<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=676&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>La fin du monde industriel ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-fin-du-monde-industriel</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-fin-du-monde-industriel</guid>
		<dc:date>2021-06-17T05:26:40Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>usines</dc:subject>
		<dc:subject>usine</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>usines chimiques</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;gion</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>Total</dc:subject>
		<dc:subject>d'engrais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant dix ans, de 2005 &#224; 2015, Jean-Pierre Levaray a tenu dans les pages de CQFD une chronique corrosive intitul&#233;e &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;. Il a repris la plume pour ce dossier, posant son regard aiguis&#233; sur l'impact des restructurations et des fermetures. J'ai travaill&#233; pendant plus de quarante ann&#233;es en usine. Une usine de l'industrie chimique de la r&#233;gion de Rouen (Seine-Maritime). Gasp ! Quarante ans dans la m&#234;me usine ! Quelque chose qu'on ne peut plus imaginer aujourd'hui. Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no199-juin-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;199 (juin 2021)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/annees" rel="tag"&gt;ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/usines" rel="tag"&gt;usines&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/usine" rel="tag"&gt;usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/usines-chimiques" rel="tag"&gt;usines chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/region" rel="tag"&gt;r&#233;gion&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Total" rel="tag"&gt;Total&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-engrais" rel="tag"&gt;d'engrais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant dix ans, de 2005 &#224; 2015, Jean-Pierre Levaray a tenu dans les pages de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; une chronique corrosive intitul&#233;e &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;. Il a repris la plume pour ce dossier, posant son regard aiguis&#233; sur l'impact des restructurations et des fermetures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH515/-1797-6723e.jpg?1768730517' width='500' height='515' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de L.L. De Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; pendant plus de quarante ann&#233;es en usine. Une usine de l'industrie chimique de la r&#233;gion de Rouen (Seine-Maritime). &lt;i&gt;Gasp&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! &lt;/i&gt;Quarante ans dans la m&#234;me usine ! Quelque chose qu'on ne peut plus imaginer aujourd'hui. Je vous en ai d&#233;j&#224; parl&#233;, il y a quelques ann&#233;es, &#224; travers ma chronique &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;pisodes de ces chroniques ont depuis &#233;t&#233; r&#233;unis dans un ouvrage &#233;ponyme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, ce n'est pas pour jouer au vieux con mais, pendant tout ce temps, j'en ai vu des usines fermer, des r&#233;gions sinistr&#233;es, des ouvriers qui se battent pour leur survie, des suicides lors de licenciements, des ch&#244;meurs... Dans la r&#233;gion rouennaise, d&#232;s les ann&#233;es 1970, j'ai commenc&#233; &#224; voir plier boutique les usines de filature et de m&#233;tallurgie. Apr&#232;s, ce furent les usines chimiques &#8211; notamment d'engrais, nombreuses dans le coin &#8211;, suivies des sous-traitants de l'automobile. Cela a toujours entra&#238;n&#233; des conflits, souvent durs et longs, rarement victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque fermeture son lot de ch&#244;meurs mais aussi un brassage. Dans l'usine o&#249; je pointais, ce sont des ouvriers licenci&#233;s de papeteries ou d'usines d'engrais, des chaudronniers, des &#233;lectriciens, qui arrivaient pour remplacer nos coll&#232;gues partant en retraite. C'&#233;tait une bonne chose pour nous : chacun amenait ses exp&#233;riences de travail mais &#233;galement de rapport &#224; la hi&#233;rarchie voire de bagarres sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon usine aussi, nous avons connu des restructurations ; des arr&#234;ts d'ateliers pour cause de v&#233;tust&#233; ou d'obsolescence ; des produits qui se vendent moins bien, aux yeux des actionnaires. Ce qui fait que, de rachats en changements de nom, l'effectif de l'usine, en quarante ann&#233;es, est pass&#233; de 2 000 &#224; 350.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tr&#232;s nombreuses fois, nous avons pens&#233; que la bo&#238;te allait fermer. &#192; chaque annonce de plan &#171; social &#187;, nous &#233;tions convaincus que ce serait le dernier. Quand nos usines sont pass&#233;es sous le giron de Total, nous savions que c'&#233;tait pour se d&#233;barrasser d'un secteur jug&#233; pas assez rentable. La catastrophe d'AZF, &#224; Toulouse en 2001, a oblig&#233; Total &#224; ralentir ses vell&#233;it&#233;s. Les fermetures ont tout de m&#234;me eu lieu et pr&#232;s de dix usines ont disparu, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e. En 2013, &#233;chaud&#233; par un des proc&#232;s de la catastrophe, &#224; l'issue duquel la responsabilit&#233; d'une de ses filiales avait &#233;t&#233; point&#233;e, Total a vendu ce qui restait : ses trois derniers sites de fabrication d'engrais (se situant dans des zones fortement agricoles et surtout c&#233;r&#233;ali&#232;res) &#224; Borealis, bo&#238;te autrichienne aux capitaux venant d'Abu Dhabi. Une 4e situ&#233;e &#224; Mazingarbe (Pas-de-Calais) a &#233;t&#233; c&#233;d&#233;e &#224; Maxam. Aujourd'hui, Maxam ferme l'usine et Borealis cherche &#224; revendre ses sites fran&#231;ais depuis deux ans. &#199;a continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les restructurations et les d&#233;localisations font partie de l'histoire industrielle. Les fabriques, ateliers, usines ont r&#233;guli&#232;rement connu des mutations, parfois brutales. Cela commen&#231;a sans doute lorsque la vapeur et les turbines remplac&#232;rent les moulins le long des fleuves et rivi&#232;res. Ensuite il y eut le gaz puis l'&#233;lectricit&#233;, le taylorisme, le toyotisme, l'automatisation, la robotisation, l'informatisation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque bouleversement technique son lot de changement de fa&#231;on de travailler, mais aussi ses fermetures d'usines ou ses constructions de nouveaux sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les modifications de produits et &#233;volutions des techniques, outre les modes, outre les ateliers trop vieux, c'est d&#233;sormais surtout une guerre &#233;conomique qui se joue &#224; coups de dividendes jug&#233;s toujours trop faibles par les actionnaires. Et si, devant les cam&#233;ras, les PDG se tapent dans le dos, c'est pour mieux s'&#233;charper sur les march&#233;s. Chacun d'entre eux ne visant qu'&#224; faire couler ou acheter le concurrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ceux qui trinquent sont celles et ceux qui travaillent dans ces bo&#238;tes. Aussi bien les salari&#233;s qui sont vir&#233;s que ceux qui les remplacent dans un autre pays o&#249; l'usine a &#233;t&#233; r&#233;implant&#233;e et o&#249; l'on bosse pour des salaires de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il semblerait qu'il y ait eu une certaine inertie dans les restructurations, notamment par rapport au continent am&#233;ricain o&#249;, pourtant, le tissu industriel s'amenuise aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moins de quarante ans, le nombre d'ouvriers en France, r&#233;pertori&#233; par l'INSEE, est pass&#233; de 6,9 millions &#224; 5,3 millions... Ce n'est pas rien. Et c'est surtout dans l'industrie que &#231;a s'est vid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, au niveau mondial, le nombre d'ouvriers est en progression. Ils se trouvent maintenant en Asie, o&#249; l'agriculture intensive a vid&#233; les campagnes et offert une main-d'&#339;uvre pas cher aux entreprises qui prosp&#232;rent