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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>No&#235;l en Palestine</title>
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		<dc:creator>Pierre Stambul</dc:creator>


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&lt;p&gt;Du 20 d&#233;cembre 2015 au 5 janvier 2016, Pierre Stambul, militant de l'[Union juive fran&#231;aise pour la paix-&gt;http://www.ujfp.org (UJFP), a sillonn&#233; la Cisjordanie, mais aussi Isra&#235;l, &#224; la rencontre des Palestiniens et de militants anticolonialistes. Morceaux choisis d'un r&#233;cit de voyage &#233;difiant. 25 d&#233;cembre. Bil'in. Bil'in se situe &#224; 17&#8239;km de Ramallah, la capitale de la Cisjordanie. Nous sommes accueillis par Abdallah Abou Rahma, qui pr&#233;side le comit&#233; populaire cr&#233;&#233; il y a onze ans, au (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Du 20 d&#233;cembre 2015 au 5 janvier 2016, Pierre Stambul, militant de l'&lt;a href=&#034;http://www.ujfp.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Union juive fran&#231;aise pour la paix&lt;/a&gt; (UJFP), a sillonn&#233; la Cisjordanie, mais aussi Isra&#235;l, &#224; la rencontre des Palestiniens et de militants anticolonialistes. Morceaux choisis d'un r&#233;cit de voyage &#233;difiant.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2144 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH300/-418-f3574.jpg?1768653713' width='400' height='300' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Pierre Stambul.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;25 d&#233;cembre. Bil'in.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bil'in se situe &#224; 17&#8239;km de Ramallah, la capitale de la Cisjordanie. Nous sommes accueillis par Abdallah Abou Rahma, qui pr&#233;side le comit&#233; populaire cr&#233;&#233; il y a onze ans, au moment de l'implantation de la colonie juive de Mod'in Ilit. En 2005, les Isra&#233;liens ont b&#226;ti une portion du mur de s&#233;paration qui spoliait 58 % des terres de ce village de 2 000 habitants. Apr&#232;s un jugement favorable de la Cour isra&#233;lienne, les villageois ont pu r&#233;cup&#233;rer une partie de leurs terres, mais les autorit&#233;s ont mis quatre ans &#224; d&#233;monter l'ancien mur pour le reconstruire un kilom&#232;tre plus loin. 25 % des terres initialement vol&#233;es sont encore derri&#232;re ce mur. Sur les terres r&#233;cup&#233;r&#233;es, les villageois ont replant&#233; des oliviers (beaucoup avaient &#233;t&#233; br&#251;l&#233;s), install&#233; l'&#233;lectricit&#233;, une piscine, un jardin d'enfant&#8230; La lutte des villageois de Bil'in a &#233;t&#233; popularis&#233;e par le documentaire &lt;i&gt;Cinq cam&#233;ras bris&#233;es&lt;/i&gt; (2011) d'Emad Burnat et Guy Davidi, qui a re&#231;u plusieurs prix et a m&#234;me &#233;t&#233; nomin&#233; aux Oscars en 2013. En onze ans de lutte, Bil'in a vu 200 de ses habitants emprisonn&#233;s et connu deux morts violentes. Au moment de la construction du mur, il y avait des manifestations quotidiennes, assez m&#233;diatis&#233;es. Mais pour durer, il a fallu imaginer des modes d'action in&#233;dits autour de la traditionnelle manifestation du vendredi. D&#232;s le d&#233;but, le comit&#233; de Bil'in s'est adress&#233; aux militants internationaux et aux Isra&#233;liens anticolonialistes. Cette coop&#233;ration ne s'est jamais d&#233;mentie. Notre h&#244;te a pass&#233; un an et demi en prison. Des gosses avaient t&#233;moign&#233; sous la contrainte qu'il les obligeait &#224; lancer des pierres. Tsahal a d&#233;barqu&#233; chez lui. Il a pu s'enfuir, mais les soldats ont brutalis&#233; ses voisins et tout saccag&#233;. Avec sa famille, il s'est r&#233;fugi&#233; &#224; Ramallah. Abdallah a re&#231;u &#224; Gen&#232;ve le titre de &#171; d&#233;fenseur des droits humains &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour la manifestation pr&#233;vue ce jour-l&#224;, notre guide et un autre villageois ont rev&#234;tu un costume de P&#232;re No&#235;l de circonstance. Dans la manif, une trentaine de villageois, de nombreux enfants avec des frondes, une dizaine d'internationaux, dont un jeune de Chicago de Jewish Voice for Peace avec une pancarte &#171; Encore un juif pour la Palestine &#187;. &#192; 100 m&#232;tres, les soldats se sont d&#233;ploy&#233;s sur le trac&#233; de l'ancien mur pour emp&#234;cher la manif d'approcher. Les tirs de lacrymos se font sans sommation. Devant, notre P&#232;re No&#235;l harangue les soldats : &#171; &lt;i&gt;C'est mon pays, je suis non violent !&lt;/i&gt; &#187; En face, les soldats hurlent : &#171; &lt;i&gt;Foutez le camp, c'est une zone militaire interdite !&lt;/i&gt; &#187; Entre les oliviers, les enfants font siffler leurs frondes et les soldats nous arrosent de lacrymos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la manif, Abdallah nous emm&#232;nera bien au-del&#224; de l'endroit d'o&#249; les soldats nous canardaient. On d&#233;couvre l'&#233;tendue de la zone reconquise, le mur avec ses graffitis et derri&#232;re, l'immense colonie ill&#233;gale de Mod'in Ilit, la plus grande en Cisjordanie, peupl&#233;e par plus de 50 000 juifs ultra-orthodoxes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;28 d&#233;cembre. Dheisheh&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Cisjordanie compte dix-neuf camps h&#233;bergeant plus de 176 500 r&#233;fugi&#233;s palestiniens. Avec A&#239;da et Azza, Dheisheh est un des trois camps de r&#233;fugi&#233;s de Bethl&#233;em. 14 000&#8239;habitants s'y entassent sur 0,5&#8239;km2. Une partie de la population a migr&#233; de l'autre c&#244;t&#233; de la rue, dans la cit&#233; Al-Doha, mais il faut avoir un emploi et un salaire correct pour payer le loyer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du haut d'une maison en construction, au sommet du camp, on peut voir plusieurs des colonies qui encerclent Bethl&#233;em : Gush Etsion, Efrat, Atsion, Ben Eim, Har Homa. Ma'an, qui fait ses &#233;tudes &#224; Boston en relations internationales, nous fait visiter le camp, qui n'est aliment&#233; en eau que tous les vingt et un jours. Il faut stocker et g&#233;rer. Le jour de notre arriv&#233;e, l'eau vient d'arriver et de nombreux lavages en attente ont lieu. Il y a bien une citerne au sommet de la colline, mais chaque fois que les Palestiniens ont voulu l'utiliser, elle a &#233;t&#233; mitraill&#233;e. Dheisheh refuse de payer l'eau et l'&#233;lectricit&#233;, qui est r&#233;guli&#232;rement coup&#233;e. Actuellement, des incursions quasi quotidiennes des soldats isra&#233;liens ont lieu la nuit vers trois heures du matin, avec pour objectif des arrestations cibl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La veille, le corps du jeune Mahmoud, seize ans, abattu &#224; J&#233;rusalem, a &#233;t&#233; rendu &#224; sa famille. Les autorit&#233;s isra&#233;liennes l'ont gard&#233; un mois. La restitution se fait sous conditions : un enterrement de nuit, pas d'autopsie (sinon, la famille peut &#234;tre arr&#234;t&#233;e et sa maison d&#233;truite), et du coup les gens sont persuad&#233;s qu'il y a eu pr&#233;l&#232;vement d'organes. Des milliers de manifestants ont accompagn&#233; Mahmoud au cimeti&#232;re. La question des d&#233;molitions est omnipr&#233;sente &#224; Dheisheh. En 2002, comme &#224; J&#233;nine, les chars ont p&#233;n&#233;tr&#233; dans le camp et d&#233;truit plusieurs maisons. Au milieu du camp, on voit un terrain vague. La maison d'un prisonnier a &#233;t&#233; d&#233;truite et reconstruite par trois fois. Finalement, la famille a reconstruit &#224; c&#244;t&#233;. &#192; chaque destruction, les maisons voisines ont &#233;t&#233; endommag&#233;es. Ce qui frappe &#224; Dheisheh, ce sont les innombrables graffitis, souvent artistiques. Il existe une &#233;cole pour r&#233;aliser ces peintures. Les th&#232;mes sont nombreux, parfois humoristiques : Handala (une sorte de Mafalda palestinien), &#171; &lt;i&gt;No good morning, no good night, we will fight&lt;/i&gt; &#187;, une petite fille fouillant un soldat isra&#233;lien les bras en l'air&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;29 d&#233;cembre. H&#233;bron.