s ont pr&#233;f&#233;r&#233; prendre les devants en occupant leurs entreprises pendant plusieurs mois avec le soutien des voisins du quartier pour r&#233;sister aux incessantes attaques des flics, des juges et des milices patronales. La plupart des ERT sont n&#233;es ainsi de la n&#233;cessit&#233; de sauvegarder la source de travail, du sentiment de r&#233;volte face &#224; l'impunit&#233; des patrons et des institutions publiques comme syndicales largement corrompues et d'un &#233;lan de solidarit&#233; aux niveaux local, national et m&#234;me international&lt;a href=&#034;#nb8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir de documentaire de Naomi Klein, The Take, 2004.&#034; id=&#034;nh8-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. En 2002, les ouvri&#232;res de l'ERT de confection Brukman, apr&#232;s avoir &#233;t&#233; tra&#238;n&#233;es par leur ex-employeur devant les tribunaux sous l'accusation de &#171; &lt;i&gt;r&#233;cup&#233;ration &#224; main arm&#233;e&lt;/i&gt; &#187; de leur usine, ont &#233;t&#233; d&#233;log&#233;es par les militaires qui plac&#232;rent le quartier en &#233;tat de si&#232;ge. Elles se sont regroup&#233;es alors sur une place et ont tenu le haut du pav&#233; pendant plus de 8 mois avant de r&#233;occuper les ateliers. Une fois le processus de r&#233;cup&#233;ration &#224; peu pr&#232;s stabilis&#233;, les travailleurs des ERT ont pu relancer l'activit&#233; dans une perspective autogestionnaire. Pour l'anthropologue Andr&#233;s Ruggeri&lt;a href=&#034;#nb8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Occuper, r&#233;sister, produire &#187;, Syllepse, 2015.&#034; id=&#034;nh8-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt;, l'affirmation de deux principes &#8211; &#233;galitarisme salarial et d&#233;mocratisation par la prise de d&#233;cision en assembl&#233;e &#8211; permet de les distinguer du coop&#233;rativisme traditionnel argentin. Sur les plus de 300 ERT, regroupant 15 000 travailleurs, pr&#232;s de la moiti&#233; respecte une stricte &#233;galit&#233; salariale. L'&#233;preuve de la lutte en commun et le d&#233;part de presque tous les cadres y participant grandement. Alors que dans la plupart des coop&#233;ratives classiques, les assembl&#233;es sont devenues purement formelles, le pouvoir r&#233;el &#233;tant exerc&#233; par les conseils d'administration, celles convoqu&#233;es dans les entreprises r&#233;cup&#233;r&#233;es d&#233;cident de tout : la strat&#233;gie par rapport au march&#233; ou &#224; l'&#201;tat, la r&#233;partition de l'argent quant il rentre, la dur&#233;e de la journ&#233;e de turbin, les rythmes de travail, etc. Mais l'exp&#233;rience autogestionnaire avan&#231;ant &#224; t&#226;tons, un certain nombre de d&#233;rives sont apparues dans ce tiers secteur ni public ni priv&#233;. Les tentatives de normalisation &#233;manant du pouvoir, en particulier sous les mandats de Cristina Kirchner, pourraient contribuer &#224; la cr&#233;ation d'une &#233;conomie pour les pauvres agr&#233;geant les d&#233;fauts des secteurs formel et informel : pressions du march&#233;, tr&#232;s bas salaires, absence de protection sociale et domestication du mouvement social. En interne, la reconstitution de hi&#233;rarchies implicites entre anciens et nouveaux travailleurs, les premiers reprochant aux seconds leur manque d'engagement dans les assembl&#233;es, a pu voir r&#233;&#233;merger des pratiques de sabotage (vols, absent&#233;isme&#8230;) en vigueur dans les entreprises capitalistes. N&#233;anmoins, pour Ruggeri, les exp&#233;riences d'ERT doivent &#234;tre interpr&#233;t&#233;es comme &#171; &lt;i&gt; des alternatives viables pour la formation d'une &#233;conomie con&#231;ue en fonction d'un d&#233;veloppement national et latino-am&#233;ricain bas&#233; sur le travail et l'autogestion&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Iffik Le Guen &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jos&#233; Gervasio Artigas, n&#233; a Montevideo en 1764 et mort au Paraguay en 1850 en exil, est un des h&#233;ros de l'ind&#233;pendance dans la r&#233;gion, et consid&#233;r&#233; par la plupart des Uruguayens comme un p&#232;re fondateur.