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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Face aux normes, &#171; reconstruire une culture de lutte commune &#187;</title>
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		<dc:date>2018-04-30T06:00:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no163-mars-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;163 (mars 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/controle-agricole" rel="tag"&gt;contr&#244;le agricole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/reglementation" rel="tag"&gt;r&#233;glementation&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Si l'agriculture &#233;tait avant-guerre le secteur d'activit&#233; le moins encadr&#233;, il est d&#233;sormais celui qui est le plus r&#233;glement&#233; et contr&#244;l&#233;. Sous couvert de tra&#231;abilit&#233; et de protection des consommateurs, de nombreux paysans refusant de se plier aux exigences de l'agriculture industrielle se trouvent harcel&#233;s et r&#233;prim&#233;s par une administration toujours plus intrusive. Entretien avec Claude, membre du Collectif d'agriculteurs et agricultrices contre les normes, qui rassemble des paysans combattant la mise au pas administrative et industrielle.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2380 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;27&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH362/-650-94846.jpg?1768659782' width='500' height='362' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Baptiste Alchourroun.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Quand et pourquoi s'est form&#233; votre collectif ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En mai 2017, l'&#233;leveur J&#233;r&#244;me Laronze est abattu par des gendarmes apr&#232;s avoir &#233;t&#233; harcel&#233; par l'administration. Il refusait de se plier aux normes de tra&#231;abilit&#233; et en a pay&#233; le prix fort. Soit une lourde pression gendarmesque : d&#232;s 2016, les uniformes se d&#233;placent en nombre lors des contr&#244;les agricoles men&#233;s sur son exploitation. C'est &#224; la suite d'une &#233;ni&#232;me visite surprise des contr&#244;leurs et des pandores que J&#233;r&#244;me part en cavale. Quelques jours plus tard, les forces de l'ordre lui mettent la main dessus &#8211; il est en train de dormir dans sa voiture. Et elles l'abattent de trois balles dans le dos alors qu'il tente de s'enfuir [lire l&#034;Un paysan est mort&#034; dans le dossier du n&#176;163 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis sa mort, la famille de J&#233;r&#244;me organise chaque 20 du mois une veill&#233;e &#224; M&#226;con. Traumatis&#233;s par ce drame, nombres d'agriculteurs y assistent r&#233;guli&#232;rement. Au fil des discussions, certains d'entre eux se sont rendus compte qu'ils partagent la m&#234;me r&#233;alit&#233; que J&#233;r&#244;me : ils subissent une intense pression administrative visant &#224; les &#8220; mettre aux normes &#8221;. La diff&#233;rence, c'est que lui n'a rien l&#226;ch&#233;. Et que, trop seul face &#224; ces violences institutionnelles, il en est mort&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le collectif est ainsi n&#233; de ce constat que nous sommes de plus en plus nombreux dans les fermes &#224; endurer un v&#233;ritable harc&#232;lement r&#233;glementaire et judiciaire. Avec &#224; la cl&#233; des contr&#244;les &#224; r&#233;p&#233;tition, des saisies de troupeaux, des interdictions de vente sur les march&#233;s, des sanctions financi&#232;res, voire des internements. Face &#224; cette mise au pas bureaucratique, nous avons donc commenc&#233; &#224; organiser des rencontres publiques pour comprendre o&#249; cette vie administr&#233;e nous menait et, in fine, comment refuser les contr&#244;les agricoles. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi cette emprise normative est-elle si forte dans le monde agricole ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En 1992, l'Organisation mondiale du commerce (OMC) incite l'Europe &#224; abandonner toute forme de protectionnisme. Il s'agit notamment de satisfaire les empires agroalimentaires, qui se sont constitu&#233;s depuis l'apr&#232;s-guerre gr&#226;ce au soutien public et qui r&#233;clament d&#233;sormais la lib&#233;ralisation du march&#233; agricole international. Ils obtiennent gain de cause. Et cela s'accompagne de l'institution de strictes normes sanitaires et environnementales, lesquelles constituent le seul biais de r&#233;gulation et d'orientation de l'&#201;tat sur l'agriculture qui soit valable aux yeux de l'OMC.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous couvert de sant&#233; publique et de protection de l'environnement, les services &#233;tatiques, de concert avec les industriels, imposent alors &#224; tous les agriculteurs une r&#233;glementation tr&#232;s stricte. Le probl&#232;me, c'est que celle-ci sert les int&#233;r&#234;ts de l'agro-industrie, et non ceux des paysans. Les industriels ont beau jeu de pr&#233;tendre que toutes ces normes permettent une tra&#231;abilit&#233; des denr&#233;es alimentaires, de leur production jusqu'&#224; la vente au consommateur. Mais en r&#233;alit&#233;, chaque nouvelle r&#233;glementation sert avant tout &#224; pousser &#224; la modernisation des exploitations, et &#224; mettre de c&#244;t&#233; ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas suivre. On assiste ainsi &#224; une concentration capitaliste des fermes et &#224; une diminution effarante du nombre d'agriculteurs. Quant aux paysans, ils se retrouvent de plus en plus d&#233;poss&#233;d&#233;s d'un m&#233;tier se r&#233;sumant d&#233;sormais &#224; un ensemble de proc&#233;dures standardis&#233;es. &#192; terme, l'objectif des industriels est la mise en place de fermes robotis&#233;es, bio ou pas, grosses ou petites, o&#249; les agriculteurs ne seraient que de simples intendants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En somme, les normes sanitaires et environnementales en vigueur ne sont que le miroir aux alouettes d'une pr&#233;tendue qualit&#233; des aliments permettant de faire passer la pilule de l'industrialisation &#224; marche forc&#233;e de l'agriculture. Le plus dingue, c'est que cet arsenal de r&#233;glementations et de proc&#233;dures industrielles n'a nullement permis d'&#233;viter le scandale de la vache folle, des lasagnes de cheval ou du lait pour b&#233;b&#233; contamin&#233; &#224; la salmonelle. Quelque vingt ans de r&#233;glementations visant &#224; &#8220; ma&#238;triser &#8221; les pollutions d'origine agricole n'ont pas non plus emp&#234;ch&#233; que la prolif&#233;ration d'algues vertes sur les plages bretonnes atteigne un nouveau record en 2017. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment cette normalisation industrielle se traduit-elle au quotidien dans votre travail ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a tout d'abord les normes concernant la tra&#231;abilit&#233; &#8211; elles sont innombrables et s'immiscent partout dans notre travail. Nos animaux doivent &#234;tre enregistr&#233;s, munis de papiers d'identit&#233;, boucl&#233;s et vaccin&#233;s. Chaque naissance, d&#233;placement ou mort d'animal doit &#234;tre d&#233;clar&#233; &#224; l'administration sous sept jours. De m&#234;me, toutes nos semences doivent &#234;tre certifi&#233;es et nos cultures r&#233;pertori&#233;es. Nos parcelles agricoles sont photographi&#233;es par satellite, sans exception. Et le moindre m&#232;tre de haie, arbre isol&#233; ou ruisseau se trouve mesur&#233; et notifi&#233;. Nos ateliers, conserveries et v&#233;hicules doivent &#234;tre agr&#233;&#233;s, et nos fromages, l&#233;gumes ou viandes ont obligation d'&#234;tre analys&#233;s, trac&#233;s, &#233;tiquet&#233;s. Enfin, notre comptabilit&#233;, nos revenus ou d&#233;ficits sont scrupuleusement contr&#244;l&#233;s. Et si on ne se plie pas &#224; cette r&#233;glementation, les sanctions tombent &#8211; pour certains, cela va jusqu'&#224; la suppression des primes et subventions (ce qui signifie ne presque plus percevoir de revenus).