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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Pistage animal : dialogue universel</title>
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		<dc:creator>Antoine Souquet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage. Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es qui doivent l'emmener &#224; Francis, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sauvages" rel="tag"&gt;sauvages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH498/-1772-36360.jpg?1768683948' width='500' height='498' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui doivent l'emmener &#224; Francis, organisateur d'un atelier de pistage animal auquel participent quelques habitants du coin. Oui, mais Francis s'est bien planqu&#233; et Pierre pi&#233;tine. Pas grave. Il y a d'autres marques &#224; glaner. L'&#339;il aiguis&#233;, il me glisse : &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; gratt&#233; l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; me d&#233;signant un peu de terre retourn&#233;e. Probable signature d'un des nombreux chevreuils qui logent dans ce bois du P&#233;rigord.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du chasseur au philosophe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pistage, c'est l'acte de rep&#233;rer et d'interpr&#233;ter les signes laiss&#233;s par des animaux. Empreintes donc, mais aussi crottes, coul&#233;es&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et autres poils. Parmi ceux qui utilisent ces savoirs, il y a &#233;videmment les chasseurs, mais aussi les naturalistes et certains ruraux, qui c&#244;toient des b&#234;tes sauvages dans leur environnement imm&#233;diat. Mes camarades de formation ne sont pourtant pas ici pour compter la faune prot&#233;g&#233;e ou r&#233;colter des troph&#233;es de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce week-end d'&#233;quinoxe de printemps, c'est l'association Je suis la piste qui organise la formation d'une journ&#233;e &#224; laquelle je participe. Son objectif : diffuser des pratiques &#171; ancestrales &#187; pour permettre aux participants d'avoir une connaissance plus riche des &#234;tres vivants sauvages et des environnements dans lesquels ils &#233;voluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet direct de l'exp&#233;rience : peu &#224; peu, la perception humaine s'&#233;veille et les bois se repeuplent. &#192; mesure que notre attention s'affine et que le monde autour de nous se complexifie, l'&#171; &lt;i&gt;angoisse du silence du monde et de la solitude cosmique&lt;/i&gt; &#187; s'estompe, note Baptiste Morizot dans son livre &lt;i&gt;Sur la piste animale&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actes Sud, 2018.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#192; l'heure o&#249; la biodiversit&#233; s'effondre &#224; vitesse grand V et o&#249; nos interactions avec les autres vivants sont r&#233;duites &#224; peau de chagrin, le philosophe pisteur nous invite &#224; sortir de l'isolement qui impr&#232;gne les imaginaires des humains modernes coup&#233;s de relations quotidiennes et signifiantes aux vivants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; You'll never walk alone &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour aux sous-bois. &#199;a y est, &#224; force de galoper nez sur les brindilles, on a fini par trouver le formateur. Constitu&#233; de Pierre, Max et Ben, le petit groupe &#233;coute attentivement le speech de Francis. &#171; &lt;i&gt;Le pistage c'est l'art de trouver, identifier, interpr&#233;ter et suivre des s&#233;ries de traces laiss&#233;es par quelque chose sur le paysage&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il. Le message est clair pour les apprentis pisteurs, qui doivent &#224; pr&#233;sent se lancer dans le grand bain forestier et &#233;laborer leurs premi&#232;res hypoth&#232;ses. &#192; quelques m&#232;tres de l&#224;, le groupe est pench&#233; autour d'un trou passablement large. Les suppositions s'encha&#238;nent. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait pas l'entr&#233;e d'une galerie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, tente l'un. Mauvaise pioche, le trou ne d&#233;bouche sur aucune cavit&#233;. Des racines m&#226;chouill&#233;es et des traces de petites griffes resserrent le panel des possibilit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Et si c'&#233;tait l'&#339;uvre d'un blaireau&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, lance un autre. Pas &lt;i&gt;b&#234;te&lt;/i&gt; : l'animal aurait la corpulence et la force n&#233;cessaires pour retourner la terre de la sorte. Et puis, il a un mobile : il se r&#233;gale des vers de terre, que l'on d&#233;busque en fouillant le sol. M&#234;me si cette hypoth&#232;se est la plus plausible, Francis prend garde de temp&#233;rer : &#171; &lt;i&gt;Chaque piste est un puzzle. Il y a plein de pi&#232;ces et il ne faut pas directement sauter aux conclusions.