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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Cin&#233;ma : Loi du march&#233;, impasse totale</title>
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		<dc:creator>Marl&#232;ne Benquet</dc:creator>


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&lt;p&gt;Sorti en salle en juin 2015, La Loi du march&#233; de St&#233;phane Briz&#233; retrace en quelques tranches de vie le parcours de Thierry, ch&#244;meur puis vigile dans un supermarch&#233;. La sociologue Marl&#232;ne Benquet l'a vu ; sous la fiction, un seul paradigme : le contr&#244;le social. Thierry Taugourdeau (Vincent Lindon &#224; l'&#233;cran) a perdu son emploi et peine &#224; en retrouver un. Le film se pr&#233;sente d'abord comme le r&#233;cit de la centralit&#233; du travail. La cam&#233;ra suit Thierry au sein de P&#244;le emploi, puis avec ses (&#8230;)&lt;/p&gt;


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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Sorti en salle en juin 2015, &lt;i&gt;La Loi du march&#233;&lt;/i&gt; de St&#233;phane Briz&#233; retrace en quelques tranches de vie le parcours de Thierry, ch&#244;meur puis vigile dans un supermarch&#233;. La sociologue Marl&#232;ne Benquet&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteure notamment de Encaisser ! Enqu&#234;te en immersion dans la grande (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; l'a vu ; sous la fiction, un seul paradigme : le contr&#244;le social.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2155 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH412/-428-27537.jpg?1768649881' width='400' height='412' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Thierry Taugourdeau (Vincent Lindon &#224; l'&#233;cran) a perdu son emploi et peine &#224; en retrouver un. Le film se pr&#233;sente d'abord comme le r&#233;cit de la centralit&#233; du travail. La cam&#233;ra suit Thierry au sein de P&#244;le emploi, puis avec ses anciens coll&#232;gues de travail pr&#234;ts &#224; poursuivre la lutte alors que lui pr&#233;f&#232;re tourner la page. Tr&#232;s vite, d'autres tranches de son existence sont livr&#233;es : &#224; la banque o&#249; sa conseill&#232;re financi&#232;re lui sugg&#232;re de vendre sa maison pour renflouer son compte, dans son bungalow pr&#232;s de la mer avec un autre couple qui souhaite l'acqu&#233;rir ou aupr&#232;s de son fils handicap&#233; dont l'avenir scolaire est soudainement menac&#233;, non par le handicap, mais par la baisse des revenus de son p&#232;re. Parce que le travail n'est pas une activit&#233; sociale comme les autres, parce qu'il est aujourd'hui le mode d'int&#233;gration quasi unique des individus dans la soci&#233;t&#233;, parce que pour ceux qui ne disposent pas de capital, il est la seule source de revenus &#233;conomiques n&#233;cessaires pour vivre. Dans le monde capitaliste, le salariat, qu'on ait un emploi ou qu'on l'ait perdu, est un rapport social qui surd&#233;termine tous les autres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De la psychologie de Thierry on ne saura rien ou tr&#232;s peu. Le film ne s'embarque pas dans l'int&#233;riorit&#233; de son personnage central, il donne &#224; voir, par une s&#233;rie de s&#233;quences, comment s'articulent et se r&#233;pondent les institutions cens&#233;es g&#233;rer les priv&#233;s d'emploi. La sc&#232;ne inaugurale o&#249; Thierry tente de comprendre pourquoi son conseiller P&#244;le emploi l'a encourag&#233; &#224; suivre une formation de grutier&#8200;&#8211;&#8200;un m&#233;tier impossible &#224; exercer pour Thierry&#8200;&#8211;&#8200;exhibe la nature ubuesque de l'institution : v&#233;ritable miroir aux alouettes, P&#244;le emploi g&#232;re les ch&#244;meurs tout en sachant qu'il n'est pourvoyeur d'aucun emploi. D'un point de vue pratique, sa mission n'a aucun sens. Mais d'un point de vue id&#233;ologique, le film montre comment un probl&#232;me collectif d'insuffisance d'offres d'emplois se transforme en un probl&#232;me d'inadaptation individuelle. Cons&#233;quence d'un tel tour de passe-passe : on fait porter aux ch&#244;meurs eux-m&#234;mes la responsabilit&#233; du ch&#244;mage. Somm&#233;s de se r&#233;former int&#233;rieurement, les aspirants salari&#233;s sont appel&#233;s par l'institution &#224; engager un travail introspectif sur les d&#233;terminants de leur employabilit&#233;. Pour aider Thierry &#224; am&#233;liorer