<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=5624&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1768648935</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Razia, 34 ans : pour que sa mort ne soit pas class&#233;e sans suite &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Razia-34-ans-pour-que-sa-mort-ne</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Razia-34-ans-pour-que-sa-mort-ne</guid>
		<dc:date>2018-11-24T08:08:31Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Collectif Justice et V&#233;rit&#233; pour Razia</dc:creator>


		<dc:subject>police</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
		<dc:subject>femme</dc:subject>
		<dc:subject>menaces</dc:subject>
		<dc:subject>Razia</dc:subject>
		<dc:subject>protection</dc:subject>
		<dc:subject>Besan&#231;on</dc:subject>
		<dc:subject>plainte</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Demandeuse d'asile afghane, Razia a &#233;t&#233; assassin&#233;e le 30 octobre &#224; Besan&#231;on. L'identit&#233; du meurtrier ne fait gu&#232;re de doute : il s'agirait du p&#232;re de ses enfants, un homme violent contre qui elle avait d&#233;pos&#233; plusieurs plaintes . Nous publions ci-dessous une tribune du collectif Justice et V&#233;rit&#233; pour Razia. Ses membres d&#233;noncent les graves manquements du syst&#232;me de protection des victimes de violences conjugales ayant conduit &#224; cette issue fatale. Leur analyse est que dans un contexte (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/police" rel="tag"&gt;police&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/femme" rel="tag"&gt;femme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/menaces" rel="tag"&gt;menaces&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Razia" rel="tag"&gt;Razia&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/protection" rel="tag"&gt;protection&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Besancon" rel="tag"&gt;Besan&#231;on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plainte" rel="tag"&gt;plainte&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Demandeuse d'asile afghane, Razia a &#233;t&#233; assassin&#233;e le 30 octobre &#224; Besan&#231;on. L'identit&#233; du meurtrier ne fait gu&#232;re de doute : il s'agirait du p&#232;re de ses enfants, un homme violent contre qui elle avait d&#233;pos&#233; plusieurs plaintes&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Judiciairement parlant, tout individu reste pr&#233;sum&#233; innocent tant que sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Nous publions ci-dessous une tribune du collectif Justice et V&#233;rit&#233; pour Razia. Ses membres d&#233;noncent les graves manquements du syst&#232;me de protection des victimes de violences conjugales ayant conduit &#224; cette issue fatale. Leur analyse est que dans un contexte institutionnel raciste et sexiste, Razia a &#233;t&#233; victime d'une double peine : elle &#233;tait femme et en demande d'asile.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le 30 octobre 2018&lt;/strong&gt;, Razia est finalement tomb&#233;e sous les coups de couteau de l'homme qu'elle essayait de fuir, Rashid Askari, p&#232;re de ses enfants. Les repr&#233;sentants de l'Etat fran&#231;ais d&#233;clarent aujourd'hui avoir manqu&#233; d'&#233;l&#233;ments pour agir &#224; temps. Des personnes qui l'ont soutenue pendant pr&#232;s de deux ans dans sa lutte pour sauver sa vie et celle de ses enfants d&#233;mentent cette version.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Etienne Manteaux&lt;/strong&gt;, procureur de la R&#233;publique, le 5 novembre : &#171; &lt;i&gt;Avant les faits, nous n'avions pas assez d'&#233;l&#233;ments. Nous n'avions aucun fait objectif.&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;Il n'y avait jamais eu de plainte pour violence contre cet homme &#224; Besan&#231;on en tout cas. Ce n'est pas au mis en cause de pr&#233;senter son innocence, mais au parquet de prouver une culpabilit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence de presse du lundi 5 novembre 2018.