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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>L'air (bih&#232;nebi) de ne pas y coucher</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec</dc:creator>


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&lt;p&gt;&#192; Barcelone, les propri&#233;taires se sont vite rendu compte qu'avec des touristes, ils gagnaient en une semaine autant d'argent qu'en un mois avec un locataire autochtone. R&#233;sultat, l'inflation a pouss&#233; les Barcelonais &#224; aller se loger de plus en plus loin en p&#233;riph&#233;rie... *** &#171; Je me suis dit que c'est bien joli de maudire les touristes, mais que je serais le dernier des idiots de ne pas profiter moi aussi de l'aubaine ! &#187;, reconna&#238;t Arnau, photographe freelance vivant dans le quartier de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; Barcelone, les propri&#233;taires se sont vite rendu compte qu'avec des touristes, ils gagnaient en une semaine autant d'argent qu'en un mois avec un locataire autochtone. R&#233;sultat, l'inflation a pouss&#233; les Barcelonais &#224; aller se loger de plus en plus loin en p&#233;riph&#233;rie...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2785 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
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&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH457/-1040-d6dd3.jpg?1768657732' width='400' height='457' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Kalem
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Je me suis dit que c'est bien joli de maudire les touristes&lt;/strong&gt;, mais que je serais le dernier des idiots de ne pas profiter moi aussi de l'aubaine !&lt;/i&gt; &#187;, reconna&#238;t Arnau, photographe freelance vivant dans le quartier de Poble Sec, &#224; Barcelone. C'est sans doute ici &lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur le sujet, voir le dossier &#171; Le pari municipaliste &#187;, paru dans le n&#176; 137 (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, puis &#224; Lisbonne, que la dynamique Airbnb a caus&#233; le plus de d&#233;g&#226;ts. Les propri&#233;taires se sont vite rendu compte qu'avec des touristes, ils gagnaient en une semaine autant d'argent qu'en un mois avec un locataire autochtone. R&#233;sultat, l'inflation a pouss&#233; les Barcelonais &#224; aller se loger de plus en plus loin en p&#233;riph&#233;rie. Ce qui a contribu&#233; &#224; transformer la vieille ville en &lt;i&gt;no man's land&lt;/i&gt; satur&#233; de pr&#233;sence &#233;ph&#233;m&#232;re. Aujourd'hui, dans l'Alfama, &#224; Lisbonne, m&#234;me les touristes se plaignent de ne croiser plus que des touristes !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les quartiers autrefois populaires&lt;/strong&gt; sont devenus des sortes de parcs &#224; th&#232;me farcis de commerces inutiles &#224; la vie quotidienne, type boutique de souvenirs, barbier pour hipsters ou fast-food aux go&#251;ts mondialis&#233;s. &#192; Barcelone, la municipalit&#233; d'Ada Colau tente de contr&#244;ler cette &#233;conomie &#224; la fois souterraine et pr&#233;datrice. &#171; &lt;i&gt; Ce qui a provoqu&#233; une situation cocasse, &lt;/i&gt;sourit Arnau.&lt;i&gt; Le pr&#233;sident du Syndicat des h&#244;teliers, ennemi jur&#233; de ce qu'il appelait&lt;/i&gt; &#8216;&#8216;une municipalit&#233; de squatteurs gauchistes'', &lt;i&gt;ne tarit plus d'&#233;loges sur la fermet&#233; affich&#233;e contre ce qu'il consid&#232;re comme une concurrence d&#233;loyale.&lt;/i&gt; &#187; D'ailleurs, &#224; Palma de Majorque, le secteur h&#244;telier milite pour l'interdiction pure et simple d'Airbnb sur l'&#238;le.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais force est de constater&lt;/strong&gt; que l'opportunit&#233; Airbnb est partout saisie par des gens, qu'il soient clients ou loueurs, qui sont loin d'&#234;tre des requins. Arnau y a parfois recours pour boucler les mois difficiles. &#171; &lt;i&gt;On a lou&#233; une chambre &#224; deux Allemandes venues pour le S&#243;nar, le festival de musiques &#233;lectroniques. &#199;a nous a permis d'acheter des billets pour aller voir les parents de Myriam en Sardaigne. &lt;/i&gt; &#187; Un micro business qu'il m&#232;ne tout en gardant un &#339;il critique : &#171; &lt;i&gt;&#192; cause de cette ub&#233;risation du logement, pourtant officiellement circonscrite depuis la crise de 2008, la bulle immobili&#232;re est repartie &#224; la hausse.&lt;/i&gt; &#187; La gal&#232;re pousse &#224; la d&#233;brouille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La municipalit&#233; oblige les proprios&lt;/strong&gt; &#224; d&#233;clarer les appartements lou&#233;s &#224; des touristes, mais se montre moins regardante sur les locations de chambre. &#171; &lt;i&gt;La maire n'a pas os&#233; toucher &#224; &#231;a, elle sait qu'on est nombreux parmi ses &#233;lecteurs &#224; survivre ponctuellement gr&#226;ce &#224; ce petit plus. Elle pr&#233;f&#232;re traquer ceux qui font &#231;a comme un business, des investisseurs, parfois venus d'Italie ou d'Allemagne, qui ach&#232;tent dix appartements &#224; la fois en vue de les louer via la plateforme Airbnb. &lt;/i&gt; &#187; Ce contr&#244;le implique le passage intempestif de fonctionnaires municipaux dans les immeubles, demandant aux voisins s'ils ont remarqu&#233; des mouvements suspects de possibles locataires non d&#233;clar&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Les locations Airbnb&lt;/strong&gt;, jusque-l&#224; cantonn&#233;es en centre-ville, s'immiscent jusqu'en banlieue. &#171; &lt;i&gt;Certains endroits sont en passe de devenir des cit&#233;s-dortoirs &#224; touristes ! &lt;/i&gt; &#187;, plaisante Arnau, qu'inqui&#232;te cette &#171; &lt;i&gt;monoculture touristique&lt;/i&gt; &#187; d&#233;nonc&#233;e par les associations de quartier. Barcelone est devenu un spot quasi oblig&#233; du voyage &lt;i&gt;low cost&lt;/i&gt;. Ryanair, Vueling ou EasyJet proposent des vols aller-retour &#224; moins de 100 &#8364; depuis n'importe quelle grande ville europ&#233;enne.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; &lt;i&gt;Toujours innovant&lt;/strong&gt;, Airbnb recrute des h&#244;tes pr&#232;s &#224; devenir guide urbain, ricane Arnau. Tu peux gagner un peu d'argent de poche en faisant d&#233;couvrir, selon les go&#251;ts du client, une zone avec des graffs de Banksy, un bar branch&#233; ou, au contraire, le chouette coin oubli&#233; par les prospectus de l'office du tourisme, et donc fabuleusement authentique !&lt;/i&gt; &#187; C'est cette attirance des touristes les moins cons pour le c&#244;t&#233; populaire d'une ville qui a fini par &#233;touffer le march&#233; Sant Antoni. Aujourd'hui, Adri&#225; Ferr&#225;n, gourou de la nouvelle cuisine, vient d'ouvrir sept restaurants, plus un &#171; laboratoire de cuisine cr&#233;ative &#187; dans une rue adjacente. Ce qui laisse Arnau songeur : &#171; &lt;i&gt;C'est violent de voir les lieux que tu fr&#233;quentais enfant compl&#232;tement d&#233;figur&#233;s par une dynamique qui te fait te sentir &#233;tranger.&lt;/i&gt; &#187; Ce monde se d&#233;vore lui-m&#234;me.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Bruno Le Dantec&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1768669123' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur le sujet, voir le dossier &#171; Le pari municipaliste &#187;, paru dans le &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015'&gt;n&#176; 137&lt;/a&gt; de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Voyager dans la zone du confort</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Voyager-dans-la-zone-du-confort</link>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Aude Vidal</dc:creator>


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&lt;p&gt;Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant &#171; volontouriste &#187;, pigiste, &#233;tudiante &#224; Langues O' ou prof de fran&#231;ais en tongs. Et se pose la question : comment cesser d'&#234;tre touriste ? Est-ce seulement possible ? *** Comme tout le monde, je m&#233;prise les touristes. Les touristes qui viennent chez moi marcher le nez en l'air sur les pistes cyclables et faire grimper le prix des loyers &#224; coups d'Airbnb ou de r&#233;sidences secondaires. Les (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Patrick-Cockpit-295" rel="tag"&gt;Patrick Cockpit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/faire" rel="tag"&gt;faire&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voyage" rel="tag"&gt;voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tourisme" rel="tag"&gt;tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vivre" rel="tag"&gt;vivre&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/prix-4622" rel="tag"&gt;prix&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/touristes" rel="tag"&gt;touristes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde-s-epuise" rel="tag"&gt;monde s'&#233;puise&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Partie en Asie du Sud-Est comme touriste il y a cinq ans, Aude Vidal poursuit la rencontre en devenant &#171; volontouriste &#187;, pigiste, &#233;tudiante &#224; Langues O' ou prof de fran&#231;ais en tongs. Et se pose la question : comment cesser d'&#234;tre touriste ? Est-ce seulement possible ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2737 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-995-11e1d.jpg?1768651595' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Comme tout le monde, je m&#233;prise les touristes&lt;/strong&gt;. Les touristes qui viennent chez moi marcher le nez en l'air sur les pistes cyclables et faire grimper le prix des loyers &#224; coups d'Airbnb ou de r&#233;sidences secondaires. Les touristes comme moi quand je voyage. Nous sommes nombreuses et nombreux sur la piste Sud-Est asiatique, une des r&#233;gions les plus &#171; faciles &#224; voyager &#187; au monde : prix bas, &#233;quipements corrects, splendeurs naturelles (la baie de Krabi) ou historiques (Angkor, Bagan), criminalit&#233; contenue, populations souriantes, climat tropical, plages et cocotiers. Remontant la p&#233;ninsule Malaise depuis Singapour, en route pour l'ancien royaume Lan Na ou glissant sur le M&#233;kong, beaucoup de jeunes (ou jeunes dans leur t&#234;te) d&#233;brouillard.e.s h&#233;sitent entre joie de vivre et mesquinerie petite bourgeoise d&#232;s que le service n'est pas irr&#233;prochable. Nous avons choisi un voyage ind&#233;pendant, sac au dos, sans pr&#233;parer plus d'une &#233;tape &#224; la fois. Nous avons l'impression de vivre une grande aventure humaine et parlons souvent de &#171; &lt;i&gt;sortir de notre zone de confort&lt;/i&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mais le fait est que nous nous inscrivons dans une &#233;conomie bien r&#233;elle&lt;/strong&gt;, le premier secteur productif au monde &lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; [L'activit&#233; touristique] emploie 200 millions de personnes dans le monde, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Et dans des rapports &#233;conomiques marqu&#233;s par l'iniquit&#233; et un pass&#233; colonial. Mais de cela, il n'est jamais question quand nous nous engageons dans des relations avec les locaux. Une infirmi&#232;re fran&#231;aise &#224; un jeune Hmong au Laos : &#171; &lt;i&gt;Toi aussi, tu veux voyager ? Et pourquoi pas ?&lt;/i&gt; &#187; Alors qu'il vient de nous dire que sa famille vit avec 100 &#8364; par mois... Un ami me racontait aussi avoir commenc&#233; son tour du monde en marchandant aupr&#232;s d'un pousse-pousse indien, faisant valoir sa &#171; pauvret&#233; &#187; relative d'&#233;tudiant-ing&#233;nieur : la t&#234;te du gars devant cet argument lui avait fait honte pour le restant du voyage. R&#233;trospectivement, il avait trouv&#233; cette exp&#233;rience plus instructive que toutes celles qui sont cens&#233;es faire de ce geste de consommation une activit&#233; enrichissante humainement &lt;a href=&#034;#nb2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#192; propos d'une activit&#233; bien plus enrichissante humainement, ces quelques (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;N'effleurer que la surface&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La plupart d'entre nous ne voyage que sur des circuits pr&#233;alablement balis&#233;s&lt;/strong&gt;, sur lesquels lignes de transports en commun efficaces et infrastructures h&#244;teli&#232;res confortables n'ont pas fleuri au hasard. Les attractions non plus : elles ont fait l'objet de ce que Rodolphe Christin appelle &#171; &lt;i&gt;une ing&#233;nierie sociale d&#233;di&#233;e &#224; l'am&#233;nagement de l'espace et &#224; l'organisation d'offres commerciales adapt&#233;es&lt;/i&gt; &#187;. C'est tout de suite moins magique. Experte en tourisme, c&#244;t&#233; consommatrice, j'ai &#233;t&#233; sollicit&#233;e pour aider &#224; d&#233;terminer ce qui pouvait faire l'objet d'une attraction touristique dans la r&#233;gion de Bondowoso (Java Est). Ce point de vue sur les rizi&#232;res en terrasse ? Mouais, pas assez de relief pour faire un paysage inoubliable, mais joli. Cette fabrique artisanale de manioc ferment&#233; ? Non, &#231;a ne va pas le faire, &#231;a sent trop mauvais. La caldeira du volcan Ijen, ses porteurs de soufre et leur petites figurines jaunes ? Oui, mais cette attraction existe d&#233;j&#224; : il y a des parkings am&#233;nag&#233;s et des vendeurs de tout sur les pentes du volcan, qui accueillent chaque nuit des milliers de touristes (la plupart locaux) &#8211; puisque l'offre touristique s'est structur&#233;e autour d'une d&#233;couverte matinale du sommet. Et de r&#233;diger des notices sur Wikitravel pour transformer un geste quotidien (prendre le caf&#233; au march&#233;) en une attraction en soi, charge aux entrepreneurs locaux d'en faire une marchandise. Mais les touristes sont difficiles et ne mordent pas &#224; tous les hame&#231;ons. Nous jugeons que telle ville se &#171; fait &#187; en deux heures, pas plus, l&#224; o&#249; d'autres passent toute une vie. N'effleurant que la surface, nous devons alors multiplier les villes et paysages travers&#233;s.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le plus difficile reste ce paradoxe&lt;/strong&gt; : l'espace doit &#234;tre balis&#233;, mais ce serait bien si nous pouvions y &#234;tre les premier.e.s &#8211; ou au moins les seul.e.s &#8211; touristes et ne pas nous noyer dans la foule. C'est un peu comme r&#233;clamer un hypermarch&#233; aux rayons lourdement charg&#233;s, mais dans lequel les all&#233;es seraient d&#233;sertes et o&#249; personne n'attendrait aux caisses. Il n'y a pourtant pas de myst&#232;re, c'est &#233;quip&#233; parce que nous l'avons d&#233;j&#224; colonis&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_2738 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH267/-996-d9607.jpg?1768687150' width='400' height='267' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Photo Patrick Cockpit