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Alors que le salaire de base oscille entre 800 et 1 000 dollars US, (700 &#224; 900 euros). Le coop&#233;rateur des entreprises de transports publics, lesquelles se livrent par ailleurs &#224; une concurrence acharn&#233;e au d&#233;triment des usagers, se comporte ainsi davantage comme un actionnaire de sa bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Unidad Popular est une coalition des partis de gauche radicale oppos&#233;s &#224; la gauche au pouvoir, on y trouve une kyrielle de partis. En plus de ceux cit&#233;s plus haut, on trouve aussi Refondation communiste, Intransigeance socialiste, Communistes r&#233;volutionnaires, Assembl&#233;e populaire, Parti humaniste et quelques autres dont j'ai oubli&#233; les noms.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Frente Amplio (Front &#233;largi) est le parti au pouvoir. Fond&#233; en 1971 aux pr&#233;mices de la dictature, il a &#233;t&#233; rapidement interdit et pers&#233;cut&#233;. Depuis sa premi&#232;re victoire historique en 2004, il rassemble 9 partis ou mouvances dont le Parti socialiste, le Parti communiste, des anciens Tupamaros, le Parti de la Victoire du peuple...&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Raoul Sendic surnomm&#233; &#171; El Bebe &#187;, n&#233; en 1925 en Uruguay et mort en 1989 en France &#224; Paris. H&#233;ros des luttes sociales dans son pays, p&#232;re fondateur de la gu&#233;rilla urbaine (mais pas que) MLN Tupamaro, il a &#233;t&#233; bless&#233; au combat et enferm&#233; pendant 12 ans dans des conditions inhumaines par la dictature.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-contrats-fantomes-de-Montes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;CQFD&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; n&#176;121 (avril 2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La PIT-CNT (Plenario Intersindical de Trabajadores &#8211; Convenci&#243;n Nacional de Trabajadores) est la seule conf&#233;d&#233;ration syndicale uruguayenne. Son nom actuel provient d'une part de la Convention nationale des travailleurs (CNT) cr&#233;&#233;e en 1964, et interdite apr&#232;s le coup d'&#201;tat du 27 juin 1973, d'autre part de l'Intersyndicale pl&#233;ni&#232;re des travailleurs (PIT), cr&#233;&#233;e en 1982, alors que la junte militaire accordait une lib&#233;ralisation relative du r&#233;gime. Le 1er mai 1984, la conf&#233;d&#233;ration reprit son nom initial de CNT, sans abandonner le sigle PIT. La PIT-CNT compte aujourd'hui 64 f&#233;d&#233;rations syndicales, avec 200 000 affili&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La part des salaires dans le PIB argentin est divis&#233;e par deux : des pans entiers de la classe moyenne ayant b&#233;n&#233;fici&#233; du pseudo-miracle argentin rejoignent les 20% de la population d&#233;j&#224; noy&#233;s dans la marginalisation sociale.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir de documentaire de Naomi Klein, &lt;i&gt;The Take&lt;/i&gt;, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Occuper, r&#233;sister, produire &#187;, Syllepse, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'&#233;thique protestante et l'esprit du coop&#233;rativisme </title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'&#233;thique protestante et l'esprit du coop&#233;rativisme Ambiance Bois affiche fi&#232;rement sa couleur utopique et ses r&#233;alisations concr&#232;tes. Travaillant en autogestion depuis 1988, 25 &#171; patrons-salari&#233;s &#187; prouvent que travailler &#233;cologiquement au pays et vivre ensemble sans chef, c'est possible ! Reportage sur le plateau de Millevaches, Limousin. &#171; Nous avions envie de vivre notre vie comme une aventure, la coh&#233;rence en plus. &#187; Marc le dit sans orgueil quand il me re&#231;oit au sein de leur maison (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Karine" rel="tag"&gt;Karine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;thique protestante et l'esprit du coop&#233;rativisme Ambiance Bois affiche fi&#232;rement sa couleur utopique et ses r&#233;alisations concr&#232;tes. Travaillant en autogestion depuis 1988, 25 &#171; patrons-salari&#233;s &#187; prouvent que travailler &#233;cologiquement au pays et vivre ensemble sans chef, c'est possible ! Reportage sur le plateau de Millevaches, Limousin.