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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>La fin du monde industriel ?</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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&lt;p&gt;Pendant dix ans, de 2005 &#224; 2015, Jean-Pierre Levaray a tenu dans les pages de CQFD une chronique corrosive intitul&#233;e &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;. Il a repris la plume pour ce dossier, posant son regard aiguis&#233; sur l'impact des restructurations et des fermetures. J'ai travaill&#233; pendant plus de quarante ann&#233;es en usine. Une usine de l'industrie chimique de la r&#233;gion de Rouen (Seine-Maritime). Gasp ! Quarante ans dans la m&#234;me usine ! Quelque chose qu'on ne peut plus imaginer aujourd'hui. Je (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no199-juin-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;199 (juin 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/usines-chimiques" rel="tag"&gt;usines chimiques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/region" rel="tag"&gt;r&#233;gion&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pendant dix ans, de 2005 &#224; 2015, Jean-Pierre Levaray a tenu dans les pages de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; une chronique corrosive intitul&#233;e &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &#187;. Il a repris la plume pour ce dossier, posant son regard aiguis&#233; sur l'impact des restructurations et des fermetures.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3658 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH515/-1797-6723e.jpg?1779604205' width='500' height='515' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de L.L. De Mars
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai travaill&#233; pendant plus de quarante ann&#233;es en usine. Une usine de l'industrie chimique de la r&#233;gion de Rouen (Seine-Maritime). &lt;i&gt;Gasp&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! &lt;/i&gt;Quarante ans dans la m&#234;me usine ! Quelque chose qu'on ne peut plus imaginer aujourd'hui. Je vous en ai d&#233;j&#224; parl&#233;, il y a quelques ann&#233;es, &#224; travers ma chronique &#171; Je vous &#233;cris de l'usine &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les &#233;pisodes de ces chroniques ont depuis &#233;t&#233; r&#233;unis dans un ouvrage &#233;ponyme (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et, ce n'est pas pour jouer au vieux con mais, pendant tout ce temps, j'en ai vu des usines fermer, des r&#233;gions sinistr&#233;es, des ouvriers qui se battent pour leur survie, des suicides lors de licenciements, des ch&#244;meurs... Dans la r&#233;gion rouennaise, d&#232;s les ann&#233;es 1970, j'ai commenc&#233; &#224; voir plier boutique les usines de filature et de m&#233;tallurgie. Apr&#232;s, ce furent les usines chimiques &#8211; notamment d'engrais, nombreuses dans le coin &#8211;, suivies des sous-traitants de l'automobile. Cela a toujours entra&#238;n&#233; des conflits, souvent durs et longs, rarement victorieux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque fermeture son lot de ch&#244;meurs mais aussi un brassage. Dans l'usine o&#249; je pointais, ce sont des ouvriers licenci&#233;s de papeteries ou d'usines d'engrais, des chaudronniers, des &#233;lectriciens, qui arrivaient pour remplacer nos coll&#232;gues partant en retraite. C'&#233;tait une bonne chose pour nous : chacun amenait ses exp&#233;riences de travail mais &#233;galement de rapport &#224; la hi&#233;rarchie voire de bagarres sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans mon usine aussi, nous avons connu des restructurations ; des arr&#234;ts d'ateliers pour cause de v&#233;tust&#233; ou d'obsolescence ; des produits qui se vendent moins bien, aux yeux des actionnaires. Ce qui fait que, de rachats en changements de nom, l'effectif de l'usine, en quarante ann&#233;es, est pass&#233; de 2 000 &#224; 350.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tr&#232;s nombreuses fois, nous avons pens&#233; que la bo&#238;te allait fermer. &#192; chaque annonce de plan &#171; social &#187;, nous &#233;tions convaincus que ce serait le dernier. Quand nos usines sont pass&#233;es sous le giron de Total, nous savions que c'&#233;tait pour se d&#233;barrasser d'un secteur jug&#233; pas assez rentable. La catastrophe d'AZF, &#224; Toulouse en 2001, a oblig&#233; Total &#224; ralentir ses vell&#233;it&#233;s. Les fermetures ont tout de m&#234;me eu lieu et pr&#232;s de dix usines ont disparu, ann&#233;e apr&#232;s ann&#233;e. En 2013, &#233;chaud&#233; par un des proc&#232;s de la catastrophe, &#224; l'issue duquel la responsabilit&#233; d'une de ses filiales avait &#233;t&#233; point&#233;e, Total a vendu ce qui restait : ses trois derniers sites de fabrication d'engrais (se situant dans des zones fortement agricoles et surtout c&#233;r&#233;ali&#232;res) &#224; Borealis, bo&#238;te autrichienne aux capitaux venant d'Abu Dhabi. Une 4e situ&#233;e &#224; Mazingarbe (Pas-de-Calais) a &#233;t&#233; c&#233;d&#233;e &#224; Maxam. Aujourd'hui, Maxam ferme l'usine et Borealis cherche &#224; revendre ses sites fran&#231;ais depuis deux ans. &#199;a continue.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les restructurations et les d&#233;localisations font partie de l'histoire industrielle. Les fabriques, ateliers, usines ont r&#233;guli&#232;rement connu des mutations, parfois brutales. Cela commen&#231;a sans doute lorsque la vapeur et les turbines remplac&#232;rent les moulins le long des fleuves et rivi&#232;res. Ensuite il y eut le gaz puis l'&#233;lectricit&#233;, le taylorisme, le toyotisme, l'automatisation, la robotisation, l'informatisation...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; chaque bouleversement technique son lot de changement de fa&#231;on de travailler, mais aussi ses fermetures d'usines ou ses constructions de nouveaux sites.