d&#233;sormais en Inde, au Pakistan, en Chine, en Cor&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la situation sanitaire et &#233;conomique contribue &#224; amplifier le mouvement vers une industrie connect&#233;e, d&#233;j&#224; entrepris depuis quelques ann&#233;es. L'industrie asiatique a pris les devants mais, dans les pays occidentaux, pour ceux et celles qui ne se retrouvent pas sur le carreau, cela entra&#238;ne la casse des collectifs : t&#233;l&#233;travail et ub&#233;risation des m&#233;tiers. Ainsi que la fin du salariat (c'est autre chose que l'abolition du salariat revendiqu&#233;e jadis) par la mise en concurrence de chacun, somm&#233; de devenir autoentrepreneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion de Rouen a &#233;t&#233; tr&#232;s touch&#233;e par ces restructurations. Le nombre d'usines a fondu comme neige au soleil. Le seul avantage, c'est qu'on y respire mieux (sauf quand Lubrizol s'est enflamm&#233;e en septembre 2019). Le dernier gros bastion historique &#224; avoir ferm&#233;, c'est la Chapelle Darblay, une papeterie historique de la r&#233;gion qui fabriquait du papier recycl&#233; de qualit&#233;. Pour l'instant, il n'y a pas de repreneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on suit les m&#233;andres de la Seine autour de Rouen, on ne voit plus que de gigantesques hangars en taule avec des plateformes de chargement pour semi-remorques. Bollor&#233; et consorts ont pris la rel&#232;ve et livrent &#224; pr&#233;sent par la route les contenus de containers arrivant par gros tankers, bourr&#233;s de &lt;i&gt;big bags &lt;/i&gt;d'engrais ou de produits chimiques qui &#233;taient fabriqu&#233;s aux m&#234;mes endroits avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre usine historique de la r&#233;gion, la raffinerie Shell-Petroplus de Petit-Couronne, a &#233;t&#233; ferm&#233;e il y a plus de six ans. Voil&#224; qu'on apprend, apr&#232;s la d&#233;pollution du site, que, dans les grands hangars en cours de montage, c'est Amazon qui s'installe. Carr&#233;ment. Un mouvement s'est cr&#233;&#233; pour emp&#234;cher cette implantation, avec p&#233;titions et manifestations &#224; la cl&#233;. Seul le maire de la ville milite pour que &#231;a se fasse, &#171; pour l'emploi &#187;. Et quel emploi ! Des exploit&#233;s en CDD qui doivent aller chercher les produits d'une all&#233;e &#224; l'autre en vitesse (faisant jusqu'&#224; 20 bornes par jour) et des livreurs, au statut impos&#233; de micro-entrepreneurs, qui doivent livrer au plus vite et dans n'importe quelles conditions. Sans compter tout ce qu'implique Amazon dans la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de cette fin d'un monde industriel, &#224; quelques kilom&#232;tres de ce site, en lisi&#232;re de Rouen, juste aux portes de l'usine Lubrizol, la M&#233;tropole a lanc&#233; en 2011 la cr&#233;ation d'un &#171; &#233;coquartier &#187;, ce qui est tendance. L'objectif &#233;tant en partie d'y faire venir vivre celles et ceux qui bossent &#224; La D&#233;fense (une heure de route ou de train quand il n'y a pas de bouchon ou de parpaing sur les voies). Le hic, c'est que sur ce terrain se trouvaient auparavant des usines chimiques et m&#233;tallurgiques. Il y a dans ces sols des hydrocarbures, des m&#233;taux lourds et j'en passe. Plut&#244;t que de d&#233;polluer, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de faire venir des tas de terre par trains et camions pour remonter le sol de plus de six m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienvenue dans le meilleur des mondes.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Jean-Pierre Levaray&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie du dossier &#171; Apr&#232;s l'usine &#187; du num&#233;ro 199 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les &#233;pisodes de ces chroniques ont depuis &#233;t&#233; r&#233;unis dans un ouvrage &#233;ponyme publi&#233; chez Libertalia (2016).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1798.jpg' width=&#034;350&#034; height=&#034;577&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		
		<enclosure url="https://www.cqfd-journal.org/IMG/tif/-5.tif" length="761492" type="image/tiff" />
		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Rouen : &#171; Toxique mais pas trop &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Rouen-Toxique-mais-pas-trop</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Rouen-Toxique-mais-pas-trop</guid>
		<dc:date>2019-11-25T08:20:04Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>Lubrizol</dc:subject>
		<dc:subject>Normandie Logistique</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine Lubrizol</dc:subject>
		<dc:subject>catastrophe</dc:subject>
		<dc:subject>Collectif Lubrizol</dc:subject>
		<dc:subject>noire</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jean-Pierre Levaray est un habitu&#233; des pages de CQFD, qu'il a longtemps habit&#233;es de sa chronique &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;, consacr&#233;e &#224; son turbin dans une raffinerie rouennaise class&#233;e Seveso . Autant dire que fin septembre, il a v&#233;cu la catastrophe Lubrizol de pr&#232;s. Voici son r&#233;cit, r&#233;dig&#233; &#224; quelques encablures du site parti en fum&#233;e. Le 26 septembre, il fait encore nuit quand le t&#233;l&#233;phone me fait bondir hors du lit. C'est mon fils, qui m'apprend que l'usine Lubrizol est en flamme. (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no181-novembre-2019" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;181 (novembre 2019)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-il" rel="tag"&gt;qu'il&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lubrizol" rel="tag"&gt;Lubrizol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Normandie-Logistique" rel="tag"&gt;Normandie Logistique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-usine-Lubrizol" rel="tag"&gt;l'usine Lubrizol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/catastrophe" rel="tag"&gt;catastrophe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Collectif-Lubrizol" rel="tag"&gt;Collectif Lubrizol&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/noire" rel="tag"&gt;noire&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jean-Pierre Levaray est un habitu&#233; des pages de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, qu'il a longtemps habit&#233;es de sa chronique &#171; &lt;i&gt;Je vous &#233;cris de l'usine &#187;&lt;/i&gt;, consacr&#233;e &#224; son turbin dans une raffinerie rouennaise class&#233;e Seveso&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Il en est sorti un ouvrage, fort recommand&#233;, publi&#233; par Libertalia en 2016 : (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Autant dire que fin septembre, il a v&#233;cu la catastrophe Lubrizol de pr&#232;s. Voici son r&#233;cit, r&#233;dig&#233; &#224; quelques encablures du site parti en fum&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3135 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH368/-1362-1590f.jpg?1768730518' width='500' height='368' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L. L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;L&lt;/span&gt;e 26 septembre, il fait encore nuit quand le t&#233;l&#233;phone me fait bondir hors du lit. C'est mon fils, qui m'apprend que l'usine Lubrizol est en flamme. Les routes sont coup&#233;es et il y a d&#233;j&#224; des bouchons : certains veulent fuir et d'autres aller bosser. Sortant de chez moi, je vois au nord une lueur rose-orang&#233;, comme un coucher de soleil retardataire. Un panache s'&#233;l&#232;ve dans la nuit noire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; mesure que le jour se l&#232;ve, la fum&#233;e est de plus en plus visible, de plus en plus lourde, de plus en plus noire. On dirait le ciel d'un film catastrophe am&#233;ricain, si ce n'est que ce ne sont pas des effets sp&#233;ciaux et qu'il n'y a pas de soucoupes volantes mais des h&#233;licos de la protection civile. Tout de suite je pense &#224; la catastrophe d'AZF&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le 21 septembre 2001, cette usine explosait &#224; Toulouse, faisant 31 morts.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;
.
