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	<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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	<description>Mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales - en kiosque le premier vendredi du mois.</description>
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		<title>CQFD, mensuel de critique et d'exp&#233;rimentation sociales</title>
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		<title>&#171; Tout est &#224; inventer pour un service bancaire au service de la population &#187;</title>
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		<dc:creator>&#201;milien Bernard</dc:creator>


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&lt;p&gt;Dans le fort punchy Force de vente : dans la peau d'un conseiller financier, publi&#233; aux belles &#233;ditions du Monde &#224; l'envers, Damien Leli&#232;vre (un pseudo) raconte son quotidien d'employ&#233; de banque et d&#233;crypte son malaise grandissant face aux r&#244;les qu'on lui fait jouer. Une certitude : son t&#233;moignage, pourtant touchant et sensible, ne va pas aider &#224; r&#233;habiliter l'image du secteur bancaire. On y repensera &#224; la prochaine manif un peu chaude &#8211; aucunes condol&#233;ances pour les familles des vitrines. (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no188-juin-2020" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;188 (juin 2020)&lt;/a&gt;

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 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Dans le fort punchy &lt;i&gt;Force de vente : dans la peau d'un conseiller financier&lt;/i&gt;, publi&#233; aux belles &#233;ditions du Monde &#224; l'envers, Damien Leli&#232;vre (un pseudo) raconte son quotidien d'employ&#233; de banque et d&#233;crypte son malaise grandissant face aux r&#244;les qu'on lui fait jouer. Une certitude : son t&#233;moignage, pourtant touchant et sensible, ne va pas aider &#224; r&#233;habiliter l'image du secteur bancaire. On y repensera &#224; la prochaine manif un peu chaude &#8211; aucunes condol&#233;ances pour les familles des vitrines.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_3712 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH356/-1847-4784e.jpg?1768649055' width='500' height='356' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Pirrik
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Cela fait un certain nombre d'ann&#233;es que tu bosses comme conseiller financier. Qu'est-ce qui t'a pouss&#233; &#224; sortir ce t&#233;moignage ? &lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Je voyais beaucoup de gens se faire d&#233;pouiller en frais bancaires, souvent pour des raisons b&#234;tes &#8211; des frais de rejet de pr&#233;l&#232;vement, des int&#233;r&#234;ts de carte de cr&#233;dit renouvelable avec leur fonctionnement opaque. Et puis mes amis me posaient un tas de questions sur les banques et ce qu'elles font avec notre &#233;pargne. Alors j'ai voulu faire un petit manuel d'autod&#233;fense bancaire pour expliquer les pi&#232;ges, dire comment &#233;viter de se retrouver avec cinquante balles de frais mensuels pour rien. C'est ce que je faisais d&#233;j&#224; avec mes clients, en donnant des explications assez brutes, parfois d&#233;sagr&#233;ables &#224; entendre &#8211; au final, les gens appr&#233;cient la franchise.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Puis en &#233;crivant, j'ai commenc&#233; &#224; illustrer les propos avec mon v&#233;cu, avec celui d'autres conseillers. Je voulais aussi montrer au lecteur l'envers du d&#233;cor, balancer les techniques de vente qu'on nous oblige &#224; d&#233;biter, que l'on sente &#224; quel point les conseillers sont coinc&#233;s. C'est devenu un texte plus personnel, plus nuanc&#233;, plus &#233;nerv&#233; aussi, comme un exutoire &#224; la connerie hi&#233;rarchique qu'on encaisse souvent dans ce boulot. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;L'un des aspects marquants de ton t&#233;moignage, c'est le m&#233;pris envers les clients les plus pauvres, inculqu&#233; d&#232;s la formation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &#199;a d&#233;pend des agences et des conseillers bien s&#251;r, mais globalement oui, il y a du m&#233;pris envers ces clients, surtout en tant que masse abstraite. Car dans le m&#234;me temps il peut y avoir de l'empathie pour chaque individu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Pour comprendre ce qui se joue, je pense qu'il faut interroger l'organisation du travail : quand tu passes une heure &#224; expliquer &#224; quelqu'un de paum&#233; comment fonctionne son d&#233;couvert puis qu'il te rappelle pour comprendre pourquoi il n'a plus que 5,41 &#8364; sur son compte, tu n'es pas en train de vendre des cr&#233;dits et des placements. Les conseillers seraient tr&#232;s contents d'&#234;tre pay&#233;s juste pour faire de la p&#233;dagogie bancaire, mais on est embauch&#233;s pour vendre des produits, engranger du chiffre. Du coup il y a une tension qui se cr&#233;e. Et les &#8220;&lt;i&gt;cassos&lt;/i&gt;&#8221;, comme disent beaucoup de conseillers, c'est un peu l'abstraction ou l'excuse qui justifie tout le temps que tu passes &#224; faire autre chose que des ventes, c'est-&#224;-dire autre chose que ce que veut ton employeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Je cite un extrait d'une formation bancaire qui dit tr&#232;s exactement : &#8220;&lt;i&gt;Les moyens consacr&#233;s &#224; un client doivent &#234;tre en rapport avec sa rentabilit&#233;.&lt;/i&gt;&#8221; C'est &#231;a qu'on nous demande. Et c'est &#224; double sens : les clients cherchent &#224; rentabiliser leur banque en retour, donc ils prennent leur conseiller pour un centre d'appels et appellent parfois pour tout et n'importe quoi. C'est l&#224; que les banques en lignes gagnent en rentabilit&#233; ; elles se d&#233;barrassent par des barri&#232;res techniques des clients qui veulent de l'humain, du temps, des clients qui ne sont pas &#8220;&lt;i&gt;autonomes&lt;/i&gt;&#8221; comme on dit dans le jargon, les moins &#8220;&lt;i&gt;rentables&lt;/i&gt;&#8221;. En agence c'est plus compliqu&#233; de bloquer les rendez-vous et les appels.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s, on peut bl&#226;mer les vendeurs pour leur condescendance, mais on est tous un peu comme &#231;a. Quand t'attends &#224; la pompe &#224; essence un vendredi soir fatigu&#233; et que le type devant toi gal&#232;re pendant trois plombes devant la machine, tu te dis que c'est un gros naze au lieu d'aller l'aider. On peut le voir comme du m&#233;pris, mais en v&#233;rit&#233; c'est plut&#244;t que tu vas focaliser sur lui l'usure de ta semaine, ton regret de ne pas avoir choisi l'autre file, de ne pas faire les bons choix, d'&#234;tre en retard, d'avoir une vie de merde... Je pense que nos jugements viennent plut&#244;t des situations qu'on subit &#8211; et en particulier au travail &#8211; que d'une sorte de bont&#233; ou de m&#233;chancet&#233; propre &#224; certaines professions. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;De l'autre c&#244;t&#233;, il y a les clients valoris&#233;s, ceux qui ont de l'argent. Comment &#234;tes-vous pouss&#233;s &#224; les traiter ?&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; La diff&#233;rence de traitement des clients riches commence dans le langage. On parle de client&#232;le &#8220;&lt;i&gt;haut de gamme&lt;/i&gt;&#8221; ou &#8220;&lt;i&gt;patrimoniale&lt;/i&gt;&#8221;. On doit &#8220;&lt;i&gt;travailler les hauts de portefeuille&lt;/i&gt;&#8221;, c'est-&#224;-dire se concentrer sur nos clients les plus riches ou qui le deviendront &#8211; les jeunes ing&#233;nieurs ou les internes en m&#233;decine par exemple. La bo&#238;te nous rappelle fr&#233;quemment que ces personnes g&#233;n&#232;rent un produit net bancaire important, que ce sont eux qui payent nos salaires. Quand on les re&#231;oit, on a une autre posture : il ne faut pas froisser leur orgueil. Ensuite ce sont des conseillers d&#233;di&#233;s, plus exp&#233;riment&#233;s, qui s'occupent des plus riches : les conseillers en gestion de patrimoine. Ils sont mieux pay&#233;s et consid&#233;r&#233;s par la banque. C'est un peu un club &#224; part. Les conseillers patrimoniaux font une dizaine de rendez-vous par semaine, souvent moins, mais les entretiens peuvent durer plusieurs heures, ils ont le temps d'&#233;changer, de faire un bilan personnalis&#233;. Pour un client &#8220;&lt;i&gt;haut de gamme&lt;/i&gt;&#8221;, on est moins en train de vendre des assurances &#224; la con &#8211; le conseiller doit plut&#244;t &#233;couter, faire un bilan puis proposer des solutions pour amadouer le client et l'amener vers des placements. Souvent c'est du temps consacr&#233; &#224; la fiscalit&#233; ou &#224; la transmission de son patrimoine, les combines pour payer moins d'imp&#244;ts. Placer 300 000 &#8364; d'un coup avec un client, c'est forc&#233;ment plus r&#233;mun&#233;rateur que de faire placer 1 000 &#8364; &#224; 300 personnes diff&#233;rentes, donc la banque est pr&#234;te &#224; mettre des moyens humains pour cette client&#232;le-l&#224;. C'est pour &#231;a que si t'es riche on ne te dira pas d'aller te d&#233;brouiller sur Internet pour tes questions et que tes mails seront trait&#233;s en priorit&#233;. M&#234;me si c'est pour une connerie. On te fera m&#234;me un geste sur les frais si t'es pas content.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les conseillers des pauvres doivent faire de l'abattage, vu qu'ils ont beaucoup plus de clients dans leur portefeuille et moins &#224; en tirer. Les pauvres gagneraient &#224; avoir des conseils personnalis&#233;s aussi &#8211; beaucoup de salari&#233;s ne payeraient plus d'imp&#244;ts rien qu'en d&#233;clarant leurs revenus aux frais r&#233;els, mais ils ne sont pas assez rentables pour que les banques leur accordent un temps important de conseil. On le fait quand m&#234;me avec ceux qu'on aime bien, mais c'est &#224; la t&#234;te du client et quand on peut. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Tu &#233;cris que l'arriv&#233;e des banques en ligne et la g&#233;n&#233;ralisation des algorithmes aggravent encore la situation...&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; Jusqu'&#224; pr&#233;sent il y avait des barri&#232;res physiques et sociales &#224; l'acc&#232;s bancaire. Par exemple l'implantation g&#233;ographique des banques : dans un quartier populaire ou une campagne pauvre, il y a peu d'agences. Les algorithmes permettent aux banques d'automatiser et d'affiner cette logique en toute discr&#233;tion. Chaque client est sans arr&#234;t not&#233; en fonction de centaines de param&#232;tres. Sans m&#234;me que j'aie besoin de regarder tes comptes ou ton travail, ce classement m'indique si tu es une priorit&#233; ou pas. Autrefois on disait &#8220;&lt;i&gt;Y a Monsieur Janot qui arrive, il va nous faire chier, bloquez la porte&lt;/i&gt;&#8221;, ou au contraire &#8220;&lt;i&gt;Vas-y laisse le rentrer, il est fou mais il a besoin d'aide.&lt;/i&gt;&#8221; Maintenant les logiciels d&#233;cident : il faut rappeler untel ou celui-l&#224; on s'en fout. Je sch&#233;matise un peu, mais c'est clairement cette direction qu'on prend.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les banques en ligne c'est pire : si tu as du mal &#224; lire et &#233;crire, tu ne pourras m&#234;me pas finaliser le parcours de souscription. La plupart imposent aussi des revenus de plus de 1 000 &#8364; pour avoir une carte gratuite, ce qui exclut les travailleurs &#224; temps partiel, les gens au RSA, tout en gardant les actifs &#224; potentiel. Les banques internet ont des centres d'appels limit&#233;s, alors les algorithmes priorisent les appels entrants pour mettre les clients int&#233;ressants en haut de la file d'attente.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Face &#224; ce tableau, la question n'est pas &#224; mon sens : &#8220;Comment revenir en arri&#232;re ?&#8221;, puisque les banques classiques &#233;taient d&#233;j&#224; bien pourries ; mais plut&#244;t : &#8220;Comment changer de plan ?&#8221; Tout est &#224; inventer pour un service bancaire au service de la population et des vrais &#233;changes. Un des enjeux sera d'emp&#234;cher les banques de faire comme les GAFA &lt;i&gt;[Google, Apple, Facebook, Amazon]&lt;/i&gt; qui ont mon&#233;tis&#233; toutes nos donn&#233;es apr&#232;s nous avoir rendus captifs. &#187;&lt;/p&gt;
