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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>Vendredi 4 janvier 1985, chez Jimmy</title>
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		<dc:creator>Thierry Pelletier</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#171; Je ne m'assieds pas avec les hommes faux / Je ne vais pas avec les gens dissimul&#233;s / Je hais l'assembl&#233;e de ceux qui font le mal / Je ne m'assieds pas avec les m&#233;chants / Je lave mes mains dans l'innocence. &#187; (Psaume 26) ** &#192; Ronan, &#224; Jimmy. ** * Je ne sais m&#234;me plus qui jouait ce soir-l&#224; chez Jimmy. Jimmy et ses frangins tenaient ce petit troquet de la rue de Bagnolet, dans le 20e, pr&#232;s de la Petite Ceinture. Rascal, Ronan et Mickey y programmaient des groupes chaque semaine, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no148-novembre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;148 (novembre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ronan" rel="tag"&gt;Ronan&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petite-Ceinture" rel="tag"&gt;Petite Ceinture&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Schultz" rel="tag"&gt;Schultz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/grand-Schultz" rel="tag"&gt;grand Schultz&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/L-entree" rel="tag"&gt;L'entr&#233;e&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#171; Je ne m'assieds pas avec les hommes faux / Je ne vais pas avec les gens dissimul&#233;s / Je hais l'assembl&#233;e de ceux qui font le mal / Je ne m'assieds pas avec les m&#233;chants / Je lave mes mains dans l'innocence. &#187; (Psaume 26)&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2760 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;31&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH567/-1016-c575d.jpg?1768659664' width='400' height='567' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;148 de CQFD.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;**&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;i&gt;&#192; Ronan, &#224; Jimmy.&lt;/i&gt;&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;**&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;*&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Je ne sais m&#234;me plus&lt;/strong&gt; qui jouait ce soir-l&#224; chez Jimmy. Jimmy et ses frangins tenaient ce petit troquet de la rue de Bagnolet, dans le 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, pr&#232;s de la Petite Ceinture. Rascal, Ronan et Mickey y programmaient des groupes chaque semaine, cette entreprise de salubrit&#233; musicale se nommerait bient&#244;t &lt;i&gt;Les Barrocks&lt;/i&gt;. L'entr&#233;e y &#233;tait &#224; pas cher. On y croisait aussi bien les squatteurs de l'Usine, que des totos, des skins pas toujours tr&#232;s &#224; gauche, des punks, des rockers ou des habitants lambda du quartier. &#201;troit, le bistrot, avec son bar en enfilade tout du long d&#232;s l'entr&#233;e et sa petite sc&#232;ne en palettes tout au fond pr&#232;s des chiottes et de la cabine t&#233;l&#233;phonique. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;T'arrivais fauch&#233;, &lt;/strong&gt;tu rentrais quand m&#234;me &#224; force de faire chier et tu ressortais ourd&#233; bien comme il faut. Tu d&#233;barquais &#224; l'aise, &#224; l'&#233;poque avec 100 francs (15 euros) t'&#233;tais le roi du p&#233;trole et tu d&#233;canillais tout aussi ourd&#233;, mais sans un&#8230; Entre l'exigu&#239;t&#233; des lieux, l'affluence et la faune, plut&#244;t fraternelle l'ambiance, c'&#233;tait. Comme c'&#233;tait vraiment tout petit, on allait fr&#233;quemment pisser juste &#224; c&#244;t&#233;, contre les portes des entrep&#244;ts de la Sernam, ou y discuter tout simplement, le grand porche nous gardait &#224; l'abri de la pluie. On s'y battait aussi, y avait l'espace suffisant pour y laver les affronts les plus impardonnables. &#199;a n'allait jamais bien loin, les grands, Sergio, Mickey, Schultz et Denis son frangin, Gros Fran&#231;ois qui officiait &#224; la sono, d&#233;boulaient g&#233;n&#233;ralement assez rapidement pour calmer les vell&#233;it&#233;s belliqueuses et nous faire la le&#231;on : ils nous rappelaient bien gentiment que la survie du lieu &#233;tait pr&#233;caire, que les cond&#233;s nous avaient au jus de mouscaille, qu'il nous fallait donc rester moelleux. Quand la p&#233;dagogie et l'appel au civisme rock'n'rollien ne suffisaient pas, Sergio mettait la beigne aux plus vindicatifs qui se voyaient de surcro&#238;t prestement raccompagn&#233;s de l'autre c&#244;t&#233; de l'avenue des Pyr&#233;n&#233;es. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bugs n'avait que 15 ans, &lt;/strong&gt;mais d&#233;j&#224; pas les deux pieds dans la m&#234;me rangeo. Ce manuel &#224; l'esprit vif n'aimait rien tant qu'&#224; bidouiller des trucs plein de cambouis pas toujours &#224; lui, ainsi qu'&#224; r&#233;cup&#233;rer des objets perdus avant que quelqu'un ne les vole. Il poursuivait une formation de plombier, lui il avait demand&#233; serrurier, mais le juge pour enfants n'avait pas voulu&#8230; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'oeil ac&#233;r&#233; itou &lt;/strong&gt;qu'il avait le gar&#231;on. Sur le chemin du concert, dans une petite rue pas bien loin, qu'il m'explique, il a retapiss&#233; un rade &#224; l'abandon apr&#232;s avoir br&#251;l&#233;. &#201;paul&#233;s par le grand Luchien et sa R16, on y d&#233;carre illico. Quelques planches sont cens&#233;es remplacer la lourde, en deux coups de lattes on y est. Au rez-de-chauss&#233;e, c'est noir de suie, bien cram&#233;, alors on descend &#224; la cave, elle est intacte. On en d&#233;cambute avec deux f&#251;ts de bi&#232;res et trois caisses de rhum. De retour chez Jimmy avec notre tr&#233;sor, on nous f&#234;te comme des h&#233;ros, nous on est pas peu fiers, &#231;a nous change de notre habituel statut de petits merdeux fouteurs de merde. Grands seigneurs, nous offrons les f&#251;ts &#224; Jimmy, de toute fa&#231;on on n'a pas l'appareillage &#224; pression&#8230; Bon prince, Jimmy pr&#233;pare en retour des grogs avec le rhum, tout le monde est bient&#244;t archi-bitur&#233;. Dehors il neige, et pas qu'un peu, No&#235;l est pass&#233; depuis peu, n'emp&#234;che qu'on est vachement bien, de vrais pachas ! &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On ressort pourtant &lt;/strong&gt;avec Alain Wampas, Bugs et Serdar Daltons se poster de l'autre c&#244;t&#233; de la rue et on attaque &#224; coups de boules de neige la troupe qui braille et s'agglutine devant l'entr&#233;e du bar. On vise particuli&#232;rement le grand Schultz et sa cr&#234;te, en face &#231;a tarde pas &#224; r&#233;pliquer m&#233;chamment, c'est la guerre ! Le Schultz on l'a loup&#233;, mais pas Efflam, le loupiot de Ronan (il a 5 ou 6 ans) qu'&#233;tait pos&#233; sur un capot de bagnole. Il en a ramass&#233; une en pleine bouille, il chiale et hurle au charron. Sa daronne, la belle Lysiane, surgit &#233;chevel&#233;e et, furibarde, se met &#224; tarter tout ce qui passe &#224; sa port&#233;e. &#199;a rigole plus du tout, n'&#233;coutant que leur courage, cuirs clout&#233;s, bombers ou fi&#232;res bananes s'esbignent subito pour &#233;chapper &#224; la fureur maternelle. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a embarqu&#233; le rhum &lt;/strong&gt;qui restait chez Didier Wampas, dans sa tour du 13&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement o&#249; il nous a confectionn&#233; des cocktails. &#192; partir de l&#224; &#231;a devient flou. On est mont&#233;s sur le toit, au dessus du 25&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; &#233;tage, Michel Daltons s'est suspendu dans le vide pour nous faire rigoler, on n'a pas tra&#238;n&#233;, la vue &#233;tait choucarde mais il faisait froid. Apr&#232;s, je ne sais plus&#8230; &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mon pote Faba, &lt;/strong&gt;le futur g&#233;nialissime tatoueur, a bien failli d&#233;visser son billard, ce soir-l&#224;. Lourdement post-bitur&#233; &#224; la fin du concert, il s'est &#233;croul&#233; dans un terrain vague alors qu'il tentait de rallier sa piaule. Kinaken, un skin m&#233;tis qui passait par l&#224;, a but&#233; dedans, il &#233;tait d&#233;j&#224; recouvert de neige. Il l'a transbahut&#233; chez lui, tout bleu. Devant une assiette de nouilles et une Kronenpils r&#233;paratrices, ils se sont aper&#231;us qu'ils avaient fait les paras dans le m&#234;me r&#233;giment, ce fut le d&#233;but d'une ind&#233;fectible amiti&#233; ainsi que d'une intense collaboration intellectuelle. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Jimmy, par la suite, &lt;/strong&gt;est devenu avocat, a revendu son bar, puis a cass&#233; sa pipe, para&#238;t-il. Aujourd'hui, chez lui, &#231;a s'appelle le &lt;i&gt;Gambetta, &lt;/i&gt;c'est plus grand, plus confortable, &#231;a joue toujours un peu, mais c'est plus la m&#234;me limonade. &lt;strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La Sernam, &lt;/strong&gt;c'est devenu &lt;i&gt;La Fl&#232;che d'or, &lt;/i&gt;un faux truc pr&#233;tendument alterno qui a connu son heure de branchitude, une usine &#224; fric qui tourne toujours, merci pour elle. &#199;a me ferait mal d'y jouer ou d'y &#233;couter un groupe, d'y boire un godet ou m&#234;me d'aller y pisser.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Thierry &#171; Cochran &#187; Pelletier&lt;/strong&gt; &lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;ul class=&#034;spip&#034; role=&#034;list&#034;&gt;&lt;li&gt; Thierry Pelletier est l'auteur de &lt;i&gt;La Petite Maison dans la zermi &lt;/i&gt;(2007) et &lt;i&gt;Les Rois du rock &lt;/i&gt;(2013) aux &#233;ditions Libertalia.&lt;/li&gt;&lt;/ul&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Vies et combats de la Petite Biblioth&#232;que Ronde de Clamart</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Vies-et-combats-de-la-Petite</link>