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a beau conna&#238;tre la ville, avoir lu, vu des vid&#233;os, on est vite saisi par l'effroi, l'&#233;motion et la col&#232;re. En arrivant de Bethl&#233;em, tout semble normal. Pas de check-point, l'usine des souffleurs de verre, qui ont fait la r&#233;putation de la ville fonctionne normalement. Puis, juste &#224; l'entr&#233;e de la vieille ville, apparaissent les premiers blocs de b&#233;ton qui interdisent l'entr&#233;e de la rue Shahouda.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelques chiffres : 200 000 habitants &#224; H&#233;bron (250 000 dans l'agglom&#233;ration). 25 000 r&#233;fugi&#233;s dans deux camps et 30 000 autres dans le reste de la ville. 700 colons dans la vieille ville, fanatiques et arm&#233;s. Et 2 000 soldats pour les prot&#233;ger, ou plut&#244;t pour les seconder dans leurs agressions, devrait-on dire. En tout, 20 000 colons sont install&#233;s dans le district d'H&#233;bron, la plus grosse colonie &#233;tant Kiriat Arba. Depuis d&#233;but octobre, 55 Palestiniens ont &#233;t&#233; tu&#233;s dans le district.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes accueillis &#224; l'association Youth against settlements (&#171; la jeunesse contre les colonies &#187;) par Ibrahim&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Ind&#233;pendante de l'Autorit&#233; palestinienne et des partis politiques, l'association ne vit que de donations. Pr&#244;nant la r&#233;sistance non violente, elle a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e en 2007 et Ibrahim consid&#232;re que la situation est dix fois pire aujourd'hui. Les colons sont de plus en plus nombreux et de plus en plus violents. Il esp&#232;re que la communaut&#233; internationale &#171; &lt;i&gt;finira par sanctionner ce gouvernement d'extr&#234;me droite&lt;/i&gt; &#187;. Il pense que les campagnes Boycott-D&#233;sinvestissement-Sanctions ne suffisent pas. Il est pour le lobbying et pense qu'il faudrait utiliser les m&#234;mes moyens que les sionistes, qui intimident quiconque critique Isra&#235;l. Lui-m&#234;me intervient sur les pages Facebook des militaires ou des colons pour d&#233;noncer leurs exactions. Le d&#233;bat sur un &#201;tat ou deux &#201;tats lui para&#238;t d&#233;connect&#233; de la r&#233;alit&#233;. Il insiste sur les buts de la lutte : l'&#233;galit&#233; des droits et l'autod&#233;termination. C'est Mohamed&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui va nous guider &#224; travers la vieille ville. D'autres internationaux se joignent &#224; nous.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les colons sont arriv&#233;s en 1983. Ils ont d'abord occup&#233; des maisons vides, avant de s'emparer de tout le centre historique. Apr&#232;s le massacre de 1994 dans le caveau des Patriarches, H&#233;bron a &#233;t&#233; divis&#233; en secteurs et des check-points se sont implant&#233;s partout. On en passe une vingtaine sur &#224; peine un kilom&#232;tre. Au lieu de juguler les colons, Rabin s'en est pris &#224; la population autochtone. Il y avait autrefois 50 000 habitants dans la vieille ville, il en reste 5 000. 1 800 magasins ont d&#251; fermer, des centaines de commerces ont leurs portes soud&#233;es. Nous croisons des commer&#231;ants ruin&#233;s, sans clients (car les issues de cette partie du souk sont ferm&#233;es), nous suppliant d'acheter quelque chose. Les deux colonies du centre sont Beit Hadassa et Beit Romano.