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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Comment faire chialer son patron&#8230;</title>
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		<dc:date>2015-04-14T01:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Accompagner le changement (comprendre la restructuration), est l'un des leitmotivs &#224; la mode chez les nouveaux managers. Dans le cadre de la cession de notre usine par le franco-fran&#231;ais Total &#224; la soci&#233;t&#233; autrichienne Borealis il y a un an, ces petits g&#233;nies se sont dit qu'un saupoudrage de dirigeants belges permettrait de mieux faire face &#224; ce s&#233;isme culturel. En effet, comme tout le monde le sait, la France et la Belgique c'est pareil. Donc, on s'est retrouv&#233;s avec des PDG, DRH ainsi que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/DRH" rel="tag"&gt;DRH&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Accompagner le changement (comprendre la restructuration), est l'un des leitmotivs &#224; la mode chez les nouveaux managers. Dans le cadre de la cession de notre usine par le franco-fran&#231;ais Total &#224; la soci&#233;t&#233; autrichienne Borealis il y a un an, ces petits g&#233;nies se sont dit qu'un saupoudrage de dirigeants belges permettrait de mieux faire face &#224; ce s&#233;isme culturel. En effet, comme tout le monde le sait, la France et la Belgique c'est pareil. Donc, on s'est retrouv&#233;s avec des PDG, DRH ainsi que des chefs de service belges. Le hic, c'est qu'ils sont majoritairement flamands et que, question langue, il a fallu qu'ils se mettent au fran&#231;ais, comme pas mal de chez nous ont d&#251; se mettre &#224; l'anglais.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1443 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH357/p12-cqfd58-ded8e.png?1768649132' width='400' height='357' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des probl&#232;mes de langues, c'est &#224; un v&#233;ritable choc de culture sociale que nous avons assist&#233;. Car nos nouveaux patrons, qui n'en reviennent toujours pas, ont d&#233;couvert le droit du travail, les syndicats, les gr&#232;ves et j'en passe. Leur &#233;tonnement a &#233;t&#233; particuli&#232;rement profond lorsqu'ils se sont rendu compte que les salari&#233;s pouvaient arr&#234;ter les b&#233;canes et ne pas venir gratter lors des journ&#233;es d'action de gr&#232;ve. Ainsi le 16&#8200;octobre dernier, une partie de l'usine avait &#233;t&#233; stopp&#233;e et aucun sac d'engrais n'&#233;tait sorti. La demande d'explication adress&#233;e par la direction &#224; tous les syndicats (m&#234;me ceux qui n'appelaient pas au blocage des machines) n'avait pas tra&#238;n&#233;. Avec un discours toujours aussi bien rod&#233; : vous comprenez ce n'est pas le moment vu la conjoncture, l'&#233;tat des installations&#8230; On avait eu le droit aussi &#224; une lettre du PDG. Du classique, donc. Auparavant, sous Total, c'&#233;tait plus direct et parfois plus chaud, notamment lorsque le &lt;i&gt;big boss&lt;/i&gt; avait effectu&#233; une descente &#171; au contact &#187; des gr&#233;vistes pour les traiter de cons et d'assassins. Effet de sid&#233;ration garanti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le PDG actuel essaie d'&#234;tre plus diplomate. Reste que, apr&#232;s la derni&#232;re journ&#233;e d'action en date, les organisations syndicales ont encore &#233;t&#233; convoqu&#233;es par le staff de la direction g&#233;n&#233;rale &#224; Courbevoie, si&#232;ge de la bo&#238;te. Encore une fois pour se voir ass&#233;ner le m&#234;me discours ferme et paternaliste : &#171; &lt;i&gt;En Autriche et dans les autres pays o&#249; nous sommes implant&#233;s, nous ne subissons pas l'arr&#234;t de la production lors de ces journ&#233;es politiques qui s'adressent au gouvernement. Nous n'avons pas &#224; subir &#231;a. Nous comprenons le droit de manifester, mais pas d'arr&#234;ter les machines. Dans nos pays, nous ne comprenons les mouvements de gr&#232;ve que lorsqu'ils concernent les probl&#232;mes de l'entreprise.