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		<dc:date>2016-09-12T04:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>C'est</dc:subject>
		<dc:subject>j'ai</dc:subject>
		<dc:subject>enfants</dc:subject>
		<dc:subject>cit&#233;</dc:subject>
		<dc:subject>Petite</dc:subject>
		<dc:subject>biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Petite Biblioth&#232;que</dc:subject>
		<dc:subject>Biblioth&#232;que Ronde</dc:subject>
		<dc:subject>Clamart</dc:subject>
		<dc:subject>Ronde</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Gouverner en g&#233;rant, c'est le nouveau credo des &#233;diles politiques. Dans la banlieue parisienne de Clamart, une biblioth&#232;que pour enfants au c&#339;ur d'une cit&#233; en fait les frais : prouver son efficacit&#233; ou d&#233;gager, voil&#224; le deal de la mairie. &#171; J'ai tant d'argent. 100 000 j'ai dans ma tirelire 100 000 j'ai dans ma banque [...] J'ai tant d'argent mais c'est pas vrai. &#187; (Chantal, 13 ans.) Apr&#232;s quelques heures &#224; l'arpenter sous un soleil de plomb, le constat tombe, fatal et sec : (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/j-ai" rel="tag"&gt;j'ai&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/enfants" rel="tag"&gt;enfants&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/cite-2336" rel="tag"&gt;cit&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petite" rel="tag"&gt;Petite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/bibliotheque" rel="tag"&gt;biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petite-Bibliotheque" rel="tag"&gt;Petite Biblioth&#232;que&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Bibliotheque-Ronde" rel="tag"&gt;Biblioth&#232;que Ronde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Clamart" rel="tag"&gt;Clamart&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ronde" rel="tag"&gt;Ronde&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Gouverner en g&#233;rant, c'est le nouveau credo des &#233;diles politiques. Dans la banlieue parisienne de Clamart, une biblioth&#232;que pour enfants au c&#339;ur d'une cit&#233; en fait les frais : prouver son efficacit&#233; ou d&#233;gager, voil&#224; le &lt;i&gt;deal&lt;/i&gt; de la mairie.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;
&#171; J'ai tant d'argent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;100 000 j'ai dans ma tirelire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;100 000 j'ai dans ma banque [...]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;J'ai tant d'argent mais c'est pas vrai. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Chantal, 13 ans.&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Les trois textes enfantins cit&#233;s dans cet article ont tous &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s quelques heures &#224; l'arpenter sous un soleil de plomb, le constat tombe, fatal et sec : Clamart n'a rien de rock &amp; roll. Petite ville des Hauts-de-Seine peupl&#233;e d'environ 50 000 p&#233;quins, elle pr&#233;sente en ce mois d'ao&#251;t caniculaire un visage bigrement roupillant. Banlieue r&#233;sidentielle, j'&#233;cris ton nom en lettres d'ennui. &#171; &lt;i&gt;C'est s&#251;r que c'est tranquille ici, p&#233;p&#232;re&lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume un jeune clamartois suant, pench&#233; en territoire bar-tabac sur la grille de mots-crois&#233;s du &lt;i&gt;Parisien&lt;/i&gt;. Il n'a pas tort. Que ce soit dans sa partie haute (plus populaire) ou basse (bourgeoise), Clamart n'envoie pas du r&#234;ve.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Deux dates phares ont pourtant agit&#233; la ville dans les sixties. D'abord le 22 ao&#251;t 1962 et la tentative d'attentat de l'OAS contre le G&#233;n&#233;ral de Gaulle (dite du &#171; Petit-Clamart &#187;), qui vit le grand machin mitraill&#233; s'en sortir miraculeusement et sa zouz Yvonne se distinguer via une phrase refl&#233;tant ses pr&#233;occupations g&#233;opolitiques : &#171; &lt;i&gt;J'esp&#232;re que les poulets n'ont rien &lt;/i&gt; &#187; &#8211; ce que faisaient lesdites volailles dans la DS-19 du Pr&#233;sident, nul ne le sait&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La r&#233;partie du G&#233;n&#233;ral face &#224; la placide r&#233;action de sa femme est, elle (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;. Et le 1er octobre 1965, jour de l'inauguration de la biblioth&#232;que des enfants de Clamart (dite &lt;a