Le vent pousse le nuage en direction de la rive droite de la Seine et du centre-ville, ainsi que vers le plateau nord de la r&#233;gion rouennaise. En dehors des abords de l'usine, la rive gauche (bourgades ouvri&#232;res o&#249; r&#233;sident celles et ceux qui bossent dans les usines Seveso de la r&#233;gion) est relativement pr&#233;serv&#233;e. &#171; &lt;i&gt;C'est les riches qui trinquent, pour une fois&lt;/i&gt; &#187;, disent certains. Pas si simple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la vision est impressionnante : Rouen est une ville d&#233;serte et naus&#233;abonde, o&#249; ne circulent que quelques rares pi&#233;tons portant des masques chirurgicaux ou antipoussi&#232;re peu op&#233;rants.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Comme une mar&#233;e noire&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le nuage est impressionnant &#8211; 22 kilom&#232;tres sur 6 &#8211; et tr&#232;s mobile. Il file vers le nord de la Normandie, puis atteint les Hauts-de-France, la Belgique et les Pays-Bas. De la suie tombe du ciel, &#171; &lt;i&gt;comme de l'huile de vidange&lt;/i&gt; &#187;, tandis qu'on trouve des morceaux d'amiante dans des jardins. Les parcs et les piscines municipales ext&#233;rieures sont noirs, tout comme des prairies enti&#232;res, des vergers, des vaches rest&#233;es en p&#226;ture. On dirait une mar&#233;e noire qui tombe du ciel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce sont plus de 5 000 tonnes de produits CMR (canc&#233;rog&#232;nes, mutag&#232;nes et reprotoxiques) qui br&#251;lent. On apprendra par la suite que les hangars de Normandie Logistique, eux aussi d&#233;truits par l'incendie, ont vu se consumer 4 000 tonnes de produits du m&#234;me tonneau appartenant &#224; Lubrizol et, dans une moindre mesure, &#224; Total. En tout, plus de 9 000 tonnes, l'&#233;quivalent de 400 camions-citernes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il est conseill&#233; de ne pas manger les fruits et les l&#233;gumes du jardin &#171; &lt;i&gt;qui ne pourraient &#234;tre &#233;pluch&#233;s ou lav&#233;s de fa&#231;on approfondie&lt;/i&gt; &#187;. Les agriculteurs, eux, doivent &#233;viter de &#171; &lt;i&gt;r&#233;colter leurs productions en l'attente de pr&#233;cisions ult&#233;rieures&lt;/i&gt; &#187;. Il est recommand&#233; aux &#233;leveurs de rentrer leurs animaux et de s&#233;curiser leur abreuvement et leur alimentation, de fa&#231;on &#224; ce qu'ils &#171; &lt;i&gt;ne consomment pas d'aliments souill&#233;s&lt;/i&gt; &#187;. Mais ce n'est pas toujours possible. Cons&#233;quence : des millions de litres de lait sont jet&#233;s directement sur le sol des prairies, dans les fosses &#224; lisier ou les cours d'eau&#8230; Les &#339;ufs et le miel collect&#233;s depuis le 26 septembre sont &#233;galement consign&#233;s. Quelque 3 000 agriculteurs sont impact&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Les loup&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La gestion de crise par la pr&#233;fecture est particuli&#232;rement scandaleuse. On se demande &#224; quoi servaient tous ces PPRT (Plan de pr&#233;vention des risques technologiques), PPI (Plan particulier d'intervention), tous ces exercices de simulation dans les &#233;coles et administrations. On avait l'habitude d'entendre l'essai de sir&#232;ne d'alarme tous les premiers mercredis du mois, mais ce 26 septembre, elle n'est actionn&#233;e qu'&#224; 8 heures du matin, soit cinq heures apr&#232;s le d&#233;but de l'incendie... et seulement sur Rouen et Le-Petit-Quevilly.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les 250 pompiers qui interviennent sur le site n'ont pas de masques ad&#233;quats. Ils pataugent dans dix centim&#232;tres d'hydrocarbures. Beaucoup seront malades apr&#232;s cette intervention. Toutes proportions gard&#233;es, on ne peut s'emp&#234;cher de penser &#224; ceux qui sont intervenus &#224; Tchernobyl sans protection idoine. Seuls les flics qui font la circulation portent des masques adapt&#233;s. Quand la raffinerie Petroplus &#233;tait encore dans la r&#233;gion, il y avait du mat&#233;riel efficace pour lutter contre les feux d'hydrocarbures, mais il a disparu avec la raffinerie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le camp de gens du voyage, situ&#233; &#224; quelques centaines de m&#232;tres de Lubrizol, n'est m&#234;me pas &#233;vacu&#233;. Pis : on les emp&#234;che de partir avec leurs caravanes. Toute proche &#233;galement, la maison d'arr&#234;t Bonne-Nouvelle, directement sous le nuage, n'est pas confin&#233;e (un comble) et un grand nombre de prisonniers croient leur derni&#232;re heure venue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouvelle catastrophe : on assiste au d&#233;fil&#233; des ministres, avec en t&#234;te de ligne Christophe Castaner (Int&#233;rieur), &#233;gal &#224; lui-m&#234;me, qui assurera qu' &#187; &lt;i&gt;il n'y a pas de dangerosit&#233; particuli&#232;re&lt;/i&gt; &#187;. Agn&#232;s Buzyn (Sant&#233;), elle, conc&#232;dera que Rouen est effectivement pollu&#233;e et le Premier ministre &#201;douard Philippe d&#233;clarera que l'incendie n'est pas reconnu officiellement comme &#171; &lt;i&gt;catastrophe technologique&lt;/i&gt; &#187;. Tous affirment qu'il y aura une &#171; transparence totale &#187;, mais tout le monde sait que c'est de l'enfumage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il n'y a eu ni bless&#233; ni mort, plus de 250 personnes sont tout de m&#234;me pass&#233;es aux Urgences respiratoires et on ne sait pas ce qu'il en sera au cours des mois et des ann&#233;es &#224; venir, avec ces benz&#232;ne, dioxine, amiante et autres cochonneries pr&#233;sentes dans l'air.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Lubrizol coupable, l'&#201;tat complice &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Lubrizol, on connaissait d&#233;j&#224; bien dans le coin. Surtout on la sentait, cette usine. Construite en 1954, elle appartient &#224; la holding Berkshire Hathaway, dont l'archimilliardaire Warren Buffet est l'un des principaux actionnaires. Lubrizol est leader sur le march&#233; des additifs pour lubrifiants et huiles de moteur. C'est aussi le premier exportateur normand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'ouverture de l'usine, de nombreux &#233;pisodes de pollution avaient d&#233;j&#224; eu lieu, notamment en 1975, en 1989 et en 2013, quand les odeurs pestilentielles ont &#233;t&#233; senties jusqu'&#224; Paris et m&#234;me sur les c&#244;tes anglaises. Pour ce dernier rejet, Lubrizol n'a &#233;cop&#233; que d'une amende de 4 000 &#8364;. &#192; ces trois &#171; incidents &#187; industriels, il faut ajouter tous les rejets nocturnes de mercaptan &#8211; cet adjuvant gazeux pr&#233;sent&#233; comme inoffensif sent un m&#233;lange d'&#339;uf pourri et de pisse de chat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tout le monde conna&#238;t Lubrizol dans le coin, pas facile de glaner des infos sur les conditions de travail. Il semble y avoir une clause de confidentialit&#233; ou une culture du secret. Les syndicats (CFDT, CFTC et CGC) n'apparaissent jamais &#224; l'ext&#233;rieur. Ils ne participent ni aux manifs ni &#224; la vie