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment un tel aveuglement&lt;/strong&gt; est-il possible ? L'assassinat de Razia par son ex-mari fait suite &#224; la longue s&#233;rie de menaces et d'agressions qui a &#233;t&#233; port&#233;e &#224; la connaissance des autorit&#233;s fran&#231;aises depuis deux ans. &#192; Paris, &#224; Toulon, &#224; Marseille et enfin &#224; Besan&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est dans cette derni&#232;re ville&lt;/strong&gt; qu'il y a quelques mois, Razia a fait parvenir &#171; &lt;i&gt;directement au procureur&lt;/i&gt; &#187; par le biais de son avocate &#171; &lt;i&gt;des certificats m&#233;dicaux de l'Unit&#233; de m&#233;decine l&#233;gale pr&#233;conisant dix jours d'ITT&lt;/i&gt; (incapacit&#233; totale de travail, NDLR) &lt;i&gt;pour elle, et 4 jours d'ITT pour chacun de ses deux jeunes enfants&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Selon Solidarit&#233; femmes 25, association de protection des femmes victimes de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Encore auparavant, c'&#233;tait l'&#233;cole o&#249; sont scolaris&#233;s ses enfants qui avait pr&#233;venu la police de la pr&#233;sence mena&#231;ante de Rashid, entra&#238;nant l'intervention d'une patrouille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des mots qui ne comptent pas&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Razia a d&#233;pos&#233; sept plaintes&lt;/strong&gt;, sept r&#233;cits aux d&#233;tails terrifiants. D&#232;s la premi&#232;re d&#233;position, &#224; Marseille, elle d&#233;nonce des faits et non pas des menaces. Razia dit les coups dans le ventre, les strangulations avec son foulard, les menaces avec le
couteau, la douleur des rapports sexuels forc&#233;s, tous les jours. Elle d&#233;nonce la violence exerc&#233;e sur les enfants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Question &lt;/strong&gt;de l'officier de police judiciaire : &#171; &lt;i&gt;Votre fils O. a &#233;t&#233; examin&#233; et pr&#233;sente des douleurs au niveau de l'&#233;paule droite, avec rougeur&lt;/i&gt; (...)&lt;i&gt;. Votre fils S. pr&#233;sente des traces de griffures &#224; l'avant-bras, pouvez-vous me dire ce qui s'est pass&#233; ?&lt;/i&gt; &#187; R&#233;ponse : &#171; &lt;i&gt;Leur p&#232;re les empoigne, pour les retirer de moi, il dit que ce sont ses enfants, il fait ce qu'il veut, il menace de se tuer si j'appelle la police, mais il essaiera d'abord de me tuer.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans la m&#234;me conf&#233;rence de presse&lt;/strong&gt;, le procureur insiste : &#171; &lt;i&gt;Des faits de menaces et d'intimidation ont &#233;t&#233; rapport&#233;s, mais pas de violence. Nous ne pouvions pas savoir.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les trois plaintes&lt;/strong&gt; d&#233;pos&#233;es &#224; Marseille - avec un courage inou&#239; au vu du contexte de terreur - ont &#233;t&#233; class&#233;es sans suite. On ne sait ni par qui ni pourquoi. Est-ce qu'il y aurait eu des suites si la police lui avait signifi&#233; la possibilit&#233; de porter plainte pour viol conjugal&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La pr&#233;somption de consentement dans le cadre du mariage a disparu avec la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; et pas seulement pour &#171; violences aggrav&#233;es &#187; ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; Besan&#231;on&lt;/strong&gt;, ces plaintes, comme les suivantes, sont jug&#233;es insuffisantes pour d&#233;clencher une mesure de protection. Pour &#171; &lt;i&gt;pouvoir savoir&lt;/i&gt; &#187;, les autorit&#233;s
