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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Lordon's Calling</title>
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		<dc:date>2015-11-10T16:30:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Renaud Garcia</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Dans son essai sur l'&#201;tat, Imperium. Structures et affects des corps politiques (&#233;ditions La Fabrique, septembre 2015), Fr&#233;d&#233;ric Lordon affirme que &#171; la seule force est celle du vertical &#187; et que &#171; le bout de l'&#233;mancipation vraie est loin &#187; et &#171; m&#234;me inatteignable &#187;, avant de convenir, en citant Beckett, qu'il faut pourtant garder le cap : &#171; essayer encore, rater encore, rater mieux &#187;. Le philosophe Renaud Garcia nous propose une recension critique de l'ouvrage d'un point de vue anarchiste. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nature-humaine" rel="tag"&gt;nature humaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Spinoza" rel="tag"&gt;Spinoza&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/puissance" rel="tag"&gt;puissance&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans son essai sur l'&#201;tat, &lt;a href=&#034;http://www.lafabrique.fr/catalogue.php?idArt=926&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Imperium. Structures et affects des corps politiques&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&#233;ditions La Fabrique, septembre 2015), Fr&#233;d&#233;ric Lordon affirme que &lt;i&gt;&#171; la seule force est celle du vertical &#187;&lt;/i&gt; et que &lt;i&gt;&#171; le bout de l'&#233;mancipation vraie est loin &#187;&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;&#171; m&#234;me inatteignable &#187;&lt;/i&gt;, avant de convenir, en citant Beckett, qu'il faut pourtant garder le cap : &lt;i&gt;&#171; essayer encore, rater encore, rater mieux &#187;&lt;/i&gt;. Le philosophe Renaud Garcia nous propose une recension critique de l'ouvrage d'un point de vue anarchiste.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;LE DERNIER OUVRAGE de Fr&#233;d&#233;ric Lordon se veut une cure de d&#233;grisement administr&#233;e &#224; la gauche critique. La lecture de Spinoza pensant la gen&#232;se des corps politiques lui permet d'&#233;corner le prestige de trois &#233;l&#233;ments nodaux du discours de l'&#233;mancipation qui depuis Marx finissent toujours, selon Lordon, par nourrir des voeux pieux : l'internationalisme, le d&#233;p&#233;rissement de l'&#201;tat, et la possibilit&#233; d'une horizontalit&#233; radicale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le livre part de la question suivante : comment d&#233;terminer ce qui fait qu'un corps politique se tient et dure ? D'une part, un corps politique se constitue par la puissance de la &#171; multitude &#187;, sous l'effet d'un affect commun. Ce &#171; droit &#187; que constitue la puissance de la multitude, c'est l'&lt;i&gt;imperium&lt;/i&gt;. D'autre part, chaque corps politique se distingue des autres par une certaine structure issue de l'&#233;quilibre instable entre des forces convergentes et des forces divergentes. D'o&#249; la n&#233;cessaire fragmentation de l'humanit&#233; en &lt;i&gt;&#171; ensembles finis distincts &#187;.&lt;/i&gt; D'o&#249; &#233;galement le fait que la multitude ne se structure qu'en canalisant les forces centrifuges qui l'animent, ce qui suppose une verticalit&#233; constitutive. En clair, il y a toujours de l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1601 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;32&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH312/p13-cqfd-illus-lordon-ebf28.jpg?1768731630' width='500' height='312' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#034;&#201;tat-Shifumi&#034; par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Kalem
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'internationalisme b&#233;at des &#171; citoyens du monde &#187; est mis &#224; mal par le rappel judicieux du fait de l'appartenance, distingu&#233; avec soin de la crispation identitaire. Les corps politiques se retrouvent toujours autour d'affects communs qui produisent davantage que la somme des volont&#233;s de leurs composants. Cette &lt;i&gt;&#171; exc&#233;dence du social &#187; &lt;/i&gt; explique l'in&#233;vitable verticalit&#233; produite par toute collectivit&#233; de grande ampleur. Sous l'aspect des lois, des institutions, la politique se traduit donc par la pr&#233;sence d'un &#201;tat &lt;i&gt;&#171; g&#233;n&#233;ral &#187;&lt;/i&gt;, structurellement charg&#233; de canaliser la &lt;i&gt;&#171; disconvenance passionnelle &#187;&lt;/i&gt; qui menace invariablement la coh&#233;sion des grands groupes.