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Outre les modifications de produits et &#233;volutions des techniques, outre les modes, outre les ateliers trop vieux, c'est d&#233;sormais surtout une guerre &#233;conomique qui se joue &#224; coups de dividendes jug&#233;s toujours trop faibles par les actionnaires. Et si, devant les cam&#233;ras, les PDG se tapent dans le dos, c'est pour mieux s'&#233;charper sur les march&#233;s. Chacun d'entre eux ne visant qu'&#224; faire couler ou acheter le concurrent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment, ceux qui trinquent sont celles et ceux qui travaillent dans ces bo&#238;tes. Aussi bien les salari&#233;s qui sont vir&#233;s que ceux qui les remplacent dans un autre pays o&#249; l'usine a &#233;t&#233; r&#233;implant&#233;e et o&#249; l'on bosse pour des salaires de mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Europe, il semblerait qu'il y ait eu une certaine inertie dans les restructurations, notamment par rapport au continent am&#233;ricain o&#249;, pourtant, le tissu industriel s'amenuise aussi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En moins de quarante ans, le nombre d'ouvriers en France, r&#233;pertori&#233; par l'INSEE, est pass&#233; de 6,9 millions &#224; 5,3 millions... Ce n'est pas rien. Et c'est surtout dans l'industrie que &#231;a s'est vid&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour autant, au niveau mondial, le nombre d'ouvriers est en progression. Ils se trouvent maintenant en Asie, o&#249; l'agriculture intensive a vid&#233; les campagnes et offert une main-d'&#339;uvre pas cher aux entreprises qui prosp&#232;rent d&#233;sormais en Inde, au Pakistan, en Chine, en Cor&#233;e...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, la situation sanitaire et &#233;conomique contribue &#224; amplifier le mouvement vers une industrie connect&#233;e, d&#233;j&#224; entrepris depuis quelques ann&#233;es. L'industrie asiatique a pris les devants mais, dans les pays occidentaux, pour ceux et celles qui ne se retrouvent pas sur le carreau, cela entra&#238;ne la casse des collectifs : t&#233;l&#233;travail et ub&#233;risation des m&#233;tiers. Ainsi que la fin du salariat (c'est autre chose que l'abolition du salariat revendiqu&#233;e jadis) par la mise en concurrence de chacun, somm&#233; de devenir autoentrepreneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;gion de Rouen a &#233;t&#233; tr&#232;s touch&#233;e par ces restructurations. Le nombre d'usines a fondu comme neige au soleil. Le seul avantage, c'est qu'on y respire mieux (sauf quand Lubrizol s'est enflamm&#233;e en septembre 2019). Le dernier gros bastion historique &#224; avoir ferm&#233;, c'est la Chapelle Darblay, une papeterie historique de la r&#233;gion qui fabriquait du papier recycl&#233; de qualit&#233;. Pour l'instant, il n'y a pas de repreneur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lorsque l'on suit les m&#233;andres de la Seine autour de Rouen, on ne voit plus que de gigantesques hangars en taule avec des plateformes de chargement pour semi-remorques. Bollor&#233; et consorts ont pris la rel&#232;ve et livrent &#224; pr&#233;sent par la route les contenus de containers arrivant par gros tankers, bourr&#233;s de &lt;i&gt;big bags &lt;/i&gt;d'engrais ou de produits chimiques qui &#233;taient fabriqu&#233;s aux m&#234;mes endroits avant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une autre usine historique de la r&#233;gion, la raffinerie Shell-Petroplus de Petit-Couronne, a &#233;t&#233; ferm&#233;e il y a plus de six ans. Voil&#224; qu'on apprend, apr&#232;s la d&#233;pollution du site, que, dans les grands hangars en cours de montage, c'est Amazon qui s'installe. Carr&#233;ment. Un mouvement s'est cr&#233;&#233; pour emp&#234;cher cette implantation, avec p&#233;titions et manifestations &#224; la cl&#233;. Seul le maire de la ville milite pour que &#231;a se fasse, &#171; pour l'emploi &#187;. Et quel emploi ! Des exploit&#233;s en CDD qui doivent aller chercher les produits d'une all&#233;e &#224; l'autre en vitesse (faisant jusqu'&#224; 20 bornes par jour) et des livreurs, au statut impos&#233; de micro-entrepreneurs, qui doivent livrer au plus vite et dans n'importe quelles conditions. Sans compter tout ce qu'implique Amazon dans la consommation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre exemple de cette fin d'un monde industriel, &#224; quelques kilom&#232;tres de ce site, en lisi&#232;re de Rouen, juste aux portes de l'usine Lubrizol, la M&#233;tropole a lanc&#233; en 2011 la cr&#233;ation d'un &#171; &#233;coquartier &#187;, ce qui est tendance. L'objectif &#233;tant en partie d'y faire venir vivre celles et ceux qui bossent &#224; La D&#233;fense (une heure de route ou de train quand il n'y a pas de bouchon ou de parpaing sur les voies). Le hic, c'est que sur ce terrain se trouvaient auparavant des usines chimiques et m&#233;tallurgiques. Il y a dans ces sols des hydrocarbures, des m&#233;taux lourds et j'en passe. Plut&#244;t que de d&#233;polluer, il a &#233;t&#233; d&#233;cid&#233; de faire venir des tas de terre par trains et camions pour remonter le sol de plus de six m&#232;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bienvenue dans le meilleur des mondes.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Jean-Pierre Levaray&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie du dossier &#171; Apr&#232;s l'usine &#187; du num&#233;ro 199 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les &#233;pisodes de ces chroniques ont depuis &#233;t&#233; r&#233;unis dans un ouvrage &#233;ponyme publi&#233; chez Libertalia (2016).