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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Des br&#232;ches dans la forteresse</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
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&lt;p&gt;La Roya, vall&#233;e encaiss&#233;e et perdue des Alpes-Maritimes. Quelques communes escarp&#233;es, des paysages d&#233;sertiques, les cimes enneig&#233;es marquant l'horizon... On est loin de Calais ou de Melilla. Les derniers temps ont pourtant &#233;t&#233; fort agit&#233;s dans la vall&#233;e, entre emballement m&#233;diatique et d&#233;cha&#238;nement des autorit&#233;s contre les habitants ayant tendu la main aux migrants en transit. Reportage. &#171; Un peuple de ma&#231;ons pour en finir avec la surpopulation des murs, en finir avec leur strip-tease, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no151-fevrier-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;151 (f&#233;vrier 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Tomagnetik" rel="tag"&gt;Tomagnetik&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vallee" rel="tag"&gt;vall&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/migrants" rel="tag"&gt;migrants&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Cedric-Herrou" rel="tag"&gt;C&#233;dric Herrou&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/alliances-consolidees" rel="tag"&gt;alliances consolid&#233;es&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;La Roya, vall&#233;e encaiss&#233;e et perdue des Alpes-Maritimes. Quelques communes escarp&#233;es, des paysages d&#233;sertiques, les cimes enneig&#233;es marquant l'horizon... On est loin de Calais ou de Melilla. Les derniers temps ont pourtant &#233;t&#233; fort agit&#233;s dans la vall&#233;e, entre emballement m&#233;diatique et d&#233;cha&#238;nement des autorit&#233;s contre les habitants ayant tendu la main aux migrants en transit. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un peuple de ma&#231;ons pour en finir avec la surpopulation des murs, en finir avec leur strip-tease, leur id&#233;e fixe et autres alliances consolid&#233;es avec l'acier. En finir avec l'arrogance de tous ces murs qui prennent des barbel&#233;s pour des colliers d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;James No&#235;l, &lt;i&gt;La Migration des murs&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;R&#233;cemment, les m&#233;dias ont beaucoup parl&#233; de la vall&#233;e de la Roya. Pas vraiment des migrants qui y atterrissent par centaines, mais plut&#244;t de leurs soutiens, ces bonnes volont&#233;s qui luttent contre l'air pestilentiel du temps en accueillant des visiteurs ext&#233;nu&#233;s par un long voyage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En mal de leader photog&#233;nique, les journalistes ont vite trouv&#233; leur &#171; h&#233;ros &#187; en la personne de C&#233;dric Herrou, courageux agriculteur s'&#233;chinant &#224; revendiquer son activisme malgr&#233; les coups de semonce judiciaires. D'un m&#234;me &#233;lan, ils ont d&#233;livr&#233; une caricature de type Ast&#233;rix, qui voudrait qu'il y ait au fin fond des Alpes fran&#231;aises une petite vall&#233;e r&#233;sistant encore et toujours &#224; l'envahisseur en uniforme et &#224; la connerie ambiante, ses habitants tous unis dans un inconditionnel soutien aux migrants. Sortez les violons.