<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=9250&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La fabrique du th&#233;&#226;tre : entretien avec Guillaume Mazeau</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-fabrique-du-theatre-entretien</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-fabrique-du-theatre-entretien</guid>
		<dc:date>2015-11-13T17:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>Elizabeth Carecchio</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>travail</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>Jo&#235;l</dc:subject>
		<dc:subject>pi&#232;ce</dc:subject>
		<dc:subject>Jo&#235;l Pommerat</dc:subject>
		<dc:subject>Pommerat</dc:subject>
		<dc:subject>com&#233;diens</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le travail du dramaturge ressemble &#224; celui de l'historien, de l'anthropologue ou du sociologue. &#187; Sp&#233;cialiste de la R&#233;volution fran&#231;aise, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; la Sorbonne, Guillaume Mazeau est l'auteur du Bain de l'histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat (Champ Vallon, 2009), un livre &#233;poustouflant issu de sa th&#232;se. Il vient de consacrer dix-huit mois &#224; l'&#233;laboration de la pi&#232;ce &#199;a ira. Fin de Louis, avec Jo&#235;l Pommerat, l'un des poids lourds du th&#233;&#226;tre fran&#231;ais. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Elizabeth-Carecchio" rel="tag"&gt;Elizabeth Carecchio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Joel" rel="tag"&gt;Jo&#235;l&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/piece" rel="tag"&gt;pi&#232;ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Joel-Pommerat" rel="tag"&gt;Jo&#235;l Pommerat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pommerat" rel="tag"&gt;Pommerat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/comediens" rel="tag"&gt;com&#233;diens&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le travail du dramaturge ressemble &#224; celui de l'historien, de l'anthropologue ou du sociologue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sp&#233;cialiste de la R&#233;volution fran&#231;aise, ma&#238;tre de conf&#233;rences &#224; la Sorbonne, Guillaume Mazeau est l'auteur du &lt;i&gt;Bain de l'histoire. Charlotte Corday et l'attentat contre Marat&lt;/i&gt; (Champ Vallon, 2009), un livre &#233;poustouflant issu de sa th&#232;se. Il vient de consacrer dix-huit mois &#224; l'&#233;laboration de la pi&#232;ce &lt;i&gt;&#199;a ira. Fin de Louis&lt;/i&gt;, avec Jo&#235;l Pommerat, l'un des poids lourds du th&#233;&#226;tre fran&#231;ais. D&#233;cryptage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1602 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p14-c_a-ira-e62e2.jpg?1779901478' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo : Elizabeth Carecchio
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le spectacle &lt;i&gt;&#199;a ira. Fin de Louis&lt;/i&gt; sera jou&#233; tout le mois de novembre au th&#233;&#226;tre des Amandiers (Nanterre) puis partira en tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu tout d'abord nous expliquer comment tu t'es retrouv&#233; &#224; travailler avec la troupe de Jo&#235;l Pommerat, toi dont le terrain de jeu est habituellement l'universit&#233; Paris-I ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, ils m'ont trouv&#233; par le biais de l'Institut d'histoire de la R&#233;volution fran&#231;aise. Parmi les historiens de la R&#233;volution, je suis quelqu'un qui aime travailler en dehors du champ acad&#233;mique. Pour moi, le savoir historique ne se produit pas seulement dans les livres et je refuse d'&#233;tablir des hi&#233;rarchies. Au d&#233;part, c'est Marion Boudier, dramaturge de Pommerat, qui m'a contact&#233;. Elle cherchait un conseiller historique. Le processus de cr&#233;ation n'&#233;tait pas encore lanc&#233; et Jo&#235;l Pommerat avait besoin de cours d'histoire pour pr&#233;parer des stages d'exp&#233;rimentation. Bref, de quelqu'un qui enseigne et sugg&#232;re des lectures. On a entam&#233; notre collaboration il y a dix-huit mois, au printemps 2014. Initialement, j'avais plut&#244;t un r&#244;le &#8211; que je n'aime gu&#232;re &#8211; d'expert.