&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3661 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1798.jpg' width=&#034;350&#034; height=&#034;577&#034; alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Ils ont des pilotis et la gorge eau de vie</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Ils-ont-des-pilotis-et-la-gorge</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Margo Chou</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Ao&#251;t 2006. De Belgrade (Serbie), le taxi nous d&#233;pose au milieu d'une route dans un cul-de-sac. Ambiance gris-bitume, arri&#232;re-ville, no man's land, vieille usine. Le gars nous indique que l'on doit traverser le vieux b&#226;timent en face. Une fois sur la berge de la Sava, l'affluent du Danube, le Blek Panters devait &#234;tre par l&#224;. Le Blek Panters, avec son orchestre du m&#234;me nom, c'est Le Kafana, bar-auberge tenu par des tsiganes, cr&#233;&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 alors que commence &#224; s&#233;vir l'embargo. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2915 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;30&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L200xH284/-1159-32076.jpg?1779603026' width='200' height='284' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;A&lt;/span&gt;o&#251;t 2006. De Belgrade (Serbie), le taxi nous d&#233;pose au milieu d'une route dans un cul-de-sac. Ambiance gris-bitume, arri&#232;re-ville, &lt;i&gt;no man's land, &lt;/i&gt;vieille usine. Le gars nous indique que l'on doit traverser le vieux b&#226;timent en face.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une fois sur la berge&lt;/strong&gt; de la Sava, l'affluent du Danube, &lt;i&gt;le Blek Panters &lt;/i&gt;devait &#234;tre par l&#224;. &lt;i&gt;Le Blek Panters, &lt;/i&gt;avec son orchestre du m&#234;me nom, c'est &lt;i&gt;Le Kafana, &lt;/i&gt;bar-auberge tenu par des tsiganes, cr&#233;&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1990 alors que commence &#224; s&#233;vir l'embargo. On a pass&#233; l'ancienne usine, enfourch&#233; les mauvaises herbes, ils &#233;taient l&#224; : des dizaines de pontons qui tra&#231;aient un chemin sur l'eau vers des baraques en bois nomm&#233;es &lt;i&gt;&#171; splav &#187;. Un &lt;/i&gt;premier, un second. On entend la musique qui nous appelle, on s'approche. On y est comme dans les films de Kusturica. &#192; ce moment-l&#224;, c'est la seule r&#233;f&#233;rence disponible.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le radeau est tout petit&lt;/strong&gt;. Blind&#233; de monde. Au mur des photos de f&#234;tes. Une dizaine de tables. Au fond, une terrasse sur pilotis. &#231;a mange par endroit des assiettes grasses de &lt;i&gt;pljeskavitsa &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Gros steak tr&#232;s gras.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Accueillis g&#233;n&#233;reusement par les tenanciers, sans complexe on s'installe. Des musiciens, machines &#224; &#233;motions qui savent quoi jouer pour toucher le public, ouvre la party. Ils passent de table en table toute la soir&#233;e. D'autres arrivent dans la nuit. Ils jouent des airs &#224; la demande du client moyennant bakchich. Le client devient la star. L'orchestre juke-box peut tout jouer. Les &lt;i&gt;pesme &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chansons.&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; sont connues par tout le monde. &#224; la table, &#231;a chante plus fort que le chanteur et les billets fusent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En pleine nuit&lt;/strong&gt; le bar est plein, la musique ne s'arr&#234;te jamais, les corps se serrent et se tr&#233;moussent &#224; c&#244;t&#233; et sur les tables. La &lt;i&gt;slivovitsa &lt;/i&gt;et la sueur embaument le bois. On vient de France, on conna&#238;t les chansons, ils sont touch&#233;s. L'eau de vie te tombe dans la bouche. Nous sommes l'eau-de-vie. La folie commence &#224; monter. Il n'y a plus d'horaire. On a l'impression de tous se conna&#238;tre et d'&#234;tre dans un vieux chalet de famille en dehors de tout. Impossible de se souvenir comment on est reparti.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Margo Chou&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Gros steak tr&#232;s gras.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chansons.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Ethique en toc</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Ethique-en-toc</link>
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		<dc:date>2014-03-31T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


		<dc:subject>Je vous &#233;cris de l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>Efix</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Comme chaque fin d'ann&#233;e, &#224; l'usine et dans le groupe, s'est d&#233;roul&#233; le mercato, sorte de chaises musicales o&#249; les ing&#233;nieurs et chefs de service changent d'affectation. Auparavant, quand on &#233;tait chez Total, c'&#233;tait un vrai souhait de ces gens-l&#224; d'atterrir dans une autre usine du groupe un peu plus cot&#233;e que la n&#244;tre, une usine moins souvent en panne, par exemple. Maintenant que l'on est dans une plus petite soci&#233;t&#233;, les cadres de haut niveau font grise mine. Seuls deux des cadres (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Je-vous-ecris-de-l-usine" rel="tag"&gt;Je vous &#233;cris de l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Efix" rel="tag"&gt;Efix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Total" rel="tag"&gt;Total&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/societe" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Groupe" rel="tag"&gt;Groupe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/s-est-deroule" rel="tag"&gt;s'est d&#233;roul&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cadres" rel="tag"&gt;cadres&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/chaises-musicales" rel="tag"&gt;chaises