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette histoire-l&#224;, cont&#233;e par des m&#233;dias en qu&#234;te de belles histoires sucr&#233;es et de r&#233;cits roudoudou est en partie erron&#233;e. Non, la vall&#233;e de la Roya ne se tient pas debout d'un bloc face &#224; l'Europe forteresse. Non, ses habitants ne sont pas tous des protor&#233;sistants guid&#233;s par leurs &#226;mes charitables. Au sein de ces petites bourgades perch&#233;es dans les hauteurs, il y a des d&#233;lateurs, des corbeaux aigris &#8211; comme partout. &#171; Nombreux sont ceux qui craignent pour l'image de la vall&#233;e, voient notre action d'un tr&#232;s mauvais &#339;il &#187;, r&#233;sume un militant, lequel explique que les autochtones hostiles ont tr&#232;s vite tomb&#233; le masque lors des premi&#232;res arriv&#233;es massives de migrants, au lendemain des r&#233;volutions arabes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'emp&#234;che, une fois le beau r&#233;cit unanime d&#233;gonfl&#233; et les cam&#233;ras de BFM et CNN renvoy&#233;es chez leur maman, il reste une r&#233;alit&#233; : ce petit coin paum&#233; voit se multiplier les initiatives et prises de position en faveur des migrants &#8211; certaines revendiqu&#233;es, d'autres discr&#232;tes. Mieux : il commence &#224; f&#233;d&#233;rer, &#224; attirer des personnes venues de l'ext&#233;rieur, d&#233;sireuses de mettre la main &#224; la p&#226;te. Si bien qu'une ligne de fracture se dessine progressivement : d'un c&#244;t&#233; la forteresse et ses gardiens, de l'autre les br&#232;ches qui la fissurent.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1826 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;34&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH375/-129-4bed5.jpg?1768815839' width='500' height='375' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Tomagnetik/Bon Pied Bon Oeil
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;1. Forteresse&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un lundi soir&lt;/strong&gt; de d&#233;cembre, sortie de Vintimille, dans ce hideux &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt; satur&#233; de b&#233;ton qui tient lieu de zone transfrontali&#232;re. Quelques ombres charg&#233;es de sacs plastiques cheminent en bord de route, direction la France. Au p&#233;age, avant que la barri&#232;re ne s'ouvre, une berline sombre d&#233;boule en sens inverse, bloquant la Renault Espace d&#233;fra&#238;chie qui nous tient lieu de carrosse. Crissement de pneus. Quatre patibulaires descendent, en civil &#8211; trois hommes et une femme. &#171; &lt;i&gt;Le coffre, ouvrez le coffre&lt;/i&gt; &#187;, exigent-ils, en italien. Chose faite, ils fouillent rapidement sous les couvertures et repartent illico prendre position &#224; deux pas. En embuscade.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus loin, apr&#232;s quelques glauques tunnels, rebelote. Des Fran&#231;ais, cette fois. Ceux-l&#224; sont en uniforme et dot&#233;s de mitraillettes. Pour le reste, m&#234;me topo : ouverture du coffre, fouille rapide, pouvez circuler. Rapide et lapidaire. La seule chose qui les int&#233;resse ? Les migrants susceptibles d'&#234;tre planqu&#233;s dans le coffre. Roulerait-on en Lamborghini vol&#233;e &#224; plaque d'immatriculation &#171; Mort aux cond&#233;s &#187; et sous l'emprise de puissants psychotropes qu'ils ne broncheraient pas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Par le train,&lt;/strong&gt; emprunt&#233; quelques semaines plus tard, c'est globalement le m&#234;me topo : surveillance maximum. En gare de Vintimille, les uniformes sont pr&#233;sents en masse. Il y a des militaires, des &lt;i&gt;carabinieri,&lt;/i&gt; des douaniers, des civils louches, etc. C'est l'apr&#232;s-midi, et des petits groupes de migrants surveillent les abords, en qu&#234;te d'une opportunit&#233;. &#171; &lt;i&gt;Il y a beaucoup de surveillance, mais si on est patients on trouve toujours&lt;/i&gt;, explique l'un d'eux.&lt;i&gt; Le plus dur commence dans le train.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un avis que confirment Ahmed et Victor&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s, sauf pour les personnes m&#233;diatis&#233;es.