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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Pour une politique des soul&#232;vements terrestres</title>
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		<dc:creator>Ernest London</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;Entretien avec Antoine Chopot, co-auteur de Nous ne sommes pas seuls ! Politique des soul&#232;vements terrestres. O&#249; il est question de cohabitation plut&#244;t que de destruction &#8211; &#171; L'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre &#187;. S'ils ne postulent pas tous la possibilit&#233; d'un effondrement, la plupart des ouvrages traitant d'&#233;cologie &#233;tablissent un constat d&#233;sesp&#233;r&#233; et se montrent timides, si ce n'est pessimistes, quant aux perspectives envisageables. Nous ne sommes pas (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rien-que-pour-le-web" rel="directory"&gt;Rien que pour le web&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ecologique" rel="tag"&gt;&#233;cologique&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L150xH150/-1771-7b764-57251-44422.jpg?1768731762' class='spip_logo spip_logo_right' width='150' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Antoine Chopot, co-auteur de &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls ! Politique des soul&#232;vements terrestres&lt;/i&gt;. O&#249; il est question de cohabitation plut&#244;t que de destruction &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre &lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_4209 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1771-7b764-93b6e.jpg?1768731762' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Photo de Lise Lacombe
&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;S&lt;/span&gt;'ils ne postulent pas tous la possibilit&#233; d'un effondrement, la plupart des ouvrages traitant d'&#233;cologie &#233;tablissent un constat d&#233;sesp&#233;r&#233; et se montrent timides, si ce n'est pessimistes, quant aux perspectives envisageables. &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; s'inscrit dans une approche clairement diff&#233;rente. Paru ce printemps aux &#233;ditions du Seuil&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Nous ne sommes pas seuls. Politique des soul&#232;vements terrestres, L&#233;na Balaud (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, il propose de r&#233;viser notre culture du vivant pour ouvrir nos pratiques politiques &#224; d'autres alli&#233;s et ainsi nous extraire de nos impasses. On en parle avec Antoine Chopot, co-auteur de ce manifeste pour une insurrection adoss&#233;e aux poils, aux plumes, aux &#233;cailles et aux feuilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton approche de l'&#233;cologie ne s'exempte pas de la question sociale. Comment concilies-tu les deux ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les enseignements de l'&#233;thologie, de l'&#233;cologie, de l'anthropologie contemporaines, ainsi que les combats autochtones, paysans, &#233;cof&#233;ministes et les mouvements pour une Terre habitable nous disent que l'humain n'a pas besoin d'&#234;tre au centre et de dominer pour bien vivre. Il y a un monde vivant qu'il faut habiter en commun, avec d'autres &#234;tres, d'autres besoins et points de vue que ceux des humains.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le difficile enjeu est de trouver dans ce &#034;tournant non-humain&#034; une autre politique, qui n'efface pas les asym&#233;tries sociales entre humains. Il faut veiller &#224; ce que la mise en avant de nos interd&#233;pendances avec la plan&#232;te ne devienne pas une mode au service du renouvellement de l'&#233;conomie et de son imaginaire. Cette c&#233;l&#233;bration des liens avec les animaux, arbres, oiseaux, etc., doit pouvoir requalifier la politique elle-m&#234;me, dans tout ce qu'elle a de cr&#233;atif et de conflictuel, et nous aider &#224; placer des obstacles r&#233;els sur la voie du ravage &#233;cologique. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a donc quelque chose qui me g&#234;ne profond&#233;ment dans certaines critiques formul&#233;es par certains courants de la gauche anticapitaliste. D&#232;s lors que l'on s'int&#233;resserait aux plantes, aux arbres, aux oiseaux et &#224; leur mani&#232;re d'habiter, on se d&#233;sint&#233;resserait des rapports sociaux de domination entre humains. Avec &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; nous voulons montrer que l'on a tout &#224; perdre en dressant les anticapitalistes contre ce qui peut permettre de renforcer les sensibilit&#233;s &#224; la Terre, et inversement. Car le capitalisme est justement une mani&#232;re de mettre au travail les &#233;l&#233;ments, les &#233;nergies, et les socialit&#233;s des autres vivants, pour le projet d'accumulation, de circulation et de domination mondiale du capital &#8211; et pas seulement les humains.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Il faut veiller &#224; ce que la mise en avant de nos interd&#233;pendances avec la plan&#232;te ne devienne pas une mode au service du renouvellement de l'&#233;conomie et de son imaginaire.&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;D&#232;s le colonialisme europ&#233;en et le mouvement des enclosures, il y a eu appropriation &#224; vis&#233;e h&#233;g&#233;monique de pans entiers des &#233;cosyst&#232;mes, du fait de leurs propri&#233;t&#233;s et capacit&#233;s sp&#233;cifiques de croissance, de rendement, de clonabilit&#233;, etc. Des milieux ont &#233;t&#233; remplac&#233;s pour cr&#233;er une seconde nature profitable. La canne &#224; sucre, le charbon, le p&#233;trole, les atomes d'uranium ont &#233;t&#233; extraits ; les bl&#233;s modernes, les vaches holstein, les OGM ont &#233;t&#233; mis au point ; sans oublier tous les espaces dits naturels qu'il faut mettre au travail pour engendrer des ordinateurs, des voitures, des immeubles, des data centers, etc. Tous ces &#233;l&#233;ments se trouvent enr&#244;l&#233;s dans la vis&#233;e de croissance infinie. Et sans eux il n'y aurait tout simplement pas (eu) de domination capitaliste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, l'exploitation des pr&#233;caires et sans papiers dans les serres du mara&#238;chage industriel ne peut avoir lieu sans l'enr&#244;lement de vivants &#034;non-humains&#034; dans la production d'une nourriture &#224; bas co&#251;t. Sortir de cette &#233;cologie de la mise au travail, c'est alors n&#233;cessairement s'int&#233;resser &#224; nouveau aux vivants et aux collaborations, et se demander s&#233;rieusement, avec toutes les formes de savoirs disponibles, comment mieux cohabiter dans une autre organisation de l'activit&#233; commune. C'est donc apprendre &#224; prendre le point de vue des abeilles, des sols et des champignons, comme il faut le faire avec celui des travailleur&#183;euses. Apprendre &#224; conna&#238;tre pr&#233;cis&#233;ment ce qu'ils subissent, ce qui les tuent, et ce vers quoi ils tendent comme autre vie, avec ou sans nous. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Au nom de cette convergence d'int&#233;r&#234;ts, tu pr&#233;conises des &#171; alliances intersp&#233;cifiques &#187;, contre un ennemi commun. Qu'entends-tu par l&#224; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Humains et non-humains sont plac&#233;s dans un continuum de conditions, celui de la mise au travail pour le capital. De l&#224; on peut penser et agir dans un seul et m&#234;me cadre, celui des luttes multisp&#233;cifiques, m&#234;lant r&#233;sistances et alliances politiques, associant diff&#233;rentes esp&#232;ces, contre cet ennemi qui nous est commun &#8211;&#8198;&#034;nous&#034; qui partageons cette condition d'&#234;tre vivant sur une Terre mouvement&#233;e et violent&#233;e. Une alliance terrestre, cela consiste &#224; amplifier les actions de r&#233;sistances d'autres vivants pour composer avec eux un monde plus habitable, et &#224; opposer des obstacles aux adversaires de cette habitabilit&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peux-tu nous donner des exemples d'une telle alliance ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Prenons en deux. Certaines plantes sauvages deviennent massivement r&#233;sistantes aux herbicides et sabotent le rendement dans les champs d'OGM aux USA et en Am&#233;rique du Sud, entra&#238;nant des pertes de millions de dollars. En m&#234;me temps des paysan&#183;nes luttent pour sauver leurs pratiques et leurs champs contre les monocultures. Des activistes ont alors cherch&#233; &#224; amplifier le pouvoir de nuisance des plantes r&#233;sistantes, en collectant leurs graines et en confectionnant des &#034; bombes &#224; graines&#034; pour diss&#233;miner la r&#233;sistance ; ils remettent aussi en culture certaines de ces plantes dites invasives lorsqu'elles sont nutritivement int&#233;ressantes (comme l'amarante de Palmer).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ailleurs, certains animaux sauvages reviennent occuper des anciennes mines, carri&#232;res ou friches et red&#233;marrent des nouveaux &#233;cosyst&#232;mes. Des collectifs de quartiers d&#233;fendent ces nouveaux lieux sauvages, contre la construction d'immeubles dans le moindre espace vacant. Ils disent que ces lieux sont aussi des habitats, pour d'autres vivants venus l&#224; spontan&#233;ment, mais aussi qu'il y a par ailleurs un grand nombre de logements vides inoccup&#233;s, o&#249; des humains pourraient &#234;tre install&#233;s sans avoir besoin d'artificialiser des milieux vivants (c'est ce qui se passe &#224; Bruxelles au Marais Wiels ou &#224; Rome avec le lac Ex SNIA). Tous ces collectifs en lutte nous aident &#224; saisir que la crise &#233;cologique est en r&#233;alit&#233; une crise g&#233;n&#233;ralis&#233;e du logement &#8211; une crise des habitats humains et non-humains, mis &#224; mal par des logiques hors-sol (les biotechnologies, la m&#233;tropolisation, la b&#233;tonnisation&#8230;). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; t'int&#233;resser &#224; ces alliances ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est la rencontre entre d'un c&#244;t&#233; un trajet personnel, une sensibilit&#233; aux &#234;tres vivants, forg&#233;e &#224; la ferme, qui s'est transform&#233;e en d&#233;fense de la d&#233;croissance, en d&#233;couverte du potager, de la for&#234;t, etc., et de l'autre un trajet de politisation assez fort et radical, &#224; travers les luttes &#233;tudiantes &#224; Rennes 2 et la rencontre du mouvement &#034;autonome&#034;. J'ai commenc&#233; &#224; comprendre comment coupler ces deux trajets d&#232;s lors que j'y ai per&#231;u un m&#234;me enjeu existentiel : celui de la communaut&#233;. Dans ma rencontre avec l'autonomie il y avait ce d&#233;sir de communisme, de puissance collective qui d&#233;cuple ton pouvoir d'agir et de penser. Et dans ma rencontre avec l'&#233;cologie il y avait cette reconnaissance d'une communaut&#233; qui nous d&#233;borde, nous les humains. J'&#233;tais affect&#233; par une impression forte mais peu consciente encore d'appartenance &#224; autre chose que le seul monde social, langagier, etc., de mes cong&#233;n&#232;res humains. Il m'a donc fallu comprendre, avec d'autres, comment on pouvait non pas sortir de la politique pour rejoindre la communaut&#233; plus grande de la Terre, mais comment on pouvait &#233;largir la communaut&#233; politique pour y introduire la Terre. Une lutte contre un projet d'artificialisation d'une belle zone de jardins potagers urbains, il y a une dizaine d'ann&#233;es &#224; Rennes, a notamment &#233;t&#233; d&#233;terminante pour moi dans la conciliation de ces deux dispositions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment faire pour &#171; d&#233;centrer &#187; le regard des humains, les aider &#224; d&#233;passer leur anthropocentrisme ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Au lieu d'opposer domination sociale et &#233;cologie, posons-nous cette question : si la fabrication du capitalisme repose sur une s&#233;rie d'agencements &#233;cologiques h&#233;g&#233;moniques, quels sont &#224; l'inverse les agencements d'humains et de non-humains propices et propres &#224; une politique d'&#233;mancipation d&#233;sirable, soutenable, offensive, socialiste, communiste, f&#233;ministe, etc. ? Ces agencements n'ont rien d'abstrait : ce sont des potagers urbains et des espaces plus sauvages et moins min&#233;ralis&#233;s dans des quartiers populaires ; une s&#233;curit&#233; sociale de l'alimentation, saine, &#233;cologique et autonomisante, pour toutes et tous ; des territoires de montagnes ou de for&#234;ts moins pressuris&#233;s et laiss&#233;s &#224; un r&#233;ensauvagement r&#233;parateur pour les milieux eux-m&#234;mes ; une agriculture, une p&#234;cherie et une foresterie paysannes, populaires et &#233;cologiques lib&#233;r&#233;es du dogme du rendement &#224; l'hectare et de la production &#224; bas co&#251;ts, avec le moins de gens possibles et le plus de machines possibles, etc.&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip_poesie&#034;&gt;&lt;div&gt;Si la fabrication du capitalisme repose sur une s&#233;rie d'agencements &#233;cologiques h&#233;g&#233;moniques, quels sont &#224; l'inverse les agencements d'humains et de non-humains propices et propres &#224; une politique d'&#233;mancipation d&#233;sirable, soutenable, offensive, socialiste, communiste, f&#233;ministe, etc. ?&lt;/div&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Cela &#233;tant dit, l'&#233;cologie n'a pas non plus &#224; &#234;tre absorb&#233;e totalement par l'agenda militant : c'est aussi un mouvement de lib&#233;ration de la perception, de prise de connaissance et de contact avec le monde qui nous entoure. Il n'est jamais trop tard pour s'int&#233;resser &#224; l'histoire de la for&#234;t, de la friche, du volcan ou de la rivi&#232;re pr&#232;s de chez nous ! Un bon exercice peut &#234;tre d'y voir comment cet espace cristallise une histoire humaine tout en incarnant une histoire g&#233;ologique, &#233;cologique, biologique&#8230; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton livre d&#233;gage un r&#233;el optimisme. Restes-tu confiant dans nos capacit&#233;s &#224; agir ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Il y a toutes les raisons du monde d'&#234;tre du c&#244;t&#233; du pessimisme. On voit une fascisation et une lib&#233;ration de tous les affects r&#233;actionnaires, racistes, antif&#233;ministes. Une &#233;lection pr&#233;sidentielle o&#249; tous les coups vont &#234;tre permis. Une COP 26 que l'on peut r&#233;sumer &#224; &#034;&lt;i&gt;bla bla bla&lt;/i&gt;&#034;. Une Terre en surchauffe avec des points de bascule ultra-rapides dans un horizon proche, avec ces bombes &#224; retardement que sont les poches de m&#233;thane ou bien l'arr&#234;t du Gulf Stream. Un Elon Musk qui veut quitter la Terre pour conqu&#233;rir l&#224;-haut d'autres espaces d'accumulation infinie et un Mark Zuckerberg qui d&#233;veloppe son Metaverse pour continuer ici-bas &#224; accumuler dans un monde pr&#233;tendument &#034;virtuel&#034; et sans cons&#233;quence &#233;cologique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On conna&#238;t la formule de Gramsci : &#034;&lt;i&gt;Pessimisme de l'intelligence, optimisme de la volont&#233;&lt;/i&gt;&#034;. Oui il nous faut du volontarisme face &#224; tout cela, et notamment face &#224; une classe dominante qui fait s&#233;cession et ne compte plus du tout sur une Terre apais&#233;e comme son habitat premier, pr&#234;te &#224; faire le choix de la guerre civile, climatique et &#233;conomique permanente. Mais je crois qu'il nous faut aussi beaucoup de cr&#233;ativit&#233; intellectuelle et collective, de lieux pour habiter, et du travail de perception, pour apprendre &#224; voir comment le monde non-humain r&#233;agit lui aussi autour de nous, tout en se tenant &#224; l'&#233;coute des perc&#233;es dans les luttes. C'est important de parler de &#034;confiance&#034; dans nos capacit&#233;s d'agir : sans cette confiance en nous et dans les vivants qui nous entourent, sans cette foi dans un monde gorg&#233; de possibles et de relations diff&#233;rentes, nous perdrons le go&#251;t de l'action. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis pas Ernest London&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls. Politique des soul&#232;vements terrestres&lt;/i&gt;, L&#233;na Balaud et Antoine Chopot, &#233;ditions du Seuil, mars 2021.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_4220 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/pas_seuls.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/pas_seuls.jpg' width=&#034;800&#034; height=&#034;1085&#034; alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>To-do list : d&#233;sarmer le b&#233;ton, reprendre la terre, sortir les poubelles</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/To-do-list-desarmer-le-beton</link>
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		<dc:date>2021-07-16T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
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		<dc:subject>mara&#238;chers industriels</dc:subject>