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais concr&#232;tement, en quoi consistait ton travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai pos&#233; le contexte et propos&#233; un certain nombre de cours &#224; une trentaine de personnes, celles qui participaient aux stages de formation. Ensuite, quand la distribution a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;e, les com&#233;diens ont visionn&#233; ces m&#234;mes cours. La consigne de Jo&#235;l &#233;tait d'&#234;tre le plus impartial possible. Je lui ai r&#233;pondu que cela me semblait impossible, voire non souhaitable, mais je me suis adapt&#233; &#224; ce qu'il voulait. Avec la dramaturge, notre travail consistait &#224; pr&#233;parer les sc&#232;nes d'improvisation : par exemple, lors d'une sc&#232;ne d'assembl&#233;e avec un d&#233;bat sur le vote, dire si les femmes et les pauvres peuvent participer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon r&#244;le &#233;tait d'identifier les lignes qui s'opposent et de proposer une transcription des archives en langage contemporain. Ce qui nous int&#233;ressait au d&#233;part, c'&#233;tait la confrontation des id&#233;ologies. Faire l'arch&#233;ologie des id&#233;es politiques contemporaines : d'o&#249; viennent-elles et comment sont-elles n&#233;es ? Mais ce projet a beaucoup &#233;volu&#233;, &#224; l'instar d'un travail d'historien. En pratique, chaque jour, on pr&#233;parait une pochette comprenant de nombreux documents pour chaque com&#233;dien, en fonction de la ligne &#224; d&#233;fendre selon le r&#244;le. J'ai donc particip&#233; &#224; un travail p&#233;dagogique et artistique. Les com&#233;diens ont tour &#224; tour incarn&#233; des personnages radicaux puis des contre-r&#233;volutionnaires, c'&#233;tait vraiment tr&#232;s int&#233;ressant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez Jo&#235;l, les situations d'impro sont tr&#232;s travaill&#233;es, mais pleines d'incertitudes. &#192; partir de ces s&#233;ances film&#233;es et retranscrites, on a essay&#233; de retrouver de la sinc&#233;rit&#233; et on a nettoy&#233; la R&#233;volution de tout son fatras folklorique et des s&#233;dimentations m&#233;morielles. L'auteur travaillait sur la dramaturgie : un jeu sans sensiblerie et sans aff&#232;teries, car les gens de 1789 n'avaient pas conscience de faire l'histoire, cela n'est venu que petit &#224; petit. Dans d'autres spectacles sur la R&#233;volution, les acteurs optent au contraire pour une forme de grandiloquence quasi t&#233;l&#233;ologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce que tu nous dis, c'est que c'est seulement &#224; partir de ce corpus d'archives et de ce long travail d'improvisation que Jo&#235;l Pommerat a d&#233;cid&#233; d'un spectacle sur la R&#233;volution ? Pas avant ?
&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non pas avant. Il a commenc&#233; &#224; croire en la faisabilit&#233; de ce spectacle en juin 2014, au terme des premiers stages, apr&#232;s un mois et demi de boulot. C'est un metteur en sc&#232;ne qui n'a pas d'intention, mais des questions. Il travaille &#224; la mani&#232;re d'un chercheur en sciences sociales : il est parti d'un questionnement, a opt&#233; pour un travail d'archives et une exp&#233;rimentation sur le plateau, donc le terrain, et le sens s'est d&#233;gag&#233;. En cela le travail du dramaturge ressemble &#224; celui de l'historien, de l'anthropologue ou du sociologue. Je m'y suis beaucoup retrouv&#233;. Et c'est &#224; ce moment-l&#224; seulement qu'il m'a embauch&#233; et que mon statut a chang&#233;, je n'&#233;tais plus l'expert, le conseiller historique sur un sujet marqueur comme la R&#233;volution, mais un membre de la compagnie, historien comme d'autres sont com&#233;diens ou costumiers. Et d'ailleurs j'ai &#233;t&#233; pay&#233; en droits d'auteur en tant que membre de la troupe et cr&#233;ateur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Rappelle-nous la chronologie pr&#233;cise de l'&#233;laboration de la