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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Espagne : &#171; Activiste, pas terroriste ! &#187;</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Pierre Levaray</dc:creator>


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		<dc:subject>tendance lourde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;La r&#233;pression du mouvement social est une tendance lourde dans la majeure partie des pays europ&#233;ens. De l'autre c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es, Podemos ou non, les manifs restent lourdement r&#233;prim&#233;es et la loi &#171; antimanifestation &#187;, vot&#233;e en 2014, remet en cause la libert&#233; d'expression et d'association. Plus de 1 000 activistes se trouvent actuellement accus&#233;s d'&#234;tre des casseurs et on compte plus de quarante proc&#233;dures p&#233;nales pr&#233;vues pour participation &#224; des gr&#232;ves. Francisco Molero est de ceux-l&#224;. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no141-mars-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;141 (mars 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;La r&#233;pression du mouvement social est une tendance lourde dans la majeure partie des pays europ&#233;ens. De l'autre c&#244;t&#233; des Pyr&#233;n&#233;es, Podemos ou non, les manifs restent lourdement r&#233;prim&#233;es et la loi &#171; antimanifestation &#187;, vot&#233;e en 2014, remet en cause la libert&#233; d'expression et d'association. Plus de 1 000 activistes se trouvent actuellement accus&#233;s d'&#234;tre des casseurs et on compte plus de quarante proc&#233;dures p&#233;nales pr&#233;vues pour participation &#224; des gr&#232;ves.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francisco Molero est de ceux-l&#224;. Jeune homme de 25 ans habitant dans la province de Malaga, &#233;ducateur au ch&#244;mage, il vit de boulots pr&#233;caires comme la cueillette des olives et est soutien de famille, ses parents &#233;tant lourdement handicap&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 25 avril 2013, alors qu'il est de passage chez des amis &#224; Madrid, il d&#233;cide de participer &#224; la manifestation &#171; Rodea el Congreso &#187; (&#171; Assi&#233;ger le Congr&#232;s &#187;). La manif se termine par des charges polici&#232;res tr&#232;s brutales et des jets de pierres de l'autre c&#244;t&#233;. Alors que les manifestants se font courser, Francisco est plaqu&#233; au sol par quatre flics. Onze des quinze interpell&#233;s sont envoy&#233;s au cachot de Moratalaz, ils passent 24 heures sans manger et subissent humiliations verbales et physiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francisco Molero est reconnu par les flics car il portait &#171; des v&#234;tements noirs et un foulard palestinien &#187; (sic). Il se retrouve inculp&#233; pour avoir port&#233; atteinte &#224; l'autorit&#233;.
Le proc&#232;s a lieu le 16 octobre 2015. Les t&#233;moignages des policiers sont contradictoires, sur le timing comme sur les emplacements o&#249; aurait &#233;t&#233; vu Francisco. Le jeune homme continue &#224; nier tout acte de violence. Malgr&#233; cela, Francisco &#233;cope de 5 ans de prison ferme et d'une amende de 16 000 euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; ces lignes sont &#233;crites, il attend son incarc&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francisco Molero est &#233;galement militant du SAT, Syndicat andalou des travailleurs. N&#233; apr&#232;s la mort de Franco, partiellement ind&#233;pendantiste, le SAT est proche de l'anarcho-syndicalisme et pr&#244;ne l'action directe. Pr&#233;sent dans le monde rural, ce syndicat est connu pour sa d&#233;fense des travailleurs agricoles et journaliers ainsi que pour ses occupations-r&#233;appropriations de &lt;i&gt;fincas&lt;/i&gt; (fermes). On trouve aussi le SAT aux c&#244;t&#233;s de Juan Manuel Sanchez Gordillo dans la gestion de la ville de Marinaleda, entr&#233;e en r&#233;sistance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Francisco n'est pas le seul militant