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, deux jeunes &#201;rythr&#233;ens tout juste refoul&#233;s &#224; la fronti&#232;re et relanc&#233;s en sens inverse. Depuis ce matin, cela fait deux fois qu'ainsi ils font le yoyo. Ils sourient pourtant, ne l&#226;chent pas l'affaire, bien d&#233;cid&#233;s &#224; retenter leur chance dans la foul&#233;e. Et de se planter devant le panneau d'affichage affichant les prochains trains &#224; destination de la France. Menton, Nice, Cannes, peu importe&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; l'image de ce jeune Soudanais rencontr&#233; sur la plage de Vintimille un peu (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Situ&#233;e juste apr&#232;s la fronti&#232;re, la gare fran&#231;aise de Menton-Garavan est le territoire de chasse privil&#233;gi&#233;e des &#171; gardes-fronti&#232;res &#187;. D&#232;s l'arr&#234;t du TER, ce sont une douzaine de CRS qui d&#233;boulent dans les wagons. Ils fouillent partout, dans les toilettes, sous les banquettes, chaque recoin inspect&#233; dans les formes, avec les yeux vides de ceux qui utilisent leur cerveau &#224; traquer l'irr&#233;gulier. L'un d'eux semble particuli&#232;rement motiv&#233; : alors que ses coll&#232;gues plient le camp, il revient sur ses pas, pris d'un doute. Ses coll&#232;gues, admiratifs : &#171; &lt;i&gt; Ah, Laurent, c'est vraiment un perfectionniste !&lt;/i&gt; &#187; Lui, de retour peu apr&#232;s, bredouille mais triomphant : &#171; &lt;i&gt;Il me semblait bien qu'une femme &#233;tait mont&#233;e &#224; l'&#233;tage au moment o&#249; vous descendiez. Bon, elle &#233;tait en r&#232;gle. Mais si c'en &#233;tait une, vous l'auriez laiss&#233;e passer.&lt;/i&gt; &#187; Tout fier, le mec.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces r&#233;cits&lt;/strong&gt; n'ont rien d'exceptionnel. Depuis que le contr&#244;le aux fronti&#232;res a &#233;t&#233; r&#233;instaur&#233; &#224; l'&#233;t&#233; 2015, ils rel&#232;vent m&#234;me d'une banalit&#233; admise. La chasse est en cours, quotidienne. Jadis passoire, la zone s'est fait bunker, avec pr&#232;s de 37 000 &#233;trangers en situation irr&#233;guli&#232;re arr&#234;t&#233;s dans les Alpes-Maritimes en 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par la force des choses, beaucoup de candidats &#224; l'Hexagone tentent le passage &#224; pied. Diverses options s'offrent &#224; eux. Il y a ce chemin de montagne escarp&#233; qui d&#233;bouche dans les hauteurs de Menton, au nom sans &#233;quivoque : &#171; Pas-de-la-mort &#187;. Il y a &#233;galement l'autoroute A8 ou la voie ferr&#233;e, toutes deux parsem&#233;es de tunnels. Options dangereuses : en 2016, ce sont cinq migrants qui ont trouv&#233; la mort en tentant leur chance de cette mani&#232;re, percut&#233;s par une voiture ou une locomotive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout o&#249; ils dirigent leurs pas, des murs, des obstacles. En d&#233;sespoir de cause, certains optent donc pour une option moins &#171; directe &#187;, cheminant vers le nord, direction la vall&#233;e de la Roya. Une longue marche d'une quarantaine de kilom&#232;tres, g&#233;n&#233;ralement effectu&#233;e la nuit, avec pour seule boussole les indications de ceux qui les ont pr&#233;c&#233;d&#233;s. Car si les migrants y sont nombreux, c'est parce qu'ils se sont pass&#233; le mot : l&#224;, gr&#226;ce aux soutiens, ils pourront se reposer un moment avant de reprendre la route.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;2. Br&#232;ches&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;cembre 2016.