publique. Il est m&#234;me difficile de savoir combien de salari&#233;&#8226;es y travaillent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En janvier dernier, Lubrizol a re&#231;u l'autorisation de construire un nouveau hangar de 1 600 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;, sans qu'aucune &#233;tude d'impact n'ait &#233;t&#233; diligent&#233;e par la pr&#233;fecture. Comme cadeau aux patrons et dans la lign&#233;e de ses pr&#233;d&#233;cesseurs, le gouvernement Macron a en effet supprim&#233; un certain nombre de proc&#233;dures pour &#171; &lt;i&gt;simplifier et acc&#233;l&#233;rer les installations industrielles&lt;/i&gt; &#187;, ce qui a r&#233;duit consid&#233;rablement les conditions de s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre probl&#232;me gravissime : comme indiqu&#233; pr&#233;c&#233;demment, Lubrizol avait stock&#233; des milliers de tonnes de produits dangereux chez son voisin Normandie Logistique, transporteur&#8230; non soumis aux contraintes Seveso. Les industriels (ce n'est pas un scoop) peuvent donc faire ce qu'ils veulent.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je suie Rouen &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il y en a douze autres dans les parages, mais Lubrizol est la derni&#232;re usine chimique class&#233;e Seveso seuil haut sur la commune de Rouen. La ville s'est agrandie, la zone industrielle s'est vid&#233;e. Un projet de gigantesque &#233;coquartier commence &#224; se r&#233;aliser. Juste au pied de l'usine, sur un sol bourr&#233; des r&#233;sidus de m&#233;taux lourds, d'huiles, charbons, etc. La m&#233;tropole compte faire venir 17 000 nouveaux habitants, plut&#244;t des cadres travaillant &#224; la D&#233;fense. Pour les attirer, Rouen cherche donc &#224; se donner un look &#171; vert &#187;. Argument : depuis la fermeture de la raffinerie Petroplus et de quelques ateliers polluants sur d'autres usines, on y &#171; respire mieux &#187; (sic). Avec Lubrizol, l'image verte est fortement &#233;corn&#233;e&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; sont &#233;crites ces lignes, on ne sait pas si Lubrizol restera &#224; Rouen. Le gros de la population n'en veut plus, mais la m&#233;tropole et le port y perdraient beaucoup d'argent. Quant aux salari&#233;s qui y travaillent, pour l'instant ils nettoient la casse, pour l'avenir on verra.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; indemnisation, plusieurs m&#233;dias ont rapport&#233; que Lubrizol avait d&#233;bloqu&#233; un fonds de solidarit&#233; de 50 millions d'euros pour tous les agriculteurs touch&#233;s par l'incendie. Mais la direction de Lubrizol a pr&#233;cis&#233; qu'aucun montant n'avait encore &#233;t&#233; d&#233;fini ou arr&#234;t&#233;. En gros, les agriculteurs ne sont pas pr&#232;s de toucher un centime. Et les dossiers d'indemnisation ne risquent pas d'&#234;tre trait&#233;s dans l'urgence. En plus, si les &#233;leveurs et laitiers touchent un jour des indemnit&#233;s, ce n'est pas encore jou&#233; pour les mara&#238;chers, notamment les &#171; bio &#187;, qui vont sans doute voir leur label retir&#233;. Comme il n'y a pas eu de victimes directes, d'habitations d&#233;truites, l'&#201;tat semble jouer la montre et pense que tout &#231;a va s'oublier avec le temps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lumi&#232;re dans la suie, la catastrophe (Lubrizol parle d'un &#171; &lt;i&gt;incident&lt;/i&gt; &#187;) a entra&#238;n&#233; des r&#233;actions int&#233;ressantes. Des collectifs se sont cr&#233;&#233;s, comme le Collectif Lubrizol. Pour l'instant, 130 personnes et quelques mairies ont annonc&#233; porter plainte contre l'entreprise et l'&#201;tat. Comme plus personne ne croit aux discours &#233;tatiques ni &#224; ceux des patrons, c'est une forme de mouvement social qui se construit, m&#234;lant syndicalistes, &#233;colos, Gilets jaunes et simples quidams. Des manifs ont eu lieu (celle du 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; octobre &#233;tait particuli&#232;rement imposante) ; des r&#233;unions aussi, mais qui pour l'instant ne d&#233;bouchent pas sur grand-chose. Des professionnels de sant&#233; cr&#233;ent un r&#233;seau de surveillance sanitaire sur le territoire impact&#233;. Des syndicalistes qui bossent depuis des ann&#233;es sur la sant&#233; au travail et les risques industriels sont &#233;galement aux premiers rangs. Les r&#233;v&#233;lations tombent jour apr&#232;s jour et une chose est s&#251;re : le scandale et la lutte pour la justice n'en sont qu'&#224; leurs balbutiements.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Jean-Pierre Levaray&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Il en est sorti un ouvrage, fort recommand&#233;, publi&#233; par Libertalia en 2016 :&lt;i&gt; Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/i&gt;. Jean-Pierre Levaray est &#233;galement l'auteur de Putain d'usine (L'Insomniaque/Agone), qui a &#233;t&#233; adapt&#233; en bande dessin&#233;e, et du bien nomm&#233; &lt;i&gt;Tue ton patron &lt;/i&gt;(Libertalia).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le 21 septembre 2001, cette usine explosait &#224; Toulouse, faisant 31 morts.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Roger s'est arrach&#233;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Roger-s-est-arrache</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Roger-s-est-arrache</guid>
		<dc:date>2019-08-04T01:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>G&#233;rard Lambert, Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>ann&#233;es</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>vie</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>justice</dc:subject>
		<dc:subject>m'a amput&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>cour d'assises</dc:subject>
		<dc:subject>Knobelspiess d&#233;clarait</dc:subject>
		<dc:subject>Roger Knobelspiess</dc:subject>
		<dc:subject>Roger</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En avril 1987, Roger Knobelspiess d&#233;clarait devant la cour d'assises de Rouen : &#171; J'ai &#233;t&#233; graci&#233; [en 1981], mais cela ne ram&#232;ne pas les ann&#233;es de vie dont on m'a amput&#233;. Je suis un homme coup&#233; en deux. La justice me doit quinze ann&#233;es de ma vie. C'est &#224; elle de me rendre des comptes. Je me bats contre l'appareil judiciaire. Mon r&#244;le est de bafouer la &#034;justice&#034;. Ceux qui jugent ne savent pas ce qu'est une prison. [...] Que cherchez-vous en &#233;talant cette litanie de mis&#232;res ? (son enfance, (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no152-mars-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;152 (mars 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/annees" rel="tag"&gt;ann&#233;es&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vie" rel="tag"&gt;vie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/justice" rel="tag"&gt;justice&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/m-a-ampute" rel="tag"&gt;m'a amput&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cour-d-assises" rel="tag"&gt;cour d'assises&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Knobelspiess-declarait" rel="tag"&gt;Knobelspiess d&#233;clarait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Roger-Knobelspiess" rel="tag"&gt;Roger Knobelspiess&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Roger" rel="tag"&gt;Roger&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;E&lt;/span&gt;n avril 1987, Roger Knobelspiess d&#233;clarait devant la cour d'assises de Rouen : &#171; &lt;i&gt;J'ai &#233;t&#233; graci&#233; &lt;/i&gt;[en 1981], &lt;i&gt;mais cela ne ram&#232;ne pas les ann&#233;es de vie dont on m'a amput&#233;. Je suis un homme coup&#233; en deux. La justice me doit quinze ann&#233;es de ma vie. C'est &#224; elle de me rendre des comptes. Je me bats contre l'appareil judiciaire. Mon r&#244;le est de bafouer la &#034;justice&#034;. Ceux qui jugent ne savent pas ce qu'est une prison.