&lt;/i&gt; &#187; Cette fois-ci, les indices semblent concorder et mener vers le must&#233;lid&#233;. Le premier des quelques animaux sauvages que les participants vont identifier au cours de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e, une nouvelle &#233;nigme. Une petite pente d&#233;voile une grosse empreinte d'ongul&#233;&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. La terre meuble est creus&#233;e sur une grosse dizaine de centim&#232;tres, donnant l'impression d'une glissade. Max met d&#233;licatement ses doigts dans la marque afin de mieux sentir ses d&#233;tails. Pour identifier l'esp&#232;ce, on se met en qu&#234;te de traces de gardes&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Francis en d&#233;busque une en forme de demi-lune, caract&#233;ristique du sanglier. Prochaine &#233;tape, trouver l'empreinte suivante, ce qui donnera, en mesurant la distance entre les deux, une id&#233;e de la taille de la b&#234;te. Une fois l'&#233;cart &#233;valu&#233;, on peut d&#233;nicher les autres empreintes en recalquant la distance sur le sol &#224; partir de la derni&#232;re, et ainsi dessiner la trajectoire de l'animal, son allure, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus haut, de nouveaux &#233;l&#233;ments rebattent les cartes : l&#224; encore des traces de glissades, mais dans la direction oppos&#233;e. Est-ce que l'interpr&#233;tation faite en aval &#233;tait fausse ? Est-ce un autre individu ? Qu'est-ce qui a pu provoquer le comportement, apparemment de fuite, de ces animaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e se poursuit sur ce rythme, de signes en traces, de terriers en crottes, conduisant le groupe tant&#244;t vers des buissons, tant&#244;t vers des coul&#233;es animales. La for&#234;t, monde myst&#233;rieux et muet en d&#233;but de journ&#233;e, s'emplit peu &#224; peu de pr&#233;sences, se parant de voies de circulation, d'enjeux territoriaux et de strat&#233;gies animales. Tr&#232;s vite, on comprend que nous ne sommes jamais exclusivement entre humains et que les interactions avec les autres vivants sont constantes, que nous en ayons conscience ou pas. Dans la for&#234;t p&#233;rigourdine, les chevreuils n'ont pas attendu que nous les remarquions pour d&#233;taler et les passereaux ont lanc&#233; leurs cris d'alarme bien avant que nous ne levions les yeux vers eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dialogue de b&#234;tes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Francis, l'humain en milieu naturel est souvent l'&#233;quivalent d'&#171; &lt;i&gt;un &#233;crivain qui ne sait pas lire&lt;/i&gt; &#187;. Nous serions de pi&#232;tres locuteurs d'un syst&#232;me linguistique commun aux vivants. Tous les signes que nos amis pisteurs ont appris &#224; rep&#233;rer et &#224; d&#233;chiffrer sont en effet le produit de ce r&#233;seau dans lequel chaque esp&#232;ce &#8211; et m&#234;me chaque individu &#8211; &#233;crit et lit selon ses caract&#233;ristiques et capacit&#233;s propres. C'est en ce sens que la majorit&#233; d'entre nous est illettr&#233;e. Les urbains sont souvent des lecteurs maladroits, puisqu'ils c&#244;toient un nombre limit&#233; d'esp&#232;ces animales et ne font gu&#232;re attention aux signes qu'ils laissent. De m&#234;me, nous avons rarement conscience d'&#233;crire. Pourtant, comme tout animal, l'humain &#233;met des signes, d'autant plus s'il ne le r&#233;alise pas. Il laisse des odeurs, plie des branches, marque des sols, fait des mouvements, &#233;met des sons, renvoie des couleurs. Tout cela est senti et interpr&#233;t&#233; par les &#234;tres vivants qui se trouvent &#224; proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; sans doute une &lt;i&gt;piste&lt;/i&gt; &#224; explorer si l'on souhaite &#233;tablir des relations moins agressives vis-&#224;-vis du vivant et particuli&#232;rement des animaux sauvages. Les situations conflictuelles et probl&#233;matiques avec les b&#234;tes sauvages ne manquant pas, notamment chez les &#233;leveurs et agriculteurs, il faudrait donc apprendre &#224; y r&#233;pondre par le dialogue. L'objectif, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; : d&#233;velopper notre compr&#233;hension des signes animaux pour d&#233;crypter leurs langages sp&#233;cifiques et affiner notre &#233;criture afin d'adapter les messages qu'on leur envoie. Le mot de la fin &#224; Baptiste Morizot : &#171; &lt;i&gt;Les animaux ne sont pas seulement dignes d'une attention infantile ou morale&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : ils sont les cohabitants de la terre avec lesquels nous partageons une ascendance, l'&#233;nigme d'&#234;tre vivant, et la responsabilit&#233; de cohabiter d&#233;cemment &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant, Actes Sud, 2020.&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Antoine Souquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer un point sp&#233;cifique en milieu naturel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Actes Sud, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la patte que les deux ongles de devant, qui eux marquent plus profond&#233;ment le sol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Langue des signes : Sous les signes, de l'info !</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Langue-des-signes-Sous-les-signes</link>
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		<dc:date>2018-06-19T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD, Pauline Stroesser</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Sandrine Allier-Gu&#233;pin</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>signes</dc:subject>
		<dc:subject>culture</dc:subject>
		<dc:subject>langue</dc:subject>
		<dc:subject>LSF</dc:subject>
		<dc:subject>Sourds</dc:subject>
		<dc:subject>information plurielle</dc:subject>
		<dc:subject>information</dc:subject>
		<dc:subject>Sourdes</dc:subject>