&lt;div class=&#034;spip spip-block-right&#034; style=&#034;text-align:right;&#034;&gt;&lt;strong&gt;Propos recueillis par &#201;milien Bernard&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#171; Prolonger la col&#232;re de la rue &#187;</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Prolonger-la-colere-de-la-rue</link>
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		<dc:date>2018-05-03T05:00:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


		<dc:subject>Le dossier</dc:subject>
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&lt;p&gt;Entretien avec Carlos Mac&#237;as, porte-parole de la PAH de Barcelone. Sous ses lunettes et barbe fine, le visage souriant de Carlos a longtemps voyag&#233; en Am&#233;rique latine, rapportant dans les valises de ses yeux une exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire avis&#233;. Il retrace l'histoire des Plataformas de afectados por la hipoteca (PAH) luttant contre le syst&#232;me inique des hypoth&#232;ques et expulsions. &#171; Le BTP &#233;tait devenu le mod&#232;le &#233;conomique de l'Espagne, mais avec la crise la fin du &#171; r&#234;ve espagnol &#187; a (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no137-novembre-2015" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;137 (novembre 2015)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Ferdinand-Cazalis-190" rel="tag"&gt;Ferdinand Cazalis&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/banques" rel="tag"&gt;banques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logement" rel="tag"&gt;logement&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/avons" rel="tag"&gt;avons&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/logements" rel="tag"&gt;logements&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/expulsions" rel="tag"&gt;expulsions&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/vides" rel="tag"&gt;vides&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Entretien avec Carlos Mac&#237;as, porte-parole de la PAH de Barcelone.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sous ses lunettes et barbe fine, le visage souriant de Carlos a longtemps voyag&#233; en Am&#233;rique latine, rapportant dans les valises de ses yeux une exp&#233;rience de r&#233;volutionnaire avis&#233;. Il retrace l'histoire des Plataformas de afectados por la hipoteca (PAH) luttant contre le syst&#232;me inique des hypoth&#232;ques et expulsions.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_2363 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;24&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH553/-635-4d5f8.jpg?1768660576' width='400' height='553' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Ferdinand Cazalis.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&#171; Le BTP &#233;tait devenu le mod&#232;le &#233;conomique de l'Espagne, mais avec la crise la fin du &#171; r&#234;ve espagnol &#187; a sonn&#233;. Jusqu'en 2007, l'&#201;tat et les banques poussaient les gens &#224; s'endetter, exer&#231;ant ainsi une forme de contr&#244;le social : un peuple endett&#233; n'a plus le temps de s'organiser, de penser &#224; faire la r&#233;volution ou de d&#233;fendre ses droits. Avant que la bulle immobili&#232;re n'explose en 2008, des gens qui venaient des mouvements sociaux sur le logement ou luttant pour les droits &#233;l&#233;mentaires se sont regroup&#233;s et ont anticip&#233; la crise &#224; venir. Ils ont pens&#233; que les luttes sur le logement pouvaient constituer un sujet politique pour les ann&#233;es &#224; venir. De l&#224; est n&#233;e la PAH, ici &#224; Barcelone en 2009, avec la volont&#233; de d&#233;noncer le syst&#232;me en cours et de regrouper les gens qui en &#233;taient victimes en vue d'actions collectives, sur des bases autogestionnaires et d'entraide, avec une organisation en assembl&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le mouvement s'est vite propag&#233;. Aujourd'hui, il y a 70 groupes en Catalogne et 240 dans l'ensemble de l'&#201;tat espagnol. Nous faisons une assembl&#233;e r&#233;gionale chaque mois pour nous coordonner et mener des campagnes communes, et nous organisons des rencontres tous les trois mois au niveau national. Chaque entit&#233; est autonome localement, avec des d&#233;cisions prises au consensus et des groupes de m&#233;diation en cas de conflit. Le 15-M a beaucoup renforc&#233; les PAH : c'est le moment o&#249; je m'y suis engag&#233;, cherchant une mani&#232;re de concr&#233;tiser et de prolonger la col&#232;re partag&#233;e dans la rue. Une autre force de la PAH, c'est de rassembler des gens diff&#233;rents : ceux qui sont issus du mouvement squat avec leur savoir-faire pour l'ouverture de b&#226;timents, des anarchistes de toujours et d'autres issus de mouvements plus citoyennistes. Sans compter toutes les personnes pour qui c'est la premi&#232;re forme d'engagement de leur vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans un pays qui conna&#238;t le plus grand nombre d'expulsions en Europe mais aussi de logements vides, il a &#233;t&#233; facile de d&#233;montrer l'implication des gouvernants, des banques et des entreprises de construction. Nous avons ensuite men&#233; des actions directes de d&#233;sob&#233;issance civile non violentes pour nous opposer aux expulsions et nous avons fait pression sur les banques pour qu'elles d&#233;bloquent les situations. Nous avons aussi men&#233; des campagnes pour que la l&#233;gislation permette d'annuler la dette en cas d'expulsion. Nous avons &#171; r&#233;cup&#233;r&#233; &#187; collectivement des logements vides appartenant aux banques ou au gouvernement, et milit&#233; pour l'acc&#232;s &#224; un loyer social. L'imaginaire a beaucoup chang&#233; : la population comprend ces occupations, ce qui nous prot&#232;ge un peu de la r&#233;pression. Et gr&#226;ce &#224; ce soutien populaire, les gens qui participent &#224; la PAH gagnent en puissance, car ils oublient leurs peurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la d&#233;nonciation et l'action directe, nous avons fait des propositions l&#233;gislatives, comme l'ILP en 2012, qui a mis le th&#232;me du logement dans l'agenda politique. Tous les partis ont eu &#224; se positionner sur un changement de l&#233;gislation. Seul le Partido popular (PP), qui a la majorit&#233; absolue au Parlement, a jusqu'ici refus&#233; de changer la loi selon notre proposition. Cette ann&#233;e, nous avons donc opt&#233; pour une forme d'action inspir&#233;e des luttes argentines, les &lt;i&gt;escraches&lt;/i&gt;, destin&#233;es l&#224;-bas aux anciens tortionnaires de la dictature b&#233;n&#233;ficiant d'une impunit&#233; l&#233;gale. Nous sommes all&#233;s devant les domiciles des &#233;lus PP munis de panneaux verts &#171; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &#187; [&#171; Oui, on peut &#187;] avec nos revendications et des pancartes rouges disant &#171; &lt;i&gt;&#161; No !&lt;/i&gt; &#187;, avec ce qui devait cesser. Bien entendu, cela ne leur a pas plu, ils ont tent&#233; de nous criminaliser en nous traitant publiquement de terroristes, de nazis &#224; la solde de l'ETA. Bref.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On a alors saisi les administrations et les municipalit&#233;s pour non-assistance &#224; personnes en danger et violation des droits humains, et on leur a demand&#233; de soutenir ces r&#233;quisitions de logements vides, ce qui a eu au d&#233;but un peu de succ&#232;s. Mais les administrations locales ont peu de comp&#233;tences, aussi nous avons saisi les instances r&#233;gionales, avec par exemple une proposition l&#233;gislative populaire au parlement de Catalogne, pour demander une aide destin&#233;e aux victimes du syst&#232;me de cr&#233;dit et aux occupations. M&#234;me s'il n'y pas de statistiques officielles, des milliers de familles vivent aujourd'hui dans des logements occup&#233;s &#224; Barcelone, et apr&#232;s la vague des expulsions dues aux hypoth&#232;ques, 65% d'entre elles sont motiv&#233;es par des impay&#233;s de loyer. Tout cela s'accompagne de revendications pour un logement digne, avec l'acc&#232;s &#224; l'eau, &#224; l'&#233;lectricit&#233; et au gaz.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Depuis l'arriv&#233;e au pouvoir de la nouvelle mairie, les changements, comme l'arr&#234;t des expulsions d'&#233;difices publics, demeurent plut&#244;t symboliques, vu qu'il y en avait peu. Mais &#231;a ne fait que 100 jours qu'elle est au pouvoir. Elle a impos&#233; une table de n&#233;gociation avec les banques et toutes les associations de lutte, dont la PAH, ce qui n'est pas rien, car cela faisait un an que le dialogue &#233;tait rompu. Notre premi&#232;re revendication a &#233;t&#233; de pouvoir participer pleinement aux d&#233;cisions concernant le logement, non pas dans un cadre formel mais dans une optique de travail en commun. Trois groupes de travail ont &#233;t&#233; cr&#233;&#233;s, pour les trois points les plus urgents : 1. les expulsions &#8211; comment changer les politiques locales li&#233;es aux expulsions ? 2. les services sociaux &#8211; comment aider les personnes touch&#233;es par les expulsions ? 3. les logements vides &#8211; comment mobiliser ces espaces au service des personnes ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Peut-&#234;tre attendons-nous plus de Barcelona en Com&#250; ou de Podemos que du PP ou du PSOE, mais nous ne sommes li&#233;s &#224; personne. Par exemple, nous faisons pression sur la nouvelle mairie pour r&#233;aliser un recensement pr&#233;cis des logements vides dans la ville. &#192; qui appartiennent ces logements ? Sont-ils squatt&#233;s ? Quels sont ceux en situation d'insalubrit&#233; ? R&#233;alis&#233; par les services de l'&#201;tat en 2011, le seul recensement en notre possession d&#233;nombre 80 000 logements vides : un chiffre indubitablement en dessous de la r&#233;alit&#233;. &#192; partir de nouvelles donn&#233;es, on pourra pousser la mairie &#224; lancer des r&#233;quisitions : si un logement est vide depuis trois ans, le propri&#233;taire peut soit recevoir une amende de 500 000 &#8364;, soit &#234;tre expropri&#233;, et son bien transform&#233; en logement social. Si l'appartement est insalubre, le propri&#233;taire est &#233;galement oblig&#233; de le r&#233;habiliter.