<?xml 
version="1.0" encoding="utf-8"?><?xml-stylesheet title="XSL formatting" type="text/xsl" href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?page=backend.xslt" ?>
<rss version="2.0" 
	xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/"
	xmlns:content="http://purl.org/rss/1.0/modules/content/"
	xmlns:atom="http://www.w3.org/2005/Atom"
>

<channel xml:lang="fr">
	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
	<link>https://cqfd-journal.org/</link>
	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
	<language>fr</language>
	<generator>SPIP - www.spip.net</generator>
	<atom:link href="https://www.cqfd-journal.org/spip.php?id_mot=5548&amp;page=backend" rel="self" type="application/rss+xml" />

	<image>
		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
		<url>https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L144xH50/siteon0-2-e90fe.png?1779602680</url>
		<link>https://cqfd-journal.org/</link>
		<height>50</height>
		<width>144</width>
	</image>



<item xml:lang="fr">
		<title>Karim Berrouka : &#171; La fin du monde, c'est le paradis des punks &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Karim-Berrouka-La-fin-du-monde-c</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Karim-Berrouka-La-fin-du-monde-c</guid>
		<dc:date>2018-12-09T16:21:08Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Patrick Cockpit</dc:creator>


		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>n'est</dc:subject>
		<dc:subject>Ludwig Von</dc:subject>
		<dc:subject>Ludwig</dc:subject>
		<dc:subject>punks</dc:subject>
		<dc:subject>litt&#233;rature</dc:subject>
		<dc:subject>album</dc:subject>
		<dc:subject>Berrouka</dc:subject>
		<dc:subject>nouvel album</dc:subject>
		<dc:subject>zombies</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Interviewer Karim Berrouka, figure du groupe punk Ludwig Von 88 et auteur fantaisiste de fantasy et de S. F. rel&#232;ve d'une gageure. Pas facile de rester s&#233;rieux plus de deux secondes&#8230; Mais au final on obtient quand m&#234;me un scoop ! Vos deux derniers livres traitent de punks, d'apocalypse, de zombies et du mythe de Cthulhu . Vous les avez con&#231;us comme une sorte de diptyque ? &#171; Tout &#224; fait. Entre le poulpe et le punk, il y a plus que deux lettres en commun : il y a une culture de la (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Les-echos-du-Chien-rouge" rel="directory"&gt;Les &#233;chos du Chien rouge&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/n-est" rel="tag"&gt;n'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ludwig-Von" rel="tag"&gt;Ludwig Von&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ludwig" rel="tag"&gt;Ludwig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/punks" rel="tag"&gt;punks&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/litterature" rel="tag"&gt;litt&#233;rature&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/album" rel="tag"&gt;album&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Berrouka" rel="tag"&gt;Berrouka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nouvel-album" rel="tag"&gt;nouvel album&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/zombies" rel="tag"&gt;zombies&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Interviewer Karim Berrouka, figure du groupe punk Ludwig Von 88 et auteur fantaisiste de &lt;i&gt;fantasy&lt;/i&gt; et de S. F. rel&#232;ve d'une gageure. Pas facile de rester s&#233;rieux plus de deux secondes&#8230; Mais au final on obtient quand m&#234;me un scoop !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2687 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH714/-947-b14ec.jpg?1779652018' width='500' height='714' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vos deux derniers livres traitent de punks, d'apocalypse, de zombies et du mythe de Cthulhu&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le mythe de Cthulhu est inspir&#233; de l'univers fantastique de l'&#233;crivain (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Vous les avez con&#231;us comme une sorte de diptyque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout &#224; fait. Entre le poulpe et le punk, il y a plus que deux lettres en commun : il y a une culture de la r&#233;bellion, une aspiration &#224; l'&#233;galit&#233;, une tendance forte &#224; l'&#233;mergence de l'anarchie. Toutefois, on pourrait consid&#233;rer que Cthulhu pr&#244;ne plus le chaos que l'anarchie, mais ce serait le confondre avec Azathoth&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Sultan des D&#233;mons &#187; dans le mythe de Cthtulhu.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; qui est le nihiliste supr&#234;me, un peu surcot&#233; toutefois vu qu'il n'a pas &#034;nihil&#233;&#034; grand-chose jusqu'&#224; pr&#233;sent (ou du moins rien de significatif compar&#233; &#224; ce que nous, humains, &#034;nihilons&#034; quotidiennement). Mais l'important n'est pas l&#224;. Mes trois romans suivent une progression logique. Math&#233;matique m&#234;me. Le premier est jaune, le second est rouge, est le dernier est vert. D'aucuns pensent que c'est l&#224; un hommage &#224; Bob Marley. Ce sont des sots. Quand mon prochain romain para&#238;tra, le code couleur sera complet et le monde entier d&#233;couvrira l'ampleur de mon g&#233;nie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme souvent chez vous, on note un glissement du s&#233;rieux vers l'humour, et r&#233;ciproquement.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; C'est que les pentes sont glissantes en ces temps. Mais c'est la faute au gouvernement. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est une particularit&#233; qui nous renvoie &#224; votre premi&#232;re vie, en tant que chanteur et parolier pour le groupe Ludwig Von 88.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; En effet, j'ai deux vies, ce qui est tient du surnaturel, il faut le souligner. Je suis double. D'un c&#244;t&#233; &#233;crivain ignor&#233; des masses, adul&#233; par sa m&#232;re. De l'autre, chanteur rive gauche de punk approximatif adul&#233; par la foule, d&#233;test&#233; par ma m&#232;re. Ce qui, r&#233;guli&#232;rement, d&#233;bouche &#224; des acc&#232;s de schizophr&#233;nie. Mais j'ai toute la collection des Cyrulnik alors, quand je vais mal, &#231;a me fait du bien. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vos chansons fonctionnent un peu de la m&#234;me fa&#231;on que vos livres. Il y a un c&#244;t&#233; &#171; &#233;clat de rire &#187; qui dissimule une r&#233;alit&#233; souvent atroce. Le rire, seule arme contre l'horreur et l'injustice ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout &#224; fait. Il est bien connu que les r&#233;gimes totalitaires s'effondrent toujours quand des bataillons de comiques montent &#224; l'assaut. Le rire, c'est l'arme ultime. Moi-m&#234;me, j'arrive &#224; me mettre KO en me racontant des blagues de Toto. Concernant l'injustice, je ne crois pas que le rire puisse y rem&#233;dier. Il n'est jamais employ&#233; dans nos tribunaux, garants de justice et d'&#233;galit&#233;, ni par notre gouvernement, garant d'&#233;galit&#233; et de justice. C'est bien la preuve qu'il n'est pas tr&#232;s efficace. Ou peut-&#234;tre l'est-il, vraiment, et on nous ment. Tout cela est une conspiration pour conserver les basses et moyennes classes sociales dans un obscurantisme d&#233;pressif, o&#249; l'on &#233;coute du Joy Division en citant du Jean d'Ormesson. Plus s&#233;rieusement : votre question n'est pas dr&#244;le. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2686 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/-946-3ef4d.jpg?1779638993' width='500' height='500' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cette s&#233;paration entre le Berrouka auteur et le Berrouka chanteur est-elle complexe &#224; g&#233;rer ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Absolument pas. Gr&#226;ce &#224; la PNL [programmation neuro-linguistique], je m'automanage en douceur. J'arrive m&#234;me &#224; m'automanipuler. Ma vie est un exemple pour les entreprises fran&#231;aises. Je suis un start-up individu ! &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On vous imagine &#224; la campagne, entour&#233; de chats, devant un feu de chemin&#233;e, v&#234;tu d'un gros pull en laine, occup&#233; &#224; &#233;crire romans et chansons, devant un grand bol de Ricor&#233;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous me confondez avec Georges Brassens, jeune homme. J'habite un manoir hant&#233; en Cornouailles avec des cochons domestiques et je bois du keffir. En ce qui concerne les chansons et les romans, je suis &#224; la pointe de la modernit&#233;, du progr&#232;s : ils sont &#233;crits par des enfants chinois ou des militants de l'ultragauche fran&#231;ais d&#233;tenus pour possession de tracts subversifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de votre place au sein de la litt&#233;rature fran&#231;aise contemporaine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; J'y suis tr&#232;s bien, m&#234;me si personne n'a remarqu&#233; que j'y occupe un si&#232;ge. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Que pensez-vous de la litt&#233;rature fran&#231;aise contemporaine ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Elle est pleine d'auteurs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur quoi travaillez-vous en ce moment ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une table. J'ai essay&#233; la pelouse mais avec le temps qui fra&#238;chit, la brume qui se l&#232;ve, je sens poindre mes douleurs de rhumatisme. Pourtant, pr&#232;s de la terre, pr&#232;s de la racine de toutes les sources, je me sentais l'&#226;me d'un Pierre Rabhi revenu &#224; la ruralit&#233;, faisant pousser des navets par la force du Seigneur, &#233;lu label bio par la gr&#226;ce de Dieu. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Sur un album ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Non, j'ai dit une table. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un album de quoi ? Un nouvel album des Ludwig von 88 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Vous &#234;tes insistant, vous... OK. Un nouvel album des Ludwig dont le nom est &#224; ce jour inconnu de tous, m&#234;me des Ludwig, mais qui sortira en juin avec plein de titres embl&#233;matiques, parfaits pour l'insurrection qui se fait attendre, et que l'on sera encourag&#233; de chanter dans les manifs au rythme des matraques, ou dans les ge&#244;les o&#249; nous allons tous finir si nous continuons &#224; refuser de croire que le n&#233;o-lib&#233;ralisme sauvera le monde. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2688 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;6&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH715/-948-59ee1.jpg?1779652018' width='500' height='715' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;D.R.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Reprenons. Dans &lt;i&gt;Le Club des punks contre l'apocalypse zombie&lt;/i&gt;, vous d&#233;crivez une apocalypse zombie au beau milieu de laquelle survivent, en plein Paris, quelques punks d&#233;s&#339;uvr&#233;s. La marginalit&#233; comme moyen de survie ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Les histoires de zombies mettent toujours en exergue la marginalit&#233;. Quand il reste 500 humains pour 5 milliards de zombies, il n'y a pas plus marginal. Maintenant, pour pimenter l'affaire et rester un poil plus r&#233;aliste, le survivant, dans ce livre, n'est pas un survivaliste de l'Idaho, arm&#233; d'une vingtaine de fusils d'assaut avec un stock in&#233;puisable de munitions et de testost&#233;rone. Non, il vit dans un squat &#224; Paris et ne poss&#232;de aucune arme car il a eu le bons sens de ne pas &#234;tre chasseur. Ce qui fait de lui le survivant parfait : il survivait d&#233;j&#224; avant la fin du monde, rien ne change vraiment apr&#232;s. Il &#233;tait poursuivi par la police, il l'est maintenant par des zombies. On voulait son &#226;me avant. D&#233;sormais on ne veut plus que sa cervelle (qu'il jamais vraiment eue). La fin du monde, c'est le paradis des punks. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et le titre du nouvel album des Ludwig von 88 ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je vous laisse choisir. C'est une cr&#233;ation participative. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans votre roman Celle qui n'avait pas peur de Cthulhu, vous mettez en sc&#232;ne une jeune fille aux prises avec plusieurs organisations de cingl&#233;s qui &#339;uvrent dans l'ombre pour le retour du Grand Ancien et l'apocalypse. C'est une obsession, chez vous, l'apocalypse.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tout &#224; fait. Comme il semble improbable qu'on puisse un jour inverser la tendance, r&#233;parer les pots cass&#233;s, gu&#233;rir du capitalisme, autant repartir sur des bases saines. Du pass&#233;, faisons table rase. De la civilisation, faisons un champ de compost biodynamique. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui vous pla&#238;t dans la litt&#233;rature fantastique ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le fait que son manque de cr&#233;dibilit&#233; soit intrins&#232;que au genre. Cela permet de raconter n'importe quoi, comme en litt&#233;rature g&#233;n&#233;rale, sans souci du r&#233;alisme, comme en litt&#233;rature g&#233;n&#233;rale, mais au final sans avoir l'air d'un fagotin, puisque c'&#233;tait, contrairement &#224; la litt&#233;rature originale, le but. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelques livres de chevet &#224; nous conseiller ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Tous les Rushdie, tous les Marie N'Diaye, tous les Beckett, tous les Mike Davis, tous le Hilsenrath, tous les livres des &#233;ditions Libertalia et de L'&#201;chapp&#233;e. Et, n'oublions pas ce qui est inoubliable, tous les Berrouka (surtout les pires). &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Patrick Cockpit&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#192; lire aussi&lt;/h3&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; &lt;strong&gt;No future, sauf si t'as une cr&#234;te &#8211; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/L-invasion-des-punks-vivants' class=&#034;spip_in&#034;&gt;L'invasion des punks vivants&lt;/a&gt; &gt;&lt;/strong&gt; Une recension du &lt;i&gt;Club des punks contre l'apocalypse zombie&lt;/i&gt;, le dernier livre de Karim Berrouka, publi&#233;e dans le dossier &#034;Apocalypse&#034; du n&#176;171 de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, en kiosque.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le mythe de Cthulhu est inspir&#233; de l'univers fantastique de l'&#233;crivain am&#233;ricain Howard Phillips Lovecraft, puis d'August Derleth, o&#249; les forces extra-terrestres des &#171; Dieux Anciens &#187; attendent leur r&#233;veil.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Sultan des D&#233;mons &#187; dans le mythe de Cthtulhu.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Karimouche : du stand-up au chant, l'&#233;nergie de la sc&#232;ne</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Karimouche-du-stand-up-au-chant-l</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Karimouche-du-stand-up-au-chant-l</guid>
		<dc:date>2015-06-01T03:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Victor Delfim</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>m'a</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>puis j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>Lyon</dc:subject>
		<dc:subject>album</dc:subject>
		<dc:subject>sc&#232;ne</dc:subject>
		<dc:subject>K&#228;fig</dc:subject>