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&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste des militants anticapitalistes. Et c'&#233;tait d'autant plus salvateur que le lieu choisi, Saint-Colomban (Loire-Atlantique) croule litt&#233;ralement sous les assauts des b&#233;tonneurs de tous crins et des partisans de l'agriculture intensive. Retour sur un &#233;lan qui ne demande qu'&#224; faire tache d'huile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3684 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1820.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH353/-1820-aa41f.jpg?1768700631' width='500' height='353' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Collage de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Foule qui pioche et pioche qui rompt / Y a de la terre sous le b&#233;ton&lt;/i&gt; &#187; (Hymne officieux des Soul&#232;vements de la Terre)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;5 heures du mat, jet des frissons : la douzaine de tracteurs qui patientaient dans la cour d'une ferme des environs de Saint-Colomban s'&#233;lancent en cahotant. Ils forment la majeure partie de la &#171; colonne Sud &#187;, qui ne tardera pas &#224; se renforcer de quelques retardataires en cours de route et retrouvera ceux de la &#171; colonne Nord &#187; aux abords de la cible. En tout, ils sont quarante &#224; avaler en grondant le bitume et les chemins de Loire-Atlantique, certains massifs et modernes aux faux airs de dinosaures de m&#233;tal, d'autres ch&#233;tifs et d&#233;pouill&#233;s, &#224; l'ancienne. De bric et de broc, certes, mais cette arm&#233;e verte est clairement d&#233;ter'.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il fait encore nuit et, dans l'engin qui m&#232;ne la marche de l'arm&#233;e du Sud, garni de trois escogriffes r&#234;vant de caf&#233;s et viennoiseries, on scrute l'obscurit&#233; trou&#233;e par les phares avec une l&#233;g&#232;re angoisse : les pandores sont-ils au courant pour l'action ? Apr&#232;s quelques minutes, &lt;i&gt;bim&lt;/i&gt;, on pile : des gendarmes nous font face. La consigne tourne vite : &#171; &lt;i&gt;Y a les flics, plan B&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Ballet des gros engins qui font demi-tour puis s'esquivent &#224; l'anglaise vers un petit chemin de traverse serpentant dans le bocage. &#171; &lt;i&gt;Tu penses, depuis Notre-Dame-des-Landes on conna&#238;t tous les d&#233;tours pour les leurrer&lt;/i&gt; &#187;, me dira plus tard en se marrant Beno&#238;t *, historique des luttes du coin et ma&#238;tre-strat&#232;ge en mati&#232;re de convois agricoles &#8211; &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;al, c'est de rouler &#224; 16 ou 17 &lt;/i&gt; &lt;i&gt;km/h, comme &#231;a tu ne perds pas ceux qui plafonnent &#224; 20 et n'ont aucune reprise.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une petite heure de route, des reins en miettes, et voil&#224; le b&#226;timent cibl&#233; par les boutefeux des Soul&#232;vements de la Terre, en banlieue nantaise : la coop&#233;rative Oc&#233;ane, plateforme de fruits &amp; l&#233;gumes produits par des mara&#238;chers industriels et desservant notamment les hypermarch&#233;s de la r&#233;gion. Quelques bottes de paille d&#233;pos&#233;es, une banderole dress&#233;e &#8211; &#187; Stop &#224; l'extension de l'industrie mara&#238;ch&#232;re &#187; &#8211; et le si&#232;ge peut commencer, avec, au menu, brioche offerte par un camarade boulanger, jus de pomme bio et accord&#233;on. Sont pr&#233;sents une centaine de motiv&#233;s &#8211; des paysans, des militants sans &#233;tiquettes, mais aussi des syndicalistes de la CGT et de Solidaires, rameut&#233;s en minibus. L'objectif : bloquer quelques heures ce n&#339;ud commercial au service de l'agriculture dans ce qu'elle a de plus destructrice. Car les produits dispatch&#233;s ici sont pour la plupart issus d'une agriculture li&#233;e &#224; l'exploitation de tr&#232;s polluantes carri&#232;res g&#233;antes de sable &#8211; mati&#232;re dont les mara&#238;chers font massivement usage pour optimiser leurs r&#233;coltes. Deux d'entre elles sont d'ailleurs situ&#233;es &#224; Saint-Colomban, lieu de d&#233;part de l'action.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Magie d'une organisation aff&#251;t&#233;e : l&#224;-bas aussi, &#231;a cr&#233;pite. &#192; l'heure o&#249; les tracteurs et la centaine de personnes qui les accompagnent commencent &#224; bloquer la coop&#233;rative Oc&#233;ane, un groupe d'environ 150 manifestants s'approche des grilles de ces carri&#232;res, exploit&#233;es par les monstres GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Certains portent des chambres &#224; air de tracteur, d'autres des crocodiles et cygnes gonflables, qu'ils comptent utiliser pour barboter dans les plans d'eau n&#233;cessaires &#224; cette industrie particuli&#232;re et ainsi bloquer les lieux. Ils n'y parviendront pas, faute de pouvoir blouser les flics rappliqu&#233;s en nombre avec l'appui d'un h&#233;licopt&#232;re, mais l'ensemble du site sera bien ferm&#233; tout ce lundi, victoire notable. Les messages sur les banderoles font r&#233;f&#233;rence au projet d'extension des carri&#232;res au profit de ces deux groupes qui ont fini d'essorer &#224; sec les 115 hectares qu'ils se partageaient et visent &#224; satisfaire leur morbide fringale, &#224; rebours des recommandations environnementales&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. On peut notamment lire : &#171; Les carri&#232;res touchent le fond &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux actions rondement men&#233;es, donc, dans l'enthousiasme et la d&#233;termination. Et qui, malgr&#233; des cibles diff&#233;rentes, d&#233;noncent une m&#234;me fuite en avant, balafrant aussi bien les terres agricoles que les humains vivant dans leurs environs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Haut foutage de gueule environnemental&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La veille de ces deux actions, je me balade en Logan moribonde sur la D 178, le long des champs de m&#226;che et de radis cultiv&#233;s par les mara&#238;chers industriels, pour constater l'&#233;tendue du d&#233;sastre. Un d&#233;tail attire mon attention, &#224; la fois d&#233;risoire et tellement parlant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est un petit panneau sans pr&#233;tention, dress&#233; en bordure d'un immense champ.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;S'il y avait un proc&#232;s des massacreurs de la nature, nul doute que son cynique message pourrait &#234;tre convoqu&#233; comme pi&#232;ce &#224; conviction, le procureur Triton haussant la voix : &#171; &lt;i&gt;Pollueurs de la terre, qu'avez-vous &#224; dire pour votre d&#233;fense&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ? &#201;tait-ce une blague ou bien le comble du cynisme&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Las : on n'en est pas encore l&#224;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour l'instant, il est pos&#233; au-dessus de deux autres messages, l'un grognant que la propri&#233;t&#233; priv&#233;e r&#232;gne en ma&#238;tre ici, l'autre que des cam&#233;ras filment tout individu susceptible de s'aventurer par l&#224; &#8211; la bonne ambiance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce panneau s'&#233;tale un dessin de couleur rouge, sympa, presque champ&#234;tre, repr&#233;sentant une petite ferme &#233;panouie au soleil, chouette, avec des arbres fruitiers opulents et un mignon papillon qui vol&#232;te. Et cette mention officielle, d&#233;cern&#233;e par l'Association nationale pour le d&#233;veloppement : &#171; Haute valeur environnementale &#187; (HVE).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les yeux se l&#232;vent et si le corps op&#232;re un 360 &#176; de type &lt;i&gt;tour d'horizon&lt;/i&gt;, il est facile de r&#233;sumer la gueule des environs : un grand d&#233;sert de terre ingrate.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Tu sauras quand tu seras au bon endroit : &#231;a ressemble &#224; tout sauf &#224; des champs cultiv&#233;s, plut&#244;t &#224; une autre plan&#232;te&lt;/i&gt; &#187;, m'assurait un riverain impliqu&#233; dans l'association La T&#234;te dans le sable, Xavier*&lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, d&#233;sol&#233; par la progression de ce vide que d'aucuns appellent la &#171; &lt;i&gt;mer de plastique&lt;/i&gt; &#187;. Et d'ajouter qu'il y a peu se trouvait autour de l'endroit d'o&#249; j'observe l'horizon macram&#233; une ferme d'&#233;levage &#224; taille plus &lt;i&gt;humaine&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce qui a d&#233;vor&#233; cette ferme ? Une agro-industrie devenue folle, pratiquant un mara&#238;chage industriel pr&#233;dateur sans que les autorit&#233;s &#8211; locales ou nationales &#8211; ne s'en &#233;meuvent. Au contraire, les accapareurs destructeurs qui la g&#232;rent ont m&#234;me droit &#224; leurs m&#233;dailles, le label HVE permettant (notamment) de toucher des subventions &#233;tant tellement ais&#233; &#224; obtenir que le Mordor du &lt;i&gt;Seigneur des anneaux&lt;/i&gt; le d&#233;crocherait ais&#233;ment&lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les papillons, par contre, c'est mort : pas un camarade h&#233;liophile voletant &#224; l'horizon.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le retour du &#171; temps des seigneurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Des champs comme celui-ci, il y en a beaucoup dans les environs des deux voraces carri&#232;res. Logique, en un sens, puisque ceux qui les cultivent utiliseraient &#224; eux seuls 30 % du sable extrait sur place par GSM et Lafarge. &#171; &lt;i&gt;L'implantation des carri&#232;res attire les mara&#238;chers industriels : les uns s'appuient sur les autres pour d&#233;vaster les environs de concert&lt;/i&gt; &#187;, explique Basile*, l'un des initiateurs des Soul&#232;vements de la Terre. Immenses et secs, ces champs d&#233;natur&#233;s ont envahi le dit &#171; pays de Retz &#187; et sont pour certains couverts d'un hideux plastique noir. D'autres sont saupoudr&#233;s de g&#233;n&#233;reuses couches de sable&lt;a href=&#034;#nb2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer &#187;, explique (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Cela d&#233;pend de l'&#233;poque et des cultures pratiqu&#233;es &#8211; avec une pr&#233;dominance de m&#226;che et de muguet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une constante : ces terres appartiennent &#224; des agriculteurs usant d'une forme d'accaparement rendue possible par le biais de montages soci&#233;taires alambiqu&#233;s&lt;i&gt; [voir l'encadr&#233;]&lt;/i&gt;. Disposant de moyens financiers cons&#233;quents, ils rach&#232;tent les terres &#224; des prix plus &#233;lev&#233;s que celui du march&#233;, rognant ensuite sur les salaires de leurs ouvriers, qui bossent dans des conditions infernales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Quand j'ai atterri dans le coin, je cherchais un travail et j'ai pris le premier qui se pr&#233;sentait&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Hugo*, longs cheveux blonds, bobine de surfeur sympa et clopiaux &#224; la cha&#238;ne. &#171; &lt;i&gt;C'est comme &#231;a que je me suis retrouv&#233; &#224; bosser sur un champ immense, au beau milieu de la mer de plastique. J'ai tenu deux jours et demi avant de me casser.&lt;/i&gt; &#187; Il poursuit : &#171; &lt;i&gt;Il n'y avait quasiment que des ouvriers agricoles &#233;trangers, amen&#233;s sp&#233;cialement de Roumanie ou du Maroc, et ils trimaient comme des beaux diables sous les invectives de petits chefs bourr&#233;s d&#232;s midi qui leur hurlaient dessus &#224; chaque fois qu'ils ralentissaient la cadence. Et interdiction de parler aux autres employ&#233;s. Un genre d'esclavage moderne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Hugo n'est pas le seul &#224; parler d'esclavage pour d&#233;crire ces conditions de travail, rappelant les immenses exploitations d'Andalousie, avec des ouvriers agricoles ramen&#233;s de pays pauvres, ne parlant pas fran&#231;ais et log&#233;s dans de grands b&#226;timents tristes appartenant &#224; leur employeur. &#171; &lt;i&gt;C'est un monde extr&#234;mement opaque, mais on sait que les patrons paient ces travailleurs d&#233;tach&#233;s au salaire le plus bas possible, avec retenue d'argent pour le logement et des contrats d&#233;rogatoires qui peuvent atteindre les 70 heures par semaine au moment de la r&#233;colte du muguet pour le 1&lt;sup&gt;er&lt;/sup&gt; mai&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;taille Ronan, de la CGT Sud-Loire, pr&#233;sent &#224; l'action de blocage de la plateforme Oc&#233;ane.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voisin de ces terres toxiques, Xavier r&#233;sume la situation en convoquant le souvenir de feu son p&#232;re agriculteur : &#171; &lt;i&gt;Je me souviens de ce jour o&#249; il &#233;tait proche de la fin et o&#249; il m'a dit &#8220;Tu sais, j'aurais jamais cru vivre &#231;a, mais avec ces usines &#224; m&#226;che et &#224; muguet on revient &#224; ce qui subsistait encore ici dans l'entre-deux-guerres, le temps des seigneurs et des serfs.&#8221;&lt;/i&gt; &#187; Un terrible constat, partag&#233; par la femme de Xavier, Caroline* : &#171; &lt;i&gt;Le pire, c'est que tout &#231;a provoque un gaspillage &#233;norme et a un impact consid&#233;rable sur l'environnement. L'association La T&#234;te dans le sable a bien montr&#233; &#224; quel point ce type de culture est n&#233;faste pour les nappes phr&#233;atiques. On est dans une agriculture de saccage de la nature.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tableau dantesque, grignotant aussi bien le bocage que les petites exploitations agricoles, c'est peu dire que les autorit&#233;s m&#233;nagent ceux qui m&#232;nent le bal agro-industriel. &#192; l'image d'un certain Jean-Fran&#231;ois Vimet, qui poss&#232;de moult soci&#233;t&#233;s et se pose en &lt;i&gt;tycoon&lt;/i&gt; du muguet, type qui selon des t&#233;moignages unanimes et remont&#233;s ne fait pas franchement figure de symbole d'une agriculture raisonnable. Et pourtant : quand le ministre de l'Agriculture, Julien Denormandie, et le ministre d&#233;l&#233;gu&#233; aux Petites et moyennes entreprises, Alain Griset, se d&#233;placent en avril dernier dans le coin, c'est bien &#224; l'exploitation de ce Vimet qu'ils rendent visite. &#171; &lt;i&gt;Le &#8220;savoir-faire fran&#231;ais&#8221; a &#233;t&#233; mis en &#233;vidence par Alain Griset, qualifiant &#8220;d'impressionnante la capacit&#233; des professionnels &#224; pr&#233;parer le muguet pour le jour J&#8221;&lt;/i&gt; &#187;, &#233;crivait pour l'occasion &lt;i&gt;Le Courrier du pays de Retz&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cocorico : le &#171; savoir-faire &#187; des &lt;i&gt;seigneurs&lt;/i&gt; de la terre saccag&#233;e est ici reconnu &#224; sa juste valeur. Parfait symbole d'un microcosme local mazout&#233; par une agro-industrie aux airs de mar&#233;e noire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Au carrefour des b&#233;tonneurs&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#192; premi&#232;re vue, Saint-Colomban ne paye pas de mine &#8211; m&#234;me pas question d&#233;bine. Une petite bourgade de Loire-Atlantique un peu moche, de type pavillonnaire-rural, ne se poussant pas du col. Trois gros milliers d'habitants, une mairie hideuse, des fa&#231;ades proprettes, l'ennui qui plane dans l'air, une vie associative municipale largement financ&#233;e par GSM et Lafarge&lt;a href=&#034;#nb2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&#034; id=&#034;nh2-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;, voil&#224; trac&#233;e la banale esquisse, aux gros pinceaux. Rien de bien notable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il doit pourtant y avoir quelque chose dans l'eau du robinet du coin ou dans le potentiel magouilleur des &#233;lus locaux qui attire les projets inutiles et saccageurs. Comme si les carri&#232;res de sable et l'invasion du mara&#238;chage industriel ne suffisaient pas, deux autres monstruosit&#233;s sont en effet dans les cartons. &#192; quelques kilom&#232;tres au nord-est, &#224; Montbert, c'est Amazon qui a des vues sur un gigantesque terrain. Impliqu&#233;e dans le collectif Anina (Amazon ni ici ni ailleurs), Dominique explique que l'entreprise am&#233;ricaine tentaculaire souhaite construire un espace de stockage de 185 000 m&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; et que cela impacterait fortement une r&#233;gion d&#233;j&#224; abonn&#233;e &#224; l'essor de zones d'activit&#233; aussi sordides que polluantes. Et de rappeler que &#171; &lt;i&gt;la Loire-Atlantique est une championne en mati&#232;re de projets inutiles&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un autre candidat au podium de la d&#233;vastation vise, lui, &#224; s'implanter au sud de Saint-Colomban, &#224; Corcou&#233;-sur-Logne. Sa sp&#233;cialit&#233; : le m&#233;thane, soit l'exploitation des d&#233;jections des b&#234;tes d'&#233;levage. Le &#171; &lt;i&gt;m&#233;thaniseur XXL&lt;/i&gt; &#187; et ses trois chemin&#233;es de 50 m&#232;tres de haut, cens&#233;s &#234;tre construits par une multinationale danoise, Nature Energy, pr&#233;sentent en effet un bilan &#233;cologique projet&#233; des plus d&#233;plorables, avec, selon les opposants un risque majeur de pollution des nappes phr&#233;atiques. Il est pr&#233;vu de transformer chaque ann&#233;e 700 000 tonnes de lisier et de fumier en biogaz&lt;a href=&#034;#nb2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; Pol&#233;mique autour du projet de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, n'en jetez plus, la coupe d&#233;gueule, tant il appara&#238;t que sont condens&#233;s dans les environs de Saint-Colomban nombre de calamit&#233;s frappant aussi bien les tenants d'une agriculture paysanne ma&#238;tris&#233;e que les pourfendeurs de la b&#233;tonisation du monde. Une exception ? Pas forc&#233;ment. Plut&#244;t : un condens&#233; de ce d&#233;sert avide que les amoureux du b&#233;ton concoctent dans les campagnes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Du c&#244;t&#233; de ceux qui disent non, la mayonnaise n'a pas pris imm&#233;diatement. &#171; &lt;i&gt;Au d&#233;but, on avait clairement l'impression que tout le monde s'en foutait, que pour les gens des environs c'&#233;tait normal de voir notre environnement d&#233;vast&#233; en mode acc&#233;l&#233;r&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Hector *, un militant du coin. Il rappelle aussi que les pressions n'ont pas tard&#233;, venues aussi bien des flics que des mara&#238;chers ou des exploitants de la carri&#232;re. Quant au maire de Saint-Colomban, il les accuse d'encourager les zadistes &#224; venir sur place. Nul doute qu'il a appr&#233;ci&#233; ce week-end militant et sa dynamique, que r&#233;sume bien Hector : &#171; &lt;i&gt;Comme on ne ne nous &#233;coutait pas, on a voulu monter d'un cran. C'est pour &#231;a qu'on est all&#233;s &#224; la rencontre des camarades des Soul&#232;vements de la Terre, pour leur proposer d'organiser ensemble ce temps de r&#233;sistance. Il fallait donner plus de r&#233;sonance &#224; nos luttes locales.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;La v&#233;rit&#233; si je soul&#232;vements&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Un spectre hante ce week-end de luttes : celui de Notre-Dame-des-Landes (NDDL). Pour rappel : apr&#232;s des ann&#233;es de combat acharn&#233; et de rassemblements pyrotechniques, et malgr&#233; une r&#233;pression relevant parfois de l'occupation militaire, le projet d'a&#233;roport est d&#233;finitivement enterr&#233; en janvier 2018. Une victoire porteuse d'horizons r&#233;jouissants, mais qui ne se passe alors pas sans prises de t&#234;te et de bec, entre ceux qui optent pour la r&#233;gularisation des terres agricoles (360 hectares au total) et d'autres se consid&#233;rant comme les dindons de la farce. Une p&#233;riode complexe, parfois moche, avec des plaies toujours pas referm&#233;es. Quoi qu'il en soit, le lieu reste depuis un territoire d'exp&#233;rimentation et un symbole fort, brassant initiatives et militants. Et c'est sur place qu'&#224; l'&#233;t&#233; 2020 est lanc&#233; un premier rassemblement visant &#224; organiser ces &#171; Soul&#232;vements de la Terre &#187;. Le principe : mettre en branle une campagne de lutte visant &#224; f&#233;d&#233;rer le plus largement possible, incluant, outre les franges les plus autonomes, des acteurs moins &lt;i&gt;attendus&lt;/i&gt;, comme la Conf&#233;d&#233;ration paysanne ou Youth For Climate. En janvier, un appel est r&#233;dig&#233;, qui donne le ton : &#171; &lt;i&gt;Nous ne nous r&#233;soudrons pas &#224; contempler la fin du monde, impuissant.es, isol&#233;.es et enferm&#233;.es chez nous. Nous avons besoin d'air, d'eau, de terre et d'espaces lib&#233;r&#233;s pour explorer de nouvelles relations entre humains comme avec le reste du vivant.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour Jean*, historique de la lutte anti-a&#233;roport, tout cela est n&#233; d'un constat concret : &#171; &lt;i&gt;Dans les moments forts du combat, des gens d&#233;barquaient sur la Zad par milliers. Et on se disait toujours qu'il faudrait r&#233;ussir &#224; f&#233;d&#233;rer ces gens au-del&#224; de NDDL une fois la victoire ent&#233;rin&#233;e. C'est l'un des objectifs des Soul&#232;vements.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si les rassemblements organis&#233;s sont pour l'instant moins &#171; massifs &#187; que ceux de l'embl&#233;matique Zad, ils ont par contre vite suscit&#233; un &#233;lan de propositions concr&#232;tes, qui a pouss&#233; les personnes aux manettes &#224; faire feu de tout bois, ambition au taquet. Sont d&#233;sormais pr&#233;vues trois &#171; saisons &#187;, chacune compos&#233;e de plusieurs &#171; actes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Consacr&#233;e &#224; la d&#233;nonciation de l'artificialisation des terres, la premi&#232;re est en cours et a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; jalonn&#233;e d'&#233;tapes importantes : en mars &#224; Besan&#231;on, aux Va&#238;tes, pour d&#233;fendre 34 hectares de terres menac&#233;es par un &#233;coquartier ; en avril vers Rennes contre l'extension des installations du club de foot local ; en mai au &#171; Pays de Suc &#187; (Haute-Loire) contre la d&#233;viation de la RN 88 voulue par un certain Laurent &lt;i&gt;fucking&lt;/i&gt; Wauquiez ; et en juin, donc, autour de Saint-Colomban (&#233;pisode faisant office de transition avec la saison 2, davantage consacr&#233;e &#224; une th&#233;matique plus sp&#233;cifiquement agricole &#8211; l'accaparement des terres). Quant &#224; la saison 3, il se murmure qu'elle pourrait &#234;tre consacr&#233;e &#224; l'invasion du champ agricole par d'ali&#233;nantes technologies high-tech &#8211; l'agriculture sans humains ? &lt;i&gt;No pasar&#225;n&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3683 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1819.