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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Femmes et handicap : si l'amour n'a pas de prix, le couple a un co&#251;t</title>
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		<dc:date>2022-01-06T21:59:49Z</dc:date>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Rizzo Boring</dc:subject>
		<dc:subject>Rizzo Boring</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre dernier &#224; l'Assembl&#233;e, la majorit&#233; et le gouvernement ont refus&#233; de r&#233;viser le mode de calcul de l'allocation aux adultes handicap&#233;s. Un affront fait &#224; celles et ceux qui la per&#231;oivent et demandent sans rel&#226;che que son montant ne soit plus conditionn&#233; par les revenus du conjoint. Parce qu'elles sont particuli&#232;rement touch&#233;es par les violences et le ch&#244;mage, les femmes handicap&#233;es sont les premi&#232;res victimes de la conjugalisation de cette allocation. &#171; La lutte contre les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no205-janvier-2022" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;205 (janvier 2022)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rizzo-Boring" rel="tag"&gt;Rizzo Boring&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rizzo-Boring-17851" rel="tag"&gt;Rizzo Boring&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes-handicapees" rel="tag"&gt;femmes handicap&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/handicapees" rel="tag"&gt;handicap&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sophie-Cluzel" rel="tag"&gt;Sophie Cluzel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-AAH" rel="tag"&gt;l'AAH&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/proclamait-Sophie" rel="tag"&gt;proclamait Sophie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/secretaire-d-Etat" rel="tag"&gt;secr&#233;taire d'&#201;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-Etat-chargee" rel="tag"&gt;d'&#201;tat charg&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Le 2 d&#233;cembre dernier &#224; l'Assembl&#233;e, la majorit&#233; et le gouvernement ont refus&#233; de r&#233;viser le mode de calcul de l'allocation aux adultes handicap&#233;s. Un affront fait &#224; celles et ceux qui la per&#231;oivent et demandent sans rel&#226;che que son montant ne soit plus conditionn&#233; par les revenus du conjoint. Parce qu'elles sont particuli&#232;rement touch&#233;es par les violences et le ch&#244;mage, les femmes handicap&#233;es sont les premi&#232;res victimes de la conjugalisation de cette allocation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4247 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/1200aah_resultat.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH580/1200aah_resultat-c8563.jpg?1768731988' width='500' height='580' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Illustration de Rizzo Boring
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La lutte contre les violences sexuelles faites aux femmes handicap&#233;es, &#231;a fait l'objet de toutes nos attentions&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; proclamait Sophie Cluzel, secr&#233;taire d'&#201;tat charg&#233;e des personnes handicap&#233;es, le 3 d&#233;cembre dernier sur Twitter. Une d&#233;claration qui aura fait crisser dans les rangs des premi&#232;res concern&#233;es. Et l'une d'elles de r&#233;torquer vertement, soulevant l'hypocrisie d'une telle d&#233;claration au regard de l'actualit&#233; l&#233;gislative : &#171; &lt;i&gt;Du coup, comment on fait pour sortir d'une relation abusive si on habite sous le m&#234;me toit que l'agresseur et qu'on n'est pas autonome financi&#232;rement&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que Sophie Cluzel a le sens du timing. La veille, alors que l'Assembl&#233;e examinait en troisi&#232;me lecture une &#171; proposition de loi portant diverses mesures de justice sociale &#187;, la majorit&#233; l'amputait de la plus signifiante : la d&#233;conjugalisation de l'allocation aux adultes handicap&#233;s (AAH), revendiqu&#233;e par les collectifs de d&#233;fense des droits des personnes handicap&#233;es. Pour eux, les revenus du conjoint ne devraient plus &#234;tre pris en compte dans le calcul de cette allocation. Malgr&#233; une coalition des oppositions de gauche et de droite, l'AAH &#8211; cens&#233;e compenser une incapacit&#233; de travail totale ou partielle et plafonn&#233;e &#224; 903 &#8364; par mois &#8211; restera d&#233;gressive &#224; partir du moment o&#249; le partenaire gagne 1 020 &#8364; mensuels ou plus. De la m&#234;me mani&#232;re, demain comme hier, l'allocation ne sera plus vers&#233;e si les revenus du couple d&#233;passent 19 607 &#8364; par an. En clair : dans bien des cas, &#224; partir du moment o&#249; une personne handicap&#233;e vit en couple, il revient &#224; son partenaire de la prendre en charge financi&#232;rement. Une situation de &#171; &lt;i&gt;d&#233;pendance organis&#233;e&lt;/i&gt; &#187; que d&#233;nonce C&#233;cile Morin, porte-parole du CLHEE, le Collectif lutte et handicaps pour l'&#233;galit&#233; et l'&#233;mancipation : &#171; &lt;i&gt;La conjugalisation de l'AAH infantilise les personnes handicap&#233;es en leur refusant dans les faits le droit de choisir avec qui elles veulent vivre. Certaines ne peuvent pas habiter avec leur conjoint, car elles perdraient leur AAH. &#192; l'inverse, d'autres ne peuvent pas le quitter, car elles n'ont pas de revenus propres.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bien s&#251;r, apr&#232;s une s&#233;paration, les droits &#224; l'AAH sont recalcul&#233;s. Mais c'est tout sauf une sin&#233;cure : &#171; &lt;i&gt;R&#233;cup&#233;rer cette allocation est extr&#234;mement laborieux,&lt;/i&gt; assure Harriet de G., du collectif handi-f&#233;ministe Les D&#233;valideuses. &lt;i&gt;On peut se retrouver sans aucune ressource pendant des mois. Et la d&#233;brouille, dormir sur les canap&#233;s de proches ou vivre un temps en squat, n'est souvent pas une option pour les personnes handicap&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la d&#233;pendance financi&#232;re s'ajoute alors parfois la difficult&#233; &#224; trouver un nouveau logement adapt&#233; : en 2018, la loi Elan &#233;tait vot&#233;e, actant la diminution du quota obligatoire de logements neufs accessibles qui passait de 100 % &#224; 20 %.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi les freins &#224; la s&#233;paration, le fait que le conjoint fasse souvent office d'aidant figure aussi en bonne place. Certaines personnes qui souhaiteraient d&#233;cohabiter n'ont ainsi pas d'autres choix que de continuer &#224; vivre sous le m&#234;me toit qu'un partenaire avec qui les rapports sont tendus. Des situations qui peuvent faire le lit de violences... quand ces derni&#232;res ne sont pas la raison m&#234;me qui pousse &#224; vouloir partir.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un large spectre de violences conjugales&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les femmes handicap&#233;es se trouvant &#224; l'intersection des violences validistes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Syst&#232;me de valeurs discriminant qui &#233;rige la personne valide en norme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; et sexistes, elles subissent la double peine. En 2014, une enqu&#234;te de l'Agence des droits fondamentaux de l'Union europ&#233;enne estimait que &#171; &lt;i&gt;parmi les femmes de plus de 15 ans se disant &#8220;handicap&#233;es&#8221;, d&#233;clarant &#8220;un probl&#232;me de sant&#233;&#8221; ou &#8220;une limitation au quotidien de leurs activit&#233;s&#8221;, 34 % avaient subi des violences physiques ou sexuelles de la part d'un partenaire&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Il avait senti le filon, la fragilit&#233; physique et psychologique &#187;, Slate (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187; contre 22 % toutes femmes confondues&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Violence &#224; l'&#233;gard des femmes : une enqu&#234;te &#224; l'&#233;chelle de l'UE &#187;, men&#233;e (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le spectre de ces violences est large : &#171; &lt;i&gt;Le conjoint peut par exemple entraver la mobilit&#233; de la personne&lt;/i&gt;, explique Harriet de G. &lt;i&gt;Si elle est en fauteuil,&lt;/i&gt; &lt;i&gt;il suffit de lui en emp&#234;cher l'acc&#232;s. &lt;/i&gt;Elle poursuit :&lt;i&gt; Il est aussi tr&#232;s facile de d&#233;nigrer une personne consid&#233;r&#233;e comme une charge financi&#232;re. La violence peut alors se manifester par une infantilisation constante ou par le non-respect du consentement de la personne, facilit&#233; par le fait que certaines femmes ne peuvent pas verbaliser ou n'ont pas les moyens physiques ou psychiques d'exprimer un refus ferme.&lt;/i&gt; &#187; Des maltraitances d'autant plus compliqu&#233;es &#224; d&#233;noncer quand &#171; &lt;i&gt;on a besoin de l'autre pour se laver, se d&#233;placer, manger&lt;/i&gt; &#187;, affine la militante. Avant d'ajouter que la conjugalisation de l'AAH facilite aussi dans certains cas la mise en place d'un &#171; &lt;i&gt;contr&#244;le sur les finances&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les D&#233;valideuses et le CLHEE ne sont pas les seuls &#224; estimer que le mode de calcul actuel de l'allocation aux adultes handicap&#233;s joue un r&#244;le dans cet enchev&#234;trement de violences. En septembre dernier, l'ONU, via le comit&#233; des droits des personnes handicap&#233;es, pointait du doigt dans un rapport&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Un court r&#233;sum&#233; en fran&#231;ais est disponible sur le site defenseurdesdroits.fr (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &#171; &lt;i&gt;les effets n&#233;gatifs du calcul de l'allocation adultes handicap&#233;s [qui entrave] l'autonomie des femmes handicap&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. Il recommandait &#224; cette occasion &#224; la France de &#171; &lt;i&gt;r&#233;former la r&#233;glementation de [l'AAH] afin de s&#233;parer les revenus des personnes handicap&#233;es de ceux de leurs conjoints, et prendre des mesures pour assurer et promouvoir l'autonomie et l'ind&#233;pendance des femmes handicap&#233;es vivant en couple&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ind&#233;pendance financi&#232;re : le casse-t&#234;te&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Faisant fi de ces recommandations, la majorit&#233; persiste et signe, arguant que cette mesure risquerait de cr&#233;er un pr&#233;c&#233;dent &#224; la d&#233;conjugalisation d'autres allocations et porterait atteinte au mod&#232;le de solidarit&#233; &#224; la fran&#231;aise, en partie bas&#233; sur la solidarit&#233; familiale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De son c&#244;t&#233;, Harriet de G. soutient l'individualisation du mode de calcul d'autres prestations comme le RSA tout en pr&#233;cisant que &#171; &lt;i&gt;l'AAH vient pour sa part compenser une incapacit&#233; de travail qui n'est pas corrigible avec le temps&lt;/i&gt; &#187;. C&#233;cile Morin souligne aussi que &#171; &lt;i&gt;l'AAH est une allocation qui compense un tas d'obstacles validistes faits &#224; l'entr&#233;e sur le march&#233; du travail. Des obstacles qui sont le r&#233;sultat d'une autre s&#233;rie d'entraves, comme celles faites d&#232;s l'enfance &#224; la scolarisation en milieu ordinaire&lt;/i&gt; &#187;. Pour elle, aucun doute : &#171; &lt;i&gt;Le fait qu'une partie des personnes handicap&#233;es ne puisse vivre que de l'AAH est la cons&#233;quence de politiques validistes fond&#233;es sur la domination et la s&#233;gr&#233;gation des personnes handicap&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et question acc&#232;s &#224; l'emploi, les femmes sont sans grande surprise particuli&#232;rement discrimin&#233;es. C'est en tout cas la conclusion tir&#233;e par le D&#233;fenseur des droits, dans un rapport&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; L'emploi des femmes en situation de handicap &#187;, defenseurdesdroits.fr (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; de 2016 : &#171; &lt;i&gt;Les femmes handicap&#233;es cumulent les risques de discriminations en ce qu'elles sont &#233;galement confront&#233;es &#224; une certaine d&#233;fiance quant &#224; leurs aptitudes professionnelles. M&#233;fiance qui peut se traduire par une remise en question de la n&#233;cessit&#233; m&#234;me de leur insertion professionnelle et engendrer &#224; la fois des discriminations et de l'autocensure. Face &#224; ces difficult&#233;s pour trouver un emploi &#8211; [...] qui risque d'&#234;tre plus souvent pr&#233;caire, &#224; temps partiel et mal r&#233;mun&#233;r&#233; &#8211; les femmes handicap&#233;es n'ont parfois pas v&#233;ritablement d'autre choix que celui de l'inactivit&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Sans compter toutes celles qui ne sont tout simplement pas en mesure de travailler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; une d&#233;pendance aux aidants familiaux qui se double souvent de pr&#233;carit&#233;, la proposition du gouvernement d'instaurer une d&#233;duction fiscale de 5 000 &#8364; sur les revenus du conjoint du b&#233;n&#233;ficiaire de l'AAH est &#224; la hauteur du m&#233;pris exprim&#233; pour les revendications des premi&#232;res concern&#233;es. C&#233;cile Morin va plus loin. Pour elle, il est clair que &#171; &lt;i&gt;les violences essuy&#233;es par les femmes handicap&#233;es sont aussi la cons&#233;quence de ces politiques publiques&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Syst&#232;me de valeurs discriminant qui &#233;rige la personne valide en norme sociale. Une hi&#233;rarchisation d&#233;nonc&#233;e par le CLHEE, Les D&#233;valideuses et d'autres, parmi lesquels le collectif Handi-social.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://www.slate.fr/story/170316/agressions-sexuelles-femmes-handicapees-tabou&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Il avait senti le filon, la fragilit&#233; physique et psychologique &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;Slate&lt;/i&gt; (24/11/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://fra.europa.eu/fr/publication/2014/la-violence-legard-des-femmes-une-enquete-lechelle-de-lue-les-resultats-en-bref&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; Violence &#224; l'&#233;gard des femmes : une enqu&#234;te &#224; l'&#233;chelle de l'UE &#187;&lt;/a&gt;, men&#233;e par l'Agence des droits fondamentaux de l'Union europ&#233;enne (2014).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Un court r&#233;sum&#233; en fran&#231;ais est disponible sur le site &lt;a href=&#034;https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/communique-de-presse/2021/09/cidph-la-defenseure-des-droits-veillera-a-la-mise-en-oeuvre-des&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;defenseurdesdroits.fr&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (21/09/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;https://www.defenseurdesdroits.fr/fr/publications/rapports/rapports-thematiques/l%27emploi-des-femmes-en-situation-de-handicap&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'emploi des femmes en situation de handicap &#187;&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;defenseurdesdroits.fr &lt;/i&gt;(14/11/2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Morts en prison : le long combat des familles</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Morts-en-prison-le-long-combat-des</link>