href=&#034;http://www.lapetitebibliothequeronde.com/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Petite Biblioth&#232;que Ronde&lt;/a&gt;). Un b&#226;timent &#233;trange pos&#233; dans la Cit&#233; de la Plaine (environ 6 000 habitants, aucune parent&#233; avec sa cons&#339;ur marseillaise), devenu vivant symbole d'une vision alternative de l'art bibliophile marmotesque (de &#171; marmot &#187;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un OVNI dans la cit&#233;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; Une voiture verte&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;roulait &#224; grande allure&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers une destination inconnue&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;accompagn&#233;e de grands nuages&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;appel&#233;s Sirius. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Gilles, 13 ans)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;&lt;div class='spip_document_1736 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;53&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-55.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH752/-55-19f45.jpg?1768907818' width='500' height='752' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Korido &#8212; Travail personnel, CC BY-SA 3.0.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;Le premier regard est d&#233;rout&#233;. De loin, cela donne l'impression qu'un b&#226;tisseur extraterrestre a d&#233;pos&#233; quelques soucoupes de b&#233;ton au milieu des immeubles. &#338;uvre du c&#233;l&#232;bre (para&#238;t-il) architecte G&#233;rard Thurnauer, le b&#226;timent a des faux airs de blockhaus adouci, qui d&#233;tonne dans un environnement fonctionnel. Tout autour, les b&#226;timents de quatre &#233;tages en fausse brique typiques de la rouge cit&#233; de la Plaine ; et lui, gris-b&#233;ton, avec des formes &#233;tranges. Une fois ses portes pouss&#233;es, il se r&#233;v&#232;le pourtant &#233;tonnamment agr&#233;able. Pas un angle droit &#224; l'horizon, pas une ligne heurt&#233;e. Tout est circulaire, accueillant, a&#233;r&#233;. L'id&#233;e : que les enfants se sentent ici chez eux. Dans la &#171; soucoupe &#187; des tout-petits (0-3 ans), il y a par exemple des fen&#234;tres situ&#233;es &#224; hauteur de mollet adultes, pour que les garnements &#224; quatre pattes b&#233;n&#233;ficient d'une vue d&#233;gag&#233;e sur le jardin qui jouxte le b&#226;timent. P&#233;p&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis 1965, le lieu n'a quasiment pas &#233;volu&#233;. Si les biblioth&#233;caires ne sont plus les m&#234;mes, elles et ils affichent toujours une forme de feu sacr&#233;, de d&#233;vouement &#224; l'esprit originel. Quant aux &#171; r&#232;gles &#187;, elles sont rest&#233;es diff&#233;rentes des biblioth&#232;ques et m&#233;diath&#232;ques conventionnelles : &#171; &lt;i&gt; Ici, il n'y a pas d'antivol sur les livres, ni d'amendes en cas de retards&lt;/i&gt;, explique Chlo&#233;, biblioth&#233;caire investie. &lt;i&gt;Le pr&#234;t, c'est la confiance. C'est aussi pour &#231;a qu'il n'est pas demand&#233; de justificatif de domicile &#224; l'inscription. L'id&#233;e est que tout soit d'une grande simplicit&#233;, avec en outre une participation des enfants &#224; la vie du lieu. C'&#233;tait comme &#231;a d&#232;s le d&#233;part, avec un fonctionnement inspir&#233; de la p&#233;dagogie Freinet.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le d&#233;part ? En fanfare. &lt;i&gt;Circa&lt;/i&gt; 1965, le Haut-Clamart est coup&#233; de Paris. Pour les habitants, essentiellement des ouvriers, qui travaillent dans les grandes usines de la p&#233;riph&#233;rie (dont Renault &#224; Boulogne). Et leurs enfants, &#233;norm&#233;ment d'enfants, fruits du baby-boom, lesquels s'emmerdent passablement. L'arriv&#233;e de la biblioth&#232;que, moderne, anim&#233;e par des biblioth&#233;caires de la capitale conduisant leur propre voiture (dingue !) et fond&#233;e sur des formes de p&#233;dagogie alternatives, fait donc office de choc. En quelques mois, trois mille enfants prennent leur inscription. Dans &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que est &#224; nous&lt;/i&gt;, r&#233;cent documentaire sign&#233; Kaspar Vogler, plusieurs usagers de l'&#233;poque content avec d&#233;votion cette irruption d'un ailleurs intrigant dans un pr&#233;sent bouch&#233;. Tous parlent de &#171; &lt;i&gt; libert&#233;&lt;/i&gt; &#187;, d'&#171; &lt;i&gt; ouverture &lt;/i&gt; &#187;, &#233;voquant un avant et un apr&#232;s. Comme si l'irruption de l'Ovni avait dynamit&#233; le quotidien.