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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Ni foi ni roi ni loi</title>
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		<dc:date>2015-06-17T20:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>No&#235;l Godin</dc:creator>


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&lt;p&gt;Aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale, trois quadras aux convictions pas tout &#224; fait pareilles (un socialiste mou du bulbe, un gaulliste vivant la Bible &#224; la main et un bolchevik gobe-mouches) b&#226;tissent de leurs mains &#224; Clamart, brique par brique, &#171; une &#233;trange communaut&#233; utopique qui a pour nom La Fraternit&#233; &#187; et qui se veut le microcosme de la soci&#233;t&#233; paterne et vertueuse &#224; laquelle ils aspirent. Fabrice Humbert, l'auteur de l'aust&#232;re L'Origine de la violence, raconte avec une (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cap-sur-l-utopie" rel="tag"&gt;Cap sur l'utopie !&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aux lendemains&lt;/strong&gt; de la Seconde Guerre mondiale, trois quadras aux convictions pas tout &#224; fait pareilles (un socialiste mou du bulbe, un gaulliste vivant la Bible &#224; la main et un bolchevik gobe-mouches) b&#226;tissent de leurs mains &#224; Clamart, brique par brique, &#171; &lt;i&gt;une &#233;trange communaut&#233; utopique qui a pour nom La Fraternit&#233;&lt;/i&gt; &#187; et qui se veut le microcosme de la soci&#233;t&#233; paterne et vertueuse &#224; laquelle ils aspirent. Fabrice Humbert, l'auteur de l'aust&#232;re &lt;i&gt;L'Origine de la violence&lt;/i&gt;, raconte avec une sacr&#233;e incisivit&#233; &#233;pique et un sens du d&#233;tail poivr&#233; assez zolaesque (on songe parfois aux Rougon-Macquart) l'histoire de ce familist&#232;re h&#233;t&#233;roclite o&#249; les classes sociales et les id&#233;aux boyscouto-altruistes tentent de se comp&#233;n&#233;trer ballottement. Avec le temps, la Frater menace de devenir un &#171; &lt;i&gt;club de douairi&#232;res&lt;/i&gt; &#187;. Mais certains descendants des constructeurs de l'utopie auront une destin&#233;e un peu moins cro&#251;te-au-pot. L'un d'eux est sacr&#233; Premier ministre sous la V&#8200;e R&#233;publique (et l'on reconna&#238;t vite le gluant Lionel Jospin), une autre est accus&#233;e de tremper dans Action directe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; partir de l&#224;,&lt;/strong&gt; vers le milieu du bouquin et contre toute attente, le r&#233;cit d'Humbert change r&#233;solument de cap. Il se m&#233;tamorphose en une sorte d'enqu&#234;te documentaire &lt;i&gt;trash&lt;/i&gt; pleine de contradictions et d'&#226;neries quelquefois h&#233;naurmes (le &#171; suicide &#187; d'Andreas, Ulrike et Cie n'y est m&#234;me pas chipot&#233; !), mais non d&#233;nu&#233;e d'une certaine bienveillance envers les outlaws d&#233;peints, sur ce qui a pu pousser Jean-Marc Rouillan, Nathalie M&#233;nigon et leurs comparses &#224; mener sans d&#233;semparer leur gu&#233;rilla rocambolesque. L'utopie &#224; ce moment-l&#224;, c'est la trajectoire d'un Gallimard s'apparentant aux autres qui &#233;chappe tout &#224; coup &#224; sa condition de roman historique bien l&#233;ch&#233;, au cheminement tout trac&#233;, pour nous livrer sans crier gare &#224; l'int&#233;rieur du livre un livre bis tout &#224; fait paria sur un sujet incendiaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1510 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH678/p22-carib_indian_family-ec635.jpg?1779603024' width='400' height='678' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gallimard encore&lt;/strong&gt; o&#249; l'on r&#233;&#233;dite, dans la collection L'Imaginaire, la fable libertaire phare &lt;i&gt;Utopie sauvage&lt;/i&gt; g&#233;nialement fricass&#233;e par l'anthropologue br&#233;silien Darcy Ribeiro, un zigomar nourri d'Orwell, de Fourier, de Marx, de Swift qui a lev&#233; le glaive pour les tribus indiennes d'Amazonie ratibois&#233;es par les multinationales avant de fort mal tourner (ministre ! tel le piteux Jospin d'&lt;i&gt;Eden Utopie&lt;/i&gt;). Que ne s'est-il plut&#244;t reconverti dans un de ces Indiens Galibis &#171; &lt;i&gt;candides et affables&lt;/i&gt; &#187; qu'il a si chouagamment d&#233;crits : &#171; &lt;i&gt;N'ayant jamais subi les freins de l'esclavage ni ceux du salariat, ils gardent une innocence et une int&#233;grit&#233; qui, chez nous, n'appartiennent plus qu'aux enfants, aux fous et aux vieillards. Nous devons admirer &#233;galement leurs mains si habiles &#224; tout faire. Mains capables de porter &#224; une perfection indicible les choses les plus simples, par pure joie de cr&#233;er, car ils ne savent pas qu'ils travaillent. Leur fort n&#233;anmoins ne r&#233;side pas dans la sagesse du faire mais plut&#244;t dans l'art de cohabiter. En cela, ils sont uniques. Ils organisent leur vie en communaut&#233; comme si l'important dans la vie &#233;tait de vivre tous ensemble, de cohabiter librement sans la peur de ma&#238;tres, de rois, ni de dieux.&lt;/i&gt; &#187; Le professeur Ribeiro pr&#233;cise encore qu'&#171; &lt;i&gt; un sauvage, pour &#234;tre authentique, devant faire des sauvageries&lt;/i&gt; &#187;, les Galibis pa&#239;ens et sylvicoles sans foi ni roi ni loi s'av&#232;rent quelque peu port&#233;s &#233;galement sur la fornication orgiaque, la d&#233;fonce extatique et l'anthropophagie bien et d&#251;ment interfamiliale (&#224; ne pas confondre donc avec le cannibalisme) car ce sont essentiellement des morceaux de proches parents morts qu'on retrouve dans leurs &#171; &lt;i&gt;piraos&lt;/i&gt; &#187; &#224; base de semoule de manioc.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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