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] &lt;i&gt;Que cherchez-vous en &#233;talant cette litanie de mis&#232;res ? &lt;/i&gt;(son enfance, NDLR) &lt;i&gt;Un alibi de bonne justice ? Les magistrats sont bien plac&#233;s pour savoir que ceux qui passent devant eux sont pour la plupart originaires des couches d&#233;favoris&#233;es de la soci&#233;t&#233;, des pauvres. &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] &lt;i&gt;Les policiers m'ont tir&#233; dessus alors que j'&#233;tais sans armes assis dans ma voiture. Les policiers ont essay&#233; de me tuer. Ils n'ont pas &#233;t&#233; poursuivis, pas inculp&#233;s de &#034;tentative d'assassinat&#034;. Et moi, pour un vol de 800 francs que j'ai toujours ni&#233;, j'ai &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; 15 ans de prison. Alors je dis : il y a deux justices !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[...] &lt;i&gt;Monsieur l'avocat g&#233;n&#233;ral a demand&#233; pourquoi, alors que les intellectuels m'avaient bien re&#231;u, j'ai continu&#233; &#224; fr&#233;quenter des &#034;d&#233;linquants&#034; ? Quand on a pass&#233; 20 ans de sa vie en prison, on ne se sent bien qu'avec ceux qui mangent le pain noir, le pain de la mis&#232;re. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Mon combat litt&#233;raire &#233;tait pour dire des v&#233;rit&#233;s, pas pour faire de la litt&#233;rature. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Je serai toujours un r&#233;volt&#233;. &lt;/i&gt;[...] &lt;i&gt;Si le m&#233;pris avait des mains g&#233;antes, je lui dirai de vous &#233;trangler, &#224; droite comme &#224; gauche. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En 2007, Roger Knobelspiess avait r&#233;dig&#233; pour les &#233;ditions du Chien rouge la pr&#233;face de la r&#233;&#233;dition du livre de son ami de gal&#232;re Jacques Mesrine, &lt;i&gt;L'Instinct de mort&lt;/i&gt;. La m&#234;me ann&#233;e, confront&#233; devant les cam&#233;ras de t&#233;l&#233;vision au criminologue Xavier Raufer, il avait invit&#233; cet industriel de la barbarie &#224; poursuivre le d&#233;bat &#224; armes &#233;gales. Avec les poings&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il aura pass&#233; 26 ans derri&#232;re les barreaux. Associ&#233;, entre autres, avec Mesrine et Taleb Hadjadj, il se sera battu contre les Quartiers de haute s&#233;curit&#233; (QHS), publi&#233; textes et bouquins sur l'ignominie de l'enfermement. Il &#233;crira, entre autres, l'excellent &lt;i&gt;Roman des Ecamaux&lt;/i&gt;, portrait de son quartier et de son enfance. Po&#232;te, peintre, guerrier, il aura aussi approch&#233; le cin&#233;ma, notamment avec Jean-Pierre Mocky, et se sera amus&#233; &#8211; en jouant de sa mauvaise r&#233;putation &#8211; avec des producteurs faisant du fric sur le dos du grand Jacques. Promeneur insatiable, il disait : &#171; &lt;i&gt;J'ai vu trop de portes ferm&#233;es pour ne pas vouloir les ouvrir toutes. &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Roger est mort le 19 f&#233;vrier 2017. C'&#233;tait un vrai pote.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Gilles Lucas, avec G&#233;rard Lambert&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#192; Rouen, vie et mort d'un havre de migrants</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/A-Rouen-vie-et-mort-d-un-havre-de</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/A-Rouen-vie-et-mort-d-un-havre-de</guid>
		<dc:date>2018-12-28T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>center</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>rue</dc:subject>
		<dc:subject>jeunes</dc:subject>
		<dc:subject>squat</dc:subject>
		<dc:subject>r&#233;fugi&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>Garenne</dc:subject>
		<dc:subject>lieux</dc:subject>
		<dc:subject>Yvon Robert</dc:subject>
		<dc:subject>Garenne d&#233;m&#233;nagent</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pendant cinq mois, plus de 150 personnes ont v&#233;cu collectivement &#224; Rouen, dans une maison de retraite &#224; l'abandon. Mais c'&#233;tait sans compter sur les vell&#233;it&#233;s anti-squat des autorit&#233;s locales. *** Ce 19 octobre &#224; Rouen (Seine-Maritime), rue du Hameau des Brouettes, il y a de l'animation. Une partie des occupants du squat de la Garenne d&#233;m&#233;nagent. Ce sont pour la plupart des r&#233;fugi&#233;s du Soudan, de Syrie, du Niger, d'Afghanistan ou d'ailleurs. L'huissier et les flics sont annonc&#233;s le (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no170-novembre-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;170 (novembre 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/center" rel="tag"&gt;center&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rue" rel="tag"&gt;rue&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jeunes" rel="tag"&gt;jeunes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/squat" rel="tag"&gt;squat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/refugies" rel="tag"&gt;r&#233;fugi&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Garenne" rel="tag"&gt;Garenne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lieux" rel="tag"&gt;lieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yvon-Robert" rel="tag"&gt;Yvon Robert&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Garenne-demenagent" rel="tag"&gt;Garenne d&#233;m&#233;nagent&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant cinq mois, plus de 150 personnes ont v&#233;cu collectivement &#224; Rouen, dans une maison de retraite &#224; l'abandon. Mais c'&#233;tait sans compter sur les vell&#233;it&#233;s anti-squat des autorit&#233;s locales.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH361/-971-9f2ba.jpg?1768731931' width='500' height='361' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L. L. de Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ce 19 octobre&lt;/strong&gt; &#224; Rouen (Seine-Maritime), rue du Hameau des Brouettes, il y a de l'animation. Une partie des occupants du squat de la Garenne d&#233;m&#233;nagent. Ce sont pour la plupart des r&#233;fugi&#233;s du Soudan, de Syrie, du Niger, d'Afghanistan ou d'ailleurs. L'huissier et les flics sont annonc&#233;s le lendemain pour constater que les lieux sont toujours occup&#233;s. Ceux et celles qui partent risquent une expulsion dans le cadre des accords de Dublin&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;R&#232;glement europ&#233;en obligeant tout r&#233;fugi&#233; &#224; formuler sa demande d'asile dans (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Aujourd'hui&lt;/strong&gt;, pas de reggae ni de hip-hop sur la sono ext&#233;rieure ; les jeunes ne jouent plus au foot dans la cour. Le d&#233;m&#233;nagement se fait de mani&#232;re efficace, sans cri &#8211; comme une fatalit&#233; ou une habitude. Des militants viennent pr&#234;ter main forte aux r&#233;fugi&#233;s pour les h&#233;berger dans des lieux plus s&#251;rs de l'agglom&#233;ration rouennaise.