&lt;/strong&gt; Un apr&#232;s-midi comme les autres dans la petite maison de Vincent et Camille, situ&#233;e dans le centre de Saorge, l'une des cinq communes fran&#231;aises de la vall&#233;e. Il y a l&#224; une dizaine de personnes, venues participer &#224; la pr&#233;paration du repas : des jeunes et des vieux, des gens du coin et d'autres de passage&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La majorit&#233; des personnes impliqu&#233;es dans l'association Roya citoyenne et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Une assistante sociale c&#244;toie un ado rigolard. Un vieux punk rigole avec un jeune Anglais frais d&#233;barqu&#233; des squats londoniens. La plupart des pr&#233;sents ont pris place autour d'une grande table, ustensiles de cuisine en main, face &#224; des montagnes de l&#233;gumes. Couteaux et &#233;plucheurs rythment les conversations, qui sautent du coq-&#224;-l'&#226;ne, des diatribes contre Le Pen ou Fillon aux derni&#232;res nouvelles de la vall&#233;e &#8211; qui cache qui, o&#249; sont les barrages, quelles options pour les inculp&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Grande barbe de proph&#232;te, lunettes cul-de-poule et regard malicieux, Vincent supervise l'op&#233;ration. Il y a trois grandes bassines &#224; remplir, l'&#233;quivalent de 150 portions de salade de riz. Une fois cette t&#226;che accomplie vient la deuxi&#232;me &#233;tape, qui rel&#232;ve presque du travail &#224; la cha&#238;ne : l'un met les portions en bo&#238;te cartonn&#233;e, une autre ajoute un &#339;uf dur, un troisi&#232;me une p&#226;tisserie, une quatri&#232;me des couverts, etc. Dans une autre maison de Saorge, une seconde &#233;quipe s'affaire aux m&#234;mes t&#226;ches. L'objectif de la journ&#233;e : 300 repas complets, qui seront ensuite distribu&#233;s dans Vintimille &#224; tous ceux qui ont le ventre vide.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1825 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;39&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-128-be7f6.jpg?1768650127' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Tomagnetik/Bon Pied Bon Oeil
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;On a commenc&#233; les maraudes en ao&#251;t dernier&lt;/i&gt;, explique Vincent, par ailleurs l'un des fers de lance du collectif Roya Citoyenne&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Principal collectif d'aide aux migrants dans la vall&#233;e, l'association a (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;Et on a vite compris que cela n&#233;cessitait de vraiment se retrousser les manches. Une maraude c'est beaucoup de boulot et toute une organisation. Il faut plusieurs voitures, des repas pr&#233;par&#233;s &#224; l'avance et bien emball&#233;s afin que l'on puisse les distribuer rapidement, trente litres de th&#233;, etc. Et surtout, il faut tenir la distance.&lt;/i&gt; &#187; Car l'op&#233;ration se r&#233;p&#232;te tous les jours de la semaine, avec des &#233;quipes tournantes, qu'il vente, pleuve ou neige.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La nuit est d&#233;j&#224; tomb&#233;e quand le convoi de trois v&#233;hicules se met en route. Une quarantaine de kilom&#232;tres, la fronti&#232;re franchie sans encombre, et voil&#224; Vintimille. Premier arr&#234;t : l'&#233;glise San Antonio, qui a longtemps accueilli des centaines de migrants, avant que le centre de la Croix rouge ouvert en juillet dernier, d&#233;gueulis d'Algeco grillag&#233;s logeant des centaines de personnes dans des conditions quasi carc&#233;rales, ne la d&#233;leste sensiblement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Devant l'&#233;difice religieux, moderne et moche, ils sont vite une petite centaine &#224; s'attrouper. Des Soudanais, des &#201;rythr&#233;ens, quelques Afghans. Surtout de tr&#232;s jeunes hommes. Sans bousculade, les mains se tendent, les &#171; merci &#187; fusent en diverses langues. Une fois les thermos de th&#233; sorties, quelques discussions s'engagent. En arri&#232;re-fond, une voiture de &lt;i&gt;carabinieri&lt;/i&gt; passe et repasse, sans intervenir. Ce n'est pas toujours le cas : &#171; &lt;i&gt;Il leur arrive de confisquer la bouffe&lt;/i&gt; &#187;, explique l'un des participants, qui rappelle que la mairie de Vintimille a interdit toute distribution alimentaire aux migrants. &#171; &lt;i&gt;Notre action d&#233;range les pouvoirs publics, au sens o&#249; ils