		<dc:subject>culture Sourde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Allumez votre t&#233;l&#233;vision, ordinateur, t&#233;l&#233;phone, ou tout autre support &#224; partir duquel vous pourriez visionner les informations. Coupez le son, et regardez&#8230; Que comprenez-vous ? Que ressentez-vous ? Pour les personnes Sourdes et malentendantes, acc&#233;der &#224; une information plurielle est un parcours du combattant. La langue des signes, langue minoritaire, peine &#224; &#234;tre reconnue sur nos &#233;crans. M&#234;me si certains programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s sont propos&#233;s avec des interpr&#232;tes en LSF comme le journal (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sandrine-Allier-Guepin" rel="tag"&gt;Sandrine Allier-Gu&#233;pin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/France" rel="tag"&gt;France&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/signes" rel="tag"&gt;signes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/culture-959" rel="tag"&gt;culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/LSF" rel="tag"&gt;LSF&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sourds" rel="tag"&gt;Sourds&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/information-plurielle" rel="tag"&gt;information plurielle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/information" rel="tag"&gt;information&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sourdes" rel="tag"&gt;Sourdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/culture-Sourde" rel="tag"&gt;culture Sourde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Allumez votre t&#233;l&#233;vision, ordinateur, t&#233;l&#233;phone, ou tout autre support &#224; partir duquel vous pourriez visionner les informations. Coupez le son, et regardez&#8230; Que comprenez-vous ? Que ressentez-vous ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Pour les personnes Sourdes et malentendantes, acc&#233;der &#224; une information plurielle est un parcours du combattant. La langue des signes, langue minoritaire, peine &#224; &#234;tre reconnue sur nos &#233;crans. M&#234;me si certains programmes t&#233;l&#233;vis&#233;s sont propos&#233;s avec des interpr&#232;tes en LSF comme le journal T&#233;l&#233;matin sur France&#8239;2, ou quelques journaux d'It&#233;l&#233;, LCI ou BFM, est-ce r&#233;ellement l&#224; qu'est propos&#233;e une information plurielle et de qualit&#233; ? Il s'agit, pour ces trois derni&#232;res, de cha&#238;nes d'&#171; information en continu &#187; o&#249; les messages passent et tr&#233;passent rapidement. Exit l'analyse, la mise en contexte. Le t&#233;l&#233;spectateur Sourd devra se contenter de faits, &#233;num&#233;r&#233;s et r&#233;p&#233;t&#233;s &#224; la minute. Sans oublier que sur BFM, on joue un peu &#224; &#171; O&#249; est Charlie ? &#187; : l'interpr&#232;te est plac&#233; dans un petit recoin de l'&#233;cran, perdu entre les phrases flash et les images intempestives. Sinon, on pourra toujours se consoler sur France 3 le mercredi apr&#232;s-midi. Depuis 1998, les questions parlementaires &#224; l'Assembl&#233;e nationale sont traduites en LSF dans une vignette o&#249; l'interpr&#232;te fait l'&#339;uf.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 janvier 2016, &#224; l'occasion de la dixi&#232;me commission nationale &#171; Culture et handicap &#187; l'ancienne ministre de la Culture, Fleur Pellerin, annon&#231;ait diff&#233;rentes mesures pour &#171; &lt;i&gt;donner la priorit&#233; &#224; l'accessibilit&#233; dans l'audiovisuel public&lt;/i&gt; &#187; dont &#171; &lt;i&gt;le d&#233;ploiement, d&#232;s juin 2016, d'un lecteur (player) permettant la mise &#224; disposition, sur la t&#233;l&#233;vision connect&#233;e, de l'interpr&#233;tation de certains programmes en langue des signes fran&#231;aise, et d&#232;s octobre 2016, de l'accessibilit&#233; en langue des signes des journaux d'information de 13 h et de 20 h.&lt;/i&gt; &#187; &#192; ce jour, pourtant, aucune initiative concr&#232;te n'a &#233;t&#233; annonc&#233;e publiquement. Si certains cherchent &#224; cr&#233;er une cha&#238;ne int&#233;gralement en langue des signes, c'est non sans mal. Depuis 4 ans, Signes.tv cherche des financeurs pour pouvoir se lancer.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2454 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH354/-720-43c33.jpg?1768721450' width='500' height='354' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sandrine Allier-Gu&#233;pin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Quid des autres m&#233;dias qui fleurissent chaque jour sur Internet ? Websourd, un site d'information en LSF a d&#251; mettre les cl&#233;s sous la porte &#224; l'&#233;t&#233; 2016, pour des raisons financi&#232;res. Depuis un an, la WebTv, &#171; &lt;i&gt;BABDP, la cha&#238;ne pas si b&#234;te&lt;/i&gt; &#187;, men&#233;e par une &#233;quipe de Sourds et d'entendants, propose des reportages en LSF, mais presque exclusivement autour de la culture Sourde. Par ailleurs, lorsqu'un sujet sur la surdit&#233; ou la langue des signes est &#233;voqu&#233; dans un &#171; grand m&#233;dia &#187;, l'&#233;mission est exceptionnellement rendue accessible et traduite. Louable effort, mais pourquoi les Sourds devraient-ils se contenter des th&#233;matiques les concernant ? Ne peuvent-ils pas &#234;tre inform&#233;s des actualit&#233;s br&#251;lantes, des d&#233;bats qui traversent la soci&#233;t&#233; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les jours qui ont suivi le 13 novembre 2015, aucune info, ni aucune annonce publique n'ont &#233;t&#233; interpr&#233;t&#233;es en LSF. En France, les journalistes Sourds se comptent sur les doigts de la main. J'en fais partie. Face &#224; l'urgence d'informer, nous avons cr&#233;&#233; une page Facebook dans la nuit de l'&#233;v&#233;nement avec ma cons&#339;ur Laur&#232;ne Loctin. Par la suite, nous avons cr&#233;&#233;, avec une &#233;quipe &#233;largie, un site Internet &#233;ph&#233;m&#232;re pour couvrir la COP21. L'occasion d'exp&#233;rimenter diff&#233;rentes formes de pr&#233;sentation en LSF et d'analyses dans une langue qui nous est propre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout en encourageant l'accessibilit&#233; des Sourds aux &#171; grands m&#233;dias &#187;, &#224; nous de poursuivre ces initiatives de couverture militante de l'actualit&#233; afin d'&#233;largir les champs de perception et de compr&#233;hension du monde. Sans d&#233;pendre uniquement de l'&#201;tat et des ineffables cha&#238;nes d'information priv&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pauline Stroesser&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;D'&#339;il &#224; main&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Gr&#226;ce &#224; une poign&#233;e de linguistes iconoclastes, les langues des signes sont sorties du carcan d'analyse classique pour &#234;tre &#233;tudi&#233;es &#224; partir de leurs sp&#233;cificit&#233;s (quadridimensionnalit&#233;, iconicit&#233;, utilisation de l'espace, canal visuo-gestuel, etc.), notamment par de jeunes linguistes, Sourds cette fois. En France, si la LSF a gagn&#233; quelques lettres de noblesse, que des cursus d'&#233;tudes universitaires en linguistique et interpr&#233;tation ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s et des manuels &#233;dit&#233;s, elle se transmet toujours essentiellement d'&#339;il &#224; main. Les Sourds et les Sourdes inventent des signes au quotidien et, en se les &#233;changeant, les affinent. Historiquement, l'une de ses sp&#233;cificit&#233;s, c'est l'absence de traces : elle ne s'&#233;crit pas. Des signes pioch&#233;s &#231;&#224; et l&#224; ont &#233;t&#233; consign&#233;s dans des livres, mais, en les gravant sur du papier, on les a d&#233;pouill&#233;s de leur chair et du mouvement, des &#171; accents &#187; des mains, des sourcils ou des l&#232;vres. Pour l'archiver, il faut la filmer. Mille fins d&#233;tails ne sauraient se laisser &#233;craser en pleine danse entre les pages d'un feuillet.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le sous-titrage ne remplace pas une langue&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Supposons que le sous-titrage s'affiche sans probl&#232;me de d&#233;calage, ni fautes d'orthographes et de syntaxe (ce qui n'est pas fr&#233;quent). Pour de nombreuses personnes Sourdes dont le fran&#231;ais est la seconde langue, le sous-titrage restera malgr&#233; tout insatisfaisant. Le discours ne sera pas transmis avec la m&#234;me logique, ni per&#231;u avec la m&#234;me aisance. Jeux de mots, expressions figur&#233;es, intonations de voix, langue de bois&#8230; Autant de finesses de la langue et de tournures rh&#233;toriques qui sont fr&#233;quemment utilis&#233;es par les journalistes. Ces nuances ne sont pas des d&#233;tails et permettent &#224; l'auditeur de prendre conscience du caract&#232;re juste, incongru, dr&#244;le, faux ou encore &#233;mouvant d'une situation. Seule une interpr&#233;tation en LSF peut rendre compte de la richesse de la langue.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Mais qui peut s'&#233;tonner ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Mais-qui-peut-s-etonner</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Mais-qui-peut-s-etonner</guid>
		<dc:date>2018-05-29T09:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Fontenelle</dc:creator>


		<dc:subject>Rage dedans</dc:subject>
		<dc:subject>noforum</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>faut</dc:subject>
		<dc:subject>Droite</dc:subject>
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		<dc:subject>J'&#233;tais</dc:subject>
		<dc:subject>Manuel Valls</dc:subject>
		<dc:subject>faut qu'j'envoie</dc:subject>
		<dc:subject>D'islamophobie</dc:subject>
		<dc:subject>jourd'hui</dc:subject>
		<dc:subject>penser</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;J'&#233;tais en train de penser : jourd'hui, faut qu'j'envoie mes 3 000 signes &#224; CQFD. Et je me demandais : de quoi vais-je donc parler, au sortir d'un &#233;t&#233; rythm&#233; par les &#233;ructations des chasseurs de burkinis ? D'islamophobie, d'islamophobie, ou d'islamophobie ? Et juste &#224; ce moment-l&#224; &#8211;&#8239;viens me r&#233;p&#233;ter apr&#232;s &#231;a que l'hasard n'est qu'hasardeux : je suis tomb&#233; sur l'ahurissante&#8239;&#8211;&#8239;ahurissante&#8239;&#8211;&#8239;vid&#233;o o&#249; un restaurateur francilien, manifestement inconscient qu'il est film&#233;, vire deux (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rage-dedans" rel="tag"&gt;Rage dedans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/noforum" rel="tag"&gt;noforum&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut" rel="tag"&gt;faut&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Droite" rel="tag"&gt;Droite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/signes" rel="tag"&gt;signes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/J-etais" rel="tag"&gt;J'&#233;tais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Manuel-Valls" rel="tag"&gt;Manuel