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Nous avions envie de vivre notre vie comme une aventure, la coh&#233;rence en plus.&lt;/i&gt; &#187; Marc le dit sans orgueil quand il me re&#231;oit au sein de leur maison commune &#224; Faux-la-Montagne dans la Creuse. Cette ancienne pharmacie o&#249; tout est con&#231;u pour vivre en &#171; &lt;i&gt;association domestique et agricole&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En r&#233;f&#233;rence &#224; un ouvrage de Charles Fourier publi&#233; en 1822.&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, grandes pi&#232;ces, triples canap&#233;s, table pour dix, assiettes pour cent, livres pour mille, est surnomm&#233;e &#171; Guise &#187; par les habitants du coin &#8211; en r&#233;f&#233;rence au Familist&#232;re de Godin dans l'Aisne. &#192; notre guise : comme un principe de vie pour les autogestionnaires d'Ambiance Bois. &#171; &lt;i&gt;Voil&#224; pourquoi nous avons le statut de Soci&#233;t&#233; anonyme &#224; participation ouvri&#232;re&lt;/i&gt; [Sapo]&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Elle n'a pas connu un grand succ&#232;s depuis sa promulgation en 1917. La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;la seule forme juridique qui donne autant de droits au travail qu'au capital&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les adeptes du vieux Fourier et de Proudhon existent donc encore en ce bas monde. Un socialisme utopique a vu le jour sous la forme d'une parqueterie et d'une menuiserie en pleine Creuse, loin de tout flux de circulation important. Une forme de vie discr&#232;te m&#234;lant h&#233;ritage protestant et christianisme social qu'ont an&#233;anti les marxistes. Chez Marc, l'un des fondateurs, l'&#233;galit&#233; prime avant tout. M&#234;me salaire, m&#234;me temps de travail, m&#234;me pouvoir de d&#233;cision. Pourtant, l'oisivet&#233; a aussi sa place ici, car si prendre sa part dans le processus de production est important, &#171; &lt;i&gt;ne pas &#234;tre prisonnier du travail l'est tout autant&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2001 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH292/-289-5bed1.jpg?1768650551' width='400' height='292' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mickomix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'aventure a d&#233;marr&#233; avec l'opini&#226;tret&#233; de quelques jeunes &#233;claireurs unionistes, des parpaillots en somme, &#233;lev&#233;s en plein air par des libertaires qui leur ont transmis le virus de l'organisation par soi-m&#234;me : &#171; &lt;i&gt;Nous n'&#233;tions pas politis&#233;s pour autant. Nous voulions assurer notre part dans la production. Nous voulions faire une usine ! &lt;/i&gt; &#187; &#192; une &#233;poque o&#249; la France venait de se doter d'un minist&#232;re du Temps libre, o&#249; d'aucuns cherchaient &#224; s'en &#233;chapper, le pari est gonfl&#233;, mais chez les calvinistes, le travail est sacr&#233; : &#171; &lt;i&gt;Nous avions d&#233;cid&#233; de vivre ensemble, et puis on s'est entendus sur un projet autour du bois. Mais au fond, cela aurait pu &#234;tre la m&#233;canique, ou l'aci&#233;rie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un membre de la communaut&#233; rencontre quelques d&#233;j&#224; vieux militants, pass&#233;s du mao&#239;sme au PS, alors que les discours du d&#233;sespoir r&#233;sonnent dans ces campagnes d&#233;sertes : &#171; Tout est foutu &#187;, entend-on dans cette Creuse victime de l'exode rural. &#171; &lt;i&gt;Un coup de fil nous propose une reprise de menuiserie, on y descend tous les six.&lt;/i&gt; &#187; M&#233;thodiquement, deux d'entre eux se forment dans la r&#233;gion. Finalement, ils choisissent une autre entreprise o&#249; ils vont mettre en pratique la th&#233;orie autogestionnaire qu'ils ont questionn&#233;e durant des ann&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Un travail sans hi&#233;rarchie, un partage des t&#226;ches, une rotation des postes...