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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Les radios de la m&#233;duse</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Emilie Seto</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;1981. Apr&#232;s des d&#233;cennies de train-train, la radio changeait. La fin du monopole d'&#201;tat et l'ouverture de la bande FM provoquaient un grand souffle d'air sur les ondes. L'occasion pour les radios libres, porteuses d'autres discours et pratiques, de s'installer durablement dans le paysage. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, elles sont toujours l&#224;. Encore vaillantes, mais en sursis. C'&#233;tait il y a quelques ann&#233;es, sur les ondes de [FPP-&gt;http://www.rfpp.net. Une amie investie au sein de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no160-decembre-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;160 (d&#233;cembre 2017)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/radios-associatives" rel="tag"&gt;radios associatives&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1981. Apr&#232;s des d&#233;cennies de train-train, la radio changeait. La fin du monopole d'&#201;tat et l'ouverture de la bande FM provoquaient un grand souffle d'air sur les ondes. L'occasion pour les radios libres, porteuses d'autres discours et pratiques, de s'installer durablement dans le paysage. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, elles sont toujours l&#224;. Encore vaillantes, mais en sursis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a quelques ann&#233;es, sur les ondes de &lt;a href=&#034;http://www.rfpp.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FPP&lt;/a&gt;. Une amie investie au sein de cette radio libre parisienne m'avait propos&#233; d'effectuer des chroniques hebdomadaires, sur le sujet de mon choix. L'affaire de cinq petites minutes, chaque vendredi midi. J'avais accept&#233;. Sans me douter que les quelques minutes pass&#233;es devant le micro m'appara&#238;traient si longues. Impossible de surmonter le trac. Je buttais sur certains mots, en mangeais d'autres, parlais trop vite, pas assez fort, ne parvenais pas &#224; me d&#233;tacher de mon texte, le d&#233;bitais comme un cadavre sans &#226;me. Pour moi, un calvaire. Et sans doute aussi pour l'auditeur, oblig&#233; de se fader chaque semaine une triste r&#233;citation sans rythme. &#199;a a dur&#233; un an et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2463 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-729-0ba07.jpg?1769080451' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai finalement mis fin &#224; l'exercice, convaincu que je n'am&#233;liorerais jamais. Un avis certainement partag&#233; par ceux des b&#233;n&#233;voles et salari&#233;s de FPP qui avaient eu l'occasion de constater l'&#233;tendue de mon incomp&#233;tence. Ils n'en disaient pourtant mot. Pas seulement par gentillesse, je l'ai compris plus tard. Mais aussi parce qu'ils &#233;taient si visc&#233;ralement attach&#233;s &#224; cette radio et &#224; ce qu'elle portait qu'ils consid&#233;raient que mes chroniques mal r&#233;cit&#233;es y avaient leur place. Mes h&#233;sitations, ma voix chevrotante et ma scansion maladroite n'&#233;taient rien d'autre que le pendant logique de leur vision ouverte des ondes : pour que le micro soit vraiment libre, il faut que chacun puisse s'en saisir. Des gens dou&#233;s et d'autres moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En qu&#234;te d'une vague d&#233;finition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, la belle &#233;pop&#233;e des radios libres est aussi (voire surtout) faite de t&#226;tonnements et d'imperfections. Comme une vivace d&#233;monstration, sans cesse recommenc&#233;e, du postulat ayant pr&#233;sid&#233; &#224; la naissance de ces antennes associatives, &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Ce credo-l&#224;, donc : chacun peut trouver sa place derri&#232;re le micro. &#192; commencer