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Le monde s'&#233;puise&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Premi&#232;re activit&#233; &#233;conomique au monde&lt;/strong&gt;, donc, &#171; &lt;i&gt;le tourisme est l'expression d'une mobilit&#233; humaine et sociale fond&#233;e sur un exc&#233;dent budg&#233;taire susceptible d'&#234;tre consacr&#233; au temps libre pass&#233; &#224; l'ext&#233;rieur de la r&#233;sidence principale&lt;/i&gt; &#187; &lt;a href=&#034;#nb2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Extrait de l'Encyclop&#233;die Universalis.&#034; id=&#034;nh2-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Le tourisme est une activit&#233; en pleine croissance, de 6 % par an en moyenne, mais les Fran&#231;ais.e.s partent de moins en moins en vacances. Ce qui explose avec le tourisme, ce sont les in&#233;galit&#233;s. Les &#171; &lt;i&gt;exc&#233;dents budg&#233;taires&lt;/i&gt; &#187; des un.e.s augmentent, ainsi que le nombre de ceux et celles qui en ont, tandis que les autres pourront d&#233;couvrir le monde en accueillant des touristes sur leur lieu de vie devenu terrain de jeux, c'est-&#224;-dire en allant vivre en banlieue parce que les loyers en centre-ville ont perdu la raison. M&#234;me r&#233;cit &#224; Marseille, Lisbonne &lt;a href=&#034;#nb2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir notamment &#171; Lisbonne tremble encore &#187;, article publi&#233; dans le n&#176;147 de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, Georgetown ou Macao. Les autorit&#233;s parlent de patrimoine, les esprits chagrins de &lt;i&gt;disneylandisation&lt;/i&gt;. Partout dans le monde, les m&#234;mes &lt;i&gt;latte&lt;/i&gt;, wifi inclus, pour le prix de cinq ou dix caf&#233;s. Les m&#234;mes logiques de sp&#233;culation, les m&#234;mes restaurations &#224; la truelle qui, mieux que le temps, savent d&#233;truire un h&#233;ritage architectural qui avait tenu, bon gr&#233; mal gr&#233;, par les mobilisations des habitant.e.s contre chaque nouveau projet d'&#233;quipement monstrueux. Au classement Unesco, &#224; la mus&#233;ification de la ville, comment dire non sans avoir l'air de ne repr&#233;senter que ses int&#233;r&#234;ts particuliers ? C'est la culture qu'on attaque ! M&#234;me bilan globalement n&#233;gatif dans les espaces naturels : pour les abords d'une rivi&#232;re Kinatabatangan pr&#233;serv&#233;s en vue de safaris-photos en bateau, combien d'hectares bouff&#233;s par les infrastructures ? Et surtout, combien de m&#232;tres cubes d'eau d&#233;pens&#233;s dans des piscines et golfs (et pour un mode de vie occidental en g&#233;n&#233;ral) tandis que des paysan.ne.s peuvent en manquer ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous, les touristes, sommes trop nombreux et nombreuses sur Terre&lt;/strong&gt;. Mais qu'&#224; cela ne tienne, nous entretenons le d&#233;ni. D&#233;ni sur ce qui est au c&#339;ur de nos voyages : notre carte Visa. D&#233;ni sur nos d&#233;ceptions : il y a trop de monde, trop d'imb&#233;ciles, trop d'Australien.ne.s, etc. Nous faisons la queue pour poser seul.e.s sur un rocher au-dessus d'un fjord, recadrons nos photos pour qu'on n'y d&#233;c&#232;le pas la pr&#233;sence des autres, les touristes surnum&#233;raires. Nous nous r&#233;jouissons de voir de nouvelles destinations surgir et des pays &#171; s'ouvrir &#187; (comme la Birmanie), mais &#224; vrai dire le monde s'&#233;puise et sa finitude nous &#233;clate au visage. Arpent&#233;, &#233;quip&#233;, il se ferme au voyage, &#224; l'aventure, et s'offre au tourisme, charge &#224; nous d'en trouver les formes les moins b&#234;tes. Prendre le temps (Bondowoso se &#171; fait &#187; en deux heures ou en deux semaines), trouver les pr&#233;textes d'une rencontre avec les gens du cru &#8211; ne serait-ce que pour s'occuper pendant les deux semaines en question. Il y a encore beaucoup &#224; d&#233;couvrir, m&#234;me quand le grand frisson ne tient plus qu'&#224; un retard de car, &#224; une literie infect&#233;e de punaises ou &#224; un wifi qui rame.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;right&#034;&gt;&lt;strong&gt;Aude Vidal&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;hr class=&#034;spip&#034; /&gt;&lt;div class='spip_document_2739 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;66&#034; data-legende-lenx=&#034;xx&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH558/-997-4cde7.jpg?1768669123' width='400' height='558' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;La Une du n&#176;167 de CQFD, illustr&#233;e par Jean-Michel Bertoyas
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;***&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;
&lt;strong&gt;Cet article&lt;/strong&gt; est issu du dossier &#171; Tourisme : plus loin, plus vite, plus rien &#187;, publi&#233; dans le n&#176;167 de&lt;/i&gt; CQFD &lt;i&gt;en juillet-ao&#251;t 2018&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;En voir &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Au-sommaire-du-no167' class=&#034;spip_in&#034;&gt;le sommaire&lt;/a&gt;.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; [L'activit&#233; touristique] &lt;i&gt;emploie 200 millions de personnes dans le monde, &lt;/i&gt;[...]&lt;i&gt; ce qui para&#238;t bien peu relativement aux recettes engendr&#233;es : 733 milliards de dollars US en 2006, soit 2 milliards de dollars US par jour selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT)&lt;/i&gt; &#187;, souligne Rodolphe Christin dans son Manuel de l'anti-tourisme (&#201;cosoci&#233;t&#233;, 2018 &#8211; r&#233;&#233;dition d'un texte de 2010, h&#233;las sans mise &#224; jour des chiffres).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#192; propos d'une activit&#233; bien plus enrichissante humainement, ces quelques lignes tir&#233;es du texte &#171; Le voyage, un droit humain ? &#187;, mis en ligne le 17/05/13 sur &#171; Mon blog sur l'&#233;cologie politique &#187; : &#171; &lt;i&gt;On apprend beaucoup en voyageant. On apprend beaucoup aussi &#224; la biblioth&#232;que, alors pourquoi les deux exp&#233;riences sont-elles dot&#233;es d'un prestige si diff&#233;rent ? Pourquoi la recherche du savoir, qui n'est pas une activit&#233; si prestigieuse quand elle a pour moyen l'&#233;crit, se transforme-t-elle d'un coup quand elle s'inscrit dans l'espace ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Extrait de l'Encyclop&#233;die Universalis.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir notamment &#171; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/Lisbonne-tremble-encore' class=&#034;spip_in&#034;&gt;Lisbonne tremble encore&lt;/a&gt; &#187;, article publi&#233; dans le n&#176;147 de &lt;i&gt;CQFD &lt;/i&gt; en octobre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>Sur les traces d'homo touristicus : Ah, les jolies vacances aux colonies&#8230;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Sur-les-traces-d-homo-touristicus</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/Sur-les-traces-d-homo-touristicus</guid>
		<dc:date>2018-10-01T13:49:45Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Mathieu L&#233;onard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>monde</dc:subject>
		<dc:subject>fin</dc:subject>
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		<dc:subject>XIXe si&#232;cle</dc:subject>
		<dc:subject>tourisme</dc:subject>
		<dc:subject>touristes</dc:subject>
		<dc:subject>touriste</dc:subject>
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		<dc:subject>XVIIIe si&#232;cle</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'explosion du tourisme de masse, le &#171; voyage d'agr&#233;ment &#187; &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; une petite &#233;lite aristocratique et bourgeoise. Cette jet set avant l'heure a pos&#233; les bases d'une industrie cannibale et imprim&#233; durablement un &#233;tat d'esprit colonialiste &#171; pacifique en apparence, destructeur en r&#233;alit&#233; &#187;. Rapide vue panoramique sur la naissance d'une esp&#232;ce pr&#233;datrice Cat&#233;gorie nouvelle apparue &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, le touriste, tout en marchant sur les pas des uns ou des autres, se (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no167-juillet-aout-2018" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;167 (juillet-ao&#251;t 2018)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monde" rel="tag"&gt;monde&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/fin" rel="tag"&gt;fin&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voyage" rel="tag"&gt;voyage&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/XIXe-siecle" rel="tag"&gt;XIXe si&#232;cle&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/tourisme" rel="tag"&gt;tourisme&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/touristes" rel="tag"&gt;touristes&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/touriste" rel="tag"&gt;touriste&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/voyages" rel="tag"&gt;voyages&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/XVIIIe-siecle" rel="tag"&gt;XVIIIe si&#232;cle&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Jusqu'&#224; l'explosion du tourisme de masse, le &#171; voyage d'agr&#233;ment &#187; &#233;tait r&#233;serv&#233; &#224; une petite &#233;lite aristocratique et bourgeoise. Cette jet set avant l'heure a pos&#233; les bases d'une industrie cannibale et imprim&#233; durablement un &#233;tat d'esprit colonialiste &#171; &lt;i&gt;pacifique en apparence, destructeur en r&#233;alit&#233;&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Formule de la romanci&#232;re Chantal Thomas.&#034; id=&#034;nh3-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. Rapide vue panoramique sur la naissance d'une esp&#232;ce pr&#233;datrice&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2571 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;11&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;a href='https://www.cqfd-journal.org/IMG/jpg/-836.jpg' class=&#034;spip_doc_lien mediabox&#034; type=&#034;image/jpeg&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH1063/-836-325a3.jpg?1768657731' width='500' height='1063' alt='' /&gt;&lt;/a&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par R&#233;mi.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Cat&#233;gorie nouvelle apparue &#224; la fin du XVIIIe si&#232;cle, le touriste, tout en marchant sur les pas des uns ou des autres, se distingue de l'explorateur, du colonisateur, du curiste ou du p&#232;lerin par la vacuit&#233; sociale de son loisir. &#192; la fin des guerres napol&#233;oniennes, la mode du voyage non utilitaire, r&#233;serv&#233; aux classes oisives, conna&#238;t un v&#233;ritable essor en Europe. Le d&#233;veloppement du chemin de fer, du bateau &#224; vapeur et des &#233;changes internationaux, ainsi que l'expansion coloniale et les voyages scientifiques qui les accompagnent, &#233;largissent l'horizon du touriste au cours du XIXe. En 1841, le puritain Thomas Cook flaire le bon filon et ouvre, en Angleterre, la premi&#232;re agence de voyages. Le premier circuit organis&#233; de l'histoire r&#233;unit ainsi 500 membres de ligues contre l'alcoolisme pour un d&#233;placement en train de Leicester &#224; Loughborough.