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Tout cela est comme un engrenage, et le seul acteur-cl&#233;, c'est la soci&#233;t&#233; civile organis&#233;e. Si la rue n'exerce ni pression ni contr&#244;le, la mairie ne pourra rien faire, m&#234;me avec la meilleure volont&#233;. On est pr&#234;ts &#224; mettre la mis&#232;re &#224; Ada Colau et son &#233;quipe s'ils oublient la rue. Mais il est vrai que la population est moins mobilis&#233;e, nous vivons un moment d'accalmie dans les cycles de lutte. Par ailleurs, les expulsions li&#233;es au cr&#233;dit ont &#233;t&#233; tr&#232;s rapides et tr&#232;s brutales. Face cach&#233;e de l'iceberg, les expulsions li&#233;es aux loyers sont inscrites dans un dispositif plus g&#233;n&#233;ral de pr&#233;carisation et de crise, ce qui fait que les gens ont du mal &#224; tenir dans la dur&#233;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les gens qui ont fond&#233; la PAH venaient du mouvement squat et connaissaient bien l'histoire zapatiste au Mexique. Il y avait des liens forts avec ceux qui ont lutt&#233; lors de la crise en Argentine, ce qui nous a donn&#233; des bases puissantes en termes d'horizontalit&#233; et de partage des savoir-faire, dans une perspective r&#233;volutionnaire. Que veut dire &#171; faire la r&#233;volution &#187; ? Si cela signifie tout changer du jour au lendemain, ce n'est pas ce que nous sommes en train de faire. Mais il y a des prolos qui c&#244;toient des gens de la classe moyenne ou des immigr&#233;s, r&#233;unis autour des m&#234;mes enjeux. Des gens qui sans la PAH ne se seraient jamais parl&#233; et qui s'entraident dans des situations concr&#232;tes d'expulsions ou de d&#233;marches administratives &#8211; le tout avec beaucoup de femmes tr&#232;s actives. Ce dialogue transforme l'imaginaire et les a priori de chacun. Or justement, transformer l'imaginaire collectif, c'est d&#233;j&#224; un processus r&#233;volutionnaire.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Espagne : Apoyo Mutuo</title>
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		<dc:creator>Bruno Le Dantec, Ferdinand Cazalis</dc:creator>


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&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-million d'expulsions locatives et hypoth&#233;caires en cinq ans, la question du logement en Espagne est br&#251;lante. La Plataforma de afectados por la hipoteca (PAH), avec ses 240 regroupements, est devenue un puissant mouvement populaire, riche en exp&#233;riences. Impressionn&#233;, CQFD a assist&#233; &#224; une assembl&#233;e de la PAH de Vallecas, l'un des districts les plus pauvres et turbulents de Madrid. Le train de banlieue nous laisse un arr&#234;t avant Legan&#233;s, &#224; Zarzaquemada. Le nom, &#171; (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Le-dossier" rel="tag"&gt;Le dossier&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Eneko" rel="tag"&gt;Eneko&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/PAH-occupe" rel="tag"&gt;PAH occupe&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Apr&#232;s plus d'un demi-million d'expulsions locatives et hypoth&#233;caires en cinq ans, la question du logement en Espagne est br&#251;lante. La Plataforma de afectados por la hipoteca (PAH), avec ses 240 regroupements, est devenue un puissant mouvement populaire, riche en exp&#233;riences. Impressionn&#233;, &lt;i&gt;CQFD&lt;/i&gt; a assist&#233; &#224; une assembl&#233;e de la PAH de Vallecas, l'un des districts les plus pauvres et turbulents de Madrid.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le train de banlieue nous laisse un arr&#234;t avant Legan&#233;s, &#224; Zarzaquemada. Le nom, &#171; ronce-br&#251;l&#233;e &#187;, &#233;voque les landes aust&#232;res que traversait le h&#233;ros du &lt;i&gt;Manuscrit trouv&#233; &#224; Saragosse&lt;/i&gt;. Pourtant, c'est une zone urbaine tr&#232;s contemporaine qu'on d&#233;couvre depuis le quai : des barres rouge brique de cinq ou six &#233;tages s'&#233;tirent &#224; perte de vue, reli&#233;es entre elles par des rues trac&#233;es au cordeau, pratiquement d&#233;sertes en cette matin&#233;e d'octobre ensoleill&#233;e. C'est ici que vit Iv&#225;n, publicitaire h&#233;berg&#233; par ses parents, et membre de la PAH&lt;a href=&#034;#nb1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les (&#8230;)&#034; id=&#034;nh1&#034;&gt;1&lt;/a&gt; de Vallecas. Piercing au nez et pantalon port&#233; bas, la corpulence et la gouaille d'un Sancho Pansa plut&#244;t que le lyrisme d&#233;sesp&#233;r&#233; du chevalier &#224; la Triste Figure, il s'est impliqu&#233; dans les assembl&#233;es de quartier anti-expulsions depuis le mouvement du 15-M&lt;a href=&#034;#nb2&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2&#034;&gt;2&lt;/a&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Marketing de la mis&#232;re&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1618 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;12&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH504/15-10-09infinito.eneko-cc9cd.jpg?1768718737' width='400' height='504' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Eneko.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt; &lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt; La PAH est l&#224; pour obtenir ce que l'&#201;tat est incapable d'offrir : le droit &#224; un logement digne pour tous.&lt;/i&gt; &#187; Iv&#225;n, que ses camarades surnomment &#171; Power Ranger &#187;, a l'&#233;locution rapide de celui qui conna&#238;t son sujet sur le bout des doigts. Il manie volontiers l'ironie et d&#233;crit la banlieue o&#249; il vit comme &#171; &lt;i&gt;un quartier familial, tranquille, trop tranquille&lt;/i&gt; &#187;, mais s'&#233;meut lorsqu'il parle d'une famille gitane mise r&#233;cemment sur le trottoir. &#171; &lt;i&gt;Je travaille dans la pub et je peux te vendre ce que je veux&lt;/i&gt;, l&#226;che Iv&#225;n sur un ton provocateur. &lt;i&gt;Surtout si t'es un p&#233;quenot de Legan&#233;s. Mais dans les agences de pub qui bossent pour les banques, c'est des vingtaines, des centaines de mecs comme moi qui se sont &#233;chin&#233;s &#224; faire passer le message : &#8220;Endettez-vous !&#8221;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#171; &lt;i&gt;Payer un loyer, c'est jeter l'argent par les fen&#234;tres&lt;/i&gt; &#187;, &#233;tait l'un des slogans les plus martel&#233;s. Les directeurs d'agence proposaient des cr&#233;dits group&#233;s pour acheter maison, voiture neuve et, pourquoi pas, payer les &#233;tudes des enfants. Mais ces hypoth&#232;ques &#233;taient assorties de clauses abusives&lt;a href=&#034;#nb3&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;La Commission europ&#233;enne pr&#233;conise le d&#233;dommagement des victimes de ces (&#8230;)&#034; id=&#034;nh3&#034;&gt;3&lt;/a&gt;, ainsi que de taux d'int&#233;r&#234;t exponentiels. Lorsque la bulle&lt;a href=&#034;#nb4&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements (&#8230;)&#034; id=&#034;nh4&#034;&gt;4&lt;/a&gt; a explos&#233; avec la crise financi&#232;re de 2008, des milliers de ces petits propri&#233;taires ont perdu leur emploi et les moyens de payer leur cr&#233;dit. L'Espagne, comme toutes les nations d&#233;velopp&#233;es, a renflou&#233; avec de l'argent public ces m&#234;mes banques pour leur &#233;viter la ruine apr&#232;s le krach financier de 2008. Et ces derni&#232;res en ont profit&#233; pour faire main basse sur des dizaines de milliers de logements, tout en r&#233;clamant le paiement du cr&#233;dit.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Voil&#224; pourquoi, lorsque la PAH occupe des &#233;difices vides appartenant aux banques, les activistes parlent de &#171; r&#233;cup&#233;ration &#187;, puisque ces immeubles ont &#233;t&#233; doublement pay&#233;s par la soci&#233;t&#233;. &#171; &lt;i&gt;Pendant les ann&#233;es de la bulle immobili&#232;re, ce pays a v&#233;cu dans une illusion. Si on te fait croire que tu n'es que ce que tu poss&#232;des, tu veux logiquement poss&#233;der au moins autant que ton voisin. Tu veux avoir un appartement et une voiture neuve, emmener ta famille en vacances, sortir dans les bars pour t'empiffrer de gambas... Et puis d'un coup, pfffuit ! Ce mensonge s'&#233;croule et tu te retrouves une main devant et l'autre derri&#232;re. Ce jour-l&#224;, le pouvoir te fait la morale en te disant que tu as v&#233;cu au-dessus de tes moyens. Mais en attendant, certains se sont enrichis sur ton dos. Tout &#231;a, ce n'est pas une crise, c'est une m&#233;ga-arnaque !&lt;/i&gt; &#187;, continue Power Ranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sur son iPhone, l'activiste nous montre un graphique. Depuis la crise de 2008, 579 000 &#171; ex&#233;cutions hypoth&#233;caires &#187; (entendez &#171; expulsions &#187;) ont &#233;t&#233; men&#233;es &#224; &#171; bien &#187; dans l'&#201;tat espagnol, et nombre de leurs victimes ont d&#251; se r&#233;fugier chez leur famille ou dans des squats &#8211; o&#249; elles ont c&#244;toy&#233; des expuls&#233;s locatifs. &#171; &lt;i&gt;Apr&#232;s le 15-M, tout en conservant son nom, la PAH s'est ouverte aux ex-locataires, et m&#234;me aux squatteurs pur jus, devenant un mouvement transversal pour le droit &#224; un logement digne pour tous et toutes&lt;/i&gt; &#187;, explique Iv&#225;n. Si 71 000 expulsions pour non-paiement d'un cr&#233;dit immobilier ont &#233;t&#233; ex&#233;cut&#233;es depuis 2013, 94 000 expulsions locatives ont eu lieu dans le m&#234;me laps de temps. &#171; &lt;i&gt;Pour forcer le gouvernement &#224; l&#233;gif&#233;rer, nous avons d&#251; aller jusqu'&#224; mettre en avant le suicide d'un couple de personnes &#226;g&#233;es le jour o&#249; il allait &#234;tre expuls&#233; de son appartement&lt;/i&gt; &#187;, d&#233;plore Iv&#225;n.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mis sous pression par une situation sociale explosive, le gouvernement du Partido popular (PP)&lt;a href=&#034;#nb5&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&#034; id=&#034;nh5&#034;&gt;5&lt;/a&gt; a improvis&#233; un d&#233;hanch&#233; de torero esquivant le coup de corne : il a fait voter une loi qui permet &#224; certaines familles nombreuses en difficult&#233; de b&#233;n&#233;ficier d'un moratoire de deux ans sur le paiement de leur cr&#233;dit. Moratoire durant lequel les int&#233;r&#234;ts de la dette continuent de gonfler&#8230; D'autre part, dans certains cas extr&#234;mes, il existe aujourd'hui la possibilit&#233; d'abandonner son bien &#224; la banque et que celle-ci &#171; pardonne &#187; la dette&#8230; 5 000 foyers ont pu ainsi rendre les cl&#233;s de leur appartement sans devoir continuer &#224; payer leur cr&#233;dit, op&#233;ration joliment baptis&#233;e &#171; &lt;i&gt;daci&#243;n en pago&lt;/i&gt; &#187; (donation &#224; titre de paiement).