demandent des &#171; &lt;i&gt;&#233;l&#233;ments objectifs&lt;/i&gt; &#187; non pas &#224; Razia mais aux personnes qui l'ont aid&#233;e pendant sa fuite plusieurs mois auparavant. Alors que l'agresseur est &#224; ce moment-l&#224; &#224; Besan&#231;on o&#249; il terrifie Razia d&#232;s qu'elle sort de l'appartement de Femmes Solidarit&#233;. Ses enfants finiront d&#233;scolaris&#233;s et elle enferm&#233;e jour et nuit pendant de longs mois, dans l'attente de la d&#233;cision de la mesure de protection.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Une image qui ne correspond pas &#224; la norme victimaire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On ne l'&#233;coute pas&lt;/strong&gt;, on ne la lit pas, mais on la regarde, en noir et blanc muet sur une vid&#233;o de surveillance devant l'&#233;cole. On interpr&#232;te son comportement, avec tous les biais sexistes et culturalistes : face &#224; son agresseur, sa gestuelle n'est pas celle d'une femme apeur&#233;e mais &#171; &lt;i&gt;v&#233;h&#233;mente&lt;/i&gt; &#187;, elle n'est donc pas consid&#233;r&#233;e en danger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Les exploitations vid&#233;o&lt;/strong&gt; laissaient appara&#238;tre une plaignante v&#233;h&#233;mente par rapport &#224; son mari. On ne dit pas que Madame &#233;tait agresseur, on avait le sentiment &#224; la lecture des vid&#233;os que la femme &#233;tait plus v&#233;h&#233;mente, on n'avait que l'image.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me conf&#233;rence de presse du lundi 5 novembre 2018.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette sc&#232;ne a lieu&lt;/strong&gt; alors qu'une mesure de protection est enfin ordonn&#233;e et que l'agresseur a re&#231;u une interdiction d'approcher Razia, mais cela n'est absolument pas pris en compte par la police. Quand elle &#233;tait silencieuse, elle &#233;tait vue comme une &#233;pouse &#171; normalement domin&#233;e &#187; alors qu'elle &#233;tait terrifi&#233;e par les menaces de mort de son ex-mari. Appuy&#233; par des personnes influentes de la communaut&#233; afghane de Marseille, il avait r&#233;ussi &#224; lui faire quitter Toulon o&#249; elle &#233;tait &#224; l'abri, et &#224; lui faire d&#233;poser une demande d'asile avec lui &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Au nom du p&#232;re&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; la Pada&lt;/strong&gt; (Plateforme d'accueil des demandeurs d'asile) de Marseille, aucune information n'ayant &#233;t&#233; transmise sur les raisons de la s&#233;paration administrative de Razia et M. Askari, la personne qui les accueille pour r&#233;diger le r&#233;cit pour
l'Ofpra (Office fran&#231;ais de protection des r&#233;fugi&#233;s et apatrides) accepte que le chef de famille dicte le r&#233;cit sans que Razia ne prononce un seul mot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Plus tard&lt;/strong&gt;, c'est en toute connaissance du danger encouru par Razia que la S&#233;curit&#233; sociale n'a pas enregistr&#233; les enfants sous le num&#233;ro d'identification de leur m&#232;re. Le motif ? Les actes de naissances afghans ne mentionnant pas la m&#232;re, la
filiation n'est &#233;tablie qu'avec le p&#232;re. Apr&#232;s les soins, la CPAM (Caisse primaire d'assurance maladie) lui envoie donc les relev&#233;s, ce qui lui permet de localiser
Razia et les enfants &#224; Besan&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les traducteurs &lt;/strong&gt;et autres &#171; personnes de confiance &#187; des autorit&#233;s sont tous des alli&#233;s du mari. Le traducteur de la premi&#232;re plainte s'empresse de divulguer &#224; la communaut&#233; afghane de Marseille la d&#233;marche de Razia, ce qui lui vaudra encore plus de pressions pour la dissuader de porter plainte. Lors de la troisi&#232;me plainte, alors que Razia a chang&#233; plusieurs fois de num&#233;ro de t&#233;l&#233;phone, celui qu'elle donne &#224; la police sera aussit&#244;t livr&#233; au mari.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Des institutions peu ou pas r&#233;actives&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;SOS Femmes&lt;/strong&gt; a mis trois mois &#224; trouver dans son r&#233;seau un h&#233;bergement hors de Marseille. Le principal frein est l'absence de financement Caf (Caisse d'allocations familiales) ou Ofii (Office fran&#231;ais de l'immigration et de l'int&#233;gration&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Qui glose ainsi sur son site internet : &#171; Fid&#232;le &#224; sa tradition d'accueil et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;), sans parler du manque de moyens humains, avec du personnel non remplac&#233; pendant les cong&#233;s. Il y avait bien une place libre dans un centre d'accueil pour femmes victimes de violence en Ard&#232;che, mais la commission des financeurs a refus&#233; de la lui attribuer car en tant que r&#233;fugi&#233;e, elle relevait de l'Ofii.