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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La radio est un moyen d'aller contre le cadre impos&#233; &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;C'est l'une des &#233;missions phares de la radio libre parisienne FPP. [&#171; L'Actualit&#233; des luttes &#187;-&gt;http://actualitedesluttes.info est une quotidienne, r&#233;alis&#233;e par trois personnes non r&#233;tribu&#233;es. Depuis des ann&#233;es, elles tiennent bon la rampe, baladant leur micro au gr&#233; des luttes et des gr&#232;ves. Un vrai tour de force. Mais dont l'existence est menac&#233;e par les sombres nuages pesant sur l'avenir de la radio. Nadia, Madeleine et Jo&#235;l en parlent ici &#8212; morceaux choisis. *** Nadia : &#171; J'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'une des &#233;missions phares de la radio libre parisienne FPP. &lt;a href=&#034;http://actualitedesluttes.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'Actualit&#233; des luttes &#187;&lt;/a&gt; est une quotidienne, r&#233;alis&#233;e par trois personnes non r&#233;tribu&#233;es. Depuis des ann&#233;es, elles tiennent bon la rampe, baladant leur micro au gr&#233; des luttes et des gr&#232;ves. Un vrai tour de force. Mais dont l'existence est menac&#233;e par les sombres nuages pesant sur l'avenir de la radio. Nadia, Madeleine et Jo&#235;l en parlent ici &#8212; morceaux choisis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-1012-22a44.jpg?1768660178' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; J'ai int&#233;gr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.rfpp.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FPP&lt;/a&gt; en 1985, via les &#233;missions anti-carc&#233;rales &#8220;Parloir Libre&#8221; puis &#8220;L'Envol&#233;e&#8221;. &#192; la base, je ne connaissais pas du tout l'univers de la radio. Il m'a d'ailleurs fallu un certain temps avant de me sentir &#224; l'aise &#8212; parler dans un micro me faisait flipper&#8230; Je n'avais pas le choix : la radio &#233;tait indispensable &#224; notre boulot autour de la prison. C'est un outil qui permet de relayer les courriers et appels &#224; mobilisation. Et d'entretenir un dialogue permanent avec les prisonniers en lutte. Je me suis donc familiaris&#233;e avec cet outil. Et pendant vingt ans, j'ai r&#233;alis&#233; des &#233;missions anti-carc&#233;rales hebdomadaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi v&#233;cu une exp&#233;rience radio particuli&#232;re lors du mouvement de 1995 contre le plan Jupp&#233;. Beaucoup d'animateurs &#233;taient absents &#224; cause de la gr&#232;ve des transports. Et il y avait des plages libres &#224; remplir. J'ai donc commenc&#233; &#224; me rendre sur les lieux de luttes et d'occupations, pour prendre du son. &#199;a me semblait essentiel de r&#233;aliser des &#233;missions quotidiennes sur l'&#233;tat du mouvement. Notamment pour contrer les mensonges des m&#233;dias dominants. Tous les midis, pendant un mois, on a ainsi effectu&#233; &#224; la radio un &#233;tat des lieux - on demandait aux gens combien ils &#233;taient, comment &#231;a se passait, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette exp&#233;rience qui m'a donn&#233; envie de lancer en 2009 une &#233;mission quotidienne sur FPP, le midi. Soit une heure (enfin, une heure et demie &#224; l'&#233;poque) sur les luttes sociales en cours. Je tenais &#224; cette id&#233;e d'un rendez-vous permettant aux gens de s'exprimer librement. De se rendre compte qu'ils sont moteur et sujet de la lutte. Et de combattre la d&#233;sinformation &#8212; si on critique les m&#233;dias classiques, il faut se mettre en capacit&#233; de cr&#233;er d'autres outils. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; De mon c&#244;t&#233;, j'ai d&#233;couvert FPP comme auditeur dans les ann&#233;es 2000 &#8212; je farfouillais sur la bande FM et je suis tomb&#233; sur cette radio ne ressemblant &#224; aucune autre. J'en suis devenu un auditeur r&#233;gulier, avant de sauter le pas en passant un coup de fil pour intervenir &#224; l'antenne, dans le cadre d'une &#233;mission sur les m&#233;dias libres. L'engrenage... J'ai appel&#233; de plus en plus souvent, et on m'a propos&#233; de participer. J'&#233;tais r&#233;ticent, arguant que je n'avais jamais fait de radio, mais j'ai finalement int&#233;gr&#233; l'&#233;mission. J'ai ensuite rejoint celle de &#8220;L'Actu des luttes'' en 2010. Je venais de me retrouver au ch&#244;mage, j'avais le temps de m'investir. Et de me former peu &#224; peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que je partais de loin. Pendant 23 ans, j'avais &#233;t&#233; ouvrier dans la m&#233;tallurgie. Et boum, voil&#224; que je me retrouvais devant un micro ! Heureusement, les radios libres restent un espace o&#249; s'op&#232;re une vraie transmission des savoirs. J'&#233;tais d'autant plus heureux de me perfectionner que je me reconnaissais dans l'absence de sp&#233;cialisation de l'&#233;mission. On y aborde plein de domaines, de mondes diff&#233;rents, sans se restreindre &#224; un th&#232;me pr&#233;cis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; C'est une mani&#232;re de montrer que tout est li&#233;. Nous sommes convaincus que la question de la recomposition de la classe exploit&#233;e est multiforme : il faut aborder &#224; la fois les questions de racisme, de sexisme, d'exploitation du travail, de mal-logement, de r&#233;pression&#8230; Autant de sujets r&#233;sultants d'un m&#234;me syst&#232;me politique et &#233;conomique. &#8220;L'int&#233;r&#234;t de L'Actu des luttes'' est justement de trouver des liens entre toutes ces r&#233;sistances. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; De mon c&#244;t&#233;, j'ai rejoint l'&#233;mission il y a quatre ans. Je fais partie de la g&#233;n&#233;ration venue &#224; la politique en 2005, avec les r&#233;voltes de banlieue puis le mouvement contre le CPE. Je m'y suis investie, j'ai particip&#233; &#224; des collectifs. Et j'ai pris conscience que j'avais des choses &#224; dire - les combats sociaux am&#232;nent souvent &#224; prendre la parole. &#192; 18 ans, j'ai ainsi rejoint la bande de &#8220;Au fond pr&#232;s du Radiateur&#8221;, une &#233;mission hebdomadaire de jeunesse diffus&#233;e sur FPP. Pendant cinq ans, j'y ai appris &#224; faire du reportage, du montage, &#224; traiter de sujets de mani&#232;re rigoureuse tout en assumant ma subjectivit&#233;. J'y ai pris go&#251;t &#8212; aussi &#8212; &#224; la rencontre et au micro. Puis j'ai int&#233;gr&#233; &#8220;L'Actu des luttes''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;mission me parle parce qu'il s'agit de produire des reportages refl&#233;tant la r&#233;alit&#233;, qu'elle nous plaise ou non. Indispensable pour que des gens tr&#232;s diff&#233;rents puissent se r&#233;approprier son contenu : il faut dire la complexit&#233; du r&#233;el. Et faire preuve de curiosit&#233;, se questionner. C'est d'ailleurs dans l'ADN des radios libres, qui constituent des espaces o&#249; tu peux tirer le fil de tes interrogations sur le processus de production auquel tu participes. Certes, tu t'y casses parfois les dents. Mais tu essayes &#8212; que &#231;a marche ou non n'est pas essentiel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Lors des reportages, les gens nous parlent avec leurs tripes. Il y a de la col&#232;re, comme dans beaucoup de luttes. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Il s'agit d'un espace de construction de la pens&#233;e, qui part d'une base tr&#232;s pragmatique : tout le monde a quelque chose &#224; dire sur sa vie, ses espoirs, ses r&#234;ves. C'est moins &#233;vident par &#233;crit, il faut ma&#238;triser les codes. Au micro de FPP, on peut se permettre de prendre le temps. D'h&#233;siter, de bafouiller. L'&#233;motion et la subjectivit&#233; ne sont jamais loin. &#199;a r&#233;sonne chez l'auditeur, qui peut se reconna&#238;tre et donc se questionner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Pour nous, c'est aussi l'occasion de belles rencontres. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;mission, j'ai crois&#233; le chemin de gens &#224; qui je n'aurais sans doute jamais parl&#233; autrement. Les femmes de chambre en lutte, par exemple. Ou les salari&#233;s en gr&#232;ve d'Air France. Ou encore les gens investis &#224; Notre-Dame-des-Landes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; C'est pour &#231;a que r&#233;aliser cette &#233;mission nous fait du bien. Litt&#233;ralement. Gr&#226;ce aux rencontres, comme le souligne Jo&#235;l : dans ce monde fait pour qu'on ne se croise pas, la radio est un moyen d'aller contre le cadre impos&#233;. Mais aussi parce qu'on se sent force de proposition, qu'on a une petite influence sur le cours des choses. &#199;a nous permet de nous sentir plus libres &#8212; une condition indispensable pour s'investir autant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; L'autre condition, c'est de partager au quotidien le m&#234;me d&#233;sir de transformation du monde. Il traverse nos vies. D'o&#249; une double casquette pas toujours facile &#224; g&#233;rer : nous sommes &#224; la fois investis dans les luttes et charg&#233;s de produire de l'info sur celles-ci. Il y a un &#233;quilibre &#224; trouver. Reste que le socle de notre d&#233;marche ne change pas : donner &#224; entendre des discours qui nous touchent et nous passionnent. Les faire partager. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Lors des reportages, les gens nous parlent avec leurs tripes. Il y a de la col&#232;re, comme dans beaucoup de luttes. &#192; l'inverse, quand ils viennent en studio, ils ont le temps de camper la situation. Parce qu'on leur accorde une heure, pas juste cinq minutes. Ce sont deux aspects compl&#233;mentaires. D'un c&#244;t&#233;, l'urgence de la parole dans une lutte. De l'autre, le temps qu'on se donne pour en parler pos&#233;ment en studio. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; C'est d'autant plus important que nos invit&#233;s n'ont pas forc&#233;ment l'habitude de prendre la parole en public. S'ils franchissent le pas, c'est parce qu'ils sont entour&#233;s et qu'on les met &#224; l'aise. C'est ainsi que la radio libre r&#233;alise sa promesse de porter des voix diff&#233;rentes qui r&#233;fl&#233;chissent ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; En fait, on a de la chance. Le principe de notre &#233;mission, c'est d'aller rencontrer des gens qui se battent, qui sont en mouvement. &#199;a file la p&#234;che. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; Pour autant, ce n'est pas toujours simple. R&#233;aliser pendant des ann&#233;es une quotidienne, dans des conditions aussi pr&#233;caires, &#231;a fatigue. C'est un taf de fou. Une bataille permanente, qui demande de la force. Et cette force, c'est la radio qui nous la fournit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui lisent et th&#233;orisent. Mais qui sont aussi un peu coup&#233;s de la r&#233;alit&#233;. Nous, on s'appuie sur le postulat inverse : pour transformer l'ordre des choses, il faut partir de la r&#233;alit&#233;. Faire le point sur l'&#233;tat des forces. Quels sont les moyens de lutte ? Comment l'emporter ? Ce sont les gens &#224; qui on tend le micro qui en parlent. En toute libert&#233;, sans qu'on leur fasse la le&#231;on. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; &#199;a fonctionne aussi parce que nous ne sommes pas d&#233;connect&#233;s de la soci&#233;t&#233;. On n'a pas fait d'&#233;cole de journalisme, on est issus de quartiers populaires, on y vit. Et on sait ce qui se passe &#224; c&#244;t&#233; de chez nous. On est acteurs de ce quotidien, m&#234;me si on ne vient pas des m&#234;mes horizons &#8212; Nadia a par exemple arr&#234;t&#233; les cours en terminale, tandis que Madeleine est &#233;tudiante en philo. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; C'est l'une des forces des radios libres que de r&#233;unir des gens tr&#232;s diff&#233;rents. Et c'est pour cette raison qu'elles constituent des espaces d'expression indispensables, &#224; pr&#233;server et &#224; d&#233;fendre. Surtout en ce moment, alors que les coups de boutoir &#224; leur encontre se multiplient. FPP se retrouve ici en premi&#232;re ligne : l'existence de la radio est menac&#233;e, &#224; cause de la fin des contrats aid&#233;s et de la baisse des financements publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois, la radio fonctionnait encore avec cinq emplois aid&#233;s, charg&#233;s notamment de l'administratif, de l'agenda, du suivi de la programmation. Il n'y en a d&#233;sormais plus que deux. Et il n'en restera qu'un en d&#233;cembre. Table rase. Ce qui d&#233;sorganise forc&#233;ment la radio. D'autant que l'oukase est tomb&#233; sans pr&#233;avis. Pas moyen de s'y pr&#233;parer. Et de trouver les moyens d'une autre autonomie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &#192; longueur d'&#233;missions, on parle d'auto-organisation, d'ind&#233;pendance. Mais on se retrouve finalement en butte &#224; des contradictions ressemblant &#224; celles du monde marchand &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; On porte certainement une responsabilit&#233; sur ce point &#8212; comme tous les participants de la radio. Nous aurions d&#251; nous demander plus t&#244;t comment ne pas trop d&#233;pendre d'un &#201;tat qui ne veut pas de nous. On subirait moins la situation actuelle si on n'&#233;tait pas totalement financ&#233;s par des subsides &#233;tatiques, ceux du Fonds du soutien &#224; l'expression radiophonique et ceux, indirects, des emplois aid&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; FPP se trouve ainsi &#224; la crois&#233;e des chemins. Une r&#233;organisation s'impose, qui ne pourra pas faire l'impasse d'une r&#233;flexion sur la d&#233;mocratie interne. C'est que la radio est tenue par un Conseil d'administration, dont les membres sont nomm&#233;s &#224; vie et coopt&#233;s. Pour une raison &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; tout &#224; fait d&#233;fendable : pr&#233;server l'outil d'&#233;ventuels risques d'entrisme, de manipulation politique. R&#233;sultat : les animateurs ne sont pas impliqu&#233;s dans son fonctionnement. Ils se contentent souvent de faire leur &#233;mission sans s'investir dans la vie de FPP. L'existence des contrats aid&#233;s a contribu&#233; &#224; empirer cet &#233;tat de fait, puisqu'il y avait des salari&#233;s pour se fader les t&#226;ches chiantes mais essentielles &#224; l'existence de la radio. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Alors que sont les 300 animateurs et animatrices de FPP qui font r&#233;ellement vivre la radio. Cette force n'est pas assez prise en compte. Elle devrait avoir davantage son mot &#224; dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Cela prouve aussi qu'autog&#233;rer des structures collectives reste un d&#233;fi permanent. C'est parfois un peu d&#233;primant. &#192; longueur d'&#233;missions, on parle d'auto-organisation, d'ind&#233;pendance. Mais on se retrouve finalement en butte &#224; des contradictions ressemblant &#224; celles du monde marchand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a parfois pas le choix. Par exemple, pour le loyer du local : impossible de louer &#224; Paris un endroit vaste et chaleureux, o&#249; les animateurs auraient envie de squatter. On n'en a pas les moyens. Pareil pour les emplois : on ne peut pas r&#233;gler de vrais salaires. C'est ainsi que le champ des possibles se restreint peu &#224; peu. D'o&#249; une tendance au repli sur soi, quand il faudrait au contraire faire preuve de plus d'ouverture dans le fonctionnement pour surmonter la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre survie passe aussi par davantage de liens entre toutes les radios qui produisent autre chose que du commercial, refusent la publicit&#233; et partagent une affinit&#233; associative, voire politique. Pour mettre en commun nos pratiques. Et pour nous battre ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les radios de la m&#233;duse</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<dc:subject>radios associatives</dc:subject>

