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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title> SNCF : Garantie Ponctualit&#233;</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un rapport pointe l'ins&#233;curit&#233; dans les trains en Provence. Le d&#233;litement du r&#233;seau ferroviaire fran&#231;ais, en raison des trains de privatisations, r&#233;sulte surtout d'une s&#233;rie d'&#233;conomies de bouts de chandelle. Un r&#233;cit au bord de la catastrophe &#224; bord d'un train pilot&#233; par SUD Rail&#8230; Embarquement imm&#233;diat pour un retour de long week-end d'avril : ma petite famille s'installe de justesse dans le TER qui ne comporte qu'un seul wagon, certes long, mais trop court pour contenir une centaine de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un rapport pointe l'ins&#233;curit&#233; dans les trains en Provence. Le d&#233;litement du r&#233;seau ferroviaire fran&#231;ais, en raison des trains de privatisations, r&#233;sulte surtout d'une s&#233;rie d'&#233;conomies de bouts de chandelle. Un r&#233;cit au bord de la catastrophe &#224; bord d'un train pilot&#233; par SUD Rail&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Embarquement imm&#233;diat&lt;/strong&gt; pour un retour de long week-end d'avril : ma petite famille s'installe de justesse dans le TER qui ne comporte qu'un seul wagon, certes long, mais trop court pour contenir une centaine de voyageurs revenant des Alpes. Nous sommes install&#233;s en face de deux saisonniers et de quelques &#233;tudiantes b&#251;chant leurs cours d'anatomie. Pour l'instant, tout va bien, chacun garde sa place m&#234;me le chien de la grosse dame qu'elle tire par sa laisse. Les deux contr&#244;leurs sont souriants et j'abuse de mes comp&#233;tences ferroviaires pour leur demander si nous pouvons, moi et mes chers enfants aller rendre visite au conducteur du train, &#233;tant donn&#233;&#8200;&#8211; &#171; et je comprends tout &#224; fait et je suis un bon et vieux client de la SNCF, et violons et trompette &#187;&#8200;&#8211; que nous n'avons plus gu&#232;re de places pour nous asseoir. Mais c'est un &lt;i&gt;niet&lt;/i&gt; de la part du contr&#244;leur brejn&#233;vien avec son accent russo-proven&#231;al : s&#233;curit&#233;, Vigipirate&#8230; On se surprend &#224; imaginer l'&#233;tat islamique dans les Alpes prendre le contr&#244;le du TER Brian&#231;on-Marseille, le coup de gr&#226;ce pour la DCRI !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1534 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;14&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH352/p2-train-4a5a3.jpg?1768652149' width='400' height='352' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Charmag.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En bon socialiste&lt;/strong&gt;, je n'insiste pas, je n'ai pas encore lu le rapport confidentiel sur la s&#233;curit&#233; en Paca et je me f&#233;licite de constater que nous avons deux contr&#244;leurs avec le pilote &#224; la diff&#233;rence des avions allemands. A la gare suivante, si deux passagers descendent, dix clampins montent et s'embo&#238;tent dans les rang&#233;es ou se perchent entre un v&#233;lo et le chien qui grogne. Tout le monde reste calme et gentiment passif. Sauf les profs de maths qui composent des &#171; probl&#232;mes &#187; &#224; partir des passagers montant et descendant. Deux &#233;l&#232;ves r&#233;visent &#224; voix haute leur devoir sur les OGM donn&#233;s par la prof de SVT et j'ai du mal &#224; rester &#224; ma place pour ne pas leur donner une petite le&#231;on &#224; ces gaillards en mati&#232;re de fauchage volontaire. Ils &#233;chappent &#224; mon ardeur p&#233;dagogique car je ne peux plus me lever de ma place : j'ai une