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		<dc:creator>Beno&#238;t Godin</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Taoufik Belrhitri, 40 ans, est mort le 18 octobre 2020 alors qu'il &#233;tait incarc&#233;r&#233; &#224; Perpignan. Sa disparition s'inscrit dans la longue liste des morts dites &#171; suspectes &#187; en d&#233;tention : des d&#233;c&#232;s dont les causes officielles &#8211; suicides, accidents, arr&#234;ts cardiaques &#8211; sont contest&#233;es par les proches. Pour eux, commence alors un interminable et &#233;prouvant combat dans l'espoir d'obtenir, selon la formule consacr&#233;e, v&#233;rit&#233; et justice. Et de faire appara&#238;tre au grand jour la violence insupportable (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Taoufik Belrhitri, 40 ans, est mort le 18 octobre 2020 alors qu'il &#233;tait incarc&#233;r&#233; &#224; Perpignan. Sa disparition s'inscrit dans la longue liste des morts dites &#171; suspectes &#187; en d&#233;tention : des d&#233;c&#232;s dont les causes officielles &#8211; suicides, accidents, arr&#234;ts cardiaques &#8211; sont contest&#233;es par les proches. Pour eux, commence alors un interminable et &#233;prouvant combat dans l'espoir d'obtenir, selon la formule consacr&#233;e, v&#233;rit&#233; et justice. Et de faire appara&#238;tre au grand jour la violence insupportable de l'institution p&#233;nitentiaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3632 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1773.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH707/-1773-458f3.jpg?1768731301' width='500' height='707' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans un petit appartement aux murs blancs du quartier Mailloles de Perpignan (Pyr&#233;n&#233;es-Orientales), Oukacha Belrhitri sert le th&#233; &#224; la menthe. Houria, son &#233;pouse, fait d&#233;filer sur sa tablette quelques photos et vid&#233;os de famille. Sur l'une d'elles, on voit deux de leurs petits-enfants courant dans cette m&#234;me pi&#232;ce non loin de leur fils a&#238;n&#233; Taoufik, assis sur le balcon. Une sc&#232;ne de vie banale et joyeuse, capt&#233;e il y a quelques mois &#224; peine. &#171; &lt;i&gt;Depuis la mort de mon fils, je ne suis pas bien, &lt;/i&gt;confie-t-elle.&lt;i&gt; Je ne sors presque plus de ma chambre, je ne dors pas malgr&#233; les m&#233;dicaments... Nous sommes tous perturb&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fin octobre 2020, Mohammed, le plus jeune fils d'Houria et Oukacha, croise une connaissance tout juste lib&#233;r&#233;e de la maison d'arr&#234;t de Perpignan. Celle-ci lui apprend que Taoufik, son fr&#232;re a&#238;n&#233; incarc&#233;r&#233; dans le m&#234;me &#233;tablissement, serait probablement d&#233;c&#233;d&#233; durant sa d&#233;tention. Inqui&#232;te, mais incr&#233;dule, la famille appelle imm&#233;diatement l'Administration p&#233;nitentiaire (AP) : celle-ci d&#233;ment, assure que tout va bien. Rappel&#233;e deux jours plus tard, elle maintient et &#233;voque des rumeurs mensong&#232;res &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Contact&#233;e, l'Administration p&#233;nitentiaire n'a pas donn&#233; suite &#224; nos (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Taoufik Belrhitri est en r&#233;alit&#233; mort deux semaines plus t&#244;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faudra finalement attendre 23 jours pour que son entourage soit officiellement averti de sa disparition. Non par l'AP, mais par les services locaux de l'&#233;tat civil : ne sachant que faire du corps, ceux-ci ont contact&#233;, un peu au hasard, l'ex-femme du d&#233;funt. Pour se justifier, l'AP aurait pr&#233;tendu ne pas savoir comment joindre la famille. Comment y croire ? Oukacha montre les bordereaux des mandats qu'il envoyait chaque mois &#224; son fils : son nom et ses coordonn&#233;es y figurent.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Mon fr&#232;re, ce n'est pas un chien ! &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;On annonce aux Belrhitri que Taoufik se serait &#233;touff&#233; avec un morceau de viande et aurait &#233;t&#233; mis sous respirateur plusieurs jours &#224; l'h&#244;pital. &#171; &lt;i&gt;On aurait pu aller le voir, lui dire au revoir, &lt;/i&gt;regrette Houria&lt;i&gt;. Il a cinq fr&#232;res et s&#339;urs, six enfants&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Ils sont cens&#233;s devoir nous appeler avant de le d&#233;brancher.&lt;/i&gt; &#187; La famille demande &#224; voir le corps de Taoufik, on le lui refuse sous pr&#233;texte que celui-ci serait trop ab&#238;m&#233;. L'autorisation lui est finalement accord&#233;e au bout de trois nouvelles semaines : les proches d&#233;couvrent alors un corps maquill&#233;, mais pr&#233;sentant malgr&#233; cela des marques de violences. &#171; &lt;i&gt;Il avait le nez tordu, comme cass&#233;, un coup dans la tempe et l'&#339;il enfonc&#233;, &lt;/i&gt;raconte Mohammed.&lt;i&gt; Ce serait un bout de viande qui lui a fait &#231;a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? On n'y croit pas une seconde. Tout est louche dans cette histoire&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Leur avocat n'envoie pas moins de trois courriers recommand&#233;s, le premier d&#232;s novembre, pour r&#233;clamer le dossier d'enqu&#234;te et une audience au parquet de Perpignan. Sans succ&#232;s. Entre temps, lui comme la famille re&#231;oivent des appels de gendarmes ou de l'institut m&#233;dico-l&#233;gal leur enjoignant de r&#233;cup&#233;rer le corps. &#171; &lt;i&gt;Ils ont voulu faire vite, nous pousser &#224; l'enterrer rapidement pour classer l'affaire,&lt;/i&gt; l&#226;che Mohammed, &lt;i&gt;mais mon fr&#232;re, ce n'est pas un chien&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Bien s&#251;r, on voudrait l'enterrer au plus vite et pouvoir faire notre deuil... mais pas avant une autopsie.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but avril, au moment de cet entretien avec Houria, Oukacha et Mohammed, rien n'avait boug&#233; du c&#244;t&#233; de la justice. Revirement de situation quelques jours plus tard : le procureur finit par recevoir le p&#232;re et l'oncle de Taoufik, accompagn&#233;s de leur avocat. Ce dernier, M&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; Nguyen Phung, acc&#232;de enfin au dossier d'enqu&#234;te. Il est effar&#233; par ce qu'il lit : &#171; &lt;i&gt;Il n'y a rien dedans ! Juste un rapport du surveillant principal, et un examen m&#233;dico-l&#233;gal hallucinant : un m&#233;decin l&#233;giste a simplement vu le corps &#224; la morgue et a dit qu'il ne pr&#233;sentait aucun coup ext&#233;rieur, qu'il n'y avait aucune raison de ne pas retenir l'hypoth&#232;se de la fausse route.&lt;/i&gt; &#187; L'avocat demande dans la foul&#233;e une autopsie qui est accord&#233;e le 12 avril. Soit tout juste le d&#233;marrage d'une enqu&#234;te digne de ce nom, six mois apr&#232;s les faits ! &#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, le corps de Taoufik attend toujours &#224; la morgue.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tenir bon face &#224; la justice&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'histoire de Taoufik Belrhitri n'est pas une exception : elle fait &#233;cho &#224; de nombreuses autres &#171; morts suspectes &#187; en d&#233;tention. Comme celle de Sambaly Diabat&#233;, 32 ans, mort &#233;touff&#233; le 9 ao&#251;t 2016 pendant un transfert vers la prison de Saint-Martin-de-R&#233; (Charente-Maritime). Ou celle d'Idir Mederres, 22 ans, d&#233;c&#233;d&#233; le 9 septembre 2020 au quartier disciplinaire de la prison de Lyon-Corbas (Rh&#244;ne), qui se serait pendu deux semaines avant sa lib&#233;ration. Ou encore celle de Jimony Rousseau, incarc&#233;r&#233; &#224; Meaux-Chauconin (Seine-et-Marne), mort le 2 f&#233;vrier 2021, apr&#232;s un refus de rentrer en cellule&#8230; et une semaine de coma. Il ne s'agit l&#224; que de trois cas parmi les plus r&#233;cents. Trois cas dont nous avons connaissance gr&#226;ce aux mobilisations soutenues des familles.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;&#171; Tout cela ne date pas d'hier et nous n'avons pas affaire &#224; des cas isol&#233;s : la prison est structurellement violente. &#187;&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le revirement, pour l'heure limit&#233;, de la justice dans la gestion du &#171; dossier Belrhitri &#187; ne doit en effet rien au hasard : il a &#233;t&#233; gagn&#233; de haute lutte par les proches de Taoufik. Ceux-ci ont tenu bon face &#224; un appareil judiciaire et p&#233;nitentiaire m&#233;prisant et tout-puissant. Ils ont pris un avocat, puis un second. Alert&#233; les m&#233;dias tant qu'ils ont pu. &#201;crit au ministre de la Justice &#8211; qui n'a pas daign&#233; r&#233;pondre. Recueilli des t&#233;moignages de cod&#233;tenus pour tenter d'&#233;tablir les faits. Mis en place, avec l'aide de militant&#183;es du coin, un comit&#233; de soutien&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le comit&#233; V&#233;rit&#233; et Justice 66.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et organis&#233; un rassemblement devant le tribunal le 13 mars dernier. &#171; &lt;i&gt;On essaie toutes les possibilit&#233;s,&lt;/i&gt; dit Houria. &lt;i&gt;Cela fait du bien de parler, beaucoup de gens nous disent de ne pas laisser tomber.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Pour qu'une mobilisation existe,&lt;/i&gt; explique Pierre, du collectif et journal anticarc&#233;ral &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Collectif anticarc&#233;ral auquel CQFD avait ouvert ses colonnes dans son n&#176;186 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, &lt;i&gt;il faut que soient r&#233;unis au moins trois &#233;l&#233;ments : une parole des seuls qui peuvent t&#233;moigner de ce qui se passe vraiment, soit les gens &#224; l'int&#233;rieur de la prison ; une famille d&#233;termin&#233;e &#224; se battre ; et des soutiens pour qu'elle ne soit pas laiss&#233;e &#224; la merci de l'AP. On retrouve ces trois ingr&#233;dients dans les bagarres pour Taoufik, Idir, Sambaly&#8230; mais c'est h&#233;las tr&#232;s rare.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dans la lign&#233;e des luttes contre les violences polici&#232;res&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il semble pourtant qu'on assiste &#224; une intensification des mobilisations autour de ces morts en d&#233;tention, dans la lign&#233;e des nombreuses luttes contre les violences polici&#232;res &#8211; et plus particuli&#232;rement de ces luttes n&#233;es autour d'affaires concernant des personnes tu&#233;es par les forces de l'ordre. &#171; &lt;i&gt;C'est &#233;videmment li&#233;, &lt;/i&gt;estime Pierre. &lt;i&gt;Beaucoup ont vu des familles qui parviennent &#224; se faire entendre, &#224; faire de leur combat un sujet politique de premier plan, et se disent donc qu'il est possible de faire conna&#238;tre ce qu'ils subissent.&lt;/i&gt; &#187; Et de pr&#233;ciser : &#171; &lt;i&gt;Cela ne concerne pas que des histoires r&#233;centes : certaines familles, plut&#244;t isol&#233;es, coinc&#233;es dans des proc&#233;dures judiciaires parfois depuis des ann&#233;es, r&#233;apparaissent actuellement, acceptent de rendre leur cas public, de rencontrer d'autres mobilisations, ce qui est hyper fort. Cela montre bien que tout cela ne date pas d'hier et que nous n'avons pas affaire &#224; des cas isol&#233;s : la prison est structurellement violente&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les violences carc&#233;rales et l'impunit&#233; qui les entoure, (re)lire &#171; Quand (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pierre nuance toutefois le renouveau apparent de ces mobilisations : &#171; L'Envol&#233;e &lt;i&gt;existe depuis 20 ans et nous avons toujours &#233;t&#233; contact&#233;s par des familles qui se battent pour des proches morts en d&#233;tention, mais elles restaient jusque l&#224; assez isol&#233;es. Parce qu'il y avait peu de collectifs existants, tr&#232;s peu d'&#233;cho m&#233;diatique, pas de r&#233;seaux sociaux encore&#8230; Aujourd'hui, m&#234;me si cela part toujours d'histoires particuli&#232;res, des groupes essaient d'avancer ensemble, des r&#233;seaux se constituent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement contre les violences polici&#232;res ne cr&#233;e pas simplement un effet d'entra&#238;nement salutaire : il incorpore de plus en plus les luttes contre les violences carc&#233;rales. Le 7 f&#233;vrier par exemple, plusieurs collectifs engag&#233;s contre les pratiques brutales des forces de l'ordre (Justice pour Adama, Justice pour Gaye Camara) se sont joints &#224; la marche blanche organis&#233;e pour Jimony Rousseau devant la maison d'arr&#234;t o&#249; il est d&#233;c&#233;d&#233;. Plus marquante encore, la date du 20 mars 2021 : ce jour-l&#224;, des milliers de personnes manifestaient &#224; travers toute la France contre le racisme et les violences polici&#232;res, mais aussi carc&#233;rales et judiciaires. Selon Pierre, &#171; &lt;i&gt;c'est la premi&#232;re fois qu'une marche de ce type inclut &#233;galement dans ses revendications les violences en prison. C'est vraiment d&#251; au travail militant et &#224; l'action de toutes ces familles en lutte. Maintenant, ce n'est qu'un d&#233;but, esp&#233;rons que ce rapprochement va s'intensifier.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Porter la voix des prisonnier.es&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La consolidation d'un front commun contre les violences d'&#201;tat en g&#233;n&#233;ral ne serait pas de trop pour appuyer des familles confront&#233;es &#224; une institution impitoyable : chacune de ces luttes montre en effet les difficult&#233;s infinies rencontr&#233;es d&#232;s lors qu'il s'agit d'obtenir une r&#233;ponse sur le terrain judiciaire. Pierre rappelle que &#171; &lt;i&gt;l'ensemble de la cha&#238;ne p&#233;nale se couvre toujours, &#224; une ou deux exceptions pr&#232;s&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Hasard de l'actualit&#233; et fait exceptionnel, le 20 avril, cinq surveillants (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, car la prison c'est la justice, et inversement. C'est du m&#234;me ordre que dans les affaires polici&#232;res, mais avec encore davantage une culture du secret. Car le travail de la police est malgr&#233; tout expos&#233; &#224; un certain regard social qui n'existe pas en prison&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Ce que peuvent gagner les familles en lutte, ce n'est donc pas tant la reconnaissance judiciaire, mais la possibilit&#233; de ne pas rester seules face &#224; la mort et de faire exister la v&#233;rit&#233; qu'on veut leur voler, ce qui est essentiel.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif Idir Espoir et Solidarit&#233;, cr&#233;&#233; autour du combat pour Idir Mederres, appelle &#171; &lt;i&gt;toutes celles et ceux qui sont indign&#233;&#183;es par les violences p&#233;nitentiaires&lt;/i&gt; &#187; &#224; un rassemblement place Bellecour, &#224; Lyon, le dimanche 30 mai prochain. Avec la volont&#233; affich&#233;e d'instituer un rendez-vous national annuel pour porter la voix des prisonnier&#183;es. Pierre salue la proposition : &#171; &lt;i&gt;Ce collectif travaille &#224; lier les diff&#233;rentes luttes et porte de plus une revendication tr&#232;s importante, &#224; savoir la fermeture des quartiers disciplinaires. Une exigence d&#233;j&#224; d&#233;fendue par beaucoup de mouvements de prisonniers, car les choses les plus graves se passent bien souvent dans ces mitards.&lt;/i&gt; Il souligne : &lt;i&gt;Ce combat n'est pas l&#224; que pour obtenir la v&#233;rit&#233; pour telle ou telle personne, m&#234;me si c'est &#233;videmment capital : c'est aussi un combat men&#233; pour l'ensemble des d&#233;tenu&#183;es, pour qu'il n'y ait pas d'autres Idir, Sambaly ou Jimony demain.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oukacha ne dit pas autre chose lorsqu'il confie : &#171; &lt;i&gt;Je ne pleure pas que mon fils, je pleure tous ceux qui sont morts en prison.&lt;/i&gt; &#187; Il ressert du th&#233; &#224; la menthe. Houria conclut : &#171; &lt;i&gt;On ne veut pas que cela se reproduise avec un autre, un autre, un autre&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Beno&#238;t Godin&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'omerta ou &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;L'Administration p&#233;nitentiaire (AP) n'aime pas que l'on fasse de la publicit&#233; autour des morts en d&#233;tention (elle ne publie d'ailleurs aucun chiffre officiel). Encore moins lorsque ces morts peuvent &#234;tre imputables aux violences de ses propres agents. Elle a annonc&#233; en ce d&#233;but d'ann&#233;e avoir port&#233; plainte pour diffamation et injure publique contre &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;. En cause, le num&#233;ro 52 du journal du collectif &lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'Envol&#233;e (octobre 2020).&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; et son dossier intitul&#233; &#171; Peine de mort en prison &#187;. Celui-ci revient en d&#233;tail sur plusieurs affaires, notamment les d&#233;c&#232;s d'Idir Mederres et Sambaly Diabat&#233;. On peut y lire par exemple le t&#233;moignage d'un d&#233;tenu de la maison d'arr&#234;t de Lyon-Corbas accusant explicitement les surveillants d'avoir tu&#233; le jeune Idir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce n'est pas la premi&#232;re fois que l'AP s'en prend ainsi &#224; ce collectif anticarc&#233;ral particuli&#232;rement actif (et tr&#232;s pr&#233;sent aupr&#232;s des familles), mais leur derni&#232;re offensive judiciaire remontait &#224; 2005. &#192; cette heure, rien d'officiel n'est encore parvenu aux membres de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; ou &#224; leur avocat : difficile donc de savoir s'il s'agissait de simples menaces, ou si le minist&#232;re de la Justice ira jusqu'&#224; un proc&#232;s qui mettrait forc&#233;ment en lumi&#232;re un certain nombre de r&#233;alit&#233;s de la vie en prison qu'il cherche &#224; occulter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'annonce de cette plainte s'est, en revanche, accompagn&#233;e de la censure bien r&#233;elle du num&#233;ro incrimin&#233;, interdit de distribution dans l'ensemble des taules de France. L&#224; encore, ce n'est pas la premi&#232;re fois que &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; voit sa distribution aux d&#233;tenu.es emp&#234;ch&#233;e, mais cette censure &#233;tait jusqu'&#224; pr&#233;sent circonscrite &#224; tel ou tel &#233;tablissement. Cette fois, c'est une mesure g&#233;n&#233;rale in&#233;dite, ce qui a fait r&#233;agir plusieurs organisations de d&#233;fense des droits humains : cinq d'entre elles (comme l'Observatoire international des prisons ou la Ligue des droits de l'Homme), se sont jointes &#224; &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; pour signer une tribune commune : elles y d&#233;noncent &#171; &lt;i&gt;une nouvelle illustration de la chape de plomb que l'Administration p&#233;nitentiaire met sur un ph&#233;nom&#232;ne qui devrait au contraire alerter et inqui&#233;ter.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le num&#233;ro 53 de &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; para&#238;tra ce mois-ci et devrait, en th&#233;orie, pouvoir &#234;tre &#224; nouveau distribu&#233; aux d&#233;tenu.es. Pour passer information et message de solidarit&#233; &#224; l'int&#233;rieur des prisons, reste aussi l'&#233;mission de radio du collectif, diffus&#233;e chaque vendredi &#224; 19 h sur Fr&#233;quence Paris plurielle et reprise par de nombreuses autres stations locales. L'AP n'a pas encore trouv&#233; le moyen de bloquer les ondes FM.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Contact&#233;e, l'Administration p&#233;nitentiaire n'a pas donn&#233; suite &#224; nos sollicitations.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le comit&#233; V&#233;rit&#233; et Justice 66.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Collectif anticarc&#233;ral auquel &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; avait &lt;a href=&#034;https://cqfd-journal.org/Face-au-Covid-19-en-prison&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ouvert ses colonnes&lt;/a&gt; dans son n&#176;186 (avril 2020). Plus d'informations sur leurs activit&#233;s sur lenvolee.net&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les violences carc&#233;rales et l'impunit&#233; qui les entoure, (re)lire &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Quand-les-matons-bastonnent' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Quand les matons bastonnent &lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 177 (juin 2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Hasard de l'actualit&#233; et fait exceptionnel, le 20 avril, cinq surveillants du centre de d&#233;tention de Val-de-Reuil (Eure) ont &#233;t&#233; condamn&#233;s en appel &#224; des peines de prison ferme suite au tabassage d'un d&#233;tenu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt; (octobre 2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Info exclusive : tout le monde d&#233;testerait la police</title>