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#201;changes de bons proc&#233;d&#233;s&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vallecas, district (arrondissement) populaire de Madrid, petites maisons basses, blanches et grises, aux airs d'Am&#233;rique latine, immeubles d&#233;fra&#238;chis, en contraste avec le centre-ville. La PAH occupe cinq &#233;difices pour y loger des familles sans toit. Le jour de notre arriv&#233;e, onze d'entre elles viennent d'&#234;tre relog&#233;es par la Sareb &#224; force de pressions. La Sareb, c'est &#171; &lt;i&gt; el banco malo&lt;/i&gt; &#187;, une soci&#233;t&#233; financi&#232;re dont le capital, majoritairement priv&#233;, est garanti par l'&#201;tat. Grosse lessiveuse l&#233;gale cr&#233;&#233;e en 2012 pour racheter les actifs toxiques accumul&#233;s par les banques et les caisses d'&#233;pargne, elle g&#232;re un parc immobilier cons&#233;quent et, de ce fait, se trouve souvent confront&#233;e &#224; la PAH : on vous rend les immeubles qu'on occupe si vous relogez leurs habitants. &#192; interlocuteur foireux, n&#233;gociations forc&#233;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans le centre social autog&#233;r&#233; La Villana de Vallekas, en ce mercredi 7 octobre, a lieu une assembl&#233;e. Une centaine de participants se sont install&#233;s dans une pi&#232;ce en L trop &#233;troite. Malgr&#233; l'exig&#252;it&#233;, la r&#233;union se d&#233;roule sans accroc, entre &#233;motion, appui mutuel (&lt;i&gt;apoyo mutuo&lt;/i&gt;)&lt;a href=&#034;#nb6&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par (&#8230;)&#034; id=&#034;nh6&#034;&gt;6&lt;/a&gt;, projets et r&#233;solutions. Une m&#232;re de famille colombienne remercie les pr&#233;sents : &#171; &lt;i&gt;Gr&#226;ce &#224; vous, gr&#226;ce &#224; nous, mes enfants et moi avons un toit aujourd'hui.&lt;/i&gt; &#187; Elle a du mal &#224; retenir ses larmes et les gens l'applaudissent &#224; tout rompre. &#171; &lt;i&gt;&#161; S&#237; se puede ! &#161; S&#237; se puede !&lt;/i&gt; &#187;, scande-t-on en ch&#339;ur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une nouvelle venue expose son cas, et quelqu'un lui r&#233;pond sur la base de sa propre exp&#233;rience : &#171; &lt;i&gt;Tu dois d'abord aller voir ton banquier pour qu'il mette un coup de tampon sur ce formulaire qui confirme que tu n&#233;gocies l'&#233;chelonnement du paiement de ta dette. &#199;a te prot&#232;gera d'une expulsion imm&#233;diate. S'il le faut, je t'accompagnerai pour une deuxi&#232;me visite, il n'a pas le droit de refuser. Et s'il fait encore la forte t&#234;te, on lui dira que la prochaine fois, on reviendra &#224; dix, puis &#224; vingt.&lt;/i&gt; &#187; Au bout de cinq ans d'actions directes, de harc&#232;lement verbal et de communiqu&#233;s-chocs, les banquiers savent que la PAH ne plaisante pas. Sa capacit&#233; de mobilisation est telle qu'en moins de deux, elle peut organiser un pique-nique sauvage pour bloquer une agence ou transformer leur si&#232;ge en guinguette avec bal populaire ! &#171; &lt;i&gt;Il faut que tu sois patiente. Moi &#231;a a pris un an avant qu'on me trouve o&#249; dormir. Mais n'oublie pas : jamais une banque ne nous a intimid&#233;s ! Elle va c&#233;der, elles c&#232;dent toujours face &#224; nous&lt;/i&gt; &#187;, insiste une m&#232;re de famille africaine relog&#233;e. Voil&#224; la nouvelle venue bien arm&#233;e pour entamer la p&#233;nible ascension des d&#233;m&#234;l&#233;s administratifs post-expulsion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'assembl&#233;e fait preuve d'une capacit&#233; d'accueil et d'&#233;coute exemplaire, tout en restant ferme sur le d&#233;roul&#233; des d&#233;bats. La mod&#233;ratrice de s&#233;ance n'h&#233;site pas &#224; couper la parole &#224; celui qui s'&#233;gare : &#171; &lt;i&gt;Paco, tu as d&#233;j&#224; racont&#233; ton histoire la derni&#232;re fois, garde ta salive pour le travail en commission !&lt;/i&gt; &#187; L'assistance, attentive, est h&#233;t&#233;roclite : prolos espagnols, femmes de m&#233;nage sud-am&#233;ricaines, Antillaises, Maghr&#233;bins, une vieille dame permanent&#233;e, quelques Subsahariens, un ou deux avocats sp&#233;cialis&#233;s en droit du logement, une poign&#233;e d'activistes &#224; dreadlocks, des enfants courant entre les jambes des adultes&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et une jeune Scandinave, Lotta, tomb&#233;e amoureuse du pays lors du mouvement d'occupation des places du 15-M, alors qu'elle &#233;tait &#233;tudiante Erasmus. Depuis, elle vit ici et conna&#238;t les m&#234;mes difficult&#233;s que beaucoup. Dans l'impossibilit&#233; de payer sa part de loyer dans une coloc' sans bail l&#233;gal, elle a rejoint la PAH et occupe un immeuble avec quatre familles. Juste avant l'AG, sur le toit-terrasse, Lotta &#233;tait pendue &#224; son portable, d'o&#249; elle venait d'envoyer un communiqu&#233; de presse annon&#231;ant la victoire de onze familles relog&#233;es. &#171; &lt;i&gt; Nous avons n&#233;goci&#233; des loyers calcul&#233;s par rapport aux revenus de chaque foyer, ne pouvant pas d&#233;passer 10% de ces revenus s'ils se situent en dessous du salaire minimum. Mais comme avec la loi de 2013 les baux sont de trois ans, les gens restent membres de la PAH en pr&#233;vision de possibles augmentations &#224; la fin du bail. &#192; terme, comme ces situations risquent de se g&#233;n&#233;raliser, nous allons finir par devenir un syndicat de locataires des banques !&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s s'&#234;tre congratul&#233;e pour le relogement des onze familles, l'assembl&#233;e se divise en quatre commissions : la premi&#232;re n'est pas ouverte, car elle pr&#233;pare en secret l'occupation d'un nouvel immeuble pr&#233;vue pour le mardi suivant ; la seconde, baptis&#233;e ironiquement &lt;i&gt;Obras sociales&lt;/i&gt; (en souvenir des &#339;uvres sociales et des patronages culturels des caisses d'&#233;pargne&#8230;), s'occupe des n&#233;gociations avec les banques autour des immeubles d&#233;j&#224; occup&#233;s ; la troisi&#232;me, &#171; &lt;i&gt;hipoteca&lt;/i&gt; &#187;, aborde aujourd'hui l'&#233;pineux sujet de la relation avec la nouvelle mairie et son tout nouveau &#171; Bureau de m&#233;diation hypoth&#233;caire &#187; ; la derni&#232;re commission s'occupe des multiples d&#233;m&#234;l&#233;s avec Bankia.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1619 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;20&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L500xH374/1579-naufragios-miguel-brieva-58740.jpg?1768721446' width='500' height='374' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;Par Miguel Brieva.
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;La fonction sociale du logement&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bankia est n&#233;e en 2010 de la fusion de sept caisses d'&#233;pargne, avec une participation de l'&#201;tat &#224; hauteur de 45%. Son pr&#233;sident, Rodrigo Rato, ancien ministre de l'&#201;conomie du gouvernement Aznar et directeur g&#233;n&#233;ral du FMI de 2004 &#224; 2007, l'a fait entrer en bourse en 2012, obligeant peu apr&#232;s l'&#201;tat &#224; y injecter 24 milliards pour &#233;viter la faillite. Rato est actuellement poursuivi pour blanchiment de capitaux, fraude fiscale, escroquerie, faux et usage de faux, ainsi que pour avoir &#171; consenti, favoris&#233; et accept&#233; &#187; l'usage de cartes de cr&#233;dit de complaisance &#8211; appel&#233;es &#171; &lt;i&gt;tarjetas black&lt;/i&gt; &#187; &#8211; g&#233;n&#233;reusement distribu&#233;es aux dirigeants de Bankia et &#224; des hommes politiques. &#192; Vallecas, nombreuses sont les familles expuls&#233;es par cette mafia.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;R&#233;unie dans le bar du centre social, la commission Bankia se penche sur des histoires personnelles, au cas par cas, et cherche &#224; trouver des solutions pratiques &#224; des probl&#232;mes souvent dramatiques. Une Dominicaine et son fils adolescent expliquent que leur logement, achet&#233; &#224; cr&#233;dit, tombe en ruine. &#171; &lt;i&gt;Regardez cette photo, le plafond est fissur&#233; de part en part, on a d&#251; poser six &#233;tais autour de la table du salon ! Comme le sinistre est d'origine structurelle et affecte tout l'immeuble, la copropri&#233;t&#233; va engager un gros chantier, mais vu que j'ai d&#233;j&#224; du mal &#224; payer mon cr&#233;dit, je vais me retrouver dans une situation impossible. Et mon garant, c'est ma patronne, une vieille dame invalide dont je m'occupe. Je ne peux pas la trahir !&lt;/i&gt; &#187; Comme &#224; chaque intervention, les pr&#233;sents &#233;tudient le dossier en commun et partagent leurs exp&#233;riences. Certaines se proposent &#224; l'accompagnement dans les d&#233;marches administratives. Une autre femme, sud-am&#233;ricaine, raconte que son mari, avec qui elle avait contract&#233; le cr&#233;dit de sa maison, a disparu. Un avocat lui explique qu'elle devra tout tenter pour le recontacter, car aucune n&#233;gociation avec la banque ne pourra se faire sans lui.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Apr&#232;s la r&#233;union, on boit des bi&#232;res et on fume sur le trottoir. Ismael, jeune du quartier mari&#233; &#224; une Colombienne avec qui il a un gar&#231;onnet, fait partie du groupe communication, avec Lotta. Il est vigile au Corte Ingl&#233;s, supermarch&#233; haut de gamme, et avoue ne pas faire trop de z&#232;le quand il voit des clients escamoter de quoi manger dans les rayons. &#171; &lt;i&gt; On fait partie des onze familles relog&#233;es, mais on ne va pas s'arr&#234;ter l&#224; : &#8220;Aujourd'hui pour moi, demain pour toi&#8221;, voil&#224; ce que veut dire l'appui mutuel. La PAH-Vallecas, c'est devenu une grande famille. Quand on organise des f&#234;tes, les Bukaneros, un gros club de supporters antifascistes, viennent nous soutenir. Ce quartier a une longue histoire de luttes ouvri&#232;res, de campements gitans, de comit&#233;s de quartier&#8230;&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et la relation avec la nouvelle mairie ? Moue dubitative. &#171; &lt;i&gt;Des amis qui sont &#224; l'int&#233;rieur nous disent que nous ne sommes pas en odeur de saintet&#233; aupr&#232;s des plus ti&#232;des du conseil municipal. Selon eux, nous agissons en marge de la l&#233;galit&#233;, et ils pr&#233;f&#232;rent nous laisser nous d&#233;merder avec les banques&#8230; D'ailleurs, jusqu'ici, Manuela Carmena s'est r&#233;unie avec les banquiers, mais pas avec nous. Elle a d&#233;clar&#233; Madrid &#8220;ville anti-expulsions&#8221;, or les expulsions locatives continuent bel et bien.&lt;/i&gt; &#187; Ismael tire sur sa cigarette, le regard fix&#233; sur un point invisible, au-del&#224; de cette ruelle bord&#233;e de maisons d&#233;caties. &#171; &lt;i&gt;On verra, on jugera sur pi&#232;ce.&lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Lotta ne dit pas autre chose : &#171; &lt;i&gt;La promesse d'Ahora Madrid&lt;/i&gt;&lt;a href=&#034;#nb7&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, (&#8230;)&#034; id=&#034;nh7&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;i&gt;d'exproprier les logements aux mains des banques avait fait na&#238;tre un grand espoir. Maintenant, ils disent que ce n'est pas de leur comp&#233;tence. Leurs mesures nous paraissent insuffisantes. Le bureau de m&#233;diation n&#233;gocie un &#233;chelonnement de la dette, quand nous nous battons pour sa suppression. Et puis les expulsions pour hypoth&#232;que ne constituent que 15% du total des expulsions. L'id&#233;e n'est pas de se battre pour le droit &#224; la propri&#233;t&#233; de la classe moyenne, mais pour un droit universel au logement.&lt;/i&gt; &#187; En fin de soir&#233;e, Ismael et sa compagne nous raccompagnent en voiture au m&#233;tro, pour que la lourde porte automatique d'acc&#232;s aux quais ne se ferme pas sur notre nez.