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est le cas de Michel Alban, aujourd'hui porte-parole de l'association Notre petite biblioth&#232;que ronde et visiteur assidu des lieux d&#232;s 1966. Il estime que sa vie a chang&#233; du jour o&#249; il est entr&#233; dans le b&#226;timent : &#171; &lt;i&gt;Je suis tomb&#233; directement dans la marmite, parce que j'y ai d&#233;couvert une libert&#233; incroyable pour l'&#233;poque. Tout en nous responsabilisant, on ne nous disait jamais non. Il y avait des ateliers th&#233;&#226;tre, une imprimerie, des machines &#224; &#233;crire, etc. Personnellement, je ne serais jamais devenu metteur en sc&#232;ne de th&#233;&#226;tre si ce lieu n'avait pas exist&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une belle histoire, s&#251;r. Ici, depuis cinquante ans, quelque chose a pris, fonctionne &#224; rebours du marasme. Reste qu'il faut se garder de toute id&#233;alisation forcen&#233;e. Si la Petite Biblioth&#232;que Ronde a pu voir le jour et survivre, c'est d'abord en raison du soutien financier massif d'une riche h&#233;riti&#232;re industrielle, Anne Schlumberger. La dame &#233;tait certes sinc&#232;re et passionn&#233;e par sa sainte mission (porter la culture en terre prol&#233;taire), ce mod&#232;le de m&#233;c&#233;nat, qui est toujours de mise aujourd'hui (60% de fonds priv&#233;s, 40% publics) n'a rien d'id&#233;al&lt;i&gt;Surtout quand on retrouve dans la liste des gentils m&#233;c&#232;nes des noms tels que la Fondation d'entreprise Areva.&lt;/i&gt;. Il permet pourtant de garder une certaines ind&#233;pendance par rapport aux pouvoirs publics&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;M&#234;me si le b&#226;timent en tant que tel a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; la ville d&#232;s 1972.&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Un fonctionnement qui a le don d'agacer les instances locales. D'o&#249; les menaces pesant actuellement sur la biblioth&#232;que.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;59&#034; data-legende-lenx=&#034;x&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L342xH481/-56-e6961.jpg?1768658623' width='342' height='481' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Wikipedien18 &#8212; Travail personnel, CC BY-SA 4.0.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Des fois, on a des emmerdes &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#192; la cit&#233;,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Des fois, on a des emmerdes avec le gardienou avec les vieux et les vieilles.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous, on se venge,avec des fl&#233;chettes en papier. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;(Garnement anonyme)&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;En 2006, d&#233;j&#224;, la Petite Biblioth&#232;que Ronde a senti le vent du boulet. Le maire PS d'alors l'avait annonc&#233; haut et fort : il fermait le lieu. Ni une ni deux, les biblioth&#233;caires ont rameut&#233; soutiens et m&#233;dias, avant d'occuper la biblioth&#232;que jour et nuit pendant une grosse semaine. Suffisant pour faire pencher la balance dans l'autre sens. Un temps. Car le maire actuel, Jean-Didier Berger, jeune LR aux dents longues, a repris le flambeau. Celui qui affiche sa t&#234;te de vainqueur sur les affiches de la ville &#8211; raie sur le c&#244;t&#233; de rigueur et habillement tricolore (veste bleue, chemise blanche, cravate rouge) &#8211; n'est pas vraiment fan du projet rond et de ses exp&#233;rimentations sociales. Ce n'est pas le seul : la biblioth&#232;que a &#233;t&#233; plusieurs fois vandalis&#233;e, prise pour cible par des jeunes du quartier, notamment en mars 2014. Dans un quartier o&#249; les &#233;quipements publics sont rarissimes, elle fait paradoxalement office de symbole &#233;tatique&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir CQFD n&#176;138, &#171; Une biblioth&#232;que qui br&#251;le, c'est un peu de m&#233;pris qui (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. C'est pourquoi l'&#233;quipe explique mettre tout en &#339;uvre pour rendre son acc&#232;s le moins intimidant possible. Il faut casser la barri&#232;re symbolique, disent-ils. Mounira, r&#233;sidente de longue date de la Cit&#233;, est ainsi en charge de l'accueil des m&#232;res et de leurs enfants. De m&#234;me, il n'y a pas de vigiles, pas de cam&#233;ras, pas de marqueur s&#233;curitaire. &#171; &lt;i&gt;L'id&#233;e, c'est que ce soit comme une deuxi&#232;me maison&lt;/i&gt;, explique Chlo&#233;, &lt;i&gt;qu'il y ait des &#233;changes au sein de la biblioth&#232;que. On conna&#238;t les pr&#233;noms de tous les enfants.