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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Raconter le capitalisme &#224; travers la tomate &#187;</title>
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		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Jean-Baptiste Malet signe une longue enqu&#234;te, men&#233;e sur quatre continents, autour de la tomate industrielle. Le Chien rouge l'a rencontr&#233; lors de son passage &#224; Marseille. Concentr&#233; de son livre, L'Empire de l'or rouge. CQFD : Quel est le point de d&#233;part de cette enqu&#234;te mondiale sur la tomate d'industrie ? En 2011, j'ai d&#233;couvert que la conserverie Le Cabanon, dans le Vaucluse, avait &#233;t&#233; rachet&#233;e par l'arm&#233;e chinoise en 2004, via l'une de ses entreprises agroalimentaires : Chalkis. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no157-septembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;157 (septembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sfrutta-Zero" rel="tag"&gt;Sfrutta Z&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/concentre-chinois" rel="tag"&gt;concentr&#233; chinois&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tomates-d-industrie" rel="tag"&gt;tomates d'industrie&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Baptiste Malet signe une longue enqu&#234;te, men&#233;e sur quatre continents, autour de la tomate industrielle. Le Chien rouge l'a rencontr&#233; lors de son passage &#224; Marseille. Concentr&#233; de son livre, &lt;i&gt;L'Empire de l'or rouge&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Empire de l'or rouge. Enqu&#234;te mondiale sur la tomate d'industrie, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1901 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH363/-194-e95b4.jpg?1768849151' width='500' height='363' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quel est le point de d&#233;part de cette enqu&#234;te mondiale sur la tomate d'industrie ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2011, j'ai d&#233;couvert que la conserverie Le Cabanon, dans le Vaucluse, avait &#233;t&#233; rachet&#233;e par l'arm&#233;e chinoise en 2004&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#171; La tomate globale &#187;, CQFD no 25, juillet 2005.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, via l'une de ses entreprises agroalimentaires : Chalkis. D&#233;couvrir qu'une filiale de l'arm&#233;e chinoise produisait du ketchup en Provence m'a beaucoup &#233;tonn&#233;. J'ai demand&#233; &#224; rencontrer les dirigeants chinois du Cabanon et j'ai essuy&#233; un refus. En me rendant tout de m&#234;me sur place, j'ai jet&#233; un coup d'&#339;il &#224; travers les grilles et j'ai aper&#231;u des barils : de grands f&#251;ts bleus, de 230 kilos de triple concentr&#233;, &#233;tiquet&#233;s &#171; &lt;i&gt;Made in China&lt;/i&gt; &#187;. Cette d&#233;couverte m'a longtemps hant&#233;, et l'envie m'est venue de remonter toute la fili&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du Ghana aux &#201;tats-Unis, de la Chine &#224; l'Italie, tu as fait le tour du monde de la tomate pour d&#233;voiler la g&#233;opolitique du concentr&#233; de tomates, mais &#233;galement pour raconter son histoire...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec cette enqu&#234;te, j'ai voulu raconter le capitalisme &#224; travers la tomate, en allant &#224; la rencontre de ses gagnants &#8211; magnats californiens, oligarques chinois, industriels italiens &#8211;, et de ses perdants &#8211; cueilleurs du Xinjiang, migrants exploit&#233;s dans les Pouilles, paysans africains ruin&#233;s. J'avais une obsession : raconter le monde &#224; travers une marchandise universelle. Il y a un si&#232;cle, l'humanit&#233; consommait tr&#232;s peu de d&#233;riv&#233;s de la tomate. Aujourd'hui, en revanche, c'est une marchandise consomm&#233;e par toute l'humanit&#233;. La moyenne mondiale est de 5 kilos de tomates d'industrie consomm&#233;es par &#234;tre humain annuellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette industrie est n&#233;e en Italie, &#224; la fin du XIXe