		<dc:subject>concerts</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Elle a sign&#233; son premier album, Emballage d'origine, en 2010 (Atmosph&#233;riques), puis a &#233;cum&#233; les sc&#232;nes. La voici de retour avec Action (Pias/Blue Line, dans les bacs depuis le 29 mars), un joli disque de dix titres o&#249; elle d&#233;ploie une nouvelle fois sa voix exceptionnelle. Elle &#233;tait sur sc&#232;ne le 6 mars &#224; Paris, pour un show quasi intimiste tout en beaut&#233;. On en a profit&#233; pour lui poser quelques questions. Chanteuse sensible et danseuse redoutable, Karimouche est une artiste &#224; d&#233;couvrir. Tu (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no131-avril-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;131 (avril 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Page-Musique" rel="tag"&gt;Page Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Victor-Delfim" rel="tag"&gt;Victor Delfim&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/m-a" rel="tag"&gt;m'a&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/puis-j-ai" rel="tag"&gt;puis j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lyon" rel="tag"&gt;Lyon&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/album" rel="tag"&gt;album&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/scene" rel="tag"&gt;sc&#232;ne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Kafig" rel="tag"&gt;K&#228;fig&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/concerts" rel="tag"&gt;concerts&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Elle a sign&#233; son premier album,&lt;i&gt; Emballage d'origine&lt;/i&gt;, en 2010 (Atmosph&#233;riques), puis a &#233;cum&#233; les sc&#232;nes. La voici de retour avec &lt;i&gt;Action&lt;/i&gt; (Pias/Blue Line, dans les bacs depuis le 29 mars), un joli disque de dix titres o&#249; elle d&#233;ploie une nouvelle fois sa voix exceptionnelle. Elle &#233;tait sur sc&#232;ne le 6 mars &#224; Paris, pour un show quasi intimiste tout en beaut&#233;. On en a profit&#233; pour lui poser quelques questions. Chanteuse sensible et danseuse redoutable, Karimouche est une artiste &#224; d&#233;couvrir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1482 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH360/p13_coverkarimouche-a60b4.png?1779604738' width='400' height='360' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu arrives tout juste de Lyon, c'est ta ville d'adoption ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En fait, je suis lyonnaise depuis une quinzaine d'ann&#233;es. Je suis n&#233;e &#224; Angoul&#234;me, j'ai fait des &#233;tudes &#224; Montargis puis &#224; Paris, et enfin je me suis install&#233;e &#224; Lyon. J'y suis arriv&#233;e en 2000, je travaillais d&#233;j&#224; avec la compagnie K&#228;fig comme costumi&#232;re et comme danseuse. Dans les faits, je vis la moiti&#233; du temps &#224; Paris, quand je n'ai pas mon fils. Je suis moi aussi en &#171; garde altern&#233;e &#187;. Toute mon &#233;quipe est &#224; Lyon, on r&#233;p&#232;te donc l&#224;-bas, dans le local d'un de mes musiciens.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu soutiens en ce moment &lt;i&gt;Action&lt;/i&gt;, ton nouvel et deuxi&#232;me album. Pas trop de pression ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai le trac. J'ai toujours le trac. M&#234;me &#224; l'&#233;poque o&#249; je faisais du stand-up, tant cette peur est un moteur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ton id&#233;e, c'est de tourner autant que possible ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui, on est d&#233;j&#224; partis pour quelque 80 concerts, mais j'aimerais en faire davantage. J'aime la sc&#232;ne. J'ai fait 400 concerts &#224; la suite du premier album, 400 concerts en quatre ans, c'est le bon rythme. Et puis la sc&#232;ne, c'est plus qu'une passion, c'est aussi mon gagne-pain !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;J'avais vu un de tes concerts &#224; la f&#234;te de Lutte ouvri&#232;re en 2011, et ce qui m'avait marqu&#233;, c'&#233;tait ton &#233;nergie sur sc&#232;ne. Tu n'avais qu'un musicien &#224; l'&#233;poque ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur ce concert, il y avait eu une panne ! Il avait fallu redoubler d'&#233;nergie. G&#233;n&#233;ralement, je tourne avec deux musiciens, mais en ce moment, on est cinq. Ce nouvel album, il m'a fallu dix-huit mois pour en venir &#224; bout. J'ai &#224; nouveau collabor&#233; avec Mouss et Hakim, j'ai donc fait pas mal de sessions &#224; Toulouse. Et puis j'ai rencontr&#233; Lionel Suarez (accord&#233;oniste), qui m'a emmen&#233;e dans d'autres contr&#233;es, qui m'a pouss&#233;e &#224; chanter davantage. J'ai travaill&#233; les m&#233;lodies avec une guitare ou un accord&#233;on tandis que pour le premier album, je travaillais d'abord sur la rythmique. Peut-&#234;tre que pour le troisi&#232;me album, je ferai quelque chose de plus minimaliste car ce nouveau disque est tr&#232;s riche musicalement. En musique, je suis autodidacte, je dois donc beaucoup aux propositions de Lionel. On a fait des sessions de travail de 9 heures du matin &#224; minuit, pendant plusieurs jours de suite, puis on rodait les morceaux sur sc&#232;ne en fin de semaine. Je les ai test&#233;s de juin 2014 &#224; aujourd'hui, on a tourn&#233; &#224; Mayotte et au Canada.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu peux revenir sur ton parcours de com&#233;dienne, puis avec K&#228;fig ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avec la compagnie de danse K&#228;fig, on a fait des tourn&#233;es magnifiques de plusieurs semaines en Asie et au Moyen-Orient. Mais j'ai d'abord &#233;t&#233; com&#233;dienne, j'ai commenc&#233; le th&#233;&#226;tre &#224; l'&#226;ge de 12 ans. Puis j'ai fait du stand-up &#224; partir de l'&#226;ge de 18 ans. En parall&#232;le, j'ai suivi une formation dans une &#233;cole de mode. &#192; Lyon, je donnais des cours de th&#233;&#226;tre la journ&#233;e, faisais du stand-up le soir au Nombril du monde, et travaillais parall&#232;lement comme costumi&#232;re pour K&#228;fig. Dans ce m&#233;tier, si tu veux t'en sortir, il vaut mieux avoir plusieurs cordes &#224; ton arc. J'ai fait aussi beaucoup de doublage de jeux vid&#233;o. J'ai toujours chant&#233;, mais chanter mes textes devant des gens, je n'aurais jamais cru que je le ferai.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Il y a un c&#244;t&#233; court-m&#233;trage pour chaque morceau de ce nouvel album, non ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Oui. Western ou sixties. &#171; Dans la lune &#187;, je l'ai &#233;crit chez moi, dans un &#233;tat un peu m&#233;lancolique. &#171; La Noiraude &#187;, c'est une r&#233;f&#233;rence &#224; la vache du dessin anim&#233;, c'est un morceau qui groove et qui est un peu barr&#233;. &#171; Princes et princesses &#187;, c'est un morceau &#233;crit avec Magyd Cherfi, qui renvoie &#224; mes origines culturelles. Je me suis davantage l&#226;ch&#233;e pour cet album parce que lors du premier, j'avais plut&#244;t tendance &#224; &#233;luder tout lien avec l'orientalit&#233;, &#224; dire : &#171; &lt;i&gt;Oui, je m'appelle Carima, je suis n&#233;e en Charentes, mais je chante de la chanson fran&#231;aise et n'ai pas &#224; &#234;tre cantonn&#233;e dans le rap, le ra&#239; ou le R'n'B.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1483 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;25&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/p13__c_photo-victor-delfim3-93256.png?1779602821' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Victor Delfim.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En plus, tu chantes avec une gouaille tr&#232;s marqu&#233;e &#171; titi parisienne &#187;, avec parfois un accent &#224; couper au couteau.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai &#233;t&#233; berc&#233;e avec Ferr&#233; et Piaf, &#231;a m'a marqu&#233;e ! Mais aussi Idir (avec lequel j'ai fait quelques duos sur sc&#232;ne), Lounes Matoub, Cheb Khaled, Oum Kalsoum. Sur le premier album, j'ai refus&#233; deux musiques orientales, je ne voulais pas tomber dans le clich&#233;. Un mec m'a dit : &#171; &lt;i&gt;Tu devrais faire quelque chose de chez toi.