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pendant l'&#233;t&#233; 2017&lt;/strong&gt;, Razia n'a pas trouv&#233; d'aide hors des r&#233;seaux alternatifs f&#233;ministes pour &#233;chapper &#224; son assassin. L'Ofii, saisi d'une demande d'h&#233;bergement hors Marseille pour &#233;loignement d'une personne en danger de mort depuis juillet 2017, n'a jamais daign&#233; r&#233;pondre, malgr&#233; plusieurs relances de la Pada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'Ofpra a mis onze mois&lt;/strong&gt; - un d&#233;lai exceptionnellement long - pour r&#233;pondre &#224; la demande d'asile de Razia, apr&#232;s l'entretien o&#249; elle s'est expliqu&#233;e sur son authentique r&#233;cit de vie et a d&#233;nonc&#233; les menaces de mort. La r&#233;ponse, positive, a &#233;t&#233; post&#233;e trois jours apr&#232;s sa mort.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La double peine : femme et en demande d'asile&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;J'entends l'incompr&#233;hension&lt;/strong&gt; et l'&#233;motion. La question qui se pose c'est : qu'est-ce qu'on peut faire ?&lt;/i&gt;, s'est interrog&#233; Monsieur le procureur. &lt;i&gt;Modestement, je n'ai pas la solution.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Conf&#233;rence de presse pr&#233;cit&#233;e du lundi 5 novembre 2018.&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La mort &lt;/strong&gt; de Razia, femme d'exception qui a pu r&#233;sister pendant des ann&#233;es &#224; la domination patriarcale, ne doit surtout pas &#234;tre transform&#233;e en le&#231;on de fatalisme, f&#251;t-elle &#171; modeste &#187; comme celle du procureur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'assassinat &lt;/strong&gt;de Razia est un f&#233;minicide&lt;a href=&#034;#nb8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le f&#233;minicide n'est pas reconnu dans la loi fran&#231;aise ; la cat&#233;gorie &#171; (&#8230;)&#034; id=&#034;nh8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;, exactement comme les 200 autres commis en France chaque ann&#233;e, ind&#233;pendamment du contexte religieux ou culturel de chaque cas. Elle a &#233;t&#233; tu&#233;e par un homme qui pense avoir droit de vie ou de mort sur elle parce qu'elle est &#171; sa &#187; femme. Ceci est rendu possible par les actions et par les inactions institutionnelles d'un pays, la France, rong&#233; par le sexisme quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pourquoi le syst&#232;me de &#171; protection &#187;&lt;/strong&gt; de ce pays n'est-il qu'un leurre ? Est-ce &#224; cause du manque de moyens policiers ou judiciaires que g&#233;n&#233;ralement les deux premi&#232;res demandes de protection sont class&#233;es sans suite, qu'&#224; la troisi&#232;me plainte l'agresseur n'est convoqu&#233; qu'une petite heure, que la mise en route de l'ordonnance de protection prend toujours plusieurs mois ? Est-ce par modestie que le l&#233;gislateur appelle &#171; mesure de protection &#187; une simple injonction &#224; l'agresseur de ne pas approcher l'agress&#233;e ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Menteuses, manipulatrices&lt;/strong&gt;, voleuses d'enfants... la parole des femmes victimes de violence n'est jamais l&#233;gitime. Les demandeuses d'asile sont, en plus, par racisme, soup&#231;onn&#233;es de faire ces d&#233;marches pour avoir des papiers ; elles ont rarement acc&#232;s &#224; des traductions ind&#233;pendantes de pression sociale ou politique. En situation pr&#233;caire, isol&#233;es, elles d&#233;pendent plus encore que d'autres des institutions de ce pays. Alors cessons le d&#233;ni : il y avait, et il y a des solutions.