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi qu'il en soit, la v&#233;ritable menace pesant sur la biblioth&#232;que est ailleurs. Alors que de vastes travaux d'am&#233;nagement de la Cit&#233; doivent &#234;tre entam&#233;s d'ici peu, la municipalit&#233; ne propose pour l'instant que des solutions de relogement temporaires &#8211; aussi inadapt&#233;es qu'&#233;loign&#233;es du quartier. Le maire exige des biblioth&#233;caires de lui rendre des comptes, d'afficher un bilan efficace. Mais peut-on chiffrer le travail social men&#233; depuis des d&#233;cennies au pied des HLM ? Une question qui n'effleure pas le sieur Berger. Il a somm&#233; les employ&#233;s de quitter les lieux en septembre, sans v&#233;ritable discussion ni garantie de retour. &#171; &lt;i&gt;Il nous taxe de gauchistes illumin&#233;s &lt;/i&gt; &#187;, r&#233;sume Michel Alban. Pour l'&#233;dile, la m&#233;diath&#232;que Fran&#231;ois Mitterrand construite en 2007 dans le Haut-Clamart suffit largement. Et qu'importe si elle n'a pas la m&#234;me proximit&#233; &#8211; g&#233;ographique et culturelle &#8211; avec la Cit&#233; de La Plaine. Il s'agit de faire place nette pour sa vision gentrificatrice d'une ville uniforme et ais&#233;e. Il n'y a d'ailleurs &#224; ses yeux pas de diff&#233;rence entre le Bas-Clamart bourgeois et les quartiers populaires situ&#233;s en hauteur : Clamart serait une, indivisible, prosp&#232;re. Si bien que le tissu associatif se d&#233;lite fautes de subsides. Ainsi de la proche Maison de la cr&#233;ation, qui vient de fermer ses portes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cons&#233;quence : le coefficient emmerdement des jeunes du quartier reste bloqu&#233; au maximum. Dans &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que est &#224; nous&lt;/i&gt;, un jeune r&#233;sume bien la situation :&#171; &lt;i&gt;Ils nous font quoi &#224; Clamart ? Un lac. &lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;Ils avaient promis un cin&#233;ma, un stade, etc., et au final, on se retrouve avec un lac et deux ponts, fr&#232;re.&lt;/i&gt; &#187; Situ&#233; &#224; quelques encablures de la biblioth&#232;que, le lac en question se r&#233;v&#232;le &#234;tre une mare. Les canards y sont sympathiques, fr&#232;re, et la v&#233;g&#233;tation bienvenue, mais cela ressemble plus &#224; la conception suisse du fun urbain qu'&#224; un lieu de vie...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bref, dans ce d&#233;sert culturel et social, la survie de la Petite Biblioth&#232;que Ronde est cruciale. D'autant que les employ&#233;s se sont fait une sp&#233;cialit&#233; d'emmener leur biblioth&#232;que hors des murs. Ils sont r&#233;guli&#232;rement pr&#233;sents lors des distributions aux familles organis&#233;es par les Restos du c&#339;ur de Clamart. Ou bien ils s'installent &#224; proximit&#233; des barres de la proche cit&#233; des 3F. Au fond, ils suivent la le&#231;on de Genevi&#232;ve Patte, longtemps boussole de la biblioth&#232;que, infatigable propagandiste de la joie de lire comme moyen de repousser l'exclusion : &#171; &lt;i&gt;Rien ne sert d'avoir de grands projets, si on ne voit pas sur le terrain comment les choses se vivent et si on ne s'assoit pas au milieu des populations avec les livres, avec les enfants, avec les m&#232;res&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-elle dans &lt;i&gt;La Biblioth&#232;que est &#224; nous&lt;/i&gt;. Dont acte. En ce mercredi d'ao&#251;t, l'avenir du b&#226;timent rond est en sursis. Une nappe est de sortie, une trentaine d'albums jeunesse &#233;tal&#233;s, quelques enfants gambadeurs rassembl&#233;s &#8211; la biblioth&#232;que buissonni&#232;re ouvre ses portes.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Les trois textes enfantins cit&#233;s dans cet article ont tous &#233;t&#233; r&#233;dig&#233;s et imprim&#233;s &#224; la Petite Biblioth&#232;que Ronde de Clamart.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La r&#233;partie du G&#233;n&#233;ral face &#224; la placide r&#233;action de sa femme est, elle aussi, dans toutes les m&#233;moires : &#171; &lt;i&gt;Vous &#234;tes brave, Yvonne.&lt;/i&gt; &#187; On savait peaufiner les dialogues &#224; l'&#233;poque.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;M&#234;me si le b&#226;timent en tant que tel a &#233;t&#233; confi&#233; &#224; la ville d&#232;s 1972.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/Un-climat-irrespirable&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;n&#176;138&lt;/a&gt;, &#171; Une biblioth&#232;que qui br&#251;le, c'est un peu de m&#233;pris qui meurt &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Br&#232;ves du 82</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Breves-du-82</link>
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		<dc:date>2011-02-25T17:19:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


		<dc:subject>En bref</dc:subject>
		<dc:subject>Marseille</dc:subject>
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		<dc:subject>trait&#233; international</dc:subject>