pi&#232;ce&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a travaill&#233; au cours de l'&#233;t&#233; 2014 &#224; Ch&#226;teauvallon et &#224; Toulon, mais la distribution n'&#233;tait pas compl&#232;tement arr&#234;t&#233;e. Parmi les com&#233;diens choisis, il y a d'abord ceux avec lesquels Jo&#235;l travaille tout le temps, notamment les femmes ; il y a ensuite celles et ceux qui ont jou&#233; pour &lt;i&gt;La R&#233;unification des deux Cor&#233;es&lt;/i&gt; (2013) ; il y a enfin les quatre com&#233;diens qu'il a rep&#233;r&#233;s lors des stages. Et certains nous ont rejoints en f&#233;vrier 2015 seulement, au terme d'un stage &#224; Mons en septembre 2014 : rien n'est &#233;tabli, tout se construit petit &#224; petit chez Pommerat. Mais c'est une compagnie qui a de gros moyens et une grande exigence du m&#233;tier. Mais jusqu'ici, je ne t'ai parl&#233; que du processus, cela ne pr&#233;suppose rien du r&#233;sultat final.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, as-tu eu des retours des premi&#232;res repr&#233;sentations &#224; Mons et &#224; Toulouse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ils sont plut&#244;t bons. La deuxi&#232;me partie comprend quelques longueurs, on peut s'ennuyer et il y a des redondances, notamment lors de la sc&#232;ne du &#171; 14 juillet &#187;. La volont&#233; de Jo&#235;l, auteur et metteur en sc&#232;ne, c'&#233;tait justement de ne pas couper parce que pour lui cette sc&#232;ne marque la suspension du temps au cours du mois de juillet 1789, apr&#232;s une grande tension et une acc&#233;l&#233;ration en mai et juin. Cette lenteur permet de ressentir l'ennui mortel et la folie incroyable v&#233;cus lors des &#201;tats g&#233;n&#233;raux, elle traduit les rapports de forces, les luttes concr&#232;tes : doit-on rester dans la m&#234;me salle ou non ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette attente qui procure de l'ennui, de l'exasp&#233;ration, fait partie de l'histoire de la R&#233;volution. Au risque de perdre certains spectateurs, on a choisi de recr&#233;er la temporalit&#233; des &#233;motions politiques. Oui les id&#233;es se chevauchent, oui les protagonistes se coupent la parole et se contredisent, rien n'est parfait c'est vrai, mais c'est le sens d'un &#233;v&#233;nement que l'on cherche &#224; red&#233;couvrir. Quand on &#233;crit l'histoire, on met de l'ordre ; au th&#233;&#226;tre, on peut laisser passer une certaine id&#233;e du d&#233;sordre et nous avons choisi de ne pas nous en priver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;T'es-tu lib&#233;r&#233; &#224; chaque p&#233;riode de travail pour participer &#224; la cr&#233;ation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je me suis lib&#233;r&#233; presque tout le temps : en ao&#251;t 2014 &#224; Ch&#226;teauvallon, en f&#233;vrier 2015 au 104, &#224; la ferme du Buisson (Nanterre) au printemps, puis tout l'&#233;t&#233; au th&#233;&#226;tre des Amandiers. Il n'y a qu'en septembre 2014, &#224; Mons, que je n'ai pas pu me lib&#233;rer : j'avais des cours ! Il faut bien comprendre que c'est la premi&#232;re fois qu'un historien travaille aussi longtemps avec un cr&#233;ateur. Cela a suppos&#233; un investissement total de ma part. L'&#233;t&#233; 2015, je n'ai pris qu'une semaine de vacances parce que j'avais ma rentr&#233;e &#224; pr&#233;parer. Je n'avais plus autant boss&#233; depuis ma th&#232;se. Je consid&#232;re que pour moi, sans me payer de mots, il s'agit d'un travail de recherche.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Raconte-nous une journ&#233;e type du mois de juillet 2015.