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Mieux que la rue &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le squat de la Garenne&lt;/strong&gt; a ouvert le 19 mai dernier. &#192; la suite d'une manifestation demandant des papiers pour tous, cette ancienne maison de retraite, abandonn&#233;e par la mairie depuis cinq ans, a &#233;t&#233; r&#233;quisitionn&#233;e et occup&#233;e. Une quarantaine d'appartements de 30 &#224; 45 m&#178;, avec salle de bains et plaques chauffantes, pour loger pr&#232;s de 170 r&#233;fugi&#233;s, pr&#233;caires et SDF. Seul hic : le lieu avait &#233;t&#233; abandonn&#233; par la mairie parce qu'il est truff&#233; d'amiante... &#171; &lt;i&gt;Mais c'est mieux que la rue &lt;/i&gt; &#187;, observe un jeune Ivoirien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#232;s le d&#233;but de l'occupation&lt;/strong&gt;, le b&#226;timent est d&#233;sign&#233; comme lieu de vie autog&#233;r&#233;. &#171; &lt;i&gt; Notre fonctionnement repose sur la solidarit&#233; et l'entraide&lt;/i&gt; &#187;, souligne l'un des occupants. Deux fois par semaine ont lieu des assembl&#233;es g&#233;n&#233;rales o&#249; sont g&#233;r&#233;s nourriture, nettoyage et relations avec l'administration. Ainsi que tous les probl&#232;mes inh&#233;rents &#224; une vie collective o&#249; se c&#244;toient enfants, adolescents, femmes et hommes de diverses origines. F&#234;tes, pique-niques, concerts et manifs viennent r&#233;guli&#232;rement &#233;gayer les semaines.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Appel d'air &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;videmment&lt;/strong&gt;, cette occupation passe mal du c&#244;t&#233; de la pr&#233;fecture, qui refuse de rouvrir un centre d'h&#233;bergement (une ancienne &#233;cole avait par le pass&#233; abrit&#233; des r&#233;fugi&#233;s) : de tels lieux auraient un effet &#171; &lt;i&gt;d'appel air&lt;/i&gt; &#187; attirant &#171; &lt;i&gt; d'autres migrants&lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce qui serait &#171; &lt;i&gt; intol&#233;rable&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quant au maire socialiste&lt;/strong&gt; Yvon Robert, il a toujours ardemment combattu les squats. Au point que c'en est devenu un jeu de chats et de souris entre les squatteurs locaux et la police. Que ce soit la Bammeville, Casa Nostra ou les autres, les squats sont rapidement &#233;vacu&#233;s, puis rouvrent un peu plus loin : ce ne sont pas les lieux inoccup&#233;s qui manquent &#224; Rouen. Pour justifier les expulsions, l'&#233;dile a trouv&#233; un argument : d&#232;s qu'un b&#226;timent est occup&#233;, il affirme que celui-ci vient d'&#234;tre vendu et que le nouveau propri&#233;taire doit pouvoir jouir de l'endroit&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Discrimination &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; force de rencontres&lt;/strong&gt;, manifestations et interventions d'&#233;lus, Yvon Robert a d&#233;clar&#233; du bout des l&#232;vres qu'il logerait celles et ceux qui ont des enfants scolaris&#233;s sur sa commune. La mairie de Rouen a ainsi offert un toit &#224; cinq familles, soit &#224; peine dix-huit personnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 8 ao&#251;t dernier&lt;/strong&gt;, d&#233;pass&#233; par le nombre de jeunes enfants non relog&#233;s et pr&#233;sents dans le squat, le tribunal a donn&#233; jusqu'au 13 octobre aux occupants de la Garenne pour quitter les lieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 22&lt;/strong&gt;, une quarantaine de personnes y vivaient encore, profitant de ce toit jusqu'au dernier moment. Il s'agissait de jeunes Africains mineurs isol&#233;s, de pr&#233;caires et de quelques militants. &#171; De NDDL &#224; Bure jusqu'&#224; la Garenne, ni expulsion ni perquiz &#187;, proclamait une banderole en haut du b&#226;timent. &#192; c&#244;t&#233; flottait fi&#232;rement un drapeau violet disant : &#171; &lt;i&gt;Refugees welcome&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le lendemain&lt;/strong&gt;, &#224; 6h30 du matin, les flics ont expuls&#233; tout le monde. Et deux personnes ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Sp&#233;ciale d&#233;dicace &#224; la jolie Namibas, n&#233;e au squat d&#233;but octobre.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;R&#232;glement europ&#233;en obligeant tout r&#233;fugi&#233; &#224; formuler sa demande d'asile dans le premier pays par lequel il est entr&#233; en Europe.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Laissez lutter les petits papiers</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Laissez-lutter-les-petits-papiers</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Laissez-lutter-les-petits-papiers</guid>
		<dc:date>2015-03-17T02:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Lasserpe</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>papier</dc:subject>
		<dc:subject>raffinerie Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>boulevard industriel</dc:subject>
		<dc:subject>totalement d&#233;sert&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>fant&#244;me totalement</dc:subject>
		<dc:subject>usine fant&#244;me</dc:subject>
		<dc:subject>Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>Chapelle Darblay</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique. Les salari&#233;s de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lasserpe" rel="tag"&gt;Lasserpe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/papier" rel="tag"&gt;papier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/raffinerie-Petroplus" rel="tag"&gt;raffinerie Petroplus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/boulevard-industriel" rel="tag"&gt;boulevard industriel&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/totalement-desertee" rel="tag"&gt;totalement d&#233;sert&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fantome-totalement" rel="tag"&gt;fant&#244;me totalement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/usine-fantome" rel="tag"&gt;usine fant&#244;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petroplus" rel="tag"&gt;Petroplus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Chapelle-Darblay" rel="tag"&gt;Chapelle Darblay&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;En arrivant &#224; Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen, par le boulevard industriel, on longe la raffinerie Petroplus, devenue une usine fant&#244;me totalement d&#233;sert&#233;e. Il y a encore les stockages rouill&#233;s, l'immense chemin&#233;e rouge et blanche qui symbolisait la bo&#238;te ainsi que les tuyauteries entrem&#234;l&#233;es en attente de destruction et de reconversion du site. Juste apr&#232;s, se trouve la papeterie UPM-Kymmene que tout le monde continue &#224; appeler Chapelle Darblay, son nom historique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les salari&#233;s de cette usine ont appris en novembre dernier que leur patron finlandais et les actionnaires avaient d&#233;cid&#233; de d&#233;graisser quatre usines europ&#233;ennes. Pour celle de Grand Couronne, il s'agit de 196 emplois supprim&#233;s (60% du personnel). L'annonce &#224; peine connue, les salari&#233;s ont multipli&#233; les actions, manifs, gr&#232;ves, occupations de p&#233;ages, etc. Les actions habituelles en riposte &#224; de telles annonces. Galvanis&#233;s par la lutte des voisins raffineurs dont la plupart ont suivi le mouvement, les papetiers affirment vouloir faire plus et plus fort lors des AG.