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite, le path&#233;tique de l'&lt;i&gt;homo touristicus&lt;/i&gt;, ersatz d'aventurier qui entend jouir du spectacle du monde sans rien c&#233;der de son confort, suscite la curiosit&#233; et la caricature. D&#232;s le deuxi&#232;me quart du XIXe si&#232;cle, l'illustrateur suisse Rodolphe T&#246;pffer dresse, dans &lt;i&gt;Voyages en zigzag&lt;/i&gt;, une typologie sarcastique de cette engeance observ&#233;e dans les Alpes. Il cible particuli&#232;rement, le &#171; &lt;i&gt;no-no&lt;/i&gt; &#187;, touriste anglais hautain, &#171; &lt;i&gt; un itin&#233;raire &#224; la main, un lorgnon sur la belle nature&lt;/i&gt; &#187;, qui reste dans un rapport livresque &#224; ce qui l'entoure et cultive l'entre-soi : &#171; &lt;i&gt;Haut comme une grue, muet comme un poisson, il se salue lui-m&#234;me et ceux de son esp&#232;ce&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;et il m&#233;prise beaucoup les pays &#8220; o&#249; tute le monde paarl&#233; &#224; tute le monde &#8221;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tr&#232;s vite &#233;galement, l'impact de ces nouveaux arrivants p&#232;se sur les paysages et l'activit&#233; des autochtones : &#171; &lt;i&gt;On voit les touristes s'acheminer en longues files vers les Alpes ou les Pyr&#233;n&#233;es ; chaque ann&#233;e leur nombre va croissant, si bien m&#234;me qu'ils ont fini par transformer l'aspect de leurs rendez-vous habituels... Des populations enti&#232;res n'ont qu'une occupation : donner &#224; boire et &#224; manger aux touristes&lt;/i&gt; &#187;, constate (d&#233;j&#224;) le &lt;i&gt;Grand dictionnaire Larousse universel du XIXe si&#232;cle&lt;/i&gt;. D&#233;sormais, c'est au monde, r&#233;duit &#224; l'&#233;tat de spectacle, et aux locaux, devenus figurants, de s'adapter et de r&#233;pondre aux besoins de ces dr&#244;les d'oiseaux de passage.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cependant, l'exotisme n'est pas qu'une histoire de paysage lointain. &#192; la faveur d'une guerre ou d'une catastrophe se fait jour un tourisme &#233;v&#233;nementiel. L'historien &#201;ric Fournier &#233;voque ainsi ce &#171; &lt;i&gt;tourisme de champ de bataille&lt;/i&gt; &#187; qui fleurit durant l'&#233;t&#233; suivant la r&#233;pression de la Commune. &#171; &lt;i&gt;Ces Anglais visitant les ruines encore fumantes &#224; des fins exclusivement r&#233;cr&#233;atives semblent incongrus et ind&#233;cents aux yeux des Parisiens. Les discours &#224; leur encontre sont cependant marqu&#233;s par le d&#233;dain et la moquerie, plus que par l'agressivit&#233;.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ric Fournier, Paris en ruines &#8211; Du Paris haussmannien au Paris communard, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt; La pr&#233;sence de ces flegmatiques touristes atteste de la fin de la guerre et participe &#224; la renaissance culturelle de la capitale... et aux affaires des cochers.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tourisme colonial&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pendant cette p&#233;riode de colonisation, ce n'est pas par hasard si la curiosit&#233; touristique s'&#233;tend aussi &#224; de nouveaux territoires &#224; peine pacifi&#233;s. Selon l'historienne Colette Zytnicki, qui s'est pench&#233;e sur le cas de l'Alg&#233;rie, &#171; &lt;i&gt;le tourisme constitue un outil de domination coloniale&lt;/i&gt; &#187;. D&#232;s les ann&#233;es 1880, des circuits sont d'ailleurs mis en place &#224; travers tout le Maghreb. &#171; &lt;i&gt;Le tourisme, loin d'&#234;tre un &#233;l&#233;ment superficiel, est donc inscrit au c&#339;ur de la situation coloniale. Il permet de justifier la pr&#233;sence imp&#233;riale, il contribue &#224; remodeler paysages urbains et ruraux, il peut m&#234;me accro&#238;tre les tensions. Par ailleurs, le tourisme conna&#238;t en Alg&#233;rie les m&#234;mes &#233;tapes de d&#233;veloppement qu'en Europe. Plus encore, dans le syst&#232;me imp&#233;rial o&#249; s'inclut le tourisme, les id&#233;es circulent d'un point &#224; l'autre, des r&#233;seaux s'&#233;tablissent, r&#233;seaux politiques de fonctionnaires fran&#231;ais qui vont d'un endroit de l'Empire &#224; l'autre ou les syndicats d'initiative organis&#233;s au niveau du Maghreb, r&#233;seaux &#233;conomiques constitu&#233;s par ces grandes soci&#233;t&#233;s de transport.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Colette Zytnicki, Alg&#233;rie, terre de tourisme &#8211; Histoire d'un loisir (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si certains de ces premiers touristes se r&#233;v&#232;lent parfois des observateurs de qualit&#233; &#8211; qui &#171; &lt;i&gt;par leur &#233;ducation savent peindre ou dessiner, se servir d'instruments de mesure g&#233;ographique&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Michel Pierre, &#171; Le tourisme, stade ultime du colonialisme &#187;, L'Histoire, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; ou des premiers appareils photo &#8211;, la plupart des r&#233;cits se contentent de propager tout un imaginaire imp&#233;rial. Publi&#233; quatre ans apr&#232;s l'insurrection de Kabylie de 1871, le roman &lt;i&gt;En Kabylie &#8211; Voyage d'une Parisienne au Djurdjura&lt;/i&gt; se pr&#233;sente ainsi comme le r&#233;cit de voyage, sous escorte de l'arm&#233;e, d'une &#233;l&#233;gante en terres amazigh. Les cat&#233;gorisations racistes que l'auteur, l'&#233;crivain franco-belge Joseph Vilbort, pr&#234;te &#224; son h&#233;ro&#239;ne au sujet des indig&#232;nes alg&#233;riens alimentent &#224; longueur de pages les st&#233;r&#233;otypes coloniaux : &#171; &lt;i&gt;Malgr&#233; leur peau de suie, madame Elvire pr&#233;f&#233;rait de beaucoup&lt;/i&gt; [les n&#232;gres d'Alger] &lt;i&gt;aux Arabes d'Alger, paresseux, sordides et filous, aux Maures &#224; la face blafarde, aux Koulourlis, fils &#233;tiol&#233;s des Turcs et des Mauresques, et m&#234;me aux Juifs industrieux, qui ont l'art de s'enrichir o&#249; tant d'autres s'appauvrissent et poss&#232;dent aujourd'hui la moiti&#233; de la ville&lt;/i&gt;. [...] &lt;i&gt;Mais ceux qui avaient su gagner toute sa sympathie, c'&#233;taient les Biskris et surtout les Kabyles, que la mis&#232;re chasse, les premiers, des oasis du Ziban, les seconds des roches djurjuriennes : presque tous ces hommes-l&#224; ont un bon visage.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#171; Je hais les voyages et les explorateurs &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la Deuxi&#232;me Guerre mondiale, une nouvelle r&#233;volution des transports a&#233;riens et automobiles, conjugu&#233;e &#224; l'acc&#232;s aux cong&#233;s pay&#233;s, ouvre dans les soci&#233;t&#233;s occidentales la voie au tourisme de masse. Parall&#232;lement, avec la mise en cause du colonialisme et l'av&#232;nement d'une industrie des loisirs, s'op&#232;re une critique esth&#233;tique de l'exotisme, dont l'incipit de &lt;i&gt;Tristes Tropiques&lt;/i&gt; (1955) de Claude L&#233;vi-Strauss constitue le parfait postulat : &#171; &lt;i&gt;Je hais les voyages et les explorateurs&lt;/i&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un flux incessant, de nouvelles cat&#233;gories de touristes apparaissent : depuis le croisi&#233;riste &lt;i&gt;all inclusive&lt;/i&gt; jusqu'au routard en qu&#234;te d'authenticit&#233;, aspir&#233; &#224; son tour dans le nouveau march&#233; d'un tourisme dit durable. D&#232;s lors, le touriste, c'est toujours l'autre. Mais il exacerbe &#224; chaque fois la profonde in&#233;galit&#233; des rapports Nord-Sud, dont les drames migratoires offrent chaque jour la plus brutale des illustrations. Ce que rappellent Mahmoud Traor&#233; et Bruno Le Dantec dans leur livre &lt;i&gt;Dem ak xabaar, partir et raconter&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#201;ditions Lignes, 2012 (N.B. : Bruno Le Dantec est l'un des piliers de CQFD).&#034; id=&#034;nh3-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; : il a fallu trois ans &#224; Mahmoud pour atteindre l'Europe au p&#233;ril de sa vie depuis sa Casamance natale, alors qu'un touriste europ&#233;en n'a besoin que de trois heures d'avion pour aller bronzer sur les plages du S&#233;n&#233;gal.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De Marrakech &#224; Barcelone, l'industrie du tourisme annexe des territoires entiers pour les transformer en parcs d'attractions. Apog&#233;e du village vacances hors sol &#8211; &#171; &lt;i&gt;sorte de camp scout m&#226;tin&#233; de faux air de kibboutz m&#234;l&#233; de phalanst&#232;re intellectuel&lt;/i&gt; &#187;, dixit Wikipedia (sic) &#8211;, le Club M&#233;diterran&#233;e, cr&#233;&#233; au d&#233;but des ann&#233;es 1950, pr&#233;tend ainsi casser les codes sociaux en &#171; d&#233;mocratisant &#187; l'acc&#232;s du plus grand nombre &#224; des activit&#233;s sportives et &#171; culturelles &#187; encore confidentielles. La promesse d'un monde de loisirs sans fin pr&#233;cipite la fin des derni&#232;res utopies sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le tourisme g&#233;n&#233;ralis&#233;, forme de divertissement permanent, emp&#234;che alors de questionner son rapport au monde et aux autres. Mais aussi &#224; soi-m&#234;me. D&#233;plorant la standardisation des aliments par la normalisation marchande, Guy Debord voyait dans le touriste de la fin du XXe si&#232;cle l'incarnation d'un stade achev&#233; de d&#233;possession : &#171; &lt;i&gt;Le touriste est celui qui est trait&#233; partout aussi mal que chez lui : c'est l'&#233;lecteur en d&#233;placement.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Article &#171; Abat-faim &#187;, Encyclop&#233;die des Nuisances, tome I, fascicule 5, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb3-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Formule de la romanci&#232;re Chantal Thomas.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ric Fournier, &lt;i&gt;Paris en ruines &#8211; Du Paris haussmannien au Paris communard&lt;/i&gt;, Imago, 2007.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Colette Zytnicki, &lt;i&gt;Alg&#233;rie, terre de tourisme &#8211; Histoire d'un loisir colonial&lt;/i&gt;, Vend&#233;miaire, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Michel Pierre, &#171; Le tourisme, stade ultime du colonialisme &#187;, &lt;i&gt;L'Histoire&lt;/i&gt;, juillet-ao&#251;t 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#201;ditions Lignes, 2012 (N.B. : Bruno Le Dantec est l'un des piliers de &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt;).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Article &#171; Abat-faim &#187;, &lt;i&gt;Encyclop&#233;die des Nuisances&lt;/i&gt;, tome I, fascicule 5, novembre 1985.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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<item xml:lang="fr">
		<title>Street argh !</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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		<description>
&lt;p&gt;&#199;a n'a rien d'un scoop : toute contre-culture d&#233;marre dans l'insoumission et finit dans la r&#233;cup&#233;ration. Pour sa partie &#233;merg&#233;e, en tout cas. Mais le cas du street art, nouveau hochet des m&#233;tropoles innovantes et du march&#233; de l'art, interroge tout particuli&#232;rement : comment une d&#233;marche dont l'essence m&#234;me est la r&#233;appropriation des rues peut-elle &#224; ce point basculer dans le conformisme ? &#171; Aujourd'hui sur les murs, demain &#224; Drouot ? &#187; (Inscription au pochoir, Paris 20e, 2017) *** (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no156-juillet-aout-2017" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;156 (juillet-ao&#251;t 2017)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Elzazimut" rel="tag"&gt;Elzazimut&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/petit-train" rel="tag"&gt;petit train&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#199;a n'a rien d'un scoop : toute contre-culture d&#233;marre dans l'insoumission et finit
dans la r&#233;cup&#233;ration. Pour sa partie &#233;merg&#233;e, en tout cas. Mais le cas du street art,
nouveau hochet des m&#233;tropoles innovantes et du march&#233; de l'art, interroge tout
particuli&#232;rement : comment une d&#233;marche dont l'essence m&#234;me est
la r&#233;appropriation des rues peut-elle &#224; ce point basculer dans le conformisme ?&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_1883 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;16&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH458/-179-baf6a.jpg?1768654369' width='500' height='458' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Elzazimut.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;
&#171; &lt;i&gt;Aujourd'hui sur les murs, demain &#224; Drouot ?&lt;/i&gt; &#187;