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Association de familles ruin&#233;es et expuls&#233;es de leur logement par les banques. Elle s'est &#233;largie aux locataires et squatteurs expuls&#233;s. Pr&#233;sente dans plus de 240 quartiers.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb2&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;2&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;A partir du 15 mai 2011 et pendant plusieurs semaines, des milliers de personnes sans drapeau ni parti occupent les places au cri de &#171; &lt;i&gt;Ils ne nous repr&#233;sentent pas !&lt;/i&gt; &#187; et &#171; &lt;i&gt;D&#233;mocratie r&#233;elle maintenant ! &lt;/i&gt; &#187;, exprimant une d&#233;fiance radicale vis-&#224;-vis de la classe politique. Le mouvement, au d&#233;part fragile, a &#233;t&#233; fondateur pour l'engagement politique de toute une jeunesse espagnole touch&#233;e par un fort taux de ch&#244;mage (18% en 1996, 8% en 2006, 22% en 2015).&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb3&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh3&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 3&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;3&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;La Commission europ&#233;enne pr&#233;conise le d&#233;dommagement des victimes de ces clauses abusives, ce qui supposerait le paiement de 20 milliards d'euros par les banques, soit 1,5% du PIB espagnol (eldiario.es, 28 octobre 2015). la PAH pose la question : combien de milliers d'expulsions &#233;taient donc ill&#233;gales ?&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb4&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh4&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 4&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;4&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;B&#233;tonnage fr&#233;n&#233;tique du territoire (aujourd'hui, 3 millions d'appartements vides) dop&#233; par les banques et le blanchiment d'argent. Entre 1996 et 2007, le taux de propri&#233;taires dans le pays passait &#224; 80%. Des centaines de milliers de familles seront ruin&#233;es par l'explosion de la bulle. Entre 2007 et 2008, les constructions chutent de 25%, 2 millions de personnes se retrouvent au ch&#244;mage du jour au lendemain. Ne pouvant plus payer leur cr&#233;dit ou leur loyer, 600 000 familles ont &#233;t&#233; depuis expuls&#233;es de leur logement.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb5&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh5&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 5&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;5&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Droite de gouvernement, antisociale et corrompue.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb6&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh6&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 6&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;6&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Reprise d'un principe d'organisation du XIXe si&#232;cle popularis&#233; par Kropotkine dans &lt;i&gt;La morale anarchiste&lt;/i&gt;. Ce principe d'action se r&#233;pand aujourd'hui comme une tra&#238;n&#233;e de poudre dans les mouvements et centres sociaux.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;div id=&#034;nb7&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh7&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 7&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;7&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Liste de convergence, avec &#224; sa t&#234;te la juge &#171; rouge &#187; Manuela Carmena, ayant remport&#233; la mairie de Madrid en mai 2015.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
<item xml:lang="fr">
		<title>&#201;dito du 102</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Edito-du-102</link>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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		<dc:subject>phases</dc:subject>
		<dc:subject>&#201;chos</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;On ne le dit pas assez. On n'ose en parler tant est rude, violente et atroce la situation des banques. La souffrance r&#244;de. Apr&#232;s les subpra&#239;mes, la d&#233;pra&#239;me. Brice Welti, auteur du livre Ne tirez pas sur les banquiers, explique que la banque souffre en France d'une mauvaise image et que l'incompr&#233;hension de ses m&#233;canismes ne favorise pas l'indulgence &#224; son &#233;gard&#8230; Mouchoir. Dans Les &#201;chos du 22 juin, Philippe Ferreira, strat&#233;giste &#224; la SocGen, confie, la gorge nou&#233;e : &#171; La d&#233;prime (&#8230;)&lt;/p&gt;


-
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no102-juillet-aout-2012" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;102 (juillet-ao&#251;t 2012)&lt;/a&gt;

/ 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Edito" rel="tag"&gt;&#201;dito&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/banques" rel="tag"&gt;banques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/societe" rel="tag"&gt;soci&#233;t&#233;&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/dit" rel="tag"&gt;dit&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Wall-Street" rel="tag"&gt;Wall Street&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/generale" rel="tag"&gt;g&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Societe-Generale" rel="tag"&gt;Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Philippe-Ferreira" rel="tag"&gt;Philippe Ferreira&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Credit-Agricole" rel="tag"&gt;Cr&#233;dit Agricole&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/phases" rel="tag"&gt;phases&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Echos" rel="tag"&gt;&#201;chos&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;On ne le dit pas assez. On n'ose en parler tant est rude, violente et atroce la situation des banques.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La souffrance r&#244;de. Apr&#232;s les subpra&#239;mes, la d&#233;pra&#239;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Brice Welti, auteur du livre &lt;i&gt;Ne tirez pas sur les banquiers&lt;/i&gt;, explique que la banque souffre en France d'une mauvaise image et que l'incompr&#233;hension de ses m&#233;canismes ne favorise pas l'indulgence &#224; son &#233;gard&#8230; Mouchoir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt; du 22 juin, Philippe Ferreira, strat&#233;giste &#224; la SocGen, confie, la gorge nou&#233;e : &lt;i&gt;&#171; La d&#233;prime s'est install&#233;e, entrecoup&#233;e de phases de r&#233;mission. &#187;&lt;/i&gt; Le 27 juin, c'est dans &lt;i&gt;Le Figaro&lt;/i&gt; que la commissaire aux comptes Sonia Bonnet-Bernard sanglote : &#171; &lt;i&gt; Les banques souffrent beaucoup, comme le montre l'effondrement du Cr&#233;dit Agricole (moins 88,6 %) ou de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale (moins 86,6 %). &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; rapporte, le 8 juillet, plein d'&#233;motion, que &lt;i&gt;&#171; depuis deux mois d&#233;j&#224;, Wall Street tourne en rond, alternant phases d'apaisement et phases de d&#233;prime &#187;&lt;/i&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Dans &lt;i&gt;Les &#201;chos&lt;/i&gt;, encore, le 10 juillet, une experte de la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale souffle, entre deux sanglots : &lt;i&gt;&#171; Les espoirs sur des rem&#232;des efficaces s'amenuisent, ce qui entra&#238;ne une nouvelle aversion des investisseurs pour l'ensemble des actifs risqu&#233;s. &#187;&lt;/i&gt; Silence. Moment d'&#233;motion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#201;poque tragique o&#249; de la morale il ne reste que des ruines, o&#249; la compassion est rel&#233;gu&#233;e dans les mus&#233;es, sans m&#234;me avoir une pens&#233;e, en ces p&#233;riodes estivales, pour tous ces banquiers qui ne vont pas pouvoir partir en vacances. Il para&#238;t m&#234;me que, ignominieusement, quelques voix (rares, mais de moins en moins) s'&#233;l&#232;veraient pour dire : &lt;i&gt;&#171; Les banques sont malades, qu'elles cr&#232;vent ! &#187;&lt;/i&gt; Quoique, en voil&#224; une id&#233;e qu'elle est bonne !&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>Les communes en d&#233;sintox</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Les-communes-en-desintox</link>
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		<dc:date>2011-11-30T06:23:00Z</dc:date>
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		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>Jiho</dc:subject>
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&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on d&#233;p&#232;ce Dexia, banque sp&#233;cialis&#233;e dans &#171; l'aide &#187; financi&#232;re aux collectivit&#233;s territoriales, ces derni&#232;res montent &#224; l'assaut de leurs emprunts toxiques aux taux d'int&#233;r&#234;t exorbitants. Leur alli&#233; ? L'association Un autre monde est possible. C'est la guerre ! D'un c&#244;t&#233;, &#224; grands coups d'emprunts toxiques, les grandes banques se livrent &#224; des tirs d'artillerie sur les mairies, communaut&#233;s de communes, conseils g&#233;n&#233;raux et r&#233;gionaux, syndicats intercommunaux &#224; qui elles ont (&#8230;)&lt;/p&gt;


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		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;&#192; l'heure o&#249; l'on d&#233;p&#232;ce Dexia, banque sp&#233;cialis&#233;e dans &#171; l'aide &#187; financi&#232;re aux collectivit&#233;s territoriales, ces derni&#232;res montent &#224; l'assaut de leurs emprunts toxiques aux taux d'int&#233;r&#234;t exorbitants. Leur alli&#233; ? L'association Un autre monde est possible.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_211 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH360/93_jiho_emprunts_toxiques-4853f.png?1768658537' width='400' height='360' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par Jiho