valise et mon gosse sur les genoux pendant qu'une superbe gaillarde des Hautes-Alpes me glisse son aisselle velue sous le nez. Quelle fra&#238;cheur ! Je crois que je n&#8216;avais plus v&#233;cu une telle sc&#232;ne de promiscuit&#233; depuis un taxi brousse en Haute-Volta lors de la descente vers le pays S&#233;noufo. A la station suivante, Veynes, il y a encore moins de descentes et par contre d'autres passagers tentent de grimper. Ah ! les images des trains indiens me reviennent en m&#233;moire avec leurs passagers &#233;dent&#233;s sur les toits. Quelle po&#233;sie ! Ainsi de suite avec des arr&#234;ts de plus en plus longs et une vitesse plus lente puisque nous sommes en surpoids. Le contr&#244;leur demande &#224; la gare de la Brillanne-Oraison aux passagers qui n'ont pas une n&#233;cessit&#233; absolue de continuer le voyage, de descendre ou de ne pas monter pour patienter jusqu'au car qui devrait passer dans une heure et quart. &#233;tant donn&#233; le peu de mouvement, soit tout le monde doute de la SNCF, soit nous devons tous rejoindre notre poste aux urgences du CHU de Marseille. L'arr&#234;t s'&#233;ternise et l'ambiance dans le wagon ressemble au RER aux heures de pointe. Rien de moins, rien de plus. Si, le paysage de la Durance&#8230; Finalement, nous arrivons avec du retard &#224; Marseille sans savoir pourquoi il n'y avait pas de rame suppl&#233;mentaire pr&#233;vue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le jeudi suivant&lt;/strong&gt;, j'harangue le peuple au foyer du m&#234;me nom, apr&#232;s la dizaine de tourn&#233;es de pastis envoy&#233;es par Michel, quand trois militants syndicaux commencent &#224; faire du grabuge. L'un deux pris de remords me glisse que lui aussi est au syndicat SUD mais attention&#8230; SUD Rail : les terroristes, les durs &#224; cuire. Je m'empresse de lui narrer mon aventure. Le vin aidant, il avoue qu'il &#233;tait le conducteur dudit train Brian&#231;on-Marseille. Stupeur ! Regards interloqu&#233;s ! Nous tombons dans les bras l'un de l'autre et fraternisons &#224; l'ind&#233;pendance du monde en buvant encore un verre. Le cheminot me raconte alors son voyage. Ou le mien si vous pr&#233;f&#233;rez. Vous &#234;tes pr&#234;ts ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour lui&lt;/strong&gt;, tout commence la veille avec la prise en main de la loco &#224; la gare St-Charles. La locomotive siffle mal. &#171; &lt;i&gt;Je fais mes niveaux depuis la cabine.&lt;/i&gt; &#187; Apparemment, il manque de l'huile. Il cherche la fuite mais niquedouille. Et personne pour faire le niveau &#224; la gare ce jour-l&#224;. On lui attribue une autre machine et notre vaillant petit cheminot part avec seulement vingt minutes de retard. A bord de son autorail que l'on ne peut accoupler avec une autre bestiole du m&#234;me type, il s'aper&#231;oit que son indicateur de vitesse est en rade. Il passe Gardanne et avertit qu'il ne peut continuer sur Aix-en-Provence. Il attend alors penaud dans sa cabine : &#171; &lt;i&gt;Tout le monde sait sauf moi que l'on m'a attribu&#233; une nouvelle machine. &#201;cris-le, &#231;a peut faire rire&lt;/i&gt; &#187;, m'explique-t-il. (Tu parles !) &#171; &lt;i&gt;C'est une passag&#232;re qui me l'apprend. Comment ? c'est le train pour Marseille !&lt;/i&gt; &#187; Mon cheminot avoue qu'ils sont toujours les derniers inform&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Chacun g&#232;re la mis&#232;re. J'ai 50 minutes de retard mais, coup de chapeau, j'arrive avec seulement 20&#8200;minutes &#224; la bourre.&lt;/i&gt; &#187; En coupant &#224; travers champs ? &#171; &lt;i&gt;A Veynes,tu sautes l'attente d'un quart d'heure et tu vas &#224; la limite de la vitesse.&lt;/i&gt; &#187; Voil&#224; le secret.