&lt;/i&gt; &#187; et une ribambelle de r&#232;gles allant &#224; l'encontre des principes en vigueur dans les bo&#238;tes du capital.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le groupe de six, constitu&#233; en 1981 avant une installation en 1984 et un d&#233;marrage en 1988, s'est peu &#224; peu &#233;largi au gr&#233; des nombreuses arriv&#233;es et des quelques d&#233;parts : aujourd'hui, ils sont 25 salari&#233;s, &#224; temps partiel pour la plupart. C'est en soi une performance sur un territoire o&#249; Ambiance Bois fait figure de poids lourd parmi les PME. Mais ce n'est &#233;videmment pas le but des autogestionnaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les visites au public sont une particularit&#233; de la Sapo creusoise. Fin juillet, une famille de Limoges est venue commander du bois, ils se sentent &#171; &lt;i&gt;un peu engag&#233;s et pr&#233;f&#232;rent donner leur argent ici qu'&#224; Leroy Merlin&lt;/i&gt; &#187;. Un premier &#233;difice poss&#232;de des tuiles en bois : les bardeaux. Ambiance Bois a choisi le m&#233;l&#232;ze, une essence imputrescible. Notre guide du jour, Karine, accompagne une trentaine de personnes &#224; travers les ateliers. &#171; &lt;i&gt; On est &#224; temps partiel et multit&#226;ches&lt;/i&gt;, explique-t-elle.&lt;i&gt; Nos lames de bardage, nos d&#233;chets sont autant de rappel du collectif.&lt;/i&gt; &#187; L'usine elle-m&#234;me n'est pas d'un grand int&#233;r&#234;t pour son architecture, mais plut&#244;t pour le discours partageux qu'on y entend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les visiteurs du jour, Marie Michel, venue de Vaux-en-Velin, travaille dans une Scop depuis deux ans &#224; Prairial, un magasin bio de longue date. La visite l'int&#233;resse, car dans sa soci&#233;t&#233;, le plus dur a &#233;t&#233; de d&#233;conditionner la salari&#233;e de son r&#244;le d'ex&#233;cutante : &#171; &lt;i&gt; Le changement de posture dans les reprises n'est pas &#233;vident.&lt;/i&gt; &#187; Depuis qu'elle &#171; autogestionne &#187;, elle trime plus qu'avant. &#171; &lt;i&gt;C'est de l'auto-esclavagisme !&lt;/i&gt; &#187;, l&#226;che-t-elle en riant. Un avis qui n'est pas partag&#233; ici.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'escalier qui m&#232;ne &#224; la menuiserie, une affichette, fa&#231;on r&#233;alisme sovi&#233;tique, proclame &#171; &lt;i&gt; Camarade, 25 ans d'autogestion, 25 ans de coop&#233;ration&lt;/i&gt; &#187;. Karine est arriv&#233;e dans la Sapo en 2011, apr&#232;s plusieurs ann&#233;es de salariat chez Eurostar en Angleterre. Entre le plateau limousin et sa vie d'avant &#171; &lt;i&gt;en uniforme et maquill&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, des voyages autour du monde et un Housesitting&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#234;t d'une maison.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; qui l'a conduite vers Faux-la-Montagne. Un jour, elle a pass&#233; le cap et s'est pr&#233;sent&#233;e &#224; l'usine. &#171; &lt;i&gt;J'&#233;tais persuad&#233;e que &#231;a me plairait. D'ailleurs j'aimerais vivre en autarcie.&lt;/i&gt; &#187; Produire tous ses l&#233;gumes et son &#233;nergie, travailler sans patron, &#171; &lt;i&gt; un c&#244;t&#233; libert&#233;&lt;/i&gt; &#187; qui l'a s&#233;duite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pause-repas avec Karine au caf&#233;-restaurant La Feuillade dans le bourg &#8211; elle a peu de temps. L'endroit est d&#233;sert, &#224; l'exception de deux clients qui s'&#233;tranglent autour d'une histoire de cannabis. &#171; &lt;i&gt;J'adore ma vie en ce moment&lt;/i&gt;, confie-t-elle entre deux bouch&#233;es.&lt;i&gt; Je n'ai pas de patron, je fais ce que je veux sur le site.&lt;/i&gt; &#187; Elle bosse 22 heures par semaine pour 700 euros, ce qui lui donne du temps pour &#233;lever son enfant. Son compagnon, lui aussi embauch&#233; &#224; la scierie, voudrait travailler moins pour exercer son autre m&#233;tier, guide de montagne. Le temps partiel n'est pas un souci dans la Sapo, c'est m&#234;me un signe de bonne sant&#233;. Marc est &#224; trois quarts-temps : &#171; &lt;i&gt; Avant, on &#233;tait sur 4 jours. Aujourd'hui, c'est trois.