de ce syndicat &#224; subir la r&#233;pression pour avoir particip&#233; &#224; des manifestations : Andr&#233;s Bodalo, responsable du SAT pour la r&#233;gion de Jaen et candidat Podemos aux derni&#232;res &#233;lections, est sous le coup d'une condamnation &#224; trois ans et demi de prison. D'autres militants sont condamn&#233;s &#224; de fortes amendes. Il faut dire que le SAT s'est attir&#233; les foudres des gros propri&#233;taires terriens pr&#233;sents, en force dans la r&#233;gion andalouse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mouvement de soutien &#224; Francisco Molero s'est cr&#233;&#233; suite au proc&#232;s, o&#249; se retrouvent toutes les composantes &#224; la gauche du PSOE ainsi que les syndicats comme le SAT, la CNT ou la CGT. Il s'agit de dire non &#224; l'incarc&#233;ration de Francisco, mais aussi de r&#233;cup&#233;rer de l'argent pour payer la lourde amende. Le 23 janvier dernier (2016), une manifestation dans les rues du centre-ville de Malaga rassemblait plus d'un millier de personnes pour demander la libert&#233; pour Molero.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>La mairie des sans-terre</title>
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		<dc:date>2018-05-02T14:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Ferdinand Cazalis</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>Diego</dc:subject>
		<dc:subject>village</dc:subject>
		<dc:subject>SAT</dc:subject>
		<dc:subject>paysage refl&#232;te</dc:subject>
		<dc:subject>Coronil</dc:subject>
		<dc:subject>d'El Coronil</dc:subject>
		<dc:subject>refl&#232;te l'histoire</dc:subject>
		<dc:subject>PSOE</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Si les yeux sont le miroir de l'&#226;me, le paysage refl&#232;te l'histoire d'un pays. Celui qu'on traverse entre S&#233;ville et El Coronil en dit long sur la structure sociale de la r&#233;gion. Entre la plaine du Guadalquivir et la sierra de Cadix, les collines sont labour&#233;es &#224; perte de vue. Pas un arbre &#224; l'horizon. De-ci de-l&#224;, un cortijo de se&#241;oritos, avec sa longue all&#233;e bord&#233;e de palmiers et ses armoiries au-dessus du portail. Depuis la Reconquista, la monoculture latifundiaire r&#232;gne ici en ma&#238;tre, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Diego" rel="tag"&gt;Diego&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/PSOE" rel="tag"&gt;PSOE&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH422/-641-196b7.jpg?1768660546' width='400' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Si les yeux sont le miroir de l'&#226;me, le paysage refl&#232;te l'histoire d'un pays. Celui qu'on traverse entre S&#233;ville et El Coronil en dit long sur la structure sociale de la r&#233;gion. Entre la plaine du Guadalquivir et la sierra de Cadix, les collines sont labour&#233;es &#224; perte de vue. Pas un arbre &#224; l'horizon. De-ci de-l&#224;, un &lt;i&gt;cortijo de se&#241;oritos&lt;/i&gt;, avec sa longue all&#233;e bord&#233;e de palmiers et ses armoiries au-dessus du portail. Depuis la Reconquista, la monoculture latifundiaire r&#232;gne ici en ma&#238;tre, pour les si&#232;cles des si&#232;cles. Et ce ne sont pas les quarante ans de pouvoir sans partage du PSOE en Andalousie qui y auront chang&#233; grand-chose. De loin en loin, un bourg appara&#238;t, comme un mirage surgi de nulle part. C'est l&#224; o&#249; se concentre le peuple sans terre, l&#224; o&#249; le &lt;i&gt;latifundio&lt;/i&gt; vient puiser la main-d'&#339;uvre dont il a &#8211; de moins en moins &#8211; besoin. L'histoire d'El Coronil, gros village de 5 000 habitants, ne peut se comprendre sans ce coup d'&#339;il panoramique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps de r&#233;colte. Devant le Centre ouvrier Diamantino Garc&#237;a, une &#233;quipe de volontaires revient de la coop&#233;rative El Indiano, fond&#233;e par le Syndicat andalou des travailleurs (SAT) dans une ferme occup&#233;e depuis vingt ans. &#171; &lt;i&gt;Artichaut pour tout le monde ! C'est bon pour le foie, mais mauvais pour mes reins&#8230;&lt;/i&gt; &#187;, grince