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH1214/-1819-3eede.jpg?1768700632' width='500' height='1214' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Tectonique des luttes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De tout ce joyeux chambard militant, on peut retenir quelques pans particuli&#232;rement encourageants. La volont&#233; de f&#233;d&#233;rer largement, donc, mais aussi le fait de m&#234;ler luttes urbaines et rurales. Et cette impression largement partag&#233;e que, face &#224; l'infinie sinistrose politique du moment, les luttes &#233;colos locales sont l'un des rares horizons porteurs d'espoir. &#171; &lt;i&gt;Ces combats sont souvent vus comme l&#233;gitimes, avec, en face, des gens qui ont de plus en plus de mal &#224; justifier le saccage de l'environnement, &lt;/i&gt;rappelle Jean*. &lt;i&gt;Et c'est en partie pour cela qu'ont &#233;t&#233; obtenues plusieurs victoires importantes&lt;a href=&#034;#nb2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Outre celle de Notre-Dame-des-Landes, il y a eu par exemple l'abandon du projet d'&#233;coquartier mena&#231;ant le &#8220;Quartier libre des Lentill&#232;res&#8221;, &#224; Dijon. Ou bien celui du Center Parcs de Roybon, dans la for&#234;t de Chambaran, en Is&#232;re, &#224; l'&#233;t&#233; 2020. Et aussi la d&#233;confiture du projet EuropaCity, dans le Triangle de Gonesse, pr&#232;s de Paris, fin 2019. Des luttes ayant mobilis&#233; beaucoup de monde et qui ont &#233;t&#233; influenc&#233;es par l'exemple de la Zad, qui a montr&#233; qu'&#224; condition d'&#234;tre ancr&#233; et d&#233;termin&#233; tu peux faire reculer les bulldozers, ouvrir des br&#232;ches.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#234;me son de cloche chez les agriculteurs venus participer en tracteurs &#224; l'action contre la coop&#233;rative Oc&#233;ane, &#224; l'image de Dominique, la cinquantaine joviale : &#171; &lt;i&gt;La lutte de Notre-Dame-des-Landes nous a profond&#233;ment chang&#233;s.&lt;/i&gt; &lt;i&gt;Tous ces gens que tu vois d&#233;bouler en tracteur, il y a eu pour eux un avant et un apr&#232;s. Et je suis vraiment heureux d'avoir v&#233;cu &#231;a, parce que &#231;a m'a ouvert &#224; d'autres horizons, malgr&#233; les difficult&#233;s et les engueulades. Je n'aurais par exemple jamais compris les jeunes qui brisent des vitrines en manif sans cette exp&#233;rience. Et on n'attend qu'une chose : relancer un mouvement de masse.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quant &#224; Christian, qui ne boude pas son plaisir au moment de d&#233;filer dans Saint-Colomban tous klaxons hurlant apr&#232;s l'action de blocage, avec pause prolong&#233;e devant la mairie si timide face &#224; l'agro-industrie, il estime avoir v&#233;cu &#171; &lt;i&gt;quelque chose d'exceptionnel avec la lutte de Notre-Dame-des-Landes&lt;/i&gt; &#187;, victorieuse selon lui gr&#226;ce &#224; &#171; &lt;i&gt;l'alliance entre agriculteurs locaux, qui avaient besoin d'autres horizons pour donner plus de consistance &#224; la lutte, et militants ext&#233;rieurs&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;D'autres horizons&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est bien &#231;a.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; l'heure de plier bagage apr&#232;s trois jours d'actions, manifs, ateliers et rencontres, le sourire est donc de mise. Comme si chacun avait en t&#234;te que, malgr&#233; des forces vives encore limit&#233;es, quelque chose se tisse peu &#224; peu, de bric et de broc, grondant dans l'ombre des saccageurs, se pr&#233;parant &#224; bondir. Sans doute en raison d'un foisonnement difficilement descriptible, lumineux et foutraque, dont certains &#233;l&#233;ments m&#233;ritent d'&#234;tre mentionn&#233;s :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La manif du samedi en bordure de carri&#232;res, derri&#232;re un char &#224; la sono taquine, oscillant entre &lt;i&gt;Internationale&lt;/i&gt; version sovi&#233;tique et tube punk bramant &#171; &lt;i&gt;Si c'est vous le futur nous serons la gu&#233;rilla&lt;/i&gt; &#187;. &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; La participation impromptue d'un collectif grenoblois nomm&#233; Les Rallumeurs d'&#233;toiles, sp&#233;cialis&#233; dans la confection de ballons g&#233;ants, envoyant haut dans le ciel de Loire-Atlantique des banderoles antifascistes (&#171; &lt;i&gt;Le fascisme c'est comme la gangr&#232;ne, on l'&#233;limine ou on en cr&#232;ve&lt;/i&gt; &#187;) et des jeux de mots pourraves (&#171; &lt;i&gt;On m&#226;che sur la t&#234;te&lt;/i&gt; &#187;). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Le p&#233;tage de durite d'un mara&#238;cher industriel, d&#233;barqu&#233; vrombissant en Audi grand luxe, alpaguant les bloqueurs de la plateforme logistique d'un furieux &#171; &lt;i&gt;Mais vous m'emp&#234;chez de travailler&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; puis remball&#233; par un vieux de la vieille coutur&#233; de cicatrices : &#171; &lt;i&gt;Oui, c'est bien pour &#231;a qu'on est l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; une &#171; danse de l'ours &#187; collective improvis&#233;e sur la route passant devant la plateforme, bloquant voitures et camions dans un grand n'importe quoi chor&#233;graphique et suscitant pourtant l'enthousiasme klaxonneur de certains routiers &#8211; &lt;i&gt;p&#244;&#244;&#244;&#244;&#244;nnnn&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle respiration, donc. Et l'impression sans doute un chou&#239;a na&#239;ve mais tellement bienvenue que ces Soul&#232;vements, &#224; Saint-Colomban comme ailleurs, ne sont que le d&#233;but d'une longue longue lutte. Qui finira, c'est &#233;crit, par renverser la table des zombies saccageurs et ouvrir un nouveau chapitre. Son titre : &#171; Adieu les cons, adieu b&#233;ton &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&#201;milien Bernard&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;div class=&#034;texteencadre-spip spip&#034;&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La question fonci&#232;re, nerf de la guerre agricole&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;C'est une question centrale des Soul&#232;vements de la Terre &lt;i&gt;and co&lt;/i&gt;, mais moins connue que celle de l'artificialisation des territoires : l'accaparement des terres agricoles par une petite frange d'agriculteurs, davantage branch&#233;s FNSEA&lt;a href=&#034;#nb2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-10&#034;&gt;10&lt;/a&gt; productiviste que paysannerie ma&#238;tris&#233;e &#8211; &#224; l'image des mara&#238;chers industriels de Saint-Colomban. Il est pourtant fondamental de la creuser, d'autant plus au regard de ces chiffres que la Conf&#233;d&#233;ration paysanne (Conf') s'&#233;chine &#224; r&#233;p&#233;ter : dans dix ans, la moiti&#233; des paysans en activit&#233; seront partis en retraite. Il faut donc tout faire pour que ceux qui les remplacent n'appartiennent pas au camp des grosses exploitations au bilan &#233;cologique et social d&#233;plorable.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au vrai, cette &#233;volution s'inscrit dans un paysage &#233;minemment complexe. Pour essayer d'y voir plus clair, j'ai discut&#233; avec Morgane, sp&#233;cialiste des questions fonci&#232;res &#224; la Conf'. Elle m'a cont&#233; une histoire peu connue. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, des outils visant &#224; assurer une juste r&#233;partition des terres ont &#233;t&#233; mis en place, avec protection des agriculteurs et loyers des terres encadr&#233;s. Dans les ann&#233;es 1960, deux autres outils sont venus appuyer cette base : le contr&#244;le &#233;tatique des structures agricoles, visant &#224; favoriser l'installation de jeunes agriculteurs et &#233;viter l'agrandissement disproportionn&#233; ; et la cr&#233;ation des Soci&#233;t&#233;s d'am&#233;nagement foncier et d'&#233;tablissement rural (Safer), charg&#233;es de contr&#244;ler la vente du foncier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Longtemps, la France est donc rest&#233;e plut&#244;t &#171; progressiste &#187; en la mati&#232;re, posant quelques barri&#232;res &#224; la logique capitaliste d'accaparement effr&#233;n&#233;. Mais progressivement ces outils ont perdu leur sens. De m&#234;me que les labels de type &#171; Haute valeur environnementale &#187; ne signifient plus grand-chose, que les aides de la PAC (Politique agricole commune) pleuvent sur l'agriculture industrielle, que les Safer sont sous influence FNSEA, la r&#233;gulation &#233;tatique de la r&#233;partition des terres est devenue une vaste blague. &#171; &lt;i&gt;Ils ont rendu impuissants des outils qui avaient fait leurs preuves&lt;/i&gt; &#187;, explique Morgane. S'il est impossible d'entrer ici dans tous les d&#233;tails techniques, il convient de mentionner la g&#233;n&#233;ralisation des &#171; montages soci&#233;taires &#187; chez les agriculteurs visant &#224; s'&#233;tendre, soit la mat&#233;rialisation d'une financiarisation du secteur, permettant de d&#233;jouer les cadres r&#233;gulateurs. Et Morgane de mentionner le cas d'un agriculteur de Loire-Atlantique poss&#233;dant une soixantaine de soci&#233;t&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Le contr&#244;le des structures ne s'applique plus et cela se fait au b&#233;n&#233;fice des grands propri&#233;taires et de l'agriculture financiaris&#233;e&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;nonce-t-elle. Avant de nuancer le constat : &#171; &lt;i&gt;Cela concerne aussi les exploitants de taille normale, pouss&#233;s &#224; s'&#233;tendre toujours plus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le chantier est immense. Ce que rappelle Manon*, paysanne du coin impliqu&#233;e dans un groupe de jeunes agriculteurs cherchant des solutions &#224; cette tendance de fond : &#171; &lt;i&gt;Il y a plein de mani&#232;res de faire ce m&#233;tier en &#233;vitant l'agrandissement. Mais les investisseurs sont aux aguets, pr&#234;ts &#224; sauter sur tout agriculteur partant &#224; la retraite. Nous ce qu'on voudrait c'est trouver des mani&#232;res de convaincre ces derniers qu'il vaut mieux transmettre &#224; des jeunes souhaitant s'installer, qu'on sera l&#224; pour les accompagner dans ce moment difficile.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;C'est compliqu&#233; de combattre l'accaparement, car c'est moins spectaculaire que l'artificialisation&lt;/i&gt; &#187;, explique Thomas, jeune paysan affili&#233; &#224; la Conf' de Haute-Vienne, d&#233;cid&#233; &#224; ruer dans les brancards ruraux. Et Ben, son camarade, de compl&#233;ter le propos : &#171; &lt;i&gt;Tout pousse les agriculteurs &#224; s'agrandir, des subventions de la PAC au discours ambiant. On ne veut pas pointer du doigt ceux qui tombent dedans, mais simplement rappeler que, comme l'usage des pesticides, c'est une question syst&#233;mique. Qui appelle une r&#233;ponse de fond.&lt;/i&gt; &#187; &#8226;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le premier occupe 65 hectares pour 400 000 tonnes de sable extraites par an, le second 49 hectares pour 350 000 tonnes. Depuis leur ouverture il y a vingt ans, 10 millions de tonnes de sable ont &#233;t&#233; pr&#233;lev&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le projet, qui sera valid&#233; (ou pas) &#224; l'horizon 2021 contreviendrait notamment au Sch&#233;ma de coh&#233;rence territorial (SCOT).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les pr&#233;noms suivis d'un ast&#233;risque ont &#233;t&#233; modifi&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;On peut par exemple l'obtenir en utilisant des pesticides de synth&#232;se et en usant de quelques artifices de type replantage d'arbres en bord de terrains. Voir notamment &#171; &lt;a href=&#034;https://reporterre.net/Le-ministre-de-l-Agriculture-fait-une-PAC-pour-les-gros-et-pas-pour-le-bio&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Le ministre de l'Agriculture fait une PAC pour les gros et pas pour le bio&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Reporterre&lt;/i&gt; (22/05/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;Le sable, c'est pour r&#233;chauffer le sol et le drainer&lt;/i&gt; &#187;, explique Christian, agriculteur, qui ajoute : &#171; &lt;i&gt;C'est une technique qui gaspille beaucoup, parce qu'il faut toujours en remettre.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://actu.fr/pays-de-la-loire/saint-philbert-de-grand-lieu_44188/loire-atlantique-en-visite-chez-un-producteur-de-muguet-deux-ministres-confirment-les-mesures-pour-le-1er-mai_41410289.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;En visite chez un producteur de muguet, deux ministres confirment les mesures pour le 1er mai&lt;/a&gt; &#187; (28/04/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon les militants de La T&#234;te dans le sable.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chiffres extraits d'un article de France 3, &#171; &lt;a href=&#034;https://france3-regions.francetvinfo.fr/pays-de-la-loire/loire-atlantique/loire-atlantique-polemique-autour-du-projet-methaniseur-xxl-corcoue-logne-1897932.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Pol&#233;mique autour du projet de m&#233;thaniseur XXL &#224; Corcou&#233;-sur-Logne&lt;/a&gt; &#187; (23/11/20). Notons que ce projet pose de nombreux probl&#232;mes &#233;cologiques, notamment de par sa production de &#171; digestat &#187;, ensuite massivement &#233;pandu dans les champs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NDLR : Formulation modifi&#233;e suite &#224; la remarque du principal int&#233;ress&#233; tenant &#224; rectifier la formulation de ses propos, et donc (tr&#232;s l&#233;g&#232;rement) diff&#233;rente de celle figurant dans la version papier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-10&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-10&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-10&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;10&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;F&#233;d&#233;ration nationale des syndicats d'exploitants agricoles, clairement en faveur d'une vision ultra-productiviste de l'agriculture.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; L'&#233;cof&#233;minisme invite &#224; d&#233;passer les dualismes &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/L-ecofeminisme-invite-a-depasser</link>
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		<dc:date>2021-07-12T05:00:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Tiphaine Gu&#233;ret</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>place</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques, un bouquin paru en 2020 &#224; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/defense" rel="tag"&gt;d&#233;fense&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/place" rel="tag"&gt;place&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques&lt;/i&gt;, un bouquin paru en 2020 &#224; L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3682 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH656/-1818-a0992.jpg?1768907692' width='500' height='656' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Mot honni des f&#233;ministes tant il a servi de pr&#233;texte &#224; des mill&#233;naires d'ali&#233;nation des femmes, la notion de &#171; nature &#187; (au sens large) semble aujourd'hui s'offrir une virginit&#233; : &#171; L'Amazonie, ma chatte, arr&#234;tez de tout raser ! &#187;, peut-on lire sur certaines pancartes lors de manifestations &#233;colos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La d&#233;fense de la nature &#8211; et par extension celle des terres &#8211; figure ainsi en bonne place &#224; l'agenda de certaines f&#233;ministes, &#224; l'instar de celles qui ont tenu des barricades &#224; Notre-Dame-des-Landes tout en fustigeant le sexisme de certains de leurs camarades de lutte. Ou d'autres ayant organis&#233; un week-end en mixit&#233; choisie &#224; Bure, notamment pour se r&#233;approprier leur pouvoir d'agir face aux sbires de l'Andra&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Discr&#232;te ces derni&#232;res d&#233;cennies, cette articulation des luttes ne date pourtant pas d'hier : Fran&#231;oise d'Eaubonne, penseuse libertaire, th&#233;oricienne de l'&#233;cof&#233;minisme et saboteuse de premi&#232;re classe d&#233;fendait d&#233;j&#224; vertement dans les ann&#233;es 1970 la n&#233;cessit&#233; de mener ces deux combats de front&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lire &#224; ce sujet Fran&#231;oise d'Eaubonne et l'&#233;cof&#233;minisme de Caroline Goldblum (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet apparent antagonisme de d&#233;part &#8211; d&#233;fense des femmes, d&#233;fense de la nature &#8211; appara&#238;t donc soluble dans un certain f&#233;minisme. Et c'est pourquoi on a demand&#233; &#224; Jeanne Burgart Goutal de nous en dire plus, sachant qu'elle a largement d&#233;frich&#233; le sujet dans son livre &lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe. Th&#233;ories et pratiques.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;***&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Du combat des habitants de Plogoff (Finist&#232;re) contre l'implantation d'une centrale nucl&#233;aire dans les ann&#233;es 1980 &#224; la mobilisation actuelle contre l'enfouissement de d&#233;chets radioactifs &#224; Bure (Meuse), les femmes semblent investir massivement les luttes pour la d&#233;fense des terres. Comment le comprendre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La question est d&#233;licate et je n'ai pas de r&#233;ponse tranch&#233;e, mais on peut soulever plusieurs hypoth&#232;ses.