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce jour-l&#224;, les salari&#233;s organisent une journ&#233;e portes ouvertes. Odeurs de merguez, affichage de propositions pour que les communes alentour pr&#233;emptent l'usine, discours de syndicalistes de la CGT. Tous les papetiers pr&#233;sents arborent un t-shirt noir sur lequel on peut lire &#171; non au d&#233;mant&#232;lement &#187; ou &#171; non aux 196 suppressions d'emplois &#187;. Il y a beaucoup de monde, des familiers mais aussi des gens venus en soutien. Ce n'&#233;tait pas gagn&#233; surtout que, ce m&#234;me jour, des manifestations Charlie sont programm&#233;es dans la r&#233;gion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je profite d'une visite comment&#233;e par des syndicalistes pour rentrer dans l'usine. C'est b&#234;te &#224; dire mais j'aime bien visiter les lieux de travail. J'arrive m&#234;me parfois &#224; trouver ces lieux plut&#244;t beaux et, pour le moins, impressionnants. Lors de ces d&#233;ambulations organis&#233;es, il n'est pas facile de parler du travail, de la hi&#233;rarchie, des horaires et de ce qui fait le quotidien des ouvriers. On &#233;voque le bruit et la chaleur &#233;touffante des ateliers, mais c'est tout. Ceux qui font la visite essaient toujours de prouver que l'usine est une bonne usine qui fabrique de bons produits. D'ailleurs, notre accompagnateur insiste sur la dimension &#233;cologique de l'usine. Pour faire le papier qui sort des machines, il n'est plus question d'utiliser du bois. Ici, tout est fait avec le papier recycl&#233; qui vient de tout le nord et l'ouest du pays. Le papier est d&#233;sencr&#233;, nettoy&#233; de ses agrafes et des impuret&#233;s pour devenir une p&#226;te &#224; papier blanche comme du lait qui est enfin transform&#233;e en papier journal. La chaudi&#232;re est de type biomasse et tous les d&#233;chets ainsi que l'eau sont recycl&#233;s et &#233;pur&#233;s. Mon cornac m'explique que le seul rejet est ce petit filet de vapeur d'eau qui s'&#233;chappe de la chemin&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie, presque nonag&#233;naire, &#233;tale ses b&#226;timents gigantesques, certains encore en briques, d'autres plus modernes, sur plusieurs centaines de m&#232;tres. Dans tous les coins de l'usine, des mannequins ont &#233;t&#233; diss&#233;min&#233;s pour symboliser les emplois qui vont &#234;tre supprim&#233;s. Il y a un mannequin diff&#233;rent, pendu &#224; une rambarde, qui personnifie le patron, et surtout comment il devrait finir. Des banderoles ont &#233;t&#233; accroch&#233;es un peu partout, pour dire qu'il n'y aura pas de licenciement, ou qu'il vaut mieux mourir debout que vivre &#224; genoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La papeterie sort annuellement 350 000 tonnes de papier, par bobines de 20&#8200;tonnes. Ce papier est utilis&#233; par les quotidiens r&#233;gionaux, &lt;i&gt;Paris-Normandie&lt;/i&gt;, bien s&#251;r, mais aussi &lt;i&gt;Ouest-France&lt;/i&gt;, ainsi que tous les quotidiens du Nord et de la r&#233;gion Paca. La direction veut garder le papier journal et supprimer les deux unit&#233;s fabriquant le papier couch&#233; qui sert pour les magazines et transf&#233;rer cette fabrication vers une papeterie allemande.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce &#224; quoi les salari&#233;s r&#233;pondent que ce type de papier repr&#233;sente seulement 30&#8200;% de la fabrication et qu'on ne peut pas supprimer 60&#8200;% de l'effectif dans ce cas. Tr&#232;s remont&#233;s, ils ont tous en m&#233;moire le conflit de 1983, lorsque les salari&#233;s de la Chapelle Darblay s'&#233;taient bagarr&#233;s pendant 100 jours, face &#224; la direction, face &#224; Fabius, alors Premier ministre, et face aux flics venus les d&#233;loger. Ce conflit avait marqu&#233; la r&#233;gion rouennaise. Les papetiers avaient gagn&#233; le maintien du site et des 900&#8200;emplois. H&#233;las, le temps a jou&#233; contre le mouvement social et, au moyen de restructurations &#171; douces &#187; bas&#233;es sur des d&#233;parts en retraite non remplac&#233;s, les patrons ont r&#233;ussi &#224; tailler dans les effectifs. Pourtant, ces luttes de &#171; retardement &#187; permettent presque toujours aux ouvriers d'obtenir de meilleures conditions de d&#233;part. Et cela, les papetiers d'UPM-Kymmene le savent tr&#232;s bien.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une simple vue de l'esprit !&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_1402 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH537/actu-lasserpe-272-38-2-6079a.jpg?1768650026' width='400' height='537' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Lasserpe.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>En gr&#232;ve jusqu'&#224; la retraite</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/En-greve-jusqu-a-la-retraite</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/En-greve-jusqu-a-la-retraite</guid>
		<dc:date>2010-12-12T08:23:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>lutte</dc:subject>
		<dc:subject>Rouen</dc:subject>
		<dc:subject>salari&#233;s</dc:subject>
		<dc:subject>s'est</dc:subject>
		<dc:subject>gr&#232;ve</dc:subject>
		<dc:subject>manifestants</dc:subject>
		<dc:subject>lieux</dc:subject>
		<dc:subject>Petroplus</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;videmment</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;&#201;VIDEMMENT, l'actualit&#233; est telle que je ne vous &#233;cris pas de l'int&#233;rieur de l'usine. Avec les coll&#232;gues, on a particip&#233; &#224; toutes les journ&#233;es d'actions contre la r&#233;forme des retraites, m&#234;me s'il n'a jamais &#233;t&#233; question de gr&#232;ve reconductible comme l'ont fait les copains de Total. Reste qu'on &#233;tait une bonne quinzaine &#224; participer quasi quotidiennement aux blocages des ponts, des entr&#233;es de la ville, des transports urbains et surtout du d&#233;p&#244;t de carburant, situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; de la bo&#238;te. Le 27 (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no-83-novembre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176; 83 (novembre 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lutte" rel="tag"&gt;lutte&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rouen" rel="tag"&gt;Rouen&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/salaries" rel="tag"&gt;salari&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/s-est" rel="tag"&gt;s'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/manifestants" rel="tag"&gt;manifestants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lieux" rel="tag"&gt;lieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petroplus" rel="tag"&gt;Petroplus&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Evidemment" rel="tag"&gt;&#201;videmment&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#201;VIDEMMENT, l'actualit&#233; est telle que je ne vous