musicales&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/changent-d-affectation" rel="tag"&gt;changent d'affectation&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fin-d-annee" rel="tag"&gt;fin d'ann&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Comme chaque fin d'ann&#233;e, &#224; l'usine et dans le groupe, s'est d&#233;roul&#233; le mercato, sorte de chaises musicales o&#249; les ing&#233;nieurs et chefs de service changent d'affectation. Auparavant, quand on &#233;tait chez Total, c'&#233;tait un vrai souhait de ces gens-l&#224; d'atterrir dans une autre usine du groupe un peu plus cot&#233;e que la n&#244;tre, une usine moins souvent en panne, par exemple. Maintenant que l'on est dans une plus petite soci&#233;t&#233;, les cadres de haut niveau font grise mine. Seuls deux des cadres dirigeants du groupe ont pu r&#233;int&#233;grer Total et c'est plut&#244;t bon d&#233;barras. Pour les autres, dans le meilleur des cas, ils changent juste de service. Pour eux, rester dans une usine plus de cinq ans, c'est un peu comme une d&#233;faite. Leurs perspectives d'avenir, aussi envieuses que devenir directeur de raffinerie, m&#234;me au fin fond du &#171; &lt;i&gt;Kokaze&lt;/i&gt; &#187;, s'envolent. Chez ces gens, dont les dents rayent souvent le parquet, c'est comme une douleur qui se r&#233;percute dans tous les rapports hi&#233;rarchiques, jusqu'au plus bas de l'&#233;chelle. Mais cela passera, il suffit de leur donner des projets &#224; la hauteur de leurs ambitions de carri&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_978 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH423/p13-efixcqfd48-1918f.jpg?1779603026' width='400' height='423' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Efix.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Cherry&lt;/i&gt; &#187; sur le g&#226;teau, comme nous sommes dans une soci&#233;t&#233; austro-finlando-aboudhabienne, tous les cadres doivent apprendre l'anglais et le parler couramment lors des vid&#233;o-conf&#233;rences bihebdomadaires. D'ailleurs l'anglais devient omnipr&#233;sent dans les mails, comptes-rendus et messages de toutes sortes. Il est m&#234;me marrant de voir nos cadres se parler en anglais m&#234;me lorsqu'ils sont avec leurs homologues belges et wallons (donc francophones). Les sigles et les acronymes, tous issus de slogans amerloques, laissent de marbre la quasi-totalit&#233; du personnel, mais cela permet &#224; la direction, qui ne rate pas une occasion de v&#233;rifier la qualit&#233; de leur diction, d'exercer une pression suppl&#233;mentaire sur son personnel d'encadrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Comme si cela ne suffisait pas, chaque soci&#233;t&#233; a sa philosophie, sa culture d'entreprise qu'elle veut imposer, m&#234;me si ce n'est que du blabla pour faire bien et pour se mettre &#224; niveau par rapport aux administrations europ&#233;ennes. Notre nouveau proprio, Borealis, a pr&#233;sent&#233; sa &#171; &lt;i&gt;politique &#233;thique&lt;/i&gt; &#187;. Les grands mots sont l&#226;ch&#233;s. Total avait ses &#171; &lt;i&gt;r&#232;gles d'or&lt;/i&gt; &#187; et ses &#171; &lt;i&gt;bonnes pratiques&lt;/i&gt; &#187;, l&#224;, c'est l'&#233;thique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venant de la part de dirigeants puritains et protestants, qui la jouent moins militaro-barbouzes que notre ancienne multinationale p&#233;troli&#232;re, ce n'est gu&#232;re &#233;tonnant. Bien s&#251;r, le rapprochement entre respect des droits de l'homme et entreprise (surtout en p&#233;riode de gr&#232;ve) est souvent source de gal&#233;jades, mais il s'agit d&#233;sormais de figures impos&#233;es. Avec une g&#233;om&#233;trie variable qui penche davantage vers les possibles malversations, magouilles et autres piscines construites sur le dos de la soci&#233;t&#233; par des cadres ind&#233;licats, les &#171; &lt;i&gt; bads actors&lt;/i&gt; &#187;, que vers les valises &#233;chang&#233;es avec un gouvernement africain ou d'Europe de l'Est, le but presque avou&#233; &#233;tant alors de ne pas se faire prendre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, nous les prolos on s'en fiche, ce n'est pas notre monde, n'emp&#234;che que, dans cette politique &#233;thique, il est demand&#233; de d&#233;noncer chaque mauvais agissement. Pour cela, la soci&#233;t&#233; a cr&#233;&#233; une &#171; &lt;i&gt;question line&lt;/i&gt; &#187;, o&#249; on peut d&#233;noncer des atteintes &#224; l'&#233;thique par t&#233;l&#233;phone aupr&#232;s d'&#171; &lt;i&gt;Ethics Ambassador&lt;/i&gt; &#187; (sic). Et nous avons eu droit &#224; une nouvelle mouture du r&#232;glement int&#233;rieur. Une grande partie est consacr&#233;e &#224; l'interdiction de tout alcool et produits stup&#233;fiants. Avec &#233;thylotest, fouille de placard, visite m&#233;dicale impos&#233;e et possibilit&#233; d'appeler la force publique en cas de refus d'obtemp&#233;rer. Donc plus d'ap&#233;ro, plus de bouteille de vin &#224; la cantine, plus d'alcool lorsque les commerciaux invitent un client au restaurant&#8230; Quant aux p&#233;tards, il vaut mieux bien se planquer. La soci&#233;t&#233; qui g&#232;re les ordures et poubelles de l'usine est m&#234;me tenue de d&#233;noncer la moindre bouteille qu'elle trouvera !