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'on prend le cas de Plogoff, l'omnipr&#233;sence des femmes dans la lutte peut s'expliquer par le contexte. &#192; l'&#233;poque, l'&#233;conomie locale reposant sur la p&#234;che, les hommes &#233;taient souvent en mer. Ce sont donc les femmes qui ont d&#251; mener le combat. Parce qu'elles restaient sur place avec les enfants, ce sont &#233;galement elles qui ont les premi&#232;res saisi l'&#233;tendue des risques de d&#233;gradations que faisait peser sur leur environnement imm&#233;diat le projet de centrale nucl&#233;aire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a donc pas besoin de pr&#233;tendre que les femmes seraient essentiellement plus proches de la nature : il suffit d'une explication sociologique reposant sur l'analyse de la division sexuelle du travail. Dans la plupart des soci&#233;t&#233;s, ce sont les femmes qui sont charg&#233;es de s'occuper des corps et en particulier des corps vuln&#233;rables : nourrir les enfants, s'occuper des vieux, des personnes malades. Or, les d&#233;gradations environnementales que peut, par exemple, produire l'enfouissement de d&#233;chets radioactifs ont un impact sur la sant&#233;. Et parce que ce sont les femmes qui seront charg&#233;es de s'occuper des corps vuln&#233;rables, elles ont plus imm&#233;diatement conscience de l'impact de certains projets d&#233;gradant &#224; la fois l'environnement et la sant&#233;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Selon Starhawk, autrice et activiste am&#233;ricaine, les oppressions &#171; &lt;i&gt;de race, de sexe, de classe, et la destruction &#233;cologique&lt;/i&gt; &#187; seraient imbriqu&#233;es. C'est d'ailleurs le point de d&#233;part de la pens&#233;e &#233;cof&#233;ministe. Quel lien entre les violences faites aux femmes et celles faites &#224; la terre ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; On peut trouver certaines analogies entre ces oppressions et la destruction des terres : des m&#233;canismes similaires d'objectivation, de r&#233;ification, d'exploitation, de domination par la violence... Et de r&#233;els liens de causalit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce sujet, il est &#233;clairant d'observer ce qui se met en place autour de grands projets industriels. En Am&#233;rique du Sud, par exemple, les projets d'extraction mini&#232;re d&#233;vastent l'environnement de nombreuses communaut&#233;s rurales, souvent indig&#232;nes. Et ils ont recours &#224; une main-d'&#339;uvre massive, g&#233;n&#233;ralement masculine. Des hommes d&#233;racin&#233;s, qui se retrouvent loin de leur foyer. Sur place, cela cr&#233;e de nouvelles violences &#224; l'&#233;gard des femmes : une recrudescence des viols, un business de la prostitution... Plusieurs collectifs sud-am&#233;ricains, comme le Colectivo Casa et le Renamat, mettent en exergue ces imbrications, sur lesquelles se penche &#233;galement le documentaire &lt;i&gt;Ni les femmes ni la terre&lt;/i&gt; (2018), de Marine Allard, Lucie Assemat et Coline Dhaussy. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;voquez dans votre livre l'exemple des Bombes atomiques, un collectif qui s'est notamment illustr&#233; en organisant, en septembre 2019, un rassemblement &#224; Bure &#171; &lt;i&gt;entre femmes, lesbiennes, personnes trans, intersexes, non binaires&#8230;&lt;/i&gt; &#187; Comment analyser ces ponts entre luttes pour la d&#233;fense des terres et luttes LGBT ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; L'&#233;cof&#233;minisme, dont se revendiquent les Bombes atomiques, invite &#224; d&#233;passer les dualismes : nature/culture, humain/animal, corps/esprit, masculin/f&#233;minin... Avant de d&#233;couvrir l'&#233;cof&#233;minisme, je m'int&#233;ressais surtout au f&#233;minisme &lt;i&gt;queer&lt;/i&gt; de Judith Butler et Donna Haraway, qui appelle &#224; sortir de la binarit&#233;. Et c'est une pens&#233;e que j'ai retrouv&#233;e dans l'&#233;cof&#233;minisme, contrairement au clich&#233; qu'on en a souvent. D'ailleurs, dans les ann&#233;es 1970-1980, il y a eu des passerelles entre les &#233;cof&#233;ministes et le mouvement de retour &#224; la terre men&#233; par des &#8220;lesbiennes s&#233;paratistes&#8221; qui ont cr&#233;&#233; des communaut&#233;s rurales non mixtes, notamment aux &#201;tats-Unis, dans l'Oregon. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme vous l'&#233;voquiez, l'investissement des femmes dans les luttes pour la terre est &#233;galement fortement ancr&#233; dans les pays du Sud, en Am&#233;rique latine, mais aussi en Inde, o&#249; est n&#233; le mouvement Chipko. Quelle est son histoire ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le mouvement Chipko a pris racine dans les ann&#233;es 1970 &#224; Mandal, au nord de l'Inde. &#192; l'&#233;poque, les habitants avaient cr&#233;&#233; une coop&#233;rative locale avec un atelier de fabrication d'outils agricoles. Eux attendaient que le service forestier leur alloue des parcelles de for&#234;ts pour leur activit&#233;, ce qu'il a refus&#233;, avant d'en vendre certaines &#224; un fabricant de mat&#233;riel de sport. Les mobilisations ont alors commenc&#233; et les femmes y ont pris part massivement. Elles ont prot&#233;g&#233; les arbres avec leurs propres corps pour emp&#234;cher qu'ils soient abattus.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'apr&#232;s la militante &#233;cof&#233;ministe Vandana Shiva, il s'agissait au d&#233;but d'un mouvement assez mixte, puis la contestation est devenue plus f&#233;minine et plus clairement &#233;cologiste. Parce que les int&#233;r&#234;ts des hommes et des femmes divergeaient. Les hommes se satisfaisaient de gagner la premi&#232;re partie de la lutte : ce n'&#233;tait pas &#224; une entreprise ext&#233;rieure d'exploiter les arbres, mais &#224; eux, localement. Les femmes avaient d'autres ambitions : pour elles, que ce soit une entreprise ext&#233;rieure ou leurs propres mecs qui d&#233;truisent la for&#234;t revenait au m&#234;me. Au fur et &#224; mesure, la lutte leur a permis une forme d'&#233;mancipation : leur r&#244;le a chang&#233; dans la communaut&#233;, elles ont r&#233;clam&#233; une place dans les instances de d&#233;cision locales et le mouvement a obtenu un moratoire de quinze ans sur la coupe des arbres dans deux &#201;tats du nord de l'Inde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous dites qu'on ne peut pas pour autant qualifier d'&#233;cof&#233;ministes certaines luttes pour la terre men&#233;es dans les pays du Sud, pour la bonne raison que &#171; &lt;i&gt;les femmes de ces mouvements r&#233;cusent explicitement ces &#233;tiquettes&lt;/i&gt; &#187; : celle de f&#233;ministes comme celle d'&#233;cologistes...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Dans le contexte d'une ancienne colonie comme l'Inde, on peut soup&#231;onner d'imp&#233;rialisme les notions export&#233;es par l'Occident, comme &#8220;&#233;cologie&#8221; et &#8220;f&#233;minisme&#8221;. D'autant que des arguments pseudo f&#233;ministes ont historiquement &#233;t&#233; mis au service du discours colonialiste, en inf&#233;riorisant les Indiens et en taxant en bloc leur culture de barbare et arri&#233;r&#233;e, &#224; cause de certaines traditions patriarcales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plut&#244;t que de faire de ces femmes en lutte pour la terre des &#8220;&#233;cof&#233;ministes &#224; leur insu&#8221;, il me semble plus int&#233;ressant d'essayer de comprendre comment elles d&#233;finissent elles-m&#234;mes leur mouvement, comment elles formulent ce au nom de quoi elles s'engagent. C'est tout l'enjeu d'une pens&#233;e d&#233;coloniale : apprendre &#224; se d&#233;coloniser au lieu de plaquer nos concepts et nos mots d'ordre partout. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;strong&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;Propos recueillis par Tiphaine Gu&#233;ret&lt;/div&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Agence nationale pour la gestion des d&#233;chets radioactifs.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Lire &#224; ce sujet &lt;i&gt;Fran&#231;oise d'Eaubonne et l'&#233;cof&#233;minisme&lt;/i&gt; de Caroline Goldblum et Fran&#231;oise d'Eaubonne, paru au Passager clandestin en 2019.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Au sommaire du n&#176; 200 (en kiosque)</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no-200-en-kiosque</link>
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		<dc:date>2021-07-02T09:42:41Z</dc:date>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;En couverture : &#171; Le vieux monde au compost ! &#187;, par &#201;milie S&#233;to. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer votre marchand de journaux ou de vous abonner... Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs Psys en col&#232;re, patients dans la gal&#232;re &#8211; Dans la famille de celles et ceux qu'Emmanuel Macron aura r&#233;ussi &#224; faire sortir de leurs gonds &#8211; et dans la rue &#8211; durant son quinquennat, on demande : les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/internationale" rel="tag"&gt;internationale&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L106xH150/arton3360-e5ea5.jpg?1768731934' class='spip_logo spip_logo_right' width='106' height='150' alt=&#034;&#034; /&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En couverture : &#171; Le vieux monde au compost ! &#187;, par &lt;a href=&#034;https://emilieseto.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#201;milie S&#233;to&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Quelques articles seront mis en ligne &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021' class=&#034;spip_in&#034;&gt;au cours du mois&lt;/a&gt;. Les autres seront archiv&#233;s sur notre site progressivement, apr&#232;s la parution du prochain num&#233;ro. Ce qui vous laisse tout le temps d'aller saluer &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Ou-nous-trouver' class=&#034;spip_in&#034;&gt;votre marchand de journaux&lt;/a&gt; ou de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;...&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Actualit&#233;s d'ici &amp; d'ailleurs&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Psys-en-colere-patients-dans-la' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Psys en col&#232;re, patients dans la gal&#232;re&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Dans la famille de celles et ceux qu'Emmanuel Macron aura r&#233;ussi &#224; faire sortir de leurs gonds &#8211; et dans la rue &#8211; durant son quinquennat, on demande : les psychologues.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;A Nice, des f&#233;ministes pour un monde sans murailles&lt;/strong&gt; &#8211; Le 5 juin, plusieurs milliers de personnes se sont r&#233;unies &#224; Nice, terre de droite extr&#234;me, pour une manifestation transnationale et f&#233;ministe contre les fronti&#232;res. R&#233;cit d'une participante.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3672 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;29&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1809.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH667/-1809-34e0b.jpg?1768731934' width='500' height='667' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Toutes aux fronti&#232;res
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;7 de Brian&#231;on, entre d&#233;lits de faci&#232;s et de solidarit&#233;&lt;/strong&gt; &#8211; Deux ans et demi apr&#232;s leur condamnation &#224; Gap, sept militants solidaires des migrants ont comparu fin mai devant la cour d'appel de Grenoble. L'avocat g&#233;n&#233;ral a requis des peines de prison avec sursis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Dans les ruines de Raqqa&lt;/strong&gt; &#8211; Raqqa, ancienne capitale de Daech en Syrie, a &#233;t&#233; reprise en octobre 2017 par l'alliance arabo-kurde des Forces d&#233;mocratiques syriennes (FDS) et avec l'appui a&#233;rien de la coalition internationale. Du 24 mai au 2 juin, l'&#233;crivaine et militante Corinne Morel Darleux a accompagn&#233; une d&#233;l&#233;gation au Rojava, rassembl&#233;e autour du projet Jasmines dont le but est de cr&#233;er des ponts entre acteurs locaux et soutiens fran&#231;ais. Elle livre pour CQFD le r&#233;cit de sa visite &#224; Raqqa, relayant au passage l'appel de la ville martyre &#224; une aide internationale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;La France et les le&#231;ons du Rwanda&lt;/strong&gt; &#8211; Le 27 mai dernier, dans un discours tr&#232;s m&#233;diatis&#233; prononc&#233; &#224; Kigali, un pr&#233;sident de la R&#233;publique reconnaissait enfin une &#171; &lt;i&gt;responsabilit&#233; accablante&lt;/i&gt; &#187; de la France dans le g&#233;nocide des Tutsis en 1994. Emmanuel Macron faisait alors sienne la formule du rapport Duclert, rendu public deux mois plus t&#244;t. Dans le m&#234;me temps pourtant, il refusait de pr&#233;senter des excuses et rejetait l'id&#233;e d'une complicit&#233; fran&#231;aise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Le zapatiste de M&#233;nilmuche&lt;/strong&gt; &#8211; Hommage &#224; l'ami Marc Tomsin, d&#233;c&#233;d&#233; en juin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ce qu'il faut durer&lt;/strong&gt; &#8211; Ambitieuse, l'&#233;quipe fondatrice de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; r&#234;vait de &#171; &lt;i&gt;niquer le Monde diplo'&lt;/i&gt; &#187;. Dix-huit ans et 200 num&#233;ros plus tard, on attend encore l'explosion des ventes... mais on est toujours l&#224;, d&#233;termin&#233;s &#224; ne rien l&#226;cher. Au fait, &#171; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &#187;, &#231;a veut dire quoi ?&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3674 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;21&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1811.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH716/-1811-3c96b.jpg?1768731935' width='500' height='716' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de JBM
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Si-la-paresse-squattait-les-urnes' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Si la paresse squattait les urnes&#8230;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Avec &lt;i&gt;Paresse pour tous&lt;/i&gt;, l'&#233;crivain Hadrien Klent balance un pav&#233; dans la mare des imaginaires politiques radicaux, mettant en sc&#232;ne une candidature &#224; la pr&#233;sidentielle 2022 aussi bien r&#233;volutionnaire dans les id&#233;es qu'efficace dans les urnes. En premi&#232;re ligne, le joyeux refus du productivisme &#224; tous crins. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Ouvriers immigr&#233;s : &#171; Exister en tant que sujets &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; De 1982 &#224; 1984, d'importants conflits sociaux agitent l'industrie automobile, alors en pleine &#171; restructuration &#187;. En r&#233;gion parisienne, les ouvriers immigr&#233;s d'usines Citro&#235;n et Talbot se mobilisent en masse. Pour les discr&#233;diter, le patronat innove, en criant notamment &#224; l'int&#233;grisme musulman. Entretien avec le sociologue Vincent Gay, auteur de&lt;i&gt; Pour la dignit&#233;&lt;/i&gt;, r&#233;cent livre consacr&#233; &#224; cet &#233;pisode marquant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'adoption internationale &#224; la loupe&lt;/strong&gt; &#8211; Apr&#232;s avoir donn&#233; la parole &#224; vingt-quatre femmes racis&#233;es sur leur exp&#233;rience quotidienne des discriminations avec &lt;i&gt;Ouvrir la voix&lt;/i&gt; (2017), la r&#233;alisatrice Amandine Gay jette un peu de lumi&#232;re sur un sujet hautement sensible : l'adoption internationale (et transraciale) du point de vue des premiers concern&#233;s. &lt;i&gt;Une histoire &#224; soi&lt;/i&gt;, sorti en salle le 23 juin, est un film n&#233;cessaire tant les questions puissamment politiques qu'il soul&#232;ve sont trop souvent pass&#233;es sous silence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;De l'air&lt;/strong&gt; &#8211; &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;a souvent salu&#233; les exploits de princes et princesses de la belle, toutes et tous en lutte acharn&#233;e contre l'enfer carc&#233;ral. Ici, le r&#233;cit va suivre la geste hors du commun de militants r&#233;volutionnaires dans le P&#233;rou de la fin des ann&#233;es 1980. Leur mission ? Creuser un tunnel de plus de 300 m&#232;tres pour lib&#233;rer leurs camarades d&#233;tenus dans une prison de haute s&#233;curit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_3675 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1812.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/-1812-1ee34.jpg?1768731935' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Dossier &#171; Sous le b&#233;ton, la d&#233;ter' &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Sous-le-beton-la-deter' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Sous le b&#233;ton, la d&#233;ter'&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Super intro de notre dossier &#171; Luttes pour la terre &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;To-do list : d&#233;sarmer le b&#233;ton, reprendre la terre, sortir les poubelles&lt;/strong&gt; &#8211; Une belle manif et des prises de paroles incisives. Une palanqu&#233;e de tracteurs en col&#232;re. Des actions de blocage contre l'agriculture industrielle et son monde. Des montgolfi&#232;res antifascistes. Des militants de tous horizons, issus des luttes pour le climat, des braises encore vives de Notre-Dame-des-Landes ou de l'agriculture paysanne... S&#251;r, le week-end organis&#233; par le collectif informel des Soul&#232;vements de la Terre les 19, 20 et 21 juin derniers avait de quoi requinquer le plus pessimiste des militants anticapitalistes. Et c'&#233;tait d'autant plus salvateur que le lieu choisi, Saint-Colomban (Loire-Atlantique) croule litt&#233;ralement sous les assauts des b&#233;tonneurs de tous crins et des partisans de l'agriculture intensive. Retour sur un &#233;lan qui ne demande qu'&#224; faire tache d'huile.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-ecofeminisme-invite-a-depasser' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Entretien avec Jeanne Burgart Goutal : &#171; L'&#233;cof&#233;minisme invite &#224; d&#233;passer les dualismes &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Au sein des luttes pour la d&#233;fense des terres, une constante : la pr&#233;sence massive de femmes. Et parmi elles, des &#233;cof&#233;ministes consid&#233;rant qu'il existe un lien tangible entre domination patriarcale et accaparement des terres. Autrement dit : on n'aurait pas &#171; affaire &#224; des ph&#233;nom&#232;nes sans aucun rapport, mais plut&#244;t &#224; deux aspects d'un seul et m&#234;me syst&#232;me &#187;, comme l'explique Jeanne Burgart Goutal, philosophe et autrice d'&lt;i&gt;&#202;tre &#233;cof&#233;ministe &#8211; Th&#233;ories et pratiques&lt;/i&gt;, un bouquin paru en 2020 &#224; L'&#201;chapp&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/A-Bure-qui-sont-les-malfaiteurs' class=&#034;spip_in&#034;&gt;&#192; Bure, &#171; qui sont les malfaiteurs ? &#187;&lt;/a&gt;&lt;/strong&gt; &#8211; Quatre ans apr&#232;s son ouverture, la gigantesque enqu&#234;te pour &#171; association de malfaiteurs &#187; visant des opposants &#224; l'implantation d'une poubelle nucl&#233;aire dans la Meuse a finalement d&#233;bouch&#233; sur un proc&#232;s. D&#233;but juin, sept personnes ont &#233;t&#233; jug&#233;es &#224; Bar-le-Duc, sous des motifs en bonne partie farfelus. Une fois n'est pas coutume, c'est l'accusation qui a pris cher : pour d&#233;noncer le caract&#232;re politique de ces poursuites et de multiples entorses au droit, la d&#233;fense s'en est donn&#233; &#224; c&#339;ur joie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Grandir sous l'&#339;il de l'atome&lt;/strong&gt; &#8211; Depuis deux d&#233;cennies, les habitants de Bure doivent cohabiter avec le projet de poubelle nucl&#233;aire port&#233; par l'Agence nationale de gestion des d&#233;chets radioactifs. Parfois venus de loin, des militants se sont install&#233;s dans les environs pour organiser la lutte. Mais cette opposition n'a pas toujours bonne presse et le village subit l'omnipr&#233;sence polici&#232;re. C'est dans ce climat d&#233;l&#233;t&#232;re que Lisette a pass&#233; son adolescence.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#171; Le Larzac rejoint bien d'autres luttes &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; De 1970 &#224; 1981, une centaine de paysans d'un plateau perdu du sud de l'Aveyron s'opposent &#224; l'extension d'un camp militaire. Dans &lt;i&gt;Le Peuple du Larzac&lt;/i&gt;, l'historien Philippe Arti&#232;res revient sur ce combat fondateur, embl&#233;matique et victorieux. Entretien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Les montagnes en partage&lt;/strong&gt; &#8211; Pr&#233;sent&#233;e comme une solution &#224; la crise &#233;cologique, la notion de &#171; communs &#187; conna&#238;t aujourd'hui un notable regain d'attention. Dans la vall&#233;e d'Ossau, en B&#233;arn (Pyr&#233;n&#233;es-Atlantiques), certains alpages sont encore g&#233;r&#233;s de mani&#232;re collective, basant leur fonctionnement sur des formes tr&#232;s anciennes de droits d'usage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;&#192; Gaza, cultiver la r&#233;sistance&lt;/strong&gt; &#8211; Lorsque Isra&#235;l bombarde Gaza, ce sont surtout les zones urbaines qui sont pilonn&#233;es. Les terres agricoles, elles, demeurent en permanence &#224; port&#233;e de fusil et de tank. Essentiellement localis&#233;es &#224; l'est de la bande de Gaza, elles y sont long&#233;es par la barri&#232;re de s&#233;paration, qui s'est impos&#233;e jusqu'au milieu des champs. L'occupant a nomm&#233; ce poumon vert &#171; zone tampon &#187; et d&#233;cr&#233;t&#233; le secteur &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt;. Vent debout contre l'accaparement de leurs terres, les paysans gazaouis maintiennent co&#251;te que co&#251;te les champs en culture. Une lutte de longue haleine que nous raconte Sarah Katz, membre d'une ONG palestinienne et convaincue que la solidarit&#233; internationale a un r&#244;le &#224; jouer.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Du c&#244;t&#233; des bouquins&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Cap sur l'utopie : Baril de &#171; p&#233;troleuses &#187;&lt;/strong&gt; &#8211; Que lire d'&#233;peronnant durant la belle saison ? Et pourquoi pas de jouissifs br&#251;lots consacr&#233;s &#224;, ou fricass&#233;s par, d'intr&#233;pides crameuses d' &#187; &lt;i&gt;officines &#224; hypocrisies&lt;/i&gt; &#187;, comme disait le surr&#233;aliste Ren&#233; Crevel. Ben oui, mille marmites ! Pourquoi pas ? Je c&#232;de la place &#224; la litt&#233;rature p&#233;troleuse foudroyante d'hier et d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Et aussi...&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;L'&#233;dito&lt;/strong&gt; : &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/La-vengeance-sera' class=&#034;spip_in&#034;&gt;La vengeance sera&lt;/a&gt; / &lt;strong&gt;&#199;a br&#251;le !&lt;/strong&gt; : 200 num&#233;ros au compteur et toujours la m&#233;gadalle. / &lt;strong&gt;Les bonnes nouvelles du mois&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Une fiction sign&#233;e Chien Noir&lt;/strong&gt; : &lt;i&gt;Un seul little grain de sable, mec&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; &lt;strong&gt;Horoscope&lt;/strong&gt; / &lt;strong&gt;Abonnement&lt;/strong&gt; (&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;par ici&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3676 spip_document spip_documents spip_document_file spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt;
&lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/pdf/-35.pdf' class=&#034; spip_doc_lien&#034; title='PDF - 351.8 kio' type=&#034;application/pdf&#034;&gt;&lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L64xH64/pdf-b8aed.svg?1768649032' width='64' height='64' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La une en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_3668 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;15&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L180xH255/-1805-b92b3.jpg?1768654290' width='180' height='255' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La une en PDF
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Ce texte est le sommaire du num&#233;ro 200 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, en kiosque du 2 juillet au 2 septembre.&lt;/p&gt;
&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Ce num&#233;ro est disponible chez pr&#232;s de 3 000 marchands de journaux partout en France. Pour retrouver les points de vente pr&#232;s de chez vous, &lt;a href=&#034;http://web2store.mlp.fr/produit.aspx?edi_code=H0o7caSytkE%3d&amp;tit_code=UCrTkuIne3o%3d&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;cliquez ici&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Pour recevoir les prochains num&#233;ros dans votre bo&#238;te aux lettres, vous avez la possibilit&#233; de &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Abonnement-don' class=&#034;spip_in&#034;&gt;vous abonner&lt;/a&gt;.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sous le b&#233;ton, la d&#233;ter'</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sous-le-beton-la-deter</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Sous-le-beton-la-deter</guid>
		<dc:date>2021-07-02T09:32:17Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Plonk et Replonk</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>qu'il</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>luttes</dc:subject>
		<dc:subject>vieux monde</dc:subject>
		<dc:subject>dossier</dc:subject>
		<dc:subject>qu'on trouve</dc:subject>
		<dc:subject>dossier qu'on</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Pour cet &#233;t&#233;, on a a concoct&#233; un dossier &#034;Luttes pour la terre&#034; qui galope dans l'envie de foutre un uppercut au vieux monde saccageur. En voil&#224; l'intro. Tu ne le sais pas forc&#233;ment, lecteur ch&#233;ri, lectrice ch&#233;rie, et on ne veut pas la jouer ouin-ouin, mais c'est parfois compliqu&#233; de faire un journal de critique sociale se voulant force de proposition et de contestation alors m&#234;me que les temps ne sont pas exactement roses &#8211; encore moins rouges et noirs. C'est ainsi que chaque mois nous (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no200-juillet-aout-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;200 (juillet-ao&#251;t 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/qu-on-trouve" rel="tag"&gt;qu'on trouve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dossier-qu-on" rel="tag"&gt;dossier qu'on&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pour cet &#233;t&#233;, on a a concoct&#233; un dossier &#034;Luttes pour la terre&#034; qui galope dans l'envie de foutre un uppercut au vieux monde saccageur. En voil&#224; l'intro.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3669 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;37&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1806.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH350/-1806-541d5.jpg?1768717014' width='500' height='350' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Plonk &amp; Replonk
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Tu ne le sais pas forc&#233;ment, lecteur ch&#233;ri, lectrice ch&#233;rie, et on ne veut pas la jouer &lt;i&gt;ouin-ouin&lt;/i&gt;, mais c'est parfois compliqu&#233; de faire un journal de critique sociale se voulant force de proposition et de contestation alors m&#234;me que les temps ne sont pas exactement roses &#8211; encore moins rouges et noirs. C'est ainsi que chaque mois nous clapotons un chou&#239;a dans l'h&#233;sitation &#224; l'heure de choisir le dossier qu'on va vous proposer. Car les premi&#232;res id&#233;es sont rarement joyeuses. Par exemple : &#171; &lt;i&gt;Tiens, si on se faisait un petit rappel de dix pages sur la r&#233;pression polici&#232;re en roue libre&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187; Ou bien : &#171; &lt;i&gt;Allez hop&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! On fonce sur un dossier consacr&#233; au fascisme qui grimpe et s'impose &#224; tous les &#233;tages.&lt;/i&gt; &#187; Ou encore : &#171; &lt;i&gt;Le Giec vient de sortir son 354 623&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; rapport alarmant sur la plan&#232;te qui crame, c'est peut-&#234;tre le moment de dire &#224; quel point l'humanit&#233; fonce droit dans le mur&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas vraiment porteur, tout &#231;a. Pas de souffle. Pas d'horizon. La d&#233;ploration et la d&#233;nonciation comme passages oblig&#233;s. Oh, ce n'est pas qu'on trouve &#231;a inutile, loin de l&#224; &#8211; on pense m&#234;me qu'il est urgent de tirer ces sonnettes d'alarme. Mais parfois &#231;a nous fout dans un &#233;tat de d&#233;pression politique proche de la sid&#233;ration impuissante &#8211; on est la biche prise dans les phares, ils sont les chasseurs avin&#233;s r&#233;glant la mire en &#233;coutant les derni&#232;res vitup&#233;rations vomitives de CNews sur la &#171; cancel culture &#187; ou l'immigration, &lt;i&gt;buuuurp&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et c'est pour &#231;a qu'on cherche &#224; creuser d&#232;s que possible l&#224; o&#249; &#231;a cr&#233;pite dans un sens encourageant, o&#249; subsistent les lucioles. On l'a fait par exemple pour nos dossiers &#171; Demain les b&#234;tes &#187; (n&#176;198, mai 2021) ou &#171; Vieillesses rebelles &#187; (n&#176;194, janvier 2021) ou &#171; La Revanche du fant&#244;me de la Commune &#187; (n&#176;196, mars 2021), mais sans avoir l'impression qu'il y avait dans le tableau dress&#233; une force agissante en embuscade, pr&#234;te &#224; d&#233;border le vieux monde en d&#233;composition avanc&#233;e pour le mettre sens dessus dessous et en imposer un nouveau, d&#233;barrass&#233; de tout ce rance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;D'o&#249; notre enthousiasme au moment de te proposer dans ce num&#233;ro 200 un dossier d&#233;roul&#233; sur un tapis d'&#233;tincelles qui pourraient tr&#232;s bien, sait-on jamais, se faire brasier. Son th&#232;me : &#171; Luttes locales contre d&#233;prime globale &#187;. Entendez : les combats pour la terre, contre l'accaparement du bocage, l'artificialisation et la destruction des sols, le capitalisme ravageur, le r&#232;gne mortif&#232;re des Amazon et Lafarge de ce monde. Soit l'id&#233;e qu'on trouve dans nos contr&#233;es les plus recul&#233;es de petites poches de r&#233;sistance au monde tel qu'il court &#224; sa perte, qui n'attendent qu'un d&#233;clic pour s'unir et secouer l'existant &#8211; comme &#231;a avait &#233;t&#233; le cas pour l'&#233;ruption soudaine des Gilets jaunes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brassant tout cela sur fond de renouvellement des g&#233;n&#233;rations impliqu&#233;es dans les luttes &#233;cologiques, il y a notamment l'&#233;lan impuls&#233; par la n&#233;buleuse des Soul&#232;vements de la Terre, n&#233;e sur la Zad de Notre-Dame-des-Landes (NDDL) et multipliant les coups de projecteur et de mobilisation sur des territoires en lutte contre le torpillage des terres, de Rennes &#224; Besan&#231;on en passant par le fin fond de la Haute-Loire. Un mouvement qui n'en est qu'&#224; son d&#233;but, puisque la &#171; Saison 1 &#187; n'est pas encore termin&#233;e que les suivantes toquent &#224; la porte. On s'y est plong&#233;s le temps d'un week-end en Loire-Atlantique, y piochant de larges r&#233;serves d'espoir &lt;i&gt;[lire pp. II, III &amp; IV]&lt;/i&gt;. Autre territoire en lutte, Bure, dans la Meuse, qui malgr&#233; la r&#233;pression folle s'abattant sur les opposants &#224; l'enfouissement des d&#233;chets nucl&#233;aires, ne baisse pas les bras &#8211; avec en guise de petit &lt;i&gt;hourra&lt;/i&gt; un r&#233;cent proc&#232;s qui a vu l'accusation ridiculis&#233;e par une d&#233;fense prouvant par le menu, que, oui, il s'agissait bien d'un proc&#232;s politique &lt;i&gt;[pp. VI &amp; VII]&lt;/i&gt;. On peut aussi &#233;voquer la pr&#233;sence aussi r&#233;jouissante que massive des femmes dans ces luttes&lt;i&gt; [p. V]&lt;/i&gt; ; l'exemple historique du Larzac qui, comme la Zad de NDDL, continue &#224; infuser dans les consciences &lt;i&gt;[pp. X et XI]&lt;/i&gt; ; ou le mod&#232;le de r&#233;partition des p&#226;turages de la vall&#233;e pyr&#233;n&#233;enne d'Ossau faisant fi des fronti&#232;res communales et de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e &lt;i&gt;[p. XII]&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pas question de pavoiser cependant, encore moins de crier victoire. Mais simplement de signaler qu'ici et l&#224; de petites galeries sont creus&#233;es sous les &#233;tals vici&#233;s du monde capitaliste. Des microfissures, des l&#233;zardes, entre actions concr&#232;tes et insurrection des imaginaires, qui d&#233;voilent le vrai visage du vieux monde et de sa manie r&#233;pressive : une caste de fous dangereux qu'il est temps de mettre hors d'&#233;tat de nuire. Y a plus qu'&#224; intensifier l'&#233;lan. Qui en est ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Les damn&#233;es de la terre</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-damnees-de-la-terre</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Les-damnees-de-la-terre</guid>
		<dc:date>2021-05-27T12:27:18Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Arnaud Chastagner</dc:creator>


		<dc:subject>Marine Summercity</dc:subject>
		<dc:subject>femmes</dc:subject>
		<dc:subject>terre</dc:subject>
		<dc:subject>agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>mouvement</dc:subject>
		<dc:subject>Rukmini Rao</dc:subject>
		<dc:subject>Sangeet Toor</dc:subject>
		<dc:subject>ouvri&#232;res agricoles</dc:subject>
		<dc:subject>agricultrices</dc:subject>
		<dc:subject>New Delhi</dc:subject>
		<dc:subject>Narendra Modi</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Depuis cinq mois, l'Inde est secou&#233;e par un soul&#232;vement sans pr&#233;c&#233;dent de paysans r&#233;clamant l'annulation d'un projet de r&#233;forme agraire. Invisibilis&#233;es par la surrepr&#233;sentation des hommes dans ces r&#233;voltes, les femmes, qui constituent une large part de la main-d'&#339;uvre du secteur agricole, s'organisent et luttent pour leurs droits. De v&#233;ritables villes-campements s'&#233;tendent sur des kilom&#232;tres autour de New Delhi. Les remorques des tracteurs sont am&#233;nag&#233;es pour y dormir et de grandes (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marine-Summercity" rel="tag"&gt;Marine Summercity&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femmes" rel="tag"&gt;femmes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/terre" rel="tag"&gt;terre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/agricoles" rel="tag"&gt;agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mouvement" rel="tag"&gt;mouvement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rukmini-Rao" rel="tag"&gt;Rukmini Rao&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Sangeet-Toor" rel="tag"&gt;Sangeet Toor&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ouvrieres-agricoles" rel="tag"&gt;ouvri&#232;res agricoles&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/agricultrices" rel="tag"&gt;agricultrices&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/New-Delhi" rel="tag"&gt;New Delhi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Narendra-Modi" rel="tag"&gt;Narendra Modi&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Depuis cinq mois, l'Inde est secou&#233;e par un soul&#232;vement sans pr&#233;c&#233;dent de paysans r&#233;clamant l'annulation d'un projet de r&#233;forme agraire. Invisibilis&#233;es par la surrepr&#233;sentation des hommes dans ces r&#233;voltes, les femmes, qui constituent une large part de la main-d'&#339;uvre du secteur agricole, s'organisent et luttent pour leurs droits.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3641 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-1782.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH726/-1782-e2c89.jpg?1768731385' width='500' height='726' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Marine Summercity
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;De v&#233;ritables villes-campements s'&#233;tendent sur des kilom&#232;tres autour de New Delhi. Les remorques des tracteurs sont am&#233;nag&#233;es pour y dormir et de grandes cuisines communautaires distribuent de la nourriture en continu. Depuis fin novembre, des milliers de personnes vivant du travail de la terre se sont install&#233;es autour de la capitale indienne pour protester contre le projet d'une nouvelle r&#233;forme de lib&#233;ralisation du secteur agricole. Si le texte agite autant, c'est parce qu'il pr&#233;voit l'ouverture, aux entreprises de l'agroalimentaire, de nouveaux march&#233;s jusqu'alors contr&#244;l&#233;s par l'&#201;tat et la suppression des prix minimum fix&#233;s pour l'achat de certaines denr&#233;es. En d'autres termes, le gouvernement sort le tapis rouge aux grands groupes de l'agroalimentaire et de la distribution qui pourront n&#233;gocier directement avec les exploitant&#183;es et imposer,&lt;i&gt; in fine&lt;/i&gt;, leurs conditions et prix d'achat &#224; la paysannerie. Compos&#233;e essentiellement de petit&#183;es propri&#233;taires&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En Inde, 86 % des paysan&#183;nes poss&#232;dent moins de deux hectares. &#171; Rakesh (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, cette derni&#232;re n'aurait alors que peu de poids dans les n&#233;gociations.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face au soul&#232;vement massif, la Cour supr&#234;me d&#233;cide, en janvier, de suspendre de mani&#232;re temporaire cette r&#233;forme, impos&#233;e sans concertation par le gouvernement autoritaire du nationaliste hindou Narendra Modi. Mais le mouvement ne s'essouffle pas. La paysannerie indienne reste intransigeante : elle exige l'abrogation pure et simple du projet de loi. Parmi la population mobilis&#233;e, de nombreuses femmes s'organisent et tiennent le si&#232;ge.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Venue s'installer pour un temps au campement de Singhu, situ&#233; au nord de la capitale, Gurleen, 22 ans, est l'une d'entre elles : &#171; &lt;i&gt;Mon &#233;ducation a &#233;t&#233; rendue possible gr&#226;ce &#224; l'agriculture. Ma famille en d&#233;pend, mon avenir aussi, &lt;/i&gt;explique la jeune femme. &lt;i&gt;Et c'est justement l'&#233;ducation qui m'a permis de comprendre comment ces politiques gouvernementales allaient nous affecter. Et comment nous les femmes sommes en premi&#232;re ligne&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Cit&#233;e dans l'article &#171; Women at Farm Stir : &#8220;We Are Recreating History&#8221; &#187;, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En Inde, en 2018, 80 %&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Move over &#8220;Sons of the soil&#8221; : Why You Need to Know the Female Farmers (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt; des femmes actives travaillaient de pr&#232;s ou de loin dans l'agriculture. Elles repr&#233;sentent alors un tiers de la main-d'&#339;uvre agricole et la moiti&#233; d'entre elles sont des agricultrices ind&#233;pendantes qui travaillent sur la propri&#233;t&#233; familiale. Une &#233;tude men&#233;e par le minist&#232;re des Finances entre 2017 et 2018 souligne m&#234;me une tendance &#224; la &#171; &lt;i&gt;f&#233;minisation du secteur agricole&lt;/i&gt; &#187;. En cause : l'exode rural et le nombre croissant d'hommes &#233;voluant vers des emplois ruraux non agricoles mieux r&#233;mun&#233;r&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Manque de reconnaissance &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pourtant, seuls 13 %&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Ibid.&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; des agricultrices poss&#232;dent des terres &#224; leur nom. Or, en Inde, tout passe par le titre de propri&#233;t&#233; fonci&#232;re. Un probl&#232;me de taille, comme le souligne Rukmini Rao, membre fondatrice du Forum pour les droits des agricultrices (Makaam), un r&#233;seau de soutien national et informel : &#171; &lt;i&gt;Sans terre, les femmes ne sont pas reconnues comme agricultrices malgr&#233; leur importante contribution au secteur. Cette pr&#233;carisation les rend vuln&#233;rables.