par celles et ceux qui en sont d'ordinaire exclus. Parce qu'ils ne sont pas tr&#232;s dou&#233;s pour s'exprimer en public (comme moi). Que leurs centres d'int&#233;r&#234;t sont jug&#233;s trop marginaux, pas assez vendeurs. Ou encore, et c'est bien moins anecdotique, que la soci&#233;t&#233; ne leur accorde ni consid&#233;ration, ni droit &#224; la parole &#8211; ainsi des immigr&#233;s, qui se retrouvent autour d'&#233;missions communautaires, ou des prisonniers et leurs familles se donnant des nouvelles via les &#8220; Parloirs libres &#8221;. Uniques conditions pour parler sur les ondes : respecter une charte &#233;l&#233;mentaire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En g&#233;n&#233;ral, il s'agit d'un bref texte proscrivant racisme, sexisme et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, faire preuve d'un minimum de constance et de motivation. Rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mod&#232;le radicalement oppos&#233; &#224; celui des radios commerciales et &#224; leur construction verticale, o&#249; l'animateur doit se comporter en professionnel et renvoyer une image consensuelle de sa station. Sur les radios libres, l'audience compte pour du beurre. Il n'y a rien &#224; vendre et la publicit&#233; n'a pas droit de cit&#233;. Le nombre de personnes tendant l'oreille devant le poste n'a donc que peu d'importance. &#171; &lt;i&gt;En naviguant sur la bande FM, on peut avoir tendance &#224; juger les radios sur le seul crit&#232;re de la &#8220; qualit&#233; sonore &#8221; (avec de gros guillemets) ou &#224; les &#233;tudier sous le seul prisme de l'audience&lt;/i&gt;, note &#201;tienne Noiseau, qui anime le site de r&#233;f&#233;rence Syntone. &lt;i&gt;Mais pour moi, les radios libres ne rel&#232;vent pas tant de la radiophonie (qui peut &#234;tre bonne ou mauvaise) que de la connexion sociale.&lt;/i&gt; &#187; Pas une question de contenu, donc, mais de pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de celles-ci, le lien. L'humain. La pr&#233;sence. Bien avant la radicalit&#233; politique parfois pr&#234;t&#233;e &#224; ces antennes. &#171; &lt;i&gt;La participation de gens tr&#232;s politis&#233;s n'est pas constitutive de l'ADN des radios libres&lt;/i&gt;, assure Rico, Toulousain investi &#224; &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; &lt;i&gt;depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. La vraie radicalit&#233; est ailleurs. Dans le fait de proposer un outil libre, que chacun peut s'approprier. Et dans la grande diversit&#233; des &#233;missions et participants.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'autre bout de la France, Jeanne&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233; &#224; sa demande.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, ancien administratrice d'une radio libre, confirme : &#171; &lt;i&gt;Peu d'associations r&#233;unissent autant de gens diff&#233;rents autour d'un m&#234;me outil. Il suffit d'ailleurs de se pencher sur une grille de programme pour constater leur grande diversit&#233; &#8212; passionn&#233;s de reggae, membres de la communaut&#233; tamoul, militants anarchistes, reporters en herbe&#8230; Parfois, ils n'ont en commun que l'int&#233;r&#234;t port&#233; &#224; la radio.&lt;/i&gt; &#187; Et le souci de sa survie. Lequel passe d'abord par le maintien d'un fragile &#233;quilibre financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une taxe sur la pub&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent, donc. Le nerf de la guerre des ondes. Et le fondement de ce qui ressemble &#224; un petit paradoxe. D'un c&#244;t&#233;, les radios libres tiennent farouchement &#224; leur ind&#233;pendance et s'affichent volontiers rebelles. Mais de l'autre, elles ne pourraient survivre sans les subsides de l'&#201;tat. Elles en sont m&#234;me largement d&#233;pendantes. C'est que ces structures associatives refusant la publicit&#233;, n'ayant rien &#224; vendre et tr&#232;s peu de recettes propres, doivent