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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La langue est mon territoire &#187;</title>
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		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Le kabyle est l'ultime bagage que des milliers d'&#233;migrants ont emport&#233; avec eux. Une langue pour se construire un ailleurs qui ne soit pas que l'exil. Une langue charriant &#233;loquence et po&#233;sie pour dire l'invisible, l'exil, la pauvret&#233; &#187;, &#233;crit la r&#233;alisatrice Fatima Sissani, &#224; propos de son film La Langue de Zahra (2011). Un documentaire sur l'immigration, &#224; travers l'histoire de sa m&#232;re. Pour CQFD, Fatima Sissani revient sur son rapport &#224; la langue, &#224; l'oralit&#233;. Je suis n&#233;e en (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mere" rel="tag"&gt;m&#232;re&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/langues" rel="tag"&gt;langues&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/guerre-d-Algerie" rel="tag"&gt;guerre d'Alg&#233;rie&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Le kabyle est l'ultime bagage que des milliers d'&#233;migrants ont emport&#233; avec eux. Une langue pour se construire un ailleurs qui ne soit pas que l'exil. Une langue charriant &#233;loquence et po&#233;sie pour dire l'invisible, l'exil, la pauvret&#233;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit la r&#233;alisatrice Fatima Sissani, &#224; propos de son film &lt;i&gt;La Langue de Zahra&lt;/i&gt; (2011). Un documentaire sur l'immigration, &#224; travers l'histoire de sa m&#232;re. Pour &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, Fatima Sissani revient sur son rapport &#224; la langue, &#224; l'oralit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Je suis n&#233;e en Alg&#233;rie, en Kabylie. Ma langue maternelle est le kabyle, la seule que j'ai parl&#233;e et entendue jusqu'&#224; l'&#226;ge de six ans. Ensuite, mes fr&#232;res et s&#339;urs et moi avons quitt&#233; l'Alg&#233;rie pour la France avec ma m&#232;re. L&#224;, le fran&#231;ais s'est progressivement impos&#233; &#224; nous. Mais on continuait &#224; parler kabyle avec ma m&#232;re qui a toujours refus&#233; d'apprendre le fran&#231;ais. En revanche, avec mon p&#232;re et entre mes fr&#232;res et s&#339;urs et moi, on communiquait en fran&#231;ais. La place du kabyle s'en est trouv&#233;e r&#233;duite. Le fran&#231;ais est devenu ma langue dominante, celle dans laquelle je pense et comme l'explique ma s&#339;ur dans &lt;i&gt;La Langue de Zahra&lt;/i&gt;, celle dans laquelle j'existe.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2486 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH281/-752-3175b.jpg?1768816188' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Je disais souvent, avant de r&#233;aliser ce documentaire, que je n'avais ni patrimoine mat&#233;riel ni patrimoine culturel : je n'h&#233;riterai jamais d'un appartement ou d'une maison, il n'y a jamais eu de livres chez moi. Je ne dispose pas du m&#234;me capital qu'un enfant de la bourgeoisie ou de la classe moyenne qui va au mus&#233;e, voyage, re&#231;oit des livres, etc. Mais aujourd'hui, quand j'y r&#233;fl&#233;chis, mon inclination &#224; &#233;crire et mon amour de la langue, quelle qu'elle soit, me vient de mes parents. Je joue avec le fran&#231;ais comme ils jouaient avec le kabyle. Toute l'enfance, j'ai &#233;t&#233; berc&#233;e par des histoires, par des proverbes, par une langue d'une subtilit&#233; prodigieuse. Quand j'ai r&#233;alis&#233; &lt;i&gt;La Langue de Zahra&lt;/i&gt;, j'ai pris la mesure de ce dont j'h&#233;ritais : une culture mill&#233;naire. Elle est en moi, nourrit ma mani&#232;re de dire et voir le monde mais pendant longtemps, je n'en ai pas eu conscience.