&lt;p&gt;(Inscription au pochoir, Paris 20&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt;, 2017)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;***&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Un cas d'&#233;cole&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Attends, mais t'as vu Mesnager ? Il a honte de rien ou quoi ? Quand t'acceptes que tes &#339;uvres s'&#233;talent sur des T-shirts vendus aux touristes, c'est que t'as vraiment touch&#233; le fond !&lt;/i&gt; &#187; &#199;a ne ratait jamais. D&#232;s que le sujet de la &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187; venait sur le tapis, feu l'ami Bilal&lt;a href=&#034;#nb4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Artiste et vandale de g&#233;nie, assassin&#233; en 2014 &#224; D&#233;troit.&#034; id=&#034;nh4-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; entrait dans des col&#232;res &#233;piques. Celui qui signait ses &#339;uvres murales du nom de Zoo Project ne comprenait pas comment quelqu'un ayant commenc&#233; &#224; &#339;uvrer dans la rue par id&#233;al pouvait accepter d'ainsi d&#233;voyer sa d&#233;marche. Il en rageait, exc&#233;d&#233; que certains galvaudent cette libert&#233; artistique qu'il v&#233;n&#233;rait comme un forcen&#233;. Lui n'avait qu'une position, ainsi expos&#233;e &#224; un courtisan : &#171; &lt;i&gt;Je peux recouvrir la fa&#231;ade de ta galerie, je vois pas pourquoi j'irais m'enfermer &#224; l'int&#233;rieur.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela aurait pu tomber sur quelqu'un d'autre que Mesnager &#8211; les cas semblables sont l&#233;gion. Souvent, lors de nos discussions, le m&#233;galomaniaque JR ou l'iconique Banksy se voyaient eux aussi rhabill&#233;s pour les dix prochains hivers. Reste que Mesnager &#233;tait sa cible favorite, sans doute en raison de la proximit&#233; g&#233;ographique &#8211; dans le Nord-Est parisien, les &#339;uvres de Bilal, explosives et politiques, c&#244;toyaient celles de cet artiste qu'il voyait comme parfait symbole d'une d&#233;naturation. Les affres de la cohabitation.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Figure reconnue du street art, Mesnager recouvre depuis les ann&#233;es 1980 les murs de M&#233;nilmontant (et parfois d'ailleurs) de ses &#171; hommes en blanc &#187;, silhouettes molles dupliqu&#233;es &#224; la cha&#238;ne. Son &#339;uvre la plus connue ? Une commande de la mairie du 20e &#224; Paris, r&#233;alis&#233;e en 1995 : &#171; C'est nous les petits gars de M&#233;nilmontant &#187;. Une sc&#232;ne de danse surplombant le quartier de toute son insignifiance enjou&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cela fait si longtemps que Mesnager peint les m&#234;mes silhouettes qu'elles sont devenues comme une marque. Pour preuve, cette boutique de Belleville vendant des T-shirts repr&#233;sentant lesdits bonhommes &#8211; selon lui, &#171; &lt;i&gt;symboles de lumi&#232;re, de force et de paix&lt;/i&gt; &#187;. Ou encore, le succ&#232;s de l'artiste dans les salles d'exposition et de vente, des Bains-Douches &#224; Drouot. Pas un grand reniement avec pertes et fracas, mais l'acceptation progressive d'une r&#233;cup&#233;ration artistique. &#192; force de rajouter de l'eau dans son vin, il ne reste plus que de la grenadine. &lt;i&gt;Adios&lt;/i&gt; la contestation, bonjour la d&#233;coration. Pile-poil ce que d&#233;testait Bilal : &#171; &lt;i&gt;Je ne suis pas d&#233;corateur urbain, et je ne veux surtout pas rendre la ville plus agr&#233;able&lt;/i&gt;, confiait-il&lt;a href=&#034;#nb4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir l'article publi&#233; par votre serviteur dans le n&#176;16 du d&#233;funt journal (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;i&gt; Consid&#233;rer la rue comme un simple support, un outil comme les autres, n'a aucun int&#233;r&#234;t.&lt;/i&gt; [&#8230;] &lt;i&gt;C'est un peu l'&#233;quivalent du d&#233;veloppement durable en &#233;cologie, de ce ''green washing'' hypocrite n'agissant que sur la forme.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout au long de sa courte vie, Bilal s'est tenu &#224; cette ligne. Une exigence d'int&#233;grit&#233; absolue. Elle l'avait finalement pouss&#233; &#224; chercher la solution ailleurs, dans le voyage et l'&#233;criture, tant la r&#233;cup&#233;ration du street art le d&#233;bectait.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis qu'il est parti, tout a empir&#233; vitesse grand V.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Vue d'ensemble&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;En quelques ann&#233;es, ce qui &#233;tait d&#233;j&#224; une sc&#232;ne tr&#232;s m&#233;diatis&#233;e l'est devenu davantage encore. Au point d'&#234;tre intronis&#233;e par certains comme &#171; l'art majeur du XXIe si&#232;cle &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Expression utilis&#233;e par Christophe G&#233;nin dans son ouvrage Le Street art au (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Qu'on s'en r&#233;jouisse ou qu'on le d&#233;plore, le street art est d&#233;sormais partout. Il plastronne dans les salles de vente, les galeries chics, les mus&#233;es, les magazines f&#233;minins, les salles de cinoche&lt;a href=&#034;#nb4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Le tr&#232;s malin film de Banksy, Fa&#238;tes le mur, a beaucoup contribu&#233; &#224; la (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;. Si &lt;i&gt;bankable&lt;/i&gt; que des enseignes capitalisent sur son aura. &#192; l'image de Monoprix, qui a lanc&#233; fin 2014 une collection &#171; Street Art &#187;, enr&#244;lant trois graffeurs pour customiser des produits allant des torchons aux cahiers d'&#233;colier. Mis&#232;re.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Plus largement, le street art s'est fait outil de choix dans la palette gentrificatrice des grandes m&#233;tropoles europ&#233;ennes. De Berlin &#224; Barcelone, de Paris &#224; Lisbonne, les &#339;uvres des peintres de rue sont d&#233;sormais int&#233;gr&#233;es aux visites touristiques de quartiers en pleine mutation. Elles attirent des touristes jeunes et branch&#233;s, qui ne veulent pas se fader les itin&#233;raires convenus. Et elles fournissent une plus-value &#233;conomique et culturelle bienvenue aux municipalit&#233;s concern&#233;es. Jackpot.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un ph&#233;nom&#232;ne si fulgurant que les grandes m&#233;tropoles ne sont plus seules &#224; se lancer dans la course au pimpant ravalement de fa&#231;ade. En France, des villes moyennes, comme Grenoble, Ajaccio ou Angers, ont inscrit &#224; leur agenda un festival de street art. Parfaite occasion de ripoliner leur politique culturelle. Les &#233;l&#233;ments de langage accompagnant ces &#233;v&#233;nements sont partout les m&#234;mes : mise en avant du caract&#232;re dynamique de la ville, jeunisme et hi&#233;rarchisation des d&#233;marches &#8211; le street art dans les clous vs l'art &#171; vandale &#187;. Quand la municipalit&#233; d'Angers met en avant le festival arTaq (judicieusement rebaptis&#233; arNaq par ses d&#233;tracteurs), elle mobilise aussi bien l'enthousiasme pipeau des communicants neuneus &#8211; &#171; [Le Street-art] &lt;i&gt;suscite l'engouement de tous les publics par sa convivialit&#233;, sa fra&#238;cheur, son &#233;clectisme, sa richesse et sa g&#233;n&#233;rosit&#233;&lt;/i&gt; &#187; &#8211; que l'injonction &#224; rester dans des clous bien d&#233;finis &#8211; &#171; &lt;i&gt;La cr&#233;ation n'a rien &#224; voir avec la d&#233;t&#233;rioration.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Exemple d&#233;velopp&#233; plus en d&#233;tail dans un texte publi&#233; sur Indym&#233;dia Nantes (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Ridicule aseptisation&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Au fond, il s'agit surtout de faire place nette &#224; peu de frais. &#171; &lt;i&gt;C'est cette m&#234;me mairie qui criminalise le graffiti et l'affichage sauvage depuis des ann&#233;es qui organise ce festival ! &lt;/i&gt; &#187;, s'&#233;trangle ainsi l'auteur d'un texte&lt;a href=&#034;#nb4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; Faut-il l&#226;cher les bombes ? &#187;, 2010, anonyme.&#034; id=&#034;nh4-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt; consacr&#233; au festival de street-art &#171; Perffusion &#187;, organis&#233; sur les lyonnaises pentes de la Croix-Rousse. Et d'ajouter : &#171; &lt;i&gt;Tandis que l'on organise ces grands &#233;v&#233;nements ponctuels, spectaculaires et finalement tr&#232;s consensuels&lt;/i&gt; [...], &lt;i&gt;on d&#233;laisse, on p&#233;nalise ou on criminalise toute l'activit&#233; culturelle r&#233;ellement alternative sur Lyon.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'id&#233;al pour les municipalit&#233;s ? Que les agitateurs de bombes se contentent des festivals et des murs autoris&#233;s. Un graffeur nantais n'ayant pas renonc&#233; au &#171; &lt;i&gt;vandalisme&lt;/i&gt; &#187; raconte ainsi qu'il y a d&#233;sormais dans sa ville des &#171; &lt;i&gt;petits panneaux indiquant o&#249; poser les graffs&lt;/i&gt; &#187;. Il continue : &#171; &lt;i&gt;C'est devenu ridicule d'aseptisation. Quand tu dois donner ton nom avant de peindre, &#231;a n'a plus aucun sens. Il n'est d'ailleurs plus question que le message sorte des rails. Une fresque d&#233;fendant les gens du voyage a ainsi &#233;t&#233; effac&#233;e au lendemain de sa r&#233;alisation.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#244;t&#233; artistes, ils sont rares &#224; s'offusquer. Comme une mat&#233;rialisation des paroles de ce groupe de hip-hop, qui a un temps donn&#233; le &#034;la&#034; en mati&#232;re de bombes : &#171; &lt;i&gt;Certains &#233;taient l&#224; pour exprimer un cri. D'autres comme moi, juste par app&#233;tit.&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;NTM, &#171; Paris sous les bombes &#187;.&#034; id=&#034;nh4-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; Pendant que les t&#234;tes de gondole s'en mettent plein les fouilles, de Banksy &#224; Space Invader, quelques-uns ruent dans les brancards (&#224; l'image de l'Italien Blu, qui a vandalis&#233; ses propres &#339;uvres dans sa ville natale de Bologne, plut&#244;t que de les voir vassalis&#233;es par la mairie&lt;a href=&#034;#nb4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Son message : &#171; &#192; Bologne, il n'y a plus de Blu, et il n'y en aura plus tant (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;). Mais la majorit&#233; se contente de recueillir les miettes, de quoi vivre chichement de sa passion sans se poser trop de questions. C'est en tout cas ce qui se passe sur les pentes du Panier, &#224; Marseille.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Par la lorgnette du Panier&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Place P&#232;re-Pierre-Saisse, en plein c&#339;ur du Panier, dans le 2&lt;sup&gt;e&lt;/sup&gt; arrondissement. Le petit train bleu et blanc aux allures de chenille clinquante s'arr&#234;te lentement. Une quinzaine de touristes en &#233;mergent, patauds, rouges de canicule. Comme aimant&#233;s, ils se dirigent vers une grande fresque color&#233;e. Sans vraiment la regarder, ils d&#233;gainent smartphones et tablettes. Mitraillage. Puis ils repartent, leurs tr&#233;sors d&#251;ment enregistr&#233;s, pr&#234;ts &#224; garnir leurs comptes Instagram avec les commentaires de rigueur &#8211; &lt;i&gt;so Marseille !&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'&#339;uvre tr&#232;s color&#233;e qui suscite ainsi leur fugace enthousiasme s'intitule &#171; Le P&#234;cheur de sardine et le Vieux-Port &#187; &#8211; deux poncifs &#233;cul&#233;s du folklore marseillais. Pour cr&#233;ateurs, un duo d'artistes du coin, omnipr&#233;sents sur les murs du quartier. L'un est un graffeur originaire du Br&#233;sil, o&#249; il mena un temps une carri&#232;re de styliste, un certain Nhobi. L'autre agit sous le pseudonyme de Seek 313. Tous deux sont des habitu&#233;s d'un petit concept-store situ&#233; &#224; quelques encablures : UndArtGround.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour qui d&#233;boule d'humeur critique, les abords ne trompent pas. Le coin grouille de ces indices qui signalent les coins ultragentrifi&#233;s : un caf&#233;-librairie chicos, un comptoir aux huiles typ&#233; hipster, une galerie d'art, des &#233;choppes vendant du savon au prix de la coke, etc. Plus belle la vie d'entrepreneurs touristiques.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Village Potemkine &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;C'est au 21, rue des Repenties, &#224; deux pas de la place de Lenche, que s'est install&#233; UndArtground. Inaugur&#233; en 2012 avec pour slogan &#171; L'art accessible &#224; tous &#187;, le lieu met en avant de petites &#339;uvres originales de graffeurs ou street artistes &#224; prix raisonnable et propose des produits (plus ou moins) d&#233;riv&#233;s : T-shirts, livres sur l'histoire du graffiti, babioles diverses. L'endroit n'adopte certes pas l'esth&#233;tique pour d&#233;bilos des pi&#232;ges &#224; touristes qui l'entourent. Mais nombre de visuels semblent avoir &#233;t&#233; con&#231;us pour les visiteurs avides de folklore &lt;i&gt;made in Massilia&lt;/i&gt; : pastis, gabians, joueurs de cartes &#224; la Pagnol et Bonne M&#232;re se taillent la part du lion. Le client est roi.
