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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Fillols : deux bars sinon rien</title>
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		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


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&lt;p&gt;Un petit village pyr&#233;n&#233;en qui r&#233;ussit &#224; conserver ses deux bars. H&#233;r&#233;sie &#233;conomique ? Enqu&#234;te dans les bas-fonds de la moyenne montagne. ** * Un dimanche &#224; la campagne. La route qui serpente depuis Prades, sous-pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, allonge ses lacets entre les bourrelets bois&#233;s du massif du Canigou. Un panneau annonce le village de Fillols. On est venu ici pour percer le myst&#232;re : comment un bled de 170 &#226;mes a pu maintenir vivants ses deux bars. Ailleurs, c'est tout le (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Un petit village pyr&#233;n&#233;en qui r&#233;ussit &#224; conserver ses deux bars. H&#233;r&#233;sie &#233;conomique ? Enqu&#234;te dans les bas-fonds de la moyenne montagne.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH567/-1016-c575d.jpg?1768659664' width='400' height='567' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;**&lt;/div&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un dimanche &#224; la campagne.&lt;/strong&gt; La route qui serpente depuis Prades, sous-pr&#233;fecture des Pyr&#233;n&#233;es-Orientales, allonge ses lacets entre les bourrelets bois&#233;s du massif du Canigou. Un panneau annonce le village de Fillols. On est venu ici pour percer le myst&#232;re : comment un bled de 170 &#226;mes a pu maintenir vivants ses deux bars.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Ailleurs&lt;/strong&gt;, c'est tout le contraire : les villages ont vendu leur &#226;me au tout b&#233;ton pavillonnaire et commercial. Au fur et &#224; mesure qu'ils &#233;tendent leur artificielle superficie, leur coeur se n&#233;crose. Cern&#233;es par les terminaux de cuisson, les boulangeries abdiquent tandis que les derniers bistrots baissent le rideau devant des rues d&#233;sertiques. Sur un bout de parking, d'irr&#233;ductibles soiffards &#233;clusent des 8.6 achet&#233;es au Carrefour Market. Vous avez dit glauque ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Fillols donc. &lt;/strong&gt;La place du village et son tilleul majestueux. Au bas, terrasse nich&#233;e contre l'&#233;glise, le &lt;i&gt;Caf&#233; de l'Union &lt;/i&gt;qui fait aussi restau depuis peu. En haut, le &lt;i&gt;Bar du Canigou &lt;/i&gt;et sa fa&#231;ade ocre. Bar du jour en bas, bar du soir en haut. Peau burin&#233;e et poil blanc, Serge entre &#224; &lt;i&gt;L'Union &lt;/i&gt;et commande un whisky glace. 42 ans qu'il vient l&#224;. Il a fait partie de ces n&#233;oruraux venus coloniser l'arri&#232;re-pays. Fillols &#233;tait alors un village de mineurs-paysans. La fermeture des mines dans les ann&#233;es 50 avait donn&#233; un coup d'acc&#233;l&#233;rateur &#224; l'exode rural. Le maire avait compris qu'il avait tout int&#233;r&#234;t &#224; int&#233;grer les babos pour que le village survive. Entre chevelus et prolos, tout ne s'est pas fait dans la douceur, mais le ciment a pris et est &#224; l'origine de cette ferveur culturelle qui irrigue encore le village aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Serge :&lt;/strong&gt; &lt;i&gt;&#171; Dans ce bistrot, on conna&#238;t tout le monde, c'est familial. Avant, &lt;/i&gt;L'Union, &lt;i&gt;c'&#233;tait le bar de droite et &lt;/i&gt;Le Canigou, &lt;i&gt;le bar de gauche. Les gens ne se m&#233;langeaient pas. Moi, &#224; l'&#233;poque, j'avais les cheveux longs et on m'avait dit : tu vas pas boire en bas. &#187; L'Union &lt;/i&gt;a &#233;t&#233; repris en Scop par trois filles m&#234;me s'il y a un gars qui est venu donner la main pour remplacer un cong&#233; maternit&#233;. Pas trop dur pour ce m&#226;le minoritaire ? &lt;i&gt;&#171; Son nom c'est Timoth&#233;e, avec un &#8220;e&#8221; &#224; la fin, donc &#231;a va ! &#187;, &lt;/i&gt;l&#226;che S&#233;verine en souriant. Plonge, compta, cuisine, tout le monde tourne sur les t&#226;ches. Les filles insistent sur le fait qu'elles sont salari&#233;es et non pas simples g&#233;rantes. Les d&#233;cisions se prennent de mani&#232;re coll&#233;giale. Derri&#232;re la tireuse, Marie cherche ses mots : &lt;i&gt;&#171; Ce caf&#233; marche car il n'y a pas d'anonymat. On se retrouve entre copains. &lt;/i&gt;L'Union &lt;i&gt;a un r&#244;le social, une fonction d'espace collectif o&#249; la fronti&#232;re publicpriv&#233; n'est pas tr&#232;s claire. C'est une sorte de lieu neutre o&#249; l'on se d&#233;couvre, on se parle. Si un gars a besoin d'un coup de main pour monter sa serre, il vient ici. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;&#171; Si la logique &#233;conomique avait pr&#233;valu, il y aurait au maximum un bar dans le village. &#187;&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'automne ne mettra peut-&#234;tre pas de roux dans les feuillages des ch&#234;nes&lt;/strong&gt; en raison du manque de pluie, mais les cheveux d'Aline en offrent une palette flashy. Cette ancienne prof d'arts plastiques poss&#232;de les murs du &lt;i&gt;bar du Canigou. &#171; &#192; Fillols, c'&#233;tait &#233;vident d'avoir deux bars, &lt;/i&gt;confie Aline. &lt;i&gt;C'est mon grand-p&#232;re qui a cr&#233;&#233; &lt;/i&gt;Le bar du Canigou. &lt;i&gt;&#192; l'&#233;poque, tu ouvrais un bar sans besoin d'une licence. &#187; &lt;/i&gt;Son p&#232;re a repris l'affaire par la suite, puis son fr&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Elle-m&#234;me&lt;/strong&gt; s'est retrouv&#233;e un temps derri&#232;re le comptoir. &lt;i&gt;&#171; Du temps de mon p&#232;re, c'&#233;tait un vrai tripot, on jouait de l'argent. Avec ces mineurs qui venaient de toute l'Europe, fallait voir les loustics ! C'&#233;tait un bar &#224; forte personnalit&#233;. Quand mon fr&#232;re l'a repris en 1977, c'&#233;tait un des rares bistrots o&#249; les n&#233;oruraux &#233;taient bien accueillis. Tous les vendredis et samedis, des hippies venaient des bleds voisins ! Y a eu tout ce ferment qui a fait de ce lieu, un lieu fort, un lieu habit&#233;. &#187; &lt;/i&gt;Membre du foyer la&#239;que, Hubert pr&#233;cise : &lt;i&gt;&#171; Si la logique &#233;conomique avait pr&#233;valu, il y aurait au maximum un bar dans le village. Mais c'est gr&#226;ce &#224; la volont&#233; de la famille d'Aline, que le second bar a &#233;t&#233; maintenu. Il marche parce que les frais fixes &#8211; les murs et la licence &#8211; sont quasi inexistants et parce que le caf&#233; fait une partie consid&#233;rable de son chiffre d'affaires avec la f&#234;te. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La notori&#233;t&#233; de la f&#234;te du village&lt;/strong&gt; &#8211; &#233;tal&#233;e sur cinq jours ! &#8211; est une des acm&#233;s du calendrier fillolois qui pr&#233;sente une kyrielle de manifestations culturelles et festives tout au long de l'ann&#233;e. Un planning qui assure une dynamique coh&#233;sion au village mais demande aussi beaucoup. S&#233;verine : &lt;i&gt;&#171; C'est tr&#232;s dur de tenir un bar. Surtout quand tu sers essentiellement des potes. &#192; partir du moment o&#249; tu te mets au service des gens, tu te rends compte de leur personnalit&#233;. Il y a quelque chose qui change. &lt;/i&gt;[Elle r&#233;fl&#233;chit.] &lt;i&gt;Les gens ont soudain des exigences, peut-&#234;tre sous pr&#233;texte qu'ils payent. &#187; &lt;/i&gt;Aline parle aussi des r&#233;flexions et des reproches durs &#224; encaisser. Puis S&#233;verine remarque : &lt;i&gt;&#171; Normalement dans les bleds isol&#233;s, quand une n&#233;nette rentre dans un bar, elle rentre dans un milieu de mecs et se sent largement mal &#224; l'aise. Ici pff&#8230; &#187; &#171; Ici c'est les mecs qui sont mal &#224; l'aise ! &#187;, &lt;/i&gt;blague Hubert les mains dans la vaisselle.