&lt;/i&gt; &#187; Parce que nous sommes joueurs nous avons dit avoir compris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, lorsque ont eu lieu les N&#233;gociations annuelles obligatoires concernant les augmentations, les primes et tout et tout, la CGT a appel&#233; &#224; mettre bas les marteaux. Les salari&#233;s s'en sont empar&#233;s et ont m&#234;me voulu commencer le mouvement la veille de la date pr&#233;vue. Rien de surprenant &#233;tant donn&#233; le climat d&#233;l&#233;t&#232;re qui r&#232;gne dans la bo&#238;te : chaque jour, la pression sur tous et chacun se fait un peu plus forte, les machines fonctionnent de moins en moins bien, la hi&#233;rarchie est toujours plus stress&#233;e et pesante. De plus, il y a eu pas mal de jeunes embauch&#233;s, plut&#244;t rebelles, qui veulent montrer qu'ils ne se laissent pas marcher sur les pieds.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ayant une solide exp&#233;rience de ces s&#233;ances de n&#233;gociations o&#249; on se fait avoir si on n'a pas le rapport de force, je me suis quand m&#234;me fait violence pour faire partie de la d&#233;l&#233;gation syndicale. La r&#233;union a commenc&#233; avec une direction souriante, le jeune responsable RH belge plut&#244;t content (nous l'appellerons John), la DRH minaudant comme &#224; son habitude. Et puis, ils ont fait leurs propositions. Des augmentations au ras des p&#226;querettes, expliqu&#233;es par les mauvais r&#233;sultats et la fameuse conjoncture. Les syndicats ont demand&#233; une suspension de s&#233;ance. Ce qui nous a permis de relayer par sms les avanc&#233;es en forme d'aum&#244;ne de la direction. &#199;a n'a fait ni une ni deux. Dans la foul&#233;e, les retours ont &#233;t&#233; &#171; &lt;i&gt;On arr&#234;te tout&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus tard, lorsque l'&#233;quipe de direction est revenue, ils tiraient la tronche. La DRH regardait ses pieds et le jeune responsable avait la larme (de crocodile) &#224; l'&#339;il. Ils venaient d'apprendre l'arr&#234;t de la production. John a alors dit qu'il ne comprenait pas, qu'il &#233;tait pour la discussion et qu'une gr&#232;ve, c'&#233;tait violent. Du coup, devant tant de &#171; violence &#187; de notre part, les cartes avaient chang&#233; et un nouveau cycle de n&#233;gociations pouvait d&#233;marrer. Au bout de trois heures d'empoignades, les offres ont &#233;t&#233; nettement revues &#224; la hausse, une prime de fin d'ann&#233;e augment&#233;e de 40 %, entre autres. &#201;videmment, ce n'est jamais &#224; la hauteur de ce qu'on voudrait comme compensation &#224; nos heures perdues au travail, mais pour avoir plus il faudrait autre chose qu'une petite gr&#232;ve d'une journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En quittant la r&#233;union, John s'est excus&#233; de s'&#234;tre mis en col&#232;re. Ce dont on ne s'&#233;tait m&#234;me pas aper&#231;u. Il a dit aussi qu'il souhaitait que la gr&#232;ve s'arr&#234;te. Ce &#224; quoi je lui ai r&#233;pondu que c'&#233;tait une gr&#232;ve de 24&#8200;heures et qu'on n'en &#233;tait qu'au d&#233;but. Il a rentr&#233; la t&#234;te dans ses &#233;paules et est parti.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, je retrouvais les coll&#232;gues dans les secteurs arr&#234;t&#233;s et ils avaient tous la banane. C'&#233;tait une petite victoire mais une victoire quand m&#234;me. Et par les temps qui courent &#231;a s'appr&#233;cie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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