Aujourd'hui, c'est calme. Quelques touristes, deux ou trois gars du coin. De quoi buller sur le banc pos&#233; devant l'entr&#233;e, sous une fresque r&#233;alis&#233;e par Nhobi, l'amateur de sardines susmentionn&#233;. Quand je d&#233;barque, c'est en tout cas ce que font le graffeur Seek 313 et Laurent, l'un des g&#233;rants du lieu. Ils se montrent ouverts, int&#233;ress&#233;s par mes questions. Eux l'affirment, ils sont d'abord des passionn&#233;s d'art urbain, non des vampires culturels. Mais ils ont bien conscience d'avoir le cul entre deux chaises. D&#233;j&#224; largement ripolin&#233;, le quartier a pris une tournure encore plus artificielle depuis la grande messe de Marseille-Provence 2013 et l'intronisation du tout proche Mus&#233;e des civilisations et de la M&#233;diterran&#233;e (Mucem). Au fond, les deux comp&#232;res savent bien qu'ils font partie de l'&#233;quation. Impossible de le nier, l'objet de leur passion est ici affadi : &#171; &lt;i&gt;Dans ce village Potemkine qu'est devenu le Panier, il n'y a plus vraiment d'&#339;uvre d&#233;tonante&lt;/i&gt;, reconna&#238;t Laurent. &lt;i&gt;Tout le monde a fini par tomber dans une forme d'autocensure.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il n'a pas tort. Au fil des rues qui sillonnent cet &#233;trange quartier, m&#233;lange de Marseille antique et de Disneyland, les cr&#233;ations d&#233;corent, mais n'interpellent pas. Il y a des graffs discrets, des fresques color&#233;es repr&#233;sentant des fumeurs de joints, les f&#233;lins jaunes et rigolards de M. Chat et m&#234;me une petite &#339;uvre en mosa&#239;ques du d&#233;sormais tr&#232;s cot&#233; Space Invader. Les th&#233;matiques ? Innocentes. Des poussins, des mouettes, des fleurs, un serpent qui se mord la queue, des rappels de l'identit&#233; marseillaise &#224; base de &#171; &lt;i&gt;Putain kong !&lt;/i&gt; &#187;&lt;a href=&#034;#nb4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Beau jeu de mots, le visuel repr&#233;sentant King-Kong &#224; l'assaut de la ville.&#034; id=&#034;nh4-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. Bref, de l'artificiel, du hors-sol.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#171; Faire du cash &#187;&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Les deux amis refusent pourtant de tomber dans le &#171; c'&#233;tait mieux avant &#187;. Et rappellent que les &#233;poques pr&#233;c&#233;dentes n'avaient rien d'idylliques. &#171; &lt;i&gt;J'ai v&#233;cu ici dans les ann&#233;es 1980&lt;/i&gt;, d&#233;veloppe Seek 313. &lt;i&gt;C'&#233;tait un d&#233;sert culturel, la mis&#232;re r&#233;gnait. Les rues &#233;taient remplies de mecs qui se fixaient &#224; l'h&#233;ro&#239;ne. C'est quelque chose qu'on ne voit plus aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Seek 313 est un passionn&#233;, qui conna&#238;t par c&#339;ur l'histoire du graff, des d&#233;buts new-yorkais aux &#233;volutions r&#233;centes. Il a pos&#233; en vandale son blase dans d'innombrables endroits et continue de le faire. Il gagne aussi un peu d'argent gr&#226;ce &#224; des ateliers, des commandes, des petits boulots picturaux. Rien de d&#233;shonorant. Reste que certaines de ses d&#233;clarations surprennent. &#171; &lt;i&gt;Tu peux dessiner une fresque en &#233;tant pay&#233; par Coca sans pour autant vendre ton &#226;me au diable&lt;/i&gt; &#187;, ass&#232;ne-t-il par exemple. Une d&#233;claration qui fait &#233;cho &#224; celle de MissTic, figure d&#233;voy&#233;e du street art s'adressant &#224; des &#233;tudiants de Sciences-po : &#171; &lt;i&gt;Avoir un MissTic sur un sac &#224; main, est-ce diff&#233;rent que d'avoir un slogan Coca-Cola ? Je n'ai aucun scrupule &#224; faire des produits d&#233;riv&#233;s.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Eux n'en sont pas l&#224;. Mais ils semblent accepter bon gr&#233; mal gr&#233; une r&#233;cup&#233;ration mesur&#233;e. D'accord pour vendre des gadgets aux touristes. Ou pour monnayer leur art en galerie. Et quand je leur parle de Bilal et de son impitoyable jusqu'au-boutisme, ils n'adh&#232;rent pas vraiment : &#171; &lt;i&gt;&#199;a ne me choque pas que Mesnager fasse du bl&#233;&lt;/i&gt;, r&#233;torque Seek 313. &lt;i&gt;Il est l&#224; depuis tellement longtemps qu'il a bien m&#233;rit&#233; d'en profiter.&lt;/i&gt; &#187; Le m&#234;me s'empresse pourtant de d&#233;noncer les pratiques de la nouvelle g&#233;n&#233;ration : &#171; &lt;i&gt;Certains essayent de faire du cash avec le street art d&#232;s leur sortie des Beaux-Arts, parce que c'est &#224; la mode. Je trouve &#231;a lamentable.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un discours &#224; deux vitesses, dissociant bonne et mauvaise r&#233;cup&#233;ration. Les anciens, qui ont connu les temps h&#233;ro&#239;ques, auraient le droit. Mais pour les nouveaux, c'est &lt;i&gt;niet&lt;/i&gt;. Chasse gard&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Street art tour&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;11h30 au Bar des Treize Coins, institution du Panier et l'un des troquets pr&#233;f&#233;r&#233;s de Fabio Montale dans les romans de Jean-Claude Izzo. En face, une &#233;ni&#232;me boutique pour touristes, qui d&#233;taille ainsi ses sp&#233;cialit&#233;s : &#171; &lt;i&gt;Goodies, objets insolites, art contemporain&lt;/i&gt; &#187;. Bah tiens. Asha d&#233;barque &#224; la bourre. Il vient juste d'&#233;merger, la soir&#233;e a &#233;t&#233; arros&#233;e. Mais il serre les dents, se montrant aussi affable que bavard. Asha est le cr&#233;ateur et l'animateur des &#171; street art tours &#187; organis&#233;s dans le Panier. Des excursions &#224; la d&#233;couverte des &#339;uvres diss&#233;min&#233;es sur les murs, ainsi d&#233;crites dans le prospectus vantant son activit&#233; : &#171; &lt;i&gt;Accompagn&#233; d'un street artiste local, venez d&#233;couvrir le quartier&lt;/i&gt; [...] &lt;i&gt;au gr&#233; des diff&#233;rentes fresques murales qui s'y cachent.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur le papier, typiquement le genre de d&#233;marche qui ancre le street art dans une dimension artificielle. Mais tout n'est pas si simple. Asha admet que son activit&#233; de guide porte son lot de paradoxes. Mais en nuance la port&#233;e n&#233;faste : &#171; &lt;i&gt;Lors de la visite, je d&#233;fends autant le graffiti vandale que le street art. Et je laisse libre cours &#224; mon c&#244;t&#233; anar : je parle de gentrification, des probl&#232;mes li&#233;s aux locations Airbnb, de l'augmentation des loyers ou du fait que la manne touristique est confisqu&#233;e par des gens ext&#233;rieurs.&lt;/i&gt; &#187; Passionn&#233; de graff, il estime pr&#233;f&#233;rable que ce soit un v&#233;ritable acteur de la sc&#232;ne qui se charge de pr&#233;senter les &#339;uvres. &#192; l'en croire, sa visite guid&#233;e serait d'ailleurs peu fr&#233;quent&#233;e par les touristes, mais plut&#244;t par des locaux, des passionn&#233;s ou des &#233;coles des environs. Jusqu'&#224; des visiteurs plus inattendus : &#171; J&lt;i&gt;'ai r&#233;cemment fait la visite pour un club de seniors, une trentaine de papys et mamies. C'&#233;tait tr&#232;s agr&#233;able.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div align=&#034;center&#034;&gt;&lt;strong&gt;Sus au petit train !&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Malgr&#233; les avanc&#233;es du barnum touristique, Asha d&#233;finit toujours le quartier par son essence rebelle : &#171; &lt;i&gt;Le Panier n'a jamais &#233;t&#233; lisse, soumis. Il reste incontr&#244;lable, avec une certaine forme d'entraide. Tout le monde est en gal&#232;re, donc tout le monde se soutient.&lt;/i&gt; &#187; Un &#233;quilibre pr&#233;caire, reconna&#238;t-il. Et qui risque bien de ne pas tourner &#224; l'avantage des habitants : &#171; &lt;i&gt;Quand les croisi&#232;res Costa Gogol d&#233;barquent, tu comprends qu'il y a un probl&#232;me. T'as soixante beaufs qui se baladent, parfois franchement irrespectueux. Que certains se prennent des seaux d'eau ou des tartes dans la gueule me semble franchement normal. C'est d'ailleurs en r&#233;action &#224; ce type d'attitude qu'avait &#233;t&#233; organis&#233;e l'attaque du petit train en 1994.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Ah, la fameuse attaque du petit train ! Un jalon de l'histoire du Panier, joyeuse r&#233;miniscence de Far West, avec jet d'&#339;ufs et de farine sur des touristes horrifi&#233;s. Il s'agissait d'une initiative de l'artiste Marc Boucherot pour lutter contre le &#171; &lt;i&gt; processus de folklorisation&lt;/i&gt; &#187; orchestr&#233; par la mairie. &#192; la man&#339;uvre, des minots du quartier, ravis d'ainsi se d&#233;fouler. Une r&#233;ussite. Asha en parle avec respect, voire une pointe de nostalgie. Au point d'envisager une position plus radicale, moins passive. &#171; &lt;i&gt;On s'est pos&#233; la question d'effacer certaines &#339;uvres, comme Blu l'a fait &#224; Bologne&lt;/i&gt;, l&#226;che-t-il. &lt;i&gt;Parce qu'on sait bien qu'on fait partie du ph&#233;nom&#232;ne de gentrification &#8211; &#231;a nous pr&#233;occupe. On a d'ailleurs pour projet de poser une fresque repr&#233;sentant l'attaque du petit train.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La boucle serait boucl&#233;e. Et les touristes pourraient mitrailler &#224; l'envi ce symbole d'un pass&#233; moins chloroform&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;&#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb4-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Artiste et vandale de g&#233;nie, assassin&#233; en 2014 &#224; D&#233;troit.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir l'article publi&#233; par votre serviteur dans le n&#176;16 du d&#233;funt journal &lt;i&gt;Article11&lt;/i&gt;, &#171; Pourquoi j'irais m'enfermer ? &#187; (disponible sur le Net). Voir &#233;galement &lt;a href=&#034;https://www.zoo-project.com/hommage/&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;ce site&lt;/a&gt; r&#233;cemment mis en ligne .&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Expression utilis&#233;e par Christophe G&#233;nin dans son ouvrage &lt;i&gt;Le Street art au tournant&lt;/i&gt; (Les Impressions Nouvelles &#201;ditions, 2013).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Le tr&#232;s malin film de Banksy, &lt;i&gt;Fa&#238;tes le mur&lt;/i&gt;, a beaucoup contribu&#233; &#224; la diffusion &#224; grande &#233;chelle du street art.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Exemple d&#233;velopp&#233; plus en d&#233;tail dans un texte publi&#233; sur Indym&#233;dia Nantes en 2010 : &#171; [Angers] arNaq &amp; aTarchie &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; Faut-il l&#226;cher les bombes ? &#187;, 2010, anonyme.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;NTM, &#171; Paris sous les bombes &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Son message : &#171; &lt;i&gt;&#192; Bologne, il n'y a plus de Blu, et il n'y en aura plus tant que les magnats sp&#233;culent sur l'art de la rue.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Beau jeu de mots, le visuel repr&#233;sentant King-Kong &#224; l'assaut de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
		</content:encoded>


		

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<item xml:lang="fr">
		<title>Lisbonne tremble encore</title>
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		<dc:date>2016-10-31T02:30:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Ferdinand Cazalis, Mickael Correia</dc:creator>


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		<description>