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&lt;p&gt;1981. Apr&#232;s des d&#233;cennies de train-train, la radio changeait. La fin du monopole d'&#201;tat et l'ouverture de la bande FM provoquaient un grand souffle d'air sur les ondes. L'occasion pour les radios libres, porteuses d'autres discours et pratiques, de s'installer durablement dans le paysage. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, elles sont toujours l&#224;. Encore vaillantes, mais en sursis. C'&#233;tait il y a quelques ann&#233;es, sur les ondes de [FPP-&gt;http://www.rfpp.net. Une amie investie au sein de cette (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;1981. Apr&#232;s des d&#233;cennies de train-train, la radio changeait. La fin du monopole d'&#201;tat et l'ouverture de la bande FM provoquaient un grand souffle d'air sur les ondes. L'occasion pour les radios libres, porteuses d'autres discours et pratiques, de s'installer durablement dans le paysage. Une trentaine d'ann&#233;es plus tard, elles sont toujours l&#224;. Encore vaillantes, mais en sursis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;C'&#233;tait il y a quelques ann&#233;es, sur les ondes de &lt;a href=&#034;http://www.rfpp.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FPP&lt;/a&gt;. Une amie investie au sein de cette radio libre parisienne m'avait propos&#233; d'effectuer des chroniques hebdomadaires, sur le sujet de mon choix. L'affaire de cinq petites minutes, chaque vendredi midi. J'avais accept&#233;. Sans me douter que les quelques minutes pass&#233;es devant le micro m'appara&#238;traient si longues. Impossible de surmonter le trac. Je buttais sur certains mots, en mangeais d'autres, parlais trop vite, pas assez fort, ne parvenais pas &#224; me d&#233;tacher de mon texte, le d&#233;bitais comme un cadavre sans &#226;me. Pour moi, un calvaire. Et sans doute aussi pour l'auditeur, oblig&#233; de se fader chaque semaine une triste r&#233;citation sans rythme. &#199;a a dur&#233; un an et demi.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2463 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;18&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-729-0ba07.jpg?1769080451' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;J'ai finalement mis fin &#224; l'exercice, convaincu que je n'am&#233;liorerais jamais. Un avis certainement partag&#233; par ceux des b&#233;n&#233;voles et salari&#233;s de FPP qui avaient eu l'occasion de constater l'&#233;tendue de mon incomp&#233;tence. Ils n'en disaient pourtant mot. Pas seulement par gentillesse, je l'ai compris plus tard. Mais aussi parce qu'ils &#233;taient si visc&#233;ralement attach&#233;s &#224; cette radio et &#224; ce qu'elle portait qu'ils consid&#233;raient que mes chroniques mal r&#233;cit&#233;es y avaient leur place. Mes h&#233;sitations, ma voix chevrotante et ma scansion maladroite n'&#233;taient rien d'autre que le pendant logique de leur vision ouverte des ondes : pour que le micro soit vraiment libre, il faut que chacun puisse s'en saisir. Des gens dou&#233;s et d'autres moins.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En qu&#234;te d'une vague d&#233;finition&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; vrai dire, la belle &#233;pop&#233;e des radios libres est aussi (voire surtout) faite de t&#226;tonnements et d'imperfections. Comme une vivace d&#233;monstration, sans cesse recommenc&#233;e, du postulat ayant pr&#233;sid&#233; &#224; la naissance de ces antennes associatives, &#224; la fin des ann&#233;es 1970 et au d&#233;but des ann&#233;es 1980. Ce credo-l&#224;, donc : chacun peut trouver sa place derri&#232;re le micro. &#192; commencer par celles et ceux qui en sont d'ordinaire exclus. Parce qu'ils ne sont pas tr&#232;s dou&#233;s pour s'exprimer en public (comme moi). Que leurs centres d'int&#233;r&#234;t sont jug&#233;s trop marginaux, pas assez vendeurs. Ou encore, et c'est bien moins anecdotique, que la soci&#233;t&#233; ne leur accorde ni consid&#233;ration, ni droit &#224; la parole &#8211; ainsi des immigr&#233;s, qui se retrouvent autour d'&#233;missions communautaires, ou des prisonniers et leurs familles se donnant des nouvelles via les &#8220; Parloirs libres &#8221;. Uniques conditions pour parler sur les ondes : respecter une charte &#233;l&#233;mentaire&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;En g&#233;n&#233;ral, il s'agit d'un bref texte proscrivant racisme, sexisme et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, faire preuve d'un minimum de constance et de motivation. Rien d'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un mod&#232;le radicalement oppos&#233; &#224; celui des radios commerciales et &#224; leur construction verticale, o&#249; l'animateur doit se comporter en professionnel et renvoyer une image consensuelle de sa station. Sur les radios libres, l'audience compte pour du beurre. Il n'y a rien &#224; vendre et la publicit&#233; n'a pas droit de cit&#233;. Le nombre de personnes tendant l'oreille devant le poste n'a donc que peu d'importance. &#171; &lt;i&gt;En naviguant sur la bande FM, on peut avoir tendance &#224; juger les radios sur le seul crit&#232;re de la &#8220; qualit&#233; sonore &#8221; (avec de gros guillemets) ou &#224; les &#233;tudier sous le seul prisme de l'audience&lt;/i&gt;, note &#201;tienne Noiseau, qui anime le site de r&#233;f&#233;rence Syntone. &lt;i&gt;Mais pour moi, les radios libres ne rel&#232;vent pas tant de la radiophonie (qui peut &#234;tre bonne ou mauvaise) que de la connexion sociale.&lt;/i&gt; &#187; Pas une question de contenu, donc, mais de pratiques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au c&#339;ur de celles-ci, le lien. L'humain. La pr&#233;sence. Bien avant la radicalit&#233; politique parfois pr&#234;t&#233;e &#224; ces antennes. &#171; &lt;i&gt;La participation de gens tr&#232;s politis&#233;s n'est pas constitutive de l'ADN des radios libres&lt;/i&gt;, assure Rico, Toulousain investi &#224; &lt;a href=&#034;http://www.canalsud.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Canal Sud&lt;/a&gt; &lt;i&gt;depuis le d&#233;but des ann&#233;es 2000. La vraie radicalit&#233; est ailleurs. Dans le fait de proposer un outil libre, que chacun peut s'approprier. Et dans la grande diversit&#233; des &#233;missions et participants.&lt;/i&gt; &#187; &#192; l'autre bout de la France, Jeanne&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233; &#224; sa demande.&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;, ancien administratrice d'une radio libre, confirme : &#171; &lt;i&gt;Peu d'associations r&#233;unissent autant de gens diff&#233;rents autour d'un m&#234;me outil. Il suffit d'ailleurs de se pencher sur une grille de programme pour constater leur grande diversit&#233; &#8212; passionn&#233;s de reggae, membres de la communaut&#233; tamoul, militants anarchistes, reporters en herbe&#8230; Parfois, ils n'ont en commun que l'int&#233;r&#234;t port&#233; &#224; la radio.