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'autre point d'attaque, c'est la s&#233;curit&#233;. Dans une usine o&#249; un chariot &#233;l&#233;vateur vient de tomber dans un gros trou qui s'est form&#233; &#224; son passage sur la route, o&#249; certains ateliers sont dans l'attente de transformations car ils tombent en ruine et o&#249; le matos, en g&#233;n&#233;ral, est au bord de l'apoplexie, c'est toujours bien de parler de s&#233;curit&#233; individuelle. Se basant sur les pratiques de la multinationale US, Dupont de Nemours, il est d&#233;sormais question de &#171; &lt;i&gt;home saving&lt;/i&gt; &#187;, de &#171; &lt;i&gt;comportementalisme&lt;/i&gt; &#187;, d'&#234;tre prudent partout, d'acqu&#233;rir un nouvel &#233;tat d'esprit, etc. Avec, l&#224; encore, un poids hi&#233;rarchique tr&#232;s pr&#233;sent, tr&#232;s pesant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela pour nous mettre la pression, toujours et encore. Pour qu'on soit constamment sur la d&#233;fensive. On sait que dans la vraie vie, on arrive &#224; trouver des biais pour am&#233;nager le temps au turbin &#224; notre sauce. Sauf qu'en ce moment, on ne se bagarre pas assez tandis que les patrons, apr&#232;s avoir confisqu&#233; nos corps, essaient plus encore de mettre la main sur nos cerveaux.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>D&#233;ambulation dans l'&#201;gypte &#8211; post ? &#8211; r&#233;volutionnaire</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Deambulation-dans-l-Egypte-post</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Deambulation-dans-l-Egypte-post</guid>
		<dc:date>2011-12-20T07:45:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas, Mina Zapatero</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;my Comment</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>faire</dc:subject>
		<dc:subject>place</dc:subject>
		<dc:subject>usine</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;volution</dc:subject>
		<dc:subject>CSFA</dc:subject>
		<dc:subject>place Tahrir</dc:subject>
		<dc:subject>insiste Monica</dc:subject>
		<dc:subject>M&#233;diterran&#233;e orientale</dc:subject>
		<dc:subject>n'a chang&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Neuf mois apr&#232;s le d&#233;part d'Hosni Moubarak, et &#224; quelques semaines des premi&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives qui devraient avoir lieu le 28 novembre, le Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es (CSFA) tient toujours le pays en coupe r&#233;gl&#233;e : assassinats de manifestants, arrestations et condamnations lourdes contre des protestataires, interdiction de toute critique &#224; son rencontre, et perp&#233;tuation de la torture. Dans un jeu de cache-cache m&#234;lant violence et simulacre d&#233;mocratique, les militaires ne (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no94-novembre-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;94 (novembre 2011)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remy-Comment" rel="tag"&gt;R&#233;my Comment&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/usine" rel="tag"&gt;usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Revolution" rel="tag"&gt;R&#233;volution&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CSFA" rel="tag"&gt;CSFA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place-Tahrir" rel="tag"&gt;place Tahrir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/insiste-Monica" rel="tag"&gt;insiste Monica&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Mediterranee-orientale" rel="tag"&gt;M&#233;diterran&#233;e orientale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-a-change" rel="tag"&gt;n'a chang&#233;&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Neuf mois apr&#232;s le d&#233;part d'Hosni Moubarak, et &#224; quelques semaines des premi&#232;res &#233;lections l&#233;gislatives qui devraient avoir lieu le 28 novembre, le Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es (CSFA) tient toujours le pays en coupe r&#233;gl&#233;e : assassinats de manifestants, arrestations et condamnations lourdes contre des protestataires, interdiction de toute critique &#224; son rencontre, et perp&#233;tuation de la torture. Dans un jeu de cache-cache m&#234;lant violence et simulacre d&#233;mocratique, les militaires ne cessent de repousser la date o&#249; ils abandonneront les r&#234;nes de l'&#201;tat. &lt;i&gt;&#171; Nous sommes dans le brouillard &#187;&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;&#171; On s'est fait voler notre R&#233;volution &#187;&lt;/i&gt;, disent des &#201;gyptiens rencontr&#233;s dans les rues du Caire fin octobre. Des hommes et des femmes qui, pourtant, continuent de se battre. La col&#232;re et la rage ne s'expriment plus dans de gigantesques manifestations. Ce sont, pour l'heure, des milliers de r&#233;sistances qui, loin des m&#233;dias et des effets spectaculaires, entretiennent la flamme. D&#233;ambulations et rencontres dans la capitale &#233;gyptienne. Voir aussi &lt;a href=&#034;http://regardeavue.com/cairo-oct-2011/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Cairo, octobre 2011&lt;/i&gt;&lt;/a&gt;, un documentaire de &lt;a href=&#034;http://regardeavue.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Regarde &#224; vue&lt;/a&gt; r&#233;alis&#233; en m&#234;me temps que ce reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_229 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/94TocToc-fefb0.png?1779603793' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Comment
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Rien n'a chang&#233; ! &#187;&lt;/i&gt; insiste Monica, entre deux gorg&#233;es de karkad&#233;, sorte de th&#233; appr&#233;ci&#233; de ce c&#244;t&#233; de la M&#233;diterran&#233;e orientale. Elle vit depuis plus de dix ans entre Le Caire et Rabat et parle parfaitement l'&#233;gyptien. &#171; &lt;i&gt; Rien n'a chang&#233; ! reprend-elle, sinon une chose : la circulation est encore plus bord&#233;lique qu'elle ne l'&#233;tait sous Moubarak&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Tr&#232;s discrets depuis la r&#233;volution, les flics cens&#233;s r&#233;guler le trafic urbain restent de marbre devant la fr&#233;n&#233;sie des engins en tout genre &#8211; autos, motos, bus, camions, remorques tract&#233;es par des chevaux ou des &#226;nes &#8211; qui zigzaguent au milieu du gazouillis des klaxons et des pi&#233;tons effectuant