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous faisons une incursion dans la partie isra&#233;lienne. &#171; &lt;i&gt;Welcome in Isra&#235;l&lt;/i&gt; &#187;, nous lance un colon. Pour nous rendre au tr&#232;s disput&#233; caveau des Patriarches, nous rejoignons un groupe de volontaires d'ISM (International Solidarity Movement). Ce sont des jeunes venus de plusieurs pays (&#201;tats-Unis, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie, Danemark) qui veulent t&#233;moigner du harc&#232;lement quotidien de la population. Ils filment et prennent des photos. Une de leurs militantes am&#233;ricaines, Rachel Corrie, est morte en 2003, &#233;cras&#233;e par un bulldozer isra&#233;lien en essayant d'emp&#234;cher la destruction de la maison d'un m&#233;decin palestinien &#224; Gaza. Elle avait vingt-trois ans. Le passage du check-point de la mosqu&#233;e d'Abraham se fait sans difficult&#233;. Une des soldats est fran&#231;aise, de Paris. Aujourd'hui, les deux tiers de la mosqu&#233;e ont &#233;t&#233; transform&#233;s en synagogue. Dix jours par an, la mosqu&#233;e est r&#233;serv&#233;e aux juifs, le quartier Est &#233;tant alors compl&#232;tement boucl&#233;. En principe, dix jours par an, elle est d&#233;di&#233;e au culte musulman, mais c'est rarement respect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la place, les colons ont install&#233; une tente en hommage &#224; une victime d'une attaque. Nous sommes interpell&#233;s par l'un d'entre eux, d&#233;nomm&#233; Ofer, r&#233;put&#233; pour son extr&#233;misme et sa brutalit&#233;. Il nous affirme qu'il n'a jamais touch&#233; &#224; un enfant. Un membre d'ISM lui r&#233;pond qu'il y a des vid&#233;os qui prouvent le contraire. Ofer entra&#238;ne la discussion sur &#171; &lt;i&gt; ce que les Allemands nous ont fait&lt;/i&gt; &#187;. On lui r&#233;pond que cela ne justifie pas ce qu'ils font aux Palestiniens. Sa r&#233;ponse fuse : &#171; &lt;i&gt;Go to hell !&lt;/i&gt; &#187; (&#171; Allez en enfer ! &#187;). Quand je lui dis que je suis juif et que mon p&#232;re a &#233;t&#233; d&#233;port&#233;, il me foudroie du regard.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2145 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;26&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH533/-419-6152a.jpg?1768665924' width='400' height='533' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Pierre Stambul.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une des missions d'ISM est d'accompagner les &#233;l&#232;ves &#224; l'&#233;cole. Les enfants des colons attaquent r&#233;guli&#232;rement les enfants palestiniens. ISM s'occupe de trois &#233;coles et d'un jardin d'enfants. Sans leur pr&#233;sence, les parents ne laisseraient pas leurs enfants partir seuls. Les colons non seulement poss&#232;dent des armes et sont anim&#233;s par le fanatisme religieux, mais b&#233;n&#233;ficient aussi du soutien du gouvernement. La pr&#233;sence des observateurs internationaux ne les impressionne pas, au contraire : ils placardent des pamphlets anti-internationaux, les accusant d'&#234;tre antis&#233;mites. Une vid&#233;o montre une femme colon, H. Cohen, giflant une activiste d'ISM, dans l'incapacit&#233; de r&#233;agir en pr&#233;sence des soldats. M&#234;me les soldats craignent les colons. &#192; chaque meurtre, une fausse ambulance conduite par un colon arrive toujours la premi&#232;re et fait dispara&#238;tre les preuves. Les Palestiniens vivent dans la crainte. H&#233;bron est une prison soumise &#224; la pauvret&#233;. Les Isra&#233;liens ont tir&#233; sur une jeune fille. Les femmes sont harcel&#233;es, ce qui met les jeunes hors d'eux et les incite &#224; l'auto-d&#233;fense.