&lt;/i&gt; &#187; Et le souci de sa survie. Lequel passe d'abord par le maintien d'un fragile &#233;quilibre financier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Une taxe sur la pub&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'argent, donc. Le nerf de la guerre des ondes. Et le fondement de ce qui ressemble &#224; un petit paradoxe. D'un c&#244;t&#233;, les radios libres tiennent farouchement &#224; leur ind&#233;pendance et s'affichent volontiers rebelles. Mais de l'autre, elles ne pourraient survivre sans les subsides de l'&#201;tat. Elles en sont m&#234;me largement d&#233;pendantes. C'est que ces structures associatives refusant la publicit&#233;, n'ayant rien &#224; vendre et tr&#232;s peu de recettes propres, doivent malgr&#233; tout s'acquitter chaque ann&#233;e de (plus ou moins) cons&#233;quents co&#251;ts de fonctionnement et de diffusion. Une &#233;quation impossible : aucune de ces radios n'aurait pu survivre sans la contribution revers&#233;e par l'&#201;tat.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sauf que celle-ci n'a rien d'un cadeau. Tout le contraire : c'est un d&#251;. Qui trouve son origine au tout d&#233;but des ann&#233;es 1980, quand l'&#201;tat, confront&#233; &#224; la multiplication des radios pirates et incapable de contenir leur folle effervescence, se r&#233;sout &#224; abandonner son monopole sur la radio. &#201;lu depuis peu, Mitterrand annonce ainsi l'ouverture de la bande FM. Ru&#233;e sur les ondes : en un an, pas moins de 2 000 radios associatives voient le jour (la plupart baisseront le rideau en quelques ann&#233;es). C&#244;t&#233; auditeurs, &#231;a se bouscule aussi au portillon : la France vibre alors au rythme des radios de la FM. Pas une image. Le 8 d&#233;cembre 1984, la station NRJ, qui se pr&#233;tend encore libre mais a d&#233;j&#224; largement vir&#233; commerciale, r&#233;ussit ainsi le tour de force de faire descendre dans les rues de Paris des dizaines de milliers d'auditeurs, mobilis&#233;s contre une sanction que vient de lui infliger la Haute Autorit&#233; de la communication audiovisuelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, les audiences sont consid&#233;rables. Et attisent bien des app&#233;tits. Ceux-ci obtiennent gain de cause en 1984, d&#233;crochant l'autorisation de la publicit&#233; sur la bande FM. Jackpot. Pour en profiter, une partie des radios quittent leur coquille associative, se muant en entreprises commerciales. Quant &#224; celles qui refusent de boulotter le Veau d'or, elles conservent le statut associatif. Mais auront d&#233;sormais droit &#224; un coup de pouce de l'&#201;tat, pour leur permettre de survivre et d'assurer leur mission dite de &#171; service social de proximit&#233; &#187;. Une subvention de fonctionnement, d'un montant variable, leur sera ainsi vers&#233;e chaque ann&#233;e par le Fonds de soutien &#224; l'expression radiophonique (FSER), cagnotte abond&#233;e par une taxe pr&#233;lev&#233;e sur les recettes publicitaires des radios et t&#233;l&#233;visions commerciales. Celles qui font de confortables profits participent ainsi &#224; financer celles qui ne touchent pas un rond. Pas con.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pas &#224; la m&#234;me enseigne&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pos&#233; l'un des pans essentiels du financement des radios libres &#8211; plus de trente ans apr&#232;s, il a toujours cours. Et continue de repr&#233;senter la plus grosse rentr&#233;e d'argent annuelle des antennes associatives. Celle qu'il n'est pas question de rater &#8211; une question de vie ou de mort. &#192; &lt;a href=&#034;http://www.radiolarzac.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Larzac&lt;/a&gt;, elle repr&#233;sente par exemple pr&#232;s de la moiti&#233; des 120 000 &#8364; de budget. Et un tiers des 140 000 &#8364; de sa voisine, &lt;a href=&#034;http://www.radiosaintaffrique.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Saint-Affrique&lt;/a&gt;. Chez FPP, le versement d&#233;passerait de peu 40 000 &#8364; (pour un budget de 150 000 &#8364;), tandis que la marseillaise &lt;a href=&#034;http://www.radiogalere.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Gal&#232;re&lt;/a&gt; d&#233;croche 62 000 &#8364; du FSER (pour un budget de 160 000 &#8364;). Bref, toutes les structures ne sont pas log&#233;es &#224; la m&#234;me enseigne : les financements diff&#232;rent d'une radio &#224; l'autre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des variations qui s'expliquent &#8211; attention, &#231;a devient technique - par le fait que le FSER compte une part fixe et une autre variable. La premi&#232;re fluctue notamment en fonction de la masse salariale. Quant &#224; la part variable, elle repose en grande partie sur la capacit&#233; des radios libres &#224; faire rentrer certaines de leurs &#233;missions dans le cadre des crit&#232;res sp&#233;cifiques fix&#233;s par le FSER. Entre autres pour th&#232;mes de ces subventions de projet : le soutien au d&#233;veloppement local, la protection de l'environnement ou la lutte contre l'exclusion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; ce petit jeu, toutes les structures ne se valent pas. Certaines ont accumul&#233; de l'exp&#233;rience et connaissent parfaitement les ficelles permettant de faire grimper &#224; son maximum la part variable. D'autres ne s'y essayent m&#234;me pas. Ou chargent un salari&#233; de r&#233;aliser l'imposant dossier FSER. Certaines &#8211; encore &#8211; le confient &#224; des b&#233;n&#233;voles, qui y travaillent soirs et week-ends. En filigrane, des rapports diff&#233;rents au financement public et au fonctionnement de l'antenne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour br&#232;ve illustration, cette comparaison entre deux radios libres &#171; historiques &#187;. &#192; ma droite, &lt;a href=&#034;https://www.radiocanut.org/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Radio Canut&lt;/a&gt;, &#224; Lyon. La structure, qui ne compte aucun salari&#233; et fonctionne gr&#226;ce aux seuls b&#233;n&#233;voles, se contente de la part fixe du FSER. Pas besoin de plus. &#192; ma gauche, Radio Gal&#232;re &#224; Marseille, quatre salari&#233;s. C'est l'un de ses fondateurs, Pierre Bastide, pilier de l'antenne depuis plus de trente ans, qui g&#232;re le financement public. Lui en conna&#238;t les arcanes, essaye d'en respecter les contraintes et sait l'optimiser au mieux. Bref, entre Canut et Gal&#232;re, pourtant toutes les deux libres, il y a d&#233;j&#224; comme un petit monde.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dossier de 500 pages !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mais une constante &#233;merge, quelle que soit la radio : les personnes charg&#233;es de boucler les dossier FSER en gardent souvent un souvenir mitig&#233;&#8230; Limite traumatique. &#171; &lt;i&gt;&#199;a devient de plus en monstrueux&lt;/i&gt;, constate Jeanne, qui fut administratrice d'une radio libre. &lt;i&gt;Il faut tout lister &#224; l'avance, les invit&#233;s et les th&#232;mes d'&#233;missions. Et ensuite, il faut aussi fournir des preuves a posteriori.&lt;/i&gt; &#187; Il faut aussi essayer de d&#233;gotter des subventions de projet suppl&#233;mentaires, pour ajouter un peu de beurre aux &#233;pinards. &#171; &lt;i&gt;C'est usant, tu cherches en permanence. Tu inventes des projets, tu montes des budgets pr&#233;visionnels, un peu au doigt mouill&#233;. Tu te mets &#224; r&#234;ver en te disant que &#231;a serait chouette. Et boum, &#231;a ne marche pas...