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Collectif V&#233;rit&#233; et Justice pour Razia&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;i&gt;(collectif-justice-et-verite-pour-razia@riseup.net)&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Judiciairement parlant, tout individu reste pr&#233;sum&#233; innocent tant que sa culpabilit&#233; n'est pas formellement &#233;tablie.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Conf&#233;rence de presse du lundi 5 novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Selon Solidarit&#233; femmes 25, association de protection des femmes victimes de violences conjugales : &lt;a href=&#034;https://france3-regions.francetvinfo.fr/bourgogne-franche-comte/doubs/besancon/meurtre-razia-besancon-combien-plaintes-razia-aurait-elle-du-deposer-encore-s-interroge-solidarite-femmes-1569760.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;lire l'article de France 3 Bourgogne-Franche-Comt&#233;&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La pr&#233;somption de consentement dans le cadre du mariage a disparu avec la loi du 9 juillet 2010. L'article 222-22 du code p&#233;nal pr&#233;voit d&#233;sormais : &#171; &lt;i&gt;Le viol et les autres agressions sexuelles sont constitu&#233;s lorsqu'ils ont &#233;t&#233; impos&#233;s &#224; la victime&lt;/i&gt; (...) &lt;i&gt;quelle que soit la nature des relations existant entre l'agresseur et sa victime, y compris s'ils sont unis par les liens du mariage.&lt;/i&gt; &#187; C'est aussi une circonstance aggravante de la peine, jusqu'&#224; 20 ans (au lieu de 15 ans)&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#234;me conf&#233;rence de presse du lundi 5 novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Qui glose ainsi sur son &lt;a href=&#034;http://www.ofii.fr/qui-sommes-nous&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;site internet&lt;/a&gt; : &#171; &lt;i&gt;Fid&#232;le &#224; sa tradition d'accueil et d'int&#233;gration, la France conduit, en mati&#232;re d'immigration, une politique faite de g&#233;n&#233;rosit&#233; et d'humanisme avec, comme ligne d'horizon, le d&#233;passement des valeurs d'origine et l'adh&#233;sion &#224; des valeurs communes qui sont celles de la R&#233;publique&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Conf&#233;rence de presse pr&#233;cit&#233;e du lundi 5 novembre 2018.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le f&#233;minicide n'est pas reconnu dans la loi fran&#231;aise ; la cat&#233;gorie &#171; homicide &#187; n'a que deux sous-cat&#233;gories : parricide et infanticide. La loi du 27 janvier 2017 permet d'aggraver les crimes ou d&#233;lits commis en raison du sexe de la victime.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Une femme &#224; l'heure des LIP </title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Une-femme-a-l-heure-des-LIP</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Une-femme-a-l-heure-des-LIP</guid>
		<dc:date>2018-02-03T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Christophe Goby</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>l'usine</dc:subject>
		<dc:subject>left</dc:subject>
		<dc:subject>avril</dc:subject>
		<dc:subject>Monique</dc:subject>
		<dc:subject>Besan&#231;on</dc:subject>
		<dc:subject>entreprise horlog&#232;re</dc:subject>
		<dc:subject>LIP</dc:subject>
		<dc:subject>Monique Piton</dc:subject>
		<dc:subject>d&#233;mantel&#233;e</dc:subject>
		<dc:subject>entreprise</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Avril 1973, une entreprise horlog&#232;re de Besan&#231;on est rachet&#233;e pour &#234;tre d&#233;mantel&#233;e. Monique Piton a 39 ans et cherche le grand amour en jouant au bowling. &#171; Je voudrais me battre, prendre la parole, faire des choses difficiles, magnifiques et utiles. &#187; &#199;a tombe bien. L'histoire qui commence va &#234;tre une des plus belles exp&#233;riences d'autogestion qu'a connues la France. L'usine emploie 60% de femmes et fabrique des montres, on s'y ennuie comme dans toutes les usines du monde. On ne se conna&#238;t (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no135-septembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;135 (septembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-usine" rel="tag"&gt;l'usine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/left" rel="tag"&gt;left&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/avril" rel="tag"&gt;avril&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Monique" rel="tag"&gt;Monique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Besancon" rel="tag"&gt;Besan&#231;on&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/entreprise-horlogere" rel="tag"&gt;entreprise horlog&#232;re&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/LIP" rel="tag"&gt;LIP&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Monique-Piton" rel="tag"&gt;Monique Piton&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/demantelee" rel="tag"&gt;d&#233;mantel&#233;e&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/entreprise" rel="tag"&gt;entreprise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2002 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH398/-290-c2673.jpg?1768656090' width='400' height='398' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Avril 1973, une entreprise horlog&#232;re de Besan&#231;on est rachet&#233;e pour &#234;tre d&#233;mantel&#233;e. Monique Piton a 39 ans et cherche le grand amour en jouant au bowling. &#171; &lt;i&gt;Je voudrais me battre, prendre la parole, faire des choses difficiles, magnifiques et utiles.&lt;/i&gt; &#187; &#199;a tombe bien. L'histoire qui commence va &#234;tre une des plus belles exp&#233;riences d'autogestion qu'a connues la France. L'usine emploie 60% de femmes et fabrique des montres, on s'y ennuie comme dans toutes les usines du monde. On ne se conna&#238;t pas. On y meurt &#224; petit feu. Face &#224; la fermeture, un comit&#233; d'action se cr&#233;e et va r&#233;aliser de grandes choses. Ils commencent par ralentir et saboter le travail en ne communiquant plus les chiffres de la production. Tic tac tic tac. Des affiches apparaissent : &#171; &lt;i&gt; Interdiction d'aller &#224; plus de 60%&lt;/i&gt; &#187;. Au fil des jours, la cadence ralentit &#224; 30%... tandis que l'imagination ne cesse d'exploser &#224; LIP. Le bonheur rena&#238;t chaque jour, l'amour en plus, avec Michel, un prof venu du Haut-Doubs. &#171; &lt;i&gt;On se rencontre dans les couloirs ou les ateliers, on se sourit.&lt;/i&gt; &#187; Sourire. Comme une preuve du changement. Et les femmes ? Des lionnes qui jettent des chaises sur la police, qui insultent durant des heures les CRS venus occuper l'usine, des enrag&#233;es qui affrontent les gaz lacrymog&#232;nes avec les jeunes gauchistes venus de Bretagne ou du Larzac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les CRS pleurent d'humiliation. La rage du peuple ? Plut&#244;t sa revanche tranquille. Quand Monique part quelques jours en vacances avec son autocollant LIP &#224; l'arri&#232;re de sa R8 et qu'elle est accroch&#233;e par des ouvriers sur la route. Tous veulent l'entendre, tous veulent savoir ce qui se passe &#224; LIP. &#192; l'usine, on se pr&#233;pare comme en temps de guerre. On planque le butin, des milliers de montres, on pr&#233;pare des actions : de tous les coins de France, les ouvriers sont pr&#234;ts &#224; d&#233;brayer en cas d'affrontement ou d'occupation ; &#171; &lt;i&gt;Pendant ce temps les cadres errent mis&#233;rablement dans l'usine, discutent dans les coins.&lt;/i&gt; &#187; Mouloudji et Simone Bartel viennent chanter au Palais des Sports. &#171; &lt;i&gt; Ils chantent la Commune&#8230; et LIP, c'est un peu la Commune.&lt;/i&gt; &#187; Monique apprend des paroles comme&#8230; &#171; &lt;i&gt;Debout, debout, vieux r&#233;volutionnaires&lt;/i&gt; &#187;, tir&#233;es du &#171; Triomphe de l'anarchie &#187; de Charles D'Avray. Elle y trouve les mots qui correspondent &#224; ce qu'elle vit &#224; LIP. Ce r&#233;cit contient plusieurs heures d'enthousiasme et de bonheur populaires. Sans mod&#233;ration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A lire : &lt;i&gt;C'est possible ! Une femme au c&#339;ur de la lutte des LIP (1973-1974)&lt;/i&gt;, Monique Piton, L'&#233;chapp&#233;e, 2015, 22 euros. 381 pages. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
