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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Locataires en ordre de bataille : La Butte-Rouge, c'est son non</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Une partie de la cit&#233;-jardin de la Butte-Rouge, &#224; Ch&#226;tenay-Malabry, est menac&#233;e de r&#233;novation. Sous pr&#233;texte de &#171; mixit&#233; sociale &#187;, deux tiers des habitants les plus modestes sont sur le point de perdre leur logement social, forc&#233;s de partir s'installer plus loin. Aujourd'hui, ils cherchent &#224; s'organiser en collectif, mais la mairie leur met des b&#226;tons dans les roues. Reportage. &#171; C'est un ghetto o&#249; il fait bon vivre &#187;, dit Lydia en souriant. Elle est une des animatrices du collectif (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une partie de la cit&#233;-jardin de la Butte-Rouge, &#224; Ch&#226;tenay-Malabry, est menac&#233;e de r&#233;novation. Sous pr&#233;texte de &#171; mixit&#233; sociale &#187;, deux tiers des habitants les plus modestes sont sur le point de perdre leur logement social, forc&#233;s de partir s'installer plus loin. Aujourd'hui, ils cherchent &#224; s'organiser en collectif, mais la mairie leur met des b&#226;tons dans les roues. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est un ghetto o&#249; il fait bon vivre&lt;/i&gt; &#187;, dit Lydia en souriant. Elle est une des animatrices du collectif Droit au logement (DAL) des locataires de la Butte-Rouge, &#224; Ch&#226;tenay-Malabry, dans la banlieue sud de Paris. Propri&#233;t&#233; de l'office HLM des Hauts-de-Seine, cette cit&#233;-jardin historique [ voir encadr&#233; ci-dessous ], construite entre 1931 et 1965, regroupe pr&#232;s de 4 000 logements sociaux. Soit 9 000 habitants, le quart de la population de cette petite ville plut&#244;t cossue. La cit&#233; est r&#233;partie sur 70 hectares dans un parc de verdure, &#224; la lisi&#232;re du bois de Verri&#232;res. Les habitats sont espac&#233;s, entrecoup&#233;s d'escaliers, de d&#233;nivel&#233;s, de rues en m&#233;andre. Entre les petits blocs d'immeubles de deux &#224; cinq &#233;tages, faits de briques recouvertes de stuc rouge p&#226;le, on trouve des enfilades de jardins ouvriers. Une imposante barre en arc de cercle de huit &#233;tages sur pilotis, nomm&#233;e &#171; la demi-lune &#187;, domine la butte. &#171; &lt;i&gt; Le paysage est tr&#232;s verdoyant et l'ensemble de blocs simples et cubiques, avec les jardins dispers&#233;s sur l'arri&#232;re des b&#226;timents, donne un paysage tout &#224; fait charmant&lt;/i&gt; &#187;, peut-on lire sur la page Wikip&#233;dia, comme dans une brochure touristique. La Butte-Rouge est aussi pr&#233;sent&#233;e dans les &#233;coles d'architecture comme mod&#232;le d'habitat populaire &#8211; et contre-mod&#232;le de la cit&#233;-b&#233;ton. Une demande de classement au titre des sites patrimoniaux a d'ailleurs &#233;t&#233; d&#233;pos&#233;e en janvier au minist&#232;re de la Culture par l'association Environnement 92.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Loyer multipli&#233; par deux&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, un projet de r&#233;novation urbaine port&#233; par la mairie et l'office HLM, s'inscrivant dans une &#171; &lt;i&gt; strat&#233;gie d'intervention globale sur dix &#224; quinze ans&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;voit la destruction de plusieurs pans de cette cit&#233;-jardin afin de la &#171; &lt;i&gt; d&#233;senclaver &lt;/i&gt; &#187;. Les &#171; &lt;i&gt;&#238;lots-tests&lt;/i&gt; &#187; concern&#233;s par la destruction sont situ&#233;s le long de l'avenue de la Division-Leclerc, qui doit accueillir la future voie de tramway T10 et r&#233;pondre &#224; un plus haut standing d'habitation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2522 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH355/-788-aec15.jpg?1768760558' width='500' height='355' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eug&#232;ne Riousse.