&lt;/i&gt; &#187;, raconte Samantha. Et l'ancienne administratrice de FPP de poursuivre : &#171; &lt;i&gt;Psychologiquement aussi, c'est pesant. Tu portes une sacr&#233; responsabilit&#233; : si tu foires ton dossier, la radio se retrouve vraiment dans la merde. &#199;a n'arrive pas, heureusement. Mais tu as toujours le sentiment que tu aurais pu faire mieux. Trouver plus d'argent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et m&#234;me ceux qui pratiquent depuis longtemps gal&#232;rent &#224; satisfaire toutes les exigences du FSER : &#171; &lt;i&gt;Notre dossier repr&#233;sente l'&#233;quivalent d'une ramette de papier de 500 pages&lt;/i&gt;, raconte &#201;tienne Bastide. &lt;i&gt;Parce que nous devons tout justifier, et prouver que nous avons rigoureusement respect&#233; le cadre des subventions de projets. Il faut donc collecter toute l'ann&#233;e des attestations aupr&#232;s des invit&#233;s des &#233;missions. Ce qui n&#233;cessite toute une organisation : on les pr&#233;vient avant, on les poursuit ensuite...&lt;/i&gt; &#187; Presque du flicage, en fait. &#171; &lt;i&gt;Oui, &#231;a nous met dans une position de contr&#244;le, assez d&#233;sagr&#233;able&lt;/i&gt;, approuve Jeanne. J&lt;i&gt;e pense que ce n'est pas anodin. C'est une fa&#231;on pour l'&#201;tat de pousser &#224; la professionnalisation des radios associatives&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ah bon, &#171; innover &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y en a un que cette exigence croissante ne d&#233;range pas. Il s'appelle Sylvain Delfaux. Est charg&#233; de la communication du Syndicat national des radios libres (SNRL). Et se positionne clairement du c&#244;t&#233; des structures qui jouent le jeu de la professionnalisation. &#171; &lt;i&gt;Dans ma radio&lt;/i&gt; [Radio Laser], &lt;i&gt;on se professionnalise depuis une quinzaine d'ann&#233;es &#8211; c'est quelque chose qui doit se penser &#224; l'avance. C'est s&#251;r que &#231;a va &#234;tre compliqu&#233; pour les radios qui n'ont pas entam&#233; cette d&#233;marche...&lt;/i&gt; &#187; Malheur aux perdants, qui n'ont pas pris le train de la modernit&#233;...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le syndicaliste se pr&#233;tend &#171; &lt;i&gt;digne successeur des radios libres qui r&#233;clamaient de la fr&#233;quence au d&#233;but des ann&#233;es 1980&lt;/i&gt; &#187;. Mais il n'est pas s&#251;r qu'il ait beaucoup de points communs avec ses glorieux a&#238;n&#233;s. Il se coule par contre parfaitement dans l'air du temps : &#171; &lt;i&gt;La crise travers&#233;e par les radios libres peut aussi &#234;tre une opportunit&#233; pour elles de se r&#233;inventer, d'innover. Il faut arr&#234;ter de dire qu'elles sont fragiles ou menac&#233;es. Et insister sur le fait qu'elles se battent, qu'elles r&#233;pondent &#224; des appels &#224; projet, qu'elles nouent des partenariats, qu'elles innovent techniquement.&lt;/i&gt; &#187; Deux fois le verbe &#171; innover &#187; en trois phrases &#8212; un vrai discours de battant... Qui n'a pas grand-chose &#224; voir avec le quotidien de ces radios libres qui se vivent d'abord comme un outil au service du collectif et de la libre parole.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;nicher les appels &#224; projets demande une veille consid&#233;rable pour une association&lt;/i&gt; &#187;, explique &#201;tienne Noiseau, pas vraiment sur la m&#234;me longueur d'ondes. &#171; &lt;i&gt;Pour y r&#233;pondre, il faut &#234;tre capable d'adapter son action afin de la faire rentrer dans le cadre. L'institution exige de produire quelque chose de nouveau et de diff&#233;rent : il faut &#234;tre &#8220; innovant ''. Cela demande une gymnastique incroyable et des ressources administratives que toutes les structures ne poss&#232;dent pas.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;RIP emplois aid&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les temps sont d&#233;cid&#233;ment durs pour les radios libres. Elles buttaient d&#233;j&#224; sur des financements de plus en plus difficiles &#224; d&#233;crocher, les voil&#224; d&#233;sormais confront&#233;es &#224; la disparition d'une partie de leurs forces vives : la suppression des contrats aid&#233;s a litt&#233;ralement d&#233;cim&#233; leurs rangs. 1 100 emplois (selon le SNRR) ont ainsi &#233;t&#233; balay&#233;s en quelques mois. Un vrai plan social.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence logique : les appels au secours et les cris d'alerte se multiplient. Une p&#233;tition a ainsi &#233;t&#233; largement relay&#233;e, sign&#233;e par une quarantaine de radios, s'alarmant &#171; &lt;i&gt;de la situation catastrophique du secteur&lt;/i&gt; &#187;. Un constat ent&#233;rin&#233; par Pierre Barron, pr&#233;sident de FPP, qui d'ici quelques mois aura perdu les cinq emplois qui la faisaient fonctionner au quotidien : &#171; &lt;i&gt;Pour la premi&#232;re fois de notre histoire, la question d'une fermeture &#224; court terme se pose.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;En g&#233;n&#233;ral, il s'agit d'un bref texte proscrivant racisme, sexisme et homophobie - le b.a.-ba.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le pr&#233;nom a &#233;t&#233; modifi&#233; &#224; sa demande.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#171; Le vin nature est une goutte de vin dans un oc&#233;an de produits &#339;notechniques &#187;</title>
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		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En 1999, Michel Le Gris, caviste &#224; Strasbourg, &#233;crivait : &#171; L'art vinicole de cette fin de si&#232;cle est marqu&#233; par la soumission croissante du go&#251;t du vin aux exigences de la logique &#233;conomique. &#187; Pass&#233; le nouveau mill&#233;naire, retour sur le constat de standardisation commerciale du vin et ses r&#233;sistances. Entretien. CQFD : Vous vous qualifiez d'&#171; &#233;leveur de vin &#187;. Quelle est votre approche du m&#233;tier de caviste ? Michel Le Gris : Depuis les ann&#233;es 1970, j'avais observ&#233; une certaine (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no122-mai-2014" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;122 (mai 2014)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Plonk-et-Replonk" rel="tag"&gt;Plonk et Replonk&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cave" rel="tag"&gt;cave&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En 1999, Michel Le Gris, caviste &#224; Strasbourg, &#233;crivait : &#171; &lt;i&gt; L'art vinicole de cette fin de si&#232;cle est marqu&#233; par la soumission croissante du go&#251;t du vin aux exigences de la logique &#233;conomique.&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Le Gris, Dionysos sacrifi&#233; : Essai sur le go&#251;t du vin &#224; l'heure de sa (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &#187; Pass&#233; le nouveau mill&#233;naire, retour sur le constat de standardisation commerciale du vin et ses r&#233;sistances. Entretien.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1093 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/p06-07-sueur-de-fronts-99667.jpg?1768651784' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Plonk et Replonk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; : Vous vous qualifiez d'&#171; &lt;i&gt;&#233;leveur de vin&lt;/i&gt; &#187;. Quelle est votre approche du m&#233;tier de caviste ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Michel Le Gris :&lt;/strong&gt; Depuis les ann&#233;es 1970, j'avais observ&#233; une certaine &#233;volution du m&#233;tier de vigneron. Dans nombre de domaines bourguignons, r&#233;gion que je connais bien, il y avait jusque dans ces ann&#233;es-l&#224; huit ou dix mill&#233;simes &#224; la vente dont certains avaient eu le temps de d&#233;velopper toutes leurs qualit&#233;s en bouteilles. On pouvait tr&#232;s vite comprendre la diff&#233;rence entre un vin mature et complexe et un vin jeune et simplet ; distinction qui est maintenant en passe de sortir du champ culturel. En Bourgogne comme en bien d'autres r&#233;gions, en l'espace d'une g&#233;n&#233;ration, les vignerons ont renonc&#233; &#224; la derni&#232;re phase de leur travail qui concernait la maturation du vin.