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation actuelle des paysans est tellement d&#233;sesp&#233;r&#233;e que la MSA [Mutualit&#233; sociale agricole, la S&#233;cu du secteur agricole] a mis en place un &#8220; protocole suicide &#8221;. C'est un sujet tabou, mais il faut savoir que les agriculteurs fran&#231;ais se suicident trois fois plus que les autres professions... Tout un dispositif de suivi avec les gendarmes et les diff&#233;rents services a donc &#233;t&#233; mis en place : &#224; la moindre fragilit&#233; &#233;conomique ou familiale, au moindre &#233;nervement t&#233;l&#233;phonique avec une administration ou petite r&#233;volte face &#224; un contr&#244;le agricole, des signalements et &#233;valuations sont effectu&#233;s. Ils peuvent amener &#224; l'ouverture d'un dossier ou &#224; un internement de force.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, cette normalisation industrielle va de pair avec un incroyable m&#233;pris institutionnel. R&#233;cemment, l'administration a ainsi interdit &#224; la vente l'ensemble des brebis d'un &#233;leveur membre du collectif. Simplement parce que ce dernier n'&#233;tait pas au courant qu'il devait remplir la seconde colonne d'un tableau de concordance entre divers types de boucles &#8211; ses b&#234;tes sont pourtant identifi&#233;es dans les r&#232;gles. Autre exemple, un petit mara&#238;cher de la Loire travaillant sur les march&#233;s a, il y a peu, &#233;cop&#233; de 340 &#8364; d'amende car ses &#233;tiquettes indiquaient &#8220; Origine Loire &#8221;, et non &#8220; Origine France &#8221; comme le veut la r&#233;glementation... &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Face aux d&#233;rives inh&#233;rentes au capitalisme industriel, n'existe-t-il quand m&#234;me pas des r&#233;glementations qui permettent des pratiques agricoles plus respectueuses de l'environnement et des animaux d'&#233;levage ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Pour &#234;tre labellis&#233; &#8220; Agriculture biologique &#8221;, le paysan est oblig&#233; de se soumettre &#224; un cahier des charges tr&#232;s contraignant, lui aussi aux mains de quelques businessmen : pr&#232;s de la moiti&#233; du march&#233; bio fran&#231;ais appartient d&#233;j&#224; &#224; des groupes industriels. Le label est de toute fa&#231;on mensonger par essence : l'id&#233;e m&#234;me de suivre un cahier des charges rel&#232;ve d&#233;j&#224; d'une pens&#233;e industrielle qui norme la production. Sans compter qu'il produit l'illusion chez le &#8220; consomm'acteur &#8221; d'avoir prise sur son alimentation, alors m&#234;me que les producteurs se sont fait d&#233;poss&#233;der de toute forme d'autonomie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La maltraitance animale ayant tout particuli&#232;rement l'attention du grand public, la question du bien-&#234;tre des b&#234;tes est pour sa part largement utilis&#233; par l'agro-industrie. L&#224; encore, elle s'en sert comme pr&#233;texte pour imposer de nouvelles normes. C'est tr&#232;s commode, puisque que la r&#233;glementation en termes de bien-&#234;tre animal n'interdit en rien la logique concentrationnaire propre aux pratiques agricoles industrielles. Un exemple parmi mille autres. &#192; partir de 2020, les &#233;leveurs ont obligation de pr&#233;voir un petit parcours en plein air pour les poules de batterie. Elles seront toujours entass&#233;es par milliers les unes sur les autres, mais l'emballage sera un peu plus aguichant. Par contre, le surinvestissement impos&#233; laissera les plus petits sur le carreau, concentrant toujours plus la production.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;A contrario&lt;/i&gt;, ne pas utiliser d'antibiotiques, et pr&#233;f&#233;rer soigner ses animaux par la phytoth&#233;rapie, ou refuser le bouclage &#233;lectronique sont des pratiques d&#233;sormais consid&#233;r&#233; comme de la maltraitance lors des contr&#244;les&#8230; Au final, ce concept de bien-&#234;tre animal, qui n'a rien &#224; voir avec l'attention que les &#233;leveurs portent &#224; leurs b&#234;tes dans une relation d'int&#233;r&#234;ts communs, est une image publicitaire qui sert avant tout &#224; l&#233;gitimer le syst&#232;me agricole industriel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelles r&#233;sistances collectives d&#233;ployer face &#224; cet acharnement