Valls&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faut-qu-j-envoie" rel="tag"&gt;faut qu'j'envoie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/D-islamophobie" rel="tag"&gt;D'islamophobie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jourd-hui" rel="tag"&gt;jourd'hui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/penser" rel="tag"&gt;penser&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;J'&#233;tais en train de penser : jourd'hui, faut qu'j'envoie mes 3 000 signes &#224; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;. Et je me demandais : de quoi vais-je donc parler, au sortir d'un &#233;t&#233; rythm&#233; par les &#233;ructations des chasseurs de burkinis ? D'islamophobie, d'islamophobie, ou d'islamophobie ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et juste &#224; ce moment-l&#224; &#8211;&#8239;viens me r&#233;p&#233;ter apr&#232;s &#231;a que l'hasard n'est qu'hasardeux : je suis tomb&#233; sur l'ahurissante&#8239;&#8211;&#8239;ahurissante&#8239;&#8211;&#8239;vid&#233;o o&#249; un restaurateur francilien, manifestement inconscient qu'il est film&#233;, vire deux d&#238;neuses voil&#233;es de son &#233;tablissement au pr&#233;texte que &#171; &lt;i&gt;tous les terroristes sont des musulmans&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;tous les musulmans des terroristes&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les r&#233;seaux dits sociaux, o&#249; sa &lt;i&gt;so 1930's&lt;/i&gt; prestation tourne en boucle depuis des plombes ? Le mec prend tr&#232;s cher&#8239;&#8211;&#8239;et c'est bien le moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais apr&#232;s qu'on aura d&#251;ment rappel&#233; que ses devanciers de l'Allemagne (et de la France) de jadis et de l'Alabama de nagu&#232;re ont, avant lui, interdit leurs estaminets aux Juifs et aux Noirs : on rem&#233;morera &#233;galement, par un &#233;l&#233;mentaire souci de pr&#233;cision documentaire, qu'en leurs temps ces atrocit&#233;s ne sont &#8211;&#8239;certes &#8211;&#8239;pas n&#233;es de rien. Mais que, tout au rebours &#8211; : elles venaient apr&#232;s que des populations enti&#232;res avaient &#233;t&#233; jour apr&#232;s jour conditionn&#233;es, par des chefferies politiques (liste non exhaustive) et pendant plus d'ans que nous n'en pourrions compter ici, &#224; ces haines racistes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis on pointera&#8239;&#8211;&#8239;sans &#233;couter, il va de soi, les pitres qui g&#233;miront qu'on-peut-quand-m&#234;me-pas-comparer&#8239;&#8211;&#8239;que justement : notre existence est, ici et maintenant, quotidiennement ponctu&#233;e par des prof&#233;rations islamophobes. Qui, depuis de longues ann&#233;es, ne sont plus seulement dites dans l'espace public, comme Manuel Valls vient encore d'essayer de nous le faire accroire, par &#171; &lt;i&gt;la droite et l'extr&#234;me droite&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Dans une stup&#233;fiante tribune, publi&#233;e sur Facebook, o&#249; il appelle, apr&#232;s que (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;, mais (presque) tout autant par des repr&#233;sentant(e)s de la &#171; gauche &#187; d&#233;complex&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ainsi, et par exemple, ledit Manuel Valls, Premier ministre &#171; socialiste &#187;, creusant toujours plus loin son sillon (ou peut-&#234;tre faut-il parler d'orni&#232;re) identitaire, vient, en quelques semaines &#224; peine, premi&#232;rement : de &#171; &lt;i&gt;mettre en garde&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Le Journal du dimanche.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; l'islam de France, pour mieux le sommer de faire la preuve qu'il est &#171; &lt;i&gt;compatible&lt;/i&gt; &#187; avec la R&#233;publique. Deuxi&#232;mement : d'exhorter, apr&#232;s l'in&#233;narrable Chev&#232;nement, les musulman(e)s &#224; la &#171; &lt;i&gt;discr&#233;tion&lt;/i&gt; &#187;. Troisi&#232;mement : d'apporter son &#171; &lt;i&gt;soutien&lt;/i&gt; &#187; aux maires (de droite et d'extr&#234;me droite) qui venaient de prendre des arr&#234;t&#233;s interdisant le port du burkini. Quatri&#232;mement : de r&#233;p&#233;ter que le port du voile &#233;tait &#171; &lt;i&gt;une revendication politique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais s&#233;rieusement : qui peut, apr&#232;s cela, s'&#233;tonner que certain(e)s, baign&#233;(e)s vingt-quatre heures sur vingt-quatre dans cette logorrh&#233;e, se sentent d&#233;sormais autoris&#233;(e)s &#224; se faire un &#233;tendard de leur x&#233;nophobie ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Dans une stup&#233;fiante tribune, publi&#233;e sur Facebook, o&#249; il appelle, apr&#232;s que le Conseil d'&#201;tat a jug&#233; que son interdiction &#233;tait &#171; ill&#233;gale &#187;, &#224; poursuivre &#171; le d&#233;bat &#187; sur le burkini&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon &lt;i&gt;Le Journal du dimanche&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Priv&#233;s de langue</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Prives-de-langue</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Prives-de-langue</guid>
		<dc:date>2017-07-31T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathilde Bl&#233;zat</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>signes</dc:subject>
		<dc:subject>langue</dc:subject>
		<dc:subject>langues</dc:subject>
		<dc:subject>Sourds</dc:subject>
		<dc:subject>Sourdes</dc:subject>