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les vignerons ont alors commenc&#233; &#224; donner des indications assez vagues &#224; leur client&#232;le &#224; propos de la maturation des vins, ils disaient : &#171; &lt;i&gt;C'est &#224; vous de le faire m&#251;rir dans votre cave.&lt;/i&gt; &#187; Ils externalisaient ainsi la derni&#232;re phase de leur boulot sur leurs clients. Quand je me suis install&#233; en 1984, je me suis dit que c'&#233;tait &#224; des gens comme moi de terminer ce travail que les vignerons laissaient inachev&#233;, mais il fallait des moyens et surtout du temps. Cela m'a bien pris une quinzaine d'ann&#233;es pour comprendre la complexit&#233; de l'&#233;volution du vin en bouteille, qui peut passer par des phases tr&#232;s d&#233;favorables avant d'arriver &#224; la maturit&#233; escompt&#233;e et &#224; son niveau d'expression le plus riche. Ce temps de maturation, qui est extr&#234;mement variable, concerne des vins dont le terroir &#8211; c'est-&#224;-dire le sol, le sous-sol, le climat &#8211; a une force suffisante pour jouer sur l'&#233;volution du vin. Quand c'est le c&#233;page qui prime, le fait d'attendre n'a pas un tr&#232;s grand int&#233;r&#234;t. A la fin des ann&#233;es 1990, j'ai commenc&#233; &#224; avoir en cave des choses vraiment int&#233;ressantes sous les pieds. C'est aussi &#224; ce moment qu'a commenc&#233; &#224; se r&#233;pandre l'id&#233;e qu'il ne fallait pas attendre le vin et qu'il fallait le boire jeune.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Par ailleurs, j'ai essay&#233; tr&#232;s t&#244;t de tendre vers la viticulture biologique, mais avant le nouveau mill&#233;naire, le choix dans ce domaine &#233;tait assez limit&#233;. Il y a ainsi maintenant environ 160 vignerons alsaciens qui travaillent leur terre en bio, alors qu'en 1984, il devait y en avoir 5 ou 6.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Dans &lt;i&gt;Dionysos sacrifi&#233;&lt;/i&gt;, vous d&#233;nonciez une standardisation commerciale du go&#251;t. Vous parliez des crus de Pauillac, de Chinon, de Ch&#226;teauneuf-du-Pape ou de Californie &#171; &lt;i&gt;qui tendent vers une m&#234;me et monocorde architecture &#224; laquelle les conduit l'&#339;nologie moderne.&lt;/i&gt; &#187; &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'architecture d&#233;signe ce que je nomme aussi la &#171; forme &#187;, c'est-&#224;-dire l'ensemble des sensations tactiles procur&#233;es en bouche, mais &#231;a ne concerne pas les parfums. J'ai voulu montrer &#224; l'&#233;poque que les standards esth&#233;tiques de l'&#339;nologie moderne faisaient que les vins devaient avoir une forme unique, la plus confortable, la plus voluptueuse, la plus flatteuse possible, &#224; l'int&#233;rieur de laquelle on pouvait se livrer &#224; de nombreuses extravagances aromatiques, dues &#224; toute une pharmacop&#233;e de levures s&#233;lectionn&#233;es pour d&#233;velopper de mani&#232;re intensive tel ou tel parfum. Cette fa&#231;on dont le commerce des levures chimiques s'est d&#233;velopp&#233; constitue presque une aromatisation occulte, au d&#233;triment des levures naturelles qu'on trouve sur la vigne et dans la cave, pour peu que les traitements chimiques ne les aient pas bousill&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela s'inscrit bien s&#251;r dans la logique de l'agro-alimentaire durant la seconde moiti&#233; du XXe si&#232;cle, qui travaille sur une mati&#232;re naturelle de plus en plus pauvre et d&#233;grad&#233;e et sur laquelle se rajoute une cuisine chimique pour compenser. Pour reprendre l'exemple de la Bourgogne, c'est dans les ann&#233;es 1960 que sont arriv&#233;s les premiers pesticides pour soigner les maladies de la vigne, associ&#233;s &#224; des engrais potassiques, pr&#233;sent&#233;s d'abord comme des miracles mais qui n'ont fait &#224; moyen terme que des d&#233;sastres, ce qui a modifi&#233; radicalement la culture des vignes. Dans un premier temps, le travail en cave est rest&#233; tr&#232;s traditionnel alors que la mati&#232;re premi&#232;re avait beaucoup chang&#233;, du coup il est arriv&#233; pleins d'accidents en cave et il a bien fallu faire appel aux m&#233;decins &#339;nologues, aux &#171; &lt;i&gt;v&#233;t&#233;rinaires des barriques et des foudres&lt;/i&gt; &#187;, pour soigner ces vins attaqu&#233;s par des d&#233;rives bact&#233;riennes ou autre et qui s'en trouvent imbuvables.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous &#233;pingliez &#233;galement le formatage et les postures artificiellement cr&#233;&#233;es qui ne rel&#232;vent plus &#171; &lt;i&gt;d'une formation personnelle de la sensibilit&#233;, mais d'une sorte de flair policier apte &#224; rep&#233;rer leur degr&#233; de conformit&#233; aux standards de l'&#339;nologie correcte.&lt;/i&gt; &#187; Quel est la place des acteurs de cette normalisation gustative promue par le critique star Robert Parker ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Parker est devenu le symbole, de fa&#231;on un peu exag&#233;r&#233;e, d'un go&#251;t dominant, en raison de sa c&#233;l&#233;brit&#233;. Mais il n'est pas le seul, il y a toute une critique fran&#231;aise qui ne vaut pas mieux que lui. Il a impos&#233; un type de vin puissant, massif, concentr&#233;, charg&#233; en tanin, comme ceux de Californie, qui avaient sa pr&#233;f&#233;rence. Ce qui fait que, quand on le lit par exemple au sujet des vins de la vall&#233;e de la Loire, on est scandalis&#233; du m&#233;pris avec lequel il les traite. D'une fa&#231;on g&#233;n&#233;rale, les docteurs &#232;s-vins et ont accompagn&#233; avec bienveillance toutes les modifications &#339;notechniques dont je parlais dans mon livre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;A contre-courant de cette industrialisation du go&#251;t, comment percevez-vous cette vague des vins naturels ou des vins vivants que certains qualifient de &#171; &lt;i&gt;renaissance du vin&lt;/i&gt; &#187; ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lors d'une intervention &#224; la demande de mon ami Patrick Meyer, un vigneron de Nothalten en Alsace, j'avais parl&#233; de &#171; &lt;i&gt; vins libres&lt;/i&gt; &#187; &#224; ce sujet, parce que ces vins sont libres de tout un tas de trucs dont on se passe tr&#232;s bien : &#171; &lt;i&gt;Libres de produits chimiques, puisque normalement issus d'une agriculture biologique, souvent biodynamique. Libres de vinifications contraignantes ou autoritaires, celles qui les obligent &#224; devenir comme ceci ou comme cela, souvent au moyen d'une pl&#233;thore d'adjuvants de vinification et sans trop d'&#233;gard pour leur nature propre ou leur mill&#233;sime de naissance. Libres, au moins jusqu'&#224; un certain point, de plaire ou ne pas plaire, car cherchant en premier lieu &#224; exprimer, &#224; interpr&#233;ter un terroir particulier.&lt;/i&gt; &#187; Je me f&#233;licite de l'existence d'un courant de ce genre. Certains journalistes comme Michel Bettane&lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Coauteur, avec Thierry Desseauve, du Grand Guide des vins de France, tr&#232;s (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; m'ont m&#234;me gratifi&#233; du titre de chef de file de ce mouvement [rires], mais c'est m'accorder plus d'audience et de pouvoir que je ne n'en ai r&#233;ellement.