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si on avait v&#233;cu dans un contexte o&#249; nos langues et nos cultures avaient &#233;t&#233; prises en compte, consid&#233;r&#233;es comme une ressource pour &#233;voluer dans ce monde-ci, je crois qu'on se serait tous et toutes construit.es autrement, qu'on aurait &#233;t&#233; beaucoup moins bless&#233;.es, et m&#233;pris&#233;.es. On n'aurait pas eu &#224; mener cette bagarre &#233;puisante pour parvenir &#224; ressentir le bonheur d'&#234;tre d'ailleurs, baign&#233;.es par une autre culture. Le plus violent, c'est que nombre d'entre nous, enfants de l'immigration, se sont mis &#224; m&#233;priser &#224; notre tour leurs parents et la culture qu'ils portaient. En ce qui me concerne, je me suis d&#233;barrass&#233;e de ce m&#233;pris une fois que j'ai pu contextualiser et politiser la question de l'immigration. &#231;a m'a permis de mettre chaque chose &#224; sa place. Mais ce n'est pas le cas de tout le monde et je me demande toujours, compte tenu de l'hostilit&#233; dont les immigr&#233;.es et leurs descendant.es sont victimes, comment arriver &#224; porter haut et fort nos cultures ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ma m&#232;re et la langue fran&#231;aise&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ma m&#232;re s'est berc&#233;e de l'illusion qu'elle ne resterait pas en France. Tout en elle s'y refusait. Mais comme la plupart des exil&#233;.es de sa g&#233;n&#233;ration, elle n'est jamais repartie d&#233;finitivement. Il me semble que c'est l'une des raisons pour lesquelles elle a refus&#233; d'apprendre le fran&#231;ais et d&#233;cid&#233; qu'elle ne s'exprimerait qu'en kabyle. C'&#233;tait une mani&#232;re de ne pas renoncer &#224; son pays. Le kabyle est devenu, en quelque sorte, une terre de refuge. J'aime bien la m&#233;taphore de la citadelle imprenable. Je crois que ma m&#232;re est tellement impr&#233;gn&#233;e et amoureuse de cette culture que sa mani&#232;re de regarder le monde ne peut s'exprimer qu'en kabyle&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire, comme souvent lorsqu'il s'agit des langues orales, que ma m&#232;re aspire &#224; l'excellence lorsqu'elle parle. Je dirais m&#234;me que ma m&#232;re &#233;prouve une sorte de condescendance envers le fran&#231;ais, parce que, pour elle, la langue kabyle est tout. Il s'agit d'une langue tr&#232;s sophistiqu&#233;e entrem&#234;lant po&#233;sie, proverbes et m&#233;taphores pour dire aussi bien le quotidien que l'Histoire ou l'Invisible. Je crois que dans cette soci&#233;t&#233;, la langue, c'est le lieu du raffinement. Par exemple, je me souviens de ce matin o&#249; ma m&#232;re m'a racont&#233;, devant une tasse de caf&#233;, la nuit tourment&#233;e qu'elle avait pass&#233; : &#171; &lt;i&gt;Un cauchemar m'a r&#233;veill&#233;e &#224; 3 heures du matin. Je me suis alors lev&#233;e, j'ai ouvert la fen&#234;tre et j'ai parl&#233; &#224; la lune et aux &#233;toiles&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Je ne sais plus ce qu'elle leur a dit, peut-&#234;tre m&#234;me ne l'ai-je pas compris. Mais je me souviens que j'&#233;tais compl&#232;tement fascin&#233;e par sa langue capable de transformer l'&#233;v&#233;nement le plus banal &#8211; un cauchemar &#8211; en un instant de gr&#226;ce. Le quotidien devenait po&#233;sie. Une autre fois, elle m'a racont&#233; les derniers instants de son fr&#232;re en rentrant de l'h&#244;pital &#171; &lt;i&gt;Il m'attendait. Il ne pouvait plus parler alors je lui ai dit : &#8220;Je te pardonne comme tu me pardonnes. Je t'ai aim&#233; comme tu m'as aim&#233;e. Paix &#224; ton &#226;me, mon fr&#232;re, cher et tendre&#8230;&#8221; Et alors son dernier souffle qui ressemblait &#224; celui d'un petit moineau s'est envol&#233;.&lt;/i&gt; &#187; Peut-&#234;tre que pour ma m&#232;re, la langue c'est l'excellence ou rien. D'o&#249; son rejet du fran&#231;ais. L'entre-deux : &#234;tre d'ici et d'ailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que devient la langue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je suis heureuse d'avoir re&#231;u cette langue en h&#233;ritage, mais que mes ni&#232;ces et neveux ne la parlent pas ne me pose aucun probl&#232;me. Il faut dire que je suis peu nostalgique. C'est notre vie qui est comme &#231;a. C'est l'histoire de cet entre-deux qui est le n&#244;tre. Ils vont apprendre d'autres langues et probablement en apprendront de nouvelles &#224; leurs enfants qui peut-&#234;tre ne parleront m&#234;me plus le fran&#231;ais. Je trouve &#231;a beau de regarder une histoire familiale &#224; partir des langues qui ont &#233;t&#233; parl&#233;es, qui se sont perdues, qui sont apparues, qui se sont transmises et qui se sont &#224; nouveau perdues&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;videmment