malgr&#233; tout s'acquitter chaque ann&#233;e de (plus ou moins) cons&#233;quents co&#251;ts de fonctionnement et de diffusion. Une &#233;quation impossible : aucune de ces radios n'aurait pu survivre sans la contribution revers&#233;e par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que celle-ci n'a rien d'un cadeau. Tout le contraire : c'est un d&#251;. Qui trouve son origine au tout d&#233;but des ann&#233;es 1980, quand l'&#201;tat, confront&#233; &#224; la multiplication des radios pirates et incapable de contenir leur folle effervescence, se r&#233;sout &#224; abandonner son monopole sur la radio. &#201;lu depuis peu, Mitterrand annonce ainsi l'ouverture de la bande FM. Ru&#233;e sur les ondes : en un an, pas moins de 2 000 radios associatives voient le jour (la plupart baisseront le rideau en quelques ann&#233;es). C&#244;t&#233; auditeurs, &#231;a se bouscule aussi au portillon : la France vibre alors au rythme des radios de la FM. Pas une image. Le 8 d&#233;cembre 1984, la station NRJ, qui se pr&#233;tend encore libre mais a d&#233;j&#224; largement vir&#233; commerciale, r&#233;ussit ainsi le tour de force de faire descendre dans les rues de Paris des dizaines de milliers d'auditeurs, mobilis&#233;s contre une sanction que vient de lui infliger la Haute Autorit&#233; de la communication audiovisuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les audiences sont consid&#233;rables. Et attisent bien des app&#233;tits. Ceux-ci obtiennent gain de cause en 1984, d&#233;crochant l'autorisation de la publicit&#233; sur la bande FM. Jackpot. Pour en profiter, une partie des radios quittent leur coquille associative, se muant en entreprises commerciales. Quant &#224; celles qui refusent de boulotter le Veau d'or, elles conservent le statut associatif. Mais auront d&#233;sormais droit &#224; un coup de pouce de l'&#201;tat, pour leur permettre de survivre et d'assurer leur mission dite de &#171; service social de proximit&#233; &#187;. Une subvention de fonctionnement, d'un montant variable, leur sera ainsi vers&#233;e chaque ann&#233;e par le Fonds de soutien &#224; l'expression radiophonique (FSER), cagnotte abond&#233;e par une taxe pr&#233;lev&#233;e sur les recettes publicitaires des radios et t&#233;l&#233;visions commerciales. Celles qui font de confortables profits participent ainsi &#224; financer celles qui ne touchent pas un rond. Pas con.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas &#224; la m&#234;me enseigne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pos&#233; l'un des pans essentiels du financement des radios libres &#8211; plus de trente ans apr&#232;s, il a toujours cours. Et continue de repr&#233;senter la plus grosse rentr&#233;e d'argent annuelle des antennes associatives. Celle qu'il n'est pas question de rater &#8211; une question de vie ou de mort. &#192; &lt;a href=&#034;http://www.radiolarzac.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Larzac&lt;/a&gt;, elle repr&#233;sente par exemple pr&#232;s de la moiti&#233; des 120 000 &#8364; de budget. Et un tiers des 140 000 &#8364; de sa voisine, &lt;a href=&#034;http://www.radiosaintaffrique.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Saint-Affrique&lt;/a&gt;. Chez FPP, le versement d&#233;passerait de peu 40 000 &#8364; (pour un budget de 150 000 &#8364;), tandis que la marseillaise &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt; d&#233;croche 62 000 &#8364; du FSER (pour un budget de 160 000 &#8364;). Bref, toutes les structures ne sont pas log&#233;es &#224; la m&#234;me enseigne : les financements diff&#232;rent d'une radio &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des variations qui s'expliquent &#8211; attention, &#231;a devient technique - par le fait que le FSER compte une part fixe et une autre variable. La premi&#232;re fluctue notamment en fonction de la masse salariale. Quant &#224; la part variable, elle repose en grande partie sur la capacit&#233; des radios libres &#224; faire rentrer