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut rappeler que ce courant est une scission de la viticulture en bio, qui trouve que le label bio &#224; lui tout seul n'est plus une garantie suffisante de qualit&#233;, notamment en ce qui concerne le travail en cave et en raison notamment d'un usage abusif de soufre. Les doses autoris&#233;es de soufre en label bio sont encore trop &#233;lev&#233;es. D&#232;s lors, le principe du vin &#171; nature &#187; est de refuser toute m&#233;thode violente, tout traitement, hormis une dose hom&#233;opathique de SO2 &#224; l'un ou l'autre moment strat&#233;gique de la vinification. Dans le cas du vin blanc &#171; nature &#187; d'Alsace, on effectue souvent une petite protection de l'ordre de 15 mg/ litre environ avant la mise en bouteille, ce qui est d&#233;risoire par rapport aux 180 mg/litres autoris&#233;s par la r&#233;glementation europ&#233;enne et ne compromet en rien la digestibilit&#233; du vin. L'absence totale de soufre existe, mais surtout pour les vins rouges, les blancs &#233;tant un peu plus fragiles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Reste que cette tendance des vins &#171; nature &#187; compar&#233;e &#224; l'ensemble de la production, c'est une goutte de vin dans un oc&#233;an de produits &#339;notechniques. Et le reste de la production viticole est de plus en plus industriel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le succ&#232;s des vins issus du bio n'a donc pas eu pour effet de mod&#233;rer les mauvaises pratiques de la viniculture conventionnelle ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Non, cela a m&#234;me cr&#233;&#233; deux mondes compl&#232;tement &#224; part. Pour certains vins industriels, il faudrait presque inventer un autre nom et appeler cela &#171; &lt;i&gt;produit &#339;nologique &#224; base de raisin&lt;/i&gt; &#187;, par exemple.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ce que je regrette par ailleurs, c'est de voir certains vignerons &#171; nature &#187; jouer la carte de la vitesse et du go&#251;t du c&#233;page, notamment dans certains crus du Beaujolais qui sont r&#233;ellement des grands vins &#224; boire cinq, dix ans ou plus de cave et non trois mois apr&#232;s la mise en bouteille ! J'en viens parfois &#224; me demander si le courant des vins &#171; nature &#187; n'est pas la derni&#232;re ruse qu'a trouv&#233; la raison marchande pour poursuivre le ph&#233;nom&#232;ne d'acc&#233;l&#233;ration qu'elle a introduit depuis une vingtaine d'ann&#233;es dans le monde des vins. Est-ce qu'il n'y a pas une sorte d'int&#233;riorisation subjective de l'acc&#233;l&#233;ration g&#233;n&#233;rale dans nos soci&#233;t&#233;s ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Vous opposiez &#224; la fin de votre ouvrage l'avilissement sensoriel du monde industriel &#224; l'&#233;ducation esth&#233;tique ou &#171; &lt;i&gt; formation personnelle &#224; la sensibilit&#233;&lt;/i&gt; &#187;. &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1094 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH387/p06-07-vigneron2-copie-854ca.jpg?1768658675' width='500' height='387' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferri.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Oui, je citais&lt;i&gt; Les Lettres sur l'&#233;ducation esth&#233;tique de l'homme&lt;/i&gt; du po&#232;te Schiller, contemporain de la R&#233;volution fran&#231;aise, qui est un texte philosophique tr&#232;s m&#233;connu, &#224; l'exception de la r&#233;f&#233;rence qu'en fait Herbert Marcuse dans&lt;i&gt; L'Homme unidimensionnel&lt;/i&gt;. Je rappelais aussi &#224; la fin du premier chapitre la phrase d'Adorno que j'aime beaucoup : &#171; &lt;i&gt;Le premier service que l'industrie apporte au client est de tout sch&#233;matiser pour lui.&lt;/i&gt; &#187; D'une mani&#232;re g&#233;n&#233;rale, on pourrait r&#233;sumer que mon livre traitait de la sch&#233;matisation industrielle et commerciale du vin. L'objet actuel de mes r&#233;flexions, que je trouve bien plus d&#233;primant, c'est la sch&#233;matisation industrielle du monde, au sens du cadre subjectif dans lequel nous vivons et nous nous d&#233;veloppons. A ce titre, dans le processus de num&#233;risation dans lequel nous sommes pr&#233;cipit&#233;s, voire m&#234;me jet&#233;s, c'est le monde en tant que monde qui devient un objet industriel et commercial. Le monde ne nous est plus donn&#233; gratuitement, c'est la condition humaine qui est remise en question. D&#232;s lors que la totalit&#233; de la vie sociale est de plus en plus absorb&#233;e par le temps pass&#233; devant l'&#233;cran, il n'est pas exag&#233;r&#233; de dire que nous entrons dans une &#232;re de mutation anthropologique. Tout notre rapport au temps se trouve profond&#233;ment boulevers&#233; par une forme d'instantan&#233;isation. Pour rapporter cela au vin, vous pouvez saisir le contraste entre mon id&#233;e de faire m&#251;rir le vin pendant des ann&#233;es en cave pour r&#233;v&#233;ler ce qu'il a de meilleur, et le fait d'avoir &#224; appuyer sur son clavier pour faire surgir imm&#233;diatement devant soi l'objet de son d&#233;sir. Dans le monde d'avant, en gros le capitalisme bourgeois d'avant les ann&#233;es 1970, la vie quotidienne &#233;tait essentiellement domin&#233;e par la lenteur, la routine, un certain ennui &#8211; d'o&#249; toutes les critiques de la vie quotidienne qui ont pu l&#233;gitimement &#234;tre formul&#233;es par Henri Lefebvre ou encore les situationnistes. Aujourd'hui, face &#224; la pr&#233;cipitation du monde capitaliste post-moderne, il ne nous reste que cette forme subjective de r&#233;sistance par la lenteur, la patience, l'attention aux autres. Mais cela ne reste qu'une r&#233;sistance subjective.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;La suite du dossier&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Vins-libertaires-et-bieres&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rep&#232;res de Bacchus&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Le Gris, &lt;i&gt;Dionysos sacrifi&#233; : Essai sur le go&#251;t du vin &#224; l'heure de sa production industrielle&lt;/i&gt;, Syllepse, 1999.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Coauteur, avec Thierry Desseauve, du &lt;i&gt;Grand Guide des vins de France&lt;/i&gt;, tr&#232;s hostile &#224; la tendance des vins naturels.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>M&#233;dias libres vs m&#233;dias rances</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Medias-libres-vs-medias-rances</link>
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		<dc:date>2013-11-08T06:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard, Mickael Correia</dc:creator>


		<dc:subject>M&#233;dias</dc:subject>
		<dc:subject>Pirikk</dc:subject>
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&lt;p&gt;M&#233;dias libres : Toujours vivants ! Du 26 au 30 ao&#251;t dernier, se d&#233;roulait &#224; Notre-Dame-des-Landes la troisi&#232;me &#233;dition des rencontres M&#233;dias libres. Les zadistes ont ainsi vu d&#233;barquer &#224; &#171; la Ch&#226;taigne &#187; une belle flop&#233;e de canards sauvages (CQFD, La Brique, Article 11), d'internetophiles s&#233;ditieux (Indymedias Nantes, et Grenoble, Rebellyon, etc), de perturbateurs d'ondes (Radio Zinzine) et autres collectifs vid&#233;o frondeurs. Au-del&#224; des retrouvailles au bon go&#251;t de bi&#232;re et de d&#233;rision (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no114-septembre-2013" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;114 (septembre 2013)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Medias-8" rel="tag"&gt;M&#233;dias&lt;/a&gt;, 