&lt;p&gt;En cinq ans, Lisbonne est devenue une des destinations les plus pris&#233;es d'Europe, avec chaque ann&#233;e de nouveaux records dans le secteur du tourisme. La fr&#233;n&#233;sie immobili&#232;re et la gentrification encourag&#233;es par le gouvernement et le FMI entra&#238;nent la mort des derniers quartiers populaires du centre-ville. Reportage le long des rues inclin&#233;es d'Alfama. &#171; Stow your cash and conquer Lisbon . &#187; Inscription sur un coffre s&#233;curis&#233; d'une chambre d'h&#244;tel, Lisbonne, 2016. &#171; Et, tandis qu'on (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no147-octobre-2016" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;147 (octobre 2016)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Actualites" rel="tag"&gt;Actualit&#233;s&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/C-est" rel="tag"&gt;C'est&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Stow-your" rel="tag"&gt;Stow your&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;En cinq ans, Lisbonne est devenue une des destinations les plus pris&#233;es d'Europe,
avec chaque ann&#233;e de nouveaux records dans le secteur du tourisme. La fr&#233;n&#233;sie immobili&#232;re et la gentrification encourag&#233;es par le gouvernement et le FMI entra&#238;nent la mort des derniers quartiers populaires du centre-ville. Reportage le long des rues inclin&#233;es d'Alfama.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Stow your cash and conquer Lisbon&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;&#171; D&#233;posez votre liquide et partez &#224; la conqu&#234;te de Lisbonne. &#187;&#034; id=&#034;nh5-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;. &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Inscription sur un coffre s&#233;curis&#233; d'une chambre d'h&#244;tel, Lisbonne, 2016.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Et, tandis qu'on raisonne, Des foudres souterrains engloutissent Lisbonne&lt;/i&gt; &#187;&lt;br class='manualbr' /&gt;Po&#232;me sur le d&#233;sastre de Lisbonne&lt;br class='manualbr' /&gt;ou Examen de cet axiome : &#171; Tout est bien &#187;. Voltaire, 1756.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15 000 morts et 85% des habitations d&#233;truites. Le tremblement de terre, l'incendie et le tsunami de Lisbonne dans la nuit du 1er novembre 1755 chang&#232;rent la face de la chr&#233;tient&#233; et de la ville. On ne louerait plus la bont&#233; divine avec la m&#234;me abn&#233;gation, on commencerait m&#234;me &#224; douter d'un Seigneur capable de tels d&#233;cha&#238;nements de col&#232;re envers ses fid&#232;les. Alors que le roi Joseph 1er s'installait sur les hauteurs des collines d'Ajuda dans un palais de tentes, le marquis de Pombal prit les r&#234;nes du royaume et se donna pour charge de ramener l'ordre dans la ville. Il cr&#233;a une police sp&#233;ciale dans une ambiance d'&#233;tat d'urgence et fit revenir de force les habitants tent&#233;s par l'exil. Lisbonne rena&#238;trait de ses cendres. Pombal repensa l'urbanisme de la ville basse (Baixa) en confiant les nouveaux plans &#224; des architectes militaires. Adieu les ruelles &#233;triqu&#233;es et les escaliers sombres abritant le peuple lisbo&#232;te : on dessina une ville rationnelle en grille, o&#249; la chauss&#233;e et les trottoirs des rues furent fix&#233;s &#224; douze m&#232;tres de large. On donna &#224; chaque rue une attribution selon son activit&#233; &#233;conomique, et on limita la taille des immeubles &#224; trois &#233;tages. Une technique antisismique, dite &#171; &lt;i&gt;a gaiola&lt;/i&gt; &#187;, fa&#231;onnerait la future Lisbonne, avec des structures en bois pour s&#233;parer les appartements. On favoriserait, tout en les standardisant en formes g&#233;om&#233;triques, les azulejos (carreaux de fa&#239;ence d&#233;cor&#233;s) sur les fa&#231;ades des maisons pour ralentir les incendies&lt;a href=&#034;#nb5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Pour aller plus loin, voir &#171; Espaces et commodit&#233;s dans la Lisbonne de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1758 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH562/-72-4307d.jpg?1768651173' width='400' height='562' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Splendeurs et mis&#232;res d'Alfama&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Parmi les quartiers miracul&#233;s de la ville, celui d'Alfama, sur les rives du Tage. Ce petit &#238;lot populaire de p&#234;cheurs et d'ouvriers &#224; l'abri de la modernit&#233; continuera &#224; caresser la vie dans le mauvais sens du temps, et devra attendre les ann&#233;es 2010 pour &#234;tre &#224; son tour ras&#233; par un autre s&#233;isme, celui de la crise &#233;conomique &#8211; et de l'invasion de touristes pour tenter d'y rem&#233;dier. Le collectif Left Hand Rotation a fait sienne cette image du tremblement de terre des touristes (voir affiche ci-dessus) pour documenter le sort du quartier : &#171; &lt;i&gt;Avec la d&#233;sindustrialisation, les ouvriers ont quitt&#233; la ville pour la campagne ou l'&#233;tranger&lt;a href=&#034;#nb5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Lisbonne comptait 800 000 &#226;mes en 1960 contre 500 000 aujourd'hui.&#034; id=&#034;nh5-3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;. Les entrepreneurs ont alors d&#233;cid&#233; de r&#233;accumuler du capital autour de l'industrie de la culture. Comme en 1755, la ville est en train vivre un changement de paradigme urbain&lt;/i&gt; &#187;, nous expliquent-ils sur les marches de l'&#233;glise S&#227;o Miguel, apr&#232;s qu'une &#233;quipe de cin&#233;ma nous ait d&#233;log&#233;s de la placette adjacente. Sp&#233;cialis&#233;s dans la critique de la gentrification, ph&#233;nom&#232;ne international qui transforme les quartiers populaires des centres-ville en bastions de la classe cr&#233;ative et petite-bourgeoise, le collectif explique qu'&#224; Lisbonne, un peu comme &#224; Barcelone, c'est le tourisme qui sert de cheval de Troie &#224; l'expulsion des Lisbo&#232;tes vers la p&#233;riph&#233;rie de la ville.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Ils nous ont vol&#233; nos docks !&lt;/i&gt;, confirme Vasco Duarte, cordonnier et vendeur de chaussures dans l'Alfama depuis plus de 60 ans. &lt;i&gt;Les rives du Tage ont &#233;t&#233; b&#233;tonn&#233;es alors que le fleuve coulait au pied du quartier. Depuis ces quais, tous les gamins du coin ont appris &#224; nager et on y d&#233;chargeait &#224; dos d'homme le charbon et autres marchandises des fr&#233;gates n&#233;cessaires au quartier.&lt;/i&gt; &#187; En ce matin de septembre, il n'y a pas seulement les 54 000 passagers quotidiens de l'a&#233;roport qui vont inonder la ville. Depuis un an, les anciens docks de l'Alfama ont &#233;t&#233; r&#233;habilit&#233;s en un ensemble ultra-s&#233;curis&#233;, le Lisbon Cruise Terminal. Derri&#232;re des murs de grillages et de barbel&#233;s impeccablement align&#233;es, les fr&#233;gates marchandes ont &#233;t&#233; remplac&#233;es par les paquebots de luxe. Deux monstres marins de plus de 300 m&#232;tres de long, le &lt;i&gt;Celebrity Equinox&lt;/i&gt; et le &lt;i&gt;Celebrity Eclipse&lt;/i&gt; sont arrim&#233;s, encombrant la vue sur l'estuaire et laissant une am&#232;re sensation de si&#232;ge militaire. Chacune de ces villes flottantes d&#233;chargent 3 000 touristes au pied d'un des quartiers les plus populaires de la capitale, le temps d'une journ&#233;e, sous les yeux m&#233;dus&#233;s des habitants. Comme si les marchandises d&#233;charg&#233;es d'antan avaient &#233;t&#233; remplac&#233;es par des humains en qu&#234;te de souvenirs payants.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1757 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;23&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH314/-71-a6e8d.jpg?1768687152' width='500' height='314' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Territoire recul&#233; de la p&#233;ninsule ib&#233;rique, auparavant &#224; l'&#233;cart des affres du tourisme de masse, Lisbonne a d&#233;sormais le vent en poupe. Charme surann&#233; des ruelles pav&#233;es, fa&#231;ades d&#233;cr&#233;pites et faible co&#251;t de la vie, le &lt;i&gt;lifestyle&lt;/i&gt; lisbo&#232;te attire un nombre croissant &#8211; 10% de plus en moyenne par an &#8211; de touristes. L'an dernier, le Portugal a encore battu son record, avec 19 millions de visiteurs, soit deux fois plus que le nombre d'habitants du pays. Selon la Banque du Portugal, les touristes &#233;trangers auraient d&#233;pens&#233; pr&#232;s de 12 milliards d'euros en 2015, et l'&#201;tat portugais s'accroche avec avidit&#233; &#224; cette bou&#233;e de sauvetage, dans un pays noy&#233; par la crise &#233;conomique depuis 2011.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la devanture du vendeur de chaussures &lt;i&gt;made in Portugal&lt;/i&gt;, Vasco Duarte, une affichette &#171; EMEL tue le quartier &#187;, incrimine l'agence publique en charge du r&#233;am&#233;nagement urbain. &#171; &lt;i&gt;Ils ont refait toute la voirie de la rue Dos Rem&#233;dios, avec des poteaux, des lampadaires, et en aplanissant la voie, explique l'opini&#226;tre cordonnier. C'est plus propret pour les touristes, et il y a moins de voitures qui circulent. Mais la cal&#231;ada, la fa&#231;on locale d'organiser les rues, avec de gros pav&#233;s de basalte, une rigole pour &#233;vacuer les eaux sales, etc., a disparu. Ils pr&#233;f&#232;rent massacrer un quartier vieux de 2 000 ans que risquer de voir les touristes se casser la gueule.&lt;/i&gt; &#187; Dans la m&#234;me rue, l'ancien Palacio Dona Rosa, palais du XVIIIe qui logeait une dizaine de familles en difficult&#233; sociale, est en plein chantier de r&#233;novation. Apr&#232;s que ses habitants ont &#233;t&#233; expuls&#233;s avec une indemnisation de 20 000 euros &lt;a href=&#034;#nb5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#250;blico, 14 avril 2012.&#034; id=&#034;nh5-4&#034;&gt;4&lt;/a&gt;, une partie de l'&#233;difice a &#233;t&#233; transform&#233;e en une maison de fado hupp&#233;e, tandis que le reste abritera prochainement des locations de luxe avec piscine.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mouvements immobiliers&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Comme dans nombre d'autres quartiers (Mouraria ou le Barrio Alto par exemple), la r&#233;novation urbaine et patrimoniale s'ench&#226;sse avec la r&#233;habilitation des logements. De nombreuses petites habitations sombres avec leurs salles de bains collectives d'Alfama ont mut&#233; en grands appartements et lofts que seuls les classes moyennes et les r&#233;sidents &#233;trangers peuvent dor&#233;navant s'offrir. De m&#234;me, depuis quatre ans, la loi sur les locations de logements &#8211; &lt;i&gt;Lei das rendas&lt;/i&gt; &#8211; a &#233;t&#233; modifi&#233;e en profondeur par le gouvernement portugais en faveur des propri&#233;taires. En 1948, sous la dictature Salazar, les prix de location avaient &#233;t&#233; gel&#233;s, avec des baux &#233;ternels et h&#233;r&#233;ditaires, ce qui avait permis des loyers populaires &#224; moins de 100 euros pour 100 m2 jusqu'en 1990. Puis l'&#201;tat a fini par autoriser les propri&#233;taires &#224; signer des baux &#224; &#233;ch&#233;ance fixe, &#224; leur faciliter l'expulsion des habitants dans le cadre de la restauration des lieux, et &#224; augmenter librement le loyer &#224; la fin d'un bail.