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En soir&#233;e, Jo&#235;l annonce la sc&#232;ne qui sera travaill&#233;e le lendemain : le d&#233;bat sur la D&#233;claration des droits de l'homme et du citoyen, par exemple. Avec Marion, on essayait toutefois de deviner &#224; l'avance ce qu'il allait nous demander, et cela fonctionnait souvent. On pr&#233;pare alors des pochettes comprenant de nombreux documents par th&#232;mes, qui ne sont jamais trait&#233;s de mani&#232;re caricaturale. Cela dit, en tant qu'historien, j'ai plaid&#233; pour certaines lignes plut&#244;t que d'autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus concr&#232;tement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On &#233;tait 12 &#224; 15 &#224; bosser sur le plateau, donc on pr&#233;parait 12 &#224; 15 pochettes. Chaque com&#233;dien avait trois ou quatre discours de plusieurs pages, soit une vingtaine de pages &#224; d&#233;couvrir pour le lendemain. Certains recevaient le m&#234;me dossier, car l'interpr&#233;tation change en fonction de l'acteur. Le panel devait repr&#233;senter les oppositions r&#233;elles, ce qui n'a pas &#233;t&#233; &#233;vident pour moi en tant qu'historien, puisque cela a demand&#233; une pr&#233;cision extr&#234;me et une grande exigence intellectuelle. Autour de la question de la D&#233;claration des droits de l'homme, tu as d&#233;j&#224; plusieurs oppositions : les contre-r&#233;volutionnaires &#233;videmment ; mais aussi ceux qui sont d'accord pour une d&#233;claration &#224; condition qu'elle soit pr&#233;c&#233;d&#233;e d'une d&#233;claration des devoirs (Jean-Joseph Mounier, Pierre-Victor Malouet).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans cette pi&#232;ce, les grands hommes nous int&#233;ressent peu, ce sont les id&#233;es et les anonymes qui nous concernent, afin de rendre l'histoire plus universelle et de r&#233;veiller la conscience politique. Pour en revenir au d&#233;roulement d'une journ&#233;e type, d&#232;s le soir, mais plus s&#251;rement le matin, les com&#233;diens s'approprient le texte. Ils nous questionnent sur le contexte. La d&#233;claration des devoirs, par exemple, sous-entend que l'homme est en dette par rapport &#224; la soci&#233;t&#233;, c'est une vision conservatrice.
L'apr&#232;s-midi, les com&#233;diens jouent et font acc&#233;der le personnage &#224; des horizons que nous n'avions pas imagin&#233;s au d&#233;part. Dans &lt;i&gt;&#199;a ira&lt;/i&gt;, le personnage de Marie-Antoinette est ainsi d&#233;gag&#233; de sa gangue politique. La documentation accumul&#233;e a &#233;t&#233; colossale, peut-&#234;tre une tonne ! J'ai d&#233;couvert bien des archives. Il me semble que notre mani&#232;re de travailler est bien plus &#233;mancipatrice qu'une pi&#232;ce &#224; message, on ne fait pas la le&#231;on, on cherche &#224; interpeller le public, &#224; l'amener &#224; son propre cheminement.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1603 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH502/p14-fin-de-louis-b3ec2.jpg?1779604466' width='400' height='502' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme pi&#232;ce &#224; message, tu penses au &lt;i&gt;1789&lt;/i&gt; de Mnouchkine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Exactement. Mais Ariane Mnouchkine elle-m&#234;me reconna&#238;t que c'&#233;tait une pi&#232;ce caricaturale et qu'elle ne la rejouerait plus ainsi aujourd'hui. Cette pi&#232;ce du th&#233;&#226;tre du Soleil est ancr&#233;e dans une &#233;poque : elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 1971, elle &#233;tait &#171; dans son jus &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu as eu recours &#224; la vid&#233;o ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, pour ressentir la peur des gens, pour int&#233;grer la violence, on a visionn&#233; des images de la r&#233;volution ukrainienne et de la r&#233;volution roumaine. Comment rendre compte de la peur li&#233;e &#224; la pr&#233;sence de 30 000 soldats autour de Paris ? Eh bien en passant par un certain anachronisme contr&#244;l&#233; afin de mieux comprendre le pass&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de recours &#224; la vid&#233;o : pour expliquer le rapport &#224; la religion. Comment pouvait-on &#234;tre r&#233;volutionnaire et religieux ? D&#233;fendre des id&#233;es radicales mais adopter un positionnement conservateur en mati&#232;re de religion ? Cela peut sembler contre-nature. La R&#233;volution fran&#231;aise fut aussi le r&#233;sultat de cette contradiction : des id&#233;aux et des pratiques r&#233;volutionnaires, mais de fortes croyances religieuses. On a donc visionn&#233; des pr&#234;ches d'imams