des passes dignes des plus grandes places de toros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la place Tahrir, en ce 21 octobre, le concert d'avertisseurs s'amplifie autour de la centaine de personnes qui, agitant des drapeaux libyens, se f&#233;licitent de la mort de Muammar Kadhafi. Pour exceptionnelles que soient ces r&#233;jouissances, reste que chaque soir, cette gigantesque place accueille sur son rond-point des rassemblements plus ou moins fournis. Un jeune nous d&#233;clare : &lt;i&gt;&#171; On est l&#224; pour faire une autre r&#233;volution, pour les martyrs et pour leurs revendications. Ce n'est pas fini. &#187; &lt;/i&gt; Un petit cort&#232;ge se forme, avance vers le centre-ville au cri de &lt;i&gt;&#171; Horeyya ! Horeyya ! &#187;&lt;/i&gt; (&#171; Libert&#233; &#187;). Sur les trottoirs aux pieds des immeubles, des marchands proposent des drapeaux des pays arabes, des colifichets divers. Mais sont absentes toutes r&#233;f&#233;rences aux &#233;v&#232;nements de janvier et f&#233;vrier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Ce que nous voulons, c'est g&#233;rer notre usine. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Sur l'avenue Al Kasr Al Aini qui rejoint la place Tahrir, des ouvriers de Misr-Filature Tissage, la plus grande usine de coton de Suez, occupent depuis plusieurs jours le trottoir du b&#226;timent du Conseil des ministres. &#192; quelques m&#232;tres, la masse des flics casqu&#233;s semble compos&#233;e de post-adolescents venus du fin fond des provinces &#233;gyptiennes.&lt;i&gt; &#171; On est venu &#224; deux cents pour leur demander qu'ils fassent d&#233;gager le directeur de notre usine&lt;/i&gt;, dit Nasr. &lt;i&gt;On restera l&#224; jusqu'&#224; que ce soit fait. Des ouvriers d'autres usines ont r&#233;ussi &#224; virer leur dirigeant. Il faut foutre dehors les fouloul, les corrompus &#187;&lt;/i&gt;&#8230; Derri&#232;re les grilles entourant l'&#233;difice officiel, des militaires en armes observent la situation. &lt;i&gt;&#171; L'usine est bloqu&#233;e, on est tous en gr&#232;ve depuis un mois et demi &#187;&lt;/i&gt;, explique Mahmoud. Ont-ils un syndicat ? &lt;i&gt;&#171; Il y en avait un seul, et c'&#233;tait celui du gouvernement ! On s'est donc organis&#233;s entre nous. &#187;&lt;/i&gt; Il d&#233;signe un des leaders de leur mouvement : l'homme porte barbe et bonnet &#224; la mani&#232;re salafiste, et n'est pas tr&#232;s loquace&#8230; Un de ses voisins, au front marqu&#233; de deux taches, stigmates d'une pi&#233;t&#233; acharn&#233;e, s'&#233;nerve de notre pr&#233;sence : &lt;i&gt;&#171; Ce sont des espions isra&#233;liens ! &#187;&lt;/i&gt; l&#226;che-t-il alors que ses amis tentent de le faire taire. Les gr&#233;vistes sont bient&#244;t rejoints par des employ&#233;s d'une usine de m&#233;tallurgie et commencent ensemble &#224; bloquer l'avenue en scandant des slogans anti-gouvernementaux. Les flics ne cillent pas mais, le lendemain, tenteront d'arr&#234;ter un des ouvriers&#8230; qui sera prestement lib&#233;r&#233; par ses camarades.
Dans la rue Magles Al Shaeb, toute proche, ce sont les salari&#233;s des T&#233;l&#233;com qui tiennent le pav&#233; entre banderoles et prises de paroles. &lt;i&gt;&#171; On ne gagne presque rien. On ne veut plus de contrats pr&#233;caires. On n'a pas fait la r&#233;volution pour &#231;a ! &#187;&lt;/i&gt; affirme un manifestant. Des bras tendus filment et photographient la sc&#232;ne, images qui seront dans l'instant diffus&#233;es sur les blogs et pages Facebook.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tamer, ouvrier dans la plus grande usine de coton du Moyen-Orient &#8211; 22 000 salari&#233;s ! &#8211;, pr&#233;f&#232;re bavarder dans un lieu &#224; l'&#233;cart plut&#244;t que de rester sur la place centrale de Mahalla El-Koubra, ville industrielle &#224; cent vingt kilom&#232;tres au nord du Caire. Attabl&#233; dans l'angle d'une terrasse de caf&#233; prot&#233;g&#233;e par un auvent de plastique, il se pr&#233;sente : &lt;i&gt;&#171; Je ne suis pas un leader. Dans l'usine, il y a beaucoup de gens qui pensent comme moi. Et il y en a beaucoup qui pensent beaucoup mieux que moi&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Puis se lance&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_231 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH266/94Enfant-et-femmes-d561d.png?1779634337' width='400' height='266' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Comment
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;dans l'historique de leurs luttes : &lt;i&gt;&#171; La r&#233;volution, ici, a commenc&#233; en d&#233;cembre 2006 par une gr&#232;ve dans notre usine. On protestait contre le co&#251;t de la vie et demandait des augmentations de salaires. Une quarantaine de personnes ont cr&#233;&#233; un comit&#233; qui, secr&#232;tement, par groupes de dix, se mettait d'accord sur les textes qui &#233;taient distribu&#233;s. Cela nous a permis voir qui &#233;tait pr&#234;t &#224; se battre. Apr&#232;s que le gouvernement a r&#233;ussi &#224; semer la discorde entre nous, nous sommes rest&#233;s une dizaine. Chacun d'entre nous faisait de la propagande autour de lui, et c'est comme cela que le mouvement a pu s'&#233;tendre sans r&#233;el leader. Le 6 avril 2008, l'appel &#224; la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale n'a pas &#233;t&#233; suivi, sauf ici, &#224; Mahalla. Des forces de s&#233;curit&#233; sont venues de toute l'&#201;gypte, trois personnes ont &#233;t&#233; tu&#233;es et trois d'entre nous ont &#233;t&#233; emprisonn&#233;s pendant deux mois. Les autres ont tent&#233; de cr&#233;er un syndicat ind&#233;pendant, et de diffuser ce projet dans toutes les entreprises. &#187;&lt;/i&gt; Il avale quelques gorg&#233;es de th&#233;, puis poursuit :&lt;i&gt; &#171; Quand le mouvement contre Gamal Moubarak, d&#233;sign&#233; comme le successeur de son p&#232;re, a commenc&#233; &#224; se r&#233;pandre, on a distribu&#233; des tracts. Puis on a pris connaissance par Internet de l'appel &#224; manifester le 25 janvier. Les mots d'ordre &#233;taient de faire tomber le r&#233;gime et de manifester contre la police, qui est l'ennemi de tous les &#201;gyptiens. Les 25 et 27 janvier, nous &#233;tions environ 5 000 personnes &#224; manifester pacifiquement sur la place centrale. Le 28 janvier, le nombre de manifestants a augment&#233;. Il y a eu des affrontements avec la police, et le si&#232;ge du Parti national d&#233;mocratique [PND]&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le parti d'Hosni Moubarak.