r&#233;glementaire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Apr&#232;s des rencontres publiques en octobre, puis janvier dernier, nous avons cr&#233;&#233; des groupes locaux dans le Morbihan, en Sa&#244;ne-et-Loire, Anjou, Ari&#232;ge, Auvergne et dans la Dr&#244;me. En nous inspirant du groupe &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Puces-RFID-et-punaises&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Faut pas pucer &lt;/a&gt;, tr&#232;s actif dans le Tarn, l'objectif est de mettre en place un r&#233;seau de soutien et d'intervention collective en cas de contr&#244;le agricole. Le contr&#244;le, c'est un moment symbolique fort, o&#249; les injonctions sont r&#233;elles et o&#249; les sanctions tombent r&#233;guli&#232;rement. Accueillir &#224; plusieurs les services v&#233;t&#233;rinaires, l'Agence de services et de paiement (qui verse les aides et les primes), l'&#201;tablissement de l'&#233;levage (qui g&#232;re l'identification des animaux) ou encore la r&#233;pression des fraudes permet de rompre l'isolement de tout un chacun face &#224; l'administration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les contr&#244;les culpabilisent les paysans et sont per&#231;us comme une honte dans le milieu agricole : ils te stigmatisent en tant qu'agriculteur qui travaille mal. Et les paysans ne se soutiennent pas beaucoup les uns les autres car ils ont peur d'&#234;tre &#224; leur tour contr&#244;l&#233;s&#8230;Nous voulons lib&#233;rer la parole et affirmer que ce n'est pas &#224; nous, mais bien &#224; l'&#201;tat, d'avoir honte. Il utilise la tra&#231;abilit&#233; pour s'affirmer comme garant de la s&#233;curit&#233; alimentaire, alors que c'est lui-m&#234;me qui est &#224; l'origine de l'industrialisation de l'agriculture et de ses d&#233;rives sanitaires et &#233;cologiques !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, nous sommes en train de mettre au point un guide d'autod&#233;fense agricole, qui devrait para&#238;tre prochainement. En partant de nos exp&#233;riences de vie paysannes, nous tentons de reconstruire une culture de lutte commune et de renouer avec une certaine conflictualit&#233; que le syndicalisme agricole a abandonn&#233;e. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une d&#233;l&#233;gation de votre collectif est partie le 10 f&#233;vrier rencontrer celles et ceux qui cultivent les terres et &#233;l&#232;vent des animaux sur la Zad de Notre-Dame-Des-Landes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Nous nous sommes en effet rendus sur la Zad pour &#233;changer entre paysans. Et notamment pour discuter, sur la base de ce que nous vivons dans nos fermes, du n&#233;cessaire maintien d'un rapport de force permettant d'&#233;viter la normalisation envisag&#233;e des habitats, des activit&#233;s agricoles et des rapports sociaux de la future zone. Le risque est de laisser s'instaurer une logique qui verrait ces &#8220; exp&#233;rimentations &#8221; se faire normaliser une par une, et ce sans expulsions spectaculaires. Pour l'emp&#234;cher, le mouvement contre l'a&#233;roport doit se saisir de la lutte contre l'administration des vies agricoles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le combat sur place et les comit&#233;s de soutien r&#233;activ&#233;s apr&#232;s cette bataille gagn&#233;e peuvent &#233;viter que les services des minist&#232;res ne mettent leur nez dans les diff&#233;rentes activit&#233;s en cours sur la Zad. On l'a vu avec l'exp&#233;rience du Larzac : une entit&#233; juridique collective ne suffit pas &#224; se prot&#233;ger de la r&#233;glementation &#233;tatique et de la normalisation industrielle. En allant sur place, nous voulions donc dire aux zadistes : '' &lt;i&gt;Nous avons besoin les uns des autres pour amplifier le rapport de force.&lt;/i&gt; '' La confiance et les solidarit&#233;s doivent se construire au ras de nos r&#233;alit&#233;s, autant entre agriculteurs qu'avec celles et ceux qui mangent ce que nous produisons. La vie agricole autonome &#224; toujours d&#251; lutter collectivement, c'est l'une de ses conditions. &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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