salafistes afin de donner de l'intelligibilit&#233; au fait que les manifestations avaient surtout lieu le dimanche pendant la R&#233;volution, &#224; l'instar des manifestations du vendredi en &#201;gypte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dernier exemple : comment comprendre que les aristocrates &#233;taient un vrai danger politique ? En les repr&#233;sentant tels qu'ils &#233;taient vraiment ! Non avec leur maquillage, leur poudre et leurs talons, mais en militaires. Ils &#233;taient presque tous officiers ! On a utilis&#233; des costumes plus contemporains pour d&#233;folkloriser la R&#233;volution : tu ressens mieux le danger qu'incarne un aristocrate s'il est d&#233;guis&#233; en Videla&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;G&#233;n&#233;ral argentin qui prit le commandement de la dictature de 1976 &#224; 1981, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pour finir, alors que la pi&#232;ce va enfin &#234;tre jou&#233;e, tu stresses encore ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je n'ai jamais cess&#233; de stresser ! Parce qu'en tant qu'historien je me suis mis en danger. Nous avons &#233;t&#233; confront&#233;s &#224; des situations historiques tr&#232;s pr&#233;cises auxquelles j'ai eu du mal &#224; r&#233;pondre. Il y a &#233;galement eu un positionnement &#224; adopter sur des cas d'histoire contrefactuelle. En travaillant avec la compagnie, j'ai davantage per&#231;u que les contre-r&#233;volutionnaires &#233;taient forts et que Louis XVI n'&#233;tait pas un personnage falot. On a rendu l'histoire plus complexe, mais cela a &#233;t&#233; tr&#232;s d&#233;stabilisant. Au th&#233;&#226;tre, tu dois r&#233;pondre &#224; des points tr&#232;s pr&#233;cis : comment embrasse-t-on un roi ? J'avais une id&#233;e vague, mais tu ne peux pas te permettre d'&#234;tre vague lors d'une repr&#233;sentation publique. Un geste mal fait, et c'est toute la cr&#233;dibilit&#233; du propos qui s'&#233;vapore. L'exigence de fiction est venue questionner mon d&#233;faut d'&#233;rudition, et r&#233;ciproquement. J'ai appris beaucoup de choses sur la R&#233;volution, et pas n&#233;cessairement d'un point de vue intellectuel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, j'ai peur parce que je n'ai jamais vu la troisi&#232;me partie de ce spectacle de quatre heures, puisqu'elle n'&#233;tait pas achev&#233;e lors des premi&#232;res repr&#233;sentations &#224; Mons et &#224; Toulouse et n'a jamais &#233;t&#233; jou&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;G&#233;n&#233;ral argentin qui prit le commandement de la dictature de 1976 &#224; 1981, responsable de la disparition de 10 &#224; 30 000 opposants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les artistes ne sont pas tous autistes, mais tous les autistes sont des artistes</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-artistes-ne-sont-pas-tous</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Les-artistes-ne-sont-pas-tous</guid>
		<dc:date>2014-10-31T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Julien Tewfiq</dc:creator>


		<dc:subject>Alexandra Lebon</dc:subject>
		<dc:subject>cristal</dc:subject>
		<dc:subject>th&#233;&#226;tre</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier</dc:subject>
		<dc:subject>com&#233;diens</dc:subject>
		<dc:subject>Olivier Couder</dc:subject>
		<dc:subject>Blanche Neige</dc:subject>
		<dc:subject>Couder</dc:subject>
		<dc:subject>petites Cochonnes</dc:subject>
		<dc:subject>drap suspendu</dc:subject>