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		<dc:subject>&#201;dito</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Depuis le tabassage de Michel Zecler, nombre de m&#233;dias mainstream semblent enfin ouvrir les yeux sur les violences polici&#232;res. Mais cette soudaine vague d'interrogations sur l'institution polici&#232;re risque fort de se volatiliser en quelques jours. Jean-Michel Blanquer, tu lui colles une perruque jaune pipi, on dirait Donald Trump. En tout cas, dans le propos, c'est peu ou prou kif-kif. Deux enqu&#234;tes de m&#233;dias mainstream (Mediapart et Lib&#233;ration) ont r&#233;v&#233;l&#233; que gr&#226;ce &#224; de g&#233;n&#233;reux subsides (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no193-decembre-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;193 (d&#233;cembre 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Serge-D-Ignazio" rel="tag"&gt;Serge D'Ignazio&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Donald-Trump" rel="tag"&gt;Donald Trump&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dirait-Donald" rel="tag"&gt;dirait Donald&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/medias-1347" rel="tag"&gt;m&#233;dias&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jaune-pipi" rel="tag"&gt;jaune pipi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis le tabassage de Michel Zecler, nombre de m&#233;dias &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; semblent enfin ouvrir les yeux sur les violences polici&#232;res. Mais cette soudaine vague d'interrogations sur l'institution polici&#232;re risque fort de se volatiliser en quelques jours.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3500 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;57&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1656.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH333/-1656-c8b9e.jpg?1768661479' width='500' height='333' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Manif du 28 novembre 2020 &#224; Paris
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Photo Serge d'Ignazio
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Jean-Michel Blanquer, tu lui colles une perruque jaune pipi, on dirait Donald Trump. En tout cas, dans le propos, c'est peu ou prou kif-kif. Deux enqu&#234;tes de m&#233;dias &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Mediapart&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;) ont r&#233;v&#233;l&#233; que gr&#226;ce &#224; de g&#233;n&#233;reux subsides venus du minist&#232;re de l'&#201;ducation nationale, le syndicat Avenir lyc&#233;en avait b&#233;n&#233;fici&#233; d'un train de vie que r&#233;dacteurs et lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n'ont jamais effleur&#233; m&#234;me dans leurs r&#234;ves. Cr&#233;&#233;e en 2018, la structure est aussi soup&#231;onn&#233;e d'avoir &#233;t&#233; t&#233;l&#233;guid&#233;e par ledit minist&#232;re pour soutenir ses r&#233;formes. Riposte m&#233;diatique de Blanquer, dans le pur style mensonger de l'allum&#233; de la Maison-Blanche : c'est un coup de &#171; &lt;i&gt;l'ultra-gauche&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lib&#233;ration, d'ultra-gauche ? Et nous alors, on est quoi du coup ? De (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui &#171; &lt;i&gt;cr&#233;e de la pol&#233;mique pour rien&lt;/i&gt; &#187;. Chez les politiciens en 2020, dire &lt;i&gt;nawak&lt;/i&gt; &#231;a passe cr&#232;me...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sein des r&#233;dactions par contre, jeter un &#339;il dans le r&#233;tro et fouiller dans ses archives pour &#233;viter de d&#233;couvrir la lune, c'est beaucoup moins tendance. C'est vrai, depuis le tabassage de Michel Zecler &#224; Paris le 21 novembre par trois policiers, nombre de m&#233;dias semblent enfin ouvrir les yeux. Menac&#233;es dans leur sacro-sainte profession par l'article 24 de la loi &#171; S&#233;curit&#233; globale &#187;, les t&#234;tes de gondoles des kiosques et &#233;crans se sont indign&#233;es face aux images de ce d&#233;ferlement de violence gratuite et raciste. Certains ont m&#234;me lointainement titill&#233; la grande r&#233;v&#233;lation : &#171; Quoi ? Il y aurait une &#8220;violence syst&#233;mique&#8221; dans la police, voire un &#8220;racisme structurel&#8221; ? &#187; Truc de dingue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais tout cela semble artificiel, &#233;ph&#233;m&#232;re. Alors que l'urgence ne date pas d'hier &#8211; loin de l&#224;. Et si pour une fois vous consid&#233;riez les choses sur le temps long, vous, les m&#233;dias et politiciens sp&#233;cialistes&lt;i&gt; &#232;s&lt;/i&gt; &#339;ill&#232;res ? Vous vous souvenez qu'en 1983 la Marche pour l'&#233;galit&#233; et contre le racisme, &lt;i&gt;aka&lt;/i&gt; la &#171; Marche des beurs &#187;, est n&#233;e d'un ras-le-bol des violences polici&#232;res qui touchaient sp&#233;cifiquement les jeunes des quartiers populaires ? Et dans les ann&#233;es 1990 et 2000, le travail, entre autres, des militants du Mouvement de l'immigration et des banlieues (MIB) ne d&#233;non&#231;ait-il pas les violences racistes en uniforme ? Et il faut encore vous la publier, la &#8211; longue &#8211; liste des gens d&#233;c&#233;d&#233;s d'avoir fr&#233;quent&#233; de trop pr&#232;s les forces de l'ordre ? On vous la remet, la bibliographie de feu le camarade Maurice Rajsfus &#8211; des dizaines de bouquins documentant et analysant la question depuis des d&#233;cennies ? On vous les rappelle, les mobilisations ayant suivi les innombrables d&#233;c&#232;s de jeunes racis&#233;s en banlieue, qu'il s'agisse de Zyed Benna et Bouna Traor&#233; en 2005 ou d'Adama Traor&#233; en 2016, cette derni&#232;re &lt;i&gt;non-bavure&lt;/i&gt; ayant donn&#233; lieu &#224; la cr&#233;ation du comit&#233; V&#233;rit&#233; pour Adama qui m&#232;ne depuis un travail salutaire sur la question dans l'indiff&#233;rence quasi g&#233;n&#233;rale ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il ne s'agit &#233;videmment pas de regretter que la question perce un chou&#239;a le plafond de verre. Mais plut&#244;t de craindre que cette soudaine vague d'interrogations sur l'institution polici&#232;re se volatilise d'ici quelques jours, &#224; l'image de l'affaire Blanquer, quand l'agenda m&#233;diatique aura chang&#233; et que les r&#233;seaux sociaux turbineront sur un autre sujet &#8211; au choix : la sempiternelle fin des 35 heures, l'accident de snowboard fatal de Jean Castex ou la naissance de petits chiots pr&#233;sidentiels dans le jardin de l'&#201;lys&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une chose est s&#251;re : dans un contexte de glissement liberticide acc&#233;l&#233;r&#233;, d'ailleurs port&#233; par la volont&#233; de museler les potentiels t&#233;moins de violences polici&#232;res, il appara&#238;t &#233;vident que la principale arme en mesure d'enrayer l'enlisement reste celle de toujours : la rue. Les massives manifestations du samedi 28 novembre ont montr&#233; qu'un mouvement semble se construire. &#192; nous de maintenir la pression et de faire monter la mayonnaise d&#233;ter'. Qui s&#232;me la matraque r&#233;colte un s&#233;v&#232;re retour de b&#226;ton dans la gueule. Enfin, il faut esp&#233;rer.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Lib&#233;ration&lt;/i&gt;, d'ultra-gauche ? Et nous alors, on est quoi du coup ? De turbo-gauche ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176;189</title>
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		<dc:subject>polici&#232;res</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En couverture : &#171; La sexualit&#233; est un sport de combat &#187; (illustration : Jean Codo &amp; Zam Zam) Quelques articles seront mis en ligne au cours du mois. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre kiosquier ou de vous abonner... &#192; chaud Covid-19 : la Kanaky toujours malade du colonialisme &#8211; La crise sanitaire a rappel&#233; de mauvais souvenirs aux Kanak, qui avaient &#233;t&#233; quasiment (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;189 (juillet-ao&#251;t 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gwen-Tomahawk" rel="tag"&gt;Gwen Tomahawk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sarah-Fisthole" rel="tag"&gt;Sarah Fisthole&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences-policieres-1346" rel="tag"&gt;violences polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sexualite" rel="tag"&gt;sexualit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Fred-Hampton" rel="tag"&gt;Fred Hampton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Black-Panthers" rel="tag"&gt;Black Panthers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Maurice-Rajsfus" rel="tag"&gt;Maurice Rajsfus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/George-Floyd" rel="tag"&gt;George Floyd&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policieres" rel="tag"&gt;polici&#232;res&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3164-386db.jpg?1768658030' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En couverture : &#171; La sexualit&#233; est un sport de combat &#187; (illustration : Jean Codo &amp; Zam Zam)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no189-juillet-aout-2020' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre kiosquier&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; chaud&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-Kanaky-toujours-malade-du' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Covid-19 : la Kanaky toujours malade du colonialisme&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; La crise sanitaire a rappel&#233; de mauvais souvenirs aux Kanak, qui avaient &#233;t&#233; quasiment d&#233;cim&#233;s &#224; l'arriv&#233;e des colons (et de leurs maladies). Sur fond de n&#233;ocolonisation par la dette, un nouveau r&#233;f&#233;rendum d'autod&#233;termination se tiendra en octobre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Violences polici&#232;res : ce que Maurice Rajsfus fut&lt;/strong&gt; &#8211; Rescap&#233; de la rafle du V&#233;l' d'Hiv', Maurice Rajsfus a document&#233; les abus de la police pendant des d&#233;cennies. Il est d&#233;c&#233;d&#233; le 13 juin, jour d'une immense manifestation parisienne contre les violences polici&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Violences polici&#232;res &amp; racisme aux &#201;tats-Unis (dossier de 6 pages)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Off the pig !&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis le meurtre de George Floyd, la soci&#233;t&#233; &#233;tatsunienne se trouve &#224; un point de bascule historique. Soit elle conforte la pente fasciste du trumpisme, soit elle lui oppose l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal afin d'en finir avec les violences polici&#232;res racistes et l'incarc&#233;ration de masse.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3391 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L472xH400/-1576-985ad.jpg?1768658029' width='472' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Mc McGill
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Incarc&#233;ration de masse : la nouvelle s&#233;gr&#233;gation&lt;/strong&gt; &#8211; De tous les pays du monde, les &#201;tats-Unis sont celui qui emprisonne le plus. Avec pour c&#339;ur de cible les personnes racis&#233;es et pauvres. Apr&#232;s l'esclavage et les lois s&#233;gr&#233;gationnistes, l'incarc&#233;ration de masse est le nouvel avatar des oppressions raciales : telle est l'id&#233;e-force du documentaire &lt;i&gt;13th&lt;/i&gt;. &#192; voir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Apr&#232;s George Floyd, l'id&#233;e d'abolir la police gagne du terrain&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis le meurtre de George Floyd, la police &#233;tatsunienne est sur la sellette. Sous la pression de la rue, municipalit&#233;s et &#201;tats f&#233;d&#233;r&#233;s multiplient les mesures de r&#233;forme. Insuffisant pour une importante partie des manifestants : ne croyant pas &#224; la possibilit&#233; d'une &#171; bonne police &#187;, ils demandent tout simplement son abolition. Professeure assistante en justice criminelle &#224; la California State University, Gwenola Ricordeau milite de longue date pour l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal. Elle livre ici son analyse sur ce moment in&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fred Hampton, l'&#233;toile filante des Black Panthers&lt;/strong&gt; &#8211; Californie, 1966. En r&#233;ponse aux violences polici&#232;res se cr&#233;e le parti des Black Panthers. Deux ans plus tard, un jeune leader charismatique &#233;merge &#224; Chicago : Fred Hampton, vite fauch&#233; dans son sommeil par les balles de la police, le 4 d&#233;cembre 1969, &#224; l'&#226;ge de 21 ans. &#192; travers cet assassinat et un long cort&#232;ge d'autres, le message de l'Am&#233;rique blanche est limpide : &#171; &lt;i&gt;Il faut faire comprendre aux jeunes Noirs mod&#233;r&#233;s que s'ils succombent &#224; l'enseignement r&#233;volutionnaire, ils seront des r&#233;volutionnaires morts&lt;/i&gt; &#187;, disait Edgar Hoover, patron du FBI. R&#233;cit.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3392 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH630/-1577-db856.jpg?1768654535' width='400' height='630' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Gwen Tomahawk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;meute et au-del&#224; : &#171; Intimer une limite au pouvoir &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Kristian Williams est l'auteur de plusieurs ouvrages sur la police aux &#201;tats-Unis, dont &lt;i&gt;Our Enemies in Blue : Police and Power in America&lt;/i&gt; (2004). Il commente ici la situation bouillonnante des villes am&#233;ricaines, l'apport des &#233;meutes au rapport de forces et diff&#233;rentes probl&#233;matiques militantes.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Lib&#233;r&#233;es, d&#233;livr&#233;es, les sexualit&#233;s ? (dossier de 17 pages)&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Introduction&lt;/strong&gt; &#8211; Si elle a pu &#234;tre v&#233;cue comme une rupture anthropologique majeure, la &#171; r&#233;volution sexuelle &#187; se r&#233;veille, cinq d&#233;cennies plus tard, avec la gueule de bois. Car si le sexe est sur toutes les l&#232;vres, la fa&#231;on dont il se vit suinte toujours le diktat : transform&#233; en imp&#233;ratif, le droit &#224; s'envoyer en l'air a perdu en route une partie de sa port&#233;e &#233;mancipatrice...&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3393 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-1578-4a5e9.jpg?1768658030' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;F&#233;minisme &amp; soumission &#8211; Jouir : avec ou sans entraves ?&lt;/strong&gt; &#8211; Peut-on monter au cr&#233;neau contre les violences conjugales et grimper aux rideaux &#224; la moindre fess&#233;e ? D&#233;noncer la culture du viol tout en en faisant un objet de fantasme ? Se dresser contre la domination masculine et &#234;tre excit&#233;e &#224; l'id&#233;e de sentir son corps entrav&#233; ? Bref, peut-on &#234;tre f&#233;ministe et &#171; coucher patriarcal &#187; ? La question reste ouverte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Viril &#233;tait une fois dans l'Ouest &#8211; Trouble dans le slip&lt;/strong&gt; &#8211; La question est complexe, n'annulant en rien de rien des si&#232;cles d'oppression masculine. Mais le mod&#232;le viriliste qui impr&#232;gne nos soci&#233;t&#233;s a aussi des cons&#233;quences n&#233;gatives sur les habitants de la plan&#232;te zob. Et sur leur sexualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Violences sexuelles : penser l'apr&#232;s&lt;/strong&gt; &#8211; Comment continuer &#224; d&#233;sirer, aimer, s'extasier apr&#232;s avoir &#233;t&#233; agress&#233;e ? Si la trace des violences ne s'efface jamais, certaines femmes parviennent &#224; tisser, autour du traumatisme, un nouveau lien avec leur sexualit&#233;. Parmi des milliers d'histoires, toutes diff&#233;rentes, celle de Fanny et celle d'Emma.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Contre le patriarcat : carnets de luttes sexuelles&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis pr&#232;s de cinq ans, Nina Faure et Y&#233;l&#233;na Perret travaillent sur la sexualit&#233; comme enjeu f&#233;ministe. Pour l'actualisation du manuel &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt; et la r&#233;alisation du documentaire &lt;i&gt;Le Plaisir f&#233;minin&lt;/i&gt;, elles ont recueilli des centaines de t&#233;moignages de femmes cisgenres, mais aussi de personnes trans et non binaires. Compilant lectures et enqu&#234;tes, elles ont tent&#233; de tracer une perspective r&#233;volutionnaire pour abolir le patriarcat... dans la sexualit&#233;, pour commencer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;P&#233;n&#233;tration, j'&#233;cris ton nom&lt;/strong&gt; &#8211; Accus&#233;e de perp&#233;tuer une sexualit&#233; avant tout reproductive et essentiellement h&#233;t&#233;rosexuelle, ax&#233;e sur le d&#233;sir, le plaisir et le rythme des hommes, la p&#233;n&#233;tration s'attire actuellement les foudres les plus f&#233;roces...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Histoire : dans les Pyr&#233;n&#233;es, &#171; la libert&#233; sexuelle existait plus qu'ailleurs &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Sp&#233;cialiste des soci&#233;t&#233;s traditionnelles pyr&#233;n&#233;ennes, la chercheuse Isaure Gratacos estime que la femme y a b&#233;n&#233;fici&#233;, pendant des si&#232;cles, d'un &#171; &lt;i&gt;statut exceptionnel en Europe&lt;/i&gt; &#187;. Si une a&#238;n&#233;e &#233;pousait un cadet, c'est ce dernier qui prenait le nom de la &#171; maison &#187; de sa partenaire. Quant au dogme de la virginit&#233; pr&#233;nuptiale, il n'existait pas. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3394 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH529/-1579-bd36c.jpg?1768649993' width='400' height='529' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marion Jdanoff