		<dc:subject>enfants Sourds</dc:subject>
		<dc:subject>chapelet d'eccl&#233;siastiques</dc:subject>
		<dc:subject>directeurs d'&#233;tablissements</dc:subject>
		<dc:subject>Sourd</dc:subject>
		<dc:subject>Viva</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis la fin du XIXe si&#232;cle, les personnes Sourdes ont &#233;t&#233; successivement priv&#233;es du droit puis de la possibilit&#233; d'apprendre (dans) leur langue, la langue des signes. Entrav&#233;es, elles n'ont cess&#233; de lutter pour s'exprimer et la faire vivre. &#171; Viva la parola ! &#187; Une mise &#224; mort qui tient dans un cri, lanc&#233; en septembre 1880 par un chapelet d'eccl&#233;siastiques, d'instituteurs et de directeurs d'&#233;tablissements en cl&#244;ture du Congr&#232;s de Milan. Cri aussit&#244;t transcrit en loi par la r&#233;publique (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no145-juillet-aout-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;145 (juillet-ao&#251;t 2016)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/signes" rel="tag"&gt;signes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/langue" rel="tag"&gt;langue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/langues" rel="tag"&gt;langues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sourds" rel="tag"&gt;Sourds&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sourdes" rel="tag"&gt;Sourdes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/enfants-Sourds" rel="tag"&gt;enfants Sourds&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/chapelet-d-ecclesiastiques" rel="tag"&gt;chapelet d'eccl&#233;siastiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/directeurs-d-etablissements" rel="tag"&gt;directeurs d'&#233;tablissements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sourd" rel="tag"&gt;Sourd&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Viva" rel="tag"&gt;Viva&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis la fin du XIXe si&#232;cle, les personnes Sourdes&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le choix de la majuscule au mot Sourd pour cet article s'inscrit dans la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ont &#233;t&#233; successivement priv&#233;es du droit puis de la possibilit&#233; d'apprendre (dans) leur langue, la langue des signes. Entrav&#233;es, elles n'ont cess&#233; de lutter pour s'exprimer et la faire vivre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Viva la parola !&lt;/i&gt; &#187; Une mise &#224; mort qui tient dans un cri, lanc&#233; en septembre 1880 par un chapelet d'eccl&#233;siastiques, d'instituteurs et de directeurs d'&#233;tablissements en cl&#244;ture du Congr&#232;s de Milan. Cri aussit&#244;t transcrit en loi par la r&#233;publique jules-ferriste : la langue des signes est interdite dans les &#233;coles pour personnes Sourdes en France avant la fin de l'ann&#233;e. Cette sentence n'est que le funeste aboutissement de la pathologisation progressive des Sourds au cours du XIX e si&#232;cle, alors que les m&#233;decins gagnent en influence dans une III e R&#233;publique qui sacralise l'id&#233;e de progr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour un dossier d&#233;taill&#233; sur la m&#233;dicalisation des Sourds et leurs (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. La langue des signes venait pourtant de vivre un si&#232;cle d'or &#8211; et de duels. &#192; la suite de l'Abb&#233; de l'&#201;p&#233;e, qui ouvre en 1755 le premier institut du monde &#224; enseigner dans cette langue, des dizaines d'&#233;coles sont cr&#233;&#233;es par une communaut&#233; intellectuelle, artistique et scientifique Sourde tr&#232;s dynamique. S'institutionnalisant, elle devient langue de transmission de savoirs. En face, se tiennent les disciples d'une vision de la surdit&#233; comme d&#233;ficience, comme maladie &#224; &#171; soigner &#187; par la p&#233;dagogie oraliste &#8211; en attendant d'avoir mis au point un rem&#232;de miracle. Pour eux, la langue des signes n'est gu&#232;re plus qu'un vulgaire amas de mimiques empreintes d'animalit&#233; et forg&#233;es par la n&#233;cessit&#233; humaine d'une communication primaire. Au tournant du si&#232;cle, leur paradigme s'impose.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mains indociles et linguistique dissidente&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1886 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH596/-182-8f41c.jpg?1768651510' width='400' height='596' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Seule langue qui permette r&#233;ellement aux personnes Sourdes&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il est question ici des Sourds profonds de naissance ou pr&#233;linguaux.