		<dc:subject>pomme empoisonn&#233;e</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Ce Blanche Neige est un spectacle que peu verront. Jou&#233; en grande partie par des acteurs en situation de handicap mental, peu de salles lui ouvriront leurs portes. Rencontre avec le th&#233;&#226;tre du Cristal, une compagnie pas comme les autres, certes, mais qui voudrait l'&#234;tre un peu plus. On aura vu une Blanche Neige fr&#233;missante de d&#233;sir danser avec le Chasseur, un acteur en apesanteur et gr&#226;ce tournoyer dans un drap suspendu, la mort grotesque du roi au milieu de sa cour dont les trois petites (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no124-juillet-aout-septembre" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;124 (juillet-aout-septembre 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Alexandra-Lebon" rel="tag"&gt;Alexandra Lebon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cristal" rel="tag"&gt;cristal&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/theatre" rel="tag"&gt;th&#233;&#226;tre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Olivier" rel="tag"&gt;Olivier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/comediens" rel="tag"&gt;com&#233;diens&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Olivier-Couder" rel="tag"&gt;Olivier Couder&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Blanche-Neige" rel="tag"&gt;Blanche Neige&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Couder" rel="tag"&gt;Couder&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/petites-Cochonnes" rel="tag"&gt;petites Cochonnes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/drap-suspendu" rel="tag"&gt;drap suspendu&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pomme-empoisonnee" rel="tag"&gt;pomme empoisonn&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Ce &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Blanche Neige, Com&#233;die musicale de Gilles Roland-Manuel, mise en sc&#232;ne (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un spectacle que peu verront. Jou&#233; en grande partie par des acteurs en situation de handicap mental, peu de salles lui ouvriront leurs portes. Rencontre avec le th&#233;&#226;tre du Cristal, une compagnie pas comme les autres, certes, mais qui voudrait l'&#234;tre un peu plus.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On aura vu une Blanche Neige fr&#233;missante de d&#233;sir danser avec le Chasseur, un acteur en apesanteur et gr&#226;ce tournoyer dans un drap suspendu, la mort grotesque du roi au milieu de sa cour dont les trois petites Cochonnes, des sorci&#232;res grima&#231;antes et un prince certes charmant (sauf pour Blanche Neige) mais avant tout ambitieux&#8230; Point de sept nains dans ce &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt; mais des moines inqui&#233;tants et dr&#244;latiques et &#224; la place de la pomme empoisonn&#233;e, l'h&#233;ro&#239;ne meurt d'avoir aim&#233; sa propre image. Le spectacle jongle entre &#233;clats de rire francs, irr&#233;v&#233;rence, po&#233;sie et intelligence. La troupe, compos&#233;e d'artistes confirm&#233;s, de pensionnaires d'Instituts m&#233;dico-&#233;ducatifs (IME) et de la compagnie du th&#233;&#226;tre du Cristal (des com&#233;diens en situation de handicap) &#233;tait dirig&#233;e par le metteur en sc&#232;ne Olivier Couder. Artistes, handicap&#233;s ou non, ils &#233;taient presque cinquante &#224; nous emmener danser dans la for&#234;t jusqu'&#224; la f&#234;te finale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1186 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;22&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/p14-blanche-02aba.jpg?1779603233' width='500' height='333' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Alexandra Lebon.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait lors du festival du Futur compos&#233; du 24 au 29 juin dernier et m&#234;me &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;T&#233;l&#233;rama&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;A nous Paris&lt;/i&gt; se sont extasi&#233;s devant ce spectacle m&#234;lant sur le m&#234;me plateau artistes et personnes handicap&#233;es, autistes ou schizophr&#232;nes&#8230; Pendant une semaine, on a vant&#233; le m&#233;lange, le refus de l'exclusion, les liens construits. Tr&#232;s bien, certes. Mais juste pour une semaine et puis s'en va. Pourtant Olivier Couder et ses com&#233;diens font du th&#233;&#226;tre toute l'ann&#233;e, 35 heures par semaine, avec cinq semaines de cong&#233;s pay&#233;s. A plein temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;a href=&#034;http://www.artsenfolies.org/theatreducristal/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;th&#233;&#226;tre