si&#232;cle. Mais son histoire &#233;pouse largement celle de la Heinz Company, la premi&#232;re multinationale de l'histoire des &#201;tats-Unis, qui a pr&#233;c&#233;d&#233; Ford dans l'histoire de la production de masse, notamment par le recours au travail &#224; la cha&#238;ne d&#232;s 1904. Avec sa bouteille octogonale, elle est avec le Coca-Cola l'un des plus c&#233;l&#232;bres symboles du capitalisme. Heinz engloutit 5% de la production mondiale de tomates d'industrie. J'ai donc voulu raconter l'histoire de cet empire, qui commence avec la &#171; Commune de Pittsburgh &#187; de 1877, n&#233;e dans le sillage de la &#171; Grande Gr&#232;ve du Rail &#187;, lorsqu'une gr&#232;ve des cheminots se mue en conflit social majeur, marqu&#233; par l'occupation de Chicago, Pittsburgh et Saint-Louis. Apr&#232;s cet &#233;pisode, Henry J. Heinz, qui vient d'un milieu populaire, adopte une organisation du travail paternaliste afin de mieux soumettre ses ouvriers. Il devient milliardaire, au point que lorsqu'il d&#233;c&#232;de en 1919, il est l'un des dix hommes les plus riches des &#201;tats-Unis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et que vient faire la Chine dans ce tableau ? Pourquoi trouve-t-on de la tomate au Xinjiang, &#224; l'extr&#234;me ouest de la Chine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le comprendre, il faut remonter &#224; octobre 1949, lorsque l'Arm&#233;e populaire de lib&#233;ration envahit le Turkestan oriental, le &#171; Xinjiang &#187;. D&#233;bute alors la colonisation brutale et secr&#232;te d'un territoire longtemps ferm&#233; aux &#233;trangers, men&#233;e par la Chine mao&#239;ste et son ethnie majoritaire, les Hans, &#224; l'encontre du peuple Ou&#239;gour. Dans l'histoire moderne, cette colonisation reste largement ignor&#233;e. Si nous avons tous d&#233;j&#224; entendu parler de la cause tib&#233;taine, celle des Ou&#239;gours demeure m&#233;connue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir des ann&#233;es 1950, l'Arm&#233;e chinoise administre ce territoire grand comme trois fois la France &#224; l'aide du Bingtuan : le Corps de production et de construction du Xinjiang. Sa mission est de contr&#244;ler le territoire d'un point de vue s&#233;curitaire et &#233;conomique. Il s'agit de le mettre en culture, d'y &#233;difier des villes enti&#232;res, d'y pratiquer l'extractivisme, etc. Le Xinjiang compte des sites nucl&#233;aires militaires, ainsi qu'un grand nombre de camps de r&#233;&#233;ducation par le travail &#8211; les laoga&#239;s. C'est un territoire hautement strat&#233;gique. Encore aujourd'hui, le dispositif d'occupation est impressionnant. &#192; &#220;r&#252;mqi, j'ai aper&#231;u des camions anti-&#233;meutes et des patrouilles de soldats &#224; tous les coins de rue. Mes papiers ont &#233;t&#233; contr&#244;l&#233;s tous les jours. Et pour sortir ou entrer dans une grande ville, il fallait passer par des barrages.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre comment la Chine est devenue le premier producteur mondial de concentr&#233; de tomates &#224; l'aube des ann&#233;es 2000, il faut remonter au pacte nou&#233; par des entrepreneurs italiens avec les militaires du Xinjiang. Les Italiens sont all&#233;s jouer aux Marco Polo, en proposant d'installer des usines cl&#233;s en main, que les Chinois ont rembours&#233;es les ann&#233;es suivantes en exp&#233;diant des barils de concentr&#233; vers Naples. Ce mod&#232;le, reposant sur le travail &#224; bas co&#251;t des populations locales, voire de prisonniers, a permis d'approvisionner les conserveries napolitaines en concentr&#233; chinois. Le concentr&#233;, une fois arriv&#233; en Italie, &#233;tait habill&#233; aux couleurs italiennes. Cela continue aujourd'hui. Ainsi est n&#233; Chalkis, g&#233;ant industriel du Bingtuan d&#233;di&#233; &#224; la tomate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au final, qu'est ce qu'il y a dans le ketchup tra&#238;nant dans mon frigo ? Dans une pizza &#224; Marseille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, nous n'avons pas le droit de savoir ce qu'il y a dans une bouteille de ketchup