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;C'est la guerre !&lt;/strong&gt; D'un c&#244;t&#233;, &#224; grands coups d'emprunts toxiques, les grandes banques se livrent &#224; des tirs d'artillerie sur les mairies, communaut&#233;s de communes, conseils g&#233;n&#233;raux et r&#233;gionaux, syndicats intercommunaux &#224; qui elles ont pr&#234;t&#233; de l'argent sans annoncer clairement les variations extravagantes des taux d'int&#233;r&#234;t. En face, dans les tranch&#233;es, sous la direction de l'association Un autre monde est possible, une troupe d'experts financiers et d'avocats pr&#233;pare la contre-offensive. Depuis un an, cette association install&#233;e dans l'Essonne fourbit ses armes et passe &#224; l'attaque quand ses comp&#233;tences sont requises. Un ex-conseiller financier, autrefois concepteur de produits bancaires et aujourd'hui farouche militant de la nationalisation des banques, fait office de chef d'&#233;tat-major. Depuis quatorze ans, et avec succ&#232;s, Laurent Rispoli v&#233;rifie et d&#233;monte les contrats et les engagements abusifs avec lesquels les &#233;tablissements de cr&#233;dit ferrent leurs cr&#233;anciers. Le boulot de son cabinet d'experts : d&#233;tricoter les tripatouillages contractuels et les labyrinthes s&#233;mantiques minutieusement concoct&#233;s par tous ces orf&#232;vres en circonvolutions bancaires. L'objectif ? Que les collectivit&#233;s se d&#233;barrassent de leurs emprunts &#224; risque.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;i&gt;&#171; Une des premi&#232;res actions de Un autre monde est possible, cr&#233;&#233;e en 2008, a &#233;t&#233; de mettre en place une coop&#233;rative d'achat solidaire, consacr&#233;e &#224; la redistribution et la r&#233;cup&#233;ration de biens alimentaires, par et pour les militants qui sont dans le besoin&lt;/i&gt;, dit Guy, l'un des responsables. &lt;i&gt;En 2010, notre rencontre avec le cabinet d'experts de Laurent Rispoli nous a ouvert de nouvelles opportunit&#233;s. Puisque, depuis tant d'ann&#233;es, ils r&#233;ussissent &#224; faire &#233;conomiser de l'argent &#224; des emprunteurs abus&#233;s, peut-&#234;tre &#233;tait-il possible qu'une telle activit&#233; favorise le d&#233;veloppement d'activit&#233;s associatives. Nous sommes alors devenus l'interface entre les victimes des banques et les banques elles-m&#234;mes. &#187; &lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Sollicit&#233;s par des collectivit&#233;s locales gravement emp&#234;tr&#233;es dans le jeu inextricable des cr&#233;dits contract&#233;s aupr&#232;s de banques telles que Dexia, la Soci&#233;t&#233; G&#233;n&#233;rale, BNP, le Cr&#233;dit Agricole ou encore le Cr&#233;dit Coop&#233;ratif&lt;a href=&#034;#nb2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; rel=&#034;appendix&#034; title=&#034;Organisme bancaire sp&#233;cialis&#233; dans l'accompagnement des structures de (&#8230;)&#034; id=&#034;nh2-1&#034;&gt;1&lt;/a&gt;, ces experts proposent gratuitement un diagnostic sur l'&#233;tat g&#233;n&#233;ral de leur dette, puis exposent diverses pistes pour s'en sortir. Si les collectivit&#233;s locales souhaitent poursuivre l'analyse, elles d&#233;livrent tous les contrats, historiques et actes de ren&#233;gociations&#8230; &lt;i&gt;&#171; Cet audit approfondi fait remonter &#224; la surface tous les tripatouillages, continue le militant de l'association, le caract&#232;re l&#233;onin des contrats appara&#238;t en pleine lumi&#232;re. &#187;&lt;/i&gt; Une fois le caract&#232;re vicieux des pr&#234;ts toxiques d&#233;montr&#233; de fa&#231;on irr&#233;futable, les experts tentent de n&#233;gocier avec les banques. Deux possibilit&#233;s s'offrent alors &#224; ces derni&#232;res : elles peuvent s'ent&#234;ter et affirmer que le d&#233;biteur doit respecter son engagement, ou elles admettent leur &#171; d&#233;faite &#187; et, afin de ne pas faire de vague, reviennent &#224; un taux d'escompte correspondant au cours du march&#233;. &lt;i&gt;&#171; Si les collectivit&#233;s endett&#233;es partent bille en t&#234;te et les mains vides contre les banques, soit dans des d&#233;p&#244;ts de plaintes, soit dans des tentatives pr&#233;matur&#233;es de n&#233;gociation, elles vont forc&#233;ment dans le mur. En face, l'ennemi est pr&#234;t &#224; riposter. Les proc&#233;dures sont longues, et c'est autant de temps pendant lequel il faudra continuer de payer. Cela exige donc un travail d'une tr&#232;s grande pr&#233;cision. &#187;&lt;/i&gt; Sur les bons conseils de cette association, la commune de Rosny-sur-Seine (Yvelines) a d&#233;pos&#233; une plainte au p&#233;nal contre Dexia, la communaut&#233; de communes des Grands Lacs (Landes) poursuit la Caisse d'&#201;pargne et Dexia devant une juridiction civile, et d'autres devraient suivre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Une fois les emprunts &#224; risques &#233;cart&#233;s et la dette &#233;pur&#233;e, l'association propose &#224; la collectivit&#233; de d&#233;finir pr&#233;cis&#233;ment ses besoins r&#233;els, puis con&#231;oit un nouvel emprunt adapt&#233;. Elle se charge alors de lancer un appel d'offres aupr&#232;s de l'ensemble des banques selon les desiderata de l'emprunteur, et non ceux du banquier. &lt;i&gt;&#171; Une fois la ma&#238;trise des finances locales r&#233;tablie, la collectivit&#233; r&#233;mun&#232;re les experts au prorata des sommes non d&#233;pens&#233;es suite &#224; la ren&#233;gociation de la dette. Ils reversent &#224; leur tour un pourcentage &#224; notre association. &#187;&lt;/i&gt; Car cette derni&#232;re, en ces temps de r&#233;ductions des subventions, d&#233;borde de projets : renforcer la coop&#233;rative de r&#233;cup&#233;ration et de distribution alimentaire, payer quelques permanents, acheter un terrain agricole, monter un hameau o&#249; l'on pourrait vivre d'une mani&#232;re autonome. Une fa&#231;on de remettre les choses &#224; l'endroit, pour le bien du plus grand nombre.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;hr /&gt;
		&lt;div class='rss_notes'&gt;&lt;div id=&#034;nb2-1&#034;&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;spip_note_ref&#034;&gt;&lt;a href=&#034;#nh2-1&#034; class=&#034;spip_note&#034; title=&#034;Notes 2-1&#034; rev=&#034;appendix&#034;&gt;1&lt;/a&gt; &lt;/span&gt;Organisme bancaire sp&#233;cialis&#233; dans l'accompagnement des structures de l'&#233;conomie sociale et solidaire, et des particuliers qui en sont proches.&lt;/p&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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		<title>&#201;dito du 93</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Edito-du-93</link>
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		<dc:creator>L'&#233;quipe de CQFD</dc:creator>


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&lt;p&gt;Face &#224; l'effondrement acc&#233;l&#233;r&#233; de la finance &#8211; les banques europ&#233;ennes, dont les fran&#231;aises, ont perdu pr&#232;s de la moiti&#233; de leur valeur depuis la mi-ao&#251;t &#8211;, les autorit&#233;s nous concoctent une solution &#224; l'originalit&#233; stup&#233;fiante. Laquelle ? Cesser de distribuer les dividendes aux actionnaires ? Nationaliser les banques pour les tenir &#224; distance de toutes vell&#233;it&#233;s sp&#233;culatives ? Rat&#233;. La recette s'appelle re-ca-pi-ta-li-sa-tion : que les &#201;tats, d&#233;j&#224; exsangues, donnent des thunes pour que (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/l-effondrement-accelere" rel="tag"&gt;l'effondrement acc&#233;l&#233;r&#233;&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/mi-aout" rel="tag"&gt;mi-ao&#251;t&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/stupefiante" rel="tag"&gt;stup&#233;fiante&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Face &#224; l'effondrement acc&#233;l&#233;r&#233; de la finance &#8211; les banques europ&#233;ennes, dont les fran&#231;aises, ont perdu pr&#232;s de la moiti&#233; de leur valeur depuis la mi-ao&#251;t &#8211;, les autorit&#233;s nous concoctent une solution &#224; l'originalit&#233; stup&#233;fiante. Laquelle ? Cesser de distribuer les dividendes aux actionnaires ? Nationaliser les banques pour les tenir &#224; distance de toutes vell&#233;it&#233;s sp&#233;culatives ? Rat&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La recette s'appelle re-ca-pi-ta-li-sa-tion : que les &#201;tats, d&#233;j&#224; exsangues, donnent des thunes pour que les banques puissent tenir. Reste la question centrale : o&#249; vont-ils trouver l'argent ? En plus de racketter, comme d'habitude, le citoyen lambda, est dor&#233;navant envisag&#233; d'envoyer les profiteurs du RSA faire les sorties d'&#233;coles, de maisons de retraite ou de parcs publics. Imagin&#233; par Laurent Wauquiez sous la forme d'un service social obligatoire puis gliss&#233; par Jean-Fran&#231;ois Cop&#233;, ce nouveau contrat d'utilit&#233; sociale, r&#233;mun&#233;r&#233;, de cinq &#224; dix heures par semaine, s'imposerait aux deux tiers des b&#233;n&#233;ficiaires non class&#233;s en cat&#233;gorie cas sociaux lourds. Son refus entra&#238;nant une sanction financi&#232;re, il devrait assurer aux collectivit&#233;s de substantielles &#233;conomies sur le dos de toutes ces feignasses d'assist&#233;s. Comme quoi, si cette expression &#8211; &#171; utilit&#233; sociale &#187; &#8211; hante encore l'esprit des gouvernants, c'est toujours contre nous qu'elle est employ&#233;e.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>La r&#233;volution de gla&#231;on</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/La-revolution-de-glacon</link>
		<guid isPermaLink="true">https://www.cqfd-journal.org/La-revolution-de-glacon</guid>
		<dc:date>2011-05-05T05:28:00Z</dc:date>
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		<dc:creator>Gilles Lucas</dc:creator>


		<dc:subject>R&#233;mi</dc:subject>
		<dc:subject>d'une</dc:subject>
		<dc:subject>banques</dc:subject>
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		<dc:subject>boom &#233;conomique</dc:subject>
		<dc:subject>d'autres pays</dc:subject>
		<dc:subject>&#233;conomique islandais</dc:subject>
		<dc:subject>islandais reposait</dc:subject>
		<dc:subject>islandais</dc:subject>

		<description>
&lt;p&gt;Lamin&#233;e par la crise financi&#232;re de 2008, l'Islande a vir&#233; son gouvernement, refus&#233; par r&#233;f&#233;rendum de passer &#224; la caisse, et nationalis&#233; ses banques. Le pays se doterait en sus d'une Assembl&#233;e constituante. La r&#233;volution, quoi ! Mais les insurg&#233;s voudraient bien garder leurs 4x4. Le boom &#233;conomique islandais reposait sur des tas de monnaie pourrie, comme dans beaucoup d'autres pays occidentaux. Il a permis &#224; l'&#238;le d'arriver au deuxi&#232;me rang des pays les plus d&#233;velopp&#233;s apr&#232;s la Norv&#232;ge, (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no87-mars-2011" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;87 (mars 2011)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Remi" rel="tag"&gt;R&#233;mi&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-une" rel="tag"&gt;d'une&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/banques" rel="tag"&gt;banques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pays-904" rel="tag"&gt;pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/pays-occidentaux" rel="tag"&gt;pays occidentaux&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/monnaie-pourrie" rel="tag"&gt;monnaie pourrie&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/boom-economique" rel="tag"&gt;boom &#233;conomique&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-autres-pays" rel="tag"&gt;d'autres pays&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/economique-islandais" rel="tag"&gt;&#233;conomique islandais&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/islandais-reposait" rel="tag"&gt;islandais reposait&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/islandais" rel="tag"&gt;islandais&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lamin&#233;e par la crise financi&#232;re de 2008, l'Islande a vir&#233; son gouvernement, refus&#233; par r&#233;f&#233;rendum de passer &#224; la caisse, et nationalis&#233; ses banques. Le pays se doterait en sus d'une Assembl&#233;e constituante. La r&#233;volution, quoi ! Mais les insurg&#233;s voudraient bien garder leurs 4x4.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;div class='spip_document_104 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_right spip_document_right spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;10&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://www.cqfd-journal.org/local/cache-vignettes/L400xH570/remi87-3de95.png?1768658854' width='400' height='570' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;par R&#233;mi