voudraient tout contr&#244;ler, parquer les gens dans des zones o&#249; ils sont plus faciles &#224; surveiller et comptabiliser, comme le centre de la Croix rouge&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Surveiller, parquer, comptabiliser, isoler, soit la norme en mati&#232;re de &#171; traitement des flux migratoires &#187;. Vouloir la contourner, c'est d&#233;j&#224; &#234;tre suspect. Voil&#224; pourquoi les flics italiens continueront ce soir-l&#224; de suivre la maraude dans les rues de Vintimille, rappel de leur omniscience. Et pourquoi les habitants de la vall&#233;e logeant et transportant des migrants sont sous le feu d'une r&#233;pression de plus en plus d&#233;lirante. On ne badine pas avec la forteresse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Situ&#233;e &#224; quelques encablures&lt;/strong&gt; de la principale bourgade de la vall&#233;e, Breil-sur-Roya, la petite exploitation de C&#233;dric Herrou, 37 ans, est d&#233;sormais c&#233;l&#232;bre. Un passage oblig&#233; pour les journalistes. &#192; l'entr&#233;e du petit chemin qui serpente dans la rocaille, quelques cagettes de victuailles d&#233;pos&#233;es par un quidam. Plus loin, un poulailler et des champs d'oliviers. En haut, la petite maison dans laquelle vit l'agriculteur, que jouxte un campement de fortune pour ses invit&#233;s. Ce jour de d&#233;cembre y vivent temporairement une vingtaine de migrants. Ils viennent du Soudan, du Tchad, d'&#201;rythr&#233;e. Certains logent dans les deux caravanes, amen&#233;es sur les lieux par un h&#233;licopt&#232;re complice. D'autres dorment dans des tentes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est encore t&#244;t et la plupart pioncent encore. Devant un th&#233; et quelques clopes, au milieu d'une fraternit&#233; bord&#233;lique de poules, chats et chiens, C&#233;dric r&#233;sume son action en termes simples : &#171; &lt;i&gt;Les gens qui arrivent ici apr&#232;s une longue marche sont tr&#232;s diminu&#233;s, que ce soit physiquement ou psychologiquement. Notre r&#244;le, c'est de les retaper et de les aider &#224; reprendre la route&lt;/i&gt;. &#187; Il s'arr&#234;te un temps. Puis : &#171; &lt;i&gt;Au fond, on nous stigmatise alors qu'on r&#233;pare les merdes caus&#233;es par la fronti&#232;re et les d&#233;cisions des politiques.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas forc&#233;ment port&#233; sur les palabres, plut&#244;t discret de nature, C&#233;dric a pourtant choisi de m&#233;diatiser son engagement au maximum. Clamant haut et fort qu'il a fait passer la fronti&#232;re &#224; plus de 200 personnes, il a vite attir&#233; l'attention. Des m&#233;dias comme des autorit&#233;s. Les premiers en ont fait une figure de proue (le &lt;i&gt;New York Times&lt;/i&gt; l'a d&#233;crit comme un h&#233;ros fran&#231;ais tandis que les lecteurs de &lt;i&gt;Nice Matin&lt;/i&gt; l'ont &#233;lu &#171; Azur&#233;en de l'ann&#233;e &#187;). Les secondes sont en passe d'en faire un martyr : alors que le r&#233;sultat de son deuxi&#232;me proc&#232;s ne sera connu que le 10 f&#233;vrier (le procureur a requis 8 mois de prison avec sursis), il a derechef &#233;t&#233; plac&#233; en garde &#224; vue le 19 janvier, pr&#233;lude &#224; une perquisition muscl&#233;e men&#233;e chez lui par trente robocops. Matamore r&#233;ac des Alpes-Maritimes, &#201;ric Ciotti avait pr&#233;venu : &#171; &lt;i&gt;Son action est une insulte aux policiers, aux gendarmes, aux douaniers et aux militaires&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chez les plus radicaux, notamment ceux qui ont d&#233;j&#224; fait face &#224; des vagues de r&#233;pression &#224; Vintimille, sa surm&#233;diatisation ne passe pas forc&#233;ment tr&#232;s bien. Il est question de chevilles qui enflent et de mise en danger d'autres initiatives. Mais C&#233;dric assume : &#171; &lt;i&gt;On a besoin que notre combat soit m&#233;diatis&#233;, qu'il prenne une