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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; A bord, tout le monde &#233;tait terroris&#233; &#187;</title>
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		<dc:date>2018-01-27T07:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
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		<dc:subject>grand bateau</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, CQFD a crois&#233; quelques sans-papiers faisant escale &#224; Marseille, et ces derniers ont pris le temps de nous raconter leur p&#233;riple. On les &#233;coute et, instantan&#233;ment, ils sortent de la case &#171; migrants &#187; : ce sont juste des gens vivants, marrants, et en qu&#234;te de jours meilleurs. Marseille, &#233;t&#233; 2015. Les &#238;les du Frioul sont envahies par des hordes de clandestins. Des Goudes &#224; l'Estaque, des navires surcharg&#233;s d&#233;versent quotidiennement leurs lots d'&#233;trangers hagards et &#233;puis&#233;s. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/passeurs" rel="tag"&gt;passeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/arrive" rel="tag"&gt;arriv&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/grand-bateau" rel="tag"&gt;grand bateau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Cet &#233;t&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a crois&#233; quelques sans-papiers faisant escale &#224; Marseille, et ces derniers ont pris le temps de nous raconter leur p&#233;riple. On les &#233;coute et, instantan&#233;ment, ils sortent de la case &#171; migrants &#187; : ce sont juste des gens vivants, marrants, et en qu&#234;te de jours meilleurs.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Marseille, &#233;t&#233; 2015. Les &#238;les du Frioul sont envahies par des hordes de clandestins. Des Goudes &#224; l'Estaque, des navires surcharg&#233;s d&#233;versent quotidiennement leurs lots d'&#233;trangers hagards et &#233;puis&#233;s. Les trains provenant d'Italie arrivent gare Saint-Charles remplis de Libyens, Syriens et autres Soudanais&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ha ? &#192; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, nous n'avons rien vu de tel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais c'est ce qu'affirme&#8200;&#8211; au conditionnel&#8200;&#8211; le quotidien r&#233;gional &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt; dans son &#233;dition du 4&#8200;ao&#251;t. Le pisse-copie Jean-Jacques Fiorito y soutient qu'&#171; &lt;i&gt;une vague soudaine (compos&#233;e essentiellement de musulmans) aurait d&#233;ferl&#233; sur Marseille, ces derni&#232;res semaines.&lt;/i&gt; &#187; Tremblez, lecteurs ! Cet afflux massif est confirm&#233; par le Samu social, mais &#171; &lt;i&gt;sans donner de chiffres&lt;/i&gt; &#187;. Ce que fait la pr&#233;fecture, qui parle &#171; &lt;i&gt;d'une soixantaine de demandes d'asile&lt;/i&gt; &#187;. Une soixantaine&#8230; Un v&#233;ritable tsunami, on vous dit !&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2021 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH323/-301-55a8e.jpg?1768660782' width='500' height='323' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans la vraie vie, en cherchant bien, nous en avons d&#233;got&#233; une petite poign&#233;e bien planqu&#233;e dans une turne marseillaise. Venant de Vintimille, la plupart sont en attente d'un d&#233;part vers le nord de l'Europe. Deux d'entre eux, Soudanais, ont bien voulu narrer leur p&#233;riple autour d'un caf&#233; et de quelques clopes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibrahim&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; est un grand gaillard plut&#244;t jovial qui doit approcher la trentaine. Il s'exprime en arabe. &#171; &lt;i&gt;Une fois arriv&#233; en Libye, j'ai d&#233;cid&#233; de traverser la M&#233;diterran&#233;e. Les passeurs proposent plusieurs options : soit un passage &#224; 2 000 dollars, sur un grand bateau, soit 1 460 dollars&lt;/i&gt; [2 000 dinars libyens],&lt;i&gt; mais sur une petite embarcation. Mais il n'y a pas eu de grand bateau, c'&#233;tait une arnaque ! Quelques-uns ont protest&#233;, ils ne voulaient pas monter, ni repayer.&lt;/i&gt; &#187; Il s'arr&#234;te, s'essuie le coin des yeux. Suki, la traductrice de &lt;i&gt;CQFD,&lt;/i&gt; le laisse terminer. Ibrahim s'excuse, puis reprend : &#171; &lt;i&gt;Les passeurs en ont abattu plusieurs.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ibrahim a quitt&#233; Khartoum en novembre 2011, apr&#232;s avoir fait un an de prison. Son tort ? &#171; &lt;i&gt;&#192; la facult&#233;, je militais pour la d&#233;fense des tribus du Darfour, pour le respect de leurs droits.