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;L'objectif est de privatiser un tiers des logements et de faire passer un autre tiers en logements &#171; interm&#233;diaires &#187;, alors qu'ils sont actuellement en PLAI (Pr&#234;t locatif aid&#233; d'int&#233;gration, le loyer le plus bas, soit 5 &#8364; le m2). Ce qui signifierait un loyer multipli&#233; au moins par deux. Sous pr&#233;texte de favoriser la &#171; &lt;i&gt;mixit&#233; urbaine et sociale&lt;/i&gt; &#187; &#8211; pas assez de cadres &#8211; et de souligner les &#171; &lt;i&gt;inadaptations d'usages et de confort d'habitabilit&#233;, de performance &#233;nerg&#233;tique pour les logements&lt;/i&gt; &#187; &#8211; pas assez de garages souterrains &#8211;, le maire Georges Siffredi (LR), aux manettes depuis vingt ans, promet d'inventer &#171; &lt;i&gt;la cit&#233;-jardin du XXIe si&#232;cle&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233; dans &#171; La Butte-Rouge va devenir la cit&#233;-jardin du XXIe si&#232;cle &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, d&#233;lest&#233;e ainsi des deux tiers des habitants les plus modestes. Et pour cela, il &#171; &lt;i&gt; veut aller vite&lt;/i&gt; &#187;. Le projet est estim&#233; &#224; 284 millions d'euros.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Si l'on juge des intentions par leur r&#233;sultat, on ne peut qu'en conclure que la valeur de ces quartiers historiquement symboliques du progr&#232;s social en France est purement et simplement ni&#233;e au profit de projets immobiliers qui s'accompagneront d'importants profits, et d'une gentrification de ces quartiers d'habitat populaire&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crit, dans un texte intitul&#233; &#171; &#201;chec de la politique d'intervention sur les cit&#233;s-jardins &#187;, l'architecte Alexandre Sirvin, arri&#232;re-petit-fils de Paul Sirvin, l'un des archis du &#171; &lt;i&gt;trio de choc&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Avec Joseph Bassompierre et Paul de Rutte.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui a dessin&#233; les immeubles des premi&#232;res phases de la Butte-Rouge. Et de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;Encore une fois, la pression des quartiers d'affaires, le manque de ressources allou&#233;es &#224; la r&#233;novation, ainsi que la construction en masse de logements tout proches ne semblent pas laisser beaucoup d'alternatives.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Faire union &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; cette destruction annonc&#233;e, un collectif DAL des locataires de la cit&#233;-jardin s'est constitu&#233;, &#224; l'initiative de cinq dr&#244;les de dames dr&#244;lement combatives. &#171; &lt;i&gt;Le maire a d&#233;sign&#233; un &#8220; conseil citoyen &#8221; de mani&#232;re opaque, sur le mod&#232;le des citoyens vigilants. Cela lui sert d'alibi pour court-circuiter toute concertation&lt;/i&gt;, explique Nadia, membre du collectif. &lt;i&gt;De son c&#244;t&#233;, l'office HLM refuse de nous fournir le plan de r&#233;novation. Depuis septembre, on a aussi demand&#233; &#224; obtenir un local, mais il nous a &#233;t&#233; r&#233;pondu qu'on instillait la peur&#8230; On est oblig&#233;s de faire un recours.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce lundi 15 janvier, en fin de journ&#233;e, le collectif est pourtant bien d&#233;cid&#233; &#224; informer les habitants des &#238;lots-tests concern&#233;s par la destruction &#8211; ceux de l'all&#233;e Jean-Mermoz et de la rue &#201;douard-Vaillant. Il a lanc&#233; une invitation &#224; se r&#233;unir dans un local associatif appartenant &#224; la mairie, une cinquantaine de personnes y ont r&#233;pondu. Sans certitude que &#231;a se passera bien : le collectif en a &#233;t&#233; averti il y a quelques jours, la municipalit&#233; serait furax et cherchera sans doute &#224; emp&#234;cher la tenue de la r&#233;union.