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au regard de la loi, la majorit&#233; des paysannes sont seulement consid&#233;r&#233;es comme des cultivatrices ou des ouvri&#232;res agricoles. Elles ne peuvent donc b&#233;n&#233;ficier des aides publiques ou des programmes gouvernementaux. Cons&#233;quence : de nombreuses femmes ont recours &#224; des r&#233;seaux informels de cr&#233;dits, &#224; des taux &#233;lev&#233;s, pour financer les semences, les engrais ou simplement amortir de mauvaises r&#233;coltes. Alimentant de fait une situation d&#233;j&#224; pr&#233;caire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En 2012, un projet de loi&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Attaining Entitlement : Women Farmers and Land Rights &#187;, &#224; lire sur le (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; a pourtant tent&#233; de faire avancer les choses en proposant de consid&#233;rer comme agricultrice toute femme qui travaille la terre. Ceci dans le but de leur permettre de b&#233;n&#233;ficier pleinement des droits et des aides allou&#233;s. Mais ce projet a d&#233;finitivement &#233;t&#233; abandonn&#233; en 2013, faute de volont&#233; politique. Depuis cet &#233;chec, aucune modification l&#233;gislative n'a r&#233;pondu &#224; la f&#233;minisation grandissante du monde paysan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour les concern&#233;es, la seule esquisse de protection est alors &#224; chercher du c&#244;t&#233; des lois personnelles : en Inde, chaque individu est rattach&#233; au droit de sa religion, chacune ayant ses propres lois. Le droit personnel encadre notamment les questions de succession, de mariage ou encore d'adoption. &#171; &lt;i&gt;Certaines lois r&#233;gissent la question de l'h&#233;ritage, comme la loi hindoue sur la succession qui a &#233;t&#233; modifi&#233;e en 2005 pour &#234;tre plus &#233;galitaire, &lt;/i&gt;explique Rukmini Rao. &lt;i&gt;Mais elles sont peu prises en compte. Le probl&#232;me, c'est la norme sociale, les coutumes, la tradition. Le patriarcat traverse les classes et les castes.&lt;/i&gt; &#187; Pourtant, Rukmini Rao l'assure : &#171; &lt;i&gt;Si les agricultrices ne sont pas en mesure de les r&#233;clamer, elles sont tr&#232;s conscientes de leurs droits.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce tableau, les moins prot&#233;g&#233;es sont celles qui se trouvent tout en bas de la paysannerie indienne : les femmes issues des communaut&#233;s &lt;i&gt;dalits&lt;/i&gt; (encore appel&#233;es &#171; intouchables &#187;) ou de basses castes. Journali&#232;res ou saisonni&#232;res, elles travaillent de mani&#232;re contractuelle sur les exploitations de propri&#233;taires terriens qui imposent leurs conditions. Un prol&#233;tariat souvent pay&#233; &#224; la journ&#233;e, sans r&#233;elle marge de man&#339;uvre pour faire valoir ses droits. Pour ces ouvri&#232;res agricoles sans terre, le combat contre cette r&#233;forme se fait donc une question de s&#233;curit&#233; alimentaire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Faire entendre sa voix&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Critiqu&#233;e par certains, la pr&#233;sence des femmes dans les campements qui bordent New Delhi n'est pourtant plus &#224; questionner. Brossant une esquisse de portrait sociologique de ces paysannes en lutte, Sangeet Toor, une activiste qui documente le mouvement paysan, estime que &#171; &lt;i&gt;la plupart des femmes pr&#233;sentes sont issues de familles qui poss&#232;dent de petites parcelles. Les ouvri&#232;res agricoles &lt;/i&gt;dalits&lt;i&gt; participent, elles, occasionnellement car, en tant que journali&#232;res, elles n'ont pas le privil&#232;ge de perdre des journ&#233;es de travail. Quant aux femmes urbaines, &#224; l'exception des militantes et des &#233;tudiantes, elles ne sont pas pr&#233;sentes.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour faire entendre d'autres voix et mettre en avant de nouveaux regards, Sangeet Toor anime avec une petite &#233;quipe la gazette &lt;i&gt;Karti &lt;/i&gt; &lt;i&gt;Dharti &lt;/i&gt;(&#171; Celles qui travaillent la terre &#187;). Une publication de quatre pages enti&#232;rement coordonn&#233;e par une &#233;quipe f&#233;minine. Imprim&#233;e en langue penjabi, elle est notamment diffus&#233;e sur les lieux des protestations paysannes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Karti Dharti &lt;i&gt;est pens&#233;e pour que les femmes racontent leurs histoires personnelles, qu'elles puissent exprimer comment ce mouvement les affecte et de quelle mani&#232;re il est fa&#231;onn&#233; par leur pr&#233;sence&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Sangeet Toor. Pour autant, la parution s'adresse &#224; tout le monde : &#171; &lt;i&gt;&#192; &lt;/i&gt; &lt;i&gt;terme, nous souhaitons l&#233;gitimer la parole d'expertes. Montrer que les femmes ma&#238;trisent des sujets techniques autant que les hommes, notamment sur des th&#233;matiques li&#233;es &#224; l'agriculture&lt;/i&gt; &#187;, conclut-elle, en se r&#233;jouissant du fait que &#171; &lt;i&gt;ce mouvement normalise la pr&#233;sence des femmes dans les manifestations&lt;/i&gt; &#187;. Un mouvement qui ne semble d'ailleurs pas pr&#234;t de s'&#233;teindre : semaine apr&#232;s semaine, il emporte dans son sillage une part grandissante de la population, &#233;cras&#233;e par les multiples coups de force politiques du gouvernement autoritaire du sulfureux Narendra Modi et son supr&#233;macisme hindou.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Arnaud Chastagner&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En Inde, 86 % des paysan&#183;nes poss&#232;dent moins de deux hectares. &#171; &lt;a href=&#034;https://www.lemonde.fr/international/article/2021/02/16/rakesh-tikait-le-paysan-qui-defie-le-pouvoir-indien_6070074_3210.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rakesh Tikait, le paysan qui d&#233;fie le pouvoir indien&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;Le Monde &lt;/i&gt;(16/02/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Cit&#233;e dans l'article &#171; &lt;a href=&#034;https://ruralindiaonline.org/en/articles/women-at-farm-stir-we-are-recreating-history/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; Women at Farm Stir : &#8220;We Are Recreating History&#8221; &lt;/a&gt; &#187;, ruralindiaonline.org (16/01/2021).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.oxfamindia.org/women-empowerment-india-farmers&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Move over &#8220;Sons of the soil&#8221; : Why You Need to Know the Female Farmers that Are Revolutionizing Agriculture in India&lt;/a&gt; &#187;, article &#224; lire sur le site de la branche indienne de l'ONG Oxfam (14/11/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Ibid.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;a href=&#034;https://www.isas.nus.edu.sg/wp-content/uploads/2019/03/ISAS-Insights-No.-551.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Attaining Entitlement : Women Farmers and Land Rights&lt;/a&gt; &#187;, &#224; lire sur le site de l'Institute of South Asian Studies (19/03/2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Cheval de labeur, cheval de gr&#226;ce</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Cheval-de-labeur-cheval-de-grace</link>
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		<dc:creator>Fr&#233;d&#233;ric Peylet</dc:creator>


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&lt;p&gt;Longtemps essentiel aux paysans, le cheval de trait a bien failli dispara&#238;tre une fois l'agriculture m&#233;canis&#233;e. Rat&#233; : depuis une vingtaine d'ann&#233;es, il fait son grand retour dans les champs. Derri&#232;re l'image de carte postale de beaux chevaux crini&#232;re au vent, on a voulu savoir ce que cette pratique disait de la condition animale au travail. Direction l'Ard&#232;che. &#171; Un pas&#8230; Droite&#8230; Allez, un pas&#8230; Arr&#234;t. &#187;. D'une voix douce et ferme, No&#233;mie dirige Iouki, un cheval de trait comtois de bient&#244;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Killian-Pelletier" rel="tag"&gt;Killian Pelletier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/terre" rel="tag"&gt;terre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/travail" rel="tag"&gt;travail&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vignes" rel="tag"&gt;vignes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/trait" rel="tag"&gt;trait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Droite" rel="tag"&gt;Droite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Allez" rel="tag"&gt;Allez&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Longtemps essentiel aux paysans, le cheval de trait a bien failli dispara&#238;tre une fois l'agriculture m&#233;canis&#233;e. Rat&#233; : depuis une vingtaine d'ann&#233;es, il fait son grand retour dans les champs. Derri&#232;re l'image de carte postale de beaux chevaux crini&#232;re au vent, on a voulu savoir ce que cette pratique disait de la condition animale au travail. Direction l'Ard&#232;che.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3639 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;35&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH378/-1780-004d1.jpg?1768662029' width='500' height='378' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de Killian Pelletier
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Un pas&#8230; Droite&#8230; Allez, un pas&#8230; Arr&#234;t.&lt;/i&gt; &#187;. D'une voix douce et ferme, No&#233;mie dirige Iouki, un cheval de trait comtois de bient&#244;t quatre ans, le positionnant entre deux rangs de vigne pour remuer la terre et l'a&#233;rer. Puis elle bloque les dents de la petite herse que le cheval va tracter et l'aligne correctement, remet d'aplomb autour de son torse les guides reli&#233;s au mors et lance un sonore &#171; &lt;i&gt;Devant&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; L'attelage se met alors en branle d'un pas tranquille et r&#233;gulier, ne s'arr&#234;tant qu'un instant, le temps que le crottin de Iouki vienne enrichir le sol fra&#238;chement retourn&#233;. Et voil&#224; quelques arpents de terre viticole d&#233;sherb&#233;s sans autre produit que les gouttes de sueur d'une femme et d'un cheval.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;No&#233;mie Courson travaille au Mas de Libian, &#224; Saint-Marcel-d'Ard&#232;che, avec la famille Thibon. Ce domaine, certifi&#233; en biodynamie, revendique plus de trois si&#232;cles d'existence sans qu'aucun pesticide ni herbicide n'ait jamais &#233;t&#233; r&#233;pandu sur ses 25 hectares de vignes. Depuis le milieu des ann&#233;es 2000, le travail du sol s'y fait en traction &#233;quine, et pas seulement pour faire de belles photos, comme l'explique No&#233;mie : &#171; &lt;i&gt;Si tu travailles la vigne en biodynamie, le choix du cheval est logique, tu ne devrais m&#234;me pas pouvoir faire autrement. Tu t'attaches &#224; respecter un cycle naturel et le cheval y a toute sa place.&lt;/i&gt; &#187; M&#234;me s'il est de belle corpulence, le cheval de trait, par son pas lent, a un effet moindre que le tracteur sur le tassement de la terre au pied des vignes. Un d&#233;tail pour le profane mais un d&#233;tail qui, r&#233;p&#233;t&#233; &#224; longueur d'ann&#233;e, rev&#234;t une importance fondamentale pour les vignerons s'attachant &#224; produire des vins sains, issus d'une terre qui respire.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Cheval 1 - Tracteur 0&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Sous l'impulsion, essentiellement, d'une nouvelle g&#233;n&#233;ration de vignerons ayant souhait&#233; red&#233;finir leur rapport &#224; la terre, le cheval a donc retrouv&#233; le chemin des champs apr&#232;s de longues d&#233;cennies d'&#233;clipse. Une tendance qui n'a rien d'&#233;ph&#233;m&#232;re, des pr&#233;curseurs comme le Mas de Libian inspirant de nouveaux arrivants. Toujours en Ard&#232;che mais 40 km au nord, &#224; Aubignas, L&#233;na et Alex ont investi un coteau et viennent de planter leurs pieds de vignes sur l'hectare et demi du domaine des Bois Perdus. Pour eux le choix est d&#233;j&#224; fait : &#171; &lt;i&gt;Ce qu'on b&#226;tit est bas&#233; sur la conviction que la vigne est un &#234;tre vivant. Au m&#234;me titre que les oliviers qui sont au-dessus, que les bois qui l'entourent. Ou que les animaux qui viennent pisser et chier &#224; ses pieds. Ou que nous.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, pour les futurs travaux dans les vignes, entre un Massey Ferguson rutilant et un Comtois ou un Percheron, L&#233;na n'h&#233;site pas : &#171; &lt;i&gt;Un tracteur, &#231;a perd de l'huile, &#231;a fume, &#231;a pue, &#231;a te menotte &#224; ton banquier pendant des ann&#233;es et tu ne peux pas discuter avec lui quand tu en as marre de planter des piquets ou de piocher. Un cheval ne cr&#233;e pas de dette mais du lien, et c'est de l'or pour la vigne.&lt;/i&gt; &#187; L'histoire r&#233;cente du vieux tracteur, r&#233;cup&#233;r&#233; pour de gros &#339;uvres sur leur domaine, qui a pris feu tout seul sous les yeux de L&#233;na, cramant une remise au passage, ne fera qu'ent&#233;riner l'option animale.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Le cheval est dans la place&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce nouveau rapport au vivant passe donc par des choix r&#233;fl&#233;chis, d&#233;termin&#233;s, &#233;thiques autant qu'&#233;cologiques. Inclure le cheval dans ce travail quotidien ne rel&#232;ve plus de la contrainte mais du d&#233;sir. Une vraie rupture si l'on reprend l'histoire du labeur de l'animal domestique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De tout temps, les b&#234;tes de somme ont fourni trois apports majeurs aux soci&#233;t&#233;s humaines : nourriture, vitesse et confort de d&#233;placement, force de travail. Un triptyque d&#233;clin&#233; sous toutes les latitudes et dans lequel z&#233;bu, yack, dromadaire, chien, &#233;l&#233;phant, b&#339;uf, cheval forment un bestiaire de l'animal au travail. Portant, tractant, il prend place dans toutes les &#233;pop&#233;es humaines, les plus nobles comme les plus sales, accompagnant &#224; son corps d&#233;fendant des bouleversements de grande ampleur, comme le souligne l'historien &#201;ric Baratay : &#171; &lt;i&gt;La multiplication des animaux de trait pr&#233;cipite les campagnes dans l'&#233;conomie de production, d'&#233;change, de croissance du XIX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle industriel &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#234;tes de somme, Seuil, 2011&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&lt;i&gt;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce panorama, le cheval est omnipr&#233;sent, utile aux champs comme &#224; la ville : il est de tous les transports (individuels ou collectifs), de tous les labeurs, de toutes les industries (agricoles, foresti&#232;res, mini&#232;res), de toutes les guerres (700 000 chevaux morts lors de la Premi&#232;re Guerre mondiale), de tous les loisirs. Tout autant pilier du monde agricole que compagnon d'agr&#233;ment, symbole de puissance sociale que &#171; &lt;i&gt;sous-prol&#233;taire sur lequel est construit l'essor &#233;conomique&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Op. cit.&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &#187;, on compte ainsi pas moins de trois millions de chevaux sur le sol fran&#231;ais en 1914.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un pic de population qui d&#233;clinera lentement mais s&#251;rement au gr&#233; de la m&#233;canisation de l'agriculture et de la motorisation des transports. Au lendemain des ann&#233;es 1950, le cheval de trait dispara&#238;t progressivement du paysage et les neuf races fran&#231;aises semblent promises &#224; l'extinction. Si, &#224; cette &#233;poque, il anime encore quelques f&#234;tes des moissons et autres kermesses, il ne doit finalement sa survie... qu'au commerce de sa viande pour lequel un cheptel assez cons&#233;quent aura &#233;t&#233; maintenu, suffisant pour r&#233;activer ensuite une fili&#232;re de reproduction.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un compagnon de travail&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La r&#233;surrection du cheval de trait &#224; la fin du XX&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle tient donc quelque peu du miracle. Et celles et ceux qui participent &#224; son retour entretiennent avec lui un rapport empreint d'un intense respect : &#171; &lt;i&gt;Avec mon cheval Iouki je suis dans un dialogue permanent,&lt;/i&gt; raconte No&#233;mie.&lt;i&gt; Il vient d'arriver au domaine et, tous les deux, on apprend &#224; se conna&#238;tre, &#224; se respecter, &#224; avoir confiance l'un en l'autre. Ce n'est pas un animal de compagnie, c'est un compagnon de travail, de vie.&lt;/i&gt; &#187; L'observant &#224; l'&#339;uvre avec Iouki, marchant tous deux du m&#234;me pas, je constate l'osmose qui les lie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Iouki est le premier cheval de No&#233;mie. Si, plus jeune, elle a longuement c&#244;toy&#233; des chevaux dans un ranch savoyard, ce n'&#233;tait alors que du loisir et elle ne s'imaginait pas y revenir plus tard : &#171; &lt;i&gt;Je suis venue au Mas de Libian comme saisonni&#232;re pour les vendanges et, comme j'aimais les chevaux, Catherine Thibon, qui s'en occupait, m'a prise avec elle. J'ai tellement aim&#233; qu'en 2018 j'ai commenc&#233; une formation de conduite de chevaux de trait. Depuis 2019 je propose des prestations &#224; d'autres domaines, dans les vignes, ou en mara&#238;chage. Et de la demande, il y en a&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; Pour voler de ses propres ailes, No&#233;mie vient donc de faire l'acquisition de Iouki qu'elle est all&#233;e chercher dans le Jura. Elle sourit en se rem&#233;morant cette journ&#233;e : &#171; &lt;i&gt;L'&#233;leveur m'a pr&#233;sent&#233; deux chevaux. Le premier &#233;tait poli, il ob&#233;issait mais rien de plus... Il n'en avait clairement rien &#224; foutre de moi&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! J'ai vite senti que &#231;a ne le ferait pas. Et puis avec celui-l&#224;,&lt;/i&gt; poursuit-elle en caressant l'encolure de Iouki, &lt;i&gt;il s'est tout de suite pass&#233; quelque chose, une attention, un d&#233;sir d'&#234;tre ensemble.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Respect mutuel&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Depuis, le bin&#244;me est en apprentissage, chacun d&#233;couvrant les attentes de l'autre et ses limites. La t&#226;che de No&#233;mie ne rel&#232;ve pas du dressage : &#171; &lt;i&gt;C'est un partenariat, tout repose sur les sensations. Il faut que ce soit harmonieux. On prend notre temps, c'est essentiel pour le lien. On va travailler ensemble du printemps &#224; l'automne, six jours sur sept, six heures par jour. Et l'hiver, c'est vacances pour tout le monde&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ! Si Iouki ne se blesse pas, ce partenariat peut durer vingt ans.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce mercredi pluvieux, No&#233;mie &#233;courte le travail dans les vignes. La terre est trop grasse, Iouki bosse pour rien. En rentrant &#224; l'&#233;curie, on passe devant une mare bruyamment anim&#233;e par des grenouilles tandis que deux geais se chamaillent au-dessus de nos t&#234;tes. Puis on n'entend plus que le son des sabots sur les cailloux, le raclement de la herse, les mots que murmurent No&#233;mie &#224; son cheval et le &lt;i&gt;plic-ploc&lt;/i&gt; des gouttes. &#199;a sent l'herbe mouill&#233;e et le crottin. Chaque chose est &#224; sa place, surtout le tracteur en train de rouiller dans un champ plus bas.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Fr&#233;d&#233;ric Peylet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;B&#234;tes de somme&lt;/i&gt;, Seuil, 2011&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &lt;i&gt;Op. cit.&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Pistage animal : dialogue universel</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Antoine Souquet</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage. Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es qui doivent l'emmener &#224; Francis, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/-20100-" rel="tag"&gt;20100&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sauvages" rel="tag"&gt;sauvages&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Pister des animaux ? Une pratique plus contemporaine qu'on ne l'imagine. Loin d'&#234;tre cantonn&#233;e &#224; l'exotisme du chasseur pal&#233;olithique, cette activit&#233; continue d'avoir cours, notamment dans le P&#233;rigord o&#249; une association organise des formations en pleine for&#234;t. Reportage.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3631 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH498/-1772-36360.jpg?1768683948' width='500' height='498' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Illustration de 20100