du Cristal&lt;/a&gt; f&#234;te cette ann&#233;e ses 25 ans. 25 ans qu'Olivier Couder forme, dirige et met en sc&#232;ne des pi&#232;ces de th&#233;&#226;tre avec des com&#233;diens en situation de handicap. La compagnie est en convention avec l'&#233;tablissement et service d'aide par le travail (Esat), &#171; La Montagne &#187; &#224; Cormeilles-en-Parisis (Val d'Oise). Comme il n'existe que huit Esat artistiques en France (sur 1 500) les quinze com&#233;diens ont eu de la chance de trouver une place dans cette petite troupe. Certains sont l&#224; depuis des ann&#233;es, d'autres viennent d'arriver parfois de loin, quittant leur famille et leur r&#233;gion pour venir faire du th&#233;&#226;tre ici. C'est l'Esat qui fournit les locaux et le salaire d'un &#233;ducateur au Cristal. Il verse aussi les indemnisations des com&#233;diens parcimonieusement calcul&#233;es selon des normes nationales (70 % du SMIG). Pas vraiment reconnus comme travailleurs, les com&#233;diens souffrant de handicap sont regard&#233;s comme des &#171; malades qu'on aide &#187;. Exit le code du travail : ils n'ont m&#234;me pas le droit de faire gr&#232;ve ! Et encore moins le droit d'&#234;tre intermittents. Mais si c'est l'Esat qui verse ces indemnisations, l'argent vient du Cristal et de ses revenus ! Il faut donc imp&#233;rativement que leurs spectacles tournent et rencontrent du public. &#171; &lt;i&gt;Si les deux tiers de nos ressources viennent de subventions et du m&#233;c&#233;nat, un tiers sont des ressources propres &#8211; ce qui fait beaucoup pour une compagnie de th&#233;&#226;tre professionnelle&lt;/i&gt; &#187;, nous explique Olivier Couder.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors il faut trouver des th&#233;&#226;tres pour accueillir les spectacles. Mais pour &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;, aucune date ne se profile &#224; l'horizon. Olivier Couder pr&#233;cise combien il est compliqu&#233; de faire tourner un tel spectacle &#171; &lt;i&gt;car cela implique beaucoup de monde dont les IME. Toutefois si on nous le propose, on trouvera les moyens de le faire. Mais les &#233;tablissements culturels ne viennent m&#234;me pas voir notre spectacle. Et s'ils viennent, ils font la moue car notre travail n'est pas acad&#233;mique. C'est un peu la situation qu'a connue l'art brut dans les ann&#233;es 50.&lt;/i&gt; &#187; Et c'est vrai que les spectacles du Cristal ne sont pas &#171; acad&#233;miques &#187;. Les com&#233;diens handicap&#233;s introduisent dans leur jeu un d&#233;calage par rapport &#224; nos habitudes th&#233;&#226;trales. Et c'est justement tout l'int&#233;r&#234;t artistique de leur travail qui va bien au-del&#224; des blablas consensuels et des plaquettes institutionnelles concernant les liens entre handicap&#233;s et &#171; normaux &#187;. &#171; &lt;i&gt;Fondamentalement les mentalit&#233;s du monde du th&#233;&#226;tre n'ont pas &#233;volu&#233; par rapport au handicap. La norme acad&#233;mique est toujours celle de l'excellence artistique et savante. Dans notre soci&#233;t&#233;, on accepte de plus en plus de voir les handicap&#233;s, mais toujours pas de partager avec eux.&lt;/i&gt; &#187; Sur &lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;, Olivier Couder a donn&#233; des r&#244;les importants &#224; ses com&#233;diens handicap&#233;s : le roi ou le Chasseur, par exemple. &#171; &lt;i&gt;J'ai vraiment voulu que le spectacle repose aussi sur les handicap&#233;s, qu'ils ne soient pas l&#224; juste pour faire de la figuration.&lt;/i&gt; &#187; Ce qui n'&#233;tait pas du go&#251;t d'un acad&#233;misme th&#233;&#226;tral bien pensant qui n'accepte la diff&#233;rence qu'&#224; ses marges, dans un r&#244;le social&#8230; Sinon, &#231;a n'est pas de l'aaaart, ma bonne dame !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Certaines salles de th&#233;&#226;tre plus militantes accueillent volontiers la troupe du Cristal, comme &lt;a href=&#034;http://www.leventseleve.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le vent se l&#232;ve&lt;/a&gt; ou &lt;a href=&#034;http://www.confluences.