&lt;/i&gt; &#187; J'ai r&#233;pondu : &#171; &lt;i&gt;Quoi, une bourr&#233;e charentaise ?&lt;/i&gt; &#187; Tout &#231;a est plus apais&#233; d&#233;sormais. J'&#233;voque la vie des sans-papiers dans &#171; Mon nom est personne &#187;. J'aborde la question des maisons closes dans &#171; Ma place au soleil &#187;. &#171; Ki cki mm &#187; (&#171; Qui c'est qui m'aime ? &#187;), c'est &#224; la fois l'acceptation de la diff&#233;rence et le reflet de la superficialit&#233; d'une soci&#233;t&#233; contemporaine. Pour r&#233;sumer, dans cet album, je me livre davantage, mais avec des cl&#233;s. En revanche, je chante presque exclusivement en fran&#231;ais. Je n'ai pas trop envie de me risquer &#224; l'anglais, ou &#224; l'arabe, m&#234;me si dans ce dernier cas, je pense que cela viendra. Quand je vois la fa&#231;on dont les choses se d&#233;gradent, je me dis qu'il faut que j'affirme aussi mes origines.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karimouche, c'est un nom que tu utilises depuis que tu es chanteuse ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'&#233;tait d&#233;j&#224; mon nom de sc&#232;ne dans mes vies artistiques d'antan. Je l'ai conserv&#233;. C'est court et renvoie &#224; un imaginaire ludique, circassien. C'est un peu comme cette grande affiche de moi dans le m&#233;tro, elle est belle et signifiante, mais on ne me reconna&#238;t pas. C'est une photo qui me ferait plut&#244;t penser &#224; ma grand-m&#232;re, qui &#233;tait tatou&#233;e et arborait plein de bijoux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu es distribu&#233;e par Pias, tu travailles avec Blue Line qui s'occupe aussi du management et du booking d'HK, de ZEP et de Zebda. Une grande famille ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai l'impression d'&#234;tre dans un cocon ! Je suis tr&#232;s prot&#233;g&#233;e et puis on travaille en petite &#233;quipe. Je suis vraiment contente. Cela permet des rencontres et des &#233;changes, des duos sur sc&#232;ne comme sur disques.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Le cri d'&#233;mancipation, &#8220;Debout et libre&#8221;, c'est ce que je recherche dans la po&#233;sie &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-cri-d-emancipation-Debout-et</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-cri-d-emancipation-Debout-et</guid>
		<dc:date>2015-03-27T04:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Charlotte Dugrand, Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Julien Jaulin</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>ans</dc:subject>
		<dc:subject>s'est</dc:subject>
		<dc:subject>puis</dc:subject>
		<dc:subject>album</dc:subject>
		<dc:subject>Marc</dc:subject>
		<dc:subject>Lucie</dc:subject>
		<dc:subject>Canaille</dc:subject>
		<dc:subject>rencontre</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Il est l'un des artistes les plus dou&#233;s de sa g&#233;n&#233;ration. Ivre de r&#233;volte, de sombre beaut&#233; et de mots ac&#233;r&#233;s. Jusqu'&#224; l'ivresse, au vertige. Un funambule. Marc Nammour, chanteur de La Canaille, soutient en ce moment La Naus&#233;e, le troisi&#232;me album du groupe. Rencontre sur les collines du 93-sud en compagnie de la manageuse Lucie Sertillange. La Canaille, c'est ton histoire, Marc, mais aussi celle de Lucie. Vous nous racontez les premi&#232;res ann&#233;es ? Lucie : J'ai rencontr&#233; Marc alors qu'il (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no129-fevrier-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;129 (f&#233;vrier 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Page-Musique" rel="tag"&gt;Page Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Julien-Jaulin" rel="tag"&gt;Julien Jaulin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/ans" rel="tag"&gt;ans&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/s-est" rel="tag"&gt;s'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/puis" rel="tag"&gt;puis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/album" rel="tag"&gt;album&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marc" rel="tag"&gt;Marc&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Lucie" rel="tag"&gt;Lucie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Canaille" rel="tag"&gt;Canaille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/rencontre" rel="tag"&gt;rencontre&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Il est l'un des artistes les plus dou&#233;s de sa g&#233;n&#233;ration. Ivre de r&#233;volte, de sombre beaut&#233; et de mots ac&#233;r&#233;s. Jusqu'&#224; l'ivresse, au vertige. Un funambule. Marc Nammour, chanteur de La Canaille, soutient en ce moment &lt;i&gt;La Naus&#233;e&lt;/i&gt;, le troisi&#232;me album du groupe. Rencontre sur les collines du 93-sud en compagnie de la manageuse Lucie Sertillange.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Canaille, c'est ton histoire, Marc, mais aussi celle de Lucie. Vous nous racontez les premi&#232;res ann&#233;es ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie : &lt;/strong&gt; J'ai rencontr&#233; Marc alors qu'il avait 19 ans, il ne se pr&#233;sentait pas encore comme un chanteur de rap. On s'est perdus de vue, puis on s'est retrouv&#233;s &#224; 21 ans, en 2000. Cela faisait plusieurs mois qu'il se consacrait &#224; la musique, au rap. Il avait arr&#234;t&#233; ses &#233;tudes et travaillait &#224; l'usine, de nuit. Il m'a fait &#233;couter cinq ou six textes &#233;crits et compos&#233;s avec son pote Nicolas Rinaldi. Des textes, d&#233;j&#224;, qui parlaient de dignit&#233; et de r&#233;volte. On s'est install&#233; ensemble &#224; Toulouse et il a consacr&#233; de gros efforts &#224; la r&#233;alisation de sa premi&#232;re mix-tape. Arriv&#233;s &#224; Montreuil, on a &#233;largi notre cercle de musiciens, et tout s'est acc&#233;l&#233;r&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1410 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH444/p13-band--la-canaille-92aa5.jpg?1779602821' width='400' height='444' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Julien Jaulin.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quelle a &#233;t&#233; ta place dans la cr&#233;ation du groupe ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Travers&#233;e par des aspirations po&#233;tiques et politiques, j'ai peut-&#234;tre &#233;t&#233; une bo&#238;te &#224; id&#233;es, une muse&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Dans notre relation, il y a eu la rencontre entre deux mondes. J'&#233;tais en col&#232;re mais sans conscience politique. Et puis je croyais encore en Dieu. C'&#233;tait avant d'&#233;crire &#171; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=2JKYQQtAn0I&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Ni Dieu ni ma&#238;tre&lt;/a&gt; &#187; ou &#171; &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-QRtg_10MIE&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;L'Usine&lt;/a&gt; &#187;&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'usine, tu y as boss&#233; un an ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Plus que cela, j'ai commenc&#233; &#224; 16 ans pendant toutes les vacances. Je conditionnais les pi&#232;ces. Puis j'y suis revenu &#224; 21 ans, &#224; temps complet. &#192; cette &#233;poque, je le r&#233;p&#232;te, j'&#233;tais en col&#232;re, mais je ne comprenais pas n&#233;cessairement les m&#233;canismes de domination. Ensuite, oui, j'ai &#233;t&#233; marqu&#233; par la lecture de Bourdieu et la rencontre avec Lucie, qui vient d'une famille tr&#232;s militante. Le go&#251;t des mots, de la musique, c'&#233;tait pour moi une soupape. Politiquement, la rencontre avec Lucie a &#233;t&#233; d&#233;terminante.