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;i&gt;a br&#251;l&#233;. Quand le 11 f&#233;vrier, on a appris le d&#233;part de Moubarak, toute la ville est descendue dans la rue, &#231;a a &#233;t&#233; une tr&#232;s grande f&#234;te ! &#187;&lt;/i&gt; Et depuis ? Comment les choses ont-elles &#233;volu&#233; ? &lt;i&gt;&#171; L'un des principaux probl&#232;mes, ce sont les comit&#233;s d'entreprises qui sont tous nomm&#233;s par le r&#233;gime. Il faut les faire d&#233;gager, &#233;carter tous les gens du PND. La r&#233;volution n'est pas finie, on est seulement au d&#233;but ! &#187;&lt;/i&gt; Et o&#249; en sont-ils, &#224; l'usine ? &lt;i&gt;&#171; Le 9 octobre, on a lanc&#233; un appel &#224; la gr&#232;ve pour exiger une augmentation d'au moins trois cents livres &#187;&lt;/i&gt;, r&#233;pond Tamer. Trois cents livres, c'est trente-six euros, soit le loyer mensuel minimum pour une maison. Beaucoup ont des salaires de cinq cents livres, soit soixante euros. &lt;i&gt;&#171; On a obtenu deux cent vingt livres [vingt-six euros]&#8230; Pour nous, c'est un succ&#232;s. Mais surtout, ce que nous voulons, c'est g&#233;rer notre usine pour vendre ce que nous fabriquons. Toute la production est bloqu&#233;e dans des entrep&#244;ts ! L'&#201;tat, lui, veut casser l'activit&#233; de l'usine afin de pouvoir la vendre. Actuellement, il y a des centaines de gr&#232;ves tous les jours, et notamment dans des usines qui ont &#233;t&#233; privatis&#233;es et o&#249; les salari&#233;s demandent la renationalisation. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Retour au Caire. &lt;i&gt;&#171; On peut r&#234;ver maintenant&lt;/i&gt;, dit Hicham, opposant politique de longue date. &lt;i&gt;Chez les ouvriers, le mouvement est tr&#232;s fort, mais la gauche est faible. Ils ont beaucoup de revendications, comme en finir avec la corruption et la pr&#233;carit&#233;, pouvoir s'organiser en syndicat ind&#233;pendant et s'opposer aux privatisations. Je crois, j'esp&#232;re voir des esquisses de cette d&#233;mocratie directe dont je r&#234;ve&#8230; C'est une r&#233;volution, ce n'est pas une Intifada, une insurrection. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les Fr&#232;res musulmans ne veulent qu'une chose : arriver au pouvoir. Pour atteindre leur objectif, ils doivent mettre fin &#224; la r&#233;volution. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de la pri&#232;re du vendredi, les hauts-parleurs diffusent le pr&#234;che de l'imam de la mosqu&#233;e Omar-Makram. Celle qui, proche de la place Tahrir, avait ouvert ses portes aux manifestants en janvier et f&#233;vrier derniers. &lt;i&gt;&#171; Qu'allons-nous faire si, aux &#233;lections, ce sont encore les fouloul qui l'emportent ? Ne les laissez pas acheter vos voix ! &#187;&lt;/i&gt; Puis : &lt;i&gt;&#171; On doit &#234;tre contre les privatisations ! &#187; &lt;/i&gt; Un discours bien &#233;loign&#233; des prises de positions des mouvements islamistes organis&#233;s comme les Fr&#232;res musulmans ou la galaxie des groupes salafistes qui ont, depuis le 11 f&#233;vrier, donn&#233; l'ordre &#224; leurs membres de ne participer &#224; aucune manifestation contre le Conseil supr&#234;me des forces arm&#233;es (CSFA). La plupart des &#201;gyptiens rencontr&#233;s sont persuad&#233;s que les nostalgiques du Califat sont financ&#233;s par la police secr&#232;te et les wahhabites saoudiens. Quant aux Fr&#232;res musulmans, malgr&#233; les rumeurs de dissensions entre leaders politiciens et jeunes du mouvement&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui ont &#233;t&#233;, avec les supporters de foot, les plus organis&#233;s pour r&#233;pondre (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, ils sont couramment accus&#233;s d'&#234;tre pass&#233;s dans le camp de la contre-r&#233;volution. Iman, une activiste portant le hidjab et une longue tunique color&#233;e, explique : &lt;i&gt;&#171; J'ai vot&#233; pour les Fr&#232;res musulmans aux deux derni&#232;res &#233;lections, en 2005 et 2010, parce qu'ils faisaient un vrai travail social. C'est termin&#233; ! Ils discutent avec les autorit&#233;s am&#233;ricaines et ob&#233;issent totalement au CSFA. Ils ne veulent qu'une chose : arriver au pouvoir, et &#224; n'importe quel prix. Pour atteindre leur objectif, ils doivent mettre fin &#224; la r&#233;volution et laisser faire l'arm&#233;e contre ceux qui veulent continuer. &#187;&lt;/i&gt; Mohammed, Marocain install&#233; au Caire, compl&#232;te :&lt;i&gt; &#171; Il faut l'admettre : plus de 30 % de la population est illettr&#233;e, et les gens sont tr&#232;s r&#233;ceptifs aux discours plein de magie et de sentiments que diffusent les islamistes. &#187;&lt;/i&gt; Quelques jours auparavant Hicham, l'opposant historique, avait pr&#233;venu : &lt;i&gt;&#171; Le programme &#233;conomique des islamistes r&#233;side en deux mots : capitalisme et libre-march&#233; ! &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Les tribunaux militaires fonctionnent &#224; plein r&#233;gime. &#187;&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_230 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH602/94Flic-0f475.png?1779634337' width='400' height='602' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;my Comment