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur la minuscule terrasse du caf&#233;-restaurant Alfacinha en plein c&#339;ur du quartier, un jeune enseignant de litt&#233;rature, en train de pr&#233;parer son cours sur &lt;i&gt;Orgueil et pr&#233;jug&#233;s&lt;/i&gt; de Jane Austen, ajoute : &#171; &lt;i&gt;Le quartier s'est transform&#233; &#224; une vitesse folle. Trois ou quatre ans &#224; peine. Quand j'ai emm&#233;nag&#233; ici, il y a sept ans, il y avait une dame de 80 ans au deuxi&#232;me et un artisan au rez-de-chauss&#233;e. Aujourd'hui, je suis le seul habitant permanent de l'immeuble. Les vieux propri&#233;taires meurent, et les h&#233;ritiers louent pour une ou deux semaines &#224; des touristes.&lt;/i&gt; &#187; &#192; travers le statut particulier d'&lt;i&gt;Alojamento local&lt;/i&gt; (AL), l'&#201;tat portugais incite en effet les propri&#233;taires &#224; louer leurs biens pour des p&#233;riodes temporaires, ces derniers &#233;tant alors tax&#233;s &#224; 15% contre 28% pour un bail &#224; long terme. R&#233;sultat : 200 nouveaux AL par mois surgissent &#224; Lisbonne. Et les prix de l'immobilier &#224; la vente ne cessent d'augmenter (+33% en trois ans), ainsi que celui des locations permanentes (+8% en moyenne par an, contre 0,8 dans le reste du pays). Pour Miguel Coelho, maire d'arrondissement d'Alfama, &#171; &lt;i&gt;L'AL acc&#233;l&#232;re l'expulsion des gens qui vivent ici depuis des dizaines d'ann&#233;es et leur descendants. Ce ph&#233;nom&#232;ne de gentrification, conjugu&#233; &#224; la Lei das rendas&lt;/i&gt; [&#8230;], &lt;i&gt;est une mani&#232;re immorale de se d&#233;barrasser de gens qui devraient avoir le droit de continuer &#224; vivre l&#224; o&#249; ils ont toujours habit&#233;&lt;/i&gt; &lt;a href=&#034;#nb5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#250;blico, 13 septembre 2016.&#034; id=&#034;nh5-5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &#187;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Aux pressions de l'AL, il faut bien entendu ajouter celles des nouvelles plateformes du tourisme via Internet. Cet &#233;t&#233;, la demande Airbnb au Portugal a augment&#233; de 76% : 700 000 locataires &#233;ph&#233;m&#232;res, avec les Fran&#231;ais au premier rang et une dur&#233;e moyenne de s&#233;jour de 4,6 nuits. Sur le site, la capitale portugaise est la quatri&#232;me ville la plus demand&#233;e en Europe apr&#232;s Barcelone, Paris et Londres &lt;a href=&#034;#nb5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Voir &#171; L'invasion des terrasses volantes : Airbnb contre Barcelone &#187;, CQFD (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;. Au-del&#224; des cons&#233;quences sur les prix du logement, c'est toute la vie quotidienne de ces quartiers qui se trouve boulevers&#233;e. Les policiers saturent l'espace pour assurer la s&#233;curit&#233; des portefeuilles de passage. Pendant ce temps, le tourisme a bon dos pour limiter, voire retirer, les services publics inutiles aux r&#233;sidents &#233;ph&#233;m&#232;res (&#233;cole, sant&#233;, antennes municipales, etc.) de ces quartiers, comblant d'aise les exigences d'aust&#233;rit&#233; europ&#233;ennes. Cons&#233;quence : les gens les plus pauvres sont contraints de s'exiler &#224; Barreiro ou Cacilhas, de l'autre c&#244;t&#233; du fleuve, voire &#224; Chelas, en banlieue lointaine...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; Comme les maisons &#233;taient petites &#224; Alfama, les gens vivaient dans la rue. Aujourd'hui, il n'est plus possible de s'y asseoir sans &#234;tre photographi&#233; comme un animal au zoo. Alors les gens restent confin&#233;s chez eux et ne pensent qu'&#224; d&#233;m&#233;nager&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Lana, qui habite au pied de la cath&#233;drale de l'Alfama. &#171; &lt;i&gt;Je me sens de plus en plus seule dans mon quartier et la semaine prochaine, mon dernier voisin s'en va. Son loyer &#233;tait de 700 euros, mais comme son bail prenait fin, le propri&#233;taire l'a remont&#233; &#224; 1600 euros mensuels.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le quartier, autrefois connu pour sa vie de village, ses habitants hauts en couleur et ses caf&#233;s populaires, aligne d&#233;sormais des &#233;choppes de souvenir, des boutiques vintage et autres restaurants boh&#232;mes-chics. &#171; &lt;i&gt;Chaque semaine, il y a un nouveau caf&#233;&lt;/i&gt; lounge &lt;i&gt;ou une boutique de magnets imitant les&lt;/i&gt; azulejos &lt;i&gt;qui ouvre dans ma rue&lt;/i&gt; &#187;, continue Lana. En se penchant par la fen&#234;tre de son appartement, rang&#233;s derri&#232;re leurs fanions, on voit errer les bancs de touristes dans les rues en ruisseaux d'Alfama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans l'arri&#232;re-salle du Alfacinha, trois octog&#233;naires du coin devisent autour de photographies de famille en sirotant un caf&#233;. La cheffe du trio d&#233;gaine : &#171; &lt;i&gt;Toutes les &#233;piceries, les boucheries et autres petits commerces ont disparu. Quant &#224; l'emploi cr&#233;&#233;, ce ne sont que des boulots de petits employ&#233;s de maison pour nettoyer les appartements lou&#233;s &#224; la journ&#233;e aux touristes...&lt;/i&gt; &#187; Une deuxi&#232;me appuie : &#171; &lt;i&gt;Le quartier est devenu beaucoup moins agr&#233;able, on vivait tous ensemble dehors, les femmes se peignaient m&#234;me les cheveux entre elles, dans la rue. Aujourd'hui, on ne peut plus prendre notre tramway, car il est plein de touristes : la municipalit&#233; a d&#251; nous mettre &#224; disposition un minibus qui fait du porte-&#224;-porte.&lt;/i&gt; &#187; L'antique tramway n&#176;28 s'&#233;chinait en effet &#224; grimper les rudes pentes de l'Alfama, d&#233;posant ses habitants au gr&#233; des altitudes. D&#233;peints dans tous les guides comme &#171; &lt;i&gt;une v&#233;ritable machine &#224; remonter le temps&lt;/i&gt; &#187;, l'&lt;i&gt;El&#233;ctrico&lt;/i&gt; est d&#233;sormais pris d'assaut par les touristes qui attendent par centaines plus d'une heure leur &#171; authentique &#187; petit tour de train. Une d&#233;possession &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; d'un transport public d&#233;di&#233; aux habitants du quartier. Et une absurdit&#233; soulign&#233;e avec malice par le cordonnier de la rue Dos Rem&#233;dios : &#171; &lt;i&gt;M&#234;me les touristes se plaignent qu'il y a trop de touristes ! &#199;a ne parle pas assez portugais dans les rues selon eux !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;G&#233;rer la catastrophe&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Mais la croissance du secteur du tourisme ne tient pas tant aux sir&#232;nes du fado et aux charmes des trams d'avant-guerre qu'&#224; une strat&#233;gie de gestion de la crise. Le ch&#244;mage est revenu autour des 10-11% (moyenne europ&#233;enne) apr&#232;s des pics &#224; 17% au d&#233;but des ann&#233;es 2010, mais la dette publique a culmin&#233; en 2014 &#224; 130,2% du PIB. Et de nouvelles aides publiques aux banques approfondissent encore le trou sans fin qu'elles ont elles-m&#234;mes creus&#233; &lt;a href=&#034;#nb5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;L'&#201;tat a inject&#233; cette ann&#233;e 2,2 milliards d'euros dans la banque Banif et (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-7&#034;&gt;7&lt;/a&gt;. D&#232;s 2011, en plus d'un plan d'aust&#233;rit&#233; frappant le secteur public, le FMI avait pos&#233; le d&#233;veloppement de l'offre touristique et la r&#233;novation des lois sur l'immobilier comme conditions &#224; l'octroi de son aide de 78 milliards. Message re&#231;u, comme s'en f&#233;licitait Adolfo Mesquita, secr&#233;taire d'&#201;tat au tourisme en 2014 : &#171; &lt;i&gt;La contribution du tourisme au PIB pour les exportations, l'investissement et la cr&#233;ation d'emploi est si importante que je n'h&#233;site pas &#224; dire que c'est un des principaux &#8211; voire le principal &#8211; secteurs de notre &#233;conomie&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;P&#250;blico, 23 mars 2014, cit&#233; par Le Courrier international, 20 juin 2014.&#034; id=&#034;nh5-8&#034;&gt;8&lt;/a&gt;. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour acc&#233;l&#233;rer la valorisation du patrimoine culturel, l'&#201;tat a mis les bouch&#233;es doubles. Cr&#233;&#233;s en 2012, les &#171; golden visas &#187; sont aujourd'hui en pleine expansion. Entra&#238;nant la d&#233;mission du ministre de l'Int&#233;rieur Miguel Macedo en 2014 pour corruption, ces titres de s&#233;jour sont accord&#233;s &#224; des &#233;trangers qui investissent au moins un million d'euros dans le pays, cr&#233;ent au moins dix postes de travail ou ach&#232;tent des biens immobiliers d'une valeur minimale de 500 000 euros&lt;a href=&#034;#nb5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Sur les 3 609 visas d&#233;livr&#233;s depuis 2012, 3 405 l'ont &#233;t&#233; pour des (&#8230;)&#034; id=&#034;nh5-9&#034;&gt;9&lt;/a&gt;. L'investissement d'une dur&#233;e de 5 ans minimum permet d'obtenir un permis de s&#233;jour, pris&#233; par de nombreux investisseurs chinois ou russes pour faire ensuite librement des affaires dans l'espace Schengen &#8211; &#224; la seule condition de r&#233;sider sept jours au Portugal par an. &#192; cela s'ajoute l'appel du pied lanc&#233; aux retrait&#233;s &#233;trangers nantis : depuis 2013, ils b&#233;n&#233;ficient ainsi de dix ans d'exon&#233;ration fiscale s'ils habitent la moiti&#233; de l'ann&#233;e au Portugal, cr&#233;ant de toutes pi&#232;ces un eldorado immobilier. &#192; Lisbonne, le prix au m&#232;tre carr&#233; est presque quatre fois inf&#233;rieur &#224; celui de Paris et le co&#251;t de la vie inf&#233;rieur de 35%. Le Salon de l'immobilier et du tourisme portugais en France est devenu un des plus grands salons europ&#233;ens du genre et des stars, tels Monica Bellucci ou &#201;ric Cantona, poss&#232;dent depuis cette ann&#233;e une r&#233;sidence secondaire sur les hauteurs de l'Alfama.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;R&#233;sister &#224; la d&#233;possession&lt;/strong&gt;&lt;br class='manualbr' /&gt;Pour beaucoup d'habitants, leurs quartiers se transforment en parcs &#224; th&#232;mes via des partenariats public-priv&#233;. &#171; &lt;i&gt;En fait, cela revient &#224; conc&#233;der &#224; terme la ville aux entrepreneurs priv&#233;s en puisant au d&#233;part dans l'argent public, analysent les membres du collectif&lt;/i&gt; Left Hand Rotation. &lt;i&gt;C'est vrai que cela permet &#224; certains de trouver des petits jobs et de sortir la t&#234;te de l'eau. Mais c'est une bombe &#233;conomique &#224; retardement, car &#224; force de virer les gens qui habitent ici, la ville aura bient&#244;t moins d'attrait. Elle ressemblera &#224; toutes les autres, et cette &#233;conomie va chuter en fl&#232;che.