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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>David Graeber : Occupy Saturne</title>
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		<dc:creator>Renaud Garcia</dc:creator>


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&lt;p&gt;Qu'advient-il lorsqu'un brillant universitaire &#224; l'&#339;uvre d&#233;j&#224; foisonnante acc&#232;de au statut de r&#233;f&#233;rence internationale de la contestation, brinquebal&#233; de colloques en conf&#233;rences, d'&#233;missions en manifestations ? On peut se le demander &#224; la lecture de Bureaucratie, le dernier livre de David Graeber, figure du mouvement Occupy, traduit en fran&#231;ais aux &#233;ditions Les liens qui lib&#232;rent. Lecteur attentif de Graeber depuis assez longtemps maintenant, d&#232;s sa p&#233;riode &#171; underground &#187;, pourrais-je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/technologies" rel="tag"&gt;technologies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Qu'advient-il lorsqu'un brillant universitaire &#224; l'&#339;uvre d&#233;j&#224; foisonnante acc&#232;de au statut de r&#233;f&#233;rence internationale de la contestation, brinquebal&#233; de colloques en conf&#233;rences, d'&#233;missions en manifestations ? On peut se le demander &#224; la lecture de &lt;i&gt;Bureaucratie&lt;/i&gt;, le dernier livre de David Graeber, figure du mouvement Occupy, traduit en fran&#231;ais aux &#233;ditions Les liens qui lib&#232;rent.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1727 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH493/-46-87a07.jpg?1768657645' width='400' height='493' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Lecteur attentif de Graeber depuis assez longtemps maintenant, d&#232;s sa p&#233;riode &#171; &lt;i&gt;underground&lt;/i&gt; &#187;, pourrais-je dire, il m'a fallu revenir plusieurs fois sur ce livre, constitu&#233; principalement de trois articles dat&#233;s de 2012, pour me rendre &#224; cette f&#226;cheuse &#233;vidence : notre &#171; anthropologue-anarchiste &#187; peut d&#233;sormais tout se permettre, y compris exhumer ses fonds de tiroir de fa&#231;on &#233;hont&#233;e. Entendons-nous bien cependant : &lt;i&gt;Bureaucratie&lt;/i&gt; contient dans son premier article des d&#233;veloppements int&#233;ressants qui manient le paradoxe avec go&#251;t. On pense d'ordinaire une opposition entre l'&#201;tat et le march&#233; ? Il n'en est rien : la rationalit&#233; marchande se coule parfaitement dans le principe d'efficacit&#233; de la bureaucratie. Efficacit&#233; seulement pr&#233;tendue, car dans une soci&#233;t&#233; enti&#232;rement r&#233;gie par des contrats (un r&#234;ve libertarien !), la n&#233;cessit&#233; de recourir &#224; des rapports bureaucratiques serait multipli&#233;e et non limit&#233;e, segmentant les relations collectives entre d&#233;p&#244;t de projets et r&#233;ponse &#224; des contr&#244;les. Voil&#224; des &#233;l&#233;ments ind&#233;niablement int&#233;ressants et bien tourn&#233;s. Ils ne doivent pas pour autant occulter l'inanit&#233; du deuxi&#232;me article reproduit dans ce recueil, &#171; Des voitures volantes et de la baisse du taux de profit &#187;, qui ne s'est gu&#232;re attir&#233; de commentaires critiques alors qu'il encha&#238;ne &#233;normit&#233;s sur &#233;normit&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'abord, une question ouverte : ch&#232;re lectrice et cher lecteur, &#234;tes-vous aujourd'hui profond&#233;ment amers de ne pas &#234;tre entr&#233;s totalement dans l'&#232;re des voitures volantes sans chauffeurs, de la t&#233;l&#233;portation, des robots andro&#239;des et autres &#233;lixirs d'immortalit&#233; ? Avez-vous, de fait, l'impression qu'une m&#233;chante clique a d&#233;tourn&#233; les technologies les plus prometteuses pour vous voler votre futur ? David Graeber y r&#233;pond pour vous, par l'affirmative. La technologie, avance-t-il, est tiss&#233;e de l'&#233;toffe de nos r&#234;ves. C'est notre capacit&#233; imaginante qui pr&#233;side &#224; la mise en &#339;uvre du monde dans lequel nous voulons vivre. Et l'anthropologue-anarchiste de se demander : par quel malheureux accident a-t-il pu se faire qu'en 2016 nous demeurions en attente des robots blanchisseurs et des r&#233;acteurs dorsaux qui peuplaient l'imaginaire futuriste des ann&#233;es 1960 ? Curieuse disposition d'esprit, tout de m&#234;me, dans cette fa&#231;on de tourner les probl&#232;mes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En effet, lorsqu'on &#233;voque la question de la technologie, une personne &#224; l'esprit un tant soit peu critique ne manquera pas de s'interroger &#224; la fois sur le sens du progr&#232;s technique et sur la finalit&#233; de la production en rapport avec les besoins. Questions absolument cruciales, qui tiennent &#224; une volont&#233; minimale de ma&#238;triser nos conditions d'existence. Or, &#233;trangement, l'article d&#233;marre pour ainsi dire &lt;i&gt;in medias res&lt;/i&gt; : il ne s'agit jamais de revenir en amont des pr&#233;tendus progr&#232;s technologiques pour discerner ce qu'ils apportent et ce qu'ils saccagent, mais bien d'estimer scandaleux, ma bonne dame, d'avoir encore &#224; conduire une automobile, alors que l'on pourrait tr&#232;s bien d&#233;l&#233;guer cette t&#226;che fastidieuse &#224; un algorithme en se repaissant pendant ce temps de la lecture d'un ouvrage remarquablement stimulant sign&#233; David Graeber !