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Le boom &#233;conomique&lt;/strong&gt; islandais reposait sur des tas de monnaie pourrie, comme dans beaucoup d'autres pays occidentaux. Il a permis &#224; l'&#238;le d'arriver au deuxi&#232;me rang des pays les plus d&#233;velopp&#233;s apr&#232;s la Norv&#232;ge, selon l'indice de d&#233;veloppement humain (IDH) de 2006. Des hommes d'affaires islandais commencent, dans les ann&#233;es 2000, &#224; prendre du galon dans le monde du business international, achetant et vendant des entreprises en Europe et aux &#201;tats-Unis avec l'aide de leurs propres banques &#8211; ils en sont devenus propri&#233;taires lors de privatisations en 2002. La mondialisation et les contrats commerciaux au sein de l'Europe leur profitent au point que les sommes brass&#233;es par ces banques &lt;i&gt;&#171; d&#233;passaient l'&#233;conomie g&#233;n&#233;rale de l'Islande &#187;&lt;/i&gt;, remarque Kjartan Jonsson, directeur d'une association multiculturelle de Reykjavik. En 2008, la banqueroute de trois grosses banques islandaises met sur la paille 340 000 &#233;pargnants britanniques et n&#233;erlandais, opportun&#233;ment indemnis&#233;s par leurs gouvernements respectifs. Lesquels r&#233;clament alors &#224; Reykjavik le remboursement de 3,9 milliards d'euros, avec 5 % d'int&#233;r&#234;ts&#8230; On y reviendra. Dans le m&#234;me temps, la situation des Islandais eux-m&#234;mes s'effondre avec l'augmentation g&#233;n&#233;rale des cr&#233;dits et du co&#251;t de la vie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;D&#233;but 2009&lt;/strong&gt;, des manifestants s'affrontent &#224; la police &#8211; pour la premi&#232;re fois dans l'histoire du pays &#8211; et demandent la d&#233;mission du gouvernement qui se soumet d&#232;s la fin du mois de janvier. Le nouveau gouvernement organise alors un r&#233;f&#233;rendum sur le paiement de la fameuse dette et, surprise, 93 % des &#233;lecteurs affirment leur refus des conditions exig&#233;es par Londres et La Haye, conditions appuy&#233;es par le FMI.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;De plus, le Premier ministre poursuit le projet, pr&#233;sent&#233; lors de la campagne &#233;lectorale, de d&#233;finir une nouvelle constitution afin de se d&#233;barrasser de celle h&#233;rit&#233;e de la colonisation danoise. Vingt-cinq citoyens seront charg&#233;s de r&#233;diger un nouveau texte. Parmi les mille noms choisis au hasard, cinq cent vingt-deux d'entre eux acceptent de se pr&#233;senter &#224; l'&#233;lection devant d&#233;signer les membres de l'Assembl&#233;e constituante. Condition d'&#233;ligibilit&#233; : le candidat doit avoir plus de dix-huit ans et pr&#233;senter vingt soutiens &#224; sa candidature. Le 25 novembre, seuls 36 % des &#233;lecteurs se rendent aux urnes et d&#233;signent vingt-cinq constituants en charge de r&#233;diger un texte autour de ces trois suggestions majeures que sont la s&#233;paration de l'&#201;glise et de l'&#201;tat, ainsi que celle des pouvoirs ex&#233;cutif et l&#233;gislatif, et la nationalisation des ressources naturelles. Mais, patatras, d&#233;but f&#233;vrier 2011, la Cour supr&#234;me, compos&#233;e de juges nomm&#233;s par le gouvernement pr&#233;c&#233;dent, invalide l'&#233;lection des constituants. Et, pour couronner le tout, le 25 f&#233;vrier, le Pr&#233;sident de la r&#233;publique met son veto au r&#233;-&#233;talement de la dette n&#233;goci&#233; avec Londres et La Haye depuis le non du 25 novembre. Et impose un nouveau r&#233;f&#233;rendum qui devrait avoir lieu le 9 avril&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;&#192; voir cet encha&#238;nement&lt;/strong&gt; de situations in&#233;dites en Europe, certains s'enthousiasment pour une r&#233;volution tranquille, l&#233;gale et quasi-acad&#233;mique. Sentiment s&#232;chement calm&#233; par le journaliste Pascal Rich&#233; qui affirme, sur le site de &lt;a href=&#034;http://www.rue89.com/2011/01/09/la-revolution-democratique-en-islande-tient-du-fantasme-184214&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;Rue89&lt;/a&gt; : &lt;i&gt;&#171; La population de cette &#238;le reste attach&#233;e &#224; l'&#233;conomie de march&#233; [&#8230;] et si l'&#233;conomie et la constitution sont boulevers&#233;es [&#8230;] ce n'est pas pour abandonner le syst&#232;me existant ; c'est pour le r&#233;g&#233;n&#233;rer. [&#8230;] L'Islande ne vit pas une alternative r&#233;ussie et harmonieuse au capitalisme, mais une suite de t&#226;tonnements confus, douloureux et r&#233;sign&#233;s&#8230; en restant dans les rails du FMI. &#187;&lt;/i&gt; Quant &#224; Kjartan J&#246;nsson, par ailleurs candidat malheureux &#224; la constituante, il parle am&#232;rement d'une tentative des Islandais &lt;i&gt;&#171; de r&#233;parer leur situation avec cette m&#234;me cupidit&#233; et ce m&#234;me aveuglement qui les ont justement mis dans l'embarras. &#187;&lt;/i&gt; Pourtant, une population qui descend dans la rue, d&#233;gage son gouvernement et rejette par r&#233;f&#233;rendum le paiement d'une dette bancaire t&#233;moigne d&#233;j&#224; d'une notable insolence. Quand, en plus, elle s'engage dans le projet d'une Assembl&#233;e constituante, compos&#233;e de citoyens anonymes parrain&#233;s par leurs voisins, amis ou connaissances, avec en vue la nationalisation des ressources nationales&#8230; Les autres &#201;tats europ&#233;ens n'ob&#233;issent-ils pas sans rechigner aux caprices des banques et du FMI ? Et les populations n'abandonnent-elles pas les changements constitutionnels au seul droit r&#233;galien ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Peut-&#234;tre que les Islandais&lt;/strong&gt;, aux aspirations r&#233;put&#233;es middle class et aux 4x4 rutilants, affirment des int&#233;r&#234;ts exclusivement singuliers. Mais l'exp&#233;rience islandaise confirme au moins le fait que la d&#233;mocratie directe ne peut s'appuyer sur des syst&#232;mes l&#233;gislatifs en place. En quelques mois, les vents auraient-ils pouss&#233; des poussi&#232;res autres que volcaniques pour fertiliser des territoires, au loin, vers&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Vers une internationale des mauvais payeurs ?</title>
		<link>https://www.cqfd-journal.org/Vers-une-internationale-des</link>
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		<dc:date>2009-05-20T12:05:00Z</dc:date>
		<dc:format>text/html</dc:format>
		<dc:language>fr</dc:language>
		<dc:creator>Nicolas Arraitz, Ra&#250;l Guill&#233;n</dc:creator>


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&lt;p&gt;Le 17 septembre 2008, 200 000 exemplaires d'un journal &#233;ph&#233;m&#232;re &#233;taient distribu&#233;s gratuitement dans toute la Catalogne. Le jeune activiste Enric Duran s'y vantait d'avoir escroqu&#233; pr&#232;s de 500 000 euros &#224; 39 organismes financiers en sollicitant une soixantaine de cr&#233;dits &#224; la consommation ou autres pr&#234;ts &#224; des entreprises fictives. Le journal, baptis&#233; Crisi, appelait &#224; l'insoumission bancaire et &#224; l'association de tous les mauvais payeurs, volontaires ou contraints. Revenu &#224; Barcelone apr&#232;s (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/CQFD-no66-avril-2009" rel="directory"&gt;CQFD n&#176;66 (avril 2009)&lt;/a&gt;

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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/banques" rel="tag"&gt;banques&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/crise" rel="tag"&gt;crise&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Catalogne" rel="tag"&gt;Catalogne&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Enric-Duran" rel="tag"&gt;Enric Duran&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Enric" rel="tag"&gt;Enric&lt;/a&gt;, 
&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/Crisi" rel="tag"&gt;Crisi&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/journal-ephemere" rel="tag"&gt;journal &#233;ph&#233;m&#232;re&lt;/a&gt;, 
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&lt;a href="https://www.cqfd-journal.org/d-un-Enric" rel="tag"&gt;d'un Enric&lt;/a&gt;

		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;Le 17 septembre 2008, 200 000 exemplaires d'un journal &#233;ph&#233;m&#232;re &#233;taient distribu&#233;s gratuitement dans toute la Catalogne. Le jeune activiste Enric Duran s'y vantait d'avoir escroqu&#233; pr&#232;s de 500 000 euros &#224; 39 organismes financiers en sollicitant une soixantaine de cr&#233;dits &#224; la consommation ou autres pr&#234;ts &#224; des entreprises fictives. Le journal, baptis&#233; &lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;, appelait &#224; l'insoumission bancaire et &#224; l'association de tous les mauvais payeurs, volontaires ou contraints. Revenu &#224; Barcelone apr&#232;s six mois d'&#171; exil pr&#233;ventif &#187;, Enric a &#233;t&#233; arr&#234;t&#233; sur un campus occup&#233;, &#224; l'issue d'une op&#233;ration polici&#232;re digne d'un raid antiterroriste, selon le syndrome Tarnac. &#192; l'heure o&#249; les crapules gouvernementales capitalisent l'immoralisme en renflouant les banquiers, une question hante le monde : comment &#233;chapper &#224; leurs griffes ? L'action d'Enric et du groupe Crisi a le m&#233;rite de mettre les doigts l&#224; o&#249; &#231;a fait mal : au coeur du syst&#232;me, dans la plaie ouverte de sa fiction mon&#233;taire. Le 17 mars, &lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt;, un nouveau journal gratuit, imprim&#233; sur papier couleur saumon comme les pages &#233;conomie des grands quotidiens, a &#233;t&#233; distribu&#233; &#224; 350 000 exemplaires un peu partout en Espagne. &lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt; interpelle les victimes de la basse finance, sp&#233;cialement ceux et celles d'entre nous &#224; qui les Thatcher, Blair, Zapatero et Sarkozy ont promis une vie de petits propri&#233;taires et qui se r&#233;veillent encha&#238;n&#233;s &#224; l'hypoth&#232;que, courant apr&#232;s une thune virtuelle, cumulant les boulots pour rembourser les int&#233;r&#234;ts et les agios et qui, aujourd'hui, sombrent les premiers dans les eaux troubles de la &#171; crise syst&#233;mique &#187;. &lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;-&lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt; invite &#224; rompre les rangs et, pragmatique, donne des pistes pour s'en sortir, fa&#231;on An 01 de la d&#233;croissance. Entre na&#239;vet&#233; un brin messianique et sens pratique non d&#233;nu&#233; d'humour, ce qui est propos&#233; ici, c'est de r&#233;inventer nos existences, collectivement. Et &#231;a, &#231;a nous int&#233;resse.