ampleur nationale. C'est de &#231;a dont les autorit&#233;s ont peur. Elles flippent que &#231;a s'organise. Parce que &#231;a commence &#224; &#234;tre le cas. On a par exemple re&#231;u suffisamment de dons pour payer les frais d'avocat et acheter un fourgon plus adapt&#233; pour transporter les migrants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Signe que la lutte&lt;/strong&gt; est sur la bonne voie : le bilieux &#201;ric Ciotti n'a pas seulement vis&#233; C&#233;dric Herrou, mais s'est plusieurs fois &#233;trangl&#233; des agissements des habitants de la Roya. Pour lui, il y aurait un risque de nouveau Notre-Dame-des-Landes (chiche !), de glissement &#171; &lt;i&gt;vers une zone de non-droit g&#233;r&#233;e par des individus hors la loi aveugl&#233;s par l'id&#233;ologie de la mouvance d'extr&#234;me gauche&lt;/i&gt; &#187;. Prof&#233;r&#233;es le 2 d&#233;cembre dernier, ces inepties marquent bien l'angoisse qui &#233;treint les autorit&#233;s locales &#224; l'id&#233;e d'un mouvement &#233;largi. Car si la r&#233;pression s'abattant sur les militants de La Roya prend un tour de plus en plus ubuesque&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les proc&#232;s pour aide au s&#233;jour irr&#233;gulier vont se succ&#233;der dans les mois &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, c'est aussi le signe d'une certaine f&#233;brilit&#233;. Alors que les actions men&#233;es &#224; Calais ou Paris en faveur des migrants n'ont jamais suscit&#233; grande sympathie dans l'opinion, le profil des gens impliqu&#233;s ici semble davantage susciter la compassion. L'ing&#233;nieur Pierre-Alain Mannony (jug&#233; en novembre pour avoir convoy&#233; trois &#201;rythr&#233;ennes, r&#233;cemment relax&#233;) ou l'agriculteur C&#233;dric Herrou peuvent difficilement &#234;tre caricatur&#233;s en black blocs vocif&#233;rants. Idem pour les nombreux soutiens venus applaudir le second &#224; Nice lors de son proc&#232;s, le 4 janvier : pas de cagoule dans l'assistance, mais des grands panneaux aux textes pour le moins innocents, tels que &#171; &lt;i&gt;Les fronti&#232;res sont les cicatrices de la terre&lt;/i&gt; &#187;, ou bien &#171; &lt;i&gt;Je connais ton nom, &#233;tranger, tu t'appelles mon fr&#232;re (Victor Hugo)&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De m&#234;me, les militants de La Roya ne versent pas dans l'envol&#233;e insurrectionaliste quand il s'agit d'&#233;voquer leur engagement. Ils parlent d'urgence vitale, convoquant la n&#233;cessit&#233; de la d&#233;sob&#233;issance civile en des temps honteux. &#171; &lt;i&gt;Ils voudraient qu'on laisse crever ces adolescents en bas de chez nous ? Ce n'est pas possible !&lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;trangle une habitante de Saorge. Un autre de lui faire &#233;cho : &#171; &lt;i&gt;Si, pour l'&#201;tat, les migrants sont des chiffres, des dossiers, pour nous, ils deviennent vite des amis. On ne passe pas huit jours avec des m&#244;mes sans s'attacher &#224; eux !&lt;/i&gt; &#187; Quant &#224; C&#233;dric Herrou, voil&#224; comment l'un de ses proches &#233;voque son entr&#233;e en lutte : &#171; &lt;i&gt;Il a eu une r&#233;v&#233;lation en passant devant l'&#201;glise Saint-Antoine de Vintimille et en voyant le sort des personnes qui y &#233;taient log&#233;es. Il n'a pas pu rester bras crois&#233;s, c'est aussi simple que &#231;a.