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D'autres rencontres ont compt&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Oui, notre voisin montreuillois Marc Barnaud, un multi-instrumentiste extr&#234;mement dou&#233;, un pur artiste fils de po&#232;te, un circassien qui compose pour le th&#233;&#226;tre. Il a &#233;t&#233; pour nous une v&#233;ritable p&#233;pite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc : &lt;/strong&gt; Cette rencontre-l&#224; a &#233;t&#233; d&#233;terminante d'un point de vue artistique. Il m'a amen&#233; &#224; me questionner : quand tu montes sur les planches, c'est pour faire quoi ? Que d&#233;fends-tu ? Quel est ton positionnement ? Et puis, en parall&#232;le de la rencontre avec Marc, j'ai trouv&#233; du boulot &#224; la t&#233;l&#233;, en piges, gr&#226;ce &#224; Walter Paglani, originaire comme moi de l'Est de la France. Un mec qui aime le funk, le groove, mais qui vient du monde prol&#233;taire. Un fils d'ouvrier, comme moi.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Donc les deux Marc (chant/guitare), Nicolas (DJ), Walter (basse) cr&#233;ent un groupe et je propose ce nom : &lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=-lZdBT2Zl-A&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;La Canaille&lt;/a&gt;. Parce qu'il renvoie &#233;videmment &#224; l'imaginaire r&#233;volutionnaire et au chant de la Commune : &#171; &lt;i&gt;C'est la canaille, eh bien j'en suis.&lt;/i&gt; &#187; Et puis cela &#233;voque le rejet du s&#233;curitaire, le refus de la stigmatisation des populations populaires. On parle aujourd'hui de &#171; racaille &#187; ; nous on revendique le fait d'en &#234;tre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le premier album &#233;tait en orbite ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; On a mis tr&#232;s longtemps &#224; le sortir. On a r&#233;orchestr&#233; &#171; L'Usine &#187; et &#171; Ni Dieu ni ma&#238;tre &#187;, mais il a fallu deux ans pour trouver notre son ! On venait tous d'univers diff&#233;rents, des rencontres improbables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; Mais tr&#232;s vite, par l'interm&#233;diaire d'une copine de Walter, on a trouv&#233; une tourneuse et d&#232;s 2004, elle vend le spectacle &#224; des mairies, &#224; des centres culturels. On cr&#233;e l'asso, on se structure, on met de c&#244;t&#233; les sous pour produire le premier album, on s'inscrit &#224; plusieurs tremplins. En 2005-2006, on est finalistes aux Eurock&#233;ennes, on gagne le Chorus des Hauts-de-Seine, le Fair, le Printemps de Bourges. On a le vent en poupe. On presse un maxi, mais le premier album &lt;i&gt;Une goutte de miel dans un litre de plomb&lt;/i&gt; ne sortira qu'en &#173;septembre 2009. On a d'embl&#233;e &#233;t&#233; tr&#232;s exigeants au niveau de la production, tant du point de vue du son que de l'image. Le premier logo de La Canaille, c'&#233;tait une griffe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; A l'&#233;poque, on s'y est crus, &#171; d&#233;couverte du Printemps de Bourges &#187;. On s'est dit : &#171; &lt;i&gt;&#231;a y est, c'est parti.&lt;/i&gt; &#187; On mettait des affiches dans la poussette de notre fille et on en collait partout. Mais en fait, tous ces tremplins, c'est un peu la foire aux bestiaux. Il y a plein de groupes, tu es pay&#233; au lance-pierres, tu n'as m&#234;me pas un &lt;i&gt;pass&lt;/i&gt; pour assister aux concerts des autres groupes, les &#171; pro &#187;. Quelle na&#239;vet&#233; de notre part ! On a quand m&#234;me jou&#233; en &#201;quateur et fait circuler notre son. A la sortie du premier album, en 2009, je choisis de vivre de la musique et de l'&#233;criture, et donc d'arr&#234;ter les piges. J'ai conserv&#233; mon statut d'intermittent, mais avec un salaire journalier largement inf&#233;rieur.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1411 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/la-canaille-la-nause_e1.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH500/la-canaille-la-nause_e1-68ddd.jpg?1780142626' width='500' height='500' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La composition du groupe a chang&#233; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Oui, totalement. D'abord parce qu'on ne pouvait proposer aucune garantie aux musiciens. Chaque album a eu une &#233;quipe diff&#233;rente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Quand a commenc&#233; la tourn&#233;e du nouvel album, &lt;i&gt;La Naus&#233;e&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Le 13 septembre dernier. Depuis, on a fait une vingtaine de dates et on va en faire 20 &#224; 30 de plus. C'est la guerre pour trouver des dates quand tu ne fais pas du divertissement. Tous les autres styles sont &#233;cras&#233;s. On a boss&#233; deux ans sur ce nouvel album autoproduit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La Canaille est un groupe ind&#233;pendant ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; Oui, on est producteurs, donc propri&#233;taires du master. &#192; chaque nouvel album, on engage une attach&#233;e de presse, un tourneur, et puis &#233;videmment, on a un distributeur. D&#232;s le premier album, on a obtenu un beau succ&#232;s d'estime, on a &#233;t&#233; tr&#232;s suivi par Fip. On a embray&#233; tr&#232;s vite par le deuxi&#232;me album &lt;i&gt;Par temps de rage&lt;/i&gt; (2011), et l&#224;, on a pass&#233; un cap avec des invit&#233;s assez prestigieux. On a fait une belle tourn&#233;e de 54 dates. &#192; la fin du deuxi&#232;me album, j'ai constat&#233; que j'&#233;tais le dernier dinosaure, qu'il n'y avait plus que moi de l'&#233;quipe initiale. On m'a alors propos&#233; une carte blanche : faire un &#171; Op&#233;rap &#187; sur le mouvement ouvrier, &#224; &#173;Sochaux-Montb&#233;liard, avec 50 musiciens classiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Qu'est-ce qui a chang&#233;, au cours de toutes ces ann&#233;es, dans ton rapport &#224; l'&#233;criture ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; J'ai progressivement d&#233;laiss&#233; la rime. Je me suis nourri d'autres textes et auteurs : Antonin Artaud, Aim&#233; C&#233;saire, N&#226;zim Hikmet, L&#233;o Ferr&#233;. Le cri d'&#233;mancipation, &#171; debout et libre &#187;, c'est ce que je recherche dans la po&#233;sie. Je ne scande plus de la m&#234;me fa&#231;on.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous pouvez nous parler du projet C&#233;saire et du &lt;i&gt;Cahier d'un retour au pays natal&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Lucie :&lt;/strong&gt; C'est li&#233; &#224; la rencontre avec &lt;a href=&#034;http://fr.wikipedia.org/wiki/Serge_Teyssot-Gay&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Serge Teyssot-Gay&lt;/a&gt;. Il a assist&#233; &#224; la finale du Chorus des Hauts-de-Seine et a eu un coup de c&#339;ur. On l'a recrois&#233; lors d'un concert &#224; La Villette &#224; la sortie du deuxi&#232;me album. Un an plus tard, il rappelait pour travailler ensemble autour de la th&#233;matique de la n&#233;gritude.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; En janvier 2013, on a particip&#233; au festival litt&#233;raire &#171; Le Go&#251;t des autres &#187;, au Havre, on y a jou&#233; le &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;https://www.youtube.com/watch?v=4Kk-MjKJff0&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Cahier d'un retour au pays natal&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, mon texte pr&#233;f&#233;r&#233;, le seul que j'emporterais sur une &#238;le d&#233;serte. On s'est interdit de r&#233;p&#233;ter, on s'est retrouv&#233; &#171; &#224; poil &#187; sur le plateau. Cela a compl&#232;tement chang&#233; mon rapport &#224; la sc&#232;ne : improvisation totale ! Jamais je n'avais boss&#233; comme &#231;a. Cela exige d'&#234;tre &#224; l'&#233;coute des autres, c'est fragile, c'est risqu&#233;, mais il y a vraiment quelque chose qui passe ! Ce fut une excellente pr&#233;paration &#224; l'Op&#233;rap, jou&#233; en juin 2013. Avec la prose, en d&#233;pit d'un gros sens du rythme, quand tu es dans l'impro, tu flottes, c'est vertigineux. Le spectacle sur C&#233;saire poursuit sa route : on le joue en f&#233;vrier et en mars, en parall&#232;le de la tourn&#233;e de La Canaille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Et &#224; tout cela, il faut ajouter l'autre projet avec Serge Teyssot-Gay, &#171; Interzone extended &#187; . C'&#233;tait vraiment un moment magique l'&#233;t&#233; dernier au clo&#238;tre des C&#233;lestins, dans le cadre du festival d'Avignon !