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Un processus historique inachev&#233; : l'autre r&#233;vo. cul&lt;/strong&gt; &#8211; Rien &#224; voir avec la purge orchestr&#233;e par le Grand Timonier chinois au tournant des ann&#233;es 1960 et 1970 ! La r&#233;volution sexuelle qui a marqu&#233; les pays occidentaux sur deux d&#233;cennies jusqu'au d&#233;but des ann&#233;es 1980 avait pour moteur et pour finalit&#233; l'&#233;mancipation individuelle via la promotion du corps et des plaisirs charnels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sexualit&#233; &amp; maternit&#233; : des jets de lait puissants&lt;/strong&gt; &#8211; Grossesse, accouchement et post-partum modifient tr&#232;s souvent le rapport des femmes &#224; leur sexualit&#233;. Pics ou chutes de libido, plaisir et douleur, fronti&#232;re mouvante entre maternit&#233; et sexualit&#233;... Les questionnements abondent, et les v&#233;cus diff&#232;rent. &#192; travers les paroles de six femmes, plong&#233;e dans une diversit&#233; qui bouscule la figure tut&#233;laire de la m&#232;re &#171; pure &#187; et d&#233;vou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Asexualit&#233; : d&#233;serter le sexe&lt;/strong&gt; &#8211; Le sexe est-il un besoin, au m&#234;me titre que boire, manger, respirer ou dormir&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le psychologue am&#233;ricain Abraham Maslow a th&#233;oris&#233;, dans les ann&#233;es 1940, la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; ? Pourquoi a-t-on si souvent l'impression que notre vie est foutue lorsque l'on n'a plus de sexualit&#233; partag&#233;e pendant un temps ? Dans une soci&#233;t&#233; o&#249; l'injonction &#224; baiser est constante, certaines personnes ne ressentent pas ou plus d'attirance sexuelle pour les autres. T&#233;moignage de l'une d'elles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Sexe &amp; handicap : tous les corps sont d&#233;sirables&lt;/strong&gt; &#8211; Dans une soci&#233;t&#233; qui exclut les corps qu'elle consid&#232;re comme dysfonctionnels, la question de l'assistanat sexuel divise. Entre ceux qui associent ce service &#224; de la prostitution et ceux qui consid&#232;rent qu'il rentre dans le cadre de la compensation du handicap, des voix s'&#233;l&#232;vent et avancent d'autres arguments &#8212; ou affirment que ce d&#233;bat est avant tout un &#233;cran de fum&#233;e. Tour d'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Lettre &#224; mes amis p&#233;d&#233;s cisgenres &lt;/strong&gt; &#8211; Mario est un homme trans, assign&#233; au genre f&#233;minin &#224; sa naissance. Sa sexualit&#233; de mec qui aime les hommes est marqu&#233;e par un corps diff&#233;rent. Dans cette lettre qui parle d'amour, de solitude et de violences, Mario aborde son rapport au cruising, l'art de la drague entre hommes dans les lieux publics. Un r&#233;cit intime des bouleversements qui le traversent et de ses questions rest&#233;es pour l'instant sans r&#233;ponse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une sous-culture gay, les &#171; ours &#187; &#8211; &#171; Il n'existe pas de &#8220;vrai homme&#8221; &#187; &lt;/strong&gt; &#8211; N&#233;e dans les ann&#233;es 1980 au sein de la communaut&#233; gay californienne, la sous-culture bear (ours) sublime les corps gros et poilus. En jouant avec les codes de la masculinit&#233; traditionnelle, les bears d&#233;boulonnent le mythe de la soi- disant &#171; nature masculine &#187;, qui se veut h&#233;t&#233;rosexuelle et virile. Entretien avec le sociologue Javier S&#225;ez del &#193;lamo, activiste gay espagnol... et bear.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Prostitution : derri&#232;re la porte du club&lt;/strong&gt; &#8211; Il y a quelques ann&#233;es, Zora a fait l'exp&#233;rience de la prostitution dans un club de Gen&#232;ve. De ce v&#233;cu de plusieurs semaines, elle a tir&#233; un long r&#233;cit o&#249; elle raconte le lieu, les relations sexuelles tarif&#233;es et le rapport aux clients. Elle a confi&#233; ses &#233;crits &#224; Violette Chaude, qui en a r&#233;dig&#233; un r&#233;sum&#233; respectant les faits. Seuls les noms ont &#233;t&#233; chang&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Depuis le nord, Sud Radio &#233;met &#224; l'extr&#234;me droite&lt;/strong&gt; &#8211; Cons&#233;quence de son rachat par la soci&#233;t&#233; Fiducial, mastodonte de l'expertise comptable, &#171; la radio du Sud &#187; est d&#233;sormais enti&#232;rement r&#233;alis&#233;e &#224; Paris. Sans le moindre accent m&#233;ridional mais avec la pr&#233;tention de &#171; parler vrai &#187;, ses dirigeants ont ouvert les micros en grand &#224; la &#171; pol&#233;mique &#187;. Entendez : &#224; la banalisation des id&#233;es d'extr&#234;me droite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les clich&#233;s ont la peau dure&lt;/strong&gt; &#8211; Vous avez pu les croiser de-ci de-l&#224; dans les colonnes de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, tant ces chasseurs d'images sont des habitu&#233;s des luttes sociales, qu'ils photographient avec une approche militante revendiqu&#233;e. Et c'est donc avec grand plaisir que l'on parle ici du travail de Serge d'Ignazio, Tomagnetik et Pabloc. D'autant que l'occasion est excellente, puisqu'on peut d&#233;couvrir leur sensibilit&#233; via trois livres bien p&#234;chus tout juste sortis chez Niet ! &#233;ditions : &lt;i&gt;Gilets jaunes &#224; Paris&lt;/i&gt; ; &lt;i&gt;La Bataille de la Plaine&lt;/i&gt; et &lt;i&gt;Col&#232;re jaune (ronds-points en Is&#232;re)&lt;/i&gt;. Pr&#233;sentation et discussion, o&#249; chacun des trois photographes pr&#233;sente un de ses clich&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : &#233;cologie libertaire ou d&#233;solation&lt;/strong&gt; &#8211; Si vous n'avez pas profit&#233; du confinement pour faire le plein de lectures s&#233;ditieuses grisantes invitant &#224; refa&#231;onner le monde, il vous reste les d&#233;rives des mois d'&#233;t&#233; pour vous rattraper, mille marmites ! Avec notamment plein de bouquins de et sur le tribun insurg&#233; Murray Bookchin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Fiction : &#171; Cauchemar entrep&#244;t &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Au programme ce soir : une nouvelle d'anticipation o&#249; l'hologramme de Philippe Etchebest, le chef de l'&#233;mission Cauchemar en cuisine, joue le Big Brother harcelant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito : &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Tout-le-monde-a-peur-de-la-police' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Tout le monde a peur de la police, m&#234;me Castaner&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;) / &lt;strong&gt;Mots crois&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3384 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;69&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1571-ce0c9.jpg?1768658030' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;189 de CQFD, illustr&#233;e par Jean Codo &amp; Zam Zam
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le n&#176;189 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; est en kiosque du 3 juillet au 3 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ce num&#233;ro est disponible chez pr&#232;s de 3 000 marchands de journaux partout en France. Pour retrouver les points de vente pr&#232;s de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour recevoir les prochains num&#233;ros dans votre bo&#238;te aux lettres, vous avez la possibilit&#233; de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;div class='spip_document_3385 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/pdf/-23.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 691.4 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1768649032' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;189 de CQFD en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le psychologue am&#233;ricain Abraham Maslow a th&#233;oris&#233;, dans les ann&#233;es 1940, la fumeuse et d&#233;sormais controvers&#233;e &#171; pyramide des besoins &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Les policiers sont dress&#233;s &#224; diff&#233;rencier les proies dont ils peuvent ab&#238;mer les corps &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-policiers-sont-dresses-a</link>
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		<dc:date>2020-06-13T11:39:50Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Depuis son premier ouvrage, L'ennemi int&#233;rieur : la g&#233;n&#233;alogie coloniale et militaire de l'ordre s&#233;curitaire dans la France contemporaine , le sociologue Mathieu Rigouste d&#233;cortique les faces cach&#233;es du maintien de l'ordre et des marchands de peur . Dans cet entretien, il replace dans le temps long l'explosion des violences polici&#232;res qui touche les quartiers populaires au temps du Covid-19. La pand&#233;mie semble avoir encore accru les violences polici&#232;res... &#171; Pendant le confinement, il y (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Etienne-Savoye" rel="tag"&gt;&#201;tienne Savoye&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/corps" rel="tag"&gt;corps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policieres" rel="tag"&gt;polici&#232;res&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/quartiers-populaires" rel="tag"&gt;quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/policiere" rel="tag"&gt;polici&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/populaires" rel="tag"&gt;populaires&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis son premier ouvrage, &lt;i&gt;L'ennemi int&#233;rieur : la g&#233;n&#233;alogie coloniale et militaire de l'ordre s&#233;curitaire dans la France contemporaine&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La D&#233;couverte, 2009.&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, le sociologue Mathieu Rigouste d&#233;cortique les faces cach&#233;es du maintien de l'ordre et des marchands de peur&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire notamment La domination polici&#232;re : une violence industrielle (La (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Dans cet entretien, il replace dans le temps long l'explosion des violences polici&#232;res qui touche les quartiers populaires au temps du Covid-19.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH426/-1551-40434.jpg?1768651254' width='400' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La pand&#233;mie semble avoir encore accru les violences polici&#232;res... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pendant le confinement, il y a eu au moins douze morts li&#233;s &#224; l'activit&#233; de la police. C'&#233;tait &#224; peu pr&#232;s la moyenne annuelle jusqu'en 2015. Ensuite, ce chiffre a plus que doubl&#233;, &#233;voluant ces cinq derni&#232;res ann&#233;es entre vingt-cinq et trente-cinq morts annuels. Ces derni&#232;res semaines, il y a donc clairement eu une nouvelle intensification des violences polici&#232;res. Sachant que l'oppression polici&#232;re en &#233;tat d'urgence sanitaire continue de cibler principalement les prol&#233;taires non blancs. Chasses &#224; l'homme, tabassages, humiliations, usage du pistolet &#233;lectrique et des balles de caoutchouc, gazages et mises &#224; morts... toutes ces pratiques s'inscrivent dans des r&#233;pertoires institu&#233;s historiquement. L&#224; o&#249; il y a nouveaut&#233;, c'est qu'elles ont touch&#233; les femmes des quartiers populaires de mani&#232;re beaucoup plus directe dans la rue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si cette &#233;volution s'inscrit dans la continuit&#233; de la gestion polici&#232;re des quartiers populaires, l'&#233;tat d'urgence est un acte symbolique qui met en sc&#232;ne la suspension de la &#8220;normalit&#233;&#8221; et signifie l'ouverture d'une situation &#8220;d'exception&#8221;. C'est un signal qui dit aux policiers qu'ils doivent y aller plus &#8220;fort&#8221; et qui leur garantit qu'ils seront couverts pour &#231;a. C'est une extension instrumentale de l'arbitraire policier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette intensification des violences d'&#201;tat est aussi li&#233;e &#224; l'affaiblissement des capacit&#233;s d'opposition aux violences polici&#232;res caus&#233;es par le confinement. Dans la rue, l'observation des exactions et la pr&#233;sence physique susceptible de se confronter &#224; la police ont &#233;t&#233; profond&#233;ment r&#233;duites. Cela concerne aussi les collectifs et associations qui participent au quotidien &#224; contenir les violences d'&#201;tat en existant simplement au c&#339;ur de la vie sociale des quartiers populaires. Durant la premi&#232;re s&#233;quence de l'&#233;tat d'urgence, le pouvoir policier s'est retrouv&#233; quasiment sans opposition face &#224; lui. Les forces r&#233;sistantes se sont concentr&#233;es sur Internet, o&#249; elles ont continu&#233; &#224; &#339;uvrer pour montrer et d&#233;noncer ces violences. On a vu le m&#234;me ph&#233;nom&#232;ne dans les prisons, les centres de r&#233;tention ou les foyers de travailleurs migrants &#8211; partout o&#249; s'exerce habituellement la f&#233;rocit&#233; polici&#232;re. Et dans chacun de ces lieux, de multiples pratiques d'entraide et de r&#233;sistance ont vu le jour. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment le maintien de l'ordre &#171; diff&#233;renci&#233; &#187; se construit-il ? Il y a des consignes claires ? Taper fort sur les banlieues et mollo sur le reste ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les consignes &#233;voluent selon les &#233;poques, selon la composition et les strat&#233;gies des classes dirigeantes, mais elles interviennent pour r&#233;guler des fonctionnements institu&#233;s depuis des d&#233;cennies et qui structurent le pouvoir de la police en amont des mises en pratique r&#233;elles. Tous les commissariats sont organis&#233;s pour &#8220;faire du chiffre&#8221; en d&#233;ployant leurs unit&#233;s les plus rentables et les plus f&#233;roces sur ce qu'ils appellent les &#8220;zones criminog&#232;nes&#8221;. Cela engendre une concentration de violence sur les habitants des quartiers populaires. Tout le syst&#232;me &#233;conomique, politique et social s'appuie sur la s&#233;gr&#233;gation socio-raciale. Les policiers sont dress&#233;s au quotidien &#224; diff&#233;rencier les proies dont ils peuvent ab&#238;mer les corps et les &#8220;populations l&#233;gitimes&#8221; dont il convient de respecter les corps et les droits.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La f&#233;rocit&#233; polici&#232;re ne d&#233;coule pas d'une perte de contr&#244;le de l'&#201;tat sur sa police, qui serait, comme on l'entend souvent, &#8220;l&#226;ch&#233;e en roue libre&#8221;. La gestion de la police dans le capitalisme s&#233;curitaire continue d'&#233;voluer par retours d'exp&#233;riences. Les mises en pratique r&#233;elles des r&#233;gimes de police sont toujours tr&#232;s &#233;loign&#233;es des fantasmes de contr&#244;le total qui les animent en amont. La police se trompe souvent, elle se plante parfois magistralement, elle n'arrive jamais &#224; soumettre durablement les opprim&#233;&#8226;es, mais sa violence est globalement g&#233;r&#233;e, administr&#233;e, institu&#233;e par les classes dominantes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans un mail, je te parlais de &#171; colonialisme sanitaire &#187;, parce que j'ai en t&#234;te cette approche du maintien de l'ordre que tu d&#233;cryptais dans &lt;i&gt;L'Ennemi int&#233;rieur&lt;/i&gt;, avec la guerre d'Alg&#233;rie comme socle fondateur. C'est une lecture que tu appliques &#224; la s&#233;quence actuelle ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les soci&#233;t&#233;s imp&#233;rialistes ont instrumentalis&#233; l'argument sanitaire tout au long de leur histoire. D'hier &#224; aujourd'hui, cela a permis de justifier la s&#233;gr&#233;gation des colonis&#233;s comme corps contagieux ou les exp&#233;rimentations de vaccins sur ces derniers. La m&#233;taphore m&#233;dico-chirurgicale fonde l'&#201;tat moderne, de Thomas Hobbes jusqu'aujourd'hui, et elle a structur&#233; en profondeur les doctrines de contre-insurrection. Elle impose l'id&#233;e de corps national, dont l'&#201;tat serait la t&#234;te, &#8220;la population&#8221; serait la chair, et tout ce qui le menace serait assimilable &#224; une maladie qu'il faudrait &#233;radiquer. Elle dissimule les rapports de domination et d'exploitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et on sait comme la peur est force de suggestion. Lorsqu'on se croit menac&#233; d'un mal mortel, on accepte g&#233;n&#233;ralement les traitements les plus brutaux. L'application de cette &#8220;strat&#233;gie du choc&#8221; permet de pouvoir r&#233;guli&#232;rement justifier des restructurations autoritaires et s&#233;curitaires, en convoquant la survie du corps social. Tous les imaginaires s&#233;curitaires reposent plus ou moins sur cette id&#233;e-l&#224; : vacciner le corps national, le purger, le nettoyer de tout ce que les classes dominantes jugeront mena&#231;ant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Argenteuil, il y a eu plusieurs nuits de r&#233;volte apr&#232;s la mort d'un jeune homme dans des conditions suspectes. Ne serait-on pas au bord d'une nouvelle explosion de col&#232;re ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a eu des r&#233;voltes populaires dans plus d'une vingtaine de villes, pas seulement &#224; Argenteuil, et &#231;a a tenu dans certains endroits pendant plusieurs jours. &#199;a n'a rien d'exceptionnel, il y a toujours eu des formes de r&#233;sistance auto-organis&#233;es face aux violences polici&#232;res dans les quartiers, les prisons, les camps et les campements. Reprendre la rue pour s'opposer &#224; la police constitue avant tout une question de survie. C'est de l'autod&#233;fense, c'est parfois compl&#232;tement spontan&#233; et parfois tr&#232;s pr&#233;par&#233; ; c'est en tout cas profond&#233;ment politique et ce n'est que la partie &#233;merg&#233;e de r&#233;sistances collectives invisibles et quotidiennes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La D&#233;couverte, 2009.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire notamment &lt;i&gt;La domination polici&#232;re : une violence industrielle&lt;/i&gt; (La Fabrique, 2012) et &lt;i&gt;&#201;tat d'urgence et business de la s&#233;curit&#233; &lt;/i&gt;(Niet !, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; On est toujours assign&#233;s au statut de colonis&#233;s &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/On-est-toujours-assignes-au-statut</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/On-est-toujours-assignes-au-statut</guid>