&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Chronique d'un retour al&#233;atoire&lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&#199;a s'est pass&#233; tr&#232;s vite. Vingt agents en civil de la division d'investigation criminelle se sont jet&#233;s sur Enric Duran et l'ont entra&#238;n&#233; vers un fourgon stationn&#233; devant la fac occup&#233;e. Trois unit&#233;s de CRS locaux couvraient l'op&#233;ration. Le 16 mars, au cours d'une conf&#233;rence de presse, Enric avait d&#233;voil&#233; son retour &#224; Barcelone et annonc&#233; la distribution de Podem !, nouvelle publication gratuite incitant &#224; l'insoumission bancaire. Pour que la police puisse p&#233;n&#233;trer dans l'enceinte universitaire, une autorisation sp&#233;ciale avait &#233;t&#233; d&#233;livr&#233;e, par un autre juge que celui qui instruit le dossier&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Y a-t-il eu r&#233;sistance &#224; l'arrestation ? &lt;i&gt;&#171; Non &#187;&lt;/i&gt;, clarifie Paco, du collectif Crisi. &lt;i&gt;&#171; Apr&#232;s la conf&#233;rence, Enric pianotait tranquillement sur son ordi. C'&#233;tait une de ses activit&#233;s principales, r&#233;pondre aux gens qui s'adressent au site de Crisi et maintenir les nombreux contacts qu'il a dans le monde. &#187;&lt;/i&gt; Les flics l'ont interrompu alors qu'il allait se rendre au programme de t&#233;l&#233;vision locale Hora Q. Quelques heures plus tard, la fac occup&#233;e &#233;tait &#233;vacu&#233;e avec violence, ce qui eut le m&#233;rite d'accaparer les titres de la presse. &lt;i&gt;&#171; Vu l'absence de plaintes et afin de pouvoir rester actif dans les mobilisations sociales,je sortirai bient&#244;t de la clandestinit&#233; &#187;&lt;/i&gt;, avait &#233;crit Enric le 17 octobre dernier. &lt;i&gt;&#171; Alors que l'impact du 17-S&lt;/i&gt; [17 septembre, jour o&#249; fut distribu&#233; le premier num&#233;ro de &lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;] &lt;i&gt;me faisait penser que le soutien &#233;tait trop important pour qu'ils osent me jeter en prison, l'entr&#233;e en crise totale du syst&#232;me depuis la mi-septembre me pousse &#224; me d&#233;penser sans compter pour mettre &#224; profit la conjoncture historique. &#187;&lt;/i&gt; Mais le collectif Crisi avait visiblement sous-estim&#233; la capacit&#233; de censure molle des m&#233;dias ainsi que l'&#233;tonnante souplesse de la justice&#8230; &lt;i&gt;&#171; Ce n'est qu'apr&#232;s ce communiqu&#233; que la police catalane a affirm&#233; avoir enregistr&#233; un total de dix-huit plaintes d'organismes financiers &#187;&lt;/i&gt;, remarquait Enric dans une lettre ult&#233;rieure.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quelle est la situation l&#233;gale de notre Robin des banques ? Avant son d&#233;part pour l'&#233;tranger, il avait laiss&#233; un pouvoir &#224; son avocat afin de r&#233;pondre en son nom &#224; d'&#233;ventuelles convocations de la justice. Pendant ces six mois d'exil volontaire, diverses convocations au tribunal administratif lui ont &#233;t&#233; adress&#233;es, qu'il a choisi d'ignorer : sans possessions ni compte en banque, il n'avait pas grand-chose &#224; craindre. &lt;i&gt;&#171; Il n'y a pas,pour l'instant,de plainte au p&#233;nal &#187;&lt;/i&gt;, expliquait alors son avocat. D'ailleurs, si les autorit&#233;s savent qu'Enric a escroqu&#233; 39 banques, c'est bien parce qu'il s'en est vant&#233; publiquement. Sinon, il ne serait qu'un mauvais payeur de plus, un de ces obscurs endett&#233;s que les usuriers patent&#233;s grignotent jusqu'au trognon dans la plus grande discr&#233;tion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 17 mars, apr&#232;s une nuit au commissariat, Enric est pass&#233; devant le juge. Celui-ci a prononc&#233; sa mise en d&#233;tention pr&#233;ventive sans possibilit&#233; de caution. L'id&#233;e d'un Enric Duran se rendant au tribunal de son plein gr&#233; d&#233;plaisant fortement, on a pr&#233;f&#233;r&#233; le jeter aux oubliettes. Il peut y moisir deux ans dans l'attente d'un hypoth&#233;tique proc&#232;s. Son avocat a fait appel. Appel rejet&#233; pendant les vacances de P&#226;ques,sous pr&#233;texte que &lt;i&gt;&#171; le pr&#233;venu a probablement les moyens de s'enfuir &#187;&lt;/i&gt;. Enric a &#233;t&#233; transf&#233;r&#233; &#224; la prison de Can Brians,hors de Barcelone. Dans cette m&#234;me taule, un s&#233;nateur socialiste, condamn&#233; &#224; trois ans de prison en 1997 pour financement ill&#233;gal de son parti, n'a pass&#233; que vingt-cinq jours, avant d'&#234;tre lib&#233;r&#233;, puis graci&#233;. Aucun de ses douze co-accus&#233;s n'a fait ne serait ce qu'un jour de d&#233;tention pr&#233;ventive.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si l'action du 17 septembre n'avait pas m&#233;rit&#233; l'attention des m&#233;dias, l'arrestation d'Enric a eu les honneurs du JT de la deuxi&#232;me cha&#238;ne nationale : &lt;i&gt;&#171; Il a pay&#233; cher &#187;&lt;/i&gt;, assenait-elle avec satisfaction. Quant au quotidien &lt;i&gt;El Pa&#237;s&lt;/i&gt;, il d&#233;couvrait l'affaire et titrait, enfin rassur&#233; : &lt;i&gt;&#171; Il dort en prison. &#187;&lt;/i&gt; Mais cette action &#233;tant non violente et non nationaliste, les journalistes ont du mal &#224; la caser dans les grilles d'analyse habituelles de la vie politique espagnole. Le silence est vite retomb&#233;.
La f&#233;d&#233;ration d'associations de quartiers de Barcelone et l'observatoire des droits &#233;conomiques, sociaux et culturels ont demand&#233; la mise en libert&#233; d'Enric. Le 26 mars, 200 personnes se sont symboliquement foutues &#224; poil devant la Bourse de valeurs. Plus de 300 volontaires sont d&#233;j&#224; inscrits sur une liste de potentiels d&#233;serteurs bancaires. Affaire &#224; suivre&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;h3 class=&#034;spip&#034;&gt;Extraits tir&#233;s de &lt;i&gt;Podem !&lt;/i&gt; &lt;/h3&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Deviens insoumise. Si tu veux t'affranchir du syst&#232;me, sollicite des cr&#233;dits et ne les rembourse pas !&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Fatigu&#233;e de travailler 40 heures par semaine ? Ext&#233;nu&#233;e par les &#233;ch&#233;ances de ton hypoth&#232;que ? Es-tu vraiment s&#251;re que le capitalisme est fait pour toi ? Si tu es d&#233;cid&#233;e &#224; abandonner l'illusion de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e, &#224; retrouver le go&#251;t de partager, &#224; construire un projet d'autogestion collective, et si tu manques d'argent pour acheter un terrain ; ou si tu d&#233;sires financer une publication comme celle-ci&#8230; : Cesse d'ob&#233;ir &#224; la banque. [Prends contact avec nous et] quelqu'un de sp&#233;cialis&#233; te proposera un produit de dette impay&#233;e &#224; ta mesure. Tu viendras grossir la liste croissante des endett&#233;s bancaires. &#192; toi de jouer et, si tu veux, la discr&#233;tion sera assur&#233;e. Une fois insolvable, plus de probl&#232;me. Tu vivras heureuse en dehors du syst&#232;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Autres conseils personnalis&#233;s :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Si tu n'en peux plus, cesse imm&#233;diatement de payer tes cr&#233;dits. Donne la priorit&#233; &#224; ta sant&#233; et aux besoins de ta famille. Rembourse tes amis,mais pas les banquiers. Nous sommes des millions de mauvais payeurs. Organis&#233;s, nous pourrons avoir une deuxi&#232;me chance, sans banques ni saisies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Un plan d'action pour nous lib&#233;rer en masse de l'actuel syst&#232;me.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Avant tout, il faut discerner ce qui est en crise de ce qui ne l'est pas. La sp&#233;culation immobili&#232;re est en crise. Mais pas le besoin de toit et d'abri. Le travail salari&#233; est en crise. Mais pas le besoin de s'alimenter. La production industrielle est en crise. Mais pas le besoin de produits utiles. Qu'ont en commun un appartement vide, une terre abandonn&#233;e, un objet au rebut ? Leur propri&#233;taire prive les autres de la possibilit&#233; de s'en servir. La crise la plus profonde est celle de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e comme pilier central des relations &#233;conomiques et sociales.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous d&#233;clarons naufrag&#233;e la civilisation de la propri&#233;t&#233; priv&#233;e tomb&#233;e en d&#233;su&#233;tude. Nous proclamons une nouvelle &#232;re du droit d'usage et des ressources mises en commun. Le 17 septembre 2009, apr&#232;s quelques mois de transition, nous commencerons &#224; vivre sans capitalisme. Nous jouirons du plaisir de partager, d'entrer en relation les uns avec les autres et de nous aimer. Nous r&#233;cup&#233;rerons le go&#251;t pour le savoir-vivre, que la froideur des cartes de cr&#233;dit nous avait fait perdre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Gr&#232;ve des usagers bancaires. Si nous nous unissons, ils ne pourront pas nous arr&#234;ter.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le titre de la revue [&lt;i&gt;Crisi&lt;/i&gt;] du 17 septembre, &#171; Tu penses que les banques te volent ? &#187;, s'est vu pleinement confirm&#233; par les aides de plus de 2 milliards d'euros d'argent public avec lesquels les USA et l'Europe ont arros&#233; la banque priv&#233;e. [&#8230;] Les banquiers financent les politiciens et les politiciens financent les banquiers. [&#8230;] Les gens ont peur de ce qui peut arriver si les banques font faillite. [Voil&#224; pourquoi nous pr&#244;nions la m&#233;thode suivante :] &lt;i&gt;&#171; &#201;tant donn&#233; que les participants &#8211; sp&#233;cialement ceux et celles qui cesseront de payer leurs dettes et qui ont un logement hypoth&#233;qu&#233;&#8211; courent un risque personnel, le collectif de gr&#233;vistes contrera ce risque par la solidarit&#233; et l'appui mutuel. Tous ceux qui rejoindront la gr&#232;ve seront solidaires,pour que, gr&#226;ce &#224; ce r&#233;seau de soutien, personne ne soit priv&#233; de toit ni d'une assiette &#224; notre table. Nous d&#233;montrerons qu'on peut vivre bien &#8211; et m&#234;me mieux &#8211; sans les banques. &#187;&lt;/i&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Propositions concr&#232;tes :&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Qui a des &#233;conomies sur son compte en banque peut le clore et reverser l'argent dans des projets collectifs ou des coop&#233;ratives (voir page 12).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Qui a des dettes peut cesser de les payer (voir page 8, et page 12 pour les hypoth&#232;ques).
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;puce&#034;&gt;&#8211; &lt;/span&gt; Qui n'a pas de dettes peut solliciter un pr&#234;t sans intention de le rembourser et l'investir dans une alternative de vie (voir page 9). Et c&#230;tera.
Les mauvais payeurs involontaires font d'une certaine mani&#232;re d&#233;j&#224; partie de la gr&#232;ve et peuvent rejoindre l'association.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Nous pouvons vivre sans capitalisme.&lt;/strong&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Chaque troisi&#232;me jeudi du mois sera consid&#233;r&#233; comme jour de d&#233;bat public [&#8230;]. Le premier de ces d&#233;bats aura lieu le 15 octobre. En appliquant le m&#233;canisme d'actions d&#233;centralis&#233;es men&#233;es par des groupes affinitaires, nous descendrons dans les rues et demanderons au reste de la population de cesser ses activit&#233;s pour d&#233;battre du mod&#232;le de soci&#233;t&#233; que nous voulons. Ce plan d'action pourra &#234;tre sujet &#224; variations, fruits des circonstances et de l'intelligence collective. Ce mouvement se poursuivra jusqu'&#224; ce que le processus constituant ait culmin&#233;, c'est-&#224;-dire que la vie sans capitalisme soit devenue r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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