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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Chroniques portuaires</title>
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		<dc:creator> Momo Br&#252;cke</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#171; Un cargo, de nos jours, ce n'est plus un bateau, c'est une machine flottante. Or, une machine n'a que faire des matelots, vous le savez aussi bien que moi, m&#234;me si vous n'y entendez rien ; ce sont des ouvriers et des m&#233;caniciens qu'il lui faut ; le capitaine se transforme en ing&#233;nieur, le timonier (m&#234;me lui !) tourne au m&#233;canicien et fait bouger des manettes. Adieu la romantique vie en mer ! Romantique, d'ailleurs, notre vie ne l'a jamais &#233;t&#233;, selon moi, sinon dans l'imagination des (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1830 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH358/-132-aa7f4.jpg?1768815905' width='500' height='358' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Juliette Barban&#232;gre
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un cargo, de nos jours, ce n'est plus un bateau, c'est une machine flottante. Or, une machine n'a que faire des matelots, vous le savez aussi bien que moi, m&#234;me si vous n'y entendez rien ; ce sont des ouvriers et des m&#233;caniciens qu'il lui faut ; le capitaine se transforme en ing&#233;nieur, le timonier (m&#234;me lui !) tourne au m&#233;canicien et fait bouger des manettes. Adieu la romantique vie en mer ! Romantique, d'ailleurs, notre vie ne l'a jamais &#233;t&#233;, selon moi, sinon dans l'imagination des litt&#233;rateurs ; [&#8230;] Possible qu'il y ait eu jadis, quelque romantisme dans la vie de capitaine ou de pilote ; mais dans celle du matelot, jamais. Son romantisme, &#224; lui, c'est de travailler comme un n&#232;gre et d'&#234;tre trait&#233; comme un chien.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B. Traven, Le Vaisseau des morts, 10/18, 1987 (1926).&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ces phrases de Traven ont &#233;t&#233; publi&#233;es en 1926, mais r&#233;sonnent toujours avec acuit&#233;. Loin des oripeaux de la libert&#233; dont on a pu les parer, les navires marchands ont d'abord pour gueule celle de l'usine. Les machines flottantes, qui transportaient &#224; l'&#233;poque quelques milliers de tonnes de marchandises, ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par des monstres pouvant mesurer pr&#232;s de 400 m&#232;tres et transporter jusqu'&#224; 19 000 EVP &lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;EVP pour &#233;quivalent vingt pieds. C'est la mesure approximative d'un (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, soit plus de 700 000 m&#232;tres cubes de marchandises &#8211; &#224; l'exemple d'un des plus gros porte-conteneurs actuel, le &lt;i&gt;MSC Zoe&lt;/i&gt;. Sur ces cargos d&#233;mesur&#233;s, les &#233;quipages se r&#233;duisent aussi vite que le tonnage explose. Mais contrairement aux usines terriennes, on observe une certaine constance dans le traitement inhumain r&#233;serv&#233; au prol&#233;tariat maritime. 63 % de la flotte mondiale navigue sous pavillon de complaisance. Imaginez une usine qui pourrait choisir la l&#233;gislation s'appliquant sur son site industriel. Ses dirigeants, heureux, se tourneraient naturellement vers celle pr&#233;sentant le plus de souplesse en mati&#232;re fiscale, environnementale, sociale, r&#233;glementaire. Voici la logique du pavillon de &#171; libre &#187; exploitation. Pardon, immatriculation. Ma langue a fourch&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et les ports, alors ? Des lieux o&#249; transitent 80 % des marchandises ne peuvent pas &#234;tre des espaces tr&#232;s romantiques. D'accord. Mais &#224; la diff&#233;rence des bateaux, il y avait une vie sur les quais &#8211; &#224; la fois lieu de travail, donc politique, mais aussi de so&#251;lerie et de d&#233;bauche. &#192; une certaine &#233;poque, pas si lointaine, on pouvait y retrouver tous les damn&#233;s de la mer, migrants en fuite, charclos des oc&#233;ans, marins en rupture de ban se refaisant une vie de mis&#232;re sur les docks. Les quais pl&#233;b&#233;iens ont vu passer musiciens, conspirateurs communistes et anarchistes, et toutes sortes de truands, sympathiques ou bien d&#233;testables. &#171; &lt;i&gt;C'est seulement dans ces ports l&#224;, dit-elle, que les pas, les gestes, ne laissent pas ces sinistres empreintes dont la police est si friande.