		<dc:date>2020-06-07T15:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Clair Rivi&#232;re</dc:creator>


		<dc:subject>&#201;tienne Savoye</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>France</dc:subject>
		<dc:subject>Mais</dc:subject>
		<dc:subject>violences</dc:subject>
		<dc:subject>Noirs</dc:subject>
		<dc:subject>violences polici&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers</dc:subject>
		<dc:subject>polici&#232;res</dc:subject>
		<dc:subject>quartiers populaires</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;ni</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant le confinement, un concentr&#233; de brutalit&#233; polici&#232;re s'est abattu sur les quartiers populaires de l'Hexagone, des propos d'un racisme crasse accompagnant bien souvent les coups. Pourtant, la France officielle continue de nier l'&#233;vidence. Entretien avec le militant antiraciste Omar Slaouti. Dans la nuit du 25 au 26 avril, un homme se jette dans la Seine pour &#233;chapper &#224; des policiers. Ils le rep&#234;chent et l'arr&#234;tent. En cheminant vers le panier &#224; salade, les agents se bidonnent sec : &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/quartiers-populaires" rel="tag"&gt;quartiers populaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/deni" rel="tag"&gt;d&#233;ni&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant le confinement, un concentr&#233; de brutalit&#233; polici&#232;re s'est abattu sur les quartiers populaires de l'Hexagone, des propos d'un racisme crasse accompagnant bien souvent les coups. Pourtant, la France officielle continue de nier l'&#233;vidence. Entretien avec le militant antiraciste Omar Slaouti.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH426/-1551-40434.jpg?1768651254' width='400' height='426' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Etienne Savoye
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;D&lt;/span&gt;ans la nuit du 25 au 26 avril, un homme se jette dans la Seine pour &#233;chapper &#224; des policiers. Ils le rep&#234;chent et l'arr&#234;tent. En cheminant vers le panier &#224; salade, les agents se bidonnent sec : &#171; &lt;i&gt;Il sait pas nager. Un bicot comme &#231;a, &#231;a nage pas&lt;/i&gt; &#187;, lance l'un d'eux. &#171; &lt;i&gt;&#199;a coule, t'aurais d&#251; lui accrocher un boulet au pied&lt;/i&gt; &#187;, lui r&#233;pond un coll&#232;gue. Rires. La vid&#233;o, capt&#233;e par un habitant de l'&#206;le-Saint-Denis (93) est &#233;loquente de racisme &#8211; le &#171; &lt;i&gt;bicot&lt;/i&gt; &#187; est &#233;gyptien. Et de violence : une fois l'homme dans le fourgon de police, on l'entend pousser des cris de terreur et/ou de douleur. Les cognes, eux, continuent de rire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quinze jours plus tard, le 11 mai, c'est sur l'&#206;le-Saint-Denis qu'a eu lieu la premi&#232;re importante manifestation post-confinement contre les violences polici&#232;res. Entretien avec un des organisateurs, le militant antiraciste Omar Slaouti, membre notamment du Collectif du 10 novembre contre l'islamophobie et du collectif V&#233;rit&#233; et justice pour Ali Ziri&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ouvrier &#224; la retraite, Ali Ziri est d&#233;c&#233;d&#233; en novembre 2009 apr&#232;s une (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Un bicot, &#231;a nage pas&lt;/i&gt; &#187;&lt;i&gt;. &lt;/i&gt;Cette phrase &#233;voque le massacre du 17 octobre 1961, quand des policiers avaient jet&#233; des manifestants alg&#233;riens dans la Seine&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Bien s&#251;r, &#231;a renvoie &#224; Maurice Papon&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pr&#233;fet de police de Paris en 1961. Il avait d&#233;j&#224; s&#233;vi en Gironde pendant la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et &#224; toute la charge colonialiste et de d&#233;shumanisation qui lui est consubstantielle &#224; l'&#233;poque. Tout le monde conna&#238;t cette histoire-l&#224;. Mais &#231;a renvoie aussi &#224; une autre dimension qu'on a tendance &#224; occulter : ce qu'est le racisme aujourd'hui dans la police fran&#231;aise &#8211; et d'o&#249; il vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une partie de l'histoire de la police est en lien avec l'histoire coloniale, tant et si bien qu'il existe en son sein un ensemble d'impens&#233;s coloniaux ou n&#233;ocoloniaux. C'est l'id&#233;e qu'il y a des individus qui sont dans un rapport d'alt&#233;rit&#233;. Ce sont des &lt;i&gt;autres&lt;/i&gt; : ils n'ont pas de raison d'&#234;tre ici et ils ne doivent pas disposer des m&#234;mes droits que celles et ceux qui sont consid&#233;r&#233;s comme des nationaux &#8211; ou plut&#244;t consid&#233;r&#233;s comme l&#233;gitimes &#224; &#234;tre des nationaux, parce que dans ce pays, la plupart des personnes arabes et noires sont fran&#231;aises.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autrement dit, on est toujours assign&#233;s &#224; ce statut de colonis&#233;s, c'est-&#224;-dire de sous-humanit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En ce qui concerne les violences polici&#232;res racistes, un d&#233;ni officiel persiste. Dernier exemple en date : quand l'actrice et chanteuse Cam&#233;lia Jordana parle &#224; la t&#233;l&#233; &#171; &lt;i&gt;des hommes et des femmes qui vont travailler tous les matins en banlieue et qui se font massacrer pour nulle autre raison que leur couleur de peau &#187;&lt;/i&gt;, Christophe Castaner condamne tout de suite ces propos. La France officielle continue de se voiler la face&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La France pratique des injustices raciales qui rel&#232;vent de la responsabilit&#233; d'&#201;tat &#8211; on ne parle pas du racisme individuel, mais d'un racisme qui &#233;mane d'autorit&#233;s &#233;tatiques. Et non seulement la France officielle l&#233;gitime des pratiques racialistes et racistes &#224; l'&#233;gard des habitants des quartiers populaires parce qu'arabes et noirs, mais en plus, quand ces derniers disent &#8220;&lt;i&gt;Nous sommes victimes&lt;/i&gt;&#8221;, on leur r&#233;pond &#8220;&lt;i&gt;Vous mentez et vous insultez l'&#201;tat fran&#231;ais&lt;/i&gt;&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;ni est r&#233;current. Ce qui vient de se passer avec Cam&#233;lia Jordana, c'est exactement ce qui s'est pass&#233; lorsque l'&#201;tat a &#233;t&#233; condamn&#233; pour contr&#244;les au faci&#232;s et que Manuel Valls, Premier ministre &#224; l'&#233;poque, a d&#233;cid&#233; de faire appel de cette condamnation. D'ailleurs, il a perdu une deuxi&#232;me fois en appel&lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Apr&#232;s avoir perdu en premi&#232;re instance, cinq personnes avaient r&#233;ussi en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me quand ce sont des chercheurs du CNRS qui font &#233;tat de contr&#244;les au faci&#232;s, on a toujours un d&#233;ni de ceux et celles qui nous gouvernent. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce d&#233;ni n'est pas l'apanage des sph&#232;res dirigeantes et polici&#232;res. Dans l'espace m&#233;diatique, un ph&#233;nom&#232;ne est frappant : les journaux fran&#231;ais n'ont aucun mal &#224; dire qu'il y a aux &#201;tats-Unis un probl&#232;me racial de violence polici&#232;re. Mais quand il s'agit de d&#233;noncer cette r&#233;alit&#233; ici, il n'y a plus grand monde&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a tient au fait que la France a construit un roman national, un mythe. Elle a fabriqu&#233; un imaginaire qui fait d'elle le pays des droits de l'Homme avec une dimension universaliste qui rayonne partout dans le monde. Et cette conception fait qu'il y a un d&#233;ni des r&#233;alit&#233;s qui va &#224; l'encontre de cette id&#233;e totalement fantasmatique de ce qu'est la France. On ne peut pas &#234;tre &#224; la fois &#8220;le pays des droits de l'Homme&#8221; et un pays o&#249; les hommes sont d&#233;ni&#233;s dans leur qualit&#233; d'&#234;tre humain parce qu'arabes, noirs, roms ou juifs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce d&#233;ni a un aspect historique &#8211; sur la responsabilit&#233; de l'&#201;tat fran&#231;ais quant au g&#233;nocide des juifs durant Seconde Guerre mondiale ou au niveau imp&#233;rialiste dans un ensemble de g&#233;nocides &#224; l'&#233;chelle mondiale. Il a aussi une face actuelle, par exemple quand des migrants meurent en M&#233;diterran&#233;e parce que des lois sont vot&#233;es en France pour faire la chasse aux sans-papiers, les emp&#234;chant de fuir les d&#233;sordres du monde que la France a en partie caus&#233;s. Alors &#233;videmment, ce d&#233;ni se retrouve aussi dans ces violences polici&#232;res &#224; caract&#232;re raciste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple : le Covid. Des &#233;tudes am&#233;ricaines et anglaises montrent clairement que ce virus tue particuli&#232;rement les personnes racis&#233;es d'en bas : les Noirs ou les Hispanos aux &#201;tats-Unis, les Pakistanais, les Noirs ou les Indiens en Angleterre. Ce sont les soubassements structurels du racisme qui font que cette maladie touche prioritairement certaines populations. Et ici ? En Seine-Saint-Denis ou par exemple dans ma ville, Argenteuil, dans le Val-d'Oise, on constate une surmortalit&#233;. On sait pertinemment que ce sont des territoires o&#249; vivent beaucoup d'Arabes et de Noirs&#8230; Aux &#201;tats-Unis et en Angleterre on reconna&#238;t cette relation-l&#224;, mais dans le cas fran&#231;ais on la nie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 11 mai, vous avez coorganis&#233; une des premi&#232;res manifestations du d&#233;confinement &#224; l'&#206;le-Saint-Denis. Pourquoi c'&#233;tait important de faire ce rassemblement l&#224;-bas ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il fallait que cette manifestation ait lieu dans un cadre qui d&#233;nonce l'ensemble des oppressions et des injustices. Et il se trouve que les quartiers populaires les ont concentr&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont les quartiers o&#249; il y a le moins de structures sanitaires, o&#249; sont concentr&#233;s les pauvres &#8211; et notamment les Arabes et les Noirs. Ce sont des espaces qui ont &#233;t&#233; surcontr&#244;l&#233;s par la police, non seulement en nombre, mais aussi en &#8220;qualit&#233;&#8221; : les contr&#244;les se sont traduits par une explosion de violences.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces quartiers vivent beaucoup des fameux &#8220;derniers de cord&#233;e&#8221;, qui sont &#224; la fois mal pay&#233;s et en m&#234;me temps font partie des premi&#232;res et des premiers touch&#233;s par le Covid. Les caissiers, les ouvriers et toutes celles et ceux qui se sont retrouv&#233;.es en premi&#232;re ligne pour faire les travaux de ce qu'on appelle en anglais le&lt;i&gt; care&lt;/i&gt;, c'est-&#224;-dire les soins aux personnes, par exemple &#224; l'h&#244;pital ou aupr&#232;s des personnes &#226;g&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;e de la manifestation, c'&#233;tait de d&#233;noncer tout &#231;a ; voil&#224; pourquoi elle devait avoir lieu dans un quartier populaire. Et plus particuli&#232;rement &#224; l'&#206;le-Saint-Denis, apr&#232;s les propos tenus par les policiers fin avril, notamment la phrase du &#8220;bicot qui sait pas nager&#8221;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elle s'est pass&#233;e comment, cette manifestation ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On avait pr&#233;vu de constituer une cha&#238;ne humaine, en respectant la distanciation, les masques, etc. Mais finalement la police nous a emp&#234;ch&#233;s de la faire. Au contraire, elle nous a ramass&#233;s, nass&#233;s sur quelques dizaines de m&#232;tres carr&#233;s. On a fini par se retrouver press&#233;s les uns contre les autres&#8230; Autrement dit, Castaner a fabriqu&#233; un cluster. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Des Gilets jaunes &#233;taient aussi pr&#233;sents ce jour-l&#224;. Il semble que la f&#233;rocit&#233; polici&#232;re subie par ce mouvement a quelque part permis une prise de conscience de l'existence des violences polici&#232;res chez une partie de la population blanche qui n'y avait jamais &#233;t&#233; confront&#233;e. Est-ce que cette nouvelle r&#233;alit&#233; fait que vous, militants des quartiers populaires, vous sentez moins seuls dans votre lutte face &#224; ces violences polici&#232;res ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On a un probl&#232;me r&#233;current : quand des Noirs et des Arabes disent qu'il y a une injustice, puisqu'ils subissent un ensemble d'oppressions parce qu'ils sont noirs et arabes, ce n'est jamais bien compris. &#199;a a &#233;t&#233; le cas pour les contr&#244;les au faci&#232;s : nous on savait depuis tr&#232;s longtemps que &#231;a existait, mais il a fallu que ce soit des chercheurs du CNRS qui le disent pour que ce soit act&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Que des Gilets jaunes se fassent frapper pour ce qu'ils font, c'est pour nous d&#233;sastreux. Et en m&#234;me temps c'est vrai que &#231;a a permis une prise de conscience de ce que sont les violences polici&#232;res. En 2015, tout le monde voulait &#8220;embrasser un flic&#8221;. Apr&#232;s, quand les gens ont pris des coups de matraque, la relation d'amour a &#233;t&#233; plus compliqu&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On se f&#233;licite bien s&#251;r que des Gilets jaunes se retrouvent dans les combats des quartiers populaires &#8211; et r&#233;ciproquement : je tiens &#224; rappeler que dans les quartiers populaires aussi il y a des ronds-points qui ont &#233;t&#233; tenus. Il ne faut pas croire que ce mouvement n'a &#233;t&#233; que celui de la France rurale. On subit tous la m&#234;me merde : nos quartiers sont d&#233;sh&#233;rit&#233;s du point de vue des structures sanitaires, des h&#244;pitaux, et c'est vrai aussi pour la ruralit&#233;. Nos luttes sont en rapport les unes avec les autres et c'est important qu'on puisse se retrouver.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les violences polici&#232;res, les ressorts ne sont pas les m&#234;mes ; il y en a qui se font frapper pour ce qu'ils sont, d'autres pour ce qu'ils font ; mais peu importe : le go&#251;t de la matraque n'est jamais bon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Clair Rivi&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Ouvrier &#224; la retraite, Ali Ziri est d&#233;c&#233;d&#233; en novembre 2009 apr&#232;s une arrestation violente &#224; Argenteuil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pr&#233;fet de police de Paris en 1961. Il avait d&#233;j&#224; s&#233;vi en Gironde pendant la Seconde Guerre mondiale, en participant &#224; la d&#233;portation de Juifs. En 1997, il sera condamn&#233; &#224; dix ans de prison pour complicit&#233; de crime contre l'humanit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Apr&#232;s avoir perdu en premi&#232;re instance, cinq personnes avaient r&#233;ussi en 2015 &#224; faire condamner l'&#201;tat par la cour d'appel de Paris pour des contr&#244;les d'identit&#233; discriminatoires. En 2016, la Cour de cassation a d&#233;finitivement confirm&#233; cette condamnation dans trois des cinq cas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le syst&#232;me p&#233;nal pr&#233;vient mal les violences faites aux femmes &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-systeme-penal-previent-mal-les</link>