certaines de leurs &#233;missions dans le cadre des crit&#232;res sp&#233;cifiques fix&#233;s par le FSER. Entre autres pour th&#232;mes de ces subventions de projet : le soutien au d&#233;veloppement local, la protection de l'environnement ou la lutte contre l'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce petit jeu, toutes les structures ne se valent pas. Certaines ont accumul&#233; de l'exp&#233;rience et connaissent parfaitement les ficelles permettant de faire grimper &#224; son maximum la part variable. D'autres ne s'y essayent m&#234;me pas. Ou chargent un salari&#233; de r&#233;aliser l'imposant dossier FSER. Certaines &#8211; encore &#8211; le confient &#224; des b&#233;n&#233;voles, qui y travaillent soirs et week-ends. En filigrane, des rapports diff&#233;rents au financement public et au fonctionnement de l'antenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour br&#232;ve illustration, cette comparaison entre deux radios libres &#171; historiques &#187;. &#192; ma droite, &lt;a href=&#034;https://www.radiocanut.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Canut&lt;/a&gt;, &#224; Lyon. La structure, qui ne compte aucun salari&#233; et fonctionne gr&#226;ce aux seuls b&#233;n&#233;voles, se contente de la part fixe du FSER. Pas besoin de plus. &#192; ma gauche, Radio Gal&#232;re &#224; Marseille, quatre salari&#233;s. C'est l'un de ses fondateurs, Pierre Bastide, pilier de l'antenne depuis plus de trente ans, qui g&#232;re le financement public. Lui en conna&#238;t les arcanes, essaye d'en respecter les contraintes et sait l'optimiser au mieux. Bref, entre Canut et Gal&#232;re, pourtant toutes les deux libres, il y a d&#233;j&#224; comme un petit monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier de 500 pages !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une constante &#233;merge, quelle que soit la radio : les personnes charg&#233;es de boucler les dossier FSER en gardent souvent un souvenir mitig&#233;&#8230; Limite traumatique. &#171; &lt;i&gt;&#199;a devient de plus en monstrueux&lt;/i&gt;, constate Jeanne, qui fut administratrice d'une radio libre. &lt;i&gt;Il faut tout lister &#224; l'avance, les invit&#233;s et les th&#232;mes d'&#233;missions. Et ensuite, il faut aussi fournir des preuves a posteriori.&lt;/i&gt; &#187; Il faut aussi essayer de d&#233;gotter des subventions de projet suppl&#233;mentaires, pour ajouter un peu de beurre aux &#233;pinards. &#171; &lt;i&gt;C'est usant, tu cherches en permanence. Tu inventes des projets, tu montes des budgets pr&#233;visionnels, un peu au doigt mouill&#233;. Tu te mets &#224; r&#234;ver en te disant que &#231;a serait chouette. Et boum, &#231;a ne marche pas...&lt;/i&gt; &#187;, raconte Samantha. Et l'ancienne administratrice de FPP de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;Psychologiquement aussi, c'est pesant. Tu portes une sacr&#233; responsabilit&#233; : si tu foires ton dossier, la radio se retrouve vraiment dans la merde. &#199;a n'arrive pas, heureusement. Mais tu as toujours le sentiment que tu aurais pu faire mieux. Trouver plus d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me ceux qui pratiquent depuis longtemps gal&#232;rent &#224; satisfaire toutes les exigences du FSER : &#171; &lt;i&gt;Notre dossier repr&#233;sente l'&#233;quivalent d'une ramette de papier de 500 pages&lt;/i&gt;, raconte &#201;tienne Bastide. &lt;i&gt;Parce que nous devons tout justifier, et prouver que nous avons rigoureusement respect&#233; le cadre des subventions de projets. Il faut donc collecter toute l'ann&#233;e des attestations aupr&#232;s des invit&#233;s des &#233;missions. Ce qui n&#233;cessite toute une organisation : on les pr&#233;vient avant, on les poursuit ensuite...