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Confluences&lt;/a&gt; &#224; Paris ou encore la Sc&#232;ne nationale de Cergy. Mais c'est loin de suffire. &#171; &lt;i&gt;Curieusement, on a moins de mal &#224; trouver des dates &#224; l'&#233;tranger ! On a pu jouer &#224; Madrid : &#224; la &lt;a href=&#034;http://www.lacasaencendida.es/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Casa Encedida&lt;/a&gt;, th&#233;&#226;tre de premi&#232;re importance, et au Centro dramatico Nacional.&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir une petite vid&#233;o &#224; propos de ces rencontres en 2010.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; Mais en France les &#233;tablissements culturels sont encore assez r&#233;actionnaires. Pour eux, travailler avec des personnes en situation de handicap c'est faire du social, un petit truc en plus de leurs vraies missions artistiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux yeux d'Olivier Couder, il y a quand m&#234;me des points positifs, et d'abord les r&#233;actions des artistes qui ont travaill&#233; avec eux sur ce projet. &#171; &lt;i&gt;Ils ont &#233;t&#233; tr&#232;s int&#233;ress&#233;s, tr&#232;s investis et patients. C'&#233;taient de vraies belles rencontres, un vrai partage pour le coup !&lt;/i&gt; &#187; On pensera notamment &#224; la chor&#233;graphe Kaori Ito, &#224; la d&#233;j&#224; tr&#232;s grande carri&#232;re internationale, dont la motivation sur cette cr&#233;ation ne s'est pas d&#233;mentie mais aussi aux intermittents, r&#233;gisseurs du th&#233;&#226;tre Monfort ou com&#233;diens qui ont pr&#233;f&#233;r&#233; ne pas faire gr&#232;ve pour ce spectacle en solidarit&#233; avec ces acteurs pas comme les autres&#8230; Et l'enthousiasme des spectateurs qui ont eu le privil&#232;ge de partager un beau moment de th&#233;&#226;tre sans acad&#233;misme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Photo d'Alexandra Lebon. D'autres photos de &lt;i&gt;Blanches Neiges&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://www.alexandralebon.com/?fluxus_portfolio=blanche-neige&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;par ici !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Un catalogue de folie&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les spectacles que d&#233;livrent Couder et sa bande sont tr&#232;s loin de n'&#234;tre qu'un moyen de &#171; rompre avec l'exclusion &#187;, qu'un th&#233;&#226;tre &#171; th&#233;rapeutique &#187; ou un moyen &#171; d'occuper &#187; ceux que notre soci&#233;t&#233; tient &#224; l'&#233;cart. Il s'agit purement et simplement de v&#233;ritables cr&#233;ations artistiques proposant un regard particulier sur le monde dans lesquelles les com&#233;diens ne jouent pas leurs propres r&#244;les mais de vrais personnages, avec de vrais discours&#8230; et avec une fa&#231;on bien particuli&#232;re d'aborder la sc&#232;ne qui nous change, nous les spectateurs, de nos routines th&#233;&#226;trales. S'ils passent par chez vous, ne les ratez pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Toujours par le th&#233;&#226;tre du Cristal : mis en sc&#232;ne par Olivier Couder : &lt;i&gt;Lointain int&#233;rieur&lt;/i&gt; d'Henri Michaux, &lt;i&gt;Catalina in Fine&lt;/i&gt; de Fabrice Melquiot, &lt;i&gt;Le Dernier cri&lt;/i&gt;, sur des textes de Don Dhuyns, Fichet, Couder. Mis en sc&#232;ne par Eric Morin Racine : &lt;i&gt;O&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Vu du banc&lt;/i&gt;, spectacles de clowns. &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=VqRXZOVykek&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Fracas&lt;/a&gt;&lt;/i&gt; d'Olivier Bruhnes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Blanche Neige&lt;/i&gt;, Com&#233;die musicale de Gilles Roland-Manuel, mise en sc&#232;ne d'Olivier Couder. Actuellement programm&#233;e nulle part.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir une &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=D3Ik-4wrwEk&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;petite vid&#233;o&lt;/a&gt; &#224; propos de ces rencontres en 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