Les anarchistes, en faisant de l'&#201;tat leur pire ennemi, reproduiraient ainsi une erreur funeste : ils confondent une incarnation historique &#8211; l'&#201;tat bourgeois &#8211; avec la cat&#233;gorie g&#233;n&#233;rale de l'&#201;tat. Qu'ils soient donc moins &#171; press&#233;s &#187; et &#233;coutent froidement la le&#231;on administr&#233;e par Spinoza et son ventriloque Lordon !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car s'il y aura toujours de l'&lt;i&gt;imperium&lt;/i&gt;, cela ne suppose pas de cesser de lutter contre la capture &#233;tatique de la puissance du social. Parce que leurs parties constituantes, leur trac&#233; et leur forme institutionnelle sont modifiables, les soci&#233;t&#233;s doivent s'efforcer de se r&#233;approprier leur puissance face &#224; ce &#171; ph&#233;nix &#187; qu'est l'&#201;tat. Mais il r&#233;appara&#238;tra, tentera de soumettre la collectivit&#233; &#224; des institutions et des affects la s&#233;parant de ce qu'elle peut (marchandise, monnaie unique, nationalisme agressif, parlementarisme). Une politique d'&#233;mancipation devrait alors tendre vers une vie &#171; hors la loi &#187;, o&#249; la raison commune guiderait le comportement humain, mais en sachant qu'elle n'est qu'un horizon inatteignable. Ou comment &lt;i&gt;&#171; pers&#233;v&#233;rer dans le d&#233;sir r&#233;volutionnaire sans se raconter des histoires r&#233;volutionnaires &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois referm&#233;, le livre laisse ouvertes maintes interrogations. Et d'abord celle de savoir &#224; qui s'adresse vraiment cet ouvrage. Les philosophes ou apparent&#233;s y trouveront sans nul doute une tentative suggestive pour mettre au travail la pens&#233;e de Spinoza dans un contexte satur&#233; de malentendus sur la question de la &#171; nation &#187; et de la &#171; souverainet&#233; &#187;. Le public de gauche cultiv&#233;, ici entretenu dans un d&#233;dain convenu &#224; l'&#233;gard de la pens&#233;e anarchiste, y verra une somme salvatrice de la part d'un v&#233;ritable intellectuel courageux, dont la position originale sur la question de l'&#201;tat et de l'&#233;mancipation se tient &#224; distance non seulement de l'apologie de la nation &#233;ternelle (tendance Finkielkraut), mais aussi du communisme cosmopolite (tendance Badiou ou Negri). Mais il pourrait malheureusement en aller autrement pour les lecteurs de sensibilit&#233; &#171; libertaire &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, on a souvent l'impression, &#224; parcourir les pages o&#249; Lordon tient tant &#224; se d&#233;marquer de la &#171; pens&#233;e libertaire &#187;, que notre philosophe critique en r&#233;alit&#233; un homme de paille soigneusement confectionn&#233; par ses soins. Quelques exemples. Bakounine est ramen&#233; au rang des d&#233;fenseurs intransigeants de la libre association contractuelle, qui constituerait le ferment de toute soci&#233;t&#233; libre. Sur cette base, Lordon a beau jeu de pr&#233;senter une alternative simpliste (soit le Moloch &#233;tatique &#224; la mani&#232;re de Hobbes ; soit la libre association toujours r&#233;vocable), afin de d&#233;rouler sa propre solution spinoziste, n&#233;cessairement plus subtile, plus r&#233;aliste, mieux pens&#233;e, etc. On rappellera simplement que si Bakounine, dans &lt;i&gt;Le Cat&#233;chisme r&#233;volutionnaire&lt;/i&gt; (1866), fait certes de la libre association le principe de l'organisation f&#233;d&#233;rale, il voit dans les int&#233;r&#234;ts, les besoins (ordre &#233;conomique) et les attractions naturelles (qui peuvent s'effectuer entre les nations) la base de la f&#233;d&#233;ration. On notera &#233;galement que dans sa pol&#233;mique contre Mazzini, il d&#233;fendait un mod&#232;le qui part de la commune, s'&#233;l&#232;ve &#224; la province, puis &#224; la nation pour atteindre le niveau de la f&#233;d&#233;ration internationale.