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Dans les ports, continua-t-elle, tu comprends, la police est plus d&#233;pass&#233;e qu'ailleurs, m&#234;me si elle y est plus nombreuse et plus f&#233;roce qu'ailleurs. Elle se borne &#224; n'en surveiller que les issues, le reste, elle le regarde vivre de loin, elle a la flemme.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Marguerite Duras, Le Marin de Gibraltar, Gallimard, 1952.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &#187; Litt&#233;rature ? Peut-&#234;tre. La police, en revanche, n'a jamais oubli&#233; de surveiller les prostitu&#233;es. Le port est un monde d'hommes, Moune le raconte tr&#232;s bien. &#171; &lt;i&gt;Je n'&#233;tais pas un homme. Les hommes qui sont comme j'&#233;tais peuvent aller au port. On n'y prend pas les femmes. L'&#233;quivalent, pour la femme, c'est le trottoir.&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Albert Londres, Le Chemin de Buenos Aires (La Traite des Blanches), Le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#187; Maxime portuaire : la police surveille les femmes dans les ports afin de contr&#244;ler le porc dans la femme &#8211; expliquait un ivrogne crois&#233; dans un bar de Saint-Nazaire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, les ports se bunk&#233;risent. Les tapis de bombes et les ruines de la guerre ont permis de les repenser et de les imposer face &#224; la ville. Premi&#232;re &#233;tape. La s&#233;curisation de l'&#233;difice en est une autre&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; Ports de l'angoisse &#187; sur le code ISPS qui les transforment en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. La m&#233;canisation du m&#233;tier, sa conteneurisation, tient aussi une place de premi&#232;re importance dans la disparition de la vie sur les quais. Un docker se souvient de ses premi&#232;res armes dans les sixties : &#171; &lt;i&gt;Quand j'ai commenc&#233; mon m&#233;tier, le bateau arrivait et restait une semaine ou deux. Les marins, on les retrouvait au bistrot, on jouait au foot, on allait bouffer au resto. On avait des d&#233;bats extraordinaires sur leur vie et tout &#231;a&lt;/i&gt;. &#187; Aujourd'hui, les portiques chargent ou d&#233;chargent un cargo en moins de temps qu'il n'en faut pour l'&#233;crire. Le bateau repart dans la journ&#233;e. &#171; &lt;i&gt;Les marins qui naviguent sur des bateaux comme &#231;a&lt;/i&gt;, nous dit-il, &lt;i&gt;ils ne connaissent pas les ports&lt;/i&gt;. &#187; Triste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; Marseille, aujourd'hui, ceux et celles qui descendent &#224; terre, ce sont les croisi&#233;ristes. Descendre, c'est aussi vite dit que vite fait. Et dans notre Vieux-Port, si vivant et grouillant autrefois, les machines flottantes et les p&#234;cheurs ont &#233;t&#233; remplac&#233;s par les bateaux-ventouses de l'industrie des loisirs. Nous avons droit &#224; des plaisanciers qui polluent les lieux, la vue, les eaux et qui n'osent sortir en mer d&#232;s que le mistral se l&#232;ve. Des parasites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les ports qui nous faisaient tant r&#234;ver par le pass&#233;, ali&#233;n&#233;s que nous &#233;tions par les litt&#233;rateurs, nous rendent aujourd'hui m&#233;lancoliques. Voil&#224; pourquoi nous avons voulu en parler.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;B. Traven, &lt;i&gt;Le Vaisseau des morts&lt;/i&gt;, 10/18, 1987 (1926).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;EVP pour &#233;quivalent vingt pieds. C'est la mesure approximative d'un conteneur. &#192; ce sujet, lire &#171; Un monde rectangulaire aux ar&#234;tes bien tranchantes &#187;, p. IV de notre dossier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Marguerite Duras, &lt;i&gt;Le Marin de Gibraltar&lt;/i&gt;, Gallimard, 1952.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Albert Londres, &lt;i&gt;Le Chemin de Buenos Aires (La Traite des Blanches)&lt;/i&gt;, Le Serpent &#224; Plumes, 1927.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; Ports de l'angoisse &#187; sur le code ISPS qui les transforment en v&#233;ritable forteresses (p. IV du dossier)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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