Vinagre, le bien nomm&#233;. En habit de travail, Diego Ca&#241;amero nous re&#231;oit chez lui, dans le modeste salon d'une des maisons autoconstruites sur le mode Castor, en coop&#233;rative. Apr&#232;s l'embrassade, un clin d'&#339;il vers Mari, notre h&#244;te ce soir : &#171; &lt;i&gt;Vous allez &#234;tre h&#233;berg&#233;s par la premi&#232;re ouvri&#232;re agricole &#233;lue d&#233;put&#233;e dans ce pays&lt;/i&gt; &#187;, sourit Diego, figure du SAT, syndicat de journaliers agricoles croulant sous les proc&#232;s et les amendes pour occupation illicite de terres ou entrave &#224; la circulation et &#224; la libert&#233; du travail&#8230; Il a &#233;t&#233; maire d'El Coronil pendant des ann&#233;es. Aujourd'hui, ayant c&#233;d&#233; le secr&#233;tariat g&#233;n&#233;ral du syndicat, il est redevenu militant de base. Occupations de grandes propri&#233;t&#233;s sous-exploit&#233;es, coop&#233;ratives, exp&#233;riences municipales&#8230; : les gens du SAT ne tombent pas de la derni&#232;re pluie. &#171; &lt;i&gt;Cette vague r&#233;cente pour la transformation sociale n'est le patrimoine de personne. Les primaires de Podemos ont &#233;t&#233; trop pyramidales, contr&#244;l&#233;es depuis Madrid. Nous nous y sommes pr&#233;sent&#233;s, mais loin de nos terres, qui peut juger de notre l&#233;gitimit&#233; ? Le discours s'est d&#233;caf&#233;in&#233;, pour s&#233;duire le &#8220;centre&#8221;. Pablo Iglesias parle de transversalit&#233;, mais nous, nous avons une histoire qui nous ancre &#224; gauche, avec nos revendications de r&#233;forme agraire, de revenu minimum garanti, de d&#233;fense de l'eau et des services publics. Il faut parler clair. Si tu te caches, tu finis par en payer le prix.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH410/-640-a66d2.jpg?1768660574' width='400' height='410' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En route vers la mairie, la d&#233;put&#233;e paysanne Mari Garc&#237;a nous montre un immeuble neuf : &#171; &lt;i&gt;Le promoteur a fait faillite et les banques qui l'avaient financ&#233; se disputent les appartements. En attendant, des jeunes du village les occupent&lt;/i&gt;. &#187; Vers le centre de la bourgade, les s&#233;quelles de la gestion municipale du PSOE, &#171; le parti des notables &#187;, sautent aux yeux : des abribus monumentaux, rendus inutiles par une remod&#233;lation de la rue principale pour le moins maladroite : les autocars ne peuvent plus man&#339;uvrer et s'arr&#234;tent &#224; l'entr&#233;e du village. La faute &#224; un terre-plein central recouvert d'une minable imitation de Gaud&#237; en mosa&#239;que et agr&#233;ment&#233; d'arbres m&#233;talliques d'un go&#251;t douteux&#8230; &#171; &lt;i&gt;Lorsque le PSOE a pris la mairie il y a huit ans gr&#226;ce au vote d'un transfuge, il a trouv&#233; un exc&#233;dent de 80 000 euros. Aujourd'hui, nous h&#233;ritons d'un d&#233;couvert de plus de 5 millions. Quand un b&#233;b&#233; na&#238;t ici, il a d&#233;j&#224; 1 000 euros de dette !&lt;/i&gt; &#187;, bout Maribel G&#243;mez, maire &#233;lue sur la liste Ganemos El Coronil, soutenue par le SAT. Le constat est terrible : que va-t-on pouvoir faire &#224; part g&#233;rer la mis&#232;re ? Miguel, adjoint d&#233;l&#233;gu&#233; aux Finances, est amer : &#171; &lt;i&gt;Nous avions des projets, comme l'acquisition de terres pour les cultiver en coop&#233;rative, ou promouvoir le tourisme rural, mais nous voil&#224; pris &#224; la gorge.&lt;/i&gt; &#187; Les employ&#233;s municipaux n'ont pas touch&#233; leur salaire depuis trois mois, une banderole pendue en fa&#231;ade de l'h&#244;tel de ville le rappelle aux passants. &#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est que non content d'avoir hypoth&#233;qu&#233; l'avenir du village, l'ex-maire socialiste a cass&#233; la dynamique participative en subventionnant des associations fant&#244;mes, qui fonctionnent en vase clos, entre amis.