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		<dc:date>2020-05-08T22:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>Ricordeau</dc:subject>
		<dc:subject>Gwenola</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour beaucoup de f&#233;ministes, le combat contre les violences sexistes passe par l'incarc&#233;ration des agresseurs. Autrice de Pour elles toutes : femmes contre la prison, Gwenola Ricordeau en appelle au contraire &#224; une lutte qui prendrait ses distances avec le syst&#232;me p&#233;nal. Une gageure ? &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse avec l'essayiste, dont les propos trouvent un &#233;cho particulier dans le contexte du confinement : depuis le 17 mars, les violences conjugales sont en forte hausse. &#171; Mon c&#339;ur se serre avec (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no187-mai-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;187 (mai 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gwenola-Ricordeau-2076" rel="tag"&gt;Gwenola Ricordeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes-incarcerees" rel="tag"&gt;femmes incarc&#233;r&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ricordeau" rel="tag"&gt;Ricordeau&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Gwenola" rel="tag"&gt;Gwenola&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour beaucoup de f&#233;ministes, le combat contre les violences sexistes passe par l'incarc&#233;ration des agresseurs. Autrice de &lt;i&gt;Pour elles toutes : femmes contre la prison&lt;/i&gt;, Gwenola Ricordeau en appelle au contraire &#224; une lutte qui prendrait ses distances avec le syst&#232;me p&#233;nal. Une gageure ? &#201;l&#233;ments de r&#233;ponse avec l'essayiste, dont les propos trouvent un &#233;cho particulier dans le contexte du confinement : depuis le 17 mars, les violences conjugales sont en forte hausse.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3336 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH566/-1528-0f0c0.jpg?1768652366' width='400' height='566' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Mon c&#339;ur se serre avec elles toutes qui ne disent rien. Celles qui ne disent rien parce que la police n'a rien fait la derni&#232;re fois, parce qu'on ne les a pas crues lorsqu'elles &#233;taient enfants, parce que ce n'est pas si grave et qu'il avait peut-&#234;tre le droit.&lt;/i&gt; &#187; Elles, ce sont toutes ces femmes qui ont fait les frais de la violence d'un homme. Et puis il y a les incarc&#233;r&#233;es, &#171; &lt;i&gt;celles pour qui c'&#233;tait &#233;crit, depuis la rue, depuis la came, depuis le trottoir, depuis les fugues. Celles pour qui c'&#233;tait &#233;crit parce qu'elles ne sont pas n&#233;es avec les bons papiers, le bon pr&#233;nom, la bonne couleur de peau.&lt;/i&gt; &#187; Il y a aussi toutes celles qui attendent patiemment, &#171; &lt;i&gt;devant les prisons et dans les parloirs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;num&#233;ration par laquelle s'ouvre &lt;i&gt;Pour elles toutes : femmes contre la prison&lt;/i&gt; (Lux &#233;diteur, 2019), un essai de Gwenola Ricordeau, r&#233;sume dans un frisson la port&#233;e du propos. Alors que luttes f&#233;ministes et luttes abolitionnistes&lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gwenola Ricordeau d&#233;fend l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal dans son ensemble.&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; sont trop souvent pens&#233;es comme deux combats irr&#233;conciliables, l'autrice, professeure assistante en justice criminelle &#224; la California State University de Chico, livre 200 pages d'analyses rigoureuses qui invitent &#224; construire un f&#233;minisme autonome vis-&#224;-vis du syst&#232;me p&#233;nal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Battant en br&#232;che les arguments de celles et ceux qui attendent une plus grande s&#233;v&#233;rit&#233; de la &#171; justice &#187; face aux d&#233;lits et aux crimes &#224; caract&#232;re sexiste, Gwenola Ricordeau fustige, chiffres et &#233;tudes &#224; l'appui, les r&#233;ponses inadapt&#233;es apport&#233;es par l'institution, en France comme aux &#201;tats-Unis, aux violences faites aux femmes. Des violences commises par des hommes qui, rappelle-t-elle, ne risquent pas les m&#234;mes peines &#171; &lt;i&gt;selon leur origine ethnique, leur classe ou leur profession &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au passage, l'autrice tacle &#233;galement un certain &#171; &lt;i&gt;paternalisme p&#233;nal &#187;&lt;/i&gt; qui, s'il a tendance &#224; moins punir les femmes, ne manque pas de sanctionner celles qui d&#233;rogent &#224; la &#171; norme &#187; : &#171; mauvaises &#187; m&#232;res ou &#171; &lt;i&gt;lesbiennes agressives&lt;/i&gt; &#187;. Gwenola Ricordeau s'attarde aussi sur ces femmes qui, hors les murs, nourrissent les rangs des abonn&#233;s au parloir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autant de situations qui entrent en r&#233;sonance avec le contexte actuel : depuis la mise en place du confinement, les faits de violences conjugales ont augment&#233;, les conditions de d&#233;tention se sont d&#233;grad&#233;es et, faute de parloirs, le lien entre les d&#233;tenu&#183;es et leurs proches s'est disloqu&#233;. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton livre d&#233;fend l'id&#233;e que luttes f&#233;ministes et luttes abolitionnistes peuvent &#8211; et doivent &#8211; &#234;tre men&#233;es de front...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Depuis les ann&#233;es 1980, les courants dominants du f&#233;minisme appellent &#224; une plus grande criminalisation des violences masculines, au prononc&#233; de sanctions plus s&#233;v&#232;res. Or la cible de l'abolitionnisme p&#233;nal, c'est le syst&#232;me p&#233;nal (la police, la justice, etc.). Donc, &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt;, on a deux luttes oppos&#233;es. Mais il existe aussi, en r&#233;ponse &#224; l'&#233;chec des politiques men&#233;es contre les violences masculines, des approches f&#233;ministes et abolitionnistes qui proposent d'abandonner la logique punitive, r&#233;tributive, du syst&#232;me p&#233;nal, en partant notamment du constat que l'&#233;tendue de ces violences est bien la preuve que ces politiques ne fonctionnent pas. D'une part le syst&#232;me p&#233;nal pr&#233;vient mal ou peu la commission des violences faites aux femmes, mais en plus, la proc&#233;dure p&#233;nale est extr&#234;mement p&#233;nible pour les victimes. Certes, avec les peines de prison, certains des auteurs de violences sont mis &#224; l'&#233;cart, mais c'est une r&#233;ponse temporaire et il n'est pas s&#251;r que ces auteurs ne r&#233;cidiveront pas ensuite. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En France, face &#224; l'amplification des faits de violences conjugales pendant les premi&#232;res semaines du confinement, des dispositifs ont &#233;t&#233; mis en place pour permettre aux femmes d'alerter plus facilement la police. De m&#234;me, bien que les tribunaux tournent au ralenti, les audiences pour violences conjugales continuent de se tenir. Beaucoup d'agresseurs passent d'ailleurs directement du tribunal &#224; la case prison. Dans cette p&#233;riode particuli&#232;re, existe-t-il selon toi des alternatives au recours &#224; la &#171; justice &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Construire des alternatives au recours &#224; la police et &#224; la justice prend du temps : il faut se former &#224; des approches communautaires et non-violentes de r&#233;solution des probl&#232;mes, mettre en place des r&#233;seaux de solidarit&#233;s, etc. Une situation d'urgence comme celle d'aujourd'hui n'est pas propice &#224; tout cela. D'ailleurs, les initiatives d'entraide qui fleurissent depuis le d&#233;but du confinement ne pensent pas toujours &#224; ce qui peut &#234;tre apport&#233; sp&#233;cifiquement aux femmes victimes de violences, comme des h&#233;bergements, de la m&#233;diation ou encore un soutien psychologique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu expliques que si la possibilit&#233; de recourir au syst&#232;me p&#233;nal est un privil&#232;ge, paradoxalement, c'est &#233;galement le cas du fait de pouvoir s'en passer...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout le monde ne peut pas faire appel au syst&#232;me p&#233;nal, par exemple en portant plainte ou en se constituant partie civile : cela d&#233;pend de ses ressources, au sens large ; de sa situation &#8211; se met-on en danger en parlant &#224; des policiers ? &#8211; ou de celle de ses proches. Cela implique aussi de pouvoir &#234;tre consid&#233;r&#233; comme &#8220;cr&#233;dible&#8221;. En m&#234;me temps, pour certaines victimes, le recours au p&#233;nal est aujourd'hui leur seule solution, en raison de leur isolement social ou d'un danger imm&#233;diat. L'abolitionnisme n'est donc pas un simple appel &#224; renoncer au privil&#232;ge qu'est le recours au p&#233;nal, mais &#224; penser comment prendre en charge toutes les victimes et les pr&#233;judices qu'elles ont subis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En quoi, pour certaines personnes, appeler la police revient-il &#224; se mettre en danger ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est le risque d'&#234;tre victime de la police elle-m&#234;me : je pense &#224; des situations de violences polici&#232;res contre des personnes racis&#233;es, aux violences sexuelles commises par des policiers contre des femmes, en particulier des travailleuses du sexe. Et puis il y a les personnes sans titre de s&#233;jour qui, si elles ont bien le droit de porter plainte, peuvent craindre d'&#234;tre expuls&#233;es par exemple. Cela peut aussi &#234;tre compliqu&#233; pour les personnes engag&#233;es dans des activit&#233;s criminalis&#233;es comme le trafic de stup&#233;fiants : la protection qu'elles peuvent esp&#233;rer de la police peut &#234;tre d&#233;risoire par rapport au risque d'&#234;tre poursuivies pour leurs activit&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu consacres d'ailleurs un chapitre aux femmes &#171; judiciaris&#233;es &#187; qui, si elles sont moins nombreuses que les hommes, ne sont pas toutes &#233;gales face au risque de se retrouver derri&#232;re les barreaux...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le risque d'&#234;tre arr&#234;t&#233;, poursuivi, condamn&#233; &#8211; et donc de se retrouver en prison &#8211; est diff&#233;rent selon les classes sociales, les origines ethniques, mais aussi selon qu'on est une femme ou un homme. Pour l'essentiel, les femmes incarc&#233;r&#233;es sont issues des milieux populaires et/ou de l'histoire de la colonisation et de l'immigration. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Actuellement, le risque d'&#234;tre verbalis&#233; pour non-respect du confinement ne semble pas non plus &#234;tre le m&#234;me pour tout le monde...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les cat&#233;gories p&#233;nales, c'est-&#224;-dire les faits qu'on d&#233;cide de criminaliser, ne sont pas neutres. Aujourd'hui, en criminalisant le non-respect des mesures de confinement, on criminalise les classes populaires : des personnes qui ne se conforment pas &#224; ces r&#232;gles parce qu'elles n'ont pas toujours acc&#232;s aux formulaires ou &#224; la compr&#233;hension de mesures peu claires, ou encore pour des raisons de survie mat&#233;rielle ou sociale. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Alors que la presse parle de la col&#232;re des d&#233;tenus face &#224; la gestion de la crise sanitaire, rien ou presque sur les prisonni&#232;res. Pourtant &lt;i&gt;L'Envol&#233;e&lt;/i&gt;, journal anti-carc&#233;ral et abolitionniste, vient de signaler que trois femmes incarc&#233;r&#233;es &#224; la prison des Baumettes, &#224; Marseille, ont tent&#233; de se suicider ces derni&#232;res semaines... Comment expliquer ce silence ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les prisons pour femmes int&#233;ressent souvent moins que les prisons pour hommes, notamment parce que les modes de protestation des femmes, qui recourent moins que les hommes aux violences collectives, sont moins spectaculaires. De plus, les r&#233;seaux de solidarit&#233; dont les femmes incarc&#233;r&#233;es b&#233;n&#233;ficient sont plus faibles encore que ceux des hommes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton livre s'int&#233;resse aussi aux ravages caus&#233;s par le syst&#232;me p&#233;nal sur les femmes proches de d&#233;tenus...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les femmes qui ont des proches incarc&#233;r&#233;s doivent souvent les soutenir mat&#233;riellement et financi&#232;rement, notamment en s'occupant de leur linge, en leur envoyant des mandats&#8230; Mais aussi &#233;motionnellement, &#224; travers les visites, les courriers, les appels t&#233;l&#233;phoniques... Car le travail domestique et le souci de l'autre, le&lt;i&gt; care&lt;/i&gt;, sont attendus des femmes et non des hommes dans une soci&#233;t&#233; patriarcale. Dans le contexte actuel, avec la suspension des visites, la difficult&#233; de communiquer avec les prisonniers, le manque d'information sur l'&#233;pid&#233;mie et les probl&#232;mes d'acc&#232;s aux soins en d&#233;tention, les inqui&#233;tudes que les proches de personnes incarc&#233;r&#233;es ont habituellement sont d&#233;cupl&#233;es. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quels outils seraient &#224; notre port&#233;e pour s'extraire de ce syst&#232;me p&#233;nal si peu profitable aux femmes ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Faire porter les luttes sur les conditions mat&#233;rielles et financi&#232;res de l'&#233;mancipation et de l'autonomie des femmes et d&#233;velopper des approches non punitives des &#8220;crimes&#8221;. Des approches que nous adoptons assez naturellement pour r&#233;soudre les conflits avec les personnes qui nous sont ch&#232;res. La forme la plus connue est celle de la justice r&#233;paratrice, mais il y a aussi la justice transformative &lt;i&gt;[lire ci-dessous]&lt;/i&gt;, qui repose sur des processus communautaires de r&#233;solution des situations probl&#233;matiques. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des formes de justice alternative&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Depuis les ann&#233;es 1970, d'innovantes fa&#231;ons de penser et de g&#233;rer les conflits sont th&#233;oris&#233;es et exp&#233;riment&#233;es par des groupes f&#233;ministes et des mouvements de lib&#233;ration de minorit&#233;s ethniques en Am&#233;rique du Nord. S'inspirant notamment de pratiques traditionnelles autochtones, elles tablent sur la r&#233;solution des conflits par la communaut&#233; elle-m&#234;me. En r&#233;sum&#233;, il s'agit de privil&#233;gier ce que Gwenola Ricordeau nomme &#171; &lt;i&gt;la m&#233;diation, la r&#233;conciliation et la gu&#233;rison &#187; &lt;/i&gt;plut&#244;t que le recours au syst&#232;me punitif &#233;tatique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi ces mod&#232;les alternatifs, on retrouve la &#171; &lt;i&gt;justice r&#233;paratrice &#187;&lt;/i&gt;, qui refuse l'exclusion des agresseurs et invite &#224; l'invention de formes de d&#233;dommagements pour les victimes. Autre concept proche : la &#171; &lt;i&gt;justice transformative &#187;&lt;/i&gt;, qui met en avant la responsabilit&#233; collective face aux actes des individus. La communaut&#233; doit d&#232;s lors s'impliquer dans le soutien &#224; la victime d'une agression, &#224; &#171; &lt;i&gt;sa s&#233;curit&#233; et son autod&#233;termination &#187;&lt;/i&gt;. Le concept repose &#233;galement sur la reconnaissance par l'agresseur de sa responsabilit&#233; et son &#171; &lt;i&gt;changement de comportement &#187;&lt;/i&gt;. Il s'agit aussi de se diriger collectivement vers &#171; &lt;i&gt;des changements politiques et structurels des conditions qui permettent au pr&#233;judice de se reproduire &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si dans son livre, Gwenola Ricordeau reconna&#238;t que &#171; &lt;i&gt;le d&#233;veloppement de la justice transformative ne garantit pas une future abolition du syst&#232;me p&#233;nal &#187;&lt;/i&gt;, elle revendique le n&#233;cessaire d&#233;veloppement d'alternatives de ce genre pour &#171; &lt;i&gt;les communaut&#233;s les plus impact&#233;es &#187;&lt;/i&gt; par le syst&#232;me punitif d'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gwenola Ricordeau d&#233;fend l'abolition du syst&#232;me p&#233;nal dans son ensemble.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Crise sanitaire au f&#233;minin</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Crise-sanitaire-au-feminin</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Crise-sanitaire-au-feminin</guid>
		<dc:date>2020-04-13T03:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Katjastroph</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
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		<dc:subject>num&#233;ro</dc:subject>
		<dc:subject>confinement</dc:subject>
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		<dc:subject>actuellement ferm&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Marion Mornet</dc:subject>