&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; de s'exprimer, de se d&#233;velopper cognitivement et de communiquer, elle entre alors en r&#233;sistance. Dans les internats notamment. Regroup&#233;s entre eux, les &#233;l&#232;ves Sourds, priv&#233;s de langue et contraints d'apprendre &#224; oraliser avec d'aust&#232;res orthophonistes des sons qu'ils n'entendent pas, bravent les punitions et la pratiquent clandestinement. En classe, d&#232;s que le professeur a les yeux plant&#233;s dans le tableau noir. Ou encore au r&#233;fectoire, dans les dortoirs et les couloirs, remisant fissa leurs mains sit&#244;t que le parquet vibre sous les pas autoritaires du dirlo. Interdite, la langue des signes vit, se d&#233;ploie, se d&#233;(sen)cha&#238;ne. Se rabougrit aussi parfois, quand la r&#233;pression est trop dure. Face &#224; l'oralisme rigoriste, les signes sont un maquis dans lequel la culture Sourde continue de s'affirmer en attendant des jours meilleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra attendre plus d'un si&#232;cle, 1991 plus pr&#233;cis&#233;ment, avant que l'&#233;ducation en langue des signes soit autoris&#233;e dans la loi, suite aux luttes men&#233;es par les personnes Sourdes. En effet, les ann&#233;es 1970 ont connu un fort renouveau culturel et militant &#8211; le R&#233;veil Sourd. L'un des combats phares porte sur la reconnaissance de la langue des signes comme v&#233;ritable langue. Au XIXe, des linguistes avaient amorc&#233; ce travail, mais la linguistique structurale h&#233;riti&#232;re de Ferdinand de Saussure avait maintenue &#224; la porte du club des langues l&#233;gitimes cet idiome d&#233;j&#224; banni par l'&#201;tat. Le v&#233;ritable pionnier en la mati&#232;re est le linguiste entendant &#233;tats-unien William Stokoe. C'est en observant ses &#233;tudiants Sourds communiquer, comme l'Abb&#233; de l'&#201;p&#233;e en son temps, qu'il a le d&#233;clic. Dans les ann&#233;es 1960, il s'attelle alors &#224; prouver le caract&#232;re linguistique de l'American Sign Language&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Langue des signes am&#233;ricaine.&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; en la faisant entrer dans les crit&#232;res d'analyse d'une linguistique structurale qui ne reconna&#238;t que des langues vocales et lin&#233;aires&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Une langue est lin&#233;aire quand elle se construit par une suite de mots (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; et s'attire ainsi les foudres des puristes. Son travail r&#233;volutionne litt&#233;ralement la discipline. Il d&#233;cortique minutieusement les signes en trois &#171; param&#232;tres &#187; ou &#171; ch&#233;r&#232;mes &#187;, &#224; la fa&#231;on du d&#233;coupage en phon&#232;mes des langues vocales : la configuration de la main (forme), son emplacement et son mouvement. Deux autres param&#232;tres, l'orientation de la paume et l'expression faciale, seront ajout&#233;s par la suite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux &#201;tats-Unis, o&#249; la langue des signes n'a jamais &#233;t&#233; mise au ban, sa reconnaissance en tant que langue fait son chemin. En France, en revanche, la pilule est dure &#224; avaler dans la profession. C'est donc aux c&#244;t&#233;s des militants Sourds des ann&#233;es 1970&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et d'un Sourd &#233;tats-unien, Alfredo Corrado, qui, effar&#233; des d&#233;sastres de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, que la r&#233;volution linguistique se fera. V&#233;ritable outil de lutte, elle ne s'en tient pas &#224; une marotte de linguistes en mal d'idiome &#224; diss&#233;quer. Christian Cuxac, linguiste entendant qui lui aussi se passionne pour la question suite &#224; l'observation de ses &#233;l&#232;ves Sourds, est de ceux qui vont sensiblement enrichir l'analyse. S'appuyant sur les corpus du grand po&#232;te et militant Sourd Guy Bouchauveau qu'il a longuement film&#233;, il distingue un autre type de structure syntaxique, sp&#233;cifique celui-ci aux langues sign&#233;es : les structures de grande iconicit&#233;. Ayant une vis&#233;e illustrative, celles-ci se combinent aux signes pour constituer la langue des signes. Les personnes Sourdes effectuent un va-et-vient constant entre ces deux types de structures, qu'on peut r&#233;sumer en &#171; dire en disant &#187; et &#171; dire en faisant &#187; : par exemple, on peut faire le signe de &#171; voiture &#187;, celui de &#171; conduire &#187; puis, de fa&#231;on tr&#232;s iconique, on peut prendre le r&#244;le d'un pi&#233;ton et signer sa peur &#8211; une palette tr&#232;s fine des manifestations de celle-ci &#8211; face &#224; cette voiture lanc&#233;e &#224; pleine vitesse en sa direction. La grande iconicit&#233; est par ailleurs ce qui rend relativement ais&#233;s les &#233;changes langagiers entre les Sourds du monde entier, m&#234;me si, d'une langue des signes &#224; l'autre, les signes peuvent &#234;tre tr&#232;s diff&#233;rents.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ligoter l'alt&#233;rit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans les ann&#233;es 1980, cent ans apr&#232;s avoir &#233;t&#233; bannie de l'enseignement, la langue des signes y revient en douce. Dans six villes de France, des &#233;ducateurs Sourds et des parents d'enfants Sourds, militants chevronn&#233;s, montent des classes bilingues autog&#233;r&#233;es. Toutes les mati&#232;res y sont enseign&#233;es en langue des signes fran&#231;aise (LSF) et le fran&#231;ais &#233;crit y est appris comme une langue &#233;trang&#232;re. &#192; mesure que les gamins grandissent, ils ouvrent des niveaux de la maternelle au lyc&#233;e. Avec la loi de 1991, le principe de l'&#233;ducation en langue des signes gagne une existence l&#233;gale mais la LSF n'est officiellement reconnue comme langue qu'en 2005, alors que le cursus bilingue entre dans le giron de l'&#201;ducation nationale. Autant de bonnes intentions qui ne sont pas suivies en moyens : aujourd'hui, quatorze villes accueillent au moins une classe bilingue, uniquement en primaire pour la plupart, et seules trois villes proposent un cursus de la maternelle au lyc&#233;e. Ces classes sont par ailleurs