&lt;/i&gt; &#187; Mauvaise pioche. Les autorit&#233;s auraient tent&#233; de le corrompre, puis sabot&#233; son parcours universitaire pour calmer ses ardeurs. Sans succ&#232;s. Ce fut donc la taule. Puis le d&#233;part.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; au Tchad d&#233;but 2012, il ne s'&#233;ternise pas et continue vers le nord. &#171; &lt;i&gt;&#192; la fronti&#232;re, j'ai d&#251; travailler contraint forc&#233;, ou quasiment, dans une mine d'or. Pour en sortir, il faut payer ! Et si tu ne peux pas, on enl&#232;ve ton tee-shirt, et on fait br&#251;ler un sac plastique sur ton dos.&lt;/i&gt; &#187; Sa famille aurait d&#233;bours&#233; 500 &#224; 600&#8200;euros pour lui permettre de s'extraire du gu&#234;pier. Mais une fois en Libye, la gal&#232;re se poursuit : &#171; &lt;i&gt;Je travaillais, mais je n'&#233;tais pas toujours pay&#233;. L&#224;-bas, tout le monde est arm&#233;, il y a beaucoup de drogue, c'est dangereux.&lt;/i&gt; &#187; Et, le 12 juillet dernier, il a donc fini par embarquer pour l'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur un bateau pouvant accueillir quatre-vingts personnes, ils &#233;taient, selon lui, pr&#232;s de cinq cent soixante passagers. &#171; &lt;i&gt;Les passeurs sont sur une petite embarcation et on les suit. &#192; la limite des eaux libyennes, ils demandent si quelqu'un sait piloter un navire, nous indiquent deux &#233;toiles &#224; suivre, puis ils s'en vont. &#192; bord, tout le monde &#233;tait terroris&#233;. Les gens avaient peur de l'eau, des poissons. En plus, c'&#233;tait ramadan ! Et de toute fa&#231;on, nous avions peu d'eau et de nourriture.&lt;/i&gt; &#187; Contrairement &#224; tant d'autres, ils eurent la chance d'arriver sains et saufs en Italie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais &#224; la fronti&#232;re fran&#231;aise, ferm&#233;e aux migrants sur ordre des autorit&#233;s, la danse des passeurs recommence : &#171; &lt;i&gt;Ils demandent 250 &#224; 300&#8200;euros. Ils promettent de t'amener &#224; Paris, mais le plus souvent ils te laissent &#224; Vintimille ou &#224; Nice, en t'affirmant que c'est la capitale !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Arriv&#233; &#224; Marseille fin juillet, Ibrahim ne compte pas y faire de vieux os, m&#234;me si &#171; &lt;i&gt;il y a beaucoup d'humanit&#233; en Italie et en France. Je n'ai jamais vu &#231;a chez moi&lt;/i&gt; &#187;. Il &#233;voque l&#224; les soutiens, associatifs ou individuels, et non pas les forces de l'ordre qui lui bloquaient la fronti&#232;re &#224; Vintimille !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bob, lui, a fait le choix de rester dans la cit&#233; phoc&#233;enne. Lui aussi est soudanais, et, apr&#232;s une errance de plusieurs ann&#233;es entre &#201;gypte et Libye, il a tent&#233; sa chance sur la M&#233;diterran&#233;e en juin dernier : &#171; &lt;i&gt; La premi&#232;re fois, la police tunisienne a fouill&#233; le bateau et nous a tout pris. La seconde, le navire prenait l'eau, nous avons abandonn&#233;. &lt;/i&gt; &#187; La troisi&#232;me fut la bonne, mais non sans mal : &#171; &lt;i&gt;On a failli chavirer &#224; cause d'un mouvement de panique, quand on a vu des ailerons autour du bateau. Puis, nous nous sommes perdus en mer. Mais nous avons &#233;t&#233; r&#233;cup&#233;r&#233;s par deux navires, et je suis arriv&#233; directement &#224; Marseille.&lt;/i&gt; &#187; Le lendemain de notre rencontre, Bob avait rendez-vous &#224; la pr&#233;fecture. S'il veut s'installer ici, c'est qu'il y a rencontr&#233; &#171; &lt;i&gt; des gens super g&#233;n&#233;reux&lt;/i&gt; &#187; &#8211; l&#224; non plus, pas &#224; la pr&#233;f...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N'en d&#233;plaise au journaliste de &lt;i&gt;La Provence&lt;/i&gt;, la seule &#171; vague &#187; entraper&#231;ue en discutant avec ces gal&#233;riens du voyage, c'est celle de l'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jean-Baptiste Legars, avec Suki Alaoui pour la traduction.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Tunisie, le business de l'exil</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Tunisie-le-business-de-l-exil</link>
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		<dc:date>2011-06-27T05:15:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nathaly Saint-Hilaire</dc:creator>