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&lt;p&gt;&#171; Petite annonce discr&#232;te &#187; &gt; L'Acta a le plaisir d'annoncer la publication prochaine du trait&#233; international qui vient d'&#234;tre finalis&#233; par ses soins. L'Acta ? L'Accord commercial anti-contrefa&#231;on, qui r&#233;unit les pays riches : quelque chose qui ressemblerait &#224; une sorte de G20 non-officiel. Anti-contrefa&#231;on ? Tout ce qui va depuis la production de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques jusqu'au t&#233;l&#233;chargement ill&#233;gal de films sur Internet, autrement dit une protection tr&#232;s tr&#232;s compl&#232;te des droits de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no82-octobre-2010" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;82 (octobre 2010)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/En-bref" rel="tag"&gt;En bref&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Marseille" rel="tag"&gt;Marseille&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/greve" rel="tag"&gt;gr&#232;ve&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Oui" rel="tag"&gt;Oui&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petite" rel="tag"&gt;Petite&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Petite-annonce" rel="tag"&gt;Petite annonce&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/plaisir-d-annoncer" rel="tag"&gt;plaisir d'annoncer&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/publication-prochaine" rel="tag"&gt;publication prochaine&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-etre-finalise" rel="tag"&gt;d'&#234;tre finalis&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/traite-international" rel="tag"&gt;trait&#233; international&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Petite annonce discr&#232;te &#187; &gt;&lt;/strong&gt; L'Acta a le plaisir d'annoncer la publication prochaine du trait&#233; international qui vient d'&#234;tre finalis&#233; par ses soins. L'Acta ? L'Accord commercial anti-contrefa&#231;on, qui r&#233;unit les pays riches : quelque chose qui ressemblerait &#224; une sorte de G20 non-officiel. Anti-contrefa&#231;on ? Tout ce qui va depuis la production de m&#233;dicaments g&#233;n&#233;riques jusqu'au t&#233;l&#233;chargement ill&#233;gal de films sur Internet, autrement dit une protection tr&#232;s tr&#232;s compl&#232;te des droits de propri&#233;t&#233; intellectuelle. Un trait&#233; international ? Mais oui, un trait&#233;, n&#233;goci&#233; depuis 2007 dans le plus grand secret, qui donnerait des pouvoirs de surveillance et de r&#233;pression accrue aux &#201;tats, cela va sans dire. Et si on se mettait &#224; en causer beaucoup moins discr&#232;tement avant qu'on nous le refourgue en contrebande ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Gr&#232;ve &#187; &gt;&lt;/strong&gt; La gr&#232;ve ! Oui, la gr&#232;ve ! G&#233;n&#233;rale, reconductible, sauvage. Port, trains, chimie, hosto, bahuts, facs, routiers, t&#233;l&#233;, EDF ! Partout la gr&#232;ve ! Yes ! Hop, hop ! Blocages des routes, p&#233;ages, terminaux. Coupures de jus ! Ouais ! Occupations des b&#226;timents ! Boum ! Enfin ! &#199;a va le faire ! On y est presque ! &#199;a vibre, &#231;a tremble, &#231;a fr&#233;tille ! La rue &#224; nous ! Pas la peine de mettre un cierge &#224; la Bonne-M&#232;re, tu sens pas que &#231;a vient ? Oui ! Non !&#8230; Ma foi !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un flic peut en cacher un autre &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Instructive vid&#233;o r&#233;alis&#233;e lors de la grande manif intersyndicale du 29 septembre &#224; Bruxelles : on y voit les flics arr&#234;ter pr&#233;ventivement et bastonner g&#233;n&#233;reusement. Les manifestants s'&#233;chauffent, protestent et crient &#171; Libert&#233; ! &#187;, &#171; No border, no nation, stop deportation ! &#187; Un membre du service d'ordre, m&#233;gaphone &#224; la main, entonne un refrain diff&#233;rent : &lt;i&gt;&#171; Restez calmes ! Laissez tomber ! Les policiers sont des travailleurs comme nous. Laissez-les tranquilles ! Laissez-les faire leur boulot ! &#187;&lt;/i&gt; Ben voyons ! C'est pas plut&#244;t les SO syndicaux qui sont des flics comme les autres ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Inspiration ib&#233;rique &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Piquets d'information avec vouvouzelas et p&#233;tards devant les banques, assembl&#233;es de quartier, d&#233;bats sur l'&#233;conomie solidaire, trois voitures de police parties en fum&#233;e, occupation du si&#232;ge d'un ancien organisme de cr&#233;dit avec affichage de banderoles sur le mode &lt;i&gt;&#171; Les banques nous &#233;touffent, le patronat nous exploite, les politiques nous mentent, les syndicats nous vendent. Aux chiottes ! &#187;&lt;/i&gt; ou &lt;i&gt;&#171; Ce n'est pas la crise, c'est le