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marc :&lt;/strong&gt; J'ai pris une grosse le&#231;on de musique. Interzone est un groupe n&#233; de la rencontre entre Serge Teyssot-Gay et Khaled Aljaramani (joueur de oud). Le projet a &#233;t&#233; &#233;largi &#224; Carol Robinson (clarinettes), Keyvan Chemirani (zarb, daf), M&#233;d&#233;ric Collignon (trompette et bugle) et moi&#8230; J'ai ajout&#233; une histoire et &#224; six, on a r&#233;p&#233;t&#233; en tout et pour tout durant quatre heures, trois semaines avant le spectacle ! Mais j'ai conserv&#233; les enregistrements et j'ai beaucoup boss&#233;. J'ai d&#251; me confronter pour la premi&#232;re fois &#224; la langue arabe, qui est la langue de ma famille libanaise. J'ai demand&#233; &#224; mon p&#232;re, par Skype, de corriger mon accent. Je ne lis pas l'arabe, donc j'ai tout retranscrit en phon&#233;tique, de gauche &#224; droite&#8230; J'avais donc quand m&#234;me pr&#233;par&#233; les mots, mais je ne savais pas comment j'allais les scander. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie en montant sur sc&#232;ne ! Et puis il y a eu le vent, en septi&#232;me musicien&#8230; Une belle aventure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Des mots pour marteler, c'est ce qu'on sait faire de mieux. Dis-le, vis-le, crie-le, sois-le, c'est la canaille, eh bien j'en suis !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Le retour des clochards c&#233;lestes</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Le-retour-des-clochards-celestes</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Le-retour-des-clochards-celestes</guid>
		<dc:date>2014-04-07T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aristide Bostan</dc:creator>


		<dc:subject>Page Musique</dc:subject>
		<dc:subject>Thomas Dorn</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>Est-ce</dc:subject>
		<dc:subject>musique</dc:subject>
		<dc:subject>album</dc:subject>
		<dc:subject>vient</dc:subject>
		<dc:subject>Forabandit</dc:subject>
		<dc:subject>trio surprenant</dc:subject>
		<dc:subject>nom intrigant</dc:subject>
		<dc:subject>jouer</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques ann&#233;es pass&#233;es &#224; roder les morceaux de son premier album sur les routes, le trio franco-irano-turc Forabandit remet le couvert le 12 mai avec un deuxi&#232;me opus. R&#233;sum&#233; des &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents et avant-go&#251;t de ce qui se trame en compagnie du Marseillais Sam Karpienia et du Stambouliote Ulas &#214;zdemir. CQFD : Forabandit, c'est un nom intrigant et un trio surprenant&#8230; Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu l'origine du groupe ? Forabandit : D'abord, le nom vient de (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no119-fevrier-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;119 (f&#233;vrier 2014)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Page-Musique" rel="tag"&gt;Page Musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Thomas-Dorn" rel="tag"&gt;Thomas Dorn&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Est-ce" rel="tag"&gt;Est-ce&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/musique" rel="tag"&gt;musique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/album" rel="tag"&gt;album&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vient" rel="tag"&gt;vient&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Forabandit" rel="tag"&gt;Forabandit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/trio-surprenant" rel="tag"&gt;trio surprenant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/nom-intrigant" rel="tag"&gt;nom intrigant&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/jouer" rel="tag"&gt;jouer&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques ann&#233;es pass&#233;es &#224; roder les morceaux de son premier album sur les routes, le trio franco-irano-turc Forabandit remet le couvert le 12 mai avec un deuxi&#232;me opus. R&#233;sum&#233; des &#233;pisodes pr&#233;c&#233;dents et avant-go&#251;t de ce qui se trame en compagnie du Marseillais Sam Karpienia et du Stambouliote Ulas &#214;zdemir.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Forabandit, c'est un nom intrigant et un trio surprenant&#8230; Est-ce que vous pouvez nous raconter un peu l'origine du groupe ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_982 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH600/p15-forabandit2-thomas-dorn-fa9ab.jpg?1779603141' width='400' height='600' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo de Thomas Dorn.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&lt;strong&gt;&lt;a href=&#034;http://forabandit.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Forabandit&lt;/a&gt; :&lt;/strong&gt; D'abord, le nom vient de l'occitan &#171; &lt;i&gt; forabandir&lt;/i&gt; &#187;, qui veut dire &#171; exclure &#187;, &#171; mettre au ban &#187;&#8230; le &lt;i&gt;forabandi,&lt;/i&gt; [le forban- ndlr], c'est un peu le vagabond, celui qui est en dehors de la normalit&#233;, qui suit son propre chemin. On a rajout&#233; le &#171; t &#187; &#224; la fin, comme un clin d'&#339;il au bandit &#8211; &#231;a pr&#234;te &#224; confusion, d'ailleurs !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est rencontr&#233;s en 2009, gr&#226;ce &#224; une amie commune. Le projet originel, c'&#233;tait de m&#233;langer la musique des troubadours et la musique ashik&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En turc ashik, litt&#233;ralement &#171; amoureux &#187;.&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, les troubadours anatoliens. Le projet s'appelait &#171; La sublime porte &#187;, &#231;a parlait de la magie de l'amour, de la mystique&#8230; C'&#233;tait cens&#233; durer une semaine de r&#233;sidence suivie d'un concert, mais &#231;a s'est tr&#232;s bien pass&#233; et &#231;a nous a donn&#233; envie d'aller plus loin. On a donc continu&#233; comme un &#171; vrai groupe &#187;, &lt;a href=&#034;http://www.mondomix.com/video/forabandit-live-au-babel-med-2012&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Forabandit&lt;/a&gt; est n&#233; et on a enregistr&#233; le premier album assez rapidement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ces traditions musicales, vous avez cherch&#233; &#224; les respecter &#224; tout prix, ou au contraire, vous vous en &#234;tes empar&#233;s assez librement ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On s'est appropri&#233; le patrimoine des troubadours et des ashiks pour d&#233;velopper une identit&#233; personnelle, en introduisant par exemple des th&#233;matiques contemporaines et de la critique sociale. C'&#233;taient des po&#232;tes de la vie quotidienne qui avaient un regard tr&#232;s ac&#233;r&#233; sur leur environnement, leur soci&#233;t&#233; &#8211; c'est la situation des po&#232;tes dans toute soci&#233;t&#233;, d'ailleurs. On a essay&#233; de rester dans cet esprit, par exemple en croisant l'&#233;vocation de la Commune avec une chanson d'Emek&#231;i, un chanteur turc r&#233;volutionnaire des ann&#233;es 1970, qui vit maintenant en Allemagne. M&#234;me si la musique des troubadours et des ashiks remonte au Moyen &#194;ge, on n'a pas l'impression de jouer de la musique m&#233;di&#233;vale. Et si nos instruments paraissent anciens, ils sont bien vivants et ne sortent pas du mus&#233;e : la mandole est n&#233;e dans les ann&#233;es 1950 en Alg&#233;rie, le saz existe depuis longtemps, mais c'est un instrument tr&#232;s contemporain, tr&#232;s jou&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aujourd'hui, Forabandit est un m&#233;lange de beaucoup de choses. La base est solide : &#224; partir de l&#224;, on d&#233;veloppe. On s'inspire de musique du Portugal, d'Iran, du Kurdistan&#8230; Le premier album, c'est comme un pont, alors que pour le second sur lequel on travaille en ce moment, c'est surtout de la composition.