&lt;/i&gt; &#187; Presque du flicage, en fait. &#171; &lt;i&gt;Oui, &#231;a nous met dans une position de contr&#244;le, assez d&#233;sagr&#233;able&lt;/i&gt;, approuve Jeanne. J&lt;i&gt;e pense que ce n'est pas anodin. C'est une fa&#231;on pour l'&#201;tat de pousser &#224; la professionnalisation des radios associatives&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah bon, &#171; innover &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a un que cette exigence croissante ne d&#233;range pas. Il s'appelle Sylvain Delfaux. Est charg&#233; de la communication du Syndicat national des radios libres (SNRL). Et se positionne clairement du c&#244;t&#233; des structures qui jouent le jeu de la professionnalisation. &#171; &lt;i&gt;Dans ma radio&lt;/i&gt; [Radio Laser], &lt;i&gt;on se professionnalise depuis une quinzaine d'ann&#233;es &#8211; c'est quelque chose qui doit se penser &#224; l'avance. C'est s&#251;r que &#231;a va &#234;tre compliqu&#233; pour les radios qui n'ont pas entam&#233; cette d&#233;marche...&lt;/i&gt; &#187; Malheur aux perdants, qui n'ont pas pris le train de la modernit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicaliste se pr&#233;tend &#171; &lt;i&gt;digne successeur des radios libres qui r&#233;clamaient de la fr&#233;quence au d&#233;but des ann&#233;es 1980&lt;/i&gt; &#187;. Mais il n'est pas s&#251;r qu'il ait beaucoup de points communs avec ses glorieux a&#238;n&#233;s. Il se coule par contre parfaitement dans l'air du temps : &#171; &lt;i&gt;La crise travers&#233;e par les radios libres peut aussi &#234;tre une opportunit&#233; pour elles de se r&#233;inventer, d'innover. Il faut arr&#234;ter de dire qu'elles sont fragiles ou menac&#233;es. Et insister sur le fait qu'elles se battent, qu'elles r&#233;pondent &#224; des appels &#224; projet, qu'elles nouent des partenariats, qu'elles innovent techniquement.&lt;/i&gt; &#187; Deux fois le verbe &#171; innover &#187; en trois phrases &#8212; un vrai discours de battant... Qui n'a pas grand-chose &#224; voir avec le quotidien de ces radios libres qui se vivent d'abord comme un outil au service du collectif et de la libre parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;nicher les appels &#224; projets demande une veille consid&#233;rable pour une association&lt;/i&gt; &#187;, explique &#201;tienne Noiseau, pas vraiment sur la m&#234;me longueur d'ondes. &#171; &lt;i&gt;Pour y r&#233;pondre, il faut &#234;tre capable d'adapter son action afin de la faire rentrer dans le cadre. L'institution exige de produire quelque chose de nouveau et de diff&#233;rent : il faut &#234;tre &#8220; innovant ''. Cela demande une gymnastique incroyable et des ressources administratives que toutes les structures ne poss&#232;dent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RIP emplois aid&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps sont d&#233;cid&#233;ment durs pour les radios libres. Elles buttaient d&#233;j&#224; sur des financements de plus en plus difficiles &#224; d&#233;crocher, les voil&#224; d&#233;sormais confront&#233;es &#224; la disparition d'une partie de leurs forces vives : la suppression des contrats aid&#233;s a litt&#233;ralement d&#233;cim&#233; leurs rangs. 1 100 emplois (selon le SNRR) ont ainsi &#233;t&#233; balay&#233;s en quelques mois. Un vrai plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence logique : les appels au secours et les cris d'alerte se multiplient. Une p&#233;tition a ainsi &#233;t&#233; largement relay&#233;e, sign&#233;e par une quarantaine de radios, s'alarmant &#171; &lt;i&gt;de la situation catastrophique du secteur&lt;/i&gt; &#187;. Un constat ent&#233;rin&#233; par Pierre Barron, pr&#233;sident de FPP, qui d'ici quelques mois aura perdu les cinq emplois qui la faisaient fonctionner au quotidien : &#171; &lt;i&gt;Pour la premi&#232;re fois de notre histoire, la question d'une fermeture &#224; court terme se pose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En g&#233;n&#233;ral, il s'agit d'un bref texte proscrivant racisme, sexisme et homophobie - le b.a.-ba.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233; &#224; sa demande.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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