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ironie : &#224; peine battu, cet ancien maire s'est vu offrir par ses copains de la r&#233;gion une sin&#233;cure dans l'administration des Finances&#8230; &#171; &lt;i&gt;Une de nos promesses &#233;tait la transparence : nous avons publi&#233; les comptes en plan fixe sur l'&#233;cran du canal municipal de t&#233;l&#233;vision&lt;/i&gt;, temp&#234;te Maribel. &lt;i&gt;Je suis la seule &#224; m'&#234;tre mise en cong&#233;s, mes adjoints sont toujours journaliers ou ch&#244;meurs. J'ai propos&#233; que les conseillers municipaux ne touchent leurs &#233;moluments qu'une fois que les employ&#233;s de la mairie auront encaiss&#233; les arri&#233;r&#233;s de salaire : l'opposition socialiste a menac&#233; de porter plainte !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Gageons que les habitants de la petite ville sauront se d&#233;fendre. Comme le rappelle Diego, rebelle sans pause, &#171; &lt;i&gt;Ici, le 15-M, &#231;a fait trente ans qu'on le vit !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>L'Andalousie est dans le rouge</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-Andalousie-est-dans-le-rouge</link>
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		<dc:date>2014-03-16T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz</dc:creator>


		<dc:subject>L.L. de Mars</dc:subject>
		<dc:subject>hectares</dc:subject>
		<dc:subject>Garcia</dc:subject>
		<dc:subject>SAT</dc:subject>
		<dc:subject>faire oublier</dc:subject>
		<dc:subject>S&#233;ville</dc:subject>
		<dc:subject>Mari Garc&#237;a</dc:subject>
		<dc:subject>Pa&#237;s</dc:subject>
		<dc:subject>Roto</dc:subject>
		<dc:subject>pr&#233;sent</dc:subject>
		<dc:subject>l'actualit&#233;</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;L'Espagne serait redevenue un pays attractif pour les investisseurs, au prix d'une politique d'aust&#233;rit&#233; et d'un code du travail carnassiers. R&#233;sultat : la mis&#232;re gagne du terrain, la col&#232;re gronde et l'arsenal juridique pour s'en pr&#233;munir fait froid dans le dos. &#171; Ils nous occupent avec l'actualit&#233; pour nous faire oublier le pr&#233;sent &#187;, avertit une vignette du dessinateur El Roto dans les pages du quotidien El Pa&#237;s. Et &#171; l'actualit&#233; &#187; &#224; la une de ce journal en ce d&#233;but d'ann&#233;e, &#224; part les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no118-janvier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;118 (janvier 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-L-de-Mars" rel="tag"&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/hectares" rel="tag"&gt;hectares&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Garcia" rel="tag"&gt;Garcia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/SAT" rel="tag"&gt;SAT&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire-oublier" rel="tag"&gt;faire oublier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Seville" rel="tag"&gt;S&#233;ville&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-actualite" rel="tag"&gt;l'actualit&#233;&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'Espagne serait redevenue un pays attractif pour les investisseurs, au prix d'une politique d'aust&#233;rit&#233; et d'un code du travail carnassiers. R&#233;sultat : la mis&#232;re gagne du terrain, la col&#232;re gronde et l'arsenal juridique pour s'en pr&#233;munir fait froid dans le dos.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils nous occupent avec l'actualit&#233; pour nous faire oublier le pr&#233;sent&lt;/i&gt; &#187;, avertit une vignette du dessinateur El Roto dans les pages du quotidien &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt;. Et &#171; l'actualit&#233; &#187; &#224; la une de ce journal en ce d&#233;but d'ann&#233;e, &#224; part les r&#233;sultats sportifs et la pol&#233;mique autour du r&#233;f&#233;rendum ind&#233;pendantiste en Catalogne, ce sont les scandales politico-financiers o&#249; les grands partis, les banques et la famille royale sont pris la main dans le sac, mais tr&#232;s rarement condamn&#233;s &#8211; l'Espagne d&#233;tient le record europ&#233;en des non-lieux et des gr&#226;ces dans ce genre d'affaires.