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Publi-replantage&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;petitelettrine&gt;C&lt;/petitelettrine&gt;ela rel&#232;ve de l'exploit : comment multiplier bourdes, indiscr&#233;tions malvenues et faux pas en faisant un article sur un endroit familier. Dans l'article &#171; Fillols : deux bars sinon rien &#187; (&lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt;n&#176; 148), le tilleul de la place du village est en fait un acacia et le &lt;i&gt;Caf&#233; de l'Union &lt;/i&gt;ne fait pas restau &lt;i&gt;&#171; depuis peu &#187; &lt;/i&gt;mais depuis des d&#233;cennies. Plus grave, pour d'obscures raisons mat&#233;rielles, les g&#233;rantes du &lt;i&gt;Caf&#233; del Canig&#243; &lt;/i&gt;(et non le &lt;i&gt;Bar du Canigou &lt;/i&gt; !), Pauline et &#201;milie, n'ont &#233;t&#233; ni rencontr&#233;es, ni cit&#233;es. Nous publions un extrait de leur courrier et leur pr&#233;sentons nos excuses les plus plates, ainsi qu'au vibrionnant peuple de Fillols.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;S&#233;bastien Navarro&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Si vous &#233;tiez venu nous rencontrer en personne, comme cela avait &#233;t&#233; convenu, vous sauriez que depuis trois ans nous organisons tr&#232;s r&#233;guli&#232;rement des concerts gratuits, proposant des groupes de styles et d'horizons vari&#233;s. Que le caf&#233;, tout au long de l'ann&#233;e, diffuse des matchs, accueille des anniversaires, parfois m&#234;me des soir&#233;es &#8220;ann&#233;es 80&#8221; improvis&#233;es, des ap&#233;ros &#224; la bonne franquette... Tout ce qui fait de cet endroit un lieu de rencontre et d'&#233;change, appr&#233;ci&#233; des gens du village et des environs. Et pas uniquement le bar de nuit, simple passage de relais d'un &#233;tablissement &#224; l'autre, migration froide et anonyme.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens ici aiment leurs deux bistrots, font valoir et font vivre cette singularit&#233;. Ce sont ces activit&#233;s et cette client&#232;le r&#233;guli&#232;re qui permettent de &lt;i&gt;&#8220;g&#233;n&#233;rer une part cons&#233;quente de notre chiffre d'affaires&#8221;, &lt;/i&gt;si &#224; un instant donn&#233;, il faut r&#233;sumer tout cela &#224; une dimension purement &#233;conomique &#8211; pour r&#233;pondre &#224; la question que vous posez dans le chapeau. Mais le maintien de deux bistrots rel&#232;ve aussi d'un point important, le choix de revenus modestes de la part des tenancier(e)s, &#224; aucun moment &#233;voqu&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#192; la lecture du titre, nous nous attendions &#224; autre chose qu'un article vendant la chanson r&#233;currente de &#8220;Fillols, le village d'irr&#233;ductibles aux deux bistrots, un pour les hippies un pour les chasseurs&#8221;. Cet historique a d&#233;j&#224; &#233;t&#233; &#233;voqu&#233; dans un article paru dans &lt;i&gt;Pyr&#233;n&#233;es Magazine &lt;/i&gt;(n&#176; 164, mars avril 2016). Malgr&#233; l'aspect touristique et non subversif de cette revue, le journaliste, lui, s'est donn&#233; le temps et la peine de rencontrer en personne, les principaux sujets de son papier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Pauline et &#201;milie&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Camp de Rivesaltes : 70 ans d'enfermement</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Camp-de-Rivesaltes-70-ans-d</link>