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Arriv&#233;&lt;/strong&gt; avec du retard &#224; Brian&#231;on tout au bout de la ligne &#224; trois heures et demie, il y passe la nuit et le lendemain, arrive en avance pour prendre possession d'une machine assez mal en point. Brian&#231;on, c'est la plus haute ville du pays, perch&#233;e &#224; 1 326 m&#232;tres. Il h&#232;le les services techniques et n'est inform&#233; &#224; nul moment de l'affluence qu'aurait pu constater les excellents ordinateurs de la SNCF. Pourtant, les week-ends de printemps, cette ligne est assez emprunt&#233;e. En avant la b&#234;te humaine, le Gabin d&#233;marre la machine et d&#233;couvre une fuite d'air. Cela conditionne les ouvertures de portes notamment. &#171; &lt;i&gt;Les agents de maintenance viennent manipuler les sabli&#232;res mais en remontant dans la cabine j'ai un Grog, qui s'est arr&#234;t&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Le Grog, c'est un moteur qui alimente l'&#233;lectricit&#233; dans la rame et d'autres bricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'&#233;quipe revient&lt;/strong&gt; et le train peut partir avec une seule rame. &#171; &lt;i&gt;D&#232;s Gap, c'est noir de monde. Tu sais avant il y avait des contr&#244;leurs qui comptaient les passagers. Aujourd'hui on manque de mat&#233;riel, c'est mal entretenu, donc si on a affluence, nous n'avons pas le mat&#233;riel pour suivre.&lt;/i&gt; &#187; De plus le mat&#233;riel est en d&#233;p&#244;t mais avec une gestion des stocks obsol&#232;te. &#171; &lt;i&gt;A La Brillanne, le chef de service, lass&#233; de g&#233;rer cette situation d&#233;cide de stopper le train tant qu'on ne lui promet pas au moins deux bus.&lt;/i&gt; &#187; Encore un type de SUD Rail para&#238;t-il. Finalement le train arrive avec une toute petite demi-heure de retard, comme toujours. L'audit de la SNCF explique que c'est entre autres vers Gap que des probl&#232;mes existent : boulons desserr&#233;s, absence de boulons et manque de veille technique. Des risques de d&#233;raillement et de collision, para&#238;t-il, possible avec ces surcharges de passagers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme le d&#233;nonce SUD Rail&lt;/strong&gt; dans un document interne (que j'ai pu me procurer avec force ruses) : &#171; &lt;i&gt;En l'espace d'une ann&#233;e, nous subissons deux&#8200;accidents, BRETIGNY-SUR-ORGE, qui a fait 7 morts et 40 bless&#233;s, et DENGUIN en Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques, avec 9 bless&#233;s dont 4 gri&#232;vement. Selon les normes de 1997, des visites de maintenance auraient eu lieu le 25 d&#233;cembre 2013, puis le 25 juin 2014. Les dirigeants nationaux ainsi que les gouvernements successifs, ont compl&#232;tement d&#233;t&#233;rior&#233; le syst&#232;me ferroviaire. Les accidents sont le r&#233;sultat d'une politique d'aust&#233;rit&#233; qui a tu&#233; l'entretien, l'emploi, les collectifs de travail et conduit &#224; une situation d'urgence sur tout le r&#233;seau ferroviaire.&lt;/i&gt; &#187; Lourdes accusations que r&#233;fute Guillaume Pepy, le boss bien peign&#233; qui accuse les rongeurs. Quant ce ne sont pas les rongeurs, ce sont les Roms qui volent les rails, et quand il n'y a plus de Roms, c'est les Corr&#233;ziens de Tarnac avec leurs cat&#233;naires. En r&#233;alit&#233; les visites de v&#233;rification &#233;lectriques se sont espac&#233;es, passant de 6 mois &#224; 15 mois. Pas &#233;tonnant que notre petit cheminot collectionne les gal&#232;res &#224; bord de l'autorail. On a vu des Roms d'ultra gauche avec des masques de rongeurs vers Brian&#231;on la semaine derni&#232;re.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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