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mieux, pour embaucher, certains &#171; sapistes &#187; ont autor&#233;duit leur temps de travail. Marc tient quand m&#234;me &#224; pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt; Nous sommes stricts sur le travail.&lt;/i&gt; &#187; Karine appr&#233;cie la polyvalence de son poste, &#171; &lt;i&gt; en ext&#233;rieur et dans les bureaux&lt;/i&gt; &#187;, pour casser la monotonie des t&#226;ches, comme pour comprendre l'ensemble de son processus de travail. Elle conduit le chariot &#233;l&#233;vateur et tient le site web d'une m&#234;me main. Nos travailleurs sont consciencieux et certains restent un peu plus tard le soir, mais la plupart souhaitent d&#233;sormais encore lib&#233;rer du temps, notamment pour participer au festival estival Folie ! Les Mots, r&#233;solument sans subvention au pays de l'hyper-ruralit&#233;. Ou, comme Catherine Moulin, une des sapistes, pour occuper le poste de maire du village creusois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais la vie autog&#233;r&#233;e, c'est comment ? &#171; &lt;i&gt;C'est une r&#233;union un vendredi matin par mois. Quatre personnes sont responsables de l'ordre du jour. Et &#231;a tourne&#8230; Il y a toujours quelqu'un qui se pr&#233;occupe du planning&lt;/i&gt; &#187;, raconte Karine. Marc prend quant &#224; lui plus de recul : &#171; &lt;i&gt;Faut reconna&#238;tre que le niveau d'investissement n'est pas le m&#234;me pour tous.&lt;/i&gt; &#187; La question du sens est primordiale, la solidarit&#233; en plus : &#171; &lt;i&gt; On ne se la joue pas solitaire, et il y a une bonne ambiance.&lt;/i&gt; &#187; Une r&#233;union technique fait le point sur les chantiers un vendredi par mois. &#171; &lt;i&gt; Au d&#233;but, on ne se posait pas la question de la distribution et des circuits commerciaux.&lt;/i&gt; &#187; Comme pour le bio, la sensibilit&#233; est venue au fil des ans. &#171; &lt;i&gt; L'autogestion prend beaucoup de temps&lt;/i&gt;, explique Karine, &lt;i&gt;mais l'&#233;quipe est soud&#233;e&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Faux, ils font les sommiers, et une autre coop&#233;rative, Ardelaine en Ard&#232;che&lt;a href=&#034;#nb9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir : Laine sans cha&#238;nes, dans le m&#234;me dossier.&#034; id=&#034;nh9-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, fournit les matelas. Souvent, ils s'entendent dire : &#171; Votre truc, &#231;a marche ? &#187; La preuve r&#233;side dans son existence depuis 27 ans, mais Ambiance Bois reste une petite structure. &#171; &lt;i&gt;Nous scions 2 000 m3 par an, alors qu'une grosse bo&#238;te fait &#231;a en une demi-journ&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, confirme Karine. Quoi qu'il en soit, Ambiance Bois montre &#8211; de par sa long&#233;vit&#233; &#8211; que l'association des travailleurs, oui, c'est possible !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En r&#233;f&#233;rence &#224; un ouvrage de Charles Fourier publi&#233; en 1822.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Elle n'a pas connu un grand succ&#232;s depuis sa promulgation en 1917. La formule n'est pourtant pas d&#233;nu&#233;e d'int&#233;r&#234;t : chaque salari&#233; acc&#232;de au bout d'un an dans la structure &#224; la structure de main-d'&#339;uvre qui regroupe les travailleurs et d&#233;tient collectivement des actions Travail. Cela signifie qu'au bout d'un an, le petit nouveau acquiert les m&#234;mes droits que le salari&#233; en place depuis dix ans.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pr&#234;t d'une maison.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir : &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Laine-sans-chaines&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Laine sans cha&#238;nes&lt;/a&gt;, dans le m&#234;me dossier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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