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		<dc:date>2010-05-26T09:38:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>S&#233;bastien Navarro</dc:creator>


		<dc:subject>Les vieux dossiers</dc:subject>
		<dc:subject>Camp</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#171; ENTRE SALSES ET RIVESALTES, au pied du Canigou, la tramontane transforme chaque &#233;t&#233; la garrigue en un d&#233;sert mongol, froid et violemment ensoleill&#233;. Certains ont choisi d'appeler ce lieu le &#8220;Sahara du Midi&#8221;. &#187; Construit en 1935 &#224; quelques kilom&#232;tres au nord de Perpignan, le camp Joffre de Rivesaltes devait servir de centre d'instruction militaire r&#233;serv&#233; aux troupes coloniales,mais rapidement l'endroit va &#234;tre recycl&#233; en camp d'internement pour parquer ces diff&#233;rents rebuts de l'humanit&#233; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no76-mars-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;76 (mars 2010)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Les-vieux-dossiers" rel="tag"&gt;Les vieux dossiers&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Camp" rel="tag"&gt;Camp&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CRA" rel="tag"&gt;CRA&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Canigou" rel="tag"&gt;Canigou&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Rivesaltes" rel="tag"&gt;Rivesaltes&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tramontane-transforme" rel="tag"&gt;tramontane transforme&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; ENTRE SALSES ET RIVESALTES, au pied du Canigou, la tramontane transforme chaque &#233;t&#233; la garrigue en un d&#233;sert mongol, froid et violemment ensoleill&#233;. Certains ont choisi d'appeler ce lieu le &#8220;Sahara du Midi&#8221;. &#187;&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;D&#233;but du tr&#232;s bon bouquin de Violette et Juanito Marcos, Les Camps de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; Construit en 1935 &#224; quelques kilom&#232;tres au nord de Perpignan, le camp Joffre de Rivesaltes devait servir de centre d'instruction militaire r&#233;serv&#233; aux troupes coloniales,mais rapidement l'endroit va &#234;tre recycl&#233; en camp d'internement pour parquer ces diff&#233;rents rebuts de l'humanit&#233; bannis ou rafl&#233;s par les &#201;tats-nations en guerre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Premiers &#224; faire les frais de l'hospitalit&#233; made in France, les vaincus de la guerre civile espagnole. En 1939, 500 000 Espagnols traversent les Pyr&#233;n&#233;es pour fuir la r&#233;pression franquiste. La France bient&#244;t p&#233;tainiste parque ces mauvais perdants dans des camps situ&#233;s non loin de la fronti&#232;re, Rivesaltes en recevant un important lot. &#192; partir de 1941, collaboration oblige, on y adjoint les Juifs et Tziganes rafl&#233;s par la police nationale. Puis en ao&#251;t 42, et ce pendant trois mois, une partie du camp se transforme en centre de triage isra&#233;lite, pr&#233;lude &#224; l'abattoir nazi : direction Auschwitz via Drancy.