		<dc:subject>femmes n'ont</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Augmentation des faits de violence conjugale, acc&#232;s &#224; l'IVG en p&#233;ril, prostitu&#233;es sur la paille... Pour de nombreuses femmes, les effets de la crise sanitaire se font particuli&#232;rement sentir. &#171; Pour des raisons exceptionnelles, le 39-19 est actuellement ferm&#233;. Nous vous invitons &#224; renouveler votre appel ult&#233;rieurement. &#187; Aux premiers jours du confinement, le num&#233;ro national d'&#233;coute pour les femmes victimes de violences &#233;tait aux abonn&#233;s absents. D'apr&#232;s Marl&#232;ne Schiappa, secr&#233;taire d'&#201;tat (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no186-avril-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;186 (avril 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Katjastroph" rel="tag"&gt;Katjastroph&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/numero-943" rel="tag"&gt;num&#233;ro&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/confinement" rel="tag"&gt;confinement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mathilde-Blezat-1850" rel="tag"&gt;Mathilde Bl&#233;zat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marlene-Schiappa" rel="tag"&gt;Marl&#232;ne Schiappa&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/raisons-exceptionnelles" rel="tag"&gt;raisons exceptionnelles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/actuellement-ferme" rel="tag"&gt;actuellement ferm&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marion-Mornet" rel="tag"&gt;Marion Mornet&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes-n-ont" rel="tag"&gt;femmes n'ont&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Augmentation des faits de violence conjugale, acc&#232;s &#224; l'IVG en p&#233;ril, prostitu&#233;es sur la paille... Pour de nombreuses femmes, les effets de la crise sanitaire se font particuli&#232;rement sentir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3318 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L289xH400/-1513-69fe9.jpg?1768653471' width='289' height='400' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Katjastroph
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Pour des raisons exceptionnelles, le 39-19 est actuellement ferm&#233;. Nous vous invitons &#224; renouveler votre appel ult&#233;rieurement.&lt;/i&gt; &#187; Aux premiers jours du confinement, le num&#233;ro national d'&#233;coute pour les femmes victimes de violences &#233;tait aux abonn&#233;s absents. D'apr&#232;s Marl&#232;ne Schiappa, secr&#233;taire d'&#201;tat &#224; l'&#233;galit&#233; entre les femmes et les hommes, ces bugs seraient li&#233;s &#224; &#171; &lt;i&gt;un basculement de plateforme&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Coronavirus : Marl&#232;ne Schiappa assure que le 39-19 &#8220;fonctionne toujours&#8221; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; cens&#233; permettre aux &#233;coutantes de travailler de chez elle. Un dysfonctionnement technique qui fait tiquer Mathilde Bl&#233;zat, co-autrice de l'ouvrage &lt;i&gt;Notre corps, nous-m&#234;mes&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article &#171; &#8220;Notre corps, nous-m&#234;mes&#8221;, entre intime et politique &#187; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, qui a longuement travaill&#233; sur les violences conjugales : &#171; &lt;i&gt;Ces violences sont cens&#233;es &#234;tre l'une des grandes causes de leur quinquennat mais, visiblement, leur degr&#233; d'analyse est tr&#232;s limit&#233; puisqu'ils n'ont rien anticip&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La journaliste s'interroge notamment sur la r&#233;cente d&#233;claration de la secr&#233;taire d'&#201;tat, affirmant qu'en cas d'urgence les femmes pouvaient contacter le 17 : &#171; &lt;i&gt;Il faut tenir compte de la notion d'emprise psychologique. Appeler ce num&#233;ro est souvent le r&#233;sultat d'un processus dans lequel la famille ou les amis jouent un r&#244;le en alertant la victime sur son &#233;tat, ce qui est souvent devenu impossible avec le confinement. Certaines femmes n'ont d'ailleurs pas acc&#232;s &#224; leur t&#233;l&#233;phone et ne peuvent donc pas communiquer. Et quand bien m&#234;me elles parviendraient &#224; appeler le 17, je doute que la police ait chang&#233; ses pratiques : habituellement, beaucoup de femmes s'entendent dire de rentrer chez elle, d'attendre que &#231;a se calme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au sujet des dispositifs d'alerte mis en place dans les pharmacies et les centres commerciaux pour permettre aux femmes de donner l'alerte, Mathilde Bl&#233;zat reste sceptique : &#171; &lt;i&gt;&#199;a peut &#234;tre une bonne id&#233;e, mais apr&#232;s il y a quoi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s, il y a Marl&#232;ne Schiappa qui promet le financement de &#171; &lt;i&gt;20 000 nuit&#233;es d'h&#244;tel pour que les femmes puissent fuir l'homme violent&lt;/i&gt; &#187;. Un premier pas dont on attendait, &#224; l'heure o&#249; ces lignes &#233;taient &#233;crites, la mise en &#339;uvre effective.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre inqui&#233;tude : &#187; &lt;i&gt;Des situations de violences vont certainement &#233;merger chez des couples qui en &#233;taient jusque l&#224; pr&#233;serv&#233;s,&lt;/i&gt; s'alarme Mathilde Bl&#233;zat. &lt;i&gt;L'effet confinement joue sur les nerfs des gens. Les gosses augmentent d'autant plus le potentiel de p&#233;tage de plomb. M&#234;me sans passif.&lt;/i&gt; &#187; Pour preuve, en zone gendarmerie, les appels au 17 pour des faits de violence conjugale avaient bondi de 32 % au bout de la premi&#232;re semaine&lt;a href=&#034;#nb8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Confinement : les violences conjugales en hausse, un dispositif d'alerte (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#171; &lt;i&gt;On nous dira apr&#232;s qu'il y a eu des pots cass&#233;s comme il y en a toujours &#8220;&#224; la guerre&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, temp&#234;te l'autrice.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;IVG, un droit en danger&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Se pose aussi la question de l'acc&#232;s &#224; l'IVG, dont les conditions risquent de se d&#233;t&#233;riorer encore davantage pendant le confinement. Marl&#232;ne Schiappa et le ministre de la Sant&#233; Olivier V&#233;ran ont beau avoir r&#233;affirm&#233; que &#171; &lt;i&gt;les interruptions de grossesse sont consid&#233;r&#233;es comme des interventions urgentes&lt;/i&gt; &#187;, leurs d&#233;clarations se heurtent &#224; une r&#233;alit&#233; inqui&#233;tante : &#171; &lt;i&gt;&#199;a commence &#224; &#234;tre compliqu&#233; en Paca, notamment &#224; l'h&#244;pital d'Aix-en-Provence,&lt;/i&gt; explique Marion Mornet, du Planning familial de Marseille. &lt;i&gt;Entre les m&#233;decins malades et ceux qui se consacrent au Covid-19, on craint une saturation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre pr&#233;occupation : les mineures. Pourront-elles se rendre dans un centre de planification familiale ou &#224; l'h&#244;pital pour avorter ? Comment quitter la maison plusieurs heures quand on est clo&#238;tr&#233;e avec des parents qu'on ne souhaite pas informer de cette d&#233;cision ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce qui concerne les IVG chirurgicales r&#233;alis&#233;es sur des femmes atteintes du Covid-19, le protocole ne semble pas tr&#232;s clair. En t&#233;moignent les recommandations &#233;dict&#233;es le 17 mars par le Coll&#232;ge national des gyn&#233;cologues et obst&#233;triciens fran&#231;ais : &#171; &lt;i&gt;En cas de patiente Covid-19, report de l'acte en fonction de l'&#233;volution de l'&#233;tat de la patiente et du risque de contagiosit&#233;.&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;Ceci implique des situations o&#249; il y aura un risque de d&#233;passement du d&#233;lai l&#233;gal. Pour ces situations, en fonction de l'organisation des diff&#233;rents centres et leur environnement, il faudra&lt;/i&gt; [parfois] &lt;i&gt;reporter l'IVG quitte &#224; ce qu'elle devienne une IMG.&lt;/i&gt; &#187; Sauf qu'en temps normal, les interventions m&#233;dicales de grossesse (IMG), possibles jusqu'&#224; terme, ne sont justifi&#233;es que si la sant&#233; de la femme ou du f&#339;tus est en danger. Surtout, elles d&#233;pendent de l'avis d'un staff de m&#233;decins : &#171; &lt;i&gt;C'est tr&#232;s subjectif,&lt;/i&gt; rappelle Marion Mornet. &lt;i&gt;C'est de la bidouille, l'IMG n'est pas faite pour &#231;a et il n'y a aucune garantie que tous les m&#233;decins joueront le jeu.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;pondre en partie &#224; la situation, plusieurs d&#233;put&#233;s ont propos&#233; un amendement &#224; la loi d'urgence contre le Covid-19, afin que le d&#233;lai l&#233;gal d'acc&#232;s &#224; l'IVG soit repouss&#233; de deux semaines. La mesure a &#233;t&#233; rejet&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Des travailleuses invisibles&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans les m&#233;dias, les articles sur les travailleuses &#171; en premi&#232;re ligne &#187; face au coronavirus se succ&#232;dent. Partout, on parle de ces infirmi&#232;res, aides &#224; domiciles, professeures des &#233;coles ou encore caissi&#232;res qui se rendent chaque jour au turbin la boule au ventre, craignant d'&#234;tre contamin&#233;es ou de contaminer elles-m&#234;mes les personnes avec lesquelles elles sont en contact. Malgr&#233; la d&#233;ferlante de textes consacr&#233;s au sujet, certaines manquent encore &#224; l'appel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parmi elles, les professionnelles charg&#233;es de l'entretien des h&#244;pitaux, qui officient dans l'ombre. Dans un avis publi&#233; le 18 f&#233;vrier dernier, le Haut Conseil de la sant&#233; publique pr&#233;conisait d&#233;j&#224; aux agents le port d'&#233;quipements de protection individuelle. Sachant qu'aujourd'hui, les soignants eux-m&#234;mes manquent de masques, on doute que ces recommandations soient mises en pratique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre profession, autres probl&#232;mes, m&#234;me constat d'invisibilit&#233; : la situation des travailleuses du sexe et notamment des prostitu&#233;es a de quoi inqui&#233;ter. Face &#224; l'ampleur de la pand&#233;mie, le Strass, le syndicat du travail sexuel, a appel&#233; &#224; cesser le travail. Les travailleuses&lt;a href=&#034;#nb8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Et les travailleurs.&#034; id=&#034;nh8-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; qui b&#233;n&#233;ficient du statut d'auto-entrepreneuse pourront toujours recourir au fonds de solidarit&#233; mis en place pour les ind&#233;pendants. Mais pour elles comme pour les autres, les cons&#233;quences de l'arr&#234;t brutal de l'activit&#233; se font d&#233;j&#224; sentir. C'est ce qu'explique Ana&#239;s de Lenclos, porte-parole du syndicat : &#171; &lt;i&gt;Depuis la loi d'avril 2016 sur la p&#233;nalisation des clients, les travailleuses du sexe sont tomb&#233;es dans la pr&#233;carit&#233; : elles sont &#224; flux tendu et n'ont plus de matelas de s&#233;curit&#233;. D&#232;s le d&#233;but du confinement, certaines ne pouvaient plus payer ni leur loyer, ni leur nourriture. Quant &#224; celles qui vivent &#224; l'h&#244;tel, beaucoup ont &#233;t&#233; mises dehors parce qu'elles ne pouvaient plus r&#233;gler leur chambre ou que les &#233;tablissements ont ferm&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Pour parer au plus press&#233;, le Strass a mis en place une cagnotte solidaire : &#171; &lt;i&gt;On a &#233;t&#233; heureusement surpris par les dons mais c'est insuffisant par rapport aux besoins r&#233;els, sachant qu'on a &#224; peine de quoi payer des paniers-repas&lt;/i&gt; &#187;, rapporte Ana&#239;s de Lenclos. En fulminant : &#171; &lt;i&gt;Et l&#224;, tu n'entends ni les associations abolitionnistes ni l'&#201;tat&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Il y a encore beaucoup de femmes dehors &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; la crise sanitaire, les femmes qui vivent dans la rue sont elles aussi vuln&#233;rables. Si en temps normal leur s&#233;curit&#233; n'est pas forc&#233;ment assur&#233;e dans cet univers largement masculin, la situation actuelle renforce le danger, comme l'explique une travailleuse sociale de La Draille, une structure marseillaise qui h&#233;berge des femmes &#224; la rue avec leurs enfants : &#171; &lt;i&gt;On craint une augmentation des violences et des d&#233;compensations.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, impossible de mettre tout le monde &#224; l'abri. &#171; &lt;i&gt;Il y a encore beaucoup de femmes dehors et on est archi complet. On ne peut plus accueillir personne et le premier week-end, le 115 &#233;tait tellement surbook&#233; qu'il &#233;tait impossible de le joindre&lt;/i&gt; &#187;, t&#233;moigne la travailleuse sociale. Avant de conclure : &#171; &lt;i&gt;Clairement, les politiques ne mettent pas les moyens.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb8-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.francetvinfo.fr/sante/maladie/coronavirus/coronavirus-marlene-schiappa-assure-que-le-3919-fonctionne-toujours-et-quun-plan-de-continuite-sera-mis-en-place_3873695.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Coronavirus : Marl&#232;ne Schiappa assure que le 39-19 &#8220;fonctionne toujours&#8221; et qu'un &#8220;plan de continuit&#233;&#8221; sera mis en place&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Francetvinfo.fr&lt;/i&gt; (18/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article &#171; &#8220;Notre corps, nous-m&#234;mes&#8221;, entre intime et politique &#187; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176; 185, mars 2020), consacr&#233; &#224; ce manuel collaboratif qui fait figure de r&#233;f&#233;rence en mati&#232;re d'&#233;mancipation f&#233;minine.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/03/27/confinement-un-dispositif-d-alerte-dans-les-pharmacies-pour-les-femmes-violentees_6034583_3224.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Confinement : les violences conjugales en hausse, un dispositif d'alerte mis en place dans les pharmacies&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(27/03/2020).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Et les travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; De la remarque graveleuse au viol caract&#233;ris&#233; &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/De-la-remarque-graveleuse-au-viol</link>
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		<dc:date>2020-03-24T04:30:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Dans leur livre La Guerre invisible, Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual racontaient en 2014 les violences sexuelles et le sexisme subis par les femmes engag&#233;es dans l'arm&#233;e. Six ans apr&#232;s leur enqu&#234;te, la donne a-t-elle chang&#233; ? D&#233;but de r&#233;ponse avec Le&#239;la Mi&#241;ano. &#171; Sur le terrain, il n'y a plus d'hommes ou de femmes, il n'y a que des soldats &#187;. Question f&#233;minisation des arm&#233;es, la communication du minist&#232;re est bien rod&#233;e : l'op&#233;ration est un franc succ&#232;s. Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no185-mars-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;185 (mars 2020)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Pole-Ka" rel="tag"&gt;Pole Ka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences" rel="tag"&gt;violences&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/guerre" rel="tag"&gt;guerre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/militaires" rel="tag"&gt;militaires&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-armee" rel="tag"&gt;l'arm&#233;e&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/violences-sexuelles" rel="tag"&gt;violences sexuelles&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans leur livre &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt;, Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual racontaient en 2014 les violences sexuelles et le sexisme subis par les femmes engag&#233;es dans l'arm&#233;e. Six ans apr&#232;s leur enqu&#234;te, la donne a-t-elle chang&#233; ? D&#233;but de r&#233;ponse avec Le&#239;la Mi&#241;ano.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3272 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH656/-1478-67187.jpg?1768653471' width='400' height='656' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pole Ka