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si de telles possibilit&#233;s ne nous sont pas offertes, comprenez-vous, ce n'est pas une question d'inventivit&#233; (il y aura toujours, parmi les 99%, des gens brillants), mais bien une question politique : &#171; ils &#187; n'en ont pas voulu, des technologies &#171; po&#233;tiques &#187; ! Ces moyens rationnels, techniques et bureaucratiques mis au service de r&#234;ves fous. &#171; Ils &#187; ont pr&#233;f&#233;r&#233; orienter les cr&#233;dits de recherche vers les technologies bureaucratiques, bridant le potentiel &#233;mancipateur des meilleurs dispositifs, comme lorsque Internet se trouve r&#233;duit essentiellement &#224; une centrale d'achats en ligne, &#224; un analogue de la poste et &#224; une grande biblioth&#232;que. On le saisit : Graeber n'inscrit en rien son analyse de la bureaucratie dans une critique g&#233;n&#233;rale des rapports r&#233;ifi&#233;s au monde, aux autres et &#224; soi-m&#234;me rendus possibles par le d&#233;veloppement technologique aveugle. Il ne critique pas une forme de vie intrins&#232;quement li&#233;e aujourd'hui au capitalisme, mais un type de contr&#244;le politique et social orchestr&#233; par les &#171; 1% &#187;. C'est que les dirigeants ont int&#233;r&#234;t &#224; contr&#244;ler les masses par le truchement du travail, en laissant faire aux humains ce que des robots auraient pu depuis belle lurette leur &#233;pargner. &lt;i&gt;Ergo &lt;/i&gt; : le fond de l'affaire, c'est une lutte de classes, et la technique, somme toute, reste neutre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le point de me laisser embarquer par cet optimisme technologique sans faille, une malheureuse citation est revenue doucher ma naissante euphorie : &#171; &lt;i&gt;Durant un si&#232;cle, l'humanit&#233; s'est livr&#233;e &#224; une exp&#233;rience fond&#233;e sur l'hypoth&#232;se suivante : l'outil peut remplacer l'esclave. Or, il est manifeste qu'employ&#233; &#224; de tels desseins, c'est l'outil qui de l'homme fait son esclave. La dictature du prol&#233;tariat et la civilisation des loisirs sont deux variantes politiques de la m&#234;me domination par un outillage industriel en constante expansion&lt;/i&gt;. &#187; Ces lignes d'Ivan Illich, dans &lt;i&gt;La Convivialit&#233;&lt;/i&gt;, datent de 1973, lorsque le jeune Graeber devait d&#233;vorer tout Asimov en r&#234;vant de laisser un andro&#239;de sur Mars. Or, des r&#233;flexions de cet acabit n'existent tout bonnement pas dans la galaxie de notre anthropologue-anarchiste. &#192; ses yeux, il est au contraire &#233;tonnant que nous n'ayons pas d&#233;j&#224; per&#231;u &#224; quel point le capitalisme freine l'innovation, au lieu de favoriser pr&#233;cis&#233;ment sa constante expansion. L'iPhone, objet r&#233;v&#233;r&#233; de notre &#233;poque, ne serait ainsi qu'une &#171; modeste am&#233;lioration &#187; con&#231;ue pour amuser la galerie. Qu'il soit utile, incidemment, pour tracer, g&#233;olocaliser, conserver le salari&#233; sous pression perp&#233;tuelle et exploiter par consentement les dynamiques auto-entrepreneurs de la nouvelle &#233;conomie : de tout cela, pas un mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce marasme technologique qui signe l'&#233;chec du capitalisme &#8211; &#233;chec d'une cristalline &#233;vidence, n'est-ce pas ? &#8211;, soyons audacieux, nous enjoint David Graeber. Sa vision n&#233;buleuse d'un socialisme d&#233;centralis&#233; rencontre en toute logique les technologies d'imprimantes 3D, porteuses d'un avenir d'initiatives et de cr&#233;ativit&#233; d&#233;multipli&#233;es. Avec un tel argumentaire, nul doute que l'ic&#244;ne alternative sera intronis&#233;e chouchou des s&#233;minaires sur le num&#233;rique collaboratif ou la croissance verte, sur le th&#232;me &#171; Les fablabs, moteurs d'une &#233;cologie subversive &#187;. De l'audace, toujours de l'audace : ouvrons de nouveau l'avenir de la technologie, contre tous ces gens au profil &#171; &lt;i&gt;anticivilisation&lt;/i&gt; &#187; qui affirment que la &#171; &lt;i&gt;lib&#233;ration humaine n'est r&#233;alisable que par un retour &#224; l'&#226;ge de pierre &lt;/i&gt; &#187;. Pass&#233; ce point d'&#233;lucubrations interstellaires, on en vient &#224; se dire que le sagace et virevoltant David Graeber s'est retrouv&#233; coinc&#233; dans le monde r&#233;el, pendant que les cyniques agents nous envoyaient, &#224; nous, prisonniers de la Matrice, son image digitale &#171; Luc Ferry &#187; pour nous sermonner sur les errances de la critique du progr&#232;s technologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On l'aura compris, ma d&#233;ception fut grande &#224; la lecture de ce chapitre de &lt;i&gt;Bureaucratie&lt;/i&gt;. L'inqui&#233;tant, c'est d'imaginer les prochains enthousiasmes &#224; courte vue de son auteur. Pour cela, je crains fort que nous n'ayons m&#234;me pas &#224; nous t&#233;l&#233;porter dans le futur. Mais sait-on jamais. Comme dans tout bon sc&#233;nario de science-fiction, ceux qui anticipent l'avenir sont susceptibles d'en modifier le cours : David Graeber remettra peut-&#234;tre un jour les pieds sur terre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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