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ici, les porteurs de soin seraient donc davantage des gens lambda horrifi&#233;s par la mis&#232;re c&#244;toy&#233;e au quotidien que des boutefeux professionnels. Mais la r&#233;pression pesant sur la vall&#233;e, le climat anxiog&#232;ne et l'inaction pesante de l'&#201;tat dans la prise en charge (notamment des mineurs) finissent par changer la donne. Le profil &#171; citoyenniste &#187; ne s'efface pas, mais il se double de tentatives plus radicales. En octobre, une colonie de vacances d&#233;saffect&#233;e a ainsi &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233;e par plusieurs associations. Quelques jours et la cinquantaine de personnes log&#233;es &#233;taient d&#233;log&#233;es illico presto par les CRS. Comme dans le cas de l'&#233;ph&#233;m&#232;re mais tr&#232;s riche exp&#233;rience du Pr&#233;sidio No Borders de Vintimille&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour plus de d&#233;tails, voir ce bon article de Daniela Trucco publi&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, qui durant l'&#233;t&#233; 2015 a log&#233; jusqu'&#224; 250 migrants, avant d'&#234;tre violemment d&#233;log&#233; en septembre, il s'agit pour les autorit&#233;s de ne pas tol&#233;rer l'id&#233;e m&#234;me d'organisation alternative, par en bas. Pas question que se f&#233;d&#232;rent les &#233;nergies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et ces &#233;nergies ne manquent pas. Crois&#233;s dans la vall&#233;e ou dans ses environs, divers profils montrent que la lutte s'&#233;tend. Ainsi de Ludivine, venue filer un coup de main sur l'exploitation de C&#233;dric apr&#232;s avoir &#339;uvr&#233; dans une association implant&#233;e dans la jungle de Calais ; de Jenk, Flamand d&#233;barqu&#233; en camion parce qu'il voulait &#171; &lt;i&gt;participer &#224; cette lutte fondamentale&lt;/i&gt; &#187; ; des infirmi&#232;res et infirmiers qui r&#233;guli&#232;rement op&#232;rent des tourn&#233;es de visites m&#233;dicales dans les lieux o&#249; sont log&#233;s les migrants ; ou des activistes d'Artists in Action, lesquels pr&#233;voient de s'installer ici sur le long terme, pour distribuer &#224; grande &#233;chelle nourritures et v&#234;tements, comme ils l'avaient fait sur Calais. En clair : &#224; d&#233;faut de rugir, la vall&#233;e bruisse d'initiatives. Et c'est d&#233;j&#224; beaucoup.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Tous les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s, sauf pour les personnes m&#233;diatis&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; l'image de ce jeune Soudanais rencontr&#233; sur la plage de Vintimille un peu plus t&#244;t et d&#233;sireux de rejoindre Monaco, dont les trompeuses lumi&#232;res brillent au loin &#8211; &#171; &lt;i&gt;C'est une bonne destination pour moi, non ?&lt;/i&gt; &#187; Comment dire&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La majorit&#233; des personnes impliqu&#233;es dans l'association Roya citoyenne et dans l'aide aux migrants sont des &#171; n&#233;o-arrivants &#187; de plus ou moins longue date, voire des transfuges &#233;ph&#233;m&#232;res venus filer un coup de main, pas des natifs du lieu, lesquels sont proportionnellement moins engag&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Principal collectif d'aide aux migrants dans la vall&#233;e, l'association a d'abord &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e il y a un bail pour des luttes locales li&#233;es &#224; la d&#233;fense du territoire. Elle a &#233;t&#233; r&#233;activ&#233;e au printemps 2016 suite &#224; l'aggravation de la crise humanitaire li&#233;e &#224; l'arriv&#233;e massive de migrants.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les proc&#232;s pour aide au s&#233;jour irr&#233;gulier vont se succ&#233;der dans les mois &#224; venir : Magali le 3 mars, Francesca le 4 avril, Ben le 8 avril, &#201;ric et Marie-Rose le 24 avril, etc.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour plus de d&#233;tails, voir ce bon article de Daniela Trucco publi&#233; par Mouvements, &#171; &lt;a href=&#034;http://mouvements.info/lexperience-du-presidio-no-borders-a-vintimille-ete-2015/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Exp&#233;rience du Pr&#233;sidio No Borders &#224; Vintimille, &#233;t&#233; 2015&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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