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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; La radio est un moyen d'aller contre le cadre impos&#233; &#187;</title>
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		<dc:creator>Jean-Baptiste Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;C'est l'une des &#233;missions phares de la radio libre parisienne FPP. [&#171; L'Actualit&#233; des luttes &#187;-&gt;http://actualitedesluttes.info est une quotidienne, r&#233;alis&#233;e par trois personnes non r&#233;tribu&#233;es. Depuis des ann&#233;es, elles tiennent bon la rampe, baladant leur micro au gr&#233; des luttes et des gr&#232;ves. Un vrai tour de force. Mais dont l'existence est menac&#233;e par les sombres nuages pesant sur l'avenir de la radio. Nadia, Madeleine et Jo&#235;l en parlent ici &#8212; morceaux choisis. *** Nadia : &#171; J'ai (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;C'est l'une des &#233;missions phares de la radio libre parisienne FPP. &lt;a href=&#034;http://actualitedesluttes.info/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&#171; L'Actualit&#233; des luttes &#187;&lt;/a&gt; est une quotidienne, r&#233;alis&#233;e par trois personnes non r&#233;tribu&#233;es. Depuis des ann&#233;es, elles tiennent bon la rampe, baladant leur micro au gr&#233; des luttes et des gr&#232;ves. Un vrai tour de force. Mais dont l'existence est menac&#233;e par les sombres nuages pesant sur l'avenir de la radio. Nadia, Madeleine et Jo&#235;l en parlent ici &#8212; morceaux choisis.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2756 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;17&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH360/-1012-22a44.jpg?1768660178' width='500' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Emilie Seto
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; J'ai int&#233;gr&#233; &lt;a href=&#034;http://www.rfpp.net/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;FPP&lt;/a&gt; en 1985, via les &#233;missions anti-carc&#233;rales &#8220;Parloir Libre&#8221; puis &#8220;L'Envol&#233;e&#8221;. &#192; la base, je ne connaissais pas du tout l'univers de la radio. Il m'a d'ailleurs fallu un certain temps avant de me sentir &#224; l'aise &#8212; parler dans un micro me faisait flipper&#8230; Je n'avais pas le choix : la radio &#233;tait indispensable &#224; notre boulot autour de la prison. C'est un outil qui permet de relayer les courriers et appels &#224; mobilisation. Et d'entretenir un dialogue permanent avec les prisonniers en lutte. Je me suis donc familiaris&#233;e avec cet outil. Et pendant vingt ans, j'ai r&#233;alis&#233; des &#233;missions anti-carc&#233;rales hebdomadaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai aussi v&#233;cu une exp&#233;rience radio particuli&#232;re lors du mouvement de 1995 contre le plan Jupp&#233;. Beaucoup d'animateurs &#233;taient absents &#224; cause de la gr&#232;ve des transports. Et il y avait des plages libres &#224; remplir. J'ai donc commenc&#233; &#224; me rendre sur les lieux de luttes et d'occupations, pour prendre du son. &#199;a me semblait essentiel de r&#233;aliser des &#233;missions quotidiennes sur l'&#233;tat du mouvement. Notamment pour contrer les mensonges des m&#233;dias dominants. Tous les midis, pendant un mois, on a ainsi effectu&#233; &#224; la radio un &#233;tat des lieux - on demandait aux gens combien ils &#233;taient, comment &#231;a se passait, etc.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est cette exp&#233;rience qui m'a donn&#233; envie de lancer en 2009 une &#233;mission quotidienne sur FPP, le midi. Soit une heure (enfin, une heure et demie &#224; l'&#233;poque) sur les luttes sociales en cours. Je tenais &#224; cette id&#233;e d'un rendez-vous permettant aux gens de s'exprimer librement. De se rendre compte qu'ils sont moteur et sujet de la lutte. Et de combattre la d&#233;sinformation &#8212; si on critique les m&#233;dias classiques, il faut se mettre en capacit&#233; de cr&#233;er d'autres outils. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; De mon c&#244;t&#233;, j'ai d&#233;couvert FPP comme auditeur dans les ann&#233;es 2000 &#8212; je farfouillais sur la bande FM et je suis tomb&#233; sur cette radio ne ressemblant &#224; aucune autre. J'en suis devenu un auditeur r&#233;gulier, avant de sauter le pas en passant un coup de fil pour intervenir &#224; l'antenne, dans le cadre d'une &#233;mission sur les m&#233;dias libres. L'engrenage... J'ai appel&#233; de plus en plus souvent, et on m'a propos&#233; de participer. J'&#233;tais r&#233;ticent, arguant que je n'avais jamais fait de radio, mais j'ai finalement int&#233;gr&#233; l'&#233;mission. J'ai ensuite rejoint celle de &#8220;L'Actu des luttes'' en 2010. Je venais de me retrouver au ch&#244;mage, j'avais le temps de m'investir. Et de me former peu &#224; peu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il faut dire que je partais de loin. Pendant 23 ans, j'avais &#233;t&#233; ouvrier dans la m&#233;tallurgie. Et boum, voil&#224; que je me retrouvais devant un micro ! Heureusement, les radios libres restent un espace o&#249; s'op&#232;re une vraie transmission des savoirs. J'&#233;tais d'autant plus heureux de me perfectionner que je me reconnaissais dans l'absence de sp&#233;cialisation de l'&#233;mission. On y aborde plein de domaines, de mondes diff&#233;rents, sans se restreindre &#224; un th&#232;me pr&#233;cis. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; C'est une mani&#232;re de montrer que tout est li&#233;. Nous sommes convaincus que la question de la recomposition de la classe exploit&#233;e est multiforme : il faut aborder &#224; la fois les questions de racisme, de sexisme, d'exploitation du travail, de mal-logement, de r&#233;pression&#8230; Autant de sujets r&#233;sultants d'un m&#234;me syst&#232;me politique et &#233;conomique. &#8220;L'int&#233;r&#234;t de L'Actu des luttes'' est justement de trouver des liens entre toutes ces r&#233;sistances. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; De mon c&#244;t&#233;, j'ai rejoint l'&#233;mission il y a quatre ans. Je fais partie de la g&#233;n&#233;ration venue &#224; la politique en 2005, avec les r&#233;voltes de banlieue puis le mouvement contre le CPE. Je m'y suis investie, j'ai particip&#233; &#224; des collectifs. Et j'ai pris conscience que j'avais des choses &#224; dire - les combats sociaux am&#232;nent souvent &#224; prendre la parole. &#192; 18 ans, j'ai ainsi rejoint la bande de &#8220;Au fond pr&#232;s du Radiateur&#8221;, une &#233;mission hebdomadaire de jeunesse diffus&#233;e sur FPP. Pendant cinq ans, j'y ai appris &#224; faire du reportage, du montage, &#224; traiter de sujets de mani&#232;re rigoureuse tout en assumant ma subjectivit&#233;. J'y ai pris go&#251;t &#8212; aussi &#8212; &#224; la rencontre et au micro. Puis j'ai int&#233;gr&#233; &#8220;L'Actu des luttes''.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette &#233;mission me parle parce qu'il s'agit de produire des reportages refl&#233;tant la r&#233;alit&#233;, qu'elle nous plaise ou non. Indispensable pour que des gens tr&#232;s diff&#233;rents puissent se r&#233;approprier son contenu : il faut dire la complexit&#233; du r&#233;el. Et faire preuve de curiosit&#233;, se questionner. C'est d'ailleurs dans l'ADN des radios libres, qui constituent des espaces o&#249; tu peux tirer le fil de tes interrogations sur le processus de production auquel tu participes. Certes, tu t'y casses parfois les dents. Mais tu essayes &#8212; que &#231;a marche ou non n'est pas essentiel. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Lors des reportages, les gens nous parlent avec leurs tripes. Il y a de la col&#232;re, comme dans beaucoup de luttes. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Il s'agit d'un espace de construction de la pens&#233;e, qui part d'une base tr&#232;s pragmatique : tout le monde a quelque chose &#224; dire sur sa vie, ses espoirs, ses r&#234;ves. C'est moins &#233;vident par &#233;crit, il faut ma&#238;triser les codes. Au micro de FPP, on peut se permettre de prendre le temps. D'h&#233;siter, de bafouiller. L'&#233;motion et la subjectivit&#233; ne sont jamais loin. &#199;a r&#233;sonne chez l'auditeur, qui peut se reconna&#238;tre et donc se questionner. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Pour nous, c'est aussi l'occasion de belles rencontres. Gr&#226;ce &#224; l'&#233;mission, j'ai crois&#233; le chemin de gens &#224; qui je n'aurais sans doute jamais parl&#233; autrement. Les femmes de chambre en lutte, par exemple. Ou les salari&#233;s en gr&#232;ve d'Air France. Ou encore les gens investis &#224; Notre-Dame-des-Landes. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; C'est pour &#231;a que r&#233;aliser cette &#233;mission nous fait du bien. Litt&#233;ralement. Gr&#226;ce aux rencontres, comme le souligne Jo&#235;l : dans ce monde fait pour qu'on ne se croise pas, la radio est un moyen d'aller contre le cadre impos&#233;. Mais aussi parce qu'on se sent force de proposition, qu'on a une petite influence sur le cours des choses. &#199;a nous permet de nous sentir plus libres &#8212; une condition indispensable pour s'investir autant. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; L'autre condition, c'est de partager au quotidien le m&#234;me d&#233;sir de transformation du monde. Il traverse nos vies. D'o&#249; une double casquette pas toujours facile &#224; g&#233;rer : nous sommes &#224; la fois investis dans les luttes et charg&#233;s de produire de l'info sur celles-ci. Il y a un &#233;quilibre &#224; trouver. Reste que le socle de notre d&#233;marche ne change pas : donner &#224; entendre des discours qui nous touchent et nous passionnent. Les faire partager. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Lors des reportages, les gens nous parlent avec leurs tripes. Il y a de la col&#232;re, comme dans beaucoup de luttes. &#192; l'inverse, quand ils viennent en studio, ils ont le temps de camper la situation. Parce qu'on leur accorde une heure, pas juste cinq minutes. Ce sont deux aspects compl&#233;mentaires. D'un c&#244;t&#233;, l'urgence de la parole dans une lutte. De l'autre, le temps qu'on se donne pour en parler pos&#233;ment en studio. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; C'est d'autant plus important que nos invit&#233;s n'ont pas forc&#233;ment l'habitude de prendre la parole en public. S'ils franchissent le pas, c'est parce qu'ils sont entour&#233;s et qu'on les met &#224; l'aise. C'est ainsi que la radio libre r&#233;alise sa promesse de porter des voix diff&#233;rentes qui r&#233;fl&#233;chissent ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; En fait, on a de la chance. Le principe de notre &#233;mission, c'est d'aller rencontrer des gens qui se battent, qui sont en mouvement. &#199;a file la p&#234;che. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; Pour autant, ce n'est pas toujours simple. R&#233;aliser pendant des ann&#233;es une quotidienne, dans des conditions aussi pr&#233;caires, &#231;a fatigue. C'est un taf de fou. Une bataille permanente, qui demande de la force. Et cette force, c'est la radio qui nous la fournit. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Il y a aujourd'hui beaucoup de gens qui lisent et th&#233;orisent. Mais qui sont aussi un peu coup&#233;s de la r&#233;alit&#233;. Nous, on s'appuie sur le postulat inverse : pour transformer l'ordre des choses, il faut partir de la r&#233;alit&#233;. Faire le point sur l'&#233;tat des forces. Quels sont les moyens de lutte ? Comment l'emporter ? Ce sont les gens &#224; qui on tend le micro qui en parlent. En toute libert&#233;, sans qu'on leur fasse la le&#231;on. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; &#199;a fonctionne aussi parce que nous ne sommes pas d&#233;connect&#233;s de la soci&#233;t&#233;. On n'a pas fait d'&#233;cole de journalisme, on est issus de quartiers populaires, on y vit. Et on sait ce qui se passe &#224; c&#244;t&#233; de chez nous. On est acteurs de ce quotidien, m&#234;me si on ne vient pas des m&#234;mes horizons &#8212; Nadia a par exemple arr&#234;t&#233; les cours en terminale, tandis que Madeleine est &#233;tudiante en philo. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; C'est l'une des forces des radios libres que de r&#233;unir des gens tr&#232;s diff&#233;rents. Et c'est pour cette raison qu'elles constituent des espaces d'expression indispensables, &#224; pr&#233;server et &#224; d&#233;fendre. Surtout en ce moment, alors que les coups de boutoir &#224; leur encontre se multiplient. FPP se retrouve ici en premi&#232;re ligne : l'existence de la radio est menac&#233;e, &#224; cause de la fin des contrats aid&#233;s et de la baisse des financements publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il y a quelques mois, la radio fonctionnait encore avec cinq emplois aid&#233;s, charg&#233;s notamment de l'administratif, de l'agenda, du suivi de la programmation. Il n'y en a d&#233;sormais plus que deux. Et il n'en restera qu'un en d&#233;cembre. Table rase. Ce qui d&#233;sorganise forc&#233;ment la radio. D'autant que l'oukase est tomb&#233; sans pr&#233;avis. Pas moyen de s'y pr&#233;parer. Et de trouver les moyens d'une autre autonomie. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; &#192; longueur d'&#233;missions, on parle d'auto-organisation, d'ind&#233;pendance. Mais on se retrouve finalement en butte &#224; des contradictions ressemblant &#224; celles du monde marchand &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Madeleine :&lt;/strong&gt; &#171; On porte certainement une responsabilit&#233; sur ce point &#8212; comme tous les participants de la radio. Nous aurions d&#251; nous demander plus t&#244;t comment ne pas trop d&#233;pendre d'un &#201;tat qui ne veut pas de nous. On subirait moins la situation actuelle si on n'&#233;tait pas totalement financ&#233;s par des subsides &#233;tatiques, ceux du Fonds du soutien &#224; l'expression radiophonique et ceux, indirects, des emplois aid&#233;s. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; FPP se trouve ainsi &#224; la crois&#233;e des chemins. Une r&#233;organisation s'impose, qui ne pourra pas faire l'impasse d'une r&#233;flexion sur la d&#233;mocratie interne. C'est que la radio est tenue par un Conseil d'administration, dont les membres sont nomm&#233;s &#224; vie et coopt&#233;s. Pour une raison &lt;i&gt;a priori&lt;/i&gt; tout &#224; fait d&#233;fendable : pr&#233;server l'outil d'&#233;ventuels risques d'entrisme, de manipulation politique. R&#233;sultat : les animateurs ne sont pas impliqu&#233;s dans son fonctionnement. Ils se contentent souvent de faire leur &#233;mission sans s'investir dans la vie de FPP. L'existence des contrats aid&#233;s a contribu&#233; &#224; empirer cet &#233;tat de fait, puisqu'il y avait des salari&#233;s pour se fader les t&#226;ches chiantes mais essentielles &#224; l'existence de la radio. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Jo&#235;l :&lt;/strong&gt; &#171; Alors que sont les 300 animateurs et animatrices de FPP qui font r&#233;ellement vivre la radio. Cette force n'est pas assez prise en compte. Elle devrait avoir davantage son mot &#224; dire. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nadia :&lt;/strong&gt; &#171; Cela prouve aussi qu'autog&#233;rer des structures collectives reste un d&#233;fi permanent. C'est parfois un peu d&#233;primant. &#192; longueur d'&#233;missions, on parle d'auto-organisation, d'ind&#233;pendance. Mais on se retrouve finalement en butte &#224; des contradictions ressemblant &#224; celles du monde marchand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On n'a parfois pas le choix. Par exemple, pour le loyer du local : impossible de louer &#224; Paris un endroit vaste et chaleureux, o&#249; les animateurs auraient envie de squatter. On n'en a pas les moyens. Pareil pour les emplois : on ne peut pas r&#233;gler de vrais salaires. C'est ainsi que le champ des possibles se restreint peu &#224; peu. D'o&#249; une tendance au repli sur soi, quand il faudrait au contraire faire preuve de plus d'ouverture dans le fonctionnement pour surmonter la crise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre survie passe aussi par davantage de liens entre toutes les radios qui produisent autre chose que du commercial, refusent la publicit&#233; et partagent une affinit&#233; associative, voire politique. Pour mettre en commun nos pratiques. Et pour nous battre ensemble. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par Jean-Baptiste Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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