L'ambiance est inqui&#232;te, les habitants ignorent tout des projets de r&#233;novation. Marie, responsable nationale du DAL-HLM, intervient en tant que conseill&#232;re : &#171; &lt;i&gt;Tant que les locataires sont isol&#233;s et ont peur, les promoteurs gagnent &#224; tous les coups. Il n'y a pas de formule magique juridique pour emp&#234;cher les projets de l'Anru&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale pour la r&#233;novation urbaine, &#233;tablissement public qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &lt;i&gt;La seule solution, c'est de faire union.&lt;/i&gt; &#187; Apr&#232;s un tour de table, les habitants r&#233;unis commencent &#224; d&#233;rouler leurs dol&#233;ances : &#171; &lt;i&gt;Il y a cinquante ans que je suis l&#224;, o&#249; je vais aller ?&lt;/i&gt; &#187;, s'inqui&#232;te une dame avec de grosses lunettes, venue avec son mari. &#171; &lt;i&gt;Le loyer sert normalement &#224; payer l'entretien des parties communes et des logements. Pourtant, d&#232;s qu'on signale un probl&#232;me, ils font du bricolage&lt;/i&gt; &#187;, s'agace un p&#232;re de famille. &#171; &lt;i&gt;La mairie parle de manque de mixit&#233; sociale, mais la vraie mixit&#233; du quartier, c'est nous&lt;/i&gt; &#187;, remarque Nadia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Intervention municipale&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, les &#233;tapes de la mobilisation s'&#233;noncent comme une &#233;vidence : &#171; &lt;i&gt;Il faut vite une p&#233;tition &#224; faire signer dans toute la cit&#233;, en disant qu'on ne souhaite pas partir et qu'on veut que ce soit entretenu.&lt;/i&gt; &#187; &#171; &lt;i&gt;Tout &#224; fait d'accord, approuve une dame, je m'occupe de la faire signer dans mon escalier.&lt;/i&gt; &#187; Il est aussi question d'organiser une manifestation devant la mairie, ce qui d&#233;clenche l'enthousiasme. C'est alors qu'une silhouette sombre se glisse &#224; l'entr&#233;e. L'homme, m&#226;choire serr&#233;e, la mine grave, les mains enfouies dans les poches de son trois-quarts anthracite, se d&#233;cide &#224; apostropher l'assembl&#233;e : &#171; &lt;i&gt;Qui est le responsable de cette r&#233;union ? Je suis le directeur de l'IDSU&lt;/i&gt; [Insertion et d&#233;veloppement social urbain],&lt;i&gt; responsable de la salle. Vous n'avez pas l'autorisation d'&#234;tre ici. Ce que vous faites est ill&#233;gal. Veuillez sortir imm&#233;diatement !&lt;/i&gt; &#187; Le brouhaha s'instaure : &#171; &lt;i&gt;On nous a ouvert sans effraction, on reste pour terminer la r&#233;union. Soit vous y participez si &#231;a vous concerne, soit vous repassez dans une heure&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;On va pas sortir ! Vous ne nous faites pas peur !&lt;/i&gt; &#187; ; &#171; &lt;i&gt;Si on ne peut pas rester ici, on ira se r&#233;unir &#224; la Mairie !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Afin d'&#233;viter que le ton ne monte trop vite, la jeune assembl&#233;e, encore peu s&#251;re d'elle-m&#234;me, d&#233;cide finalement d'&#233;courter cette premi&#232;re prise de contact. Un commissaire et trois policiers entrent &#224; leur tour pour intimer l'ordre d'&#233;vacuer la salle. La s&#233;ance est lev&#233;e, mais les discussions continuent sur le trottoir. L'incident semble f&#233;d&#233;rer les esprits : &#171; &lt;i&gt;On vient encore d'avoir un bel exemple de d&#233;mocratie locale&lt;/i&gt;, ironise quelqu'un.&lt;i&gt; C'est un aveu de faiblesse de la part de la municipalit&#233;. Elle va vite avoir le retour de b&#226;ton...&lt;/i&gt; &#187; Et chacun-chacune se quitte en se promettant de ne pas en rester l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;L'utopie urbaine d'Henri Sellier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Banlieue oasis&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;cit&#233;-jardin&lt;/i&gt; &#187; : des formules qui semblent tenir de l'oxymore, au regard de d&#233;cennies d'urbanisme de cages &#224; lapins, de cit&#233;s-ghettos et d'&#233;checs de la politique de la ville. Pourtant, le concept de cit&#233;-jardin a jadis nourri l'utopie d'une ville autosuffisante et verdoyante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La loi de 1895, qui ouvre la politique de logement social en France, accompagne un mouvement d'hygi&#233;nisation pr&#233;tendant extirper la classe ouvri&#232;re des taudis insalubres sans air ni lumi&#232;re, propices &#224; toutes les &#233;pid&#233;mies. L'instigateur de la loi, Jules Siegfried, un conservateur social, esp&#232;re ainsi faire de l'ouvrier un homme nouveau &#8211; &#171; &lt;i&gt;devenu &#233;conome, pr&#233;voyant, d&#233;finitivement gu&#233;ri des utopies socialistes et r&#233;volutionnaires, arrach&#233; au cabaret&lt;/i&gt; &#187; &#8211; et favoriser son accession &#224; la petite propri&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; gauche, on s'empare de la question du logement &#224; partir de 1910. Le libertaire Georges Cochon d&#233;fend bec et ongles les locataires contre les proprios-vautours en organisant des d&#233;m&#233;nagements &#224; la cloche de bois. Et le socialiste r&#233;formateur Henri Sellier (1883-1943), maire de Suresnes&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Jusqu'&#224; son &#233;viction par le gouvernement de Vichy en 1941.&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, imagine l'am&#233;lioration de la vie ouvri&#232;re &#224; l'&#233;chelon municipal. Administrateur du mouvement planificateur de l'habitat bon march&#233; (anc&#234;tre du HLM), il est &#224; l'initiative d'une quinzaine de cit&#233;s-jardins construites en banlieue parisienne, con&#231;ues par les architectes Joseph Bassompierre, Paul de Rutte et Andr&#233; Arfvison, et par le paysagiste Andr&#233; Riousse. Au c&#339;ur du projet, le souci constant du bien-&#234;tre ouvrier. Ainsi, la cit&#233;-jardin de Suresnes, b&#226;tie en briques &#224; partir de 1921, est con&#231;ue avec des &#233;quipements et services publics destin&#233;s &#224; r&#233;pondre aux besoins sociaux de la population : une cr&#232;che, des &#233;coles, un dispensaire m&#233;dical, des centres sportifs, des lieux de culte, un th&#233;&#226;tre, un magasin coop&#233;ratif, un foyer de jeunes travailleurs, un centre de retraite et des jardins ouvriers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le concept de cit&#233;-jardin est influenc&#233; par les travaux de l'urbaniste britannique Ebenezer Howard, qui voulait sceller l'&#171; &lt;i&gt;union joyeuse&lt;/i&gt; &#187; des villes et de la campagne dans des &lt;i&gt;garden suburbs&lt;/i&gt;. Au d&#233;part, les architectes devaient s'inspirer de l'esth&#233;tique de la maison basse au toit pointu et richement v&#233;g&#233;talis&#233;e du cottage anglais. Entre les premi&#232;res cit&#233;s-jardins &#224; dimension humaine des Lilas et l'horrible cit&#233; de la Muette &#224; Drancy de sinistre m&#233;moire&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En 1940, la cit&#233; de La Muette &#224; Drancy fut choisie comme camp d'internement. (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;, dernier mod&#232;le de cit&#233;-jardin construit en 1934, on mesure le passage progressif d'un projet d'urbanisme encore emprunt d'utopie sociale et d'autonomie municipale &#224; une politique fonctionnelle et technocratique de grands ensembles qui vont d&#233;figurer durablement la banlieue. Peu &#224; peu, le choix des barres et des tours verticales &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;, faiblement entour&#233;es de v&#233;g&#233;tation, s'impose partout. Un choix accentu&#233; par la pression d&#233;mographique vers les villes apr&#232;s-guerre. S'ouvre alors la voie de la b&#233;tonisation &#224; outrance des ann&#233;es 1950-1970 et de la gestion sociale et client&#233;liste des populations des quartiers populaires.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233; dans &#171; La Butte-Rouge va devenir la cit&#233;-jardin du XXIe si&#232;cle &#187;, article mis en ligne sur le site du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt; le 02/03/2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Avec Joseph Bassompierre et Paul de Rutte.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale pour la r&#233;novation urbaine, &#233;tablissement public qui accompagne les projets de destruction/r&#233;novation.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Jusqu'&#224; son &#233;viction par le gouvernement de Vichy en 1941.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En 1940, la cit&#233; de La Muette &#224; Drancy fut choisie comme camp d'internement. C'est de l&#224; que partaient les convois de Juifs pour les camps de la mort.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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