capitalisme. &#187;&lt;/i&gt; : eh oui eh oui, tu l'as devin&#233;, c'est pas chez nous&#8230; mais c'est pas non plus une pure utopie. &#199;a s'est pass&#233; &#224; Barcelone le 29 septembre : y a pas &#224; dire, nos cousins catalans savent mener une gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Dignit&#233; de la femme &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Le label Decca, filiale de Vivendi-Universal, va sortir un album de chants gr&#233;goriens commis par des nonnes, surfant ainsi sur une tendance &#224; la haute spiritualit&#233; mercantile. Les futures stars sont des moniales b&#233;n&#233;dictines du Barroux (Vaucluse), une abbaye int&#233;griste o&#249; elles vivent recluses dans la non-mixit&#233;, couvertes d'un voile quasi int&#233;gral et dans l'adoration extatique d'un gourou que d'aucuns pr&#233;tendent mort et ressuscit&#233; il y a plus de 2 000 ans. &lt;i&gt;&#171; Afin que soit respect&#233;e l'intimit&#233; des soeurs&lt;/i&gt;, lit-on dans &lt;i&gt;Le Dauphin&#233; lib&#233;r&#233;&lt;/i&gt; du 28 juillet dernier,&lt;i&gt; le directeur g&#233;n&#233;ral de Decca Records a remis le contrat aux religieuses clo&#238;tr&#233;es &#224; travers une grille de barreaux de bois, qui s&#233;pare ces derni&#232;res du monde ext&#233;rieur. &#187;&lt;/i&gt; Au nom de la r&#233;publique et de Manuel Valls, arrachons leur voile et lib&#233;rons-les de l'obscurantisme. Et qu'elles chantent du R'n'B, foutredieu !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; D&#233;fiscalisation &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Enchant&#233;e de voir l'&#233;x&#233;cutant Kerviel porter seul le chapeau de ses faramineuses pertes, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale se fait g&#233;n&#233;reuse : elle ne lui r&#233;clamera pas les 4,9 milliards &#233;vapor&#233;s dans les limbes du boursicotage virtuel. De toutes fa&#231;ons, il aurait mis 10 000 ans &#224; rembourser. Mais un d&#233;tail n'a pas &#233;chapp&#233; au &lt;i&gt;T&#233;l&#233;gramme de Brest&lt;/i&gt; du 10 octobre : &lt;i&gt;&#171; La fiscalit&#233; des soci&#233;t&#233;s leur permet de b&#233;n&#233;ficier, en cas de pertes exceptionnelles sur un exercice donn&#233;, d'une d&#233;duction d'imp&#244;t. Elle atteint un tiers de la somme perdue, soit le taux d'imposition normal des soci&#233;t&#233;s. [&#8230;] La SG a r&#233;cup&#233;r&#233; 1,7 milliard d'euros sur les 4,9 milliards perdus en 2008. &#187;&lt;/i&gt; Si tu as paum&#233; ton emploi lors de l'ann&#233;e fiscale en cours, pense &#224; r&#233;clamer toi aussi ton exon&#233;ration. Ils vont s&#251;rement te l'accorder, y a pas de raison.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Un bulldozer ? Quel bulldozer ? &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Nos coll&#232;gues du mensuel &lt;i&gt;Le Ravi&lt;/i&gt; ont d&#233;busqu&#233; de sacr&#233;s scoops en organisant un d&#233;bat sur Marseille capitale europ&#233;enne de la culture 2013. Premi&#232;re perle, sortie du museau UMPiste de Renaud Muselier : &lt;i&gt;&#171; Non, il n'y a pas de gentrification &#224; Marseille. Ce n'est pas parce qu'on vient voir un spectacle qu'on s'installe. &#187;&lt;/i&gt; Et le PS Patrick Menucci d'abonder :&lt;i&gt; &#171; Si je pouvais avoir un exemple de gentrification&lt;/i&gt; [dans les quartiers populaires de] &lt;i&gt;Belsunce ou Noailles, &#231;a ne me d&#233;rangerait pas. Mais je n'y crois pas, Marseille Provence 2013 n'est pas un &#233;v&#233;nement assez important. &#187;&lt;/i&gt; Puisque ce sont le pr&#233;sident de l'association &#171; Pensons le Grand Marseille &#187; et un membre du CA d'Eurom&#233;diterran&#233;e (vaste projet d'urbanisme r&#234;vant Marseille en m&#233;gapole techno-financiaro-culturelle) qui vous le disent&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Libert&#233; de manifester ? &#187; &gt;&lt;/strong&gt; Des dizaines d'arrestations pr&#233;ventives, un millier de gardes &#224; vue, une centaine de lib&#233;rations conditionn&#233;es par le fait de &#171; ne pas participer &#224; des manifestations publiques &#187; et un gars arr&#234;t&#233; pour avoir&lt;i&gt; &#171; viol&#233; cette condition &#187;&lt;/i&gt; en prenant part&#8230; &#224; un d&#233;bat universitaire : &#231;a, c'&#233;tait au Canada avant, pendant et apr&#232;s le sommet du G20 de juin dernier. Des centaines d'arrestations, pr&#233;ventives pour la plupart, de clowns, de gens un peu trop group&#233;s ou trop proches d'un camp No-Border : &#231;a, c'&#233;tait &#224; Bruxelles fin septembre, lors de la Semaine pour la libert&#233; de circulation et de la manifestation europ&#233;enne contre la pr&#233;carit&#233;. Ne reste plus qu'&#224; organiser des manifs pr&#233;ventives.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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