		<dc:subject>Histoires de saute-fronti&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>Nathaly Saint-Hilaire</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir obtenir un visa, les Tunisiens qui veulent gagner l'Europe n'ont d'autre choix que de prendre la mer, au p&#233;ril de leur vie. &#192; Zarzis, certains en profitent pour s'enrichir sur leur dos, et l'&#233;conomie locale s'en trouve d&#233;stabilis&#233;e. Reportage. D&#232;s le 27 d&#233;cembre, les habitants de Zarzis, petite ville c&#244;ti&#232;re (70 000 habitants) &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la Libye, sont descendus dans la rue pour manifester contre le r&#233;gime de Ben Ali. Le 12 janvier, deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no89-mai-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;89 (mai 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Histoires-de-saute-frontieres" rel="tag"&gt;Histoires de saute-fronti&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Nathaly-Saint-Hilaire-64" rel="tag"&gt;Nathaly Saint-Hilaire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ali" rel="tag"&gt;Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ben" rel="tag"&gt;ben&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Zarzis" rel="tag"&gt;Zarzis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/passeurs" rel="tag"&gt;passeurs&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ben-Ali" rel="tag"&gt;Ben Ali&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ville-cotiere" rel="tag"&gt;ville c&#244;ti&#232;re&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/harragas" rel="tag"&gt;harragas&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; d&#233;faut de pouvoir obtenir un visa, les Tunisiens qui veulent gagner l'Europe n'ont d'autre choix que de prendre la mer, au p&#233;ril de leur vie. &#192; Zarzis, certains en profitent pour s'enrichir sur leur dos, et l'&#233;conomie locale s'en trouve d&#233;stabilis&#233;e. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_137 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/Dauphins89-7740a.png?1768656238' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Nathaly Saint-Hilaire
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s le 27 d&#233;cembre&lt;/strong&gt;, les habitants de Zarzis, petite ville c&#244;ti&#232;re (70 000 habitants) &#224; une cinquantaine de kilom&#232;tres de la Libye, sont descendus dans la rue pour manifester contre le r&#233;gime de Ben Ali. Le 12 janvier, deux personnes sont tu&#233;es et dix-sept bless&#233;es par les forces de l'ordre. Le lendemain, le Conseil populaire de la r&#233;volution est form&#233; et le si&#232;ge du RCD est saccag&#233;. Les deux commissariats sont &#233;galement incendi&#233;s, mais cette fois par les policiers eux-m&#234;mes afin de ne laisser aucune trace des exactions pass&#233;es. Pr&#233;c&#233;dant de peu Ben Ali et sa famille, les forces de police et de la Garde nationale s'enfuient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Zarzis lib&#233;r&#233;e, profitant opportun&#233;ment de l'absence soudaine des gardes-c&#244;tes, les premiers harragas&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les candidats &#224; l'exil. Litt&#233;ralement, en arabe : &#171; Ceux qui br&#251;lent &#187;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; partent le 17 janvier. D'apr&#232;s les estimations, entre 4 000 &#224; 6 000 Zarzissiens mettent les bouts dans les semaines suivantes. Les d&#233;parts de bateaux, parfois au nombre de cinq &#224; six par jour, ne vont pas discontinuer. Et &#224; partir du 17 f&#233;vrier, c'est une seconde vague de milliers de personnes venues cette fois de toute la Tunisie qui s'embarque &#224; Zarzis pour tenter de rejoindre l'&#238;le italienne de Lampedusa.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Adib, professeur d'allemand, rappelle qu'&lt;i&gt;&#171; au d&#233;but, c'&#233;tait une impulsion, mais en ce qui concerne cette deuxi&#232;me vague, il ne s'agit plus que de profit et rien d'autre. L'id&#233;e &#233;tait l&#224;, avant la r&#233;volution. Les passeurs ont profit&#233; du rel&#226;chement policier. Les d&#233;parts avaient lieu en plein jour. Toutes les transactions se faisaient sur les terrasses des caf&#233;s, dans la rue. &#187;&lt;/i&gt; Le prix de la travers&#233;e se n&#233;gociait d'abord autour de 2 000 dinars (1 008 euros), puis 1 000 lors de la deuxi&#232;me vague, pour atteindre actuellement 2 500 dinars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les p&#234;cheurs vendaient leurs bateaux quand ils ne partaient pas avec, pour ne pas se les faire voler ou pour faire rapidement fortune. Lors de la premi&#232;re vague, les harragas n&#233;gociaient directement avec les capitaines des bateaux, ensuite ce sont souvent des commer&#231;ants de la ville et des &#233;migr&#233;s de retour au pays qui ont investi dans ce nouveau business. &#192; 70 000 dinars (35 300 euros) le prix de vente moyen d'un bateau d&#233;barrass&#233; de tous ses &#233;quipements et