que la langue c'est fondamental, comme je le disais, pour transmettre une mani&#232;re de penser le monde. Mais pour moi, l'essentiel est ailleurs. Dans le film, ma s&#339;ur Samira dit que son petit gar&#231;on ne conna&#238;t pas le kabyle mais que pour elle, l'enjeu ce n'est pas qu'il l'apprenne mais qu'il comprenne qu'il est d'ailleurs et qu'il est fait aussi de &#231;a. C'est lui offrir la possibilit&#233; de d&#233;velopper une aptitude &#224; l'alt&#233;rit&#233;. Apr&#232;s la guerre d'Alg&#233;rie, apr&#232;s l'exil&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si ma m&#232;re a refus&#233; d'apprendre le fran&#231;ais et la culture fran&#231;aise en g&#233;n&#233;ral, c'est aussi parce que, pour elle, ce que les fran&#231;ais ont fait durant la colonisation et la guerre d'Alg&#233;rie est impardonnable. Pour moi, la guerre d'Alg&#233;rie ne commence pas en 1954, mais en 1830, au moment de la conqu&#234;te, puisque l'Alg&#233;rie n'a jamais &#233;t&#233; pacifi&#233;e durant toute cette p&#233;riode. Il y a eu un refus de la colonisation du d&#233;but &#224; la fin, qui a atteint son paroxysme &#224; partir de 1954 avec ce qu'on appelle la &#171; guerre d'Alg&#233;rie &#187;. Quand j'ai demand&#233; &#224; ma m&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Comment as-tu v&#233;cu le fait de venir en France en regard de tout cela ?&lt;/i&gt; &#187;, elle m'a r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;Oui, on les a mis dehors puis on les a suivis. Mais que veux-tu, on a suivi le pain !&lt;/i&gt; &#187; On peut se demander ce que &#231;a peut g&#233;n&#233;rer de m&#233;pris envers soi de s'installer dans le pays de l'ancien ennemi. En gardant sa langue, il me semble que ma m&#232;re s'est donn&#233; la possibilit&#233; de refuser une partie de l'Histoire, de son destin. Elle a &#233;t&#233; contrainte sur de nombreux plans, mais elle a refus&#233; celle du fran&#231;ais. Pr&#233;servant ainsi un peu de sa dignit&#233; par rapport &#224; la guerre d'Alg&#233;rie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Taire le silence, raconter l'Histoire autrement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je crois que la mani&#232;re dont on consid&#232;re nos langues, c'est aussi la mani&#232;re dont on consid&#232;re nos histoires. Cela nous apaiserait tous, c&#244;t&#233; alg&#233;rien et c&#244;t&#233; fran&#231;ais, si l'&#201;tat fran&#231;ais acceptait de parler de la colonisation et de la guerre d'Alg&#233;rie comme de crimes odieux en nommant tr&#232;s clairement les horreurs commises et en les reconnaissant comme telles : enfumades, d&#233;placements de population, assassinats, spoliations, viols. Pendant la p&#233;riode coloniale, un tiers de la population alg&#233;rienne a &#233;t&#233; tu&#233;e, 50 % de la population a quitt&#233; les campagnes, notamment &#224; cause des expropriations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On voit bien aujourd'hui comme il est impossible d'arriver &#224; penser les repr&#233;sentations autrement. Si, d&#232;s la fin de la guerre, on avait mis ces mots-l&#224; sur cette histoire, nos parents auraient &#233;t&#233; accueillis autrement, &#224; la fois comme des victimes et des r&#233;sistant.es, avec de la bienveillance donc. Or, jamais dans nos livres de classe, on n'a vu accol&#233;s l'un &#224; l'autre &#171; Alg&#233;riens et r&#233;sistants &#187;. Si cela avait &#233;t&#233; le cas, les imaginaires seraient moins impr&#233;gn&#233;s par le racisme et le m&#233;pris. Tout &#231;a n'aurait pas abouti &#224; cr&#233;er des cultures l&#233;gitimes et des cultures non l&#233;gitimes, nobles et pas nobles, dominantes et domin&#233;es. Je pense que nous aurions &#233;t&#233; plus heureux. De m&#234;me que la plupart des personnes qui ont quitt&#233; leur pays pour venir s'installer en France. Oui je pense que &#231;a aurait chang&#233; beaucoup de choses pour nous tou.tes, exil&#233;.es et descendant.es d'exil&#233;.es. Et je suis certaine que cela changerait aussi la mani&#232;re dont on aborde cette &#171; crise des r&#233;fugi&#233;s &#187; comme on dit hypocritement. Ils ne seraient plus des r&#233;fugi&#233;.es mais des hommes, des femmes, des enfants ayant v&#233;cu une aventure, une &#233;pop&#233;e qu'on aurait envie de s'entendre raconter. On les regarderait comme les guerrier.es qu'elles et ils sont et on leur ferait la place qui doit &#234;tre la leur. C'est peut-&#234;tre utopique ou na&#239;f mais il me semble que c'est un exercice utile et salutaire d'imaginer une Histoire qui se d&#233;roule autrement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Benedetta Meriggioli et Yeter Akyaz, et agenc&#233;s par Jeanne Bally et B. M.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Br&#232;ves du 99</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Breves-du-99</link>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