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_961 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;19&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH422/p16-espagne01-89034.jpg?1768653958' width='400' height='422' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par L.L. de Mars.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent, c'est cette famille empoisonn&#233;e par les aliments p&#233;rim&#233;s dont elle se nourrissait habituellement, &#224; Alcala de Guadaira, dans la province de S&#233;ville. Le p&#232;re, la m&#232;re et leur fille de 14 ans sont morts. La plus jeune s&#339;ur a surv&#233;cu. Plusieurs centaines de personnes se sont spontan&#233;ment rassembl&#233;es devant la mairie apr&#232;s avoir appris la nouvelle, quelques jours avant No&#235;l. L'indignation &#233;tait volatile : contre les services sociaux, contre les politiciens, contre les supermarch&#233;s que la rumeur accuse d'asperger de d&#233;tergents les aliments p&#233;rim&#233;s avant de les jeter &#224; la benne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le pr&#233;sent, c'est aussi la condamnation &#224; des peines de prison de militants du Sindicato andaluz de trabajadores (SAT) pour avoir occup&#233; pendant dix-sept jours &#8211; en mai 2012 &#8211; la Turquilla, une propri&#233;t&#233; de 1 200 hectares appartenant &#224; l'&#201;tat. Propri&#233;t&#233; laiss&#233;e en jach&#232;re, &#224; part les 80 hectares utilis&#233;s par l'arm&#233;e pour y &#233;lever un haras de chevaux d'apparat. &#171; &lt;i&gt;Il y a huit ans, 300 hectares ont &#233;t&#233; c&#233;d&#233;s &#224; la mairie d'Osuna, le bourg le plus proche&lt;/i&gt;, raconte Mari Garc&#237;a, militante du SAT.&lt;i&gt; Et elle y a d&#233;velopp&#233; une activit&#233; agricole biologique, avec un syst&#232;me de travail rotatif qui permet aux ch&#244;meurs du coin de faire les heures suffisantes pour obtenir des droits.&lt;/i&gt; &#187; Mais l'occupation des hectares restants par les sans-terre du SAT a &#233;t&#233; v&#233;cue comme un attentat contre les forces arm&#233;es. &#171; &lt;i&gt;Cinquante-quatre des n&#244;tres ont &#233;t&#233; arr&#234;t&#233;s, quatre condamn&#233;s &#224; sept mois de prison et un &#224; 1 200 euros d'amende.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le SAT, syndicat d'ouvriers agricoles, est dans le collimateur de la justice depuis des ann&#233;es ; surtout les juges ont la dent dure apr&#232;s ses actions de &#171; reprise &#187; dans les grandes surfaces : les activistes sortent des supermarch&#233;s avec des chariots remplis de victuailles ou, comme le 29 ao&#251;t dernier, de fournitures scolaires, avant de les redistribuer aux familles sans logis qui, &#224; S&#233;ville, occupent des &#233;difices confisqu&#233;s par des banques apr&#232;s le crash immobilier de 2008.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D&#233;but d&#233;cembre, une femme dont les enfants n'avaient pas mang&#233; depuis trois jours a imit&#233; ces actions collectives dans un supermarch&#233; d'Ecija, province de Cordoue. Un anonyme a par la suite pay&#233; le contenu du chariot pour &#233;viter que la direction n'engage des poursuites. Il y a 36 % de ch&#244;mage en Andalousie &#8211; 44 % dans la province de Cadix &#8211; et 67 % chez les jeunes, qui survivent gr&#226;ce &#224; l'aide de leurs parents ou grands-parents. Au niveau national, plus de 60 % des ch&#244;meurs n'ont droit &#224; aucune allocation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au Centro obrero Diamantino Garc&#237;a, c&#339;ur du village rouge d'El Coronil, les vieux jouent au domino dans la salle du bar. Un groupe de femmes et d'hommes, apr&#232;s avoir nettoy&#233; la salle des f&#234;tes o&#249; a eu lieu la veille un &#171; r&#233;veillon ouvrier &#187;, se restaure au r&#233;fectoire, &#224; c&#244;t&#233; de la biblioth&#232;que. On parle &lt;i&gt;peon&#225;&lt;/i&gt;, ces journ&#233;es travaill&#233;es qu'il faut additionner jusqu'&#224; quarante pour avoir droit au subside agricole. Au nord de la p&#233;ninsule, les gens croient que ce r&#233;gime