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comment fonctionne la cr&#233;ation &#224; trois ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On prend notre inspiration un peu partout. Parfois, &#231;a vient d'un film, ou d'un livre que l'un d'entre nous lit&#8230; on partage tout &#231;a, on discute, on se pose des questions&#8230; C'est toujours un processus de recherche, musicale et politique. Des fois &#231;a marche, des fois pas ! On cr&#233;e seulement quand on est ensemble, donc en r&#233;sidence ou en tourn&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'y a pas de leader. C'est vraiment int&#233;ressant&#8230; et parfois explosif. On a chacun notre fiert&#233;, nos exigences ou notre singularit&#233;, et ce n'est pas toujours facile de s'accorder. On apprend &#224; s'accorder progressivement les uns aux autres dans cette relation horizontale, qui comporte son lot de conflits potentiels. Les incompr&#233;hensions dues &#224; la langue peuvent &#234;tre aussi source de complexit&#233;, mais ce n'est pas forc&#233;ment n&#233;gatif : en turc, par exemple, il y a toute une po&#233;sie &#233;sot&#233;rique qui ne peut pas se comprendre sans en conna&#238;tre le contexte. Ce n'est pas qu'une histoire de traduction.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour le premier album, on ne se connaissait pas, on venait de traditions diff&#233;rentes. Maintenant, c'est plus dynamique : plus on joue, plus on d&#233;veloppe un feeling collectif.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous avez l'impression que les choses coulent plus facilement aujourd'hui qu'au d&#233;but, que vous pouvez maintenant vous concentrer sur le fait de jouer, juste jouer, sans chercher &#224; vous justifier ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour nous c'est important de ne pas nous justifier, de juste donner ce qu'on a &#224; donner. Quand on joue, on ne parle pas. On ne fait que ressentir. On n'a rien &#224; prouver. D'ailleurs, rien ne nous oblige &#224; continuer Forabandit, on a chacun des projets qui tournent : &#224; l'extr&#234;me, on n'a pas besoin de jouer de la musique, on pr&#233;f&#232;rerait aller &#224; la p&#234;che ! Mais c'est une histoire de besoin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a une grosse diff&#233;rence entre le premier album et le deuxi&#232;me album : dans le premier album, on a beaucoup intellectualis&#233;, explicit&#233;. C'est un passage n&#233;cessaire, parce que personne ne nous connaissait, mais finalement, la musique parlait d'elle-m&#234;me. &#199;a se voit tr&#232;s bien dans les concerts : si les gens captent ce qu'on essaie de transmettre, &#231;a se ressent. La musique de Forabandit est multi-rythmique, multi-langage, multi-m&#233;lodique&#8230; On ne sait pas vraiment d'o&#249; &#231;a vient, on pourrait te raconter beaucoup de choses, mais pas te dire pr&#233;cis&#233;ment d'o&#249; &#231;a vient.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Parlez-moi de cet album en construction&#8230;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il tourne autour de quelques th&#233;matiques, l'exil, les voyages, les rencontres, l'amour encore&#8230; Sans &#234;tre aussi explicite que dans le premier, tout est l&#224;, ancr&#233;. On se permet des choses un peu barr&#233;es, un peu dada&#239;stes, aussi, on s'amuse. On s'empare beaucoup de la langue : on chante en kurde, en anglais, en fran&#231;ais... Rien n'est jamais fig&#233;, on est en mouvement permanent. Dans le fond, peut-&#234;tre que Forabandit est un port !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La musique est plus puissante, plus agressive, plus rock'n' roll. On enregistre au studio Vega, &#224; Carpentras. Ils ont une console l&#233;gendaire, la m&#234;me que celle des studios Abbey Road : on va enregistrer la base en analogique, avec un son un peu sale, tr&#232;s seventies. On travaille avec Bertrand Montandon, un ing&#233;nieur du son qui vient du rock et qu'on a rencontr&#233; il y a deux ans. Il a boss&#233; avec Bertrand Cantat et pas mal de groupes marseillais. Il a trouv&#233; qu'il y avait un feeling exp&#233;rimental dans notre musique... Ce qu'on cherche, c'est le bon &#233;quilibre entre les instruments acoustiques et une &#226;me rock. Et puis on va essayer de travailler un peu plus le son : dans le premier album, il n'y avait aucun effet, rien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'heure de l'amplification a sonn&#233;, alors ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, &#231;a ne nous para&#238;t pas n&#233;cessaire. &#202;tre en acoustique, &#231;a nous permet de jouer dans le plus d'endroits diff&#233;rents possibles : on a jou&#233; en prison, par exemple. Mais &#231;a veut aussi dire qu'on peut travailler dans la cuisine ! Et puis franchement, le punk contemporain, c'est trop souvent Lady Gaga avec de la distorsion&#8230; &#202;tre punk, aujourd'hui, c'est jouer en acoustique !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En turc &lt;i&gt;ashik&lt;/i&gt;, litt&#233;ralement &#171; amoureux &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Heyoka ne se rend pas</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Heyoka-ne-se-rend-pas</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Heyoka-ne-se-rend-pas</guid>
		<dc:date>2013-03-01T06:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Norrito</dc:creator>


		<dc:subject>Culture</dc:subject>
		<dc:subject>CQFD</dc:subject>
		<dc:subject>syst&#232;me</dc:subject>
		<dc:subject>punk</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;tat</dc:subject>
		<dc:subject>lieux</dc:subject>
		<dc:subject>album</dc:subject>
		<dc:subject>l'histoire d'Heyoka</dc:subject>
		<dc:subject>Yes Futur</dc:subject>
		<dc:subject>peux-tu revenir</dc:subject>
		<dc:subject>morceau</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;CQFD : En pr&#233;alable, peux-tu revenir, pour les lecteurs de CQFD, sur l'histoire d'Heyoka ? Origine du nom, du groupe, style, split puis reformation, discographie&#8230; Jack : Heyoka est un personnage am&#233;rindien, un homme-m&#233;decine, un clown avec beaucoup de puissance. Il symbolise le &#171; contraire &#187;, il fait tout &#224; l'envers. Le groupe a eu deux vies : d'abord de 1991 &#224; 1997 avec quelques centaines de concerts en France et en Europe, l'autoproduction d'une cassette d&#233;mo, Vu &#224; la t&#233;l&#233;, suivie d'un (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no107-janvier-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;107 (janvier 2013)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Culture" rel="tag"&gt;Culture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD" rel="tag"&gt;CQFD&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/systeme" rel="tag"&gt;syst&#232;me&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/punk" rel="tag"&gt;punk&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/etat" rel="tag"&gt;&#233;tat&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/lieux" rel="tag"&gt;lieux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/album" rel="tag"&gt;album&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-histoire-d-Heyoka" rel="tag"&gt;l'histoire d'Heyoka&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Yes-Futur" rel="tag"&gt;Yes Futur&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/peux-tu-revenir" rel="tag"&gt;peux-tu