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&lt;p&gt;Troufion de la t&#234;te &gt; Les 31 mars et 1 avril derniers, lors d'un colloque organis&#233; &#224; Marseille sur &#171; La guerre d'Alg&#233;rie cinquante ans apr&#232;s &#187;, l'in&#233;narrable Bernard-Henri L&#233;vy (BHL) a compar&#233; le Conseil national de transition (CNT) libyen au Front de lib&#233;ration national (FLN) alg&#233;rien. Les mauvaises langues diront que c'&#233;tait l'occasion pour BHL de s'identifier aux intellectuels fran&#231;ais qui, en 1960, signaient le &#171; Manifeste des 121 &#187;. Dans ce texte, les plus c&#233;l&#232;bres repr&#233;sentants de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/national" rel="tag"&gt;national&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bernard-Henri-Levy" rel="tag"&gt;Bernard-Henri L&#233;vy&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/BHL" rel="tag"&gt;BHL&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Conseil-national" rel="tag"&gt;Conseil national&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/liberation-national" rel="tag"&gt;lib&#233;ration national&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-inenarrable-Bernard-Henri" rel="tag"&gt;l'in&#233;narrable Bernard-Henri&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un-colloque" rel="tag"&gt;d'un colloque&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/colloque-organise" rel="tag"&gt;colloque organis&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Troufion de la t&#234;te &gt;&lt;/strong&gt; Les 31 mars et 1 avril derniers, lors d'un colloque organis&#233; &#224; Marseille sur &#171; La guerre d'Alg&#233;rie cinquante ans apr&#232;s &#187;, l'in&#233;narrable Bernard-Henri L&#233;vy (BHL) a compar&#233; le Conseil national de transition (CNT) libyen au Front de lib&#233;ration national (FLN) alg&#233;rien. Les mauvaises langues diront que c'&#233;tait l'occasion pour BHL de s'identifier aux intellectuels fran&#231;ais qui, en 1960, signaient le &#171; Manifeste des 121 &#187;. Dans ce texte, les plus c&#233;l&#232;bres repr&#233;sentants de l'intelligentsia fran&#231;aise &#8211; Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Maurice Nadeau etc. &#8211; appelaient au &#171; droit &#224; l'insoumission dans la guerre d'Alg&#233;rie &#187;. En 1960, cent vingt et un intellos s'affichaient contre la boucherie colonialiste. En 2011, un philosophe de laverie attisait un casse-pipe n&#233;ocolonial. Cherchez l'erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;rika pinaille &gt;&lt;/strong&gt; Souvenez-vous de l'&#201;rika, ce p&#233;trolier d&#233;cati qui, en 1999, d&#233;versa trente mille tonnes de fioul lourd sur quatre cents kilom&#232;tres de c&#244;tes en Bretagne et en Pays de Loire. &#201;h bien, la cour de cassation pourrait annuler la proc&#233;dure judiciaire &#224; l'encontre de Total si elle en venait &#224; suivre les recommandations de son avocat g&#233;n&#233;ral. Pour ce pinailleur, l'&#201;rika a coul&#233; en dehors des eaux territoriales et, par voie de cons&#233;quence, le naufrage ne rel&#232;verait pas du droit fran&#231;ais, mais de celui de Malte &#8211; puisque le p&#233;trolier battait pavillon maltais. Contredisant ainsi les arr&#234;t&#233;s du tribunal de grande instance et de la cour d'appel de Paris, qui avaient consid&#233;r&#233; que les c&#244;tes noircies de p&#233;trole constituaient, en soi, une infraction. Si la cour de Cass' blanchit Total, il faudra faire subir au pinailleur le supplice du goudron et des plumes sur un bateau nord-cor&#233;en au large des eaux territoriales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;meute de founes &gt;&lt;/strong&gt; Longue vie aux