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
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&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; La r&#233;volution n'est pas accomplie &#187;&lt;/i&gt;, affirme sans ambages Mohammad, travailleur pr&#233;caire participant &#224; l'un des nombreux mouvements de jeunes. Le local o&#249; ils se r&#233;unissent leur a &#233;t&#233; offert par un ing&#233;nieur du g&#233;nie civil qui a particip&#233; &#224; l'organisation logistique de la place Tahrir en mettant en pratique son savoir-faire. Mohammad poursuit : &lt;i&gt;&#171; Nous avons lanc&#233; une campagne qui s'appelle &#8220;La liste noire &#8211; Chassons les foulouls !&#8221; Des milliers de tracts ont &#233;t&#233; imprim&#233;s. Notre but : d&#233;signer tous les anciens du PND et leur interdire toutes activit&#233;s publiques&#8230; Nous sommes des milliers. Chaque groupe qui se retrouve ici peut rassembler entre dix et quinze mille personnes&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Il expose son projet politique : &lt;i&gt;&#171; La nouvelle &#201;gypte sera capitaliste. Je souhaite un gouvernement civil &#224; tendance islamique. &#187;&lt;/i&gt; Rien &#224; voir avec ces autres jeunes r&#233;unis autour de la famille de Mina Daniel, activiste de vingt-cinq ans abattu par l'arm&#233;e lors du massacre du 9 octobre devant le b&#226;timent de la t&#233;l&#233; &#233;gyptienne. Vingt-sept coptes y ont &#233;t&#233; tu&#233;s par balles ou &#233;cras&#233;s par des engins militaires, et des centaines d'autres bless&#233;s. &lt;i&gt;&#171; Trop de gens font stupidement confiance &#224; l'arm&#233;e &#187;&lt;/i&gt;, dit Rony, un des nombreux amis de Mina. &lt;i&gt;&#171; Le probl&#232;me, en &#201;gypte, est un probl&#232;me de classe&lt;/i&gt;, poursuit Houssam, &#233;tudiant en chimie. &lt;i&gt;Aujourd'hui, rien n'a chang&#233;. On va faire une deuxi&#232;me r&#233;volution pour mettre fin aux privatisations et distribuer les richesses. On veut une soci&#233;t&#233; d&#233;mocratique, on va inventer quelque chose de nouveau. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, la r&#233;pression ne cesse de s'amplifier. Iman soutient que &lt;i&gt;&#171; c'est m&#234;me pire qu'avant ! Les tribunaux militaires fonctionnent &#224; plein r&#233;gime. &#192; l'&#233;poque d'Hosni Moubarak, ils avaient condamn&#233; trois mille personnes. Depuis f&#233;vrier, on en est &#224; douze mille : des gens qui twittent, d'autres qui &#233;crivent sur Facebook ou des blogs&#8230; Ces derniers jours, plusieurs de mes amis ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s. &#187; &lt;/i&gt; Houssam, un des amis de Mina Daniel, pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; L'arm&#233;e arr&#234;te les gens qui critiquent le CSFA. Beaucoup sont en prison pour avoir participer &#224; une manifestation, fait un graffiti ou distribuer un tract&#8230; Ces tribunaux d'exception prennent leurs ordres du CSFA, dirig&#233; par Mohammed Tantaoui qui a &#233;t&#233; ministre de Moubarak pendant vingt ans. &#187; &lt;/i&gt; Les soldats et officiers qui ont fraternis&#233; avec la foule sur la place Tahrir sont en prison. Des gens qui &#233;crivent sur le Net sont arr&#234;t&#233;s pour des chefs d'accusation h&#233;t&#233;roclites : incitation &#224; la violence, insulte &#224; l'islam&#8230; Le 27 octobre, Essam Atta, un jeune homme condamn&#233; &#224; deux ans de prison, est mort sous la torture. Courant octobre, le CSFA a interdit, pour la premi&#232;re fois, une &#233;mission t&#233;l&#233;vis&#233;e le malmenant. Des journaux paraissent avec des encarts laiss&#233;s en blanc. Une loi, qui menace les avocats de poursuites en cas de critique des forces arm&#233;es, a provoqu&#233; une gr&#232;ve massive. Les militaires ont annonc&#233; qu'ils allaient rester au pouvoir jusqu'en 2013, le temps que le cycle &#233;lectoral &#8211; l'&#233;lection des constituants, les l&#233;gislatives puis la pr&#233;sidentielle &#8211; soit achev&#233;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors que Ayman, un ing&#233;nieur tr&#232;s actif au d&#233;but de la r&#233;volution, dit avec un brin d'optimisme : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait magnifique ! Aujourd'hui, on a le sentiment d'avoir &#233;t&#233; tromp&#233;. Esp&#233;rons que le CSFA va faire une &#233;norme connerie&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Rony, lui, pr&#233;f&#232;re pr&#233;ciser : &lt;i&gt;&#171; La situation est tr&#232;s dangereuse pour les r&#233;volutionnaires. On est tous pr&#234;ts &#224; &#234;tre des martyrs, on sait que l'on peut &#234;tre tu&#233; comme Mina et tant d'autres. Mais qui veut la r&#233;volution doit savoir qu'il peut mourir&#8230; &#187;&lt;/i&gt; Et Houssam de conclure : &lt;i&gt;&#171; On a donn&#233; quelque chose au monde. Dans ce d&#233;but de r&#233;volution, on a go&#251;t&#233; pour la premi&#232;re fois &#224; la libert&#233;. On ne retournera pas en arri&#232;re&#8230; &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Voir aussi &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/La-fabrique-du-chaos&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; La fabrique du chaos &#187;&lt;/a&gt; et &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-islamisme-utile&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'islamisme utile &#187;&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le parti d'Hosni Moubarak.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui ont &#233;t&#233;, avec les supporters de foot, les plus organis&#233;s pour r&#233;pondre aux assauts des pro-Moubarak et de leurs sbires, les 2 et 3 f&#233;vrier 2011, sur la place Tahrir.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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