r&#233;guli&#232;rement menac&#233;es de fermeture. Pour la quasi-totalit&#233; des enfants Sourds, la scolarit&#233; s'effectue soit en &#171; int&#233;gration en milieu ordinaire &#187;, qui consiste &#224; les parachuter un &#224; un dans des classes de &#171; normo-entendants &#187; sans l'ombre d'un compagnon Sourd, soit en institut m&#233;dico-&#233;ducatif pour &#171; jeunes d&#233;ficients auditifs &#187;. Des termes comme la langue m&#233;dicale en raffole et qui portent en eux toute la violence v&#233;cue par les personnes Sourdes : la r&#233;duction d'une diff&#233;rence &#224; un handicap. Dans les deux cas, l'accent est mis sur l'apprentissage de l'oralisation du fran&#231;ais et de la lecture sur les l&#232;vres, au moyen d'inlassables heures de &#171; r&#233;&#233;ducation &#187; orthophonique &#8211; aux d&#233;pens de l'insouciance, des d&#233;couvertes et du jeu, essentiels &#224; la vie d'un enfant. Dans le premier, perle de l'int&#233;gration &#224; la fran&#231;aise, la volont&#233; est d'&#171; &lt;i&gt;assimiler l'autre jusqu'&#224; gommer en lui toute alt&#233;rit&#233;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Meynard, Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds, &#201;ditions &#201;r&#232;s, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &#187;. Dispers&#233;s, les enfants Sourds ne peuvent plus faire vivre leur langue, n'ont plus de contact avec elle. Dans le deuxi&#232;me, la r&#232;gle est plus floue : certains &#233;tablissements sont purement oralistes, d'autres distillent des touches &#233;parses de fran&#231;ais sign&#233; et de rudiments de LSF, au gr&#233; des convictions des professeurs. D'une proscription p&#233;remptoire, on est pass&#233; &#224; un interdit masqu&#233; bien plus pernicieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;sultat : aujourd'hui, 80 % de Sourds seraient illettr&#233;s et 30 % au ch&#244;mage, ceux qui travaillent ayant g&#233;n&#233;ralement des emplois peu stables et mal r&#233;mun&#233;r&#233;s. Le probl&#232;me commence d&#232;s la prime enfance. Aucun espace pour se rencontrer, esquisser des &#233;changes langagiers et ainsi se construire cognitivement, intellectuellement et socialement n'est &#224; leur disposition dans le monde entendant, alors que c'est ainsi qu'ils entreront dans la langue, pour ensuite &#234;tre en mesure d'apprendre le fran&#231;ais, les maths ou la g&#233;ographie. 90 % des enfants Sourds naissent de parents entendants, et une fois le diagnostic de la surdit&#233; pos&#233;, m&#233;decins, orthophonistes et professionnels de la p&#233;dagogie leur mart&#232;lent qu'ils doivent s'emp&#234;cher de toute gestualit&#233; dans la communication avec leur enfant, sinon celui-ci sera &#224; tout jamais perdu pour l'apprentissage oral du fran&#231;ais, comp&#233;tence &#233;rig&#233;e en condition &lt;i&gt;sine qua non&lt;/i&gt; &#224; l'acc&#232;s &#224; d'autres savoirs et &#224; une vie &#171; normale &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nombreux sont alors ceux qui, d&#233;sempar&#233;s, cessent les &#233;changes gestuels et visuels qui s'&#233;tablissent spontan&#233;ment avec un nourrisson, et ne communiquent pour ainsi dire plus avec elle ou lui. Or, &#171; &lt;i&gt;ce qui fait vivre un humain est de pouvoir habiter la langue qui l'attire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Andr&#233; Meynard, Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds, &#201;ditions &#201;r&#232;s, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &#187;, et les personnes Sourdes ne per&#231;oivent pas l'int&#233;r&#234;t du langage oral et du monde sonore &#8211; leur imaginaire s'abreuve dans d'autres canaux, visuels.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le choix de la majuscule au mot Sourd pour cet article s'inscrit dans la d&#233;marche militante, initi&#233;e par le linguiste Sourd am&#233;ricain James Woodward dans les ann&#233;es 1970, de distinguer le point de vue m&#233;dical de l'identit&#233; culturelle.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour un dossier d&#233;taill&#233; sur la m&#233;dicalisation des Sourds et leurs r&#233;sistances, se r&#233;f&#233;rer &#224; la revue &lt;i&gt;Z&lt;/i&gt; n&#176;9 (2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il est question ici des Sourds profonds de naissance ou pr&#233;linguaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Langue des signes am&#233;ricaine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Une langue est lin&#233;aire quand elle se construit par une suite de mots dispos&#233;s les uns apr&#232;s les autres, alors qu'en langue des signes, plusieurs choses peuvent &#234;tre dites simultan&#233;ment.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et d'un Sourd &#233;tats-unien, Alfredo Corrado, qui, effar&#233; des d&#233;sastres de l'interdiction sur l'expression des personnes Sourdes, vient cr&#233;er l'International Visual Theater &#224; Vincennes. Ce th&#233;&#226;tre deviendra l'un des piliers de la culture Sourde en France.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Andr&#233; Meynard, &lt;i&gt;Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds&lt;/i&gt;, &#201;ditions &#201;r&#232;s, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Andr&#233; Meynard, &lt;i&gt;Soigner la surdit&#233; et faire taire les Sourds&lt;/i&gt;, &#201;ditions &#201;r&#232;s, 2010.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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