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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Adieu Chantal</title>
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		<dc:creator>Alessi Dell'Umbria</dc:creator>


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&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que j'ai crois&#233; Chantal, c'&#233;tait en avril 2016, lors d'un bref passage dans la r&#233;gion nantaise. Cela faisait une quinzaine d'ann&#233;es que nous ne nous &#233;tions plus vus. Depuis la campagne pour la lib&#233;ration d'Abdelkarim Khalki. Un ami m'avait emmen&#233; la voir dans le petit village, proche de la ZAD de NDDL, o&#249; elle vivait d&#233;sormais. Je savais qu'elle se battait contre la maladie. Ayant eu l'occasion de reconna&#238;tre en d'autres temps la force int&#233;rieure qui l'animait, je ne fus pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no146-septembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;146 (septembre 2016)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2559 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;90&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH585/-824-71e9a.jpg?1768660110' width='400' height='585' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;&#192; c&#244;t&#233;, film de St&#233;phane Mercurio. Photo Gr&#233;goire Korganow &#169; ISKRA - Mille et Une films.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La derni&#232;re fois que j'ai crois&#233; Chantal, c'&#233;tait en avril 2016, lors d'un bref passage dans la r&#233;gion nantaise. Cela faisait une quinzaine d'ann&#233;es que nous ne nous &#233;tions plus vus. Depuis la campagne pour la lib&#233;ration d'Abdelkarim Khalki&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Auteur, avec Georges Courtois et Patrick Thiolet, de la prise d'otage de la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Un ami m'avait emmen&#233; la voir dans le petit village, proche de la ZAD de NDDL, o&#249; elle vivait d&#233;sormais. Je savais qu'elle se battait contre la maladie. Ayant eu l'occasion de reconna&#238;tre en d'autres temps la force int&#233;rieure qui l'animait, je ne fus pas surpris de la retrouver souriante et d&#233;tendue. Ce jour-l&#224;, elle me dit qu'elle pouvait partir le lendemain comme dans deux ans&#8230; Devant la proximit&#233; d'une telle &#233;ch&#233;ance, elle d&#233;gageait une s&#233;r&#233;nit&#233; que la plupart d'entre nous serions bien en mal d'atteindre ! Elle me parla de ses filles et de son fils, de ses petits-enfants, de la force qu'ils lui donnaient pour continuer de vivre. Nous &#233;voqu&#226;mes le souvenir d'une grande amie qui avait aussi lutt&#233; contre la maladie et mis fin &#224; ses jours en 1991. Chantal avait alors travers&#233; le pays pour lui rendre une derni&#232;re visite&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La premi&#232;re fois que j'ai crois&#233; Chantal, c'&#233;tait en f&#233;vrier 1986. Soit peu de temps apr&#232;s l'extraordinaire prise d'otages de la cour d'assises de Nantes, en d&#233;cembre 1985. On m'avait indiqu&#233; son adresse, dans une cit&#233; HLM en bord de Loire. Quelques jours avant, &#224; Paris, plusieurs lignes de m&#233;tro avaient &#233;t&#233; paralys&#233;es par une action de sabotage en soutien &#224; la gr&#232;ve de la faim d'Abdelkarim Khalki&#8230; Des affiches en hommage aux trois preneurs d'otages couvraient les murs de plusieurs villes du pays. J'&#233;tais venu en apporter une &#224; la femme de Georges Courtois, sans trop savoir comment elle le prendrait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'accueil de Chantal fut aussi chaleureux que g&#233;n&#233;reux. Elle m'accueillit avec ses deux filles, Chrystelle et C&#233;cile, m'offrit &#224; boire puis &#224; manger. Pendant des heures, elle me raconta sa vie, ses gal&#232;res&#8230; Elle savait ce que c'est que d'&#234;tre enferm&#233; &#8211; elle avait jadis tir&#233; quelques mois &#224; la vieille prison de la Roquette, &#224; Paris, pour un vol de voiture en compagnie de son futur mari. Depuis, entre la prison o&#249; elle allait visiter Georges &#8211; quand le juge voulait bien conc&#233;der un permis de visite&#8230; &#8211; et l'h&#244;pital o&#249; elle travaillait comme aide-soignante, elle avait d&#233;velopp&#233; une perception aigu&#235; des souffrances humaines. Elle me parla de sa rencontre avec Georges quand ils &#233;taient encore bien jeunes, de ce qu'il avait eu &#224; subir depuis son enfance dans ces monstrueuses maisons de correction destin&#233;es &#224; briser les &#226;mes, et de sa r&#233;sistance obstin&#233;e &#224; la brutalit&#233; et &#224; l'absurdit&#233; presque innommables de ce syst&#232;me judiciaire et carc&#233;ral que nous &#233;tions d'accord pour condamner sans appel. Elle me parla aussi d'Abdelkarim, pour qui elle &#233;prouvait un immense respect. Elle avait su aussi prendre sa part de risques dans cette &#233;quip&#233;e de d&#233;cembre 1985&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantal &#233;tait la femme d'un taulard, mais ce serait lui faire injure que de l'enfermer dans ce seul r&#244;le. Profond&#233;ment r&#233;volt&#233;e, elle n'avait nul besoin de traduire cette r&#233;volte en grandes envol&#233;es lyriques. Il lui suffisait de t&#233;moigner aux siens cette g&#233;n&#233;rosit&#233; si rare en ce monde. Avec ses enfants, avec son mari, avec ses amis. La g&#233;n&#233;rosit&#233; faisait partie de sa r&#233;volte. Elle se traduisait aussi par une grande capacit&#233; d'&#233;coute, et une curiosit&#233; intellectuelle qui n'avait rien d'affect&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantal ne faisait la le&#231;on &#224; personne, mais sa simple fa&#231;on d'&#234;tre constituait une le&#231;on. &#192; la fr&#233;quenter, on r&#233;alisait la futilit&#233; de beaucoup de nos attitudes et la petitesse de certaines de nos r&#233;actions dans la vie courante. En tout cas, c'est ce que j'ai appris &#224; son contact, lorsque nous nous rencontrions r&#233;guli&#232;rement durant la seconde moiti&#233; des ann&#233;es 1980. Le courage, c'est bien souvent d'assurer en toute discr&#233;tion ; de se montrer &#224; la hauteur par rapport &#224; son entourage quel que soit le prix &#224; payer et sans attendre la reconnaissance. Chantal avait ce type de courage, qui n'est pas si fr&#233;quent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chantal s'en est all&#233;e dans les premiers jours d'ao&#251;t.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Pour en savoir plus&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Lire la derni&#232;re interview de Chantal Vasnier : &#171; &lt;a href=&#034;http://jefklak.org/il-ny-a-que-lamour-qui-nous-fait-venir-dans-les-parloirs/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Il n'y a que l'amour qui nous fait venir dans les parloirs&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et voir le tr&#232;s beau film de St&#233;phane Mercurio, &lt;i&gt;A c&#244;t&#233;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Auteur, avec Georges Courtois et Patrick Thiolet, de la prise d'otage de la cour d'assises de Nantes, le 19 d&#233;cembre 1985. Lire Georges Courtois, &lt;i&gt;Aux marches du palais &#8211; histoire d'un preneur d'otages&lt;/i&gt;, Le Nouvel Attila, 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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