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Temps calme jusqu'en 1962. L'Alg&#233;rie ind&#233;pendante, ce sont plus de 900 000 &#171; rapatri&#233;s &#187; qui vont regagner la m&#233;tropole. Parmi eux, ceux que le potentat languedocien Georges Fr&#234;che a qualifi&#233;s de &#171; sous-hommes &#187; en 2006 : les Harkis. De 1962 &#224; 1963, 20 000 de ces suppl&#233;tifs de l'arm&#233;e fran&#231;aise vont s&#233;journer avec leur famille dans le camp de Rivesaltes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'histoire r&#233;cente continue sur la m&#234;me pente x&#233;nophobe. En 1984, en plein tour de chauffe du Front national, le sinistre camp est choisi pour accueillir la construction d'un centre de r&#233;tention administrative (CRA). De son ouverture jusqu'&#224; fin 2007, le CRA accueillera 20000 clandestins. On aurait pu en rester l&#224;. Mais &#231;a serait sous-estimer le cynisme dont sont capables les plus fiers-&#224;-bras de nos &#233;lus. En 2000, une convention d'objectifs entre &#201;tat, d&#233;partement et communes jette les plans d'un futur m&#233;morial qui doit &#234;tre construit sur le site du camp. &#201;valu&#233;e &#224; 15 millions d'euros, la douloureuse fr&#244;le les 22 millions fin 2009 ! Faut dire que l'ambition est l&#224; : il ne s'agit ni plus ni moins que de construire le plus grand m&#233;morial de l'Europe de l'Ouest. Membre de la commission historique, Jos&#233; Sang&#233;nis, fils d'exil&#233; anarchiste espagnol, en claque la porte il y a deux ans : &lt;i&gt;&#171; C'&#233;tait des assembl&#233;es de pure forme, on arrivait et les d&#233;cisions &#233;taient d&#233;j&#224; prises. Et puis c'est un projet incroyable, plein de luxe, avec des souterrains, des lumi&#232;res, un bistrot. Une vraie fanfaronnade. Nous &lt;/i&gt; [les autres r&#233;fugi&#233;s espagnols]&lt;i&gt;, on voulait un truc beaucoup plus simple, &#224; l'image des femmes et des hommes qui ont &#233;t&#233; enferm&#233;s l&#224;-dedans. &#187; &#171; Y avait un autre d&#233;saccord, ajoute Ren&#233;. C'&#233;tait sur le nom. &#187; &#171; C'est vrai&lt;/i&gt;, se souvient Jos&#233;. &lt;i&gt;On voulait que le m&#233;morial s'appelle camp de concentration comme il s'appelait &#224; l'&#233;poque dans les circulaires mais Peschanski, le pr&#233;sident du conseil scientifique, &#231;a lui plaisait pas. Il craignait l'amalgame avec les camps d'extermination. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Autre pierre d'achoppement sur laquelle a longtemps but&#233; le projet : comment &#233;difier un m&#233;morial sur un site toujours en activit&#233; ? En effet, tandis que de colloques en conf&#233;rences, entre petits-fours et diaporamas, l'id&#233;e du m&#233;morial faisait son chemin, les sans-papiers continuaient &#224; s'entasser dans le CRA &#224; deux pas des anciens baraquements. Ce qui fait quand m&#234;me un peu mauvais genre. Qu'&#224; cela ne tienne, d&#233;but 2008 un nouveau CRA, avec une capacit&#233; d'accueil doubl&#233;e et un syst&#232;me de s&#233;curit&#233; high-tech, a ouvert ses portes un peu plus loin. Torremila qu'il s'appelle. Ultime attention pour les clandos : l'a&#233;roport est &#224; moins de 200 m&#232;tres. Une douceur r&#233;sum&#233;e dans ces propos de Christian Bourquin, pr&#233;sident PS du conseil g&#233;n&#233;ral : &lt;i&gt;&#171; &#201;difier un m&#233;morial, c'est aussi rendre justice &#224; des gens consid&#233;r&#233;s comme &#8220;ind&#233;sirables&#8221;. &#187;&lt;/i&gt; Miracle de l'amn&#233;sie s&#233;lective. Comme si les m&#233;canismes ayant produit les &#171; ind&#233;sirables &#187; d'hier n'avaient plus rien &#224; voir avec ceux qui produisent les &#171; ind&#233;sirables &#187; d'aujourd'hui.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;D&#233;but du tr&#232;s bon bouquin de Violette et Juanito Marcos, &lt;a href=&#034;http://www.loubatieres.fr/?p=347&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;&lt;i&gt;Les Camps de Rivesaltes&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (&#233;d. Loubati&#232;res, 2009).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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