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus tard, nous rencontrons Ahmed Jaradat, militant connu de l'AIC (Centre d'information alternative, qui r&#233;unit des activistes juifs et arabes) et auteur de nombreux articles. Ahmed insiste sur l'activation des check-points. Il nous donne le chiffre terrible de 154 morts depuis le d&#233;but de la derni&#232;re Intifada et illustre l'inexorable avanc&#233;e de la colonisation avec l'exemple de plusieurs hectares confisqu&#233;s pour &#233;tendre une colonie pr&#232;s de Naplouse. Il parle de punition collective avec les corps rendus tardivement aux familles, les maisons d&#233;truites, les d&#233;placements entrav&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Les attaques de colons provoquent un surcro&#238;t de haine, de d&#233;sespoir. Toute une g&#233;n&#233;ration est perdue pour la paix.&lt;/i&gt; &#187; Pour Ahmed, &#171; &lt;i&gt;la question palestinienne est une question mondiale, elle r&#233;clame une solution globale. Il faut faire comprendre aux Isra&#233;liens que, tant que la Palestine sera occup&#233;e, Isra&#235;l ne sera pas en s&#233;curit&#233;. Le BDS doit &#234;tre un mouvement politique unitaire, pas seulement un outil. La solution, c'est un &#201;tat d&#233;mocratique avec une &#233;galit&#233; totale.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;2 janvier. Tel-Aviv.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous sommes re&#231;us par H., une dame &#226;g&#233;e de la gauche isra&#233;lienne, n&#233;e &#224; Tel-Aviv et d'origine autrichienne. Elle a toujours milit&#233; &#224; gauche, particip&#233; &#224; des centaines de manifestations. Elle a vot&#233; pour la liste unie (conduite par Ayman Odeh), elle traduit aujourd'hui les articles de Machsom Watch, association isra&#233;lienne qui rend compte des exactions de l'arm&#233;e sur les check-points, et &#233;coute avec int&#233;r&#234;t le r&#233;cit de notre voyage ou celui des s&#233;jours de Sarah Katz, ma compagne, &#224; Gaza. Pourtant, son commentaire nous consterne : &#171; &lt;i&gt;Il y a des horreurs partout dans le monde, en Afrique, en Arabie Saoudite&#8230; Pourquoi l'ONU s'en prend-elle toujours &#224; Isra&#235;l ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous rencontrons Esti dans un caf&#233;. La conversation sera bri&#232;vement interrompue par un jeune client francophone qui entend qu'on parle du BDS et nous lance sur un ton agressif : &#171; &lt;i&gt;Si vous n'aimez pas Tel-Aviv, allez vous-en !&lt;/i&gt; &#187; Esti est membre de l'&#233;quipe de Who Profits, une agence d'information sur les entreprises qui tirent profit de la colonisation. &#171; &lt;i&gt;En Isra&#235;l, la gauche s'affaiblit et le centre n'existe plus, c'est tr&#232;s dur. En Palestine, toute la population est favorable au BDS, mais ce mouvement se construit &#224; l'ext&#233;rieur. L'&#233;conomie palestinienne est captive et le boycott des produits isra&#233;liens en Palestine est souvent impossible. 250 000 Palestiniens travaillent en Isra&#235;l ou dans les colonies, essentiellement dans la construction. Il faut aller plus loin que le boycott des seuls produits des colonies et m&#234;me plus loin que les actions dans les supermarch&#233;s.&lt;/i&gt; &#187; Elle insiste sur le &#171; D &#187; &#8211; pour &#171; d&#233;sinvestissement &#187; &#8211; de BDS et les victoires remport&#233;es sur V&#233;olia &#8211; multinationale fran&#231;aise de la gestion de l'eau, des d&#233;chets et de l'&#233;nergie qui a revendu ses actions dans les colonies &#224; une bo&#238;te am&#233;ricaine suite &#224; une mobilisation BDS. Et celle &#224; venir sur Orange, qui devrait rompre son accord avec Partner communications, une soci&#233;t&#233; de t&#233;l&#233;phonie mobile fond&#233;e par des colons. Who Profits travaille dans la commission &#171; Business and Human rights &#187; de l'ONU sur la notion d'investissement &#233;thique. L'organisation a remport&#233; des succ&#232;s aupr&#232;s des gouvernements norv&#233;gien et su&#233;dois. Mais ne nous leurrons pas, l'&#233;conomie