&#233;cris pas de l'int&#233;rieur de l'usine. Avec les coll&#232;gues, on a particip&#233; &#224; toutes les journ&#233;es
d'actions contre la r&#233;forme des retraites,
m&#234;me s'il n'a jamais &#233;t&#233; question de gr&#232;ve
reconductible comme l'ont fait les copains de Total. Reste
qu'on &#233;tait une bonne quinzaine &#224; participer quasi quotidiennement aux blocages des ponts, des entr&#233;es de la
ville, des transports urbains et surtout du d&#233;p&#244;t de carburant, situ&#233; &#224; c&#244;t&#233; de la bo&#238;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 27 octobre, il a fallu se lever tr&#232;s t&#244;t car l'assembl&#233;e
g&#233;n&#233;rale intersyndicale des gr&#233;vistes et autres de l'agglom&#233;ration rouennaise avait d&#233;cid&#233; la veille d'une action
forte. Peut-&#234;tre un baroud d'honneur. On s'est rencard&#233;s
par texto et Internet, et l'on s'est retrouv&#233;s trois cents &#224;
4 h 45 devant les portes de la raffinerie P&#233;troplus de
Grand-Couronne, pr&#232;s de Rouen. Comme &#224; chaque fois, on
s'est r&#233;unis autour de palettes en flammes &#224; &#233;changer des
sourires, des signes amicaux et quelques mots. La lutte, &#231;a
sert aussi &#224; cr&#233;er des liens. Les raffineurs en sont &#224; leur
quinzi&#232;me jour de gr&#232;ve et ont besoin de soutien. On sait
pourtant que &#231;a risque de s'arr&#234;ter, d'autant que la CGT,
pourtant vindicative ici, a organis&#233; un r&#233;f&#233;rendum dont
l'objectif &#224; peine dissimul&#233; est de faire cesser le mouvement. Au cours de ce rassemblement, les salari&#233;s de
P&#233;troplus de quart du matin votent massivement en
faveur de la poursuite de la gr&#232;ve sous les applaudissements (mais pouvaient-ils faire autrement en notre
pr&#233;sence ?). Quelques-uns, requis pour la s&#233;curit&#233;, doivent quand m&#234;me rentrer dans l'usine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ensuite, les manifestants quittent les lieux en cort&#232;ge de
voitures et, &#224; la vitesse de l'escargot, rejoignent les quais
de la Seine. Arriv&#233;s l&#224;, on part en manif en direction du
d&#233;p&#244;t de carburant &#171; Rubis &#187;. C'est un peu le symbole de
la lutte sur Rouen : on l'a occup&#233; pendant pr&#232;s d'une
semaine, en jouant au chat et &#224; la souris avec les flics.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_20 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L306xH373/levaray-d002a.png?1768652892' width='306' height='373' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Efix
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;D&#233;gag&#233;s quotidiennement, les lieux &#233;taient r&#233;occup&#233;s d&#232;s
leur d&#233;part. Sauf qu'au bout de cinq jours, ils ont compris la man&#339;uvre et post&#233; en permanence huit
camions remplis de robocops. Il est pr&#233;vu qu'on
&#171; aille au contact &#187; face &#224; un mur d'une centaine de
CRS. Un type du NPA, se prenant sans doute pour un
caporal de l'Arm&#233;e rouge, n'arr&#234;te pas de nous donner des ordres. Il aboie sans cesse : &lt;i&gt;&#171; Je veux voir des
rangs serr&#233;s et des manifestants en cha&#238;ne. &#187;&lt;/i&gt; On
l'&#233;coute &#224; peine. Selon une m&#233;thode &#233;prouv&#233;e, on
force le barrage en masse. &#201;changes de quelques
coups mais les lacrymos, balanc&#233;s en rafales, ont
vite fait de nous repousser vers le carrefour tout
proche. On stationne l&#224;, &#224; bloquer la circulation. De
toute fa&#231;on, on n'a rien pr&#233;vu de v&#233;ritablement
offensif pour r&#233;pliquer. M&#234;me les &#233;tudiants les plus
agit&#233;s n'ont que des &#339;ufs remplis de peinture et des
feux d'artifice. Autour d'un nouveau feu de palettes, les plus jeunes questionnent pour savoir comment c'&#233;tait quand les ouvriers se battaient vraiment contre la flicaille. Et nous de r&#233;pondre que les
derniers vrais affrontements remontent &#224; 1978, lors
de la fermeture des chantiers navals et d'une usine
m&#233;tallurgique. Une jeune fille dit qu'aujourd'hui,
c'&#233;tait un premier essai et que de voir les &#233;tudiants
aux c&#244;t&#233;s des salari&#233;s, c'&#233;tait d&#233;j&#224; pas mal.
Au bout d'une heure, alors que les cond&#233;s s'approchent pour nous encercler, nous quittons les lieux pour
bloquer quelques heures l'entr&#233;e du boulevard industriel, ou pour distribuer des tracts dans diff&#233;rents secteurs de l'agglo. L'apr&#232;s-midi, les salari&#233;s de P&#233;troplus
reprennent le travail mais, faute de brut, la raffinerie
ne peut pas d&#233;marrer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le lendemain, pour la septi&#232;me journ&#233;e nationale d'action, les rues de Rouen sont encore occup&#233;es par 40 000
manifestants. M&#234;me si &#231;a s'&#233;mousse, on est encore nombreux et &#233;nerv&#233;s. En fin de manif, environ 500 personnes
tentent d'atteindre le local du Medef. Ils sont vite chass&#233;s
par les charges polici&#232;res. Six personnes sont arr&#234;t&#233;es,
trois d'entre elles passeront en proc&#232;s le 10 janvier, a
priori pour avoir &#233;t&#233; en possession d'&#339;ufs (sic).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; je dois terminer l'article, le premier round
s'ach&#232;ve sans que la contestation soit &#233;teinte (le local du
Medef du Havre vient d'&#234;tre mur&#233; par des manifestants). Quoi qu'il en soit, ce mouvement laissera des traces. Nous n'avons pas pu aller vers la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale,
sans doute parce que l'atomisation du travail rend les
choses compliqu&#233;es, mais nous avons os&#233; des formes de
lutte qui laissent pr&#233;sager qu'on ne va pas s'arr&#234;ter l&#224;.
Le blocage de la circulation, des d&#233;p&#244;ts (m&#234;me s'il ne
durait que quelques heures) est une avanc&#233;e politique
vers un blocage total de l'&#233;conomie. On a assist&#233; &#224; une
radicalisation de la part de salari&#233;s qui n'ont pas eu
peur d'en d&#233;coudre avec les flics. C&#244;t&#233; syndical, les
bases, au niveau local, ont particip&#233; aux actions sans
tenir compte des secr&#233;taires et dirigeants conf&#233;d&#233;raux et nationaux. Il s'est tenu des AG quotidiennes
dans les locaux de la CGT (une premi&#232;re), etc. Il y a
aussi eu des choses rat&#233;es, comme ces militants NPA
qui, prenant des postes syndicaux &#224; la place d'anciens
du PC, reproduisent les m&#234;mes travers staliniens, mais
ce sera sans doute l'objet d'une autre chronique.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