sa prestation, le conseiller P&#244;le emploi le filme durant une simulation d'entretien, puis demande aux autres participants de commenter son comportement. Du contenu de ses r&#233;ponses au ton de sa voix ou sa mani&#232;re de marcher, tout ce qui fait de lui un &#234;tre singulier est critiqu&#233; comme pour d&#233;montrer publiquement qu'il est bien la cause de ce qui lui arrive. Enjoint, comme l'avait soulign&#233; Michel Foucault, &#224; devenir entrepreneur de lui-m&#234;me&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Foucault utilise cette formule dans Naissance de la biopolitique : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, consid&#233;r&#233; comme responsable d'une situation sur laquelle il n'a pourtant aucune prise, Thierry est laiss&#233; seul face &#224; la loi du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, dans ce monde anomique o&#249; chacun lutte pour devenir ou rester employable, il n'est en r&#233;alit&#233; pas de bonne position. Lorsque Thierry trouve enfin un emploi de vigile dans un hypermarch&#233;, le spectateur est priv&#233; du soulagement attendu. Car voil&#224; que de sujet des dispositifs de contr&#244;le, il en devient l'agent. Il n'est plus film&#233;, il tient la cam&#233;ra. Il int&#232;gre le groupe de ceux qui traquent les autres pour pr&#233;server l'int&#233;grit&#233; du syst&#232;me et ici les profits du magasin. Le monde pr&#233;sent&#233; par St&#233;phane Briz&#233; appara&#238;t finalement comme un empilement de dispositifs au sein desquels surveillants et surveill&#233;s coexistent. La sc&#232;ne o&#249; Thierry lui-m&#234;me interroge l'une des salari&#233;s ayant vol&#233; des bons d'achat pour palier ses faibles revenus fait &#233;cho &#224; celle o&#249; le conseiller P&#244;le emploi s'assure de sa motivation ; situation qui renvoie &#224; son tour &#224; celle o&#249; l'enseignant de son fils le convoque pour demander des explications sur la baisse de ses notes ou &#224; celles o&#249; la banqui&#232;re v&#233;rifie l'&#233;tat des comptes de Thierry. Toutes ces situations se r&#233;pondent les unes aux autres, tous les dispositifs bancaire, scolaire, professionnel qu'elles mettent en sc&#232;ne se ressemblent et se superposent pour enserrer les individus dans un r&#233;seau de surveillance dont ils p&#226;tissent tout en y participant. St&#233;phane Briz&#233; filme d'ailleurs les acteurs &#224; la d&#233;rob&#233;e, &#224; la mani&#232;re de la cam&#233;ra de surveillance de l'hypermarch&#233;, comme pour placer les spectateurs &#224; leur tour dans la position de surveillants. Il n'y a bien qu'une loi : celle qui permet &#224; une minorit&#233; de vivre confortablement pendant qu'une majorit&#233; vit avec la crainte perp&#233;tuelle de perdre ce minimum qui permet &#224; tout un chacun de survivre. Si bien qu'on se demande, une fois le film termin&#233;, s'il est tout simplement possible de penser un en-dehors du march&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car St&#233;phane Briz&#233; ne nous indique pas l'issue du labyrinthe. A part mourir ou imiter l'inqui&#233;tante fuite finale de Thierry, il nous condamne &#224; un repli de plus en plus &#233;triqu&#233;. L'ailleurs unique que propose le film, c'est la famille, petite et nucl&#233;aire. Lorsque Thierry tient sa femme par la taille ou qu'ils dansent dans le salon avec leurs fils, ils semblent pour un court instant pr&#233;serv&#233;s de la loi du march&#233;. Mais en coupant ainsi ses personnages de toute autre forme de socialisation, en les privant d'amis, de voisins, de familles &#233;largies, d'investissements associatifs, sportifs ou syndicaux, le r&#233;alisateur les inscrit dans un monde sans refuge ni r&#233;sistance possible. Par l&#224; m&#234;me, il &#233;choue &#224; faire de la question&#8200;&#8211;&#8200;comment rendre ce monde un peu plus hospitalier ? &#8211; un probl&#232;me non seulement moral mais aussi politique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auteure notamment de &lt;i&gt;Encaisser ! Enqu&#234;te en immersion dans la grande distribution&lt;/i&gt;, La D&#233;couverte, 2013.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Foucault utilise cette formule dans &lt;i&gt;Naissance de la biopolitique : Cours au coll&#232;ge de France (1978-1979)&lt;/i&gt;, Gallimard, Seuil, Paris, 2004.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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