ou une pizza, car il n'existe pas de transparence alimentaire. Dans l'agro-alimentaire, c'est le despotisme qui r&#232;gne. Les industriels n'ont pas de comptes &#224; rendre sur les ingr&#233;dients qu'ils emploient dans leurs produits, notamment en ce qui concerne la provenance des ingr&#233;dients. Il est ainsi tout &#224; fait l&#233;gal, de nos jours, de produire une sauce tomate proven&#231;ale qui n'a de &#171; proven&#231;ale &#187; que le nom, et d'utiliser du concentr&#233; chinois pour ce faire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qui sont les perdants de ce business ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les Chinois tiennent d&#233;sormais 90% du march&#233; du concentr&#233; de tomates en Afrique de l'Ouest, o&#249; ils &#233;coulent des bo&#238;tes de concentr&#233; frelat&#233;, coup&#233; &#224; l'amidon, au dextrose, &#224; la fibre de soja et aux colorants rouges &#8211; car la p&#226;te qu'ils retravaillent est souvent noire : &#171; l'encre noire &#187;, la pire qualit&#233; de concentr&#233; sur le march&#233; mondial. Les additifs des bo&#238;tes de concentr&#233; frelat&#233; ne sont pas indiqu&#233;s sur les &#233;tiquettes. J'ai enqu&#234;t&#233; en Chine et en Afrique sur ce scandale, qui concerne tout le continent africain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les institutions financi&#232;res internationales ont voulu imposer le n&#233;olib&#233;ralisme &#224; l'Afrique. R&#233;sultat ? Des usines qui hier transformaient sur place des tomates pour nourrir les Africains ferment du jour au lendemain, &#224; cause de la concurrence d&#233;loyale de la p&#226;te chinoise. De jeunes producteurs de tomates s&#233;n&#233;galais ou ghan&#233;ens, ruin&#233;s, partent vers l'Europe. J'ai aussi rencontr&#233; de nombreux migrants cueilleurs de tomates dans les vastes bidonvilles du sud de l'Italie. Certains cueillaient hier des tomates dans leur pays. D&#233;sormais, ils sont encadr&#233;s par la criminalit&#233; organis&#233;e et r&#233;coltent les &#171; tomates pel&#233;es &#187; que nous retrouvons, en bo&#238;te, dans les supermarch&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des notes d'espoir, quand m&#234;me ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les Pouilles, en Italie, des militants travaillent avec des migrants dans le cadre d'un projet autogestionnaire, Sfrutta Z&#233;ro, &#171; Exploitation Z&#233;ro &#187;. Les tomates sont biologiques. Les sauces excellentes. Il n'y a pas de patron. Tout le monde prend plaisir &#224; y travailler dur, &#224; transpirer dans le champ tout l'&#233;t&#233;, parce que chacun y d&#233;fend sa dignit&#233; au travail, loin des exploiteurs, en toute fraternit&#233;. Ce que j'ai aim&#233; dans ce projet, c'est qu'on est tr&#232;s loin de l'aide au migrant infantilisante que l'on voit souvent par chez nous, o&#249; le migrant est vu comme une simple victime. Sfrutta Z&#233;ro, c'est vraiment de l'autogestion, il n'y a pas le gentil Italien qui aide d'un c&#244;t&#233;, et le pauvre migrant de l'autre. Ils ont conscience d'&#234;tre un &#171; laboratoire &#187; et c'est pourquoi tout le monde se retrousse les manches, pour montrer qu'un autre monde est possible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans des villages d&#233;sertifi&#233;s, des pr&#233;caires italiens qui ont refus&#233; de quitter les terres de leur famille, tendent d&#233;sormais la main &#224; des migrants. Ils font la d&#233;monstration, par leur enthousiasme, leur autodiscipline et leur bonne humeur, que l'autogestion reste un id&#233;al riche de promesses. Ils n'attendent rien de l'&#201;tat, ni de personne d'autre : ils font. Les migrants qui sont associ&#233;s &#224; ce projet ont tous v&#233;cu l'esclavage moderne. Gr&#226;ce &#224; Sfrutta Z&#233;ro, ils ne se voient plus comme des victimes, mais comme des affranchis, des &#234;tres libres.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Empire de l'or rouge. Enqu&#234;te mondiale sur la tomate d'industrie&lt;/i&gt;, Jean-Baptiste Malet, Fayard, 2017.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#171; La tomate globale &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article698&amp;&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; no 25&lt;/a&gt;, juillet 2005.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Carpentras, patatras !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Carpentras-patatras</link>