nanas encagoul&#233;es du groupe punk Pussy Riot, de Saint-Petersbourg, qui ont c&#233;l&#233;br&#233;, le 8 mars, un concert sauvage dans la cath&#233;drale Saint-Sauveur de Moscou en priant &#171; sainte Merde &#187; de bien vouloir chasser Poutine. Nadezhda Tolokonnikova, Marina Alyokhina et Yekaterina Samutsevich, soup&#231;onn&#233;es d'avoir particip&#233; &#224; cette salutaire op&#233;ration, sont actuellement emprisonn&#233;es et risquent jusqu'&#224; sept ans de taule. Nos amiti&#233;s toutes solidaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le juge s'excuse &gt;&lt;/strong&gt; Lundi 26 mars a eu lieu &#224; Lyon le proc&#232;s dit &#171; des &#233;tudiants contre le Leader Price &#187; &#8211; cf. &lt;a href=&#034;http://rebellyon.info/Une-etrange-apres-midi-judiciaire.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;rebellyon.info&lt;/a&gt;. Cette filiale du groupe Casino avait port&#233; plainte pour &#171; vol en r&#233;union avec violence &#187; suite &#224; une op&#233;ration d'auto-r&#233;duction &#8211; tu viens, tu prends, tu pars &#8211; organis&#233;e pendant le mouvement de gr&#232;ve universitaire contre la loi LRU, en 2007. Les cinq inculp&#233;s, arr&#234;t&#233;s quatre heures apr&#232;s les faits lors de l'&#233;vacuation de la fac par des robocops, ont toujours ni&#233; les faits. Apr&#232;s une longue instruction &#8211; la police scientifique a recherch&#233; des empreintes digitales sur les plaquettes de beurre et g&#233;olocalis&#233; les t&#233;l&#233;phones portables &#8211;, aucun &#233;l&#233;ment s&#233;rieux n'a pu mettre en cause les amateurs pr&#233;sum&#233;s de coquillettes discount. Ils ont donc &#233;t&#233; relax&#233;s avec, en prime, les excuses du magistrat &lt;i&gt;&#171; au nom de l'institution judiciaire &#187;&lt;/i&gt;. H&#233;, m'sieur le juge, pour solde de tout compte, on pourrait avoir du r&#226;p&#233;, sur nos nouilles ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Projet intellectuel &gt;&lt;/strong&gt; Apr&#232;s ses prouesses dans l'affaire de Tarnac et les cordons de protection mis en place autour de Carla Bruni, voil&#224; que la Direction centrale du renseignement int&#233;rieur (DCRI) vient de mettre la main sur un m&#233;chant groupe d'islamistes. Ils avaient des armes inutilisables de collectionneurs chez eux. De plus, en grignotant, peut-&#234;tre, des pistaches iraniennes (gaffe !), ils auraient blagu&#233; en parlant d'enlever un magistrat. Para&#238;t m&#234;me qu'ils en riaient jusqu'&#224; ce qu'&#224; six heures du mat' des cond&#233;s rev&#234;tus du niqab r&#233;glementaire d&#233;foncent leur porte. &#171; On a affaire &#224; un projet intellectuel &#187;, a dit, le 4 avril, le magistrat charg&#233; du dossier, avant d'enchrister les barbus. Mais la chasse n'est pas finie : les fins limiers pourraient maintenant se pencher sur d'autres &lt;i&gt;&#171; projets intellectuels &#187;&lt;/i&gt; concernant notamment des crocs de boucher. Quant aux intentions belliqueuses et hautement &lt;i&gt;&#171; intellectuelles &#187;&lt;/i&gt; qu'&#233;changent certains automobilistes, des op&#233;rations sont en cours.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Occitanie antifasciste &lt;/strong&gt; &gt; Samedi 31 mars, trente mille personnes manifestaient &#224; Toulouse en faveur de la langue et de la culture occitanes. Des militants d'extr&#234;me droite se revendiquant d'une &lt;i&gt;&#171; culture r&#233;gionale, nationale et europ&#233;enne &#187; &lt;/i&gt; (sic) se sont fait refouler. Que le Bloc identitaire essaye d'int&#233;grer la culture occitane &#224; son id&#233;ologie raciste est vu &#224; juste titre comme une insulte au paratge e conviv&#233;ncia des anciens troubadours. Mais en soir&#233;e, les Identitaires ont fait irruption dans le quartier populaire d'Arnaud-Bernard en arborant le salut nazi. S'en est suivie une baston au cours de laquelle un &#233;tudiant chilien a eu le malheur de croiser les fafs. Dans le coma, son pronostic vital ne semble plus engag&#233;. On esp&#232;re qu'il se remettra vite sur pied et que Toulouse, ville impr&#233;gn&#233;e de l'histoire des antifascistes espagnols, se d&#233;barrassera vite de cette gangr&#232;ne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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