pouvant embarquer de soixante-dix &#224; cent vingt personnes, les profits &#233;taient maximaux. Les passeurs ont &#233;galement d&#233;velopp&#233; un autre business : la location de v&#233;hicules au personnel des organisations internationales et aux journalistes afin de desservir les h&#244;tels, l'a&#233;roport de Djerba-Zarzis et les camps de r&#233;fugi&#233;s libyens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les trafics prennent un tel essor qu'ils en bouleversent l'&#233;conomie locale, la premi&#232;re vague d'exil engendrant une p&#233;nurie de main-d'&#339;uvre dans tous les secteurs : la p&#234;che surtout, mais aussi les caf&#233;s et le b&#226;timent. Les habitants de Zarzis sont d&#233;sempar&#233;s par ce bouleversement &#233;conomique et social. La plupart de ceux qui restent veulent construire &lt;i&gt;&#171; une nouvelle Tunisie &#187;&lt;/i&gt; et refusent toute forme de complicit&#233; avec &lt;i&gt;&#171; les riches de guerre &#187;, &#171; ces profiteurs de la r&#233;volution qui se sont enrichis avec le commerce des harragas &#187;&lt;/i&gt;, explique Ali Fellah, repr&#233;sentant de la coordination locale de l'Union des dipl&#244;m&#233;s ch&#244;meurs. La situation est toutefois complexe car ici personne ne peut ignorer ce que chacun fait et pense : &lt;i&gt;&#171; M&#234;me si je ne te connais pas, ce qui est s&#251;r c'est que je connais ton fr&#232;re, ou ton cousin, ou ton beau-fr&#232;re &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;sume Moez, un ancien officier de l'arm&#233;e. De plus, on trouve parmi les passeurs tous les profils : ch&#244;meurs, employ&#233;s, p&#234;cheurs&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car les d&#233;parts impliquent le recours &#224; de nombreuses petites mains.
Mais aujourd'hui, les passeurs ont de plus en plus de peine &#224; trouver de bons bateaux. Les meilleurs sont d&#233;j&#224; tous partis pour Lampedusa, o&#249; ils sont syst&#233;matiquement d&#233;truits. Restent les embarcations les moins s&#251;res et les naufrages, souvent mortels, se sont multipli&#233;s ces derni&#232;res semaines. Les harragas commencent aussi &#224; manquer. Le trafic d&#233;cline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le Conseil populaire de la r&#233;volution interpelle fr&#233;quemment la d&#233;l&#233;gation de Zarzis et le gouvernorat de M&#233;denine, afin qu'ils mettent un terme &#224; l'ins&#233;curit&#233; g&#233;n&#233;r&#233;e par les trafics. Sans succ&#232;s. La Garde nationale maritime est bien revenue, mais reste aussi passive que l'arm&#233;e. Le 11 avril, des passeurs ont m&#234;me r&#233;cup&#233;r&#233; un bateau saisi par les gardes nationaux. Ces derniers, retranch&#233;s dans leur poste sur le port, les ont laiss&#233;s remettre le navire &#224; flot et pousser leur 4x4 dans le bassin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Beaucoup pensent que les harragas constituent pour le gouvernement tunisien un atout majeur dans le cadre de ses n&#233;gociations avec l'Union europ&#233;enne afin d'obtenir de nouveaux cr&#233;dits et autres pr&#234;ts. D'o&#249; l'inaction des forces de s&#233;curit&#233;, qui serait une fa&#231;on de mettre le peuple au pied du mur : l'obliger &#224; choisir entre libert&#233; et s&#233;curit&#233;. Et en laissant partir des dizaines de milliers de harragas, l'&#201;tat tunisien se d&#233;barrasse &#224; peu de frais d'une partie de la jeunesse dont il ne sait finalement que faire.
Tous souhaitent que les politiques europ&#233;ennes de restriction en mati&#232;re de visas changent radicalement. &lt;i&gt;&#171; On est coinc&#233;s ici&lt;/i&gt;, explique Zyed, &lt;i&gt;un jeune m&#233;decin, on ne peut pas partir en Europe l&#233;galement et quand je vois des touristes fran&#231;ais me regarder de haut, j'enrage. Nous n'avons m&#234;me pas le droit de faire du tourisme. On veut juste voir quelque chose de diff&#233;rent. Faire la m&#234;me chose que vous, prendre un sac &#224; dos et partir. Vous pouvez quand m&#234;me comprendre qu'avec l'Alg&#233;rie et la Libye &#224; c&#244;t&#233;, on ait envie d'aller voir ailleurs ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;NDLR : Une fois n'est pas coutume, une version longue de ce texte est disponible sur &lt;a href=&#034;http://setrouver.wordpress.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;http://setrouver.wordpress.com&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
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&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les candidats &#224; l'exil. Litt&#233;ralement, en arabe : &#171; Ceux qui br&#251;lent &#187;.&lt;/p&gt;
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