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		<dc:date>2013-01-23T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Claude Leyraud</dc:creator>


		<dc:subject>Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques</dc:subject>
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		<dc:subject>corde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230; L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no106-decembre-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;106 (d&#233;cembre 2012)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Du-cote-de-chez-les-rustiques" rel="tag"&gt;Du c&#244;t&#233; de chez les rustiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Long" rel="tag"&gt;Long&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ville" rel="tag"&gt;Ville&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Andre" rel="tag"&gt;Andr&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tomates" rel="tag"&gt;tomates&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/aimait-autant" rel="tag"&gt;aimait autant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-ecrivain" rel="tag"&gt;L'&#233;crivain&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Richaud" rel="tag"&gt;Richaud&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Richaud-rappelait" rel="tag"&gt;Richaud rappelait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/corde" rel="tag"&gt;corde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'&#233;lection de Marion Mar&#233;chal-Le Pen dans la circonscription de Carpentras s'inscrit dans l'histoire peu glorieuse de ce gros bourg rural plut&#244;t traditionnaliste. Entre exutoires misogynes, exploitation de la main d'&#339;uvre immigr&#233;e et surench&#232;res x&#233;nophobes, bonjour l'ambiance&#8230;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_497 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH456/106-remi-lepen-8cd66.png?1768653991' width='400' height='456' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;crivain &#171; maudit &#187; Andr&#233; de Richaud (1907-1968), qui aimait autant sa ville de Carpentras qu'il la d&#233;testait, r&#234;vait de la &lt;i&gt;&#171; mettre &#224; feu et &#224; sang &#187;&lt;/i&gt;. Comme on va le voir, le projet trotte encore dans certains esprits, mais avec d'autres motivations. Cette cit&#233; en forme de c&#339;ur ne l'a pas toujours eu sur la main, et le proverbe proven&#231;al que l'on pr&#234;te aux Carpentrassiens en dit long : &#171; Aqui, aman mai tout que la mita &#187; &#8211; Ici, on pr&#233;f&#232;re avoir tout plut&#244;t que la moiti&#233;. Richaud rappelait qu'on y avait ras&#233; les fortifications du Moyen-&#226;ge pour de bas motifs politico-financiers locaux, relevant de &lt;i&gt;&#171; toute une bassesse paysanne et bourgeoise &#187;&lt;/i&gt; ; mais il reprochait surtout &#224; la ville d'avoir assassin&#233; sa jeunesse en lui offrant, dans les ann&#233;es 1920, un spectacle &#171; particulier &#187; durant la foire de la Saint-Siffrein. R&#233;cit :&lt;i&gt; &#171; Le long du mur on avait tendu une b&#226;che. &#193; quelques m&#232;tres du mur et parall&#232;lement &#224; lui, entre deux piquets, une corde &#233;tait tendue pour emp&#234;cher la foule d'approcher de trop pr&#232;s. &#193; c&#244;t&#233; de la corde, quelques caisses de tomates trop m&#251;res&#8230; Le jeu consistait &#224; enlever la pipe de la bouche de la Gramuse (une pauvre femme) avec une tomate. On y gagnait ainsi un paquet de tabac. Son homme vendait cinq tomates pour 20 sous. Vous n'allez pas me dire que ce n'&#233;tait pas une belle invention et une belle affaire. Le mat&#233;riel &#233;tait r&#233;duit &#224; rien : une corde, une b&#226;che, cinquante kilos de tomates et une femme&#8230; Le succ&#232;s &#233;tait immense et toutes les demi-heures, le