sp&#233;cial est un privil&#232;ge de Sudistes nonchalants, mais ici, tout le monde sait qu'il est de plus en plus dur de trouver du boulot dans une agriculture m&#233;canis&#233;e et branch&#233;e sur les subventions europ&#233;ennes. Depuis l'explosion de la bulle immobili&#232;re, ceux qui &#233;taient all&#233;s se faire embaucher comme ma&#231;ons sur la c&#244;te sont revenus au village et concurrencent les femmes sur le march&#233; du travail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Partout en Espagne, des associations d'endett&#233;s s'opposent physiquement aux expulsions locatives et aux coupures d'eau ou d'&#233;lectricit&#233; pour cause de factures ou de cr&#233;dits impay&#233;s. Fin d&#233;cembre, une expulsion a ainsi &#233;chou&#233; dans le quartier de Triana, &#224; S&#233;ville, durant laquelle la police a interpell&#233; sept personnes. Le SAT, avec d'autres syndicats ind&#233;pendants, des associations issues du mouvement du 15-M (initi&#233; le 15 mai 2011, et dit des &#171; Indign&#233;s &#187;) ou de celui du 25-S (25 septembre 2012, si&#232;ge pacifique du Congr&#232;s par des dizaines de milliers de manifestants, durement r&#233;prim&#233;), organise &#224; travers le pays une &#171; marche de la dignit&#233; &#187; qui devrait converger sur Madrid le 22 mars 2014. Depuis les &#171; reprises &#187; dans les supermarch&#233;s, la popularit&#233; du SAT a explos&#233;, attirant des centaines de non-affili&#233;s dans ses manifestations, et &#233;galement la presse &#233;trang&#232;re, ce qui ridiculise les d&#233;clarations gouvernementales cherchant &#224; assimiler ces actions avec du terrorisme&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une r&#233;forme du code p&#233;nal ultra-r&#233;pressive est en passe d'&#234;tre vot&#233;e au Parlement. Elle vise clairement ces mouvements de r&#233;sistance populaire. &#171; &lt;i&gt;Pour une simple participation &#224; un piquet de gr&#232;ve, nous encourons aujourd'hui des peines de deux, quatre ou m&#234;me six ans de prison&lt;/i&gt;, s'inqui&#232;te Mari Garc&#237;a. &lt;i&gt;Bient&#244;t, n'importe quel individu sera passible d'un demi-million d'euros d'amende et de la saisie de ses biens s'il participe &#224; une manif non autoris&#233;e &#8211; avant, les amendes &#233;taient adress&#233;es au syndicat. Les gens vont r&#233;fl&#233;chir &#224; deux fois avant de descendre dans la rue.&lt;/i&gt; &#187; Mari et Ted habitent avec leur fille dans une petite maison individuelle dans une rue du village d'El Coronil o&#249; toutes les maisons ont &#233;t&#233; construites collectivement, sur le mode des castors, avant d'&#234;tre attribu&#233;es par tirage au sort. Le sol a &#233;t&#233; achet&#233; par leur coop&#233;rative et personne n'est officiellement propri&#233;taire. &#171; &lt;i&gt;Ce vide juridique nous met &#224; l'abri des saisies dont nous menace le nouveau code p&#233;nal. A part notre bagnole, nous serions d&#233;clar&#233;s insolvables s'il fallait payer un jour une lourde amende.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Contrairement &#224; la Gr&#232;ce et &#224; la plupart des autres pays europ&#233;ens, en Espagne, l'extr&#234;me droite est peu bruyante, pour une raison simple : elle est d&#233;j&#224; au pouvoir. Le Partido popular, dirig&#233; par des fils et ni&#232;ces de hi&#233;rarques franquistes, passe &#224; l'offensive sur tous les fronts, avec un code du travail et une loi sur l'avortement r&#233;trogrades, jusqu'au sabotage syst&#233;matique des efforts pour r&#233;cup&#233;rer la m&#233;moire des vaincus de la guerre civile&#8230; Et sa politique r&#233;pressive trahit avant tout sa nervosit&#233; face aux organisations de base mobilis&#233;es contre &#171; &lt;i&gt;cette crise qui n'est pas une crise, mais une arnaque&lt;/i&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Illustration de &lt;a href=&#034;http://www.le-terrier.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L.L. de Mars&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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