Or, pour Bakounine, la commune n'est pas issue d'un contrat d'association, elle est plut&#244;t la garantie de tout contrat : elle met sous la &lt;i&gt;&#171; sauvegarde communale &#187;&lt;/i&gt; les associations qui se forment en son sein.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Lordon, la pens&#233;e libertaire est minor&#233;e en raison de son ind&#233;crottable na&#239;vet&#233;, de sa conception univoque de la nature humaine, pr&#233;tendument bonne, g&#233;n&#233;reuse, attendant d'&#234;tre retrouv&#233;e telle quelle sous la domination &#233;tatique. Faut-il rappeler &#224; M. Lordon les dizaines de textes anarchistes indiquant que c'est bien parce que les anarchistes ne r&#234;vent pas la nature humaine telle qu'elle devrait &#234;tre qu'ils se m&#233;fient autant des positions de pouvoir hi&#233;rarchique ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Kropotkine se voit tax&#233; du &lt;i&gt;&#171; comble de l'errance th&#233;orique &#187;&lt;/i&gt;, le naturalisme du savant russe s'av&#233;rant pour Lordon totalement fantasmagorique. Mais l'id&#233;e selon laquelle la morale pourrait &#234;tre un produit de l'&#233;volution naturelle est-elle si absurde que cela ? Au fond, n'est-ce pas dire, d'une autre fa&#231;on, que l'homme n'est pas un &#171; empire dans un empire &#187; ? Or, notre sociologue bourdieusien a d&#233;cid&#233;ment bien du mal &#224; faire confiance &#224; l'id&#233;e de nature, qu'il semble toujours suspecter d'alimenter la pente r&#233;gressive des essentialismes. Tout cela consonne avec sa d&#233;testation des pr&#233;tendues &#171; communaut&#233;s substantielles &#187; auxquelles voudraient faire retour les partisans de la &#171; Terre-M&#232;re &#187;, et autres anthropologues anarchistes (Clastres, Graeber) tanc&#233;s pour leur importation candide de mod&#232;les sociaux &#171; cl&#233;s en main &#187;. Lordon, lui, n'id&#233;alise pas la nature humaine, il la pense avec l'exigeante lucidit&#233; d'un moraliste du XVII e si&#232;cle s'employant &#224; d&#233;mystifier les comportements g&#233;n&#233;reux &#224; partir de la m&#233;canique secr&#232;te de l'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Prenons encore cette id&#233;e : les &lt;i&gt;&#171; hommes r&#233;els &#187;&lt;/i&gt; sont des &lt;i&gt;&#171; complexions passionnelles &#187;&lt;/i&gt; r&#233;alisant particuli&#232;rement la nature humaine, et non la nature humaine elle-m&#234;me, qui est toujours &lt;i&gt;&#171; sousd&#233;termin&#233;e &#187;&lt;/i&gt;. Comment Lordon peut-il pr&#233;senter cette id&#233;e comme une trouvaille th&#233;orique personnelle sugg&#233;r&#233;e par Spinoza, tranchant radicalement avec le &lt;i&gt;wishful thinking&lt;/i&gt; des anarchistes, alors que tout le travail th&#233;orique de Kropotkine par exemple a consist&#233; &#224; montrer comment nos potentialit&#233;s naturelles se combinent dans des contextes culturels divers et rendent possible une histoire des traditions d'entraide&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour une tout autre approche de la question, je me permets de renvoyer &#224; mon (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que penser en d&#233;finitive ? Non pas que Fr&#233;d&#233;ric Lordon m&#233;connaisse l'apport de la critique anarchiste de l'&#201;tat r&#233;pressif et alli&#233; du capital : il l'approuve en plusieurs endroits pour sa radicalit&#233;. Mais les affects divergents finissent par l'emporter, et commandent cette politesse distante : conc&#233;der gracieusement &#224; l'anarchisme des &#171; moments de lucidit&#233; &#187; pour la rel&#233;guer apr&#232;s m&#251;re r&#233;flexion au rang des chim&#232;res et des nostalgies de l'&#226;ge d'or. Il est alors surprenant, une fois r&#233;sorb&#233;e l'enflure des n&#233;ologismes &#8211; &#171; &lt;i&gt;basal &#187; ; &#171; pulv&#233;rulence &#187; ; &#171; empuissancement &#187; ; &#171; endog&#232;nement &#187; ; &#171; statonational &#187; ; &#171; condition asynoptique &#187;,&lt;/i&gt; etc. &#8211; et des phrases sybillines &#8211; &lt;i&gt;&#171; tel &#233;tait bien l'enseignement du mod&#232;le de gen&#232;se conceptuelle dont le but &#233;tait pr&#233;cis&#233;ment de montrer le pouvoir morphog&#233;n&#233;tique des dynamiques passionnelles qui se forment endog&#232;nement dans une telle vapeur de pr&#233;carit&#233; violente &#187;&lt;/i&gt; &#8211;, de retrouver en conclusion un discours de l'&#233;mancipation qui emprunte largement aux fondamentaux&#8230; de l'anarchisme : l'autogouvernement, le mandat imp&#233;ratif, la r&#233;vocabilit&#233;, ou encore le principe de subsidiarit&#233; et l'organisation locale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Subtile mise en abyme. &#201;voquant l'&#201;tat &#224; la fois comme une puissance sociale en acte (&lt;i&gt;imperium&lt;/i&gt;) et comme un pouvoir de capture, Lordon semble avoir soumis lui-m&#234;me la puissance d'invention politique de l'anarchisme &#224; une captation par un discours sociologique et philosophique r&#233;aliste, cautionn&#233; par la figure tut&#233;laire de Spinoza. Op&#233;ration intellectuelle que l'on pourra juger aussi frauduleuse que les pr&#233;tendus titres de l'&#201;tat &#224; enserrer la vitalit&#233; du corps social. Pourtant, &#224; bien lire Lordon, les libertaires pourraient sans doute cheminer quelque temps &#224; ses c&#244;t&#233;s. Encore faudrait-il qu'apr&#232;s une conversation courtoise, le philosophe souverainement lucide ne les &#233;conduise pas d'une l&#233;g&#232;re tape paternaliste sur l'&#233;paule.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour une tout autre approche de la question, je me permets de renvoyer &#224; mon ouvrage &lt;a href=&#034;http://www.lcdpu.fr/livre/?GCOI=27000100319130&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La nature de l'entraide. Pierre Kropotkine et les fondements biologiques de l'anarchisme,&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; ENS &#233;ditions, octobre 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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