patron allait d&#233;verser le contenu de ses poches dans une grande bo&#238;te de conserve&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Part du diable, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On pourrait penser que ce jeu de massacre marqua au fer rouge les esprits du cru. En 1990, la profanation du cimeti&#232;re juif rajouta &#224; la mauvaise r&#233;putation de la ville, mais le Front national saura retourner localement la situation : selon le discours frontiste, celui qui devrait avoir honte de ce qu'il est, ce n'est pas le carpentrassien &#171; de souche &#187;, c'est l'Arabe, &#171; l'envahisseur &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour dans les ann&#233;es 1970-1980, au temps o&#249; la production de primeurs &#233;tait florissante et les serres entouraient Carpentras. D&#232;s l'aube, le long du boulevard de ceinture, venaient s'aligner des centaines de travailleurs immigr&#233;s en attente d'une embauche ; chaque matin, dans leurs camionnettes, les paysans faisaient leur &#171; march&#233; aux esclaves &#187;, comme on osait le qualifier dans le secteur, embarquant les hommes pour la journ&#233;e, sans quasiment jamais les d&#233;clarer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La population autochtone, profitant des retomb&#233;es de ce fructueux commerce, eut le d&#233;sir de prendre ses aises : elle quitta peu &#224; peu les quartiers populaires v&#233;tustes du centre-ville pour se faire construire des villas en p&#233;riph&#233;rie. Comme la nature a horreur du vide, les immigr&#233;s, pouvant enfin se loger convenablement, s'y install&#232;rent et firent venir leurs familles du Maroc. Dans le m&#234;me temps, les meilleures terres agricoles, irrigu&#233;es, furent envahies par les villas et leurs jardins privatifs, puis par les zones artisanales et commerciales. All&#233;ch&#233;s par l'app&#226;t du gain, les propri&#233;taires gel&#232;rent les derni&#232;res terres cultivables et attendirent le plan d'occupation des sols qui leur assurerait le jackpot. L'agriculture, fragilis&#233;e par la concurrence europ&#233;enne, s'effondra ; les enfants des familles marocaines n'eurent plus de d&#233;bouch&#233;s. D'autant que, dans les communes voisines, les mara&#238;chers ayant surv&#233;cu avaient remplac&#233; le &#171; march&#233; aux esclaves &#187; par d'avantageux contrats OMI &#8211; contrats au rabais et exempt&#233;s de charges permettant d'embaucher des saisonniers &#233;trangers pour une dur&#233;e de six mois.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du coup, aujourd'hui, les nouveaux habitants du centre-ville glandouillent, quelques-uns traficotent pour survivre, d'autres affichent leurs &#171; revendications identitaires &#187; ; leur &#171; visibilit&#233; &#187; s'accroit au point de servir de repoussoir aux autochtones qui les accusent de tous les maux. La nouvelle municipalit&#233; PS a rachet&#233; des immeubles anciens pour les r&#233;habiliter, mais les appartements ne trouvent pas preneurs. Dans le m&#234;me temps, on ne laisse rien passer aux jeunes Arabes, accus&#233;s par exemple de d&#233;voyer la &#171; tradition &#187; du mariage du samedi o&#249; l'on d&#233;file en bagnole dans un concert de klaxons, pour la transformer en rod&#233;o dangereux. Derni&#232;re saine croisade en date : le d&#233;put&#233; UMP Julien Aubert, d&#233;cid&#233; &#224; galoper sur les plates-bandes du FN, lance une p&#233;tition pour l'interdiction d'une mosqu&#233;e &#171; clandestine &#187; r&#233;put&#233;e salafiste. Et l&#224; o&#249; leurs p&#232;res ouvriers agricoles &#233;taient m&#233;pris&#233;s, les fils et petits-fils d&#233;couvrent qu'ils peuvent aussi faire peur. Tous les ingr&#233;dients sont r&#233;unis pour que triomphent les crispations identitaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.letempsquilfait.com/Pages/Pages%20titres%20A-Z/Titres%20P.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;La Part du diable&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, &#233;ditions Le temps qu'il fait, 1986.&lt;/p&gt;
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