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le regard captiv&#233; de Pierre scanne le sol couvert de feuilles couleur cuivre, de mousse et de bois mort. S'il scrute si m&#233;ticuleusement la for&#234;t, c'est qu'il est &#224; la recherche de bris&#233;es&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; qui doivent l'emmener &#224; Francis, organisateur d'un atelier de pistage animal auquel participent quelques habitants du coin. Oui, mais Francis s'est bien planqu&#233; et Pierre pi&#233;tine. Pas grave. Il y a d'autres marques &#224; glaner. L'&#339;il aiguis&#233;, il me glisse : &#171; &lt;i&gt;&#199;a a &#233;t&#233; gratt&#233; l&#224;&lt;/i&gt; &lt;i&gt; !&lt;/i&gt; &#187; me d&#233;signant un peu de terre retourn&#233;e. Probable signature d'un des nombreux chevreuils qui logent dans ce bois du P&#233;rigord.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Du chasseur au philosophe&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Le pistage, c'est l'acte de rep&#233;rer et d'interpr&#233;ter les signes laiss&#233;s par des animaux. Empreintes donc, mais aussi crottes, coul&#233;es&lt;a href=&#034;#nb6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&#034; id=&#034;nh6-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; et autres poils. Parmi ceux qui utilisent ces savoirs, il y a &#233;videmment les chasseurs, mais aussi les naturalistes et certains ruraux, qui c&#244;toient des b&#234;tes sauvages dans leur environnement imm&#233;diat. Mes camarades de formation ne sont pourtant pas ici pour compter la faune prot&#233;g&#233;e ou r&#233;colter des troph&#233;es de chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En ce week-end d'&#233;quinoxe de printemps, c'est l'association Je suis la piste qui organise la formation d'une journ&#233;e &#224; laquelle je participe. Son objectif : diffuser des pratiques &#171; ancestrales &#187; pour permettre aux participants d'avoir une connaissance plus riche des &#234;tres vivants sauvages et des environnements dans lesquels ils &#233;voluent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effet direct de l'exp&#233;rience : peu &#224; peu, la perception humaine s'&#233;veille et les bois se repeuplent. &#192; mesure que notre attention s'affine et que le monde autour de nous se complexifie, l'&#171; &lt;i&gt;angoisse du silence du monde et de la solitude cosmique&lt;/i&gt; &#187; s'estompe, note Baptiste Morizot dans son livre &lt;i&gt;Sur la piste animale&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Actes Sud, 2018.&#034; id=&#034;nh6-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. &#192; l'heure o&#249; la biodiversit&#233; s'effondre &#224; vitesse grand V et o&#249; nos interactions avec les autres vivants sont r&#233;duites &#224; peau de chagrin, le philosophe pisteur nous invite &#224; sortir de l'isolement qui impr&#232;gne les imaginaires des humains modernes coup&#233;s de relations quotidiennes et signifiantes aux vivants.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; You'll never walk alone &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Retour aux sous-bois. &#199;a y est, &#224; force de galoper nez sur les brindilles, on a fini par trouver le formateur. Constitu&#233; de Pierre, Max et Ben, le petit groupe &#233;coute attentivement le speech de Francis. &#171; &lt;i&gt;Le pistage c'est l'art de trouver, identifier, interpr&#233;ter et suivre des s&#233;ries de traces laiss&#233;es par quelque chose sur le paysage&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il. Le message est clair pour les apprentis pisteurs, qui doivent &#224; pr&#233;sent se lancer dans le grand bain forestier et &#233;laborer leurs premi&#232;res hypoth&#232;ses. &#192; quelques m&#232;tres de l&#224;, le groupe est pench&#233; autour d'un trou passablement large. Les suppositions s'encha&#238;nent. &#171; &lt;i&gt;&#199;a serait pas l'entr&#233;e d'une galerie&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, tente l'un. Mauvaise pioche, le trou ne d&#233;bouche sur aucune cavit&#233;. Des racines m&#226;chouill&#233;es et des traces de petites griffes resserrent le panel des possibilit&#233;s. &#171; &lt;i&gt;Et si c'&#233;tait l'&#339;uvre d'un blaireau&lt;/i&gt; &lt;i&gt; ?&lt;/i&gt; &#187;, lance un autre. Pas &lt;i&gt;b&#234;te&lt;/i&gt; : l'animal aurait la corpulence et la force n&#233;cessaires pour retourner la terre de la sorte. Et puis, il a un mobile : il se r&#233;gale des vers de terre, que l'on d&#233;busque en fouillant le sol. M&#234;me si cette hypoth&#232;se est la plus plausible, Francis prend garde de temp&#233;rer : &#171; &lt;i&gt;Chaque piste est un puzzle. Il y a plein de pi&#232;ces et il ne faut pas directement sauter aux conclusions.&lt;/i&gt; &#187; Cette fois-ci, les indices semblent concorder et mener vers le must&#233;lid&#233;. Le premier des quelques animaux sauvages que les participants vont identifier au cours de la journ&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans la foul&#233;e, une nouvelle &#233;nigme. Une petite pente d&#233;voile une grosse empreinte d'ongul&#233;&lt;a href=&#034;#nb6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&#034; id=&#034;nh6-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. La terre meuble est creus&#233;e sur une grosse dizaine de centim&#232;tres, donnant l'impression d'une glissade. Max met d&#233;licatement ses doigts dans la marque afin de mieux sentir ses d&#233;tails. Pour identifier l'esp&#232;ce, on se met en qu&#234;te de traces de gardes&lt;a href=&#034;#nb6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;. Francis en d&#233;busque une en forme de demi-lune, caract&#233;ristique du sanglier. Prochaine &#233;tape, trouver l'empreinte suivante, ce qui donnera, en mesurant la distance entre les deux, une id&#233;e de la taille de la b&#234;te. Une fois l'&#233;cart &#233;valu&#233;, on peut d&#233;nicher les autres empreintes en recalquant la distance sur le sol &#224; partir de la derni&#232;re, et ainsi dessiner la trajectoire de l'animal, son allure, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un peu plus haut, de nouveaux &#233;l&#233;ments rebattent les cartes : l&#224; encore des traces de glissades, mais dans la direction oppos&#233;e. Est-ce que l'interpr&#233;tation faite en aval &#233;tait fausse ? Est-ce un autre individu ? Qu'est-ce qui a pu provoquer le comportement, apparemment de fuite, de ces animaux ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La matin&#233;e se poursuit sur ce rythme, de signes en traces, de terriers en crottes, conduisant le groupe tant&#244;t vers des buissons, tant&#244;t vers des coul&#233;es animales. La for&#234;t, monde myst&#233;rieux et muet en d&#233;but de journ&#233;e, s'emplit peu &#224; peu de pr&#233;sences, se parant de voies de circulation, d'enjeux territoriaux et de strat&#233;gies animales. Tr&#232;s vite, on comprend que nous ne sommes jamais exclusivement entre humains et que les interactions avec les autres vivants sont constantes, que nous en ayons conscience ou pas. Dans la for&#234;t p&#233;rigourdine, les chevreuils n'ont pas attendu que nous les remarquions pour d&#233;taler et les passereaux ont lanc&#233; leurs cris d'alarme bien avant que nous ne levions les yeux vers eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Dialogue de b&#234;tes&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Francis, l'humain en milieu naturel est souvent l'&#233;quivalent d'&#171; &lt;i&gt;un &#233;crivain qui ne sait pas lire&lt;/i&gt; &#187;. Nous serions de pi&#232;tres locuteurs d'un syst&#232;me linguistique commun aux vivants. Tous les signes que nos amis pisteurs ont appris &#224; rep&#233;rer et &#224; d&#233;chiffrer sont en effet le produit de ce r&#233;seau dans lequel chaque esp&#232;ce &#8211; et m&#234;me chaque individu &#8211; &#233;crit et lit selon ses caract&#233;ristiques et capacit&#233;s propres. C'est en ce sens que la majorit&#233; d'entre nous est illettr&#233;e. Les urbains sont souvent des lecteurs maladroits, puisqu'ils c&#244;toient un nombre limit&#233; d'esp&#232;ces animales et ne font gu&#232;re attention aux signes qu'ils laissent. De m&#234;me, nous avons rarement conscience d'&#233;crire. Pourtant, comme tout animal, l'humain &#233;met des signes, d'autant plus s'il ne le r&#233;alise pas. Il laisse des odeurs, plie des branches, marque des sols, fait des mouvements, &#233;met des sons, renvoie des couleurs. Tout cela est senti et interpr&#233;t&#233; par les &#234;tres vivants qui se trouvent &#224; proximit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; sans doute une &lt;i&gt;piste&lt;/i&gt; &#224; explorer si l'on souhaite &#233;tablir des relations moins agressives vis-&#224;-vis du vivant et particuli&#232;rement des animaux sauvages. Les situations conflictuelles et probl&#233;matiques avec les b&#234;tes sauvages ne manquant pas, notamment chez les &#233;leveurs et agriculteurs, il faudrait donc apprendre &#224; y r&#233;pondre par le dialogue. L'objectif, &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; : d&#233;velopper notre compr&#233;hension des signes animaux pour d&#233;crypter leurs langages sp&#233;cifiques et affiner notre &#233;criture afin d'adapter les messages qu'on leur envoie. Le mot de la fin &#224; Baptiste Morizot : &#171; &lt;i&gt;Les animaux ne sont pas seulement dignes d'une attention infantile ou morale&lt;/i&gt; &lt;i&gt; : ils sont les cohabitants de la terre avec lesquels nous partageons une ascendance, l'&#233;nigme d'&#234;tre vivant, et la responsabilit&#233; de cohabiter d&#233;cemment &lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant, Actes Sud, 2020.&#034; id=&#034;nh6-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Antoine Souquet&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Petites branches cass&#233;es qui servent &#224; indiquer une direction ou &#224; marquer un point sp&#233;cifique en milieu naturel.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Chemin form&#233; par le passager r&#233;gulier des animaux&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Actes Sud, 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mammif&#232;re dont le pied se termine par un sabot.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les gardes sont les doigts atrophi&#233;s des ongul&#233;s, situ&#233;s plus haut sur la patte que les deux ongles de devant, qui eux marquent plus profond&#233;ment le sol.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;Mani&#232;res d'&#234;tre vivant&lt;/i&gt;, Actes Sud, 2020.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>De l'&#233;merveillement &#224; la lutte</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/De-l-emerveillement-a-la-lutte</link>
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		<dc:date>2021-05-14T05:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Corinne Morel Darleux</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>Lise Lacombe</dc:subject>
		<dc:subject>d'un</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#201;carquiller les yeux. Les promener sur le monde. S'&#233;merveiller. Ouvrir son imaginaire aux vies autres, animales, v&#233;g&#233;tales. Et puis, dans la foul&#233;e, avec elles, passer &#224; l'action. Voil&#224; ce que pr&#244;ne Corinne Morel Darleux, autrice notamment de l'essai Plut&#244;t couler en beaut&#233; que flotter sans gr&#226;ce (Libertalia, 2019) et du r&#233;cent roman L&#224; o&#249; le feu et l'ours (2021). En ce d&#233;but de XXIe si&#232;cle, l'espace sauvage n'occupe plus que 23 % de la superficie de la Terre. Il y a un si&#232;cle, c'&#233;tait 85 (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no198-mai-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;198 (mai 2021)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lise-Lacombe" rel="tag"&gt;Lise Lacombe&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un" rel="tag"&gt;d'un&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/temps" rel="tag"&gt;temps&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Baptiste-Morizot" rel="tag"&gt;Baptiste Morizot&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/sauvage" rel="tag"&gt;sauvage&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#201;carquiller les yeux. Les promener sur le monde. S'&#233;merveiller. Ouvrir son imaginaire aux vies autres, animales, v&#233;g&#233;tales. Et puis, dans la foul&#233;e, avec elles, passer &#224; l'action. Voil&#224; ce que pr&#244;ne Corinne Morel Darleux, autrice notamment de l'essai &lt;i&gt;Plut&#244;t couler en beaut&#233; que flotter sans gr&#226;ce &lt;/i&gt;(Libertalia, 2019) et du r&#233;cent roman &lt;i&gt;L&#224; o&#249; le feu et l'ours&lt;/i&gt; (2021).&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3630 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-1771-4a6bd.jpg?1768683949' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Lise Lacombe
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En ce d&#233;but de XXI&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle, l'espace sauvage n'occupe plus que 23 % de la superficie de la Terre. Il y a un si&#232;cle, c'&#233;tait 85 %. Dans ce contexte de r&#233;tr&#233;cissement de l'espace habitable, les conflits de territoire entre humains et &#171; non-humains &#187; sont appel&#233;s &#224; se multiplier. D&#233;j&#224;, en Alaska, on voit un nombre croissant d'ours fouiller les poubelles pour survivre. &#192; Marseille, ce sont des sangliers qui s'invitent en ville. &#192; Strasbourg et Londres, les renards investissent d&#233;sormais les parcs urbains. De plus en plus d'animaux sauvages sont condamn&#233;s &#224; partager les m&#234;mes zones que nous. Nous qui les avons chass&#233;s, expuls&#233;s de leurs territoires et avons cru pouvoir les exclure de nos vies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ce contexte de cohabitation forc&#233;e, nous allons avoir besoin de &#171; &lt;i&gt;diplomates&lt;/i&gt; &#187;, comme le formule le philosophe Baptiste Morizot &lt;a href=&#034;#nb7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Cela implique de se d&#233;faire de nos pr&#233;jug&#233;s et de d&#233;velopper des sch&#233;mas de pens&#233;e permettant le d&#233;veloppement de relations politiques avec les animaux. Pour cela, il faut r&#233;&#233;valuer en profondeur notre place dans les &#233;cosyst&#232;mes. L'humain est un mammif&#232;re qui ne survit pas sans air respirable, sans ressources comestibles ni eau potable. Cette appartenance au monde vivant marque une interd&#233;pendance et devrait en toute logique instaurer un int&#233;r&#234;t commun &#224; pr&#233;server les conditions de vie sur Terre. Elle pourrait m&#234;me refonder l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral, notion cl&#233; du droit public fran&#231;ais qui d&#233;signe la finalit&#233; d'institutions cens&#233;es servir une population consid&#233;r&#233;e &lt;i&gt;dans son ensemble&lt;/i&gt;. C'est-&#224;-dire non seulement les &#234;tres humains mais aussi les autres animaux, les v&#233;g&#233;taux, microbes et champignons. Sans parler des virus qui nous ont douloureusement rappel&#233; qu'il faut composer avec eux.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Avec la nature contre ceux qui l'effondrent &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Ce constat nous invite en premier lieu &#224; &#233;carquiller les yeux. Car de l'&#233;merveillement na&#238;t aussi la force de se battre. L'&#233;crivain William Morris a ainsi &#233;tabli dans son texte &lt;i&gt;L'Art en ploutocratie&lt;/i&gt; (1883) la puissance d'&#233;mancipation du sentiment esth&#233;tique. Sa conviction : &#171; &lt;i&gt;Il n'existe rien de ce qui participe &#224; notre environnement qui ne soit beau ou laid, qui ne nous ennoblisse ou nous avilisse.&lt;/i&gt; &#187; C'est pourquoi il appelait &#224; &#171; &lt;i&gt;&#233;tendre le sens du mot art jusqu'&#224; englober la configuration de tous les aspects ext&#233;rieurs de notre vie&lt;/i&gt; &#187;. Dans cette optique, certains proposent de constituer des r&#233;serves sauvages &#8211; &#224; l'image de l'Association pour la protection des animaux sauvages (Aspas). D'autres sugg&#232;rent d'inventer de nouveaux m&#233;canismes de pr&#233;servation de la nature, sans pour autant gommer son alt&#233;rit&#233; &#8211; ce que porte notamment la philosophe de l'environnement Virginie Maris.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre peut-on &#233;galement &#233;chafauder de nouvelles alliances, comme le proposent L&#233;na Balaud et Antoine Chopot dans leur livre &lt;i&gt;Nous ne sommes pas seuls&lt;/i&gt; (2021), afin d'&#171; &lt;i&gt;agir avec la nature contre ceux qui l'effondrent&lt;/i&gt; &#187;. Ainsi, aux jardins populaires autog&#233;r&#233;s des Va&#238;tes &#224; Besan&#231;on, c'est le tr&#232;s f&#233;ministe crapaudalyte (dit &#171; accoucheur &#187;) qui a permis de ralentir les travaux d'un &#233;coquartier mena&#231;ant de d&#233;truire 35 hectares de terre. En 2019, la finale du championnat de France de jet-ski a &#233;t&#233; stopp&#233;e en Corse par des dauphins qui, non contents de saboter la course de moteurs bruyants et polluants, se sont amus&#233;s en sautant entre les engins &#224; l'arr&#234;t. Dans le ciel de Paris, des go&#233;lands ont attaqu&#233; les drones de la Pr&#233;fecture de police pendant un acte des Gilets jaunes. Formellement, ils ne s'en prenaient pas aux drones : ils prot&#233;geaient leurs &#339;ufs. Mais la symbolique reste puissante : les activistes, qu'ils luttent pour la justice sociale ou pour le climat et la biodiversit&#233;, ne font rien d'autre que prot&#233;ger, eux aussi, la possibilit&#233; d'un avenir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, tout nous presse &#224; sortir de l'anthropocentrisme et &#224; repenser les fronti&#232;res entre le sauvage et le domestique. Toutes les fronti&#232;res. Ce n'est pas un hasard si la droite et les n&#233;o fascistes utilisent le terme d'ensauvagement pour d&#233;signer les violences urbaines et condamner les migrations. Tracer des fronti&#232;res entre sauvage et civilis&#233;, domestiquer et cr&#233;er des hi&#233;rarchies entre &#171; races &#187;, c'est toute l'histoire de la colonisation. Et tout ce qu'il faut d&#233;monter.