revenir&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/morceau" rel="tag"&gt;morceau&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_541 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH400/107-pochetteheyoka-96692.png?1779603580' width='400' height='400' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : En pr&#233;alable, peux-tu revenir, pour les lecteurs de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, sur l'histoire d'&lt;a href=&#034;http://heyokapunk.com&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Heyoka&lt;/a&gt; ? Origine du nom, du groupe, style, split puis reformation, discographie&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jack :&lt;/strong&gt; Heyoka est un personnage am&#233;rindien, un homme-m&#233;decine, un clown avec beaucoup de puissance. Il symbolise le &#171; contraire &#187;, il fait tout &#224; l'envers. Le groupe a eu deux vies : d'abord de 1991 &#224; 1997 avec quelques centaines de concerts en France et en Europe, l'autoproduction d'une cassette d&#233;mo, Vu &#224; la t&#233;l&#233;, suivie d'un 45 tours &#233;ponyme, Heyoka, et enfin un album, Demain sera&#8230; Apr&#232;s quinze ann&#233;es d'abstinence, la sortie de l'int&#233;grale Piq&#251;res de rappel nous a ramen&#233;s sur les planches et a entra&#238;n&#233; un nouvel album, &#201;tat des lieux. Nous jouons du punk-rock. Nos textes et notre d&#233;marche co&#239;ncident avec la mouvance anarcho-punk.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Justement, pourquoi avoir choisi, pr&#232;s de quinze ans apr&#232;s, de rechausser les gr&#244;les d'un punk d'&#233;mancipation ?Et d'ailleurs, peux-tu nous expliquer le morceau &#171; Yes Futur &#187;, enregistr&#233; pour l'album &lt;i&gt;&#201;tat des lieux&lt;/i&gt; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a f&#234;t&#233; la sortie de l'int&#233;grale sur sc&#232;ne ! Ensuite, le plaisir de nous retrouver, l'accueil du public et les propositions de concerts nous ont remis en piste. Il y avait un go&#251;t d'inachev&#233; &#224; la suite de notre s&#233;paration. Il fallait du neuf et donc un nouvel album. Punk d'&#233;mancipation est une jolie formule : nos vies ont &#233;t&#233; irr&#233;m&#233;diablement boulevers&#233;es par cette contre-culture musicale, sociale et politique. &#171; Yes Futur &#187; est une sorte d'hommage &#224; cette rencontre avec un milieu qui nous a permis de percevoir le monde et d'y vivre diff&#233;remment.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Le temps qui passe n'est pas notre ennemi, car le syst&#232;me fabrique des hordes de futurs insoumis et m&#234;me des citoyens mod&#232;les, gav&#233;s d'id&#233;ologie se rendent bien compte que le seuil du supportable est franchi. &#187;&lt;/i&gt; &#171; Dans l'ombre &#187; r&#233;sonne comme un manifeste. &#192; quoi pensiez-vous en composant ce morceau ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau sonne effectivement comme un manifeste et est en quelque sorte une esp&#232;ce de pont entre les r&#233;voltes d'hier et celles d'aujourd'hui, de ceux et de celles qui les portent, qui &#233;closent et &#233;clatent comme des bulles sur le fil de l'actualit&#233; et de la r&#233;alit&#233;. Il y a toujours une impatience l&#233;gitime &#224; vouloir faire exploser brutalement cette cage de verre qu'est la soci&#233;t&#233; capitaliste, qui nous subordonne &#224; la marchandise, au travail, &#224; la valeur, &#224; l'argent. Elle peut &#234;tre &#224; certains &#233;gards autodestructrice pour qui perd patience. Cependant, il ne faut jamais oublier les le&#231;ons de la dialectique et savoir reconna&#238;tre que le pire ennemi du syst&#232;me capitaliste, c'est le capitalisme lui-m&#234;me. Ce n'est &#233;videmment pas un gage de sa dissolution paisible en vue d'une &#233;mancipation humaine dans &#171; des lendemains qui chantent &#187;. Ce syst&#232;me o&#249; pr&#233;domine la production de marchandises comme fin en soi peut s'accommoder de bien des dispositifs politiques et &#233;tatiques effrayants. Mais les r&#233;voltes grondent aux quatre coins de la plan&#232;te. &#171; Dans l'ombre &#187; est un hymne aux insurg&#233;s. Il n'y a pas d'autre syst&#232;me livr&#233; cl&#233; en main, il faut &#171; faire son chemin en marchant &#187; comme on dit au Chiapas.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;&#201;tat des lieux&lt;/i&gt;, il y a un titre en allemand, &#171; Heuchler &#187;. De quoi parle-t-il ? Quel lien vous rattache &#224; cette langue ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce morceau a &#233;t&#233; &#233;crit par Syster, notre chanteuse, dont la langue maternelle est l'allemand. C'est une r&#233;flexion sur notre &#171; milieu &#187; qui n'est pas exempt de tout reproche, &#233;videmment. Il est impossible de s'extirper totalement du monde qui nous&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_540 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/107heyoka-b02fe.png?1779603580' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;entoure et l'empreinte du syst&#232;me resurgit parfois dans nos comportements. Nous y c&#244;toyons les m&#234;mes contradictions qu'ailleurs. Les masques que cette soci&#233;t&#233; nous impose d&#233;forment les traits des personnes qui les portent. La lutte contre le capitalisme est aussi un combat permanent contre la forme de socialisation qu'il nous sugg&#232;re et/ou impose dans les tr&#233;fonds de notre cerveau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'album a &#233;t&#233; produit par cinq labels. O&#249; en est la sc&#232;ne punk combative aujourd'hui en termes de structures (lieux, fanzines, labels) ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'industrie culturelle est une vaste machine &#224; faire du fric au service de l'id&#233;ologie dominante. Fid&#232;les &#224; la philosophie &#171; Do It Yourself &#187;, nous g&#233;rons nos productions de mani&#232;re totalement autonome. Les cinq labels, Maloka, LaDistroy, ZoneOnze, General Strike et Deviance fonctionnent sur des bases simples : pas de salariat, pas de contrat, prix de vente minimal, notre album &#224; 8 euros par exemple, distribution ind&#233;pendante, totale libert&#233; de cr&#233;ation et de production. Pour ce qui est de la sc&#232;ne punk combative aujourd'hui, il faut &#234;tre r&#233;aliste, la situation est loin d'&#234;tre simple. Nos musiques sont un vecteur tr&#232;s important de diffusion d'id&#233;es. Mais le peu de salles autog&#233;r&#233;es et de structures culturelles et sociales autonomes nous confine &#224; tr&#232;s peu de visibilit&#233;. Nous avons un retard cons&#233;quent en termes d'organisation sur des pays comme l'Allemagne, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;On conna&#238;t votre attachement au mouvement zapatiste contemporain qui f&#234;tera l'an prochain les vingt ans de l'insurrection de janvier 1994. Quelles luttes vous inspirent aujourd'hui ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Effectivement, le soul&#232;vement au Chiapas n'&#233;tait pas un feu de paille ! Il s'inscrit dans une autre dur&#233;e, bien moins m&#233;diatique, celle des tentatives de changer en profondeur les structures sociales et &#233;conomiques. Il n'y a pas de luttes efficaces sans th&#233;orie sous-jacente. Par l&#224;, l'&#233;mergence sur le plan international de la &#171; critique de la valeur &#187; est &#224; notre sens l'outil le plus efficace pour contrer le capitalisme sur ses bases. Kurz, Jappe, Postone, Holloway sont quelques auteurs des plus recommandables. Sinon, en vrac, le mouvement argentin des &#171; Piqueteros &#187;, la communaut&#233; des logiciels libres, Linux, Anonymous, les luttes de Notre-Dame-des-Landes, du No-TAV, et toutes ces br&#232;ches qui cr&#233;ent des espaces d'autonomie o&#249; l'individu redevient responsable de sa vie et n'est plus seulement un client.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>



</channel>

</rss>