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; S&lt;/span&gt;&lt;i&gt;ur le terrain, il n'y a plus d'hommes ou de femmes, il n'y a que des soldats&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Titre d'un article de propagande publi&#233; sur le site du minist&#232;re de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh9-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;. Question f&#233;minisation des arm&#233;es, la communication du minist&#232;re est bien rod&#233;e : l'op&#233;ration est un franc succ&#232;s. Les chiffres parlent d'eux-m&#234;mes : de 7,7 % en 1997, la part des femmes au sein des troupes est pass&#233;e &#224; 15,5 %&lt;a href=&#034;#nb9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'arm&#233;e fran&#231;aise est la plus f&#233;minis&#233;e d'Europe.&#034; id=&#034;nh9-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; en 2018. Mais derri&#232;re l'&#233;cran de fum&#233;e statistique se cache une r&#233;alit&#233; moins reluisante : celle des violences sexistes et sexuelles v&#233;cues par les femmes militaires. Un ph&#233;nom&#232;ne mis en lumi&#232;re par Le&#239;la Mi&#241;ano et Julia Pascual dans leur livre &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt; (Les Ar&#232;nes/Causette).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'un t&#233;moignage &#224; l'autre, on y apprend qu'en op&#233;rations ext&#233;rieures (Opex), des recrues compriment leur poitrine avec des bandeaux pour &#233;viter les sollicitations permanentes ; que sur les bancs du lyc&#233;e militaire du Prytan&#233;e (Sarthe), les &#233;tudiantes&lt;a href=&#034;#nb9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Au m&#234;me titre que des &#233;trangers et d'autres personnes jug&#233;es &#171; diff&#233;rentes &#187;.&#034; id=&#034;nh9-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; se font appeler &#171; &lt;i&gt;les souzes&lt;/i&gt; &#187; en r&#233;f&#233;rence au &lt;i&gt;sous-homme&lt;/i&gt; de l'id&#233;ologie nazie ; qu'en caserne, certaines militaires se r&#233;veillent le matin avec du sperme coll&#233; dans les cheveux quand d'autres sont victimes de viols lors de soir&#233;es arros&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2013, ann&#233;e o&#249; les journalistes ont men&#233; leur enqu&#234;te, il n'existait aucune &#233;tude de r&#233;f&#233;rence, aucune donn&#233;e chiffr&#233;e sur ces violences. L'ouvrage a contraint la Grande Muette &#224; passer &#224; table. En partie du moins.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre livre, vous dressez un constat implacable : l'arm&#233;e fran&#231;aise est gangren&#233;e par le sexisme...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ce sexisme est une gradation de violences allant de la remarque graveleuse au viol caract&#233;ris&#233;. Il est une mani&#232;re de dire aux femmes qu'elles n'ont pas leur place au sein de l'arm&#233;e, cens&#233;e rester un bastion masculin. Tout cela est en partie li&#233; &#224; la f&#233;minisation tardive de l'arm&#233;e fran&#231;aise : &#224; la fin du service militaire, la perte d'effectifs a &#233;t&#233; telle qu'int&#233;grer des femmes est devenu une question de survie pour l'institution. Cette f&#233;minisation n'a donc pas r&#233;pondu &#224; une volont&#233; politique. Personne n'y &#233;tait pr&#233;par&#233;, ce qui a donn&#233; lieu &#224; un rejet puissant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les femmes ont fait leur entr&#233;e dans les grandes &#233;coles militaires d&#232;s 1977, mais elles n'y sont toujours pas les bienvenues...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Ces &#233;tablissements prestigieux forment ceux qui vont diriger l'arm&#233;e : ils auront donc un r&#244;le d&#233;terminant dans l'acceptation des femmes. Le probl&#232;me est que la plupart des &#233;l&#232;ves sont issus de familles d'officiers [&lt;i&gt;lire aussi en page V&lt;/i&gt;]. Parmi eux, il y a des minorit&#233;s agissantes qui h&#233;ritent de valeurs r&#233;actionnaires, penchant m&#234;me parfois vers la pens&#233;e n&#233;onazie. Leur l&#233;gitimit&#233; est tr&#232;s forte et leurs id&#233;es irradient toute l'institution... Depuis longtemps, il y a des cas de harc&#232;lement sexuel dans ces &#233;coles ; on l'a vu encore d&#233;but f&#233;vrier au lyc&#233;e de Saint-Cyr, dans les Yvelines. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De nombreuses militaires sont victimes de harc&#232;lement sexuel. &#192; l'&#233;poque de votre enqu&#234;te, ce d&#233;lit n'&#233;tait pas reconnu par l'arm&#233;e...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Officiellement, il n'y avait pas de violences sexuelles au sein de l'arm&#233;e fran&#231;aise. On savait ce qu'il se passait dans l'arm&#233;e am&#233;ricaine, mais les dirigeants arguaient que la France y &#233;chappait parce que l'Am&#233;rique, c'est autre chose : &#8220;Ils sont puritains et ont un probl&#232;me avec le sexe.&#8221; Dans les faits, ces affaires existaient mais se r&#233;glaient en interne. Pour des cas de harc&#232;lement, certains prenaient quarante jours de mise &#224; pied, d'autres dix. Il n'y avait ni coh&#233;rence ni sanctions lisibles et le harc&#232;lement sexuel n'&#233;tait pas inscrit dans le Code de la d&#233;fense. Depuis la parution de &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt;, c'est un peu diff&#233;rent. Aujourd'hui, il y a beaucoup plus de proc&#232;s judiciaires pour ce genre de faits qu'en 2013. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En cas de viol, rares sont celles qui se confient &#224; leur hi&#233;rarchie... &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; De mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, peu de femmes portent plainte : l'arm&#233;e n'&#233;chappe pas &#224; la r&#232;gle. Une femme militaire risque aussi des repr&#233;sailles : on s'attaque &#224; sa carri&#232;re ou &#224; sa personne physique car elle a mis en cause la hi&#233;rarchie. Tout ce qui se passe dans un r&#233;giment rel&#232;ve de la responsabilit&#233; d'un chef : si un viol s'est produit, c'est qu'il a mal fait son travail. Il n'a donc aucun int&#233;r&#234;t &#224; ce que l'affaire s'&#233;bruite. En parlant, la femme casse aussi la coh&#233;sion du groupe. Or cette coh&#233;sion, la hi&#233;rarchie en a besoin : c'est ce qui fait que tout le monde avance comme un seul homme quand les ordres sont donn&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a boug&#233; depuis 2014 ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La parole s'est lib&#233;r&#233;e de la m&#234;me mani&#232;re que dans toute la soci&#233;t&#233; apr&#232;s &lt;i&gt;#MeToo&lt;/i&gt;. Pour la reconnaissance de l'existence de ces violences au sein de l'institution, &lt;i&gt;La Guerre invisible&lt;/i&gt; a &#233;t&#233; une premi&#232;re pierre &#224; l'&#233;difice. Un mois apr&#232;s la parution, il y avait un rapport et un plan d'action sur la table. Sauf que, dans les faits, &#231;a reste limit&#233;. Par exemple, la mise en place de Th&#233;mis [&lt;i&gt;cellule de signalement des actes sexistes au sein du minist&#232;re de la D&#233;fense&lt;/i&gt;] est une belle escroquerie. On attendait une cellule d'&#233;coute ext&#233;rieure &#224; l'arm&#233;e fran&#231;aise. Au lieu de &#231;a, ce sont des g&#233;n&#233;raux qui d&#233;crochent quand on appelle, pas des psychologues form&#233;s pour recueillir la parole de victimes. L'anonymat n'est pas non plus respect&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En 2018, Th&#233;mis a recens&#233; 97 faits, dont 5 viols ou tentatives de viol, 18 agressions sexuelles et 47 cas de harc&#232;lement sexuel. Est-ce que ces chiffres refl&#232;tent la r&#233;alit&#233; ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au moins il y a des chiffres, alors qu'avant il n'y avait aucune donn&#233;e. Mais &#231;a s'inscrit dans la sous-d&#233;claration g&#233;n&#233;rale des faits de violences sexuelles. C'est certainement beaucoup plus. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les militaires fran&#231;aises ne sont pas les seules &#224; subir des agressions : en Opex, les civiles qui vivent sur les zones d'intervention en font aussi les frais...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Sachant qu'on commence &#224; peine &#224; comprendre que ce n'est pas bien de violer une militaire fran&#231;aise, ce n'est pas demain la veille qu'on punira des hommes en armes pour avoir viol&#233; des civiles sur le terrain. Toutes les plaintes sont class&#233;es et l'opinion publique s'en fout. Parce qu'on parle de femmes qui sont &#224; des milliers de kilom&#232;tres et que beaucoup consid&#232;rent que c'est normal, que la guerre produit ce genre de choses, que les soldats ont de tout temps viol&#233; les femmes et eu recours &#224; la prostitution. On appelle m&#234;me cela &#8220;le repos du guerrier&#8221;, comme s'il s'agissait d'un besoin vital pour lui, au m&#234;me titre que manger un bon plat. Longtemps [&lt;i&gt;jusqu'aux ann&#233;es 1990&lt;/i&gt;] il a exist&#233; des bordels militaires de campagne : l'&#201;tat fran&#231;ais assurait le r&#244;le de prox&#233;n&#232;te. Il y a une admission collective de ce qu'on appelle la prostitution de survie : on ne remet pas en cause le fait d'&#233;changer un rapport sexuel avec une mineure contre une bouteille d'eau. Dans une situation de conflit, avec des hommes en armes et des populations accul&#233;es par la peur et la faim, la barri&#232;re entre viol et prostitution devient t&#233;nue. Quel choix r&#233;el a une femme ou un enfant quand il n'a plus de quoi se nourrir ? La complaisance vis-&#224;-vis de ces actes est plus palpable encore dans les guerres africaines du fait de l'histoire coloniale de la France. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment agir contre ces violences ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'ai r&#233;cemment &#233;t&#233; auditionn&#233;e au S&#233;nat au c&#244;t&#233; de professeurs de droit international sur la fa&#231;on d'endiguer le viol de guerre &#224; l'&#233;chelle internationale. J'ai parl&#233; des violences sexuelles commises par l'arm&#233;e fran&#231;aise en Opex. Les professeurs expliquaient que le viol &#233;tait d&#233;j&#224; interdit dans le Code p&#233;nal, qu'il fallait maintenant passer &#224; l'&#233;tape d'apr&#232;s : appliquer la loi. En face, ils voulaient l&#233;gif&#233;rer pour pouvoir jouer les d&#233;fenseurs de la veuve et de l'orphelin. Je leur ai r&#233;torqu&#233; qu'en dehors de la formation des militaires et des sanctions contre les auteurs de violences, qui restent en majeure partie impunies, il existait un truc qui ne co&#251;terait pas un radis et qui serait un message fort &#224; envoyer aux troupes : des excuses publiques de la France pour les viols de masse commis par ses troupes en Italie en 1944 &#224; la Lib&#233;ration. On m'a r&#233;pondu qu'on n'&#233;tait pas l&#224; pour refaire l'histoire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb9-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Titre d'un article de propagande publi&#233; sur le site du minist&#232;re de la D&#233;fense (09/10/2017).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'arm&#233;e fran&#231;aise est la plus f&#233;minis&#233;e d'Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb9-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh9-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 9-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Au m&#234;me titre que des &#233;trangers et d'autres personnes jug&#233;es &#171; diff&#233;rentes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Chez les k&#233;pis, des femmes et des bleus</title>
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		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


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&lt;p&gt;Silence, on cogne &#8211; Enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers : un titre explicite pour un livre uppercut qui s'attaque de front &#224; un sujet tabou. T&#233;moignages et expertises &#224; l'appui, Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard y racontent l'esprit de corps et le sexisme qui r&#232;gnent en ma&#238;tres au sein d'institutions pr&#234;tes &#224; tout pour pr&#233;server un semblant de r&#233;putation. Propositions de loi, budget, num&#233;ro vert : ces derniers temps, les politiques ont mis (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no183-janvier-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;183 (janvier 2020)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bouquin" rel="tag"&gt;Bouquin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sarah-Fisthole" rel="tag"&gt;Sarah Fisthole&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;Silence, on cogne &#8211; Enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers&lt;/i&gt; : un titre explicite pour un livre uppercut qui s'attaque de front &#224; un sujet tabou. T&#233;moignages et expertises &#224; l'appui, Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard y racontent l'esprit de corps et le sexisme qui r&#232;gnent en ma&#238;tres au sein d'institutions pr&#234;tes &#224; tout pour pr&#233;server un semblant de r&#233;putation.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3287 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH572/-1492-8e9f1.jpg?1768650380' width='400' height='572' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Sarah Fisthole
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;P&lt;/span&gt;ropositions de loi, budget, num&#233;ro vert : ces derniers temps, les politiques ont mis le paquet pour montrer qu'ils s'int&#233;ressent aux violences conjugales. Un Grenelle et deux mois de d&#233;bat plus tard, les mesures mises en place sont minimes, mais un d&#233;but de prise de conscience semble avoir eu lieu. Toujours rien en revanche sur les violences commises, au sein de leur foyer, par des fonctionnaires en uniforme, qu'ils soient flics ou militaires. Alors que l'Uruguay, l'Angleterre ou encore l'Afrique du Sud se sont depuis longtemps pench&#233;s sur la question, en France c'est la loi du silence. Une omerta que la journaliste Sophie Boutboul et l'ex-femme de gendarme Aliz&#233; Bernard viennent de briser avec leur livre&lt;i&gt; Silence on cogne &#8211; enqu&#234;te sur les violences conjugales subies par des femmes de gendarmes et de policiers &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Grasset, 2019.&#034; id=&#034;nh10-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Faute de donn&#233;es chiffr&#233;es, difficile de mesurer l'ampleur du ph&#233;nom&#232;ne. Mais pour les deux auteures, aucun doute : au regard de ce qui fait le terreau des violences conjugales, flics et gendarmes ont tout des &lt;i&gt;parfaits clients&lt;/i&gt;. Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard rappellent en effet que les &#171; &lt;i&gt;personnes qui travaillent dans un contexte dans lequel elles ont du pouvoir&lt;/i&gt; &#187; sont plus enclines aux violences conjugales. Or, c'est le cas des policiers et des militaires qui &#171; &lt;i&gt;repr&#233;sentent l'ordre dans leur quotidien&lt;/i&gt; [et dont les] &lt;i&gt;interlocuteurs au travail n'ont qu'une seule possibilit&#233; : s'incliner, se soumettre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D'apr&#232;s une avocate interrog&#233;e par Sophie Boutboul.&#034; id=&#034;nh10-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sans oublier que, d'apr&#232;s la psychiatre Marie-France Hirigoyen, &#171; &lt;i&gt;les comportements violents s'acqui&#232;rent par l'observation des autres et se maintiennent s'ils sont valoris&#233;s socialement&lt;/i&gt; &#187;. Le fait de baigner dans un environnement fortement dos&#233; en sexisme aggraverait donc les risques. Chez les gendarmes, dont l'instruction est dispens&#233;e par des militaires de haut rang, &#171; &lt;i&gt;traditionalistes, voire cathos int&#233;gristes&lt;/i&gt; &#187;, on &#171; &lt;i&gt;&#233;duque &#224; exercer des discriminations. Ce qui fait que m&#234;me des personnes qui ne seraient pas sexistes sont susceptibles de le devenir.&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon la journaliste Le&#239;la Minano, cit&#233;e dans le livre.&#034; id=&#034;nh10-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; un machisme si fermement arrim&#233; qu'on peut encore croiser, accroch&#233;es au mur de certaines casernes, des plaques au message gla&#231;ant : &#171; &lt;i&gt;Les chiens sont accept&#233;s, les femmes sont tol&#233;r&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Rappelant que &#171; &lt;i&gt;plusieurs rapports et livres se penchent sur le profond &#8220;malaise&#8221; ressenti par les membres des forces de l'ordre&lt;/i&gt; &#187;, Sophie Boutboul interroge : pourquoi n'y a-t-il rien &#171; &lt;i&gt;sur celui de la personne qui partage leur vie&lt;/i&gt; &#187; ? La question est &#233;pineuse : prendre le probl&#232;me &#224; bras le corps exigerait de lever le voile sur &#171; &lt;i&gt;un syst&#232;me impliquant la complicit&#233; de certains coll&#232;gues, d'une partie de la hi&#233;rarchie, de l'institution et m&#234;me de la justice&lt;/i&gt; &#187;. Des plaintes d&#233;pos&#233;es qui finissent &#224; la poubelle, des cl&#233;s USB remplies d'enregistrements de menaces de mort rendues vides &#224; leur propri&#233;taire ou encore des lettres adress&#233;es &#224; l'IGGN (Inspection g&#233;n&#233;rale de la gendarmerie nationale) qui se retrouvent entre les mains des accus&#233;s : sous la plume de Sophie Boutboul, les exemples de corporatisme crasse s'accumulent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me topo du c&#244;t&#233; de la justice. Comme l'explique la journaliste, certains procureurs ne se donnent m&#234;me pas la peine de d&#233;payser l'affaire et confient aux coll&#232;gues du pr&#233;venu la charge de mener l'enqu&#234;te. Dans d'autres cas, des agents incrimin&#233;s &#233;copent de simples rappels &#224; la loi prononc&#233;s dans des tribunaux vides, en milieu de soir&#233;e, histoire de s'assurer que l'affaire ne fera pas trop de bruit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En plus des histoires glan&#233;es dans la presse r&#233;gionale, des t&#233;moignages de policiers, de militaires, de magistrats, de psys et de chercheurs, l'enqu&#234;te de Sophie Boutboul et Aliz&#233; Bernard restitue la parole de dizaines de femmes qui &#171; &lt;i&gt;nous invitent dans l'intimit&#233; de leur foyer et reviennent dans les bureaux &#233;troits de commissariats ou de gendarmeries o&#249; elles ont tent&#233; de d&#233;poser plainte, parfois en vain&lt;/i&gt; &#187;. De quoi faire gamberger la secr&#233;taire d'&#201;tat Marl&#232;ne Schiappa qui, au sortir du Grenelle des violences conjugales, confiait &#234;tre favorable &#224; la confiscation, d&#232;s la premi&#232;re plainte, des armes &#224; feu d&#233;tenues par les auteurs desdites violences. Un bon moyen de d&#233;sarmer la police.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb10-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Grasset, 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D'apr&#232;s une avocate interrog&#233;e par Sophie Boutboul.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb10-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh10-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 10-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon la journaliste Le&#239;la Minano, cit&#233;e dans le livre.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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