isra&#233;lienne est puissante, c'est une &#233;conomie de start-up tr&#232;s r&#233;active, qui fait fi des traditions entrepreneuriales. Vers o&#249; &#233;tendre le BDS ? Elle cite Hewlett-Packard et l'industrie extractive. Esti pr&#233;tend que les Palestiniens pr&#234;ts &#224; collaborer avec les Isra&#233;liens sont partisans d'un &#201;tat palestinien ind&#233;pendant, tandis que ceux qui sont favorables &#224; un seul &#201;tat ne militent pas avec des Isra&#233;liens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#233;mergence de nouvelles formes de mobilisation plus horizontales a d&#233;stabilis&#233; les partis, mais ces modes de lutte sont assez &#233;ph&#233;m&#232;res : &#171; &lt;i&gt;Que sont devenus les milliers d'Isra&#233;liens qui sont pass&#233;s &#224; un moment ou &#224; un autre &#224; Bil'in ?&lt;/i&gt; &#187; Esti vit comme un &#233;chec le fait qu'on n'ait pas pu relier le mouvement anticolonialiste et le mouvement syndical. Le groupe des anarchistes contre le mur a disparu. Michel Warschawski, pr&#233;sident du Centre d'information alternative, rencontr&#233; plus t&#244;t &#224; J&#233;rusalem, &#233;voque &#233;galement cette &#233;rosion du mouvement pacifiste : &#171; &lt;i&gt;Le mouvement de la paix en Isra&#235;l est une bicyclette avec une grande roue et une petite roue. La grande roue, c'est &#8220;La Paix maintenant&#8221; et le mouvement travailliste, capable de mobiliser jusqu'&#224; plusieurs centaines de milliers de personnes. La petite roue, ce sont les forces plus radicales.&lt;/i&gt; (&lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;, 7/01/2009) &#187; Il y a peu, on pouvait compter sur 15 000 manifestants, 6 000 juifs et 9 000 Palestiniens, issus de la &#171; petite roue &#187; du mouvement anticolonialiste. Aujourd'hui, ils ne manifestent plus ensemble. Les premiers manifestent &#224; Tel-Aviv et les seconds &#224; Oum el Fahm.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Plus personne ne croit &#224; la parole mod&#233;r&#233;e selon laquelle Isra&#235;l ne sera pas en s&#233;curit&#233; tant que les Palestiniens ne seront pas libres&lt;/i&gt;, continue Esti. &lt;i&gt;Si on affirme que la politique de N&#233;tanyahou met Isra&#235;l en danger, cela provoque g&#233;n&#233;ralement des sarcasmes. L'opinion s'est r&#233;sign&#233;e &#224; l'id&#233;e qu'il n'y a pas de solution, ce qui laisse les mains libres au gouvernement et &#224; l'arm&#233;e.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y a deux Isra&#235;l qui ne peuvent plus dialoguer&lt;/i&gt; &#187;, estimait Michel Warschawski. La soci&#233;t&#233; palestinienne est elle-m&#234;me extr&#234;mement fragment&#233;e. Au d&#233;but de notre s&#233;jour, le 21 d&#233;cembre, nous avons longuement bavard&#233; avec Herv&#233; Magro, consul de France &#224; J&#233;rusalem, qui nous confirmait le blocage quasi syst&#233;matique de l'entr&#233;e &#224; Gaza pour les d&#233;l&#233;gations solidaires avec les Palestiniens. Il avoue que la France est fort bien inform&#233;e de la situation : les rapports r&#233;guliers et pr&#233;cis des diplomates font &#233;tat des exactions, des crimes impunis, des ex&#233;cutions extrajudiciaires. Magro &#233;voque une &#171; &lt;i&gt;situation coloniale, comparable au drame des Am&#233;rindiens&lt;/i&gt;. &#187; Personne ne pourra dire &#171; Je ne savais pas &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;A lire, sur &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; :&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Les-canulars-d-Ulcan&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; canulars &#187; d'Ulcan&lt;/a&gt; ou comment le Raid a d&#233;barqu&#233; chez Pierre Stambul.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; chang&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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