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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;dias libres : Toujours vivants !&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Du 26 au 30 ao&#251;t dernier, se d&#233;roulait &#224; Notre-Dame-des-Landes la troisi&#232;me &#233;dition des rencontres M&#233;dias libres. Les zadistes ont ainsi vu d&#233;barquer &#224; &#171; la Ch&#226;taigne &#187; une belle flop&#233;e de canards sauvages&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Copieurs !&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; (&lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;La Brique&lt;/i&gt;, &lt;i&gt;Article 11&lt;/i&gt;), d'internetophiles s&#233;ditieux (Indymedias Nantes, et Grenoble, Rebellyon, etc), de perturbateurs d'ondes (Radio Zinzine) et autres collectifs vid&#233;o frondeurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Au-del&#224; des retrouvailles au bon go&#251;t de bi&#232;re et de d&#233;rision (&#171; &lt;i&gt;Pour se financer on va faire comme CQFD : un petit appel &#224; don de 100 000 euros !&lt;/i&gt; &#187; ou encore &#171; &lt;i&gt;Va vendre des cl&#233;s USB de ton site &#224; la cri&#233;e ! &lt;/i&gt; &#187;), les neurones se sont agit&#233;s dans le bocage. Une rencontre avec le groupe automedia de la ZAD a permis de discuter de notre rapport aux m&#233;dias bourgeois et d'encha&#238;ner d'autres &#233;changes autour de l'accessibilit&#233; pour tous de nos productions ou encore de l'in&#233;vitable question de la diffusion dans un contexte plus que morose pour les m&#233;dias papiers&#8230; Mutualisation de contenus et pratiques autonomisantes &#233;taient aussi de mise avec la joyeuse envie de cr&#233;er une feuille de choux bimensuelle gratuite sobrement appel&#233;e &lt;i&gt;Supercanard&lt;/i&gt;. Floril&#232;ge des derni&#232;res parutions dans les m&#233;dias libres, Supercanard para&#238;tra d'ici la fin de l'ann&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfin, l'armada des m&#233;dias libres a anim&#233; chaque nuit Radio Klaxon, la radio de Notre-Dame-des-Landes qui pirate la fr&#233;quence de la radio info autoroute de Vinci. La Brique a ainsi pu illuminer les ondes avec sa programmation rock-psyche entrecoup&#233;e de bruits de klaxons pour pr&#233;senter d'obscures chroniques litt&#233;raires, des informations d&#233;licieuses tir&#233;es de la presse quotidienne r&#233;gionale ou encore des d&#233;bats enflamm&#233;s. Et, si les nuits &#233;toil&#233;es de cette semaine &#224; la ZAD r&#233;sonnaient des klaxons et des fous rires hertziens, c'&#233;tait pour mieux clamer que les m&#233;dias libres ne sont point morts !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Micka&#235;l Correia&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;dias rances : Le journal qui fait honte &#224; la France&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Les articles du journal &lt;i&gt;Minute&lt;/i&gt; &#8211; dont Desproges rappelait que la lecture permettait de s'&#233;conomiser celle des ouvrages de Sartre &#8211; s'&#233;crivent-ils dans les bureaux de la mairie d'Orange ? Le 3 juillet, sous le titre &#171; Le mariage qui fait honte &#224; la France &#187;, l'hebdomadaire qui donne les mains sales et la naus&#233;e, affichait, en une, la photo de deux beaux jeunes gens tirant la langue et auxquelles on avait mis un bandeau sur les yeux. &#192; l'int&#233;rieur, on cherchait encore l'objet du d&#233;lit commis par Yasmina et Sofiane &#8211; dont le journal livrait l'identit&#233; compl&#232;te. On comprenait enfin que c'&#233;tait d'avoir c&#233;l&#233;brer d'une fa&#231;on un peu trop ostentatoire leur union. Klaxons et youyous, drapeaux alg&#233;riens et marocains, invit&#233;s d&#233;bordant de &#171; &lt;i&gt;biens beaux&lt;/i&gt; &#187; v&#233;hicules de &#171; &lt;i&gt;qualit&#233; allemande&lt;/i&gt; &#187; (&#171; &lt;i&gt;Pour les voitures, y a pas mieux que les Allemands&lt;/i&gt; &#187;, tente d'ironiser le journaliste avec quelques insinuations douteuses). Fort heureusement, les cam&#233;ras de videosurveillance de la municipalit&#233; de Bompard avaient film&#233; l'intol&#233;rable sc&#232;ne et les images avaient &#233;t&#233; transmises aux autorit&#233;s afin que ces contrevenants &#224; la biens&#233;ance la plus &#233;l&#233;mentaire soient d&#251;ment verbalis&#233;s. C'est tout, me direz-vous ? On savait que les mariages maghr&#233;bins &#8211; comme tout ce qui est d'origine maghr&#233;bine &#8211; sont la b&#234;te noire de la propagande d'extr&#234;me droite, mais le comble restait &#224; venir. Ce qui faisait s'&#233;trangler de rage le plumitif brun, y voyant un sympt&#244;me des &#171; &lt;i&gt;ravages de la double all&#233;geance&lt;/i&gt; &#187;, ce sont les professions des heureux &#233;poux : Yasmina est gendarme et Sofiane est militaire &#8211; ce dernier a m&#234;me servi au Mali o&#249; il y a perdu un pied ! Sur la fachosph&#232;re, qui reprend &#224; l'envi l'article d&#233;lateur, l'occasion d'une ratonnade virtuelle contre cette cinqui&#232;me colonne est trop belle : &#171; &lt;i&gt;R&#233;vocation de l'Arm&#233;e et de la Gendarmerie des deux d&#233;linquants&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Fran&#231;ais de papier&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Cela se finira dans un bain de sang&lt;/i&gt; &#187;, &#171; &lt;i&gt;Qu'ils retournent dans leurs pays&lt;/i&gt; &#187;, &#233;ructe-t-on dans les forums de novopress.info. &#192; Orange, la conseill&#232;re municipale du Front de gauche, Fabienne Haloui, qui se fade, non sans courage, l'opposition &#224; Bompard depuis une quinzaine d'ann&#233;es, a convoqu&#233; une conf&#233;rence de presse avec le MRAP en soutien aux deux mari&#233;s de l'&#233;t&#233;. Depuis le local du Front de gauche est r&#233;guli&#232;rement la cible de d&#233;gradations&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;Minute&lt;/i&gt; qui sape le moral sacr&#233; de notre belle arm&#233;e&#8230; Pauvre France !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mathieu L&#233;onard&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;dias ludiques : Pure fiction &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;Nilin est une &#171; erroriste &#187; qui lutte, en distribuant force bourre-pifs, contre la superstructure technologique qui contr&#244;le les m&#233;moires. Qui &#231;a ? Quoi &#231;a ? Pas de panique, il ne s'agit que d'un jeu vid&#233;o, intitul&#233; &lt;i&gt;&lt;a href=&#034;http://www.ecrans.fr/Remember-Me-en-avant-l-amnesique,16616.html&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Remember me&lt;/a&gt;&lt;/i&gt;, qui se d&#233;roule en 2084 dans un n&#233;o-Paris ravag&#233; apr&#232;s une apocalypse imputable au changement climatique. On pourrait trouver rassurant de se dire que m&#234;me dans un monde aussi virtuel que futuriste, les erroristes &#8211; ces erreurs dans le syst&#232;me qui le lui font savoir &#8211; dont &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a revendiqu&#233; la &lt;a href=&#034;http://www.cequilfautdetruire.org/spip.php?article1046&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;qualit&#233;&lt;/a&gt;, continueront &#224; r&#233;sister &#224; la machine &#224; ali&#233;ner. Rassurant vraiment ?&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;M&#233;dias Pirikk : Pure action&lt;/h3&gt;&lt;div class='spip_document_799 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;13&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH470/actu-actifs-2-bf26f.jpg?1768650674' width='400' height='470' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirikk.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;a href=&#034;http://ecrans.liberation.fr/ecrans/2013/09/26/les-canards-sauvages_935045&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Copieurs !&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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