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des rencontres et frottement in&#233;dits &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cette d&#233;construction n&#233;cessite une certaine facult&#233; d'empathie, puisqu'elle impose de comprendre les sentiments et &#233;motions d'un autre individu. De se mettre &#224; sa place. La fiction peut nous y aider en permettant des rencontres et frottements in&#233;dits, en transposant les corps, affranchis des contraintes mat&#233;rielles de la vraie vie. Ainsi dans &lt;i&gt;Les M&#233;tamorphoses &lt;/i&gt;(2020), roman de Camille Brunel, une &#233;pid&#233;mie transforme les humains en animaux, sans distinction. On voit surgir des c&#233;tac&#233;s, bonobos, rhinoc&#233;ros et pythons qui sont autant d'amis, d'enfants, de maris ou de voisins. C'est aussi ce qui arrive &#224;&lt;i&gt; La femme chang&#233;e en renard &lt;/i&gt;(1924) de David Garnett. Dans la campagne anglaise, au passage d'une chasse &#224; courre, le mari de Silvia d&#233;couvre avec stupeur que celle-ci a &#233;t&#233; m&#233;tamorphos&#233;e en renarde, l'instinct vulpin &#233;clipsant progressivement la part &#171; civilis&#233;e &#187; de Sylvia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans ces deux romans, le passage d'une forme &#224; l'autre ne modifie pas fondamentalement la relation qui s'exerce entre humains et &#171; non-humains &#187;. Le fr&#232;re transform&#233; en lapin, comme la femme chang&#233;e en renard, sont tout bonnement devenus lapin et renard. Il n'y a pas &#224; proprement parler d'&#171; &lt;i&gt;&#234;tre de la m&#233;tamorphose&lt;/i&gt; &#187;, au sens o&#249; l'entendent Baptiste Morizot et Nastassja Martin, qui dans leur article &#171; Retour du temps du mythe &#187; &lt;a href=&#034;#nb7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; lire sur le site du journal suisse Issue (13/12/2018).&#034; id=&#034;nh7-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; d&#233;crivaient ainsi les caract&#233;ristiques de cette entit&#233; hybride : &#171; &lt;i&gt;Son statut n'est pas assignable, et les relations sociales qu'il entretient avec le collectif humain en pr&#233;sence ne sont pas stabilis&#233;es.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La situation est diff&#233;rente dans &lt;i&gt;L'homme qui savait la langue des serpents&lt;/i&gt; d'Andrus Kivir&#228;hk (2013), fabuleux roman empreint de la mythologie estonienne du XIII&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; si&#232;cle o&#249; &#234;tres humains, serpents et ours parlent la m&#234;me langue, dialoguent et vont m&#234;me parfois jusqu'&#224; s'aimer. Pour reprendre les termes des auteurs du &#171; Retour du temps du mythe &#187;, c'est bien &#171; &lt;i&gt;un temps d'avant le temps, dans lequel les &#234;tres sont encore indistincts. Les formes de vies ne sont pas encore s&#233;par&#233;es. Les animaux ne sont pas encore distincts des humains&lt;/i&gt; &#187;. Las, l'arriv&#233;e des colons chr&#233;tiens va bouleverser statuts et relations, menacer la coexistence et teinter les rapports de m&#233;fiance, d'incompr&#233;hension et &lt;i&gt;in fine&lt;/i&gt; de domination.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cet &#171; &#234;tre de la m&#233;tamorphose &#187; d'un genre nouveau, qui vient interroger la notion m&#234;me de normalit&#233;, on le trouve &#233;galement dans &lt;i&gt;F&#233;lines &lt;/i&gt;(2019), roman de St&#233;phane Servant. Des jeunes femmes atteintes d'une mutation inconnue voient leur corps se couvrir de poils, leurs sens s'aiguiser et leurs forces d&#233;cupler. Mises au ban de la soci&#233;t&#233;, elles sont nomm&#233;es &#171; &lt;i&gt;obscures&lt;/i&gt; &#187; et trait&#233;es comme inf&#233;rieures. Mais elles conservent leurs singularit&#233;s et leur m&#233;moire. Pour reprendre les termes de l'anthropologue Philippe Descola, si leur &#171; &lt;i&gt;physicalit&#233;&lt;/i&gt; &#187; s'est modifi&#233;e, elles gardent leur &#171; &lt;i&gt;int&#233;riorit&#233;&lt;/i&gt; &#187; (&#233;motions, conscience, d&#233;sirs...). On peut interpr&#233;ter la mutation des f&#233;lines comme une r&#233;ponse adaptative aux d&#233;r&#232;glements provoqu&#233;s par l'Anthropoc&#232;ne. En faisant effraction du statut qui leur a &#233;t&#233; impos&#233;, elles se montrent inassignables. Une m&#233;tamorphose qui ouvre la voie &#224; une nouvelle soci&#233;t&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au premier acte des &lt;a href=&#034;https://lessoulevementsdelaterre.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Soul&#232;vements de la terre &lt;/a&gt;&lt;a href=&#034;#nb7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Mobilisations &#171; d'habitant&#183;es et de paysan&#183; es &#187; ayant lanc&#233; un appel &#171; &#224; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, fin mars 2021, on a vu des femmes-renardes jouer des percussions. Auparavant, on a aussi crois&#233; des cort&#232;ges d&#233;guis&#233;s en animaux pour protester contre les cirques ou les abattoirs. Et des banderoles &#171; &lt;i&gt;Phoque le r&#233;chauffement climatique&lt;/i&gt; &#187; dans les manifestations pour le climat. Mais au-del&#224; de ces alliances &#233;videntes, l'imaginaire animal peut aussi s'inviter dans les luttes sociales. Inspirer des m&#233;canismes de fuite, de furtivit&#233; &#224; la Damasio &lt;a href=&#034;#nb7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;crivain, notamment auteur du livre Les Furtifs (2019).&#034; id=&#034;nh7-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, de camouflage et de terriers comme base arri&#232;re quand il y a besoin de se mettre au vert. Le biomim&#233;tisme, qui consiste &#224; s'inspirer des formes, mati&#232;res, propri&#233;t&#233;s, processus et fonctions du vivant, n'est pas le monopole de l'industrie. &#192; nous de nous en emparer autrement.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Corinne Morel Darleux&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Cet article fait partie de notre dossier &#171; Demain les b&#234;tes ! &#187;, publi&#233; dans le num&#233;ro 198 de&lt;/i&gt; CQFD.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb7-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;Les Diplomates. Cohabiter avec les loups sur une autre carte du vivant &lt;/i&gt;(Wildproject, 2016).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; lire sur le site du journal suisse &lt;i&gt;Issue&lt;/i&gt; (13/12/2018).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Mobilisations &#171; d'habitant&#183;es et de paysan&#183; es &#187; ayant lanc&#233; un appel &#171; &lt;i&gt;&#224; reprendre les terres et &#224; bloquer les industries qui les d&#233;vorent&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; &#201;crivain, notamment auteur du livre &lt;i&gt;Les Furtifs&lt;/i&gt; (2019).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Notre r&#233;sistance, c'est de raconter cette histoire &#187;</title>
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		<dc:creator>Lucas Roxo, Narimane Baba A&#239;ssa</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion du sert&#227;o, au nord-est du Br&#233;sil, le peuple autochtone des Pankararu r&#233;siste aux pressions pour continuer &#224; occuper librement ses terres, spoli&#233;es pendant la colonisation portugaise. Au terme d'une lutte acharn&#233;e, les Pankararu ont finalement r&#233;ussi &#224; faire reconna&#238;tre par l'&#201;tat br&#233;silien leurs droits sur une partie de leur territoire d'origine. Ils restent pourtant menac&#233;s par les anciens occupants des terrains, confort&#233;s par l'arriv&#233;e au pouvoir de Jair Bolsonaro et (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no195-fevrier-2021" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;195 (f&#233;vrier 2021)&lt;/a&gt;

/ 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/terre" rel="tag"&gt;terre&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lucas-Roxo-17645" rel="tag"&gt;Lucas Roxo&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Narimane-Baba-Aissa-17646" rel="tag"&gt;Narimane Baba A&#239;ssa&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans la r&#233;gion du &lt;i&gt;sert&#227;o&lt;/i&gt;, au nord-est du Br&#233;sil, le peuple autochtone des Pankararu r&#233;siste aux pressions pour continuer &#224; occuper librement ses terres, spoli&#233;es pendant la colonisation portugaise. Au terme d'une lutte acharn&#233;e, les Pankararu ont finalement r&#233;ussi &#224; faire reconna&#238;tre par l'&#201;tat br&#233;silien leurs droits sur une partie de leur territoire d'origine. Ils restent pourtant menac&#233;s par les anciens occupants des terrains, confort&#233;s par l'arriv&#233;e au pouvoir de Jair Bolsonaro et l'inaction des pouvoirs publics.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3568 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;246&#034; data-legende-lenx=&#034;xxx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH331/-1716-82999.jpg?1768731655' width='500' height='331' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_descriptif '&gt;Washington est le &#8220;paj&#233;&#8221; de la communaut&#233;, soit l'un des leaders spirituels. Depuis cinq ans, il occupe ces terres pour que l'&#201;tat br&#233;silien reconnaisse enfin la pr&#233;sence pankararu sur les lieux.
&lt;/div&gt; &lt;div class='spip_doc_credits '&gt;Narimane Baba A&#239;ssa &amp; Lucas Roxo
&lt;/div&gt;
&lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;lettrine&#034;&gt;&#171; C'&lt;/span&gt; &lt;i&gt;est de la vengeance gratuite : comme les anciens propri&#233;taires ne peuvent plus occuper ces terres, ils font en sorte que nous ne puissions pas y vivre en paix&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Alexandre Pankararu Santos, cin&#233;aste et responsable de la communication pour la communaut&#233;, en &#233;voquant les r&#233;centes intimidations auxquelles son peuple a &#233;t&#233; confront&#233;. &#192; l'&#233;t&#233; 2020, les Pankararu ont en effet vu se multiplier les messages hostiles : arbres sacr&#233;s d&#233;terr&#233;s, barri&#232;res d&#233;truites et affiches mena&#231;ant de mort leurs leaders. Des pressions qui faisaient suite &#224; de nombreux incendies ou saccages advenus depuis qu'ils ont r&#233;cup&#233;r&#233; leurs terres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les territoires ancestraux de la communaut&#233; pankararu se situent sur les rives du fleuve S&#227;o Francisco, en plein c&#339;ur du&lt;i&gt; sert&#227;o&lt;/i&gt;, zone semi-aride du Nordeste br&#233;silien. Apr&#232;s l'arriv&#233;e des colons portugais, les Pankararu se sont retrouv&#233;s pour la plupart extermin&#233;s. Quant aux survivants, ils ont &#233;t&#233; d&#233;poss&#233;d&#233;s de leurs terres, &#233;parpill&#233;s &#224; travers le Br&#233;sil ou r&#233;duits en esclavage. M&#234;me apr&#232;s l'ind&#233;pendance du Br&#233;sil, ils ont d&#251; attendre 1940 pour &#234;tre finalement reconnus comme communaut&#233; autochtone par l'&#201;tat. C'est seulement &#224; la fin de la dictature militaire (1964-1985) et suite &#224; la promulgation d'une nouvelle Constitution garantissant des droits aux autochtones que la d&#233;marcation, quoiqu'incompl&#232;te de leur territoire ancestral, a &#233;t&#233; homologu&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Une longue lutte&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s avoir saisi la justice &#224; de nombreuses reprises, sans succ&#232;s, les Pankararu ont finalement obtenu l'usufruit d'une parcelle de 142,94 km&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt;. Mais en d&#233;pit de cette reconnaissance fonci&#232;re, et d'une compensation vers&#233;e aux anciens occupants des lieux, ces derniers ont refus&#233; de s'en aller. S'en est suivie une multitude de conflits, jusqu'&#224; ce qu'en 2018, la police militaire finisse par expulser les r&#233;calcitrants. En partant, ces anciens propri&#233;taires terriens ont d&#233;truit maisons, &#233;coles, postes de sant&#233;&#8230; Leur ultime m&#233;fait ? Loin de l&#224; : deux ans plus tard, ils continuent leur entreprise de sabotage en mettant r&#233;guli&#232;rement le feu &#224; certaines infrastructures.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Notre terre a &#233;t&#233; la propri&#233;t&#233; d'autres personnes pendant plusieurs ann&#233;es&lt;/i&gt; &#187;, insiste Eliza Urbano Ramos Pankararu. Professeure et anthropologue, celle qui vit dans une maison au centre d'un village restaur&#233; tient &#224; pr&#233;ciser les fondamentaux de la lutte de son peuple : &#171; &lt;i&gt;Notre r&#233;sistance est avant tout spirituelle. Cette terre est au centre de nos relations avec nos divinit&#233;s.&lt;/i&gt; ? Une r&#233;sistance de longue haleine qui a permis de souder la communaut&#233; &#224; ses rituels ancestraux, que la colonisation a pourtant tent&#233; d'effacer. &#171; &lt;i&gt;La colonisation a d'abord eu pour effet de d&#233;construire cette relation sacr&#233;e &#224; la terre en lui imposant une relation de propri&#233;t&#233;&lt;/i&gt; &#187;, explique Eliza, qui voit une filiation directe entre les anciens colons portugais, l'&#201;tat br&#233;silien actuel et les &#171; &lt;i&gt;squatteurs&lt;/i&gt; &#187; qui exercent une pr&#233;dation sur ces territoires.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Nous avons &#233;t&#233; parqu&#233;s &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Autre spoliation, une partie du territoire ancestral des Pankararu n'a pas &#233;t&#233; incluse dans les 142,94 km&lt;sup&gt;2&lt;/sup&gt; r&#233;cup&#233;r&#233;s : celle qui permet un acc&#232;s au fleuve, particuli&#232;rement strat&#233;gique dans cette r&#233;gion sujette aux s&#233;cheresses. &#171; &lt;i&gt;L'homologation du territoire pankararu nous a rel&#233;gu&#233;s &#224; une dizaine de kilom&#232;tres de la rivi&#232;re. Or, la terre de nos anc&#234;tres &#233;tait sans barbel&#233;s, sans d&#233;limitation : ils fr&#233;quentaient les eaux du fleuve et y r&#233;alisaient leurs rituels. Mais la d&#233;marcation de 1940 nous en a exclus. Et nous ne pouvons plus y retourner depuis la construction du barrage hydro&#233;lectrique. Nous avons donc &#233;t&#233; &#233;loign&#233;s, puis parqu&#233;s dans ce carr&#233; de 14 294 hectares&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Eliza.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Suite &#224; une infructueuse tentative de n&#233;gociation avec la compagnie locale d'&#233;lectricit&#233; (Chesf), les Pankararu sont pass&#233;s &#224; l'action, comme l'explique Washington Ten&#243;rio Silva, repr&#233;sentant spirituel de la communaut&#233; : &#171; &lt;i&gt;Comme nous savions jusqu'o&#249; va r&#233;ellement notre territoire, nous avons d&#233;cid&#233; de l'occuper.&lt;/i&gt; &#187; Depuis quatre ans, quelques familles pankararu occupent une partie de ces terres dans l'espoir d'une future homologation. Mais les membres de la communaut&#233; ne sont pas optimistes : &#171; &lt;i&gt;Nous esp&#233;rions que la Funai viendrait nous aider, mais jusqu'&#224; pr&#233;sent, rien&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Washington. La Funai ? La &#171; Fondation nationale de l'Indien &#187;. Au Br&#233;sil, c'est l'organisme cens&#233; prot&#233;ger les terres des peuples autochtones. Un r&#244;le qu'elle remplit plus ou moins bien en fonction des gouvernements. Or, une des premi&#232;res mesures de Jair Bolsonaro a &#233;t&#233; de lourdement r&#233;duire son budget et ses pouvoirs.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Dans d'autres communaut&#233;s, ils se font carr&#233;ment expulser &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Pour Sarap&#243; Pankararu, vice-cacique, repr&#233;sentant politique de la communaut&#233; pankararu, l'arriv&#233;e de Bolsonaro a marqu&#233; un tournant : &#171; &lt;i&gt;D&#232;s son &#233;lection, il a enlev&#233; la Funai du minist&#232;re de la Justice pour la placer sous le giron du minist&#232;re de l'Agriculture, qui est traditionnellement occup&#233; par les &#8220;ruralistas&#8221;, des ennemis des peuples autochtones.&lt;/i&gt; &#187; Repr&#233;sentants des lobbies de l'agrobusiness, les &lt;i&gt;ruralistas&lt;/i&gt; forment l'un des groupes les plus puissants et organis&#233;s du Parlement br&#233;silien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Selon Washington, la donne est claire : &#171; &lt;i&gt;Bolsonaro passe au-dessus des droits des peuples autochtones. Notre droit &#224; la terre, nous l'avons gagn&#233;, il est inscrit dans la Constitution, mais en arrivant au pouvoir, il a clairement dit qu'il ne donnerait pas un centim&#232;tre de terre aux autochtones. Et encore, dans d'autres communaut&#233;s, ils se font carr&#233;ment expulser.&lt;/i&gt; &#187; Le 22 janvier dernier, le c&#233;l&#232;bre cacique kayapo Raoni a d'ailleurs d&#233;pos&#233; plainte contre le pr&#233;sident br&#233;silien devant la Cour p&#233;nale internationale, suite aux meurtres et expulsions subis par les peuples autochtones.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un m&#233;pris des droits de ces populations qui s'est particuli&#232;rement ressenti pendant la crise sanitaire, lors de laquelle Bolsonaro a brill&#233; par son incomp&#233;tence. Alors que le Sesai (Secr&#233;tariat sp&#233;cial de la sant&#233; indig&#232;ne) a promis l'acc&#232;s au vaccin aux membres des communaut&#233;s autochtones vivant sur un territoire homologu&#233;, il n'a rien garanti pour ceux vivant toujours exclus de leurs terres. Et question d&#233;compte des morts li&#233;s au Covid-19, le nombre de d&#233;c&#232;s au sein des populations autochtones est largement sous-estim&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-center&#034; style=&#034;text-align:center;&#034;&gt;&lt;strong&gt;M&#233;dias et r&#233;seaux sociaux : les nouveaux alli&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Une injustice qu'Alexandre a d&#233;nonc&#233;e sur les r&#233;seaux sociaux, ce qui lui a valu une menace de proc&#232;s de la part du Sesai. Mais cela n'a pas &#233;t&#233; plus loin, gr&#226;ce &#224; une forte mobilisation m&#233;diatique : &#171; &lt;i&gt;Ces derni&#232;res ann&#233;es, notre mani&#232;re de communiquer a &#233;volu&#233;. Avant, nos m&#233;dias &#233;taient plut&#244;t dirig&#233;s vers les Blancs puisque l'acc&#232;s &#233;tait difficile dans nos communaut&#233;s. Maintenant que nous avons acc&#232;s &#224; Internet, notre public s'est agrandi et il est essentiellement autochtone.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; partir de 2004, Alexandre a particip&#233; au lancement de certains des premiers m&#233;dias communautaires autochtones. L'objectif &#233;tait de d&#233;mentir les fausses informations relay&#233;es &#224; leur &#233;gard, mais aussi de d&#233;mystifier l'image v&#233;hicul&#233;e, parfois tr&#232;s exotisante. &#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui, chaque communaut&#233; a son propre r&#233;seau de communication&lt;/i&gt; &#187;, se f&#233;licite-t-il. Des plateformes qui permettent aux Pankararu de d&#233;noncer les menaces des propri&#233;taires terriens et de recevoir un &#233;cho m&#233;diatique favorable de la part de m&#233;dias &lt;i&gt;mainstream&lt;/i&gt;. Si la conjoncture politique est plus mena&#231;ante que jamais, les Pankararu ont d&#233;sormais des leviers pour imposer leur propre r&#233;cit, comme le souligne Eliza : &#171; &lt;i&gt;Ce sont toujours les vainqueurs qui racontent les histoires. Jamais les vaincus. Notre mission, notre r&#233;sistance, c'est de raconter cette histoire du point de vue des vaincus.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Texte &amp; photo : Narimane Baba A&#239;ssa &amp; Lucas Roxo&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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