&lt;/i&gt; &#187; Il est vrai que l'industrie du tourisme &#224; Lisbonne semble vouloir &#171; privatiser &#187; jusqu'&#224; l'&#226;me de la ville. Plus que l'architecture ou les mus&#233;es, les visiteurs paraissent attir&#233;s par la red&#233;couverte d'une authenticit&#233; et d'une forme de communaut&#233; urbaine qu'ils auraient perdues chez eux. Et Lana d'ajouter dans une triste ironie : &#171; &lt;i&gt;Au bout d'un moment, les touristes ne prendront plus en photo que des touristes. Que fera le gouvernement ? Payer les Portugais pour qu'ils restent vivre dans le quartier et pr&#233;server ainsi un quota de pittoresque ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour r&#233;sister &#224; l'invasion, les rencontres entre habitants sur le sujet se multiplient, quasiment chaque semaine. Il y a deux mois, un d&#233;bat organis&#233; par l'association &lt;i&gt;Trienal de Arquitectura de Lisboa&lt;/i&gt;, intitul&#233; &#171; Qui pourra habiter &#224; Lisbonne ? &#187;, a r&#233;uni plus de 500 habitants. Dans le compte rendu, personne ne souhaite tirer &#224; boulets rouges sur les touristes en tant qu'individus ; certaines prises de parole valorisant m&#234;me la d&#233;mocratisation du voyage. C'est bien la gestion du ph&#233;nom&#232;ne, de concert entre gouvernants et entreprises, qui enrage les Lisbo&#232;tes. Il s'agirait plus selon eux de d&#233;centraliser le tourisme, de ne pas concentrer toute l'offre dans de si petits quartiers. D'accompagner les aides fournies au secteur touristique par des aides aux habitants locaux. Enfin, de trouver d'autres mani&#232;res de vivre collectivement, de d&#233;passer la crise au-del&#224; des logiques de l'&#233;conomie lib&#233;rale et du tourisme. Et Lana de conclure : &#171; &lt;i&gt;Ma fa&#231;on de r&#233;sister en tant qu'habitante, c'est d'abord de parler au quotidien avec les gens du quartier, d'essayer de sortir de cette vision &#224; court terme qui fait qu'on part de son appartement avec un gros ch&#232;que offert par le propri&#233;taire. Cela peut permettre de survivre un temps, d'autant plus que c'est la crise, mais &#224; quel prix ? Quelles solidarit&#233;s de quartier, quelle vie sociale perd-on dans le m&#234;me geste ?&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb5-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&#171; &lt;i&gt;D&#233;posez votre liquide et partez &#224; la conqu&#234;te de Lisbonne.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Pour aller plus loin, voir &#171; Espaces et commodit&#233;s dans la Lisbonne de Pombal &#187;, Jos&#233;-Augusto Fran&#231;a, &lt;i&gt;Dix-huiti&#232;me Si&#232;cle&lt;/i&gt;, Vol. 9, No1, 1977. Et &#171; Catastrophe et police : Le tremblement de terre de Lisbonne, vers une r&#233;forme polici&#232;re ? &#187;, Fl&#225;vio Borda D'&#225;gua, Agence nationale de la Recherche, 2008.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt; Lisbonne comptait 800 000 &#226;mes en 1960 contre 500 000 aujourd'hui.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;, 14 avril 2012.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;, 13 septembre 2016.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Voir &#171; &lt;a href=&#034;http://cqfd-journal.org/L-invasion-des-terrasses-volentes&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt; L'invasion des terrasses volantes : Airbnb contre Barcelone&lt;/a&gt; &#187;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; n&#176;137.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;L'&#201;tat a inject&#233; cette ann&#233;e 2,2 milliards d'euros dans la banque Banif et 4,9 milliards dans Novo Banco, en vain : la premi&#232;re a &#233;t&#233; rachet&#233;e par l'espagnole Santander et la seconde est toujours menac&#233;e de faillite.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-8&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-8&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-8&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;8&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;&lt;i&gt;P&#250;blico&lt;/i&gt;, 23 mars 2014, cit&#233; par &lt;i&gt;Le Courrier international&lt;/i&gt;, 20 juin 2014.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5-9&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5-9&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5-9&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;9&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Sur les 3 609 visas d&#233;livr&#233;s depuis 2012, 3 405 l'ont &#233;t&#233; pour des transactions immobili&#232;res, 199 pour des transferts de capitaux, et seulement 5 pour la cr&#233;ation d'emplois. En tout, cela repr&#233;sente 2,2 milliards d'investissements &#233;trangers, dont 86% dans l'immobilier.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title> Faux march&#233; proven&#231;al pour vrais Chinois</title>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Jean-Baptiste Legars</dc:creator>


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&lt;p&gt;L'industrie ? Liquid&#233;e. L'agriculture ? Moribonde. Ne nous reste plus qu'&#224; vendre notre quotidien en souriant ostensiblement. Devenir le parc d'attractions du monde. Dans le Luberon, en juillet dernier, un faux march&#233; proven&#231;al a &#233;t&#233; organis&#233; pour pr&#232;s de 250 touristes chinois. &#171; Il y avait m&#234;me des faux joueurs de p&#233;tanque ! &#187; Ils avaient vu les choses en grand, en ce samedi 19 juillet 2014, pour accueillir ces 200 &#224; 250 touristes Chinois en goguette dans le Luberon. En effet, quoi de (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/domaine" rel="tag"&gt;domaine&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;L'industrie ? Liquid&#233;e. L'agriculture ? Moribonde. Ne nous reste plus qu'&#224; vendre notre quotidien en souriant ostensiblement. Devenir le parc d'attractions du monde. Dans le Luberon, en juillet dernier, un faux march&#233; proven&#231;al a &#233;t&#233; organis&#233; pour pr&#232;s de 250 touristes chinois.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Il y avait m&#234;me des faux joueurs de p&#233;tanque !&lt;/i&gt; &#187; Ils avaient vu les choses en grand, en ce samedi 19 juillet 2014, pour accueillir ces 200 &#224; 250 touristes Chinois en goguette dans le Luberon. En effet, quoi de plus vrai qu'un faux march&#233; proven&#231;al pour faire d&#233;couvrir charme et convivialit&#233; l&#233;gendaires de nos r&#233;gions ? Embauchez&#8200;une&#8200;ribambelle&#8200;de &#171; marchands &#187;, et vous offrez au touriste avide d'authenticit&#233; une bonne grosse louche de culture locale. Ah, cette joie de vivre si spontan&#233;e, si communicative, ces belles chemises aux motifs originaux en diable, ce petit accent sublimant le chant des cigales&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Un spectacle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout &#233;tait en toc.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1383 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH351/p04-berth-1-b90fa.jpg?1768665083' width='500' height='351' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Berth.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Il faut bien avouer que quatre ou cinq bus de Noiches d&#233;boulant sur la place du march&#233;, &#231;a peut faire tache. Pis encore : il se pourrait qu'ils soient mal accueillis par certains villageois. Or, les Chinois, &#231;a se chouchoute. Selon une &#233;tude de la Direction g&#233;n&#233;rale de la comp&#233;titivit&#233; de l'industrie et des services (DGCIS) et de la Banque de France, le nombre de touristes venant de la R&#233;publique populaire a atteint 1,7&#8200;million en 2013 et a fait un grand bond en avant de plus de 23&#8200;% en un an. Entre 2009 et 2013, leur pr&#233;sence a m&#234;me doubl&#233;, c'est dire la manne qu'ils repr&#233;sentent. Alors, on leur vend du typique&#8200;&#8211;&#8200;de pacotille, mais de qualit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Guillaume&#8200;&#8211; appelons-le Guillaume&lt;a href=&#034;#nb6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Vous l'aviez compris, ce n'est point son vrai pr&#233;nom.&#034; id=&#034;nh6-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;&#8200;&#8211; a fait partie des vrais faux vendeurs r&#233;unis au domaine des And&#233;ols, &#224; Saint-Saturnin-l&#232;s-Apt (Vaucluse), pour offrir le temps d'une demi-journ&#233;e les joies d'un march&#233; typique du sud de l'Hexagone. &#171; &lt;i&gt;La branche chinoise de la soci&#233;t&#233; Amway, sp&#233;cialis&#233;e dans la vente de produits de beaut&#233;, avait d&#233;cid&#233; de r&#233;compenser ses meilleurs commerciaux en leur offrant un voyage en France&lt;/i&gt; &#187;, explique-t-il. La bo&#238;te charg&#233;e de l'organisation du s&#233;jour aurait contact&#233; le domaine des And&#233;ols pour mettre sur pied une journ&#233;e consacr&#233;e &#224; la production de lavande. Mais, de quelques plants de fleurs violettes, le projet se serait transform&#233; en un vrai faux march&#233; proven&#231;al o&#249; les touristes pouvaient papillonner de stand en stand.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Une dizaine de producteurs locaux &#233;taient pr&#233;sents, et nous &#233;tions une quinzaine derri&#232;re les &#233;tals. Attention, on ne vendait rien, les touristes pouvaient go&#251;ter, on leur offrait les produits&lt;/i&gt; &#187;, pr&#233;cise Guillaume. Dans les all&#233;es, les vacanciers fl&#226;naient du mara&#238;cher au producteur d'huile d'olive ou de savon de Marseille, puis allaient faire un tour en cal&#232;che. &#171; &lt;i&gt;Avant l'arriv&#233;e des bus, les organisateurs ont fait une revue des troupes, voir si la sc&#233;nographie &#233;tait bonne ! C'&#233;tait comme pour un spectacle&lt;/i&gt;. &#187; Il para&#238;t que les clients pouvaient se faire presser un jus de fruit frais, qu'un boulanger faisait cuire du pain dans un four &#224; bois et que de la lavande &#233;tait distill&#233;e en direct. &#171; &lt;i&gt;Et il y avait m&#234;me un drone qui prenait des photos !&lt;/i&gt; &#187;, se souvient Guillaume.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; A la fin de la journ&#233;e, nous avons &#233;t&#233; pay&#233;s entre 1&#8200;000 et 2&#8200;000 euros en fonction des stands. Pour une demi-journ&#233;e de travail&lt;/i&gt;, souligne le faux vendeur. &lt;i&gt;On parle d'une facture totale de 400 000 &#224; 500 000 euros&lt;/i&gt;. &#187; Le domaine Les And&#233;ols appartient &#224; Olivier et Patrizia Massart, respectivement metteur en sc&#232;ne de d&#233;fil&#233;s de mode et mannequin. On peut y louer des maisons de luxe entre 192 et 1&#8200;236&#8200;euros la nuit pour deux personnes. Curieux de conna&#238;tre le co&#251;t &#8211; et le b&#233;n&#233;fice &#8211; de cette sino-op&#233;ration, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a contact&#233; Jean-Philippe Vanthielt, le directeur du domaine. Celui-ci nous a abreuv&#233; de d&#233;tails, puis s'est ravis&#233;. Il ne souhaite pas communiquer sur le sujet, n'y voyant pas l'int&#233;r&#234;t.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Or, l'int&#233;r&#234;t, c'est bien simple : il sonne et tr&#233;buche. Au point qu'il existe d'autres prestations du m&#234;me type, &#224; destination de la m&#234;me client&#232;le. La soci&#233;t&#233; Eternal Provence, dirig&#233;e par Henriette Versteeg, propose des mariages VIP pour couples chinois. Ce dans la plus pure tradition proven&#231;ale, mais pour de faux. &lt;i&gt;&#171; Nous leur organisons une c&#233;r&#233;monie dans une chapelle priv&#233;e, qui ne d&#233;pend plus de l'&#233;glise, comme par exemple celle du Ch&#226;teau de la Barben,&lt;/i&gt; explique la directrice.&lt;i&gt; L&#224;, un acteur joue le r&#244;le du pr&#234;tre et les marie ! C'est un mariage fictif mais, pour nos clients, il a une r&#233;elle valeur. L'&#233;motion ressentie, c'est du vrai. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, intermittents dans la gal&#232;re, paysans pauvres, savonniers pr&#233;caires et autres gueux de terroir, vous savez ce qu'il vous reste &#224; faire : gentils autochtones pour touristes en mal d'authenticit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb6-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Vous l'aviez compris, ce n'est point son vrai pr&#233;nom.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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