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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>SOS m&#233;decins du travail</title>
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		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
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&lt;p&gt;Dans chaque usine, on essaie de se garder quelques &#238;lots pour tenir. Ce sont les vestiaires, les fumoirs, les r&#233;fectoires&#8230; Des lieux o&#249; l'encadrement se pointe tr&#232;s rarement, sous peine de se faire envoyer balader. Il y a aussi d'autres lieux, plus institu&#233;s, comme les locaux du comit&#233; d'&#233;tablissement ou, lorsque c'est possible, les locaux syndicaux. Ce sont des lieux presque hors du temps de l'exploitation, et l'on s'y attarde en fonction des rapports qu'on entretient avec la hi&#233;rarchie ou (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no104-octobre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;104 (octobre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fritz-Kahn" rel="tag"&gt;Fritz Kahn&lt;/a&gt;, 
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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_487 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH797/104kahn-599c4.jpg?1779604467' width='400' height='797' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Fritz Kahn
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans chaque usine, on essaie de se garder quelques &#238;lots pour tenir. Ce sont les vestiaires, les fumoirs, les r&#233;fectoires&#8230; Des lieux o&#249; l'encadrement se pointe tr&#232;s rarement, sous peine de se faire envoyer balader. Il y a aussi d'autres lieux, plus institu&#233;s, comme les locaux du comit&#233; d'&#233;tablissement ou, lorsque c'est possible, les locaux syndicaux. Ce sont des lieux presque hors du temps de l'exploitation, et l'on s'y attarde en fonction des rapports qu'on entretient avec la hi&#233;rarchie ou avec le boulot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il reste un autre lieu de plus en plus fr&#233;quent&#233; par les coll&#232;gues, c'est l'infirmerie. D'autant plus lorsque l'infirmi&#232;re a tendance &#224; consid&#233;rer le personnel, majoritairement masculin, comme ses enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est pourtant un lieu qui se r&#233;tr&#233;cit, car il repr&#233;sente souvent un co&#251;t et parfois un contre-pouvoir dont les patrons voudraient se passer. Depuis des ann&#233;es, la m&#233;decine du travail est attaqu&#233;e par le Medef. Les visites m&#233;dicales sont espac&#233;es et il existe m&#234;me des entreprises o&#249; les salari&#233;s n'ont qu'une visite m&#233;dicale d'embauche. Les postes de m&#233;decins du travail, quant &#224; eux, se r&#233;duisent, ou sont occup&#233;s par des m&#233;decins int&#233;rimaires qui ne connaissent pas toujours tous les tenants et aboutissants de l'usine, les produits utilis&#233;s, les &#233;missions nocives, les rythmes de travail, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, vu les risques chimiques et industriels, la pr&#233;sence d'un m&#233;decin et d'une infirmi&#232;re est obligatoire. Quand je suis rentr&#233; dans la bo&#238;te, le m&#233;decin &#233;tait un ancien militaire en retraite avec tout ce que cela comporte. En plus, &#224; chaque visite il nous citait un morceau de la Bible ou des &#233;vangiles (si, si). Ensuite on a eu une femme, fille d'un directeur r&#233;put&#233; d'un secteur psychiatrique de la r&#233;gion. Elle ne faisait ce boulot que &lt;i&gt;&#171; pour son argent de poche &#187;&lt;/i&gt;, comme elle disait. Elle avait &#233;galement la haine des prolos qui, pour elle, &#233;taient tous des alcooliques. Du coup, pour supprimer ce vilain vice, elle a fait installer des distributeurs de sirop de menthe et de grenadine partout (ce qui a permis &#224; certains de se concocter quelques savoureux m&#233;langes &#224; l'heure de l'ap&#233;ro).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, on a eu droit &#224; un vrai militant. Faut dire qu'&#234;tre m&#233;decin du travail peut se rapprocher d'un v&#233;ritable sacerdoce : une paye moindre et une position, entre le patron et les salari&#233;s, pas toujours simple &#224; n&#233;gocier. N'emp&#234;che qu'en travaillant avec les &#233;lus au CHS-CT, il a pu mettre en place des protocoles, monter des dossiers pour des salari&#233;s ayant c&#244;toy&#233; l'amiante, parler de la souffrance au travail, etc. Il a &#233;t&#233; un appui important pour les syndicats lorsque ceux-ci ont voulu interdire l'emploi de certains produits canc&#233;rig&#232;nes. Il a fait son boulot, en somme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il va sans dire que lorsqu'il y a eu le plan de restructuration et que l'effectif est pass&#233; &#224; moins de 500, ce m&#233;decin a d&#251; trouver une autre usine pour emmerder un autre patron.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous nous sommes retrouv&#233;s alors avec une m&#233;decin &#224; mi-temps venant d'une entreprise sous-traitante. Issue d'un milieu qu'on dira &#171; favoris&#233; &#187;, elle s'est d'abord montr&#233;e plut&#244;t timor&#233;e en suivant &#224; la lettre les directives patronales (son entreprise d&#233;pend directement du Medef). Mais, t&#233;moin de nos conditions de travail, elle a fini par changer de camp. Ce qu'elle me dit c'est que plus &#231;a va et plus les gens viennent se plaindre de leur travail. Mais ce qui l'horripile particuli&#232;rement, ph&#233;nom&#232;ne qui s'est accentu&#233; depuis l'annonce du report de l'&#226;ge de la retraite, c'est le nombre de &lt;i&gt;&#171; s&#233;niors dans l'usine &#187;&lt;/i&gt; (comme elle dit), qu'elle doit d&#233;clarer inaptes au travail de nuit, ou &#224; d'autres travaux particuli&#232;rement physiques. &lt;i&gt;&#171; Je suis aussi choqu&#233;e par le nombre de cancers, d'hypertensions, de maladies musculo-squelettiques, et autres. Il me semble que la maladie a remplac&#233; la bagarre. Avant les salari&#233;s s'engueulaient avec leurs chefs et &#231;a allait mieux apr&#232;s. Maintenant les gens courbent le dos, subissent et du coup c'est le corps qui prend. &#187;&lt;/i&gt; Elle sourit et, sachant &#224; qui elle s'adresse, elle ajoute : &lt;i&gt;&#171; Il me semble qu'avant, il y avait plus souvent des gr&#232;ves aussi. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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